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29 novembre 2019 5 29 /11 /novembre /2019 06:52

 

Le public permet au privé lucratif de se livrer à des activités très rentables qu'il n'aurait pu exercer seul.

Dans le domaine de la santé particulièrement, les gouvernements successifs ont tous creusé le sillon dans le même sens : restreindre les dépenses publiques de santé pour les raisons que nous nous sommes efforcés de cerner précédemment, en favorisant le capital, en mettant le public au service du privé. L’affaire du Mediator a montré la collusion criminelle entre l’Agence du médicament et les laboratoires Servier, mais combien d’affaires, de complicités sont encore ignorées ?

La pratique du pantouflage, consistant pour des hauts fonctionnaires à passer du public au privé avant de revenir au public puis de repartir dans le privé, les partenariats public-privé, les PPP, l’installation dans les murs mêmes des hôpitaux publics de services dépendant de groupes privés favorisent des comportements qui, sans être tous criminels ou illégaux, risquent de nuire aux intérêts des assurés sociaux et du service public. Parmi toutes les possibilités offertes, susceptibles de favoriser des conflits d’intérêts, le ­pantouflage fait la course en tête. Ainsi, Philippe ­Lamoureux, énarque, inspecteur général des affaires sociales (Igas), après être passé par l’Agence du médicament et le ministère de la Santé, est aujourd’hui le directeur général du Leem, la chambre patronale des laboratoires pharmaceutiques.

Emmanuel Déchin, de l’Igas également, a hanté les cabinets ministériels, est passé par L’Oréal avant d’être nommé délégué général de la chambre patronale de la répartition pharmaceutique. Christine Schibler a dirigé des cliniques privées puis a été propulsée à la direction du pôle des établissements de santé (publics et privés) de l’agence régionale de santé d’Île-de-France (organisme public) avant d’être nommée déléguée générale de la Fédération de l’hospitalisation privée. Il y a aussi ce que l’on pourrait appeler le pantouflage institutionnel. Icade, filiale de la Caisse des dépôts et consignations, jadis dédiée au logement social, a liquidé son patrimoine HLM et maintenant épaule les groupes privés qui veulent exploiter des établissements de santé ? en achetant pour eux les terrains et en construisant les locaux.

Souvent, le public et le privé sont très imbriqués, le public permettant au privé lucratif de se livrer à des activités très rentables qu’il n’aurait jamais pu exercer tout seul. Il faut en finir avec ce pillage, définir de nouvelles règles, faire du service public la norme, l’assainissement des situations suppose que l’on révolutionne les critères de gestion du privé et du public, que l’on place la satisfaction des besoins des populations au cœur.

pierre ivorra

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28 novembre 2019 4 28 /11 /novembre /2019 05:50

Le député communiste a interpellé le gouvernement hier matin sur la réforme des APL

Extrait :  

« Monsieur le Ministre, vous avez parlez de ‘justice sociale’ pour expliquer votre réforme des APL. On dirait du Orwell ! A ce compte là, la guerre, c’est la paix et Bernard Arnault c’est la solidarité ! »

Voir son intervention entière 

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28 novembre 2019 4 28 /11 /novembre /2019 05:42
Réforme des retraites : le gouvernement accélère le calendrier, le PCF accélère la mobilisation !
Présentation des grandes orientations du futur système universel des retraites le 9 ou le 10 décembre. Défense du projet de réforme par le Premier ministre avant la fin de l’année. Remise du texte au Parlement début 2020. Ce mercredi, le gouvernement a fixé la feuille de route d’un projet dont le cap, défini ce midi par le Premier ministre, reste le même : « Il faudra travailler plus longtemps ».
Cette réforme brutale et cette accélération appellent à intensifier encore la mobilisation dès le 5 décembre. Dans son courrier adressé à toutes les adhérentes et tous les adhérents, Fabien Roussel appelle à l’engagement de tous les communistes dans cette bataille, en utilisant tous les moyens mais aussi en faisant connaître les propositions du PCF pour une autre réforme .
Toutes les forces de gauche et écologistes se retrouveront pour dire Non à la réforme Macron, mercredi 11 décembre à 19h, à la Bourse du Travail de Saint-Denis
Une autre réforme des retraites est possible, solidaire et digne du 21e siècle, capable de relever le défi de l'allongement de la vie.
Propositions du PCF pour une réforme des retraites digne du 21e siècle

La réforme proposée par le gouvernement est certainement la pire de ces 30 dernières années. Tout le monde serait perdant : tous les secteurs d’activités, du privé comme du public, les ouvriers comme les cadres, les femmes, les précaires, les jeunes, les salariés affiliés au régime général comme ceux dépendant de régimes spéciaux et les non-salariés.

Un objectif : satisfaire l’avidité du grand capital financier en bloquant les ressources affectées aux retraites publiques par répartition à 14 % du PIB alors que les besoins de financement, liés à l’allongement de la durée de la vie et à l’augmentation du nombre de retraités, sont croissants.

Le grand enjeu de cette réforme est donc la mobilisation des ressources, des richesses, et de l’inventivité du corps social pour répondre à cet immense progrès de civilisation qui est l’allongement de la durée de la vie et donc de dégager les moyens financiers pour ce grand défi. Nous voulons nous adresser à la jeunesse et construire avec elle un système solidaire par répartition digne de ce siècle.

