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25 septembre 2021 6 25 /09 /septembre /2021 08:36
Le 25 septembre 2021 : Mobilisation générale pour la paix

Canicules, sécheresses, inondations, famines, épuisement des ressources naturelles : notre planète, la flore, la faune et êtres humains de tous les continents souffrent comme jamais de l'exploitation à outrance des matières premières par les multinationales, de la course à la rentabilité des exploitations agricoles, de l'agressivité des accords de libre-échange, de la pollution des écosystèmes, des terres, des mers, de l'air. « Le capital, disait K.Marx, épuise deux choses, le travailleur et la nature » , cela n'a peut-être jamais été aussi vrai.

Ces déséquilibres aggravent les tensions, les conflits, alimentent les risques de guerres et... boostent les ventes et dépenses d'armement !

Les pays occidentaux, membres de l'OTAN, concentre l'essentiel des dépenses militaires qui sont passées de 1 144 milliards en 2001 à près de 2 000 milliards en 2020.

A eux seuls, les Etats-Unis représentent près de la moitié des dépenses mondiales ! La vente récente de sous-marins à propulsion nucléaire à l'Australie par Washington conduira inéluctablement à une escalade.

C'est le surarmement qui rend le monde plus dangereux

La situation internationale ne cesse de se dégrader. Les crises sanitaires, sociales,, économiques, écologiques, politiques creusent les inégalités et attisent les violences. Elles hypothèquent les conditions de vie sur terre. Les logiques néolibérales de profits et de puissance sont à la base de ce monde dangereux et provoquent toutes les formes d'insécurité humaine.

Il faudrait se préparer à la guerre, multiplier les dépenses d'armement, les conflits préventifs afin de défendre notre sécurité menacée. La droite et l'extrême droite nourrissent un discours fondé sur la manipulation, les peurs, le ressentiment, l'exaltation de l'identité. Cela alimente une vision hiérarchisée du monde dans laquelle une petite oligarchie de puissances décide pour les autres, hors des Nations Unies, c'est insupportable.

Dans le sillage des Etats-Unis, la France n'est pas en reste. E. Macron fait de la « défense européenne », adossée à l'OTAN, le coeur de la renaissance du projet européen néolibéral et considère que le commerce des armes est un élément de compétitivité de notre pays.
Paris, comme l'exige l'OTAN, a doublé ses crédits consacrés à l'arme nucléaire dont nul ne sait très bien, aujourd'hui, quelle perspective stratégique donne encore sa vertu dissuasive à une telle arme.

D'autres choix stratégiques et diplomatiques

Alors que les crises plongent le monde dans la tourmente, se faire la guerre est une folie.
Il est temps de la délégitimer. La course aux armements ne permet pas d'assurer la sécurité des citoyens. Les guerres se sont multipliées (Libye, Syrie, Irak, Yémen, Afghanistan, Sahel...) et pourtant la solution militaire est un échec total. Toutes les interventions extérieures conduites par les occidentaux sous l'égide de l'OTAN sont des échecs comme en témoigne la débâcle américaine dans sa « guerre contre le terrorisme » à Kaboul, renforçant l'islamisme radical en Asie et en Afrique.

Les instruments militaires ne sont plus décisifs pour gagner une guerre et résoudre des crises enracinées dans la défaillance d'Etats corrompus, prédateurs, brutaux et insensibles aux besoins des populations. On ne combattra pas la souffrance humaine avec des canons !

Le « Défi des Jours Heureux »

Fabien Roussel, candidat communiste à l'élection présidentielle, défend une tout autre vision des relations internationales et de la politique de la France dans le monde dont les mots d'ordre devraient être conquêtes sociales, justice économique et climatique, souveraineté des peuples, solidarité internationale : en un mot, la PAIX. Le réalisme est de ce côté.

La grave crise diplomatique liée à la rupture du contrat entre la France et l'Australie devrait interroger Paris sur sa stratégie industrielle et diplomatique. Engoncée dans l'atlantisme, ayant réintégré le commandement intégré de l'OTAN et célébré avec empressement l'élection de J. Biden, la France semble découvrir que la notion d'alliance, notamment l'Alliance Atlantique, n'a plus de sens dans un monde où la guerre froide n'existe plus. Il faut en sortir et créer des cadres communs de coopération et de sécurité collective qui renforcent les solidarités entre les peuples et les nations.

Les Etats-Unis ont entrepris une révision stratégique mais n'ont pas renoncé pas à l'idée d'hégémonie.
Ils entendent jeter toutes leurs forces dans la confrontation avec la Chine et assumer le leadership dans la zone Indo-Pacifique. Dans cette croisade, menée avec l'OTAN, Washington noue de nouvelles alliances avec le pacte AUKUS (Australie, Royaume-Uni, Etats-Unis) et tente d'entraîner des Européens réticents. Paris, tout en exprimant des réserves lors du dernier sommet de l'OTAN, espérait être à la table des convives, mais elle vient de subir une rebuffade humiliante. Le camouflet est d'autant plus grand que la vente d'armes occupe une place centrale dans la politique étrangère de la France. Le message adressé depuis longtemps par B. Obama, D. Trump et maintenant J. Biden est clair : seuls priment les intérêts étasuniens. Un autre chemin est possible.

La France et l'Union européenne doivent en tirer toutes les conséquences. La confrontation avec la Chine est une impasse, les Européens et Pékin ont besoin de se parler, d'agir ensemble, de nouer des coopérations notamment sur la gestion des biens communs de l'humanité : santé, climat biodiversité... Paris et les autres capitales européennes doivent cesser d'épouser la stratégie américaine et sortir de leur relation toxique à l'OTAN. Elles doivent également renoncer à constituer un « pôle européen de défense » adossé à l'OTAN. Washington n'hésitera pas à infliger le même revers à cette stratégie. L'issue est de renforcer l'indépendance et la souveraineté de la France et de l'Europe, de sanctuariser leurs industries de défense par des coopérations en vue de bâtir une sécurité collective en Europe.

La paix au cœur des alternatives pour l'humanité

La paix est un projet politique au cœur des luttes émancipatrices. Le politique doit primer sur la force pour que la paix devienne un projet global pour l'humanité. La paix répond à l'urgence climatique et à l'exigence de justice pour bâtir des logiques de coopération, de partage, d'entraide et de solidarité. Cela ne peut pas se concevoir sans démilitarisation du monde et une diminution drastique des dépenses d'armement.
Dans ces luttes, les peuples ont besoin de l'Organisation des Nations Unies, du multilatéralisme et d'une culture de la paix pour remettre en cause le commerce des armes, dissoudre l'OTAN et mettre en place des cadres communs de coopération et de sécurité collective. La France doit ratifier le Traité d'Interdiction des Armes Nucléaire (TIAN) pour un monde sans armes nucléaires.

