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12 mars 2022 6 12 /03 /mars /2022 07:05

L’ARMÉE ROUGE, C’ÉTAIT LA LIBÉRATION DES CAMPS NAZIS

L’ARMÉE DE POUTINE, C’EST LE MARTYRE DES INNOCENTS

 

A BAS LES FAUTEURS DE GUERRE, D’OÙ QU’ILS VIENNENT

 

Certains de mes amis ont été choqués par la proposition de Fabien Roussel de traduire Poutine devant le tribunal pénal international. C’est une question sensible pour ceux qui, inlassablement, se battent contre tous les effets sanglants de l’impérialisme américain et occidental. Elle pose la question de ce qu’est aujourd’hui cette Russie issue de l’implosion de l’URSS le 25 décembre 1991. 

 

Ce pays s’est intégré au capitalisme international en se vautrant dans les règles du marché et de la stratégie ultra-libérale qui ravage le monde. Poutine est l’exemple même de ceux qui ont profité de la situation pour récupérer l’histoire russe par les deux bouts, celui de l’empire tsariste d’un côté, avec sa « mission » religieuse version orthodoxe et raciste, et celui de Staline de l’autre, dans ce qu’il a produit de totalement improductif, créant à terme, les bases d’un énorme échec de l’expérience soviétique. Ce mélange détonnant a créé une illusion pour un peuple russe qui a souffert tant de la Perestroïka de Gorbatchev que de la vente aux enchères des richesses de la Russe par Eltsine. 

 

Et cette illusion s’est accompagnée d’un énorme fossé créé entre les nouveaux riches et les peuples de la fédération de Russie. D’un côté, le spectacle des nouveaux riches qui se sont gavés en envahissant les paradis artificiels des côtes, dont la Costa Brava en Europe, la côte de l’état de Goa en Inde, et j’en passe, montrant aux populations locales le visage de mafias particulièrement repoussantes. De l’autre, la triste réalité vécue par ceux qui ont le malheur de ne pas être orthodoxes, avec cette guerre sanglante de Tchétchénie qui a montré une armée russe débordant d’une violence qui n’a rien de révolutionnaire. 

 

La triste réalité, c’est celle vécue par celles et ceux qui croyaient que la fin de l’URSS serait équivalente à la liberté de respirer, de penser par soi-même, de briser les chaînes de tant d’années de guerre froide avec le reste du monde. La triste réalité, c’est celle de l’excitation d’un nationalisme qui permet de tout excuser au nom du retour à la grande puissance russe d’autrefois. Mais ne nous trompons pas. Il ne s'agit pas du retour à l’URSS mais du retour à l’autoritarisme impériale et clérical de ce qui pourrait apparaître comme une noblesse d’empire cynique et clanique qui, ne l’oublions pas, finance et encourage les extrêmes droites dans de nombreux pays dont la France.

 

La Russie, comme toutes les sociétés du monde, a droit à la paix et à des jours heureux. Elle ne l’obtiendra pas en diffusant la terreur autour d’elle et en essayant de reconquérir la puissance d’avant-hier. Elle ne l’obtiendra qu’en s’ouvrant au monde et en permettant de libérer les forces créatrices qui ont trop longtemps été étouffées sous une chape de plomb. 

 

C’est le message que Fabien ROUSSEL a lancé à sa manière et j’y souscris, sachant qu’il ne s’agit pas de cautionner une opération anti-russe, bien au contraire. C’est en effet en Russie que les choses essentielles pour revenir à la paix doivent se passer. Ce que fait l’OTAN, c’est mettre de l’huile sur le feu et profiter de la situation pour encourager la guerre et favoriser les marchands de canons. Ce que font les pacifistes russes, et de nombreux communistes de ce paysan, ne l’oublions pas, c’est s’opposer au diktat de Poutine en prenant le risque de se retrouver sous les verrous, dans un même étouffement que l’opposition démocratique enfermée et martyrisée par Erdogan en Turquie.

 

Je sais que cette réalité fait mal. Elle me fait mal autant qu’à ceux qui ne peuvent pas imaginer que l’armée rouge aurait vraiment disparu… Elle nous oblige à regarder la réalité en face. Si nous voulons faire gagner la paix, il ne faut pas nous voiler la face. La meilleure façon d’aider la Russie actuelle, c’est de condamner Poutine comme nous condamnons Biden et les dirigeants israéliens qui martyrisent le peuple palestinien. 

Voilà mes amis, un bout de réflexion que je vous livre sans pour autant faire croire que j’aurais, sur un sujet aussi vaste, une science infuse et prétentieuse.

Yvon Huet

Yvon Huet et Dominique Noguères, membres de notre comité des Jours Heureux du Pays de Morlaix

Yvon Huet et Dominique Noguères, membres de notre comité des Jours Heureux du Pays de Morlaix

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26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 07:39
3 mars - Jeudi Rouge du réseau échanges des savoirs du PCF Pays de Quimperlé avec Fréderic Genevée

Espace Benoîte Groult

3, avenue du Coat Kaër - 29300 Quimperlé

Jeudi 3 mars 2022, 18 h 30

Salle ISOLE

Aux alentours du Congrès de Tours, 1914/1924

avec Frédéric Genevée historien

Président du musée de l'Histoire vivante

En 1920, il y a un peu plus d'un siècle naissait à Tours la Section Française de l'Internationale Communiste.

