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12 juin 2020 5 12 /06 /juin /2020 05:10
André Chassaigne

André Chassaigne

Jeudi, 11 Juin, 2020 - L'Humanité
Assemblée nationale. Des lois pour sécuriser carrières et pensions

Les députés communistes ont défendu en commission plusieurs textes en faveur des retraités et des salariés. La majorité n’écoute que d’une oreille.

 

La revalorisation des retraites agricoles a été votée, mercredi 10 juin, en commission des Affaires sociales, à l’unanimité des députés. Cette mesure, portée par le communiste André Chassaigne depuis des années, a déjà connu un parcours parlementaire à rebondissements…

En février 2017, ce texte, qui vise à garantir des pensions au minimum à 85 % du Smic pour les agriculteurs, avait été adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale en première lecture. Devant le Sénat en mai 2018, le gouvernement avait contré cette adoption par le truchement d’un vote bloqué : il avait présenté un amendement renvoyant à 2020 la mise en œuvre de cette mesure. Elle devait en effet, selon l’exécutif, faire partie de la réforme des retraites. Cette dernière ayant été repoussée avec la crise sanitaire, le projet de loi est revenu en seconde lecture devant l’Assemblée.

La Macronie joue la montre et use d’« entourloupettes »

Mais, en commission, les députés de la majorité se sont rangés derrière cette proposition des communistes tout en y apportant des modifications. Ils ont ainsi fait voter un amendement instaurant un « écrêtement en fonction du montant de retraite tous régimes » au nom d’une « équité entre assurés monopensionnés et polypensionnés ». Une « entourloupette », selon André Chassaigne, qui retire le caractère universel du minimum des pensions proposé par le texte des communistes et réduit « significativement le nombre de bénéficiaires de la garantie à 85 % du Smic ».

Ensuite, la majorité macroniste a de nouveau joué sur le temps : l’entrée en vigueur de la loi serait fixée au 1er janvier 2022. En pleine crise économique historique, avec des conséquences sociales encore incalculables, cette mesure avait pourtant toute sa place dans un arsenal de dispositions urgentes pour amortir le choc de la récession.

Créer un contrat de transition professionnelle et renforcer l’accès à la formation

Dans cet objectif, ce n’était pas la seule proposition des députés PCF examinée le même jour. L’élu Pierre Dharréville et son collègue GDR de Guyane, Gabriel Serville, ont présenté en commission un projet de loi « pour une garantie salaire-formation au service de la transition écologique et sociale de l’économie ». Rappelant les « conséquences gravissimes de la crise et la récession brutale » qui attendent les Français, ils ont plaidé « pour amortir les coups » via ce projet. Il s’agirait dans les entreprises de moins de 500 salariés de créer un contrat de transition professionnelle, se substituant au contrat de sécurisation professionnelle : un salarié qui perdrait son emploi verrait son salaire net maintenu durant deux ans, pendant lesquels il bénéficierait d’accompagnements renforcés, notamment en matière de formation.

Dans les entreprises de plus de 500 salariés, c’est un congé de transition qui remplacerait le congé de reclassement actuel, et qui serait également porté à une durée de vingt-quatre mois, aux frais de l’employeur. Ces deux dispositifs s’inscriraient dans le cadre d’une transition écologique de l’économie. Enfin, les deux députés GDR proposent l’ouverture rapide d’une négociation nationale et interprofessionnelle pour définir à la fois de nouvelles protections pour les salariés impactés par la crise, mais aussi des modalités de financement. « Il y a urgence », ont-ils insisté. « Il serait dommage que la majorité nous réponde qu’il faut attendre », ajoute Pierre Dharréville, en rappelant qu’il s’agit du rôle du Parlement que de « ne pas se réfugier derrière des réflexions engagées dans les couloirs des ministères ».

Diego Chauvet
A l'Assemblée nationale, les députés communistes-GDR présentent des lois pour sécuriser carrières et pensions (L'Humanité, 11 juin 2020)
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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 15:47
Pendant le Ségur de la santé, le gouvernement publie le décret de la honte! - Fédération santé et action sociale CGT, 10 juin 2020
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10 juin 2020 3 10 /06 /juin /2020 19:35
A COEUR OUVERT (Journal PCF Bretagne - Juin 2020)
A COEUR OUVERT (Journal PCF Bretagne - Juin 2020)
A COEUR OUVERT (Journal PCF Bretagne - Juin 2020)
A COEUR OUVERT (Journal PCF Bretagne - Juin 2020)
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10 juin 2020 3 10 /06 /juin /2020 19:29
Nous demandons le RSA pour les moins de 25 ans

Le contexte historique dans lequel est plongé le pays depuis le début de l’épidémie a non seulement mis en lumière la précarité dans laquelle vivent des milliers de jeunes mais l’a aussi amplifiée. Face à cette hausse de la paupérisation d’une partie de la jeunesse, les annonces temporaires et tardives prises par l’exécutif apparaissent bien timorées et insuffisantes.

L’urgence doit être à un projet politique ambitieux pour la jeunesse. Ce projet doit s’accompagner aussi bien de mesures immédiates de protection sociale que de mesures à plus long terme favorisant une sécurité de l’emploi et de la formation pour l’ensemble des jeunes. L’ouverture du RSA pour les moins de 25 ans est une première mesure d’urgence qui permet d’instaurer un filet de sécurité pour éviter de sombrer dans la grande pauvreté.     