Parce que la paix est au cœur de notre combat, les communistes se mobilisent pour la réussite, dans toute la France, des rassemblements du 25 septembre 2021

→ Pour trouver le lieu de rendez-vous dans votre département : https://www.collectifpaix.org

TRACT NATIONAL DU PCF : ICI

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23 septembre 2021 4 23 /09 /septembre /2021 05:35
Pierre Laurent: Je n'ai pas de mots...
Je n'ai pas de mots.
Pas de mots pour qualifier les images de réfugiés haïtiens traqués au lasso par des garde-frontières américains. Pas de mots pour nommer l’innommable. Pas de mots pour sonder ce gouffre où l'humanité se meurt.
Le monde en serait donc là ? Après des années de complaisance envers les pires thèses xénophobes, où le migrant est une menace, le pauvre un incapable ou un assisté, le musulman ou l'Afghan martyrisé un terroriste, on en est donc arrivé là ? Un monde où les premiers de cordée, qui répètent ne pouvoir "accueillir toute la misère du monde", se servent de leur corde comme un lasso pour traquer les damnés de la terre ?
Je n'ai pas de mots, car les mots n'existent pas.
Leur absence nous confronte à un impératif catégorique : ce monde est à repenser de fond en comble, dans ses politiques sociales, dans ses répartitions des richesses dans chaque pays comme à l'échelle planétaire, dans ses relations internationales, dans ses coopérations à réinventer, dans son sens de l'humain, de la démocratie, de l'égalité entre les peuples et les femmes et les hommes qui les composent.
Nous mettons sur cette recréation le mot de "communisme".
Chacun·e, selon sa sensibilité, pourra y mettre ses propres aspirations, son propre rêve.
George Sand les exprimait ainsi : "«En attendant qu’on ait résolu le problème d’une éducation commune à tous, et cependant appropriée à chacun, attachez-vous à vous corriger les uns les autres. Vous me demandez comment? Ma réponse sera courte: en vous aimant beaucoup les uns les autres".
Notre rêve commun est une humanité émancipée et libre, un monde dans lequel plus aucune domination ne pourra avoir cours.
Créons ensemble ce monde sur lequel, enfin, les mots refleuriront.
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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 06:13
Gérard Sadik - La Cimade: On peut craindre que les expulsions de réfugiés afghans reprennent (L'Humanité, 20 septembre 2021)
Gérard Sadik, la Cimade : « On peut craindre que les expulsions d'Afghans reprennent »
Lundi 20 Septembre 2021

Plus d’un mois après la prise de Kaboul par les talibans, Gérard Sadik, en charge de l’asile à la Cimade, revient sur la situation ambivalente des Afghans exilés en France et en Europe.

 

Où en est-on de la prise en charge des exilés afghans arrivés en France cet été après la prise de Kaboul par les talibans ?

Gérard Sadik: responsable national de la thématique Asile de la Cimade.

Gérard Sadik Les autorités les ont d’abord placés dans des hôtels pour l’isolement prophylactique prévu pendant dix jours, dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire. Trois ont fait l’objet de mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance (Micas) parce qu’ils étaient soupçonnés d’être talibans. La première semaine, un dispositif a été improvisé en Île-de-France impliquant plusieurs opérateurs institutionnels et associatifs. Ceux qui sont arrivés la semaine suivante ont été orientés vers d’autres régions. On enregistre maintenant les demandes d’asile. Ceux qui ne le souhaitent pas disposent tout de même d’un récépissé de trois mois. Les demandeurs ne sont pas obligés de passer par la procédure classique de la plateforme téléphonique de l’Office français de l’intégration et de l’immigration (Ofii). Une fois leur dossier enregistré, ils sont orientés vers des structures d’hébergement du dispositif national d’accueil et seront rapidement convoqués à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Ensuite, ça devrait bien se passer pour eux. Ils passent devant les 18 410 autres demandeurs d’asile afghans qui étaient là avant.

La France n’est-elle pas assez protectrice à l’égard de ces derniers ?

Gérard Sadik Les Afghans sont la première nationalité de demandeurs d’asile en France, mais aussi le « stock » le plus important de dossiers pendants. On reste à un taux d’accord de protection de l’ordre de 85 %, c’est important. Mais on compte entre 6 000 et 10 000 demandeurs dublinés (procédure consistant à renvoyer les demandeurs d’asile dans le pays par lequel ils sont entrés en Europe, selon le règlement de Dublin – NDLR). Ils viennent d’autres pays européens et doivent attendre, quand ils ne sont pas transférés vers ces pays, dont certains n’hésiteront pas à les expulser vers l’Afghanistan dès que les vols ne seront plus suspendus. En France, ils ont normalement droit à un hébergement et aux conditions matérielles d’accueil. Mais une grande partie d’entre eux sont considérés « en fuite » parce qu’ils ne se sont pas rendus à un rendez-vous, parce qu’ils ont refusé de faire un test PCR ou pour tout autre motif. L’Ofii leur coupe alors automatiquement les conditions matérielles d’accueil. On les retrouve dans les campements qu’on connaît. Se pose aussi la question des familles des protégés afghans. La plupart ont engagé des procédures de réunification familiale qui n’ont pas été traitées. Aujourd’hui, les familles sont coincées là-bas. Sans compter certains réfugiés qui ont pris le risque de perdre leur protection en France pour aller chercher leur famille en Afghanistan et se retrouvent maintenant bloqués.

Ne doit-on pas craindre, en outre, à la suite des dernières déclarations de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), que la France accorde moins de protection à ceux dont les demandes d’asile n’ont pas encore été traitées ?

Gérard Sadik La CNDA a considéré, quinze jours après la victoire surprise des talibans, que la guerre civile en Afghanistan était finie. C’est aller vite en besogne. Entre 2017 et 2020, elle appliquait la « jurisprudence Kaboul », qui considérait que le simple fait d’arriver de la capitale afghane donnait droit à une protection. Cette jurisprudence ne s’applique plus depuis l’été dernier. Et maintenant la CNDA décrète qu’elle n’accordera plus de protection subsidiaire aux Afghans de façon automatique, mais affirme qu’elle attribuera plus de statut de réfugié  relevant de la convention de Genève.

Une protection plus difficile à obtenir…

Gérard Sadik La question est surtout de savoir quel degré de personnalisation va être appliqué aux demandes. C’est une donnée variable. Dans certains cas, on fait de la détermination de groupe. C’est-à-dire qu’en fonction du groupe social ou de la région d’origine, on peut considérer qu’une personne risque plus ou moins des persécutions, donc accorder massivement des statuts de réfugié. Mais le ministère de l’Intérieur ne veut pas de ça. Il craint que cela n’ait l’effet d’une pompe aspirante pour les Afghans déboutés du droit d’asile ailleurs en Europe, si tous les pays européens n’appliquent pas cette même détermination de groupe. On peut estimer à 400 000 le nombre de demandeurs d’asile afghans en Europe, pour un taux d’accord de 70 % environ. Que fait-on des 150 000 personnes déboutées ? En Grèce, elles sont enfermées avec la promesse d’être renvoyées vers la Turquie. En France, on peut s’attendre, d’ici quelque temps, à ce qu’il y ait plus de rejet. On ne renverra pas immédiatement ces demandeurs à Kaboul. C’est impossible. Mais si tout se normalise et qu’en ouvrant des relations diplomatiques on reconnaît un gouvernement taliban, les vols reprendront, donc la possibilité d’expulsions.

