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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 07:52
Le 11 mai ne peut pas être que la rentrée de celles et ceux qui n’ont matériellement pas le choix ! (réseau école du PCF, 16 avril)

Le 11 mai ne peut pas être que la rentrée de celles et ceux qui n’ont matériellement pas le choix !

Le Président de la République a annoncé la réouverture progressive des crèches, des écoles, des collèges et des lycées à partir du 11 mai, en parallèle d’une reprise des activités économiques, sans qu’une stratégie claire de lutte contre l’épidémie ne soit avancée.

Il est clair que la réouverture des établissements ne permettra pas de respecter les gestes barrière. Comment comprendre qu’on ne puisse pas organiser le bac, mais qu’on puisse rouvrir des classes de maternelles ? Le gouvernement se moque de nous : il ne se préoccupe ni des salarié.e.s ni des familles les plus fragiles et vulnérables. Au contraire, il renonce à les protéger en les exposant les premiers à une extension de l’épidémie. En fait son objectif est de remettre le plus grand nombre de personnes au travail avec comme seul indicateur le seuil de saturation des hôpitaux.
 
Dans ce contexte, de nombreuses familles pensent déjà à déscolariser leurs enfants, pour les protéger et se protéger. Nous ne pouvons pas accepter que le 11 mai soit la rentrée de celles et ceux qui n’ont pas le choix ! 
 

La seule reprise scolaire possible est la reprise conjointe de tous les enfants, lorsque la protection de toutes et tous sera garantie (personnels de l’éducation nationale, personnels des collectivités locales, familles des enfants scolarisés et élèves). Les conditions qui rendront cette reprise possible doivent être élaborée démocratiquement, avec l’ensemble des personnels et leurs représentants, les familles, les élus locaux. L’avis du CHSCT, qui préconise le dépistage de l’ensemble des élèves et des personnels avant la reprise, doit être suivi. Les instances démocratiques doivent être réunies dans de bonnes conditions, à tous les niveaux.

M. Blanquer ne saurait être le ministre de la situation. Son mépris constant, sa mise en place brutale et chaotique des réformes du bac et du lycée, ses mensonges répétés, ont durablement sapé la confiance du corps enseignant. Il doit partir et la reprise doit être accompagnée d’un moratoire sur l’ensemble de ses réformes, sur les suppressions de postes et de classes.
 
L’école ne pourra pas reprendre comme avant: la crise sanitaire révèle à quel point elle a été fragilisée par des années de rigueur budgétaire et de réformes libérales. La reprise devra s’accompagner d’un plan d’urgence pour l’éducation nationale, pour qu’aucun élève ne soit laissé sur le bord du chemin : aménagement des contenus enseignés et des pratiques, plan de recrutement pour permettre un enseignement en groupes réduits, recréer un vivier de remplaçant-e-s, reconstruire des équipes pluri-professionnelles capables d’aider les élèves en difficulté, et garantir la présence dans chaque établissement de personnels médicaux (infirmier-e-s et médecins scolaires). Pour que la rentrée de septembre se fasse dans de bonnes conditions, c’est maintenant qu’il faut créer des postes !

La crise sanitaire et économique que nous traversons nécessite bien plus que du bricolage et de la communication. Elle doit être l’occasion d’un renouveau démocratique et de moyens financiers nouveaux dans l’ensemble des services publics. 

 
Communiqué du réseau école du PCF - 15 avril 2020
 
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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 05:44

 

« Parler du jour d’après » en matière de politique de santé ouvre sur le projet d’une autre société. Au sortir de cette crise, rien ne sera plus comme avant, mais, si les peuples ne s’en mêlent pas, il n’y a aucune automaticité à ce que ce soit pour le meilleur. Les capitalistes veillent, s’adaptent et sont loin de vouloir lâcher leurs privilèges. En France, il n’y a qu’à entendre les déclarations d’un certain nombre de ministres pour en avoir confirmation !

 

 

Quant aux envolées du Président de la République sur les « héros en blouse blanche », il est à craindre qu’elles ne soient suivies d’aucun effet. Les mesures d’urgence contre le Covid-19 en sont une claire démonstration, l’argent annoncé pour répondre à la crise sanitaire n’est rien comparé à celui débloqué pour sauver les grands groupes. Deux poids, deux mesures !

Pourtant, le coronavirus révèle bel et bien l’absurdité et la dangerosité des politiques étatiques et austéritaires menées, dans le domaine de la santé, depuis les ordonnances Juppé. Et cette course aux restrictions budgétaires n’a fait que s’accélérer.

En 2004, la loi Bachelot introduit la tarification à l’activité (T2A) à l’hôpital mettant en concurrence cliniques privées et hôpitaux publics ! En vingt ans, 100 000 lits ont été fermés et en dix ans, ce sont 7 milliards d’euros qui ont été ponctionnés sur le dos des hôpitaux publics.

Les gouvernements successifs se sont éloignés de la conception de notre système de protection sociale solidaire et universelle pour considérer la santé comme une marchandise. L’hôpital devenait alors une entreprise avec, à sa tête, des technocrates obnubilés par la règle à calcul. Toutes les alertes lancées par les personnels, certaines forces syndicales et politiques ont été ignorées, voire moquées. Et de budget de la Sécurité sociale en budget de la Sécurité sociale, notre service public de santé a été mis à genoux.

« Tous les spécialistes en conviennent : le confinement total est le prix du manque de moyens, notamment à l’hôpital, dû à l’incurie des gouvernements qui se sont succédé depuis trente ans. » (1)

Les mêmes politiques ayant été appliquées à l’échelle du monde, les conséquences de ces choix néo-libéraux sont identiques partout. Comment oublier que la Commission européenne ait demandé 63 fois, de 2011 à 2018, aux États membres de réduire leurs dépenses publiques en matière de santé ? Comment accepter le silence aujourd’hui de l’UE, incapable d’apporter une réponse de solidarité, laissant chaque pays s’enfermer à l’intérieur de ses frontières, se livrant à une concurrence impitoyable pour obtenir le matériel indispensable à sauver des vies ?

