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11 janvier 2021 1 11 /01 /janvier /2021 06:27
Winnie Mandela, Nelson Mandela, Joe Slovo

Winnie Mandela, Nelson Mandela, Joe Slovo

Afrique du Sud. L’influence communiste qui a marqué l’ANC

Vendredi 8 Janvier 2021

Après la naissance du Congrès national africain, en 1912, la création du Parti communiste, en 1921, a été d’une importance décisive pour l’évolution du mouvement de libération et la conception d’une société non raciale.

 

C’est un départ tristement banal : l’arrivée des Néerlandais en 1652 sur les rives sud-africaines, suivis des Britanniques à la fin du XVIIIe siècle, va bouleverser le cône sud de l’Afrique avec son lot de pillage des richesses, d’esclavagisme, de ségrégation sociale et raciale. La colonisation est en marche, avec son lot habituel de guerres entre les premiers colons blancs, les Afrikaners, et les Britanniques, aussi bien qu’avec les tribus indigènes. En 1867, des diamants sont découverts à Kimberley. En 1886, à Witwatersrand, c’est de l’or. De quoi attiser toutes les convoitises. Mais pour exploiter toutes ces richesses, les colons blancs ont besoin de main-d’œuvre. Seulement voilà, au début du XXe siècle, sous l’impulsion des leaders traditionnels, les populations se mettent à vouloir racheter massivement les terres dont elles avaient été spoliées pour s’y installer.

Des mouvements de protestation voient le jour dans différentes provinces. Des mouvements qui ouvrent la voie à une prise de conscience politique de plus en plus marquée. Le 8 janvier 1912, une poignée d’hommes – des chefs traditionnels, des représentants d’associations et de différentes églises – se retrouvent à Bloemfontein pour unifier les mouvements. Ce jour-là naît une organisation, le South African Native National Congress (SANNC, le Congrès national des indigènes sud-africains), qui se transformera rapidement en African National Congress (ANC, Congrès national africain).

L’Union sud-africaine, créée en 1910, adopte une série de lois en 1913, soit trente-cinq ans avant l’avènement de l’apartheid, qui va rendre impossible la vie des populations noires. C’est le Land’Act, qui interdit aux Noirs d’acheter, de louer ou d’utiliser des terres, excepté dans les réserves où on les a parqués. Il ne restait alors plus à ces gens qu’une solution : se faire embaucher dans les mines ! À la fin des années 1910, l’ANC soutient les mouvements sociaux qui éclatent, notamment la grève des mineurs africains en 1920.

Un lien constitutif de la lutte contre l’apartheid

C’est alors que se produit un événement politique qui aura des répercussions sur les orientations de l’ANC et sur la lutte de libération. Le 30 juillet 1921, est créé, au Cap, le Parti communiste d’Afrique du Sud (CPSA, qui se transformera dans les années 1950, alors clandestin, en Parti communiste sud-africain, SACP). Le coup de tonnerre résonne dans tout le pays. Des décennies plus tard, Jacob Zuma, alors président de l’ANC, le reconnaîtra : « Nous devons marquer ce fait historique : le SACP a été le premier parti ou mouvement non racial en Afrique du Sud. Ainsi, l’ANC doit au Parti l’un de ses principes et de ses caractères les plus chéris et les plus importants, qui est d’être non racial. » Déjà, en 1924, une résolution du Parti communiste soulignait « l’importance majeure d’une organisation de masse pour la classe ouvrière dont les problèmes ne peuvent être résolus que par un front uni de tous les travailleurs, quelle que soit leur couleur ». Une résolution qui a pavé le chemin d’un travail commun, pendant des années, entre l’ANC et le SACP.

Ce lien entre les deux organisations, pas si évident au départ, est pourtant constitutif de la lutte contre l’apartheid qui va se développer à partir de 1948. Quelques années auparavant, en 1944, une organisation de jeunesse est créée au sein de l’ANC, dont les leaders se nomment Nelson Mandela, Walter Sisulu et Oliver Tambo. Leurs idées sont basées sur le nationalisme africain. À ce moment-là, Mandela, notamment, ne voit aucune nécessité d’un travail avec les Blancs et encore moins avec les communistes. Il évoluera. Oliver Tambo, qui dirigea l’ANC de 1967 à 1991, l’a expliqué : « La relation entre l’ANC et le SACP n’est pas un accident de l’histoire, ni un développement naturel et inévitable. » Le même Tambo qui, au milieu des années 1940, s’était prononcé pour l’expulsion des communistes de l’ANC. Mais, après le bannissement du Parti communiste en 1950, il change d’appréciation : « Avant 1950, on avait le sentiment qu’il y avait deux camps (…). Mais après 1950, nous étions tous ensemble. ». En réalité, les communistes se mettent totalement à la disposition du mouvement de libération, y compris au détriment de leur propre organisation qui n’est pas de masse. Les cadres travaillent au sein de l’ANC au plus haut niveau, y compris au sein de la branche armée, Umkhonto we Sizwe (la Lance de la nation, créée par Mandela et Joe Slovo). Le dernier chef des MK (les combattants armés) n’est autre que Chris Hani, secrétaire général du SACP, assassiné en 1993. Selon Mandela, Hani « soulignait toujours le fait que sa conversion au marxisme avait approfondi sa perspective non raciale ».

Un bel hommage et une alliance qui se poursuit encore aujourd’hui, non sans tension ces dernières années. Aujourd’hui, le SACP se renforce et envisage sereinement de présenter, dans un futur pas si lointain, ses propres listes aux élections. Pas dans une rupture avec l’ANC, mais dans une nouvelle construction historique.

Pierre Barbancey

 

Lire aussi:

Portrait: JOE SLOVO , secrétaire général du Parti communiste d'Afrique du Sud

JOE SLOVO , secrétaire général du Parti communiste d'Afrique du Sud

Joe Slovo, né en 1926 à en Lituanie et mort à 68 ans en 1995 à Johannesburg. Il a été chef du Parti communiste sud-africain (South African Communist Party, SACP), et membre du Congrès national africain (African National Congress, ANC).

"Pour les Sud-Africains puritains et calvinistes , ce juif athée avait tout du traître : cosmopolite , communiste et , surtout , blanc ayant pris fait et cause pour la dignité des Noirs . Il était à peine mieux connu de ses partisans . Beaucoup d'entre eux furent surpris à son retour au pays , après un exil de près de trente ans , de voir apparaître un blanc sous ce nom de Slovo à la consonance vaguement africaine. " ( Le Monde )

" Joe Slovo ( Yossel Mashel Slovo , de son véritable nom ) était né en 1926 , dans une modeste famille juive de Lituanie . Il arrive en Afrique du Sud à l'âge de neuf ans . Etudiant en droit , puis avocat , il adhère au Parti communiste dès les années 40 , après un bref détour par l'armée sud-africaine qui lutte en Afrique du Nord contre les troupes de l'Axe . De retour à Johannesburg , il épouse , en 1949 , Ruth First , fille du trésorier du Parti communiste sud-africain (SACP).

L'Etat n'est guère tendre pour ceux qui s'opposent à la mise en place de l'apartheid , politique officielle de l'Afrique du Sud depuis la victoire du Parti national (NP) aux élections de 1948. Joe Slovo court de procès en procès , comme avocat , et bientôt comme inculpé , membre dirigeant du Parti communiste , puis des organisations que lui et ses amis animent pour résister à l'étouffement politique qui gagne le pays .

En 1960 , les émeutes de Sharpeville marquent le tournant vers la lutte armée. Dans son autobiographie , Nelson Mandela révèle que le Parti communiste interdit n'y était pas favorable , persuadé que la « voie démocratique » n'était pas encore totalement bouchée . Quoi qu'il en soit , l'organisation militaire de l'ANC , "Umkhonto we Sizwe" ( le Fer de lance de la nation ), est fondée . Joe Slovo , aux côtés de Nelson Mandela , en est l'un des dirigeants ( np : ce dernier sera arrêté en aout 62 au retour d'un périple africain puis d'un séjours à la frontière algéro-marocaine où il a reçu une courte formation militaire de la part de cadres FLN , il est aussi fait mention d'un autre entraînement militaire reçu en Ethiopie ; quant à Slovo , il est passé dans la clandestinité et quitte le pays en juin 1963 .)

Le parcours de Joe Slovo est alors peu connu . On le reverra dans plusieurs capitales d'Afrique où il dirige les activités militaires de l'ANC et où le traquent les services sud-africains. En 1982 , à Maputo , sa femme , Ruth First ( np : membre du PCSA , journaliste , anthropologue , chercheuse sud-africaine , connue pour son engagement dans la lutte contre l'apartheid . Ses parents , Julius et Mathilda First , immigrés juifs arrivés de Lituanie en 1906 furent membres fondateurs du Parti communiste sud-africain ) , est tuée par l'explosion d'un colis piégé qui lui était destiné ." ( Le Monde )
( Le colis en question fut un envoi des Services secrets de Pretoria ... )

" Slovo reste partisan , pendant toutes ces années , d'un lien fort avec l'Union soviétique." ( Wikipédia )

" En 1985 , Joe Slovo devient le premier Blanc à faire partie de la direction nationale de l'ANC , poste qu'il cumule alors avec celui de chef d'état-major d'Umkhonto we Sizwe et celui de membre du conseil politico-militaire . Un an plus tard , il devient secrétaire général du Parti communiste sud-africain .

Cette période marque le début des tractations secrètes entre l'organisation nationaliste et les émissaires les plus éclairés de l'Afrique du Sud blanche . Là encore , le rôle exact de Joe Slovo reste à établir . Revenu d'exil en 1990 , membre de la délégation qui négocie avec le gouvernement , il est celui qui , à Durban , un an plus tard , au congrès de l'ANC , propose un partage du pouvoir avec la minorité blanche . Durant le 49e congrès de l'ANC à Bloemfontein ( décembre 1994 ) , Nelson Mandela , rendant hommage à la « clairvoyance » de Joe Slovo , avait laissé entendre que cette perspective n'avait pas été facilement acceptée . Amaigri , profondément marqué par le cancer ( qui l'emportera le 6 janvier 1995 ) , celui qui , entretemps , était devenu ministre du logement du premier gouvernement multiracial reçut l'ovation des congressistes .
« Jamais je n'ai regretté d'avoir pris le chemin de la lutte », déclara-t-il simplement. "
( Le Monde )

Sur la page Facebook de Christophe Saulière

Joe Slovo et Nelson Mandela

Joe Slovo et Nelson Mandela

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10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 11:12
Le Congrès de Tours en résumé: les interventions des délégués du Finistère - par Roger Héré

Premier jour

Après-midi, samedi 25 décembre 1920 (suite)

…/ …

audition des fédérations par ordre alphabétique des départements (suite)

Intervention de la fédération du Finistère.