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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 06:05
Réfugiés afghans - Reportage à Piriac-sur-mer en Loire-Atlantique, Eugénie Barbezat, L'Humanité, 20 septembre 2021
Réfugiés afghans. « Je ne peux pas vivre en sachant mes enfants en danger »
Lundi 20 Septembre 2021

Évacués en urgence de Kaboul, fin août, les exilés accueillis à Piriac, près de Saint-Nazaire, sont en train d’être répartis dans différentes villes. Entre soulagement et déchirement, ces familles, qui ont tout perdu, vont tenter d’y reconstruire leur vie. Reportage

Piriac-sur-Mer (Loire-Atlantique), envoyée spéciale.

À la nuit tombée, une dizaine de jeunes Afghans font les cent pas devant le centre, rivés à leur téléphone. À l’autre bout du fil, des voix féminines. Celles des épouses, fiancées ou sœurs restées en Afghanistan. « Ma femme et mon bébé sont restés à Kaboul. Moi, je travaillais pour l’Otan, j’étais justement à l’aéroport. Quand il a fermé, je suis resté à l’intérieur, avec seulement mes vêtements et mon téléphone. J’ai pu monter dans un avion, mais sans ma famille », explique A., 27 ans. Comme la plupart des 88 réfugiés accueillis fin août dans le centre de colonies de vacances de la Fédération des œuvres laïques (FOL), à Piriac, il est partagé entre le soulagement d’être en vie et le déchirement d’avoir dû « abandonner » des proches. « Je vais tout faire pour les faire venir, mais je sais que ce sera très long. Je ne verrai pas grandir mon fils », souffle-t-il, avant de rejoindre sa chambre pour une nuit qu’il sait déjà sans sommeil.

Parmi la cinquantaine de réfugiés encore présents sur le site, nombreux sont ceux qui n’arrivent pas à dormir, rongés d’inquiétude pour leur famille ou hantés par le souvenir des moments d’extrême violence vécus à l’aéroport avant leur évacuation. « Ma femme pleure toutes les nuits », confie Najibullah, un père de famille d’une cinquantaine d’années. « Je suis heureuse d’être sauvée, je remercie la France pour cela, mais je pense tout le temps à mes enfants restés là-bas. Tant qu’ils ne nous auront pas rejoints, je ne pourrai pas vivre normalement », confirme Shahpirai, son épouse.

Icon QuoteQuand les talibans ont pris Kaboul, j’ai su que mon espérance de vie dans mon pays devenait très faible. Mon nom est sur leurs listes. Najibullah Coordinateur de plusieurs ONG étrangères à Kaboul

Trois de leurs fils, leur belle-fille et leur petite-fille n’ont pas pu partir. Originaire de Kaboul, la famille était menacée en raison de la profession du père, coordinateur de plusieurs ONG étrangères, dont MSF, qui travaillait en lien étroit avec le gouvernement afghan. « Quand les talibans ont pris Kaboul, j’ai su que mon espérance de vie dans mon pays devenait très faible. Mon nom est sur leurs listes », explique le père.

Alors la famille a tout de suite rejoint l’aéroport, où seuls les parents et les deux plus jeunes enfants ont pu embarquer après plusieurs jours d’attente, massés devant les grilles. « Une des portes était gardée par les talibans, ils nous insultaient et nous frappaient à coups de bâton. Y compris les femmes et les enfants », poursuit Najibullah. Arsclan, 14 ans, leur plus jeune fils, a bien failli périr sous leurs coups. « Quand on était là-bas, il a aperçu trois soldats américains sur le toit du bâtiment. Ils filmaient pour documenter le comportement des talibans. Mon fils, par jeu, leur a fait un signe de la main. Aussitôt, les talibans l’ont insulté, traité d’espion et tenté de l’atteindre. Il tremblait de tout son corps. On s’est faufilés à travers la foule pour leur échapper. Les nuits qui ont suivi, mon fils s’est réveillé plusieurs fois en hurlant », raconte le père.

Une priorité, apprendre le français

Aujourd’hui, Arsclan va mieux, lui qui n’avait encore jamais vu la mer profite de la plage tous les jours, ainsi que son grand frère de 19 ans, Eltaf. « Je ne m’inquiète pas trop pour eux. Dès que nous serons dans l’appartement qui nous a été attribué à Châlons-en-Champagne, ils vont être scolarisés. Ils vont vite apprendre le français », estime Najibullah, confiant. Le cadre humanitaire a également pour priorité d’apprendre la langue. « Ensuite, j’irai proposer mes services à des organisations humanitaires françaises. Je suis diplômé, j’ai des contacts avec d’anciens partenaires français. Je voudrais vraiment faire quelque chose de positif pour le pays qui m’accueille », confie-t-il, conscient néanmoins qu’ici, il repart de zéro : « Nous avions une vie confortable en Afghanistan. Une belle maison, une voiture, de l’argent. On est partis sans rien. Le pull que je porte aujourd’hui, c’est ici qu’on me l’a donné. »

 

Durant la conversation, l’homme jette ponctuellement des regards anxieux à son téléphone : « On attend un appel de mes fils aînés. Jusqu’à la semaine dernière, on était en lien permanent via les réseaux sociaux, et leur mère les appelait tous les jours. Mais nous avons appris que les talibans surveillent les conversations. Alors ils ne nous appellent que quand ils sont dans un endroit sûr. En ce moment, ils changent de maison tous les jours pour éviter de se faire repérer. »

« Les talibans ciblent surtout les jeunes »

Samir, 22 ans, évacué avec son frère de 25 ans, est plus serein. « On était tous les deux policiers en Afghanistan, du coup, c’était risqué de rester après la chute du gouvernement, les talibans sont venus nous chercher plusieurs fois, on s’est cachés. Mes parents sont toujours là-bas, mais je ne crois pas qu’ils soient en réel danger. Ils sont âgés, et les talibans ciblent surtout les jeunes », affirme-t-il. Le jeune homme voit son exil comme une opportunité : « Ici, je vais pouvoir poursuivre mes études. Je veux devenir informaticien. Ensuite, je travaillerai et je pourrai envoyer de l’argent à ma famille. Et un jour, peut-être, je rentrerai chez moi. » En attendant, il s’apprête à partir pour Bordeaux, où il partagera un appartement avec son frère. « Là-bas aussi, il y a la mer ? » interroge-t-il.

Icon QuoteDès l'arrivée des talibans, je n’ai plus pu mettre un pied à l’hôpital où j’étais en stage. C’est terrible, les petites filles qui grandissent là-bas n’auront jamais aucune instruction. Sumaya Étudiante en médecine

Pour Sumaya, 20 ans, et sa famille, ce sera Colmar. Mais pour elle, peu importe l’endroit pourvu qu’elle puisse y poursuivre ses études. Originaire de Maidan Wardak, une province située à l’ouest de la capitale devenue un fief des talibans, l’étudiante en troisième année de médecine témoigne : « Dès leur arrivée, je n’ai plus pu mettre un pied à l’hôpital où j’étais en stage. C’est terrible, les petites filles qui grandissent là-bas n’auront jamais aucune instruction. » Évacuée avec sa mère, professeure de biologie, son père, directeur d’un magasin, et sa grande sœur de 24 ans, qui travaillait pour l’ONU, elle revit depuis son arrivée en France : « Heureusement, la famille est réunie ici, et j’ai l’impression d’avoir quitté l’enfer. Là-bas, même s’ils ne me tuaient pas, ma vie était finie. Je n’avais plus qu’à rester cloîtrée chez moi. » Parfaitement anglophones, les deux sœurs sont impatientes de parler le français. Dès qu’elles ont su qu’un cours était proposé par des bénévoles, elles s’y sont précipitées avec leurs parents.

