Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 15:45
Des milliers de salariés des compagnies HOP et Air France sont directement menacés de perdre leurs emplois - Signez la pétition de soutien!
 

Des milliers de salariés des compagnies HOP et Air France sont directement menacés de perdre leurs emplois suite aux restructurations envisagées sur le court-courrier.

Le gouvernement, par la voix de Mr Bruno Le Maire, ministre de l’économie, a clairement imposé à Air France, de ne plus opérer de vols sur des lignes accessibles en moins de 2H30 en train uniquement au départ de l’aéroport d’Orly et de Lyon. Condition péremptoire à l’octroi de deux prêts d’un montant de 7 milliards d’euros.

L’Etat réclame la suppression de nombreuses lignes d’Air France, opérées en majorité par sa filiale HOP ! par soucis d’écologie et de rentabilité.

L’Etat appelle chaque partie à prendre ses propres responsabilités.

l’Intersyndicale de HOP ! ( CFE-CGC, CFDT, CGT,  FUC, SNPL, SPL,SNGAF, SNPNC, UNAC, UNPNC, UNSA ) demande au gouvernement de prendre ses responsabilités en appliquant les mêmes contraintes environnementales et les mêmes conditions d’exploitation, par le biais d’une législation, à toutes les compagnies aériennes notamment aux compagnies low-cost étrangères positionnées sur le réseau domestique.

Le site "HOP MORLAIX" est particulièrement menacé, site qui regroupe 276 emplois.

L'intersyndicale appelle à signer la pétition "POUR LA PRÉSERVATION DES EMPLOIS, POUR LA SURVIE DES TERRITOIRES"

 
 
Pour en savoir plus et pour signer, c'est ici:
 
Partager cet article
Repost0
29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 06:08
Alain et Eric Bocquet en réunion publique à Quimper (Eric au mico) en 2017 pour la présentation de leur livre évènement sur l'évasion fiscale comme système organisé de prédation des richesses collectives par les riches, "Sans domicile fisc"

Alain et Eric Bocquet en réunion publique à Quimper (Eric au mico) en 2017 pour la présentation de leur livre évènement sur l'évasion fiscale comme système organisé de prédation des richesses collectives par les riches, "Sans domicile fisc"

Mercredi, 27 Mai, 2020 - L'Humanité
Éric Bocquet : « Nous devons nous affranchir des traités européens pour effacer la dette »

L'élu communiste du Nord, vice-président de la commission des Finances du Sénat, dénonce le processus qui a conduit à la mise sous tutelle des États par les marchés financiers. Il considère qu’il n’y a pas de fatalité à vivre dans la dette si l’on change complètement les règles du jeu. Entretien.
 

 

La question de la dette est au centre du débat public depuis bien longtemps. Quelles sont vos craintes avec la crise qui vient ?

Éric Bocquet L’explosion de la dette risque d’être utilisée à nouveau comme argument renforcé pour imposer aux Français des réductions des dépenses publiques et des casses des services publics. C’était déjà la règle depuis plusieurs décennies. Depuis 1975, le budget de la France est en déficit. C’est au nom de la dette que l’on impose l’austérité et la réduction des dépenses publiques. On l’annonce à 115 % du produit intérieur brut (PIB) après la crise sanitaire, alors qu’elle était à 99 % il y a un an.

La dette, c’est de l’argent que l’on doit. Comment répondez-vous à cet argument martelé par les néolibéraux ?

Éric Bocquet C’est toute la perversion du discours. Pour un ménage, il faut payer ses dettes et prendre toutes les dispositions pour être en capacité de rembourser. Pour un État, la logique n’est pas la même. On nous fait croire depuis des années que la dette publique serait due à un excès de dépenses publiques. Or, si on examine l’histoire et la construction de cette dette, on constate qu’il y a plein d’autres paramètres. D’abord, l’abaissement délibéré des recettes fiscales de l’État. Nous l’avons organisé, par exemple en supprimant l’ISF. Nous avons évité de mener comme il le faudrait la bataille contre l’évasion fiscale qui, je le rappelle, coûte entre 60 et 80 milliards d’euros chaque année au budget de la République. Nous avons créé des crédits d’impôts, comme le Cice qui a coûté des dizaines de milliards d’euros. Les 400 niches fiscales, dont certaines sont justifiées et d’autres pas, coûtent 80 milliards d’euros par an. Tous ces cadeaux accumulés ont fait que l’État a vu ses recettes fondre comme neige au soleil. L’affaiblissement a été tel que ce sont les marchés financiers qui financent les États aujourd’hui. Ils leur dictent les politiques à mener grâce à la dette. Aujourd’hui, la Banque centrale européenne (BCE) s’est affranchie des règles lui interdisant de financer les États. Elle vient de racheter des titres de dette de tous les pays de l’Union européenne. Quand il y a le feu à la maison, toutes ces règles néolibérales inscrites dans le marbre volent en éclats. C’est donc une décision politique, un choix de société.

Avec la crise, la question de l’effacement de la dette revient également dans le débat politique. Comment cela serait-il possible ?

Éric Bocquet Lorsque la BCE prête de l’argent, elle le crée. Ses deux missions principales sont de veiller à ce qu’il n’y ait pas trop d’inflation dans la zone euro et l’impression des billets de banque. Mais les banques privées pouvant elles-mêmes prêter de l’argent en créant des lignes de crédit, nous avons en réalité privatisé la création de monnaie. La BCE a commencé à y remédier, mais elle doit aller plus loin : reprendre dans son bilan tous les titres de dette publique et les effacer, ou les étaler dans la durée. Nous pouvons étaler la dette sur trente ou quarante ans. Compte tenu des défis que va poser la crise que nous vivons, il faut des mesures innovantes, presque révolutionnaires. En somme, s’affranchir des traités européens, revoir les règles du jeu. La dette de la France, en 1945, était de 200 % du PIB. Avec la croissance, des investissements, de bons salaires, en construisant un état protecteur, nous en étions venus à bout. Il n’y a pas de fatalité. Nous ne sommes pas condamnés à vivre dans la dette pour l’éternité.

Entretien réalisé par Diego Chauvet

Quimper, 5 avril 2017.

Voilà deux parlementaires qui font honneur à la politique et à l’engagement communiste, de grands pédagogues appuyés sur la longue enquête et le travail de rencontres.
Pendant deux heures, Alain et Eric Bocquet ont fait le travail de porter à connaissance du public, avec beaucoup d’anecdotes truculentes et d’humour malgré le caractère sombre et plus qu’inquiétant du sujet, le fonctionnement du capitalisme financiarisé en tant qu’il repose, sur l’évasion fiscale et le pillage des nations.Pour Alain Bocquet, « Sans domicile fisc » est un « livre de combat afin de ramener cette finance folle à la raison ».Pour Eric Bocquet, il est la preuve que « l’argent du monde nouveau existe« .

Ce livre constitue, selon Jean Ziegler, « une arme formidable dans la phase paroxystique de la lutte des classes que les oligarchies du monde financier globalisé livrent aux peuples du monde ».

Partager cet article
Repost0
28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 15:49
FABIEN ROUSSEL - L'Humanité Jeudi, 28 Mai, 2020

FABIEN ROUSSEL - L'Humanité Jeudi, 28 Mai, 2020

FABIEN ROUSSEL « POUR OBTENIR DES CHANGEMENTS, IL FAUT QUE ÇA POUSSE D’EN BAS »

L'Humanité Jeudi, 28 Mai, 2020, Julia Hamlaoui - Cédric Clérin

Libéralisation accélérée du pays, facture de la crise imposée au monde du travail... Pour contrer la stratégie du choc, construire un nouveau modèle et l’espoir, Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, appelle à l’engagement le plus large. À « l’union dans l’action ».

Fabien Roussel a repris le chemin de l’usine. Il était chez Renault à Choisy-le-Roi (94) le 25 mai, pour dénoncer les fermetures de sites prévues par le constructeur et proposer un autre avenir pour l’industrie. Une initiative qui illustre l’appel à l’action des communistes. Pour le secrétaire national du PCF, c’est dans la mobilisation populaire que réside l’issue à une crise qui s’annonce brutale si des alternatives n’émergent pas rapidement.

Quels enseignements tirez-vous de cette période de crise ?

