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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 19:56
Carte de Membre du Comité Départemental de Libération de Pierre Le Rose (archives Pierre Le Rose- PCF 29)

Carte de Membre du Comité Départemental de Libération de Pierre Le Rose (archives Pierre Le Rose- PCF 29)

archives Pierre le Rose - PCF 29: première page de la trame du discours de Pierre Le Rose devant les Etats Généraux de la Renaissance Française, juillet 1945

archives Pierre le Rose - PCF 29: première page de la trame du discours de Pierre Le Rose devant les Etats Généraux de la Renaissance Française, juillet 1945

Archives Pierre Le Rose. 

Discours de Pierre Le Rose dans le canton de Concarneau pour la préparation des Etats généraux de la Renaissance Française (juillet 1945). 

 

Citoyennes, Citoyens du Canton de Concarneau

Et voici que s'achèvent les travaux de la Conférence Cantonale des Etats généraux de la Renaissance Française. Voici qu'à l'unanimité vous avez élu un nouveau Comité Local de Libération élargi, vos délégués au Congrès Départemental des Etats Généraux qui iront à Quimper présenter le cahier de Doléances que vous avez vous-mêmes établis.

Votre Comité Local de Libération avait jusqu'ici ce qu'on pouvait appeler au lendemain de l'insurrection une légalité insurrectionnelle, la légalité de la glorieuse insurrection nationale qui a chassé les lâches et les traîtres. 

Il était composé des représentants des différentes organisations et partis de la Résistance. Il groupait des hommes venus des différentes couches de la population.

Ensemble durant dix mois, face aux autorités instituées par le Gouvernement, votre C.L.L s'est attaché à défendre tous les intérêts du Peuple dans l'esprit de la Résistance , inséparable de l'esprit du Peuple. En même temps, le C.L.L s'efforçait dans la mesure de ses faibles moyens d'aider la municipalité instituée dans l'application de son difficile mandat.

Depuis vous avez eu les élections. Des municipalités nouvelles ont été légalement élues et je suis heureux de les saluer ce soir en la personne des Maires du canton ou de leurs représentants.

Les C.L.L organismes insurrectionnels, représentants du Peuple insurgé, devaient-ils disparaître?

Dans l'enthousiasme, ce soir, en élargissant les C.L.L, en les faisant plus représentatifs de l'ensemble de l'opinion, vous avez répondu "Non".

Dans ce "Non" vous affirmez que quoiqu'en disent certains esprits malintentionnés la Résistance Française n'est pas morte, mais qu'au contraire son esprit continue par delà vents et marées, par dessus toutes les combinaisons et toutes les politicailleries.

Les C.L.L continueront donc à exister, à soutenir les municipalités élues au Suffrage Universel, images du Peuple.

Les C.L.L continueront à demander les châtiments des traîtres, de ceux qui ont tenter de propager parmi le Peuple les mots d'ordre collaborationnistes, tels les André Morvan, de ceux qui arboraient des francisques tels les Philippe Madeline dont Laval, Déat, Darnand étaient les héros, de ceux qui dénonçaient les Français tel Normand, le maire vichyste de Trégunc.

Les C.L.L ne faibliront pas non plus dans la phase de leur mission qui consiste, conformément au programme du C.N.R à demander la confiscation des biens des traîtres et c'est avec plus de force que jamais que, forts de votre confiance, ils demanderont, ils exigeront en votre nom, des autorités compétentes la confiscation des biens des Usines Cassegrain et Prouvat-Barbe qui durant l'occupation ont travaillé pour les bôches, ont trafiqué avec les bôches.

A partir d'aujourd'hui, les C.L.L sont pour la première fois depuis l'insurrection victorieuse liés profondément à la masse du Peuple. Les C.L.L et le Peuple ont des intérêts communs. C'est la main dans la main qu'ils partent à la Conquête d'un nouveau destin.

Vous avez aussi élu les délégués qui iront au Congrès Départemental des Etats Généraux. Ils iront là-bas à Quimper vendredi prochain, établir avec les délégués des autres cantons le Cahier Départemental de la Renaissance Française.

A ce Cahier Départemental, vous apportez, vous, citoyens et citoyennes du canton, votre contribution.

Vous avez discuté tout à l'heure les termes de ce Cahier que vous ont présenté les représentants les plus purs de la Résistance populaire. Vous avez voté le texte complet de ce Cahier Cantonal qui est lui-même la synthèse des différents Cahiers du Canton.

Ce sont vous, ménagères, qui vous êtes penchées sur les problèmes ardus du ravitaillement. Ce sont, femmes de l'U.F.F, qui avez étudié les moyens de conjurer le redoutable fléau de la tuberculose. Ce sont vous, chers prisonniers et déportés absents depuis cinq ans qui, revenus dans la vie civile, dépaysés, avez, en commun établi la liste des moyens vous permettant de faire vivre ou plutôt revivre vos foyers. Ce sont vous, ouvriers et employés, qui demandez un accroissement sans cesse grandissant de la production. Ce sont vous, retraités, qui réclamez une juste retraite vous permettant de finir dignement votre vie. Ce sont vous, fonctionnaires, qui suggérez la réforme indispensable des programmes scolaires. Ce sont vous, jeunes, qui proposez vos bras pour des équipes de choc pour la reconstruction du pays.

Ce sont vous, marins, qui inscrivez sur votre cahier la Réparation du quai Carnot endommagé par les allemands. Et vous, jeunes et vieux travailleurs, ménagères et ouvrières, artisans et retraités, marins et prisonniers, vous vous penchez avec la même ferveur sur les réformes de la Constitution Française.  (..)*

Pendant l'occupation, le Peuple Français commémorait par des actions héroïques contre l'ennemi cette date glorieuse entre toutes (du 14 Juillet).

Les nazis qui dénonçaient l'esprit de 89 craignaient particulièrement ce jour du 14 Juillet. Les patriotes, en effet, commémoraient à leur façon le jour de la Fête Nationale le 14 juillet, les trains bôches sautaient plus nombreux que de coutumes, les bôches et les traîtres expiaient leurs crimes, nos glorieux partisans se battaient comme des lions. Et toute la France applaudissait unanime. Aujourd'hui, nous nous préparons à commémorer le 14 Juillet 1945.

Ce sera le 14 Juillet de la Victoire.

Ce sera le 14 Juillet des Etats Généraux de la Renaissance Française, le 14 Juillet de l'Espoir dans un avenir meilleur que le Peuple Uni saura bâtir.

Tout le Peuple de France manifestera à l'occasion de ces jours de liesse sont attachement à la République et à la Démocratie.

Vivent les E.G.R.F**   

Le 14 Juillet

Vive la France

Vive la République   

 

* Partie manquante: p 8 à 12 du manuscrit du discours, écrit au dos d'un bulletin d'adhésion aux Jeunesses Communistes 

** les E.G.R.F: les Etats Généraux de la Renaissance Française

 

Biographie de Pierre Le Rose, militant communiste et dirigeant de la Résistance communiste à Concarneau: 

 

Pierre Le Rose est le fils de Théophile Le Rose, né à Concarneau le 11 février 1900, qui était lui-même un militant communiste. Engagé à 18 ans, Théophile Le Rose était au dépôt de Brest au moment des événements faisant suite aux révoltes de la Mer Noire. Il était ami avec Théo Le Coz qui sera plus tard directeur de La Bretagne ouvrière, paysanne et maritime.

Voilier, Théophile succéda à son père à la tête de la voilerie artisanale et familiale employant cinq ouvriers. Pierre Le Rose est l'un de ses deux fils, qui naît le 10 février 1923 à Concarneau.

Théophile participe au mouvement populaire qui se développe après février 1934. Il adhère au Parti Communiste en 1935 et est présent dans les différentes activités du Front Populaire (campagne électorale de 1934 où Pierre Guéguin entre au Conseil Général, de 1935 avec l'élection aux municipales de la liste de front commun, de 1936 avec la victoire aux législatives). Il participe au soutien à l'Espagne Républicaine (accueil des réfugiés, organisation des Brigades Internationales). Il organise la manifestation départementale du Front Populaire le 7 juin 1936 à Concarneau, prépare la première fête de la Bretagne du Parti Communiste à Concarneau en août 1936 avec Marcel Cachin, réceptionne et achemine Jacques Duclos en novembre 1937. Théophile Le Rose développe aussi des relations étroites avec Alain Signor, élu au Comité Central au Congrès d'Arles en 1937. Il décède après la fête de l'Humanité de Garches, le 8 juillet 1938.

Son fils, Pierre Le Rose, commence à s'intéresser à la vie politique à partir des événements de 1934 et de 1936, de la construction du Front Populaire. Il participe aux manifestations comme enfant, lit "l'Huma" à laquelle son père est abonné. Il vend des Bonnets Phrygiens, insignes du Front Populaire, à la manifestation du 7 juin 1936: Pierre a alors 13 ans. Son père décède quand Pierre atteint sa quinzième année. En 1940, à dix-sept ans, il quitte l'école pour prendre la direction de la Voilerie qu'avait conservée sa mère au décès de Théophile. Il conserve un contact avec le Parti, désormais clandestin après les accords germano-soviétiques, et il a connaissance des premiers tracts du Parti Communiste, alors plus que jamais persécuté: l'appel du 10 juillet 1940 notamment.