Le RSA est un filet de sécurité nécessaire

Alors que la crise économique risque d’entraîner nombre de jeunes dans la spirale de la précarité, Gabriel Attal, secrétaire d’État en charge de la jeunesse, s’est positionné contre l’ouverture du RSA pour les moins de 25 ans. Dans une interview accordée au très libéral journal les Échos, le plus jeune membre du gouvernement a déclaré qu’ « aucun jeune ne grandit avec les minima sociaux comme horizon » et que cette ouverture « inscrirait les jeunes dans un esprit de défaite ». Pourtant, pour un certain nombre, l’horizon le plus proche est celui de se retrouver en situation de grande précarité, sans aucune source de revenu.

Derrière ces déclarations, ce n’est pas l’âge d’éligibilité au RSA que remet en cause le secrétaire d’État, mais l’existence même de celui-ci. Ces propos nous ramènent au fameux mythe des minima sociaux qui produisent des générations entières de tire-au-flanc. Opposer une prétendue oisiveté des jeunes à l’octroi d’un minimum pour vivre est particulièrement abject. En plus de ne reposer sur aucune donnée tangible, ces discours sont dangereux. Ce n’est pas par fainéantise qu’un certain nombre de jeunes se retrouvent sans aucun revenu. La faute est à imputer à la multitude de réformes libérales de ces dernières années qui ont eu pour conséquence de fragiliser le peu de sécurité dans l’emploi, et notamment dans celui des plus jeunes.

L’ouverture du RSA aux moins de 25 ans doit permettre d’empêcher celles et ceux qui n’ont aucune source de revenu de tomber dans l’extrême pauvreté. Ce minima social est un filet de sécurité, certes insuffisant, mais nécessaire.

Évidemment, le RSA ne saurait être l’alpha et l’oméga d’une politique jeunesse digne de ce nom. Mais son ouverture serait une première avancée pour nombre de jeunes. Porter cette revendication dans le débat public doit permettre une prise de conscience collective quant à l’importance de mettre en place des dispositifs pour lutter contre la précarité des jeunes.

C’est bien en renonçant à mettre fin aux mesures moins-disantes pour les jeunes que l’exécutif s’inscrit dans un esprit de défaite. Défaite face à la hausse du chômage, défaite face à la hausse de la précarité des jeunes, défaite face à la moindre ambition politique pour la jeunesse.

Treize organisations de jeunesse demandent l’ouverture du RSA pour les moins de 25 ans

De plus en plus de jeunes se retrouvent bien seuls face à un avenir incertain. Les annonces faites par le gouvernement ne permettent pas de lever ces incertitudes. L’urgence de la situation doit être de proposer des revendications concrètes pour sortir les jeunes de la précarité. L’ouverture du RSA pour les moins de 25 ans en fait partie.

À l’initiative du Mouvement jeunes communistes de France, treize organisations de jeunesse se sont réunies pour demander d’une seule et même voix l’ouverture du RSA pour les moins de 25 ans. Cette tribune a été publiée dans l’Humanité (1). La tribune est une première étape. Nous avons fait le choix de lancer également un site internet (2) afin d’interpeller directement Gabriel Attal à ce sujet.

Aux treize organisations de jeunesse, de nombreuses associations, organisations, personnalités, élus nationaux et locaux ont tenu à apporter leur soutien à cette revendication. Parmi eux une trentaine de parlementaires, de nombreux présidents de conseils départementaux et de mairies, mais aussi des organisations syndicales telles que la CGT ou encore la FSU. En une semaine ce n’est pas moins d’une centaine de soutiens qui se sont ajoutés à la liste. Tout au long de la semaine, les fédérations du MJCF vont interpeller les élus locaux afin d’élargir cette liste de soutiens.

Malgré le refus de Gabriel Attal, nous ne comptons pas nous arrêter là. D’autres actions d’interpellations sont prévues.

Léon Deffontaines, secrétaire général du MJCF.

1. https://www.humanite.fr/nous-demandons-louverture-du-rsa-pour-les-moins-de-25-ans-689831

2. https://www.rsamoinsde25ans.fr/

Mardi, 2 Juin, 2020
Nous demandons l'ouverture du RSA pour les moins de 25 ans

Tribune collective

 

Nombre de jeunes vivent en situation de grande précarité. Pourtant, les moins de 25 ans n’ont pas accès au Revenu de Solidarité Active (RSA). Son obtention est conditionnée au fait d'avoir occupé l'équivalent de deux ans d'un emploi à temps plein durant les trois dernières années ou avoir un enfant à charge. Ces exigences privent des milliers de jeunes, pourtant sans ressource, de ce minima social. Cette condamnation à la misère est inadmissible. Nous demandons la modification de la loi pour que les moins de 25 ans puissent bénéficier de ce droit au même titre que leurs aîné·e·s.

