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15 juillet 2020 3 15 /07 /juillet /2020 18:27
Nouveau gouvernement -Un manque d’ambition pour la jeunesse (MJCF, 15 juillet 2020)
Un manque d’ambition pour la jeunesse

Avec le remaniement gouvernemental, Emmanuel Macron a annoncé le début de la troisième phase du quinquennat. Selon ses dires, cette phase doit être celle de la “résilience et du renouveau de sa politique”.

 

Déjà, le choix de nommer Jean Castex “numéro un” du gouvernement pour mener la troisième phase du quinquennat n’est pas synonyme de renouvellement. En effet, l’énarque de 55 ans, issu des Républicains, proche de Nicolas Sarkozy, n’a pas de grandes différences avec l’ancien occupant de l’Hôtel Matignon.


En réalité, entre jeu de chaise musicale et nomination d’anciens ministres, le nouveau gouvernement s’inscrit dans la droite ligne du précédent. Ce nouvel exécutif va incarner la troisième phase du quinquennat pour les deux ans à venir. Sa composition et ses projets de réformes entrent en profonde contradiction avec les annonces d’Emmanuel Macron.


Alors que depuis près de trois mois l’exécutif affirme que la jeunesse est une de ses priorités, aucun ministère dédié n’a été créé lors de ce remaniement. La “jeunesse” est rattachée au ministère de l’Éducation nationale et ainsi reléguée au second plan.


Ce ministère est une nouvelle fois “dirigé” par Jean-Michel Blanquer. Le Premier ministre fait le choix de reconduire à son poste celui qui est responsable de la détérioration de notre système éducatif. En instaurant la sélection à l’entrée de l’université et en mettant fin au baccalauréat, il a aggravé les inégalités au sein même de l’école.

 

Nous refusons d’être la génération sacrifiée !
Avec un taux de chômage qui explose pour les nouvelles générations et la mise en place de la sélection, de nombreux jeunes se retrouvent laissés-pour-compte, sans emploi ni formation. Dans ce contexte, l’absence de projet politique à destination des jeunes pose un sérieux problème.


Un pays qui n’investit pas dans sa jeunesse condamne la société à la régression.


Ce gouvernement nous mène droit à notre perte : crise économique, montée du chômage, fin du baccalauréat, austérité dans l’éducation, casse des services publics, réchauffement climatique...
Nous refusons d’être la génération sacrifiée ! Il reste deux ans de mandature à Emmanuel Macron. Deux ans où les jeunes communistes continueront de résister face aux attaques de l’exécutif.


Dès la rentrée de septembre, les jeunes communistes seront présents devant les établissements scolaires et lieux de formations, devant les salons de l’emploi et de l’orientation, afin de créer une mobilisation d’ampleur de la jeunesse. Nous refusons de payer la crise.


Dès les premiers jours de septembre, inondons les rues, battons le pavé, et montrons à ce gouvernement que la jeunesse prend son avenir en main !


Léon Deffontaines
secrétaire général du MJCF

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15 juillet 2020 3 15 /07 /juillet /2020 06:04

 

Révélatrices d’inégalités sociales, la pénibilité du travail et l’espérance de vie, surtout en bonne santé, interrogent sur l’égalité des situations au moment du départ à la retraite, a fortiori quand une « réforme » inique du système de retraites est à l’ordre du jour.

*Ce texte est une contribution du collectif de mobilisation des agents de la DREES, direction statistique du ministère de la Santé

Dans l’article 10 du projet de loi portant réforme des retraites, il est indiqué que l’âge légal de départ à la retraite restera de 62 ans, mais qu’un âge d’équilibre (ou âge« pivot ») sera introduit. Dans un premier temps, cet âge serait de 64 ans, puis il augmenterait chaque année, à raison des deux tiers des gains constatés d’espérance de vie à la retraite. Dès lors que les personnes partiraient avant l’âge d’équilibre, un malus (décote de 5 % par an) viendrait réduire le montant de la retraite. Inversement, un bonus s’appliquerait pour les personnes partant à la retraite après l’âge d’équilibre. D’après le gouvernement, le mécanisme de l’âge d’équilibre permettrait à chacun de choisir la date de son départ à la retraite, selon un arbitrage personnel. Mais les travailleurs ne seront pas égaux face au choix de l’âge de départ.

 

DE FORTES INÉGALITÉS DUES AUX CONDITIONS DE TRAVAIL

Les conditions de travail diffèrent grandement selon le métier exercé. La prolongation de la durée du travail se traduirait différemment selon les catégories socioprofessionnelles, et elle serait plus difficile pour les personnes affectées par la pénibilité de leur emploi. Les enquêtes de la Statistique publique attestent les écarts considérables d’exposition à des conditions de travail difficiles selon les catégories socioprofessionnelles, en particulier s’agissant des contraintes physiques. En 2016, d’après l’enquête Conditions de travail-Risques psychosociaux de la DARES (NDLR : la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du Ministère du Travail) , seulement 6 % des cadres cumulent au moins trois contraintes physiques (postures, déplacements, poids à porter ou à déplacer, exposition à des secousses ou à des vibrations). A contrario, qu’ils soient qualifiés ou non qualifiés,  plus  de  60  %  des ouvriers et près d’un employé de commerce ou de service sur deux  sont  concernés  (graphique 1). Les ouvriers sont également les premiers concernés par les expositions aux bruits, aux fumées, aux poussières et aux produits dangereux.

 

DES LIMITATIONS D’ACTIVITÉ PLUS FRÉQUENTES

Des conditions de travail dégradées peuvent peser sur la santé des personnes exposées, comme le montrent les enquêtes qui retracent la carrière des personnes et permettent de suivre leurs conditions de travail et leur état de santé dans le temps. Ainsi, en 2006, d’après l’enquête Santé et itinéraire professionnel de la DARES, parmi les personnes âgées de 50 à 60 ans ayant passé au moins 10 ans de leur vie en emploi, 19 % déclarent être limitées dans leurs activités du quotidien (voir encadré).Pour les personnes des mêmes âges dont la carrière a été marquée par 15 ans d’exposition à des facteurs de pénibilité, cette proportion atteint 24 %. De manière générale, la part d’années de vie passées en bonne santé à partir de 50 ans dépend des conditions de travail tout au long de la carrière, comme l’a, par exemple, montré une vaste étude portant sur des travailleurs du secteur du gaz et de l’électricité.

