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16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 05:27
Après le suicide de Christine Renon: 200 directeurs d'écoles publiques du 93 interpellent Blanquer (L'Humanité, 15 octobre 2019)
Éducation. 200 directeurs d’école interpellent Blanquer
Mardi, 15 Octobre, 2019

Après le suicide d’une des leurs, ces professeurs de Seine-Saint-Denis signent une lettre ouverte pour réclamer au ministre l’ouverture d’un « dialogue réel ».

 

Aulnay, Bondy, Bobigny… La liste est impressionnante. Et il sera difficile pour Jean-Michel Blanquer de l’ignorer. Trois semaines après le suicide de leur collègue dans son école de Pantin, 200 directrices et directeurs d’école de Seine-Saint-Denis signent lundi, avec leur identité complète, une longue lettre ouverte au ministre de l’Éducation nationale pour lui réclamer l’ouverture d’un « dialogue réel ». Le 23 septembre, le corps de Christine Renon, 58 ans, avait été retrouvé dans le hall de la maternelle Méhul. Deux jours plus tôt, juste avant de se donner la mort, cette enseignante, « solaire » et « hyper-investie » selon ses collègues, avait pris le soin d’écrire une lettre de trois pages où elle détaillait son « épuisement », la solitude des ­directeurs, l’accumulation de tâches « chronophages », les réformes incessantes et contradictoires.

Face à ce drame, l’attitude de Jean-­Michel Blanquer a été d de l’ignorer, ne concédant qu’un tweet de soutien où il ne citait même pas le nom de l’enseignante… Puis, après le 3 octobre, où des milliers d’enseignants se sont mobilisés à travers la France pour rendre hommage à Christine Renon, le ministre s’est dit « prêt » à « améliorer la situation des directeurs d’école ». Comment ? En ­recyclant certaines des mesures délétères – dont un nouveau statut de directeur d’école – qu’il avait échoué à faire voter lors de l’examen, cet été, de son texte sur « l’école de la confiance »…

Une tentative d’« instrumentalisation » à laquelle la lettre ouverte de ce jour entend répondre. La missive résonne d’une profonde colère. « Comment avez-vous pu, par votre absence d’écoute, permettre que notre collègue en vienne à ce geste ultime ? » interrogent ces enseignants.

Dans ce courrier, ils se disent « oppressés par une institution obsédée par la mesure et le contrôle » et « submergés de tâches administratives », ils décrivent une « mission qui n’a plus de sens car elle est mise à mal par des injonctions de plus en plus déconnectées de la réalité et des besoins de nos élèves et de nos écoles ». Estimant être, bien souvent, « le dernier service public encore fonctionnel dans leur quartier », ils réclament « d’ouvrir un dialogue réel et concret », afin que les « réformes à marche forcée cessent ». Parmi leurs revendications, l’augmentation significative des temps de décharge de classe pour les directrices et directeur d’école. Ou encore la création d’emplois statutaires d’aide administrative à l’école avec des agents formés et en contrat pérenne. « Il est urgent de reconstruire le respect du travail de chacun mis à mal par des réformes et le “new management public” destructeurs alors que c’est de considération, de soutien et de protection dont ont besoin les enseignants », concluent-ils. Jean-Michel Blanquer va-t-il leur répondre ?

Laurent Mouloud

-> Lire la lettre ouverte

 
Lettre ouverte au Ministre de l’Education Nationale
Mardi, 15 Octobre, 2019

200 professeurs de Seine-Saint-Denis signent une lettre ouverte adressée à leur ministre de tutelle, Jean-Michel Blanquer.

 

Monsieur le Ministre,

Nous nous adressons à vous en tant que directrices et directeurs de Seine Saint Denis. Le geste de notre collègue Christine Renon a mis tragiquement la lumière sur la souffrance au travail des enseignants, en particulier celle de ceux chargés de la mission de direction d’école.

Pourtant ce n’est pas faute de vous avoir interpellé à de nombreuses reprises via nos représentants syndicaux dans les instances, via nos mobilisations du printemps dernier contre les EPSF notamment. Nous sommes en colère ! Comment avez-vous pu, par votre absence d’écoute, permettre que notre collègue en vienne à ce geste ultime ?

Nous sommes des professionnels investis dans cette mission que nous avons choisie pour être avant tout les animateurs d’un collectif de travail : le conseil des maîtres.

Notre mission n’a plus ce sens car elle est mise à mal par des injonctions de plus en plus déconnectées de la réalité et des besoins de nos élèves et de nos écoles. Les personnels sont oppressés par une institution obsédée par la mesure et le contrôle qui remet constamment en cause le travail des équipes s’il a le malheur de ne pas correspondre aux attentes et préconisations du moment. Nous sommes traités comme des objets de réforme et non comme des professionnels concepteurs avec une éthique et des valeurs.

Nous sommes submergés de tâches administratives qui ne nous permettent plus de faire vivre nos projets d’école. Or dès que vous avez pris vos fonctions votre gouvernement a supprimé nos aides administratives au lieu d’en faire un vrai métier pour des personnels sur le chemin du retour à l’emploi !