Au printemps 1943, avec une équipe de jeunes amis, il constitue les premiers groupes de FTP de la région de Concarneau. Parallèlement, en liaison avec Alphonse Duot, secrétaire de la section clandestine du Parti à Concarneau (reconstituée à la suite des arrestations de 1942), il organise les groupes de la J.C, le Front National et plus tard les F.U.J.P et le Front Patriotique de la Jeunesse. Il rédige et confectionne des tracts, des journaux écrits à la main ("L'étincelle", organe du Parti et des J.C, "l'Insurrectionnel", bulletin du Front National). Il participe aux diverses actions des FTP, à la propagande du Parti et des Jeunesses Communistes, au recrutement. Au Printemps 1944, Pierre Le Rose participe à la création du Comité Local de Libération dont il devient le Secrétaire. Désigné par ses camarades de la Libération (le 15 août 1944 à Quimper, Concarneau n'est pas encore libérée), il devient membre du Comité Départemental de Libération pour représenter les "Forces Unies de la Jeunesse Patriotique". Il contribue dans ce cadre à la mise en place des délégations spéciales en remplacement des institutions de Vichy et à la réintégration des Conseils Municipaux dissous en 1939 par Daladier: Concarneau, Guilvinec, Léchiagat, etc.

Il devient membre actif du Front National (l'organe unitaire de la Résistance créé par les Communistes pour fédérer largement la résistance intérieure) pour lequel il fait ses premiers meetings (Douarnenez, avec Albert Trévidic), à Concarneau aux rassemblements des J.C dont il est membre du Bureau Régional. Pierre le Rose est coopté au Comité Régional du Parti Communiste mi-décembre 1944. Il prend la parole au Congrès du Front National présidé par Joliot-Curie en janvier 1945. Il est élu aux Etats généraux de la Renaissance Française le 14 juillet 1945. Pierre Le Rose était dans la délégation du Finistère au Congrès des JC constitutif de l'U.J.R.F début avril 1945. En mai 1946, Pierre Le Rose est élu au secrétariat fédéral du Parti Communiste (dont Marie Lambert, première députée femme du Finistère à la Libération, devint première secrétaire). Il restera à cette fonction sous la direction de Daniel Trellu (1949-1952) et sera élu secrétaire fédéral en février 1953.

 

Lire aussi sur le Chiffon Rouge, extraits des Archives de Pierre Le Rose: 

La Résistance et les communistes à Concarneau (à partir des notes et archives de Pierre Le Rose)

Pierre Le Rose: une trajectoire communiste en Finistère

Pierre Le Rose, un homme multicarte... Voyage dans l'histoire

Correspondance de Marcel Cachin avec Pierre Le Rose

"A propos d'une ignominie: être dignes des 27": Pierre Le Rose rend hommage à Pierre Guéguin et Marc Bourhis, fusillés de Chateaubriant concarnois (L'Unité, journal communiste de Concarneau, novembre-décembre 1979)

Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose

L'étincelle: journal de la Résistance communiste de Concarneau, Mai 1944- Juin 1944: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose

Résistance bretonne: L'insurrectionnel, organe local du Front National de Libération, juillet 1944 (Archives Pierre Le Rose)

Combats de la libération de la Bretagne: "France d'abord", édition bretonne (août 1944) - organe de liaison de la résistance FTPF et Front National (archives Pierre Le Rose)

 

 

Carte de délégués aux Etats Généraux de la Renaissance Française de Pierre Le Rose, résistant communiste finistérien - 14 juillet 1945

Carte de délégués aux Etats Généraux de la Renaissance Française de Pierre Le Rose, résistant communiste finistérien - 14 juillet 1945

Lettre à Henri Martin (1999) où Pierre Le Rose revient sur ses activités en 1944 et sa participation aux Etats Généraux de la Renaissance Française à l'initiative du CNR au Palais de Chaillot le 14 juillet 1945

Lettre à Henri Martin (1999) où Pierre Le Rose revient sur ses activités en 1944 et sa participation aux Etats Généraux de la Renaissance Française à l'initiative du CNR au Palais de Chaillot le 14 juillet 1945

Préparation des Etats Généraux de la Renaissance Française: Discours de Pierre Le Rose en juillet 1945... Après la nuit noire de l'Occupation, les Jours Heureux!
carte d'adhérent Union de la Jeunesse Républicaine de France (1945) - Pierre Le Rose

carte d'adhérent Union de la Jeunesse Républicaine de France (1945) - Pierre Le Rose

carte d'adhérent Union de la Jeunesse Républicaine de France (1945) - Pierre Le Rose

carte d'adhérent Union de la Jeunesse Républicaine de France (1945) - Pierre Le Rose

Carte d'adhérent Jeunesses Communistes de Pierre Le Rose - 1945

Carte d'adhérent Jeunesses Communistes de Pierre Le Rose - 1945

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 19:10
Archives Pierre Le Rose: "Jeunes gens, jeunes filles, abonnez-vous à l'Avant-garde, adhérez à la glorieuse fédération des jeunesses communistes de France!"

Archives Pierre Le Rose: "Jeunes gens, jeunes filles, abonnez-vous à l'Avant-garde, adhérez à la glorieuse fédération des jeunesses communistes de France!"

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 19:07
Ils sont morts pour une France libre et indépendante  - Carte de soutien des amis du musée de la Résistance
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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 15:11
Manifestation du Front Populaire à Concarneau (archives Pierre Le Rose - PCF 29)

Manifestation du Front Populaire à Concarneau (archives Pierre Le Rose - PCF 29)

Jeunes communistes après la Libération de Concarneau (archives Pierre Le Rose - PCF 29)

Jeunes communistes après la Libération de Concarneau (archives Pierre Le Rose - PCF 29)

Communistes de Beuzec dans les années 30 (photos archives Pierre Le Rose. PCF 29)

Communistes de Beuzec dans les années 30 (photos archives Pierre Le Rose. PCF 29)

Célébration communiste d'hommage à La Résistance et à Marc Bourhis et Pierre Guéguin, Concarneau (photo archives Pierre Le Rose. PCF 29)

Célébration communiste d'hommage à La Résistance et à Marc Bourhis et Pierre Guéguin, Concarneau (photo archives Pierre Le Rose. PCF 29)

Lire aussi, ces articles de janvier 2016: 

La Résistance et les communistes à Concarneau (à partir des notes et archives de Pierre Le Rose)

Pierre Le Rose: une trajectoire communiste en Finistère

Pierre Le Rose, un homme multicarte... Voyage dans l'histoire

Correspondance de Marcel Cachin avec Pierre Le Rose

"A propos d'une ignominie: être dignes des 27": Pierre Le Rose rend hommage à Pierre Guéguin et Marc Bourhis, fusillés de Chateaubriant concarnois (L'Unité, journal communiste de Concarneau, novembre-décembre 1979)

 

Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot

manuscrit d'Alphonse Duot présent dans les archives de Pierre Le Rose écrit en 1964
(recopié pour le Chiffon Rouge et l'intérêt des lecteurs et passionnés d'histoire d'aujourd'hui par Ismaël Dupont)

Depuis 1944, on a tenté dans les livres et dans la presse d'écrire une histoire objective des combats pour la libération de notre ville dans lier ces combats à celui permanent des patriotes qui pendant quatre ans sacrifièrent tout pour la libération du territoire national. Il nous apparaît nécessaire de combler quelques lacunes qui laissent dans l'ombre par exemple l'action des F.T.P.F pendant l'occupation dont les trois compagnies du bataillon La Tour d'Auvergne de Quimper participeront aux combats pour la libération de Concarneau. 

D'où venaient les F.T.P.F? 

Quelle a été leur action? 

Tout d'abord, un point d'histoire. Après la déclaration de la guerre le 3 septembre 1943, le Parti Communiste Français est dissous, les municipalités communistes dissoutes et remplacées par des délégations spéciales. La municipalité communiste-socialiste de Concarneau dont le maire P. Guéguin est aux armées est dissoute. Une délégation spéciale le remplace dirigée par M. Scalar (en mai 40, arrestation de Jos Le Coz Scouazec gérant de "la Bretagne").  En juin 40, c'est l'invasion, le jeudi 18, les troupes nazies font leur entrée dans une ville déserte, les habitants s'étant calfeutrés chez eux pour ne pas assister à ce drame qui les laisse accablés, désemparés. Au cours des semaines qui suivent c'est le retour au foyer de ceux qui ont pu échapper aux camps de prisonniers, parmi eux des militants du PCF qui n'ont rien perdu de leur courage malgré la défaite. Parmi eux Alain Le Lay, le plus brave, le plus estimé de toute la population. Il faut faire quelque chose. "La France ne sera jamais un peuple d'esclaves" viennent de proclamer M. Thorez et J. Duclos. Alors commence un combat où les meilleurs devaient tomber.   