Absence de traducteurs professionnels

L’envie d’apprendre est la motivation commune de la vingtaine de réfugiés assis en cercle sur le terrain de sport du camping jouxtant le bâtiment. Hommes, femmes, adolescents et beaucoup de jeunes enfants sont au rendez-vous de Viviane et Emmanuelle, les professeures de français. Elles les accueillent avec un : « Bonjour ! Ça va ? Comment t’appelles-tu ? », histoire de réviser les premières phrases apprises la veille. Les deux bénévoles sont ravies : « Avec eux, c’est facile, car tous connaissent l’alphabet, donc ils progressent très vite. » C’est Sumaya qui traduit en dari les consignes données en anglais par les jeunes femmes. « Au début de la semaine, ils ne parlaient pas un mot de français. Aujourd’hui, ils connaissent tous les chiffres et quelques phrases usuelles », note Viviane. « Ma femme et mes fils révisent les cours tous les soirs », se réjouit Najibullah.

L’homme sait l’importance de pouvoir se faire bien comprendre dans un pays étranger : « Ce que la France fait pour nous est formidable, le seul reproche que je pourrais formuler concerne les traducteurs de l’Office français de l’intégration et de l’immigration  (Ofii). Quand j’ai passé l’entretien qui doit déterminer si je peux avoir le statut de réfugié, l’interprète était pakistanais. Il parlait pachto et comprenait juste à peu près le dari. Il était assez ignorant de la situation en Afghanistan. J’ai parlé plus d’une demi-heure, et le texte qu’on m’a demandé de signer tenait sur une demi-page. Cela m’a inquiété. » Après l’avoir fait vérifier par un ami français, Najibullah constate de nombreuses erreurs et imprécisions dans son récit. Il passe alors une nuit à le réécrire, en anglais. Puis son ami le traduit en français. C’est cette version qu’il a envoyée par mail à l’Ofii, « en espérant qu’ils en tiennent compte ». Un peu amer, Najibullah constate : « Je suis privilégié d’avoir pu faire cela. Mais ce n’est pas le cas de celles et ceux qui arrivent sans savoir lire et écrire. Être protégé ne devrait pas dépendre du niveau d’études ou des relations que l’on a. La France est un grand pays, elle devrait engager des traducteurs professionnels. C’est toute la vie d’exilés qui peut être remise en question à cause d’un malentendu.»

La solidarité, ADN de la Fédération des œuvres laïques

La Fédération des œuvres laïques (FOL) a une solide expérience en termes d’accueil d’étrangers. Par délégation de service public, elle gère plusieurs centres d’accueil de demandeurs d’asile (Cada), ainsi qu’un centre d’hébergement pour les mineurs étrangers isolés.

« Certains participent aux chantiers bénévoles que nous organisons. Cela leur permet d’acquérir et de partager des savoir-faire, et de découvrir de nouvelles régions », explique Claude Chambonnet, administrateur de la FOL, venu avec sa femme Claudine prêter main-forte aux salariés du centre de Piriac-sur-Mer pour l’accueil des Afghans.

À Piriac, tout le monde se mobilise pour que les Afghans se sentent bien accueillis
Lundi 20 Septembre 2021

L’arrivée, pour un mois, de 88 Afghans évacués en urgence de Kaboul a suscité un élan de solidarité dans la petite ville de Loire-Atlantique.

 

Envoyée spéciale.

Employée au centre de vacances du Razay, Fanny se souvient avec émotion des regards de ces hommes, femmes et enfants à leur descente des bus, dans la soirée du 25 août dernier : « Les visages étaient marqués par l’épuisement, ils nous regardaient, un peu désorientés. » Prévenus de leur arrivée par la préfecture deux jours avant, la jeune femme et ses collègues de la Fédération des œuvres laïques (FOL), en charge de l’hébergement et des repas, n’ont pas ménagé leurs efforts pour les accueillir. «  Les enfants de la colonie de vacances étaient partis quelques jours plus tôt. On a tout de suite refait les 110 lits, et puis on a consulté Internet pour savoir quelles étaient les habitudes alimentaires en Afghanistan, afin de leur proposer des mets qu’ils apprécient. »

Dans le même temps, le Secours populaire local lance un appel pour collecter des vêtements, sacs et produits d’hygiène, etc. La liste des besoins est aussitôt relayée sur les réseaux sociaux. « Les gens de la région ont été d’une grande générosité, poursuit Fanny. Certains nous ont même déposé des affaires directement au centre de vacances. »

Écouter, conseiller et consoler

Sixtine, une jeune architecte d’intérieur, est venue spontanément proposer son aide en tant que bénévole quand elle a appris l’arrivée des Afghans. En manque de personnel en cette fin de saison, la FOL lui a proposé un contrat de cantinière, qu’elle a accepté. Elle fait cependant beaucoup plus que servir à manger et débarrasser les tables. Elle écoute, conseille, console, trouve des contacts aux réfugiés dans les villes où ils vont habiter, et c’est même elle qui a sollicité Viviane et Emmanuelle, deux de ses amies qui viennent tous les jours proposer des cours de français.

Au fil des jours, les réfugiés et le personnel ont appris à se connaître. «Au début, on mettait des fourchettes et des couteaux, mais on a constaté qu’ils ne s’en servaient pas. Du coup, on ne met plus que des grandes cuillères. Aussi, on a compris qu’il fallait apporter tous les plats en même temps sur la table et renoncé au service à la française. Enfin, la fois où nous avons mis du poisson au menu, on a compris que c’était un plat très prisé, alors on essaie d’en prop oser le plus souvent possible.» Un habitant de Piriac a même fait un geste assez extraordinaire. Alors que les réfugiés étaient encore en période de confinement et ne pouvaient pas sortir du périmètre du centre de vacances, il a souhaité leur apporter un petit réconfort local : il a commandé à un pâtissier un kouign amann pour chacun. De quoi leur faire apprécier la Bretagne ! E. B.

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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 06:00
« Milliards en fuite ! », d’Alain et Éric Bocquet. Le Cherche Midi, 208 pages, 17 euros.

« Milliards en fuite ! », d’Alain et Éric Bocquet. Le Cherche Midi, 208 pages, 17 euros.

« Milliards en fuite ! » : les 10 pistes d'Éric et Alain Bocquet pour remettre l'économie et la finance au service de tous
Samedi 18 Septembre 2021

La révolution libérale ne marche pas, elle court. Le secteur financier engrange des bénéfices record sans règle ni contrainte, tout en imposant discipline et rigueur aux états qui survivent parfois au bord du gouffre. L’« HD » a rencontré Éric et Alain Bocquet, auteurs de « Milliards en fuite ! - Manifeste pour une finance éthique », et explore les leviers d’action pour mettre à bas la domination des voleurs et reprendre notre destin en main. Entretien.

 

Avec « Milliards en fuite ! », les frères Bocquet avancent 10 pistes pour mettre au pas le monde de l’argent. Après le succès de « Sans domicile fisc », les Nordistes dépassent, dans ce nouvel opus, leur cheval de bataille de l’évasion fiscale pour décoder des pans entiers de la finance. Entretien avec Éric Bocquet, sénateur PCF, et Alain Bocquet, ancien député et maire de Saint-Amand-les-Eaux.