Guiban intervient pour le Finistère, département  dans lequel une majorité a voté pour l’adhésion à la IIIème Internationale. Compte tenu du vote des adhérents, 26 mandats sont ainsi portés sur la motion Cachin-Frossard, contre 10 pour la motion Longuet.

Manifestement, dans le Finistère, la préparation du congrès a été l’occasion d’affrontements ouverts entre les tenants de l’adhésion à la IIIème Internationale et les « reconstructeurs » autour des élus sortants.

Les premiers reprochent aux seconds leur position dans le contexte de l’Union sacrée, leurs manœuvres lors de la préparation du congrès, et leur refus de s’engager dans une direction révolutionnaire.

Les seconds reprochent aux partisans de l’adhésion à la IIIème Internationale et à la nouvelle direction fédérale leur esprit de caporalisme, leur acceptation de se plier aux ordres de Moscou, et leur volonté de favoriser de nouveaux élus à la place des sortants.

Comme on peut le constater, les échanges entre Guibant et Nardon, délégués, ainsi que  Goude, député, participant au congrès  en qualité d’élu et de dirigeant, sont vifs et peu amènes.

Dans le congrès, le Finistère est représenté par cinq délégués, dont deux sont de la tendance majoritaire (Guiban et Derrien), les trois autres appartenant à la tendance minoritaire ( Nardon, Le Goïc et Masson).

Goude, quant à lui, député du Finistère et dirigeant national, participe également au congrès, ès qualité, mais pas au titre de délégué de la fédération du Finistère.

Nous reproduisons ci-après l’intégralité des échanges concernant la fédération du Finistère qui ont mis le feu aux poudres dès le premier jour du congrès, et tels qu’ils ont été consignés dans le compte-rendu sténographique officiel du congrès.

L'intervention de Jean-Marie Guiban, partisan de l'adhésion à la IIIe Internationale et de la motion Cachin-Frossard, et donc des majoritaires au sein de la fédération SFIO du Finistère. Jean-Marie Guiban est né le 27 septembre 1888 à Quimper (Finistère). Fils d’un journalier, Jean-Marie Guibant travailla comme employé de commerce et se maria à Quimper en août 1919. Membre du Parti socialiste SFIO, il était inscrit, en 1920, sur les listes électorales de Brest. Secrétaire du comité provisoire pour la IIIe Internationale, il participa, en février 1921, au congrès fédéral du Parti. Délégué départemental de l’ARAC, il était également secrétaire du syndicat brestois des employés de commerce.

GUIBAN (FINISTÈRE) :

"Le Finistère a donné 26 mandats à la motion Cachin-Frossard et 10 mandats à la motion Longuet. Si les résultats ne sont pas plus favorables à la motion de la IIIe Internationale, il faut que vous en connaissiez les raisons.

Tout d'abord, il faut que vous en sachiez les mesures draconiennes dont on a usé contre les militants ayant leur carte de la IIIe Internationale. J'étais seul à un moment, et on a demandé mon exclusion du parti socialiste. Ceci n'a pas été exécuté. J'ai été traité de mouchard. J'ai été l'objet d'une campagne de diffamation. On m'a traité comme un monsieur venant de Paris ou de je ne sais où et qui pouvait être n'importe qui.

(Un délégué: Qui ça?)

Moi... votre serviteur. Si nous n'avons pas obtenu de résultats meilleurs, c'est d'abord parce que les moyens de communication nous manquaient. Ensuite, qu'une campagne abominable a été menée contre la IIIe Internationale. Dans les réunions, on m'a désigné, avec le camarade Le Flanchec, en disant: "Voyez ces hommes, c'est parmi eux qu'on a trouvé les Briand et les Métivier.

(...)

On faisait de l'éducation révolutionnaire par des arguments comme ceux-ci aux camarades paysans: "La révolution est impossible à l'heure actuelle; les paysans sont trop riches et demain ils gagneront encore plus d'argent". Ceci se passe de commentaires. Toutes les sections que nous avons pu visiter ont donné l'unanimité ou la presque unanimité de leurs suffrages à la IIIe Internationale. Il y a des confusions, par exemple, à Quimperlé; lorsqu'on a vu que les camarades allaient carrément vers la IIIe Internationale, on s'en est préoccupé. Un camarade du Comité de la Reconstruction a voté également la motion de la IIIe Internationale, mais il a demandé une addition qui, en elle-même, ne paraît pas méchante, mais qui est une thèse réformiste: "Le Comité de la IIIe Internationale n'a jamais refusé des améliorations partielles" (...)

D'un autre côté, il faut que vous connaissiez l'attitude de nos élus. On vient de dire que Daragona est un libertaire. J'ai répondu à Goude qu'il était un menteur et j'ai manqué de recevoir un gros soufflet" (Bruit). Vous voyez comme vous pouvez devenir militaristes, patriotards ou tout au moins socialistes patriotes. "Imaginez-vous, disait-on, que vous voyiez, dans cette rade de Brest, l'escadre anglaise en train de bombarder la ville". "Que feriez-vous, disait le Citoyen Goude, vous socialistes du Finistère?". Il répondait: "Vous marcheriez, n'est-ce pas, et vous auriez raison". Il est vrai que le citoyen Goude a pu nous donner le coup de pioche. Nous lui sommes reconnaissants de son passé. Mais ce n'est pas, s'il a fait pousser le blé rouge, parce qu'il va le couper lui-même à sa maturité, que nous devons l'admirer.

Quand nous avons fait la petite section locale rurale de La Feuillée, nous avons présenté le programme du Comité de la IIIe Internationale et augmenté de 24 membres cette section composée de 31 membres. A Brest, la ville rouge, il y a un groupe qui compte 280 adhérents. C'est bon mais beaucoup de camarades ont manifesté leur désir d'entrer dans le Parti socialiste lorsqu'on en aurait exclu l'ivraie". 

 

L'intervention de Nardon, délégué du Finistère, pour la motion Longuet.

 

L'intervention de Léon Nardon, délégué du Finistère, pour la motion Longuet.

Né le 12 octobre 1883 à Dumbéa (Nouvelle-Calédonie), où son père, adjudant d’infanterie coloniale, était en garnison, Léon Nardon revint à Brest (Finistère), âgé de quelques mois et c’est là qu’il passa la majeure partie de sa vie. Fonctionnaire du Trésor, puis fondé de pouvoir de la perception de Brest, il fut élu conseiller municipal socialiste de Brest le 30 novembre 1919 ; il avait adhéré au Parti socialiste SFIO en 1905. Il fut élu maire le 10 décembre 1919, mais fut révoqué le 16 février 1920 par décret préfectoral pour avoir refusé d’autoriser une manifestation ayant pour but de déposer une couronne au monument aux morts. Il fut remplacé par H. Masson jusqu’au 20 février 1921, date à laquelle il redevint maire de Brest. Il fut réélu en 1925. Léon Nardon est délégué au congrès de Tours, en décembre 1920 et était intervenu le 25 pour critiquer les méthodes des partisans de la IIIe Internationale ; il demeura au Parti socialiste SFIO.

Léon Nardon:

"J'appartiens à la Fédération depuis quinze ans, et je puis dire qu'on a raconté sur elle beaucoup de ragots. Je ne suis pas suspect, puisque j'ai été révoqué par le ministère Steeg pour mon attitude comme maire.

On a oublié de vous dire que la campagne dont on a parlé est partie de membres de la IIIe Internationale. Ce n'était pas moi qui étais en cause, car j'étais encore sacro-saint, parce que je venais d'être révoqué. Il s'agissait surtout de deux députés. On allait jusqu'à dire que Goude avait une grosse fortune, des châteaux.

Voilà comment la campagne pour la IIIe Internationale a été faite dans le Finistère.

A Brest, pour discuter les motions, notre camarade Goude, seul pour notre tendance, eut la parole, il l'eut pendant 30 minutes, après quoi elle lui fut retirée. Aussitôt, roulement de tambour et au nom du Comité de la IIIe Internationale, la discussion fut étouffée.

Dès le début de la guerre, j'avais demandé à la Fédération de donner mandat à nos députés de voter contre les crédits, mais la Fédération refusa et nos élus ont toujours été des militants disciplinés, obéissants aux ordres de la majorité de la Fédération.

Au début de cette campagne, Goude et moi, ainsi que plusieurs autres, nous étions partisans de la motion Cachin-Frossard mais avec des réserves qu'apportait ce dernier au Congrès de la Seine et non pas avec l'esprit de caporalisme des dirigeants actuels de la Fédération du Finistère.

Je n'accepte pas le caporalisme et je refuse de me plier aux ordres donnés par Moscou.

De même que nous étions, en 1919, en faveur de la motion Longuet, nous l'aurions été encore en faveur de la motion Cachin-Frossard, si les manœuvres n'avaient pas été dirigées uniquement pour remplacer les élus.

(Un délégué: Ils n'auraient pas été réélus avec le programme actuel). 

Nous nous sommes présentés aux élections avec le programme socialiste contre le bloc de tous les bourgeois et nous avons défendu à outrance la révolution russe (Bruits).

... Nous avons dit au Congrès que, quoi qu'il arrive, quoi que nous soyons une minorité, nous resterons dans le Parti si l'on accorde les garanties nécessaires. Mais au Congrès de la Fédération du Finistère, aussitôt les résultats proclamés, nous avons demandé, conformément à l'article 19 des statuts du Parti, qui ne sont pas abrogés, nous avons demandé aux nouveaux majoritaires de permettre à trois camarades de nos tendances de rentrer au Comité fédéral.

Les camarades membres de la IIIe Internationale nous l'ont refusé immédiatement. Si, par les procédés de la fédération du Finistère, nous, socialistes révolutionnaires... (Bruits). Si l'on veut nous blâmer, si l'on ne veut plus nous reconnaître comme socialistes (bruits), nous prendrons nos responsabilités.

Les camarades partisans de la IIIe Internationale ont dit: "Ceux qui voteront la motion Longuet-Paul Faure voteront contre la révolution russe" (Rumeurs diverses). Dans les réunions qui ont eu lieu dimanche dernier à Quimper, Morlaix et Brest, les camarades sont venus nous dire: "Oui nous avons voté la motion, mais après l'attitude prise par la nouvelle majorité, nous disons que nous voulons rester avec vous et Longuet".

