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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 07:56

Retrouvez sur notre chaîne YouTube Rouge Finistère PCF29 notre nouvelle vidéo d’éducation populaire

A l’occasion des 30 ans de la chute du Mur de Berlin et de la fin de la RDA, conférence-débat avec Saskia HELLMUND, qui nous parla de la RDA « ex Allemagne de l’Est » où elle est née et a vécu sa jeunesse et étudié, sur la base des deux livres qu’elle a déjà publiés:

– La fille qui venait d’un pays disparu

– Pays perdu, pays choisi. Journal d’une jeune Allemande de l’est (chez Skol Vreizh)

Saskia est née en 1974 en RDA et a fait des études d’histoire à Leipzig, Berlin et Paris. Après un doctorat sur la médiation culturelle transfrontalière, elle a enseigné à la Sorbonne. Depuis 2012, elle est installée en Bretagne, dans la Baie de Morlaix. L’été, y travaille comme guide touristique et guide de randonnée, l’hiver, elle enseigne sa langue maternelle à l’UCO de Guingamp. En ce moment, elle prépare la création d’une pièce de théâtre sur la chute du Mur vue de l’Est.

N’hésitez pas à liker et à partager massivement nos vidéos et à vous abonner à notre chaîne YouTube Rouge Finistère PCF29

https://m.youtube.com/chann…/UC_JA1gtX_4_vDNQiU5SbkyQ/videos

#RougeFinisterePCF29
#EducationPopulaire

 

A l’occasion des 30 ans de la chute du Mur de Berlin et de la fin de la RDA, conférence-débat avec Saskia HELLMUND, qui nous parla de la RDA « ex Allemagne de l’Est » où elle est née et a vécu sa jeunesse et étudié, sur la base des deux livres qu’elle a déjà publiés: – La fille qui venait d’un pays disparu – Pays perdu, pays choisi. Journal d’une jeune Allemande de l’est (chez Skol Vreizh) Saskia est née en 1974 en RDA et a fait des études d’histoire à Leipzig, Berlin et Paris. Après un doctorat sur la médiation culturelle transfrontalière, elle a enseigné à la Sorbonne. Depuis 2012, elle est installée en Bretagne, dans la Baie de Morlaix. L’été, y travaille comme guide touristique et guide de randonnée, l’hiver, elle enseigne sa langue maternelle à l’UCO de Guingamp. En ce moment, elle prépare la création d’une pièce de théâtre sur la chute du Mur vue de l’Est.

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19 décembre 2019 4 19 /12 /décembre /2019 09:47

 

La réforme des retraites annoncée en 2019 a provoqué depuis plusieurs semaines un mouvement social. Sommes-nous face à une rupture historique ? Le Centre d'histoire sociale a posé la question à Michel Pigenet, historien, Professeur émérite d'histoire contemporaine.

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12 décembre 2019 4 12 /12 /décembre /2019 16:28
Marie-Claude Vaillant Couturier en 1945

Marie-Claude Vaillant Couturier en 1945

Marie-Claude Vaillant-Couturier, née Vogel
03/11/1912 - 11/12/1996


Résistante, communiste, arrêtée par la police de Vichy, livrée à la Gestapo et déportée à Auschwitz-Birkenau, dans le convoi du 24 janvier 1943 des 230 résistantes qui entrent dans le camp en chantant la Marseillaise, puis à Ravensbrück. Elle refuse de rentrer en France à la libération de Ravensbrück tant qu’il reste sur place des déportés français malades, femmes ou hommes, et elle ne revient que le 25 juin 1945, deux mois après sa libération.Elle témoigne au procès de Nuremberg en 1946 et au procès de Barbie en 1987.
Elle fut une des dirigeantes de la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes, membre de l’Amicale d’Auschwitz, première présidente de la Fondation pour la mémoire de la déportation, secrétaire de la Fédération démocratique internationale des femmes, vice-présidente de l’ Union des femmes françaises, élue députée PCF, vice-présidente de l’Assemblée nationale

 

 

Elle a planté ses yeux dans ceux des nazis

DANY STIVE

JEUDI, 7 MAI, 2015

L'HUMANITÉ

"Une vie de résistante, Marie-Claude Vaillant-Couturier", de Gérard Streiff.

Marie-Claude Vaillant-Couturier, rescapée d’Auschwitz, témoin à Nuremberg, militante communiste.

