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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 16:00
Les paysans et l’opinion publique. À qui profite « l’agribashing » ?
Vendredi, 6 Décembre, 2019

Par Paul Ariès Politologue et auteur

 
 

Mea culpa. J’expliquais jusqu’à présent que l’« agribashing » était un contre-feu allumé par les défenseurs d’un système agricole industriel aux abois. Je soutiens toujours qu’un certain syndicalisme agricole, qui a accompagné le productivisme, fait de cette notion un cache-sexe masquant sa propre responsabilité, mais j’ai pu constater, ces derniers mois, le développement d’une diabolisation du monde agricole, et pas seulement de l’agriculture intensive. J’ai pu entendre, dans des salons bio, des militants s’en réjouir en expliquant que les exploitants agricoles ne pourront plus désormais polluer sans susciter la colère et des réactions de la part du reste de la population.

J’ai peur que les choses ne soient malheureusement pas aussi simples que le croient certains écologistes. J’ai même peur que l’écologie, lorsque ce n’est pas la faim dans le monde, ne soit instrumentalisée pour imposer, sans le dire, un nouveau modèle alimentaire, encore plus industriel que celui de la révolution verte. L’opinion publique, désinformée, ayant rompu toute attache avec le monde rural, cède aux simplifications. Paysans insultés parce qu’encombrant les chaussées avec leurs engins, paysans mis en cause parce qu’ils pratiquent des épandages et pas nécessairement de produits chimiques, mais de lisiers ou de boue d’épuration, paysans obligés de s’excuser parce que leur moissonneuse-batteuse produit de la poussière, paysans-artisans, producteurs de fromages et de viandes bio, vilipendés et qualifiés d’assassins ! Le gouvernement dit avoir pris la mesure du phénomène puisqu’il souhaite étendre à tout le territoire l’Observatoire contre l’agribasching, expérimenté dans la Drôme, sous l’autorité du préfet du département et du procureur général de Valence.

Certains croient s’en tirer à bon compte en évoquant seulement la méconnaissance crasse de beaucoup d’urbains et de néoruraux (notamment des retraités) au sujet de l’agriculture en général et de l’élevage en particulier, mais les faits autorisent une autre analyse. Demandons-nous, pour ne pas manger idiot, à qui profite l’agribashing, car je ne suis pas certain que ce soit aux consommateurs ni aux paysans, qui vivent déjà d’autres types d’agriculture, agroécologie, agroforesterie, permaculture, agriculture biologique, etc. Ceux qui ont tout à gagner à la confusion actuelle, ce sont ceux qui ont déjà choisi d’utiliser les biotechnologies pour imposer l’agriculture cellulaire.

Ne nous leurrons pas, tout est prêt, la technoscience, les brevets déposés par milliers, les investissements, il ne manque plus que l’acceptation par les mangeurs, en faisant que le phénomène de dégoût ne concerne plus les laboratoires agro-industriels, mais l’agriculture. C’est ainsi que ceux qui pensent s’opposer efficacement au système agricole industriel peuvent, sans le vouloir, voir leur critique récupérée… Combien d’amis écolo ne rêvent-ils pas de fermes urbaines, symbole de la réconciliation des villes et des campagnes, vecteur d’une relocalisation souhaitable, mais ce qui se profile, ce sont des fermes-usines verticales, totalement hors-sol, robotisées, aseptisées. Regardons comment la peur de la radioactivité, après l’accident nucléaire de Fukushima, n’a pas profité à l’agriculture biologique et aux Amap, mais à des firmes, comme Toschiba, qui se sont lancées dans la production végétale dans des usines closes et aseptisées, sous contrôle électronique constant, avec la possibilité de produire des « légumes augmentés », artificiellement, par exemple, en vitamine C. Ces gratte-ciel pseudo-écolo réinventent une agriculture de proximité mais high-tech et non plus paysanne. Ces fermes-usines surfent aussi sur le rejet des pesticides et insecticides car, bénéficiant d’un environnement totalement artificiel, elles n’en ont plus besoin.

