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7 décembre 2021 2 07 /12 /décembre /2021 06:42
Disparition. Rabhi, l’écologie spiritualiste et individualiste - par Jean-Baptiste Malet, L'Humanité, 6 décembre 2021
Disparition. Rabhi, l’écologie spiritualiste et individualiste
 
Lundi 6 Décembre 2021
 
Jean-Baptiste Malet
 
Saint laïc idolâtré par les libéraux, le fondateur des Colibris a su mobiliser l’imaginaire du paradis perdu et en faire un produit de consommation de masse. Il est mort à 83 ans.
 
En se répétant presque mot pour mot d’une apparition médiatique à une autre, Pierre Rabhi a ciselé durant plus d’un demi-siècle un récit autobiographique qui tient lieu à la fois de produit de consommation de masse et de manifeste articulé autour d’un choix personnel effectué en 1960 : celui d’un « retour à la terre ». Il est mort, samedi, à l’âge de 83 ans. Ses ouvrages centrés sur sa personne, ses centaines de discours et d’entretiens qui, tous, racontent sa vie ont abouti à ce résultat singulier : cet homme qui parlait continuellement de lui-même a incarné aux yeux de ses admirateurs et des journalistes la modestie et le sens des limites.
 
Né en 1938 à Kenadsa (région de Saoura), en Algérie, Rabah Rabhi perd sa mère vers l’âge de 4 ans et se retrouve dans une famille d’adoption, un couple de colons formé d’une institutrice et d’un ingénieur qui lui donne une éducation occidentale et bourgeoise. Fervent catholique, il adopte à 17 ans son nom de baptême, Pierre. Pendant la guerre d’Algérie, raconte-t-il, « (le) voici brandissant (son) petit drapeau par la fenêtre de la voiture qui processionne dans la ville en donnant de l’avertisseur : “Al-gé-rie-fran-çai-se” ».
 
Il gagne Paris à la fin des années 1950 et travaille chez un constructeur de machines agricoles dans les Hauts-de-Seine. Pierre Rabhi ne supporte ni la violence du monde industriel, ni les discours des syndicalistes de l’époque en faveur de la lutte des classes. Grâce au docteur Pierre Richard, ancien instructeur d’un chantier de la jeunesse près des mines de Villemagne (Gard), Pierre Rabhi rejoint, en Ardèche, une petite communauté de catholiques conservateurs plus âgés que lui et profondément influencés par le ruralisme du régime de Vichy. Il y fait la connaissance déterminante d’un écrivain d’extrême droite : Gustave Thibon. Entre le jeune néorural et le penseur conservateur se noue une relation qui durera jusqu’aux années 1990. Simultanément, Pierre Rabhi adopte les techniques agricoles pseudo-scientifiques de la biodynamie, puis débute une activité de conférencier dans les milieux tiers-mondistes.
 
Éloge de la pauvreté
 
Au cours des décennies suivantes, le fondateur du mouvement Colibris publie une trentaine d’ouvrages dont les ventes cumulées s’élèvent à 1,2 million d’exemplaires. Il dénonce les « excès de la finance », la « marchandisation du vivant » et l’opulence des puissants, mais ne prône comme solution qu’un retrait du monde, une ascèse intime, et se garde de mettre en cause les structures de pouvoir. Dans le Recours à la terre (éditions Terre du ciel, 1995), Pierre Rabhi fait l’éloge de la pauvreté, « le contraire de la misère » ; il la présente dans les années 1990 comme une « valeur de bien-être ». Quelques années plus tard, ce parti pris se muera en une exaltation de la « sobriété heureuse », expression bien faite pour cacher un projet où même la protection sociale semble un luxe répréhensible : « Beaucoup de gens bénéficient du secourisme social, a affirmé Pierre Rabhi. Mais, pour pouvoir secourir de plus en plus de gens, il faut produire des richesses. Va-t-on pouvoir l’ assumer longtemps ? »
 
Au cœur d’une société française en proie à un capitalisme destructeur et sans âme, le discours de Pierre Rabhi parvient à réconcilier grande distribution et sollicitude environnementale, grandes fortunes et spiritualité ascétique. En 2009, Pierre Rabhi participe à l’université d’été du Medef, puis rencontre des dirigeants de grandes entreprises comme Veolia, HSBC, General Electric, ainsi que le milliardaire Jacques-Antoine Granjon, le directeur général puis PDG du groupe Danone de 2014 à 2021 Emmanuel Faber et Jean-Pierre Petit, dirigeant de McDonald’s.
 
« En perdant Pierre Rabhi, la vie perd un de ses plus merveilleux avocats », a écrit Jacques Attali, à l’unisson sur ce point avec des figures politiques issues des rangs de la droite, de LaREM, du PS et d’EELV. En observant la procession de libéraux bigarrés pressés de rendre un dernier hommage à un auteur conservateur, d’aucuns songeront plutôt que, grâce à Pierre Rabhi, les analyses de Karl Marx à propos du rôle de la religion dans les sociétés industrielles n’ont jamais semblé si perspicaces.
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7 décembre 2021 2 07 /12 /décembre /2021 06:38
Eric Guellec, adjoint communiste aux Anciens Combattants à Brest, rend hommage au Mont Valérien aux 11 fusillés brestois du groupe de résistance Elie

ll y a 80 ans, en décembre 1941, Onze brestois étaient fusillés au Mémorial du Mont-Valérien pour actes de #Résistance. Ce jour, la ville de Brest leur rend hommage par la présence d'Éric Guellec qui a déposé une gerbe de fleurs, là où leurs vies se sont achevées. 🇫🇷

Pour en savoir plus sur le groupe Élie et la cérémonie à Brest du vendredi 10 décembre 2021: https://www.resistance-brest.net/evenement13.html

Gildas Priol

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7 décembre 2021 2 07 /12 /décembre /2021 06:31
15 décembre 1941 : 69 fusillés au Mont-Valérien - Bernard Fréderick, L'Humanité, 4 décembre 2021
15 décembre 1941 : 69 fusillés au Mont-Valérien
Samedi 4 Décembre 2021

Jamais la France occupée n’avait connu un tel carnage. À l’été, les communistes sont passés à la lutte armée ; depuis, la répression allemande s’abat sans mesure.

 

Dans le « carré national » du cimetière de Neuilly-sur-Seine se trouvent 12 tombes. Ce sont celles de 12 des 69 fusillés du Mont-Valérien, le 15 décembre 1941. Ce jour-là, 95 otages furent passés par les armes en France : 69 au Mont-Valérien, 13 à Caen, 9 à la Blisière, près de Châteaubriant, 4 à Fontevraud.

« Politique des otages »

À Neuilly, 9 tombes sont anonymes. Sur les 3 autres, des noms sont inscrits : ceux de Gabriel Bigot, Maïer Zauberman, émigré juif polonais, François Carcedo, un responsable de l’Université ouvrière, proche du PCF. Tous les trois sont communistes, comme ceux qui tomberont le même jour. Lucien Sampaix, journaliste et secrétaire général de « l’Humanité », à Caen ; Gabriel Péri, député d’Argenteuil et éminent rédacteur de politique internationale à « l’Humanité » ; Israël Bursztyn, journaliste également et administrateur du quotidien communiste en yiddish « Naïe Presse » (la Presse nouvelle).

La veille de cette fusillade, la plus massive depuis le début de l’Occupation et de la mise en œuvre, en août 1941, de « la politique des otages », le 14 décembre, Otto von Stülpnagel, le chef du Militärbefehlshaber in Frankreich (MBF, commandement militaire allemand en France, installé à l’hôtel Majestic à Paris), a fait placarder sur les murs un « avis » :

Icon QuoteCes dernières semaines, des attentats à la dynamite et au revolver ont de nouveau été commis contre des membres de l’Armée allemande. Ces attentats ont pour auteurs des éléments, parfois même jeunes, à la solde des Anglo-Saxons, des juifs et des bolcheviques et agissant selon les mots d’ordre infâmes de ceux-ci. Des soldats allemands ont été assassinés dans le dos et blessés. En aucun cas, les assassins n’ont été arrêtés.

Pour frapper les véritables auteurs de ces lâches attentats, j’ai ordonné l’exécution immédiate des mesures suivantes :

I. Une amende d’un milliard de francs est imposée aux juifs des territoires français occupés ;

II. Un grand nombre d’éléments criminels judéo-bolcheviques seront déportés aux travaux forcés à l’Est. Outre les mesures qui me paraissent nécessaires selon le cas, d’autres déportations seront envisagées sur une grande échelle si de nouveaux attentats venaient à être commis ;

III. Cent juifs, communistes et anarchistes, qui ont des rapports certains avec les auteurs des attentats, seront fusillés » (1).

