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16 mars 2020 1 16 /03 /mars /2020 11:01
Au Havre, Édouard Philippe est sous haute pression (L'Humanité, Florent Le Du, 16 mars 2020)
Lundi, 16 Mars, 2020 - L'Humanité
Au Havre, Édouard Philippe est sous haute pression
 

Seine-Maritime, envoyé spécial.

Un soulagement ! Dans le local de campagne de la liste « Un Havre citoyen », soutenue par le PCF et la France insoumise, pas d’effusions de joie ni embrassades, contexte oblige. Mais on lit la satisfaction sur les visages des militants : Jean-Paul Lecoq est qualifié pour le second tour des élections municipales, avec 36,88 % des voix.

« C’est au-delà de nos espérances, a déclaré l’intéressé, sourire aux lèvres . Nous sommes plus proches d’Édouard Philippe qu’attendu, avec un peu de ressort, donc tout est possible ! » Le candidat communiste affrontera dimanche prochain le premier ministre et candidat LaREM, Édouard Philippe, qui a récolté 43,60 % des suffrages exprimés, au terme d’un premier tour aussi incertain qu’attendu. « Je tiens à remercier les Havrais et les Havraises qui m’ont placé en tête » , a-t-il déclaré, hier soir, lors d’une courte allocution à portée nationale. Comme le sont également ces élections municipales du Havre. Ce scrutin a en effet valeur de test pour la formation du président, conspuée dans la rue depuis des mois et sous les feux des projecteurs avec l’épidémie de coronavirus.

Déception, en revanche, pour la liste « Le Havre écologie », dirigée par Alexis Deck, talonnée par EELV et le PS. Elle ne rassemble que 8 % des suffrages exprimés et ne sera donc pas au second tour, l’objectif initial. « La forte abstention liée au coronavirus nous fait du tort , estime le candidat écologiste. Nous verrons si le second tour aura lieu. Si c’est le cas, il faudra préparer l’alternance de la ville » , en allusion à un soutien à Jean-Paul Lecoq pour battre Édouard Philippe le 22 mars. Celui-ci n’est d’ailleurs pas fermé à l’idée d’accueillir sur sa liste des membres de « Le Have écologie ». « Nous allons nous réunir cette nuit » , a-t-il annoncé.

Duel de choc attendu, donc, au second tour. Il était néanmoins loin d’être acquis pour Jean-Paul Lecoq, tant le premier ministre faisait figure de favori, fin janvier, lorsqu’il s’est déclaré candidat. « C’est déjà une belle première victoire de pousser Édouard Philippe à revenir la semaine prochaine. Notre programme, qui fait le lien entre l’écologie, la démocratie et la question sociale, a trouvé un écho important » , se félicite le communiste, qui estime que les récentes prises de décision de son adversaire concernant le coronavirus n’ont pas eu d’influence sur les résultats. « Il s’est pris une énorme claque avec les retraites et le 49.3 , affirme-t-il. ​​​​​​​Depuis ses annonces sur l’épidémie, il a montré une stature de premier ministre qui tient le navire, mais ça ne suffit pas. »

Si Édouard Philippe part légèrement favori pour le second tour, l’incertitude sera encore au rendez-vous. Jean-Paul Lecoq entend bien reconquérir la mairie du Havre que la droite avait ravie au PCF en 1995.

Florent Le Du
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13 mars 2020 5 13 /03 /mars /2020 06:50
Coronavirus/Macron : réaction de Fabien Roussel

L'heure est à la mobilisation nationale pour délivrer la réponse la plus efficace face à la crise sanitaire et à la crise économique exceptionnelles que nous affrontons.

Les flottements de ces dernières heures sur les décisions à prendre ne doivent pas fragiliser la capacité d'action de l'État.

Les annonces du Président de la République supposent aussi des engagements précis que les services publics, notamment ceux de la santé, attendent depuis longtemps ! Les annonces de ce soir impliquent donc de remettre en cause les politiques d'austérité.

La fermeture des établissements scolaires et universitaires ou le report des soins non essentiels ne pouvaient plus être différés. Mais aucun engagement précis n'est annoncé en moyens humains et financiers concernant la crise sanitaire contrairement à d'autres pays comme l'Italie ou le Royaume uni qui ont annoncé mobiliser plusieurs dizaines de milliards d'euros. Et aucune mesure structurelle n'est engagée sur le plan économique.