Cette pandémie révèle les conséquences du capitalisme sur nos sociétés. L’Europe, continent le plus touché, est aussi celui où ont sévi des politiques d’austérité, des privatisations de pans entiers de services publics, où s’est développé un libre-échange à tous crins. C’est à cause de ces politiques que tous les rapports de l’OMS, de l’ONU, d’ONG, demandant ces dernières années aux États de prévoir le risque d’une pandémie ont été balayés d’un revers de main. Il faut s’attaquer aux racines de cette crise, à ce système économique et, de toute urgence, bâtir un autre modèle qui permette de faire face à de telles pandémies mais aussi de préserver l’humain et la planète.

La crise sanitaire met en cause les politiques libérales mais, dans le même temps, le gouvernement enfonce de nouveaux coins dans les droits sociaux. Y a-t-il réellement une opportunité de rompre avec ces politiques?

C’est même une urgence. Cette pandémie rebat toutes les cartes. Les libéraux veulent en profiter pour accélérer leur projet, pour faire travailler plus les salariés, pour renoncer à la transition écologique et faire payer leur dette au monde du travail. Les milliers de milliards d’euros injectés dans l’économie devraient se donner pour objectif d’éradiquer le chômage et la pauvreté et de bâtir un nouveau modèle économique. Il faut un véritable plan Orsec pour l’emploi, pour nos PME, TPE, notre industrie, qui relocalise l’activité, étende les services publics, repense complètement l’organisation et le temps au travail, multiplie les investissements dans la transition écologique.

N’y a-t-il pas une tentation de clore le débat au plus vite du côté du gouvernement ?

Le président de la République entend accélérer la libéralisation du pays, sous couvert de belles phrases. Par exemple, avec le plan Ségur se profile une privatisation de nos hôpitaux publics pour les transformer en hôpitaux privés à but non lucratif, au prétexte de les rendre plus performants. C’est pourtant au nom du service public que les soignants ont trouvé les ressources pour faire face à l’épidémie, alors qu’ils étaient déjà fragilisés par des cures d’austérité drastiques. Avec le personnel soignant, nous voulons défendre et reconquérir un grand service public de l’hôpital avec un plan d’urgence qui comprend des hausses de salaires mais aussi des embauches massives pour nos hôpitaux publics, nos Ehpad, nos services d’urgence, afin de répondre aux besoins dans tout le pays, en Métropole comme en outre-mer.

Cet hiver, malgré un mouvement historique, l’exécutif a fait passer en force la réforme des retraites et désormais les conditions sanitaires empêchent les manifestations. Comment construire le rapport de forces nécessaire ?

Ce rapport de forces se construira dans l’action avec les salariés, les étudiants, les hospitaliers, les enseignants, les syndicats dans les usines. Pour cette raison, le Parti communiste appelle à mener des campagnes très concrètes telle que celles pour l’hôpital public, pour l’école ou pour l’emploi industriel. Nous nous mobilisons aussi pour la gratuité des masques, le pouvoir d’achat. C’est pourquoi j’appelle tous les communistes à se déconfiner ! Soyons dans l’action avec les gens sur toutes ces questions qui touchent au quotidien de nos concitoyens, à l’image de la gratuité des masques, par exemple, qui doit devenir un combat très large, qui rassemble tous les républicains car cela va vite devenir un problème pour des millions de familles. Un problème de 200 euros mensuels pour une famille de 4 personnes. Finalement, cette question pointe la nécessité de nouvelles conquêtes en matière de protection sociale… et donc de nouveaux financements pour la Sécurité sociale.

La mécanique qui voulait que la défiance à l’égard d’un gouvernement alimente l’opposition ne semble plus fonctionner…

Le président de la République et le gouvernement sont discrédités. C’est grave, c’est un vrai problème démocratique. Plutôt que de se résigner, râler dans son coin, menons des combats, ensemble, pour obtenir des changements. Ça ne viendra pas d’en haut, donc, il faut que ça pousse d’en bas. Le seul moyen de redonner de l’espoir, c’est de le construire. Sinon, la colère seule s’exprimera. Tout au long de nos 100 ans d’histoire, nous avons été un parti qui a toujours su, lors de telle crise, appeler aux mobilisations, aux rassemblements les plus larges, dans la diversité des opinions de chacun. C’est dans notre ADN, c’est l’appel du Front populaire, de la Résistance. Adressons-nous à tout le monde, sans regarder d’où ils viennent. Je pense à ceux qui ont renoncé à voter depuis trop longtemps, et même à des salariés qui se sont laissé tromper par l’extrême droite. Pour sortir de la colère ou de la résignation, il faut de l’espoir et des perspectives ! Proposons-leur de nous battre ensemble pour le blocage des prix, la gratuité des masques, pour empêcher la fermeture d’usines, pour une école de la réussite pour toutes et tous le plus vite possible ! L’union dans l’action, tel est l’appel que nous lançons aujourd’hui.

La crise économique s’annonce de très grande ampleur, des plans de licenciements se préparent. Que proposez-vous sur le terrain de l’emploi, notamment industriel ?

Notre tissu de TPE, de PME, comme notre industrie doivent être traités et protégés comme des biens communs au même titre que nos services publics. Ce sont des gisements d’emploi importants, permettant de répondre aux besoins de nos concitoyens. D’où de gigantesques besoins à pourvoir en termes de formations ou d’investissements. Relocaliser l’industrie, ça commence par ne pas fermer les usines qui existent en France, dans le médicament (comme Famar à Lyon), chez Renault, Air France ou chez General Electric à Belfort. Et cela nécessite ensuite un véritable plan d’investissement, au service d’une stratégie de reconquête industrielle dans des secteurs déterminants pour l’indépendance du pays, comme l’énergie, la sidérurgie, la chimie ou au service de la transition écologique tant attendue.

Qui connaît la stratégie de la France en matière industrielle ? Personne ! Cette reconquête doit d’abord s’appuyer sur le monde du travail et se construire avec lui, avec les industriels comme avec les syndicats. Il faut donner de vrais pouvoirs aux travailleurs jusque dans les entreprises ! Regardez comment les salariés ont su répondre à la pandémie ! Nous devons être fiers de la classe ouvrière, de ces salariés qui ont porté la France à bout de bras. C’est à eux qu’il faut faire confiance pour reconstruire le pays, plutôt qu’aux forces du capital qui ont mis la planète et notre pays dans cette situation !

Vous évoquiez vos propositions pour les hôpitaux, l’éducation, l’emploi, la lutte contre la pauvreté… Comment les financer ?

Nous voulons prendre le pouvoir sur l’argent et rompre radicalement avec les logiques de rentabilité immédiate. Cela nécessite une meilleure répartition des richesses. Et nous faisons, depuis deux ans et demi, de nombreuses propositions pour aller chercher des ressources parmi les plus riches : rétablir l’ISF, taxer les dividendes, supprimer la flat tax, taxer la spéculation boursière pour la pénaliser… Mais cela ne suffira pas. Nous voulons aussi mieux produire ces richesses, avec d’autres objectifs ! Non plus pour enrichir les actionnaires mais pour le bien commun, sans épuiser les hommes et les femmes, ni les ressources naturelles ou la biodiversité.

Il faut donc un plan de relance de grande ampleur et profondément novateur ! C’est-à-dire avec des critères précis. C’est ce que nous proposons avec un fonds doté de 50 milliards d’euros, abondé par la BCE. L’argent public doit servir à cela et non plus à financer les plans sociaux chez Renault ou Air France. Au contraire ! Renault a des projets tel que le V3, petit véhicule électrique populaire, que la direction ne veut pas lancer ! Les 5 milliards d’euros de prêts de l’État devraient être conditionnés à des investissements de ce type ou à la relocalisation en France d’une part de la production de la Dacia, actuellement produite en Roumanie mais vendue en France. Il y aura certes moins de marge pour les actionnaires… Mais plus d’emplois en France ! Reprenons la main sur l’économie, sur la finance !

Quel regard portez-vous sur le plan européen présenté par Angela Merkel et Emmanuel Macron ?

Ils préparent déjà les peuples d’Europe à payer la facture de la crise. Ce plan de 500 milliards d’euros est nouveau, car il mutualise un fonds pour le mettre au service de ceux qui en ont le plus besoin. Mais sur la base de quels critères ? De plus, ça reste une dette, même mutualisée, et Emmanuel Macron comme Angela Merkel ont bien prévu de la faire payer aux pays, aux peuples, à coups de réductions de la dépense publique, de réformes économiques libérales… Ce serait le retour aux solutions d’avant et nous n’en voulons plus ! Nous voulons avoir la main sur la Banque centrale européenne pour la mettre au service des pays, de leurs investissements. Cette question est centrale pour sortir de la crise.