Quand elle entre dans la salle du procès des dirigeants nazis à Nuremberg le 28 janvier 1946, Marie-Claude Vaillant-Couturier aimante tous les regards. Cette belle et grande femme blonde aux yeux bleus, plutôt que s’avancer vers la barre où le président du tribunal vient de l’appeler, se dirige droit vers les bancs des accusés. Plantant ses yeux dans ceux des dignitaires nazis, cette femme sortie de l’enfer concentrationnaire sept mois auparavant défie les responsables de la solution finale. Avec elle, est entré dans cette salle le « terrible cortège de tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l’un des nôtres » (1). À la barre, elle apostrophe les responsables nazis : « Regardez-moi car, à travers mes yeux, ce sont des centaines de milliers d’yeux qui vous regardent, par ma voix, ce sont des centaines de milliers de voix qui vous accusent. »

Par cette scène initiale, Gérard Streiff ouvre une biographie rapide et bien enlevée de cette communiste hors du commun à l’usage des jeunes lecteurs. Autant dire que, en suivant les pas de Marie-Claude Vaillant-Couturier, on arpente le monde du XXe siècle. Photographe, journaliste, militante infatigable, pacifiste et féministe, élue communiste, elle a voyagé de par le monde et traversé les classes sociales. Issue de la bourgeoisie éclairée, elle rejoint les rangs des révoltés refusant les inégalités. Difficile avec un tel personnage, dans un texte si court, de ne pas verser dans l’hagiographie. L’auteur y parvient en refusant de l’enfermer dans la légende, mais en décrivant une femme « unique, engagée, habitée par la passion politique, d’une incroyable vitalité, élégante et discrète, humble mais tenace, simple et altière à la fois. Une sorte d’aristocrate rouge qui semble sortie d’un roman de Jean Vautrin ». Marie-Claude Vaillant-Couturier n’entrera pas au Panthéon en ce mois de mai, François Hollande ayant choisi d’autres personnalités pour féminiser un peu ce temple républicain si masculin. À lire ce portrait, on comprend qu’il a fait une erreur. Raison de plus pour encourager sa lecture par les plus jeunes.

(1) Discours d’André Malraux pour l’entrée au Panthéon des cendres de Jean Moulin.

 

Paul Vaillant-Couturier: L'autre figure communiste du Front populaire (Patrick Appel-Muller)

Il y a 23 ans disparaissait Marie-Claude Vaillant-Couturier
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12 décembre 2019 4 12 /12 /décembre /2019 06:12
Marcel Zaidner (photo L'Humanité)

Marcel Zaidner (photo L'Humanité)

Disparition. Marcel Zaidner, une vie au service du communisme
Jeudi, 12 Décembre, 2019

Longtemps dirigeant national en charge de la section cadres, l’ancien responsable départemental du PCF dans le Val-de-Marne est décédé à l’âge de 89 ans.

 

Militant communiste fidèle jusqu’au bout à ses engagements de jeunesse, Marcel Zaidner est décédé. Comme Henri Malberg, Henri Krazucki, Roger Trugnan et bien d’autres militants de cette trempe, il appartenait à cette génération de jeunes Parisiens, d’origine juive de Pologne, qui ont rejoint le Parti communiste en 1945, au sortir d’une enfance pourchassée par les nazis allemands et français. Les parents de Marcel se nomment Lejb et Tauba. Fuyant les persécutions antisémites, le jeune couple s’installe à Paris en 1929, un an avant la naissance de leur fils. Sans emploi, ils travaillent comme maroquiniers à domicile. Les parents parlent en yiddish entre eux, mais français aux enfants, Marcel et sa sœur Renée. Marcel est très bon élève, avide de lecture, joue du violon. Lejb fréquente les associations progressistes juives et adhère au PCF. Plus tard, il parvint à ouvrir avec son beau-frère un atelier où travaillaient une dizaine de salariés. La guerre, l’invasion allemande, Pétain et voilà le racisme d’État à nouveau aux trousses de la famille Zaidner. Entré en Résistance, Lejb est arrêté et interné à Pithiviers, dont il s’évade. La famille quitte Paris pour l’Isère et réussit à gagner la Suisse.

De retour à Paris en 1945, Marcel Zaidner fréquente les jeunes communistes de Belleville, poursuit sa scolarité au lycée Colbert, puis travaille avec son père à l’atelier. En 1948, il adhère au PCF, où il ne cessera de militer et d’exercer diverses fonctions dans les 11e, 18e et 20e arrondissements. Dans les années 1950, il travaille comme fraiseur dans une entreprise d’Ivry-sur-Seine. En 1961, il est élu secrétaire de la fédération Seine-Sud du PCF, en remplacement de Georges Marchais qui vient d’intégrer la direction nationale. En 1970, Marcel Zaidner, qui entre-temps a été élu au comité central, devient responsable de la section des cadres. En 1979, il est l’adjoint de Charles Fiterman au secteur jeunesse et sport et le remplace quand celui-ci entre au gouvernement comme ministre des Transports, en 1981. En 1996, Marcel Zaidner quitte le comité central mais reste présent dans les débats qui agitent le PCF. Il s’engage fortement dans la lutte contre le racisme, dans la défense des sans-papiers et demandeurs d’asile. Ce combat faisait écho à son propre passé. Responsable des archives de la fédération PCF du Val-de-Marne, il est à l’origine de leur ouverture et de leur dépôt aux archives départementales. Ses obsèques auront lieu  samedi 14 décembre, à 9 h 30 au funérarium de Vitry, quai Jules-Guesde, puis à 11 h 30, au cimetière Monmousseau, à Ivry. L’Humanité exprime ses condoléances à son épouse, Jeanine, à ses filles, à tous ses proches.

