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5 janvier 2020 7 05 /01 /janvier /2020 19:37
Pétition unitaire pour le retrait de la réforme des retraites Macron: vous aussi, signez!

Pour signer la pétition, aller au l'adresse suivante:

Retrouve le texte et les signataires sur : https://lapetitionretraite.fr/

 

Une majorité de citoyennes et de citoyens le demandent : retrait de la réforme Macron !

Depuis le 5 décembre, des millions d'hommes et de femmes se retrouvent dans les grèves, dont beaucoup en reconductible, et les manifestations à l'appel des organisations syndicales.

Ils et elles rejettent la réforme du système de retraites que veulent leur imposer le président de la République et son gouvernement.

Ce projet n'est pas acceptable, car il est porteur de régression des droits de chacune et chacun : toutes les hypothétiques avancées proposées par le gouvernement devraient être financées par des baisses de pensions ou par l’allongement de la durée de la vie au travail. D’autres choix sont pourtant possibles.

C’est pourquoi nous demandons le retrait du projet présenté par le Premier ministre, afin que soient ouvertes sans délai de vraies négociations avec les organisations syndicales, pour un système de retraites pleinement juste et solidaire, porteur de progrès pour toutes et tous, sans allongement de la durée de la vie au travail.

Premiers signataires :

  • Éliane ASSASSI, sénatrice, Parti communiste français
  • Clémentine AUTAIN, députée
  • Guillaume BALAS, coordinateur, Génération.S
  • Josiane BALASKO, comédienne
  • Julien BAYOU, secrétaire national, Europe écologie-Les Verts
  • Ester BENBASSA, sénatrice, Europe écologie-Les Verts
  • Olivier BESANCENOT, porte-parole, Nouveau Parti anticapitaliste
  • Éric BEYNEL, porte-parole, Union syndicale Solidaires
  • Frédéric BOCCARA, économiste, membre du CESE, Parti communiste français
  • Paul BOUFFARTIGUE, sociologue CNRS
  • Marie-Pierre BRESSON, adjointe à la maire de Lille, co-présidente, Union des démocrates et des écologistes
  • Pierre CAILLAUD-CROIZAT, petit-fils d’Ambroise Croizat
  • Gilles CANDAR, historien
  • Damien CAREME, député européen, Europe écologie-Les Verts
  • André CHASSAIGNE, député, Parti communiste français
  • Jean-Louis COMOLLI, cinéaste, écrivain
  • Éric COQUEREL, député, La France insoumise
  • Alain COULOMBEL, porte-parole, Europe écologie-Les Verts
  • Laurence DE COCK, historienne
  • Anne DE HARO, Gauche démocratique et sociale
  • Dyenaba DIOP, porte-parole, Parti socialiste
  • Sylvie DURAND, secrétaire générale, Union générale des ingénieurs, techniciens et cadres-CGT
  • Eric FASSIN, sociologue
  • Olivier FAURE, premier secrétaire, Parti socialiste
  • Caroline FIAT, députée
  • Gérard FILOCHE, Gauche démocratique et sociale
  • Christakis GEORGIOU, chercheur, université de Genève
  • Gaël GIRAUD, économiste
  • Raphaël GLUCKSMANN, député européen, Place publique
  • Cécile GONDARD-LALANNE, porte-parole, Union syndicale Solidaires
  • Roland GORI, professeur honoraire des universités, psychanalyste, essayiste, président de l’Appel des appels
  • Pierre JOUVET, porte-parole, Parti socialiste
  • Régis JUANICO, député, Générations.S
  • Aurore LALUCQ, députée européenne, Place publique
  • François-Michel LAMBERT, député, co-président, Union des démocrates et des écologistes
  • Jean-Luc LAURENT, ancien député, Gauche républicaine et socialiste
  • Frédéric LEBARON, sociologue (Savoir/Agir)
  • Marie-Noëlle LIENEMANN, sénatrice, Gauche républicaine et socialiste
  • Myriam MARTIN, conseillère régionale LFI Occitanie, porte-parole, Ensemble
  • Philippe MARTINEZ, secrétaire général, Confédération générale du travail
  • Corinne MASIÉRO, comédienne
  • Laurent MAUDUIT, journaliste, cofondateur de Mediapart
  • Emmanuel MAUREL, député européen, Gauche républicaine et socialiste
  • Dominique MEDA, sociologue
  • Jean-Luc MÉLENCHON, député, La France insoumise
  • Gérard MEYLAN, comédien
  • Claire MONOD, coordinatrice, Génération.S
  • Chantal MONTELLIER, dessinatrice et écrivaine
  • Gérard MORDILLAT, écrivain
  • Jean NUMA-DUCANGE, historien
  • Jean-François PELLISSIER, porte-parole, Ensemble
  • Roland PFEFFERKORN, professeur émérite de sociologie
  • Michel PINÇON, sociologue, ancien directeur de recherche CNRS
  • Monique PINÇON-CHARLOT, sociologue, ancienne directrice de recherche CNRS
  • Christine POUPIN, porte-parole, Nouveau Parti anticapitaliste
  • Philippe POUTOU, porte-parole, Nouveau Parti anticapitaliste
  • Audrey PULVAR, journaliste, responsable associative
  • Adrien QUATTENENS, député, La France insoumise
  • Yvon QUINIOU, philosophe
  • Gilles RAVEAUD, économiste
  • Sandra REGOL, secrétaire nationale adjointe, Europe écologie-Les Verts
  • Fabien ROUSSEL, secrétaire national, Parti communiste français
  • Alain RUSCIO, historien
  • Stéphane SAINT-ANDRÉ, président, Les Radicaux de gauche
  • Jean-Paul SCOT, historien
  • Sylvie SCOT, professeur d’histoire retraitée
  • Gabrielle SIRY, porte-parole, Parti socialiste
  • Stéphane SIROT, historien et sociologue
  • Françoise SIVIGNON, médecin
  • Jo SPIEGEL, président, Place publique
  • Valère STARAZELSKI, écrivain
  • Henri STERDYNIAK, économiste (Les économistes atterrés)
  • Sophie TAILLÉ-POLIAN, sénatrice, Génération.S
  • Benoît TESTE, secrétaire général, Fédération syndicale unitaire
  • Marie-Christine VERGIAT, responsable associative
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4 janvier 2020 6 04 /01 /janvier /2020 06:36
BlackRock : la décoration qui fait tache
Vendredi, 3 Janvier, 2020