Parallèlement au travail de propagande qui ne s'arrêtera pratiquement jamais, la section du Parti aidé par les J.C entreprend dès l'arrivée des nazis dans l'été 40 des actions de sabotage. René Lijour paie de sa personne et entraîne les jeunes. Trolez, Y. Le Gall, Ch. Tocquet entre autres participent au déboulonnage des voies ferrées, à la destruction des lignes téléphoniques. Des soldats nazis sont victimes de cette ardeur vengeresse et plus d'un trouvera dans le port une fin prématurée. La nuit est quelquefois trouée d'explosions insolites qui réveillent les Concarnois. C'est la grue de la gare qui saute, ou bien un transformateur ou un poteau supportant la haute tension. Les explosifs sont pris à l'ennemi. Les chantiers sont mis en coupe réglée. Des groupes prennent le titre de "terroristes patriotes".

Pendant ce temps, Alain Le Lay va, vient, visite les sections et organise le combat. La liaison avec Paris est assurée par Venise Gosnat dit Père Georges. Mais les armes manquent cruellement, cela gêne l'action des premiers F.T.P¨.F.

Cependant la police de Vichy vient d'arrêter l'ancien maire (notre camarade) Pierre Guéguin et l'instituteur Marc Bourhis. Transférés au camp de Chateaubriand, ils périront le 22 octobre de la même année dans la sablière tragique avec 48 autres patriotes. La population est saisie d'une émotion intense et dès la nouvelle connue, une manifestation spontanée se déroule au cimetière devant les tombes des familles.

La haine de l'ennemi s'accentue et les actions des F.T.P.F sont mieux comprises et soutenues par la population qui n'a jamais été neutre comme l'a déclaré dans un rapport Y. Aubert qui a remplacé Scalar à la tête de la délégation spéciale, le développement du mouvement F.T.P.F le prouvera par la suite.

En 42 a eu lieu une grève des ouvrières des usines pour obtenir de l'huile et des conserves: utilisation des délégués prévus par la Charte du travail de Vichy.

Au printemps 42, "Père Georges" prend contact directement avec René Lijour, lui annonce que des armes vont arriver par mer à bord d'un sous-marin anglais qui attendra aux Glénans que les résistants viennent en prendre livraison.

Le mot de passe est donné. Contact pris avec Bodéré Guillaume et son camarade Baudry agent de liaison qui sera fusillé plus tard au Mont-Valérien. Les deux résistants se font connaître du sous-marin qui est bien à l'endroit prévu. Les deux résistants se font connaître du sous-marin qui est bien à l'endroit prévu. Les containers sont pris en charge et débarqués sur la côte bigoudène où Lijour, Eugène Le Bris et Fauglas viendront les prendre pour les entreposer à la ferme Daoudal à Melguen. Ce camarade sera également fusillé au Mont-Valérien.

Des parachutages seront également annoncés. René Lijour et plusieurs camarades dont les noms échappent après 20 années d'histoire se rendront plusieurs fois sur les lieux sans succès. Mais le combat continue. Carduner de Pont-Minaouet tente de faire sauter le pont du même nom. Il sera arrêté lui aussi et mourra. Madame Le Breton sera arrêtée et déportée.

Joseph Berthou syndicaliste et résistant du même groupe sera arrêté à cette époque et fusillé à Thouars. Eugène Le Bris se rendra à Nantes où son camarade *** arrêté doit être jugé. D'une audace folle, il pénétrera dans le bureau du juge Le Bras au moment de l'interrogatoire de son camarade. Il délivrera celui-ci après avoir abattu le juge. Mais ses imprudences ont compromis sa sécurité et celle du groupe insuffisamment cloisonné.

En septembre 42, ils seront arrêtés tous deux. Quelques jours plus tard, alors que Concarneau vit encore sous l'émotion de la découverte d'un immense trafic de marché noir entre les établissements Provost-Barbe et l'organisation Todt, une grande rafle de la police de Vichy fidèle collaboratrice de la Gestapo permet l'arrestation de presque tous les membres de l'organisation. La date de l'arrestation d'Alain Le Lay nous est imprécise après si longtemps mais il mourra à Auschwitz, comme Théophile Louarn.

Voici la liste des membres du groupe Lijour arrêtés en septembre et octobre 1942:

(Notes annexes: 

courant 42: 

Tollec Fanch. Interné Rennes. Libéré

Touchard Fanch. Interné Rennes. Libéré

Kerledou André. Interné Rennes. Libéré

Louarn Victor. Déporté

Jourden Esprit. Mort en déportation

Berthou Joseph. Fusillé à Thouars

Carduner. Mort à Dachau

Daoudal. Fusillé au Mont-Valérien (le dépôt d'armes des T.P se trouvait chez ce camarade). 

Le Lay Alain. ? 

25 septembre 1942: 

Serre Jacques

Le Caignec Eugène père

Touchard Fanch

Kerledou André fils

Dréano Joseph

Rioual Arthur

Guiffant Louis

Loch Mathias

Rossignol Jean

27 septembre:  

Le Bris Eugène fusillé (affaire Le Bras, juge de Nantes)

Lijour Lucie déportée

Breton Françoise déportée

Bodéré Marie-Jeanne internée

Baudry (agent de liaison) fusillé au Mont-Valérien

Huon frères internés

Thomas Yves: déporté

Fin septembre: 

Tocquet Charles. interné

Louarn Théo. Mort en déportation

Trichard Yves. Tué au combat 

Le Gall Yves. Mort en déportation. 

Le Gall Joseph. Interné

Péron Louis. Interné

Dolliou Charles. Interné

Trolez Jean. Déporté

Bourbigot Jean. Déporté.

Thomas Yves. Mort en déportation

6 octobre:

Le Caignec F.: interné à Compiègne. Evadé en décembre 43

Tous ces camarades firent parti du groupe T.P (Terroristes Partisans) par la suite appelé groupe Lijour, 1er responsable dès 1940 et même avant. Le Lay Alain par la suite.)

 

C'était un coup très dur porté aux T.P et à la Résistance, mais René Lijour avait réussi à s'échapper et à disparaître dans la nature et quelques camarades avaient passé entre les mailles du filet, mais l'organisation était détruite. Pendant quelques mois seule la propagande nazie fonctionna. Remi Nédellec était en contact avec Quimper et les tracts nous parvenaient. Le cheminot François Le Beux du dépôt de Quimper nous en fournissait également. Il nous faisait rire en nous racontant les bons tours qu'il faisait aux nazis, expédiant les wagons qui leur étaient destinés dans les directions les plus insolites. Il devait mourir tragiquement lors d'une attaque de l'aviation anglaise en février 1944.

Une caisse de secours aux familles des déportés et fusillés fut créée et alimentée par des dons en argent et en espèce.

Et bientôt le contact fut rétabli avec René Lijour. Mme Duot qui avait déjà servi d'agente de liaison avant la rafle de septembre 42 reprit du service et assura le contact.

Du coup les choses prirent une autre tournure. Les conseils de René Lijour et ses indications nous permirent d'envisager la reprise du combat armé.

Mais il fallait élargir le combat à d'autres que les communistes et pour cela créer le Front National et sa force militaire les F.T.P.F. Je posai la question à Robert Jan qui avait également fait partie du groupe Lijour et qui quoique en contact avec Le Bris n'avait pas été arrêté. Nous convînmes de la nécessité d'accélérer la réorganisation de la résistance aux Nazis d'autant qu'après Stalingrad, l'espoir était revenu dans la population et le moment favorable pour une telle opération. Je contactai Louis Trichard frère d'Yves Trichard qui devait être tué dans les combats de la Libération.

Ce dernier me conseilla de voir Pierre Le Rose dont il me dit beaucoup de bien. Dans les circonstances de l'occupation et de la clandestinité, il était hasardeux de contacter une personne inconnue sans avoir reçu de solides garanties, aussi je me fis donner l'accord de P. Le Rose pour cette entrevue avec Le Trichard. Au premier contact je sentis tout de suite que ça allait marcher. J'avais eu de la chance, j'avais saisi le bon chaînon. Nous convînmes de la création d'un groupe de Jeunesse communiste et du travail à faire. Il commença sans tarder et tracts et journaux sortirent de notre presse clandestine, une simple pierre humide (ils insistaient sur les problèmes de ravitaillement de la population).  De là devait sortir le journal "L'étincelle" appelant la population à renforcer et soutenir la Résistance.

L'étincelle: journal de la Résistance communiste de Concarneau, Mai 1944- Juin 1944: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose

Des journaux destinés aux jeunes, les appelant à la lutte armée. Celle-ci fut immédiatement envisagée avec les moyens dont nous disposions. Le groupe des 8 jeunes communistes se transforma en commando F.T.P.F. Il y avait là outre P. Le Rose dit Michel ou Pierre Humide, Dédé le Craz dit Fredo, Yves Le Moal dit Losse (à moelle évidemment) et gloire locale actuelle de la gouache et de l'aquarelle. Nous étions arrivés fin 43 et ce groupe où se trouvait également le regretté Henri Joncourt, tué depuis en Algérie, commença ses actions de commando. Au même moment Fanch Caignec faisait son apparition imprudente à mon avis à Concarneau. Il venait de s'évader du camp de Compiègne où il était en instance de départ pour les camps de la mort. Je craignais pour sa sécurité mais la police de Vichy commençait à sentir tourner le vent et ne voulu pas l'inquiéter. Il nous fut d'un grand secours pour le recrutement de nouveaux éléments qui permirent un développement extraordinaire des F.T.P.F. Tout ceci était fait malgré tout avec un maximum de prudence et le cloisonnement était sévère. Nous pratiquions l'organisation en triangle qui nous permit cette fois d'arriver à la Libération sans trop de casse.