Jean-Paul Piérot
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8 décembre 2019 7 08 /12 /décembre /2019 07:46
Jean Chatain en compagnie de deux militaires du FPR sur le pont de Rusumo au Rwanda (proche de la frontière avec la Tanzanie), début mai 1994.

Jean Chatain en compagnie de deux militaires du FPR sur le pont de Rusumo au Rwanda (proche de la frontière avec la Tanzanie), début mai 1994.

Disparition. Jean Chatain, un monument de l’Humanité nous a quittés
Vendredi, 6 Décembre, 2019

Des travaux de l’Assemblée nationale en France au génocide du Rwanda, il était un journaliste hors pair. Il est décédé ce 5 décembre, chez lui, dans son Berry natal. Il avait 77 ans. L’Humanité présente toutes ses condoléances à Françoise, son épouse, et à toute sa famille. L’incinération aura lieu mardi 10 décembre, à 16 heures, à Châteauroux. Hommage.

 

La nouvelle est tombée ce 5 décembre. Abrupte. Notre confrère, notre camarade, notre ami Jean Chatain a profité de la grève générale en France pour nous laisser. Au sein de la rédaction de l’Humanité, son journal de toujours, la peine et la tristesse sont immenses. Aussi bien chez les jeunes journalistes que chez les plus anciens, tant le travail de « Jeannot » – ainsi que nous l’appelions – a marqué les pages de l’Huma. Jean Chatain était un monument de l’Humanité. Un de ces journalistes si rares aujourd’hui qui avait une haute considération de cette profession et n’oubliait jamais la responsabilité qui lui était confiée, celle d’informer, parfois au péril de sa vie, comme au Rwanda.

Jean Chatain savait parler des petites gens, ceux qui souffrent et ceux qui luttent. Il avait ses convictions communistes chevillées au corps. Il ne les a jamais abandonnées.

Jean est né le 6 septembre 1942 à Argenton-sur-Creuse. Son enfance et son adolescence se passent à la campagne. Le père est meunier. Du collège d’Argenton, il passe au lycée de Châteauroux, étudie la sociologie à l’université de Poitiers puis obtient un certificat en ethnographie au musée de l’Homme. Il a 20 ans lorsque se termine enfin la guerre d’Algérie. À l’été 1964, il participe à un chantier de solidarité avec les jeunes algériens du Front de libération nationale (FLN). Il adhère d’abord au PSU, puis rejoint le Parti communiste français en 1966. Les luttes de libération dans le monde et l’anticolonialisme resteront ses boussoles. Y compris quand, en 1972, il devient secrétaire général de la revue Économie et politique, poste qu’il occupera sept années. En 1980, il intègre le service politique de l’Humanité comme journaliste parlementaire mais aussi en charge de la Nouvelle-Calédonie. En 1987, il publie un livre choc : les Affaires de M. Le Pen (Messidor) puis, en 1991 Pitchipoï via Drancy : le camp 1941-1944 (Messidor).

Au début des années 1990, il rejoint le service international de l’Huma, où il va apprendre à connaître et aimer l’Afrique. En 1994, il est l’envoyé spécial du journal au Rwanda, où il va produire un travail extraordinaire sur les lieux mêmes du génocide contre les Tutsis. Il s’y rend à deux reprises. En avril, dans l’est du pays, à Mulindi, puis en juillet à Kigali et dans le Nord. « On avait l’impression que la terre vomissait les corps, on marchait sur des cadavres. Et l’odeur ! Une des tactiques des tueurs : on tranchait le mollet, elles ne pouvaient ainsi plus se déplacer », témoigne-t-il alors. En 2007, il revient longuement sur ces questions dans Paysage après le génocide (le Temps des cerises), ouvrage impressionnant qui fait de lui l’un des spécialistes de cette question. Surtout, il pointe du doigt la responsabilité de la France officielle. On le verra ainsi témoigner lors de différents procès et s’élever contre « le négationnisme, une constante française », titre d’un article publié en décembre 2014 dans la revue les Temps modernes. Il a déposé aux archives de la Seine-Saint-Denis ses centaines de négatifs, photos réalisées au Rwanda et utilisées récemment par le Mémorial de la Shoah pour son exposition sur les génocides. Les éditions Izuba s’apprêtent à publier une compilation de ses articles sous le titre Nuit et brouillard sur le Rwanda.