Alors que le fonds de pension américain est accusé d’influencer le gouvernement pour sa réforme des retraites, son patron français, Jean-François Cirelli, vient d’être décoré de la Légion d’honneur.

 

Après le scandale de l’affaire Delevoye, le pouvoir n’a, semble-t-il, pas tiré quelques leçons élémentaires de communication… Parmi la cohorte des décorés de la Légion d’honneur du 1er janvier figure un nom qui ne peut que provoquer des remous en plein mouvement de grève contre la réforme des retraites : Jean-François Cirelli. Avec cette décoration, au-delà de la faute politique au milieu d’une mobilisation sociale, c’est un nouvel indice qui vient se cumuler aux précédents sur la finalité véritable de la réforme des retraites : créer les conditions pour que les gestionnaires d’actifs puissent s’emparer du pactole des pensions françaises.

Cet homme d’affaires de 61 ans n’est en effet pas n’importe qui dans les arcanes du pouvoir. Conseiller économique de Jacques Chirac, directeur de cabinet d’Édouard Balladur, il était devenu patron de Gaz de France, puis numéro 2 du groupe après sa fusion avec Suez. Surtout, il est aujourd’hui à la tête de la branche française du plus puissant fonds de pension mondial, BlackRock, qui a déjà fait parler de lui au moment de l’affaire Delevoye. BlackRock est le plus grand gestionnaire d’actifs au monde, avec un portefeuille de 7 000 milliards d’euros. Ce groupe est également considéré, de par ses activités financières, comme ayant un intérêt tout particulier à la réforme des retraites élaborée par Emmanuel Macron.

BlackRock n’est pas seul intéressé par la réforme des retraites

Pour rappel, l’Humanité avait publié, le 11 décembre, un document du fonds de pension dans lequel BlackRock dispensait une quinzaine de « recommandations » au gouvernement français pour inciter les citoyens à se constituer une épargne retraite en dehors du régime par répartition. Ce document, daté du mois de juin 2019, s’appuyait alors sur la loi Pacte, votée deux mois plus tôt, qui instaurait des mesures d’incitation fiscale pour les salariés désireux de confier leur retraite à des groupes comme BlackRock…

À la suite de ces révélations, le fonds de pension américain s’est donc trouvé accusé d’avoir influencé le projet de réforme des retraites élaboré par le gouvernement. La proximité de son PDG, Larry Fink, n’est pas un secret : il avait été l’un des premiers milliardaires à être reçu à l’Élysée en juin 2017. En outre, BlackRock n’est pas seul intéressé par la réforme des retraites. En pleine tourmente, Jean-Paul Delevoye avait été contraint de se justifier sur ses liens avec le monde des assurances avant de démissionner de son poste de haut-commissaire. La décoration de Jean-François Cirelli n’est donc qu’un avatar supplémentaire de ce scandale.

Diego Chauvet
BlackRock, la Légion d'honneur pour Jean-François Cirelli: la décoration qui fait tâche (Diego Chauvet, L'Humanité, 3 janvier 2020)
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2 janvier 2020 4 02 /01 /janvier /2020 06:59

 

Journaliste retraité, auteur de plusieurs livres récents sur l’agriculture et les enjeux climatiques, collaborateur régulier du site internet de l’Humanité, Gérard Le Puill, qui fut aussi paysan puis ouvrier d’usine entre de 1965 à 1983, a regardé hier soir l’allocution du président de la République. Il nous livre ses impressions.

 

Gérard Le Puill, en mai 2019, la publication de votre livre « Halte aux spoliations » (1) était une lettre ouverte au président Macron que vous accusiez de mener une politique spoliant les retraités, mais aussi les salariés et les paysans tout en ne faisant rien pour lutter contre le réchauffement climatique. Quel regard portez-vous huit mois plus tard sur son allocution de fin d’année ?

