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25 février 2020 2 25 /02 /février /2020 07:08

Rachida Dati dans les bas-fonds du racisme électoraliste

En accusant les migrants d’être responsables de la tuerie d’Hanau, Rachida Dati s’est transformée, à des fins électoralistes, en supplétive de l’extrême droite.

Ainsi, non seulement, elle affranchit le tueur néo-nazi de toute responsabilité politique et idéologique, mais de plus, en déclarant que les migrants n’ont « pas la même conception du vivre ensemble que la nôtre, n’ont pas conscience de nos valeurs républicaines », Rachida Dati accuse les migrants d’être les véritables responsables de la tuerie … dont ils ont été les victimes !

Déjà à d’autres époques et encore aujourd’hui, l’extrême droite tient un même raisonnement à l’égard des Juifs qu’elle accuse d’être responsables, par leur simple présence, du nazisme et de leur propre extermination !

L’agression contre la mosquée de Bayonne a déjà démontré que le terrorisme d’extrême-droite peut frapper en France, comme partout en Europe. C’est toute la République qui doit se mobiliser contre les discours racistes qui poussent les fanatiques aux actes criminels.

Rachida Dati, par ses déclarations irresponsables, tenues à des fins bassement électoralistes, offre aux néo-nazis de l’extrême droite un véritable permis de persécuter les migrants.

Selon elle, ce n’est pas l’extrême-droite qui en serait responsable, mais la Maire de Paris, les associations d’entre-aide et tous ceux qui s’opposent au racisme !

Décidément, à vouloir pêcher dans les eaux nauséeuses de l’extrême droite avec l’espoir de récupérer ses électeurs, Rachida Dati et l’aile droitière du mouvement qu’elle représente, abusivement nommé « Les Républicains », témoignent qu’ils n’ont rien appris de l’Histoire.

Paris, le 24 février 2020

Retrouvez cet article sur le site internet du MRAP

Paris: Rachida Dati dans les bas-fonds du racisme électoraliste (MRAP)
Ils n’ont pas honte !. Pour Dati les migrants toujours coupables
Lundi, 24 Février, 2020 - L'Humanité

La candidate de la droite à la mairie de Paris accuse « l’ouverture des frontières » dans l’attentat perpétré par un tueur d’extrême droite en Allemagne.

 

Selon Rachida Dati, qui réagissait le 21 février à la fusillade qui a fait 9 morts en Allemagne, « Angela Merkel n’a pas mesuré les conséquences de l’ouverture massive des frontières ». « Quand elle le fait, ajoute la candidate LR à la mairie de Paris, elle le fait sans anticipation, sans cadre, sans même le gérer. Elle n’écoute pas son opinion publique, elle ne la prépare pas. » En outre, l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy en profite pour tirer sur la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui défendrait une « idéologie laxiste » en souhaitant selon elle « bienvenue aux migrants et aux réfugiés à Paris ».

On est habitué à ce genre de propos venant de la droite à la suite d’attentats motivés par une idéologie islamiste. Ils sont déjà scandaleux, amalgamant ainsi musulmans, immigrés, réfugiés au terrorisme. Mais cette fois Rachida Dati franchit un cap. À Hanau, en Allemagne, ce n’est pas un islamiste qui a abattu neuf personnes. C’est un militant d’extrême droite né en Allemagne, Tobias Rathjen, dont les victimes sont les clients et des membres du personnel de bars à chicha. Un Allemand qui a laissé une profession de foi au contenu explicite, raciste et complotiste.

Mais, pour Rachida Dati, ce n’est donc pas l’idéologie raciste du meurtrier qui est en cause. Quand il s’agit d’attentats djihadistes, les réfugiés, l’immigration sont déjà responsables à ses yeux. Et lorsque les victimes sont assassinées par un terroriste d’extrême droite, les coupables sont à nouveau les mêmes pour Dati ! Au passage, Rachida Dati se livre à un exercice de justification scabreuse des crimes, au prétexte que l’opinion allemande aurait été insuffisamment « préparée » à « l’ouverture des frontières ». Une course derrière l’extrême droite dont le résultat ne s’est fait pas attendre : un responsable du RN de la Mayenne a clamé sur Twitter être « parfaitement d’accord » avec la candidate de la droite parisienne.

Diego Chauvet
Paris: Rachida Dati dans les bas-fonds du racisme électoraliste (MRAP)
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23 février 2020 7 23 /02 /février /2020 07:30
Entretien du philosophe Etienne Balibar avec Jérôme Skalski, L'Humanité, 21 février: le communisme, c'est une subjectivité collective agissante et diverse
Étienne Balibar : « Le communisme, c’est une subjectivité collective agissante et diverse »
Vendredi, 21 Février, 2020

Dans les deux premiers volumes de ses Écrits (la Découverte) réunissant essais et textes d’intervention – dont certains inédits – rédigés entre 1994 et 2019, le philosophe emprunte les chemins du concept et de l’histoire. À leur croisée, la politique.

 

Les deux premiers tomes de vos Écrits, publiés cette année aux éditions la Découverte, associent concept et histoire, notions souvent opposées. Qu’est-ce qui anime ce double intérêt de votre pensée ?

Étienne Balibar Au cours de la vie, j’ai travaillé, d’un côté, autour de questions dont le centre d’intérêt était le travail du concept, en particulier de questions épistémologiques et anthropologiques, et puis, d’un autre côté, comme citoyen et comme militant, j’ai eu le sentiment qu’il fallait s’affronter à l’histoire dont on fait partie. On pourrait se dire que l’histoire, c’est le domaine dans lequel tout change. Celui dans lequel les positions les plus assurées sont, à un moment ou un autre, inévitablement remises en question. J’en discute un certain nombre dans mon livre sous le nom de « traces ». De l’autre côté, on pourrait avoir le sentiment que le travail du concept vise à une sorte de permanence qui est l’opposé même de la fuite du temps. Il est vrai qu’il s’agit de deux styles de travail mais je dirai volontiers – et j’espère que ces deux livres le montrent – qu’il y a un troisième terme fondamental qui est partie prenante aussi bien de la réflexion sur l’histoire que du travail du concept qui est la politique au sens large du terme. Donc, d’un côté, j’ai essayé de travailler et de réfléchir sur des exemples, passés ou présents, et même à venir, au sens de la conjecture, à la façon dont se noue le rapport intrinsèque de la politique, de l’histoire ou de la praxis et de la temporalité, et puis, de l’autre côté, j’ai essayé, sur la trace des dernières tentatives d’Althusser et de Foucault en particulier, de produire et d’explorer une conception de la pensée théorique dont le conflit, et par voie de conséquence, inévitablement, la politique, constituerait non pas une extériorité contingente, voire même un danger dont il faudrait se prémunir, mais au contraire une sorte de ressort, ou de puissance intrinsèque.