Avec le débat sur la souveraineté, n’y a-t-il pas un danger de repli ?

Dans l’histoire de notre parti, nous avons toujours défendu la conception progressiste de la nation, celle qui permet aux citoyennes et citoyens de décider démocratiquement de leur avenir. C’est au sein des frontières qui la délimitent que le peuple peut exercer sa souveraineté, exprimer son indépendance et décider des coopérations qu’il veut bâtir. Nous sommes aujourd’hui privés de cette souveraineté, parce que c’est la Commission européenne qui fixe les budgets des États et livre notre dette aux marchés financiers. Le nationalisme monte parce que les Français souffrent de cette régression démocratique. Il faut y répondre, mais en donnant tout son contenu progressiste à la nation, au sens de Jaurès et des révolutionnaires de 1789 : la République garantissant les mêmes droits à tous quelles que soient leurs origines, et l’indépendance nationale garantie par la souveraineté démocratique.

Avec nos camarades européens, avec qui nous discutons beaucoup actuellement, nous défendons cette souveraineté économique et démocratique mais aussi la coopération entre les peuples et les nations européennes. Une coopération qui a fait cruellement défaut face à la pandémie.

Depuis quelques semaines, plusieurs appels à un travail commun ont émergé à gauche, dont certains auxquels participent des dirigeants communistes. Quel regard portez-vous sur ces démarches ?

De la même manière que le Parti communiste appelle à être dans l’action, nous participons à toutes les discussions avec des ONG, des organisations syndicales, des forces politiques progressistes pour regarder ce que nous pouvons partager. Lorsqu’une tribune dénonce le capitalisme financier, appelle à taxer le capital, demande à rompre avec le pacte budgétaire européen, nous y participons. Mais notre priorité, c’est d’agir, c’est de construire avec nos concitoyens l’espoir d’une France en commun.

Peut-il y avoir des débouchés concrets à ces rencontres et appels communs en vue des prochaines échéances et notamment de la présidentielle ?

Si cela permet de gagner un plan massif pour l’hôpital public, des moyens pour nos écoles et la gratuité des masques, on prend ! Notre état d’esprit, c’est d’être concrets pour obtenir des victoires, des avancées pour les gens, être utiles. Plus nous sommes nombreux dans l’action à porter ces revendications, plus elles ont de poids. La présidentielle viendra en son temps.

Pour le PCF, cette pandémie révèle la faillite du capitalisme et le besoin de sortir de ce modèle. Nous travaillons donc à un plan pour le pays, pour le peuple, que nous allons présenter dans le courant du mois de juin. Ces propositions, qui seront mises en débat dans le pays, soutiendront les luttes. Elles ont aussi vocation à vivre dans les élections nationales, comme dans les échéances municipales, qui sont aussi très importantes.

Le PCF défend un projet de société qui met l’être humain et la préservation de la planète au cœur de tous ses choix, avec des propositions concrètes pour y parvenir. Nous voulons non seulement les défendre à l’occasion d’élections nationales, mais les mettre en œuvre en gouvernant le pays.

Que pensez-vous de la décision du gouvernement d’organiser le second tour des municipales le 28 juin ?

Nous avons besoin de villes en situation de gérer, d’organiser la rentrée scolaire, de lancer les appels d’offres, de mettre en place les politiques culturelles, sportives… 75 % des investissements publics viennent des collectivités. Il faut donc que, dès que les conditions sanitaires seront réunies, nous puissions organiser ces élections. Si les bars, les restaurants sont ouverts, si tout le monde va travailler, on peut aller aux urnes.

L’inverse est également vrai : si on s’aperçoit que les conditions ne sont plus réunies, il faudra reporter le scrutin. Sans compter que, si la pandémie est amenée à durer, il nous faut apprendre à voter en période de crise sanitaire. Sinon, on risque de garder la même majorité à la tête du pays pendant longtemps !

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui et Cédric Clérin
#pcf
#fabienroussel

https://www.humanite.fr/pour-obtenir-des-changements-il-fau…

Partager cet article
Repost0
27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 06:36
Un plan de relance en faveur des associations sportives  Par Nicolas Bonnet Oulaldj, président du groupe communiste au Conseil de Paris et membre du conseil national du PCF en charge des sports

Un plan de relance en faveur des associations sportives

Par Nicolas Bonnet Oulaldj, président du groupe communiste au Conseil de Paris et membre du conseil national du PCF en charge des sports

L'Humanité, pages Débats, 26 mai 2020: Quel avenir pour les clubs sportifs?

L’avenir des associations sportives se joue maintenant et devrait être la première préoccupation de la ministre des sports, qui pour le moment n’a prévu aucun plan d’urgence. La pratique régulière d’une activité physique et sportive est apparue comme un besoin essentiel pendant le confinement. Mais les associations ont fermé leurs portes début mars et n’ont toujours pas repris leur activité alors que nous entrons dans la période habituellement animée par les tournois, fêtes des sports, forums des associations, riche en lien social et essentielle à la vie associative.

Beaucoup de questions se posent aux clubs : comment rassurer leurs adhérents sur les conditions sanitaires de la reprise ? Comment faire face à la perte de recettes des initiatives qui n’ont pas lieu ? Comment relancer la prise de licence en club après une si longue coupure et éviter une chute des adhérents pour la saison prochaine ? D’autant que les principales ressources des clubs reposent sur les cotisations des familles et les subventions des collectivités qui sont elles-mêmes en difficulté.

Il y a un risque évident de tension entre les clubs locaux et entre les fédérations sportives en course pour les subventions et regagner des licenciés. Certains peuvent être tentés d’augmenter leurs cotisations au risque d’accroître les inégalités d’accès au sport. Par exemple, à Paris, l’inscription d’un enfant au judo peut coûter 300 euros, difficile pour une famille qui va subir les conséquences économiques de la crise d’envisager une augmentation. Bien au contraire, dans cette période, la priorité nationale devrait être la réduction du coût des licences pour les familles et même envisager la gratuité. Pour cela, l’après-confinement doit conduire à un changement de cap dans la politique sportive nationale. Nous proposons de rebâtir le service public du sport autour de deux priorités, l’éducation physique et sportive à l’école et les associations sportives, les deux pierres angulaires du droit d’accès au sport. Plutôt qu’instrumentaliser les clubs sportifs en les transformant en prestataires de services de l’éducation nationale au détriment de la vie associative et de l’EPS, comme le proposent des députés, le gouvernement devrait décréter un plan national de relance pour les clubs.

Nous proposons rapidement un plan d’urgence accompagné d’un fonds d’aide en matériel de protection du Covid-19 pour les gestes barrières dans les clubs sportifs (masques et gels) et la généralisation des tests pour tous les licenciés. Nous proposons un plan de relance de la pratique sportive en club, avec une aide de l’État à la prise de licence à hauteur de 50 % sur critères sociaux et une indexation sur la base du quotient familial. Une prise en charge des collectivités territoriales d’une autre part de la licence pourrait fortement réduire les coûts de la pratique pour les familles. Mais, pour cela, le gouvernement doit être ambitieux, avec le doublement immédiat des crédits dédiés au sport et sa progression dans les six prochaines années pour atteindre 1 % du budget de la nation. Le financement du sport doit être entièrement revu et sécurisé. Au regard du rôle essentiel de la pratique d’un sport pour la santé publique et le lien social, il devrait être un volet à part entière de la Sécurité sociale. De même que les contributions salariales et patronales alimentent le budget de la Sécurité sociale, une part des cotisations sociales devrait être consacrée au sport, qui sécuriserait ainsi un service public du sport d’une nouvelle ère.

Partager cet article
Repost0
27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 06:19
Précarité. La CGT dénonce une nouvelle attaque contre les chômeurs (Clothilde Mathieu, L'Humanité, 26 mai 2020)
Mardi, 26 Mai, 2020
Précarité. La CGT dénonce une nouvelle attaque contre les chômeurs

Alors que le gouvernement s’apprête à diminuer le dispositif de chômage partiel, le syndicat appelle à multiplier les initiatives afin d’obtenir l’abrogation de la réforme de l’assurance-chômage, qui restreint l’accès aux droits.