Alors « le jour d’après », c’est maintenant qu’il se réfléchit.

Les propositions sont nombreuses, les expert·e·s que sont les personnels les ont déjà soumises depuis plus d’un an au gouvernement, via leurs syndicats, leurs collectifs. Nous avons, nous les parlementaires communistes, présenté une proposition de loi sur des « Mesures d’urgence pour la santé et l’hôpital » après notre tour de France des hôpitaux et des Ehpad. Toutes ces propositions dessinent un autre projet de société qui place l’humain au cœur des politiques de santé et qu’il faut imposer maintenant !

Pour y parvenir, les décisions ne peuvent pas être prises par un exécutif aux ordres de la finance. Il faut que la démocratie s’exerce à tous les niveaux en conférant des pouvoirs à celles et ceux qui travaillent dans les hôpitaux, les maternités, les Ehpad, les centres de santé, les cabinets de ville… Le budget de la Sécurité sociale ne doit plus être voté par la représentation parlementaire mais revenir, comme lors de sa création en 1945, dans le giron des partenaires sociaux et doit reposer sur les cotisations patronales et salariales. L’objectif doit être la prise en charge des soins à 100 % par la Sécu.

Mais il faut, en urgence, un plan massif d’investissements pour la santé et les hôpitaux à hauteur de 10 milliards d’euros pour embaucher, former les équipes, augmenter les salaires et rouvrir les lits qui ont été fermés ! Un moratoire sur les fermetures d’établissements et de services doit être voté, comme le stipule l’une de nos propositions de loi présentée, dès 2014, et rejetée par le Sénat. Pour réduire les déserts médicaux, des centres de santé doivent être ouverts sur l’ensemble du territoire. Un véritable partenariat médecine hospitalière et médecine de ville doit être encouragé afin de développer une politique de prévention et d’éducation à la santé.

La crise vécue dans les Ehpad, le mouvement des personnels, bien en amont, pour dénoncer l’indignité infligée à bon nombre de résident·e·s au nom de la rentabilité, doivent contraindre la société à repenser l’accompagnement des personnes en perte d’autonomie en répondant d’abord à leurs besoins quels que soient leur situation ou leur âge. On l’a vu, cette pandémie a révélé de grandes tensions sur les matériels de protection mais également les médicaments. Il est regrettable que le Conseil d’État ait rejeté les référés d’associations qui demandaient la « réquisition des moyens de production » pour y faire face.

Il est inacceptable que la France, 6e puissance économique mondiale, ne soit pas en capacité de produire ses propres médicaments et que les grands groupes pharmaceutiques utilisent les pays, en voie de développement, pour se faire un maximum de profits ! Plus généralement, il est impératif de sécuriser à nouveau l’approvisionnement des biens nécessaires à nos besoins vitaux par des filières publiques. D’où notre proposition de mettre en place un pôle public du médicament et de la recherche au plan national et européen. Dans l’immédiat, nous proposons de nous appuyer sur les pharmacies centrales de l’AP-HP et du service des armées pour assurer une production nationale, en leur donnant les moyens financiers et humains indispensables.

Toutes ces mesures sont immédiatement finançables, à condition d’en avoir la volonté politique : fin des exonérations patronales et des allègements sociaux, lutte contre l’évasion fiscale, fin du Crédit impôt recherche (CIR), rétablissement de l’ISF !

Nos sociétés viennent d’être ébranlées, nos vies quotidiennes sont bouleversées, le monde entier est à l’arrêt, tout autant qu’il est en ébullition. Profitons de ce moment inédit pour, dès à présent, travailler à la société de demain, avec toutes celles et tous ceux qui aspirent à une nouvelle humanité.

Laurence Cohen, sénatrice, membre du CN.

 

1. André Grimaldi et Frédéric Pierru, « L’hôpital, le jour d’après », Le Monde diplomatique, avril 2020.

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 05:41

 

Comme dans toutes les crises et en partant de problèmes réels, il y a la tentation pour le pouvoir politique en place de restreindre les droits et libertés publiques bien au-delà des mesures sanitaires légitimes, et de mettre en place des systèmes surdimensionnés de surveillance de la population. Dans ce contexte, les grands acteurs des services et de l’industrie du sécuritaire font feu de tout bois pour imposer et vendre leurs solutions technologiques.

 

 

Ils s’appuient sur l’idéologie libérale du solutionnisme technologique : c’est-à-dire qu’au lieu de chercher des solutions et d’affronter la crise dans un cadre politique collectif, on va chercher à dépolitiser les questions, à interdire le débat démocratique et mettre en avant des technologies qui vont faire tout reposer sur la responsabilité individuelle des personnes.

Ce processus a été à l’œuvre à la suite des attentats de 2015. Il a conduit à l’état d’urgence permanent, la dépolitisation des questions, sous couvert de « guerre au terrorisme » (ce qui ne veut rien dire) et d’« essayer de comprendre, c’est excuser, justifier… », tout en investissant massivement dans des technologies de surveillance dont l’efficacité globale est fortement à discuter.

D’une certaine manière le même scénario se reproduit autour de l’épidémie de Covid-19 et en particulier des perspectives de déconfinement. Ainsi, au mépris de l’esprit du règlement général sur la protection des données personnelles, Orange a traqué numériquement les Parisiens qui avaient fui à la campagne, alors qu’une simple mesure de la baisse du nombre de connexions aux antennes-relais de la capitale aurait suffi pour arriver à la même évaluation. Outre l’opération de culpabilisation de comportements individuels critiquables pour mieux cacher l’incurie de l’action gouvernementale, avec cette opération de traçage de masse, Orange s’est positionné sur le marché potentiel des applications numériques de surveillance liées au déconfinement, et bien sûr il n’est pas le seul.

Pour valoriser une opération de traçage numérique des personnes atteintes du Covid-19, on met en avant la réussite de Singapour dans la maîtrise de la pandémie. C’est oublier un peu rapidement que cette réussite repose essentiellement, non pas sur le traçage numérique mais sur un dépistage massif, une prise en charge systématique en quarantaine des personnes positives, un port du masque généralisé, et un nombre de lits, y compris de réanimation, par habitant très supérieur à celui de la France.