Dans un département comme le nôtre où l’ensemble des services publics partenaires de l’école est exsangue, nous sommes seuls face aux situations de crise que vivent nos élèves. Nous représentons pour leurs familles le dernier service public encore fonctionnel dans leur quartier. Nous ne pouvons pas pallier les défaillances et manques de services sociaux, médicaux, de logement, de protection de l’enfance ou encore de justice.

L’institution que vous représentez nous doit une protection et un soutien. Et non pas, comme c’est le cas désormais, une suspicion et une remise en cause de nos décisions.

Depuis 2 ans, vous avez mené des réformes à marche forcée, sans jamais tenir compte de notre avis. Réformes qui heurtent notre professionnalisme et qui pour certaines bafouent nos valeurs et notre éthique.

Et enfin, quel mépris d’instrumentaliser le geste de notre collègue pour, à nouveau, proposer le statut de supérieur hiérarchique des directeurs. Et ce, le jour même de notre grève massive et de ses obsèques ! Le manque de reconnaissance dont souffre notre mission n’aura pas pour réponse un statut qui nous isolerait encore plus de nos collègues. Nous ne souhaitons pas être « les soldats » de votre politique ! Nous avons choisi notre métier, notre mission pour permettre à tous nos élèves de bénéficier du meilleur service public d’éducation possible. Et vous nous rendez cette tâche impossible.

C’est dans la dignité et l’unité que nous, directrices et directeurs de Seine Saint-Denis vous demandons d’ouvrir un dialogue réel et concret. Pour remplir nos missions, nous voulons que vos réformes à marche forcée cessent. Que vos prescriptions pédagogiques à tous les niveaux arrêtent de mettre à mal nos collègues que vous transformez en simples exécutants de méthodes et autres guides colorés. Pour nous soulager dans notre quotidien, nous souhaitons également l’augmentation significative des temps de décharge en fonction des besoins définis par le conseil des maîtres et la création d’emplois statutaires d’aide administrative à l’école pour des agents formés et en contrat pérenne.

Il est urgent de reconstruire le respect du travail de chacun mis à mal par des réformes et le « new management public » destructeurs alors que c’est de considération, de soutien et de protection dont ont besoin les enseignants.

Veuillez croire, monsieur le Ministre, en notre engagement et en notre mobilisation pour le service public d’éducation nationale.

200 directeurs d'écoles de Seine Saint Denis
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16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 05:25
Ils n'ont pas honte! L'éducation nationale rogne les fonds sociaux (Camille Bauer, L'Humanité, 15 octobre 2019)
Ils n’ont pas honte !. L’Éducation nationale rogne les fonds sociaux
Mardi, 15 Octobre, 2019

Le budget qui permet aux établissements d’aider les familles en grande difficulté va passer de 59 à 30 millions d’euros.

 

Sans doute un effet du « en même temps » macronien ? Alors qu’il se gargarise dans les médias de la mise en place de petits déjeuners gratuits, le gouvernement s’apprête, en toute discrétion, à sabrer dans les aides aux parents d’élèves les plus précaires. C’est en tout ce que nous apprennent la publication des « bleus budgétaires », ces documents qui détaillent les dépenses pour chaque mission de l’État. Les crédits consacrés aux fonds sociaux des établissements scolaires, qui avaient été portés à 59 millions d’euros par le précédent gouvernement, et maintenus à ce niveau en 2018 et 2019, devraient être de 30,6 millions d’euros en 2020… Révélée par Jean-Paul Delahaye, ancien directeur général de l’enseignement scolaire et auteur d’un rapport intitulé « Grande Pauvreté et réussite scolaire », l’information n’est pas une bonne nouvelle pour les familles pauvres. Alloués aux établissements pour soutenir la scolarité des élèves démunis, ces fonds aident à payer les transports, le matériel scolaire, les sorties ou encore les soins indispensables, comme des lunettes ou un appareil auditif…Cette baisse n’est pas une première. Entre 2002 et 2012, sous les présidences de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, ces fonds sociaux étaient passés de 73 à 32 millions. À la manœuvre, les ministres Gilles de Robien et Luc Chatel, tous deux flanqués d’un certain Jean-Michel Blanquer… Cette fois, le gouvernement va tenter de la jouer plus fine. La baisse attendue pour 2020 sera camouflée par une entourloupe budgétaire. Aux 30,6 millions d’euros alloués, le ministère va ajouter les reliquats de fonds sociaux non consommés des années précédentes. De quoi afficher une somme finale inchangée par rapport à 2019… Pirouette cynique qui révèle, au passage, que 30 millions d’euros de fonds sociaux n’auraient pas été utilisés par les établissements, alors que les besoins sont là. « Trop d’établissements, estime Jean-Paul Delahaye, n’ont pas encore de volet social dans leur projet, alors même que la pauvreté a des conséquences lourdes dans la vie des élèves. » Et ce n’est pas le gouvernement qui va les y contraindre…

Camille Bauer
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13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 17:03
Voile/Conseil regional Bourgogne Franche Comté : "Comportement indigne des élus" (PCF)
 
La provocation des élus du Rassemblement National lors du Conseil Régional du vendredi 11 octobre ne relève pas du combat pour la laïcité.
Par cette stigmatisation grossière et ses effets désastreux sur l'image que les enfants pourront garder des institutions de la République, elle ne vise qu'a aiguiser les divisions, entretenir les haines, saper les bases du vivre ensemble pour mieux déployer son idéologie xénophobe.
 