Exécutions collectives

Les fusillades du 15 décembre 1941, si elles étaient nouvelles par leur ampleur et par leurs « innovations », comme on le verra, prenaient la suite d’un cortège déjà assez conséquent d’exécutions collectives d’otages. Le 6 septembre 1941, 3 au Mont-Valérien ; 5 à Lille, le 15 septembre et 20, le 26 septembre ; 27 à ­Châteaubriant le 22 octobre, 16 à Nantes et 5 au Mont-Valérien, le même jour ; 50 otages au camp de Souge, le 24 octobre.

Au total, d’après le dictionnaire des fusillés  du « Maitron » (2), sur les 243 otages qui tombèrent de septembre à décembre 1941, on recense 154 communistes non juifs, 56 juifs, dont une majorité de communistes, 17 considérés comme gaullistes, 4 reconnus coupables de violences contre des soldats, 5 pour détention illégale d’armes.

Dès le 15 août 1941, plusieurs jours avant que Pierre Georges, le futur Colonel Fabien, n’exécute au métro Barbès un officier allemand, le MBF avait menacé de la peine capitale tous ceux qui se rendraient coupables de « menées communistes ». Comme le note l’historienne Gaël Eismann, membre du conseil scientifique du Mémorial de Caen, « si on ne néglige aucune facette de la politique répressive conduite sous l’autorité du MBF, il apparaît que le processus de radicalisation de la répression allemande en France occupée ainsi que son orientation politico-raciste se sont manifestés très nettement avant la vague d’attentats individuels inaugurée, le 21 août 1941, par l’assassinat de l’aspirant de marine Moser et, à bien des égards, avant même le déclenchement encore hésitant de la lutte armée communiste au début du mois de juillet 1941 » (3).

À partir de juillet 1941, les Allemands procèdent à des milliers d’arrestations de communistes dans toute l’Europe occupée. En France, l’« ­Aktion ­Theoderich » conduit à l’internement de plus de 1 000 militants. Le 19 août, sur ordre du MBF, les affaires relatives aux « menées communistes » sont transférées aux tribunaux militaires allemands. Le 13 août, une manifestation avait eu lieu à la station de métro parisienne Strasbourg-Saint-Denis, à l’initiative des Jeunes communistes ; deux d’entre eux, arrêtés sur les Grands Boulevards, allaient être fusillés 19 août, à la Vallée-aux-Loups à Châtenay-Malabry : Samuel Tyszelman et Henri Gautherot.

À la demande d'Hitler

De juin 1940 à l’été 1941, on comptait 50 fusillés après condamnation à mort. L’été 1941 marquait un tournant. Les Allemands allaient se passer de la justice, même caricaturale, derrière laquelle ils se retranchaient pour réprimer en dehors de tout cadre légal. Le MBF annonce « qu’à partir du 23 août, tous les Français mis en état d’arrestation, que ce soit par les autorités allemandes en France, ou qui sont arrêtés par les Français pour les Allemands, sont considérés comme otages. En cas de nouvel acte, un nombre d’otages, correspondant à la gravité de l’acte commis, sera fusillé. (…) Pour le choix des personnes dont l’exécution est proposée, il y a lieu de veiller qu’elles appartiennent (sic), autant que possible, à l’entourage des auteurs identifiés ou présumés des attentats » (4).

Le 16 septembre, à la demande d’Hitler, le ­Generalfeldmarschall Wilhelm Keitel, chef du Haut Commandement militaire allemand (OKW, l’organe de commandement suprême des forces armées allemandes) fixe par décret le ratio à 50 ou 100 communistes exécutés pour un soldat allemand tué. En France, les règles sont fixées le 28 septembre par Otto von Stülpnagel dans un « Code des otages ».

« Des juifs communistes connus »

Les critères de sélection sont simplissimes : les communistes. Pour la première fois, en décembre 1941, on y ajoute les juifs, en précisant cependant, comme le fait lors d’une réunion le major Crome, en octobre 1941, « des juifs, et parmi eux essentiellement des juifs communistes connus » (5). Et ce sera le cas, puisque, sur les 53 détenus juifs extraits du camp de Drancy pour être fusillés au Mont-Valérien le 15 décembre 1941, la grande majorité (6) sont des militants communistes, membres pour certains de l’Organisation spéciale (OS), des Bataillons de la jeunesse ou de la section juive du PCF clandestine ou anciens des ­Brigades en Espagne, comme le jeune médecin de la Pitié-­Salpêtrière Alje Zajdorf.

Dans l’esprit des Allemands, les exécutions d’otages devaient à la fois faire peur et soulever l’indignation des Français face aux « crimes » de « judéo-bolcheviques ». Ce fut le contraire. Dans un rapport daté du 27 décembre 1941, quelque temps après les exécutions de la mi-décembre, on peut lire que « devant cette situation, les dirigeants communistes ont décidé de réagir énergiquement et d’exploiter au maximum l’indignation de la population. (…) Ils vont (…) tenter d’entraîner tous les Français à s’associer à leur action terroriste en les incitant à venger les victimes innocentes de la répression allemande et à venger les assassins. Cette propagande risque de trouver des échos favorables dans les milieux sociaux en raison du mécontentement et de l’hostilité que provoquent les méthodes de répression des autorités allemandes, et il faut s’attendre à une recrudescence des actes de terrorisme » (7).

« Dans le secret le plus absolu »

Otto von Stülpnagel lui-même alerte ses supérieurs sur les dégâts politiques de la « politique des otages ». Désapprouvé par Keitel, il démissionnera en février 1942. Mais von Stülpnagel n’en est pas pour autant un humaniste. Il proposait de remplacer ou de compléter les exécutions d’otages par des déportations massives à destination des prisons du Reich ou des camps d’internement. Le MBF fut comblé le 7 décembre 1941, quand le maréchal Keitel fit promulguer le décret Nacht und Nebel (NN, « Nuit et Brouillard ») sur la déportation, « dans le secret le plus absolu », par les auteurs d’actes que les tribunaux militaires ne pouvaient rapidement condamner à mort et exécuter.

C’est aussi sous von Stülpnagel que le Mont-­Valérien, situé à Suresnes au sud-ouest de Paris, devint, dès le mois de juin 1941, le principal lieu d’exécution en France. On y fusille d’abord les condamnés à mort par les tribunaux militaires allemands : 61 exécutions en 1941, plus de 200 en 1942, environ 180 en 1943 et plus de 180 autres durant les huit premiers mois de l’année 1944. Ce sera ensuite le tour des otages. Sur plus de 730 personnes exécutées en France de septembre 1941 à octobre 1943 dans le contexte de la « politique des otages », plus de 370 ont été mises à mort à Suresnes, soit un otage sur deux.

Les femmes étaient décapitées

Aujourd’hui 1 008 noms sont inscrits sur le monument du souvenir en forme de cloche en bronze, œuvre du sculpteur Pascal Convert, inauguré le 20 septembre 2003 par le premier ministre de l’époque, Jean-Pierre Raffarin.

Mille huit noms. Tous des hommes. Les Allemands ne fusillaient pas les femmes, elles étaient envoyées dans le Reich et étaient décapitées. « 80 % des exécutés (résistants et otages) étaient communistes », indique Georges Duffau-Epstein, fils de Joseph Epstein, le légendaire Colonel Gilles, chef de l’ensemble des FTP de la région parisienne, lui-même fusillé le 11 avril 1944 au Mont-Valérien (8). Les Français d’origine représentaient 79 % des victimes, les juifs 17 %, naturalisés français ou d’autres nationalités ; les 4 % restants étaient des étrangers.

Dans la crypte du Mont-Valérien reposent 17 dépouilles de « Morts pour la France ». Parmi eux, deux compagnons de l’ordre de la Libération, rejoints le 11 novembre 2021 par Hubert Germain, une déportée, deux femmes engagées dans la Résistance, des combattants issus de l’armée régulière et des troupes coloniales – un tirailleur sénégalais, un soldat marocain, un soldat tchadien, un soldat tunisien. Tous censés représenter l’ensemble de la France combattante. Il n’y a aucun résistant communiste, ni français ni immigré.


(1) Avis reproduit dans « le Livre des otages. La politique des otages menée par les autorités allemandes d’occupation en France de 1941 à 1943 », de Serge Klarsfeld. Les Éditeurs français réunis, 1979.
(2) « Les Fusillés (1940-1944). Dictionnaire biographique des fusillés et exécutés par condamnation et comme otages ou guillotinés en France pendant l’Occupation », sous la direction de Claude Pennetier, Jean-Pierre Besse, Thomas Pouty et Delphine Leneveu. Éditions de l’Atelier, 2015. Voir aussi le site https://fusilles-40-44.maitron.fr, qui le prolonge et le complète.
(3) « Représailles et logique idéologico-répressive. Le tournant de l’été 1941 dans la politique répressive du commandant militaire allemand en France », de Gaël Eismann, dans « Revue historique », 2014/1 (n° 669).
En ligne : https ://www.cairn.info/revue-historique-2014-1-page-109.htm.
(4) Dominique Tantin, « 1941-2021. Quatre-vingtième anniversaire des premières grandes exécutions d’otages ».
En ligne : https://fusilles-40-44.maitron.fr/spip.php?article186137.
(5) Gaël Eismann, article cité.
(6) Vingt-quatre, selon la liste des fusillés du 15 décembre 1941 dans « la Résistance communiste en France. Le Mémorial », de Pierre Maury.
Le Temps des cerises, 2006.
(7) Cité par Denis Peschanski et Thomas Fontaine dans « la Politique des otages sous l’Occupation ».
En ligne : www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/la-politique-des-otages-sous-loccupation.
(8) Voir http://familles-de-fusilles.com/maille.