Ce qui ne veut pas dire qu’il ne soit pas nécessaire de compléter cet arsenal par une application de traçage numérique, mais celle-ci doit respecter strictement le principe de la protection des données personnelles et du consentement. Ce qui implique de ne pas centraliser les données. Ainsi, pour reprendre l’exemple de Singapour, le traçage numérique s’est organisé autour d’une application sur Smartphone permettant de garder une trace des personnes croisées à faible distance dans la journée et qui utilisent aussi l’application. La détection de ces individus se fait par « Bluetooth1 » donc sans avoir recours aux données de géolocalisation. Si après un test ou des symptômes significatifs, vous apprenez que vous avez le Covid-19, vous pouvez alors prévenir les personnes rencontrées afin qu’à leur tour elles se mettent en quarantaine et se fassent tester. Reste que le gouvernement singapourien avait promis la publication du code source de l’application sous licence logiciel libre ; or, pour l’instant il ne l’a pas fait, ce qui pose un grave problème de confiance. En France, une telle application ne pourrait être utile que si elle respectait le consentement individuel et la protection des données personnelles, si elle protégeait le secret médical. Son usage devrait être limité dans le temps et l’espace, et son code sous licence logiciel libre. Elle ne devrait être en aucun cas un outil de relégation sociale ou de discrimination. Elle ne pourrait être qu’un complément résultant d’un choix volontaire et individuel aux mesures fondamentales présidant au déconfinement et non un cache misère technologique de l’absence de tests, de masques, de structures d’accueil des personnes en quarantaine…

Il ne s’agit pas de refuser des mesures exceptionnelles justifiées et proportionnées ; mais la condition de l’efficacité et de la réussite de telles mesures est qu’elles soient consenties car exceptionnelles et limitées dans le temps, dans l’espace. Si notre pays est en situation particulièrement difficile face à cette pandémie, il ne le doit pas à un excès de démocratie et de transparence mais, au contraire, au refus de la démocratie sociale et de l’intervention citoyenne collective. Les enjeux de santé publique comme ceux du numérique et de la donnée ne sont pas technocratiques, ils sont politiques.

Plutôt que de prendre la voie libérale du solutionnisme technologique – tracer, gérer, culpabiliser individuellement, dénoncer à la vindicte populaire les moutons noirs – qui revient à privilégier le capital, les communistes font le choix de l’humain, de la solidarité, et du respect de chacune et chacun. Tisser et promouvoir des réseaux de solidarité avec les livreurs, tous les travailleurs des services publics, les privés d’emploi et de revenu, les migrants, les sans-abri, les soignants, augmenter le nombre de lits à l’hôpital, des masques pour toutes et tous, des tests massifs pour permettre à chacun de connaître son état, prendre soin de soi-même et de son entourage, en se faisant confiance les uns les autres, voilà la seule stratégie gagnante face au Covid-19. Cela passe bien sûr, à terme, à l’opposé de la startup nation, par une renaissance industrielle de notre pays dans tous les domaines.

Yann Le Pollotec, commission Révolution numérique.

 

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 09:29
Déconfinement le 11 mai : pas de protection, pas de travail !  (CGT, 15 avril 2020)

Déclaration de la CGT 15 avril 2020

Déconfinement le 11 mai : pas de protection, pas de travail !
Publié le 15 avr 2020
 
Alors que le bilan de l'épidémie du Covid-19 dépasse désormais les 15 000 morts en France, Emmanuel Macron a annoncé lundi un début de déconfinement à partir du 11 mai, accompagné d’une réouverture des écoles, collèges, lycées ainsi que des crèches et, ce, contrairement à l'avis des professionnels de santé.
 

La réalité de l'intervention présidentielle, c'est aussi, le refus d'un dépistage systématique et massif, et l'aveu, avec un seul masque « grand public » disponible le 11 mai, qu’il n'y aura toujours pas suffisamment de protection pour toutes et tous.


Les annonces ont de quoi surprendre et décevoir les corps médicaux et scientifiques qui ont compétence pour parler des modalités de déconfinement ; rien de prévu sur : le retour à un fonctionnement régulier des services hospitaliers, la disponibilité des gels hydroalcooliques et des masques à l’usage des personnels soignants et étendus à l’ensemble des salarié.e.s et de la population, la généralisation des tests, ainsi qu'un système de surveillance épidémiologique opérationnel.


Derrière le masque de la compassion et de l'humilité, Emmanuel Macron a confirmé son choix : celui de la santé financière des entreprises et de l’économie, notamment des plus grands groupes bien avant la santé des salarié.e.s et de la population. Les profits du CAC 40 et les dividendes versés aux actionnaires ne sont toujours pas utilisés pour la solidarité nationale et la sortie de crise sanitaire.


Vous ne pourrez pas aller au restaurant mais les cantines des entreprises et des écoles seront ouvertes ! Pas de rassemblements sociaux mais regrouper 30 élèves dans une classe sans distanciation possible, ce n'est pas un problème pour le Président concernant 12,5 millions d'élèves et 1 200 000 personnels dans l’Éducation nationale.


« Reprenez le boulot », alors qu’une grande partie des carnets de commandes s’effondre. Décidément, le Medef et le gouvernement restent campés sur leur position et refusent de tirer les enseignements de la période pour aujourd'hui et demain.


La récente décision du tribunal de Nanterre obligeant la plateforme Amazon à se limiter à la livraison de produits essentiels démontre, pourtant, que la santé doit primer sur le profit.


La CGT réitère sa demande initiale d'une déclaration d'état de catastrophe sanitaire, afin de faire jouer la solidarité financière des groupes d'assurance qui doit aller au-delà d’un abondement symbolique du fonds de solidarité nationale et profiter à tous les salarié.e.s, TPE et artisans.