C’est ainsi que notre combat nécessaire contre les pesticides pourrait se retourner contre nous et les paysans ! Les maires qui prennent des arrêtés interdisant les pesticides à moins de 150 mètres des habitations et locaux professionnels ont incontestablement raison, s’il s’agit de provoquer l’État à la réflexion et à l’action, y compris en transformant les procès relatifs aux arrêtés municipaux en procès contre les pesticides. Mais qui peut croire qu’instaurer des zones sans pesticide puisse être la solution sur le plan sanitaire, mais également pour changer de système agricole. L’idée même d’établir un cordon sanitaire entre un monde paysan nécessairement « impur » et un monde urbain subitement « pur », entre des activités productrices malsaines et une consommation qui ne demanderait qu’à devenir miraculeusement saine, est particulièrement dangereuse, parce qu’elle alimente, d’un côté, le fantasme d’un agribasching généralisé et, d’un autre côté, la méfiance envers tous les paysans. C’est pourquoi l’alternative n’est pas seulement entre une zone de sécurité de 10 mètres ou de 150 mètres, mais dans une sortie progressive des pesticides chimiques, ce qui suppose de commencer par interdire les substances les plus dangereuses (cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques, perturbatrices endocriniennes) et de soutenir les paysans pour qu’ils puissent changer collectivement de pratiques…

Autre exemple de dévoiement de la sensibilité écologique : face aux craintes liées à l’empoisonnement des sols, on vient d’échapper pour sept ans à l’interdiction de la bouillie bordelaise (mélange de cuivre et de soufre), interdiction qui aurait porté un coup fatal aux vins biologiques, mais aussi à de nombreuses autres productions issues de l’agriculture biologique, principalement les pommes de terre ou les pommes…

Au même moment, des start-up se lancent dans la fabrication de faux vins synthétiques (sans raisin). Comment ne pas songer, également, à la campagne savamment orchestrée contre les fromages au lait cru, alors que les dernières études épidémiologiques établissent qu’ils ne sont pas responsables de plus d’accidents que les autres et qu’ils le sont beaucoup moins que les produits laitiers ultratransformés. Pendant ce temps, des firmes développent des substituts de fromage, des fromages sans lactose, sans protéines de lait, notamment pour des pizzas… Qui ne s’inquiéterait pas enfin des méfaits de la pêche industrielle, mais, plutôt que de favoriser une pêche durable, comme la pratique le label Poiscaille, d’autres firmes se lancent dans la fabrication cellulaire de faux fruits de mer et de faux poissons… Méfions-nous que le consommateur lambda ne finisse par associer l’écologie à l’agriculture cellulaire et non pas à la défense des multiples formes d’agriculture paysanne.

Les paysans et l’opinion publique. À qui profite l’agribashing? - Par Paul Auriès, L'Humanité, 6 décembre 2019
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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 15:57
Razmig Keucheyan : « Abolir la civilisation du jetable favoriserait l’égalité »
Vendredi, 6 Décembre, 2019

Dans son dernier essai, les Besoins artificiels. Comment sortir du consumérisme, le sociologue se penche sur la prolifération, à l’ère du capitalisme néolibéral, de biens matériels dont la consommation est aliénante et la production, néfaste pour l’environnement. Il esquisse une théorie critique en puisant dans l’héritage marxien.

 

« De quoi avons-nous besoin ? » Voilà, dites-vous, la question du siècle. Pourquoi poser l’équation dans ces termes, quand le capitalisme, dans sa configuration néolibérale, se montre incapable de satisfaire les besoins fondamentaux de pans entiers de l’humanité ?

Razmig Keucheyan Avec la crise environnementale, l’une des contradictions principales du capitalisme apparaît au grand jour. D’un côté, des centaines de millions de personnes à travers le monde ne mangent pas à leur faim, autrement dit ce besoin vital n’est pas satisfait. Des besoins vitaux autrefois satisfaits, comme respirer un air non pollué, le sont de surcroît de plus en plus difficilement. D’un autre côté, dans les sociétés les plus riches, la production de biens matériels atteint des niveaux vertigineux. Nombre de ces biens matériels ne répondent à aucun besoin réel. Le capitalisme est un système productiviste et consumériste : il produit toujours davantage de marchandises en moins de temps, en dehors de toute autre considération. Les consommateurs que nous sommes doivent dès lors consommer ces marchandises, afin de laisser la place aux suivantes. Et ainsi de suite à l’infini. Mais ce productivisme et ce consumérisme vont de pair avec un approfondissement des inégalités, à la fois dans et entre pays. Le capitalisme, on le voit, est un système absurde.