 

Le gouvernement tergiverse certes sur le nombre de secteurs économiques qui pourraient conserver le dispositif de chômage partiel, ainsi que sur son montant de prise en charge par la solidarité nationale. Mais une chose est claire au vu des dernières déclarations de Bruno Le Maire : ce mécanisme qui a servi d’édredon social à la crise économique est bien en voie de dégonflement d’ici au 1er juin. La CGT, qui était montée au créneau dès le début du confinement pour défendre la prise en charge des chômeurs et précaires passant au travers des premiers filets de protection, est à nouveau passée à l’offensive ce lundi. Objectif : prévenir de nouveaux drames sociaux en empêchant qu’une hausse soudaine des pertes d’emplois dans les entreprises défaillantes se conjugue avec le durcissement de l’accès à indemnisation imposé par la réforme de l’assurance-chômage entrée partiellement en vigueur fin 2019. Recours auprès du Conseil d’État, pétitions, actions auprès des députés… « la mobilisation doit se poursuivre et s’amplifier pour obtenir le retrait total de cette réforme», affirme Denis Gravouil, responsable CGT assurance-chômage.

Premiers oubliés : les extras de la restauration et les permittents de l'événementiel

Les drames ne manquent pas pour démontrer la nocivité de celle-ci. Premières victimes dans la restauration : les « extras », dont les chances de retrouver un emploi avant 2021 sont quasi nulles, déplore François Choux, du collectif Opre (Organisation du personnel de la restauration dans l'événementiel). Les « permittents » de l’événementiel ne sont pas mieux lotis. À l’image de Valérie, qui n’a pu entrer dans le cadre du chômage partiel, « toutes mes dates ayant été annulées début mars lorsque les manifestations de plus de 100 personnes ont été interdites ». « N’étant pas en fin de droits », cette petite main des grandes manifestations se retrouve contrainte « d’utiliser ses allocations journalières qui ne seront pas prolongées du temps du confinement », sans possibilité de recharger ses droits à indemnisation puisqu’elle ne peut travailler. « Jusqu’ici aucune aide exceptionnelle n’a été prévue pour nous. On est les oubliés et on ne va pas pouvoir s’en sortir », poursuit-elle, espérant obtenir le « gel du décompte de leurs jours de Pôle emploi » jusqu’en 2021, à l’instar des intermittents.

Vulnérabilité dans le secteur de l'aide aux personnes âgées

Autres travailleurs en danger, les auxiliaires de vie et aides-soignantes auprès des personnes âgées. « Avec des contrats de 20 à 30 heures par semaine pour le compte d’associations ou d’entreprises privées, ou payées à la prestation, ces femmes privées d’allocation du fait de la multiplication de leurs contrats courts se retrouvent sans autre revenu que le RSA lorsque leur patient décède, et ce jusqu’à ce que leur employeur leur trouve un nouveau client », alerte Barbara Filhol, de la CGT action sociale. Or, ces situations de vulnérabilité se sont multipliées à cause de la surmortalité liée au Covid-19.

« Au 1er mars, 410 000 travailleurs précaires n’ont pas pu ouvrir ou recharger leurs droits à chômage suite à l’application de la réforme de l’assurance-chômage », souligne la CGT. Les projections du syndicat pour les mois suivants dessinent une hécatombe sociale, surtout si la deuxième phase de la réforme de l’assurance-chômage, ajournée, prend finalement effet en septembre. Ces nouvelles règles entraîneraient une baisse des allocations de 22 % en moyenne, selon les chiffres de l’Unedic. Mobilisées elles aussi, les associations de privés d’emploi dénoncent, dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, les « mesures totalement insuffisantes prises par le gouvernement » et exigent, entre autres, l’abrogation de la réforme de l’assurance-chômage.

Clotilde Mathieu
Partager cet article
Repost0
27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 06:12
Fabien Roussel monte au front pour l'emploi chez Renault à Choisy-le-roi (L'Humanité, Benjamin König, 26 mai 2020)
Mardi, 26 Mai, 2020
Fabien Roussel monte au front pour l’emploi à Choisy-le-Roi

Le secrétaire national du PCF s’est rendu lundi devant l’usine Renault, dont l’activité est menacée par la direction. Cette dernière lui a refusé l’accès au site.

 

Depuis l’annonce de la fermeture programmée de quatre sites, dont celui de Choisy-le-Roi, situé dans cette cité du Val-de-Marne en bord de Seine, c’est la stupeur. Et l’incompréhension, tant cette usine est un modèle d’économie circulaire : ici, les 263 salariés, sans compter les intérimaires, assurent la remise à neuf de pièces automobiles, dont des moteurs. En ce lundi matin ensoleillé, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, est venu rencontrer les salariés et visiter le site, en compagnie du maire communiste de la ville, Didier Guillaume. Hélas ! La direction de Renault en a refusé l’accès au député et à l’édile. Un comportement qui symbolise le peu de cas que le groupe fait du débat public… Qu’importe : devant les grilles, Fabien Roussel rencontre « de façon informelle quelques salariés qui, pour l’instant, ne veulent pas s’exprimer publiquement ». Car eux aussi restent interloqués et ne comprennent pas. Ils préfèrent attendre les annonces du chef de l’État, qui doit s’exprimer ce mardi, et surtout celles de la direction de Renault, prévues vendredi 29 mai.

Pour Dider Guillaume, le maire de la ville, cette fermeture ne serait rien de moins qu’une « hérésie »

À l’écart des journalistes, le secrétaire national du PCF s’entretient avec plusieurs délégués syndicaux – notamment de FO, majoritaire sur le site. « Je suis venu les écouter, et comprendre ce qui pourrait pousser Renault à fermer cette usine. » Pour le maire de la ville, cette fermeture ne serait rien de moins qu’une « hérésie ». Didier Guillaume est inquiet, car cela « aurait une incidence sur de nombreuses familles, sur le commerce, les sous-traitants ». Depuis la révélation par le Canard enchaîné des projets funestes du groupe Renault, les sentiments mêlés, à Choisy-le-Roi, sont « le choc, l’étonnement, l’inquiétude et l’incompréhension, car cette usine est rentable et vertueuse ». De nombreux jeunes de la ville y travaillent, parfois après des formations spécialisées dans les établissements alentour ou l’antenne locale de Pôle emploi. « Ici, c’est un fleuron, poursuit Fabien Roussel. C’est écologique puisqu’ils recyclent des moteurs. Pourquoi les salariés devraient-ils aller travailler à Flins (l’usine pourrait accueillir l’activité de Choisy - NDLR), à 70 kilomètres d’ici ? »

En toile de fond, ce qui est en cause est toujours la stratégie industrielle de l’État, alors que ce dernier est actionnaire à hauteur de 15,01 %. Car les aides nationales ne sont pas conditionnées au maintien de l’emploi… « Le groupe Renault veut maintenir la rentabilité pour les actionnaires. Nous voulons l’emploi et l’investissement. Ce sont deux logiques qui s’affrontent », résume Fabien Roussel. Le député insiste sur le rôle de l’État : « J’attends du gouvernement qu’il exprime clairement une stratégie pour l’industrie automobile. Nous avons besoin du maintien de ces sites industriels dans notre pays, de relocaliser la production des Dacia depuis la Roumanie, ou de la Clio, aujourd’hui fabriquée en Turquie. » Renault réalise actuellement 17 % de ses véhicules en France, et le secrétaire national estime qu’un « objectif ambitieux serait déjà de doubler ce chiffre ». D’autant que la crise liée au coronavirus a montré le besoin de relocaliser les productions, notamment industrielles. Didier Guillaume en appelle à Emmanuel Macron : « La filière automobile a de l’avenir, elle doit créer des emplois pour nos jeunes ! »

Benjamin König
Lundi, 25 Mai, 2020 - l'Humanité
Renault. Pour Sébastien Jumel, député PCF et ancien maire de Dieppe, « l’État doit conditionner ses 5 milliards à la sauvegarde des sites menacés »

Entretien. L’annonce par le constructeur automobile d’un plan d’économie de 2 milliards d’euros et de la potentielle fermeture de quatre sites, dont celui de Dieppe, a été reçue comme un coup de massue en Normandie. Et tout n’est pas imputable à Ghosn, rappelle Sébastien Jumel, qui pointe toute la responsabilité de l'Etat.

 

Le détail du plan d’économie de 2 milliards d’euros de Renault, annoncé en début d’année sera présenté le 29 mai. Quatre sites industriels français et des centaines d’emplois seraient sur la sellette (lire notre dossier du 22 mai). Pour le député PCF Sébastien Jumel, l’État actionnaire est au pied du mur. D’autant que le gouvernement s’apprête à garantir au constructeur un prêt de 5 milliards d’euros.