Gérard Le Puill. Le président de la République a cherché à nous parler de l’avenir du pays de manière assez vague dans le but évident d’occulter son bilan. S’agissant des actuels retraités dont je fais partie, il a réduit les pensions nettes de 10 millions d’entre nous de 1,82 % dès janvier 2018 en augmentant la CSG de 1,70 % sur les pensions brutes. Leur non-valorisation en cette même année 2018, pourtant indispensable pour tenir compte de l’inflation, a entraîné une baisse supplémentaire de leur pouvoir d’achat de 1,2 %. Ensuite, la petite hausse de 0,3 % en 2019 a réduit d’un nouveau point le pouvoir d’achat de ces mêmes retraités. Au total ils ont perdu au moins 4 % de pouvoir d’achat en deux ans. Du jamais vu avant l’arrivée de l’actuel chef de l’État à l’Élysée. Emmanuel Macron a débuté son quinquennat en commençant par spolier les retraités pour une raison simple. Il considérait qu’ils étaient moins bien armés que les actifs pour défendre leurs revendications. Mais ils ont souvent été les premiers à descendre dans la rue depuis deux ans. Au-delà de l’injustice qu’ils subissent après une vie de travail et de cotisations pour acquérir des droits, la remise en cause de ces droits, via une baisse sensible du pouvoir d’achat, révèle le cynisme politicien du président des riches qu’est vraiment Emmanuel Macron.

 

Qu’avez-vous pensé de sa volonté réaffirmée de mettre en place le système de retraite par points ?

Gérard Le Puill. Depuis son élection, le président Macron répète, sans rien démontrer, que le système par point est le plus égalitaire et le plus juste qui soit puisque, selon lui, « chaque euro cotisé donne les mêmes droits pour tous ». Non, il est seulement le système le plus individualisé. Avec ce système, les personnes qui ont été victimes de pertes d’emplois plusieurs fois dans leur vie, les obligeant à repartir à zéro après une période de chômage, ne bénéficieront d’aucun mécanisme de correction au moment de prendre leur retraite. Or regardons le fonctionnement de l’actuel système de la Caisse Nationale d’Allocation Vieillesse (CNAV) qui verse la pension de base des travailleurs du secteur privé. Il prend en compte les 25 meilleures de la carrière de chacun et de chacune pour le calcul de la pension. Cela donne un meilleur résultat que sur l’ensemble de la carrière. La CNAV calculait même cette pension sur les dix meilleures années jusqu’en 1993, année où est intervenue la réforme du premier ministre Balladur, sous le second mandat présidentiel de François Mitterrand. Moi je suis né en 1941 et la pension que je perçois de la CNAV a été calculée sur les 18 meilleures années de ma carrière. Dans le cadre du passage de 10 à 25 années, j’étais à mi-chemin entre les natifs de 1933 qui ont été les derniers à bénéficier du calcul sur les 10 meilleures années et les natifs de 1948 qui ont été les premiers à voir leurs pensions calculées sur la moyenne des 25 meilleures années. Du coup, la pension que je perçois de la CNAV a été réduite de 8 % par rapport à ce que j’aurais perçu elle avait été calculée sur 10 dix meilleures années de ma carrière qui s’est déroulée entre mes 18 ans et mes 60 ans dans trois métiers différents. Si le président et son gouvernement arrivent à faire passer la retraite par points, des millions d’hommes et de femmes ayant connu de longues périodes de précarité, voire seulement de bas salaires, dans leur parcours professionnel n’auront que des retraites de misère.

 

Dans votre livre vous interpellez aussi le président de la République sur la situation des paysans et sur les enjeux climatiques. Son allocution vous a-t-elle convaincu sur ces deux sujets.

Gérard Le Puill. À Rungis le 11 octobre 2017, Emmanuel Macron avait dit aux paysans : « Nous modifierons la loi pour inverser cette construction du prix qui doit pouvoir partir des coûts de production ». La loi a été votée le 2 octobre 2018. En 2019 les coûts de production ont augmenté sensiblement du fait des conséquences de la sécheresse. Mais les prix des céréales ont baissé tout comme ceux de la viande bovine et des fruits frais. La loi ne fonctionne pas car les enseignes de la grande distribution ne veulent pas l’appliquer et le gouvernent ne fait rien pour les y obliger. S’agissant du climat, Emmanuel Macron a dit hier soir qu’il n’y aurait plus de forage en France pour chercher du pétrole. Mais ce discours est ridicule sachant que notre pays importe 99 % du pétrole qu’il consomme tandis que la circulation sur route ne cesse d’augmenter au détriment du rail. S’agissant de centrales à charbon, elles ne produisent que 1,1 % de notre production annuelle d’électricité, contre 80 % en Pologne et plus de 40 % en Allemagne. Mais peuvent avoir leur utilité quand la demande est forte dans certaines de nos régions. Réduire nos émissions de CO2 passe d’abord par la réduction de la circulation sur route, par l’isolation des bâtiments et leur durabilité, par l’arrêt des délocalisations industrielles dans les pays à bas coûts de main-d’œuvre et la réimportation des produits finis ce qui nous donne aujourd’hui un secteur automobile avec un déficit annuel de 9 milliards d’euros contre un excédent de 3,8 milliards en 2006, sans oublier les 531 000 emplois productifs perdus par le pays entre ces deux dates.