 

 

Graphique 1

 

PROBLEMES DE SANTÉ : UN MAINTIEN DANS L’EMPLOI PLUS DIFFICILE

La survenue ou l’aggravation de problèmes de santé, qu’ils soient temporaires ou permanents, jouent également sur le maintien ou l’accès à l’emploi. Ainsi, parmi les actifs en emploi en 2006, ceux en mauvaise santé étaient moins fréquemment en emploi en 2010 que ceux en bonne santé (71 %, contre 86 %,à structure d’âge comparable, pour tenir compte de la dégradation de la santé perçue avec l’âge).En 2018, la situation professionnelle à partir de 50 ans varie selon l’état de santé déclaré à ce moment : les personnes fortement limitées dans leurs activités du quotidien partent à la retraite après avoir passé en moyenne 3,9 années en emploi, mais 8,5 années au chômage ou en inactivité. Durant la même période, les personnes qui ne sont pas limitées dans leurs activités du quotidien passent en moyenne 10,2 années en emploi et 1,8 année au chômage ou en inactivité. Les personnes en bonne santé partent donc à la retraite à 62,1 ans en moyenne, soit plus tôt encore que les personnes dont la santé est déjà pénalisée (62,4 ans). Ces dernières ne profitent pas pleinement des dispositifs de départ anticipé du système actuel et seront, en l’état actuel du projet de loi [mars 2020], pénalisées par la décote dans le système à venir. Par conséquent, la référence à une « carrière complète», autour de laquelle se structure le débat, s’avère aveugle à l’impact des conditions de travail sur le déroulé des carrières. De plus, restreindre le champ des expositions prises en compte et ne pas aborder frontalement la question de la pénibilité dans le débat est source d’iniquités manifestes. Les enjeux associés aux conditions de travail et à la pénibilité sont donc multiples, par exemple la compensation des expositions, d’autant plus que ces conditions de travail dégradées ont pour conséquence une espérance de vie plus courte.

 

 

Graphique 2

 

ECART D’ESPÉRANCE DE VIE ENTRE OUVRIERS ET CADRES

Le gouvernement justifie le report de l’âge de départ à la retraite « taux plein » par l’augmentation de l’espérance de vie, mais ne tient pas compte de l’espérance de vie sans incapacité. Or celle-ci est déterminée par le type de métier exercé : les personnes qui auront connu des conditions de travail difficiles profiteront moins longtemps, voire pas du tout, d’une retraite en bonne santé. L’espérance de vie (voir encadré) moyenne en 2017 est de 85 ans pour les femmes et de 80 ans pour les hommes. Toutefois, d’après l’INSEE, des inégalités sont constatées selon la catégorie socioprofessionnelle. En 2013,un homme ouvrier de 35 ans aune espérance de vie de 42,6 ans, ce qui équivaut à atteindre l’âge de 78 ans.

 

 

ESPÉRANCE DE VIE À 35 ANS SELON LA CATÉGORIE SOCIOPROFESSIONNELLE

A contrario, un homme cadre de 35 ans a une espérance de vie de 49 ans, ce qui équivaut à atteindre l’âge de 84 ans. Pour les femmes, en 2013, cette différence est moins marquée : l’espérance de vie restante à35 ans en 2013 pour les ouvrières est de 49,8 ans (85 ans) alors qu’elle est de 53 ans (88 ans) pour les femmes cadres (voir tableau). L’écart d’espérance de vie à 35 ans entre ouvriers et cadres est passé de 5,7 ans en2003 à 6,4 ans en 2013 pour les hommes et de 2,3 ans à 3,2 ans pour les femmes. Depuis la fin des années 1970, cet écart s’est maintenu autour de 6,5 ans pour les hommes et 2 ans pour les femmes.

 

ESPÉRANCE DE VIE SANS INCAPACITÉ

Au-delà des écarts d’espérance de vie, c’est plus particulièrement l’espérance de vie sans incapacité (voir encadré) qu’il est pertinent de regarder. En 2018, l’espérance de vie sans incapacité est de 64,5 ans pour les femmes et de 63,4 ans pour les hommes. Les ouvriers ont une vie à la retraite plus courte et une plus longue période avec des incapacités diverses (17 ans pour les hommes, 22 ans pour les femmes);pour les cadres cette période est plus courte (13 ans pour les hommes, 16 ans pour les femmes). En 2018, ces inégalités persistent, puisque les ouvriers sont 14 % à déclarer être fortement limités au cours de la première année de retraite, contre 2  %  parmi  les  cadres  (graphique 2). L’écart est encore plus marqué si on ajoute les personnes qui déclarent être limitées, mais pas fortement, au cours de la première année de retraite : 34 % pour les ouvriers, 14 % pour les cadres.

 

 

Graphique 3

 

ESPÉRANCE DE VIE À 35 ANS, AVEC ET SANS INCAPACITÉ

Avec un âge d’équilibre à 64 ans, ce serait au moment où les premières incapacités apparaîtraient que les cotisants pourraient avoir droit à une retraite sans décote. Cependant, ces incapacités n’apparaissent pas de façon uniforme entre les individus : 15 % des hommes et 9 % des femmes nées en 1975 ne pourront espérer vivre plus de 10 ans en retraite sans incapacité, tandis que 17 % des hommes et 33 % des femmes nés la même année bénéficieront de cette situation pendant plus de 25 ans. De plus, les hommes nés en 1975 devraient être 8 % à décéder avant de liquider l’intégralité de leurs droits à la pension. Cela pourrait concerner 4 % des femmes.

Là encore, il existe de fortes disparités selon la catégorie socioprofessionnelle. En 2003, un ouvrier de 35 ans peut espérer vivre sans incapacité jusqu’à 59 ans, contre 69 ans pour un homme cadre (graphique 3). Une ouvrière de 35 ans peut compter vivre sans incapacités jusqu’à 62 ans, alors que cet âge s’élève à 70 ans pour une femme cadre. Finalement, les catégories socioprofessionnelles les moins favorisées ont une espérance de vie plus courte et une espérance de vie avec incapacités plus longue. Elles se retrouvent donc à subir une « double peine ». Ainsi, là où les catégories socioprofessionnelles les plus favorisées peuvent espérer profiter pleinement de leur retraite sans incapacité pendant plusieurs années, celles qui sont les moins favorisées font face à des incapacités plus précoces au moment de l’âge de la retraite. Pour certaines personnes, ces incapacités apparaissent même plusieurs années avant de pouvoir y avoir droit. Finalement, en dépit  de la volonté affichée du gouvernement de créer un système universel qui mettrait tout le monde à égalité, la prise en compte de l’espérance de vie sans incapacité montre que le projet de réforme du système de retraite conduirait à renforcer les injustices et l’idée que certaines catégories socioprofessionnelles financent une retraite « heureuse » pour d’autres.

 

 

 

ESPÉRANCE DE VIE ET ESPÉRANCE DE VIE SANS INCAPACITÉ, DE QUOI PARLE-T-ON?