Le contexte historique dans lequel est plongé le pays depuis le début de l'épidémie du Covid-19 rend nécessaire la réparation de cette injustice. La crise économique actuelle est sans précédent depuis plusieurs décennies, la chute du PIB de 5,8 % au premier trimestre 2020 est la plus importante enregistrée depuis la création de l'indicateur en 1949. Les jeunes y sont particulièrement exposé·e·s : en 2017, 20,1 % des 18-29 ans vivaient sous le seuil de pauvreté contre 12,9 % des 30-39 ans et 14,1 % toutes tranches d’âge confondues (INSEE). La pauvreté des moins de 25 ans n'est pas un fait nouveau, le confinement l'a amplifiée. Plus souvent en contrats temporaires, plus souvent en période d'essai et durement exposé·e·s au travail ubérisé, les jeunes sont les premières et les premiers à perdre leur emploi. Disposant d'une épargne plus faible, souvent n’en disposant d’aucune, elles et ils sont plus vulnérables à une perte de revenu. Loin d'être suffisant, le RSA peut être un filet de sécurité salutaire dont elles et ils sont aujourd'hui malheureusement privé·e·s.

La majorité est fixée à 18 ans depuis plusieurs décennies. Les jeunes peuvent voter, se salarier, payer des cotisations, être prélevé·e·s de l'impôt sur le revenu, mais se voient pourtant refuser l'accès à un volet essentiel de la solidarité nationale. Cette exception est injustifiable et doit cesser. Une telle exclusion renvoie le sort de ces jeunes à une hasardeuse solidarité familiale qui les place dans une situation de dépendance. La misère dans laquelle sont plongés ces jeunes n'est pas une période passagère sans conséquence. L'extrême pauvreté met directement leur avenir et leurs possibilités d'émancipation en danger.

Ce gouvernement n'a jusqu'à présent pas fait grand cas des jeunes dans ses politiques publiques, sauf pour leur imposer un service national universel. Il n'existe pas de ministère dédié et il a fallu attendre plus d'un an pour qu'un secrétaire d'État soit nommé. Ce gouvernement n'a pas non plus démontré une grande volonté de s'attaquer à la pauvreté. Nous nous souvenons de ses ordonnances pour casser le droit du travail et abaisser la protection des salarié·e·s. Nous nous souvenons des aides au logement dont il a diminué le montant avant de le geler. Nous nous souvenons de l'expression « pognon de dingue ».

Nous avons vu le mépris du gouvernement auquel il a fallu deux mois pour annoncer le versement d'une aide exceptionnelle de 200 € pour les précaires de moins de 25 ans, ainsi que pour les étudiantes et étudiants ayant perdu leur emploi. Le versement de cette aide démontre l'injustice de l'exclusion d'une partie des jeunes d'un volet essentiel de la protection sociale. Nous demandons l'ouverture immédiate du RSA aux moins de 25 ans et sans condition spécifique.

Signataires :

MJCF - Mouvement Jeunes Communistes de France

MRJC - Mouvement Rural de la Jeunesse Chrétienne

JOC - Jeunesse Ouvrière Chrétienne

UNEF - Union Nationale des Etudiants de France

FENEC - Fédération Nationale des Etudiants Chercheurs

MJS - Mouvement Jeunes Socialistes

Jeunes insoumis-es

Jeunes génération.s

Jeunes écologistes

UNL - Union Nationale Lycéenne

FIDL, le syndicat lycéen

UEC - Union des Etudiants Communistes

Elles et ils soutiennent l'ouverture du RSA aux moins de 25 ans :

Députés :

André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme, président du groupe “Gauche démocrate et républicaine”

Alain Bruneel, député du Nord

Stéphane Peu, député de Seine-Saint-Denis 

Marie-Georges Buffet, députée de Seine-Saint-Denis

Jean-Paul Dufrègne, député de l'Allier

Jean-Paul Lecoq, député de Seine-Maritime

Sébastien Jumel, député de Seine-Maritime

Hubert Wulfranc, député de Seine-Maritime

Pierre Dharréville, député des Bouches-du-Rhône

Keclard-Mondesir Manuèla, députée de la Martinique

Régis Juanico, député de la Loire

Aurélien Taché, membre du groupe Ecologie Démocratie Solidarité, député du Val d’Oise

Sénateurs :

Cathy Apourceau-Poly, sénatrice du Pas-de-Calais 

Éliane Assassi, sénatrice de Seine-Saint-Denis

Éric Bocquet, sénateur du Nord 

Fabien Gay, sénateur de Seine-Saint-Denis

Guillaume Gontard, sénateur de l’Isère

Laurence Cohen, sénatrice du Val de Marne

Pierre Laurent, sénateur de Paris

Sophie Taillé Polian, sénatrice de la Loire

Organisations et associations :

- CGT

- FSU

- Union syndicale solidaires

- UNHAJ - Union National de l’habitat jeunes

- CNL - Confédération Nationale du Logement

- CNAJEP

- FFJ - Forum Français de la Jeunesse

Personnalités :

- Fabien Roussel, Secrétaire National du PCF

- Ian Brossat; porte parole du PCF et président de l’ANECR

- Guillaume Balas, coordinateur national de génération.s

- Benjamin Lucas, porte parole de génération.s

- Claire Monod, élue Ile de France

- Chloé Sagaspe, Membre du Bureau Exécutif  d’EELV

- Eva Sas, porte-parole d'EELV

- Alain Coulombel, porte-parole d'EELV

- Lilâ Le Bas, Conseillère au CESE

- Clémence Dolé,  représentante au COJ

- Adrien Hélary, représentant au COJ

- Bertrand Coly, Conseiller CESE

- Héloïse Moreau, représentante au COJ

 
 
 
 
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9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 15:25
Témoignage bouleversant de la soeur et du comité de soutien d'Adamé Traoré au congrès du Parti communiste à Ivry en novembre 2018 (photo Ismaël Dupont)

Témoignage bouleversant de la soeur et du comité de soutien d'Adamé Traoré au congrès du Parti communiste à Ivry en novembre 2018 (photo Ismaël Dupont)

Juin 2020 :

A l'heure où j'écris ces mots, la France est dans son dé-confinement. BFM TV, parle d'un remaniement avec ou sans E.Philippe en 1er Ministre.