Point sur lequel vous ne cessez de croiser Marx ?

Étienne Balibar Oui, je revendique différentes sources d’inspiration – y compris certaines qui ne vont pas de soi comme Weber ou Schmitt –, mais la plus grande de toutes, effectivement, pour moi, c’est toujours Marx. Il y a quelque chose chez lui qui est admirable et que j’avais déjà souligné dans mon petit livre sur la Philosophie de Marx (1). Marx m’apparaît comme quelqu’un qui n’a jamais cédé, au fond, sur deux exigences fondamentales, même quand elles risquaient d’entrer en conflit l’une avec l’autre. Celle, d’un côté, de transformer le monde. C’est l’idée que nous vivons dans une société qui non seulement est contradictoire mais insupportable et qu’il faut absolument trouver les leviers, les forces et les tendances sur lesquels on peut s’appuyer pour la faire accoucher de son propre avenir et de son alternative. De l’autre côté, il y a chez Marx une soif de vérité qui repousse le compromis avec les facilités ou les contingences de la lutte politique. Il n’a cédé sur aucune des deux exigences, ce qui veut dire aussi qu’il a pris le risque de se tromper. La vérité ne se découvre que par l’erreur. Car, comme disait Spinoza, « il faut comprendre », surtout comprendre ce que l’on a fait et ce qui arrive à ce que l’on a fait. Enthousiasme maximal, donc, et conceptualité maximale.

Pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté. N’est-ce pas aussi, d’une certaine manière, la formule de Gramsci ?

Étienne Balibar C’est tout à fait la formule de Gramsci ! C’est une des expressions les plus claires de cette tension qui, certes, est malaisée, mais qui est aussi une condition sine qua non de l’action politique. Il y a d’autres formulations possibles. Celle, par exemple, que contient l’antithèse weberienne de l’éthique de la conviction et de l’éthique de la responsabilité, à condition de la lire non pas comme une exclusion mais comme une réciprocité de perspectives.  Max Weber ne passe pas pour un grand révolutionnaire, mais de mon point de vue, c’est un maître à penser au moins aussi important que Gramsci ou Marx, en tout cas sur le plan de la méthode. Il y a aussi la formule de Machivel : « Andar drieto alla verità effetuale della cosa » qui est dans une lettre de Machiavel à François Guichardin et que je cite dans l’ouverture de Passions du concept. « Andar drieto », dans la langue toscane de l’époque, cela ne veut pas dire « aller tout droit », mais cela veut dire « aller derrière », c’est-à-dire « suivre », « être à la poursuite » de la vérité.

Votre réflexion sur l’histoire de ce qu’on appelle le « socialisme réel » vous conduit, dans le sillage de Spinoza, à une réflexion critique réhabilitant l’idée, en particulier, de la démocratie. Pourquoi ?

Étienne Balibar Il y a un certain nombre de tournants décisifs dans l’histoire du « socialisme réel ». Naturellement, Staline en est la référence incontournable. La question qui se pose, c’est de savoir ce qui s’est joué au moment où Staline, et tout ce qu’il représentait, a pris le pouvoir en Union soviétique, quelque temps après la mort de Lénine. J’ai décrit cela dans mon texte sur la trace de la révolution d’Octobre, comme retour du principe de la souveraineté étatique dans l’histoire de la révolution communiste. Mais iI y a quelque chose qui s’est joué plus tôt que cela et j’ai complètement changé d’avis au cours de ma vie à ce sujet. C’est le moment où, en 1918, au fort de la guerre civile, Lénine décide que les élections de l’Assemblée constituante sont nulles et non avenues et que la démocratie parlementaire constitue un obstacle à la transformation révolutionnaire ou un foyer de résistance contre-­révolutionnaire, et que, par conséquent, il faut abolir ce type d’institutions représentatives pour mettre en place, dans la présentation idéale de l’époque, une démocratie plus radicale qui est la démocratie des soviets ou la démocratie conseilliste derrière laquelle, en fait, la toute-puissance du parti unique, même pour les meilleures raisons du monde, va finir par s’imposer. À ce moment-là, Rosa Luxemburg, de façon prémonitoire, écrit un texte qu’elle n’a pu publier elle-même en raison de son arrestation et de son assassinat et dans lequel figure cette phrase fameuse : « La liberté, c’est toujours la liberté de penser autrement. »  Ce qui veut dire que l’abolition du pluralisme idéologique contient en elle-même, d’une certaine façon, la sentence de mort de la tentative révolutionnaire. Dans la tradition communiste à laquelle j’appartenais, cette question était considérée comme tranchée : Lénine avait eu raison. C’était un argument qui faisait le plus mauvais usage possible de Machiavel au nom de l’efficacité immédiate derrière laquelle « la vérité effective de la chose » n’était pas elle-même saisie. Je pense que Rosa Luxemburg saisissait quelque chose qui a été tout à fait déterminant, avec des conséquences catastrophiques sur le devenir du socialisme de type soviétique.

La conséquence n’est pas que je me représente la démocratie parlementaire comme le nec plus ultra ou l’alpha et l’oméga de l’idée démocratique. Les tentatives que j’ai faites, avec d’autres, pour donner un peu de contenu à l’idée d’une démocratie radicale, dans mon recueil sur la Proposition de l’égaliberté (2) , par exemple, me conduisent à penser qu’il y a des formes démocratiques qui sont plus avancées que la représentation ou que le parlementarisme. Il est probable aussi que leurs rapports doivent être pensés de façon dynamique, donc inévitablement conflictuelle, comme une sorte de complémentarité ou bien de relève, plutôt que comme l’abolition pure et simple d’une forme au profit de l’autre. C’est bien ce que me semblent indiquer des multiples mouvements insurrectionnels revendiquant la démocratie participative qui se font jour en ce moment dans le monde entier et qui traduisent la vitalité des idéaux d’émancipation en leur ajoutant des contenus nouveaux.

Certains penseurs marxistes comme Lucien Sève insistent pour séparer socialisme et communisme dans la visée d’un dépassement critique des impasses historiques de ce « socialisme réel ». Qu’en pensez-vous ?