Coordonner et financer la réponse sanitaire

Notre système de santé public, déjà sous tension, a besoin de moyens pour protéger ses personnels et pour élargir ses capacités d'accueil des patients atteints de coronavirus. Le Président de la République annonce qu'il prendra les mesures nécessaires « quoi qu'il en coûte ». Aux actes ! Les personnels de santé sonnent l'alarme depuis des mois ! De même, dans encore beaucoup de territoires, les médecins et les infirmières libéraux, les personnels de secours comme les pompiers, les laboratoires sont en attente du matériel tel que les masques pour se protéger et protéger les patients ou pour réaliser les tests épidémiologiques. La puissance publique doit demander aux hôpitaux privés de se mettre à la disposition de la nation.

Des mesures structurelles fortes pour faire face à la crise économique

Une crise financière historique, elle aussi d'ampleur mondiale, est en cours. La crise sanitaire en est le catalyseur et non la cause. Ce sont les politiques monétaires et néolibérales qui en sont les principaux déclencheurs. Si des mesures de soutien et d'accompagnement des entreprises et des salariés doivent être mises en place rapidement, il faut donc aussi revoir les règles d'intervention de la BCE pour que les sommes débloquées soutiennent l'économie réelle et non la spéculation financière. Le « Pacte de stabilité » budgétaire européen doit être abandonné. Les secteurs stratégiques du pays doivent être protégés. Nous demandons enfin le report de la réforme de l'assurance chômage dont l'entrée en application est prévue pour le 1er avril.

 

 

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10 mars 2020 2 10 /03 /mars /2020 15:54

 

Le Premier ministre a annoncé samedi en fin de d’après-midi le recours au 49.3 pour le projet de loi sur les retraites, privant ainsi la représentation nationale d’un vote sur un texte présenté par Emmanuel Macron et le gouvernement comme la « reine des réformes du quinquennat ». L’opération a été préparée en loucedé lors d’un Conseil des ministres extraordinaire consacré, le matin même, au Coronavirus.

 

 

 

Pour faire oublier la fièvre parlementaire sur la réforme des retraites et passer à autre chose, le pouvoir a manœuvré avec cynisme en profitant de l’inquiétude des Français vis-à-vis d’un risque d’épidémie (voir plus bas). Le pouvoir mise sur un basculement de l’opinion publique du dossier des retraites à celui du Coronavirus.

À quinze jours des élections municipales, il ne voulait pas faire durer le supplice. Comme cela avait déjà été le cas lors de l’examen du projet de loi en commission spéciale, le débat dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale au cours des 12 derniers jours a de nouveau fait la démonstration de l’incapacité du gouvernement et de sa majorité parlementaire à apporter des réponses précises à des questions portant sur l’avenir des retraites. Certains sujets ont même tourné à un véritable fiasco pour le pouvoir. Un exemple parmi tant d’autres : comment va évoluer la valeur du point ? Réponse : par une indexation sur un index… qui n’existe pas, qui reste à créer de l’aveu même du ministre ! On pourrait multiplier les exemples : sur la pénibilité (bravo aux députés communistes pour avoir si bien parlé des métiers où les salariés n’ont vraiment pas envie d’avoir le « loisir de se tuer à la tâche », sur le financement de la période de transition, sur la situation faite aux femmes, sur les inégalités entre générations, sur l’espérance de vie en bonne santé et l’âge pivot... Le seul élément gravé dans le marbre est la règle d’or de « l’équilibre financier », avec une baisse du financement et de la part de la richesse nationale consacrée aux retraites. Malgré des mois et des mois de « concertation », de pédagogie, le pouvoir n’a pas réussi à convaincre de la nécessité, et encore moins des bienfaits ou de la justice de sa réforme du système de retraites. En s’attaquant au cœur du pacte social, Emmanuel Macron et le gouvernement ont en fait ouvert un débat de fond portant sur le choix de société (quel travail, quelle vie après le travail, la solidarité entre les générations, le financement de notre protection sociale, les inégalités).