La CGT exige l'indemnisation de l'activité partielle à hauteur de 100% du salaire, le retrait des dispositions régressives de la réforme de l'assurance chômage (seuil de déclenchement des droits, dégressivité de l'indemnisation, etc.) et la prolongation des droits à l'assurance-chômage au-delà du confinement ; ne serait-ce qu'au regard des nombreuses professions qui ne pourront reprendre dans les activités de loisirs, du tourisme, du spectacle, etc. et de l'état de la situation de l'emploi au sortir de la crise sanitaire.

 

Montreuil, le 15 avril 2020

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 07:21
Thomas Portes - Comment parler de « jours heureux » quand on remet en cause les 35h, passe la journée de travail à 12H ou supprime des jours de congés aux salariés ?

Sur le discours du président Macron de lundi soir, un texte percutant de Thomas Portes, dirigeant national du PCF en charge du collectif des cheminots, auteur de "Au cœur de la haine", livre enquête sur l'extrême-droite, militant antiraciste, antifasciste, sur son blog hier-

https://thomasportes.com

Comment parler de « jours heureux » quand on remet en cause les 35h, passe la journée de travail à 12H ou supprime des jours de congés aux salariés ?

 

On nous promettait du Churchill, on a eu du Emmanuel Macron. On nous promettait des annonces, on a eu des généralités. 11 Mai. Sans doute le chiffre de l’année. Voilà la seule nouvelle annoncée hier soir par le Président de la République. Mais une date, si elle fixe un horizon, soit dit en passant indécis, ne fait pas une politique. Si le Chef de l’État a battu hier un nouveau record d’audience, c’est que les français attendaient de vraies réponses. Nous sommes loin, très loin du compte. Si on constate un changement de ton, terminé le chef de guerre, aucun mea culpa, ni remise en cause du système.

Ce n’est pas dans l’ADN du macronisme. Pourtant certains éditorialistes, à peine l’allocution terminée, se sont empressés de souligner « la grandeur de son discours ». On n’a pas dû regarder la même chaine. Plutôt que d’assumer ses responsabilités Emmanuel Macron a eu cette phrase : « comme vous j’ai vu des ratés, des lenteurs ». Mais une différence notable semble lui avoir échappé. « Nous » pour notre part nous ne sommes pas aux affaires, lui oui. Quand nous somme de simples spectateurs, il est l’acteur principal de la stratégie du gouvernement. Le limogeage express du directeur de l’ARS de la Région Grand Est, fusible de la macronie, relève de la même stratégie. Faire payer aux autres ses propres turpitudes. Le plan de restructuration de l’hôpital de Mulhouse n’était-il pas validé par la ministre de la santé de l’Époque, Agnès Buzyn, donc par le Président de la République ?

 

« En 26 ans la densité de lits d’hôpitaux pour 1000 habitants a diminué de 48 % en France ».

 

Jouant la carte de la séduction, Emmanuel Macron osera même une introspection personnelle à voix haute : « Étions-nous préparés pour cette crise? A l’évidence, pas assez ». Nous n’étions pas préparés du tout ! Pourtant les alertes avaient clignoté de tous les côtés depuis 10 ans. Hôpital, industrie, recherche … tout a été bradé, délocalisé ! En 20 ans, 60.000 places d’hospitalisation à temps complet ont disparu. Les hôpitaux publics, eux, sont passés de 400.000 lits en 1981 à 260.000 en 2011. En 26 ans la densité de lits d’hôpitaux pour 1000 habitants a diminué de 48 % en France. Cela ne doit rien au hasard. Ce sont des choix politiques et stratégiques qui nous ont menés dans le mur.

Alors que la situation des EHPAD, et en particulier la mort dans un isolement total, avait soulevé une vague d’indignation, le Chef de l’État a annoncé sa volonté que « les hôpitaux et les maisons de retraite puissent organiser pour les plus proches la visite pour leurs proches en fin de vie pour pouvoir leur dire adieu ». Là aussi pourquoi avoir attendu si longtemps ? C’est un véritablement déchirement de voir nos anciens partir seuls, loin de leurs proches, de leurs familles, de leurs enfants. On nous répétait en boucle que cela n’était pas possible pour des questions de sécurité sanitaire. Et pour le salarié d’Amazon qui côtoie des dizaines de collègues au quotidien, là il n’y a pas de risque peut être ?

« Quelle hypocrisie d’utiliser la réouverture des écoles pour renvoyer les gens au boulot, sans aucune garantie sur les mesures de protection »

 

En réalité le 11 mai répond à une exigence unique, celle de relancer l’économie. Le MEDEF peut sabrer le champagne, ses sorties médiatiques ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. La priorité de l’exécutif est claire. D’abord l’argent, après la santé. Comment va s’organiser ce 11 mai ? On n’en sait rien. Dédoublement des classes ? Quels moyens de protection sanitaire ? Cantine ? Quelle hypocrisie d’utiliser la réouverture des écoles pour renvoyer les gens au boulot, sans aucune garantie sur les mesures de protection.

« Combien de tests pas jour ? Aucune réponse »

Et les tests ? Va-t-on revivre l’épisode des masques ? Afin d’éviter un nouveau psychodrame, Emmanuel Macron a annoncé que d’ici le 11 mai la France serait « en capacité de tester toute personne présentant des symptômes ». Un choix curieux, pour ne pas dire irresponsabilité, quand on sait qu’une des particularités de ce virus c’est qu’il existe des porteurs asymptomatiques susceptibles de contaminer les autres. La communauté scientifique le réclame unanimement, il faut un dépistage massif. En vérité, le gouvernement est coincé. Il ne peut répondre à cette exigence car notre capacité de production de tests est extrêmement faible. Combien de tests pas jour ? Aucune réponse.*

Sur les masques, l’État « en lien avec les maires, devra permettre à chacun de se procurer un masque grand public pour les professions les plus exposées ». Ici encore la terminologie est importante. Permettre ne veut pas dire obligatoire. Quant au port obligatoire du masque pour tous, le président refuse toujours d’y souscrire.