Vous distinguez les besoins « radicaux » des besoins « artificiels » suscités et entretenus par le productivisme et le consumérisme capitalistes. Mais vous distinguez encore les besoins légitimes des besoins insoutenables qu’il faudra renoncer à assouvir. Où se situe la frontière ? Quels critères et quelles procédures peuvent déterminer la légitimité d’un besoin ?

Razmig Keucheyan Prenons l’exemple du voyage. Ce n’est pas un besoin vital car on peut vivre sans voyager. Mais voyager est un besoin que beaucoup considèrent aujourd’hui essentiel : cela ouvre l’esprit et permet de faire la rencontre de cultures nouvelles. Les jeunes sont encouragés à voyager, il y a même un programme européen pour cela, le programme Erasmus. Le voyage se démocratise dans la seconde moitié du XXe siècle. En soi, c’est incontestablement un progrès. Mais la massification du voyage a un inconvénient majeur : l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Les avions low cost, notamment, rendent ce moyen de transport accessible à davantage de personnes mais, sur le plan environnemental, ils sont désastreux. Il faut donc à la fois réguler, et par là même permettre l’invention d’autres imaginaires du voyage, des imaginaires qui soient soutenables, tout en restant démocratiques. Il n’est bien sûr pas question d’en revenir à une situation où le voyage serait réservé à une élite. Il faut aussi réorganiser l’économie afin de limiter les voyages professionnels polluants. L’interdiction des vols internes, et leur remplacement par le train partout où cela est possible, serait un début. Tout cela suppose une transformation d’ampleur de nos sociétés, je ne le sous-estime pas. Du fait que notre modèle n’est plus soutenable, cette transformation se fera de toute façon, la seule question est de savoir si elle sera maîtrisée ou chaotique.

Quel levier le système actionne-t-il pour « naturaliser » des besoins dont le fondement est historique et culturel ?

Razmig Keucheyan Vous connaissez la célèbre campagne publicitaire « Marlboro Man » : le cow-boy solitaire sur son cheval qui contemple l’horizon une cigarette à la bouche. Cette campagne a ceci de paradoxal qu’elle ne parle pas du produit lui-même, la cigarette. Elle décrit au consommateur le type de personne qu’il deviendra s’il se met à fumer des Marlboro. Ce procédé publicitaire inventé dans les années 1960 s’est généralisé depuis. Dans les innombrables publicités pour les voitures que l’on nous impose, on parle très peu de la voiture elle-même. On vend l’« aventure » qui ira avec le fait de posséder telle ou telle marque. La publicité met donc en circulation des identités sociales auxquelles les consommateurs aspirent. C’est l’une des voies par lesquelles elle convainc l’individu que l’achat de la marchandise répond à un vrai besoin. Ce lien entre marchandise et identification doit être soumis à critique. Cela, notamment en encadrant strictement la publicité, qui a véritablement colonisé notre vie quotidienne.

Votre livre s’ouvre sur la disparition de la nuit, de l’obscurité que fait reculer la pollution lumineuse. Comment les logiques marchandes ont-elles pu affecter jusqu’aux expériences existentielles, comme la contemplation d’un ciel étoilé ?

Razmig Keucheyan Le marxisme a bien mis en évidence le fait que le capitalisme n’est pas seulement un système économique. Il affecte toutes les dimensions de nos existences, y compris celles en apparence les plus éloignées de l’économie. Pierre Dardot et Christian Laval appellent ainsi « cosmo-capitalisme » la tendance de ce système à influencer jusqu’à notre environnement matériel, le « cosmos ». C’est précisément ce que démontre la pollution lumineuse, une forme de pollution qui fait l’objet d’une prise de conscience croissante de nos jours. L’éclairage artificiel, qui se généralise au XIXe siècle, est à l’origine clairement un progrès. Il permet le développement de la vie nocturne, une temporalité nouvelle de la vie sociale, qui n’existait pas auparavant. Sortir entre amis ou se balader en amoureux la nuit, par exemple, seraient difficilement concevables sans éclairage artificiel. Pensez à tout ce que l’éclairage permet en termes d’enrichissement des sociabilités. Pourtant, passé certains niveaux, la lumière artificielle se transforme en nuisance : elle empêche par exemple la synthèse de la mélatonine, dite « hormone du sommeil », et occasionne ainsi des troubles du sommeil chez nombre de personnes. La prolifération des écrans aggrave encore cette tendance. La pollution lumineuse conduit également à une disparition progressive du ciel étoilé. Les niveaux de luminosité que l’on rencontre dans les pays développés aujourd’hui font que la Voie lactée est de moins en moins visible. Le développement économique effréné que nous connaissons influe donc sur le cosmos lui-même.