Nous avions programmé cette conférence en décembre 2020, au plus près du centenaire, mais les conditions sanitaires sur lesquelles nous ne reviendrons pas en ont décidé autrement

Donc pour notre 3éme Jeudi Rouge de la saison 2021/2022, nous y revenons.

Et nous posons la question de nos origines. Ou comment et pourquoi la motion Cachin-Frossard fait basculer le XVIIIème congrès de la SFIO vers la SFIC puis un an après vers le Parti Communiste conformément aux directives de l'IC.

La majorité des congressistes, comme les tenants de la motion majoritaire ne sont pas de jeunes écervelés énervés. Marcel Cachin, par exemple a 51 ans. C'est un homme en vue au Parti Socialiste. Il est déjà directeur du journal l'Humanité. Il a cependant suivi la majorité de la SFIO sur la pente guerrière et jusqu'auboutiste en 1914 avant de se raviser progressivement au mitan du conflit.

Alors, le PS/SFIO est-il une des victimes collatérales de la grande boucherie ?. Malgré tout, il en fallait du courage. Car cette décision très majoritaire ne fondait pas seulement un Part Communiste, elle divisait en deux le socialisme en France car se maintenait un Parti Socialiste. Cette scission définitive et irrémédiable de la gauche politique et du mouvement ouvrier en France allait marquer l'histoire jusqu'à nos jours.

Mais cette histoire qu'a-t-elle encore à nous dire ? Qu'a-t-elle encore à dire aux jeunes générations ? Nation et internationalisme, réforme et révolution, rapports entre élus et militants, entre dirigeants et dirigés mais aussi forme et fonctionnement du Parti, liens entre partis et syndicats...Ces questionnements qui taraudent celles et ceux qui, à gauche veulent changer le monde se sont posés avant même le Congrès de Tours et continuent de se poser.

 Plus d'information contactez:pcfpaysdequimperle@gmail.com Organisé par le réseau d'initiatives « partage des savoirs » du PCF en Bretagne sud

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21 février 2022 1 21 /02 /février /2022 17:43
Hommage à nos 23 camarades FTP-MOI de l’Affiche Rouge exécutés le 21 février 1944
Missak Manouchian

Missak Manouchian

Notre France, c’est celle-ci, métissée, rebelle, solidaire, antifasciste !
Nous continuons leur combat!
 
Le 21 février 1944, les nazis exécutent 23 francs-tireurs et partisans communistes de la FTP-MOI, la main d’œuvre immigrée, pistés, traqués et arrêtés d’abord par la police française:
 
Celestino Alfonso, Espagnol, 27 ans
Olga Bancic, Roumaine, 32 ans (seule femme du groupe, décapitée en Allemagne le 10 mai 1944)
József Boczor, Hongrois, 38 ans,
Georges Cloarec, Français, 20 ans
Rino Della Negra, Italien, 19 ans
Elek Tamás, Hongrois, 18 ans
Maurice Fingercwajg, Polonais, 19 ans
Spartaco Fontano, Italien, 22 ans
Jonas Geduldig, Polonais, 26 ans
Emeric Glasz, Hongrois, 42 ans
Léon Goldberg, Polonais, 19 ans
Szlama Grzywacz, Polonais, 34 ans
Stanislas Kubacki, Polonais, 36 ans
Cesare Luccarini, Italien, 22 ans
Missak Manouchian, Arménien, 37 ans
Armenak Arpen Manoukian, Arménien, 44 ans
Marcel Rajman, Polonais, 21 ans
Roger Rouxel, Français, 18 ans
Antoine Salvadori, Italien, 24 ans
Willy Schapiro, Polonais, 29 ans
Amédéo Usséglio, Italien, 32 ans
Wolf Wajsbrot, Polonais, 18 ans
Robert Witchitz, Français, 19 ans
 
En cette période où la peste brune revient en force en France, en Europe, dans le monde, avec le poison du négationnisme, du racisme et de l’antisémitisme, du complotisme, de la recherche de boucs émissaires faciles, et où une partie des milliardaires et de la bourgeoisie font le choix de servir le développement des idées d’extrême droite (plutôt Hitler que le Front Populaire pensent-ils toujours!), comme Bolloré, le Citizen Kane des médias, avec l’infâme Eric Zemmour, nous pensons fort à nos camarades tombés au champ d’honneur, qui avaient chevillés au corps, au cœur et à l’esprit, l’espoir d’une France des Jours Heureux, fraternelle, égalitaire, tolérante, accueillante, où la justice sociale et l’humanité triompheraient du fascisme.
Nous pensons aux mots magnifiques de Missak Manouchian, orphelin du génocide arménien, poète, militant communiste et chef des FTP-MOI, une lettre de condamné à mort sublime d’humanité et de dignité reprise par Aragon, puis Ferré, dans « l’Affiche Rouge »:
« Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée,
Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m’arrive comme un accident dans ma vie, je n’y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais.
Que puis-je t’écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.
Je m’étais engagé dans l’Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu’il méritera comme châtiment et comme récompense.
Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous… J’ai un regret profond de ne t’avoir pas rendue heureuse, j’aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d’avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie toi avec quelqu’un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta sœur et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l’armée française de la libération.
Avec l’aide des amis qui voudront bien m’honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d’être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l’heure avec le courage et la sérénité d’un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n’ai fait de mal à personne et si je l’ai fait, je l’ai fait sans haine. Aujourd’hui, il y a du soleil. C’est en regardant le soleil et la belle nature que j’ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m’ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t’embrasse bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur. Adieu. Ton ami, ton camarade, ton mari.
P.S. J’ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. M. M. »
 