Les 10 propositions des frères Bocquet :

  1.  Une COP fiscale plus que jamais d’actualité
  2. Créer une Organisation mondiale de la finance
  3. En finir avec la spéculation sans visage
  4. Déjouer l’alchimie du blanchiment
  5. Assécher les paradis fiscaux
  6. Repenser la lutte contre l’impunité fiscale
  7. Bâtir une fiscalité juste, démocratique
  8. Dissoudre en partie la dette ou la rembourser
  9. Pour changer la finance, d’abord changer son enseignement
  10. Mobilisation citoyenne : agir local, penser mondial

Vous vous êtes fait connaître avec votre combat contre l’évasion fiscale. Qu’est-ce qui vous a motivés, cette fois-ci, à vous attaquer aux « Milliards en fuite » ?

Éric Bocquet:L’idée est venue avec le Covid-19. La pandémie a tout bousculé sur le plan économique, financier et social. Très vite, nous avons commencé à élargir le propos, au-delà de l’évasion fiscale, en nous attaquant au fonctionnement global de la finance mondiale, de ses excès, de ses conséquences concrètes dans la vie des gens, mais aussi sur le financement des États.

Alain Bocquet: La tournée pour notre dernier livre nous a conduits à rencontrer plus de 10 000 personnes et à être invités dans plus de 80 débats. Toutes ces rencontres nous ont indiqué une chose importante : la compréhension de la domination de la finance mondiale n’est pas totale chez les citoyens. Et, pourtant, ce système vit sur une spéculation généralisée. Quand on sait que seulement 2,5 % des transactions financières reposent sur l’économie réelle, il y a de quoi s’inquiéter sur l’avenir de l’humanité.

Quels ont été les interlocuteurs qui vous ont le plus marqués, lors de votre tournée pour « Sans domicile fisc » ?

Alain Bocquet: Tous ! Du citoyen qui découvrait le problème de l’évasion fiscale, en passant par de nombreux syndicalistes, mais aussi des chefs d’entreprise, des militants chrétiens réunis grâce aux évêques ou encore des francs-maçons. Nous avons vu toutes les catégories de la société et toutes partagent notre inquiétude sur le monde que nous voulons demain.

« Milliards en fuite ! » fourmille d’informations, quelle est votre méthode de travail ?

Éric Bocquet: Avec Alain, et Pierre Gaumeton (journaliste –NDLR), nous nous sommes beaucoup documentés, avec le souci de la rigueur, mais aussi avec un travail de fond. Notre logiciel militant nous permet d’échapper aux rouleaux compresseurs de la pensée unique.

Alain Bocquet: Nos travaux parlementaires nous ont été très utiles. Cette expérience nous a donné l’envie d’aller creuser au plus profond de ces sujets, avec un point de vue largement ouvert aux apports des ONG et des journalistes lanceurs d’alerte. D’ailleurs, les pistes que nous mettons en avant dans notre manifeste ne sont pas à prendre ou à laisser, mais à débattre.

Entre ce livre et le précédent, le monde a changé du fait de la pandémie. Comment la finance a-t-elle tiré son épingle du jeu et pour quelles conséquences ?

Alain Bocquet: La finance a toujours un temps d’avance. Elle s’organise pour précéder les modifications législatives qui pourraient s’imposer à elle, et c’est bien là le problème. Avec la pandémie, on pourrait imaginer que, face à autant de morts et de souffrance, tous les hommes dans ce monde pourraient se donner la main. Que nenni ! Nous ne sommes plus à l’époque de Jonas Salk qui avait refusé de breveter son vaccin contre la poliomyélite. Au lieu de cela, ils ont engrangé les bénéfices.

L’exemple le plus scandaleux se déroule le jour de l’annonce des résultats prometteurs des premiers essais d’un vaccin par Pfizer. Son action a bondi de 15 % et son PDG a vendu des titres pour 5,6 millions de dollars. Mais, en plus, les grands groupes pharmaceutiques ont eux-mêmes organisé la pénurie, empêchant l’immunité vaccinale mondiale. Cela pourrait relever d’un crime contre l’humanité, mais aussi d’une non-assistance à personne en danger.

Éric Bocquet: Aujourd’hui, les marchés financiers retrouvent leur rentabilité d’avant la pandémie. À travers la dette, ils ont accru leur emprise sur les États et les futures politiques qui vont être menées. Si les gens ne se mobilisent pas, cela nous promet des lendemains difficiles. Mais la crise a aussi fait ressurgir des inégalités insupportables. Rendez-vous compte, la France n’a jamais connu autant de millionnaires, plus de 700 000 alors que, depuis le début de la pandémie, les distributions alimentaires aux personnes à la rue ont connu une augmentation de 40 %

 

Parmi les éléments que la crise sanitaire a changés, vous pointez le carcan budgétaire européen. Qu’opposez-vous au gouvernement qui a décidé d’en finir avec le « quoi qu’il en coûte » pour renouer avec l’austérité inspirée des traités européens ?

Éric Bocquet: Toutes les sacro-saintes règles budgétaires ont explosé ! Avant la pandémie, on nous disait : « Attention, l’endettement de la France approche les 100 % », sous-entendu, demain, ce serait l’apocalypse. Six mois plus tard, avec la crise, on approchait les 120 % et rien ! Évidemment, le gouvernement n’avait pas d’autre choix que d’apporter de l’argent public pour éviter l’effondrement général de notre économie. Mais, aujourd’hui, on nous chante la petite musique du remboursement de la dette. D’ailleurs, les aides européennes sont toujours conditionnées à la mise en place de réformes dites « structurelles », notamment sur les retraites ou les services publics. Pour les États, ce n’est jamais gratuit, mais pour les entreprises, en revanche, les aides publiques sont délivrées par milliards sans contreparties

 

Pourquoi avoir choisi d’aborder cette question de la dette dans votre livre ?

Éric Bocquet: Il y a dans le discours néolibéral un paradoxe hallucinant. On nous dit que la France doit conserver la confiance de ceux qui nous financent pour éviter la catastrophe. Mais un pays comme la France obtient des prêts à taux négatifs parce que les marchés ont l’assurance d’être remboursés ! D’ailleurs, nous allons emprunter, cette année, 270 milliards d’euros et vous verrez qu’ils ne vont pas nous coûter cher. En réalité, la dette publique est utilisée comme une arme de destruction massive des aspirations du peuple.

Alain Bocquet: D’ailleurs, annuler une partie de la dette d’un État, comme nous le proposons pour la France, c’est possible. L’histoire est là pour nous le rappeler, comme en RFA, en 1953. Mais cela demande une volonté politique.

Vous n’excluez pas que la mafia puisse en détenir une partie. Comment est-il possible que des dettes souveraines, dont celle de la France, puissent se trouver aux mains de réseaux criminels ?