  • EXPOSITION

« (Dé)construire les mémoires. Récits, pratiques et acteurs au Mont-Valérien, de la Seconde Guerre mondiale à nos jours », Jusqu’à fin janvier 2022. Mémorial du Mont-Valérien, avenue du Professeur-Léon-Bernard, 92150 Suresnes.
Infos et réservations : info@mont-valerien.fr et www.mont-valerien.fr
Le catalogue de l’exposition présente l’état des recherches et regroupe l’ensemble des archives dévoilées dans l’exposition.

  • LIVRE

« Mont-Valérien, un lieu d’exécution dans la Seconde Guerre mondiale. Mémoires intimes, mémoire nationale », ouvrage collectif préfacé par Robert Badinter. Éd. Ouest-France, 2021. Richement iconographié, il présente les dernières recherches, études et analyses du principal lieu d’exécution d’otages et de résistants condamnés à mort en France. S’y ajoutent les portraits de 20 fusillés qui gravent ces histoires tragiques personnelles dans la Grande Histoire.

15 décembre 1941 : 69 fusillés au Mont-Valérien - Bernard Fréderick, L'Humanité, 4 décembre 2021
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5 décembre 2021 7 05 /12 /décembre /2021 07:52
samedi 4 décembre 2021- le Parti communiste rend hommage à Tintin, Célestin Perrigault, résistant à Huelgoat et grand militant pendant 80 ans, pour ses 100 ans
samedi 4 décembre 2021- le Parti communiste rend hommage à Tintin, Célestin Perrigault, résistant à Huelgoat et grand militant pendant 80 ans, pour ses 100 ans
samedi 4 décembre 2021- le Parti communiste rend hommage à Tintin, Célestin Perrigault, résistant à Huelgoat et grand militant pendant 80 ans, pour ses 100 ans
samedi 4 décembre 2021- le Parti communiste rend hommage à Tintin, Célestin Perrigault, résistant à Huelgoat et grand militant pendant 80 ans, pour ses 100 ans
samedi 4 décembre 2021- le Parti communiste rend hommage à Tintin, Célestin Perrigault, résistant à Huelgoat et grand militant pendant 80 ans, pour ses 100 ans
samedi 4 décembre 2021- le Parti communiste rend hommage à Tintin, Célestin Perrigault, résistant à Huelgoat et grand militant pendant 80 ans, pour ses 100 ans
samedi 4 décembre 2021- le Parti communiste rend hommage à Tintin, Célestin Perrigault, résistant à Huelgoat et grand militant pendant 80 ans, pour ses 100 ans
samedi 4 décembre 2021- le Parti communiste rend hommage à Tintin, Célestin Perrigault, résistant à Huelgoat et grand militant pendant 80 ans, pour ses 100 ans
samedi 4 décembre 2021- le Parti communiste rend hommage à Tintin, Célestin Perrigault, résistant à Huelgoat et grand militant pendant 80 ans, pour ses 100 ans
samedi 4 décembre 2021- le Parti communiste rend hommage à Tintin, Célestin Perrigault, résistant à Huelgoat et grand militant pendant 80 ans, pour ses 100 ans

Par Ismaël Dupont, le 5 décembre 2021

Nous avons vécu de très beaux moments ce samedi après-midi, 4 décembre à Treverien et à Combourg pour fêter les 100 ans de Tintin, Célestin Perrigault, au côté des camarades du PCF d'Ille-et-Vilaine, Yannick Nadesan, Daniel Collet, Françoise Collet, Marc, Jeannie, Michel, etc, et une vingtaine de camarades du secteur de Combourg. En présence du maire de Treverien et du Conseiller départemental du canton qui s'est lui aussi exprimé.

J'étais venu apporter l'hommage et l'amitié des camarades du Finistère à Tintin qui s'est engagé au PCF et dans la Résistance dans le centre-Finistère, et qui a été élu à Plouyé avant de devenir journaliste.

Ce centenaire toujours jeune en esprit, plein d'intelligence, d'humour, de malice qu'est Célestin, peignait et exposait encore ses tableaux de paysage vibrants d'émotion il y a quelques mois et participe sans difficulté aux discussions, y apportant son expérience et son analyse politique aiguë. Yannick Nadesan, responsable du groupe communiste à Rennes et à Rennes-Métropole, l'a exprimé dans son discours.  

On ne peut qu'être admiratif devant ce militant d'exception qui s'est engagé au parti communiste a Huelgoat en 1942, sous l'influence de Guillaume Lozac'h, menuisier, ami du docteur Jacq, revenu de l'internement à Châteaubriant quand le docteur Jacq, lui, a été fusillé à l'étang de la Blisière le 14 décembre 1941.

FERNAND JACQ médecin et élu au Huelgoat, militant communiste et résistant, fusillé à Châteaubriant le 15 décembre 1941 (archives départementales du Finistère)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

Célestin Perrigault s'est engagé ensuite d'abord comme instituteur de Locmaria Berrien dans le réseau de résistance FTP de Berrien, participant à des parachutages, des échanges d'information, des transmissions d'ordres de la résistance communiste, d'armes, et échappant à une rafle a Morlaix (suite à l'exécution de la maîtresse du commandant allemand de la place, un SS furieux et violent, Keller).

En 40, le jeune normalien originaire du nord de l'Ille et Vilaine (Monfort-sur-Meu, où il fut orphelin de mère et de père très tôt), exclu de l'école normale de Rennes pour indiscipline (il préférait les dessins satiriques et les blagues aux études: il se fait remarquer d'ailleurs pour ses caricatures de Hitler et Göring avant-guerre), s'est rendu dans le Finistère pour rejoindre l'Angleterre et continuer le combat, mais les bateaux étaient déjà bloqués a Plouescat quand il est arrivé, depuis Quimper, avec sa bicyclette.

Repassant par Huelgoat en vélo, il décide de s'y installer, une amie rennaise lui ayant dit le plus grand bien de la région.

Il est amoureux de Huelgoat dont il devient le populaire gardien de but de l'équipe de foot et se fiance et marie avec une jeune de Huelgoat, Yvonne Dual, avant de s'engager au PCF et en résistance chez les FTP.

Il obtient la croix de guerre à la liberation et devient élu communiste a Plouyé avant de revenir à Rennes pour y devenir journaliste pour le journal communiste breton Ouest-Matin où il écrit sous son nom et plusieurs pseudonymes, puis de nouveau instituteur et militant, puis dirigeant départemental du syndicat des instituteurs. 

C'est une grande chance d'avoir pu connaître et honorer à l'occasion d'une chaleureuse fête d'anniversaire avec les camarades d'Ille-et-Vilaine que nous remercions de leur invitation ce grand témoin des combats de la résistance et des jours heureux.

Daniel Collet lui a d'ailleurs lu une très belle lettre d'amitié de Fabien Roussel, le candidat des Jours Heureux.

PERRIGAULT Célestin, René, Marcel, dit « Tintin »
 