Ce discours, le 4èmedepuis le début de la crise sanitaire, ne reste pas dans les annales de la politique. Il est pour moi loin d’être à la hauteur. Le 25 mars dernier Emmanuel Macron promettait « un plan massif pour l’hôpital ». Depuis silence radio, aucun chiffre, aucune annonce. Quelques semaines après nous avions droit au chapitre sur « la souveraineté industrielle et la relocalisation ». Là aussi, on attend toujours la nationalisation de Luxfer ! Pour l’avenir, le Président promet « de se réinventer ». Qui va croire cela tant le Président des riches aura passé son début de quinquennat à détruire notre modèle social.

 

Comment parler de « jours heureux » quand on remet en cause les 35h, passe la journée de travail à 12H ou supprime des jours de congés aux salariés ?

 

Et c’est oublier un peu vite les ordonnances prises au début de la crise. Comment parler de « jours heureux » quand on remet en cause les 35h, passe la journée de travail à 12H ou supprime des jours de congés aux salariés ? Du bout des lèvres, le Président a évoqué « une aide exceptionnelle aux familles les plus modestes avec des enfants afin de leur permettre de faire face à leurs besoins essentiels ». Quel montant, dans quel délai ? Nous ne savons pas.

On peut accorder une chose au Président, il a fait un vrai discours politique, sans la condescendance habituelle. Le choc de la crise passée, la bataille politique va s’engager. Des lignes de ruptures vont apparaitre. Car au fond une question va dépasser toutes les autres. Qui va payer la crise ? En Argentine, le gouvernement va instaurer une taxe sur les 200 personnes les plus riches et les 200 plus grosses entreprises. En Espagne on met en place un revenu universel. Et en France ? On réouvre les écoles pour envoyer les parents bosser pour le MEDEF.

Un sujet préoccupe de plus en plus les françaises et les français, le paiement du loyer. Si le gouvernement annonce des aides supplémentaires pour les entreprises, rien pour les particuliers. Ce sujet monte de plus, en France comme dans le monde. Au Canada des locataires organisent la grève des loyers, en Espagne des syndicats et collectifs de locataires viennent de lancer eux aussi la grève des loyers,en Italie les associations de locataire demandent en urgence la création d’un fond d’urgence pour payer les loyers. En Allemagne, le Parlement a adopté fin mars une loi qui interdit pendant deux ans les expulsions pour des loyers qui seraient impayés entre avril et juin. Et en France ? Rien. C’est pour imposer ce sujet dans le débat que la CNL vient de lancer une pétition pour demander« un fonds d’indemnisation des habitants ».

« Les nouveaux jours heureux » passeront par un rapport de force politique et social d’ampleur. Ils nécessiteront aussi rupture, transparence et clarté. Et ce n’est pas gagné quand on voit la tribune du jour intitulée « En Europe, il nous faudra développer un modèle de prospérité ». Une tribune signée par plusieurs Ministres du gouvernement (Borne, Wargon), 37du CAC40 (L’Oréal, Ikea, Coca-cola, Suez, Danone, Unilever, Volvo, Nestlé, Engie…) et … Yannick Jadot. C’est une forme de clarification. Il faudra assumer.

 

Lire aussi:

Soutien à notre camarade Thomas Portes mis en procès par le groupuscule d’extrême droite Génération Identitaire.

Samedi 8 Février à 10H30 autour d’un café au local de section du PCF. 5 Rue Henri Moreau, 29200 Brest, suivie d'une participation au forum social brestois de réflexion et formation sur la lutte contre l'extrême-droite. Thomas Portes occupe actuellement le poste de chef de cabinet du maire (PCF) de Champigny (Val-de-Marne), il est responsable national du PCF en charge du collectif des cheminots, syndicaliste CGT et auteur de « Au coeur de la haine ». C’est au printemps 2018 que Thomas Portes s’est vu assigné en justice par Génération Identitaire suite à un tweet où il réagissait et l’opération anti migrants du col de l’Echelle. Cette assignation n’était pas un hasard, mais le fruit d’une démarche réfléchie et assumée visant pour Génération Identitaire, à se mettre en scène sous les feux

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 07:18
De l'argent pour l'hôpital, pas pour le capital! - Signez la pétition - Prochain objectif 150 000 signatures!
Photo des personnels de l'hôpital de Morlaix, service cardiologie, manifestant en 2017 (photo Jean-Marc Nayet)

Photo des personnels de l'hôpital de Morlaix, service cardiologie, manifestant en 2017 (photo Jean-Marc Nayet)

Signez la pétition et faîtes la connaître:

 https://www.change.org/p/emmanuel-macron-des-milliards-pour-l-h%C3%B4pital-pas-pour-le-capital

Signez la pétition: http://chng.it/7H75rqNy7f 

 

105 933 ont signé. Prochain objectif : 150 000 !

DE L’ARGENT POUR L’HÔPITAL, PAS POUR LE CAPITAL !

Par deux fois, le 16 mars lors de son allocution télévisée et le 25 mars à Mulhouse, E Macron a fait les louanges de l’action des personnels de santé, leur annonçant des mesures exceptionnelles ainsi que pour tout l’Hôpital.

Mais à ce jour, les masques restent contingentés, la rallonge budgétaire de crise ne prévoit que 2 milliards pour l’Hôpital et, encore, le fléchage de cette somme demeure des plus obscurs alors qu’en France 300 milliards sont prévus pour garantir les prêts bancaires des entreprises, sans aucune condition sur l’emploi, 35 milliards pour faire face à leur défaillance fiscale et sociale et que l’on débranche tous les garde-fous sur le temps de travail. Au niveau européen 1.000 milliards sont prévus par la BCE pour soutenir la valeur des titres boursiers.

Au plus profond de la crise du coronavirus, les choix du Président Macron, relais du MEDEF et de la «Grande Finance», restent les mêmes : sauver le capital et les profits. A mille lieues de la réponse urgente et nécessaire aux besoins de la population. L’obsession de maintenir la chaîne des profits prévaut sur tout ! En face, conditions de travail et de vie des citoyens, détresse sanitaire et psychologique de masse pèsent bien peu. C’est dès maintenant qu’il faut commencer à faire autrement, sans attendre le « jour d’après ». Alors que droits sociaux et libertés publiques sont mis en cause, nous disons STOP et appelons à des mesures immédiates, précises et concrètes pour les salariés.ées et les populations ouvrant sur une alternative de progrès pour toutes et tous.