Amoureux du cinéma américain et de polars, bon vivant devant l’éternel, Jeannot nous a surpris une fois de plus ce 5 décembre. Sa voix rugueuse, son érudition, son humour pince-sans-rire nous manquent déjà.

Pierre Barbancey
 
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27 novembre 2019 3 27 /11 /novembre /2019 07:07
La chronique cinéma d'Andrea Lauro - Patricio Guzmán: Transformer la mémoire personnelle en mémoire collective n’est pas impossible
La chronique cinéma d'Andrea Lauro - Patricio Guzmán: Transformer la mémoire personnelle en mémoire collective n’est pas impossible

Patricio Guzmán 

Transformer la mémoire personnelle en mémoire collective n’est pas impossible


Pour pouvoir parler de l’importance de Patricio Guzmán, et de son travail de documentariste, il faut nécessairement exposer en quelques lignes ce qui furent deux événements fondamentaux dans l’histoire du Chili : la montée au pouvoir d’Allende et le Coup d’État du 11 septembre 1973.


En 1970, malgré la forte opposition des États-Unis d’Amérique, Salvador Allende - leader du Parti unidad Popular - devint le premier président marxiste élu démocratiquement par le peuple. Son gouvernement accorda beaucoup d’importance aux politiques sociales et culturelles : il augmenta les salaires et les pensions minimales, réduisit les loyers, encouragea l’alphabétisation, favorisa les paysans et les petits entrepreneurs par des dégrèvements fiscaux, accorda le vote aux jeunes de 18 ans et aux analphabètes et redistribua la richesse au profit des plus pauvres. L’hostilité du gouvernement américain vis-à-vis de Allende est indiscutable : les USA, avec Richard Nixon à leur tête, considéraient en effet sa croissance politique comme extrêmement dangereuse, et pas seulement pour des raisons liées à l’idéologie, mais aussi pour les intérêts économiques énormes des États-Unis dans cette région.


En 1969 Patricio Guzmán, à l’époque des faits presque trentenaire, s’installe en Espagne de Santiago du Chili - sa ville natale - pour fréquenter l’École de Cinéma madrilène. Durant son adolescence, il eut la chance d’assister aux projections de certains documentaires que le public suivait avec un grand intérêt dans les salles de cinéma : C’est ainsi que la graine de la passion pour le genre documentaire commença à germer en lui. Entre 1965 et 1969, il réalisa quatre courts métrages, et ce n’est qu’en 1971, année de son retour au pays, qu’il dirigea le long métrage

El Primer Año, qui analysait les douze premiers mois du gouvernement Allende. Le réalisateur français Chris Marker (La jetée, court qui inspira Terry Gilliam pour L’Armée des 12 Singes), qui se trouvait de passage à Santiago lors de la sortie du film de Guzmán, offrit de le montrer en France et en Belgique, et deux ans plus tard, il livra au cinéaste chilien les bobines pour tourner la trilogie La Bataille du Chili. On était en 1973.

 

A l’aube du 11 septembre de cette même année, le général Augusto Pinochet, à la tête de l’armée, prit le pouvoir par un coup d’État militaire. La Moneda, le Palais présidentiel, fut attaquée par la terre et bombardée par des chasseurs de fabrication britannique. Salvador Allende est mort au cours de ce siège, mais les causes de son décès semblent toujours controversées : suicide ou meurtre? Entrer dans les méandres d’un mystère encore non résolu, ou dans le champ miné du rôle que les Américains ont joué dans ce Coup d’État, c’est trop nébuleux : en revanche c'est très clair ce qui s’est passé pendant les dix-sept années de dictature de Pinochet. La junte militaire, en organisant l’élimination de toutes les forces de l’opposition, transforma le stade national de Santiago en un immense camp de concentration où se produisirent des viols, des tortures et des interrogatoires inhumains. Environ 130 000 personnes subissaient des tortures, et le nombre de morts est un ballet de chiffres macabre, entre 3 500 et 17 000 (dont environ 3 000 disparus).


Guzmán lui-même fut capturé, menacé d’être fusillé et conduit dans le tristement célèbre Estadio Nacional, mais grâce à l’aide de sa femme et de ses amis, il réussit quinze jours plus tard à fuir cet enfer et, portant les pellicules de La Bataille du Chili, il commença à voyager à travers l’Europe.