Aujourd’hui, malgré les départs successifs de députés macronistes (un sénateur des Bouches-du- Rhône vient d’annoncer son départ du groupe au Sénat et des députés sont à la manœuvre pour constituer un nouveau groupe au Palais Bourbon), le pouvoir dispose toujours d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Le 49.3 est donc utilisé contre les oppositions et la démocratie parlementaire, pour mettre fin au débat sur le fond, comme cela avait été le cas pour les travaux de la commission spéciale, et pour mettre un terme à ce spectacle catastrophique pour le pouvoir d’une majorité dos au mur, incapable de défendre sa réforme, confrontée à une opinion publique majoritairement hostile au projet de loi et favorable au recours au référendum comme ultime solution. Après le choix d’une procédure accélérée (pour une réforme qui ne rentrerait en vigueur qu’en 2037, où est l’urgence ?), l’utilisation du 49.3 est donc un nouveau seuil franchi dans la crise politique et démocratique.

Après le mouvement des Gilets jaunes, qui n’a obtenu aucune réponse pérenne sur les deux moteurs de la mobilisation populaire, la démocratie et la justice sociale (via la justice fiscale), puis avec le mouvement sur les retraites, avec des formes de lutte et de mobilisation inédites (encore ce dimanche avec des acteurs de la Comédie française et une pluie qui s’est arrêtée pour les laisser jouer), le macronisme poursuit sa course vers un autoritarisme qui fracture notre société et nourrit la violence. La question de l’avenir politique de notre pays doit être examinée avec gravité. Le pire est possible. Une alternative progressiste est plus que jamais urgente et nécessaire. Engageant sa responsabilité sur ce texte (il ne pourra donc pas le faire sur le volet organique de la réforme), le gouvernement fait tout au contraire preuve d’une très grande irresponsabilité en s’entêtant sur un texte mal préparé, incomplet, flou, à trous avec 29 ordonnances pour 65 articles, non financé, ne garantissant pas l’avenir des retraites et ayant comme seul « imaginaire » celui de travaille plus longtemps pour des pensions réduites. On peut y voir, comme cela est régulièrement rappelé, de l’amateurisme ; c’est aussi la marque d’un pouvoir voulant faire taire les partenaires sociaux, le Parlement, les citoyens, les mobilisations. Un pouvoir pour qui la construction d’un compromis n’est plus un objectif pour travailler à l’intérêt général.

Un nouveau seuil dans la crise politique

Face aux réactions dénonçant un passage en force et un aveu de faiblesse, le Premier ministre évoque un dispositif prévu par la Constitution, déplore la stratégie « d’obstruction parlementaire » de l’opposition, et promet un « nouveau texte, enrichi de tous les acquis de la négociation avec les partenaires sociaux et d’un grand nombre d’amendements venus de la majorité parlementaire ». Édouard Philippe a adressé un courrier aux partenaires sociaux sur la « poursuite des travaux de la conférence de financement », en précisant qu’à défaut d’accord entre les organisations syndicales et patronales, « le gouvernement prendra ses responsabilités, aussi bien en matière de retour à l’équilibre qu’en matière de pénibilité ». Cette tentative d’apaisement et de diversion est vouée à l’échec. Le gouvernement a voulu profiter de l’inquiétude des Français sur le coronavirus et le risque d’une crise sanitaire pour, en plein week-end, faire passer le 49.3. Cela a eu l’effet inverse avec des rassemblements spontanés, à Paris devant l’Assemblée nationale et dans de très nombreuses villes. D’autres mobilisations sont programmées pour aujourd’hui et demain.

Du côté des syndicats, la CFDT, dans un communiqué, déplore « que les débats n’aient pas pu se tenir jusqu’au bout », renvoyant dos à dos « la multiplication stérile d’amendements sans aucun intérêt et le recours au 49.3 » et donnant rendez-vous lors du passage du texte au Sénat. La CFDT attend des bougés sur la pénibilité afin « de conjuguer régime universel et justice sociale ». Pour la CGT, Philippe Martinez a annoncé une nouvelle mobilisation dès cette semaine. L’intersyndicale se réunit lundi matin pour fixer ce calendrier.

Quelles suites ? Deux motions de censure ont été déposées. L’une par les groupes de gauche (PCF, LFI, PS), l’autre par LR. Le débat aura lieu mardi. La création d’une commission d’enquête sur la sincérité, l’exhaustivité et l’exactitude de l’étude d’impact sera discutée mercredi. Dans son avis au vitriol, le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative, avait jugé la réforme incomplète, concluant à l’impossibilité de « garantir la sécurité juridique » du projet de loi. Le Conseil constitutionnel sera saisi. De nouvelles journées nationales de mobilisation feront entendre l’opposition à cette réforme des retraites et au coup de force démocratique. Dans un tel contexte, la bataille pour un référendum est plus que jamais centrale. Dans un récent sondage, 67 % des personnes interrogées ont demandé l’organisation d’un tel référendum sur l’avenir des retraites.