Éric Bocquet: L’Agence française du Trésor, chargée de lancer des appels d’offres sur les marchés financiers, ne vend des titres de la dette qu’à une quinzaine d’établissements ayant un agrément. Mais, dans un deuxième temps, ces titres sont revendus sur le marché secondaire. Et c’est à ce moment que nous n’avons plus de visibilité sur l’identité des détenteurs. Nous pouvons donc imaginer qu’une société offshore qui a son siège aux Bahamas, détenue par un narcotrafiquant colombien, puisse avoir dans ses comptes des titres de notre dette.

Alain Bocquet: Il n’existe aucune traçabilité, aucune transparence. Quand on sait que 10 % du PIB mondial est détenu par l’argent sale, il y a là plein de questions à soulever et un travail de clarté à réaliser.

« Manifeste pour une finance éthique » est le sous-titre de votre ouvrage. Les deux termes ne sont-ils pas incompatibles ? Face aux défis sociaux et environnementaux de notre siècle, mettre au pas la finance peut-il suffire ?

Éric Bocquet: Nous souhaitons faire de l’argent le nerf de la paix. Face aux enjeux de notre siècle, on nous dit partout que l’argent n’existe pas. Eh bien si, au contraire ! Mais, pour cela, les États doivent reprendre la main. C’est presque une gageure de parler de finance éthique. Mais il n’y a aucune fatalité à ce que ces pratiques d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent perdurent. On dit que l’argent n’a pas d’odeur, mais je pense que certains gouvernements n’ont pas d’odorat.

Alain Bocquet: Il faut absolument que les citoyens s’emparent du problème et reprennent le pouvoir sur l’argent. C’est d’ailleurs la dixième piste dans notre livre. Une infime minorité détient les milliards. Mais nous sommes des milliards d’êtres humains à pouvoir décider de l’utilisation de cet argent, qui, après tout, appartient à ceux qui ont créé les richesses. C’est évidemment un combat communiste et humaniste !

Justement, qui sont les bénéficiaires de ce système qui fonctionne à la fois sur l’évasion fiscale, mais aussi sur les bénéfices à tirer des dettes des États ?

Éric Bocquet; On estime que 8 % du PIB mondial est dissimulé dans les paradis fiscaux, soit plus de 6 000 milliards de dollars. Tout cela profite aux marchés financiers, aux multinationales, mais surtout aux Gafam. Ces géants ont enregistré pas moins de 27 milliards de dollars en plus durant les mois de pandémie en 2020. D’ailleurs, les Gafam ont en tête de se substituer aux États en investissant dans la santé, dans l’éducation, dans des voitures sans chauffeur… Ils ont maintenant le PIB de certains États et, à terme, ne leur manqueront plus que l’armée et la diplomatie.

Alain Bocquet: Il est urgent de remettre à plat l’organisation de la finance mondiale. Nous ne sommes plus à l’époque de la domination du dollar. C’est pourquoi nous proposons la création d’une organisation mondiale de la finance, avec des représentants de ce milieu, mais aussi des États, des Parlements, des ONG, des syndicats, pour gérer la Bourse mondiale. Vaste sujet !

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19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 05:37

Ian Brossat invité des 4 vérités de France 2, samedi 18 septembre

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19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 05:32

 

La sécurité est un droit et une liberté. Les populations les plus exposées à l’insécurité sont celles qui vivent dans les territoires les plus en difficulté. Dès son entrée en campagne, Fabien Roussel a pris cette question à bras le corps avec l’objectif de la mise en œuvre d’une politique progressiste au service de la tranquillité publique, avec une police républicaine proche des citoyens, au service de leurs attentes et de leurs besoins, pour en finir avec une politique sécuritaire utilisée aujourd’hui par un pouvoir de plus en plus autoritaire et réactionnaire.

 

A sept mois du premier tour de l’élection présidentielle, le candidat-président Emmanuel Macron a conclu le « Beauvau de la sécurité » avec un discours fleuve qui en dit long sur les urgences et les défis à relever. Contrairement à ce qui avait été annoncé en début d’année par son ministre de l’Intérieur, avec ce « Beauvau », il n’a pas été question d’un grand moment de « dialogue et de débat citoyen ». Au final, si des avancées sont obtenues, le « Beauvau » ne permettra pas une indispensable refondation. Si des sujets sensibles sont abordés ( recrutement, formation, encadrement, valorisation des métiers, contrôle et transparence ), l’intervention d’Emmanuel Macron est apparue davantage comme un discours de la méthode, un discours de campagne que comme une véritable réponse aux enjeux d’aujourd’hui et de demain. 

Le PCF propose : 

- Une remise à plat totale de l’ensemble de la doctrine d’emploi de la police et de la gendarmerie dans le cadre du maintien de l’ordre. Nous refusons le processus de privatisation de notre sécurité publique engagé par le gouvernement, porté par la loi de sécurité globale et le livre blanc sur la sécurité intérieure. Il convient de définir les orientations des politiques publiques de sécurité, de désigner les acteurs à qui ces missions seront confiées, d’en déterminer les modalités et d’engager les moyens budgétaires nécessaires. Nous proposons une loi de programmation budgétaire.

- Il y a urgence à reconstruire le lien de confiance entre police et les citoyens en réhabilitant une véritable police de proximité (Proposition de loi déposée par le groupe CRCE en septembre 2017) et en agissant pour une police républicaine respectueuse et proche des citoyens . Nous proposons de mettre fin à l’IGPN avec la création immédiate d’une structure indépendante de contrôle et d’enquête de l’action policière, une « haute autorité », composée de personnalités morales à la qualité incontestable, de parlementaires et de représentants des associations agissant en défense des libertés et des droits de l’Homme.

- Nous proposons la création d’une nouvelle direction dédiée à la police de proximité et dotée de 30 000 postes statutaires supplémentaires pour retisser un lien de confiance avec les habitants, avec la jeunesse. Une réorganisation des missions est indispensable afin de ne plus détourner les agents de leurs missions essentielles de gardiens de la tranquillité publique et de la sécurité des citoyens, tout comme la dotation en matériels permettant l’accomplissement de ces missions. La protection des policiers et des gendarmes est une nécessité, et les auteurs d’actes visant des fonctionnaires de nos forces de sécurité, comme pour toutes les personnes dépositaires d’une charge publique, doivent être sanctionnés pénalement.  Un effort particulier s’impose au profit de la formation, initiale (qui est trop réduite) et continue (en renforçant l’offre et en élargissant le nombre de bénéficiaires).

- Nous proposons l’extension à l’ensemble du territoire d’une police de proximité répondant aux attentes et aux besoins des personnes en matière de sécurité, avec des modalités différentes selon la situation, l’existence ou non d’une police municipale avec laquelle un partenariat peut dégager des complémentarités, avec un travail de partenariat avec les autres acteurs locaux. Il faut reconstruire une territorialisation de l’action policière et le rétablissement d’une relation de confiance avec la population. Elle suppose, à tous les niveaux, une large autonomie des agents, ceux-ci conservant une gamme étendue de missions, tout en pouvant faire appel à des unités spécialisées ou autres services de police si nécessaire. La réalisation d’une police de proximité suppose surtout une gestion des effectifs adaptés, avec les moyens humains nécessaires, mais aussi en veillant à assurer dans la composition des équipes un équilibre entre jeunes policiers et policiers expérimentés. 