Nous exigeons :

L’arrêt immédiat des activités non essentielles, en réaffectant aux hôpitaux les matériels de protection actuellement utilisés pour ces activités, et la mobilisation, la conversion, voire la réquisition de secteurs industriels pour la production massive de masques, de gel hydro-alcoolique, de tests, de matériels respiratoires afin de répondre aux besoins de toute la population.

En urgence, des tests systématiques de dépistage. Il s’agit d’isoler et de soigner les malades pour lutter efficacement contre l’épidémie et permettre aux immunisés de s’impliquer concrètement dans une solidarité active.

Le déblocage immédiat de 10 milliards d’euros pour la santé publique : rouvrir des lits, en les réhabilitant, y compris construire des hôpitaux en urgence, soutien à la création d’un pôle public du médicament afin de reprendre le contrôle de la production des traitements nécessaires, embauches immédiates de personnels soignants et de recherche, reconnaissance de leurs qualifications, et tout de suite une augmentation de salaires.

L’organisation de la mobilisation totale de secteurs-clé comme les laboratoires d’analyse, et le renforcement des services publics d’Etat et locaux pour loger les sans-abri, pour apporter soins, aide, soutien et sécurité aux populations, ainsi que l’armée mais pas pour la répression.

Démocratie sanitaire dans les territoires : des commissions départementales et régionales associant élus, professionnels de santé, représentants syndicaux, d’associations et d’organismes de prévention pour évaluer les besoins, suivre la mise en œuvre des mesures ci-dessus et assurer une prise de décision collective face aux enjeux de santé publique actuels et à venir, notamment en mobilisant tous les moyens financiers nécessaires (cotisations et fiscalité des entreprises et des revenus financiers, trésoreries des grands groupes, banques, assurances, liquidités de la BCE).

 

Premiers signataires :
Basset Jean-Pierre, Militant associatif, secteur santé
Bellal Amar, Rédacteur en chef de Progressistes
Boccara Frédéric, Economiste, membre du CESE, responsable politique
Bodin Thierry, Syndicaliste, Sanofi
Bonnery Stéphane, Professeur des universités, sciences de l’éducation
Cailletaud Marie-Claire, Syndicaliste, membre du CESE
Cohen Laurence, Sénatrice, Groupe citoyens, républicains et communistes
Durand Denis, Economiste, directeur de la revue Economie & Politique
Durand Jean-Marc, Fiscaliste, élu communal
Gonçalves Anthony, Professeur de médecine, cancérologue
Gravouil Denis, Syndicaliste
Joly Pascal, Syndicaliste
Lefèbvre Fabienne, Elue municipale, ingénieure en sciences sociales
Leflon Michèle, Médecin
Limousin Michel, Médecin
Montangon Maryse, Soignante, militante politique
Prudhomme Christophe, praticien hospitalier, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France, Hôpital Avicenne Bobigny
Rouchy Fabienne, Syndicaliste, Banque de France
Stivala Mireille, Aide-soignante, Syndicaliste
Talbot Baptiste, Syndicaliste services publics
Téjas Patricia, Syndicaliste, finances
Ternant Evelyne, Economiste, responsable politique

Parmi les signataires, nous relevons les noms suivants (nos excuses aux autres) :
- André Chassaigne, député communiste, président du groupe DGR à l'Assemblée nationale
- Henri Sterdyniak, Economiste, membre des économistes atterrés
- Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité, ancien député communiste européen, groupe GUE
- Pierre Barbancey, journaliste international
- Olivier Coux, chercheur en biologie cellulaire, CNRS
- Monica Passos, Chanteuse
- Jean-Luc Gibelin, directeur d'hôpital honoraire
- Evelyne Zarka, élue 3è arrondissement, Paris
- Romain Marchand, élu communiste, Ivry sur Seine
- Claude Aufort, Ingénieur CEA retraité
- Alain Obadia, président de la Fondation Gabriel Péri
- Raphaëlle Primet, élue communiste conseil de Paris
- Gilles Alfonsi, Saint-Denis
- Fabienne Haloui, Avignon
- Rabah Balloul, Radio Arts-Mada
- Philippe Bouyssou, maire d'Ivry sur Seine
- Nicolas Bonnet, Président groupe communiste conseil de Paris
- Jean Fabbri, Syndicaliste enseignement supérieur
- Philippe Sultan, Haut fonctionnaire, membre CA fondation Copernic
- Céline Brulin, Sénatrice communiste de Seine-Maritime
- Sébastien Jumel, Député communiste de Seine-Maritime
- Jean-Paul Lecoq, Député communiste Seine-Maritime
- Hubert Wulfranc, Député communiste Seine-Maritime
- Stéphanie Gibeaud, Lanceuse d'alerte, dossier fiscal banque USB
- Boris Plazzi, Syndicaliste

De l'argent pour l'hôpital, pas pour le capital! - Signez la pétition - Prochain objectif 150 000 signatures!
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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 07:03
La Santé n’a pas de prix ! - communiqué du groupe communiste, républicain, citoyen, écologiste au sénat
Christine Prunaud, sénatrice communiste des Côtes d'Armor, nous a transmis ce communiqué du groupe communiste, républicain, citoyen, écologiste au sénat que nous portons à l'attention des lecteurs du "Chiffon Rouge".
 
La Santé n’a pas de prix !

Alors que les sénatrices et sénateurs du groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste ont ces trois dernières semaines, réitéré leurs demandes lors de deux questions d’actualité et du débat de la loi de finances rectificatives, de moyens supplémentaires pour les hôpitaux, relayant les revendications des personnels hospitaliers en grève depuis plus d’un an, le gouvernement a accepté de débloquer 2 milliards d’euros.

Cet argent indispensable à l’achat de matériels, notamment les masques, les gants… ne pouvait répondre ni à la gravité de la pandémie ni à la crise réelle que vit l’hôpital. Raison pour laquelle, le groupe CRCE a demandé l’examen en urgence d’un budget de la Sécurité Sociale rectificatif, ce qui lui a été refusé !