Né le 17 novembre 1921 à La Chapelle-Chaussée (Ille-et-Vilaine) ; instituteur ; militant syndicaliste, secrétaire de la section départementale du SNI d’Ille-et-Vilaine (1963-1972) ; militant communiste, conseiller municipal de Plouyé (Finistère).
Sa mère mourut peu après sa naissance. Son père, ferblantier-zingueur-quincailler, d’opinions radicales-socialistes, se remaria vers 1925 et décéda en 1934. Célestin Perrigault (parfois écrit Périgaux ou Perrignault) reçut les premiers sacrements catholiques. Élevé par sa mère adoptive, interne au cours complémentaire de Montfort-sur-Meu, il entra à l’École normale d’instituteurs de Rennes en 1938. En février 1940, il fut sanctionné pour des raisons disciplinaires et déplacé à l’ENI de Quimper (Finistère) où il termina sa scolarité. Titulaire du brevet supérieur, après son stage de janvier 1941 à juillet 1941 à Huelgoat dans les monts d’Arrée, il fut nommé instituteur à Locmaria-Berrien, commune voisine.
Dans cette région du centre Bretagne, la Résistance communiste fut très forte. En 1943, il adhéra au Parti communiste clandestin et s’engagea dans la Résistance dans le détachement FTPF « Docteur Jacq », du nom du dirigeant communiste finistérien fusillé à Châteaubriant. Au moment de l’insurrection, en juillet et août 1944, il fit partie du maquis de Berrien. Après la libération d’Huelgoat, il devint lieutenant FFI engagé volontaire pour la durée de la guerre. Il reçut la croix de guerre 1939-1945.
Il se maria religieusement en décembre 1942 à Huelgoat (Finistère) avec Yvonne Dual, née le 3 septembre 1925 à Berrien, fille d’un agent-cantonnier des Ponts et Chaussée, résistante, puis militante de diverses organisations, dont l’Union des femmes françaises (trésorière départementale). Membre du Parti communiste français à la Libération, elle ne reprit pas sa carte au début des années 1970 et réadhéra en 1976. Elle décéda le 13 juillet 2013 à Combourg (Ille-et-Vilaine). Le couple eut trois filles qui ne reçurent aucun sacrement religieux.
Affecté comme officier des sports en mai 1945 à Quimper, démobilisé en septembre 1945, Perrigault reprit son poste à Locmaria-Berrien puis à la rentrée suivante, en septembre 1946, il obtint sa mutation à Plouyé.
Il adhéra à la fin de 1943 à Locmaria-Berrien au PCF et aux Jeunesses communistes l’année suivante. Membre du comité de la fédération de l’Union de la jeunesse républicaine de France de 1945 à 1947, il fut secrétaire de la cellule communiste et membre du comité de la section communiste de Locmaria-Huelgoat. Élu conseiller municipal de Plouyé en 1947, il démissionna deux ans plus tard en raison de son départ pour Rennes. Au printemps 1947, détaché aux œuvres post et périscolaires dans la circonscription de Châteaulin, chargé de l’organisation du cinéma éducateur et à ce titre, il circula dans les écoles de la partie centrale du Finistère.
A la suite de difficultés familiales (décès d’un enfant, maladie de son épouse), en septembre 1948, Célestin Perrigault, en congé pour convenances personnelles, fit partie de la rédaction du quotidien progressiste Ouest-Matin qui rayonnait sur les départements de l’Ouest, Loire-Atlantique comprise. Il apprit sur le tas son nouveau métier de journaliste à Rennes et suivit l’école centrale de journalistes communistes pendant trois mois de 1949. Il fréquenta entre autres Jacques Brière, Marcel Carrasso et René Huguen. Il couvrit de 1948 à 1952 la rubrique sociale suivant les conflits ouvriers de Saint-Nazaire et de Brest. Les difficultés du journal nécessitèrent un redéploiement de la rédaction ; aussi reprit-il en septembre 1952, un poste dans l’enseignement en Ille-et-Vilaine à Guignen. Il fut nommé ensuite à Noyal-sur-Seiche, puis à Rennes. Il suivit alors l’école centrale pour les instituteurs communistes en 1953 à Suresnes.
Il s’engagea immédiatement dans la vie syndicale. Élu au conseil syndical de la section départementale du SNI, il siégea dans la minorité avec le responsable du groupe ex-cégétiste Roger Gomet. Le changement de majorité s’effectua en décembre 1961 au moment du renouvellement du conseil syndical. Le rapport de forces s’inversa. La tendance UID emmenée par Robert Le Foulgoc perdit un siège et devint minoritaire (12 sièges contre 13). Célestin Perrigault, succédant à Roger Gomet en décembre 1963, dirigea la section pendant une décennie. En 1972, en tête de la liste qui l’emporta, réélu secrétaire, il démissionna peu après et proposa Louis Chartrain pour lui succéder. Il fut entre 1956 et 1966 membre du Comité départemental d’action laïque.
Perrigault, lors du congrès national du SNI, le 8 juillet 1959, dans la séance consacrée aux « conditions de la rémunération ouvrière », critiqua les analyses d’Henri Baude qui contribuaient, selon lui, à cristalliser les tendances plutôt que de rechercher l’unité d’action. Lors de la réunion du conseil national du SNI, le 23 décembre 1960, il intervint après le rapport de Clément Durand sur le certificat d’aptitude pédagogique des maîtres privés. Il lut le vœu de sa section souhaitant que des représentants des syndicats puissent participer aux commissions chargées de faire passer ce CAP.
Au congrès du SNI à Lille, le 5 juillet 1964, dans la discussion du rapport moral, il estima que le SNI devait privilégier les actions revendicatives. Le 12 juillet 1965, dans la discussion du rapport moral, il souhaita une amélioration des rapports entre la direction nationale et les sections départementales. La même année, pour l’élection du bureau national du SNI en décembre, il figurait sur la liste « Pour un SNI toujours plus uni, toujours plus fort » conduite par Alfred Sorel. Devenu PEGC, il fut le responsable académique du SNI-PEGC pour les questions du personnel des CEG de 1972 à 1976.
Pendant cette période, il siégea comme délégué du personnel à la Commission administrative paritaire départementale, au Comité technique paritaire départemental. Après la mise en place du corps des PEGC, il œuvra pour qu’une structure régionale se mette en place. Il dirigea la commission administrative des PEGC qui se transforma ensuite en conseil académique au sein duquel on trouvait Hervé Cadiou (Finistère), Christian Le Verge (Côtes-du-Nord) et Loïc Champagnat(Morbihan). Il laissa la direction de ce conseil académique « Unité et Action » homogène à Jacques Martin en 1976.
En 1972, il quitta ses responsabilités syndicales et s’engagea dans une carrière de direction comme le faisaient souvent les responsables syndicaux du SNI enseignant en collège. En effet, au début des années 1960, il avait repris ses études. En 1962, reçu au CAPCEG, il devint professeur de français au collège public de Janzé. Nommé en 1972 sous-directeur faisant fonction de principal au collège de Janzé, il devint en 1976 principal du collège de Bégard dans les Côtes-du-Nord où il termina sa carrière professionnelle. Il fut élu immédiatement à la commission consultative spéciale des directeurs de CEG et des sous-directeurs de CES au titre du SNI avec Yves Thomas, principal du collège de Plestin-les-grèves et ancien membre du bureau national du SNI (Ecole Emancipée). En 1979 il prit sa retraite en Ille-et-Vilaine aux Iffs puis à Tinténiac depuis 2003.
Perrigault fut aussi entre 1956 et 1966 membre du comité directeur départemental des amicales laïques dans le cadre de la Fédération des œuvres laïques, membre du comité directeur du cercle Paul-Bert de Rennes et militant du Mouvement de la Paix.
Perrigault, secrétaire de la cellule des instituteurs communistes à Rennes au milieu des années 1970, fut membre du comité de la fédération communiste de 1968 à 1971. Responsable départemental du Mouvement de la Paix, membre du comité départemental de France-URSS, il était aussi secrétaire départemental de France-République démocratique allemande. Il fut candidat au Conseil général dans le canton de Bécherel en 1956, en 1961 et en 1985, il figura sur la liste « d’union démocratique » aux élections municipales de Rennes en 1965.
Après son départ à la retraite toujours militant du PCF, il devint membre du conseil d’administration de la section départementale de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale jusque dans les années 1990. Il continuait à militer aussi au Mouvement de la Paix, à France-URSS et France-RDA, à l’Association républicaine des anciens combattants et à l’Association nationale des anciens combattants résistants.
Perrigault, retraité, resta adhérent du SNI puis du SNUIPP. A Tinténiac, il écrivit pour sa famille ses souvenirs en trois volumes « Au fil des notes », « La fronde et la sten », « Propos en l’air », collabora au bulletin intercommunal Le Lavoir. Il reprit la peinture et ses œuvres peintes furent exposées au Centre culturel en avril 2013.
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3 décembre 2021 5 03 /12 /décembre /2021 06:29

Célestin Perrigault est un militant PCF de la section de Combourg qui a eu 100 ans le 17 novembre 2021, l'âge du Parti communiste

Le 4 décembre, le PCF organise une réception à la salle des fêtes de Trévérien suivi d’un repas à Combourg.

Article du Ouest-France: Le COMMUNISME ça conserve - bon anniversaire Célestin !

Article du Ouest-France: Le COMMUNISME ça conserve - bon anniversaire Célestin !

PERRIGAULT Célestin, René, Marcel, dit « Tintin »

Né le 17 novembre 1921 à La Chapelle-Chaussée (Ille-et-Vilaine) ; instituteur ; militant syndicaliste, secrétaire de la section départementale du SNI d’Ille-et-Vilaine (1963-1972) ; militant communiste, conseiller municipal de Plouyé (Finistère).

Sa mère mourut peu après sa naissance. Son père, ferblantier-zingueur-quincailler, d’opinions radicales-socialistes, se remaria vers 1925 et décéda en 1934. Célestin Perrigault (parfois écrit Périgaux ou Perrignault) reçut les premiers sacrements catholiques. Élevé par sa mère adoptive, interne au cours complémentaire de Montfort-sur-Meu, il entra à l’École normale d’instituteurs de Rennes en 1938. En février 1940, il fut sanctionné pour des raisons disciplinaires et déplacé à l’ENI de Quimper (Finistère) où il termina sa scolarité. Titulaire du brevet supérieur, après son stage de janvier 1941 à juillet 1941 à Huelgoat dans les monts d’Arrée, il fut nommé instituteur à Locmaria-Berrien, commune voisine.