Les règles collectives sont claires : l'absence de signes religieux apparents concerne les agents des services publics dans le cadre de leur fonction, et non l'espace public, où est reconnue la liberté vestimentaire.
 
La violence de l'incident, son caractère d'agression et d'humiliation, indigne du comportement d'élus, mérite que leurs auteurs soient sanctionnés.
 
Parti communiste français,
 
Paris, le 13 octobre 2019.
Voile/Conseil regional Bourgogne Franche Comté : "Comportement indigne des élus" (PCF)
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13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 16:39
La France doit suspendre immédiatement ses ventes d’armes à la Turquie
 
Le Président de la République a décidé de saisir le conseil de sécurité de l’ONU pour stopper l’invasion de la Syrie par la Turquie et sauver le peuple kurde du massacre.
 
Mais il faut maintenant agir vite. Déjà 63 morts chez les civils et plus de 120 000 déplacés, voilà le triste résultat de l’offensive turque au Rojava.
 
Comme la Norvège, les Pays-Bas, la Finlande et maintenant l’Allemagne, la France doit suspendre immédiatement ses ventes d’armes à la Turquie.
 
Elles doit aussi obtenir de l’UE des sanctions immédiates contre la Turquie. Le conseil de l’UE doit se réunir en urgence pour le décider.
 
La Turquie est un membre important de l’OTAN. La place de la France au sein de cette organisation  qui sème le chaos se pose avec force. Pour notre part nous demandons à en sortir.
 
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,
 
Paris, le 12 octobre 2019
La France doit suspendre immédiatement ses ventes d’armes à la Turquie (PCF, 12 octobre)
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13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 16:23

Immigration: l’illusion des quotas au service d’une nouvelle hystérisation du débat (PCF)

Lors du débat à l’Assemblée nationale sur l’immigration, le premier ministre, Edouard Philippe, a remis à l’ordre du jour la notion de quotas en affirmant qu'«il faudrait s’interroger sur les quotas par nationalité ou par secteurs professionnels». E. Philippe annonce donc qu’il veut «choisir ses immigrés» mais se contredit en précisant qu’il n’est pas possible de fixer des quotas au sujet des demandeurs d’asile et du regroupement familial.

Faut-il rappeler à M. Edouard Philippe qu’il existe d'ores et déjà des quotas par métier pour ce qui concerne l’immigration de travail sous la forme d’une liste de métiers «sous tension» prises par arrêté ministériel? Alors que le premier ministre n’hésite pas à faire une évaluation de cette politique avant de lancer des slogans inadaptés à la situation.

Sa vision utilitariste de l’immigration est bien éloignée d’un projet d’avenir et ressemble à une volonté de coller au projet d’une politique de contrôle des flux migratoires existant en France depuis au moins 2006 sous l'ère Sarkozy. C'est une politique illégale au regard du droit et qui n'a apporté aucune solution à la crise de l'accueil des réfugiés ou en matière de politique migratoire digne et juste en France et en Europe.

D’ailleurs, en 2008, la commission Mazeaud avait rendu un rapport sur le sujet: «La Commission écarte l’idée d’instaurer des quotas d’immigration, estimant que ce dispositif n’est pas utile à la maîtrise des flux de l’immigration professionnelle, est inefficace contre l’immigration irrégulière, et impossible à réaliser, d’un point de vue constitutionnel et conventionnel, pour l’immigration familiale.» La commission montrait que fixer des quotas par nationalités ou par région du monde constituait une rupture d’égalité entre les individus. Elle concluait même que le rôle d’une politique migratoire est de faciliter «le va-et-vient» des migrant-e-s entre pays d’origine et la France.

Le Parti communiste français estime que la notion de quotas est une nouvelle manière d’hystériser le débat sur l'immigration, et que cela respecte ni les principes d’égalité et de fraternité de notre pays, ni le droit et les conventions internationales.

La régularisation des travailleurs sans papiers, le renforcement des structures d’accueil, le respect scrupuleux du droit international, de la Déclaration universelle des droits humains, de la convention des droits de l’enfant, le soutien aux associations de solidarité venant en aide aux migrant-e-s, aux ONG qui sauvent des milliers de vies, et la lutte contre le fantasme de «l’appel d’air» auraient été des propositions bien «audacieuses» et utiles au débat, la crise de l'accueil et à l’unité de notre pays.