Le financement est le cœur de la réforme des retraites. Une réforme de progrès de la retraite pose trois questions.

La première : Le partage des richesses, comment nous produisons les richesses, et comment nous les partageons et les utilisons pour satisfaire les besoins de la population ?

La deuxième : Les entreprises, comment les responsabiliser pour qu’elles développent l’emploi et les salaires et non l’inverse ?

La troisième : Comment l’allongement de la durée de la vie devient un apport à la société au lieu d’être vu comme un coût ?

Mais le président Macron est décidément beaucoup plus à l’écoute des compagnies d’assurance et des fonds de pension qu’à l’écoute des citoyen·ne·s.

Macron-Delevoye et Édouard Philippe sont tous d’accord sur une chose : il faudrait travailler plus. C’est une véritable tartufferie pour ne pas parler des richesses à créer et à partager, tartufferie alors que le chômage est massif, et le nombre des contrats précaires aussi .

Transparence ? La réforme Macron c’est ignorer ce qu’on touchera tout en sachant bien ce qu’on paie. Car la clé de voûte du système, c’est qu’un comité technocratique pourra changer chaque année la valeur du point.

Égalité ? Oui, tous égaux pour toucher moins. Le plus grand nombre touchera une retraite bien plus faible, même si le minimum retraite sera peut-être rehaussé pour les plus pauvres.

Universalité ? La réforme va inciter à multiplier des régimes spéciaux, par capitalisation, par entreprise ou par branche, générant des inégalités renforcées, des complications , contrairement à l’objectif prétendu de simplification.

Le système présenté aurait comme conséquence un effondrement généralisé du niveau des pensions (sauf pour les très pauvres), comme cela s’est produit dans d’autres pays, notamment en Suède. Il réintroduirait l’incertitude du lendemain et l’insécurité sociale puisque le montant des pensions pourrrait diminuer d’une année sur l’autre, qu’elles aient été liquidées avant ou après la réforme.

Sans compter la remise en cause des pensions de réversions, alors que 90 % de celles-ci sont perrçues par des veuves ayant déjà de petites pensions, ce qui aboutirait à discriminer les femmes en rendant leurs conditions de vie encore plus précaire.

« A quel âge pourrai-je partir ? Avec combien ? »

A À ces deux questions, le Président de la République répond : vous allez devoir travailler plus longtemps, pour moins de pension ... alors qu’en plus le chômage et la précarité sont massifs. Il s’agit donc d’une machine à remonter le temps, avant 1945, avant Croizat, d’une machine à faire repasser les générations futures sous le seuil de pauvreté après une vie de travail.

Pourtant, vivre plus longuement est une chance pour chacune et chacun d’entre nous, pour la société toute entière.

Nous voulons nous adresser à la jeunesse qui est la première concernée. Nous voulons lui dire : oui, une retraite garantie, c’est possible ! Oui, une vie digne de bonheur après une vie de travail, c’est possible !

Tous ces hommes et ces femmes qui prennent leur retraite après une vie au travail ont encore de belles années à vivre. Il nous revient donc de relever ce défi et d’imaginer la société qui nous permettra de profiter pleinement de toutes ces années et en bonne santé. Nous voulons favoriser un rôle actif des retraité·e·s dans les solidarités (auprès des enfants, des jeunes en formation ou des jeunes précaires) et encourager un nouvel accomplissement personnel avec le développement de services publics à la personne plutôt que d’imaginer une « silver economy » et la marchandisation des serrvices aux aînés.

Nous proposons les lignes directrices d’une réforme progressiste des retraites pour relever ce défi de société, un choix de civilisation, pour faire vivre les valeurs de solidarité entre les générations et de progrès social pour toutes et tous.

À l’opposé du projet Macron/Delevoye, nous proposons un système de retraites « à prestations définies », s’engageant sur un niveau de pension connu dès le début de carrière, à un âge de départ déterminé et garantissant la solidarité dans toute la société.

Un système de retraite unifié, en progrès sur l’actuel et plus juste.

Pour un système des retraites du 21e XXIe siècle, nous proposons une retraite dès 60 ans avec un nouveau socle de droits pour toutes et pour tous.

Cette réforme a l’ambition de porter un progrès social et démocratique, tenant compte de la société d’aujourd’hui comme des changements opérés dans les besoins des retraités comme des actifs. Il doit s’attaquer aux principaux obstacles : la financiarisation de l’économie, la délocalisation de l’emploi et une production non écologique.

Des droits nouveaux

La mise en œuvre d’une réforme basée sur la sécurisation de l’emploi et de la formation avec prise en charge des périodes de précarité, chômage, études… permettrait à Chacune et chacun doit pouvoir faire valoir ses droits à une retraite à taux plein à 60 ans, avec un revenu de remplacement net équivalent à 75 % du revenu net d’activité (primes incluses), calculé sur la base des dix meilleures années primes comprises, et indexé sur les salaires.

Pour une vie digne, aucune pension ne doit être inférieure au SMIC. Nous proposons d’ouvrir ce droit sans autre condition que d’avoir une carrière complète (hors pénibilité et carrière longues), qui sera reconnue comme telle dès lors qu’elle ne comporte, entre la fin du lycée, du secondaire et l’âge de 60 ans, que des périodes d’activité, de formation initiale ou continue, de chômage ou d’implications familiales.