Pour René Lijour j'étais Arsène, pour P. Le Rose dit Michel, j'étais Henri flexible, pour le regretté Félix Delorn j'étais Maurer. J'ai souvent souri en le trouvant en conversation avec un jeune, et en l'entendant me parler confidentiellement d'un certain Henri flexible mystérieux et grand mamitou de la résistance. Toute modestie mise à part. 

Puis tout devint plus facile, relativement s'entend. J'eus le contact avec l'état major F.T.P.F du Finistère par Louis Stéphan dit commandant André, prisonnier évadé qui avait repris le combat. Nous nous rencontrions le plus souvent dans la nature, dans le champ d'un fermier ami comme chez Fanch Touchard de Colguen, avec des responsables régionaux. Jacob Quillen assistait parfois à ces entrevues où nous faisions le point sur la situation et étudions l'état et l'organisation de nos forces. André vint également me voir chez moi et sur mon lieu de travail. Le problème qui se posait était l'armement de toutes nos recrues. Les parachutages de Kernabat auxquels participaient nos F.T.P.F ne nous permettaient pas d'équiper les 2 compagnies que nous avions recrutés et la récupération d'armes sur l'ennemi était assez limitée. Ici j'ouvre une parenthèse pour dire que nous avons passé des journées, Félix Delorn et moi, à enregistrer les adhésions à notre mouvement. Pour trouver à chacun un nom de guerre, désigner les chefs de groupe. Félix était passionné pour ce travail. Il avait encore une autre corde précieuse à son arc, il réparait avec art toutes les armes endommagées qu'on lui envoyait. Parfois de la fenêtre de notre PC de la rue de l'Alma nous voyiions passer une patrouille nazie dans la rue des Ecoles que nous dominions. Nous avions quelques alertes de ce genre. 

Un jour de printemps 44, nous fûmes surpris de voir à Concarneau Jos Le Coz qui avait été libéré d'un camp d'internement de la zone Sud. Je vis immédiatement René Lijour qui m'incita à la plus grande prudence, Jos pouvant à son insu servir d'appât pour la Gestapo. Pourtant il pouvait nous être d'une grande utilité connaissant pas mal de monde, de jeunes en particulier. Je gardais le contact avec lui et nous rendit les services qu'on attendait de lui sans que je lui ai révélé les détails de notre organisation. Après tant d'années, avec le recul nécessaire pour juger objectivement la situation en ces temps là, il ne m'en voudra pas de ces "cachotteries".

Dans le courant de 43 lors d'une attaque de l'aviation anglaise contre un convoi nazi ancré sur rade de Concarneau, un gros cargo chargé de matériel militaire de toute sorte avait été touché gravement. Les nazis essayèrent de le remorquer jusqu'à Lorient afin de le réparer, mais il coula dans les parages des Glénans. Nous pensâmes à tirer profit de cette affaire et contactâmes Charlot Le Cras qui, scaphandrier en ce temps là, était chargé par la société qui l'employait de visiter l'épave pour étudier les possibilités de récupération. Il fut convenu que tout ce qui était armement léger serait récupéré par nous, Charlot se faisait fort de nous le procurer. En effet à quelques temps de là il nous prévint que sa mission était accomplie, qu'un lot de mitraillettes et de munitions nous attendait signalé au-dessus de l'épave par une bouée reliée par un filin au paquet d'armes bien arrimé. 

Felix et notre gentil camarade Auguste Le Rose dit "la poitrine" qui possédait un canot se rendirent sur les lieux, trouvèrent la bouée, tentèrent de soulever la charge sans résultat. Ils revinrent plusieurs fois et abandonnèrent devant l'inutilité de leurs efforts. C'était une occasion manquée d'armer nos F.T.P.F dont l'effectif se montait maintenant à deux compagnies. Entre temps, j'eus la visite des responsables régionaux du Parti et des F.T.P.F. Le "père Henri" cheminot du dépôt d'Auray et Leduc, entrepreneur à Plestin-les-Grèves, capitaine F.T.P.F à qui il arriva une aventure invraisemblable. Arrêté par les nazis, ils lui firent un simulacre d'exécution, puis ... le relâchèrent. S'ils avaient su qui ils tenaient entre leurs mains, les choses évidemment auraient tourné autrement. Nos réunions clandestines avec Pierre Le Rose se poursuivaient. Nous discutions outre de l'organisation armée, du contenu de nos journaux polycopiés qui étaient diffusés dans la population. Les actions de commandos inquiétaient et gênaient l'ennemi et ses complices. Vint le 6 juin et le débarquement allié. L'ennemi aux abois, ses lignes de communication coupées à tout instant par la Résistance. Il fallut entrevoir des actions plus larges et transformer la guerilla en insurrection. Les groupes de commandos avaient vécu. Il fallait mettre sur pied de véritables unités militaires. Pierre me posa le problème de l'armement dont nous disposions qui permettait d'équiper une compagnie. Mais vu les effectifs dont nous disposions, c'est deux compagnies que nous aurions dû équiper. Mais nous dûmes limiter nos ambitions au nombre d'armes dont nous disposions. Ainsi naquit la 5ème Cie F.T.P.F du bataillon La Tour d'Auvergne. Le reste des effectifs en réserve fut appelé provisoirement Milice Patriotique, son rôle initial faute d'armes étant destiné au barrage des voies de communications par abattis d'arbres, etc...

Il fallut songer sérieusement à la libération tant attendue. Rétablir la légalité et la démocratie.

Un comité local de libération fut constitué avec à sa tête Alphonse Duot ancien premier adjoint de Pierre Guéguin. Si je m'en souviens bien, les premières réunions eurent lieu à la campagne. Le bois de Kerneac'h vit se dérouler une de nos réunions où nous discutâmes des points d'un programme que nous voulions établir pour l'avenir de Concarneau. Les noms des participants à ces réunions champêtres m'échappent mais je me souviens parfaitement de l'ultime réunion qui eut lieu au Café Lancien des Sables Blancs où le programme fut mis au point et adopté. Il y avait là Alphonse Duot adjoint au maire, futur maire de la Libération, François Herlidan du parti socialiste, Le Bris du parti radical, Julien Larsouneur, syndicaliste et responsable clandestin des syndicats, R.Jan, Felix Delorm, P. Le Rose et moi-même.

(Note d'Alphonse Duot en marge: Le programme attachait une importance particulière à un retour à la légalité républicaine par le moyen de l'insurrection (mise en place du conseil municipal et aux problèmes du ravitaillement - au concours de la population - en opposition aux conceptions gaullistes: Phily; seuls les gens aux brassards dans la rue. Insister sur les efforts pour élargir le CLL et le Conseil Municipal. Les problèmes de l'Union des groupes armées). 

Ceci se passait le dimanche après-midi, 6 août. Le 8 août, Quimper était libéré. Une compagnie F.T.P.F de Concarneau (la 5ème) avait pris part aux combats pour la libération de cette ville.

Le jeudi 10 dans la matinée, si mes souvenirs sont exacts, 2 destroyers prennent position près de la bouée du cochon et se mettent à tirer sur les fortifications allemandes, le port, la ville et ses environs. Dans les rues, c'est l'affolement. Tout se vide en un instant. Je vais aux nouvelles, croisant sur mon chemin Robert directeur de l'hospice qui n'a pas l'air dans son assiette. J'arrive au coin de la rue Bayard et du Boulevard Bougainville suivi par mon oncle Dédèle et Jean Flâtrès. Mal nous en prend. Un des bateaux a dirigé son feu sur nous. Je rebrousse chemin à toute vitesse précédé de Jean Flâtrès. Nous faisons un petit pas de course et nous nous plaquons au sol. Il était temps. Un obus de fort calibre vient d'éborgner le coin de l'usine Azéma et le mur qui lui faisait face dans la rue Bayard. Des éclats volent dans tous les coins. Je sens un choc à la fesse droite. Un éclat miniature m'a touché. Je me retourne, la rue est noire de fumée et sent la poudre. J. Flatrès et moi prenons nos jambes à notre cou et détalons. Mais mon oncle un peu plus haut est blessé; fracture ouverte de la jambe. Il perd du sang en abondance. Nous le transportons chez lui, établissons un garrot et une gouttière faite de planches de barils de rogue. Le Dr Crescence arrive aussitôt et le fait transporter à l'hôpital. Il boitera le reste de sa vie.