Avec son ami Marker, il se mit à trouver des fonds pour le montage du film, mais l’aide économique ne vint pas du vieux continent, mais de Cuba. Guzmán partit donc pour La Havane où, plusieurs années plus tard, il termina sa trilogie sur la fin de la présidence d’Allende. La Batalla de Chile: la lucha de un pueblo sin armas, qui est divisée en trois parties - La insurrección de la burguesía (1975), El golpe de estado (1976), El poder popular (1979) - est considéré par beaucoup de critiques comme le plus beau documentaire chilien de tous les temps. Il a remporté de nombreux prix tant en Europe qu’en Amérique latine, il a été distribué dans 35 pays et a été défini par la revue américaine Cineaste « l’un des dix meilleurs films politiques du monde ». L’amour pour son pays et pour le Cinéma firent en sorte que Guzmán - bien qu’il ne revint jamais au Chili - continue à réaliser des œuvres de très grande envergure tant culturelle que politique, telles que : Chile, la memoria obstinada chile, 1997, qui traite de l’amnésie des gouvernants chiliens; El Caso Pinochet, 2001, axé sur la détention de l’ancien dictateur dans la prison de Londres; Salvador Allende, 2004, basé sur des vidéos de l’époque et sur des interviews de personnes qui avaient connu le président chilien depuis son enfance.

 

 Mais au-delà de l’indiscutable valeur historique, qu’est-ce qui rend les documentaires de Guzman si importants et spéciaux? Oui, parce que malgré l’existence des nombreux docu-films, les œuvres du réalisateur chilien restent gravées dans l’esprit comme une marque au feu. La forte empathie que le spectateur vit en assistant à ses travaux est certainement engendrée par un élément particulier : la poésie. Cet ingrédient, si étranger dans les films qui traitent des horreurs des dictatures, se rencontre principalement dans Nostalgia de la luz, 2010, et dans El botón de nácar, 2015. Deux merveilleuses œuvres dans lesquelles Guzmán revient explorer le passé politique de son pays en recourant à l’allégorie et à la métaphore, qui sont les seules formes acceptables tant pour le gouvernement que pour une bonne partie du peuple chilien. Sa voix off-champ raconte ses pensées profondes, et ses réflexions philosophiques accompagnent des images parfois déchirantes, parfois d’une beauté à couper le souffle.


Nostalgia de la luz parle de la distance entre le ciel et la terre, entre la lumière du cosmos et les êtres humains. Là-haut dans le désert d’Atacama, à trois mille mètres d’altitude, où la transparence de la voûte céleste permet de voir jusqu’aux confins de l’univers, des astronomes du monde entier se réunissent pour observer les étoiles. En bas, au contraire, où l’aridité du sol a préservé pour toujours des restes humains - momies, explorateurs, mineurs et os de prisonniers politiques - un groupe de mères désespérées enlève des pierres à la recherche des restes de leurs enfants.

 

Dans El botón de nácar, le langage de Guzmán devient encore plus allusif, obstinément lyrique, la splendeur de la nature ressort en nette opposition à la cruauté féroce de l’être humain. L’extermination des indigènes par les colons laisse en effet le pas à des atrocités bien plus proches de nos jours, lorsque des hommes et des femmes qui s’opposaient au régime, jetés à la mer par des hélicoptères et des avions comme des sacs-poubelles, ils trouvèrent dans l’Océan l’inhumation indigne.

 

Guzmán a fait du genre documentaire une métaphore de ses obsessions, et ses enquêtes sur : massacres de tribus entières, révolution chilienne, coup d’État de Pinochet et ses conséquences néfastes, sont une analyse claire et passionnée qui remue les consciences et entrave la dangereuse amnésie des peuples.

 

Grâce à la totalité de son œuvre, le réalisateur chilien réussit à démontrer que transformer la mémoire personnelle en mémoire collective n’est pas impossible.

 

...et son dernier film, La cordillera de los sueños (Œil d'or à Cannes 2019), nous attend dans une salle de cinéma.

 

Lire aussi:

1970-1973 : Salvador Allende par Neruda (J'avoue que chez vécu)

Portrait - Andréa : un italien à Morlaix

Heimat, l’œuvre monumentale du réalisateur allemand Edgar Reitz - la critique cinéma d'Andréa Lauro pour le Chiffon Rouge

COMMUNIST'ART: Elio Petri, le cinéaste renégat - par Andréa Lauro

COMMUNIST'ART: Mario Monicelli, cinéaste italien, auteur de Les camarades (1963)

 

 

 

La chronique cinéma d'Andrea Lauro - Patricio Guzmán: Transformer la mémoire personnelle en mémoire collective n’est pas impossible
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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 16:30

Bérénice Manac’h était l’invitée des « mardi de l’éducation populaire » le 1er juillet 2019 pour nous présenter son livre « Le Livre de Nella ».
Une histoire hors du commun racontant le parcours de sa mère partie d’Italie pour rejoindre l’URSS, puis la France ... une histoire d’amour liée à la politique ... à découvrir absolument sur notre chaîne YouTube Rouge Finistère PCF29

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 16:30
Saskia Hellmund - La Chute du Mur vue de l'est - Mardi 26 novembre, 18h, Mardi de l'éducation populaire du PCF Morlaix, 2 petite rue de Callac à Morlaix

Conférence : « La Chute du Mur vue de l’Est »

 

Saskia Hellmund, historienne diplômée d’une thèse franco-allemande et originaire de la RDA, fera participer l’audience en direct à cet évènement d’envergure mondiale.