Le système prendrait en compte la pénibilité au travail et les sujétions de service public avec alors des départs anticipés dès 55 ans. Le système serait intégralement financé par la cotisation sociale, piloté et administré par des représentant·e·s élu·e·s des travailleurs. Le système offrirait aussi une réelle liberté pour celles et ceux qui voudraient partir plus tôt ou plus tard.

Comment s’y prendre ? Le PCF propose :

Une réforme progressiste des retraites c’est possible si nous nous engageons pour la mise à contribution des revenus du capital (1), pour l’augmentation des salaires et la modulation des cotisations (2), l’emploi (3) et pour l’égalité salariale femme-homme (4).

Agir résolument sur ces quatre leviers, c’est créer les conditions d’une nouvelle innovation sociale et démocratique pour les retraites.

Deux leviers concernent directement notre proposition de réforme du système de retraites, les deux autres concernent le besoin de changer l’ensemble de la politique économique de ce pays.

1. La fin des régimes spéciaux ... pour les revenus du capital.

Alors que les revenus du travail sont mis à contribution, il doit en être de même pour les revenus du capital qui bénéficient d’un régime spécial auquel il faut mettre un terme. D’après l’INSEE, en 2018, les revenus financiers perçus par les entreprises et les banques se sont élevés à 298,8 milliards d’euros ! Alors que les salaires et pensions sont soumis à la CSG, à la CRDS, à la CASA, à l’impôt sur le revenu.

Nous proposons que les revenus financiers soient assujettis aux même taux que les salaires. Le taux de cotisation employeur étant de 10,45 %, ce prélèvement pourrait rapporter, dans un premier temps, 31 milliards d’euros à la branche vieillesse de la Sécurité sociale. Son produit serait appelé à diminuer avec le temps puisqu’il viserait avant tout à dissuader les entreprises de placer leurs profits sur les marchés financiers, et à les pousser à les investir pour créer des emplois et pour former les salariés.

2. Moduler le taux de cotisation sociale pour augmenter la masse salariale et contrer les suppressions d’emploi, soutenir les investissements en faveur de la relocalisation et pour l’environnement.

Le taux de cotisation dite « patronale » serait alourdi pour les entreprises qui délocalisent ou précarisent l’emploi, rationnent les salaires et les dépenses de formation. À l’inverse, les entreprises qui fondent leur efficacité sur l’embauche et la formation de salarié·e·s qualifié·e·s, tiennent leurs objectifs écologiques et de parité salariale seraient encouragées, avec une progression moindre de leur taux, mais sur une assiette en croissance. Cette modulation apporterait 70 à 90 milliards supplémentaires au bout de 5 ans.

Il faut ainsi changer les critères qui président aux choix de production, d’investissement, d’embauches, de formation, de recherche, de financement de l’économie. La même logique inspire notre proposition d’une modulation de l’impôt sur les sociétés en fonction des mêmes critères.

Dans cet esprit, les exonérations de cotisations appliquées actuellement (CICE, exonération Fillon) seront annulées et mises au service de cette nouvelle politique en faveur de l’emploi, de la formation, de la révolution écologique.

Plus fondamentalement, l’augmentation des salaires est indispensable pour vivre dignement. Nous demandons une hausse de 20 % du salaire minimum et une conférence nationale des salaires pour permettre une hausse générale des salaires, dans le privé comme dans le public.

Plus généralement, il faut aussi changer la politique économique.

3. L’emploi

Le pouvoir s’attaque aux chômeurs et non au chômage de masse. Au contraire, la création d’emplois augmenterait les richesses créées et les possibilités immédiates de financement des retraites.

La révolution écologique, la relocalisation de l’industrie, le développement de service public sur tout le territoire permettent d’envisager la création au minimum de 3 millions d’emplois supplémentaires, en 5 ans, soit 10 % de la population active. Et des emplois bien formés et bien qualifiés !

C’est autant de salarié·e·s qui créent des richesses et cotisent à notre système de protection sociale. Trois millions de personnes c’est plus de 100 Md€ de salaires bruts, soit environ 30 Md€ de cotisations sociales supplémentaires, sans compter les économies sur les allocations chômage et minima sociaux. Cet objectif de création d’emplois est atteignable en développant la formation initiale et continue, en reconnaissant mieux les qualifications, en développant les investissements grâce à des taux bancaires que nous voulons très bas et donc en s’opposant au dogme de la rentabilité financière comme guide des décisions des entreprises et des banques.

4. Tout aussi nécessaire, mais révolutionnaire, l’égalité salariale femmes-hommes apporterait aujourd’hui plus de 6 milliards d’euros supplémentaires pour le financement des retraites. Après 13 lois en 40 ans, les femmes gagnent toujours moins que les hommes, à travail de valeur égale. Nous nous fixons d’aboutir à une égalité réelle en deux ans, avec une loi contraignante.

Vers un régime unifié

Quant à l’aspiration très majoritaire à une simplification de l’architecture du système des retraites, attendue par plus de 85 % de la population, elle pourra être obtenue en mettant en place un régime unifié, pour faire converger vers le haut les droits à la retraite de l’ensemble de la population et garantir au minimum 75 % du meilleur revenu d’activité dès 60 ans, tout en prenant en compte les spécificités professionnelles, en particulier en matière de service, de missions de service public, de travail posté et de pénibilité. Cette première étape ouvrirait à la voie à une unification de l’ensemble des régimes de retraites.