Étienne Balibar Je suis très content que les discussions sur le communisme soient plus vives et plus vivantes que jamais. J’essaye d’y participer. Le fond de ma position n’est pas qu’il faille choisir. Certains de nos contemporains – dont Lucien Sève, qui est le représentant d’une grande tradition, avec beaucoup d’éléments qui nous sont communs – ont tiré de toute cette histoire la leçon qu’il faut enterrer la catégorie de socialisme. Ils proposent de remonter à une espèce de pureté originelle de l’idée du communisme et, en même temps, ils essayent de montrer que l’idée du communisme sous cette forme d’une alternative radicale au monde de la propriété privée et de l’État (ce que certains appellent le « commun » pour éviter les connotations historiques gênantes) est en quelque sorte appelée par les contradictions du capitalisme absolu dans lequel nous vivons aujourd’hui. Ce n’est pas très différent, sur le plan verbal au moins, de ce que dit de son côté Toni Negri ou bien de ce qu’avait expliqué Althusser dans certains des derniers textes de sa vie, convergence que je trouve impressionnante. Je suis d’accord avec l’idée que nous devons penser en termes d’alternatives radicales, mais j’ai aussi tendance à penser qu’on a toujours besoin des deux catégories de communisme et de socialisme. À la condition évidemment de complètement sortir de la perspective évolutionniste dans laquelle le marxisme classique l’avait inscrite : d’abord, la prise du pouvoir politique ; ensuite, la transition économique et sociale… C’est ce schéma « étapiste » et en même temps étatiste qui a été complètement invalidé par l’histoire. Ce qui n’est pas invalidé, c’est l’idée de transition ou de confrontation de longue durée entre des forces sociales, politiques et culturelles qui incarnent des visions du monde radicalement alternatives. Et la réalité de la catastrophe environnementale dans laquelle nous sommes entrés maintenant sans retour possible met d’autant plus en évidence l’importance et l’urgence de forger et d’appliquer, inventer des systèmes de gouvernement et des programmes de transition sociale qui inévitablement nous confrontent au fait que, sur une période de très longue durée, on va avoir affaire à des conflits entre des forces antagonistes, avec des phases de compromis, des alliances plus ou moins solides et des réformes de plus en plus profondes. Dans le dernier texte de mon recueil, intitulé hypothétiquement « Pour un socialisme du XXIe siècle : régulations, insurrections, utopies », ce que j’essaye pour ma part, c’est de clarifier l’idée d’une transformation socialiste dont le contenu soit complètement repensé à partir des leçons de l’histoire et de l’urgence immédiate. On pourrait donc penser que, dans ces conditions, je dis au revoir  non pas au socialisme, comme Toni Negri, mais bien au communisme. Or je crois que c’est tout à fait l’inverse. Je suis persuadé, en effet, qu’il n’y aura pas de transition ou de programme socialiste d’aucune sorte, notamment de socialisme écologique qui est le seul pensable aujourd’hui, s’il n’y a pas des communistes, sous des appellations multiples d’ailleurs, qui fournissent à cette transition et à cette lutte l’énergie, la capacité d’invention, d’imagination, d’utopie, mais aussi la radicalité révolutionnaire dont elle a besoin. Le communisme, ce n’est pas une forme de propriété ou un mode de production, c’est une subjectivité collective agissante et diverse.

L’alternative aux vieux schémas, ce n’est pas de dire : oublions le socialisme et essayons de réaliser le communisme tout de suite dans le monde d’aujourd’hui. Ce n’est pas non plus celle qui consiste à dire : remettons le communisme à plus tard, comme un idéal éloigné, voire inaccessible. C’est celle qui consiste à dire : il faut plus que jamais que nous soyons des masses de communistes, intellectuels et autres, si nous voulons que quelque chose comme une alternative au capitalisme trouve sa réalité dans le monde qui est le nôtre. C’est pourquoi je cite la formule d’un autre « déviationniste » de notre tradition, je veux dire Eduard Bernstein,  « le but final n’est rien, le mouvement est tout », formule qui d’ailleurs vient de Marx. 

Entretien réalisé par Jérôme Skalski

(1) Étienne Balibar, la Philosophie de Marx, nouvelle édition augmentée 2014 (la Découverte). (2) Étienne Balibar, la Proposition de l’égaliberté. Essais politiques 1989-2009, PUF, 2010.

Passions du concept

Coauteur, avec Louis Althusser, Pierre Macherey, Jacques Rancière, Roger Establet, de Lire le Capital, professeur émérite de philosophie de l’université de Paris-Ouest et de la Kingston University de Londres, le philosophe Étienne Balibar a écrit une trentaine d’ouvrages dont Europe, crise et fin ?  (le Bord de l’eau, 2016), Des universels. Essais et conférences (Galilée, 2016) et Spinoza politique. Le transindividuel (PUF, 2018). Il engage la publication, cette année, des six recueils de ses Écrits aux éditions la Découverte avec  Histoire interminable. D’un siècle à l’autre et Passions du concept. Épistémologie, théologie et politique.

Entretien du philosophe Etienne Balibar avec Jérôme Skalski, L'Humanité, 21 février: le communisme, c'est une subjectivité collective agissante et diverse
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23 février 2020 7 23 /02 /février /2020 07:23
Le jeudi 20 février, à l'occasion de la nouvelle journée d'action et de grève nationale intersyndicale, les syndicats opposés à la réforme Macron des retraites s'exprimaient dans l'Humanité
Éric Beynel (Solidaires) : « Engagés dans une course de fond »
Jeudi, 20 Février, 2020 - L'Humanité

Porte-Parole de l’Union syndicale Solidaires

L’intérêt du débat actuel à l’Assemblée réside dans le fait que le projet de réforme des retraites porté par le gouvernement a enfin été déposé. Jusque-là, personne ne l’avait lu. Désormais, nous savons ce qu’il recèle et, surtout, ce qui ne se trouve pas dedans, c’est-à-dire toutes les mesures renvoyées à adoption ­ultérieure par ordonnances et décrets. Le débat parlementaire met en évidence ce que l’on dénonce depuis le début. Ce texte est dangereux pour toutes les catégories de travailleurs. Il n’est pas universel, et ne relève d’aucune justice sociale. Il est fait de bric et de broc, si bien que nous n’en connaissons pas tous les tenants et aboutissants financiers. Malgré toutes ces tares qui font que ce texte ne tient plus à rien, malgré le départ impromptu d’Agnès Buzyn, la ministre qui devait porter ce projet de réforme, qui fait suite au changement impromptu de haut-commissaire aux retraites, malgré le fait que les organisations syndicales qui s’accommodaient de la réforme en veulent de moins en moins, nous ne nous attendons pas à ce que la majorité présidentielle se dissolve et n’adopte pas ce texte. Il nous faut donc continuer de manifester et de faire la grève.

Au début du mouvement, nous pensions pouvoir faire plier le ­gouvernement tant les grèves, notamment dans les transports publics, étaient massives. L’épreuve de vitesse s’est transformée en marathon du fait du jusqu’au-boutisme du gouvernement. Si ce projet de réforme est cliniquement mort et si nous avons gagné la bataille idéologique, nous devons convaincre un plus grand nombre de personnes conscientes de la nocivité de ce projet de venir rejoindre les cortèges. Nous continuons donc notre travail pour élargir le mouvement social. Nous sommes lucides. Cette période de vacances scolaires est peu propice aux grandes mobilisations. Mais cette journée d’action interprofessionnelle ne sera pas la dernière. Nous sommes engagés dans une course de fond.  