 

 

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9 mars 2020 1 09 /03 /mars /2020 15:39
Manifestations de femmes et de gilets jaunes : Le PCF dénonce des violences illégitimes
 
Manifestations de femmes et de gilets jaunes : Le PCF dénonce des violences illégitimes
 
 
Samedi 7 mars, veille de la journée internationale pour le droit des femmes, à l’appel de collectifs et d’associations, plusieurs milliers de personnes ont participé à une marche nocturne pour un féminisme
populaire et antiraciste.
 
 
Cette manifestation a fait l’objet de charges policières injustifiables et disproportionnées avant que les forces de l’ordre ne tentent de disperser la foule avec du gaz lacrymogène.
 
Une fois de plus, le PCF déplore que l’usage de la force s, celles et ceux qui expriment de justes revendications. Il est intolérable que des femmes aient été frappées, traînées et repoussées violemment dans les escaliers d’une station de métro alors qu’elles manifestaient contre les violences machistes et sexuelles.
 
Le PCF dénonce fermement ces violences absolument illégitimes alors que 9 personnes ont été interpellées avant d’être relâchées dimanche soir.
 
Ces faits interviennent au moment où le préfet de police de Paris, Didier Lallement, est critiqué jusque dans ses rangs.
 
Sa gestion du maintien de l’ordre, avec la technique du « nassage », et l’emploi disproportionné de la force est remise en cause.
 
A Nantes, d’autres violences ont eu lieu à l’occasion d’une manifestation de gilets jaunes qui a été durement réprimée, un jeune ayant eu sa mâchoire arrachée.
 
Sur ces affaires, toute la lumière doit être faite. Le Ministre Castaner doit s’expliquer sur la gestion des forces de l’ordre et à travers elle, les consignes qui leur sont données.
 
Le PCF déplore une fois de plus ce climat de violence qui constitue une nouvelle régression démocratique et marque de plus en plus une tendance autoritaire du gouvernement d’Édouard Philippe.
 
Le PCF demande le rétablissement d’une police républicaine qui intervient dans le cadre de ses missions de service public et non une police utilisée pour museler et intimider le mouvement social.
 
 
Parti communiste français,
 
Paris, le 9 mars 2020.
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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 09:59
Clara Zetkin

Clara Zetkin

8 mars: pour l'égalité femmes-hommes, pour un monde plus juste, plus humain

Cela fait plus d’un siècle que la première journée internationale pour les droits des femmes eut lieu à l’initiative de Clara Zetkin, militante révolutionnaire et féministe allemande. C’est à son propos qu’Aragon écrivit dans Les cloches de Bâle : « La femme des temps modernes est née, et c’est elle que je chante. Et c’est elle que je chanterai.»

Chaque année, quand vient le 8 mars, on constate que les inégalités professionnelles et salariales perdurent, au point que l’on estime qu’à partir de 15h40, les femmes ne sont plus payées.


Mais ce 8 mars 2018 a un écho particulier en raison de la libération de la parole des femmes qui témoignent sur les violences, les agressions sexuelles, le harcèlement, le mépris dont elles sont victimes.
Le combat contre ce système patriarcal mondialisé et pour les droits des femmes est partie prenante des luttes pour l’émancipation humaine, pour une société d’égalité et de plein épanouissement pour toutes et tous.
Clara Zetkin disait à Paris en 1889 lors de la 1ère conférence de l’Internationale ouvrière « L'émancipation de la femme comme celle de tout le genre humain ne deviendra réalité que le jour où le travail s'émancipera du capital. »
Nathalie Lemel, héroïne de la Commune, révolutionnaire et féministe née à Brest et qui vécut à Quimper, à qui une bande dessinée a rendu un juste hommage, faisait elle aussi le lien entre la révolution sociale et la conquête des droits des femmes.

Aujourd’hui encore on ne peut les dissocier.
Les femmes paient un lourd tribut au chômage, à la précarité, au temps partiel subi, aux horaires décalés, fragmentés, au travail du dimanche non choisi.
Et la déréglementation du travail, de la loi El Khomri aux ordonnances Macron, précarise encore plus leur situation.
Petits salaires, petites retraites, se déclinent plus souvent au féminin.
Les personnels des hôpitaux, des EHPAD, de l’aide à domicile, confrontés à la dégradation de leurs conditions de travail, au burn-out, ce sont majoritairement des femmes, comme les aidants familiaux. La majorité des personnes isolées, abandonnées par les politiques publiques, ce sont des femmes.