Les manifestations contre le régime est-allemand, les dangers, les incertitudes, les bouleversements pour la population, les conséquences de la réunification pour l’Allemagne de l’Est… l’analyse des faits historiques dévoilera une autre vision de la fin de la guerre froide, jusqu’alors inconnue en France.

La chute du Mur a été un moment de grande émotion, mais également un choc pour les Allemands de l’Est. Devoir s’adapter du jour au lendemain à une autre façon de vivre, à d’autres valeurs et exigences, faire face aux fléaux de la société actuelle comme l’insécurité et le chômage : la nouvelle liberté acquise a eu une face cachée. Perdre son pays, ses habitudes et voir dévaloriser ses origines ont été des expériences traumatisantes.

De plus, l’expérience est-allemande offre de nombreux parallèles avec le vécu identitaire breton.

Saskia Hellmund est auteure de deux livres : « La fille qui venait d’un pays disparu », éditions Les points sur les i, Paris 2015, et « Pays perdu, pays choisi », éditions Skol Vreizh, Morlaix 2017.

Après avoir enseigné sa langue maternelle à la Sorbonne, elle a posé sa plume dans le pays de Morlaix. Depuis 2018, elle travaille comme chargée de cours à l’UCO de Guingamp.

Saskia Hellmund vient de terminer un roman qui parle de la situation actuelle en Allemagne de l’Est : « La tentation du retour ».

 

 

 

 

Saskia Hellmund - La Chute du Mur vue de l'est - Mardi 26 novembre, 18h, Mardi de l'éducation populaire du PCF Morlaix, 2 petite rue de Callac à Morlaix
Notez bien dans vos agendas nos prochains Mardis de l'éducation populaire, conférences publiques ouvertes à tous:
 
Mardi 26 novembre 18h (2 petite rue de Callac à Morlaix) :
 
  A l'occasion des 30 ans de la chute du Mur de Berlin et de la fin de la RDA, conférence-débat avec Saskia HELLMUND, qui nous parlera de la RDA « ex Allemagne de l’Est » où elle est née et a vécu sa jeunesse et étudié, sur la base des deux livres qu'elle a déjà publiés:
 
- La fille qui venait d'un pays disparu
 
- Pays perdu, pays choisi. Journal d'une jeune Allemande de l'est (chez Skol Vreizh)
 
 
Mardi 10 décembre 18h (2 petite rue de Callac à Morlaix):
 
Conférence-débat avec le journaliste à l'Humanité et essayiste, spécialiste des questions d'environnement, d'agriculture et d'écologie, Gérard Le Puill sur le thème: comment faire face à l'urgence climatique et l'urgence sociale? 
 
Auteur de:  Devant l'urgence climatique, bousculons les politiques (éditions du Croquant)
 
Produire mieux pour manger tous d'ici 2050 et après
 
L'écologie peut encore sauver l'économie
 
Réinventons l'économie dans un monde fini
 
Mardi 14 janvier 18h (2 petite rue de Callac à Morlaix):
 
Conférence-débat avec le journaliste au Monde Diplomatique Maurice Lemoine, auteur de Venezuela, chronique d'une déstabilisation autour de la situation et de l'histoire récente au Venezuela et de la stratégie américaine et capitaliste pour déstabiliser les gouvernements progressistes et anti-impérialistes en Amérique latine. 
 

 
Nos derniers mardis de l'éducation populaire:
 
Janvier 2018, le philosophe Jean-Michel Galano sur la philosophie de Karl Marx
 
Mars 2018, Greg Oxley sur la Révolution Française
 
Avril 2018, l’écrivaine Maha Hassan sur la littérature, la révolution et la guerre en Syrie
 
Mai 2018, le journaliste Gérard Le Puill sur l’agriculture et le réchauffement climatique
 
Mai 2018, encore, l’ingénieur Yann Le Pollotec sur la révolution numérique
 
Juillet 2018, Marie-Noëlle Postic et Lucienne Nayet sur l’antisémitisme et son histoire
 
Novembre 2018: l’essayiste, romancier et journaliste Valère Staraselski sur le thème: « Aragon, entre littérature et politique, la liaison délibérée ».
 
Décembre 2018: la sociologue et romancière Anne Guillou, auteur chez Skol Vreizh en 2018 de « Une embuscade dans les Aurès »: La Guerre d’Algérie (1954-1961), blessures intimes.
 