Olga Bancic, résistante communiste juive d’origine roumaine, 32 ans (seule femme du groupe Manouchian, décapitée en Allemagne le 10 mai 1944) – ici avec sa fille

Olga Bancic, résistante communiste juive d’origine roumaine, 32 ans (seule femme du groupe Manouchian, décapitée en Allemagne le 10 mai 1944) – ici avec sa fille

Marcel Rajman, Résistant d’origine juive polonaise, 21 ans, un des cadres du groupe Manouchian, exécuté le 21 février 1944

Marcel Rajman, Résistant d’origine juive polonaise, 21 ans, un des cadres du groupe Manouchian, exécuté le 21 février 1944

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10 février 2022 4 10 /02 /février /2022 06:28

 

Le 8 février 1962, des dizaines de milliers de participants défilent dans Paris en riposte aux attentats de l’OAS commis la veille. Lors de la dispersion, le piège tendu se referme sur les manifestants.

 

 

Presque 19 h 30, la nuit est déjà tombée sur le boulevard Voltaire, à Paris. Il fait un froid glacial ce 8 février 1962, quand les cortèges de milliers de manifestants pacifiques se rejoignent, clamant « OAS assassins ! Le fascisme ne passera pas ! » La veille, une série d’attentats commis par l’OAS a secoué la capitale. Ont été visés les domiciles de deux professeurs de droit – Roger Pinto et le doyen Georges Vedel –, du journaliste Serge Bromberger qui écrivait pourtant dans le très droitier Figaro, de l’écrivain communiste Vladimir Pozner, gravement blessé, et du sénateur PCF Raymond Guyot, dont l’épouse Fernande est également blessée.

Un choc, d’une dimension émotionnelle exceptionnelle

Les Parisiens sont hélas habitués depuis quelques mois à ces plastiquages. Mais le choc est plus important ce jour-là, car doublé d’une dimension émotionnelle exceptionnelle : une enfant, Delphine Renard, 4 ans, est défigurée. La photo de son visage ensanglanté émeut l’opinion. Syndicats et organisations de gauche, à la notable exception du parti socialiste (SFIO), appellent à une manifestation de protestation, dès le lendemain. Son interdiction par le gouvernement, dont le sinistre préfet Papon n’est qu’un exécutant, n’a pas découragé les dizaines de milliers d’antifascistes et militants pacifistes. La place de la Bastille, point de rassemblement annoncé, a été depuis l’après-midi investie par d’importantes forces de répression. Les bouches de métro aux alentours sont bouclées. Mais d’autres points de rassemblement ont été prévus, sans publicité.

Icon Quote Les corps de ceux qui furent assommés furent jetés par-dessusla rambardesur la masse des gens bloquésdans la bouche. »LE MONDE DU 10 FÉVRIER 1962

Alors que la manifestation touche à sa fin, le début du cortège s’arrête un peu plus haut que le croisement d’avec la rue de Charonne. Les organisateurs appellent à la dispersion dans le calme. Soudain, les manifestants qui faisaient cercle autour des orateurs, tournant la tête, alors que d’autres s’apprêtent déjà à quitter les lieux, voient le dispositif policier foncer vers eux : brigades d’interventions avec leurs longs bidules de bois, cars de police sur la chaussée et sur les trottoirs. Léo Figuères, grande figure de la Résistance et des luttes anticoloniales, ceint de son écharpe de conseiller général de la Seine, s’avance vers un commissaire pour l’informer de la dispersion. Il est durement matraqué, comme des centaines de manifestants qui refluent comme ils peuvent.

 

Les témoignages ne manquent pas

C’est le début d’un déferlement de violence. Les témoignages ne manquent pas. Ainsi, Claude Bouret décrit la scène dans le Monde du 10 février 1962 : « Bon nombre de personnes, voyant s’ouvrir sur leur chemin la bouche du métro Charonne, s’y engouffrèrent. La précipitation fut telle que les premiers rangs se trouvèrent écrasés au bas des escaliers par ceux qui se pressaient derrière eux, si bien que tous tombèrent les uns sur les autres, au point que les premiers se trouvèrent enfouis sous quinze couches humaines. (…) Un groupe de forces de l’ ordre, voyant la cohue devant la bouche du métro, s’acharna sur elle, matraquant d’abord les derniers manifestants qui cherchaient encore à s’engouffrer. Les corps de ceux qui furent assommés furent jetés par-dessus la rambarde sur la masse des gens bloqués dans la bouche et, pour finir, les policiers jetèrent sur ce tas humain des grilles d’arbres… »

L’Humanité et ses filiales payent un lourd tribut à la répression

On dénombre neuf morts, tous adhérents à la CGT, huit sont communistes, triste échantillon qui témoigne avec éloquence de la place des uns et des autres dans le combat antifasciste, et pour l’indépendance de l’Algérie. Parmi eux, trois femmes, ce qui ne s’était pas vu depuis la fusillade de Fourmies, le 1er mai 1891. Avec trois victimes dans leurs rangs, les équipes de  l’Humanité et de ses filiales payent un lourd tribut à la répression.

