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12 juillet 2022 2 12 /07 /juillet /2022 06:43
Rafle du Vel d'Hiv, 16 juillet 1942 - Au pays de Voltaire et Rousseau, une ignominie collective
Au pays de Voltaire et Rousseau, une ignominie collective

Télévision À l’approche des commémorations du 80e anniversaire de la rafle du Vél’d’Hiv, David Korn-Brzoza et Laurent Joly signent un documentaire glaçant.

Publié le Lundi 11 Juillet 2022 - L'Humanité

Ce 16 juillet 1942, Arlette Testyler est blottie contre sa mère quand une ombre semble tomber du ciel derrière elles. « Qu’est-ce que c’est ? C’est rien, quelqu’un qui a perdu du linge. » Quelques secondes plus tard, un corps s’écrase au sol du Vélodrome d’hiver, presque inaudible au milieu des cris d’enfants, des malades et des femmes qui accouchent. Cette image est restée gravée dans sa mémoire, ce jour où les gendarmes français missionnés par le régime de Vichy sont venus frapper aux portes des juifs de Paris. Personne ne pouvait alors imaginer l’horreur qui les attendait : pendant cinq jours, sur les 13 000 juifs arrêtés, plus de 8 000 d’entre eux sont entassés au Vélodrome d’hiver à Paris, dans des conditions inhumaines, avant d’être déportés.

La voix des survivants 

David Korn-Brzoza et Laurent Joly réalisent un documentaire empli d’humanité, bouleversant par ses images restaurées et ses reconstitutions en 3D. Mais ce qui marque, surtout, c’est la voix des survivants : Léon Fellman, Rachel Jedinak, Annette Krajcer-Janin, Jenny Plocki, Joseph Schwartz, Arlette Testyler et Esther Senot partagent des souvenirs terribles mais indispensables à l’heure où l’extrême droite estime que le régime de Vichy a « sauvé des juifs »… La voix de Vincent Lindon vient accompagner celle des rescapés, témoignage après témoignage, révélant une vérité que la France a mis du temps à regarder en face : cette rafle fut commandée et exécutée par des Français. Ce n’est qu’en 1995 que Jacques Chirac a reconnu­ la responsabilité de l’État français dans la déportation des juifs.

À l’instant où les juifs sont ciblés, toute la population devient responsable : les proches, voisins de palier et concierges choisissent de dénoncer ou de mentir, de faire périr ou de sauver. Rachel Jedinak imite le policier, ironique, venu les chercher elle et sa sœur : « Vous pouvez remercier votre concierge, c’est elle qui nous a dit que vous étiez là. » Plus tard, dans le vélodrome, deux policiers feront mine de ne pas les voir s’enfuir.

C’est autant d’espoir que de confiance qu’avaient les juifs en l’État français, « le pays de Voltaire, de Zola, de Rousseau », raconte Arlette Testyler. À partir de recherches menées dans des archives inédites, le film retrace le déroulement de ce drame, depuis sa planifi­cation dans les bureaux de Vichy, heure par heure dans les rues parisiennes, jusqu’à l’enfer vécu par les familles au sein du Vélodrome. Sur les 8 000 personnes, moins de 200 sont revenues des camps.

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5 juillet 2022 2 05 /07 /juillet /2022 06:37
Bon de commande de la biographie de Madeleine Marzin d'Alain Prigent aux éditions Manifeste! - 23€+3€ de frais de port

Bon de commande de la biographie de Madeleine Marzin d'Alain Prigent aux éditions Manifeste! - 23€+3€ de frais de port

Et voici la sortie à venir de la biographie de Madeleine Marzin (1908-1998) par Alain Prigent, historien, auteur et co-auteur de plusieurs livres sur les parcours de militants du parti communiste, la résistance ). Bretonne, Madeleine Marzin fut résistante et élue communiste de Paris. Son frère Francis a également été un résistant et militant communiste de la région de Carhaix, dans le Finistère. 
 
Militante syndicaliste et communiste, Madeleine Marzin organise pendant l'Occupation la mobilisation des femmes contre la vie chère. Sa participation, dans ce cadre, à une action rue de Buci en 1942, se termine tragiquement et lui vaut d'être arrêtée puis condamnée à mort. Après la guerre, elle est élue au Conseil de Paris puis à l’Assemblée Nationale dans le 20e arrondissement (1951-1956).
 