Yves Veyrier (FO): « Il faut éviter l’erreur historique d’un régime de retraites par points »
Jeudi, 20 Février, 2020

Secrétaire général de Force ouvrière

L’arrivée du texte au Parlement ne modifie en rien notre analyse et notre conviction qu’il faut absolument éviter l’erreur historique de mettre en place un régime universel de retraites par points. Et même si elle est difficile, la mobilisation doit continuer. C’est un mouvement très long, inédit et en dépit duquel le gouvernement continue de s’obstiner.

Pour autant, y compris au sein de la majorité, ses soutiens se réduisent, sans parler du Conseil d’État, des employeurs et même de la CFDT qui prend désormais beaucoup de recul. Il est donc plus que jamais nécessaire de ne pas baisser les bras sur le terrain syndical. Il n’y a pas de secret, c’est le nombre qui fera basculer les choses.

Le débat parlementaire doit maintenant permettre de soulever les véritables questions que pose ce projet gouvernemental. En face, les membres de la majorité parlementaire et le gouvernement ressassent à nouveau devant les élus les mêmes éléments de langage, les mêmes formules générales, les mêmes contre-vérités, comme sur les 1 000 euros de pension minimum ou la soi-disant avancée sociale majeure pour les femmes.

Tout cela est faux. Le débat parlementaire, par la voix des élus du peuple, se doit donc de démonter ces éléments de langage sans contenu. Ce qui m’importe, c’est ce que nous avons réussi à faire : convaincre une majorité de Français que ce projet risque avant tout de générer des reculs sociaux et une incertitude permanente sur la retraite. Au Parlement maintenant de démasquer ce gouvernement qui ne maîtrise pas son sujet.

L’avis du Conseil d’État a fait grand bruit, que les parlementaires fassent de même.

Benoît Teste (FSU): « C’est en multipliant les actions que nous obtiendrons le retrait du texte »
Jeudi, 20 Février, 2020

Secrétaire général de la FSU

Cette journée de mobilisation interprofessionnelle est une journée intermédiaire du fait des vacances scolaires. Mais nous appelons tous nos collègues de l’éducation nationale comme de la fonction publique à manifester. Il est important qu’il y ait du monde dans la rue ce jeudi alors que l’Assemblée a commencé l’examen du projet de réforme des retraites. Ce rendez-vous de mobilisation fait partie d’un plan d’action au long cours afin de ne laisser aucun répit ni au gouvernement, ni aux parlementaires de la majorité. Nous devons maintenir la pression pour les faire douter de voter ce texte à trous insincère, pour lequel il ne se passe pas un jour sans que l’on détecte une mesure impréparée ou pas à la hauteur des enjeux. Des reculs partiels ont été enregistrés ces derniers jours lors des négociations avec le gouvernement, comme la possibilité donnée aux fonctionnaires de partir progressivement à la retraite dès 60 ans avec des mesures de temps partiel. Ce genre de points de détail réclamés et obtenus nous donnent du courage. Ils n’enlèvent rien à la dangerosité du projet de réforme. Mais ils démontrent que plus nous sommes nombreux dans la rue, plus nous sommes mobilisés, et plus le gouvernement est contraint de reculer. La lutte paye, car nous avons gagné la bataille de l’opinion publique. Il nous faut poursuivre notre travail d’explication de la nocivité de cette réforme et de promotion de nos alternatives. D’autres pistes de financement de notre régime de retraite que celle de l’âge pivot ou d’équilibre existent. Nous allons bientôt le démontrer lors d’une « contre-conférence des financements ». Cette initiative participera de la construction d’arguments de fond permettant de convaincre encore plus de monde.

Si nos collègues ne sont pas en position de faire grève, nous leur proposons de s’adresser de visu ou par courrier au député de leur circonscription pour parler avec eux de ce projet de réforme. De même, j’ai signé l’appel porté par l’Humanité de soumettre ce texte à référendum, car les conditions de son examen au Parlement posent des questions de démocratie. C’est en multipliant ce genre d’actions que nous obtiendrons le retrait du projet. Car nous sentons bien que ça craque partout autour de cette réforme.

François Hommeril (CFE-CGC): « Ce projet comme un avion sans ailes »
Jeudi, 20 Février, 2020

Président de la CFE-CGC

 

Jusqu’à la présentation du projet de réforme au Conseil des ministres, nous étions dans une séquence de rapport de forces avec le gouvernement, en gageant sur le fait que le premier ministre ait l’intelligence d’ajourner ou de retirer son texte. Il l’a présenté quand même, malgré nos critiques confirmées par le Conseil d’État. Le gouvernement a décidé d’aller jusqu’au bout et l’Assemblée nationale examine le texte. Une nouvelle séquence s’est donc ouverte. Nous demeurons dans l’intersyndicale en faveur du retrait de cette réforme. Mais nous n’appelons pas à manifester ce jeudi, car ce texte est suffisamment grave et dangereux vis-à-vis des droits des salariés pour que nous défendions aussi nos positions auprès des députés. Nous avons envoyé des propositions d’amendements à l’ensemble des groupes parlementaires que nous avons rencontrés. Nos adhérents les relaient auprès de chaque permanence de député. Elles ont été bien reçues, y compris de la part des députés LaREM. Ceux-ci nous disent que l’on a sans doute raison, mais qu’il est inexorable de faire passer cette réforme car elle est un élément structurant du quinquennat. Ils se sentent d’autant plus libres de le faire rapidement qu’une grande partie des mesures seront décidées ensuite par ordonnances et décrets, par d’autres qu’eux. Ce travail auprès des parlementaires n’enlève rien à notre conviction. Ce projet de réforme est comme un avion sans ailes que l’on tente coûte que coûte de faire décoller, mais qui n’y parviendra pas. En cela, nous sommes en conformité avec la troisième voie syndicale que nous avons choisi de suivre. Nous disons les choses de manière radicale quand c’est nécessaire, y compris dans la rue.

Nous ne sommes donc pas dans le rôle des ­réformistes bon teint prêts à tout accepter que certains politiques voudraient nous voir jouer. Nous avons conquis aujourd’hui notre liberté d’action. À l’issue de cette séquence, nous rediscuterons des options avec l’intersyndicale.

Philippe Martinez (CGT): « Le mouvement ne passe pas le relais, il est toujours bien présent »
Jeudi, 20 Février, 2020

Secrétaire général de la CGT

 

La séquence parlementaire prouve, une fois encore, que le gouvernement et sa majorité sont en difficulté pour défendre ce projet. Les premiers débats montrent en effet une forme de fébrilité. Ils ont tout le mal du monde à expliquer que cette réforme est simple et juste. L’ouverture de la phase parlementaire ne signifie pas que le mouvement social a passé le relais, comme on l’entend parfois. La lutte est toujours bien présente, avec de nombreuses initiatives, partout sur les territoires. Les organisations syndicales poursuivent, à leur niveau, le combat. C’est précisément dans cette optique que la CGT a présenté, mardi, ses propositions à la conférence de financement. Nous avons mis sur la table un projet qui détaille les possibilités alternatives et leurs financements afin de garantir l’amélioration du système de retraites actuel. À ces propositions très concrètes, nous attendons maintenant des réponses précises du gouvernement. Dans le cas contraire, la CGT étudiera, bien entendu, la possibilité de se retirer du processus de cette conférence de financement.