 

Intervention d'Emile Goude :

Né en 1870 en Ille-et-Vilaine (Grand-Fougeray), fils de forgeron, Emile Goude était commis de la Marine, puis travailleur à l'Arsenal de Brest. En 1904, il avait été élu au Conseil Municipal de Brest, sur une liste républicaine et socialiste (4e adjoint). Député socialiste du Finistère au moment du Congrès de Tours:

"Je ne m'arrêterai pas à ce qu'il peut y avoir de particulièrement personnel ou de délibérément injurieux dans l'intervention de Guiban...

Je pense que vous voulez savoir dans quel état d'esprit ont été votées les motions dans le département du Finistère (...)

La presque totalité des partisans de la IIIe Internationale ont 5 ou 6 ans de Parti. Nous avions dit, dès Strasbourg, que nous voulions adhérer à la IIIe Internationale... Nous sommes partis de là pour faire de la propagande dans notre Fédération pour l'adhésion à la IIIe Internationale. Mais hélas! Les "conditions" sont venues et nous ont fait des réserves à mesure que les conditions se modifiaient. Notez que ces réserves, nous les avons faites dans un esprit unitaire. Nous avons dit que nous demanderions un minimum de garanties pour conserver dans le Parti la liberté de parole et de pensée, et c'est de grand cœur qu'avec le Parti lui-même nous irons alors à Moscou. La plupart des anciens militants ne sont pas avec vous, vous le savez bien. 

(...) Après le vote de la motion Cachin-Frossard, nous avons demandé au Congrès de dire, comme dans l'Isère, que cette motion serait appliquée dans l'état d'esprit de la déclaration de Frossard. 

A ce moment-là, vous vous êtes élevés contre nous; vous avez fait rouler les tambours de Santerre, pour étouffer notre voix. Et bien! Nous venons ici dans le même état d'esprit: ou bien nous conserverons notre liberté, ou bien nous ne vous suivrons pas".  

 

Pour lire le compte rendu in extenso des interventions des délégués finistériens avec les commentaires qu'elles ont suscité

Premier jour

Après-midi, samedi 25 décembre 1920 (suite)

…/ …

audition des fédérations par ordre alphabétique des départements (suite)

… :...

Compère-Morel (Gard) : Le congrès du Gard invite le Parti socialiste à tenter un effort suprême en faveur de l’unité socialiste. Au cas où la motion du Gard n’aurait pas la majorité dans le congrès, les mandats se répartissent de la façon suivante : 56 voix pour la motion Cachin-Frossard, 54 voix pour la motion Paul Faure-Longuet, 1 à Blum.

Vincent Auriol (Haute-Garonne) : la fédération a donné 11 mandats à la motion Cachin-Frossard et 15 mandats à la motion Longuet...Je regrette que le secrétaire fédéral soit absent car il aurait pu peut-être fixer le petit point d’histoire soulevé par Frossard : comment concilier l’adhésion à la IIIème Internationale avec le bloc des gauches pratiqués par les extrémistes de la Haute-Garonne.

Le représentant du Gers : la fédération, essentiellement paysanne, désire profondément l’unité. Comme il fallait se prononcer, un très petit nombre est allé à la motion Blum, un nombre plus important à la motion Longuet et la majorité à la motion Cachin-Frossard...Dans un but d’unité mes camarades m’ont dit de me rallier à la motion Longuet...Tous les délégués ont insisté pour que l’unité soit maintenue et c’est avec ce mandat qu’on nous a renvoyés au congrès de Tours.

Castagnier (Gironde) : En Gironde les votes ont été les suivants : 45 voix pour la IIIème Internationale, 32 pour la motion Blum, et 12 pour la motion Longuet-Paul Faure. Je vais préciser les conditions du vote et vous lire la lettre adressée par le camarade Gorse de la IIIème Internationale « ...Je serais particulièrement heureux si je pouvais empêcher de mesquines questions de personnes de diminuer le nombre de ceux qui sont décidés à aider loyalement nos camarades de Moscou... » ; « Le groupe Blanqui estime qu’on ne doit exclure aucun de ceux qui, quel que soit leur passé, acceptent la nouvelle discipline du Parti... ».

Olivier (Gironde) : « ...Je ne vous parlerai pas de la petite cuisine qui s’est passée chez nous comme dans le Finistère. Je veux simplement dire dans quel état d’esprit la masse de nos camarades qui ont adhéré à la motion Cachin-Frossard se sont prononcés :

- Il ne peut y avoir pour la classe ouvrière de défense nationale. En 1914 nous avons « marché dans le panneau ».  A partir de maintenant nous ne devons rien donner à cette défense nationale ;

- sur la question de l’unité...Regardez l’exemple que nous a donné l’Allemagne. Lorsque les Scheidman et les Noske sont arrivés au pouvoir...Ils ont fait appel aux mitrailleuses pour se maintenir au pouvoir et tirer dans le dos des révolutionnaires. De cette unité-là nous n’en voulons pas. Unité oui...mais seulement pour une action véritablement révolutionnaire et féconde. »

Bertrand (Hérault) : « Les populations viticoles de l’Hérault ne sont pas encore révolutionnaires. Malgré les efforts de Barthe, la IIIème Internationale a réuni 9 mandats et la motion Blum, 4. La motion Barthe s’est ralliée à la motion Blum. Mais nul doute qu’avant peu notre département arrive à obtenir une majorité pour la IIIème Internationale. »

Boisserie (Indre) : « Notre fédération a donné 12 voix à la motion Cachin-Frossard, 4 à la motion Longuet, 1 à la motion Blum. Le congrès s’est prononcé pour l’unité..Avec la tendance Longuet-Paul Faure, à la condition que cette tendance s’incline devant la discipline du Parti. »

Lavollée (Indre-et-Loire) : «  Notre département a accordé les deux tiers des mandats à la motion Cachin-Frossard...Elle a manifesté nettement sa sympathie profonde pour les thèses communistes sur le nom de Lénine et pour la révolution russe. Mais elle s’est montré désireuse d’éviter toute scission... Mais elle est prête à sacrifier les individus qui ne se soumettraient aux décisions du congrès et du Parti tout entier. »

Brignault (Indre-et-Loire) (minorité) : « ...Nous ne sommes pas du tout partisans de la scission. Nous estimons que nous devons aller à la IIIème Internationale...Et qu’en votant la motion Longuet nous y allons aussi. »

Villefranche (Jura) : « Nous avons 27 voix pour la motion Longuet-Paul Faure, 8 pour l’adhésion à la IIIème Internationale, et 2 mandats pour la motion Blum. Les camarades du Jura m’ont donné mandat pour déclarer qu’ils  étaient pour le maintien de l’unité, contre la scission... »

Besnard-Ferron (Loir-et-Cher) : « Nous sommes une fédération exclusivement paysanne qui a doublé ses cartes cette année...La motion Cachin-Frossard a recueilli 8 mandats, la motion Longuet, 6 et la motion Blum, 2… Nous croyons que la révolution n’est pas encore prête à venir et qu’il faut la préparer...Notre fédération a voté l’adhésion à la IIIème Internationale avec les seules réserves faites par Frossard. Malgré cela nous demandons l’union et l’unité, et nous sommes contre les exclusions. Notre fédération a dit « Ceux qui ne trouveront pas la vie possible dans la maison socialiste, avec les conditions de la IIIème Internationale, n’auront qu’à s’en aller d’eux-mêmes ».

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3 janvier 2021 7 03 /01 /janvier /2021 20:51
Paul Le Gall (deuxième homme à partir de la gauche), lors d’une fête de la Bretagne, avec Rol-Tanguy (chef FFI, ancien des Brigades Internationales), Alain Signor (responsable communiste, résistant, député), et Pierre Le Rose. Il est décédé le 30 décembre 2020, à l’âge de 95 ans, le jour du 100e anniversaire de la création du Parti communiste. | PCF FINISTÈRE/ FONDS PIERRE LE ROSE.

Paul Le Gall (deuxième homme à partir de la gauche), lors d’une fête de la Bretagne, avec Rol-Tanguy (chef FFI, ancien des Brigades Internationales), Alain Signor (responsable communiste, résistant, député), et Pierre Le Rose. Il est décédé le 30 décembre 2020, à l’âge de 95 ans, le jour du 100e anniversaire de la création du Parti communiste. | PCF FINISTÈRE/ FONDS PIERRE LE ROSE.

Ouest-France

Finistère. Paul Le Gall, figure du communisme breton, s’est éteint

Ancien résistant des Francs-tireurs et partisans (FTP), ancien secrétaire départemental du Parti communiste français, conseiller municipal, Paul Le Gall s’est éteint à l’âge de 95 ans. Il était originaire de Beuzec-Conq, à Concarneau (Finistère).

Paul Le Gall, ancien résistant FTP (Francs-tireurs et partisans) à Concarneau, ancien secrétaire départemental du Parti communiste français dans le Finistère (1956-1971) et membre du comité central du PCF (1964-1982), est décédé mercredi 30 décembre 2020 à Concarneau, à l’âge de 95 ans. Il fut conseiller municipal de Concarneau de 1953 à 1959 puis de 1989 à 2001. Il a été aussi, à plusieurs reprises, le candidat titulaire du PCF aux élections législatives dans la 8e circonscription de Quimperlé-Concarneau.

Né le 19 août 1925 à Beuzec-Conq (Finistère), commune aujourd’hui intégrée à Concarneau, ce communiste (1) de la première heure est issu d’une famille de militants et de sympathisants communistes, à l’instar de ses parents et de ses cinq frères et sœur.

Adhérent au PCF en 1947

À l’automne 1943, il entre dans les FTP du secteur de Concarneau, effectuant des liaisons avec son père engagé dans la Résistance. Après avoir pris part à la libération de Concarneau au sein de la milice patriotique, devenue 7e compagnie FTPF, il adhère aux jeunesses communistes. Il participe à partir de septembre 1944 aux combats sur le Front de Lorient au sein de la 2e compagnie du 2e bataillon de marche du Finistère, au sein de laquelle s’était constitué un groupe de jeunesses communistes composé de soixante-dix adhérents dont il devint le secrétaire. À la fin de la guerre, il reprend son travail de maçon cimentier avec son père.

Premier secrétaire fédéral du PCF en 1956

En 1946, Paul Le Gall dirige le cercle de l’UJRF (Union de la jeunesse républicaine de France) de Concarneau. Adhérant au PCF en janvier 1947, il devient en 1948 secrétaire à la propagande au sein de la section de Concarneau. Il est élu secrétaire de la section du PCF de Concarneau au début des années 50

Il intègre, en 1952, le comité de la fédération du PCF du Finistère dont le siège est à Brest. Résidant à Concarneau, il devient, à trente et un ans, le premier secrétaire fédéral du PCF du Finistère lors de la XVIIIe conférence du comité fédéral du 13 mai 1956.