Le 12 août, 2 compagnies F.T.P.F, la 3ème et la 5ème, prennent position au nord de Concarneau conjointement avec une compagnie F.F.I de Rosporden commandée par le capitaine Mercier. Le 13 août, le capitaine OTTO, commandant la garnison allemande, décrète l'état de siège et fait placarder un avis selon lequel il incendiera la ville si la Résistance attaque. Des habitants commencent à évacuer. Les troupes nazies sont bloquées. Elles ne peuvent plus s'enfuir que par la mer. Le 16 dans la journée les chars américains arrivent. Ils sont accompagnés d'une ou deux batteries d'artillerie.

Le lendemain matin 17 les chars et l'artillerie bombardent les positions allemandes en ville. Quelques éléments d'infanterie amorcent une attaque soutenue par les chars. Deux Cie F.T.P.F et des éléments de la milice patriotique participent à l'action et pénètrent prudemment en ville ou l'on se bat autour de la Kommandantur. Louis Guillerme, Georges Le Coz, René Rioual détruisent un petit poste aux abords du Q.G allemand. G. Le Coz est blessé par éclats de grenade et nous aurons malheureusement à déplorer la perte de Doumard (?) de la 3e Compagnie tué aux Sables-Blancs. Mais les chars américains se replient et les F.T.P.F sont obligés de décrocher. 

Cette action aura permis malgré tout de faire quelques dizaines de prisonniers et de récupérer du matériel qui va permettre d'équiper la milice patriotique qui devient du coup 7ème Cie F.T.P.F. Des éléments de cette Cie ont attaqué avec les Américains la casemate du quai Est mais se sont également replié.

Quelques jours plus tard, notre agente de liaison Lisette Jaffrézic faisant preuve d'un grand courage ira distribuer aux allemands des tracts les appelant à la reddition.

Elle nous ramènera plusieurs prisonniers. Le 17 toujours à l'issue de la reddition des allemands en position au Dorlett à Kernéac'h et Kéraudron nos hommes ont vite fait de récupérer les armes. La police vichyste qui a abandonné ses (?) mais pas son état d'esprit arrive un peu tard pour le même travail et pour des fins moins patriotiques. Cependant, elle a arrêté Eugène Le Rose qui avait récupéré un fusil mitrailleur. En compagnie de Louis Moalie, de Felix Debour, de Jo Beux, nous tentons de transporter une mitrailleuse lourde et son armement, lorsqu'une patrouille d'agents se jette sur nous.

Les agents Le Doux et Le Grand me mettent un revolver sur la figure menaçant de me descendre si je mets mon projet à exécution. Je leur crie mon indignation et j'ordonne à Moalic d'enlever le ressort récupérateur de l'arme afin qu'elle ne puisse pas servir contre nous. Un camion à cheval qu'ils sont allés chercher emporte une arme qui nous aurait été précieuse. A la lecture d'un rapport de l'époque je précise qu'il y avait plusieurs armes et munitions, une centaine d'allemands s'étant rendu à ces endroits. Quelques heures plus tard en ville où les rues sont désertes nous nous heurteront encore à une patrouille d'agents conduite par le commissaire Jouarnic. Nous leur rappelons les reproches précédents et la même scène honteuse recommence. Le Doux, Le Grand et Trolez me mettent leur revolver sur la figure. Ils sont blêmes de rage et sans l'imminence d'un revirement de la situation j'ai l'impression qu'ils iraient jusqu'au bout de leur geste. Nous rejoignons la Milice Patriotique qui s'organise. Yves Furic en a pris le commandement en l'absence de Felix Delorm qui avait été chargé de cette tâche. Quelques jours plus tard il sera remplacé par Albert Autret de Quimper. Félix et moi-même deviennent ses adjoints. Nous prenons position à la ferme de Kéraudron derrière les talus et la chicane qui barre la route à hauteur du château d'eau. Le fermier nous fait don d'un fusil-mitrailleur et de munitions qu'il a subtilisées. Paul Choisnet et Moalic sont alternativement servants. Je suis pourvoyeur. Quelques rafales partent par ci par là. C'est assez calme.

Et soudain l'enfer fond sur nous. Les Allemands tirent de toutes leurs pièces des obus de tous calibres, fusants et percutants, arrosant Kerneac'h, Kéraudron, Minven où tout le bétail sera anéanti. Cela dure 4 heures. Nous décrochons et remontons le long des talus vers le poteau vert où se trouve notre cantonnement. La 5ème Cie qui était derrière nous fait comme nous et se met à l'abri. Nous n'avons aucune perte ni aucun blessé. C'est miracle. Mais mon mitrailleur qui marche devant moi fusil à l'épaule déclenche malencontreusement la gâchette de son arme. Une rafale s'ensuit passant à quelques centimètres de ma tête. J'en frémis encore. 

Le problème de la subsistance se pose. Henri Serre employé à la Mairie de Beuzec et qui fait partie de notre troupe y pourvoira le premier jour. Ensuite nous nous débrouillerons. Théodore Vidarment se défendra très bien dans son rôle de pourvoyeur de nourriture. Nous sommes plus de 200 à la Cie. 

Le lendemain 18, reddition du capitaine Otto commandant de la place. L'artillerie américaine - il y a une batterie juste aux abords de notre cantonnement - et les chars - ils sont 5 ou 6 - recommencent le bombardement de la ville. Vers 18h, des groupes d'habitants commencent à arriver évacuant Concarneau. Dans la soirée un sérieux bombardement allemand a lieu provoquant des incendies en ville. Cattegrain, Rödel, quelques maisons particulières sont en flammes. Nous regardons navrés ce spectacle. Un appui sérieux des chars nous permettrait d'éviter la destruction de la ville dont les allemands semblent avoir décidé le sort.

Louis Moalic a toujours sur le coeur l'histoire de la mitrailleuse lourde. Profitant de l'évacuation de la population, il se glisse en ville, entre au commissariat revolver au poing, se fait remettre l'arme qu'il charge sur un camion rempli d'évacués. Il la camoufle ainsi que les munitions avec des objets divers. Il est accueilli par les F.T.P.F avec stupéfaction et respect. C'est un beau coup. L'arme servira sur le front de Lorient pendant tout le siège. C'est à cette époque que se situe également la fin d'un individu qui faisait une navette constante entre nos lignes et probablement la Kommandantur. Une balle perdue a mis fin à sa carrière. 

Le 20 les chars et l'artillerie américains se replient. Les F.T.P.F soucieux d'éviter à la ville un sort tragique amorcent une attaque. Tout le bataillon est dans l'affaire, mais l'artillerie nazie se déchaîne clouant les compagnies au sol. Le repli est ordonné. Des patrouilles seront envoyées ici ou là. Quelques accrochages sans dégâts se produiront.

Charly interprète à la Kommandantur nous harcèlera avec un camion équipé de plaques de blindage et sur lequel est monté un canon à tir rapide. Il arrosera sans répit les talus de Kéraudron, de Kernéac'h et de la Maison Blanche. Au cours de ces incursions, Louis Tudal sera grièvement blessé à la cuisse.  

Quatre jours se passent ainsi en escarmouches. Dans la nuit du 24 au 25 de fortes explosions venant de la ville se font entendre. Nous sommes saisis d'angoisse à la pensée que les allemands sont en train de la détruire. Quelques instants plus tard nous subissons un court mais violent bombardement. Puis c'est le silence, à l'aube une patrouille de la 7ème Cie F.T.P.F commandée par le gentil Paul Sabersmann, ukrainien déserteur de l'organisation Todt et audacieux diable, pénètre dans la ville vide de ses habitants. Plus tard nous voyons quelqu'un monter la côte qui mène à nos positions et qui fait de grands gestes des bras. C'est un pompier. Germain Bourdon si je ne m'abuse, mais mes souvenirs sont flous.

Alors c'est la descente en masse sur une route jonchée de débris, les fils à haute tension cisaillés par la mitraille et pendant lamentablement. Nous nous attendions à trouver une ville à moitié en ruines. Apparemment il n'en était rien, mais le port avait souffert. 

Nous primes immédiatement notre cantonnement à l'hôtel de la Mer. Le lendemain avec une voiture de notre Cie, je filai vers une destination connue de moi seul.

René Lijour m'accueillis avec un sourire quand je lui annonçai que l'épreuve était terminée et que je venais le chercher. Il avait attendu longtemps ce moment de joie un peu amère car depuis 2 ans il n'avait plus de nouvelles de sa femme Lucie déportée à Ravensbrück. Ce n'est que beaucoup plus tard qu'il aurait l'occasion de serrer dans ses bras celle qui fut si courageuse au moment décisifs.     

Quelques jours plus tard Concarneau, sa population retrouvée, arborait un air de fête. Les Libérateurs de la ville allaient recevoir un hommage mérité. En défilant avec les camarades de la 7ème Cie F.T.P.F sous les acclamations de la foule en délire, mes pensées allaient à mes camarades de combats, qui levés avant le jour nous avaient montré le chemin de la lutte et l'exemple du sacrifice. Grâce à eux nous connaissions enfin des heures de joie. 