Une gestion par les intéressé·e·s

Cette question essentielle concerne l’ensemble de la protection sociale (retraites, maladie, accidents du travail, allocations familiales).

C’est aux assuré·e·s eux-mêmes, donc en premier lieu aux salarié·e·s, d’assurer la responsabilité de la gestion. N’oublions pas en effet que ce sont elles et eux qui créent les richesses sur lesquelles est fondé le système. L’ensemble des cotisations, y compris la part patronale, est le fruit de leur travail.

La composition des Conseils d’administration des Caisses de retraite devrait donc être revue dans ce sens.

Il faut dans ce sens rétablir les élections aux Caisses de Sécurité sociale et créer les conditions de la participation des travailleuses et travailleurs à celles-ci.

Ces mesures ont pour objet de venir appuyer les luttes sociales pour imposer une création de richesses plus dynamique et plus efficace.

À l’horizon de cinq ans, cette nouvelle logique économique viserait à augmenter de 10 points la part de la valeur ajoutée disponible pour les salaires, la Sécurité sociale et les services publics, en faisant reculer d’autant la part des profits.

Ces mesures permettraient de dégager, au bout de 5 ans, 70 à 90 milliards d’euros annuels pour le financement des retraites, augmentant ainsi de 10 points la part des richesses consacrées à la séécuuriité sociale, aux salaires et aux retraites, aux services publics.

Relancer l’emploi, soutenir les investissements d’une révolution industrielle et écologique nécessite de revoir le rôle des banques dans le financement de l’économie.

C’est pourquoi nous demandons une nouvelle politique du crédit bancaire pour faire baisser l’influence des marchés financiers et faire diminuer le coût du capital qu’elle fait peser sur les enntreeprises. Nous encouragerons ainsi le financement de projets répondant à des critères précis en matière économique, sociale et écologique.

Une réforme progressiste des retraites est donc possible si elle met en cause la domination du capital sur les choix d’embauche, d’investissement, de formation, de recherche, de financement des entreprises et au coût qu’elle fait peser sur la société. Il faut une « part du gâteau » plus grande pour les retraites. Et il faut une autre recette pour le gâteau, sociale et écologique, pour faabriquer un gâteau plus sain et plus nourrissant !

Elle emmènerait les entreprises sur un chemin d’efficacité, plutôt que dans la logique de la rentabilité capitaliste qui inspire de part en part la réforme Macron-Delevoye.

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27 novembre 2019 3 27 /11 /novembre /2019 08:38
Grenelle contre les violences faites aux femmes : « de l’enfumage »

La France ce samedi 23 novembre a connu une mobilisation exceptionnelle qui a rassemblé des femmes et des hommes, les forces militantes féministes, syndicales et politiques. Des milliers de personnes ont marché contre toutes les formes de violences contre les femmes. Ce sont elles qui ont permis la tenue de ce grenelle.

Pourtant, le Premier ministre n’y a pas fait la moindre allusion. Quel mépris !

Alors que 138 femmes ont été assassinées depuis le 1er janvier dernier et que 225 000 sont chaque année victimes de viol, de violences physiques, psychologiques, de harcèlement sexuel et moral dans toutes les sphères de la société, à la maison, au travail ou dans la rue, les mesures annoncées ce matin par Édouard Philippe sont, extrêmement décevantes.

Si certaines propositions vont dans le bon sens, comme l’ouverture 24H sur 24 du 3919 ou encore la création de 80 postes supplémentaires d’intervenantes et intervenants sociaux, comment leur accorder le moindre crédit quand aucun moyen supplémentaire n’est dégagé ? Les 360 millions avancés par le Premier Ministre représentent quasiment le même budget qu’en 2019. Or, toutes les associations féministes, les actrices et acteurs de terrain, des élu.e.s parmi lesquel.le.s les élu.e.s communistes, l’avaient déjà jugé insuffisant et avaient évalué les besoins à 1 milliard d’euros !

D’autres mesures, présentées comme nouvelles, existent déjà dans la loi de 2010 ou encore dans la Convention d’Istanbul que la France a signé en 2011 et ratifiée en 2014.

Par contre, il y a de grands vides.

Rien sur la mise e place d’un vrai plan d’éducation à l’égalité et à la non-violence dès l’école maternelle.

Rien quant à la prévention en particulier au travers de campagnes de sensibilisation et d’information de tous les publics ainsi que la formation de tou.te.s les professionnels en contact avec des femmes victimes de violences.

Rien quant à la protection et la mise à l’abri rapide et efficace des femmes martyrisées et de leurs enfants témoins.

Rien sur des places d’hébergement dédiées et prises en charge financièrement.

Comment ne pas penser que le gouvernement se livre à un véritable enfumage quand la plupart des revendications portées par les associations, les recommandations du Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes et la mission interministérielle contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains n’ont pas été prises en compte à leur juste valeur ?

Les communistes poursuivront le combat pour faire entendre l’impérieuse nécessité de débloquer des financements pour cette grande cause nationale. Elles et ils participeront à toutes les actions pour exiger 1 milliard d’euros en urgence, l’une des conditions pour débarrasser la société du fléau que constituent les violences faites aux femmes.