Vous ne manifestez aucune hostilité au progrès technique : vous soutenez que des besoins néfastes peuvent devenir soutenables. Par quel procès, à quelles conditions ?

Razmig Keucheyan Les smartphones font aujourd’hui l’objet de nombreuses critiques, et à juste titre. Le rythme de leur renouvellement, à grand renfort de marketing, est très élevé. Ils contiennent en outre des composants dont l’extraction est nocive à la fois pour l’environnement et les populations des régions concernées. En même temps, les smartphones ont donné lieu à des formes de sociabilité nouvelles. Ils permettent par exemple, grâce aux appareils photo qu’ils contiennent, de « documenter » son existence de manière originale, de garder une trace d’instants importants, de les partager avec son entourage instantanément. L’appareil photo le permettait déjà mais le smartphone approfondit cette tendance. Ce n’est pas le smartphone en lui-même qui est nocif, mais la manière dont il est produit et vendu aujourd’hui. Dans le livre, je défends l’idée que, pour être soutenables, nos besoins doivent être universalisables. Quand on délibère sur la satisfaction d’un besoin, à l’échelle individuelle ou collective, il faut toujours se demander si ce besoin pourrait être satisfait pour le plus grand nombre. Par exemple, le niveau de consommation d’un citoyen américain n’est pas universalisable car, si tout le monde consommait autant, la planète serait ravagée en peu de temps. Un besoin universalisable est un besoin tel qu’il pourrait en principe être satisfait pour tout le monde, tout en étant respectueux des écosystèmes.

« De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins » : la crise écologique fait-elle disparaître cet horizon désigné par Louis Blanc et repris par Marx dans sa Critique du programme de Gotha ?

Razmig Keucheyan Au contraire, Marx avait parfaitement conscience que le capitalisme suscite en permanence des faux besoins. C’est même l’un des sens du concept d’aliénation chez lui. L’aliénation désigne en effet l’ensemble des besoins artificiels générés par le capitalisme. La critique de l’aliénation à laquelle se livre Marx consiste à s’interroger sur ce que sont les « vrais » besoins. Pour Marx, c’est toujours en dernière instance l’individu qui sait ce que sont ou ne sont pas ses « vrais » besoins. Mais c’est l’individu émancipé du consumérisme capitaliste. Pour que l’individu soit vraiment libre, libre de construire ses besoins comme il l’entend, le capitalisme doit être dépassé. « À chacun selon ses besoins » signifie que, dans le monde d’après le capitalisme, les « vrais » besoins seront la mesure de la richesse, une richesse qui ne sera plus déterminée par la logique du marché mais par des individus enfin libres.

Il faut, dites-vous, étendre l’anticapitalisme aux objets, en luttant pour l’émergence de biens « durables » et même « émancipés » propres à gripper l’infernale accélération de la rotation des marchandises. Quelles seraient les caractéristiques de ces « biens émancipés » ?

Razmig Keucheyan Le marxisme ne s’est jamais beaucoup intéressé aux objets eux-mêmes, alors que son matérialisme lui aurait permis de le faire. J’ai essayé de développer cette piste. L’idée est que les objets doivent être intégrés à la lutte des classes. Le capitalisme produit des objets jetables, afin d’en créer de toujours nouveaux. Les profits des capitalistes dépendent de ce renouvellement constant des marchandises, et donc du raccourcissement de leur durée de vie. Les anticapitalistes, au contraire, doivent lutter en faveur d’un accroissement de la durée de vie des objets, en agissant sur la qualité des matériaux, mais aussi sur la durée de la garantie des biens. Des enquêtes démontrent que plus vous allongez la garantie, plus la personne qui possède l’objet a tendance à le faire réparer plutôt qu’à en acheter un neuf. Plus l’entreprise qui le produit est incitée à mettre sur le marché des biens de qualité, sinon, les frais de réparation deviendraient trop élevés. L’allongement de la durée de la garantie est une mesure simple mais elle permet de lutter contre la rotation rapide des marchandises. Un ensemble d’associations, emmenées par les Amis de la Terre, militent actuellement en faveur de cette mesure.