Nous sommes en juin 2020, le COVID-19 est toujours dans la tête des français.
Mais une chose a changé, le climat social est tendu dans le monde.

Quelques jours avant, George FLOYD était tué au État-Unis d'Amérique. Rappelant en France, la mort d'Adama Traoré, ramenant le racisme au cœur des préoccupations des jeunes. Depuis deux semaines, nous connaissons des manifestations jusqu'à 20.000 personnes à Paris en pleine pandémie et partout en France.

Les jeunes réclament une justice pour tous, la fin des violences policières. Nous sommes à un tournant de l'histoire de nos pays face à ce racisme ancré dans notre quotidien.
Qu'il est loin le temps des « Black, Blanc, Beur » de 98.

Qu'il est loin le « I have a dream » de Martin Luther King mais pourtant toujours d'actualité. 57 ans après ce discours rien n'a changé, le racisme existe toujours, des personnes sont tuées car de couleur, ne trouvent pas de travail à cause de leur religion.

A l'heure où l’extrême droite continue de demander la France au français, où Eric Zemmour, clame haut et fort son racisme sur une chaîne d'information en continue.
A l'heure où des généralités sont faites, devrionse-nous rendre la France au blanc, au cheveux blonds et au yeux bleus ? Créer des « élevages » d'enfant parfait, sans maladie ? Les leçons de l'Histoire du Monde moderne, de la seconde guerre mondiale ne vous ont donc rien appris ?

A la jeunesse de France et du Monde si , et dans toute sa diversité elle demande que justice soit faite, que le racisme soit aboli. Car oui, cela n'est pas une idéologie politique ou sociale, c'est un crime, un crime puni par la loi. Trop peu puni sûrement.

Et tout comme en 1983, nous rappelons que « La France, c'est comme une mobylette, pour avancer il lui faut du mélange ». La France de 2020, s'est construite avec des personnes d'origine différentes, a été sauvé pendant l'occupation par des personnes d'origine étrangère. Nous portons toutes et tous cet héritage.

Mais nous payons aussi, les politiques menées pendants des années.

Notre force, c'est d'être cosmopolite. Alors restons unis et disons notre refus du racisme.

Enzo de Gregorio, membre des Jeunesses Communistes pays de Morlaix 

 

Collectif ADAMA au Congrès du PCF

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9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 07:38

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9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 05:54

Ma question s’adresse à Mme la secrétaire d’État auprès du ministre de l’économie et des finances.

Le groupe automobile Renault vient d’annoncer la suppression de 4 600 emplois dans notre pays. Bien au-delà des effets de la pandémie en cours, nous payons là le choix des délocalisations massives vers les pays à bas coûts pratiquées ces deux dernières décennies. Les menaces pesant sur l’avenir de certains sites suscitent, on l’a constaté, d’énormes inquiétudes dans les territoires concernés : Maubeuge, malgré les annonces récentes, mais sans réelle garantie au-delà de 2023, Choisy-le-Roi, Flins, Caudan ou encore Dieppe.

Le chiffre d’affaires de Renault fut de 55 milliards d’euros en 2019. L’État actionnaire a annoncé l’octroi d’une garantie publique de 5 milliards d’euros. M. Jean-Dominique Senard, président de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, a déclaré sur France Info, lundi soir, que cette garantie ne s’accompagnait pas de « contraintes difficiles ».

Madame la secrétaire d’État, quelles contraintes allez-vous imposer au groupe Renault ? (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE.)

M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d’État auprès du ministre de l’économie et des finances.

Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’économie et des finances. Monsieur le sénateur Bocquet, je sais votre attachement à Renault : vous êtes un élu du Nord, et ce département compte deux sites extrêmement importants, Maubeuge et Douai. Le premier, qui produit notamment la Kangoo, est aujourd’hui l’un des sites français les plus productifs.

Bruno Le Maire a réuni hier l’ensemble des organisations syndicales et des élus pour faire prendre des engagements à Renault. Je vous rappelle que le prêt garanti par l’État n’était pas encore signé hier. Ce sont ces engagements-là que nous prenons en donnant cette garantie.

Jean-Dominique Senard a été très clair.

Premièrement, Renault est en grande difficulté, je crois que nous pouvons tous nous accorder sur ce point. L’entreprise aborde la crise en difficulté. Nous avions appris au moment de l’annonce des résultats pour 2019 qu’elle perdait beaucoup d’argent ; elle continue à en perdre dans le cadre de la crise du Covid-19.

Deuxièmement, Renault lance un plan mondial de réduction des coûts. Ce plan concerne certes la France, mais aussi d’autres pays. La question est non pas de délocaliser des productions, mais de faire face à une diminution du nombre d’achats de voitures. Renault peut produire 5 millions de voitures ; malheureusement, elle n’en vendra peut-être que 3 millions, 3,2 millions ou 3,4 millions cette année. On voit bien là l’écart de production par rapport aux capacités industrielles.