Grenelle contre les violences faites aux femmes :  de l’enfumage (Parti communiste français, 25 novembre 2019)
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27 novembre 2019 3 27 /11 /novembre /2019 06:34
Pierre Laurent écrit au ministre de la justice concernant le dossier de Vincenzo Vecchi, militant altermondialiste italien réfugié en France

 

https://senateurscrce.fr/activite-des-senateurs/les-courriers-officiels/article/demande-de-renseignements-au-sujet-du-pourvoi-en-cassation-effectue-par-le

Demande de renseignements au sujet du pourvoi en cassation effectué par le Procureur de la République concernant le dossier de Vincenzo Vecchi
Lettre à la ministre de la justice - Par Pierre Laurent, Sénateur Communiste de Paris  / 26 novembre 2019

Madame la Ministre,
Je me permets d’attirer votre attention sur la situation de M. Vincenzo Vecchi ressortissant italien qui vit en Bretagne depuis 2011.
Suite à deux mandats d’arrêt européens délivrés par l’Italie, Monsieur Vincenzo Vecchi a été arrêté le 8 août dernier par la police française et incarcéré en attendant que la juridiction française compétente se prononce sur la régularité des mandats d’arrêt italiens. Cette arrestation a provoqué la stupeur et un élan de solidarité en sa faveur car Monsieur Vincenzo Vecchi est particulièrement bien inséré là où il vit avec sa compagne et compte de nombreux soutiens. Depuis son installation, M. Vecchi n’a jamais commis d’infraction sur le territoire français. Il ne s’est jamais fait connaître défavorablement et est très actif dans le milieu associatif.
M. Vecchi a participé au contre-sommet du G8 de Gênes à 2001 et à un rassemblement non autorisé s’opposant à la tenue d’une manifestation fasciste déclarée à Milan en 2006. La justice italienne a eu recours au chef d’accusation de « dévastation et saccage », généralement réservé aux situations de conflit armé et qui remonte au code Rocco de 1930 de l’époque fasciste. Il en résulte deux mandats d’arrêt européens délivrés par l’Italie afin que M. Vecchi soit remis à ce pays pour y purger une peine de 13 ans au seul motif d’avoir participé à une manifestation et sans qu’aucun fait violent n’ait pu lui être personnellement imputé.
Il est à noter que la répression policière de la manifestation de Gênes a été très brutale avec un militant tué et des nombreux autres blessés à laquelle s’ajoutent de multiples arrestations et des condamnations très lourdes. D’ailleurs des mauvais traitements à l’encontre des manifestants, assimilables à des actes de torture selon la CEDH en 2015 ont été prouvés et ont eu résultat que l’Italie a été condamnée au sujet de cette répression par différentes instances internationales. L’ensemble de ces éléments tend à prouver que sont mises en œuvre ici une criminalisation des luttes sociales et des condamnations pour l’exemple totalement contraires à tout esprit démocratique.
J’avais déjà évoqué ces éléments dans une lettre auprès de Monsieur le Premier Ministre le 10 septembre dernier. Dans cette lettre j’avais également marqué mon incompréhension quant à une éventuelle exécution des mandats d’arrêt entachés d’imprécisions juridiques.
Le tribunal de Rennes a fort heureusement tenu compte de ces éléments et libéré Monsieur Vecchi le 15 novembre dernier, lui permettant, après trois mois de détention, de rejoindre sa famille et ses proches.
Compte-tenu de tous ces faits, mon étonnement est grand de constater que le parquet de Rennes se pourvoit en cassation à ce sujet. Pourriez-vous m’indiquer les raisons précises qui ont été à l’origine de cette décision ? Par ailleurs je vous serais reconnaissant, Madame la Ministre, de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour garantir les droits fondamentaux de M. Vecchi et éviter sa remise aux autorités italiennes.
Je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de mes salutations les plus distinguées.

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27 novembre 2019 3 27 /11 /novembre /2019 02:15

 

PCF - Une autre Réforme des retraites est possible
PCF - Une autre Réforme des retraites est possible
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26 novembre 2019 2 26 /11 /novembre /2019 05:56

 

Paris.  Que s’est-il vraiment passé place d’Italie, lors du 53e épisode des gilets jaunes, signant là, plus qu’ailleurs sans doute, par une certaine forme d’amertume, l’acte I de l’an II du mouvement ? Plus exactement, comment a-t-on pu en arriver à ces scènes de casse dans un espace confiné par les forces de police, comme dans les crocs d’une mâchoire, jusqu’à ce que le piège se referme sur les manifestants, les vrais ? Un an de colères, de luttes, de mobilisations hebdomadaires et de revendications. Un an de violences policières, de répression, de mépris et de privation des libertés. Et que retiennent le gouvernement et les médias dominants ? Les agissements de quelques-uns détruisant du mobilier urbain ainsi qu’un monument à la mémoire du maréchal Juin dans le 13e arrondissement de Paris. Des dizaines d’individus cagoulés, bien utiles pour décrédibiliser l’action de plusieurs milliers de manifestants, dont on signalera au passage qu’ils furent contraints pour beaucoup, au fil des semaines, d’abandonner leur identifiant, le fameux gilet jaune. Le bloc-noteur s’obstinera à le répéter : ces scènes de casse – gonflées en pseudo-« chaos » par les chaînes d’information en continu – n’apportent rien au combat, au contraire, elles empêchent de précieux « temps de parole » pour parler avec sérieux et gravité de la colère qui continue de secouer les tréfonds de la société. Alors que la mobilisation du week-end a connu un léger regain par rapport aux semaines précédentes, tout semble ainsi orchestré pour nous épargner l’essentiel : la question sociale, écologique et démocratique.