Dans cette région du centre Bretagne, la Résistance communiste fut très forte. En 1943, il adhéra au Parti communiste clandestin et s’engagea dans la Résistance dans le détachement FTPF « Docteur Jacq », du nom du dirigeant communiste finistérien fusillé à Châteaubriant. Au moment de l’insurrection, en juillet et août 1944, il fit partie du maquis de Berrien. Après la libération d’Huelgoat, il devint lieutenant FFI engagé volontaire pour la durée de la guerre. Il reçut la croix de guerre 1939-1945.

Il se maria religieusement en décembre 1942 à Huelgoat (Finistère) avec Yvonne Dual, née le 3 septembre 1925 à Berrien, fille d’un agent-cantonnier des Ponts et Chaussée, résistante, puis militante de diverses organisations, dont l’Union des femmes françaises (trésorière départementale). Membre du Parti communiste français à la Libération, elle ne reprit pas sa carte au début des années 1970 et réadhéra en 1976. Elle décéda le 13 juillet 2013 à Combourg (Ille-et-Vilaine). Le couple eut trois filles qui ne reçurent aucun sacrement religieux.

Affecté comme officier des sports en mai 1945 à Quimper, démobilisé en septembre 1945, Perrigault reprit son poste à Locmaria-Berrien puis à la rentrée suivante, en septembre 1946, il obtint sa mutation à Plouyé.

Il adhéra à la fin de 1943 à Locmaria-Berrien au PCF et aux Jeunesses communistes l’année suivante. Membre du comité de la fédération de l’Union de la jeunesse républicaine de France de 1945 à 1947, il fut secrétaire de la cellule communiste et membre du comité de la section communiste de Locmaria-Huelgoat. Élu conseiller municipal de Plouyé en 1947, il démissionna deux ans plus tard en raison de son départ pour Rennes. Au printemps 1947, détaché aux œuvres post et périscolaires dans la circonscription de Châteaulin, chargé de l’organisation du cinéma éducateur et à ce titre, il circula dans les écoles de la partie centrale du Finistère.

A la suite de difficultés familiales (décès d’un enfant, maladie de son épouse), en septembre 1948, Célestin Perrigault, en congé pour convenances personnelles, fit partie de la rédaction du quotidien progressiste Ouest-Matin qui rayonnait sur les départements de l’Ouest, Loire-Atlantique comprise. Il apprit sur le tas son nouveau métier de journaliste à Rennes et suivit l’école centrale de journalistes communistes pendant trois mois de 1949. Il fréquenta entre autres Jacques Brière, Marcel Carrasso et René Huguen. Il couvrit de 1948 à 1952 la rubrique sociale suivant les conflits ouvriers de Saint-Nazaire et de Brest. Les difficultés du journal nécessitèrent un redéploiement de la rédaction ; aussi reprit-il en septembre 1952, un poste dans l’enseignement en Ille-et-Vilaine à Guignen. Il fut nommé ensuite à Noyal-sur-Seiche, puis à Rennes. Il suivit alors l’école centrale pour les instituteurs communistes en 1953 à Suresnes.

Il s’engagea immédiatement dans la vie syndicale. Élu au conseil syndical de la section départementale du SNI, il siégea dans la minorité avec le responsable du groupe ex-cégétiste Roger Gomet. Le changement de majorité s’effectua en décembre 1961 au moment du renouvellement du conseil syndical. Le rapport de forces s’inversa. La tendance UID emmenée par Robert Le Foulgoc perdit un siège et devint minoritaire (12 sièges contre 13). Célestin Perrigault, succédant à Roger Gomet en décembre 1963, dirigea la section pendant une décennie. En 1972, en tête de la liste qui l’emporta, réélu secrétaire, il démissionna peu après et proposa Louis Chartrain pour lui succéder. Il fut entre 1956 et 1966 membre du Comité départemental d’action laïque.

Perrigault, lors du congrès national du SNI, le 8 juillet 1959, dans la séance consacrée aux « conditions de la rémunération ouvrière », critiqua les analyses d’Henri Baude qui contribuaient, selon lui, à cristalliser les tendances plutôt que de rechercher l’unité d’action. Lors de la réunion du conseil national du SNI, le 23 décembre 1960, il intervint après le rapport de Clément Durand sur le certificat d’aptitude pédagogique des maîtres privés. Il lut le vœu de sa section souhaitant que des représentants des syndicats puissent participer aux commissions chargées de faire passer ce CAP.

Au congrès du SNI à Lille, le 5 juillet 1964, dans la discussion du rapport moral, il estima que le SNI devait privilégier les actions revendicatives. Le 12 juillet 1965, dans la discussion du rapport moral, il souhaita une amélioration des rapports entre la direction nationale et les sections départementales. La même année, pour l’élection du bureau national du SNI en décembre, il figurait sur la liste « Pour un SNI toujours plus uni, toujours plus fort » conduite par Alfred Sorel. Devenu PEGC, il fut le responsable académique du SNI-PEGC pour les questions du personnel des CEG de 1972 à 1976.

Pendant cette période, il siégea comme délégué du personnel à la Commission administrative paritaire départementale, au Comité technique paritaire départemental. Après la mise en place du corps des PEGC, il œuvra pour qu’une structure régionale se mette en place. Il dirigea la commission administrative des PEGC qui se transforma ensuite en conseil académique au sein duquel on trouvait Hervé Cadiou (Finistère), Christian Le Verge (Côtes-du-Nord) et Loïc Champagnat(Morbihan). Il laissa la direction de ce conseil académique « Unité et Action » homogène à Jacques Martin en 1976.

En 1972, il quitta ses responsabilités syndicales et s’engagea dans une carrière de direction comme le faisaient souvent les responsables syndicaux du SNI enseignant en collège. En effet, au début des années 1960, il avait repris ses études. En 1962, reçu au CAPCEG, il devint professeur de français au collège public de Janzé. Nommé en 1972 sous-directeur faisant fonction de principal au collège de Janzé, il devint en 1976 principal du collège de Bégard dans les Côtes-du-Nord où il termina sa carrière professionnelle. Il fut élu immédiatement à la commission consultative spéciale des directeurs de CEG et des sous-directeurs de CES au titre du SNI avec Yves Thomas, principal du collège de Plestin-les-grèves et ancien membre du bureau national du SNI (Ecole Emancipée). En 1979 il prit sa retraite en Ille-et-Vilaine aux Iffs puis à Tinténiac depuis 2003.

Perrigault fut aussi entre 1956 et 1966 membre du comité directeur départemental des amicales laïques dans le cadre de la Fédération des œuvres laïques, membre du comité directeur du cercle Paul-Bert de Rennes et militant du Mouvement de la Paix.

Perrigault, secrétaire de la cellule des instituteurs communistes à Rennes au milieu des années 1970, fut membre du comité de la fédération communiste de 1968 à 1971. Responsable départemental du Mouvement de la Paix, membre du comité départemental de France-URSS, il était aussi secrétaire départemental de France-République démocratique allemande. Il fut candidat au Conseil général dans le canton de Bécherel en 1956, en 1961 et en 1985, il figura sur la liste « d’union démocratique » aux élections municipales de Rennes en 1965.

Après son départ à la retraite toujours militant du PCF, il devint membre du conseil d’administration de la section départementale de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale jusque dans les années 1990. Il continuait à militer aussi au Mouvement de la Paix, à France-URSS et France-RDA, à l’Association républicaine des anciens combattants et à l’Association nationale des anciens combattants résistants.

Perrigault, retraité, resta adhérent du SNI puis du SNUIPP. A Tinténiac, il écrivit pour sa famille ses souvenirs en trois volumes « Au fil des notes », « La fronde et la sten », « Propos en l’air », collabora au bulletin intercommunal Le Lavoir. Il reprit la peinture et ses œuvres peintes furent exposées au Centre culturel en avril 2013.


 

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2 décembre 2021 4 02 /12 /décembre /2021 10:51

 

Dès 1970, le PCF dépose à l’Assemblée nationale une proposition de loi concernant le statut de l’ORTF. « C’est la seule force politique d’opposition qui a un projet défini et cohérent pour la radio-télévision », note l’historienne Agnès Chauveau (L’audiovisuel en liberté ?, Presses de Sciences Po, 1997).

 

 

En 1971, dans « Changer de cap », le Parti met l’accent sur « la démocratisation des moyens modernes d’information et de diffusion » : création d’une société nationale de la radio et de la télévision, meilleure élaboration des programmes, part essentielle aux créations, place de la création contemporaine, droit des auteurs des émissions radio-télévisées.