Sur le terrain, certes, ceux qui ont fait cinquante jours de grève en décembre et janvier participent désormais différemment à la lutte, mais d’autres ont pris la relève. C’est l’une des originalités de ce mouvement. Il y a toujours une grande détermination à combattre ce projet, je le constate partout sur le terrain, à l’hôpital, dans le privé… Bien sûr, le dénominateur commun reste la réforme des retraites, mais des revendications plus spécifiques, sur les salaires ou les conditions de travail, émergent dans de multiples secteurs. Aujourd’hui, c’est une nouvelle journée nationale interprofessionnelle de mobilisation, dans la même configuration que ce que nous avons connu entre Noël et le jour de l’An, c’est-à-dire en pleine période de vacances scolaires avec toutes les difficultés que cela recouvre.

C’est une journée importante. Elle a lieu alors que le débat parlementaire débute. Et, dans l’Hémicycle, il faut désormais que les parlementaires portent les alternatives à cette réforme, démontrent que cette affaire de déficit est bidon. Je continue à penser que c’est ce qui fait un peu défaut pour l’instant. C’est un sujet crucial, plus que jamais au cœur des débats.

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22 février 2020 6 22 /02 /février /2020 07:39
Assemblée nationale. L’opposition se démène contre une Macronie qui étrangle le débat (L'Humanité, 20 février 2020)
Assemblée nationale. L’opposition se démène contre une Macronie qui étrangle le débat
Jeudi, 20 Février, 2020

Les députés hostiles à la réforme des retraites multiplient les rappels au règlement et les interruptions de séance. Ils protestent contre une majorité qui fait tomber en cascade les amendements et élude la discussion.

 

Un seul amendement illustre parfois toute la nocivité d’un texte. Le premier qui a été débattu sur la réforme des retraites, mardi soir à l’Assemblée nationale, est de ceux-là. « Nous demandons un audit financier indépendant sur l’impact de votre réforme, qui va faire des millions de perdants », démarre l’élu LR Fabrice Brun en attaquant l’article premier. En quelques mots, tout est dit. Car l’exécutif, qui a tenté de duper les députés avec une étude d’impact mensongère, leur demande en plus de se prononcer sans aucune garantie sur le sort qui sera réservé aux retraites des Français. « Ce texte, c’est du gruyère. Et les seuls éléments dont nous disposons sont inacceptables : l’âge de départ sera repoussé, le niveau des pensions va baisser, la pénibilité est exclue de la loi. Pour les précisions, tout est renvoyé à des ordonnances, à un chèque en blanc signé à un gouvernement qui a déjà fait la preuve de sa duplicité », s’indigne le député PCF Sébastien Jumel.

C’est bien la Macronie qui tente de masquer le débat

Sans surprise, la majorité a repoussé le recours à cet audit. Pas besoin. De toute façon, les macronistes se moquent royalement des futures retraites. Le président du groupe LaREM, Gilles Le Gendre, synthétise le mieux cet état d’esprit. « C’est une loi-cadre. Les critiques viennent de ceux qui veulent savoir ce que l’on met dans le cadre, dans cinq ans, dans dix ans, dans vingt ans », élude-t-il. En résumé, les critiques viennent de ceux qui veulent mettre en lumière le véritable visage de la réforme. De ceux qui souhaitent débattre du fond du texte, en refusant tout enfumage et toute dissolution dans le temps du droit à la retraite.

En renvoyant systématiquement les échanges à la conférence de financement, aux ordonnances et décrets du gouvernement, c’est bien la Macronie qui tente de masquer le débat. « Nous sommes contraints de déposer des amendements par milliers pour faire surgir la vérité, pour laisser aux Français le temps de mesurer l’ampleur du hold-up, et obtenir le retrait de ce texte », explique Sébastien Jumel. Mais le refus du débat en éludant sans cesse, n’est pas la seule arme à la disposition de la majorité. Des tas d’amendements ont d’emblée été jetés à la poubelle par ses soins, ce que l’opposition n’a pas manqué de contester lors de multiples rappels au règlement.

Furieux, André Chassaigne s’est dressé contre la suppression d’amendements au motif que l’exposé à venir serait abusif. « Dans la mesure où nous ne nous sommes pas encore exprimés sur nos amendements, de quel droit allez-vous dire que nous interventions sont abusives ? », tonne le chef de file des députés PCF. Son homologue LR Damien Abad monte lui aussi au créneau au sujet des amendements, décrochés de leur article de référence et renvoyés après le dernier article, à la toute fin du débat. « Vous créez une sorte de voiture-balai pour que la discussion n’ait pas lieu. Merci de laisser nos amendements là où nous avons décidé de les placer pour avoir la véritable discussion ! », argumente à ce sujet Pierre Dharréville.

L’élu PCF s’alarme aussi de la suppression d’amendements au motif qu’ils présentent un « dispositif » identique. « Nous avons une série d’amendements qui ont été déposés sur la réforme des retraites de 2013 et ont alors été examinés. Nous ne pouvons pas accepter que cette assemblée fonctionne sous des règles aléatoires et arbitraires », affirme-t-il. Tel est pourtant le cas. « Le Parlement perd chaque jour de son influence. Notre groupe a déposé 80 amendements et la moitié sont en train de tomber », alerte ainsi Philippe Vigier, ex-UDI et président du groupe Liberté et territoires. Sans parler de l’émoi de Marc Le Fur, élu LR, qui a vu ses amendements liés aux recettes de la Sécurité sociale écartés d’office en séance, alors qu’ils avaient été examinés en commission spéciale. « Ces amendements sont pourtant essentiels, car il s’agit de savoir qui détermine les recettes entre Bercy et l’Assemblée », pointe-t-il.

« La CGT est partie et même le Medef demande des réponses »

Le député dénonce aussi le nombre d’orateurs retenus par amendement : un par groupe parlementaire. « Quel est le groupe le plus victime de cette règle ? C’est le plus important de l’opposition. Nous sommes 105 et n’avons la possibilité de nous exprimer qu’une fois », regrette-t-il. Nombre d’amendements ont enfin été balancés aux orties au titre de l’article 40, pour cause d’irrecevabilité financière, alors que l’équilibre économique de la réforme n’est pas débattu à l’Assemblée, mais à la conférence dédiée dont les résultats seront tranchés par le gouvernement. « Cette conférence est mort-née. La CGT est partie et même le Medef demande des réponses », fustige Sébastien Jumel.