« Paul Le Gall était un homme nouveau qui incarnait sans doute une volonté de changement politique », indiquent Christian Bougeard et d’Alain Prigent dans un article paru en 2011 dans Le Maitron.

Il quitte le PCF en 1987…

Il occupe cette responsabilité jusqu’à la partition de la fédération en deux entités géographiques en janvier 1970. Puis prend la direction de la nouvelle fédération du Finistère Sud jusqu’en janvier 1982. Pierre Rainero lui succédera. Il siégea au bureau jusqu’à sa non-réélection au sein des instances fédérales, le 25 mai 1986.

Élu membre suppléant au comité central au congrès de Paris de mai 1964, il devint titulaire lors du 19e congrès de Nanterre en février 1970 jusqu’en 1982.

« Il fut un membre très actif, intervenant fréquemment dans les instances nationales, n’hésitant pas à soulever des questions stratégiques », soulignent Christian Bougeard et d’Alain Prigent […] Personnalité calme, organisée, appréciée pour sa modération, Paul Le Gall a joué un rôle important à la tête de la fédération communiste du Finistère, du milieu des années 1950 aux années 1970. »

… et reprend sa carte à 93 ans

Paul Le Gall quitte le PCF en 1987 à l’occasion d’une crise interne. Il est élu en 1989 aux élections municipales de Concarneau, sur une liste dissidente. En 1995, il siège au conseil municipal sur une large liste emmenée par le socialiste Gilbert Le Bris.

Il y a deux ans, Paul Le Gall, qui était resté sympathisant, participant à de nombreuses fêtes du Parti, reprend sa carte au Parti communiste.

Le PCF finistérien lui rend hommage

Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère, rend hommage « au grand militant et dirigeant historique du parti communiste finistérien et breton. Paul Le Gall fut un résistant FTPF à Concarneau dès 1943. Il a participé aux combats de la libération de la poche de Lorient en septembre 1944. Il a quitté le parti en 1987 mais il a repris sa carte il y a deux ans, ce qui démontre l’attachement qui l’animait pour le communisme et son avenir, lui qui est décédé le jour même du centenaire du parti communiste. Tout un symbole. J’ai eu l’occasion de le rencontrer et de me familiariser avec sa malice, sa gentillesse et sa culture politique impressionnante, à l’occasion de fêtes du parti à Fouesnant. Adieu Paul. Nous pensons fort à ceux que tu laisses en chemin, ton épouse Marie-Annick, ta fille, toute ta famille et tes proches. Nous avons pour ton engagement très fort au service de nos idéaux communs une très grande reconnaissance. Salut à toi camarade !!! »

(1) Source : Paul Le Gall par Christian Bougeard et Alain Prigent dans une version mise en ligne le 6 juin 2011 dans le Maitron.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/finistere/une-figure-du-communisme-breton-s-est-eteinte-7105213

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31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 13:10
Le Parti communiste a cent ans - Article d'Erwan Chartier-Le Floch dans Le Poher, 30 décembre 2020 - Interview d'Ismaël Dupont

Bel article d'Erwan Chartier-Le Floch dans le Poher sur les 100 ans du PCF, avec un beau portrait photographique de Marcel Cachin. Une précision de taille toutefois (à la fin de l'article) : le PCF ne vise pas de liste indépendante mais s'oriente bien vers des listes de rassemblement à gauche aux régionales et aux départementales, avec l'objectif de participer à des majorités de gauche au Conseil Départemental du Finistère et à la Région Bretagne, ce qui suppose une volonté de rassemblement large à gauche sur un projet répondant aux besoins sociaux et environnementaux et aux attentes démocratiques de la population finistérienne et bretonne. En revanche, une candidature communiste aux élections présidentielles est possible, avec un choix des militants en avril et mai 2021.

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31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 12:20
Hommage à Michel Derrien ancien responsable de section à Morlaix, ancien élu communiste - par Alain David
Hommage à Michel Derrien ancien responsable de section à Morlaix, ancien élu communiste - par Alain David
Hommage à Michel Derrien ancien responsable de section à Morlaix, ancien élu communiste - par Alain David

Voici une partie de l'émouvant hommage que Alain David a dédié ce matin à ses obsèques à Saint-Thégonnec à son camarade et ami Michel Derrien, dont il avait pris la suite à la tête de la section de Morlaix en 1968. Un grand homme, un grand militant vient de nous quitter! Merci à Alain d'avoir su mettre en relief sa vie d'engagement et de solidarité avec des mots si justes.

HOMMAGE A MICHEL DERRIEN

Avec la disparition de Michel le parti communiste perd un militant aux qualités humaines unanimement reconnues qui s’est investi sans relâche dans toutes ses activités pendant des années. Mais la ville de Morlaix et ses habitants perdent aussi un élu, un soutien qui n’a ménagé ni son temps ni son énergie pour améliorer la vie de ses concitoyens particulièrement les plus fragiles.
J’ai connu Michel en 1968, l’année de mon adhésion au Parti. J’ai tout de suite été frappé par la qualité de sa réflexion, de son apport à la réflexion collective en tant que secrétaire de section de Morlaix et au rayonnement des idées communistes. De la qualité et de la bienveillance de son écoute aussi  Cette année- là Michel, qui militait déjà syndicalement au SNI y prit des responsabilités départementales et je me retrouvai propulsé au secrétariat de section. Il avait pris soin de rassurer le néophyte que j’étais en disant qu’il ne laisserait pas tomber la section …et contrairement à ce qui arrive parfois , il tint bien entendu parole et continua à participer activement à notre vie.
Michel avait beaucoup lu et avait donc une culture très étendue, même s’il ne l’étalait pas. Il avait un souci permanent d’ouverture du Parti invitant à participer aux réunions, au-delà de nos rangs sur des sujets divers, de l’éducation populaire sans en dire le nom au 5, rue haute donc.
Parmi les activités qu’il  ne manquait jamais il y avait, comme temps fort, la préparation des congrès.  Michel tenait à ce que le maximum de camarades puisse  participer aux échanges, à la réflexion et aux propositions. Là encore sa réflexion, son expérience, sa rigueur étaient précieuses .Il était toujours soucieux de la précision des choses et de l’accessibilité des formulations. Je l’entends encore me dire : « tu sais, nous les communistes, il faut que nous soyons compris par tout le monde. S’il y a plusieurs façons de dire les choses, sans en altérer le sens, choisis toujours la plus simple, la plus compréhensible ». A une période où le jargon étant loin d’être absent de notre expression le conseil était particulièrement pertinent.
C’est aussi ce qui motivait son attachement à ce que nous appelions à cette époque les écoles du parti qui ont été développées à Morlaix. C’est de cet «  intellectuel collectif «   que nous tirions notre efficacité .Je me souviendrai de ces leçons  lorsque j’aurai la responsabilité de la Formation des militants au niveau départemental.
Bien sûr je ne saurais oublier tout ce que Michel nous a apporté en ce qui concerne la réflexion sur l’enseignement et la défense de l’école publique. Utilisation précieuse de son expérience syndicale. Même si ses voyages vers Châteaulin n’étaient  pas sans danger dans les Monts d’Arrée en hiver, la nuit par temps de brouillard.
Me reviennent à l’esprit les ventes exceptionnelles de l’Huma Dimanche que nous faisions tous les deux à Plourin ,les échanges riches avec la population et les discussions enrichissantes pendant le trajet entre les fermes dont Michel connaissait tous les occupants et leur histoire: ainsi allaient les choses en ce temps-là.
Mais l’apport de Michel n’était pas qu’intellectuel. Il ne rechignait jamais à mettre la main à la pâte. Dans les deux sens du terme. Beaucoup se souviennent encore de ses talents de cuisinier lors des fêtes du parti.
Et puis il y eut 1977 : depuis des dizaines d’années il n’y avait pas eu d’élus communistes à Morlaix et bien entendu nous n’avions pas d’expérience en ce domaine. Michel effectua quatre mandats successifs. Apportant dans le domaine dont il avait la charge (la circulation, le transport et le stationnement) son sérieux, son travail, sa connaissance des dossiers. Mais aussi sa volonté de tenir compte des avis de la population, de prioriser avant toute chose le service au public. Pendant toutes ces années Michel a apporté beaucoup plus que sa compétence ; il a été pour beaucoup dans la cohésion et dans la cohérence du groupe que nous formions y compris lorsque soufflaient sur l’union des vents mauvais.
Le 3ème mandat a été particulier,  puisque la majorité sortante ayant été battue, nous nous sommes retrouvés dans l’opposition. A deux communistes sur 8 élus. Une nouvelle expérience où il s’agissait plus de contrôler et de s’opposer que de construire. Avec Michel nous jouions notre rôle même si je voyais bien que ce n’était pas celui qu’il préférait. Il fut certainement plus à l’aise lorsqu’il put à nouveau construire dans la nouvelle municipalité.
Ce mandat terminé, Michel ne resta pas pour autant l’arme au pied. Il s’investit encore davantage au Secours Populaire qui, du coup, prit de l’ampleur. D’autres, diraient mieux que moi tout ce qu’il y a apporté à la fois comme rigueur et comme chaleur humaine avec toujours la volonté de préserver la dignité des personnes accueillies. Car, évidemment,  Michel ne faisait rien à moitié.
En cette année où l’on fête le 100ème anniversaire du PCF, on célèbre beaucoup et c’est bien normal, les grandes avancées sociales à son actif et toutes celles et tous ceux qui y ont joué un grand rôle. Mais le rôle du PCF c’est aussi le résultat du combat de centaines de milliers de militants et d’élus qui, comme Michel,  ont  toute leur vie lutté pour bâtir cette France fraternelle que chantait Jean FERRAT.
A l’heure où l’humanité est confrontée à des défis colossaux pour dépasser cette société d’exploitation, de domination et d’aliénation qui sème tant de drames et de misère, à l’heure où la vie même est menacée sur la planète, il est temps que les choses changent. Cela a été le combat de la vie de Michel.
Nous, ses camarades, prenons l’engagement de le poursuivre sans relâche.
                                    Alain DAVID
                                                                                                    31.12.2020

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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 19:37
Décès de Paul Le Gall, ancien secrétaire départemental du PCF dans le Finistère pendant 23 ans, membre du comité central du PCF pendant 18 ans, ancien résistant FTP à Concarneau.
 