 

Alphonse Duot

ancien responsable du Front National

Adjt au commandant de la 7ème Cie F.T.P.F

    

     

                                   

 

 

  

Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose
Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose
Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose
Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose
Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose
Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose
Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose
Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose
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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 14:38
"Les communistes et la Résistance": un appel d'anciens résistants, membres du PCF, à l'occasion d'un hommage à Venise Gosnat à Concarneau le 12 octobre 1975 au CAC (mémoire de la résistance finistérienne, Archives Pierre Le Rose)
"Les communistes et la Résistance": un appel d'anciens résistants, membres du PCF, à l'occasion d'un hommage à Venise Gosnat à Concarneau le 12 octobre 1975 au CAC (mémoire de la résistance finistérienne, Archives Pierre Le Rose)

 Venise Gosnat fut un des responsables du Parti Communiste, et fut probablement un des acteurs de la relation avec le Komintern. Pendant la guerre, il est inter-régional du PCF clandestin en Bretagne. Il fut longtemps adjoint de l’emblématique maire communiste d’Ivry sur Seine, Georges Maranne, qui fut le premier magistrat de la ville de 1925 à 1965 (à l’exception de la période de la guerre)

Les Communistes et la Résistance! 
(un appel d'anciens résistants, membres du PCF)

Octobre 1975, à Concarneau  

Le dimanche 12 octobre prochain, à partir de 10 heures au Centre des Arts et de la Culture de Concarneau, Georges Gosnat, membre du comité Central du Parti Communiste Français, député d'Ivry-Vitry sera à Concarneau pour présider une Exposition-Vente de livres sur la Résistance. 

Georges Gosnat est le fils de VENISE GOSNAT, l'un des principaux dirigeants communistes clandestins en Bretagne pendant l'occupation. A ce poste, où plusieurs d'entre nous 'ont connu en ces années difficiles, il fallait tenir haut et ferme le drapeau du Parti à la tête de la lutte pour la libération de la France, pour reconquérir l'Indépendance Nationale. 

Un livre de Jean Chaumeil exalte la vie de Venise Gosnat, forgeron, adjoint au maire d'Ivry, le "Vieux Georges" pendant l'Occupation. 

Nous appelons les jeunes, les hommes et les femmes de l'agglomération concarnoise et du Finistère-Sud à assister à la réception avec Georges Gosnat, lui-même résistant, membre communiste des gouvernements d'Union pour l'Indépendance de la France qui suivirent la Libération jusqu'en mai 1947. Notre camarade signera le livre à la mémoire de son père et d'autres livres de souvenirs et d'histoire sur la Résistance. 

Il est bien que Concarneau organise cette manifestation car cette ville a payé un lourd tribu au combat libérateur:

- le 1er fusillé de Bretagne, François Péron de Penmarc'h est tombé dès 1940 dans le bois de Keriolet

- Onze fusillés, deux massacrés, onze morts en déportation, huit résistants tués au combat, parmi lesquels le Maire communiste et conseiller général de Concarneau, le secrétaire de section du Parti, plusieurs jeunes communistes

- Cinquante-et-un tués à la guerre parmi lesquels le conseiller d'arrondissement communiste. 

Concarneau et le Sud-Finistère se souviennent!

Répondez nombreux à cette invitation: venez à Concarneau le 12 octobre.   

 

Signataires:

- Guillaume Bodéré, de Léchiagat

- Yves Bodigou, de Pont-L'Abbé

- Yves Cotty, de Moëlan-sur-Mer, dirigeant clandestin du P.C.F, déporté à Buchenwald de 1943 à 1945

- Yves Faou, de Châteaulin

- Robert Jan, F.T.P, membre du Comité Local de Libération, Conseiller général et conseiller municipal de Concarneau

- Jean-Désiré Larnicol, de Léchiagat, dirigeant clandestin du P.C.F, interné de la Résistance

- Jean Le Berre, dirigeant du PCF dans la clandestinité

- Jean Le Brun, déporté, maire du Guilvinec

- Théo Le Coze, de Quimper, né à Concarneau, dirigeant clandestin du PCF dans les Côtes-du-Nord

- Joseph Le Dantec, membre des JC avant-guerre et dans la clandestinité, F.T.P

- Paul Le Gall, F.T.P, membre du Comité Central du P.C.F, secrétaire de la Fédération du Finistère-Sud

- Michel Le Goff, de Trégunc, militant clandestin du P.C.F, F.T.P

- Louis Le Quillec, de Concarneau, Président du Comité de Libération de La Feuillée, beau-frère de Jean Garnier, communiste fusillé en Ille-et-Vilaine

- Pierre Le Rose, dirigeant du P.C.F et des J.C en 1943-1944, F.T.P, membre du comité départemental de Libération

- Christophe Poulichet, de Scaër, maire et Conseiller Général

- Pierre Salaün, de Scaër, interné à Châteaubriant et Vanves

- Daniel Trellu, de Bénodet, lieutenant-colonel Chevalier dans les F.T.P 

  

Archives Pierre Le Rose/ PCF 29 

 

Congrès du PCF à Strasbourg en 1947: au premier rang à gauche, Daniel Trellu, Pierre Le Rose, deux places après avec Marie Lambert, résistante et députée communiste du Finistère à la Libération (photo Pierre Le Rose, Archives Pierre le Rose - PCF 29)

Congrès du PCF à Strasbourg en 1947: au premier rang à gauche, Daniel Trellu, Pierre Le Rose, deux places après avec Marie Lambert, résistante et députée communiste du Finistère à la Libération (photo Pierre Le Rose, Archives Pierre le Rose - PCF 29)

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 08:05
"C'était 1936 - Le Front Populaire en Bretagne" - un livre collectif à acquérir de toute urgence! (Le Télégramme, 16 décembre 2016)

Alain Le Moigne et Jean-Paul Sénéchal, du collectif d'historiens auteurs de « C'était 1936, le Front populaire vu de Bretagne » (336 pages, 20 €).  Jean-Paul Sénéchal, syndicaliste chercheur, écrit aussi actuellement son propre livre sur le Front populaire dans le Finistère. Il paraîtra aux Presses universitaires de Rennes au printemps.

 

Le Télégramme : « C'était 1936, le Front populaire ». Un livre le décrypte en Bretagne

Publié le 16 décembre 2016

Le Front populaire est très présent dans la mémoire collective, mais ses 80 ans ont généré peu d'écrits. Un collectif d'une dizaine d'historiens publie « C'était 1936, le Front populaire vu de Bretagne » (Goater).

« S'il y a un élan général vers la gauche et des idées progressistes en France en 1936, la Bretagne reste, quant à elle, une terre globalement conservatrice, rurale, à l'écart de l'industrialisation, avec quelques nuances, avec un poids du syndicalisme agricole et de l'Église assez fort. Il y a très peu de grèves en Bretagne en 1936 », expose le Cornouaillais Jean-Paul Sénéchal. Ce docteur en histoire a soutenu, fin 2015, une thèse sur l'impact du Front populaire dans le Finistère. Il fait partie des historiens chercheurs auteurs de l'ouvrage collectif « C'était 1936, le Front populaire vu de Bretagne » (Goater), publié en novembre, sous la direction d'Erwan Le Gall et François Prigent. 

Bleue, rouge et blanche


« Espace pluriel, entre Haute et Basse Bretagne, Bretagne bleue, rouge et blanche, la péninsule armoricaine témoigne de ce que le Front populaire ne concerne pas que les grands centres ouvriers tels que Brest ou Lorient mais traverse des milieux aussi divers que les campagnes du Trégor ou les anciens combattants en Ille-et-Vilaine », décrivent ces deux derniers, à propos de la Bretagne du milieu des années 1930. À distance des images symboliques du Front populaire, entre grèves et congés payés, ce volume, à la fois très documenté, circonstancié et accessible, livre, en 336 pages, un point sur l'état des connaissances, apporte un regard pluriel sur la Bretagne de l'époque. Des focales locales viennent ainsi illustrer une approche régionale du sujet.
 
 
Il y est, par exemple, question des luttes hégémoniques, front contre blocs, dans le Finistère (Jean-Paul Sénéchal), du « Morbihan contre le Front populaire ? (Yves-Marie Evanno), des luttes sociales sur la Côte d'Émeraude (Daniel Bouffort) ou dans les teillages de lin du Trégor (Alain Prigent), des luttes antifascistes dans les Côtes du Nord (François Prigent), du poids électoral des Anciens combattants en Ille-et-Vilaine (Erwan Le Gall) ou des Bretons de Saint-Denis contre Jacques Doriot (Thomas Perrono), de l'invention d'un nouveau marché touristique, avec les congés payés (Johan Vincent). De son côté, le docteur en histoire Alain Le Moigne s'intéresse à la grève du 30 novembre 1938 à Brest. « La fin des illusions », émet-il. « S'il n'a pas eu de mobilisation à l'arsenal de Brest deux ans plus tôt en 1936, c'est sans doute parce qu'il y avait eu la grève d'août 1935, durement réprimée avec trois morts et des dizaines de blessés. Et que dans le cadre de négociations avec l'État, les 40 heures et trois semaines de congés payés y étaient déjà acquises », éclaire-t-il. 