Dédaigneux quand il n’est pas exaspéré, Richard Ferrand a été vertement attaqué jusqu’à mercredi soir. L’opposition, qui reproche au président de l’Assemblée de s’être mis à faire tomber en cascade les amendements dès lors qu’ils sont jugés identiques, a multiplié les demandes d’interruption de séance. « Des amendements sont considérés à l’identique, car le libellé est le même, mais, en réalité, s’ils sont placés à différents endroits dans le texte, leur conséquence est forcément différente », s’époumone en vain Christian Jacob. « Nous sommes cinq présidents de groupe sur sept qui ne sont pas d’accord », a insisté Jean-Luc Mélenchon pour la FI, sans être entendu.

Aurélien Soucheyre avec Marion Rivet
Assemblée nationale. L’opposition se démène contre une Macronie qui étrangle le débat (L'Humanité, 20 février 2020)
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22 février 2020 6 22 /02 /février /2020 07:29
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21 février 2020 5 21 /02 /février /2020 06:31
Après avoir tenté de censurer les députés communistes, le maréchal Ferrand bat en retraite - Débat sur la réforme des retraites à l'Assemblée Nationale
Après avoir tenté de censurer les députés communistes, le maréchal Ferrand bat en retraite - Débat sur la réforme des retraites à l'Assemblée Nationale

Communiqué de Presse des députés communistes, 20 février 2020

Pris en flagrant délit de violation du droit constitutionnel, Richard Ferrand bat en retraite.

Pour étouffer notre droit de parole, le Président Richard Ferrand a voulu imposer, dès l'ouverture des débats, une règle sortie de sa manche, sans fondement légal, mais pire encore inconstitutionnelle.

Il voulait ainsi empêcher la discussion de 1184 de nos amendements, faisant ainsi des députés communistes la cible de son autoritarisme. Sans nos demandes réitérées de convocation de la Conférence des présidents, nos rappels au règlements et suspensions de séances, l'expression de notre colère, cette violation du droit parlementaire aurait perduré sous le regard complice de la majorité.

Pris en flagrant délit de violation du droit d'amendement, le Président Richard Ferrand n'a eu d'autre choix que de reculer et de réintégrer nos amendements dans la discussion. Il aura fallu 24 heures pour prendre une décision qu'il présente comme une faveur à notre égard, alors que le Gouvernement prenait le risque d'une censure constitutionnelle.

Hier, la majorité s'est agacée et nous a invectivé, parce que nous demandions le simple respect des droits de l'opposition. Nous espérons qu'elle saura tirer les leçons de son autoritarisme et de sa suffisance pour, enfin, laisser place au débat et affronter nos arguments.

***

COMMUNIQUE des députés communistes le 19 janvier

Fait inédit sous la Vème République: nos amendements sont interdits de discussion par la Présidence de l'Assemblée Nationale

Prétextant une décision prise, par la seule majorité, en Conférence des Présidents, Richard Ferrand a décidé de ne pas soumettre à la discussion et au vote 1184 de nos amendements, en parfaite violation de notre droit constitutionnel.

Cette possibilité n'existe ni dans le règlement, ni même dans la pratique constante, contrairement à ce que prétend le Président de l'Assemblée nationale. À plusieurs reprises, des amendements qui ne sont pas identiques mais qui poursuivent un objectif identique ont bien été défendus sur de nombreux projets de loi antérieurs. Ce fût notamment le cas sur la réforme des retraites en 2013 ou bien encore lors de la discussion sur le mariage pour tous. Avec le groupe de la France Insoumise, le groupe Socialiste, le groupe des Républicains et le groupe Liberté et Territoires, nous avons dénoncé cette décision qui prive les députés de leur droit d'amendement de façon arbitraire.

Face à la bronca soulevée par un tel acte, le Président Richard Ferrand a décidé de ne s'en prendre qu'aux seuls amendements des députés communistes. La veille, sûr de son fait, il avait pourtant annoncé que sa nouvelle "règle" s'appliquerait à tous les groupes.

Au final, seuls les députés communistes pâtiront de cet acte autoritaire qui n'a d'autre visée que de nous faire taire et de passer en force ce projet de loi dont les Français ne veulent pas.

Nous ne nous laisserons pas impressionner par cette manœuvre dilatoire et resterons à la hauteur de notre histoire politique et sociale.

Après avoir tenté de censurer les députés communistes, le maréchal Ferrand bat en retraite - Débat sur la réforme des retraites à l'Assemblée Nationale
Après avoir tenté de censurer les députés communistes, le maréchal Ferrand bat en retraite - Débat sur la réforme des retraites à l'Assemblée Nationale
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21 février 2020 5 21 /02 /février /2020 06:00
A l'Assemblée Nationale, le député LREM Meyer Habib traite de petites connes Elsa Faucillon et Clémentine Autain, s'attirant les foudres de Marie-George Buffet indignée contre le sexisme satisfait de ce grossier personnage

Ça sent la fin....les masques tombent...le naturel prend le dessus. Certains deviennent insultants car sans argument pour répondre à leur incompétence.... Mayer Habib insulte et traite de "petites connes" Elsa Faucillon et Clémentine Autain qui avaient participé à un flashmob féministe devant le Palais Bourbon lundi dernier.

Marie-George Buffet a remis à sa place ce salaud, inconditionnel de Netanyahou et du Likoud:

"Vous n'acceptez pas que des femmes se lèvent pour dirent ce qu'elles pensent, et vous les rabaissez par vos propos sexistes et vulgaires... Et je peux vous dire monsieur que vos propos donnent à voir de votre pensée politique, pas très grande" (Marie-George Buffet à Meyer Habib)

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 09:15
Des représentants du PCF, du PS, de Génération.s, d'EELV, des Radicaux de gauche, de l'UDB étaient présents hier à Brest pour promouvoir les contours d'une autre réforme des retraites et appeler au retrait de la réforme de Macron et de son gouvernement (photo Jean-Yves Cabon)

Des représentants du PCF, du PS, de Génération.s, d'EELV, des Radicaux de gauche, de l'UDB étaient présents hier à Brest pour promouvoir les contours d'une autre réforme des retraites et appeler au retrait de la réforme de Macron et de son gouvernement (photo Jean-Yves Cabon)

Le PCF Finistère avait invité mercredi 12 février toutes les organisations de gauche qui combattent le projet de réforme des retraites de Macron à se réunir pour réfléchir à une prise de position et des initiatives communes dans le département en reprenant pour base l'appel national de la plateforme unitaire de la gauche et des écologistes "Retraites: d'autres choix sont possibles" adopté le 22 janvier.

Ce mardi 18 février, les représentants de 7 organisations de gauche souhaitant s'associer à cet appel se sont réunis à nouveau au local du PCF rue André Berger à Brest pour faire un appel commun à destination des journaux et de la population pour que Macron et le gouvernement abandonnent leur projet de loi retraites rejeté par la population et montrant qu'on peut construire une réforme des retraites juste sur de toutes autres bases. 