Questions. Mais revenons à la place d’Italie. Notre confrère de Sud Radio, Didier Maïsto, aguerri de ces rassemblements, était présent. Il témoigne par ces mots : « Comme à chaque fois que ça chauffe vraiment, il y a trois catégories d’“hommes en noir”. Primo : des jeunes gens qui veulent en découdre et scandent “Aha aha anti, anticapitalistes”, qui sont absolument contre tout ce qui représente l’État. Secundo : des policiers de la BAC, vêtus de la même façon et qui, par petits groupes, interpellent via la technique du “saute-dessus” avant de se réfugier derrière un cordon de CRS ou de gendarmes mobiles. Tertio : une catégorie que j’appelle des “zonards”, qui cassent tout sur leur passage, sans discernement. Ceux-là, je ne sais pas qui ils sont. Ça fait quand même un peu barbouzes… » D’où d’innombrables questions concernant les circonstances de ce que certains nommèrent un « guet-apens ». Pourquoi la préfecture avait-elle choisi une place en travaux, avec des échafaudages et du matériel de chantier à disposition, contre l’avis du maire de l’arrondissement, le socialiste Jérôme Coumet ? Pourquoi avoir nassé tout le monde, avec les risques que les manifestants encouraient ? Enfin, pourquoi avoir rendu la manifestation illégale au moment où elle devait démarrer, sous les nuages de gaz, alors qu’elle fut déclarée et acceptée ? Aucune réponse « politique », sinon le choix assumé par le ministère de l’Intérieur de la répression « organisée » de tous côtés, comme pour étendre et maintenir la tension entre gilets jaunes et policiers. Avez-vous vu les images de ce journaliste grièvement blessé au visage après un tir de grenade lacrymogène ? Avez-vous vu cette femme tirée par les cheveux sous les mains d’un agent de la BAC ? Avez-vous vu cet homme piétiné ? En revanche, vous avez assisté en direct à l’intervention ultra-solennelle du préfet de police, l’ineffable Didier Lallement, ce qui valut, sur BFM, ce commentaire du consultant police-justice, Dominique Rizet, qui ne passe pas pour un révolutionnaire : « C’est plus un discours de chef d’armée que de préfet de police. » En effet, le préfet a choisi « son camp ». Celui de sauver les têtes de l’exécutif, qui ne tiennent désormais que par leurs « forces de l’ordre », puisqu’ils n’ont que cette expression à la bouche. Didier Maïsto évoque un « décalage de plus en plus grand entre le légal et le légitime », au service d’une seule stratégie, celle du « moi ou le chaos ». Comment lui donner tort ?

 

 

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26 novembre 2019 2 26 /11 /novembre /2019 05:51

 

Evasion fiscale, désastre écologique... Découvrez le rapport dans lequel L'ONG Attac chiffre le véritable coût d'une scandaleuse "réussite". 

 

Depuis sa création en 1994, l’empire Amazon a bouleversé nos existences et refaçonné des pans entiers de l’économie. Première capitalisation boursière de la planète, le mastodonte a vendu plus de 11 milliards de produits dans le monde l’année dernière. Mais cette réussite a un coût, à la fois social, écologique et fiscal. C’est ce coût que calcule l’ONG Attac, dans un rapport publié aujourd’hui. Quelques chiffres donnent la mesure du scandale. Champion toute catégorie de l’«évitement » fiscal, Amazon dissimulerait 57% de son chiffre d’affaires au fisc français, soit environ 2 milliards d’euros. Son essor fulgurant abime le tissu industriel : aux Etats-Unis, un emploi créé par Amazon en détruirait deux ailleurs. Géant numérique, son empreinte écologique est colossale : Amazon Web Services aurait émis à lui seul 55,8 millions de tonnes de Co2 en 2018, soit l’équivalent des émissions du Portugal.

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 16:06
Fabien Roussel, interview à L'Humanité avec Julia Hamlaoui, 25 novembre : Un système de retraites révolutionnaire
Fabien Roussel : « Un système de retraites révolutionnaire »
Lundi, 25 Novembre, 2019 - L'Humanité

Contre-projet Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, expose la réforme alternative des communistes. Il demande au gouvernement de l’examiner et invite la gauche à en discuter le 11 décembre.

 

Vous appelez à la mobilisation du 5 décembre, quels sont vos griefs contre la réforme des retraites du gouvernement ?

Fabien Roussel De la dizaine de réformes conduites en trente ans, celle-là est certainement la pire. Elle casse complètement le système de solidarité et impliquera pour tous de travailler plus. Avec ce système où le montant des pensions ne serait pas défini à l’avance puisque la valeur du point pourrait varier d’une année sur l’autre, le gouvernement veut nous pousser à souscrire à des retraites par capitalisation. C’est le cœur de cette réforme : casser notre modèle pour orienter les Français vers des assurances privées.

Vous organisez un meeting à Saint-Denis le 11 décembre avec l’objectif de ne pas en rester à la contestation de cette réforme. Pourquoi un contre-projet vous paraît-il indispensable ?