Les politiques suivies, depuis le Plan Juppé, sont responsables de la casse de notre système de santé, or le gouvernement ne semble pas en tirer des leçons. Ainsi, le nouveau ministre Véran, suit les traces funestes d’Agnès Buzyn, en annonçant une prime spéciale pour les soignant.e.s pour un montant de 1 milliard d'euros, au lieu d’augmenter les salaires, d’ouvrir des lits, de titulariser et d’embaucher du personnel.
Dans l’édition du quotidien Les Echos du 2 avril, le rapporteur LREM du Budget à l’Assemblée nationale, a reconnu que « le correctif budgétaire voté il y a dix jours avait un caractère provisoire, et (que) les montants sont revus en conséquence à mesure qu'on avance dans la crise ».

Le gouvernement semble naviguer à vue, ne prenant même pas la peine d’informer la représentation parlementaire ! Nous avons appris par la presse, une provision de 3,1 milliards d'euros supplémentaires pour les dépenses de santé. C’est une bonne chose, mais nous aimerions connaître les mécanismes de financement et le but qui lui est assigné.

De plus, nous sommes inquièt.e.s de la déclaration du directeur de l'Agence régionale de santé (ARS) Grand Est, qui a estimé ce vendredi 3 avril qu'il n'y avait « pas de raison » d'interrompre la suppression sur cinq ans de 174 lits et de 598 postes au CHRU de Nancy. Ainsi alors que la pandémie de Covid-19 démontre l’impérieuse nécessité d’ouvrir des lits, d’augmenter les salaires et d’embaucher du personnel, comme nous le demandons depuis des années, le gouvernement ne semble toujours pas avoir changé de logiciel, même si le Ministre Véran a tenté de ‘’temporiser’’
Nous le savons toutes et tous, l’hôpital, les EHPAD, le secteur de la santé comme du médico-social ont besoin, de toute urgence, de moyens conséquents chiffrés à au moins 10 milliards.

Il y a urgence à sortir des discours martiaux assortis des pleins pouvoirs à l’exécutif et surtout de s’affranchir des règles de l’austérité budgétaire imposée par l’Union européenne, sur ordre du marché. Il y a urgence à investir massivement, pour l’hôpital, avec le déblocage de 10 milliards d’euros pour la santé et le recrutement de 100 000 personnels soignant·es. Il y a urgence à investir dans les EHPADS avec le recrutement de 300 000 personnes sur trois ans.

Les sénatrices et sénateurs du groupe Communiste Républicain Citoyen et Ecologiste demandent une véritable transparence sanitaire dans les mesures d’urgences pour lutter contre la pandémie de Covid-19 et l’examen d’un budget de la sécurité sociale (PLFSS) rectificatif. La Santé n’a pas de prix !

Paris, le 6 avril 2020
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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 09:57

Face au Covid-19, les maisons de retraite manquent de moyens. Treize élus et responsables de la santé dénoncent dans une tribune au « Monde » une « indifférence morbide » menaçant la vie des résidents de ces établissements.

Voir la tribune sur le site du Monde

« La situation actuelle des Ehpad est un véritable scandale d’Etat »

Face au Covid-19, les maisons de retraite manquent de moyens. Treize élus et responsables de la santé dénoncent dans une tribune au « Monde » une « indifférence morbide » menaçant la vie des résidents de ces établissements.

Tribune. Le 31 mars, Florence Aubenas décrivait dans Le Monde la vie sous confinement à l’Ehpad des Quatre-Saisons de Bagnolet (Seine-Saint-Denis). Une plongée glaçante dans l’univers de ces établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) où la peur du virus, les contaminations se mêlent à une forme de résignation face à la solitude et au manque criant de moyens, de personnels, de matériel.

Depuis le début de cette crise sanitaire sans précédent, une indifférence morbide plane sur les 700 000 résidents des différents types d’établissements privés ou publics accueillant des personnes âgées. Il fallut d’ailleurs attendre le 2 avril, soit près de deux mois après le début de cette crise, et après trois semaines de confinement, pour que l’Etat communique enfin des « chiffres partiels » des victimes du virus en Ehpad. Comme si, au travers de cette mise sous silence arbitraire, c’était la société entière qui refusait de voir le drame qui se joue sous ses yeux.

De la dignité pour nos aînés, est-ce trop demander ? Après l’épisode caniculaire de 2003, lors duquel 19 000 personnes âgées trouvèrent la mort, quelques leçons furent tirées, notamment pour investir dans la rénovation de nos Ehpad. Mais force est de constater que nous sommes loin du compte. Malheureusement, il y a bien une continuité de responsabilité entre la crise de 2003 et celle que nous vivons aujourd’hui.

Nos anciens sont, une fois encore, les victimes silencieuses d’un Etat qui, ne jurant que par des logiques comptables, a délibérément affaibli notre système de santé et médico-social public. Si la dimension et les caractéristiques exceptionnelles de la pandémie de Covid-19 ne sont plus à établir, il n’en demeure pas moins que l’expérience française en matière de santé publique aurait dû être davantage mobilisée.

Trop vieux, trop faibles

Disons-le clairement, la situation sanitaire qui règne aujourd’hui dans les Ehpad de la sixième puissance mondiale est dramatique. Lorsque le virus entre dans un établissement, de nombreux résidents peuvent être contaminés, les taux de mortalité sont estimés au-delà de 20 % à 30 % et face à cela, les élu·es, personnels, cadres de santé que nous sommes, demeurons à la fois scandalisé·es et démuni·es.

(...)

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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 07:32
Répliquer à la canonnière de Pâques. Par Patrick Le Hyaric - Lundi, 13 Avril, 2020, L'Humanité
Lundi, 13 Avril, 2020
Répliquer à la canonnière de Pâques. Par Patrick Le Hyaric

S’il fallait une preuve que patronat et ministres n’ont que faire des valeurs humaines, un bel échantillon nous en a été servi durant ces fêtes de Pâques. Alors que les « forçats du coronavirus », ces combattants du quotidien, prennent d’énormes risques pour tenir le pays et soigner leurs semblables tout en comptant des décès, que des milliers de familles sont endeuillées, que d’autres sont terrassées par l’angoisse, voici que resurgit la petite musique des disques rayés des prétendus « premiers de cordée » s’acharnant contre « les premiers de corvée ».