Parmi les centaines de blessés, certains sont atteints très gravement. Leur état va souvent nécessiter des soins intensifs et longs, parfois durant des années. Un agent de la RATP, Mohamed Aït Saada, 28 ans au moment de la manifestation, restera cloué sur un fauteuil roulant durant vingt et une années, avant de mourir des séquelles en 1983. Des rescapés, aujourd’hui encore, souffrent dans leur chair de cette répression. Sans compter les traumatismes psychiques.

La volonté de tuer des policiers et de leur hiérarchie est évidente.  L’Humanité du lendemain matin, qui ne dispose, à ce moment-là, évidemment pas de tous les éléments d’information, donne néanmoins de premiers détails terrifiants. Quant au gouvernement, Roger Frey, ministre de l’Intérieur, réagit avec un cynisme abyssal et désigne les coupables : les manifestants, nommés pour la circonstance « émeutiers ».

L’opinion bascule massivement en faveur de l’arrêt de la guerre d’Algérie

Une protestation se met rapidement en place. Dès le 9 février débrayages et mouvements de grève rassemblent plus de deux millions de participants. L’opinion bascule massivement en faveur de l’arrêt immédiat de la guerre d’Algérie. Le mardi 13 février, les syndicats appellent à un arrêt national de travail d’une demi-journée. Le peuple de Paris organise des obsèques grandioses à ses martyrs. Un million de personnes accompagnent leurs cercueils de la Bourse du travail au Père-Lachaise.

Un peu plus d’un mois après le massacre de Charonne, le 18 mars, les accords d’Évian seront signés, le cessez-le-feu prendra effet le lendemain. Aux centaines de milliers de morts algériens, aux 20 000 soldats français, aux 2 000 victimes de l’OAS, le peuple de Paris avait ajouté neuf de ses enfants, tombés sous les coups de la police du préfet Maurice Papon.

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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 11:11
Brest - commémoration du 60e anniversaire du massacre de Charonne le 8 février 2022 rue Daniel Féry, 17h30, à l'invitation du PCF
Brest - commémoration du 60e anniversaire du massacre de Charonne le 8 février 2022 rue Daniel Féry, 17h30, à l'invitation du PCF
Brest: commémoration du massacre de Charonne
 
Le 8 février 1962, une manifestation pour la paix en Algérie est sauvagement réprimée par la police. Cette journée qui restera dans les mémoires comme le « massacre du métro Charonne » fera 9 morts et plus de 250 blessés.
 
Le 7 février 1962, l’OAS fait exploser dix charges de plastic à Paris. Sont visés des intellectuels, des journalistes et des élus communistes engagés en faveur de la paix. On relève plusieurs blessés graves. Les organisations syndicales CGT, CFTC, FEN et UNEF appellent alors à un rassemblement à Bastille dès le lendemain contre les « tueurs fascistes » de l’OAS et pour « imposer la paix en Algérie ». Le PCF, le PSU (Parti Socialiste Unifié) et le Mouvement de la paix se joignent à l’appel. Ils sont rejoints par les organisations de jeunes le MJCF, UEC, UJFF (Union des Jeunes Filles de France, organisation féminine du MJCF) et JSU (Jeunesse Socialiste Unifié).
 
La police, dirigée par le préfet Maurice Papon, a reçu l’ordre de ne tolérer aucun rassemblement et de « faire preuve d’énergie » contre les manifestants.
 
Le bilan de ces violences policières est lourd. On dénombre 8 morts et plus de 250 blessés. Parmi les blessés, Maurice Pochard, 48 ans, décèdera le 20 avril des suites de ses blessures. Le bilan final est donc de 9 morts, tous adhérents à la CGT dont 8 étaient également membres du PCF.
 
Au niveau national  la mémoire de ce drame est notamment entretenu par le « Comité vérité et justice pour Charonne » mis en place par la CGT et le PCF.
 
A l'occasion du soixantième anniversaire de ce massacre il nous parait important de commémorer ce massacre. Aussi nous vous proposons de vous associer à un dépôt de gerbe qui aura lieu le 8 février à17h 30 à l'entrée de la rue Daniel Féry (du nom de la plus jeune des victimes qui avait 15 ans ) face à l'ancien LIDL de St Pierre
 
Brest - commémoration du 60e anniversaire du massacre de Charonne le 8 février 2022 rue Daniel Féry, 17h30, à l'invitation du PCF
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30 janvier 2022 7 30 /01 /janvier /2022 06:57
Entretien avec l'écrivain Eric Vuillard à l'occasion de la sortie de son livre sur le colonialisme français en Indochine: "Une sortie honorable" (Muriel Steinmetz, L'Humanité, 28 janvier 2022)
Éric Vuillard : « La colonisation est un ensemble de crimes »

Dans Une sortie honorable Éric Vuillard, Goncourt 2017, revient avec force sur la guerre d’Indochine qui ouvrit la porte aux États-Unis dans leur guerre du Vietnam. Deux défaites méritées qu’il dissèque à l’aide de documents interprétés avec une verve imparable.

Publié le Vendredi 28 Janvier 2022
Muriel Steinmetz - L'Humanité
 

Né à Lyon en 1968, Éric Vuillard avait 7 ans quand, en 1975, les États-Unis essuyèrent une défaite cuisante dans l’épouvantable guerre du Vietnam, laquelle succédait à celle dite d’Indochine, conclue sur la défaite subie à Diên Biên Phu par l’armée française en 1954. Une sortie honorable constitue une sorte d’enquête menée après coup sur ces événements historiques d’une importance capitale au chapitre de la décolonisation. Pour l’écrivain qu’est Éric Vuillard, l’archive et le document, écrits, visuels ou sonores, offrent – par effet de montage – un tremplin idéal à un imaginaire qui permet d’explorer l’oubli et de battre en brèche les idées reçues de la propagande.