Mais ici et ailleurs des femmes relèvent la tête.
Celles qui trouvent le courage de révéler les violences qu’elles ont subies.
Celles qui luttent pour de meilleurs salaires, de meilleures conditions de travail, et font reculer leurs employeurs, comme les femmes de chambre des grands hôtels, ou les salariées des EHPAD et de l’aide à domicile.
Celles qui défendent le droit à l’avortement, en Pologne, en Hongrie.
Celles qui se battent pour les droits de leur peuple, comme ces Palestiniennes engagées dans une lutte pacifique contre l’occupation de leur pays par Israël : cette toute jeune fille, Ahed Tamimi, qui vient d’avoir 17 ans dans les prisons israéliennes, et qui a bouleversé le monde entier ; ou encore Khalida Jarrar, députée au parlement palestinien, qui vient une nouvelle fois d’être l’objet d’une mesure de détention administrative, sans procès, en contradiction avec le droit international.
Comment ne pas évoquer aussi à ce sujet Elsa Lefort, qui se bat avec courage contre la détention de son mari, notre compatriote Salah Hamouri, emprisonné depuis le mois d’août dans les mêmes conditions, sans que cela émeuve notre président ?
Et bien sûr, ces femmes Kurdes qui ont combattu Daech en Syrie, pour nos libertés, et que nos dirigeants abandonnent à leur sort sous les bombes d’Erdogan ?
Ou ces artistes, écrivaines, militantes progressistes, féministes, enfermées en Turquie dans les prisons du même Erdogan ?

Notre solidarité va à toutes ces femmes, ces femmes des temps modernes, comme disait Aragon, et à toutes les autres qui travaillent à rendre notre monde plus juste, plus humain.

Yvonne Rainero

Nathalie Le Mel

Nathalie Le Mel

En ce 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, je voudrais évoquer la Finistérienne Nathalie Le Mel, grande figure féminine et féministe de la Commune de Paris, dont on commémorera l'année prochaine le centenaire de la mort.
Une rue de Quimper porte son nom, ainsi que la médiathèque de Pluguffan.

Cette bretonne, née à Brest en 1826, fille d’un ouvrier corroyeur, s’installe en 1849, à 23 ans, à Quimper où elle tient avec son mari une librairie rue Kéréon et où ses idées avancées heurtent la bourgeoisie bien-pensante.

En 1861 elle part pour Paris où elle travaille comme ouvrière-relieuse et adhère à l'Internationale.

Avec Eugène Varlin, ouvrier-relieur lui aussi et représentant de l’Internationale, elle crée « La Marmite », coopérative ouvrière qui fut une sorte de préfiguration des restaurants et épiceries du cœur.

Elle joue un rôle important à la tête de l’Union des femmes de la Commune de 1871, cette Commune de Paris qui avait prévu pour les filles un enseignement laïque, gratuit et obligatoire et proclamé l’égalité des salaires entre instituteurs et institutrices.

Elle y côtoie Louise Michel et d’autres femmes extraordinaires comme Elisabeth Dmitrieff, fille d’un officier tsariste qui avait rejoint elle aussi l’Internationale, ou Sonia Kovalevskaïa, jeune Russe amie de Dostoïevski, qui fut par la suite la 1ère femme à soutenir une thèse de mathématiques et la 1ère titulaire d’une chaire de mathématiques à l’Université.

Lors de la « Semaine sanglante », du 22 au 28 mai 1871, Nathalie Le Mel se bat sur la barricade de la place Pigalle.

Après l'écrasement de la Commune de Paris, elle est arrêtée le 21 juin 1871 et déportée en 1873 avec son amie Louise Michel en Nouvelle-Calédonie.