Lire aussi:
https://maitron.fr/spip.php?article120797
N'hésitez pas à commander le livre de notre camarade des Côtes d'Armor, collaborateur régulier du dictionnaire du mouvement ouvrier, Le Maitron. Avec l'avant-propos d'Amédée Perrot.
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4 juin 2022 6 04 /06 /juin /2022 06:35
Une plaque dévoilée rue du Conseil à Brest en mémoire du résistant communiste Paul Monot - 1er juin 2022
Une plaque dévoilée rue du Conseil à Brest en mémoire du résistant communiste Paul Monot - 1er juin 2022
Une plaque dévoilée rue du Conseil à Brest en mémoire du résistant communiste Paul Monot - 1er juin 2022
Une plaque dévoilée rue du Conseil à Brest en mémoire du résistant communiste Paul Monot - 1er juin 2022
Une plaque dévoilée rue du Conseil à Brest en mémoire du résistant communiste Paul Monot - 1er juin 2022
Une plaque dévoilée rue du Conseil à Brest en mémoire du résistant communiste Paul Monot - 1er juin 2022
Une plaque dévoilée rue du Conseil à Brest en mémoire du résistant communiste Paul Monot - 1er juin 2022
Une plaque dévoilée rue du Conseil à Brest en mémoire du résistant communiste Paul Monot - 1er juin 2022
Une plaque dévoilée rue du Conseil à Brest en mémoire du résistant communiste Paul Monot - 1er juin 2022
Une plaque dévoilée rue du Conseil à Brest en mémoire du résistant communiste Paul Monot - 1er juin 2022
Une plaque dévoilée rue du Conseil à Brest en mémoire du résistant communiste Paul Monot - 1er juin 2022
Une plaque dévoilée rue du Conseil à Brest en mémoire du résistant communiste Paul Monot - 1er juin 2022
Une plaque dévoilée rue du Conseil à Brest en mémoire du résistant communiste Paul Monot - 1er juin 2022
Une plaque dévoilée rue du Conseil à Brest en mémoire du résistant communiste Paul Monot - 1er juin 2022
Une plaque dévoilée rue du Conseil à Brest en mémoire du résistant communiste Paul Monot - 1er juin 2022
Photos CGT 29 - Groupe des élus communistes de Brest
 
#Mémoire | Une plaque commémorative en l'honneur du jeune résistant brestois Paul Monot a été inaugurée le 1er Juin dans le quartier de Saint-Martin, notamment par Eric Guellec, adjoint au maire de Brest (PCF) chargé de la mémoire, des anciens combattants et cérémonies patriotiques.
Une plaque en hommage à notre camarade Paul Monot militant CGT et communiste.
Cette plaque a été dévoilée ce mercredi 1er juin à 11 h rue Conseil (près des Fauvettes) à Brest. Dans le cadre du 75è anniversaire de l’attribution de la médaille de la Résistance française à la ville de Brest, le résistant brestois Paul Monot, fusillé au Mont Valérien en 1943 est désormais honoré. Une plaque en son nom est apposée au n° 27 de la rue Conseil, dans le quartier Saint Martin.
 

Le choix de la liberté

« La ville de Brest a souhaité marquer de façon soutenue le 75è anniversaire de l’attribution de la médaille de la Résistance. Nous participons ainsi à rendre visibles celles et ceux qui ont fait le choix de la liberté et de la France face au nazisme, unis dans un même élan. Nous devons tous et toutes être fiers de ce qu’ils et elles ont accompli à l’époque », a souligné Eric Guellec, adjoint au maire en charge des associations patriotiques et des anciens combattants, lors des allocutions de cette cérémonie d’hommage."

Mémoire collective locale 

Quelques instants auparavant, c’est avec Annick Belbéoch, la cousine de Paul Monot, que l’élu avait dévoilé la plaque désormais apposée au n° 27 de la rue Conseil (anciennement n° 23), là où vécut le résistant avec sa famille.  
Ouvrier à l’arsenal, militant de la CGT, le jeune Paul agit dans la Résistance dès 1941. Il participera à plusieurs opérations de sabotage des équipements de l’occupant nazi avant d’être arrêté, comme des dizaines d’autres, à la fin de l’année 1942. D’abord détenu au Château de Brest, où sa cousine Annick ira le visiter, il sera ensuite transféré à Fresnes, puis condamné à mort. Avec 18 autres Brestois, il est fusillé au Mont Valérien le 17 septembre 1943, à 22 ans. Nombre de ces résistants ont trouvé un lieu d’hommage en leur nom dans les rues de Brest, et Paul Monot les rejoint donc désormais au creux de cette mémoire locale. 