Une sortie honorable se lit comme un roman, tout en relevant d’une réflexion politique chimiquement pure. Le récit s’ouvre sur la visite d’inspection effectuée en Indochine, en juin 1928, dans une plantation de caoutchouc appartenant à la firme Michelin. Les inspecteurs du travail – les premiers nommés là-bas – découvrent des coolies durement malmenés, voire torturés. La barre de justice est de rigueur, tandis que sévit « une épidémie de suicides » dans le personnel « indigène ». Sadisme et cruauté règnent sans partage. Mêlant les séquences avec brio, l’auteur suit alors à la trace banquiers, politiciens et militaires de haut rang dans les différentes phases du conflit à venir, lequel finira en débâcle à Diên Biên Phu, après des mois de poudre et de sang. Cela semble écrit à l’aide d’une caméra embarquée, tandis que se fait jour, en permanence, la plus sourcilleuse démonstration du rôle des puissances de l’argent.

C’est chez lui une constante. En 2017, dans l’Ordre du jour (Actes Sud), ouvrage couronné par le prix Goncourt, il mettait l’accent sur le rôle joué par les grands industriels allemands dans l’installation des nazis au pouvoir et durant l’Anschluss. Dans 14 Juillet (Actes Sud, 2016), c’est encore à partir d’archives qu’il recréait l’événement révolutionnaire au nom de ceux d’en bas, donnant ainsi un visage à une foule de héros anonymes. En 2019, dans la Guerre des pauvres (Actes Sud ), il passait au crible les instantanés de la lutte âpre, dans l’Allemagne du XVI e siècle, entre les tenants de l’ordre social et ce qu’on nommait « la plèbe », dirigée par Thomas Münzer. Éric Vuillard répond ici à nos questions sur Une sortie honorable.

Votre livre a trait à ce qui fut la guerre d’Indochine. C’est une plongée dans le dessous des cartes d’un conflit passablement oublié…

On entend souvent dire que, ça y est, la colonisation est désormais reconnue pour ce qu’elle est, on en aurait enfin pris la mesure. C’est impossible. La colonisation est ce que Mauss (Marcel Mauss, 1872-1950, le « père de l’anthropologie française » – NDLR) appelait un fait social total, mais ce fait social est un ensemble de prédations, de crimes, il a donc pour caractéristique de se nier, de mentir.

C’est ce à quoi on assiste dans le premier chapitre, lors de la visite de l’inspection du travail. Les directeurs ne cessent de dissimuler, d’essayer de donner le change. Ainsi, lorsqu’on découvre un coolie attaché, fouetté, et qu’ils sont pris en flagrant délit de torture, le directeur trouve encore le moyen de courir vers la victime et de crier : « Pourvu qu’il ne se soit pas mutilé ! »

Je n’ai pas inventé cette réplique, je l’ai trouvée telle quelle dans le rapport de l’inspection du travail. Elle est l’une des formes les plus indécentes de la dénégation. Il ne faut pas s’y tromper, cette dénégation n’a rien d’extraordinaire, au contraire, elle est la règle. Après tout, n’est-ce pas ce que nous raconte Tolstoï dans Résurrection, comment un riche propriétaire, mondain, frivole, vivant de ses rentes, poussé par les circonstances, prend brusquement conscience de l’horreur du servage après l’avoir superbement ignorée ?

Lorsque Alfred Jarry met en scène la tyrannie du père Ubu, il donne une description de la domination

À l’inverse des idées reçues dans la plupart des journaux de l’époque, d’une guerre indispensable contre le communisme, vous mettez en relief son caractère inéluctable, en liaison avec une exploitation coloniale extrêmement cruelle et le pouvoir de la société Michelin et de la Banque d’Indochine… Une guerre pour le caoutchouc et les actionnaires.

J’essaie de raconter une petite comédie humaine, avec les planteurs, les politiciens, les militaires, les banquiers, toutes sortes de personnages. Mais vous avez raison, par-delà les cadres, les directeurs, les actionnaires même, Michelin et la Banque d’Indochine forment des organismes à part entière, des entités économiques, politiques qui ne se résument pas à des destins privés, à tel ou tel dirigeant, tel ou tel cadre. Si l’on s’en tient uniquement à la culpabilité de tel ou tel, on se contente alors de parler d’abus, de bavure, on reste dans le registre complaisant de l’exception.

Vos descriptions des débats de la Chambre des députés, dont vous tracez souvent des portraits à l’eau-forte, font penser à du Daumier par écrit…

Lorsque je compare Édouard Herriot à un dindon, que je le décris brinquebalant, pantagruélique, je tente de décrire deux choses à la fois : le corps et le rôle, l’homme et le maire de Lyon, je fais le portrait du pouvoir, de sa morphologie monumentale. Lorsque Rabelais énumère ses dynasties prodigieuses, énormes, lorsque Jarry met en scène la tyrannie brutale du père Ubu, ils me semblent donner tous les deux une description fidèle et révélatrice de la domination. C’est aussi une façon de se protéger, de se tenir à distance, de conjurer l’envoûtement du pouvoir.