 

Finalement votre livre rédigé sous forme de lettre ouverte n’a donc pas influencé le président Macron. Pensez-vous qu’il lui soit seulement soit parvenu depuis sa parution ?

Je sais que mon éditeur lui en a adressé un exemplaire et j’ai la conviction qu’il a été lu par au moins un membre du service « communication » du président. En effet, bien que je ne sois pas accrédité à l’Élysée, je reçois par mail depuis le mois de septembre 2019, l’agenda et les discours du président alors que je ne recevais rien de tel auparavant. J’imagine que l’on cherche à me convaincre du bien-fondé de sa politique. Moi je participe surtout à des débats dans tout le pays, pour convaincre les Français qu’une autre politique est possible et urgente si on veut freiner le réchauffement climatique. Sur ce terrain-là, le président Macron ne porte aucune réflexion prospective.

Halte aux spoliations, lettre au président Macron de Gérard Le Puill, éditions du Croquant, 156 pages, 12 €

 

 

 

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2 janvier 2020 4 02 /01 /janvier /2020 06:53

 

La République nous appartient, sans distinction d’origine, de condition, d’apparence, de croyance, de sexe ou de genre. Chaque année depuis 2010, Mediapart demande donc à un·e citoyen·ne de remplacer et de précéder le président en place dans l’exercice des vœux présidentiels.

Pour 2020, les humoristes Charline Vanhœnacker et Guillaume Meurice, accompagnés à la guitare par Frédéric Fromet, nous offrent en chanson les vœux joyeux et moqueurs d’une présidence paritaire.

Les accueillir tous les trois à Mediapart, c’est aussi manifester notre soutien aux personnels de Radio France en lutte contre le plan de suppression de postes au sein de la radio publique, mouvement qu’ils soutiennent et auquel ils participent. Charline Vanhœnacker co-anime avec Alex Vizorek l’émission « Par Jupiter ! » sur France Inter, dans laquelle Guillaume Meurice a son moment et Frédéric Fromet sa chanson.

Chaque matin, les auditeurs de France Inter peuvent écouter le billet de Charline Vanhœnacker. Elle est l’auteure d’un savoureux Bonjour la France ! et, plus récemment, la co-auteure, avec Guillaume Meurice et la dessinatrice Cami, du premier Cahier de vacances de Manu. Pour tout savoir des activités de Guillaume Meurice, et notamment la tournée de son nouveau et décoiffant spectacle The Disruptives, rendez vous sur son site officiel. De même pour Frédéric Fromet.

Ce trio succède dans cet exercice citoyen et mediapartien à Stéphane Hessel (vœux de résistance pour 2011), Moncef Marzouki (vœux d’espoir pour 2012), Édouard Martin (vœux de lutte pour 2013), Ariane Mnouchkine (vœux d’épopée pour 2014), François Morel (vœux de courage pour 2015), Océanerosemarie (vœux de paix pour 2016), Assa Traoré (vœux de fraternité pour 2017), Sandrine Rousseau (vœux de liberté pour 2018) et Vincent Verzat (vœux de lucidité, solidarité et radicalité pour 2019).

En bonus, ce bêtisier du tournage, dans le studio de Mediapart :

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31 décembre 2019 2 31 /12 /décembre /2019 06:50
Message de soutien aux cheminots en grève. « Face à ce crime contre l’humanité, vous êtes là ! »
Lundi, 30 Décembre, 2019

Les sociologues, anciens directeurs de recherche au CNRS, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon étaient invités à participer à l’assemblée générale des cheminots d’Amiens le 27 décembre dernier. Ils ont adressé un message de soutien que nous publions ci-dessous.

 

Merci de nous avoir invités, en ce 27 décembre 2019, à votre Assemblée Générale intersyndicale à Amiens, la ville natale d’Emmanuel Macron, le fondé de pouvoir d’une oligarchie capitaliste chargé de la prédation de ce « pognon de dingue » que représentent  les cotisations sociales de la Sécurité sociale et notamment celles de la branche retraite, aujourd’hui directement menacée.

Vous venez de voter la reconduction de la grève des cheminots de votre secteur jusqu’au 2 janvier 2020. Votre courage fait notre admiration.  L’un de vous a rappelé  cette maxime d’Henri Krasucki «  La régression sociale ne se négocie pas, elle se combat ! », sonnant si juste à l’heure de la destruction de la retraite basée sur la solidarité entre les générations avec un montant juste et garanti pour tous.  La retraite individualisée par points sera aux risques et périls de chacun, mais assurera de nouveaux profits aux  financiers et spéculateurs de haut vol. Ceux-ci veulent le beurre, avec les milliards d’euros des cotisations sociales, l’argent du beurre, avec la disparition d’une solidarité créee à la Libération à un moment où les patrons se faisaient  tout petits après l’engagement de beaucoup d’entre eux au service de la collaboration avec le Maréchal Pétain, et le sourire des cheminots, des travailleurs et des intellectuels.