Fabien Roussel On ne peut pas en rester au statu quo quand un tiers des retraités ont une pension inférieure à 1 000 euros et qu’en moyenne les pensions correspondent à 50-55 % du dernier salaire. Le 11 décembre, nous proposons d’en discuter avec les forces syndicales et politiques de gauche et écologistes pour voir tout ce que nous avons en commun et pouvoir dire « si demain nous sommes au gouvernement voilà ce à quoi nous nous engageons ». Adrien Quatennens, de la France insoumise, Olivier Faure, du PS, les écologistes nous ont déjà assurés de leur présence comme des organisations syndicales. Nous attendons d’autres confirmations. Nous, PCF, mettons sur la table notre propre réforme des retraites et demandons au gouvernement de l’étudier.

Votre Conseil national a validé ce week-end votre projet de réforme. Vous proposez un régime « unifié » et plus simple, quels droits ouvrirait-il pour tous ?

Fabien Roussel Le gouvernement martèle que l’existence de 42 régimes crée des injustices. Mais ceux qui subissent l’injustice sont ceux qui n’ont pas un régime leur permettant de partir à 55 ans quand les travaux sont pénibles ou à 60 ans avec une pension suffisante et garantie. Nous voulons, nous, un régime unifié par le haut. La France produit suffisamment de richesses pour cela.

Comment proposez-vous de pérenniser le système par répartition alors que la durée de vie augmente?

Fabien Roussel Le gouvernement ne cesse de répéter que nous sommes passés de 4 actifs pour 1 retraité à 2 pour 1. Or, dans le même temps, entre 1960 et 2000, le PIB a été multiplié par 4. Selon les projections disponibles, la production de richesses doublera presque d’ici à 2040. Pour pérenniser le système solidaire par répartition, il faut augmenter la part de richesses que nous y consacrons. Le gouvernement veut plafonner ce financement à 14 % du PIB, nous pensons qu’il faut le porter à 17 %. Mais, outre la répartition des richesses, il faut changer leur mode de production. Le système de retraites que nous proposons, par son financement, est révolutionnaire. Il permet non seulement de répondre à l’allongement de la durée de la vie mais propose un nouveau modèle économique respectueux des salariés et de la planète grâce à une modulation des cotisations.

Comment fonctionnerait un tel système ?

Fabien Roussel Les aides publiques sans contrepartie, comme le Cice et toutes les exonérations de cotisations, qui nous coûtent 66 milliards par an, seraient supprimées pour que les cotisations financent bel et bien le système de retraites. Celles-ci seraient alourdies pour les entreprises qui délocalisent, embauchent des intérimaires au lieu de CDI, ne forment pas leurs salariés ou ne respectent pas les objectifs environnementaux. Au contraire, celles qui répondent aux objectifs écologiques et sociaux cotiseraient normalement mais seraient accompagnées dans leurs investissements par des prêts à taux 0 %. Nous estimons qu’en cinq ans 50 à 70 milliards d’euros peuvent ainsi être apportés au financement de notre système de retraites. Mais c’est aussi l’un des leviers pour changer notre modèle économique : Emmanuel Macron a fait la leçon aux ouvriers de Whirlpool à Amiens vendredi, c’est indécent, alors qu’il a fait la preuve de l’incapacité du capitalisme à répondre à l’impératif social et écologique de la relocalisation de la production.

Quels autres leviers de financement défendez-vous ?

Fabien Roussel Les revenus financiers – 298,8 milliards d’euros en 2018 – doivent contribuer au même taux que les cotisations employeurs, soit 10,45 %. L’égalité salariale femmes-hommes apporterait 6 milliards d’euros à la caisse des retraites : avec une loi contraignante, l’objectif peut être atteint en deux ans. Enfin, il y a la hausse des salaires. Nous demandons au premier ministre d’organiser une conférence sociale salariale pour qu’à la date du 1er janvier le Smic augmente de 20 %. C’est réparer une injustice, et apporter de nouvelles ressources pour les retraites. À ce sujet, on ne peut que se réjouir de voir que d’autres forces, y compris des députés de la majorité, trouvent désormais légitime une meilleure répartition de la richesse créée en faveur du travail.

Ce rendez-vous du 11 décembre est-il pour vous la première pierre d’un rassemblement appelé à dépasser la question des retraites ?

Fabien Roussel Ma première préoccupation est d’essayer d’unifier le monde du travail, que le gouvernement fait tout pour diviser, comme avec le débat sur l’immigration ces dernières semaines. Salariés du public « privilégiés » contre ceux du privé, usagers du train contre cheminots, ceux qui touchent le Smic contre allocataires du RSA, travailleurs contre chômeurs… Nous subissons tous en réalité les mêmes maux, ceux d’un régime capitaliste qui pompe nos richesses. Le rôle du Parti communiste doit être de ressouder la classe de ceux qui vivent de leur travail, de l’université à la retraite. Évidemment, si nous sommes plusieurs à gauche à dire que c’est possible, nous serons plus audibles.

La gauche peut-elle y travailler de concert dans un contexte où pour les élections municipales elle se présente souvent en ordre dispersé ?

Fabien Roussel Dans 90 % des cas nous sommes unis avec d’autres forces de gauche et écologistes. Nous faisons tout pour élargir ces rassemblements sur la base de projets locaux décidés avec les habitants. L’union est notre ambition, c’est compliqué, c’est aussi un combat. Les discussions se poursuivent mais je regrette que des forces politiques qui ont déjà en ligne de mire la présidentielle ne fassent pas le choix du rassemblement aux élections municipales.