Devant vos œuvres, en général, on se dit qu’il s’agit à la fois, du travail du romancier, de l’historien, voire du journaliste réfléchissant après coup… Comment définiriez-vous votre approche si singulière ?

Dans le Procès, de Franz Kafka, le lecteur fait, pour la première fois peut-être, l’épreuve d’une représentation inquiétante mais réaliste ; le fantastique semble jaillir du monde social lui-même, comme une sorte de menace incorporée à la hiérarchie tout entière. Le temps passe, et l’on dirait pourtant que ce livre parle encore de nous, c’est comme si le récit se dépouillait lentement de la fiction, comme s’il devenait réel, et que chacun d’entre nous devait, du coup, se débarrasser comme il le peut de la fable.

Je voulais tenir ensemble les deux versants de la vie sociale, le manœuvre à côté du banquier

ll est flagrant qu’un tel projet d’écriture requiert une énorme consultation d’archives. Quelles ont été vos sources ?

Je m’appuie sur toutes sortes de sources, procès-verbaux, rapports, photographies… Il existe aussi des documents dont le rôle est plus général, plus difficile à définir. Ainsi, j’étais tombé sur un petit film des frères Lumière, Enfants ­annamites ramassant des sapèques à la pagode des dames. Il date de 1900. On y voit deux dames en blanc, vêtues de dentelles, sortir de leurs petits réticules des poignées de piécettes qu’elles lancent à la volée. Des enfants les ramassent, ce sont des petits mendiants vietnamiens, vêtus de loques. Il faut environ huit cents sapèques pour faire vingt sous, c’est dire qu’elles leur lancent des miettes. Ce petit film muet, innocent, signale quelque chose de très profond, il permet de saisir l’inconscient colonial.

On est frappé, à la lecture, par un découpage du récit proprement cinématographique, séquence après séquence se répondant. L’avez-vous pensé ainsi ? Quel film formidable ce serait, avec un substrat éminemment politique !

Pour décrire la vie, l’activité en Indochine, il fallait, grâce à ce qu’on appelle la composition, la narration, le montage tel que le cinéma nous l’enseigne, essayer de tenir ensemble les deux temps : celui du travail forcé, des mauvais traitements, des coolies torturés, et celui des séances à l’Assemblée, celui des conseils d’administration feutrés. Afin de dresser un portrait plus complet, plus terrible aussi, je voulais tenir ensemble les deux versants de la vie sociale, mettre l’Assommoir avec l’Argent, Coupeau face à Saccard, le manœuvre à côté du banquier.

La position coloniale incline à sous-estimer l’adversaire. Les militaires français appelaient Giap « le petit professeur d’histoire »

L’entretien de 1951 à la télévision américaine, où l’on voit et entend le général de Lattre de Tassigny demander de l’aide, est en soi un morceau de bravoure dramaturgique. Tout y est exact, n’est-ce pas ?

Cette émission est en réalité un acte de guerre, elle participe à la guerre froide. Le général de Lattre y est invité à l’occasion d’une tournée aux États-Unis, on voulait « internationaliser le conflit ». Mais pour bien le comprendre, il fallait écrire l’émission, la raconter, en parcourir les veines subtiles. Mon livre ne fait que reprendre les répliques de la présentatrice, les gesticulations du général de Lattre, je n’ajoute rien, car ce qui est intéressant, c’est de sentir soudain, en écrivant, le canevas, la structure discrète d’un entretien politique. L’ordonnance a priori libre et parfois abrupte des questions apparaît brusquement pour ce qu’elle est, planifiée, complaisante. L’émission, malgré sa neutralité de façade, n’est pas tant destinée à éclaircir des problèmes, à informer sur le rôle de la France au Vietnam, qu’à catéchiser le spectateur. Souvenez-vous de la scène des comices agricoles dans Madame Bovary, du discours du conseiller. Une émission de télévision est à certains égards la même chose. L’ironie littéraire tente de dissiper un peu la séduction, le prestige, de montrer combien cela n’est pas aussi sérieux que ça en a l’air, qu’il existe des coulisses, des tréteaux, des techniciens, une préparation, des intérêts, bref, que la télévision ne peut être réduite à son petit rectangle de lumière.

Et, après tout, entre le discours réel du général de Lattre à la NBC, écouté par dix millions de spectateurs, et le discours officiel du conseiller aux comices agricoles, écouté par deux cents paysans et vingt bourgeois enrichis dans le roman de Flaubert, il n’y a peut-être pas tellement de différence. Le grotesque et la matoiserie sont en réalité les mêmes. On pourrait d’ailleurs le comparer à n’importe quel discours d’aujourd’hui. Tenez, ceci : « Nos grands centres manufacturiers ont repris leur activité… nos ports sont pleins, la confiance renaît, et enfin la France respire ! » Ne dirait-on pas un bilan présidentiel, une campagne électorale ? Pas besoin d’écrire des discours, il suffit de retirer les didascalies méchantes, réalistes, Macron pourrait réciter la scène des comices agricoles à chacun de ses meetings, personne ne s’en rendrait compte.

Vous voyez-vous comme un écrivain donnant à réfléchir sur le monde, à l’inverse de toute manipulation idéologique à des fins réactionnaires ?