De tout cela les coffres-forts ambulants des beaux quartiers ne doivent rien avoir!

Le combat est en effet vital pour contrer le processus de déshumanisation engagé par les parasites du capitalisme dont la richesse n’est dûe qu’à l’exploitation des salariés et des travailleurs. Pourtant ceux-ci sont  stigmatisés de « coûts » et  de« charges », tandis que les détenteurs des titres de propriété, dont ils ont en général hérités, se sont auto-proclamés les seuls « créateurs de richesses ». Les 10 milliardaires qui possèdent 90 % des médias français mènent une propagande, une guerre idéologique pour que cette croyance dans la bienfaisance des riches, aboutisse à diviser les pauvres entre eux.

Les difficultés induites par le blocage des transports, en ces moments rituels des fêtes de fin d’année, doivent être acceptées comme dérisoires par rapport à la gravité de la guerre de classe que les plus riches mènent contre les pauvres. Les armes de cette guerre sont celles utilisées par la police contre les manifestants, mais aussi celles idéologiques et linguistiques relayées par  tous les « chiens de garde » chargés de mitrailler la langue venimeuse de l’expertise et du chiffre. Vous, syndicalistes, citoyens et cheminots, vous êtes engagés courageusement dans un bras de fer contre les rapaces qui exigent que vos vies  soient les moins coûteuses et les moins longues possibles. L’espérance de vie des hommes modestes est aujourd’hui, en France, de 71,7 années contre 85 pour les hommes aisés, soit 13 ans de vie volés au nom de l’argent-roi.

Vous êtes  donc notre fer de lance dans le  blocage de l’économie réelle dont les vautours sont bien incapables d’assurer  le fonctionnement.

Ce combat contre la réforme des retraites, conçue par un amiénois aux dents longues, est un peu celui de la dernière chance avant l’accélération de la mise en place d’un processus d’esclavagisation « moderne »  à l’échelle de la planète. Le capitalisme est entré dans la phase néolibérale où la finance mène la danse macabre et mondialisée de la violence de classe. Tous les secteurs de  la vie sont désormais soumis à la marchandisation au  seul profit des actionnaires ! Le vivant, sous toutes ses formes, humaine, animale et végétale, sera bientôt  exclusivement entre leurs mains et leurs algorithmes. Le dérèglement climatique dont les capitalistes, qui ont pillé les ressources naturelles pour s’enrichir, sont les seuls responsables, constitue leur ultime arme pour éliminer la partie la plus pauvre de l’humanité devenue inutile à l’heure des robots et de l’automatisation généralisée. L’intelligence artificielle régnera alors sur une planète au service des riches survivants, une fois que les ouragans, tempêtes, inondations et incendies gigantesques auront fait le sale boulot.

C’est ce qui explique que les émissions de gaz à effet de serre augmentent toujours plus et que les milliardaires du monde entier se construisent des bunkers hautement sécurisés. Nous ne sommes pas dans le même bateau !

Face à ce crime contre l’humanité, vous êtes là, dans le froid, sur le parvis de la gare d’Amiens avec ce  réveillon de Noël partagé dans la solidarité d’un combat juste, citoyen et courageux pour le meilleur du peuple de France. Nous sommes fiers d’être avec vous.

Travailleurs du rail, responsables politiques avec la  présence du député François Ruffin, et intellectuels de la sociologie, notre présence conjointe et complémentaire, confirme la conscience partagée que la lutte pour le retrait définitif et sans concession de la réforme des retraites  mise au point par un ex-banquier d’affaires, constitue le nœud décisif qui empêchera l’irréversibilité de  la descente aux enfers des travailleurs.

L’unité et la solidarité doivent monter en puissance et en visibilité, tels sont nos vœux les plus chers pour la nouvelle année !

PS : Nous sommes rentrés chez nous le cœur léger mais avec un sac à dos alourdi par le cadeau des cheminots. Un livre de 2 kilos qui présente un à un les cheminots victimes de la répression menée par les autorités des nazis allemands et le régime de Vichy au cours de la seconde guerre mondiale. 2672 notices biographiques nous font pénétrer dans la vie de ces héros du rail qui ont permis la victoire sur la bête immonde. Tout un symbole dans l’actualité macroniste !

Message de soutien aux cheminots en grève.  Face à ce crime contre l’humanité, vous êtes là ! - Monique et Michel Pinçon-Charlot, L'Humanité, 30 décembre 2019
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29 décembre 2019 7 29 /12 /décembre /2019 06:25

 

Emmanuel Macron avait demandé une trêve de Noël sans rien proposer en échange. Il continue depuis à taper sur les grévistes et les opposants à la réforme des retraites.