Novembre 1938, le fiasco


« Mais lorsque Paul Reynaud revient sur les 40 heures en 1938, la CGT entame une grève dans les services publics. À Brest, il n'y a que 5.000 à 6.000 grévistes, c'est un fiasco. Dans le même temps, quand on lit " Le Courrier du Finistère " de l'époque, il y a carrément un appel de la CFTC à discréditer la CGT, elle-même exposée à une scission interne, qui va effectivement perdre de l'influence, s'effondrer », rappelle Alain Le Moigne. « Il faut dire que les années 1930 marquent un tournant en Bretagne avec l'émergence des mouvements spécialisés de l'Église catholique (Jac, Joc) qui accompagne la montée de la CFTC, véritable syndicat de l'Église catholique. Sur le plan politique, c'est le développement de la démocratie chrétienne et le début de la disparition du radicalisme : la SFIO ouvrière devient plus une SFIO d'élus, de cadres », complète Jean-Paul Sénéchal.

© Le Télégramme

Et la table des matières du livre, envoyée par Jean-Paul Sénéchal, qui donne toute la mesure de la richesse de contenu de ce livre d'histoire à offrir pendant les fêtes: 

Introduction : Pourquoi le Front populaire en 2016 ? 

Par Erwan Le Gall et François Prigent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

Espaces . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

Le Front Populaire en Bretagne, une mise en perspective 

Par Christian Bougeard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

Front contre blocs : Luttes hégémoniques dans le Finistère au moment du Front populaire 

Par Jean-Paul Sénéchal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56

Le Morbihan contre le Front Populaire ? 

Par Yves-Marie Evanno . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78

Conflits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102

Les luttes sociales sur la côte d’Emeraude au temps du Front populaire 

Par Daniel Bouffort . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  108

Un mai de combat ! La presse socialiste en Bretagne et le moment 1936 

Par Alban Bargain-Villéger . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .132

La grève du 30 novembre 1938 à Brest ou la fin des illusions 

Par Alain Le Moigne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152

Le lin de colère au pays de Saint Yves. Les luttes sociales dans les teillages de lin du Trégor (octobre 1936-mars 1937) 

Par Alain Prigent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .176

Milieux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202

Les luttes antifascistes dans les Côtes-du-Nord (1932-1936). A la recherche de l’unité, mouvement Amsterdam-Pleyel et comités paysans 

Par François Prigent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206

Bretagne et congés payés. 1936, l’invention d’un nouveau marché touristique ? 

Par Johan Vincent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  236

Unis comme au Front (populaire) ? Les anciens combattants d’Ille-et-Vilaine et le scrutin du printemps 1936 

Par Erwan Le Gall . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  256

Les Bretons de Saint-Denis : acteurs du Front populaire contre Jacques Doriot 

Par Thomas Perrono . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .286

Conclusion : Nouvelles perspectives pour le moment 1936 

Par Erwan Le Gall et François Prigent . . . . . . . . . . . . . . . . . 309

Orientations bibliographiques . . . . . . . . . . . . . . . . 325

Alain Le Moigne et Jean-Paul Sénéchal, du collectif d'historiens auteurs de « C'était 1936, le Front populaire vu de Bretagne » (336 pages, 20 €).

Alain Le Moigne et Jean-Paul Sénéchal, du collectif d'historiens auteurs de « C'était 1936, le Front populaire vu de Bretagne » (336 pages, 20 €).

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 07:23
Esteban Murla. Le dernier des réfugiés

Publié le 16 décembre - Sophie Prévost, Le Télégramme

 Capture d'écran.

Il est arrivé en train à Morlaix, avec sa mère et sept de ses frères et soeurs, durant l'été 1939. Esteban Murla avait quatre ans et ne parlait que l'espagnol. Fuyant la guerre civile et Franco, sa famille n'est jamais repartie vers la Catalogne. Soixante-dix-huit ans plus tard, le Plouganiste âgé de 82 ans est le dernier survivant de cette génération de réfugiés, qui se sont intégrés dans le pays de Morlaix.

Ses amis le surnomment « Popeye ». Du Trégorois, il a l'accent, la casquette et même la langue. « Je parle mieux breton que ma femme Simone, qui est pourtant née ici ! », s'amuse volontiers le vieux monsieur. Esteban Murla vit à Plougasnou. Bien loin du village de San Esteban de Bas, où il est né, il y a quatre-vingt-deux ans, en Espagne. À plus de 1.000 kilomètres du Finistère. Comme ces réfugiés syriens arrivés en novembre au Cloître-Saint-Thégonnec, rien ne le prédisposait à mettre le cap à l'Ouest, un beau jour de 1939. Si ce n'est la guerre civile espagnole (démarrée quelques mois plus tôt et qui se terminera en 1941, NDLR), la peur du général Franco et un mouvement de fuite qui a largement dépassé l'enfant de quatre ans qu'il était à l'époque.

« C'était quasi le terminus »

« Nous sommes arrivés pendant l'été 1939 à Morlaix, avec ma maman Dolorès et sept de mes frères et soeurs. On a voyagé en train depuis la frontière espagnole. C'était quasi le terminus. Mon papa, Luis, n'était pas avec nous. Il avait été fait prisonnier par les Franquistes, on n'avait plus de ses nouvelles. Il travaillait la terre, était maire de son village et s'était rangé du côté des Républicains. Une autre de mes soeurs, Henriette, a préféré rester avec sa marraine en Espagne. Elle y vit toujours aujourd'hui. Nous sommes les deux seuls survivants de la fratrie ». Arrivés dans la Cité du viaduc, aux côtés de 250 autres familles espagnoles, les Murla seront d'abord accueillis et secondés par les Jeunesses communistes, à la Maison du peuple. Avant d'être orientés vers la colonie EDF, à Plougasnou. « Je ne me souviens évidemment plus de tous les détails, j'étais trop jeune. Mais mes parents nous en ont souvent reparlé ensuite », raconte Esteban. Ce dont il se rappelle, c'est qu'ils n'avaient rien sur le dos. « Quand on a débarqué d'Espagne, on était tout nus ! Tous les gens ont été très gentils avec nous. À Plougasnou, on vivait tous dans la même pièce. Des habitants nous ont apporté des vêtements et de la nourriture ».

« J'ai quitté l'école à dix ans »

Toujours sans nouvelles du papa, la mère de famille Dolorès et ses enfants (alors âgés de quatre mois à 10 ans) s'installera ensuite dans une vieille maison, quartier de Kerenot. Jusqu'au retour de Luis en 1942. « C'est le député de l'époque, le Saint-Jeannais Jean-Marie Masson, qui a remué ciel et terre pour le localiser. Mon futur beau-père s'était échappé d'un camp et travaillait comme saisonnier dans le sud de la France », raconte à son tour Simone Murla, 75 ans. Luis et Dolorès Murla referont alors leur vie en Bretagne. « On allait pêcher les coques et les bigorneaux au Diben. On a dû travailler dur pour s'en sortir. Mes grands frères sont d'abord partis en Normandie, enrôlés pour le Service du travail obligatoire (STO), en 1943. Moi, il a fallu que je quitte l'école à dix ans. C'était ça, ou on n'aurait pas à manger, nous disait mon père ».

« Tout aussi français que moi »

Comme ses frères et soeurs arrivés dans le Finistère, Esteban a fait sa vie en Bretagne. « On s'est tous mariés ici, on a eu des enfants ici, on a travaillé ici ». Pour Simone, épousée il y a 56 ans, « Esteban est aujourd'hui tout aussi français que moi ». Sa naturalisation, le Plouganiste devenu maçon l'a obtenue à Guingamp, en 1968. L'Espagne, il ne la reverra d'ailleurs que très tard. « C'était en 2001, après la retraite de ma femme. J'ai été ému que l'on me parle de ma famille, mais je me suis senti à l'étranger », témoigne l'octogénaire.

« À chaque fois, il pleure »

Ses parents, Luis et Dolorès, sont décédés à Plougasnou en 1972 et 1976. « Ils n'ont, eux, jamais remis un pied là-bas. Ils avaient trop peur de Franco, vous savez... ». Esteban et Simone Murla sont retournés quatre fois en Catalogne. Une fois par mois, Esteban, qui n'a appris l'espagnol à aucun de ses quatre enfants, s'assied à côté de ses orchidées. Il appelle sa soeur restée en Espagne au téléphone. C'est le seul moment où sa langue natale lui revient. « Et à chaque fois, il pleure », termine Simone.

http://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/esteban-murla-le-dernier-des-refugies-16-12-2016-11333735.php

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 06:26

Hervé Cloarec est décédé la semaine dernière à 96 ans. C'était un ancien résistant FTP dans le centre-Finistère. Yves Mazo lui a rendu un hommage qui nous a été transmis en revenant sur les faits d'armes d'Hervé Cloarec dans la résistance:  

 

 Hervé CLOAREC est né le 1 avril 1921 à Plonévez- du-Faou. Habitant au lieu-dit « St Herbot » entre Loqueffret et Plonévez-du-Faou, il a reçut une convocation pour partir en Allemagne (STO). Ayant entendu l’appel du Général de Gaulle, le 18 juin 1940, il n’avait d’autres  choix que de rentrer dans la clandestinité avec d’autres jeunes de sa connaissance. Des réunions se tenaient près de chez lui dans la forêt de Rusquec et deux personnes, déjà engagées dans la compagnie FTPF Bir-Hakeim, lui ont donné la marche à suivre. Il avait 22 ans.