L’héritage de l’engagement 

 

« Dévoiler aujourd’hui cette plaque à sa mémoire est un geste fort pour la transmission de la mémoire collective. Je fais ici la promesse d’œuvrer, avec la ville de Brest, pour que la médaille de la Résistance française soit décernée à Paul Monot. Il n’est pas trop tard pour compléter l’hommage à ce résistant », a confié Gildas Priol, de l'association nationale des anciens combattants de la Résistance, ce 1er juin.

 

Dans son sillage le petit fils d’Annick Belbéoch a lu, dans un silence baigné d’émotion, la dernière lettre de Paul Monot à ses proches, au matin de son exécution. Des lignes pures, sans concession, des lignes d’espoir aussi, pour la liberté qu’il attendait pour son pays, qui devra encore batailler de longs mois avant la Libération. 

Rue Conseil, la mémoire d’un jeune Brestois a donc refait surface. Comme un message aux générations futures, pour les encourager à combattre. Pour la paix.  

 
Ci dessous l'article qui lui est consacré et sa dernière lettre.

 

Lettre copiée après qu'elle ait été transmise par Jacques Guivarch et Annie sa femme, de Pleyber-Christ. Lettre accompagnant celles beaucoup plus nombreuses, d'Albert Rannou, tué avec Paul Monot.

Paul Monot était  né le 1er juin 1921 à Brest,  il a été fusillé à 22 ans, il était ouvrier à l'arsenal de Brest, membre du Parti communiste français (PCF) et des Francs-tireurs et partisans français (FTPF) dans la région de Brest

(Sur le coin de la page à grand carreau du cahier d'écolier ou est écrit cette dernière lettre de Paul Monot, le marteau et la faucille). 

Fresnes, le 17 septembre 1943

Chers Grand-mère, oncle, tante et cousine !

Je vous envoie un mot pour vous donner une bien triste nouvelle : il est près de 11h et on vient de me prévenir que mon recours en grâce a été rejeté et que je serai fusillé cette après-midi à 16h. Mais je saurai mourir en vrai Français.

Je demande pardon à Grand-mère et à vous tous car je n'ai pas toujours été chic et je ne savais pas ce que je faisais. Mais depuis le temps que je suis ramassé j'ai eu le temps de réfléchir à tout cela et de me mordre les doigts bien des fois.

N'oubliez pas surtout les policiers français et il faut qu'ils payent ce qu'ils ont fait, car je les déteste bien plus que l'occupant et ceux-là oui sont les vrais traîtres à la patrie.

Pour moi, je suis vaincu, je pars et c'est la loi, je trouve cela régulier. Il y en a qui meurent dans leur lit, d'autres au champ d'honneur, moi je meurs au poteau. Qu'est-ce que vous voulez, c'est la destinée, je ne suis pas jaloux de ceux qui restent et comme il y a déjà des monceaux de cadavres avant moi, j'espère que je serai dans les derniers à payer de la vie la joie de voir enfin la victoire qui approche à grand pas.

L'unité communiste réalisée pour un monde sans guerre. Car n'oubliez jamais que vous n'aurez cela qu'avec un régime où tous les prolétaires seront unis.

Allococution de Gildas Priol pour l'Anacr 29 - Hommage à Paul Monot, 1er juin 2022

Dévoilement de la plaque commémorative Paul Monot
27 rue Conseil – 29200 Brest


Il y a 80 ans, l'année 1942 voyait la Résistance brestoise se développer. Œuvrant pour le B.C.R.A de la France libre, le réseau Overcloud vivait ses derniers jours tandis que pour
palier au départ de Jean Philippon à Toulon, le réseau Confrérie Notre-Dame implantait sa troisième branche à Brest grâce aux ouvriers de l'arsenal Garbe et Golhen. Enfin, le
mouvement Libération-Nord prenait pied dans la cité du Ponant. Du côté du Secret Intelligence Service anglais, ils n'étaient pas en reste avec la connexion à Brest entre Félix et
le réseau Alliance. Ceci arrivant à point nommé pour répondre aux démantèlements des réseaux Johnny et F2. Le timide réseau Roy fonctionne encore lui aussi mais c'est vers les
membres de l'Organisation spéciale, que l'on nomme bientôt les Francs-tireurs et partisans (F.T.P), d'obédiences communistes, que nos regards se posent ce matin.