Les indicateurs d’espérance de vie synthétisent les conditions de mortalité par âge sur une période donnée. Il ne s’agit donc pas de prévisions mais d’une photographie de la situation à cette période. L’espérance de vie à la naissance correspond à la durée de vie moyenne d’une génération fictive qui serait soumise, à chaque âge, au risque de décéder à cet âge observé au moment du calcul de l’indicateur. Lorsqu’on calcule une espérance de vie à 35 ans selon la catégorie socioprofessionnelle, on considère la durée de vie moyenne pour une personne qui connaîtrait, à partir de 35 ans, les risques de décès encourus par les personnes de cette catégorie socioprofessionnelle à tous les âges supérieurs à 35 ans tels qu’ils sont observés au moment du calcul de l’indicateur. Afin de disposer d’effectifs par catégorie socioprofessionnelle suffisants, les conditions de mortalité sont observées sur une période de plusieurs années. Ainsi, les données les plus récentes disponibles portent sur les années 2009 à 2013.L’espérance de vie sans incapacité (EVSI) combine l’espérance de vie avec la fréquence observée des incapacités aux différents âges pour donner le nombre d’années qu’un individu peut espérer vivre sans souffrir d’une incapacité. Plusieurs mesures des incapacités peuvent être mobilisées. Les calculs de la DREES pour 2018 utilisent la réponse des individus à la question « Êtes-vous limité(e) depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités que les gens font habituellement?»,les réponses peuvent être « Oui, fortement limité(e) », « Oui, limité(e) mais pas fortement» ou « Non, pas limité(e) du tout». Cette question provient d’un dispositif d’enquête européenne, le European Union Statistics on Income and Living Conditions (EU-SILC), qui harmonise les indicateurs des limitations d’activité générales et permet, à ce titre, des comparaisons européennes. D’autres indicateurs peuvent compléter cette approche globale des limitations pour le calcul des EVSI. Les résultats de l’article « La “double peine” des ouvriers : plus d’années d’incapacité au sein d’une vie plus courte »[1]commentés dans cette publication exploitent l’enquête Santé de 2003. L’EVSI décrite s’entend au titre d’une espérance de vie sans limitation fonctionnelle résiduelle physique ou sensorielle (difficulté à voir de près ou de loin, à entendre, à marcher, à se pencher ou à utiliser ses mains et ses doigts) qui dénote un besoin d’aide technique ou d’aménagement du domicile ou du poste de travail. L’article mobilise d’autres conceptions des incapacités (difficultés dans les activités en général, problèmes sensoriels et physiques), pour lesquelles les écarts entre cadres et ouvriers vont toutes dans le même sens. Les indicateurs d’EVSI ont été critiqués dans les débats à l’Assemblée nationale sur la base de leur caractère déclaratif, et donc jugés non-scientifiques. Si l’interprétation des EVSI doit rester prudente, et si la formulation des questions a effectivement son importance, le fait que cet indicateur soit déclaratif ne saurait le discréditer, sauf à remettre en cause les autres indicateurs issus des enquêtes de la statistique publique. La corrélation des indicateurs de santé subjective avec la mortalité est attestée, qu’il s’agisse de la santé perçue ou des incapacités déclarées. De plus, les différentes mesures des incapacités confirment toutes les écarts entre cadres et ouvriers et justifient l’intérêt de la mesure des années passées avec et sans restrictions d’activité.

 

[1] Emmanuelle Cambois et al., Population et société, no 441, janv. 2008

 

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15 juillet 2020 3 15 /07 /juillet /2020 05:39

 

 

Depuis deux ans, Emmanuel Macron promet que tout va changer.

Le Président de la République a tour à tour annoncé vouloir « changer de méthode », « ouvrir une nouvelle page », « sortir des sentiers battus ». On ne devait pas reprendre « le cours normal de nos vies sans que rien n’ait vraiment été compris, sans que rien n’ait changé ». Puis, il a prévenu que « le jour d’après ne sera pas un retour au jour d’avant », et proposé « de tirer toutes les leçons de la crise du coronavirus » tout en parlant d’une indispensable « réinvention » et d’un « nouveau chemin ».

Son intervention de ce jour, sous la forme classique d’un entretien télévisé, se solde par une nouvelle impasse.

Après un long mea culpa sur des réformes qui n’ont pas été vécues comme « justes », Emmanuel Macron ne change pas pour autant de politique. Les plus riches conserveront l’ensemble des cadeaux fiscaux. Les entreprises, qui bénéficient des aides publiques, sont appelées à une « modération sur les dividendes » et à prendre des jeunes en apprentissage, mais toujours sans la moindre contrainte. Face à une crise économique et sociale de grande ampleur, à un tsunami à venir en termes de destructions d’emplois, le Président de la République est apparu sans réponses nouvelles, acceptant la baisse des salaires, avec le chantage aux licenciements, si cela s’accompagne d’un « dialogue social ».

Présenté comme une priorité de la relance, l’emploi des jeunes reste confiné à des réponses bien en deçà des urgences et des besoins. La réforme des retraites est réintroduite à l’agenda avec un mensonge : non, les premiers de corvées qui sont apparus comme les véritables premiers de cordées n’en seraient pas les « grands gagnants ».

Enfin, défendre la transition écologique ne s’accompagne d’aucun chiffre, aucun financement, aucun objectif précis.

 

Comment changer sans changer de cap politique ? Sans un nouveau modèle de développement ? Sans une rupture avec des politiques économiques et sociales qui aggravent dangereusement les gâchis humains et écologiques ?

Le chemin proposé par le chef de l’Etat conduit aux mêmes voies sans issues pour le pays et pour notre société. Après le mouvement des Gilets jaunes auquel l’exécutif n’a pas répondu en terme de justice sociale et de démocratie, après la très forte secousse sur l’avenir des retraites, après une crise sanitaire qui a mis en lumière combien l’humain devait être la première des priorités, rien n’y fait...le GPS macronien reste bloqué.

Ce pouvoir ne connaît qu’une seule destination : celle d’un monde où, au final, sur l’essentiel, rien ne doit changer.

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14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 06:10

 

Bercy envisage de prolonger la CRDS jusqu’en 2042, afin de faire payer la crise sanitaire et ses conséquences aux travailleurs et aux familles, plutôt qu’en augmentant les impôts des riches.

Cacher cette dette que je ne saurais voir. Depuis quelques semaines, Bercy travaille à isoler une partie de la dette publique, ces 150 milliards d’euros liés aux mesures prises pendant et après la pandémie. Le but : faire baisser le taux d’endettement de la France pour qu’il ne dépasse pas les 100% de PIB et ne pas faire payer les plus fortunés. Puisqu’avec une dette qui devrait représenter 121 % du PIB à la fin de l’année, la France va connaître une situation qu’elle n’a plus connue depuis la seconde guerre mondiale, lorsque le taux d’endettement avait franchi le seuil des 250 %.

La piste évoquée par Bruno Le Maire est d’enfouir la dette dans une structure particulière, comme la Caisse d’Amortissement de la Dette Sociale (Cades) qui a planquée celle de la sécurité sociale. Pour rembourser la dette sociale, la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale), avec son taux à 0,5%, était apparue sur les fiches de paie, mais aussi des pensions de retraite, des allocations chômage ou maladie, des revenus du capital, des loyers, mais aussi des aides au logement, des allocations familiales… la CRDS est partout. Et, le gouvernement pourrait décider d’une prolongation de ce prélèvement jusqu’en 2042. Une façon pour Emmanuel Macron de faire semblant de respecter sa promesse, à savoir « ne pas financer ces dépenses en augmentant les impôts ». Car, explique Bercy, « cela permettrait ne pas créer de nouvel impôt et de rembourser la dette à prélèvement constant ». Sans compter que cette « prolongation serait même indolore » pour les Français, dixit Bruno Le Maire.

Reste que la CRDS devait être supprimée en 2009, avant d’être prolongée en 2024, puis le mois dernier jusqu’en 2033. Ce nouveau report, n’en déplaise à Emmanuel Macron, revient bien à augmenter les impôts des travailleurs, de presque 8 milliards d’euros chaque année, et ce, pendant 18 mois, pour financer les cadeaux fiscaux aux entreprises, sans qu’aucune contrepartie ne soit exigée. Un mécanisme qui permet à la fois de rassurer le patronat sur la continuité des aides publiques pour la période qui s’ouvre, tout en planifiant un remboursement dont le coût reviendra intégralement aux travailleurs.