Janvier 2019: Dominique Noguères, vice-présidente de la Ligue des Droits de l'Homme, avocate, sur l'enjeu de la justice et des réformes de la justice
 
Février 2019: conférence de l’historien Pierre Outteryck  sur la belle figure de Martha Desrumaux, résistante, déportée, dirigeante du mouvement ouvrier, communiste et cégétiste, du Nord
 
Mars 2019. Retour de Palestine avec nos trois camarades de l'AFPS, en mission de solidarité au camp de réfugiés de Jalazone: François Rippe, Thierry Seigland, Yann Crenn
 
Avril 2019: Maryam Madjidi, écrivaine prix Goncourt du premier roman, prix étonnants voyageurs 2018, sur "Marx et la poupée" et sa jeunesse de réfugiée iranienne, fille de militants communistes chassés par la dictature islamiste en Iran.
 
Mai 2019: l'historien Jean-Paul Sénéchal sur le Front Populaire dans le Finistère
 
Juin 2019: 1917-1920: Histoire du mouvement ouvrier et révolutionnaire confronté à la guerre, en chansons, avec Roger Héré, Patricia Paulus, Jean-François Vérant. "De la première guerre mondiale à la création du PCF, éléments d'histoire et de contexte". 
 
Juillet 2019: Bérénice Manac'h sur "Le livre de Nella": une jeunesse dans une famille de réfugiés italiens communistes et dans l'URSS de Staline
 
Mardi 15 octobre à 18h, un visionnage collectif du film de Gilles Ballastre « Main basse sur l'énergie » suivi par un débat animé par Bernard JASSERAND sur les enjeux du démantelement du service public de l'énergie et de l'énergie en France en général.
 
 
Prochains mardis de l'éducation populaire du PCF Morlaix: Saskia Hellmund sur les 30 ans de la chute du Mur de Berlin et de la fin de la RDA le 26 novembre, Gérard Le Puill sur l'urgence climatique le 10 décembre, Maurice Le Moine sur le Venezuela le mardi 14 janvier
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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 15:25
Fréderic Joly nous fait redécouvrir la vie et l'oeuvre de Victok Klemperer, penseur allemand anti-nazi qui décrypta la novlangue du 3e Reich
Essai. Le langage signifie
Lundi, 25 Novembre, 2019

La Langue confisquée. Lire Victor Klemperer aujourd’hui Frédéric Joly Éditions Premier Parallèle, 288 pages, 19 euros
Frédéric Joly consacre un essai à l’œuvre du philologue Victor Klemperer, rare survivant juif de Dresde, témoin de la réalité de l’horreur nazie au quotidien.

 

Frédéric Joly nous avait donné, en 2015, l’important essai biographique Robert Musil. Tout réinventer (Seuil). Il est aussi le traducteur de grands auteurs de la première moitié du XXe siècle (Georg Simmel, Walter Benjamin) et contemporains (Jürgen Habermas, Eva Illouz). Il sait bien que les œuvres littéraires, philosophiques sont toujours contemporaines les unes des autres, se lisent ensemble, les unes dans les autres. C’est toute la question de la langue, qui est plus vraie que celui qui la parle, comme le pensait Victor Klemperer, à qui Frédéric Joly consacre un nouvel essai. Victor Klemperer (1881-1960), fils de rabbin, converti au protestantisme, est professeur de romanistique à Dresde quand, en 1934, il est destitué de ses fonctions en tant que juif ; il n’a alors plus le droit d’enseigner. Il avait une chaire, il va maintenant balayer la neige…

Il faut dire aussi que les Klemperer ne se voyaient vivre ni en Amérique du Nord, ni en Amérique du Sud, et moins encore en Palestine – « le projet sioniste suscitant à cette date la plus vive antipathie du philologue », dit Frédéric Joly. Et le fait d’être marié à une « Aryenne » – Eva, protestante, pianiste – va lui conférer un statut particulier, « qui ne peut que le distinguer de la grande majorité des juifs allemands », dit encore Joly. Victor Klemperer sera celui qui va consigner les douze années des nazis, de 1933 à 1945, dans un immense journal de 2 000 pages qui ne paraîtra en Allemagne qu’en 1995, en deux volumes : Mes soldats de papier. Journal 1933-1941 et  Je veux témoigner jusqu’au bout. Journal 1942-1945 (Seuil, 2000).

Créée de toutes pièces, la rhéthorique nazie décryptée

Jusqu’en 1933, le mot de Renan « Tout est possible, même Dieu » lui était apparu comme un bon mot sarcastique. Mais, à partir de cette date fatidique, il en fera sa devise, « sa religiosité à lui » (dit Frédéric Joly). Dès lors, le philologue va s’astreindre quotidiennement à scruter le langage du pouvoir, « qui devient aussi celui de la rue ». Il va « écouter » autant par prudence que par intérêt intellectuel. Plus tard, il baptisera ce nouveau langage LTI (Lingua Tertii Imperii). C’est la langue du IIIe Reich : un média de masse créé de toutes pièces « à partir de ce que les nazis ont décidé de tenir pour rien : la langue », comme l’analysera aussi la philosophe Catherine Perret. Klemperer s’était d’abord intéressé à la langue du XVIIIe siècle français (Voltaire, Montesquieu, Rousseau), jusqu’à ce qu’on lui interdise tout accès en bibliothèque (on lui interdira bientôt le téléphone, sa maison, son auto, les sorties, etc.).