Ce tract commun (en pièce jointe) commencera à être distribué lors des manifestations du jeudi 20 février à Brest, Quimper, Morlaix, Quimperlé, Carhaix. 

 

Retraites, d’autres choix sont possibles !

Le 18 février, à Brest, les représentants de 7 organisations de gauche et écologistes (PCF, EELV, Génération.s, UDB, les Radicaux de gauche, République et socialisme, et PS) se sont retrouvées pour présenter le tract commun qui sera diffusé lors des manifestations contre le projet de réforme des retraites qui se dérouleront jeudi dans le Finistère.

Cet appel unitaire départemental reprend les grandes lignes de la plateforme commune des forces de gauche et écologistes adopté le 22 janvier au niveau national.

Emmanuel Macron doit écouter le peuple et renoncer à son projet qui ne satisfait personne.

D’autres choix sont possibles. Nous pouvons garder et améliorer le système par répartition en mobilisant le fonds de réserves des retraites (127 milliards), en revenant sur les exonérations de cotisations sociales (66 milliards), en élargissant l’assiette de financement aux revenus du capital (30 milliards), en développant une politique au service de l‘emploi et en appliquant une réelle égalité salariale entre les femmes et les hommes (6 milliards).

Une réforme des retraites juste ne peut pas faire l’impasse sur la question de la pénibilité, ni sur un niveau de pensions minimum au niveau du SMIC.

Ces 7 organisations appellent les Finistériennes et Finistériens à continuer à se mobiliser fortement, contre ce projet de réforme, notamment jeudi 20 février, journée de mobilisation nationale.

Brest le 18 février 2020 

Le tract unitaire commun: Retraites, d'autres choix sont possibles!

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 08:00
Qui est Olivier Véran, le nouveau ministre de la santé ?
Mardi, 18 Février, 2020

Le nouveau ministre de la Santé a été de tous les coups portés à la Sécurité sociale depuis 2017, défendant l’austérité et tentant de supprimer huit mentions sur neuf de la Sécu dans la Constitution.

 
Nommé quelques heures plus tôt ministre de la Santé, Olivier Véran a donné hier le coup d’envoi, devant les députés, des débats sur la réforme des retraites, vantant « un texte dont l’ambition est grande et même immense ». Nullement impressionné par la tâche, cet habitué des plateaux TV, qui y défend avec zèle l’action de l’exécutif, s’attendait à cette nomination. « Je suis prêt, je le suis depuis longtemps », confiait-il dimanche, après l’annonce de la démission d’Agnès Buzyn, partie mener la campagne parisienne. « C’est un manque de sérieux incroyable. Quel mépris pour la réforme des retraites, qui dépend de ce ministère. Et quel mépris pour les personnels hospitaliers, en pleine crise de l’hôpital », s’indigne le député PCF Alain Bruneel. Olivier Véran, lui, se frotte les mains. L’ambitieux neurologue de 39 ans, jusqu’à présent rapporteur du volet organique de la réforme des retraites, se retrouve propulsé en première ligne.
Le nouveau ministre des Solidarités et de la Santé est surtout connu pour s’être attaqué frontalement à la Sécurité sociale, en juillet 2018. En plein examen de la réforme de la Constitution, le député LaREM de l’Isère fait voter un amendement afin de supprimer huit mentions de la Sécurité sociale sur neuf dans la loi fondamentale. Son objectif était d’inscrire le terme de « protection sociale » à la place. « Il n’existe pas actuellement de définition juridique du périmètre de la protection sociale, contrairement au terme de “Sécurité sociale”, qui inclut une notion de redistribution entre actifs et retraités, entre personnes bien portantes et malades… La Sécu n’est pas soumise à la concurrence, la protection sociale, si ! » dénonçait alors la CGT, qui a remis en janvier un diplôme de la « casse sociale » à Véran. Son projet, révélé dans nos colonnes, avait suscité une telle indignation que le gouvernement avait été forcé de reculer. Sans rien abandonner de sa volonté de sabrer la Sécu, comme le montre l’actuelle réforme des retraites. À l’époque, le nouveau ministre poursuivait un vieux rêve de la droite. À savoir « absorber la loi de finances de la Sécu dans la loi de finances tout court », analysait Frédéric Pierru, sociologue de la santé. Avec pour but de « stabiliser la part des dépenses sociales par rapport au PIB », ajoute le chercheur au CNRS. D’ailleurs, la seule garantie à ce jour apportée par l’actuelle réforme des retraites est de contraindre le montant global des pensions à une part maximum dans le PIB…
Une nomination qui frise la provocation

En 2017, c’est Olivier Véran qui est choisi par la majorité macroniste pour devenir rapporteur des budgets de la Sécu. Dès le premier d’entre eux, il défend mordicus une coupe de 4,2 milliards d’euros, dont 1,2 milliard rien que pour un hôpital public déjà exsangue. « En trois ans, il a retiré 3,1 milliards d’euros à l’hôpital public. Il est comptable de la situation catastrophique dans laquelle se trouvèrent les soignants et les soignés », assène Alain Bruneel. Les syndicats des professionnels de santé ont d’ailleurs vertement accueilli, dimanche, le nouveau ministre.

« Pour nous, mettre comme ministre celui qui avait été à la manœuvre pour faire voter la loi de finances qui motive aujourd’hui le mouvement à l’hôpital, ça frise la provocation », a réagi Christophe Prudhomme. Le porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France ajoute avoir « peu d’espoir que la politique change » avec cette nomination. Le secrétaire d’État Cédric O a d’ailleurs affirmé, hier, que « les Français ne verront pas les différences » entre Buzyn et Véran. C’est bien le problème.

Alors que les démissions, y compris de chefs de service, se multiplient dans l’hôpital public pour protester contre le sort qui leur est imposé par le gouvernement, Olivier Véran a annoncé, hier, vouloir lancer « une enquête nationale pour consulter les hospitaliers, pour tenter de saisir le sens de leur engagement et les raisons du mal-être ». « On n’a pas besoin d’une enquête de plus. La plus belle enquête qui existe, et qu’il faut écouter au plus vite, c’est ce qui est exprimé tous les jours par les soignants », insiste Alain Bruneel.

Pour amadouer son monde, Olivier Véran assure comprendre les hospitaliers. « J’ai été aide-soignant de nuit, j’ai été médecin », rappelle le neurologue, devenu député PS en 2012 quand Geneviève Fioraso, dont il était suppléant, a été nommée ministre par Hollande. Il a ensuite suivi Macron, dont il était le référent santé lors de la campagne de 2017. Il assure encore aujourd’hui avoir « le cœur à gauche », et a parfois soutenu des propositions courageuses sur le prix des médicaments, l’aide médicale d’État, le cannabis thérapeutique ou la question de la fin de vie. Il s’était un temps dressé contre le fait de faire supporter les mesures dédiées aux gilets jaunes au budget de la Sécu. « Mais il finit toujours par se soumettre à Macron et n’est surtout pas de gauche. Quand on s’attaque à des droits fondamentaux comme les services publics, la retraite ou la cotisation sociale, on n’est pas de gauche », tranche Alain Bruneel.