Pendant la crise grecque, certains revendiquaient l’horizon d’une « vie austère » choisie, contre l’austérité imposée par l’Union européenne. Vous en appelez, vous, à un « communisme du luxe ». N’y a-t-il pas entre ces termes une contradiction irréconciliable ?

Razmig Keucheyan Dans les sociétés capitalistes, les inégalités de classe s’appuient sur des hiérarchies d’objets. Aux classes dominantes les objets robustes, performants, de qualité, bref, ce qu’on appelle le « haut de gamme ». Aux classes populaires les objets jetables, c’est-à-dire le « bas de gamme ». Pierre Bourdieu appelle « distinction » la façon dont les classes dominantes se différencient symboliquement des classes populaires. La distinction s’effectue notamment par les objets : au volant du dernier modèle de voiture le plus cher, on devient « quelqu’un ». Le communisme du luxe est une hypothèse politique : qu’arriverait-il si on imposait par la loi, c’est-à-dire par le rapport de forces, des objets « haut de gamme » pour tous ? Qu’arriverait-il si on abolissait la civilisation du jetable ? Cela aurait d’abord des effets bénéfiques pour l’environnement, car cela ralentirait le rythme de renouvellement des marchandises. Mais cela favoriserait aussi l’égalité, car les inégalités de classe ne pourraient plus s’appuyer sur des différences de qualité des biens. Bien sûr, les inégalités ne seraient pas pour autant abolies. Mais elles perdraient l’une de leurs assises. Tout le propos de mon livre est de dire que la transition écologique est l’occasion de répondre à la question sociale. La lutte des classes et l’écologie, c’est la même chose, en ce sens que toute écologie sérieuse doit placer au cœur de son programme le dépassement du capitalisme.

Razmig Keucheyan

Les Besoins artificiels. Comment sortir du consumérisme, de Razmig Keucheyan. Éditions Zones, 208 pages, 18 euros.
 
Entretien réalisé par Rosa Moussaoui
Abolir la civilisation du jetable favoriserait l’égalité - Le sociologue Razmig Keucheyan s'entretient avec Rosa Moussaoui, L'Humanité, 6 décembre 2019
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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 15:52
Fabien Roussel sur Public Sénat: Il est temps de faire cotiser le capital, pour permettre un départ à la retraite à 60 ans, avec une pension qui ne soit pas inférieur au SMIC.

"En 2008, 30 milliards d’euros versés en dividendes aux actionnaires des entreprises du CAC 40.
51 milliards en 2019 !
Il est temps de faire cotiser le capital, pour permettre un départ à la retraite à 60 ans, avec une pension qui ne soit pas inférieur au SMIC.
Partir à 60 ans ce n’est pas un coût, c’est « du bonheur en barre »."
Fabien Roussel - Public Sénat

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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 13:07

 

Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 -

 Par Le groupe CRCE  / 2 décembre 2019

L’annonce du plan « investir pour l’hôpital » par le Président de la République, à la suite de la très forte mobilisation du personnel hospitalier du 14 novembre, a mis un terme au débat, en première lecture, du Sénat sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2020.

L’examen du texte intégrant les mesures du gouvernement pour la santé a été examiné en séance le samedi 30 novembre.

Le Président de la République et la Ministre de la santé, ont fait peu de cas de la représentation nationale. Non seulement, ils ont contraint le Sénat à examiner, en 9 heures, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale dont le budget s’élève à 450 milliards d’euros mais ils ont, de fait, largement limité le droit d’amendement des sénatrices et sénateurs en nouvelle lecture.

Notre groupe n’a pas cédé à la pression de la montre. Il est intervenu sur chacune des dispositions du budget de la Sécurité sociale et en particulier l’amendement 59 sur la traduction financière du plan « Investir dans l’hôpital public ».

Quelle est la réalité de ce plan, prétendument conséquent pour reprendre les propos du Président de la République ? Il s’agit de 200 millions pour les hôpitaux sur les 300 millions d’euros supplémentaires en 2020. Rapportés aux 1 364 hôpitaux publics, cette « largesse gouvernementale » revient à donner seulement 146 000 d’euros supplémentaires par établissement soit l’équivalent de 2 postes d’urgentistes par hôpital.