Parti communiste français
Paris, le 8 octobre 2019

Immigration: l’illusion des quotas au service d’une nouvelle hystérisation du débat (PCF)
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11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 15:16
 

Pour le Conseil constitutionnel, l’enseignement supérieur est une des composantes du service public de l’éducation

Ce 11 octobre 2019, à la suite de sa saisine par des organisations syndicales et estudiantines, le Conseil constitutionnel vient de rendre une décision, qu’il qualifie d’inédite, par laquelle il considère que l’enseignement supérieur public est une des composantes du service public de l’éducation. Les Sages estiment donc qu’il doit être intégré dans le champ d’application du treizième alinéa du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 qui stipule que : « La Nation garantit l’égal accès […] de l’adulte à l’instruction […] L’organisation de l’enseignement public gratuit […] à tous les degrés est un devoir de l’État ». Le Conseil constitutionnel admet toutefois une dérogation au principe de gratuité de l’enseignement en autorisant la perception de « droits d’inscription modiques […] en tenant compte, le cas échéant, des capacités financières des étudiants ».

Les conséquences de cette décision historique sont considérables pour l’organisation et le financement de l’enseignement supérieur, pour les universités, mais aussi pour les écoles d’ingénieur publiques, pour les grandes écoles et pour tous les établissements publics de l’enseignement supérieur. Conformément à la décision du Conseil d’État du 27 janvier 1988 (n° 64076), le ministère chargé de l’enseignement supérieur, comme celui de l’Éducation nationale, aura l’obligation d’assurer sa mission d’intérêt général d’enseignement en organisant notamment l’enseignement de toutes les matières obligatoires.

Non seulement, la décision d’une augmentation des droits d’inscription des étudiants étrangers perd tout fondement légal, mais elle oblige Gouvernement à refonder toute l’économie de l’enseignement supérieur public sur le principe de la gratuité. L’importance historique de la décision du Conseil constitutionnel et ses conséquences considérables pour l’organisation de ce service public imposent au Gouvernement d’engager, sans délais, des discussions avec le Parlement et tous les représentants des organisations représentatives des étudiants, des enseignants et des établissements pour assurer la rentrée 2020, dans le nouveau cadre fixé par le Conseil constitutionnel. Avant le vote du budget, la convocation d’un « Grenelle » de l’enseignement supérieur est d’une absolue nécessité.

Pierre Ouzoulias, sénateur PCF

 
À Paris le 11 octobre 2019 
Pour le Conseil constitutionnel, l’enseignement supérieur est une des composantes du service public de l’éducation (Pierre Ouzoulias, PCF)
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10 octobre 2019 4 10 /10 /octobre /2019 06:15
Débat sur l'immigration - Eliane Assassi (présidente du groupe communiste au Sénat) - Les nouvelles causes d'exil doivent être reconnues (L'Humanité, 9 octobre 2019, entretien avec Julia Hamlaoui)
« Les nouvelles causes d’exil forcé doivent être reconnues »
Mercredi, 9 Octobre, 2019

Lors du débat sur l’immigration au Sénat aujourd’hui, la sénatrice communiste, qui dénonce les « manipulations du gouvernement », proposera de repenser les critères de la convention de Genève sur le statut des réfugiés.
Éliane Assassi

 

Éliane Assassi

Sénatrice PCF

Le débat sur l’immigration arrive au Sénat aujourd’hui. Ce sujet est régulièrement source de clivage à gauche entre les tenants du « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde » et les défenseurs de la liberté de circulation. Comment l’appréhendez-vous ?

Éliane Assassi La phrase de Michel Rocard est principalement utilisée par celles et ceux qui brandissent l’immigration comme la responsable de tous les maux de notre société. Ces considérations sont aujourd’hui complètement obsolètes. On ne peut pas être pour ou contre l’immigration : on parle d’hommes, de femmes, d’enfants. Ni de chiffres, ni de numéros. Les tenants du capitalisme sont tout à fait d’accord avec la liberté de circulation dès lors qu’il s’agit d’argent, eh bien, nous, nous la prônons pour les humains. D’ailleurs, la migration est un phénomène aussi ancien que l’humanité, on ne l’empêchera pas. C’est d’autant plus vrai avec les conflits internationaux, l’ordre économique établi et les bouleversements climatiques. Je proposerai donc lors du débat de repenser les critères de la convention de Genève, qui ne tient pas compte des nouvelles causes d’exil forcé.

À l’Assemblée, lundi, Édouard Philippe a évoqué l’instauration de quotas et estimé que la France « ne doit être ni plus ni moins attractive que ses voisins ». Qu’y opposez-vous ?

Éliane Assassi D’abord, le gouvernement manipule les chiffres. Par exemple, les 400 000 demandeurs d’asile enregistrés en France depuis 2015 ne représentent que 10 % du total européen. Imaginons qu’ils soient tous restés, ils n’auraient accru la population que de 0,6 %. Or, en Allemagne, c’est 2 % et 0,8 % dans l’ensemble de l’Union européenne. La France est donc en deçà. Un spécialiste comme le sociologue et démographe François Héran estime que les cris d’orfraie sont indécents et qu’on se fourvoie en jugeant que les prestations sociales ou l’AME mettraient notre pays en première ligne. Quant aux quotas, on essaie sous ce vocable de réintroduire l’immigration choisie promue par Sarkozy avec l’idée de bonnes nationalités et de mauvaises, qu’on laisserait à la porte. C’est intolérable.

Quelles mesures peuvent être prises face à la crise de l’accueil ?