Nous baignons tous dans l’idéologie. Dans son fameux Bloc-notes, Mauriac a eu le courage d’écrire : « Je ne leur en veux pas à ses insulteurs, moi qui ne me suis ému que si tard, et dont le cœur est demeuré de pierre pendant tant d’années… » C’est un passage que je trouve particulièrement émouvant. Car la modestie de Mauriac, cet aveu , « moi qui ne me suis ému que si tard… », est aussi une forme de réalisme, nous prenons toujours les choses en route. Même les choix les plus décisifs emportent avec eux un peu de « trop tôt et trop tard ».

En quoi paraît exemplaire le fait que le général Giap, à la tête des armées de la République populaire du Vietnam, ait pu magistralement l’emporter sur Saint-Cyr et West Point ?

La position coloniale incline à sous-estimer l’adversaire. Les militaires français appelaient Giap « le petit professeur d’histoire ». Cela ne permettait pas d’y voir clair. On sait que Giap lisait les grands stratèges, il suffit d’ailleurs de l’écouter parler, et d’écouter de Lattre à la télévision, pour faire aussitôt la différence. Cela se voit même sur les photographies. Giap est un type normal, il ne se prend pas pour un maréchal de France. Regardez sur la couverture de mon livre le général de Castries, rejeton de la vieille noblesse, il prend l’héritage pour un destin. Sur cette photographie, il vient de perdre la guerre, il revient du camp de prisonniers et donne sa première conférence de presse. Mais ce qu’il trouve de mieux à faire, c’est d’enfiler aussitôt un costume chic et de se munir d’un fume-cigarette. Voyez la morgue, le degré inouï de satisfaction qu’il montre sur cette photographie. Imaginez ce que cela serait s’il avait pu gagner la guerre !

Une sortie honorable, d’Éric Vuillard, Actes Sud, 200 pages, 18,50 euros.
Entretien avec l'écrivain Eric Vuillard à l'occasion de la sortie de son livre sur le colonialisme français en Indochine: "Une sortie honorable" (Muriel Steinmetz, L'Humanité, 28 janvier 2022)
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29 janvier 2022 6 29 /01 /janvier /2022 06:52
Dessin de Wolinski dans les années 70. Dessin alimentaire? Sans doute. Mais aussi dessin de conviction d'un artiste sympathisant communiste, collaborateur de longue date de l'Humanité et d'autres journaux de la presse communiste, Wolinski, tué dans le massacre à Charlie Hebdo avec Charb, un autre compagnon de route, et d'autres dessinateurs, journalistes, policiers, victime du combat pour la liberté d'expression et de blasphème.

Dessin de Wolinski dans les années 70. Dessin alimentaire? Sans doute. Mais aussi dessin de conviction d'un artiste sympathisant communiste, collaborateur de longue date de l'Humanité et d'autres journaux de la presse communiste, Wolinski, tué dans le massacre à Charlie Hebdo avec Charb, un autre compagnon de route, et d'autres dessinateurs, journalistes, policiers, victime du combat pour la liberté d'expression et de blasphème.

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26 janvier 2022 3 26 /01 /janvier /2022 12:37
Vidéos du débat sur la Commune de Paris organisé à la fête de l'Humanité Bretagne par Les Belles Rouges du PCF 22 avec Hugo Rousselle, auteur avec Dugudus du livre "Nous, la Commune"

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26 janvier 2022 3 26 /01 /janvier /2022 06:32
Aragon, il y a 40 ans, une nuit ou l’autre - Valère Staraselski, L'Humanité, 24 janvier 2022
Aragon, il y a 40 ans, une nuit ou l’autre - Valère Staraselski, L'Humanité, 24 janvier 2022
Aragon, il y a 40 ans, une nuit ou l’autre

À l’occasion du 40e anniversaire de sa disparition, la maison Elsa Triolet-Aragon rend hommage à Louis Aragon tout au long de l’année 2022.

Publié le Lundi 24 Janvier 2022 - L'Humanité
 

« Ainsi Chaplin est mort dans la nuit de Noël. Cela devait bien arriver, une nuit ou l’autre, cela arrive à tout le monde. » écrivait Aragon dans L’Humanité du 25 décembre 1977 à propos du décès du génial acteur-réalisateur britannique. Pour Louis Marie Alfred Aragon, cela est arrivé un 24 décembre. En 1982, il y a 40 ans.

Qu’est-ce qu’Aragon, qu’est-ce que l’écrivain Aragon ? Ceci par exemple : un étudiant me déclare que lire de grands romanciers l’incite à lire d’autres romanciers et que lire les romans d’Aragon déclenche en lui le désir d’écrire. Voilà, je crois, une parole qui serait allée droit au cœur de celui qui affirmait : « Et tout de même dans les choses écrites, le caractère le plus important pour moi est l’invention. » L’invention ou, autrement dit, le passage d’une écriture véhicule à une écriture qui cherche et qui, cherchant, devient « instrument de connaissance ». De co-naissances, de naissances simultanées du lecteur et de ce qu’il ne voyait pas auparavant. Une littérature qui permet de découvrir en vous mettant vous-même en état de découverte. La littérature, cet« être qui entraîne le savoir au-delà de l’avoir. » Soudain, dans le chemin, comme une clairière… On apprend à perte de vue en lisant Aragon, sur le monde, ses espoirs et ses déboires, sur ses ressorts et sur soi-même : « Aimer et être aimé tout le reste n’est que feuille morte » …