Emmanuel Macron et Édouard Philippe essaient ces derniers jours de déminer le terrain, comme avec le plan Buzyn. Alors que les luttes sociales ont eu ces dernières années du mal à obtenir gain de cause, est-on à un point de bascule du quinquennat ?

Fabien Roussel C’est possible. Sur l’hôpital, le gouvernement ne prend toujours pas la mesure des difficultés et n’y répond que partiellement en tentant de diviser les soignants pour qu’ils n’appellent pas à manifester le 5 décembre. C’est petit, méprisant, et sans doute le signe de leurs craintes. Sur les retraites, pour désamorcer la mobilisation, il prétend ouvrir la discussion mais uniquement sur la base de son système par points : il n’y a pas de dialogue. Au-delà des seules retraites, la vie chère mine le moral des ménages et plombe leur porte-monnaie. Le 5 décembre, ce sont aussi ces questions qui sont à l’ordre du jour. D’ailleurs, les gilets jaunes appellent à manifester. Quant à la gauche, sa responsabilité est immense. Dans une société si fracturée, l’insurrection peut être chaotique. Faute d’offrir une perspective progressiste, c’est l’extrême droite, le fascisme, qui peut être perçue comme l’alternative. À nous, forces de gauche, de travailler main dans la main avec les syndicats, les citoyennes et citoyens qui se mobilisent pour gagner de nouvelles avancées sociales dignes de notre siècle.

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui

 

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 05:48

 

Le président s’est rendu sur le site de l’ancienne usine d’Amiens. Ses tentatives de justification se sont heurtées à la colère des salariés à qui le candidat Macron avait promis une reprise du site.

Ulcérés, les ex-Whirlpool d’Amiens on profité de la visite d’Emmanuel Macron, ce vendredi, pour demander des comptes. C’est là, sur le parking de l’usine qu’il y a deux ans, en octobre 2017, le candidat d’alors été venu promettre le soutien de l’Etat à 280 salariés menacés de licenciement. « J’ai dit la vérité » leur a martelé le chef de l’Etat en balayant d’un revers de la main le sentiment des salariés d’avoir été « bernés ». Le « sauvetage » de l’usine, alors largement mis en scène par Emmanuel Macron, est tombée à l’eau, et la justice à finalement acté la liquidation du site en août dernier.

« C’était un projet fictif, depuis le départ » dénonce Kevin Crepin, secrétaire général de l’union départementale CGT de la Somme. « Les salariés ont été maintenus dans une usine fantôme, qui n’a jamais redémarré la production. Ils ont poireauté, pendant des mois sur leur poste de travail, sans rien faire et sans rien dire de peur que cela leur porte préjudice » poursuit le syndicaliste. Porté par un « notable du coin », Nicolas Decayeux, l’offre de reprise de l’usine d’Amiens a été un fiasco. « On le savait plus ou moins, on connait les pratiques de Monsieur Decayeux, dont la famille est propriétaire de plusieurs entreprises de métallurgie dans la région, et sa conception très limitée du droit du travail » explique Kévin Crepin, qui note que « nombre de ses salariés viennent régulièrement dans les permanences syndicales témoigner des conditions de travail abominables ». Nicolas Decayeux, qui au passage, a « empoché 2,5 millions d’euros d’aides publiques et 7,4 millions d’euros de Whirlpool au titre de la revitalisation du site », souligne la CGT.

Mais pour Emmanuel Macron, la colère n’est pas justifiée. « Jai dit la vérité à Whirlpool (…) est ce que j’ai dit : on va tous vous sauver, on va garder l’entreprise ? Non » s’est justifié le président de la République face aux salariés licenciés. « Venir il y a deux ans dire à tous les salariés qu’ils seront repris alors que derrière il n’y a rien, c’est nous prendre pour des cons » a quant à lui réagi François Ruffin, député Insoumis de la Somme, présent aux côtés des salariés. « Le repreneur s'est planté mais c'est trop facile de mettre ça sur le dos de l'Etat (…), ce n’est pas la faute de l’Etat (…) ce n’est pas l’Etat qui embauche quand les choses vont mal » a insisté Emmanuel Macron. Pas si simple rétorque Kevin Crepin. Car « lorsque le licenciement des salariés protégés de Whirlpool a été prononcé, l’inspection du travail a jugé qu’au regard des bénéfices à l’échelle du groupe, le motif économique ne pouvait pas être considéré comme réel et sérieux » rappelle le syndicaliste. Et d’ajouter : « Au Ministère du travail, Muriel Pénicaud, ministre du travail d’Emmanuel Macron, s’est alors empressée de casser cette décision de l’inspection en validant sans ciller le licenciement des salariés protégés ».

Dès jeudi, et au départ du parking de leur ancienne usine, les ex-Whirpool, soutenus par l’Union départementale CGT, s’étaient rassemblés dans l’idée de partir en manifestation jusqu’au l’université où Emmanuel Macron devait intervenir le soir même. « Mais nous avons été arrêtés avant d’arriver, par les forces de l’ordre » raconte Kevin Crepin, qui décrit une ville « en état de siège », la circulation coupée, et la présence de 2 500 policiers. Avec un brin d’ironie dans la voix, le syndicaliste conclut : « En ce qui concerne l’opération communication du retour en grâce d’un président tant aimé dans sa ville natale, on repassera ».

 

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