               Son parcours de clandestin a débuté à ce moment ; être disponible 24 heures sur 24, être discret pour ne pas attirer l’attention des allemands, de la milice ou des collaborateurs. Il a participé, alors qu’il n’avait comme arme qu’un pistolet non chargé de la 1ère guerre 14-18, a des sabotages de pylônes électriques alimentant le lieu de chargement des batteries des sous-marins allemands dans la centrale voisine. Cette usine hydro-électrique se trouvait sur la commune de Locquéfret au lieu-dit « Cascade de St Herbot », rivière Ellez.

             La solidarité paysanne permettait aux maquisards de se nourrir. Leurs déplacements en vélo par équipe de quatre leur  assuraient une relative autonomie lors des  missions de repérage, de sabotages. Mais un jour, le 2 juillet 44,  ils ont été  surpris par des militaires allemands. Un seul d’entre-eux portait une arme : un pistolet. Il a été immédiatement abattu. Le groupe a été conduit  à la Kommandantur de Châteaulin pour être interrogé. Ils ont connu les sinistres méthodes d’interrogatoire. Hervé en a gardé des séquelles encore aujourd’hui mais aucun d’eux n’a parlé.

             Hervé a été  condamné à mort ; sa famille a été contactée pour que lui soit apporté des vêtements  propres. La saleté, le sang collaient aux plaies et il a été difficile d’arracher ses effets souillés. Il a connu la prison St Charles où les prisonniers  étaient enfermés très à l’étroit, à six par cellule. Les coups de matraques pleuvaient sans raison lorsqu’ils faisaient appel  aux  geôliers. La Croix-Rouge l’a sauvé en le retirant d’un service hospitalier où il était soigné pour des graves complications. Il a pu retrouver les siens à la ferme et reprendre une vie normale.

          Dix jours après, il reprenait les armes pour libérer la poche de Lorient où allemands et américains se combattaient férocement. Les régiments de maquisards participaient à cette offensive avec l’armement fourni par l’armée américaine.

          Les allemands ont capitulé ; Hervé et ses camarades ont continué les  combats de libération de la Bretagne. Sa participation a été homologuée de juillet 43 à fin août 44. Il a été renvoyé dans ses foyers en octobre 44.

        «  J’ai ensuite rejoint Paris pour travailler dans les transports ».

        La Légion d’Honneur lui a été remise en avril  2015, soixante dix ans plus tard.

        Hervé a gardé des contacts étroits avec ses camarades de la Résistance et ils  pouvaient ainsi évoquer leurs camarades disparus. Certains résistants ont pu délivrer le message du Conseil National de la Résistance à  la jeunesse, invités par les enseignants lors de la préparation du Concours Départemental de la Déportation et de la Résistance.

         

Yves Mazo

 

 

Voir aussi cet article du Télégramme daté du 7 mai 2015 (édition Châteaulin) avec une interview d'Hervé Cloarec: 

 

Résistance. Hervé Cloarec se souvient

 

Résistant durant la Seconde Guerre mondiale dans le secteur de Châteaulin, Hervé Cloarec sera élevé au grade de Chevalier de la Légion d'honneur, demain, à Brest. Installé à Guipavas depuis 1970, il est retraité du transport. À 94 ans, l'homme fait preuve d'une lucidité étonnante et d'une modestie qui force le respect. 



Comment êtes-vous entré en résistance ? 
À l'époque, je vivais avec un de mes trois frères chez mes parents, à Saint-Herbot, près de Plonévez-du-Faou. J'étais célibataire, je travaillais à la ferme familiale après avoir passé le Certificat d'études. La France étant occupée, j'avais reçu une convocation pour partir en Allemagne, à Dresde, pour travailler en usine. Je ne souhaitais pas y aller mais plutôt répondre à l'appel du Général De Gaulle. De bouche à oreille, il se disait qu'il y avait des réunions dans la forêt de Rusquec, à Loqueffret. C'est là que j'ai rencontré deux personnes qui faisaient partie de la Compagnie « Bir Hakeim ». Elles m'ont donné la marche à suivre et demandé d'être disponible 24 heures sur 24. Plusieurs autres jeunes du coin ont rejoint le maquis et ont intégré cette compagnie. 

Comment ça se déroulait ?
Nous n'avions aucune notion de combat et n'étions pas armés. Je possédais un pistolet 6.35 que mon père avait gardé de la guerre 14-18, mais il n'était pas chargé. Parfois, nous récupérions du matériel caché dans une maison abandonnée. Ce matériel servait par exemple à détruire des pylônes électriques qui alimentaient les lieux de chargement des batteries des sous-marins allemands. Nous nous déplacions à vélo et en équipes de quatre. En parallèle, la vie suivait son cours, nous ne manquions pas de nourriture à la ferme, organisions des fêtes, des bals, des bons gueuletons... 

Avez-vous des souvenirs de répression, d'arrestation ? 
Un jour, alors que nous étions en mission, un groupe d'Allemands nous a surpris et immédiatement menacé avec leurs fusils. Je pense que ce jour-là, j'ai « vu la mort avant d'être vivant ». D'ailleurs, les Allemands ont rafalé et un de mes camarades, qui avait sorti son arme, a été abattu sur le champ alors que nous étions contre un talus. Il s'est effondré dans mes bras... Moi et mes deux camarades sentions que notre dernière heure arrivait. Les Allemands se sont mis à parlementer et ont finalement décidé de nous emmener, menottés, à la Kommandantur de Châteaulin pour nous interroger. 

Quelles étaient les conditions d'incarcération ?
À Châteaulin, on nous a fait descendre dans une cave et nous sommes restés longtemps dans le noir sur des lits en fer, une main et un pied attachés. Ensuite est venu le moment des interrogatoires et forcément des tortures car nous ne parlions pas. Dans une autre salle, on nous assénait des coups de matraque ou des coups de marteaux sur les doigts. J'en ai encore des séquelles. On a tenté de m'arracher un ongle, en vain. 

Comment s'est déroulée votre libération ? 
J'ai été condamné à mort. Ma famille a été contactée afin que des chemises propres me soient apportées. C'est ma belle-soeur Anna Crenn (toujours en vie et qui habite Concarneau) qui est venue. Il a été très difficile d'ôter mes effets qui étaient collés à ma peau par le mélange de saleté et de sang. Je lui en serai toujours reconnaissant... J'ai ensuite été conduit à la prison Saint-Charles de Quimper. Nous étions six dans une cellule pour quatre. Au milieu de la pièce, un seau servait aux occupants, vous devinez pourquoi... Quand j'étais chargé de le vider, je me souviens encore des coups de matraque. Quelques jours plus tard, j'ai été transféré à l'hôpital Laennec où j'ai eu la chance que la Croix-Rouge me trouve et me libère. On m'a amené à Briec dans une école puis j'ai refait un séjour à l'hôpital avant de pouvoir rentrer chez moi. Dix jours plus tard je repartais en mission ! Il s'agissait cette fois-ci de participer à la libération de la poche de Crozon. Nous n'étions pas toujours au courant de ce qu'il se passait jusqu'à la capitulation des Allemands et leur retrait. Il faut vous dire que nous étions tout de même à part dans notre campagne ! 

70 ans plus tard, la Légion d'honneur, ça représente quelque chose ? 
Avant qu'on me contacte pour cette cérémonie, je ne pensais plus à ça franchement... Il est bien tard je trouve, mais j'y vois tout de même un signe de reconnaissance et je réponds volontiers à qui veut entendre.
© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/finistere/chateaulin/resistance-herve-cloarec-se-souvient-07-05-2015-10620086.php#qP8YVzZEiVsfk083.99

Hervé Cloarec en 2015

Hervé Cloarec en 2015

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 06:08
15 décembre 1941: Gabriel Péri et Lucien Sampaix liquidés par les nazis avec la complicité du gouvernement de Vichy

A partir de 1930, Maurice Thorez devient secrétaire général du Parti Communiste. Cachin défend avec lui la ligne du Front Unique, du Front Populaire contre les forces de la bourgeoisie et le fascisme montant. A cette époque, les communistes étaient « unitaires pour deux » (Maurice Thorez), L'Humanité, avec une diffusion de 430 000 exemplaires, était le journal politique le plus lu en France.

L'Humanité est supprimée par le gouvernement Daladier en 1939 suite au pacte de non agression germano-soviétique. Gabriel Péri, chef de la rubrique de politique étrangère à l'Humanité, est fusillé en décembre 1941.

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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 07:03
Rien de plus vrai! Marx le disait déjà: "l'armée de réserve du capitalisme, ce sont les chômeurs"

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