Peu après (1972), le programme commun de la gauche reprend ces orientations et se propose d’œuvrer « pour le droit d’expression des courants d’opinion » et contre « la censure ». La question du pluralisme à la télé devient une des grandes questions du débat politique de la décennie. Les partis de gauche mettent sur pied un « comité de vigilance » présidé par Edmonde Charles-Roux. Giscard d’Estaing fait semblant de jouer l’ouverture : interrogé par René Andrieu lors d’une conférence de presse en 1978, il prétend vouloir mettre fin à l’ostracisme qui vise les journalistes communistes. Le PCF le prend au mot et dépose aussitôt une série de candidatures pour intégrer les chaînes : Martine Monod, Marcel Trillat, Roger Pourteau, François Salvaing. L’affaire n’a pas de suite.


L’élection de François Mitterrand suscite un vif espoir de libéralisation. Le premier ministre Pierre Mauroy critique le caractère monocolore des présentateurs de télé, appelle à des changements qu’il initie très lentement par ailleurs. Le PCF met l’accent sur le respect du pluralisme et revendique sa place dans les médias publics.


L’intégration de journalistes communistes va passer par plusieurs canaux. Il y a d’abord la réintégration des licenciés. Francis Crémieux par exemple retrouve son titre de rédacteur en chef. Marcel Trillat, licencié en 1968, et qui anima un temps la radio libre « Lorraine cœur d’acier », devient chef du service Société avec Pierre Desgraupes sur la deuxième chaîne. Outre ce retour des « anciens », le PCF réclame l’embauche de nouveaux journalistes. Ce sera l’objet de négociations interminables avec le Parti socialiste. Elles durent de l’automne 1981 à l’automne 1982. Georges Marchais aborde la question avec François Mitterrand, puis Pierre Juquin, chargé de la communication, et Jacques Bidou, son collaborateur, gèrent le dossier au quotidien. Côté PS, c’est Georges Fillioud qui dirige. Et qui résiste ! « Chaque nom (de nouveaux journalistes communistes) est arraché plutôt que concédé », selon Jacques Bidou. C’est ainsi que sont nommés à la rédaction de TF1 François Salvaing, Roland Passevant, Jean-Luc Mano, Victoria Llanso ; pour FR3 c’est le cas de Jean-Charles Eleb, Pierre Charpentier ou Michel Naudy, responsable du service politique. « Édouard Guibert négociera la venue à FR3 de onze journalistes sur un effectif de six cents », observe l’historien Jérôme Bourdon.


Combien sont-ils au total ? S’il est possible d’identifier aisément une quinzaine de noms dans les rédactions de TF1, A2 et FR3, soit les personnalités les plus médiatiques, Jacques Bidou parle d’une cinquantaine de cas (59 au total) pour les trois chaînes ainsi que Radio France et les radios et chaînes locales. Ce chiffre est somme toute limité. Si l’on évalue à 1 400 environ le nombre total de journalistes du secteur public d’alors, il s’agit de moins de 5 % de l’ensemble des journalistes. Ce qui n’empêche pas la droite de crier à « l’entrisme rouge ».


Gérard Streiff

 

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1 décembre 2021 3 01 /12 /décembre /2021 06:13

Mettre fin à la tutelle gaulliste sur l’ORTF et « libérer l’information » : ces revendications étaient au cœur des manifestations de mai 1968 ; de très nombreuses affiches vont fleurir sur ce thème, genre « La police vous ment tous les soirs à 20 h ».

 

 

À la Maison de la radio, une partie du personnel vote la grève le 17 mai. Il faudra encore quelques jours pour que le mouvement s’installe, pour y rallier toutes les catégories de l’Office (journalistes, administrateurs, employés, techniciens, réalisateurs, etc.), pour dépasser la peur de représailles gaullistes aussi. Mais cette grève sera une des plus fortes du mouvement de 68, elle va durer jusqu’au 13 juillet, soit 43 jours.

À partir de la déclaration de grève, l’accès de la rue Cognacq-Jay (où se trouve alors la première chaîne) est interdit aux grévistes ; ils se rabattent sur la Maison de la radio. Un témoin de ce mouvement, le chroniqueur d’art Adam Saulnier, raconte : « Les délégués syndicaux et autres représentants du personnel siègent sans discontinuer. Raoul Sangla préside dans le rôle du bon chérif. Rue Cognacq-Jay, c’était le cinéma avant Hitler et le cinéma soviétique des premières années ; nous sommes à la Maison de la radio dans le cinéma américain. »

C’est donc le communiste Raoul Sangla qui anime les échanges au studio 112, réquisitionné par l’Intersyndicale, les débats du « Parlement des 15 000 salariés de l’ORTF ».

La grève est studieuse, les débats remettent tout en cause, la politique de l’information et celle des lettres, des arts, du théâtre, du cinéma, du sport, des loisirs, des connaissances. On n’en finit plus d’échanger, de rédiger, de voter. De Saulnier encore : « Des slogans fleurissent sur les murs de Paris. Les murs de la Maison de la radio ne sont pas en reste : « Studio 109, studio sang neuf ! ». C’est au studio 109 que se tiennent les assemblées générales. Ou « L’émotion tue les motions, les motions tuent l’émotion ».

« L’Union des journalistes de la télévision » (UJT) est formée des journalistes qui avaient voté la grève (97 voix contre 23) ; elle publie en juillet des « Notes d’information concernant la crise de l’ORTF et la grève des journalistes de la télévision » qui critique la politique d’information menée jusque-là et propose une réforme ambitieuse de l’ORTF, autour de trois axes : indépendance, impartialité, participation des personnels.

Il y eut une autre forme d’action spectaculaire du personnel en lutte, et Stellio Lorenzi y prendra une part active : l’opération « Jéricho ». Il s’agissait de faire tourner - au sens propre, faire le tour - les grévistes autour de la Maison (ronde) de la radio, une manif tournante en espérant faire tomber les murs de la censure…

Au terme de la grève, des avantages sont obtenus au plan des salaires notamment, mais rien ne bouge du côté du système d’information. Au contraire, le pouvoir qui a senti un moment le média lui échapper ne pardonne pas. Dès 1968, une première vague de licenciements va éliminer, entre autres, nombre de salariés « rouges » : 64 journalistes et 30 pigistes sont concernés (une émission de FR3, le 4 novembre dernier, parlait de 102 licenciements). Sans parler des « placardisés ». Une seconde vague interviendra en 1974, sous Giscard d’Estaing, avec 274 journalistes touchés et 50 mises à la retraite. (La même année, 1974, marque la fin du monopole de l’ORTF, le glissement progressif vers l’audimat et la télé pub). On parlera même un temps de 500 journalistes -syndicalistes, communistes, socialistes - qui auraient été licenciés ou écartés entre 1968 et 1980.

Gérard Streiff

 

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27 novembre 2021 6 27 /11 /novembre /2021 06:35
Georges Cadiou invité de la fête de l'Humanité Bretagne pour présenter son livre sur Marcel Cachin, un breton émancipé
A la fête de l'Humanité Bretagne de Lanester, le dimanche 28 novembre à 15h, Georges Cadiou présentera son livre sur un des fondateurs du Parti communiste français, le premier directeur de l'Humanité devenue communiste, et ceci pendant plusieurs décennies, le breton et costarmoricain Marcel Cachin, passionnément attaché à la Bretagne, sa langue et sa culture.
 
La causerie avec l'écrivain et journaliste Georges Cadiou et son livre sur Marcel Cachin aux éditions Yoran Embanner (automne 2021) sera animée par Ismaël Dupont.
 
Georges Cadiou a été journaliste de presse écrite, reporter à Radio Breizh-Izel, élu à Quimper. Il est l'auteur de plusieurs livres et documentaires de télévision sur l'histoire du mouvement breton et le sport. Il a notamment publié chez Yoran Embanner La gauche et la revendication bretonne (2015) et l'excellent L'Hermine et la croix gammée, le mouvement breton et la collaboration en 2006 aux éditions Apogée.
 
Georges Cadiou devrait être être également l'invité du PCF Pays de Morlaix pour une conférence-débat des Mardis de l'éducation populaire le mardi 14 décembre à 18h pour nous parler de Marcel Cachin et de la vie, de la pensée et de l'action, du militant breton fondateur du Parti communiste, directeur de l'Humanité pendant plusieurs décennies. 
 