Une injustice que dénonce l’économiste David Cayla, d’autant que « ce prélèvement n’est absolument pas progressif ». Ce membre du club des « économistes atterrés » estime que le coût de la crise sera « bien plus élevée que ces 150 milliards d’euros. L’économie a été traumatisée à l’échelle mondiale, ce qui nécessitera des dépenses sociales, avec l’explosion du chômage et le chômage partiel, mais aussi d’autres mesures qu’il faudra financer ».

Pour David Cayla, cette annonce montre que l’exécutif « ne veut rien transformer, rien changer de sa politique. L’habillage comptable consiste à stériliser cet évènement exceptionnel pour faire comme si rien ne s’était passé ».

Mais aussi, il s’agit pour le gouvernement qui refuse d’augmenter l’impôt des plus riches, de respecter les critères de Maastricht. Pierre Moscovici, le nouveau père la rigueur de la cour des comptes n’a d’ailleurs pas tarder de réagir, voyant dans ce cantonnement de la dette « un signal positif ». « Le prolongement de la CRDS (...) tel qu’évoqué par le gouvernement, permettrait en effet de conserver une ressource pour rembourser la dette de crise et cela signifie bien que quelqu’un la rembourse » a expliqué le sage de la rue Cambronne. « Cette mesure, si elle voit le jour, doit s’inscrire dans une stratégie globale qui fixe la trajectoire de moyen terme de l’ensemble des finances publiques », a-t-il ajouté.

Clotilde Mathieu

 

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14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 05:57

 

Alors que la crise économique de 2008 avait été suivie par un fort recours aux énergies fossiles, l’Agence Internationale de l’Énergie (IEA) a dévoilé récemment un « plan de relance durable ». Focalisé sur le secteur de l’énergie, l’objectif de ce plan de long-terme consiste à la fois de permettre une remise sur pied des économies, de créer des emplois en nombre tout en opérant une transition structurelle qui permette de répondre aux enjeux climatiques.

Trois ans pour tout changer de fond en comble : c’est ce que suggère l’IEA dans son plan de relance durable focalisé sur le secteur de l’énergie dès l’année prochaine. Selon elle, l’enjeu est notoire car les décideurs politiques doivent agir dans un court laps de temps pour avoir des impacts durables sur l’économie et sur les infrastructures énergétiques. Ayant comme visée la stimulation des économies, la création de millions de nouveaux emplois à l’échelle mondiale, ce plan de l’IEA vise également la réduction durable des émissions de gaz à effet de serre afin de répondre entre autres aux objectifs des accords de Paris. Mettant l’accent sur six secteurs clés, à savoir l’électricité, les transports, l’industrie, le bâtiment, les carburants et l’innovation, l’IEA propose près de vingt mesures évaluées sous différents aspects.

En tout et pour tout, ce plan de relance nécessiterait de mobiliser seulement 1000 milliards de dollars, soit 0,7% du PIB mondial et pourrait permettre de gagner un peu plus d’un point de croissance par an. Alors qu’elle estime que près de 6 millions d’emplois sont menacés dans le secteur de l’énergie sur les 40 millions actuellement existants à cause de la pandémie, elle affirme que ce sont un peu plus de 9 millions d’emplois par an pendant trois ans qui pourraient être créés grâce aux mesures de son plan. L’objectif affiché ? Permettre une meilleure résilience face à des crises futures et viser une réduction de 4,5 millions de tonnes de dioxyde de carbone atmosphérique d’ici 2023.

Plus que tout, l’IEA insiste sur l’importance de la coopération internationale pour pouvoir mettre en cohérence les actions respectives de chaque pays et rétablir des chaines globales d’approvisionnement en énergie. Pour l’agence, trois orientations clés sont centrales : la focalisation sur la sécurité énergétique ; la révision voire la réaffirmation des engagements pour des transitions vers des énergies propres ; la création de filets de sécurité pour les entreprises et les consommateurs. Elle estime également que des leçons peuvent être véritablement tirées de la dernière crise économique qui a eu lieu en 2008-2009. D’une part, il faut déployer à grande échelle les politiques existantes pleines de succès pour permettre des retours sur le plan économique et en termes de création d’emplois. D’autre part, elle insiste sur l’importance de la recherche et développement, afin d’être prêts sur le plan technologique. Plus largement, elle considère que la formation tout comme la remise à niveau des travailleurs est cruciale pour qu’ils puissent développer des compétences nécessaires au déploiement de projets sur l’énergie.

Un plan ambitieux avec des mesures concrètes pour le long-terme

L’IEA fait un véritable plaidoyer pour des investissements durables car, d’après elle, cela permettra un soutien et des créations en termes d’emplois, tout en délivrant une énergie abordable et fiable. Plus largement, investir dès maintenant de manière pérenne dans l’énergie serait bénéfique pour le reste de l’économie avec de véritables effets indirects. Mieux encore, cela est incontournable selon l’agence pour garantir une réorientation structurelle de ce secteur, en vue de répondre à des objectifs de long-terme quant au défi climatique, l’accès à l’énergie et la durabilité. La pandémie a mis en exergue la nécessité urgente de soutenir et de créer de l’emploi dans un contexte où l’environnement monétaire fluctue et où les marchés des énergies fossiles sont volatiles. Également, cette même pandémie a développé selon l’IEA une conscience accrue des bienfaits d’une énergie propre et sûre, ainsi que la possibilité de changer durablement les usages et comportements.

Au-delà des enjeux qu’elle brosse, l’agence avance des mesures  concrètes. Pour ce qui est de l’électricité, on retrouve l’extension et la modernisation des réseaux énergétiques, afin de basculer vers des infrastructures numériques, des réseaux intelligents ; le développement massif des énergies renouvelables que sont l’éolien et le solaire photovoltaïque ; le maintien des énergies hydrauliques et nucléaires dans le mix énergétique en raison de leurs faibles émissions de gaz à effet de serre ; de réels investissements en R&D pour réduire drastiquement les émissions et pollutions des énergies fossiles comme le charbon et le gaz. Quant aux transports, l’IEA met l’accent sur l’encouragement à l’achat de nouveaux véhicules plus efficaces et sobres ; la promotion des trains à grande vitesse au détriment de l’avion et des véhicules individuels pour assurer un meilleur maillage territorial et une réelle décentralisation ; l’amélioration des infrastructures urbaines afin de réduire la pollution et la congestion, au travers d’une meilleure disponibilité des bornes de rechargement pour les véhicules électriques individuels, du développement des bus électriques et de l’extension de l’espace urbain accordé aux piétons et aux cyclistes.

Ensuite, pour ce qui a trait au bâtiment, filière qui emploie 10% des travailleurs à l’échelle mondiale, la meilleure efficience énergétique des logements sociaux et administratifs, et dans la foulée dans l’industrie, doit être selon l’agence un premier cheval de bataille pour réduire véritablement les factures énergétiques, battre en brèche la précarité énergétique, améliorer la santé et le confort et renforcer la résilience notamment face aux événements climatiques. Toujours sur ce secteur, le déploiement des appareils ménagers connectés doit être plus que jamais mis en avant, pour réduire la consommation énergétique et les coûts d’opération du système électrique, et ce de manière conjointe avec le recyclage efficace d’appareils ménagers comme les réfrigérateurs qui contiennent de puissants gaz à effet de serre. Si on s’intéresse ensuite à l’industrie, il s’agit ici selon l’IEA d’améliorer l’efficience énergétique et l’électrification à l’échelle mondiale et sur cet aspect, les gouvernements peuvent engager une série de mesures fiscales incitatives. Il y a également nécessité à renforcer le recyclage des déchets et de matériaux tels que les plastiques, et repenser en amont le design des produits manufacturés pour limiter les déchets plus efficacement.