Éliane Assassi Nous ne sommes pas à la hauteur de la désespérance de ces milliers de migrants qui cherchent refuge, y compris pour des raisons économiques. Malgré ce qui est dit, il n’y a pas assez de places d’accueil. Il faut répondre sans délai aux situations d’extrême urgence. Nous en avons les moyens, nous sommes un pays riche. Mais il n’y aura pas de solution miracle à court terme, une réflexion pour un vrai plan de logement dans des conditions dignes est indispensable.

Un autre éternel débat fait son retour. Christophe Castaner juge que « nous avons loupé, ces dernières années, l’intégration ». Partagez-vous ce constat ?

Éliane Assassi Qu’une chose soit claire : je ne pense pas partager la même définition du mot intégration que M. Castaner. Si cela signifie « créer du lien et de la cohésion sociale », je suis d’accord. Mais je n’ai pas le sentiment que ce soit ce qui est proposé. Mesurer l’intégration à la seule capacité des immigrés, voire de leurs descendants, à se fondre dans la communauté nationale est un appauvrissement, un leurre quant aux réels enjeux sociaux et politiques. On voit désormais resurgir, comme à la convention des droites, le concept d’assimilation. Là encore, la ligne est rapidement franchie.

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui
Débat sur l'immigration - Eliane Assassi (présidente du groupe communiste au Sénat) - Les nouvelles causes d'exil doivent être reconnues (L'Humanité, 9 octobre 2019, entretien avec Julia Hamlaoui)
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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 07:07
"Très heureux de prendre le relai de mon ami Patrice Bessac à la présidence de l'association nationale des élus communistes et républicains.  Je tâcherai de porter au mieux les combats de nos 6700 élus." (Ian Brossat)

"Très heureux de prendre le relai de mon ami Patrice Bessac à la présidence de l'association nationale des élus communistes et républicains. Je tâcherai de porter au mieux les combats de nos 6700 élus." (Ian Brossat)

Ian Brossat et Cindérella Bernard (1ere adjointe à Bégard, candidate aux Européennes avec Ian Brossat) au congrès de l'ANECR à Paris ce week-end du 5-6 octobre

Ian Brossat et Cindérella Bernard (1ere adjointe à Bégard, candidate aux Européennes avec Ian Brossat) au congrès de l'ANECR à Paris ce week-end du 5-6 octobre

Municipales. Les élus PCF font le pari du rassemblement
Lundi, 7 Octobre, 2019

Réunis à Paris pour le congrès de leur association, les élus communistes et républicains ont appelé ce week-end à l’unité de la gauche et élu Ian Brossat à leur tête.

 

À moins de six mois des élections municipales, le rythme des déclarations de candidatures s’accélère mais tout n’est pas encore ficelé, tant s’en faut. Le calendrier se resserre mais les élus communistes et républicains ne désespèrent pas de faire entendre leur message. Réunis à Paris ce week-end pour le congrès de leur association, l’Anecr, ils ont lancé un appel au rassemblement à l’intention des citoyens et des autres formations de gauche. Face à un « président de la République (qui) poursuit la construction raisonnée mais dangereuse d’un paysage où la seule alternative » serait « l’extrême droite » et face à « l’absence de réponse aux défis environnementaux et sociaux », « les élus locaux ont un très grand rôle à jouer », assure, dès l’ouverture des travaux, Patrice Bessac, le maire de Montreuil (Seine-Saint-Denis) et président sortant de l’Anecr. Mais, dans l’auditorium de la maison de la RATP où se tient le congrès, beaucoup témoignent des difficultés de cette période des plus instables. « Il y a une forte aspiration à l’unité, un ras-le-bol des gens de la division de la gauche, une angoisse pour 2022 de se ­reprendre une purge libérale », constate Philippe Bouyssou, le maire d’Ivry, tout en regrettant de ne pouvoir compter sur le soutien de l’ensemble de la gauche.

Trois « axes de batailles » pour 2020

Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, avait déjà lancé un appel au rassemblement à la mi-septembre, lors de la Fête de l’Humanité. « Tout le monde se tend la main, mais on entend qu’ici ou là, ça ne va pas ; à un moment, on va bien se croiser », a-t-il résumé ce week-end plaidant pour des ­alliances à gauche dès le premier tour. « Ce n’est pas dans un accord national ni même départemental que nous trouverons les solutions », précise-t-il, grandes villes mises à part. L’enjeu numéro un : faire des communes de « véritables boucliers ­sociaux ». « On n’est pas des politiciens qui cherchent à marquer des points pour notre propre carrière. On est des citoyens comme tout le monde, présents au quotidien pour améliorer les conditions de vie de tous », martèle Olivier Corzani, élu maire de ­Fleury-Mérogis (Essonne), lors d’une partielle cette année, alors que le PCF avait perdu la ville en 2009.

« Urgences écologique, ­sociale, démocratique » reviennent en boucle dans les prises de parole. « Malgré les attaques tant administratives que budgétaires, chaque fois que nous le pouvons, nous faisons de nos communes des lieux d’innovation pour répondre aux besoins des populations », insiste Ian Brossat, élu ce samedi à la tête de l’association. L’adjoint à la mairie de Paris multiplie les exemples – budgets participatifs, complémentaire santé communale, municipalisation de l’eau, repas bio dans les cantines, permis de louer contre l’habitat indigne, ou encore transports ­gratuits –, avant de brosser trois « axes de ­batailles » : « défense de l’échelon communal », « nouvel essor des services publics ­locaux » et « lutte contre l’application de l’austérité ».