Les femmes de la Commune qui avaient survécu à la Semaine Sanglante subirent elles aussi une dure répression, parfois le bagne comme Louise Michel et Nathalie Le Mel.
Devant le tribunal militaire qui jugea en septembre 1871 plusieurs d'entre elles, le Commissaire du gouvernement prononça cet incroyable réquisitoire :

« Et voilà où conduisent toutes les dangereuses utopies, l’émancipation de la femme, prêchée par des docteurs qui ne savaient pas quel pouvoir il leur était donné d’exercer…N’a-t-on pas, pour tenter ces misérables créatures, fait miroiter à leurs yeux les plus incroyables chimères ? Des femmes magistrats ? Membres du barreau ? Oui des femmes avocats, députés peut-être et, que sait-on, des commandants ? Des généraux ? On croit rêver en présence de telles aberrations ».

Nathalie Le Mel ne sera libérée qu'après la loi d'amnistie de 1880, ayant refusé toute mesure de grâce.

Elle trouve du travail au journal l'Intransigeant et continue à se battre pour les droits des femmes.

Elle meurt dans la pauvreté en 1921 à l'hospice d'Ivry.

Yvonne Rainero

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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 09:31
Retraites: la parodie de débat parlementaire a pris fin (L'Humanité, 6 mars 2020)
Vendredi, 6 Mars, 2020
Assemblée nationale. Retraite : la parodie de débat parlementaire a pris fin

Après avoir expédié les amendements sans véritable examen, les députés de la majorité ont adopté le second volet « organique » du projet de réforme des retraites, alors que l’opposition avait quitté l’hémicycle.

 

Un coup de force. Voilà à quoi aura ressemblé jusqu’au bout le parcours à l’Assemblée nationale du projet de réforme des retraites porté par le gouvernement. Ce jeudi, les députés de la majorité ont adopté le second volet organique par 98 voix contre une. Le grotesque de ce résultat – dû au départ avec fracas des députés de l’opposition de gauche puis de droite poussés à bout par les caricaturales conditions d’examen du projet de loi – est à la hauteur du putsch démocratique déclenché par l’usage du 49-3 pour faire passer le premier volet de cette réforme mal née.

Cet épisode sombre s’est écrit en deux temps. Dans l’après-midi, au retour d’une brève interruption de séance, les députés de gauche décident de ne plus subir la nonchalance de leurs homologues de la majorité expédiant sans vergogne d’un sibyllin « défavorable » tous les amendements, sous la houlette de la rapporteure Cendra Motin (LaREM) et avec l’assentiment gourmand et silencieux du secrétaire d’État Laurent Pietraszewski. Cette singulière démarche avait déjà suscité la colère et les protestations des rangs de l’opposition les jours précédents.

« Un plantage de bout en bout pour le gouvernement »

C’est alors Sébastien Jumel qui sort de ses gonds. Dénonçant la vision « insupportable » de la majorité en train de « ronronner comme s’il ne se passait rien dans le pays », le député communiste prévient : « Soit on vous laisse dérouler tranquillou ce mauvais projet », soit « nous considérons que les choses vont se jouer ailleurs », désignant ainsi la « raclée monumentale » que la majorité présidentielle devrait recevoir lors des prochaines municipales. Montant à son tour au créneau pour les insoumis, Clémentine Autain s’exclame à propos de cette « triste comédie », de ce « simulacre de démocratie » : « Pour les oppositions à la gauche de cet hémicycle, il est temps de tirer le rideau. (…) Pour reprendre les termes de l’écrivaine Virginie Despentes (à propos de la dernière cérémonie des césars – NDLR), nous aussi on se lève et on se barre ! » Valérie Rabault enfonce le clou au nom des socialistes après avoir vu sa demande de vote solennel de la loi envoyée sur les roses : « Mon groupe quittera lui aussi l’hémicycle. » Les députés LR emboîtent le pas, refusant de cautionner « une mascarade de débat ».

L’incident ne suscitant qu’un commentaire acerbe du chef de file des élus LaREM, Gilles Le Gendre – cette « manœuvre » a été organisée « à la va-vite » lors de « la suspension de séance » –, la majorité en profite pour accélérer le tempo, envoyant à la poubelle les derniers amendements et votant comme un seul robot le texte. Ce volet organique est pourtant tout sauf anecdotique et méritait un vrai examen parlementaire. Malgré sa taille réduite, cinq articles seulement, il organise le pilotage financier du nouveau régime de retraites, en gravant dans le marbre la « règle d’or » chère au gouvernement, qui verrouillera les évolutions du système. Tous les ans, une loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) définira « une trajectoire pluriannuelle imposant l’équilibre du système sur une période de cinq années cumulées ». En clair, le Parlement sera sommé d’équilibrer les comptes, avec un risque de baisse des pensions.