Nous sommes très attristés aujourd'hui d'apprendre avec un coup de téléphone de Christian Collimard le décès ce matin d'un grand militant et dirigeant historique du parti communiste finistérien et breton: Paul Le Gall, qui est parti ce matin à l'âge de 95 ans après plusieurs jours d'hospitalisation.
Adhérant au PCF à la Libération, Paul Le Gall a succédé a son ami et camarade Pierre Le Rose comme secrétaire départemental du PCF en 1956.
Il a été secrétaire de la fédération jusqu'en 1979 et membre du comité central du PCF de 1964 à 1982. Élu local pendant plusieurs années aussi à Concarneau.
Il fut résistant FTPF à Concarneau dès 1943, à 18 ans. Il participa aux combats de la libération de la poche de Lorient en septembre 1944.
Il quitta le parti au moment d'une grave crise interne dans le Finistère en 1987.
Mais il a tout dernièrement repris sa carte au PCF - il y a 3 ans, en décembre 2017 - 30 ans après son départ, symbole de l'attachement qui l'animait pour le communisme et son avenir, lui qui est décédé le jour même du centenaire du parti communiste, tout un symbole.
J'ai eu l'occasion de le rencontrer et de me familiariser avec sa malice, sa gentillesse et sa culture politique impressionnante a l'occasion de fêtes du parti à Fouesnant.
Adieu Paul.
Nous pensons fort à tous ceux que tu laisses en chemin, ton épouse Marie-Annick, ta fille, toute ta famille et tes proches.
Nous avons pour ton engagement très fort au service de nos idéaux communs une très grande reconnaissance. Salut à toi camarade!!! Soyons dignes de votre volontarisme et de votre dévouement.
 
Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère 
30 décembre 2020
Décès de Paul Le Gall (né en 1925), ancien secrétaire départemental du PCF Finistère et Sud-Finistère, ancien membre du Comité central du PCF, ancien résistant
Décès de Paul Le Gall (né en 1925), ancien secrétaire départemental du PCF Finistère et Sud-Finistère, ancien membre du Comité central du PCF, ancien résistant
Décès de Paul Le Gall (né en 1925), ancien secrétaire départemental du PCF Finistère et Sud-Finistère, ancien membre du Comité central du PCF, ancien résistant
Décès de Paul Le Gall (né en 1925), ancien secrétaire départemental du PCF Finistère et Sud-Finistère, ancien membre du Comité central du PCF, ancien résistant
Décès de Paul Le Gall (né en 1925), ancien secrétaire départemental du PCF Finistère et Sud-Finistère, ancien membre du Comité central du PCF, ancien résistant
Paul Le Gall entouré de résistances bigoudènes et de Rol-Tanguy, Alain Signor et Pierre Le Rose

Paul Le Gall entouré de résistances bigoudènes et de Rol-Tanguy, Alain Signor et Pierre Le Rose

Section PCF de Beuzec-Conq près de Concarneau où militait le père de Paul Le Gall (Archives Pierre Le Rose)

Section PCF de Beuzec-Conq près de Concarneau où militait le père de Paul Le Gall (Archives Pierre Le Rose)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

45/ Paul Le Gall (né en 1925)

Né le 19 août 1925 à Beuzec-Conq (Finistère) ; artisan maçon ; militant communiste, secrétaire de la fédération PCF du Finistère (1956-1971), membre du comité central du PCF (1964-1982) ; conseiller municipal de Concarneau (Finistère) (1953-1959 puis 1989-2001).

Paul Le Gall naquit à Beuzec-Conq, aujourd’hui intégré à Concarneau, dont le maire et conseiller général Paul Guéguin était communiste avant la guerre.
Son père Yves Le Gall, également appelé Jean, ouvrier du bâtiment, fut licencié dans les années 1920 pour faits de grève. Il s’installa ensuite à son compte. Militant communiste depuis 1922, lecteur de l’Humanité, il fut adjoint au maire de la commune de Beuzec-Conq (1935-1939). Il épousa Marie Le Gall, ménagère, sympathisante communiste. Le couple eut six enfants. À la Libération, les cinq garçons furent membres du PCF, la fille était sympathisante.

Paul Le Gall, après avoir fait ses études à l’école communale, fréquenta le cours complémentaire pendant deux années. À quatorze ans, au début de la guerre, il accompagna son père sur les chantiers.

À l’automne 1943, Paul Le Gall entra dans les FTP du secteur de Concarneau, effectuant des liaisons avec son père qui était également engagé dans la Résistance. Après avoir pris part à la libération de Concarneau au sein de la milice patriotique, devenue 7e compagnie FTPF, il adhéra aux jeunesses communistes. Il participa à partir de septembre 1944 aux combats sur le Front de Lorient au sein de la 2e compagnie du 2e bataillon de marche du Finistère au sein de laquelle s’était constitué un groupe de jeunesses communistes composé de soixante-dix adhérents dont il devint le secrétaire. Après la capitulation du 8 mai 1945, il resta sous les drapeaux à fin de surveiller les prisonniers allemands jusqu’en novembre 1945. Revenu à la vie civile, il reprit son travail de maçon cimentier avec son père.

En 1946, Paul Le Gall dirigeait le cercle de l’UJRF (Union de la jeunesse républicaine de France) de la ville. Adhérant au PCF en janvier 1947, il devint l’année suivante secrétaire à la propagande au sein de la section de Concarneau. Il suivit l’école élémentaire organisée par la section communiste en janvier 1948. Il fut élu secrétaire de la section du PCF de Concarneau au début des années 50, remplaçant Joseph Le Peux, employé de mairie, devenu correspondant du quotidien Ouest-Matin. Il était entouré de Joseph Gaonach, membre du comité de section et de Robert Le Pape*, membre du comité fédéral.

Il intégra le comité de la fédération du PCF du Finistère en 1952, devenant, dès 1954, membre de la commission de contrôle financier. Il était très actif au sein des associations proches du PCF comme les Anciens combattants FTP et France-URSS. Il militait aussi à l’Amicale laïque et au sein des Artisans du Finistère

En 1955, Paul Fabbri, membre du comité central, le présentait comme « un camarade capable, intelligent, faisant preuve d’un sens de synthèse très élevé et ne s’embarrassant pas de grands discours ».

Paul Le Gall qui habitait Concarneau, fut sollicité pour animer la fédération dont le siège se tenait à Brest. Lors de la XVIIIe conférence du comité fédéral du 13 mai 1956, il devint, à trente-et-un ans, le premier secrétaire fédéral du PCF du Finistère.

Paul Le Gall était un homme nouveau qui incarnait sans doute une volonté de changement politique sous l’impulsion de Marcel Servin qui suivait désormais la fédération du Finistère. Il était plus à même de pratiquer l’ouverture en direction de la SFIO puis du PSU notamment dans la lutte contre de Gaulle et contre la guerre d’Algérie. Il devint permanent avec le plombier Le Roux, secrétaire fédéral à l’organisation, puis responsable paysan (1961).

Il occupa cette responsabilité jusqu’à la partition de la fédération en deux entités géographiques en janvier 1970. Puis il garda ensuite la direction de la nouvelle fédération du Finistère Sud jusqu’en janvier 1982, remplacé alors par Pierre Rainero. Il siégea au bureau jusqu’à son non réélection au sein des instances fédérales le 25 mai 1986.

Après avoir participé à un voyage d’étude en Tchécoslovaquie en juillet 1957, Paul Le Gall suivit l’école centrale de formation de quatre mois au début de 1958. Élu comme membre suppléant au comité central au congrès de Paris de mai 1964, il devint titulaire lors du 19e congrès de Nanterre en février 1970. Il siégea dans les instances nationales jusqu’en 1982. Il fut un membre très actif, intervenant fréquemment dans les instances nationales, n’hésitant pas à soulever des questions stratégiques comme lors de la session du 29 juin 1965 où il se demanda « comment la gauche peut se passer d’un candidat communiste aux élections présidentielles. » A la veille des évènements de mai 1968, au CC du 18 et 19 avril 1968, il souligna le développement du mouvement revendicatif qui se construisait dans le Finistère et l’Ouest en général sur des bases unitaires inédites.

Au moment où le PCF et le PS étaient en train de finaliser l’écriture du programme commun, Paul Le Gall soulignait devant le CC le 22 mars 1972, les différences d’approches des deux partis sur les questions de l’Europe et de la supra-nationalité. Réélu au congrès de Saint-Ouen en décembre 1972, il suivit l’activité de la fédération de Mayenne où les forces du PCF étaient faibles. Pendant qu’il siégeait au comité central, il accompagna également les communistes des Côtes-du-Nord et Charente-Maritime. Avec les autres secrétaires fédéraux bretons Marcel Alory*, Armand Guillemot*, Serge Huber* et Louis Le Roux*, il impulsa d’abord le CRAC puis le comité régional du PCF qui se mit en place à l’issue de sa première réunion à Lorient le 19 février 1980. Il exprima des désaccords de fond avec la direction du PCF, en particulier de Georges Marchais, lors de la session de novembre 1981, prenant la parole en particulier sur l’intervention soviétique en Afghanistan.

Conseiller municipal de Concarneau (1953-1959), il siégea dans l’opposition au maire socialiste Charles Linement qui avait pris la municipalité au maire communiste de 1945, Robert Jan en 1947, grâce à une alliance de troisième force avec le MRP.

Personnalité calme, organisée, appréciée pour sa modération, Paul Le Gall a joué un rôle important à la tête de la fédération communiste du Finistère du milieu des années 1950 aux années 1970.

Il fut à plusieurs reprises le candidat titulaire du PCF aux élections législatives dans la 8e circonscription de Quimperlé-Concarneau. En novembre 1958, il fit équipe avec Pierre Salaun, ouvrier agricole, maire de Scaër. Il arriva en tête de la gauche au premier tour obtenant 22,96 % des suffrages exprimés. Il se maintint au second tour dans une triangulaire contre le député MRP sortant Louis Orvoën (réélu avec 51,5%) et obtint 30,9%. Lors des élections cantonales de juin 1961, Paul Le Gall affronta le conseiller général sortant Michel Naviner*, devenu communiste dissident (classé comme « extrême gauche » selon les sources préfectorales), obtenant 18,3% des voix au premier tour. Se maintenant au second tour, Paul Le Gall ne parvint pas à empêcher la réélection de Michel Naviner (41,6% au 1er tour), avec 55,7% des voix. Ce dernier avait recueilli une partie de l’électorat communiste mais aussi des voix du centre (MRP) et de droite car le candidat de la SFIO et maire de Concarneau, Charles Linement s’était aussi présenté.