C’est un véritable enfumage que de prétendre vouloir sauver l’hôpital avec si peu de moyens. Mais cette fois-ci, le sénat a refusé d’entériner des mesures qui ne permettent pas de répondre aux revendications légitimes des personnels en vue d’une amélioration de leurs conditions de travail donc de la qualité des soins.

Notre groupe a voté contre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale modifié par la droite sénatoriale, qui, malgré son juste refus d’un ONDAM trop bas, maintient les exonérations de cotisations sociales pour un montant atteignant 66 milliards d’euros, pourtant à l’origine du déséquilibre des comptes de la Sécurité sociale.
Pour notre part, nous serons donc avec les personnels en grève le 17 décembre pour que le gouvernement accepte enfin de revaloriser le budget de la santé à la hauteur des besoins de notre pays, comme le 5 décembre pour combattre la réforme des retraites.

 

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8 décembre 2019 7 08 /12 /décembre /2019 07:41
Suite à la plainte de Fabien Roussel, Bernard Arnaut, première fortune de France, obligé de rendre des comptes (L'Humanité, 5 décembre 2019)
Arnault obligé de rendre ses comptes
Jeudi, 5 Décembre, 2019
 

On peut appeler cela une belle victoire. Bernard Arnault, actionnaire majoritaire du groupe de luxe LVMH, a publié les comptes de sa holding, Groupe Arnault, après avoir été assigné en justice par le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.

C’est l’AFP qui a levé le lièvre le 5 décembre. L’Agence précise que, selon le site Infogreffe, qui donne accès à l’information légale sur les entreprises, les comptes du Groupe Arnault clos au 31 décembre 2018, ainsi que ceux des exercices 2014 à 2017, ont été déposés mercredi 4 décembre au greffe du tribunal de commerce de Paris, à la veille d’une audience entre les deux parties.

Dans un courrier au président du tribunal de commerce, statuant en référé, et dont l’AFP a obtenu une copie, l’avocat de Bernard Arnault demande par conséquent à ce que « la demande formulée aux termes de l’assignation du 12 novembre 2019 (soit) sans objet » et rejetée, les comptes de la holding ayant été finalement publiés.

Groupe Arnault tente toutefois de minimiser cette défaite en tentant de faire croire à  « un caractère abusif », de  « l’action des demandeurs » en raison  « d’un détournement manifeste de la finalité des dispositions du Code de commerce gouvernant la publication des comptes sociaux des entreprises, et se heurte en tout état de cause, en référé, à des contestations sérieuses excluant l’injonction sollicitée ». C’est au début du mois d’octobre que les communistes avaient engagé ce bras de fer avec l’un des hommes les plus riches du monde. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, avait indiqué vouloir assigner en justice Bernard Arnault, ainsi que « d’autres grands groupes français, tels LM Holding (Arnaud Lagardère), H51 (holding Hermès) ou encore Webedia (Marc Ladreit de Lacharrière) », car ils ne publient pas leurs comptes  « alors que la loi les y oblige ».

On mesure mieux la victoire politique du PCF lorsque l’on sait qu’en refusant de publier leurs comptes, ces groupes ne s’exposent qu’à une simple amende allant de 1 500 à 3 000 euros en cas de récidive. Plus que de la justice, LVMH a eu peur du tribunal de l’opinion.

Fabien Roussel avec Pierre Krasuki et Soazig Guéguen à la fête de l'Humanité Bretagne le 1er décembre

Fabien Roussel avec Pierre Krasuki et Soazig Guéguen à la fête de l'Humanité Bretagne le 1er décembre

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8 décembre 2019 7 08 /12 /décembre /2019 07:38
Retraites - La solidarité, c'est la civilisation - Patrick Le Hyaric, L'Humanité, 5 décembre 2019
Editorial. La solidarité, c’est la civilisation
Jeudi, 5 Décembre, 2019
 

C’était son projet, c’est devenu son mensonge. Et les grands médias le cachent. « Nous ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions », certifiait noir sur blanc M. Macron dans son programme présidentiel. Devenu président, il déclare : « Il faudra travailler plus longtemps car on vit plus longtemps. » Quant au niveau des pensions du nouveau système, il dépendra d’une valeur du point fixée par décret en fonction des aléas des marchés financiers et ne sera donc plus garanti.