Après cette séquence, Pierre Dharréville, député PCF des Bouches-du-Rhône, décrypte : « La majorité n’a pas respecté le Parlement. Elle a utilisé le 49.3. Puis elle a refusé l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur l’étude d’impact (lire l’Humanité de mercredi – NDLR). Le tout en esquivant tout débat de fond. Dans ces conditions, il devenait inutile de continuer, d’autant que nous avions déjà discuté des deux premiers articles du volet organique, les plus emblématiques. » Avant de conclure : « Cette séquence parlementaire restera comme un plantage de bout en bout pour le gouvernement, qui a présenté une réforme mauvaise sur la forme et sur le fond. »

Non loin, François Ruffin (FI) résumait : « Ils sont seuls, ils savent qu’ils sont en minorité, ils avancent tout seul vers la remise en cause de notre contrat social depuis 1945. » Au même moment tombait le dernier sondage YouGov pour le Huffpost : 60 % des Français réclament désormais le retrait de la réforme. 

Stéphane Guérard et Cyprien Boganda
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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 09:26
Question au gouvernement de la sénatrice communiste du Val de Marne Laurence Cohen sur les conditions de détentions des mineurs non accompagnés
 
 
 
 
🤬 J'interroge Nicole Belloubet, Ministre de la Justice, sur les conditions de détention, inhumaines, des mineurs non accompagnés.

"Mme Laurence Cohen attire l’attention de Mme la garde des sceaux, ministre de la justice sur les conditions de détention des mineurs non accompagnés, suite au suicide tragique de l’un d’entre eux à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, le lundi 17 février 2020.

Comme le rappelle notamment la Ligue des droits de l'Homme, sur les 4 333 mineurs déférés au tribunal pour enfants de Paris en 2019, 68 % sont des mineurs isolés. Ils représentent 45 % des adolescents incarcérés à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. Le rapport 2017 de La Cimade dénonce la généralisation des logiques d’incarcération et de placement en rétention de ces mineurs. Dans un rapport de 2018, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté s’inquiète de la quantité non négligeable de mineurs non accompagnés dans les prisons françaises. En novembre 2019, dans son rapport sur les droits de l’enfant, le défenseur des droits s’alarmait de leur traitement.

Ce nouveau suicide doit nous alerter sur la vulnérabilité de ces jeunes, victimes de stigmatisations et de discriminations au sein des établissements pénitentiaires. En effet, leur prise en charge, faute de moyens et de personnels en nombre suffisant, s’avère difficile et ne favorise ni leur intégration ni leur réinsertion. Ces jeunes, souffrant souvent de poly-toxicomanie et de troubles psychiatriques, nécessitent un vrai accompagnement.

Souvent sans attaches, sans adresse ni responsables légaux, sans papiers et parlant mal le français, ils sont convoqués en procédure accélérée devant les juges et presque systématiquement placés en détention provisoire, pour des délits mineurs de subsistance. Face à la justice, ils sont soupçonnés de mentir, en particulier sur leur nom et leur âge. À ce sujet, La Cimade dénonce les tests osseux et les humiliations qu’ils peuvent subir comme des examens des parties génitales. Considérés à tort comme adultes suite à ces tests non fiables, certains mineurs se retrouvent en prison pour adultes.

En prison, ils sont discriminés par les autres jeunes et les adultes, ce qui les fragilise davantage. De plus, une fois incarcérés, ils n’ont plus de contact avec leur famille, leur seul lien avec elle étant souvent les réseaux sociaux, bannis des établissements pénitentiaires. À cet isolement, s’ajoutent les provocations, les injonctions à faire entrer des produits illicites de la part des autres détenus qui multiplient menaces et violences à leur encontre.

La loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 dite « asile et immigration », comme le durcissement des politiques européennes, renforcent la stigmatisation et contribuent à fragiliser ces mineurs. Ainsi, elle lui demande quelles actions concrètes elle entend mettre en place pour sortir de cette situation injuste et inhumaine qui ne permet pas de répondre aux dangers auxquels sont confrontés ces jeunes en déshérence."