 

L’emblématique usine Alpine de Dieppe, propriété de Renault est, avec Flins, Choisy-le-Roy et la Fonderie de Bretagne, menacée de fermeture. Comment en sommes-nous arrivés là ?

Sébastien Jumel. Beaucoup essaient de faire porter la responsabilité des difficultés sur Carlos Ghosn. C’est vrai qu’il a impulsé une stratégie industrielle tournée vers l’export, qu’il a profité de la mondialisation de l’économie. La plupart des véhicules électriques de la marque se font en Turquie, au Maroc. La voiture la plus vendue, la Clio, est fabriquée en Turquie. Le groupe est entré dans une quête de rentabilité au détriment de l’économie réelle et de la préservation des savoir-faire. Renault a aussi ciblé le volume, avec pour objectif de produire 6 millions de véhicules par an pour devenir premier constructeur mondial, alors qu’on est aujourd’hui à 3 millions. Les résultats de Renault du premier trimestre sont mauvais, avec une baisse des ventes de 25 % en volume et de 19 % en valeur. Et l’action a perdu depuis le début d’année plus de 59 % de sa valeur. Pourtant le constructeur résiste plutôt mieux que ses concurrents, la chute de son chiffre d’affaires s’est limitée à 3 % l’année dernière, contre 5 % en moyenne dans le secteur. Et l’année 2018 a été florissante avec 3 milliards d’euros de bénéfice. Donc oui, il y a eu des erreurs stratégiques, déconnectées de la crise du Covid. Mais tout n’est pas imputable à Ghosn. Il ne faut pas oublier que l’État, avec 15,01 % du capital, est le premier actionnaire du groupe juste devant Nissan. Il aurait pu impulser une autre stratégie.

La responsabilité de ce gâchis est donc aussi très politique ?

Sébastien Jumel. Je serais très demandeur qu’on fasse le point sur le Cice dont a bénéficié Renault à hauteur de plusieurs dizaines de millions d’euros chaque année, sans parler des autres aides publiques. Comment tout cet argent a-t-il été utilisé ? La doctrine française consistant à aider l’industrie sans aucune contrepartie d’emploi ni de formation doit être remise en cause. Pendant le Covid, le groupe a fermé 12 sites en France et mis 28 000 salariés en chômage partiel. Il a donc bénéficié de la solidarité nationale. Il faut aussi conditionner les 5 milliards d’euros de prêt que lui garantit l’État à la sauvegarde des sites menacés. Moi je crois en un État stratège, qui préserve l’emploi, s’implique dans la gestion prévisionnelle des effectifs, mais aussi dans le virage technologique de Renault, insuffle une stratégie de recherche et développement à moyen et long terme. Si demain le gouvernement annonce de nouvelles primes sans contrepartie pour la voiture électrique, cela ne va favoriser que les sites étrangers.

" Je crois en un État stratège, qui préserve l’emploi, s’implique dans la gestion prévisionnelle des effectifs, mais aussi dans le virage technologique de Renault, insuffle une stratégie de recherche et développement à moyen et long terme. "

Y a-t-il un savoir-faire particulier justement sur le site menacé de Dieppe ?

Sébastien Jumel. C’est le berceau du savoir-faire de Renault Sport et d’Alpine. J’en ai fait le symbole d’une reconquête industrielle possible de l’intelligence ouvrière. En 2019, 4 835 modèles d’Alpine ont été vendus, plus du double qu’en 2018. 60 % ont été immatriculées en France, il y a donc encore un vrai espace de développement pour ce véhicule haut de gamme à l’étranger. Sur le site de Dieppe, il y a aussi de la fabrication de pièces détachées pour les voitures sportives, la production de véhicules de rallyes, de prototypes. Des ingénieurs du site ont par exemple travaillé sur un modèle de SUV hybride nouvelle génération qui a été validé par la marque. Mais rien ne dit qu’il sera construit ici. Alpine, c’est dans l’ADN de Dieppe. Il y a eu une union sacrée pour la sauver. Toutes les collectivités se sont mobilisées. 38 millions d’euros d’investissement ont été réunis pour remettre l’usine à neuf et Renault menace de la fermer et de mettre ses 385 salariés à la porte, sans parler des sous-traitants qui forment le tissu industriel local. Le gouvernement dit qu’il faut recouvrer une souveraineté industrielle, qu’il faut relocaliser, que ce sont des leçons de la crise. Qu’il passe aux actes avec Flins, Dieppe, Choisy-le-Roy et la Fonderie de Bretagne. Mais attention aussi que la petite mort différée de Flins ne devienne pas l’alibi du gouvernement pour ne pas sauver les trois autres bastions industriels. Je vais interpeller le gouvernement mardi aux questions d’actualité dans ce sens. L’État doit être au rendez-vous d’une souveraineté industrielle recouvrée.

Partager cet article
Repost0
27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 05:17

 

PCF - DES MOYENS POUR L’HÔPITAL ET LES EHPAD
PCF - DES MOYENS POUR L’HÔPITAL ET LES EHPAD
PCF - DES MOYENS POUR L’HÔPITAL ET LES EHPAD
PCF - DES MOYENS POUR L’HÔPITAL ET LES EHPAD
Partager cet article
Repost0
25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 05:58
L'Etat n'est pas la béquille du marché - entretien avec Marie-Claire Cailletaud (secteur industriel CGT), Marion d'Allard - L'Humanité, 22 mai 2020
Vendredi, 22 Mai, 2020
« L’État n’est pas la béquille du marché »

Alors que les annonces de restructuration s’enchaînent, faisant craindre à moyen terme des licenciements économiques massifs, la CGT réaffirme l’urgence de conditionner les aides publiques et d’élaborer une programmation pluriannuelle de l’industrie. Entretien avec Marie-Claire Cailletaud, coanimatrice du secteur industriel CGT.

 

L’État a débloqué 300 milliards d’euros pour aider les entreprises à faire face à la crise. Renault, qui a bénéficié d’un prêt garanti de 5 milliards d’euros, envisagerait de fermer quatre usines en France. Quelle analyse faites-vous de cette situation ?

Marie-Claire Cailletaud Qu’il faille soutenir les entreprises et en particulier celles qui sont fragilisées, que l’État intervienne pour que le tissu industriel ne s’érode pas plus encore est une chose que nous ne remettons pas en question. En revanche, que ces aides publiques financent des restructurations, des fermetures de sites et des licenciements est inconcevable. Cette période doit être mise à profit pour se poser enfin les bonnes questions. Quelle vision avons-nous de la filière automobile pour les trente années qui viennent ? Quels types de véhicules devons-nous produire ? Au moyen de quelle complémentarité à l’échelle de l’Europe ? En quelle quantité et pour répondre à quels besoins ? Répondre à ces questions est indispensable pour pouvoir, ensuite, adapter l’outil productif, définir les grands axes de recherche et former les salariés. Le versement d’argent public doit financer un projet d’avenir pour la filière. Le chèque en blanc est une politique irresponsable. La CGT le réaffirme, toute aide publique doit être conditionnée au non-versement de dividendes aux actionnaires comme à la diminution des rémunérations des dirigeants. L’État n’est pas la béquille du marché.

Les grands groupes industriels multiplient les annonces de re­structurations au nom des conséquences économiques de la crise sanitaire. Les entreprises françaises ont-elles les moyens d’y faire face ?

Marie-Claire Cailletaud Cette crise a révélé l’état de désindustrialisation de notre pays. C’est d’ailleurs ce qui explique en partie que nous nous en sortons moins bien que l’Allemagne. Nous n’avons pas les mêmes capacités industrielles permettant, dans un délai assez court, de pouvoir réorienter une production pour répondre à l’urgence. Cela doit nous faire réfléchir collectivement à la relocalisation des filières stratégiques en France et en Europe. Notre tissu industriel est construit autour de quelques grands groupes dont dépendent des milliers de petites entreprises sous-traitantes, dont beaucoup n’atteignent pas la taille critique qui leur permettrait de faire face. Il faut donc revoir en profondeur la relation entre les donneurs d’ordres et leurs sous-traitants. Quant aux aides publiques, elles doivent, lorsqu’elles sont versées aux grandes entreprises, servir en premier lieu à payer les fournisseurs. Il faut parvenir à maintenir et développer une base industrielle solide sur tout le territoire permettant d’ancrer les emplois. Pour monter en puissance productive en cas de crise, comme ça a été le cas sur la question des masques, des surblouses ou des respirateurs, il faut un outil de base costaud, capable de réorienter rapidement sa production. En France, nous n’avons plus cet outil.