Aux élections législatives de novembre 1962, Paul Le Gall représenta à nouveau le PCF à Quimperlé et obtint au 1er tour 25,1% des suffrages malgré la présence d’un candidat du rassemblement de la gauche, un radical et son suppléant SFIO. Il talonnait le député MRP Louis Orvoën (28,3 %) qui sortit vainqueur de la quadrangulaire du second tour avec 37,3 % devant le communiste (34,2 %), l’UNR (18,7%) et le tandem de la gauche non communiste (9,7 %). En mars 1967, au 1er tour, Paul le Gall affronta une nouvelle fois Louis Orvoën (Centre démocrate, 31,9 %), un UD Ve République (20,7 %) et un nouveau candidat SFIO-FGDS, l’agriculteur Pierre Boëdec*, maire et conseiller général de Bannalec (19,4 %). Mais cette fois, du fait des accords de désistement entre le PCF, le PSU et la FGDS, Paul Le Gall qui avait obtenu 27,9 % retrouva Louis Orvoën dans un duel au second tour. Le candidat de la gauche unie fut battu avec 44,7 % des suffrages exprimés à son adversaire, maire et personnalité influente du conseil général du Finistère. En juin 1968 dans la même circonscription de Quimperlé, il n’obtint que 12 079 voix, expression d’un recul significatif de l’influence communiste. Cependant, il était présent au second tour, la FGDS subissant également un affaissement en voix et en pourcentage.

La rupture dans cette circonscription s’opéra en mars 1973. Paul Le Gall fut distancé obtenant 9288 voix (18,41 % des suffrages exprimés). Louis Le Pensec, candidat du PS, effectua une percée de même nature que celle de Charles Josselin à Dinan obtenant 17 708 voix et 35,30 % des suffrages. En 1978, Paul Le Gall ne se représenta pas, laissant Michel Lann défendre les couleurs communistes à un moment où les rapports de forces avec le PS furent tranchés dans le Finistère.

À un moment où la fédération du Finistère Nord, dirigée par Louis Le Roux, membre du comité central, était secouée par une grave. L’année suivante, Paul Le Gall quitta le PCF.

Il y a deux ans, Paul Le Gall, qui était resté sympathisant, compagnon de route, participant à de nombreuses fêtes du Parti, à des souscriptions pour l'Humanité, les fêtes de l'Humanité, a souhaité reprendre sa carte au Parti communiste en décembre 2017, ce dont nous nous sommes heureux et fiers.

Source: article de Christian Bougeard et d'Alain Prigent dans Le Maitron

https://maitron.fr/spip.php?article136581, notice LE GALL Paul par Christian Bougeard, Alain Prigent, version mise en ligne le 6 juin 2011, dernière modification le 22 septembre 2011.

Paul Le Gall, à droite avec sa canne, en 2012, pour la fête de départ en retraite de Roberte Saint Jalme, secrétaire de la fédération du PCF Finistère qui l'a connu comme secrétaire départemental et travaillé avec lui, en 2012 à Châteaulin (photo Roberte Saint-Jalmes)

Paul Le Gall, à droite avec sa canne, en 2012, pour la fête de départ en retraite de Roberte Saint Jalme, secrétaire de la fédération du PCF Finistère qui l'a connu comme secrétaire départemental et travaillé avec lui, en 2012 à Châteaulin (photo Roberte Saint-Jalmes)

Paul Le Gall, à gauche au premier plan, avec Claude Bellec et Roberte Saint Jalme

Paul Le Gall, à gauche au premier plan, avec Claude Bellec et Roberte Saint Jalme

Lire aussi nos autres publications pour l'année du centenaire du Parti communiste dans la série "100 ans d'engagements communistes en Finistère":

Lire aussi:

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 44/ René Le Bars (1933-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 43/ Louis Le Roux (1929-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 42/ Pierre Corre (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 41/ Daniel Le Flanchec (1881-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 40/ Joséphine Pencalet (1886-1972)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 39/ Sébastien Velly (1878-1924)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 38/ Edouard Mazé (1924-1950)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 37/ Guy Liziar (1937-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 36/ Henri Moreau (1908-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 27/ Jeanne Goasguen née Cariou (1901-1973)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 19:30
Alain David - Annie Bergot - et Michel Derrien au local de section de Morlaix. C'était pendant le mandat de 83 à 89, du temps de Jean-Jacques Cléac'h, maire PS.    Il y avait à l'époque 7 élus communistes dans la majorité.   Marie-Paule Kerebel Adjointe aux affaires Sociales, Alain David Adjoint aux affaires scolaires, Lucien Le Leuc'h Adjoint aux Travaux, Michel Derrien Adjoint aux Transports, Jean-Luc Le Calvez à la commission logement et urbanisme, Annie Bergot aux Affaires Sociales, Scolaires et Culturelles, et Jean-Charles Le Naour à la commission Travaux.

Alain David - Annie Bergot - et Michel Derrien au local de section de Morlaix. C'était pendant le mandat de 83 à 89, du temps de Jean-Jacques Cléac'h, maire PS. Il y avait à l'époque 7 élus communistes dans la majorité. Marie-Paule Kerebel Adjointe aux affaires Sociales, Alain David Adjoint aux affaires scolaires, Lucien Le Leuc'h Adjoint aux Travaux, Michel Derrien Adjoint aux Transports, Jean-Luc Le Calvez à la commission logement et urbanisme, Annie Bergot aux Affaires Sociales, Scolaires et Culturelles, et Jean-Charles Le Naour à la commission Travaux.

Michel Derrien à la fête du Viaduc 2014, la 50ème, où le PCF Morlaix lui avait rendu hommage en même temps qu'aux autres premiers bâtisseurs de la fête (Photo Jean-Luc Le Calvez)

Michel Derrien à la fête du Viaduc 2014, la 50ème, où le PCF Morlaix lui avait rendu hommage en même temps qu'aux autres premiers bâtisseurs de la fête (Photo Jean-Luc Le Calvez)

Michel Derrien (2e à partir de la gauche) - Photo Jean-Luc Le Calvez

Michel Derrien (2e à partir de la gauche) - Photo Jean-Luc Le Calvez

Michel Derrien à la fête du Viaduc (à gauche), avec notamment Yvette et Michel Prigent, Jean-Claude Le Fer et Jules Bouedec  à Ty Dour

Michel Derrien à la fête du Viaduc (à gauche), avec notamment Yvette et Michel Prigent, Jean-Claude Le Fer et Jules Bouedec à Ty Dour

Triste nouvelle : décès de notre camarade Michel DERRIEN.

 

Notre camarade Michel DERRIEN, ancien instituteur originaire de Plouyé dans le canton de Huelgoat, fils d'agriculteur, vient de décéder à l’âge de 90 ans le 27 décembre 2020.

Michel a été un militant de longue date de notre parti : il a été responsable de la section de Morlaix ; élu à la Mairie de Morlaix.

Comme élu, son premier mandat date de 1976-1983.

Il a accompli notamment un gros travail comme adjoint aux transports à Morlaix (mise en place du réseau de transport en commun TIM). Il a aussi été adjoint aux Travaux. Michel Derrien a été élu pendant 4 mandats, dont 3 mandats d'adjoint, et un mandat dans l'opposition (du temps d'Arnaud Cazin). 

Michel Derrien est resté jusqu'au bout très impliqué dans la vie politique et militante. Il y a quelques mois, il avait participé pour soutenir financièrement la campagne de Morlaix Ensemble aux élections municipales. Il est resté un militant communiste concerné jusqu'à la fin de sa vie, attaché à l'union de la gauche. Tout un symbole: il est décédé la semaine du centenaire du Parti communiste français né lors du Congrès de Tours.

Cet habitant du quartier de la Boissière était un sage, quelqu'un de très pondéré et réfléchi. Michel Derrien était secrétaire de la section du PCF pays de Morlaix au moment de la création de la fête du Viaduc en 1964 et de l'achat d'un premier local de la section de Morlaix. Alain David lui a ensuite succédé comme secrétaire de section en 1968 (jusqu'en 1976). La première fête du Viaduc a eu lieu en septembre 1964 à Kernéguès. Avec François Paugam, Louis Ollivier, et bien d'autres encore, Michel Derrien faisait partie des artisans de la montée en puissance de la section de Morlaix dans les années 60-70.

Alain David témoigne: "Michel Derrien a témoigné d'une volonté constante de permettre aux militants d'être maîtres et acteurs de leur parti. d'où l'importance de la formation et la participation aux travaux des congrès. Il témoignait de fermeté dans ses opinions en même temps que d'une volonté de rassemblement constante. Il avait le souci de faire participer la population aux choix municipaux. Il défendait à la fois l'identité des élus communistes et la loyauté par rapport au programme municipal, l'ouverture aux autres sensibilités et était un partisan résolu de l'éducation populaire".

 

Michel Derrien n’a pas ménagé sa peine dans bien d’autres activités au service de la population et des plus fragiles en particulier : responsable du Secours Populaire Morlaix ; responsable syndical ; …

 

Au nom de la section, comme en mon nom personnel, je présente nos sincères condoléances à toute sa famille.

Michel repose à l’espace funéraire rue du Docteur Kergaradec à Plourin les Morlaix de 14 h à 17 h.

Un hommage lui sera rendu le jeudi 31 décembre à 10 h 15, au pôle funéraire de Saint Thégonnec.

 

Merci à chacun de s’associer à la peine de la famille.

 

Bien cordialement.

 

Daniel RAVASIO, secrétaire de section du PCF pays de Morlaix 

 

 

 

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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 18:41
Résumé du Congrès de Tours par Roger Héré - 25 décembre 1920

Premier jour

 

Matin,  samedi 25 décembre 1920, 10 h 35

Installation du congrès

Accueil des congressistes, mise en place des commissions et du bureau du congrès

Débat sur l’ordre du jour du congrès

Treint (Seine) , intervient d’entrée au nom d’un nombre important de délégués, pour proposer d’inverser l’ordre du jour du congrès et repousser la discussion sur les rapports  du groupe parlementaire et de l’Humanité après la discussion sur l’internationale. Il considère que c’est la question la plus importante et qu’il convient de la traiter en premier lieu.

Manier, puis Blum, interviennent aussitôt pour dire que la question de l’Internationale ne doit au contraire intervenir qu’en conclusion des débats.

Mothes (Savoie), puis Coen (Seine) soutiennent la proposition de Treint. Rappoport va dans le même sens en précisant que les délégués ont de toute façon un mandat formel de leurs fédérations, et que la question principale ne doit pas être escamotée. Le Troquer (Eure) soutient cette proposition.

Goude (Rhône) propose de maintenir l’ordre du jour.