Enfin, en ce qui concerne les carburants, l’agence de l’énergie considère qu’il faut améliorer les procédés existants pour réduire les émissions de méthane, puissant gaz à effet de serre, provenant du pétrole et du gaz, et de permettre la reconversion des travailleurs qualifiés de secteur, menacés de licenciements, dans la réduction de telles émissions. Une réforme drastique des subventions aux énergies fossiles est également nécessaire selon l’IEA, ainsi que le soutien et l’extension des biocarburants, secteur à fort potentiel d’emploi de travailleurs peu comme très qualifiés. Pour conclure, l’agence met l’accent sur l’innovation : sans cette dernière, « la transition vers des systèmes énergétiques modernes, propres et résilients seraient mis en jeu » et « les gouvernements ont un rôle majeur à jouer en soutenant l’innovation, notamment dans des domaines que le secteur privé perçoit comme trop risqués ». C’est ainsi que l’IEA insiste sur la nécessité de développer activement les recherches sur les technologies basées sur l’hydrogène, sur les batteries, sur les petits réacteurs nucléaires modulaires et sur la capture, l’utilisation et le stockage du dioxyde de carbone.

Quelles conclusions peut-on tirer de ce plan de relance durable ?

De manière centrale, en promouvant une modernisation importante du secteur de l’énergie pour répondre aux défis économiques, sociaux et écologiques du moment, cette dernière nous montre de manière sous-jacente l’importance de la formation des travailleurs au sens large. En effet, il s’agit d’être en mesure de développer des technologies nouvelles et efficaces et d’être en mesure de les maitriser et de les comprendre, en premier lieu pour les travailleurs impliqués mais aussi pour les utilisateurs et utilisatrices de ces technologies. De tels changements, une telle valorisation de l’innovation nécessite de développer véritablement l’enseignement supérieur pour former des travailleurs qualifiés qui maitrisent une large palette de compétences clés. De fait, cela suppose de rompre avec des décennies de libéralisation de l’enseignement supérieur marquées par le sous-financement chronique, le morcellement des formations et la non-reconnaissance du travail des étudiants.

Plus que jamais, il est nécessaire de financer massivement les universités et laboratoires publics pour stimuler l’émulation et la création, de créer un salaire étudiant dans le cadre d’une sécurité emploi-formation pour reconnaitre le travail intellectuel des étudiants et sécuriser les parcours de formation des salariés. Il s’agit aussi de conditionner réellement les aides publiques au secteur privé dans le domaine de la recherche et du développement, pour garantir la création d’emplois stables et stables et surtout la formation d’un nouveau tissu industriel en France et en Europe. Alors que l’étude économique de l’IEA a été faite conjointement avec le Fonds Monétaire International et accorde un rôle prépondérant au secteur privé et aux marchés dans son plan de relance, c’est bien le renversement des logiques de compétition auquel il faut résolument œuvrer.

La remise en cause des logiques de libéralisation et de mise en concurrence des travailleurs et des territoires depuis des décennies aux échelles européenne et mondiale est cruciale. Sans cela, il est clairement impossible de permettre par exemple un développement véritable d’un pôle efficace de l’énergie, d’un réseau ferroviaire maillant tout le territoire, d’une éducation, d’un enseignement supérieur et d’une recherche libérés des logiques de rendement immédiat qui se font au détriment des objectifs de long-terme que vise le Plan de relance durable de l’Agence Internationale de l’Énergie. Pour répondre aux enjeux clé de notre époque, pour permettre une relance industrielle et écologique, c’est bien du côté du secteur public que les solutions sont à trouver.

 

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13 juillet 2020 1 13 /07 /juillet /2020 06:07

 

Depuis le 18 juin, une commission d’enquête enchaîne les auditions de responsables politiques, de directeurs d’agence et de scientifiques pour déterminer l’impact, la gestion et les conséquences de l’épidémie du coronavirus.

Pierre Dharréville, qui en est membre, en détaille les enjeux et en dresse un premier bilan pour « l’Humanité Dimanche ».

 

Qu’attendez-vous de cette commission d’enquête parlementaire sur le Covid-19, qui va se poursuivre tout l’été ?

Nous devons tirer toutes les leçons de la crise et des dysfonctionnements de sa gestion, en établir les causes afin de mettre les autorités devant leurs responsabilités. Les politiques libérales mises en œuvre ces dernières décennies ont conduit à placer notre système sanitaire dans un profond dénuement. Les auditions des anciens ministres de la Santé et de leurs décisions – coupes budgétaires, réduction du personnel, suppression du nombre de lits d’hospitalisation – l’ont démontré.

Après l’expérience de la commission d’enquête parlementaire sur « l’affaire Benalla », il serait catastrophique de ne pas parvenir à effectuer un travail sérieux, à la hauteur des attentes. Cette commission, où LaREM est majoritaire, devra aller au bout et rendre un rapport sans entraves. Pour autant, nous ne sommes pas la justice, même si des éléments peuvent lui être transmis en cas de constat de graves manquements.

 

Quel bilan tirez-vous des premières semaines d’auditions, pendant lesquelles vous avez entendu le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, des membres du conseil scientifique, des anciens ministres, des scientifiques ?

On a pu mieux comprendre le déroulement des événements, notamment en matière de stocks stratégiques, qui ont manqué au moment de la crise. C’est le cas pour les masques, avec des changements de doctrine en 2011 et 2013 qui n’ont pas toujours été suivis, la destruction de masques périmés en 2018 et leur non-renouvellement. Ce point a créé du trouble, l’investigation est donc importante. L’ancienne ministre Agnès Buzyn (auditionnée le 30 juin – NDLR) a déclaré qu’elle n’était pas au courant de ces faits. Si ces informations ne lui ont pas été remontées, c’est un problème. Comment se fait-il qu’après la destruction de 600 millions de masques, il n’en soit commandé que deux fois 50 millions ? Les instructions sont données par le ministère, donc une responsabilité politique est engagée, quoi qu’il arrive.

Nous avons pu voir les conséquences de l’intégration des différentes agences sanitaires au sein de Santé publique France, en 2016, dans un contexte de compression des dépenses et des effectifs réduits de 20 % en moins de dix ans. Avec des moyens diminués, des missions ont dû être abandonnées.​

 

Quels sont les autres thèmes que vous espérez aborder ?

Nous avons très peu parlé pour l’instant des pénuries de médicaments, il va falloir y venir. Nous devons aussi nous intéresser aux questions des conflits d’intérêts dont plusieurs scientifiques nous ont parlé. Le capitalisme s’est insinué profondément dans le domaine de la santé et ce n’est pas sans poser problème. C’est aussi pour cela que la santé doit relever de politiques publiques fortes. Notre groupe parlementaire tient d’ailleurs toujours à disposition une proposition de loi pour créer un service public du médicament.