Relocaliser des productions ne reviendrait-il pas à augmenter les coûts de fabrication et, par ricochet, les prix de vente ?

Marie-Claire Cailletaud Oui, produire en France, ou en Europe, revient plus cher que de faire faire à l’étranger. Mais cette réalité se base sur une double hypocrisie. Sociale, car elle repose sur le travail de salariés sous-payés, et environnementale du fait d’un transport sous-tarifé. Si l’importation était évaluée à son juste coût et en prenant en compte les externalités négatives, ça ne reviendrait pas beaucoup plus cher de produire au plus près. Par ailleurs, relocaliser une partie de la production et singulièrement dans les filières stratégiques enclencherait une boucle vertueuse avec la création de milliers d’emplois industriels – souvent mieux rémunérés que dans les services –, stables et avec des salariés formés. C’est en ce sens que la CGT propose d’augmenter notre base productive pour qu’elle passe de 10 % à 20 % du PIB. L’idée n’est pas de dire qu’il faut fermer les usines à l’étranger, mais de définir une vision industrielle pour produire au plus près des besoins.

 

Quelles mesures l’État devrait-il prendre pour éviter la casse ?

Marie-Claire Cailletaud En premier lieu, stopper toutes les restructurations, délocalisations et autres PSE. Car il y a, certes, les conséquences du Covid, mais il y a aussi tout un tas d’entreprises qui avaient déjà des plans et qui en profitent pour accélérer leur mise en œuvre. Je pense par exemple à EDF, entreprise hautement stratégique et où les syndicats se battent pour empêcher l’aboutissement du plan Hercule qui prévoit de scinder l’entreprise en deux. Il faut immédiatement interrompre ce plan et se mettre autour de la table pour se projeter dans l’avenir. C’est vrai pour l’énergie comme pour d’autres secteurs. C’est d’ailleurs la raison d’être des comités de filières stratégiques, mais ils sont dirigés par les patrons des grands groupes, et les syndicats n’y ont pas beaucoup leur mot à dire. Pourtant, le besoin de débat démocratique est crucial sur ces enjeux.

Quid de la recherche-développement et de la formation des salariés ?

Marie-Claire Cailletaud La question de la recherche est incontournable, tout comme celle de la formation. C’est pour cela qu’à la CGT nous plaidons pour une programmation pluriannuelle de l’industrie qui permette de prévoir à moyen et à long terme les besoins en termes d’infrastructures, de services publics. De cette forme de planification découlent les plans de formation, de recherche, aux antipodes du crédit d’impôt-recherche qui ne sert pas à la recherche, c’est le moins que l’on puisse dire. Il faut des financements publics et privés à la hauteur, car ce qui étouffe l’industrie, c’est la financiarisation de l’économie. La course à une rentabilité immédiate à deux chiffres est incompatible avec le développement industriel. Face aux actionnaires et au marché, nous plaidons pour une politique forte. Et pour couper ce cordon ombilical entre les dirigeants et les actionnaires, il convient de remettre de la démocratie sociale dans l’entreprise. Les salariés doivent pouvoir prendre part aux orientations stratégiques et nous proposons, par exemple, une participation à 50 % dans les conseils d’administration, assortie de la possibilité d’un droit de veto. Ceux qui font l’entreprise par leur travail doivent participer aux décisions, élaborer le sens de la production, l’organisation et le temps de travail.

Entretien réalisé par Marion d’Allard
L'Etat n'est pas la béquille du marché - entretien avec Marie-Claire Cailletaud (secteur industriel CGT), Marion d'Allard - L'Humanité, 22 mai 2020
Partager cet article
Repost0
25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 05:57
Vendredi, 22 Mai, 2020
Renault, Engie, Air France… Quand les aides publiques financent la casse sociale

L’exemple de Renault, qui pourrait bien tailler dans ses effectifs après avoir obtenu un prêt garanti par l’État, remet la question de la réindustrialisation au centre du jeu. Accorder des aides sans contrepartie dans la période risque d’accélérer les restructurations. Explications.

 

Effet dévastateur garanti. La publication, mercredi, d’un article du Canard enchaîné concernant des rumeurs de fermetures de sites chez Renault a déclenché une polémique qui n’est pas près de retomber. Selon l’hebdomadaire, dont les informations n’ont toujours pas été confirmées (ni infirmées), la direction envisagerait de liquider trois usines : Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), les Fonderies de Bretagne (Morbihan) et le site de Dieppe (Seine-Maritime). L’usine de Flins (Yvelines), employant 2 600 salariés en CDI, verrait son sort scellé plus tard, avec une hypothétique reconversion à la clé.

« Il fallait imposer des critères économiques contraignants »

Le timing est fâcheux. Renault vient juste de décrocher un prêt garanti par l’État d’un montant de 5 milliards d’euros qui doit l’aider à surmonter le plus gros de la crise sans y laisser trop de plumes. Accordée sans aucune contrepartie en matière de maintien de l’emploi, cette manne n’a pas empêché la marque au losange de confirmer un plan de réduction des coûts de 2 milliards d’euros, dont les détails doivent être présentés le 29 mai. Pour Fabien Gâche, délégué syndical central CGT, ce ne serait pas la première fois que le constructeur empocherait de l’argent public tout en poursuivant tranquillement son bonhomme de chemin : « En 2009 (en pleine crise financière), Renault s’était vu accorder un prêt de 3 milliards d’euros par l’État qui a en réalité servi à accélérer le processus de délocalisation. Regardez les chiffres : en 2004, Renault fabriquait en France 53 % de sa production de véhicules particuliers. En 2012, on était tombé à 30 %. Nous tournons actuellement à 17 %. À ce rythme, on va finir à 5 %… »

Renault serait-il un cas d’école ? La question se pose avec une acuité particulière depuis que l’État a ouvert en grand les vannes de l’aide publique, sur fond de déconfinement. Sur le terrain, les syndicats redoutent les effets pervers de cette pluie de milliards déversés sans contrepartie sociale. L’exemple d’Air France en dit long. En grande difficulté, la compagnie tricolore a décroché un prêt de 7 milliards d’euros, dont 4 milliards garantis par l’État à hauteur de 90 %. Seul impératif : la nécessité de ne pas verser de dividendes tant que l’argent ne sera pas remboursé. « Sur le papier, cela peut sembler très bien, indique un expert du secteur aérien. Mais en pratique, l’effet pervers est énorme. Puisque le versement de dividendes à venir est conditionné au remboursement du prêt, la compagnie va chercher à dégager du cash très vite. Et dans un contexte de faible activité, où trouvera-t-elle des marges ? En taillant dans ses coûts fixes, c’est-à-dire l’emploi. »

7 milliards d'euros accordés à Air France

Pour l’expert, ce n’est pas tant le bien-fondé de l’aide financière qui est en cause – le secteur aérien traverse un trou d’air historique – que son absence de conditionnalité : « Il fallait imposer des critères économiques et sociaux contraignants. La filière aérienne française est un outil de notre indépendance. Et un énorme gisement d’emploi : 1,5 million de salariés dépendent du secteur. » Personne ne sait combien de postes passeront à la trappe chez Air France, mais la direction a confirmé son intention de réduire la voilure. Hop !, filiale low cost court et moyen-courrier du groupe, est sur la sellette : « Le plan de Ben Smith (patron du groupe), c’est de nous couper les ailes, assure Joël Rondel, élu CGT de la filiale. Air France veut nous sacrifier au profit de Transavia. Hop !, c’est 2 700 salariés, 1 500 navigants et 1 200 au sol. » Au final, à quoi serviront les 7 milliards d’euros accordés à Air France ? Difficile à dire, au vu de l’omerta qui entoure traditionnellement l’utilisation des deniers publics.