Seule certitude, le volume global des cotisations collectées sera largement inférieur aux besoins. En instaurant une règle d’or budgétaire interdisant le déficit du nouveau système, et alors que les dépenses pour les retraites seront plafonnées à 14 % des richesses produites dans un contexte où le vieillissement de la population nécessiterait de hisser l’effort à 17 %, le niveau des futures pensions va forcément diminuer. C’est donc bien un départ en retraite différé de plusieurs années et une baisse drastique des pensions qui attendent nos concitoyens, quel que soit leur statut. Tout l’inverse de la promesse de campagne du candidat Macron. Non et non, il n’a pas été élu pour cela.

Pourquoi donc avoir décidé de lancer cette offensive éclair, sans onction démocratique, contre le système solidaire par répartition ? Pour comprendre l’obsession du pouvoir et des financiers, il faut faire un petit détour par la loi dite Pacte votée au printemps dernier. Ce paquet législatif est une pépinière de mesures libérales. C’est ici qu’ont été lancées les privatisations d’Aéroports de Paris, de la Française des jeux et d’Engie. C’est encore ce texte qui sert de rampe de lancement à l’actionnariat salarié pour justifier le gel des salaires. C’est ici enfin qu’a été inauguré le nouveau produit d’épargne retraite censé développer la capitalisation, à la suite d’une décision équivalente dans l’Union européenne. Le rapport Delevoye préconise ainsi de diviser par trois le seuil de calcul des retraites. Les hauts salaires intégrés au système actuel, et les nombreuses cotisations afférentes au bénéfice de tous, sont donc priés d’aller garnir le portefeuille de fonds de pension et autres fonds financiers.

Ces mesures s’insèrent dans un dispositif global comprenant les ordonnances contre le Code du travail, le démantèlement des services publics, la transformation du Cice en 20 milliards d’exonérations annuelles de cotisations patronales. Elles ont pour objectif fondamental de donner du carburant au capitalisme financier. Et les 240 milliards de retraites socialisées, plus de 10 % du PIB, représentent un immense frein à cette entreprise. La mainmise sur ce magot, avant de s’attaquer à celui de la Sécurité sociale, est une condition essentielle pour donner au capital un pouvoir exclusif sur le financement des besoins humains.

L’instauration d’un système par points a pour vocation de faire basculer la philosophie générale d’un système fondé sur la solidarité intergénérationnelle et interprofessionnelle, où les actifs contribuent à la retraite des anciens, vers une logique du chacun pour soi où chacun cotisera pour lui-même sans égard pour la collectivité. Dans la Suède, érigée en exemple, 38 % des personnes âgées de 67 ans sont contraintes de compléter leur retraite par un revenu salarial, contre 18 % avant l’instauration du régime par points. Et le quart de ceux qui ont plus de 69 ans perçoit toujours un salaire alors qu’ils n’étaient que 12 % ! Notre système, même s’il doit être amélioré notamment en faisant cotiser les revenus financiers, est bien plus juste socialement et efficace économiquement, mais considéré non rentable pour le capital. C’est ce que veut changer le projet destructeur du pouvoir. Il prévoit un renversement complet des logiques de solidarité mises en place par le Conseil national de la Résistance au profit du processus de « décivilisation ». Stopper, dans l’unité populaire, les fossoyeurs de la solidarité est la tâche entamée par les syndicats, des associations et des organisations de jeunesse. Nous en sommes !

Patrick Le Hyaric
Retraites - La solidarité, c'est la civilisation - Patrick Le Hyaric, L'Humanité, 5 décembre 2019
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7 décembre 2019 6 07 /12 /décembre /2019 06:41

 

L'exceptionnel succès de la mobilisation du 5 décembre a commencé à modifier le rapport de forces dans le débat sur l'avenir de notre système de retraites.

 

 

Malgré leurs manœuvres pour diviser les français, le Président de la République et son Premier ministre doivent désormais tenir compte de l'ampleur de la riposte que le monde du travail, les organisations syndicales, la jeunesse ont commencé à leur opposer. Les Français ont parfaitement compris que la retraite Macron, c'était une retraite plus tardive et moins de pensions pour tout le monde !


Oui, le mouvement social, uni et déterminé, est aujourd'hui en capacité de faire renoncer le pouvoir à son projet rejeté par une très large majorité des Français.e.s.
C'est un objectif prioritaire auquel le PCF entend contribuer, en appelant à participer aux nouvelles mobilisations sociales décidées par les organisations syndicales, avec la nouvelle journée d'action du 10 décembre.