Car l'année 1942 marque une montée en puissance de leurs actions avec près d'une trentaine d'attentats et sabotages réalisés ou tentés cette année là. Si des sabotages leurs sont
imputables auparavant, 1942 est un tournant avec le début de l'utilisation d'explosifs. Signes d'une meilleure organisation et d'une capacité à faire venir depuis Pont-de-Buis, ou d'autres
recoins du Finistère, de la matière explosive, il faut également y voir une implication plus massive et plus déterminée à entraver la machine de guerre allemande. Si les multiples
attentats à l'arsenal du 26 mars 1942, démontrent une densification des effectifs, il n'en demeure pas moins que c'est un noyau assez resserré qui est moteur. Avec une hiérarchie
assez bien détaillée, des fonctions compartimentées et avec un fort potentiel d'engagement, le Parti communiste français est le plus grand mouvement de Résistance à Brest en cette
période.


Parmi ces soldats sans uniformes agissant tapis dans l'ombre, les F.T.P de Brest peuvent compter sur un certain Paul Monot. Né il y a exactement 101 ans aujourd'hui à Brest. Avec sa famille, il réside ici, au 23 rue Conseil (devenu depuis le n°27) mais la vie n'est pas tendre et Paul perd sa mère en 1932 et son père en 1940. Après son certificat d'études, il entre à l'arsenal comme électricien et ne tarde pas à militer à la C.G.T. En 1938, il donne son adhésion au P.C.F et quand la guerre éclate, il reste fidèle à son parti tout en restant travailler à l'arsenal car trop jeune pour être mobilisé. En 1941, Paul Monot entre à l'Organisation spéciale qui se met en place sur son lieu de travail et entre deux propagandes,
il réalise des inscriptions murales et des petits sabotages sur les machines-outils. Solidaire, il participe à l'effort du Secours populaire clandestin et prend part aux grèves patriotiques de
la fin de l'année 1941.


Suivant l'évolution de son organisation, Paul Monot s'aguerrit à la lutte au fil des mois. Le 26 mars 1942 à l'arsenal, avec Albert Rolland et Joseph Ropars, ils pulvérisent le transformateur N°13 puis avec Louis Departout, ils sabotent le sous-station de Maistrance.
 

Désormais membre des F.T.P, Paul Monot participe aux actions du 14 juillet 1942, dont aucun détail n'est connu à ce jour. Il semble aider à la confection des colis explosifs, qu'il
dissimule chez lui. En septembre de la même année, il tente de faire sauter le local nommé la maison d'Hitler du 17 rue Jean Jaurès et semble prendre part à l'attentat contre le gasthaus de la même rue. Dans les lignes qu'il lui consacre, Eugène Kerbaul laisse entendre que Paul Monot se serait rendu dans le Morbihan pour la Résistance, ceci reste cependant à creuser.

Malheureusement, cette pétillante activité de la Résistance communiste à Brest est ébranlée par une vague d'arrestations à l'automne 1942. Comme un effet domino, la police
française obtient des informations et procède à un démantèlement de la structure brestoise.
 

Le coup est dur, on parle de plusieurs dizaines d'arrestations rien qu'à Brest. Parmi les victimes, figure Paul Monot qui avec ses collègues, va connaître les murs froids du château
de Brest puis Rennes et enfin Fresnes. Jugé en août 1943, l'électricien est condamné à mort avec 18 autres résistants communistes brestois. Son recours en grâce est rejeté, Paul Monot tombe sous les balles du peloton d’exécution du Mont-Valérien le 17 septembre 1943 à 22 ans.


En 1946, il obtient la mention Mort pour la France et l'année suivante, sa dépouille est rapatriée à Brest. À titre posthume, il est cité à l'ordre de la Division - comportant l'attribution de la Croix de Guerre 1939-1945 - et nommé au grade de caporal. En cette année symbolique du 75ème anniversaire de l'attribution de la médaille de la Résistance à la ville de Brest, dévoiler cette plaque est un geste important pour la pérennisation de sa mémoire. Elle participera à l'effort de transmission de notre mémoire collective de cette
sombre période qui vit pourtant des myriades de lueurs d'espoir, incarnées par Paul Monot et ses camarades. Je conclus cette allocution en faisant ce matin la promesse d’œuvrer, en concertation avec vous chère famille de Paul Monot, et avec le plein soutien de la ville de Brest, pour que l'on fasse attribuer la médaille de la Résistance française à Paul Monot.


Cette démarche est encore possible et j'ai eu ce matin un message de Paris pour faire avancer ce sujet, qui complétera ainsi, l'hommage rendu à ce héros anonyme de l'ombre, à
cet électricien engagé, à Paul Monot, ce résistant.