 
***
 
 
 
Ci-joint, un article que écrit pour le Chiffon Rouge sur Marcel Cachin: http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/.../marcel-cachin...
Marcel Cachin est né à Paimpol le 20 septembre 1869. Ses parents étaient de condition modeste. Son père, originaire du Gers, était venu en Bretagne après son service militaire et était devenu gendarme. Sa mère, née Le Gallou, était d'une famille paysanne. Après avoir fréquenté l'école primaire de Paimpol, Marcel Cachin est entré comme élève boursier grâce à ses dons remarquables au lycée de Saint Brieuc, comme interne. Durant les vacances, il revenait à Paimpol qui l'enchantait par sa beauté pittoresque et son ambiance.
« Les citoyens de l'ardente petite ville étaient fiers de leur réputation d'hommes d'avant-garde dans un département où dominaient encore les hobereaux et les réactionnaires les plus arriérés. Dans les cafés et les auberges enfumés du port se rencontraient les marins et les capitaines dont les voyages autour du monde avaient élargi l'esprit. Avec les ouvriers constructeurs de navires, les marins orientaient la politique locale vers la République encore jeune et discutée ».
Marcel choisit des études classiques. Il devient un amoureux des lettres grecques et latines. Pendant son adolescence, il perd sa foi religieuse. Un professeur de philosophie, Baptiste Jacob, exerce une forte influence sur lui et aide Marcel Cachin à accéder gratuitement au lycée de Rennes. Reçu au concours des bourses de licence et ayant opté pour la philosophie, Marcel Cachin est ensuite envoyé à la Faculté des Lettres de Bordeaux.
C'est à Bordeaux, autour de sa vingtième année, que Marcel Cachin adhère au socialisme, au Parti Ouvrier Français de Jules Guesde. Pour son congrès de Marseille en 1892, la direction du Parti a établi un questionnaire qui permet au Congrès d'élaborer un programme agraire en phase avec les besoins des paysans. Marcel Cachin, pendant ses vacances à Paimpol, remplit scrupuleusement son questionnaire en s'informant auprès des cultivateurs, des fermiers et des métayers bretons.
A Bordeaux, Marcel Cachin donne des cours particuliers à des jeunes de famille bourgeoise, collabore à « La question sociale », recrute des adhérents et des cadres pour le parti de Jules Guesde et de Paul Lafargue. En 1898, il se présente comme candidat aux législatives à Libourne, sans aucun espoir de succès. Le POF se divise profondément sur la participation des socialistes au gouvernement bourgeois et républicain à partir de juin 1899 avec l'entrée de Millerand au ministère Waldeck-Rousseau. Cachin prend alors de parti de la ligne d'opposition au réformisme de Guesde contre celle de Jaurès. En 1900, il est élu conseiller municipal de Bordeaux, puis adjoint au maire aux transports et à la voirie et en 1903, il devient secrétaire de sa fédération.
En décembre 1903 toujours, il porte la contradiction à Jaurès qui défend au Capitole de Toulouse la politique du bloc des gauches et de la participation ministérielle. Aux élections municipales de mai 1904, le POF obtient plus de voix à Bordeaux que les radicaux et les socialistes de gouvernement mais ces derniers refusent l'alliance de second tour et la droite l'emporte.
En août 1904, Cachin est délégué au Congrès de la IIe Internationale socialiste à Amsterdam en tant que représentant du Parti Socialiste de France, produit de la fusion en 1901-1902 des blanquistes et des marxistes guesdistes. C'est là que, grâce à Paul Lafargue, il fait la connaissance d'une institutrice de français américaine, déléguée du Parti socialiste américain, qui deviendra sa femme. Le Congrès d'Amsterdam condamne la participation aux gouvernements bourgeois et l'évolutionnisme réformiste de Bernstein. Il plaide en même temps pour l'unité du mouvement socialiste et Jaurès accepte l'unité, qu'il désirait depuis longtemps, sous la direction d'une ligne politique marxiste de lutte des classes et révolutionnaire.
En 1906, quittant Bordeaux, Cachin devient, sous l'impulsion de Guesde, délégué à la Propagande du Parti Socialiste. En 1910, il est élu député d'Alès. Mais le gouvernement et la chambre des députés l'invalident, privant les mineurs et paysans du Gard de leur défenseur. En 1908 et 1912, il parcourt l'Algérie. Dans des meetings où se confondent travailleurs de toute origine, Marcel Cachin s'élève contre les entreprises d'asservissement colonial, proclame la solidarité du prolétariat français avec les peuples arabes d'Afrique du Nord.
L'Humanité, créée par Jaurès en 1904, qui ne se vend qu'à 50 000 exemplaires en 1911, devient la propriété du Parti Socialiste à ce moment là, qui le prend en charge tout en maintenant Jaurès à la direction du journal. Après la mort de Paul Lafargue en novembre 1911, Marcel Cachin le remplace comme rédacteur régulier.
En 1912, Cachin est élu conseiller municipal et conseiller général du XVIIIe arrondissement de Paris. « Pendant les deux années qu'il siège à l'Hôtel de ville, il se préoccupe surtout des travailleurs du métro, des omnibus et des transports de surface. Les travailleurs des omnibus étaient groupés dans deux syndicats rivaux. Les ouvriers des ateliers de la rue Championnet lui demandèrent de prendre la direction de leur syndicat : après avoir consulté Guesde et Jaurès, Marcel Cachin accepta. Il réconcilia les ouvriers des ateliers de réparation et les roulants, fit l'union des deux syndicats et obtint divers avantages. Pendant la grève générale des employés de tramways en 1916, il conduisit une délégation de femmes au ministère de l'Intérieur pour exiger des augmentations de salaire : le gouvernement dut céder. Marcel Cachin resta à la tête du syndicat des transports de surface de 1913 jusqu'à 1919. A l'Hôtel de Ville, il menait une lutte incessante contre les puissantes compagnies capitalistes qui avaient mis en coupe réglée Paris et le département de la Seine » (Marcel Cachin vous parle, introduction à ses articles et discours par Jean Fréville. Editions sociales, 1959).
En 1907, Marcel Cachin représente encore le Parti Socialiste au Congrès de l'Internationale à Stuttgart qui veut mobiliser contre la guerre mondiale en préparation: il y rencontre Clara Zetkin, Bebel, Karl Liebknietcht.
En mars 1914, Marcel Cachin est élu député avec 99 autres socialistes, pour ce qui est le plus grand succès électoral des socialistes en France jamais enregistré. Succès en trompe l’œil. Quand éclata le drame de Sarajevo, le Parti Socialiste, à part sans doute Jaurès, n'en prévoit pas les conséquences. Il tint à Paris, le 14 juillet, un congrès qui se prononça pour la grève générale en cas de guerre (motion Vaillant-Jaurès, que Guesde considéra comme utopique). Quinze jours après, Albert Thomas et Sembat qui avaient préconisé la grève générale entraient avec Guesde dans le ministère d'Union Sacrée, après l'assassinat de Jaurès le 31 juillet et la déclaration de guerre.
Marcel Cachin se laisse emporter par le courant général d'union sacrée, intervient même, à la demande de Guesde, pour convaincre en mars 1915 les camarades socialistes italiens de plaider l'entrée en guerre de leur pays.
Après le renversement du tsarisme en Russie en mars 1917, Marcel Cachin convainc le Conseil National du Parti Socialiste d'envoyer des délégués à une conférence internationale, qui doit se réunir à Stockholm et fixer les modalités d'une paix sans annexions ni contributions. Mais le gouvernement refuse de leur attrribuer des passeports.
A partir de la Révolution d'Octobre 1917, Cachin défend la révolution bolchevik dans ses articles et ses interventions à la Chambre. En octobre 1918, il est désigné pour remplacer à la direction de l'Humanité
Renaudel, partisan de la lutte contre les bolcheviks : signe d'un changement de majorité et de tendance au Parti Socialiste. Marcel Cachin dénonce l'intervention militaire française en Russie contre la jeune Révolution qui a fait la paix avec l'Allemagne.
Quand les conflits sociaux s'étendent en France au cours des années 1919 et 1920, reprimés par la troupe, Cachin interpelle le gouvernement, attaque Clémenceau, soumet au vote une motion de flétrissure contre la majorité bourgeoise et réactionnaire de la Chambre.
Aux élections de novembre 1919, les socialistes, qui gagnent 300 000 voix, représentent le quart des électeurs du pays. Cachin est réélu dans le 18e arrondissement de Paris.
Le Congrès de Strasbourg du parti Socialiste (février 1920), tout en se prononçant pour la sortie de la IIe Internationale, écarte l'adhésion à la IIIe Internationale, constituée le 4 mars 1919 à Moscou. Mais il charge Marcel Cachin et Frossard, secrétaire général du Parti Socialiste depuis 1918, d'aller recueillir des informations précises sur le nouveau régime. Cachin rencontre Lénine plusieurs fois, très critique vis-à-vis du Parti Socialiste français. A son retour, au Cirque de Paris, il rend compte de sa mission : « Nous revenons émerveillés de notre voyage ».
D'août à décembre 1920, avant le Congrès de Tours ( 25-30 décembre 1920), Cachin défend l'adhésion à la IIIe Internationale. Au Congrès de Tours, Cachin, Clara Zetkin, s'opposent à Blum, Renaudel, Paul Faure. 3028 mandats contre 1022 votent l'adhésion à la IIIe Internationale.
L'Humanité va ainsi rester entre les mains des révolutionnaires issus du Parti Socialiste qui vont créer le Parti Communiste. Et elle sera dirigée par Marcel Cachin, qui sera pendant 38 ans membre du Bureau Directeur du Parti Communiste.
Le PCF milite pour la fraternisation des ouvriers allemands et français, contre l'occupation de la Rhur, ce qui lui vaut une arrestation en 1923 et un emprisonnement à la Santé avec Pierre Sémard, Gabriel Péri et onze autres camarades.
En 1924, avec le PCF, Cachin dénonce la guerre colonialiste du Rif contre Abd-el-Krim menée par l'étonnant tandem Pétain-Franco qui bombardent les villages montagneux du nord marcocain. A cette occasion, il est à nouveau condamné à deux ans de prison, avec Maurice Thorez, 25 ans à l'époque, secrétaire du comité d'action contre la guerre au Maroc. Ces deux ans sont commués en appel en un an de prisan, que Cachin accomplit à la Santé en 1927. Cela n'empêche pas d'être élu député en 1928 avec un score supérieur à celui qu'il avait réalisé en 1924.
A partir de 1930, Maurice Thorez devient secrétaire général du Parti Communiste. Cachin défend avec lui la ligne du Front Unique, du Front Populaire contre les forces de la bourgeoisie et le fascisme montant. A cette époque, les communistes étaient « unitaires pour deux » (Maurice Thorez), L'Humanité, avec une diffusion de 430 000 exemplaires, était le journal politique le plus lu en France.
En 1935, Cachin est élu Sénateur.
L'Humanité est supprimée par le gouvernement Daladier en 1939 suite au pacte de non agression germano-soviétique. En janvier 1940, Cachin est déchu de son mandat de sénateur, il se retire en Bretagne, sans sa petite maison de Lancerf, où la Gestapo l'arrête en septembre 1941. Il est enfermé plusieurs semaines à Saint-Brieuc puis à Rennes mais les Allemands finissent par le relâcher, craignant que sa mort ne suscitât des réactions fortes dans l'opinion et chez les communistes qui mobilisent pour libérer Marcel Cachin. Gabriel Péri, chef de la rubrique de politique étrangère à l'Humanité, est fusillé en décembre 1941.
Quand L'Humanité reparaît de manière officielle à la Libération, 11 collaborateurs et rédacteurs clandestins de L'Humanité ont été exécutés.
A la libération, Marcel Cachin est membre de l'Assemblée Consultative, puis des deux Assemblées Constituantes de 1945 et 1946, avant d'être réélu à l'Assemblée Nationale en novembre 1946. Réélu en 1951 et 1956, il restera député de Paris jusqu'à sa mort. Dans les années 50, il continue à la Chambre et avec l'Humanité de soutenir avec vigueur le combat anti-colonialiste au Viet-Nam, en Tunisie, au Maroc, en Côte-d'Ivoire, au Cameroun, en Algérie. Il se souvient avoir personnellement rencontré et apprécié Hô-Chi-Minh, étudiant à Paris.
Le 17 novembre 1956, sa femme Marguerite meurt. Lui-même s'éteint à Choisy-le-Roi le 12 février 1958.
A la suite d'obsèques populaires impressionnantes, Cachin a été enterré auprès des Communards du père Lachaise.
 