Car Olivier Véran a aussi porté le transfert massif des cotisations sociales (maladie et chômage) vers la CSG. Ce qui n’empêche pas le nouveau ministre de se réclamer d’Ambroise Croizat, y compris au sujet des retraites. Ce qui lui a valu cette remarque acerbe du communiste Pierre Dharréville : « Vous n’êtes pas les exécuteurs testamentaires de Croizat. Vous êtes les exécuteurs tout court ! »

Un adversaire de la Sécurité Sociale au ministère de la santé: qui est Olivier Véran, le nouveau ministre ? (Aurélien Soucheyre, L'Humanité, 18 février 2020)
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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 07:41
Les députés communistes et GDR (Groupe démocrate et républicaine: communistes + alliés des DOM TOM) demandant un référendum sur le projet de réforme des retraites, 17 février 2020

Les députés communistes et GDR (Groupe démocrate et républicaine: communistes + alliés des DOM TOM) demandant un référendum sur le projet de réforme des retraites, 17 février 2020

Assemblée nationale. « On ne saurait voir bafouées autant de règles démocratiques »
Mardi, 18 Février, 2020

Le projet de loi sur les retraites est arrivé hier dans l’Hémicycle. L’opposition de gauche, déterminée, a fustigé le texte et appelé l’ensemble des députés à soutenir le recours au référendum.

 

Sous les roulements de tambour, la marche déterminée de Richard Ferrand a quelque chose de martial. Beaucoup plus que d’habitude, au moment où le président de l’Assemblée nationale entre dans l’Hémicycle. À l’ordre du jour : la réforme des retraites. L’examen du texte le plus dangereux et contesté du quinquennat a démarré hier devant la représentation nationale. D’emblée, juste avant la séance, les députés communistes et membres du groupe GDR ont fait front, épaule contre épaule. Salle des Quatre-Colonnes, ils forment une ligne compacte.

Olivier Véran a osé se réclamer d’Ambroise Croizat

Le premier d’entre eux porte un tee-shirt floqué d’un immense « R ». Le dernier bombe le torse avec la lettre « M ». « Référendum » peut-on lire en passant de l’un à l’autre. « Nous avons pris l’initiative d’une bataille déterminée pour que le peuple soit consulté sur ce projet de loi qui remet en cause fondamentalement notre contrat social », tonne sans micro André Chassaigne. « Nous avons derrière nous le peuple uni dans sa majorité : 67 % des Français veulent un référendum sur la réforme des retraites », poursuit le président de groupe, qui termine ainsi : « Nous lançons un appel à l’ensemble des députés de respecter la volonté du peuple. » Et l’ensemble des élus de scander à l’unisson : « Référendum ! Référendum ! Référendum ! »

La voix du peuple est donc entrée à l’intérieur du Palais-Bourbon. Mais au pupitre, dans l’Hémicycle, c’est un ennemi résolu des conquis sociaux qui prend en premier la parole : Olivier Véran. Le ministre de la Santé a été nommé dimanche soir à ce poste, en remplacement d’Agnès Buzyn. Sûr de lui, il reprend sagement à son compte les mensonges du gouvernement. La « réforme » aurait ainsi trois objectifs : « l’universalité, la solidarité et la responsabilité », lance-t-il. Qu’importe, pour Olivier Véran, qui provoque ensuite la gauche en se réclamant d’Ambroise Croizat. Le ministre du Travail communiste, bâtisseur de la Sécurité sociale qui a généralisé le droit à la retraite, espérait certes créer une « caisse unique ». Mais il voulait par-dessus tout « libérer les travailleurs de l’obsession permanente de la misère », et leur assurer un droit inaliénable à la retraite, en tant que « nouvelle étape de la vie » plutôt que comme « antichambre de la mort ». Tout l’inverse de ce que veut faire Macron. Hué, le ministre de la Santé l’a encore été quand il s’est exclamé en souriant : « C’est beau la démocratie sociale », alors que les syndicats ont été méprisés par le gouvernement.

Mais c’est Laurent Pietraszewski qui a décroché la palme de l’abject en crachant à l’opposition : « Prenons garde que l’obstruction mécanique ne transforme certains députés en robots d’une organisation terroriste d’obstruction. » Le secrétaire d’État chargé des retraites faisait ici référence aux 41 000 amendements déposés en séance. « La lutte sera implacable, et nous ferons tout ce que nous pourrons pour dévoiler toujours plus son contenu et pour bloquer cette loi », qui constitue « un viol du droit des gens », avait peu de temps avant prévenu le député FI Jean-Luc Mélenchon.

« Vous avez le pouvoir et le devoir de mettre fin à ce cauchemar »

L’élu PCF Pierre Dharréville a ensuite défendu une motion de rejet préalable, déployant un réquisitoire implacable contre cette réforme. « Vous avez le pouvoir, et même le devoir, de mettre fin à ce cauchemar, à ce supplice, à cette lourde faute », a-t-il insisté auprès de tous les députés. Marqué par « un sentiment de profanation » devant ce texte, le député a listé l’ensemble des injures qui constituent la démarche de l’exécutif. Celle faite à des « organisations syndicales dessaisies » ; aux parlementaires avec un texte composé de 29 ordonnances ; au Conseil d’État, qui a rendu un avis cinglant devant une étude d’impact « insincère » et « lacunaire » ; mais aussi à tous les Français, dont 67 % souhaitent l’organisation d’un référendum. « On ne saurait voir bafouées autant d’institutions et de règles démocratiques. On ne saurait enfin décider contre le peuple au nom duquel nous sommes rassemblés », argumente Pierre Dharréville, qui estime que « rarement une loi aura autant mérité le rejet ».

La motion a finalement été repoussée. Les communistes devaient ensuite, avec les insoumis et les socialistes, défendre une motion référendaire. « Peut-on imaginer qu’une telle réforme, aussi importante, se fasse sans le peuple, ou malgré le peuple, voire, plus grave encore, contre le peuple ? » interroge le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, qui voulait inviter les députés à la raison. « Le moment est venu de mettre fin à l’incompréhension et la colère de nos concitoyens. Et de la meilleure façon qui soit en démocratie : en redonnant la parole au peuple. »

Aurélien Soucheyre avec Lola Ruscio
Assemblée nationale, Retraites: On ne saurait voir bafouées autant de règles démocratiques (L'Humanité, 18 février 2020, Lola Ruscio et Aurélien Soucheyre)
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