Une vraie réforme est possible, si elle se donne pour objectifs, comme le propose le PCF, de garantir de nouveaux droits pour les salariés et les retraités et si elle s'appuie sur une logique juste et efficace pour leurs financements.


Le gouvernement doit aussi entendre la colère qui s'exprime concernant le pouvoir d'achat en augmentant dès le 1er janvier le SMIC de 20 % et convoquer une conférence nationale sur les salaires.


Il doit par ailleurs en finir avec ses politiques visant à favoriser toujours plus le capital et enfin mettre à contribution, au juste niveau, les revenus financiers, aujourd'hui épargnés de toute contribution au financement de la protection sociale.


Le 10 décembre dans la rue, avec les salariés et la jeunesse, le 11 décembre lors du meeting qu'il organise à Saint-Denis avec toutes les forces de gauche et écologistes, le PCF continuera à mettre toutes ses forces dans la bataille pour faire retirer cette réforme et construire, sans attendre, une alternative crédible à ses politiques.

A Morlaix manifestons ce mardi 10 décembre : 11 h - Place des Otages

 

Pour dire, une nouvelle fois non à la réforme des retraites Macron, non à la destruction de nos acquis sociaux une nouvelle journée d’action, à l’appel de nombreuses organisations syndicales, est lancée pour le mardi 10 décembre.

De nombreux appels à la grève sont lancés et de nombreuses manifestations vont se tenir.

Soyons nombreux à cette nouvelle manifestation.

 

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7 décembre 2019 6 07 /12 /décembre /2019 06:36

Fabien Roussel (Secrétaire National du PCF) était l'invité de la matinale de CNEWS du 5 décembre

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6 décembre 2019 5 06 /12 /décembre /2019 19:21
Retraites: nous pouvons gagner en étant tous mobilisés le 10 décembre (PCF)
 
L'exceptionnel succès de la mobilisation du 5 décembre a commencé à modifier le rapport de forces dans le débat sur l'avenir de notre système de retraites.
Malgré leurs manœuvres pour diviser les français, le Président de la République et son Premier ministre doivent désormais tenir compte de l'ampleur de la riposte que le monde du travail, les organisations
syndicales, la jeunesse ont commencé à leur opposer. Les Français ont parfaitement compris que la retraite Macron, c'était une retraite plus tardive et moins de pensions pour tout le monde !
Oui, le mouvement social, uni et déterminé, est aujourd'hui en capacité de faire renoncer le pouvoir à son projet rejeté par une très large majorité des Français.e.s.
C'est un objectif prioritaire auquel le PCF entend contribuer, en appelant à participer aux nouvelles mobilisations sociales décidées par les organisations syndicales, avec la nouvelle journée d'action du 10
décembre.
Une vraie réforme est possible, si elle se donne pour objectifs, comme le propose le PCF, de garantir de nouveaux droits pour les salariés et les retraités et si elle s'appuie sur une logique juste et efficace pour
leurs financements.
Le gouvernement doit aussi entendre la colère qui s'exprime concernant le pouvoir d'achat en augmentant dès le 1er janvier le SMIC de 20 % et convoquer une conférence nationale sur les salaires.
Il doit par ailleurs en finir avec ses politiques visant à favoriser toujours plus le capital et enfin mettre à contribution, au juste niveau, les revenus financiers, aujourd'hui épargnés de toute contribution au financement de la protection sociale.
Le 10 décembre dans la rue, avec les salariés et la jeunesse, le 11 décembre lors du meeting qu'il organise à Saint-Denis avec toutes les forces de gauche et écologistes, le PCF continuera à mettre toutes ses
forces dans la bataille pour faire retirer cette réforme et construire, sans attendre, une alternative crédible à ses politiques.
 
Parti communiste français,
 
Paris, le 6 décembre 2019.
Retraites: nous pouvons gagner en étant tous mobilisés le 10 décembre (PCF)
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5 décembre 2019 4 05 /12 /décembre /2019 16:34
Réforme des Retraites - Collèges et lycées publics: 75% de grévistes parmi les enseignants!!!

Mobilisation historique dans les collèges et lycées.
75% de grévistes ce matin.
Ce projet de réforme des doit être retiré !

Et 80% de grévistes dans l’académie de Rennes. Du jamais vu qui montre que les enseignants ont bien compris combien ils allaient perdre avec la retraite par points.

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