 
Il faudra faire « des efforts » piaillent-ils en coeur. Qui ? Pas eux. Les travailleurs qui déjà souffrent et sont si mal rémunérés. Le président du MEDEF explique doctement qu’« il faudra se poser la question tôt ou tard du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise et faciliter, en travaillant plus, la création de croissance supplémentaire ». La sous-ministre de l’économie surligne en rouge le propos pour l’officialiser : « Il faudra certainement travailler plus que nous ne l’avons fait avant ». Ils préparent la stratégie du choc, celle du grand bond … en arrière, réclamée par l’oligarchie qui compte bien profiter de l’état de sidération et de peur du pays.  Voilà sans doute ce qui explique mieux pourquoi les décrets de l’ordonnance du 25 mars dernier portant « mesures d’urgence en matière de congés payés, de durée du travail et de jours de repos », courant jusqu’au dernier jour de cette année, ne sont toujours pas publiés. Sans doute pour laisser la possibilité, à la faveur de la dramatique crise sanitaire et au nom « des efforts », de détruire la totalité du droit du travail français et de renforcer la surexploitation du travail, en contravention avec les conventions internationales que notre pays a signées. Les oreilles du patron des patrons et ceux de quelques ministres sont-elles bouchées à tel point qu’elles leur interdisent d’entendre les manifestations de soutien populaire envers ces combattants, ce prolétariat : blouses blanches, caissières, livreurs, routiers, personnels d’entretien et de propreté, ouvriers et ouvrières à la tâche et petits entrepreneurs. Pas plus qu’ils n’ont entendu le discours progressiste du pape.
Toutes celles et tous ceux que les pouvoirs ont fait marcher à l’ombre depuis des décennies sont précisément celles et ceux qui doivent aujourd’hui obtenir leur dû. Laisser faire les tenants du capitalisme signifierait une cure d’austérité d’au moins un demi-siècle qui aggraverait tout. Seul le progrès social et environnemental peut nous tirer d’affaire, en posant les bases d’une autre société où primerait le développement humain à l’opposé de l’accumulation capitaliste.
Ce dont à besoin le pays  immédiatement c’est d’une conférence sociale d’augmentation des petits salaires et des prestations sociales, d’abolition des contrats précaires, d’embauche massive et de formation des travailleurs, combiné à un haut niveau de sécurité sociale, de sécurité de vie, avec de nouveaux services publics. Ceci dans le cadre d’un vaste plan visant à la souveraineté industrielle et numérique, à la sécurité sanitaire et alimentaire, au progrès écologique, culturel et éducatif.
Celles et ceux qui sont applaudis le soir à 20h doivent accéder au pouvoir dans l’entreprise, les services jusqu’au sommet de l’Etat. Il faudra rendre coup pour coup à la canonnière de Pâques. 
 
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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 05:47

Pour les communistes l'intervention d'Emmanuel Macron ce soir n'est pas à la hauteur d'une crise historique. Au delà de l'annonce d'un déconfinement le 11 mai, où sont les mesures fortes tant attendues ? Où est la rupture avec les politiques conduites ces dernières décennies ?

La poursuite nécessaire du confinement pour quatre semaines supplémentaires ne s'accompagne pas de mesures permettant de répondre efficacement à la crise et aux difficultés de nos concitoyens alors que la précarité et la pauvreté s'aggravent chaque jour dans notre pays. Derrière les paroles, notre pays, parmi les premières puissances mondiales, ne dispose toujours pas d'une stratégie pour fournir toutes les protections nécessaires à la population et aux salariés.

La priorité devrait porter sur la production et la mise à disposition de matériels de protection et de tests en grand nombre, permettant d'engager un processus de déconfinement maîtrisé ainsi qu'une grande politique de prévention. Les malades devraient être isolés dès maintenant. Cela ne peut pas s'envisager sans un renforcement de la démocratie sanitaire, permettant aux salariés et aux élus de faire valoir leurs propositions et d'exercer si besoin leur droit de veto.

Les activités non essentielles devraient être totalement arrêtées. Il n'est pas possible d'affirmer que l'on veut protéger les populations et laisser en même temps le patronat faire repartir la production dans des secteurs qui ne sont pas immédiatement vitaux pour le pays.

Alors que notre système de santé est durement éprouvé, les moyens prévus pour le renforcer sont très insuffisants. Quant à l'aide financière annoncée pour les plus précaires, aucun montant précis n'est avancé alors même que les difficultés financières de nos concitoyens s'aggravent chaque jour. Pourtant, des collectivités comme le Département du val-de Marne ont su concrètement renforcer les aides sociales. En outre, le recours à une application numérique pour tracer les malades n'est pas une priorité sanitaire et comporte des risques importants pour les libertés.

Rien ne justifie par ailleurs la poursuite des mesures dérogatoires au droit du travail : elles doivent être abrogées. Les réformes des retraites et de l'assurance chômage définitivement abandonnées. Il faut en finir définitivement avec l'austérité budgétaire en France et en Europe et mettre un terme aux cadeaux sans limites aux actionnaires et aux grandes fortunes.

Ce soir, le président de la République a tenu à exalter les valeurs de la Révolution française. Ce ne sont que des mots dès lors que que l'on n'engage pas les ruptures indispensables pour répondre à la crise et s'attaquer enfin à ses causes, en commençant par la mise en débat d'une nouvelle loi de santé publique construite avec les personnels et un véritable plan de relance industrielle et de recherche ainsi que de nouvelles coopérations en France, en Europe et dans le monde, libérées de la domination des marchés financiers.

Parti Communiste Français
Lundi 13 avril 2020.


 

Intervention d'Emmanuel Macron : l'annonce d'une date ne fait pas une politique efficace de réponse à la crise sanitaire et économique ! (déclaration du PCF)
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