Là se pose un problème de taille. « La baisse des dotations aux collectivités n’a jamais été si importante : 13 milliards sous le mandat de François Hollande et 13 milliards prévus sous le mandat du président de la République actuel. Nos communes sont asphyxiées, étranglées », s’indigne ­Fabien Roussel. Les marges de manœuvre en sont réduites d’autant. « Dans les villes que nous dirigeons, nous avons dû aussi – compte tenu de la purge budgétaire que nous avons subie – appliquer la rigueur. Dans ma ville, on ne remplace plus tous les départs en retraite », témoigne Jean-Pierre Bosino, le maire de Montataire (Oise). Pour les ­communistes, une solution : ­l’intervention ­citoyenne. « Il n’y a plus une décision municipale qui pourra se prendre sans un engagement plein et entier des ­citoyens et sans aller arracher avec les dents les moyens de répondre aux besoins des habitants », estime le maire d’Ivry. Pour pallier la suppression de la taxe d’habitation, qui grève elle aussi les budgets locaux, le PCF planche sur une réforme de la fiscalité locale. En attendant, les parlementaires communistes proposeront, dès les ­prochaines semaines, lors de l’examen du budget, de mettre 5 milliards sur la table en 2020.

Julia Hamlaoui

EELV en solo à Marseille

À Marseille, formations de gauche, associatifs, collectifs citoyens échangent depuis des semaines en vue du scrutin de 2020. PCF, PS, FI se sont prononcés en faveur d’une liste unique pour arracher la deuxième ville de France à la droite et faire échec au RN. Les écologistes ne partagent pas cet avis. Lors d’une assemblée générale d’EELV, ce samedi, moins de 75 militants ont voté à 80 % en faveur d’une liste autonome « écolo-citoyenne » et désigné Sébastien Barles comme tête de liste. « Je ne sais pas s’il y aura une liste ou deux listes (à gauche – NDLR) mais il faut éviter qu’on se divise », a déclaré ce dernier sans ciller.

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 06:54
Immigration - pour la gauche, la crise de l'accueil mérite mieux qu'un débat miné (L'Humanité, 7 et 8 octobre 2019, Maud Vergnol, Eugénie Barbezat, Gregory Marin)
Pour la gauche, une crise de l’accueil qui mérite mieux qu’un débat miné
Mardi, 8 Octobre, 2019 - l'Humanité

Les parlementaires communistes, insoumis et socialistes ont multiplié les propositions pour une nouvelle politique migratoire et se sont évertués à déconstruire les mensonges d’une droite extrême déchaînée.

 

L’atmosphère est pesante ce lundi à l’Assemblée nationale, entre les exhibitions de Marine Le Pen et le malaise général suscité par ce débat sur l’immigration imposé par le chef de l’État. À gauche, pas question pour autant de jouer la politique de la chaise vide. « Vous prétendez regarder la réalité en face, mais en posant si mal ce débat, vous jetez sur lui un brouillard vénéneux », a déploré le député communiste de Seine-Saint-Denis Stéphane Peu. « Tout à coup il faudrait donc parler immigration, c’est pourtant le silence que vous choisissiez lorsque l’Aquarius réclamait à cor et à cri d’accoster », abonde sa collègue des Hauts-de-Seine Elsa Faucillon. Plus tôt, lors d’une conférence de presse, la France insoumise avait pris les devants pour tenter de « changer les termes du débat », en déclinant une série de propositions pour une nouvelle politique migratoire. Une manière, aussi, de couper l’herbe sous le pied de ceux qui critiquent les atermoiements stratégiques de la FI en la matière.

Le symptôme d’une « zemmourisation des esprits et d’un populisme d’État

Il y a tout juste un an, le mouvement s’était divisé sur la ligne défendue par Djordje Kuzmanovic, qui fustigeait « la bonne conscience de gauche qui empêche de réfléchir concrètement à la façon de ralentir, voire d’assécher les flux migratoires ». « S’il y a une crise aujourd’hui, c’est celle de l’accueil des immigrés », a rappelé hier le député du Nord Ugo Bernalicis, accusant l’exécutif d’embrasser les fantasmes sur l’immigration pour « sécuriser » son électorat, qui « a bougé vers la droite ». Danièle Obono juge de son côté que ce débat voulu par Emmanuel Macron n’est pas « une diversion ou une discontinuité, mais bien une déclinaison de sa politique générale, qui s’inscrit dans une vision libérale autoritaire du monde et des rapports sociaux ». « Nous sommes favorables » au débat sur l’immigration, mais il ne faut rien céder « aux Le Pen et à Salvini », estime quant à lui Olivier Faure, qui met sur la table « dix-sept propositions d’apaisement ». Depuis son siège à Ivry, le premier secrétaire du PS, encombré par l’héritage de Manuel Valls, a néanmoins fustigé l’idée que la France serait un « eldorado fantasmé » pour les migrants, en référence aux propos de Christophe Castaner et Nathalie Loiseau, symptôme d’une « zemmourisation des esprits et d’un populisme d’État ». « Sans vote à l’issue de cette discussion et sans la moindre prise de décision concrète, nous pouvons légitimement nous interroger sur la finalité de cette initiative, qui nous écarte des priorités exprimées par nos concitoyens – c’est le cas du devenir des retraites ou du pouvoir d’achat », a regretté plus tard dans l’Hémicycle la socialiste Gisèle Biémouret. « Pire pour votre majorité, elle met en évidence les limites de la loi asile immigration, a taclé la députée du Gers. Débattue l’an dernier et déjà caduque, elle a tout juste fragilisé un peu plus l’accueil sans apporter de réponse aux problèmes rencontrés sur le terrain. »