Après sa mort, sa militance communiste l’aura laissée, lui et son œuvre prolifique et exigeante, souvent dérangeante, quelques décennies en enfer puis peu à peu au purgatoire. Que d’injures, de moqueries, de mépris, pire, de silence à son égard ! Bref d’ignorance : « On ne comprend pas alors on accuse ! »  écrivait - il déjà dans les années 30. A tel point qu’il s’est parfois trompé sur son œuvre. Ou plus précisément quant à la réception de celle-ci. Peut-être, dans un moment de doute envahissant, conjurait-il l’avenir, en prédisant dans La Mise à mort« De toute façon, il n’y a le choix qu’entre l’injure et l’oubli ou l’intégration au système qui l’emportera dans l’administration des choses humaines. » Oui, l’auteur de La Semaine sainte se trompait, parce qu’en vérité, ça a fini par se voir, par se savoir, par s’apprécier qu’on a affaire à un grand classique, donc à un auteur résolument moderne. Donc vivant !

Mardi 25 janvier de 14 heures à 17 heures, dans l’auditorium du Petit Palais à Paris. L’actrice Ariane Ascaride y donnera une lecture d’Aragon puis, figure du street art, Hopare réalisera le portrait du poète. Le Jeune Théâtre du Corps Pietragalla-Derouault, quant à lui, fera vivre la poésie de l’auteur du Paysan de Paris dans une performance théâtrale dansée. Enfin, tirant son nom de vers poétiques de l’œuvre de cet écrivain inclassable, Cet Étrange Éclat, jeune ensemble exclusivement composé de basses, donnera un concert de musique baroque pour rendre hommage à l’un des artistes les plus mis en musique…

 

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23 janvier 2022 7 23 /01 /janvier /2022 08:55
Hommage à Tanguy Prigent ce samedi 22 janvier à Saint-Jean-du-Doigt (photos Pierre-Yvon Boisnard et Ismaël Dupont)
Hommage à Tanguy Prigent ce samedi 22 janvier à Saint-Jean-du-Doigt (photos Pierre-Yvon Boisnard et Ismaël Dupont)
Hommage à Tanguy Prigent ce samedi 22 janvier à Saint-Jean-du-Doigt (photos Pierre-Yvon Boisnard et Ismaël Dupont)
Hommage à Tanguy Prigent ce samedi 22 janvier à Saint-Jean-du-Doigt (photos Pierre-Yvon Boisnard et Ismaël Dupont)
Hommage à Tanguy Prigent ce samedi 22 janvier à Saint-Jean-du-Doigt (photos Pierre-Yvon Boisnard et Ismaël Dupont)
Hommage à Tanguy Prigent ce samedi 22 janvier à Saint-Jean-du-Doigt (photos Pierre-Yvon Boisnard et Ismaël Dupont)
Hommage à Tanguy Prigent ce samedi 22 janvier à Saint-Jean-du-Doigt (photos Pierre-Yvon Boisnard et Ismaël Dupont)
Hommage à Tanguy Prigent ce samedi 22 janvier à Saint-Jean-du-Doigt (photos Pierre-Yvon Boisnard et Ismaël Dupont)
Hommage à Tanguy Prigent ce samedi 22 janvier à Saint-Jean-du-Doigt (photos Pierre-Yvon Boisnard et Ismaël Dupont)
Hommage à Tanguy Prigent ce samedi 22 janvier à Saint-Jean-du-Doigt (photos Pierre-Yvon Boisnard et Ismaël Dupont)

Honoré d'avoir pu participer en y représentant les communistes finistériens (avec mon camarade Jean-Claude Postic) à Saint-Jean-du-Doigt à l'hommage à Tanguy Prigent, organisé par le PS du Trégor sur l'invitation de Jérôme Calmels et celle de la maire de Saint-Jean-du-Doigt, Maryse Tocquer, qui ont tous deux prononcé des discours d'hommage, avec le sénateur Jean-Luc Fichet et Georges Lostanlem.

Tanguy Prigent restera à jamais un très grand militant de la gauche bretonne et française, jeune syndicaliste paysan ardent à la défense des petits paysans, militant antifasciste, du Front Populaire, et pour l'Espagne Républicaine, plus jeune député de France pendant le Front Populaire, il a fait le bon choix en refusant les pleins pouvoirs a Pétain et est devenu un des chefs de la résistance finistérienne, puis un grand ministre de l'agriculture à la Libération.

L'hommage qui lui a été rendu à Saint Jean du Doigt est amplement justifié, d'autant que la crise sanitaire a empêché de l'honorer pour les 50 ans de son décès.

Ces militants du progrès social et d'origine populaire comme le socialiste Tanguy Prigent ou le communiste Rol-Tanguy, tous deux de la région de Morlaix, honorent l'histoire de la gauche et du pays et nous servent de boussoles et de modèles pour nos combats d'aujourd'hui.

Ismaël Dupont - 23 janvier 2022

Photos Pierre-Yvon Boisnard et Ismaël Dupont

Saint Jean du Doigt Hommage à François -Tanguy Prigent samedi 22 janvier 2022 Publiée le 22 janv. 2022

Lire aussi:

Jean-Paul Sénéchal nous raconte un Tanguy Prigent d'unité et de combat pour le progrès social et contre le fascisme - le Front Populaire dans le Finistère

Diaporama de Pierre-Yvon Boisnard, 22 janvier 2022 - Hommage à Tanguy Prigent

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