Ils sont malins, au gouvernement. Emmanuel Macron s’est retranché dans le fort de Brégançon (Var) et certains ministres sont à l’étranger. Mais, à les entendre, ils se trouveraient toujours à Paris. « Le gouvernement est à la tâche, sans relâche, à la disposition de chacune et de chacun, chaque heure et chaque jour. Il n’y aura pas de trêve pour le gouvernement », promettait Macron avant les fêtes. À la tâche, sans relâche, mais à distance, surtout pour défendre la réforme des retraites et combattre le mouvement social.

Les ministres, où qu’ils soient, ne sont pas en reste pour diaboliser les syndicats et les grévistes. « Les fêtes de fin d’année doivent être respectées », a lancé juste avant Noël Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État aux Retraites. « Il est des moments dans la vie d’une nation où il est bon de savoir faire trêve pour respecter les ­familles », a estimé le chef de l’État juste avant les fêtes. C’est pourtant le gouvernement lui-même qui a lancé sa réforme en pleine période de Noël, dans l’objectif et dévitaliser et de délégitimer toute contestation sociale, au plus grand mépris des « familles » et de l’ensemble des Français.

« Nous ne reviendrons pas sur la suppression des régimes spéciaux »

Ils se lamentent aujourd’hui de ne pas avoir obtenu de trêve de Noël. Mais qu’ont proposé les ministres ? « Nous attendons une prise de conscience progressive du compromis qui a été mis sur la table », plaide l’entourage du premier ministre. Quel compromis ? « Ce n’est pas le gouvernement qui l’a refusé ! » assène Laurent Pietraszewski. Facile, puisque rien n’a été proposé aux syndicats. « Nous ne reviendrons pas sur la suppression des régimes spéciaux », affirme d’ailleurs le secrétaire d’État. Il n’y aura pas « de réintégration des critères pénibilité », ni « d’augmentation des cotisations ». Pourquoi ? « Le patronat n’accepterait pas », souffle la communication du gouvernement. On voit bien qui tient le manche ici : hors de question de porter une mesure refusée par le Medef, mais si elle est combattue par l’ensemble des syndicats, là, tout va bien ! Macron a d’ailleurs, selon le Journal du dimanche, fustigé la CFDT lors du dernier Conseil des ministres en pestant contre « ceux qui ont une idée généreuse de la réforme, qui s’attribueraient les bonnes nouvelles et qui renverraient la question financière ».

Tout est dit. Cette réforme n’est pas « généreuse » et ne contient aucune « bonne nouvelle » pour les Français, malgré le récit imposé par l’exécutif, qui tente de décrocher un à un les grévistes, métier par métier, en proposant un chèque. Cela « va se compter en milliards (…) mais le jeu en vaut la chandelle », estime la députée LaREM Olivia Grégoire, qui appelle de ses vœux un « régime universel » en réalité taillé pour repousser l’âge de départ, baisser les pensions et diriger les Français vers des systèmes de retraite privés. Pour montrer l’exemple, Macron a même renoncé à sa retraite de président. « Que ceux qui critiquent Macron en fasse (sic) autant », ont twitté de nombreux macronistes, dont le député Fabien Matras. Et donc, à quoi doivent renoncer ceux qui n’ont qu’une retraite de non- président ?

Aurélien Soucheyre

 

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29 décembre 2019 7 29 /12 /décembre /2019 06:15
Le tribunal de commerce valide le plan de continuation de l'Humanité - le journal de Jaurès est sauvé une nouvelle fois! - pat Patrick Le Hyaric, 27 décembre 2019
Le tribunal de commerce valide le plan de continuation de l’Humanité
Vendredi, 27 Décembre, 2019

Par Patrick Le Hyaric Directeur de l’Humanité

 

Nous avons reçu, jeudi 26 décembre, les conclusions définitives du tribunal de commerce de Bobigny, à la suite de l’audience solennelle qui s’est tenue le 18 décembre dernier. Elles sont très positives.

Le tribunal constate les considérables efforts que nous avons déployés en appliquant un plan d’économies tel que nous l’avons annoncé dès le début du mois de mars. Il dépasse les 3,5 millions d’euros. Les projections de recettes de ventes de journaux, d’abonnements, de publicité se réalisent et les résultats de la Fête de l’Humanité seront en progrès sur ceux de l’année 2018. Les mobilisations des lectrices et lecteurs ainsi que de nombreux amis ont permis d’améliorer la trésorerie de plus de 4 millions d’euros. Merci, une nouvelle fois, très chaleureusement, à toutes celles et ceux qui ont ainsi participé aux campagnes de dons et de souscriptions. Le tribunal a également constaté l’ampleur inédite des efforts que produisent les créanciers privés et publics. Ils décident d’abandonner 75 % de leurs créances. Fait rarissime qui manifeste la volonté d’une multitude d’acteurs économiques et de partenaires de voir perdurer et se développer l’Humanité comme élément important du débat démocratique et du pluralisme des idées et de la presse. L’actuelle mobilisation de la rédaction pour décrypter, analyser les conséquences de la contre-réforme des retraites, les reportages qu’elle produit sur le mouvement en cours, en soutien à celui-ci, en administrent la preuve avec éclat.