Le pilotage de la gestion de la crise doit également être interrogé. On nous vante le conseil scientifique, dont les membres ont été choisis par le président de la République lui-même. Une sorte de conseil du prince qui prend le pas sur les institutions, sans stratégie véritablement lisible. Le fait d’avoir renvoyé les décisions politiques à un avis scientifique ou technique doit être questionné. Cet avis est nécessaire mais ne doit pas prendre le pas sur la démocratie. Or, celle-ci a été mise sous cloche.

Entretien réalisé par Florent Le Du

 

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13 juillet 2020 1 13 /07 /juillet /2020 06:05

 

Drôles de mœurs politiques ! Quelques heures seulement avant de changer de premier ministre, le président de la République convoque la presse régionale, chargée d’imprimer ses mots. Ceux du sang, de la sueur et des larmes. « La rentrée sera difficile, il faut s’y préparer » : tel est son message. Il n’a pas précisé « surtout pour les classes populaires », mais les détenteurs de capitaux auront compris que cette prédiction ne les concernait guère.

Sans débat, sans bilan, sans analyse publique du scrutin municipal et n’ayant retenu de ce dernier que la forte résistance de la droite, il refuse d’écouter le grand silence des urnes qui confine à la sécession civique. Peu lui importe l’expression majoritaire d’un peuple qui n’est plus dupe de rien et cherche à se débarrasser d’un système qui l’étouffe et le spolie, tandis que les puissants ripaillent à la table du festin. Le problème de M. Macron n’est pas le pays, les travailleurs, l’avenir des jeunes, mais sa réélection dans deux ans. Voilà ce que cachent les mots « nouvelle phase du quinquennat ».

Il échoit à M. Castex, fortement recommandé par M. Sarkozy, de la mener à partir des orientations du monarque et de son obsession à servir les intérêts du capital, alors que les ordonnances dérogeant au droit commun prises pendant le confinement sont toujours en vigueur. Il s’agit d’arrimer la politique du côté droit et d’empêcher un candidat de droite d’émerger d’ici à l’élection présidentielle.

La seconde signification, la plus importante et liée à la première, réside dans la volonté de renforcer la présidentialisation du pouvoir dans des proportions jusqu’ici inconnues. Réputé fin technicien, connaisseur des rouages étatiques, fin politique proche des territoires, M. Castex aura pour mission de préparer les élections régionales et départementales dans la perspective de la présidentielle. Il n’aura pas à mettre en œuvre la politique d’un gouvernement en débat avec le Parlement, mais bien celle décidée depuis le palais présidentiel. La fonction constitutionnelle de premier ministre est ainsi sacrifiée à l’aune d’une prétendue « efficacité » et au mépris des principes démocratiques. Et il faudra attendre l’adresse du président à la nation, le 14 juillet, pour que le premier ministre soit autorisé à prononcer son discours de politique générale. Du jamais-vu !

C’est donc le président, et lui seul, qui conduira la politique de la nation sans, qui plus est, avoir de comptes à rendre devant le Parlement, de toute façon totalement caporalisé. Le scénario du duel Macron-Le Pen va sans doute être réactivé car on sait en haut lieu la nécessité d’un épouvantail pour garantir une réélection et surtout pour faire avaler les destructions sociales envisagées, dont la réactivation d’une contre-réforme des retraites.

Déjà, le vieux refrain selon lequel « il n’y a pas d’argent magique » est répété en boucle alors que des milliards ont été débloqués pour venir en aide aux grandes entreprises qui multiplient pourtant les plans de licenciement. Les envolées lyriques sur de possibles « nationalisations » au début de la crise sanitaire ont laissé place au « laisser-faire » actionnarial arrosé d’argent public. Airbus, Renault, Alcatel, Air France, Smart et tant d’autres : combien de salariés dans les entreprises directement concernées et la sous-traitance vont aller rejoindre la cohorte de chômeurs sans que l’État ne daigne intervenir autrement qu’en garantissant, grâce aux aides publiques, les performances financières des grands groupes ? Combien de jeunes sur le carreau ?

La crise sanitaire sert ainsi de prétexte pour imposer l’allongement de la durée du temps de travail, l’une des priorités de cette fin de quinquennat, tandis que les privés d’emploi seront amputés de leurs droits. Le pouvoir entend ainsi mener une guerre sociale soutenue. Pour s’y opposer victorieusement, l’été doit servir à préparer un indispensable automne de luttes, mais aussi à construire un autre cap politique pour faire émerger une majorité de changement social, écologique et démocratique.

Patrick Le Hyaric

 

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13 juillet 2020 1 13 /07 /juillet /2020 05:38
Gouvernement: Elisabeth Borne danse avec les lobbys (Cyprien Caddeo, vendredi 10 juillet 2020)
Vendredi, 10 Juillet, 2020
​​​​​​​Élisabeth Borne danse avec les lobbys

Sommée de compléter sa déclaration d’intérêts, dans laquelle elle avait omis plusieurs mandats, la nouvelle ministre du Travail, bientôt en charge de la réforme des retraites, a des liaisons dangereuses avec le privé.

 

Élisabeth Borne a fort à faire. À 59 ans, l’ex-ministre de la Transition écologique hérite du portefeuille du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion. À son ancienne fonction, elle avait pour tâche de faire oublier François de Rugy, pincé en plein « homardgate ». Rue de Grenelle, elle devra faire mieux que Muriel Pénicaud, coutumière des boulettes et des « à peu près ». Surtout, l’ancienne directrice stratégique de la SNCF aura pour mission de remettre sur les rails la réforme honnie des retraites (précédemment portée par le ministère de la Santé), qu’Emmanuel Macron ne compte pas abandonner.

Omission de mandats

Mais Élisabeth Borne est rattrapée, depuis la fin juin, par des potentiels conflits d’intérêts. Le 23 juin, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a sommé la ministre de modifier sa déclaration d’intérêts. La raison ? Six mandats y ont été omis, liés pour la plupart à sa fonction antérieure de présidente-directrice générale de la RATP (transports parisiens), de mai 2015 à mai 2017.

L’affaire remonte à janvier dernier. L’hebdomadaire Marianne dévoilait qu’Élisabeth Borne n’avait pas indiqué, dans sa déclaration d’intérêts transmise à la HATVP, sa participation au conseil d’administration de l’Institut de la gestion déléguée (IGD), un lobby favorable à la délégation des services publics vers le privé. Ou, pour le dire plus clairement, à la privatisation. De quoi jeter une ombre sur l’action d’une ministre en charge des infrastructures stratégiques de l’État : Élisabeth Borne était déjà, en tant que secrétaire d’État aux Transports en 2018, à la manette de la réforme de la SNCF qui a ouvert le transport ferroviaire à la concurrence et acté l’abandon de son statut d’entreprise publique.

Fondée en 1996, l’IGD se présente comme un « organisme indépendant à but non lucratif » qui a pour objet « de promouvoir l’amélioration de la qualité et de la performance des services publics, notamment lorsque leur gestion est déléguée ». Dirigé par Hubert du Mesnil, également à la tête de la société en charge de la controversée ligne « euralpine » censée relier Lyon et Turin, ce lobby réunit dans son conseil d’administration des acteurs de la vie publique, des grandes entreprises privées du secteur de la construction et des établissements publics susceptibles de privatiser une partie de leurs activités, comme la SNCF ou la RATP.