Troisièmement, Jean-Dominique Senard s’y est engagé, les suppressions d’emplois en France ne s’accompagneront pas de licenciements secs. C’est son engagement, et nous le suivrons de très près, car c’est notre travail. S’agissant du site de Maubeuge, il a pris là encore des engagements fermes visant à donner en 2023 un avenir à ce site et à continuer d’y maintenir des activités.

Dernier point, Renault s’est engagé à relocaliser des productions en France, notamment en ce qui concerne la traction électrique, et à investir dans la batterie électrique, ce projet européen qui est si important pour notre industrie automobile. (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM.)

M. le président. La parole est à M. Éric Bocquet, pour la réplique.

M. Éric Bocquet. Madame la secrétaire d’État, les sites de production des modèles Twingo, Clio et Dacia sont implantés en Turquie, en Roumanie et en Slovénie. Ces usines tournent sept jours sur sept et sont surchargées.

Il faut décider de relocaliser la production de 300 000 de ces véhicules, afin d’apporter de la commande aux sites de production de notre pays. Il convient dans le même temps de réorienter la production vers des modèles hybrides, électriques et thermiques à prix modique, afin d’accélérer la transition énergétique. Cela pose aussi en creux la question du pouvoir d’achat.

Personne ne comprendrait que l’argent public ne serve qu’à accompagner les suppressions d’emplois. Notre industrie automobile mérite un autre développement, un autre avenir et un engagement fort et déterminé de l’État actionnaire !

 

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7 juin 2020 7 07 /06 /juin /2020 05:48

 

Renault annonce 15000 suppressions d’emplois (dont 4600 en France), autrement dit, la désindustrialisation va reprendre à plein régime.

Le bilan social et économique sera bien pire puisque pour une usine supprimée, ce sont des productions qui disparaissent et il y a toute une filière de sous-traitants qui disparaît avec. Des savoirs faire, des outillages spécifiques, des capacités de production vont être détruits.

Il faut noter que cela n’a rien à voir avec la crise sanitaire puisque les patrons de la métallurgie anticipaient il y a un an 100 000 pertes d’emplois dans l’automobile dans les prochaines années. Tout juste le coronavirus a-t’il précipité la restructuration capitaliste de la branche.

Cette refonte aura lieu dans tous les secteurs. Les capitalistes préparent « l’économie 4.0 » c’est à dire celle de l’automatisation avancée où tout est « autonome » ou « communiquant » grâce à l’intelligence artificielle, à la 5G et d’autres innovations technologiques ; Et avec une teinte de « vert » pour que ça passe mieux. En tant que tel, ce n’est pas forcément un souci (même si on doit interroger le sens et les objectifs de ce progrès). Mais dans le système capitaliste tel qu’il fonctionne, ça le devient : comme à chaque saut de modernisation dans nos économies développées, les innovations créeront peut-être autant d’emplois qu’elles en détruiront MAIS elles déclassent les technologies précédentes. Les industries qui en dépendent voient leur valeur ajoutée réduite et les productions sont transférées dans les pays à bas coût de main d’œuvre. C’est cela qui nous coûte très cher en emplois.

Nous verrons donc bientôt des cérémonies d’inauguration d’usines de production à la pointe de la technologie permettant de nous rassurer, mais dans le même temps nous subirons de plus en plus les pénuries des sacs en papier emballant notre farine, de notre aspirine, ou des petites pièces détachées de nos voitures...

La restructuration capitaliste de l’économie est une impasse.

Cela questionne d’autant plus les fameux « plans de relance »... vont-ils relocaliser des production de base, sachant que ce ne sera pas viable dans le cadre de l’économie libérale ? Probablement pas. Ou alors vont-ils financer cette restructuration de l’économie ? C’est plus crédible. Rappelons-nous qu’à plus petite échelle, le CIR (puis une partie du CICE) a servi à financer l’automatisation dans les banques et la grande distribution, au détriment de l’emploi...

Est-il impossible de relancer l’industrie ? Oui si l’on attend que le capital le fasse. En revanche, les États peuvent aussi développer de nouvelles formes d’industries nationalisées pour répondre aux besoins. Cela suppose de changer les règles de marché et de mettre la concurrence entre parenthèse dans certains secteurs pour que les standards de gestion ne fassent pas immédiatement couler ce qui est relancé (et aussi pour que cette relance ne soit pas le prétexte à une dégradation des conditions de travail des salariés de ces industries sous prétexte de compétitivité). Les États ont parfaitement été capables de développer des industries dans tous les domaines (aérospatiale, énergie, transports, pétrochimie... la plupart des fleurons français de l’industrie ont été boostés par leur caractère public puis privatisés). Il manque en revanche une grosse volonté politique qui soit à total contre-courant des dogmes actuels. Mais ça me paraît être la seule solution si on veut vraiment re-développer l’emploi industriel et être moins dépendants des pays sous-traitants.