En contrepartie, nous devrons d’ici la fin du mois de mars prochain payer les 25 % de dettes ainsi renégociées. Notre trésorerie, même si elle doit être encore confortée, le permet. Il est décidé que le remboursement d’une partie de créances publiques sera étalé sur deux années et le reliquat d’autres dettes sur dix ans.

Constatant les bons résultats obtenus, le tribunal a déclaré la sortie de l’Humanité de la période d’observation et de redressement entamée le 7 février dernier et a accepté le plan de continuation de la société et de l’ensemble de ses activités.

Désormais, l’Humanité sort donc de la mauvaise passe dans laquelle elle se trouvait et affronte l’avenir dans des conditions nouvelles. Évidemment, cette décision du tribunal de commerce, l’engagement des lectrices et lecteurs, d’amis et de soutiens, celui de celles et de ceux qui y travaillent, celui des créanciers, les efforts de nos partenaires nous obligent au plus haut point. Il n’y a pas de « continuation » de l’Humanité sans penser son développement dans les conditions nouvelles de notre temps : modification des modes d’accès à l’information et de lecture, mais surtout intensification de la guerre idéologique dans laquelle les idées de la République sociale, de la laïcité, de la souveraineté populaire, de la solidarité et de l’en-commun sont battues en brèche et ouvrent la terrible voie aux extrêmes droites. Ce péril trop sous-estimé appelle à renforcer l’Humanité, à élargir son audience et sa diffusion. Heureusement, les mouvements mondiaux en cours pour la justice sociale, la justice climatique, les droits humains et la démocratie sont porteurs d’espoir. Fidèle à son fondateur, Jean Jaurès, l’Humanité prouve chaque jour qu’elle est de ce combat. Son importante mission au service de l’information, du débat, de la connaissance, des révélations, de la défense des intérêts populaires contre l’emprise du capitalisme financiarisé, mondialisé, sur les vies humaines, les menaces sur la paix et l’environnement mériterait d’être plus connue.

La décision du tribunal comporte également des exigences à notre égard. Évidemment, celle de ne plus contracter de dettes et de nous conformer strictement au remboursement des créances retenues, celle de communiquer une situation trimestrielle de nos comptes aux deux commissaires à l’exécution du plan qu’il nomme dans sa délibération, celle de « renforcer les fonds propres de la société de 1 à 2 millions d’euros au cours de la première année, afin de consolider la trésorerie » et de reconstituer le capital social du groupe. Nous ouvrons sans tarder la possibilité de le réaliser – tout en conservant notre indépendance – en créant un fonds de dotation permettant de recueillir cette somme en 2020. Au sein de ce fonds, nous créons le club des « amis-actionnaires » de l’Humanité, parrainé par des personnalités attachées au pluralisme, à l’existence et au développement de l’Humanité. Ce fonds sera partie prenante du capital dans le semestre à venir. Nous donnerons vers la fin du mois de janvier des informations sur ces projets. Nous proposons jusqu’à la mi-janvier aux lectrices et lecteurs d’offrir un abonnement à une personne de leur entourage intéressée par la découverte de l’Humanité et de l’Humanité Dimanche et de recueillir 1 000 adresses de jeunes à qui nous ferons découvrir l’Humanité numérique dans les semaines à venir.

Ainsi peuvent être créées les conditions d’un nouveau départ pour l’Humanité. Remerciement à toutes celles et ceux qui nous ont accompagnés et soutenus dans la difficile épreuve que nous venons de traverser.

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28 décembre 2019 6 28 /12 /décembre /2019 06:37

Dans le cadre du plan d’action proposé par l’intersyndicale départementale, il a été décidé d’organiser des distribution de tracts sur Morlaix.

Une distribution est organisée le samedi 28 décembre 2019 sur le marché de Morlaix.

MOBILISONS NOUS JUSQU'AU RETRAIT DE LA REFORME (CGT - FSU - FO - SOLIDAIRES)
MOBILISONS NOUS JUSQU'AU RETRAIT DE LA REFORME (CGT - FSU - FO - SOLIDAIRES)
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28 décembre 2019 6 28 /12 /décembre /2019 06:16
LA MAIN MISE D'EMMANUEL MACRON SUR LES MÉDIAS EN FRANCE

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28 décembre 2019 6 28 /12 /décembre /2019 06:03

 

La tentation autoritaire [article paru le 18/09/19]

 

On doit s’interroger sur cette démocratie libérale qui suscite un tel rejet et qui risque de nous entraîner, tôt ou tard, dans de désastreuses aventures. La démocratie, la vraie, ne peut pas être antisociale.

Voilà une enquête d’opinion comme on nous en propose régulièrement, qui dessine à gros traits un portrait robot du Français moyen, qui ne croit plus en ceci ou en cela, qui a le moral en berne, veut être mieux protégé, et juge son pays en déclin… L’exercice a évidemment ses faiblesses (1). Il brasse des généralités. « Les » députés, « les » médias, « les » syndicats subissent tous le même opprobre. Au diable les nuances et le pluralisme ! Le mort saisit le vif.