Deux propositions sont ainsi soumises au vote du congrès

Blum (Hautes Pyrénées) demande un vote par mandats.

Appel nominatif pour le vote

La séance est levée à 12 h 15

Résultat du vote sur l’ordre des travaux

Proposition Treint : pour :  dont Finistère 26 voix

proposition Goude : pour 1 241, dont Finistère 10 voix

Après-midi, samedi 25 décembre 1920, 14 h 30

Frossard propose que sur la question de l’Internationale, chaque fédération vienne à tour de rôle exprimer sa position.

Un débat s’instaure sur la durée que cela va représenter, et donc sur la façon de procéder, chacun approuvant la proposition mais soulignant les difficultés que cela va générer.

Finalement l’audition des fédérations a lieu par ordre alphabétique des départements.

Marmet (Ain) : « Nous avons 32 mandats pour la motion Cachin-Frossard, et 7 pour la motion Blum. La masse paysanne et ouvrière de l’Ain est venue au socialisme pour une transformation dans un avenir qu’elle espère prochain, et que nous offrent seules les thèses de la IIIème Internationale, c’est-à-dire la prise de pouvoir par le prolétariat... »

Max Dormoy (Allier) : « Dans l’Allier une forte majorité s’est prononcée pour nos camarades Blum, Paoli, Brack et Mayéras. Nous souhaitons maintenir l’unité socialiste...à la condition que nos droits et notre liberté de penser seront reconnus par vous qui êtes aujourd’hui la majorité...mais si, par votre ostracisme, par votre arbitraire, vous refusiez les droits de la minorité, alors vous porteriez la responsabilité de la scission que vous auriez voulue et préméditée. »

Gaby (Allier) : « Dans l’Allier, d’un côté il y a les majoritaires qui approuvaient la politique internationale du parti pendant la guerre et le vote des crédits. De l’autre la foule rurale condamnant les méthodes employées par la majorité. Mais la guerre ayant mobilisé les forces vives du parti, celles-ci ne sont pas représentées dans la majorité...Mais ceux qu’on appelle les néophytes, on peut dire qu’ils acceptent sans restrictions l’adhésion à la IIIème Internationale. »

Bergère (Ariège) : « L’Ariège a adhéré à la presque unanimité à la IIIème Internationale...Les camarades sont écoeurés de voir les votes des parlementaires...Il est nécessaire que le Parti ne soit plus une coterie politique comme jusqu’ici. Nous souhaitons que le Parti tout entier aille à la IIIème Internationale.

Philbois (Aube) : « La fédération a voté majoritairement pour l’adhésion à la IIIème Internationale par 46 mandats. Il y a des vieux militants, avec qui nous luttons depuis 30 ans, qui ont voté pour la motion Longuet. Nous avons pensé qu’avant de renvoyer un seul de ceux-là, il faudrait demander la permission de la fédération de l’Aube. »

Vidal (Aude) : « Notre fédération a voté une motion spéciale qui dit que nous adhérons, en principe, à la IIIème Internationale pour y discuter. Nous sommes unanimes pour rester dans l’unité dans les mêmes conditions que vient d’exposer notre camarade de l’Aube. »

Rives (Aveyron) : « Notre fédération s’est déclarée contre toute brisure dans le Parti et pour le maintien de l’unité. »

Veyren (Bouches du Rhône) : «... Sur 113 mandats, 83 sont allés à la motion d’adhésion à la IIIème Internationale...Pour des raisons qui seront développées plus tard dans le fond du débat. Nous nous trouvons dans une situation exceptionnelle...A Marseille, nous avons eu affaire à de véritables consortiums de candidats. Nous avons eu à subir une dictature occulte qui s’exerçait en dehors du Parti,  et de façon plus lourde, plus humiliante pour les militants que la dictature du Comité central de la IIIème Internationale. Nous avons voulu mettre fin à cette situation lamentable, et nous sommes arrivés à agir contre une situation de fait qui était créée au profit d’hommes particuliers, luttant contre nous, non pas avec des principes, mais au moyen d’arguments spéciaux qui allaient parfois jusqu’à l’intimidation. »

Lucie Colliard (Calvados) : «... Nous nous sommes prononcés en majorité pour la IIIème Internationale... La situation actuelle n’est pas semblable à la situation passée, le Parti n’est plus seulement un parti d’opposition, mais doit devenir un parti d’action où il faut des hommes résolus. Ceux qui voudront rester dans le parti devront se plier à la discipline.

Lerat (Cher) : « la Fédération donne 24 mandats (sur 31) à la motion Cachin-Frossard...Ce sont les campagnes, en particulier le Sancerrois et le Saint-Amandois, les paysans, les petits vignerons et les petits propriétaires, qui votent pour l’adhésion sans restriction à la IIIème Internationale...Aujourd’hui nous sommes antiparlementaires parce que nous constatons l’action néfaste de nos élus...Nous en avons assez d’être des machines à cotiser et de servir les intérêts de quelques individus...Nous en avons assez d’un Parti Socialiste uniquement électoral, nous voulons un Parti Socialiste révolutionnaire…

Roumajon (Corrèze) : Notre fédération rurale comporte plus de 3 000 membres et 85 sections, et vous savez quel a été son vote unanime...Les véritables apôtres du Socialisme sont au fond des campagnes...Ces camarades sont les véritables révolutionnaires car ils sont anticapitalistes, antimilitaristes. Ils étaient hier anticléricaux. Ils le sont encore aujourd’hui, ils sont aussi antiparlementaires...Nous avons mené la propagande paysanne sur tous les terrains d’organisation au point de vue syndical, au point de coopératif, au point de vue socialiste. Nous leur avons appris que grâce à l’administration de ces coopératives, ils pourraient comprendre le communisme et le travail en commun...Nous voudrions considérer le Parti comme une entreprise, non pas de révolution, mais qui se fixe comme but de réaliser le socialisme...Nous voudrions utiliser toutes les forces véritablement socialistes du Parti. C’est pour cela que nous avons inséré dans notre motion une réserve concernant la tendance de nos camarades Longuet-Paul Faure ; nous estimons qu’ils ont une grosse valeur socialiste et qu’ils ont une influences sur les masses...A la veille du congrès de Strasbourg nous étions prêts à aller à la IIIème Internationale. Nous n’y sommes pas allés parce que dans cette motion deux idées nous choquaient : la socialisation de la terre et la révolution immédiate. Nous ne voulons pas dire à nos camarades paysans que nous allons leur socialiser la terre. Aujourd’hui la motion Cachin-Frossard définit bien cette idée. Nous expliquons aux paysans que nous demandons la socialisation des grandes entreprises et que nous voulons, en outre, développer toutes les œuvres collectives à la campagne. Nous estimons être d’accord ainsi avec nos camarades de la IIIème Internationale...Aujourd’hui on ne peut agir dans l’intérêt du Parti qu’en entrant à la IIIème Internationale, qu’en collaborant directement avec nos camarades de Moscou... »

Le représentant de la Creuse : « ... La Creuse est un département rural...La grosse majorité est pour la IIIème...Les paysans creusois...disent qu’il y a actuellement dans le Parti socialiste des gens qui sont plus socialistes de paroles et d’idées que socialistes d’actions et que la révolution, qui est le but du Parti socialiste...En fait ils n’en veulent jamais...Nous avons été dès le premier moment partisans de l’adhésion à la IIIème Internationale...L’accueil que nous trouvons dans les campagnes est des plus chaleureux, des plus enthousiastes...En dernier lieu nous avons été pour la IIIème Internationale parce que nous avons constaté que, pendant la guerre, le Parti, en pratiquant la politique de collaboration de classes, avait complètement fait banqueroute...Nous attendons la résurrection de notre parti, car, en effet, jusqu’à présent, le Parti socialiste n’a pas fait figure de parti révolutionnaire. Demain nous pensons justement qu’il sortira de ces débats une unité vivante et véritable, celle de tous les révolutionnaires décidés à l’action sur tous les terrains contre le régime bourgeois. »

Delagrange (Dordogne) : « ...C’est à la quasi-unanimité que nous avons été à la IIIème Internationale, parce que nous sommes littéralement fourbus du socialisme de guerre, du socialisme grignoteur, du socialisme aux mains rouges. Nous ne voulons pas de ce socialisme-là...Nous voulons l’unité, mais dans une action franchement révolutionnaire...Il faut, à l’heure actuelle, comme pendant la guerre quand il fallait se faire casser la figure, une unité de front, un chef unique, et ce chef unique c’est Lénine!...Je suis certain cependant que le communisme n’est pas une chose unifiée à Moscou...Et que le communisme varie suivant les pays. »

Allois (Doubs) : « La fédération du Doubs votera la motion de la IIIème Internationale, mais au cas où une motion se présenterait,  commune avec la motion Longuet ou toute autre,  la fédération du Doubs voterait cette motion à la seule condition d’une adhésion à la IIIème Internationale. »

Jules Blanc (Drôme) : « La fédération a voté à une grosse majorité la motion Cachin-Frossard...Nous allons par monts et par vaux porter partout la propagande socialiste, et partout nous voyons venir à nous les paysans. Ils viennent à nous avec leurs sentiments tout neufs. Ils sont prêts à prendre la semence communiste et socialiste...Ce que nous voulons c’est la socialisation de la terre. J’ai le courage de le leur déclarer, et je crois faire ainsi œuvre de socialiste en préparant le paysan à savoir ce qu’est le socialisme, le communisme... Nous sommes heureux de constater l’aboutissant logique de Zimmerwald et de Kienthal et l’adhésion immédiate sans réserve à la IIIème Internationale communiste. »

Louis Le Troquer (Eure) : Notre fédération a voté par sept voix en faveur de la motion Jean Longuet. Ensuite la fédération a voté une motion adressant à Jean Longuet un fraternel appel pour qu’au congrès national les différentes fractions du Parti puissent adhérer unanimement à la IIIème Internationale. 

Reynold (Eure) : « ...Le congrès de l’Eure a décidé son adhésion à la IIIème Internationale...Et s’est prononcé contre toute scission.

Hillion (Eure et Loire) : La fédération a donné 14 mandats à la motion Cachin-Frossard pour la IIIème Internationale. Mais s’il y avait des atténuations à cette motion, j’ai l’ordre de voter pour la motion Heine...La Fédération a décidé que s’il y avait des camarades qui veulent s’en aller, ils s’en iraient. On ne ferait rien pour les retenir. »

P.40 (67)

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28 décembre 2020 1 28 /12 /décembre /2020 14:07

L’immeuble de la direction nationale du PCF, place du Colonel-Fabien, fut tout un temps espionné par les services secrets américains. Un fonds d’archives l’atteste. Retour sur une affaire qui fit du bruit au milieu des années 70.