Par ailleurs, un outil doit être regardé avec soin... les grandes surfaces n’ont pas correctement protégé leurs salariés pendant la crise, elles ont spéculé sur les denrées, elles exploitent leurs salariés, certaines ont osé réserver les masques aux détenteurs de leurs cartes clients, etc... la question de ces profiteurs de « guerre » doit donc être posée. Et je le fais dans ce sujet car je pense que c’est un outil insuffisamment pris en compte. La grande distribution est aujourd’hui un outil de pression sur les prix, et uniquement cela, ce qui aggrave toutes les dérives capitalistes (délocalisations, productions polluantes, abus de transport, mauvaise qualité...). Elle pourrait devenir un point d’appui dans les politiques publiques, une aide à la consommation responsable des citoyens. Elle dispose en effet de leviers énormes pour reporter les transports sur des modes doux ou renforcer le pavillon routier français, pour favoriser le développement d’agriculture de proximité (notamment primeur), et pour favoriser le développement de l’industrie française (notamment celle nationalisée). Avec les industries nationalisées, je pense donc que la création d’un nouveau grand service public de la distribution serait absolument nécessaire.

Je ne reviens pas sur le sujet des services publics : aujourd’hui le gouvernement va multiplier les gesticulations et les « Ségur » de manière à ce que « tout change pour que rien ne change ». Comme après le début des gilets jaunes on nous annoncera des milliards qu’on aura piqué dans d’autres lignes budgétaires. Et les vrais moyens (humains et matériels) seront à nouveau ratiboisés.

Il y a 3 ans, la CGT lançait une campagne « industrie et services publics ». Une nouvelle fois, la CGT a pointé les véritables sujets qui devraient occuper le débat public. Et sa crédibilité vient justement du fait qu’elle l’a fait AVANT la crise, parce que malgré ses difficultés et son affaiblissement, elle est en lien direct avec les besoins des travailleurs.

L’urgence absolue c’est de renforcer la CGT, pour développer notre outil de débat sur les solutions, et d’action pour les imposer (car les camps d’en face ne nous feront aucun cadeau).

Du côté du Gouvernement, il n’y a pas beaucoup de réaction aux annonces de Renault. C’est conforme à leur idéologie fanatique : l’Etat régule mais ne s’ingère pas dans l’économie, c’est le marché qui fait les arbitrages.

Il y a bien quelques vagues incantations sur la nécessité de rapatrier des productions, mais c’est juste un appel au civisme des patrons, donc le Gouvernement sait très bien que ça n’ira nulle part. Il n’utilise ni l’arme du contrôle des aides publiques, ni l’arme de la commande publique (encore moins de la nationalisation) pour arracher des relocalisations de productions aux patrons.

Pour noyer le poisson, le Gouvernement qui ne maîtrise qu’une chose (la com) multiplie les interventions médiatiques : il faut faire payer les riches (Attal), il faut que les entreprises fassent des efforts sur l’environnement (Borne), il faut planifier (Bayrou), il faut un plan inégalé pour l’hôpital (Macron), etc... ils savent que ce seront nos angles d’attaque donc ils vident les concepts par avance pour stériliser le débat en multipliant l’emploi de NOS mots à tort et à travers. D’où la nécessité d’être précis et de développer nos argumentations si nous voulons arriver à convaincre la masse observatrice de la population.

Puisque le déconfinement avance, organisons à nouveau nos réunions de syndiqués, et prenons bien les 3 temps nécessaires : discutons sur l’action syndicale immédiate (protection sanitaire, conditions de travail, emploi, salaires...), discutons sur les grandes mesures nécessaires pour changer de modèle économique, et discutons des actions à mettre en œuvre pour faire partager nos idées et mettre la pression aux patrons !

Laurent BRUN, le 29 mai 2020

 

sur sa page  Facebook : https://www.facebook.com/login/?next=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2F

 

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Réaction de Laurent Brun concernant le plan de relance franco-allemand

C’est une gigantesque arnaque de présenter l’Union européenne comme la solution à la crise alors qu’elle en est une des causes.

Le soi disant plan de relance franco allemand pose en lui même un certain nombre de questions (nouveau recul de souveraineté en matière de politique économique, conditions de remboursement qui pourraient amener une étape supplémentaire vers le fédéralisme, critères de sélection des projets...).

Mais c’est surtout une gigantesque arnaque idéologique qui vise à présenter l’Union européenne comme la solution à la crise alors qu’elle en est une des causes.

Pour les services publics, par exemple, les règlements de l’Union européenne consacrent l’obligation de mise en concurrence, le principe du « bénéfice raisonnable » (donc de la profitabilité du service public), et surtout les instruments « indépendants » de contrôle bureaucratique et financier qui ont fait grossir les « têtes » administratives et réduire les effectifs de production, un des problèmes révélé au grand jour dans cette crise.

Je ne développe pas sur le rôle de la banque centrale qui n’aide plus au financement des grands projets mais uniquement à la protection de la bourse et des grands patrimoines, sur les critères de convergence ou les contraintes budgétaires qui imposent aux états la réduction des budgets sociaux, sur la libre circulation des capitaux qui a organisé les délocalisations, etc.

Je ne reviens pas sur le fait que l’UE a été immédiatement au chevet des bourses mais n’a pas organisé une seule seconde la lutte contre l’épidémie (démarches de coopération des labos publics de recherche, mobilisation des forces productives pour fournir masques et matériel... nous n’avons rien vu de tout ça, ils n’ont même pas idée que ça aurait pu être leur rôle tellement ils sont éloignés de la coopération... tout juste parlent ils de raté sur la coordination des mesures prises par les États membres alors que justement cela n’a aucun intérêt car les états ont décidé les mesures en fonction de leurs capacités hospitalières, et des caractéristiques de leur pays).