Mais ce prisme déformant nous permet tout de même d’apercevoir quelques réalités. L’urgence écologique, par exemple, est bien là, désormais installée dans la conscience collective. Même si la moitié des personnes interrogées ne veulent pas que le combat contre le réchauffement climatique se fasse au détriment du social. Mais une autre réalité, très inquiétante celle-là, se confirme d’année en année. Une remise en cause de la démocratie, et son corollaire, une fascination pour la figure chimérique du chef. Un Bonaparte ou un général Boulanger qui mettrait au travail les chômeurs, puisque ceux-ci, nous dit le sondage, ne font pas les efforts nécessaires pour retrouver un emploi, et qui fermerait nos frontières aux migrants, puisqu’on ne se sent plus vraiment « chez soi ».

Dans cet imaginaire glaçant, l’autorité et la répression finiraient par régler les effets de la crise sociale, faute de régler la crise sociale elle-même. On pense à la fameuse formule de Pascal : « Ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste. » Et on est frappé au passage par la porosité entre ces réponses et une partie du discours macronien… Il paraît donc que 36 % des Français seraient dans cette disposition d’esprit. Ceux-là, nous dit-on, ne croient plus dans la démocratie. Face à ce constat, on peut s’en tenir à une condamnation morale de ces « mauvais citoyens ». Ce fut longtemps le choix de la gauche.

Inversement, on peut, comme l’extrême droite, flatter leur obscurantisme, au nom du « peuple-qui-a-toujours-raison ». La première attitude est contre-productive ; la seconde est criminelle. Ni ceci ni cela, donc. Mais on doit s’interroger sur cette démocratie libérale qui suscite un tel rejet et qui risque de nous entraîner, tôt ou tard, dans de désastreuses aventures. La démocratie, la vraie, ne peut pas être ce système menteur qui nous parle d’égalité et d’universel, quand toute une politique dit le contraire. Elle ne peut pas être antisociale. L’affaire des retraites illustre parfaitement cette contrefaçon. Tous les mots sont pipés. La notion de privilège n’est utilisée que pour diviser. Dans le schéma libéral, les privilégiés ne sont jamais les super-riches. Et que dire de l’égalité ? C’est Rousseau mal revisité par Macron.

On se pince quand deux mots révolutionnaires, comme égalité et universalité, sont au cœur de l’argumentaire gouvernemental pour justifier une réforme injusteComme si les régimes spéciaux n’avaient pas été conçus après-guerre pour corriger des inégalités inhérentes à la pénibilité des métiers, aux irrégularités d’horaires, et à la faiblesse des salaires. Comme si la retraite à 55 ans des conducteurs de métro ne venait pas en compensation d’une vie passée dans un tunnel, avec le stress de professionnels qui, chaque jour, ont la responsabilité de milliers de vies humaines.

Prétendre créer une égalité de traitement au travers du seul système de retraite alors que tout, par ailleurs, produit de l’inégalité relève de l’imposture. Si le gouvernement se mêlait vraiment d’égalité, il agirait sur d’autres leviers. Il n’aurait pas supprimé l’impôt sur la fortune. Il se préoccuperait d’imposer plus fortement les revenus financiers. Il relèverait les taux des tranches supérieures de l’impôt (solution notamment préconisée par Thomas Piketty). Il irait peut-être jusqu’à fixer un seuil de richesse, comme le suggère la Fondation Copernic (2). Nous sommes évidemment très loin de tout ça. Et lorsque Jean-Paul Delevoye promet des compensations salariales à ceux qui renonceront à leur régime de retraite, il demande grossièrement de lâcher la proie pour l’ombre. L’insincérité de cette réforme saute aux yeux. Comme l’insincérité du discours gouvernemental en général. Un discours entièrement déterminé par l’obsession de contraintes budgétaires qu’il faut tenir sans toucher à la répartition des richesses.

Rarement on a eu plus qu’aujourd’hui le sentiment qu’une politique n’avait pour objectif que de circonvenir l’opinion. À mesure que se profile la probabilité d’une mobilisation sociale qui pourrait égaler celle de l’hiver 1995, le gouvernement multiplie les subterfuges qui aggravent la crise de confiance. La réforme, nous dit-on, ne s’appliquerait qu’en 2040. En espérant que la lutte des classes sera soluble dans le temps. Et, plus grave encore, Emmanuel Macron ressort le joker sarkozyste de l’immigration pour embarquer l’opinion dans un combat douteux. Où l’on voit que la démocratie libérale entretient avec les idées antidémocratiques une intimité plus étroite qu’il y paraît. Il serait évidemment absurde, et même irresponsable, de faire de Macron un dictateur. Mais il n’est pas exagéré de dire que la crise de confiance qu’il provoque peut annoncer de sombres lendemains

 

par Denis Sieffert

(1) Enquête Ipsos Sopra-Steria avec la Fondation Jean-Jaurès et l’Institut Montaigne. Cf. Le Monde du 17 septembre.

(2) Lire Vers une société plus juste, un manifeste publié par la fondation Copernic, 110 pages, 10 euros.

Lien : https://www.politis.fr/articles/2019/09/la-tentation-autoritaire-40817/

 

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