 

Tout s’arrête en janvier/février 1976. Pourquoi ?

L’agence doit réaliser au fil des semaines qu’il se passe quelque chose d’anormal dans la surveillance du siège du PCF. Chaque fois qu’elle marquait un point (par exemple avec la pose d’un micro dans la voiture de Marchais ou l’établissement d’un contact apparemment prometteur avec un homme du service Entretien), cet avantage était contré assez vite : la voiture « sonorisée » est changée, la taupe est « remerciée » et ne travaille plus à Fabien. Bizarre. Les paranos de la CIA flairent l’embrouille. Car tout se passe comme si le Parti avait un espion chez les espions si l’on peut dire. Marchal finit par être soupçonné. On sait (il l’aurait dit à Guérin et Durand ?) qu’il passe à nouveau au détecteur de mensonges avec un spécialiste venu tout exprès de Francfort. Trois jours de passage au détecteur, c’est dire si ses employeurs avaient un gros doute.

Ensuite Marchal disparaît. On ne sait pas ce qu’il est devenu.

Lui n’a pas dû être étonné d’être soupçonné par l’agence, il s’y attendait.

Dès l’été 1975, selon les archives, il se sent filoché, pense que son téléphone est sous écoute. Il en parle à Guérin, lui demande si c’est le PCF qui le piste ? Il ne doit pas trop y croire et sent bien que c’est sa maison-mère qui l’a à l’œil.

Marchal savait qu’il exerçait un métier précaire… Il s’y attendait et il s’y préparait. Marchal a le sens de la débrouille. Un jour il parla d’un proche (un autre espion) qui avait travaillé pour la sécurité de l’Otan, qui avait réalisé des centaines de fiches, prêtes à être vendues ou publiées…

Et on apprend, toujours à la lecture des archives, qu’il avait une habitude : il déposait systématiquement dans un coffre en Belgique le double de tous ses rapports à la CIA, de tous ses contacts avec les gens de l’agence et il menaçait, c’est ce qu’il dit à Guérin, de publier ses mémoires si on lui cherchait des poux. « Je tiens pas à me faire descendre », avouera-t-il textuellement.

Le fait est que, vers la fin janvier 1976, le contact avec Marchal est coupé. Et le 16 février 1976, sur une pleine page du quotidien l’Humanité, Alain Guérin fait sensation en révélant l’essentiel de l’affaire sous le titre « Opération Aquarium : comment à Paris la CIA espionne ». Il y détaille les diverses formes de l’espionnage américain et politise l’affaire. On se permettra cette courte citation : « Lorsque nous avons eu connaissance des faits dont nous venons de donner quelques exemples on ne saurait dire que nous avons été à proprement parler surpris ; nous savions depuis longtemps que l’espionnage et la provocation contre les partis communistes et les organisations de gauche sont, selon le mot de Philip Agee (ex-agent), « le pain quotidien opérationnel de pratiquement toutes les stations de la CIA ». On remarquera toutefois que cette réflexion d’Agee concerne plus spécialement la région du monde où il a été en fonction, une région précise, l’Amérique du Sud, dont on sait qu’elle est considérée depuis longtemps par l’impérialisme nord-américain comme sa « chasse gardée ». Alors une question se pose : la France doit-elle aussi désormais être considérée comme telle ? Le pouvoir giscardien en est-il arrivé à un stade supérieur de l’atlantisme où les services spéciaux des puissances de l’Alliance ne se borneraient plus à fournir aux Américains des renseignements sur les communistes et à leur prêter main-forte à l’occasion - ainsi que le rappelait encore récemment le Washington Post - mais où les États-Unis pourraient disposer du territoire de leurs « alliés » comme d’un pays conquis où la France serait devenue une zone colonisée dans laquelle ils auraient toute latitude d’installer leurs propres services pour « doubler » les services français sans doute considérés en l’occurrence comme débiles ? »

Guérin ne donne alors pas le nom de Marchal (il le donnera des années plus tard dans son dernier livre). Sans verser dans le romantisme, on peut émettre ici deux hypothèses. Guérin (et le PCF) dit en quelque sorte aux Américains via cet article : Un, on est au courant de vos combines, maintenant vous arrêtez les frais (d’espionnage). Deux, on est au courant pour Marchal, laissez-le en paix.

Il y aurait toujours une famille Marchal qui réside dans cette partie de Belgique, non loin de Givet, selon Dominique Durand, qui ajoute : « Si Marchal était son nom véritable. » En effet, rien ne prouve que les papiers qu’il avait présentés à Guérin et Durand étaient vrais. Son passeport par exemple avait été renouvelé à Bujumbura, au Burundi, ancienne colonie belge devenue récemment indépendante.

Cette histoire n’est pas une fiction, répétons-le. Un beau fonds d’archives à Fabien le prouve. Voir aussi l’article cité de l’Humanité du 16/2/1976 ; le livre d’Alain Guérin « Ne coupez pas, je raccroche » aux éditions Le temps des cerises (épuisé, dit-on). Un autre ouvrage rend assez bien l’ambiance de l’époque : « Le péril rouge. Washington face à l’eurocommunisme », Frédéric Heurtebize, PUF (2014). Ajoutons enfin qu’un documentaire télévisé sur l’opération Aquarium, réalisé par le journaliste Nicolas Bourgoin, comprenant un long entretien avec Dominique Durand, est en préparation ; il devrait être programmé début 2021.

Gérard Streiff

 

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28 décembre 2020 1 28 /12 /décembre /2020 12:46
Du métro au maquis, la résistance armée du Colonel Fabien - L'Humanité, 28 décembre 2020, Paul Ricaud
Du métro au maquis, la résistance armée du Colonel Fabien - L'Humanité, 28 décembre 2020, Paul Ricaud
Du métro au maquis, la résistance armée du Colonel Fabien - L'Humanité, 28 décembre 2020, Paul Ricaud

Du métro au maquis, la résistance armée du Colonel Fabien

Lundi 28 Décembre 2020 - L'Humanité

Jeune militant, combattant antifasciste, franc-tireur, militaire… Le Colonel Fabien, né Pierre Georges, a marqué l’histoire en étant le premier résistant à abattre un soldat allemand.

 

Le 21 août 1941, il est un peu moins de 9 heures quand trois hommes pénètrent dans la station de métro Barbès- Rochechouart, à Paris. Deux d’entre eux montent sur le quai, en face du wagon de la première classe. Chacun tient dans sa paume un revolver. Celui qui est utilisé, un 6,35 mm, a été « emprunté » à la mère d’un étudiant communiste. Il est tenu par un jeune homme de 22 ans. Sa cible, l’aspirant allemand Alfons Moser. Deux coups de feu retentissent dans la rame et sur le quai. Les résistants s’enfuient et se retrouvent dans un square. Le tireur est surnommé Fabien. « Il respire profondément et fait un mouvement d’expiration avec ses bras. Il s’exclame : “Titi est vengé.”», racontera l’un des camarades de Fabien après l’opération. Samuel Tiszelman « Titi » avait été fusillé par l’occupant deux jours plus tôt. L’attentat du métro Barbès fait office de représailles. Il fait surtout entrer la résistance française dans la lutte armée, et le tireur dans la mythologie de ce combat : il s’agit du tout premier attentat meurtrier visant un soldat allemand de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.

Si la postérité a retenu le pseudonyme du Colonel Fabien, la vie clandestine de Pierre Georges lui en a donné d’autres. Issu d’une famille de militants (son frère sera maire des Lilas), il rejoint les Jeunesses communistes dès 14 ans. À 17 ans, il ment sur son âge et fait ses premières armes en tant que Frédo, dès le début de la guerre d’Espagne, en 1936. En intégrant les Brigades internationales, il choisit la lutte armée contre le fascisme. « Il brûlait d’envie de partir au front, mais on le retenait à cause de son âge », peut-on alors lire dans un rapport le concernant. Blessé au ventre, Frédo retourne en France en 1938 et devient ouvrier. Il est ensuite élu au comité central des Jeunesses communistes. À la fin de l’année 1939, le PCF est interdit, mais le futur Colonel Fabien reste plus que jamais militant et s’engage dans la Résistance sous l’occupation allemande. En juillet 1941, il devient commissaire militaire de l’Organisation spéciale du PCF.

Icon Quote Si les Allemands ne voulaient pas recevoir la mort de nos mains, ils n’avaient qu’à rester chez eux. » GÉNÉRAL DE GAULLE

Mais Pierre Georges ne fait pas qu’organiser les troupes : il donne lui-même l’exemple. À l’été 1941, il se charge donc personnellement de l’assassinat d’un officier allemand approuvé par les dirigeants de la France libre. « Les coups de feu tirés par le jeune Français sont la suite logique, fatale, inéluctable de l’attentat permanent contre la nation française par l’ennemi et ses complices, (…) l’attentat appelle l’attentat », réagit Maurice Schumann sur Radio Londres. L’attentat du métro Barbès enclenche une dure vague de répression, de nombreux otages résistants sont exécutés. Si le général de Gaulle désapprouve la méthode de la guérilla urbaine, il apporte son soutien à Fabien : « Il est absolument normal et absolument justifié que des Allemands soient tués par les Français. Si les Allemands ne voulaient pas recevoir la mort de nos mains, ils n’avaient qu’à rester chez eux. »

La colonne Fabien combat jusque dans le Haut-Rhin

Passé ce fait d’armes, Frédo s’implique toujours plus. En 1942, il organise dans le Doubs l’un des premiers maquis français. Pour échapper à la milice, il traverse le fleuve à la nage et est blessé à la tête. Il prend les traits de l’abbé Paul-Louis Grandjean avant d’être finalement rattrapé et arrêté. Frédo est emprisonné, torturé, condamné à mort, puis finalement transféré au fort de Romainville pour être déporté, mais il s’échappe. Sitôt libre, il s’implique dans l’organisation des maquis dans les Vosges, la Haute-Saône et le Centre-Nord.

Responsable FTP pour tout le sud de la région parisienne, il prend le nom de Colonel Fabien en 1944 et participe à la libération de Paris, en août. À l’automne, il rassemble 500 hommes prêts à combattre aux côtés des alliés, auprès du général Patton puis aux côtés de Lattre de Tassigny. La colonne Fabien combat jusque dans le Haut-Rhin, où, dans des conditions jamais élucidées, son chef trouve la mort en manipulant une mine, en décembre, à seulement 25 ans. La place qui accueillera plus tard le siège du Parti communiste français et la station de métro qui lui fait face prennent son nom dès l’année suivante.

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