Tous les maux ne viennent pas de l’Union Européenne mais l’Union Européenne est la caisse de résonance de tous les pires dogmes de l’ultralibéralisme.

Donc je ne soutiens pas le plan de relance européen. Et je regrette profondément la déclaration unitaire des organisations syndicales qui le soutiennent.

Laurent Brun

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7 juin 2020 7 07 /06 /juin /2020 05:38
L'après-capitalisme (L'HUMANITE - Mardi 2 juin - Bernard VASSEUR)

 

Il y a trois siècles, Diderot demandait : « Croyez-vous sincèrement que la ruade d'un cheval dans la province française dérange le vol d'un papillon dans les îles de la Sonde ? »

 

Eh bien, à présent nous savons : oui, le vol d'une chauve-souris dans une ville d'Asie peut semer la crise, la maladie et la mort très loin de là, en France et partout dans le monde. Faut-il pour autant accuser des superstitions archaïques ou l'arriération de cultures « exotiques » ? Pas du tout, car si le virus en lui-même n'a pas de passeport et ne « fait pas de politique », sa rencontre avec les humains et sa diffusion pandémique doivent tout à la globalisation du capitalisme, à la mondialisation de ses modes de production et de vie. Les anthropologues connaissent bien la logique de constitution des chaînes épidémiques. Voici la ville de Wuhan, une population qui explose, une périphérie livrée aux entreprises et à l'agrobusiness, des paysans pauvres chassés des centres-villes, une déforestation massive, des animaux sauvages à l'espace bouleversé et réduit, des animaux domestiques à proximité, des humains qui consomment les animaux, le commerce devenu mondial, l'essor de l'aviation et du tourisme de masse, le changement climatique... et vous comprenez ce qui nous arrive.

 

Quels sont les personnages à l'origine du drame ? Nous les connaissons bien puisqu'ils existent partout et bien sûr chez nous : les promoteurs immobiliers, les financiers, les adeptes de l’agrobusiness, les grands groupes industriels, les actionnaires qui en veulent toujours plus, les profits colossaux et les inégalités béantes, les travailleurs surexploités, les pauvres qui survivent aux lisières de l'abandon, le marché qui « est sans conscience, ni miséricorde » (Octavio Paz) et surtout sans discernement. En un mot, un capitalisme qui n'est pas gêné de semer la mort, puisqu'il sait que, si lui est mondial, les dégâts qu'il produit, eux, sont pris en charge par les États-nations (les soins, la santé, l'éducation, la recherche, etc.) Pour lui, les profits sont les siens et les dépenses celles des autres (elles sont publiques) ! Il y a même des laboratoires pharmaceutiques privés qui peuvent y trouver un vrai jackpot.

 

Et voyez les États-nations de leur côté, qui se font concurrence jusque sur le tarmac des aéroports pour se procurer des masques, qui ont instauré la « gouvernance par les nombres » (celle du capitalisme privé) dans les administrations et les services publics, et vous obtenez la dictature du chiffre, la fermeture de lits inoccupés, la compression de personnel, les bas salaires, la non-reconnaissance sociale... Et nous voilà au cœur de ce que nous vivons. On voit commencer des catastrophes : le chômage explose alors que 4 milliards de personnes dans le monde ne bénéficient d'aucune forme de protection sociale ; on voit ici en France se creuser de féroces inégalités quand on n'arrive pas à se nourrir parce que son bullshit job a disparu ou qu'on est ubérisé.

 

On le voit donc : la lutte contre la pandémie et il y en aura d'autres après celle-ci) et la bataille écologique supposent toutes deux une action majeure contre le capitalisme, la primauté d'un autre logique : celle de l'émancipation humaine et du maintien des formes de vie sur notre planète. Et voilà que ces idées-là grandissent dans l'existence à l'envers imposée par le confinement : les budgets militaires gonflés servent-ils bien à combattre les virus ? Notre monde ne marche-t-il pas sur la tête quand il paie un trader cent fois plus qu'un soignant ou un enseignant ? La santé n'est pas une marchandise à brader, mais un droit à assurer à tous et gratuitement ! Il y a des productions utiles et d'autres qui le sont moins ou qui ne le sont pas : et si on privilégiait les premières ? Et s'il fallait retrouver une souveraineté publique sur notre économie et ne pas laisser faire le libre-échange, qui est ni une liberté ni un échange !

 

Et si on se devait de « détruire la misère», comme l'exigeait déjà en son temps Victor Hugo, quand on en a les moyens avec notre modernité et notre abondance ? On a vu qu'avant qu'une marchandise soit vendue et rapporte de l'argent, il faut qu'elle soit produite : et si les travailleurs avaient leur mot à dire sur l'avenir des entreprises alors que tant de faillites sont annoncées ? Et si toutes les démarches de solidarité inventées pendant le confinement duraient après son achèvement ? Ce serait un pas vers la maîtrise de la vie sociale et de son travail ! Et si on décidait que 15 élèves par classe, cette « impossible possibilité » réalisée en quinze jours, ça allait durer ? Et si une puissance pouvait naître de tous ces actes désintéressés qu'on a vu fleurir ? Et si on en finissait avec cette société où règne la boutade de Coluche : « Le monde appartient à ceux qui ont des ouvriers qui se lèvent tôt» ?