Sur la défensive

Siègent pêle-mêle en son conseil d’administration Vinci, Eiffage, HSBC France, Bouygues Construction, Keolis, Veolia, Engie, mais aussi des personnalités politiques comme le maire de Troyes François Baroin, en sa qualité de président de l’Association des maires de France, Renaud Muselier (Régions de France) ou encore l’édile toulousain Jean-Luc Moudenc, président de France urbaine (association des grandes villes et métropoles).

Dans un premier temps, Élisabeth Borne, sur la défensive, avait taxé l’article de Marianne de « scandaleuses insinuations », affirmant « ne jamais avoir siégé au CA de cette fondation » et n’avoir commis aucune omission. « Cela n’a pas à figurer dans ma déclaration », avançait-elle, arguant que cela aurait été « automatiquement » relié à son poste au sein de la RATP. Certes, son successeur à la tête de la régie, Catherine Guillouard, y siège dorénavant, selon l’organigramme de l’IGD. Mais les rapports annuels du lobby exhumés par Marianne démontrent au contraire que le nom d’Élisabeth Borne figure bien au conseil d’administration et qu’elle avait été choisie, selon les statuts de l’IGD, « en fonction de ses compétences ».

Trois mois de sursis

Du reste, la décision de l’HATVP est un camouflet pour la nouvelle ministre du Travail. Elle dispose d’un délai de trois mois pour compléter sa déclaration. Parmi les cinq autres mandat omis, outre l’IGD, Élisabeth Borne appartenait aux conseils d’administration d’autres organismes, comme l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), la fédération d’entreprises Paris Île-de-France Capitale économique, la Fondation Groupe RATP et le comité stratégique de Fer de France.

Si la Haute Autorité estime toutefois que les « participations (omises dans la déclaration d’intérêts) ne sont pas de nature à caractériser un risque de conflit d’intérêts avec les fonctions de ministre, dès lors notamment que les intérêts en cause sont passés et que madame Borne participait à la plupart de ces organismes en raison de ses fonctions de présidente de la RATP », le parcours de la haut fonctionnaire montre des proximités avec des acteurs aux intérêts privés.

Marque de fabrique de la Macronie

Avant d’intégrer le casting gouvernemental en 2017, Élisabeth Borne, formée à l’École polytechnique et au Collège des ingénieurs, a fait un aller-retour dans sa carrière entre public et privé, entre cabinets politiques et conseil d’entreprise. Ainsi, entre 2002 et 2014, la retrouve-t-on tantôt à la SNCF, tantôt à l’urbanisme de la mairie de Paris, ou préfète de la Vienne, mais aussi directrice des concessions au sein du géant du BTP Eiffage, en 2007. Ces franchissements de la frontière public-privé sont une marque de fabrique de la Macronie : à l’image d’Emmanuel Macron qui est passé de la haute fonction publique à la banque Rothschild, ou bien de son secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, éphémère directeur financier chez MSC (fret maritime).

Le « dossier Borne » ne fait pas tant écho à l’affaire Jean-Paul Delevoye, qui avait, lui, dissimulé des rémunérations à l’HATVP, qu’il met en lumière une nouvelle fois les liaisons dangereuses entretenues entre le pouvoir et les puissances économiques privées. Et pose une question : après toutes ces polémiques, quand les ministres macronistes apprendront-ils enfin à être exhaustifs dans leur déclaration d’intérêts ?

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9 juillet 2020 4 09 /07 /juillet /2020 06:16
Remaniement. Droits des femmes, la « grande cause » enterrée - Lola Ruscio, L'Humanité, mercredi 8 juillet
Mercredi, 8 Juillet, 2020
Remaniement. Droits des femmes, la « grande cause » enterrée

En nommant Gérald Darmanin, accusé de viol, et Éric Dupond-Moretti, pourfendeur de #MeToo, le président oppose une fin de non-recevoir à l’exigence d’égalité.

 

Emmanuel Macron a choisi Gérald Darmanin, soupçonné de viol, pour diriger le ministère de l’Intérieur. Il a désigné Éric Dupond-Moretti, pourfendeur du mouvement #MeToo, au poste de garde des Sceaux. Ces décisions scandalisent les féministes. Pour elles, c’est une gifle infligée aux luttes contre les violences sexistes et sexuelles. L’indignation s’est exprimé dès mardi matin dans les rues parisiennes : « Un violeur à l’Intérieur, un complice à la Justice ! » ont scandé des jeunes militantes, près de la place Beauvau. Dans la foulée, un rassemblement s’est déroulé place de la Madeleine pour dénoncer ces nominations.

Gérald Darmanin est promu ministre de l’Intérieur au moment où la cour d’appel de Paris a ordonné la reprise des investigations concernant une accusation de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance. Laura Jovignot, coordinatrice du mouvement #NousToutes, y voit une façon de faire perdurer la culture du viol : «  Macron donne des responsabilités à un homme accusé de viol, c’est délégitimer la parole des victimes, entretenir son impunité. Des militantes font un parallèle avec le césar donné à Roman Polanski. La République française, c’est le pays de la banalisation des violences faites aux femmes. » Pour la féministe, c’est la légitimité même du ministre qui est en cause : « Gérald Darmanin n’est pas crédible pour évoquer la protection des femmes et leur intégrité physique. Comment peuvent-elles déposer plainte dans un commissariat quand leur patron est lui-même accusé de viol ? Nous demandons sa démission, et nous attendons une réaction de Marlène Schiappa. » L’ex-secrétaire d’État auprès du premier ministre en charge de l’égalité femmes-hommes est reléguée au rang de supplétive de Gérald Darmanin à Beauvau, sur le dossier de la « citoyenneté ». Tout un symbole.

L’ancienne ministre déléguée aux droits des femmes, Laurence Rossignol, juge, elle aussi, que ces attributions de postes posent « un très gros problème, parce que, au minimum, ces deux hommes n’ont aucun engagement sur ces sujets ». C’est même tout l’inverse pour le nouveau ministre de la Justice qui s’est opposé à la création du délit d’outrage sexiste. Éric Dupond-Moretti a même manifesté son mépris pour le mouvement #MeToo. « À mon époque, quand une fille refusait vos avances, on appelait ça un râteau ; de nos jours, on appelle ça un délit. Quand c’est non, c’est non, on est bien d’accord. Mais comment fait-on pour rouler un patin aujourd’hui ? On adresse un courrier recommandé AR et on attend la réponse ? » assure-t-il dans un entretien accordé à QG magazine. Interrogé sur l’affaire Weinstein et son effet miroir sur la société, il répond : « Écoutez, tous les hommes ne sont pas des prédateurs, même s’il y en a. (…). Mais il y a aussi des femmes que le pouvoir fait bander. La starlette qui va voir un producteur célèbre et lui dit “ je veux devenir une star”, et l’autre qui lui répond “d’accord, mais tu couches”, si elle couche, ce n’est pas un viol, c’est une promotion canapé. »

La sénatrice PCF Laurence Cohen s’inquiète également : « Ces deux ministres chargés respectivement d’accompagner les fonctionnaires de police et la magistrature pour lutter contre les violences ne brillent pas par leur exemplarité. Comment faire confiance à un personnage comme Dupond-Moretti ? Il est dans le combat inverse de l’histoire de la libération des femmes. » Dans une moindre mesure, la communiste critique aussi l’arrivée au gouvernement de la PDG Élisabeth Moreno. La nouvelle ministre déléguée chargée de l’égalité femmes-hommes défend les « blagues à la machine à café » : « Je ne veux surtout pas que les hommes se sentent gênés, expliquait-elle en 2018 lors d’un entretien à l’école de commerce Groupe Ionis, car ils auraient le sentiment qu’il n’y en a que pour les femmes ! Les blagues à la machine à café sont très importantes, car il ne faut pas qu’on se sente verrouillé et qu’on ne puisse plus s’exprimer. Je ne veux pas d’un climat de défiance où le sexisme met tout le monde mal à l’aise. » Trois ans après l’onde de choc #MeToo, cette nouvelle équipe ne présage décidément rien de bon pour la lutte des violences faites aux femmes.