« Est-ce des sans-papiers que vous voulez parler ? a vivement interpellé Stéphane Peu, à l’adresse du couple exécutif. Mesurez le poids de l’exploitation qu’ils subissent, les profits qui sont tirés des travaux les plus pénibles qu’ils exécutent. Comprenez que, en leur donnant des papiers, c’est à tous les travailleurs de ce pays que vous accorderez des droits, et que vous agirez efficacement contre l’économie noire du travail et du logement. Alors soyez courageux et réalistes, régularisez-les, comme l’ont fait avant vous Mitterrand, Jospin et même Nicolas Sarkozy ! ».

Maud Vergnol
« Députés, sortez du déni de réalité ! »
Mardi, 8 Octobre, 2019 - L'Humanité

Des représentants des états généraux des migrations, venus de toute la France, ont appelé hier les politiques à regarder en face la situation des migrants.

 

Les états généraux des migrations (EGM) regroupent depuis 2018 associations, ONG et acteurs de terrain afin de proposer des pistes pour une politique migratoire humaine et juste. Quelques heures avant le début des débats parlementaires, ils organisaient hier une conférence de presse pour faire entendre leur voix. « On ne pouvait pas rester silencieux, alors que l’Assemblée s’empare des questions d’immigration en des termes qui ne correspondent pas à la réalité. Les bases du débat sont faussées, car les chiffres sur lesquels les parlementaires vont appuyer leurs votes sont datés ou erronés », explique Dominique Noguères, de la Ligue des droits de l’homme. Elle est rejointe sur ce thème par Stéphanie Besson, du collectif de Briançon Tous migrants, qui suggère aux députés de s’emparer des travaux universitaires sur le sujet. « J’invite aussi officiellement M. Macron à enfiler une doudoune pour venir à Briançon suivre une maraude ; il se rendra compte de la réalité sur le terrain. » La réalité que décrit la jeune femme, ce sont des morts, des blessés, des amputés, parmi ceux qui ont tenté de franchir la frontière italienne par la montagne, dans des conditions extrêmes. Ce sont aussi les tensions entre citoyens solidaires et policiers, voire au sein même de ces derniers, contraints d’appliquer des ordres qui violent les droits humains. « Cette politique de rejet des étrangers déchire la société », conclut-elle.

Remettre en cause l’aide médicale d’État est délétère

Pour Patrick Bouffard, de Médecins du monde (MDM), le droit à la santé devrait être sanctuarisé. Selon lui, remettre en cause l’aide médicale d’État (AME), une protection minimale destinée aux étrangers en situation irrégulière, est délétère. « Les personnes qui n’oseront plus aller se faire soigner arriveront à l’hôpital à deux doigts de mourir. Cela va ajouter de la pression sur le système de santé, qui n’a pas besoin de ça. »

Le pronostic du médecin est alarmant. « Dans le domaine de la santé mentale, faute de prise en charge correcte des migrants, on risque de voir se développer des pathologies qui vont engendrer une extrême violence », explique aussi le représentant de MDM, qui déplore « un très faible niveau de connaissance de la réalité de la santé des étrangers » chez les députés qu’il a pu rencontrer cet été. « Ces faux postulats et l’absence de connaissance des législateurs sur ces questions offrent un boulevard aux idées d’extrême droite », résume Claire Rodier, du Gisti, qui exhorte les parlementaires à avoir « le courage de s’affranchir de ce déni de réalité ».

Eugénie Barbezat
La majorité fait la courte échelle à l’extrême droite
Lundi, 7 Octobre, 2019

Immigration. Pour « faire face », le gouvernement s’aligne sur les thèmes de prédilection du RN. Un discours aux fins électoralistes évidentes.

 

La discussion sur la « politique migratoire de la France et de l’Europe » commence aujourd’hui à l’Assemblée nationale et se poursuivra mercredi au Sénat. Une déclaration d’Édouard Philippe, à 16 heures, est censée poser le cadre des débats, mais une conférence de presse de Marine Le Pen au Palais-Bourbon à 14 h 30 la précédera. Schéma invariant de ces derniers mois en matière d’immigration : au prétexte de détourner d’un vote de rejet les « classes populaires (qui) vivent avec », tout en se dédouanant de toute explication sociale ou sociétale, l’exécutif s’aligne sur le Rassemblement national, comme le président l’a fait savoir en appelant sa majorité à « regarder ce sujet en face ». La vérité est plus cynique : Emmanuel Macron et sa majorité veulent « confirmer » en 2022 l’opposition artificiellement mise en scène en 2017 en identifiant l’extrême droite comme unique « opposant sur le terrain ».