 

Remettre sur ses pieds un monde qui marche sur la tête, Marx appelait ça le communisme, une société sans classes, une civilisation inédite, une humanité qui se saisit de son histoire et la transforme. Aux grands maux, les grands remèdes : un monde d'après le capitalisme, voilà ce qui est à l’ordre du jour. Laissons l'eau tiède à qui s'en satisfait. « Groupons-nous, et demain. » Avec les crises qui ne manqueront pas si on laisse faire, nos enfants nous reprocheront-ils, demain, d'avoir été aussi imprévoyants que l'ont été nos actuels gouvernants avec celle qui nous frappe ?

 

 

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6 juin 2020 6 06 /06 /juin /2020 05:39

 

La crise sanitaire que nous venons de vivre prouve s’il en était besoin la nécessité d’un système de santé en bonne forme. Ce que les professionnels de santé disent depuis plusieurs années est brutalement validé. Pas assez de lits, pas assez d’emplois, pas assez de financement dans les hôpitaux. Et pourtant, rien ne semble pousser le gouvernement à un monde d’après.

 

 

Le « Ségur » de la santé est bien mal engagé. Nicole Notat, nommée comtesse de Ségur, nous explique que tout est ouvert et que nous partons d’une page blanche. Le Premier ministre, pour sa part, révèle le pot aux roses et articule la discussion sur la base du projet de loi « Ma santé 2022 » voté l’an dernier et qui prévoit la transformation de 300 hôpitaux de proximité en mouroir pour vieux en leur supprimant la chirurgie, la maternité et les urgences. Avec cette loi, c’est la poursuite de la destruction du maillage sanitaire de notre pays. Cette loi nous emmène dans le mur et Édouard Philippe nous demande d’accélérer.

Pourquoi poursuivent-ils cette politique catastrophique malgré l’évidence ? Parce que les enjeux sont énormes. Le capitalisme est en crise. Avec la politique de création monétaire massive des banques centrales depuis la crise de 2008, des suraccumulations de capitaux cherchent à se rentabiliser, à se créer de nouveaux marchés, à marchandiser toutes les activités humaines.

La France, avec son système de sécurité sociale, étonnant et anormal pour les libéraux, doit se plier à leur logique. Nous ne mesurons pas assez l’aberration que représente ce système pour l’idéologie néolibérale. La Sécu, c’est 500 milliards d’euros, pour un budget de l’État de 390 milliards d’euros.

Le budget de la Sécu est une cible alléchante, une bonne part de cet argent est aujourd’hui directement versée sous forme de service (retraite santé famille) et ne rentabilise pas de capital. Une hérésie pour les libéraux qui y voient sans doute un moyen de retarder la survenue de leur crise en permettant une meilleure rentabilité du capital accumulé.

Leurs choix sont donc naturels, d’une part diminuer la ponction initiale sur le capital avec les exonérations de cotisations sociales pré-affectées, la CSG, le CICE et, d’autre part, ponctionner eux-mêmes une part de ces cotisations qui devraient être réaffectées aux besoins de la population en instituant une médecine commerciale prépondérante.

Si l’hôpital public remplit ses missions et fournit des soins de qualité dans des délais raisonnables, pourquoi le patient irait-il payer de sa poche des soins dans le privé ?

Il faut donc abattre ce qui était le meilleur système de santé au monde, garder, certes, les structures hospitalo-universitaires coûteuses ou un grand hôpital de secteur dans le public, mais privatiser le reste et particulièrement le maillage de proximité.

Cette politique percute aujourd’hui de plein fouet les aspirations des professionnels de santé à bien faire leurs métiers. La souffrance au travail est partout à l’hôpital : les horaires, bousculés en permanence, l’intensification du travail par manque d’effectifs, les injonctions contradictoires à la qualité tout en rognant toujours plus sur les moyens alloués, la culpabilisation permanente avec l’appel au professionnalisme pour compenser les insuffisances de l’institution et au final le constat d’être maltraitant avec le patient quoiqu’on se démène pour faire l’inverse.

Le mouvement de l’hôpital est une œuvre d’intérêt général et nous devons tout faire (nous le faisons déjà dans de nombreux endroits) pour le soutenir, le faire grandir et le nourrir politiquement. Il faut donner de la perspective, sur les moyens financiers d’abord, avec par exemple la réaffectation du Cice, l’arrêt des exonérations de cotisations sociales, la lutte contre la fraude, aux cotisations pour 20 milliards, fiscale pour 100 milliards. Tout de suite, portons avec eux l’exigence de l’arrêt de la fermeture de lits ou de service et demandons des réouvertures.

Au-delà de la santé, c’est l’ensemble des services publics qui sont attaqués, toujours dans la même logique de marchandisation de toutes les activités humaines.

C’est un débat idéologique qui s’engage, s’élargissant à tout le service public. La manifestation du 16 juin doit être l’occasion d’établir un véritable rapport de force avec le gouvernement macroniste. À la suite de cette épidémie, de nombreux citoyens ont radicalement changé leur façon de voir l’hôpital et les services publics. Ils sont disponibles pour débattre et agir. À nous de les rencontrer partout où c’est possible. À nous de les inviter au débat et à la participation à la journée d’action du 16 juin. 

Loïc Pen

médecin urgentiste à Creil

 

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