Longtemps, il fit « comme si » – comme si l’Allemagne ne s’enfonçait pas dans le désastre, comme si la haine ne le concernait pas. Mais le réel a vacillé, est devenu cauchemardesque : « L’horreur que je suis en train de vivre, disait-il, est-ce que je la vis bien ? » Mais c’est précisément ce « doute de la fermeté du réel » qui fait les œuvres… Victor Klemperer est un « réchappé », un survivant. Il est l’un des douze survivants de la communauté juive de Dresde, qui, en 1933, comptait un peu moins de 6 000 membres. Il a survécu aussi à l’anéantissement de sa ville, en 1945, et a vite fait le constat que tout, en Allemagne, devait être recommencé de zéro. Dans ses Carnets d’un philologue, il évoquera le rôle du romantisme dans le suicide de l’Allemagne, certain qu’il était d’un lien étroit entre romantisme allemand et nazisme. C’est une terrible accusation, qu’il nuancera plus ou moins… Mais c’est cela « lire Klemperer aujourd’hui », c’est avoir la certitude inébranlable que la vérité est une fonction permanente du langage, dit Frédéric Joly. Oui, le langage signifie…

Didier Pinaud
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24 novembre 2019 7 24 /11 /novembre /2019 07:56
100 ans du Parti communiste français - Retour en images sur la fête de l'Humanité de Garches de 1938
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Merci à notre camarade Jean-Claude Perrot (PCF Quimper, Briec) d'avoir rassemblé et de nous avoir transmis ces documents.

Extraits de La fête de l'Humanité de Valère Staraselki (Le Cherche Midi):

La fête de l'Humanité, liée au départ au congrès des CDH, a lieu pour la première fois en 1930, à Bezons, dans le parc Sacco-et-Vanzetti. En 1931, elle a lieu au parc communal d'Avaucourt. Et en 1932 à la clairière des Quatre-Cèdres à Garches, en présence de 50 000 participants et de Jacques Prévert, auteur du chœur parlé Vive la presse. En 1934, c'est 80 000 participants qui se pressent à Garches et en 1935 le chiffre de 150 000 participants est atteint. Pour la première fois, l'édition se clôture par une fête de nuit. La 7e fête de l'Humanité, celle de 1936, réunit elle 300 000 participants le 30 août à Garches, avec une grande parade de la FSGT.  

"En 1937, pour la première fois, la Fête dure deux jours et demi, du samedi matin au lundi après-midi. Les organisateurs ont obtenu de la TCRP, ancêtre de la RATP, qu'elle mette à disposition des trains spéciaux. Son succès attire des délégations étrangères anglaise, belge et suisse, nous apprend l'Humanité du 2 septembre: "Pour voir Garches mais aussi apprendre la technique ardue des grandes fêtes populaires".

"Le 4 septembre 1938, la durée de la fête, placée sous le signe de l'"union de la nation laborieuse pour la défense des conquêtes sociales du Front populaire et la sauvegarde de la sécurité du pays" est revenue à un seul jour. Un service de bateaux relie le quai du Louvre à la fête pour 5 francs aller-retour. Le spectacle continue dans la recherche de la qualité. Après la projection de films militants sur les luttes du peuple espagnol, le tour de France de l'Humanité ou de dessins animés de Walt Disney (Léon Moussinac en a salué à plusieurs reprises dans l'Humanité dans dimension avant-gardiste), on peut assister à des danses et ballets, et applaudir les chanteurs. Quatorze danseurs de l'opéra participent au ballet. Et la grande vedette de la chanson, Charles Trenet, qui, la nuit venue, clôturera cette 9e fête, rencontre un gros succès".

Un spectacle en 20 tableaux "La Ronde des Saisons" est présenté sur la grande scène, une multitude de ballons rouges sont lancés dans le ciel, on rend hommage à Paul Vaillant-Couturier, mort dans l'année, et Cachin et Duclos prononcent leurs discours.

Mais quelques jours après les réservistes sont rappelés dans toute la France et les accords de Munich sont signés, la France et l'Angleterre pactisant avec l'Allemagne Nazie et le régime fasciste italien en permettant à l'Allemagne d'annexer les Sudètes, au nord de la Tchécoslovaquie. Le 12 novembre, les décrets-lois Reynaud portent atteinte aux quarante heures et aux conventions collectives. Le 30, la grève générale contre les décrets-lois est brisée par la force (licenciements massifs de grévistes par le patronat et révocation dans les services publics). 

En 1939, la fête de l'Humanité ne pourra pas avoir lieu avec les persécutions visant le PCF après le pacte germano-soviétique.      

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