- Instituer un nouveau pacte civique et social avec nos communes comme l’a proposé l’appel de Grigny avec son maire Philippe Rio:, l’Etat doit garantir le retour de l’ensemble des services publics, leur développement dans tous les territoires de la République. Il y a plus que jamais besoin de politique de solidarité, de justice sociale, d’insertion sociale et professionnelle, de logements dignes, d’éducation populaire et de culture, de santé, de transports, de loisirs...C’est sur un terreau de disparition des services publics que se développent les trafics et la loi des bandes, le développement d’une économie parallèle, des trafics de stupéfiants et aussi du crime.

- La lutte contre l’insécurité et pour la tranquillité publique exige aussi la mobilisation de l’ensemble des acteurs publics - communes , départements, éducation nationale, bailleurs sociaux, travailleurs sociaux, éducateurs, police ou gendarmerie, justice pour coordonner les actions et les moyens à mettre en œuvre pour chaque signalement concernant les enfants, les adolescents.

- La lutte contre tous les trafics implique enfin un contrôle plus strict et plus sévères des frontières et des flux financiers en impliquant les services douaniers, Tracfin et les banques. Nous proposons de revenir sur les  10 000 postes supprimés par le gouvernement ces 4 dernières années dans les services fiscaux et aux douanes et d’en créer 10 000 supplémentaires à Bercy et au ministère de la justice pour augmenter ces contrôles et poursuivre les délinquants en cols blancs.

 

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18 septembre 2021 6 18 /09 /septembre /2021 05:58

 

Selon une étude publiée en décembre 2020 par Eurostat, le nombre de travailleurs pauvres dans les pays de l’Union européenne a augmenté en moyenne de 12 % entre 2010 et 2019, pour atteindre 9,4 %. Ce chiffre masque d’importantes disparités et se monte jusqu’à 12 % en Espagne et en Italie et 13 % au Luxembourg par exemple.

 

 

La crise actuelle a encore aggravé cette dramatique réalité. Ces chiffres illustrent à quel point la bataille pour l’augmentation du salaire minimum et des bas et moyens salaires est centrale pour le mouvement social et pour la gauche en Europe. Cela est d’autant plus criant que l’inflation rencontre son plus haut niveau depuis dix ans.


Différents mouvements récents sont convergents, en tenant bien sûr compte de la réalité des contextes nationaux.


En Allemagne, par exemple, le syndicat des conducteurs de trains a mené trois grèves en l’espace de quelques mois pour exiger une augmentation de salaires. Die Linke en fait une priorité de la campagne électorale en vue des élections au Bundestag qui auront lieu le 26 septembre prochain en mettant au premier rang des sept points de son programme la question du travail et en incluant un salaire minimum à 13 euros de l’heure, la généralisation des conventions collectives ainsi qu’un droit de veto des travailleurs sur les licenciements et les délocalisations.


Dans l’État espagnol, sous l’impulsion de nos camarades du PC d’Espagne et de la Gauche Unie, et notamment de la ministre du Travail Yolanda Diaz, le gouvernement de coalition de gauche, vient d’annoncer une augmentation du salaire minimum à 60 % du salaire moyen d’ici 2023. Cette mesure est d’autant plus nécessaire que l’augmentation du prix de l’électricité obère les revenus. Rapportée à la France, une telle augmentation reviendrait à fixer le SMIC à 1 909 euros brut.


En Belgique, l’augmentation des salaires est conditionnée par le niveau des salaires en France, aux Pays-Bas et en Allemagne depuis une loi de 1996 ! Le PTB (Parti du Travail de Belgique) mène campagne pour l’abolition de cette « loi 96 », pour un salaire minimum à 14 euros de l’heure et pour garantir l’indexation des salaires.


Le débat de la Fête de l’Humanité « Travailleurs européens, unissons-nous ! », avec Fabien Roussel et Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB, a illustré avec force la convergence d’intérêts à travers l’Europe, sur les salaires, les retraites et la lutte contre l’évasion fiscale.


Alors, oui, mettre au cœur du défi des jours heureux, de la campagne présidentielle et législatives, la question des salaires, des revenus, des retraites comme le font les communistes et leur candidat Fabien Roussel est non seulement une nécessité, mais aussi un levier puissant pour construire le pacte d’engagements communs en France et des convergences en Europe.

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18 septembre 2021 6 18 /09 /septembre /2021 05:11
Enseignement supérieur: une rentrée pire que la précédente (Olivier Chartrain, L'Humanité, 16 septembre 2021)
Enseignement supérieur. À l’université, une rentrée pire que la précédente
Jeudi 16 Septembre 2021

Premier syndicat du supérieur, le Snesup-FSU dénonce les conditions de la rentrée et le sous-financement chronique.

 

La rentrée universitaire ? La même que l’an dernier, sauf que « c’est encore pire », répond Anne Roger, la secrétaire générale du ­Snesup-FSU, le premier syndicat de l’enseignement supérieur. Si, quand même, une différence : la reprise des cours en « 100 % présentiel », vantée par Frédérique Vidal, quand l’an dernier, à la même époque, les universités se retrouvaient à improviser un passage aux cours « hybrides » sans préparation et sans moyens.

Sauf qu’Anne Roger dénonce le processus « insidieux » mis en œuvre dans nombre d’établissements d’enseignement supérieur, qui précisent que l’accueil physique des étudiants se fera « à concurrence des capacités d’accueil globales » et que les équipes pédagogiques jouissent d’une « totale autonomie » pour organiser les enseignements. Or l’autonomie, à l’université, présente une indiscutable tendance à désigner un principe de fonctionnement rien moins que glorieux : celui du « débrouille-toi avec ce que je te donne ». Dans le contexte d’asphyxie financière qui est celui de l’enseignement supérieur, le distanciel – qui ne nécessite pas de salles de cours, qui est reproductible sans enseignant physique… – peut donc être vu, et promu, avant tout comme une source d’économies. Ce que confirme Philippe Aubry, secrétaire général adjoint du Snesup : « Des présidents d’université parlent d’utiliser l’outil numérique pour des raisons budgétaires ou par manque de locaux. »

Un demi-million d’étudiants supplémentaires depuis dix ans

Car le problème de fond, en cette rentrée, demeure le sous-financement chronique de l’université. Les chiffres sont éloquents : un demi-million d’étudiants supplémentaires ont été accueillis dans les universités françaises depuis dix ans, 34 000 de plus rien que cette année. Parallèlement, entre 2006 et 2019, le recrutement d’enseignants-chercheurs a diminué de moitié, passant de 2 670 en 2006 à 1 332 en 2019 – alors qu’en parallèle le volume d’heures supplémentaires atteint aujourd’hui 6 millions, soit l’équivalent de près de… 30 000 postes statutaires. Dans certaines universités, seulement la moitié des heures sont assurées par des titulaires, le reste par des personnels vacataires. En outre, contrairement à ce qui s’était passé lors du précédent bond démographique des années 1990, les constructions de locaux n’ont pas suivi. Selon le Snesup, pour parer à l’urgence actuelle, il faudrait 9 000 embauches d’enseignants-chercheurs titulaires – la loi de programmation de la recherche (LPR) en prévoit 700 cette année – et la construction de six nouvelles universités.