Le président de la République, rabougri dans sa posture de chef de la majorité, a vu, mercredi dernier, son discours validé par… Jean-Marie Le Pen ! Sur France Inter, l’ex-leader du Front national a félicité Emmanuel Macron à propos de son refus surjoué de vouloir incarner « un parti bourgeois » : « Les bourgeois, par leurs emplois, par leurs habitations, par leurs circuits, ne voient pas l’immigration comme la voient les gens qui fréquentent le métro, les trains, etc. Le peuple, lui, prend conscience progressivement de la montée inexorable de l’immigration étrangère (sic) dans notre pays et Zemmour l’a exprimé d’une manière assez nette », ose celui qui voit sa vision partagée par la majorité gouvernementale.

Philippe cible le système de santé

Quels seront, parmi les « six axes de travail » que l’exécutif a annoncé vouloir présenter cet après-midi, ceux retenus ? Le gouvernement évoque une baisse des prestations sociales des demandeurs d’asile, du nombre d’entrées sur le territoire, du panier de soins de l’aide médicale d’État… Dans le Journal du dimanche, le premier ministre estimait hier que « trop de demandeurs d’asile en provenance de pays sûrs sont en réalité davantage motivés par les conditions d’accès à notre système de santé » ou que la politique des quotas n’est « pas taboue ». Marine Le Pen, qui bénéficiera du temps de parole laissé par le transfuge de LaREM (aujourd’hui non inscrit) Matthieu Orphelin, au prétexte de faire taire « une fausse polémique sur le fait qu’ils (les représentants RN) seraient bâillonnés », devrait apprécier. G. M.

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 05:48

«Dès lors qu’un sans-abri a avec lui un bien mobilier, matelas, tente ou chariot, il pourra entrer dans le champ de la loi ». Et donc se voir infliger une amende de 500 euros !

C’est ce que permettrait désormais, comme l’a révélé le journal « L’Humanité », un article de loi voté en catimini dans la nuit.

Elections municipales obligent, le pouvoir et sa majorité, incapables de relever le défi de la misère sociale, flattent sans vergogne les idées nauséabondes dans lesquelles se vautrent la droite et l’extrême-droite, en tentant de criminaliser la pauvreté.
Le pouvoir d’Emmanuel Macron cherche ainsi à dédouaner sa politique de commis des grandes fortunes et de la finance, du capital. Une politique qui creuse jusqu’à la plus totale indécence les inégalités sociales.
En vérité, la population de France est indignée, profondément indignée face à l’explosion de la grande pauvreté et à l’inhumanité du pouvoir et des classes dirigeantes.
Quand une banque, à Paris, procède à l’installation de 40 potelets métalliques pour interdire à un sans-abri de s’y réfugier, elle est contrainte d’y renoncer devant les protestations des riverains, des associations et des élus.
L’image de la salle de la honte aux urgences de l’hôpital Lariboisière, où sont entassées de jeunes mamans avec leurs nourrissons dans des conditions de précarité abjectes, indigne le personnel et la population. Comme le sort fait aux jeunes mineurs isolés, aux centaines, milliers de personnes vivant sous tente, dans des abris de fortune, au bord du périphérique parisien.
L’exclusion choque profondément la population. Mais pas le pouvoir, sa majorité et la droite  qui, alors que le 115 est saturé, que les centres d’hébergements sont combles, votent à l’Assemblée comme au Sénat un plan d’économie sur 4 ans de 57 millions sur les « ressources » des centres d’hébergements et de réinsertion.
En vérité le système capitaliste et son pouvoir ne sont pas en échec dans la lutte contre la pauvreté. Ils s’en nourrissent. La grande pauvreté est le revers innommable de la course folle au profit, au fric.
La criminalisation de la pauvreté est une arme de destruction massive des solidarités et des valeurs républicaines. Elle rend malade et précarise toute la société.
Quand en 1985, Coluche lance « Les Restos du cœur », dans son esprit, ça n’était pas censé durer. Les « Restos » vont engager cet automne leur 34e campagne.
Le 9 juillet 1849 Victor Hugo affirmait à l’Assemblée nationale : « La misère est une maladie de la société, comme la lèpre est une maladie de l’homme. Elle peut disparaître comme la lèpre, oui. »
Cent soixante-dix ans plus tard, n’est-il pas temps enfin, de déclarer la guerre, une guerre totale à la pauvreté ‘et non aux pauvres). L’éradication de la grande pauvreté doit être un objectif immédiat, la cause prioritaire de notre société. A quoi sert, sinon, qu’elle soit si évoluée ?

Guerre aux pauvres - Pierre Laurent, sénateur de Paris et président du Conseil National du PCF, dénonce la criminalisation de la pauvreté par la majorité macroniste (8 octobre 2019)
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