Une chose est sûre : accorder des aides sans contrepartie dans la période risque d’accélérer les restructurations. Les salariés du tour-opérateur TUI France en font l’amère expérience. En mars, la maison mère allemande a obtenu un prêt de 1,8 milliard d’euros auprès de la KfW, la puissante banque publique germanique. Un prêt à rembourser dans un laps de temps très court… Le verdict ne s’est pas fait attendre : 8 000 emplois pourraient être supprimés, soit 10 % des effectifs totaux, et les salariés français attendent avec anxiété de connaître le montant de la douloureuse. « La direction a été très claire, raconte Lazare Razkallah, secrétaire général CGT du CSE. Ils nous ont dit que la maison mère voulait restructurer très vite pour rembourser les 1,8 milliard d’euros. En réalité, rien ne l’impose : nous avons les reins plus solides que la plupart de nos concurrents, qui n’ont pourtant pas annoncé de suppressions de postes. »

Chez Engie, 15 000 postes seraient menacés

Les aides publiques ne prennent pas seulement la forme de prêts garantis. En France, nombre de grosses boîtes ont utilisé le dispositif de chômage partiel, qui garantit aux travailleurs 84 % de leur salaire net, payé par l’État. Jusque-là, rien d’anormal. Ce qui ne passe pas en revanche, c’est quand ces mêmes groupes annoncent des restructurations « XXL » dans la foulée. Les syndicalistes d’Engie ont découvert que le groupe énergétique concoctait un plan de cessions qui pourrait menacer 15 000 postes dans le monde (dont 9 000 en France), malgré des résultats robustes (1,9 milliard d’euros de résultat opérationnel au premier trimestre).

Durant le confinement, le groupe a mis près de 20 % de ses effectifs en chômage partiel. Ce qui aurait coûté aux contribuables, selon nos informations, quelque 100 millions d’euros. « Je trouve très malvenu de lancer un tel programme dans la période, peste Yohan Thiebaux, coordinateur CGT. En un sens, la crise leur a permis de masquer le coût social de la restructuration : ça n’a pas fait beaucoup de bruit dans la presse. Nous avons interpellé le premier ministre, mais pour l’instant, le gouvernement ne bouge pas une oreille. »

Les ambiguïtés du discours patronal

Engie, Air France, Renault… Cette avalanche de restructurations très « ancien monde » n’augure rien de bon pour l’avenir, et tranche avec les professions de foi annoncées par le patronat. Depuis quelques semaines, les industriels produisent des notes en pagaille, dans lesquelles ils s’engagent à « relocaliser », promouvoir une croissance « décarbonée » et rebâtir la « souveraineté économique » du pays. C’était notamment le sens de l’intervention de Philippe Varin, président de France Industrie, devant le Sénat le 29 avril. Autant de promesses qui laissent de marbre Gabriel Colletis, économiste spécialiste de l’industrie. « Le patronat français a toujours su faire preuve d’une grande intelligence politique, ironise-t-il. Ses représentants prennent appui sur les attentes sociales pour les récupérer à leur avantage. » Et l’économiste de souligner les ambiguïtés du discours patronal : « Derrière un changement de façade, tous veulent continuer comme avant. Dans leur bouche, la transformation des entreprises passe nécessairement par une plus grande “agilité”, c’est-à-dire un accroissement de la flexibilité du travail. Quant aux relocalisations, elles s’entendent toujours au niveau européen. Lorsque Philippe Varin prend l’exemple de la fabrication de batteries pour les voitu res électriques, c’est ainsi qu’il faut le ­comprendre : les industriels vont regarder quels pays offrent les coûts de production les plus faibles – sans doute l’Europe de l’Est –, et y implanter les futures unités. » À ce rythme-là, le monde d’après risque de ressembler trait pour trait à l’ancien…

Cyprien Boganda
Renault, Engie, Air France… Quand les aides publiques financent la casse sociale (Cyprien Boganda, L'Humanité, 22 mai 2020)
Partager cet article
Repost0
25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 05:50

LA COMTESSE DE SÉGUR POMMADE MAIS NE SOIGNE PAS

Le Président de la République a annoncé depuis Mulhouse son attachement au service public hospitalier. Mais la feuille de route définie en conseil des ministres du 20 mai pour Olivier Véran, hôte de l’avenue de Ségur, enterre l’hôpital public !

Dans les territoires, il s’agit d’accélérer l’application de la loi "Ma Santé 2022", une stratégie qui consiste à fermer des services de réanimation, de chirurgie, de psychiatrie, d’urgences, des maternités, des SMUR … pour réduire les hôpitaux de proximité au service minimum, éloignant, entre autres, les personnes âgées des soins techniques, désertifiant des zones géographiques entières ! Pas même une référence aux centres de santé, alors qu’il faudrait développer un service public pour les soins de premier recours !

Caricatural : la première mesure suggérée pour revaloriser les carrières consiste à proposer l’exercice mixte, rappelant l’hôpital du XIXème siècle, le médecin gagnant sa vie en ville et venant faire la charité à l’hôpital. Quelle conception du service public ! Quel mépris pour les autres catégories de personnels, à qui on propose de travailler plus alors qu’elles veulent travailler mieux.

La seule bonne nouvelle de cette feuille de route pourrait être l'évolution du nombre de lits. Toutefois, cela serait plus crédible si était annoncé simultanément qu'à Nancy, Caen, Nantes et ailleurs, il n'y aurait plus de suppression de lits ni de personnels en échange des investissements prévus.

On aurait également espéré un grand plan de formation de soignants, avec un signe fort, immédiat, de relèvement du numerus clausus cette année.

L’accélération de la réforme du financement ne donne aucune garantie sur l’enveloppe globale accordée aux hôpitaux. Quant à la nécessaire intervention des personnels, des élus, des usagers dans la gestion du système public de santé, elle est omise, remplacée par le dialogue sans droits et la simplification !

En ouvrant ce Ségur de la santé, le pouvoir politique veut mettre fin à la mobilisation de plus en plus populaire pour l’hôpital public en nous emmenant plus vite dans le mur. Pour changer de direction et répondre aux besoins sur tout le territoire, nous devons crier plus fort ! En lien avec les organisations des personnels, la Coordination Nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité appelle à multiplier les initiatives pour préparer une grande journée nationale d’action le 16 juin.

Lundi, 25 Mai, 2020 - L'Humanité
Ségur de la santé. Les 3 points clés des négociations

Le gouvernement ouvre ce lundi le Ségur, du nom de l'avenue où se trouve le ministère de la Santé : une période de sept semaines de discussions censées aboutir à des mesures pour renforcer notre système de santé. Mais le fossé est profond entre les revendications des personnels et ce qu’est prêt à lâcher l’exécutif.

 

Le « Ségur de la santé » est au moins assuré de figurer dans le Livre des records, au chapitre des concertations officielles menées par voie numérique. Pas moins de 300 personnes – représentants des hôpitaux, des Ehpad, du médico-social et de la médecine de ville – ont été invitées ce lundi à se connecter en visioconférence, par Olivier Véran, le locataire du ministère de la Santé, sis avenue de Ségur. Montées de façon express, ces discussions doivent se poursuivre sur sept semaines de discussions en « groupes de travail » et en « partage d’expérience », coordonnés par Nicole Notat (lire son portrait dans l’Humanité de vendredi dernier). Rendu des conclusions attendu mi-juillet. Ensuite ? « Nous irons vite, nous irons fort », a promis Olivier Véran, donnant rendez-vous pour une première salve de mesures dans le prochain budget de la Sécurité sociale, présenté fin septembre. Mais dans quelle direction ? Là réside l’ambiguïté de ce Ségur de la Santé. Pour le gouvernement, il s’agit de ne pas laisser retomber les promesses jupitériennes de « plan massif d’investissement et de revalorisation » en faveur de l’hôpital. Mais les premières pistes esquissées et les premiers retours à la situation pré-coronavirus dans les établissements n’augurent pas une reprise in extenso des revendications des personnels soignants. Pourtant très simples et rabâchées depuis dix-huit mois que dure le mouvement social des hospitaliers (plus de lits et d’offres de soins, plus de personnels et de meilleurs salaires), ces demandes font à nouveau l’objet de manifestations et fondent la nouvelle journée de mobilisation nationale du 16 juin.

1. Service minimum sur les salaires

Au bout de deux mois de lutte émérite contre l’épidémie, les histoires de prime pas pour tout le monde et pas encore versée, de médaille et même de 14 juillet dédié aux soignants, ont fini d’exaspérer les agents, toutes catégories confondues. L’exécutif promet des hausses de salaires. C’est le moins qu’il puisse faire. La rémunération moyenne des infirmières françaises est inférieure de 5 % au salaire moyen national, alors qu’il est 28 % supérieur pour leurs homologues espagnoles. Fin novembre 2019, après une énième journée de mobilisation nationale de la santé, le gouvernement avait bien annoncé une prime de 800 euros à 40 000 aides-soignants et infirmiers d’Île-de-France, ainsi qu’un budget de 200 millions d’euros laissé « à la main » des hôpitaux « pour récompenser (…) l’engagement et l’investissement des personnels ». Mais, dans le même temps, le gel du point d’indice des salaires de la fonction publique a été maintenu pour la dixième année consécutive. Les membres du collectif Inter-Hôpitaux croient comprendre de leur audience auprès d’Emmanuel Macron du 15 juin dernier que le gouvernement compte cette fois aligner le salaire de base de tous les personnels au minimum sur la moyenne des salaires des pays de l’OCDE, médecins compris. Soit encore très loin du « rattrapage de 400 euros net pour toutes et tous » et de l’ « augmentation des grilles de rémunération pour les corps professionnels ».