Résultat : l’université craque. Ainsi la rentrée annulée dans la filière Staps (la deuxième plus importante de France) à Rennes II n’est « pas anecdotique mais symbolique de ce qui se passe dans l’enseignement supérieur et la recherche », note Anne Roger. Avec un taux d’encadrement d’un enseignant pour 44 étudiants, contre 1 pour 35 en moyenne en Staps et 1 pour 20 dans les autres filières, « les collègues et les étudiants mobilisés disent : “Ce n’est plus possible !” Et c’est une nouveauté », reprend la syndicaliste, qui prévient : « Cela se passe en Staps, mais ça se passera dans les autres filières si rien ne change. »

Dans une forme d’euphémisation, les animateurs du Snesup avouent « ne pas savoir ce qui a été réellement créé ou non, ni où, ni par qui » parmi les 19 000 places supplémentaires annoncées par Frédérique Vidal cet été. Le syndicat déplore que les enjeux de l’enseignement supérieur et de la recherche soient « difficiles à rendre visibles dans le débat public », alors que l’élection présidentielle approche. Pierre-Emmanuel Berche, du bureau national du syndicat, rappelle que « la formation de la jeunesse est un investissement pour l’avenir et qu’un pays comme la France devrait être capable de répondre au souhait d’une partie croissante de sa jeunesse de faire des études supérieures » .

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18 septembre 2021 6 18 /09 /septembre /2021 05:00
Et le meilleur maire du monde est... Philippe Rio, maire communiste de Grigny - L'Humanité, Benjamin König, 15 septembre 2021
Grigny. Et le meilleur maire au monde est… Philippe Rio !
Mercredi 15 Septembre 2021

L’élu communiste, travailleur acharné pour l’égalité territoriale et la solidarité, a été honoré. L’occasion pour lui de mettre ces sujets sous le feu des projecteurs.

 

Au fond, voilà sans doute une récompense dont il se serait passé. Car la nomination de Philippe Rio, le maire communiste de Grigny (Essonne), au titre de meilleur maire au monde symbolise d’abord un combat sans relâche contre la rupture d’égalité et la pauvreté. « Il n’y a pas de super-héros », réagit l’intéressé, pour qui « cette récompense est d’abord celle d’une politique collective ».

La même humilité avait accompagné sa nomination parmi les douze finalistes en avril dernier pour ce prix qu’il remporte en compagnie de son homologue de Rotterdam (Pays-Bas), Ahmed Aboutaleb. Décerné par la City Mayor Foundation, un organisme créé en 2003 et basé à Londres, le prix s’appuie sur les votes de citoyens du monde entier. Il récompense cette année à la fois leur gestion de la pandémie auprès « des sections les plus vulnérables de la société civile », mais aussi, de façon plus habituelle, les élus « qui ont servi leurs concitoyens avec intégrité, courage et diligence ».

« Le quotidien est toujours difficile »

On pourrait ajouter ténacité, tant les problèmes à résoudre sont nombreux pour le maire, élu depuis 2014. Dans la ville la plus pauvre de France métropolitaine, le combat est quotidien. « C’est tout de même, précise Philippe Rio, une source d’espoir remarquable » qui symbolise la possibilité du « refus de l’échec, de la pauvreté », et fait passer « le message de la République pour tous ».

Malgré tout, ce titre honorifique ne va pas profondément modifier la donne : « Le quotidien est toujours difficile, ça ne va pas changer la vie des gens, mais peut-être que cela permettra de voir Grigny autrement », poursuit l’édile, qui pense « simplement à ce gamin de troisième qui ne trouve pas de stage parce que, sur l’enveloppe, il y a marqué Grigny ».

Grigny, un autre monde à 25 kilomètres de Paris

La ville n’est pourtant qu’à 25 kilomètres de Paris, mais c’est un autre monde. À la fin des années 1960, l’État y mène deux projets gigantesques d’aménagement urbain : la Grande Borne et Grigny 2. La population passe de 3 000 à 26 000 habitants en six ans. Aujourd’hui, difficile de savoir combien d’habitants compte précisément Grigny, en raison notamment du nombre d’immigrés : la ville est la porte d’entrée de l’Île-de-France. Précisément, c’est ce que retient la City Mayor Foundation, qui pointe le fait que Philippe Rio « a développé une vision positive mais pragmatique dans son combat contre la pauvreté et l’exclusion sociale ». Le résultat d’un « héritage », précise l’intéressé, le fruit également de plusieurs années ponctuées d’événements marquants.

En janvier 2015 d’abord, c’est un « électrochoc » avec le manifeste de la République pour tous : un document coécrit par les habitants et les élus de Grigny, à la suite des attentats, pour demander « toute la République : éducation, emploi, sécurité ». Des sujets qui sont au cœur des combats pour la ville elle-même, mais aussi pour tous ces territoires marqués du sceau de la ségrégation. En 2017, ensuite, l’Appel de Grigny réunit une centaine de maires et de nombreuses associations, à l’instar de Bleu Blanc Zèbre, pour demander une véritable politique de la ville dans ces territoires.

Suit l’élaboration du fameux rapport Borloo, un travail collectif de fond enterré sans coup férir par Emmanuel Macron. Puis, après une nouvelle interpellation du président de la République, la tenue d’un conseil interministériel des villes, sous l’égide de Jean Castex à… Grigny, en janvier dernier. Le premier ministre a alors dévoilé un plan financier pour les quartiers populaires, grands oubliés du plan de relance gouvernemental : 3,3 milliards d’euros, dont 2 milliards pour la rénovation urbaine.

21 mesures pour lutter contre la pauvreté

La particularité de cette récompense pour le maire d’une ville telle que Grigny tient à ce que les autres lauréats sont souvent les représentants de grandes métropoles mondiales : Rotterdam, Ankara, Mannheim ou bien encore ­Bratislava. C’est ce qu’a voulu mettre en avant la City Mayor Foundation, qui parle d’une « ville ouvrière de la banlieue sud de Paris », mais qui partage des « valeurs communes » avec Rotterdam. Avant de mettre en exergue le rôle de Philippe Rio, « qui se bat pour la dignité humaine, le respect d’autrui, la tolérance, la paix et la liberté ». Et, pourrait-on là encore ajouter, pour la solidarité concrète. Dans son plan de lutte contre la pauvreté mis en place en décembre 2020, la municipalité détaille 21 mesures, parmi lesquelles des places de crèche, des repas à 1 euro ou moins dans les écoles, la garantie d’un parcours de formation, l’accompagnement dans l’accès aux droits sociaux ou bien encore le développement de l’accès à la santé, via notamment le centre créé en 2019.

Mais, au milieu des concerts de louanges et des félicitations qui lui sont adressés depuis l’annonce de la récompense, Philippe Rio tient à rappeler que « d’autres maires, dont (il est) admiratif, mériteraient ce prix ». Et que le projecteur braqué à cette occasion sur Grigny doit d’abord être l’occasion, « à la veille de 2022, de poser dans le débat public la question de l’égalité territoriale ». Par exemple, avec le Conseil national des solutions, organisme lancé par plusieurs maires de villes populaires afin de « suivre finement la manière dont les politiques publiques sont mises en œuvre », pointe Hélène Geoffroy, maire PS de Vaulx-en-Velin et l’une des initiatrices du projet. Car, parmi les élus locaux, et Philippe Rio ne dira pas le contraire, ils sont nombreux à être un peu « les meilleures maires au monde ».

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