Georges Cadiou invité de la fête de l'Humanité Bretagne pour présenter son livre sur Marcel Cachin, un breton émancipé
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25 novembre 2021 4 25 /11 /novembre /2021 06:30
Hommage à Margot Caudan à Plouhinec ce 24 novembre
Hommage à Margot Caudan à Plouhinec ce 24 novembre
Hommage à Margot Caudan à Plouhinec ce 24 novembre

C'était hier l'hommage à notre camarade Margot Caudan. Voici quelques photos partagées de cet hommage à Plouhinec par Delphine Alexandre.

"Vaillante centenaire, Margot Caudan tenait toujours le stand de Port-Louis à la fête de l’huma Bretagne. Nul doute que lors de notre prochaine fête, dans quelques jours, les camarades auront tous une pensée émue pour notre Margot, engagée de la première heure contre le fascisme et toute forme de tyrannie.
En 1935, elle s’était engagée auprès des jeunesses communistes, après avoir côtoyé les élèves juifs, échappés des pogroms, les allemands ayant fui le nazisme ou les italiens exilés du régime de Mussolini. Elle disait que son « entrée en résistance était le chemin normal ». Ce chemin l’a tout de même conduite plusieurs fois en prison, d’abord en 1940 pour son appartenance à l’UJFF ( union des jeunes filles de France), puis en 43 pour son activité d’agent de liaison, l’édition et la diffusion de tracts dans une imprimerie clandestine dont elle s’occupait avec son mari, Louis. Les interrogatoires laissent place à l’emprisonnement pendant plus d’un an. Libérée en août 44, elle contribue à la libération de Paris en assurant les liaisons entre les barricades.
Tout au long de sa vie, elle a continué à militer au sein du PCF mais également auprès des jeunes générations « pour l’avenir et parce que le danger fasciste ne s’est pas du tout effacé »…
En janvier 21, elle a reçu la légion d’honneur.
Aujourd’hui, le PCF est en deuil.
Pensées chaleureuses à sa famille, ses amis, aux camarades de la section de Port-Louis, de la fédé 56.
Nous perdons tous une grande dame.
Margot, tout mon respect.
Delphine Alexandre, présidente du groupe communiste au Conseil Régional de Bretagne, vice-présidente à la région Bretagne, élue communiste à Lorient"
 
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21 novembre 2021 7 21 /11 /novembre /2021 06:44

 

D’autres réalisateurs « rouges » de cet âge d’or de la télévision culturelle s’imposent. Marcel Bluwal (1925/2021 ; il est décédé le 23 octobre dernier à l’âge de 96 ans). Issu d’une famille de juifs polonais réfugiés à Montmartre, il resta, après la rafle du Vel’ d’Hiv’ 27 mois caché avec sa mère dans une sorte de soupente. Ce téléaste fut aussi un grand metteur en scène.

 

 

À ses débuts à la télévision, il crée une émission sur la vie des gens intitulée « Et si c’était vous… », saluée par la critique. Il réalise « Le mariage de Figaro » (1961), « Don Juan ou le festin de pierre » (1965), « Beaumarchais ou les 60 000 fusils » (1966), « Le jeu de l’amour et du hasard » (1967). Il adapte Dostoïevski (« Les frères Karamazov ») ; Victor Hugo (« Les misérables »). Il lance ensuite la série Vidocq, touche au domaine des variétés. « Je traitais tous les conflits en espérant que pour le public il en sortirait une exaltation révolutionnaire. » En 2008 encore, il signera la série « À droite toute ».

Jean-Pierre Marchand (1924/2018), assistant d’Allégret, Clouzot, Daquin, Gérard Philipe, Ivans, réalise, lui, une série de documentaires sur l’indépendance des colonies françaises en Afrique, collabore à des émissions comme « La caméra explore le temps » (« La conspiration du général Mallet », 1963), « Les cinq dernières minutes » (« La rose de fer », 1966), assure des reportages pour « Cinq colonnes à la Une », collabore à « Eurêka » ou « Discorama ». Il créa le syndicat CGT des réalisateurs.

Raoul Sangla (1930/2021) réalise à partir de 1964 l’émission « Discorama » animée par Denise Glaser, ainsi que de nombreux feuilletons, documentaires et fictions, des comédies musicales aussi. « La télévision est au cinéma ce que le journalisme est au roman », estime-t-il. Il participe à la mise en scène du JT en rendant apparente la technique. Il œuvrera à l’installation de télévisions locales.

D’autres noms produiront également des œuvres marquantes : Maurice Failevic (1933/2016) réalise par exemple pour « Les dossiers de l’écran » « 1788 » ; « C’était la guerre » ; « Jusqu’au bout » ou des documentaires comme « Les agriculteurs », « Les sangliers », ou (bien plus tard) « L’Atlantide, une histoire du communisme » avec Marcel Trillat.

Jacques Krier (1926/2008) aborde volontiers les sujets sociaux, les entretiens avec « les vrais gens », dans le cadre d’émissions comme « À la découverte des Français », ou « Cinq colonnes à la Une ». Également scénariste et écrivain (« Les drôles de voyages d’un camarade errant »).

À Paul Seban (1929/2020), assistant de Renoir, Carné, Astruc, Ivens, Chabrol, Welles…, on doit notamment « Un jeune homme rebelle » ou « Contes modernes : à propos du travail ». Grand prix du documentaire de la Scam, il coréalisa « Musica » avec Marguerite Duras.

Sans oublier le très jeune réalisateur Jean-Daniel Simon, à peine plus de vingt ans ces années-là (il « passe » ensuite au cinéma) que l’on retrouve dans les émissions « Pour le plaisir », « Cinéma », « Dim Dam Dom », « Cinq colonnes à la Une » ou « L’âge de… ».

Côté politique, on l’a dit, l’administration gaulliste contrôle tout. Si Francis Crémieux, dont on a déjà parlé au premier chapitre, intègre France-Culture en 1966 avec une émission mythique « Le monde contemporain », l’information reste totalement verrouillée par le pouvoir gaulliste. La droite a le monopole de la politique sur le petit écran. C’est notamment ce que la rue lui reproche en mai 1968.

Gérard Streiff

 

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