Lola Ruscio

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9 juillet 2020 4 09 /07 /juillet /2020 06:06
Marie-George Buffet: Ce remaniement est un affaiblissement du ministère des Sports (Apolline Merle, France TV Info)
Marie-George Buffet : Ce remaniement est "un affaiblissement du rôle du ministère des Sports"

 

https://sport.francetvinfo.fr/omnisport/marie-george-buffet-ce-remaniement-est-un-affaiblissement-du-role-du-ministere-des-sports?fbclid=IwAR0fFif9shRgpZtHNDaB3nHNq-LypfJURzMNKwsq4dBzS0lpOn2xuu_9XYc

Jean-Michel Blanquer a été nommé ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports. Le haut fonctionnaire voit ainsi s'élargir son portefeuille au sein de l'équipe gouvernementale du nouveau Premier ministre, Jean Castex. Il remplace Roxana Maracineanu, qui passe de ministre à ministre déléguée des Sports. Une annonce qui, selon Marie-George Buffet, députée (Gauche démocrate et républicaine) et ancienne ministre des Sports, est "un affaiblissement du rôle du ministère des Sports".

 

Dans le gouvernement remanié, Jean-Michel Blanquer voit son portefeuille s'élargir et devient ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports. Il prend la place de Roxana Maracineanu, qui est elle rétrogradée en tant que ministre déléguée aux Sports. Êtes-vous surprise par cette annonce ?
Marie-George Buffet :
"Je ne suis pas du tout surprise. Déjà parce qu'il y a eu la création de l'Agence nationale du sport (ANS) et dans la note de Bercy prévoyant cette agence, on visait la suppression du ministère des Sports. Certes, nous ne sommes pas dans la suppression mais dans le fait que le ministre des Sports n'est plus une ministre de plein exercice mais une ministre déléguée. C'est donc un affaiblissement du rôle du ministère par rapport à l'ensemble des pratiques sportives." 

Selon vous, cet "affaiblissement" est-il une sanction vis-à-vis de Roxana Maracineanu ou envers le ministère des Sports plus généralement ?
M.-G. B. :
"Non, c'est le ministère des Sports qui est visé. Dans la note de Bercy au sujet de la création de l'Agence national du sport, il était noté la disparition du ministère des Sports. On considère que le sport n'est pas, au même titre que la culture, un droit essentiel pour nos concitoyens et donc il n'a pas besoin d'un ministère de plein exercice. C'est donc une relégation du sport." 

C'est assez inédit de se retrouver avec deux ministres des Sports finalement...
M.-G. B. :
"Ce n'est pas vrai, il n'y a pas deux ministres. Il y a un ministre, Jean-Michel Blanquer, qui va gérer l'ensemble de ses domaines - Education nationale, Jeunesse et Sports - et une ministre déléguée qui sera sous ses directives. Je ne vois pas très bien le sens d'un pôle éducatif qui va englober le sport, y compris le sport professionnel. Il faut qu'on m'explique en quoi le sport professionnel doit être dans le même ministère que l'éducation. C'est une incohérence. C'est relégué le sport comme quelque chose de marginal alors que c'est un droit essentiel pour les citoyens de pouvoir pratiquer la discipline de leur choix et pouvoir peut-être aspirer au plus haut niveau."

Est-ce que cette nouvelle organisation au sein du gouvernement ne risque pas de compliquer la prise en charge des dossiers ?
M.-G. B. : 
"Bien évidemment. Vous avez déjà l'ANS, qui gère déjà une partie des subventions du sport amateur et qui est en charge de la haute performance. Et nous avons une ministre maintenant déléguée aux sports, au sein de l'Education nationale. Il va donc falloir quand même préciser quelles sont les missions et les prérogatives de l'ANS et de la ministre déléguée aux Sports. Car au bout d'un moment, on va se demander, et c'est ce que veut Bercy, faut-il encore un ministère des Sports ? C'est vers cela que l'on tend..."

Quel bilan faites-vous de Roxana Maracineanu au ministère des Sports ?
M.-G. B. : 
"J'ai trouvé qu'elle avait été déterminée et courageuse, avec le peu de moyens qu'elle avait. En effet, dans ce ministère, le personnel a été éparpillé et ses moyens ont été réduits."

Quelles qualités faut-il pour être un bon ministre des Sports ?
M.-G. B. : 
"Déjà, il ne faut peut-être pas appartenir à la famille du mouvement sportif pour pouvoir prendre plus de recul, plus de marge. Et il faut beaucoup de détermination. C'est un milieu extrêmement attachant, avec tous ses bénévoles, c'est un milieu formidable. Et c'est un milieu qui est à roder aujourd'hui par la marchandisation, par les enjeux financiers par tout ça, et donc il faut un ou une ministre qui soit extrêmement déterminé(e) et qui fasse face à ces enjeux." 

A quatre ans des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, quel est le signal envoyé par l'exécutif ?
M.-G. B. :
"C'est un mauvais signal. Nous sommes à quatre ans des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Alors qu'on avait ce beau défi de faire en sorte que d'ici quatre ans on multiplie le nombre de licenciés dans les clubs, qu'on donne plus de moyens aux clubs, qu'on forme plus de jeunes pour le haut niveau, on explique aujourd'hui que finalement le sport est délégué, et qu'il n'est pas plus que délégué."

Comment aviez-vous vécu votre rôle de ministre des Sports ?
M.-G. B. :
"Je l'ai découvert au début. Je n'étais pas du tout préparée à ça. Ça m'a permis de beaucoup travailler les dossiers, de concerter avec le milieu sportif,  j'ai découvert des hommes et femmes, des bénévoles, formidables. Mais j'ai découvert aussi le dopage, les enjeux financiers, les enjeux des Etats qui instrumentalisaient le sport pour faire de la géopolitique, pour obtenir une bonne image. Ce n'est pas un poste de gestion uniquement mais c'est un poste qui a trait à l'éthique, à la géopolitique, au domaine politique, donc c'est un poste très intéressant."

Si on vous proposait de nouveau le poste, l'accepteriez-vous ?
M.-G. B. :
"Oui, si c'était un gouvernement de gauche, très déterminé à mener une politique sociale, économique, sportive de gauche. Donc, pour le moment, ce n'est pas pour demain."

 

07/07/2020
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