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1 mars 2020 7 01 /03 /mars /2020 20:05
Passage en force contre les retraites, 49.3 - Motion de censure de la gauche contre le gouvernement à l'Assemblée
Passage en force contre les retraites, 49.3 - Motion de censure de la gauche contre le gouvernement à l'Assemblée
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1 mars 2020 7 01 /03 /mars /2020 19:42
Samedi 29 février - Lucienne Nayet participait à l'inauguration du nouveau musée de la résistance de Champigny-sur-Marne
Samedi 29 février - Lucienne Nayet participait à l'inauguration du nouveau musée de la résistance de Champigny-sur-Marne
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Samedi 29 février - Lucienne Nayet participait à l'inauguration du nouveau musée de la résistance de Champigny-sur-Marne
Samedi 29 février - Lucienne Nayet participait à l'inauguration du nouveau musée de la résistance de Champigny-sur-Marne
Samedi 29 février - Lucienne Nayet participait à l'inauguration du nouveau musée de la résistance de Champigny-sur-Marne
Samedi 29 février - Lucienne Nayet participait à l'inauguration du nouveau musée de la résistance de Champigny-sur-Marne
Samedi 29 février - Lucienne Nayet participait à l'inauguration du nouveau musée de la résistance de Champigny-sur-Marne
Samedi 29 février - Lucienne Nayet participait à l'inauguration du nouveau musée de la résistance de Champigny-sur-Marne
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Samedi 29 février - Lucienne Nayet participait à l'inauguration du nouveau musée de la résistance de Champigny-sur-Marne
Samedi 29 février - Lucienne Nayet participait à l'inauguration du nouveau musée de la résistance de Champigny-sur-Marne
Samedi 29 février - Lucienne Nayet participait à l'inauguration du nouveau musée de la résistance de Champigny-sur-Marne

Notre amie et camarade Lucienne Nayet a participé en tant que présidente du Réseau du Musée de la Résistance nationale à l'inauguration du nouveau musée national de la Résistance de Champigny-sur-Marne ce matin, l'aboutissement d'un très long chemin, d'un gros travail.

Bravo à toute l'équipe et merci à Patrick Gambache et Jean-Luc Le Calvez, nos camarades du PCF pays de Morlaix présents aux côtés de Lucienne, les deux envoyés spéciaux à qui nous devons ces quelques photos témoignages de cet événement important pour la mémoire de la Résistance.

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1 mars 2020 7 01 /03 /mars /2020 19:39
Recours au 49-3 : Non au coup de force, oui à un référendum (PCF)
Recours au 49-3 : Non au coup de force, oui à un référendum
Le Premier ministre vient d'annoncer le recours à l'article 49-3 pour mettre un terme au débat sur le projet de contre-réforme des retraites à l'Assemblée nationale.
Les arguments fallacieux du chef du gouvernement pour justifier ce coup de force confirment le caractère autoritaire du pouvoir face au mouvement social et face à la représentation nationale.
 
Si une obstruction a pu être constatée dans les débats, c'est celle du gouvernement et de sa majorité godillot qui n'ont à aucun moment répondu aux questions des Député-e-s sur des enjeux cruciaux : âge d'équilibre, valeur du point, financements, prise en compte de la pénibilité... Sur toutes ces questions, le gouvernement et les parlementaires LREM ont choisi de mentir sur leur projet de loi. Ils répriment, ils mentent, ils contournent !
 
Le Président de la République et son Gouvernement entendent ainsi bâillonner l'opposition à leur politique dans les hémicycles après avoir méprisé le mouvement social et ignoré l'opposition de la grande majorité du pays à ses projets de loi. Il s'est refusé àrépondre aux propositions des organisations syndicales et des formations politiques, qui, à l'image du PCF, ont porté un vrai projet de réforme progressiste des retraites.
 
A défaut de convaincre de la légitimité de son projet rejeté par une large majorité de français, le pouvoir utilise donc la force contre le Parlement, comme il a utilisé la force lors des mobilisations dans tout le pays depuis plusieurs mois.
 
Le PCF et ses parlementaires dénoncent ce coup de force d'un pouvoir qui privilégie la mission que lui ont assigné les fonds de pensions et le patronat plutôt que les attentes des salariés et de notre jeunesse. Il appelle à organiser de larges mobilisations unitaires partout dans le pays pour protester contre la décision du président de la République et du Premier ministre.
 
Plus que jamais, il faut faire monter en puissance l'exigence d'un référendum que 67% de nos concitoyennes et concitoyens ont demandé dans un sondage. Montrons à des gouvernants arrogants que la République, c'est le pouvoir du peuple, pour le peuple et par le peuple !
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