2. La casse des 35 heures plutôt que des effectifs supplémentaires

Si Olivier Véran se sent pousser des ailes, c’est bien sur le temps de travail. Ou plutôt sur la casse du temps de travail. À ce sujet, il s’est fait plus prolixe, expliquant vouloir « revoir le cadre d’organisation du temps de travail à l’hôpital », estimant nécessaire de remettre en cause les « carcans qui empêchent ceux qui le souhaitent de travailler davantage » afin de permettre « aux salariés qui le souhaitent » d’organiser « leur temps de travail différemment ». Le ministre est sûr de contenter la Fédération hospitalière de France, soit les employeurs publics et privés de la santé, vent debout depuis toujours contre les 35 heures et qui préconise un « dispositif d’autonomie avancée » entre les mains des directions d’établissements. « Il ne faut pas pervertir ce Ségur de la santé en brandissant un totem de remise en cause des 35 heures », a prévenu le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. Pour les syndicats, ce remède est un poison. « L’amélioration des conditions de travail passe par une réelle politique de réduction du temps de travail », relève la CGT des Hôpitaux de Paris, qui se souvient des 1,4 million d’heures supplémentaires faites et du million de jours non pris sur les comptes épargne-temps. Le syndicat appelle au contraire à la « création de 10 000 emplois à l’AP-HP avec la titularisation des CDD ». Une revendication d’augmentation des effectifs commune à tous les personnels des hôpitaux de France et de Navarre. Malheureusement, leurs directions n’en prennent pas le chemin. FO SNMH (médecins hospitaliers) a souligné que « les agents quittant leurs postes, volontaires pour aider pour le Covid et recrutés en urgence, à qui on avait promis un CDI, n’auront pas de titularisation, car il n’est pas prévu de changer les feuilles de route. Tout doit se faire dans les budgets prévus ».

3. Gestion et financements sous contrôle

Pour le docteur Anne Gervais, du collectif Inter-Hôpitaux, voilà comment un hôpital devrait fonctionner : « Nous voulons construire un hôpital basé sur la santé publique, avec des moyens adaptés aux besoins de santé publique. Cela demande des investissements, des moyens et une gouvernance partagée, de l’agence régionale de santé ou du ministère vers le terrain ». Si le ministre de la Santé a promis de donner plus de place aux médecins dans le « pilotage » des établissements, il n’a rien dit des manières d’avant la crise fondées sur le lean management et la politique du chiffre, qui ont réapparu. « Partout, les directions nous disent : la crise n’est pas finie, la sortie de la crise va prendre beaucoup de temps », relève FO SNMH. Chacun est prié de comprendre le message : ce qui va durer, c’est l’organisation actuelle, c’est-à-dire la fermeture des unités de soins conventionnelles, l’impossibilité d’examiner ses patients en consultation. Pour le syndicat, « toutes les mesures incluses auparavant dans les plans de restructuration ne s’appellent plus Copermo ou Cref mais désormais “Covid” ».

Même surplace pour les financements. L’exécutif avait bien promis fin 2019 d’assouplir la tarification à l’activité (T2A), ce système poussant les hôpitaux dans une course aux actes. Silence radio désormais. Sans doute parce qu’un autre silence pèse de façon encore plus pesante. Celui sur le nerf de la guerre, dont le niveau est défini par l’Ondam. Derrière cet acronyme barbare se cachent le rationnement du budget alloué au système de santé et ses corollaires : salaires contraints, diminution du nombre de lits… L’Usap-CGT préconise un doublement de cet Ondam à hauteur de 5 % minimum. L’exécutif préfère user de l’expédient de quelques rallonges budgétaires et fait miroiter la reprise non plus de 10 milliards d’euros, mais de 13 milliards sur les 30 milliards de la dette des hôpitaux publics. Bercy veille sur le grisbi.

Stéphane Guérard
Mardi, 19 Mai, 2020 - L'Humanité
Hôpital. Une journée d’action pour maintenir la pression

Les annonces d’Olivier Véran au sujet du plan Ségur pour la santé n’ont pas convaincu syndicats et collectifs, qui appellent toujours à la mobilisation le 16 juin.

 

Le mois de juin s’annonce explosif dans la santé. Alors que les luttes se déconfinent dans les hôpitaux avec le soutien des usagers, des syndicats et différents collectifs ont réaffirmé hier, lors d’une visioconférence, la nécessité d’une journée d’action nationale le 16 juin prochain. Pour Mireille Stivala, secrétaire générale de la CGT santé et action sociale, il n’y a aucune raison de faire machine arrière : « Nous restons mobilisés, nous recommençons les initiatives tous les mardis, notamment les déploiements de banderoles, et les modalités restent à fixer pour le 16 juin compte tenu de la situation sanitaire. »

Le plan Ségur de la santé annoncé dans le Journal du dimanche par Olivier Véran, avec la tenue d’une première réunion entre syndicats et collectifs le 25 mai prochain, n’a pas apaisé les tensions. Et pour cause : « Aucun d’entre nous n’a été contacté. Nous n’avons pas d’autres informations pour savoir ce qui va nous être proposé », expose Jacques Trévidic, président d’Action praticiens hôpital (APH). Élodie Schmitt, du collectif Inter-Blocs, embraie : « Nous n’avons eu aucun contact avec eux même pendant la crise sanitaire », rappelant au passage « que le système n’a pas tenu, il s’est effondré. Nous avons dû transférer des patients et on s’est mis en danger. Il ne faut pas que cela se reproduise ».

« Il faut des mesures d’urgence et de moyen terme »

Sur le fond, les pistes esquissées par le ministre de la Santé soulèvent déjà de nombreuses questions. En ce qui concerne les revalorisations salariales, tous voient pointer le risque d’un deux poids, deux mesures. « Il a évoqué les métiers du “care”, mais il y a aussi les agents de service hospitalier par exemple (ASH), il va falloir revoir toutes les grilles de métier », exhorte Julie Ferrua, de SUD santé-sociaux. La possible remise en cause des 35 heures à l’hôpital, déjà bien entamée par la généralisation des heures supplémentaires, ne passe pas non plus pour Léonard Corti, secrétaire général de l’Intersyndicale nationale des internes : « C’est une solution dramatique pour faire travailler encore plus les personnels. » Alors que les restructurations se poursuivent dans un hôpital public à l’os, il est plus que temps d’amorcer une transformation profonde, comme le souhaite Olivier Milleron, du collectif Inter-Hôpitaux : « On voit un début de mea culpa chez le gouvernement, le problème, c’est qu’on n’a plus confiance. Il faut des mesures d’urgence et de moyen terme. Tout de suite, nous avons besoin d’embauches, du paiement des heures supplémentaires ainsi qu’un moratoire sur les restructurations. À l’hôpital Bichat, où je travaille, la fusion avec Beaujon va faire fermer 30 % du total des lits. (…) On doit nous d onner les moyens de gérer une nouvelle vague de Covid. »

« Nous ne voulons pas de concertation, mais bien une négociation »

Depuis plus d’un an, tous se battent pour le même socle revendicatif : l’arrêt des restructurations, un plan de formation pluridisciplinaire, une reconnaissance salariale dans toutes les filières et enfin, la remise à plat du financement des établissements et de leur gouvernance. « Nous ne voulons pas de concertation, mais bien une négociation sur ces thématiques. Quand on voit le gouvernement réfléchir à des mécanismes pour que les salariés puissent donner des jours de RTT aux soignants, c’est insupportable ! » s’agace Mireille Stivala, avant de prévenir : « Nos organisations n’iront pas à de nouvelles rencontres (au ministère de la Santé - NDLR) si nous n’avons pas la garantie de réponses aux questions posées. »

Cécile Rousseau
LA COMTESSE DE SÉGUR POMMADE MAIS NE SOIGNE PAS - communiqué de presse de la coordination de défense des hôpitaux et maternités de proximité
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011