Vive la France
Vive la Résistance
 

Texte lu au nom de l'ANACR29 (comité de Brest) par Gildas PRIOL,


le 1er juin 2022

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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 06:40
Journée de la Résistance, 27 mai 2022 - Lucienne Nayet, fille de déporté, infatigable passeuse de mémoire (Le Télégramme, 27 mai 2022)
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19 mai 2022 4 19 /05 /mai /2022 05:04
René Vautier, « le cinéaste français le plus censuré » - Marie-José Sirach, L'Humanité, 14 mai 2022
 
 
René Vautier, « le cinéaste français le plus censuré »

Les Mutins de Pangée sortent un premier coffret consacré à la filmographie magistrale de René Vautier. Une œuvre pionnière et prolifique que cette coopérative d’édition et de production – et plateforme VOD – a contribué à faire sortir de l’oubli. Entretien avec son cofondateur, Olivier Azam.

Publié le Samedi 14 Mai 2022 - L'Humanité

Depuis 2005, les Mutins de Pangée détonnent dans le paysage des plateformes de VOD. Leur ligne éditoriale se caractérise par des choix singuliers et audacieux, à contre-courant d’un cinéma commercial, aussi indigeste qu’indigent. Ils comptent, dans leur catalogue, des films du patrimoine constitutifs de l’histoire sociale et populaire. On y trouve ceux de René Vautier, du groupe Medvedkine ou ceux réalisés par la belle équipe des Mutins : « Des Idées de génie ? », de Brice Gravelle, sur le patron de Gifi, « Howard Zinn, une histoire populaire américaine », de Daniel Mermet et Olivier Azam, ou « Hacking Justice », sur Julian Hassange. Nous avons rencontré Olivier Azam, réalisateur, cofondateur, avec Laure Guillot, des Mutins.

On peut lire sur la page d’accueil de votre site : « Vous n’êtes pas dans une grande boutique du consentement… » Dans quoi sommes-nous quand on se connecte aux Mutins de Pangée ?

Dans une coopérative de production, d’édition et de diffusion. Les Mutins découlent de notre histoire avec Zalea TV, première chaîne de télévision libre créée en 2000 et de notre histoire avec le cinéma. En 2005, nous créons Les Mutins pour être un outil de production de films qui s’inscrit dans les traditions coopératives de cinéma. Cela signifie que nous ne sommes pas à la recherche de profit à redistribuer à des actionnaires, ce qui nous donne une grande liberté de choix. C’est parce que nous avons d’abord voulu réaliser nos films pour le cinéma que nous avons fondé la coopérative : nos films sont tellement longs à fabriquer que, entre deux projets, nous nous sommes tournés vers l’édition DVD, puis nous avons fondé la plateforme de VOD CinéMutins.

Si je vous dis que, non seulement vous êtes réalisateurs, mais réalisateurs cinéphiles…

Et archéologues. J’aime l’archéologie de l’archive, le recyclage, l’Histoire. Je fais de l’Histoire toute la journée, que ce soit comme éditeur ou réalisateur. C’est primordial de connaître l’Histoire. Quand tu connais l’histoire des luttes, que tu l’as en mémoire, c’est pas mal pour mener les luttes aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’avoir un regard figé sur le passé, aussi glorieux soit-il, mais de savoir tirer les leçons du passé pour construire le présent.

[video:https://www.youtube.com/watch?v=9XV6ZiCRJ3Q]

Le premier volume de la filmographie de René Vautier vient de paraître. C’est un travail colossa,l réalisé par Moïra Chappedelaine-Vautier, sa fille…

Oui, elle a été chargée de l’édition des deux coffrets. Le premier, 4 DVD, soit 17 films, tous restaurés, dont « Avoir 20 ans dans les Aurès », est accompagné d’un livret de 190 pages avec des entretiens, une iconographie très riche, des contributions d’universitaires, des articles de presse. Un travail effectivement colossal. Le deuxième volume sera consacré à la Bretagne. J’ai connu René Vautier pendant les vingt dernières années de sa vie. Nous avons commencé à diffuser à l’antenne de Zalea TV ses films censurés. Il faut se souvenir que René Vautier a été le cinéaste le plus censuré du cinéma. Son parcours, son engagement parlent pour lui. Il a toujours été à l’avant-garde. Il a été le premier cinéaste anticolonialiste. Il a 21 ans quand il réalise « Afrique 50 », lorsqu’il débarque en Afrique de l’Ouest en 1949, à la demande de la Ligue de l’enseignement, pour un reportage sur les conditions de vie dans les villages. Très vite, il va filmer là où les autorités coloniales ne voulaient pas qu’il filme, faisant un pied de nez au décret Laval, toujours en vigueur, qui interdisait de filmer sans le consentement du gouverneur. Vautier était un franc-tireur tendance Fanfan la Tulipe. Un côté un peu naïf dans un monde où chacun calcule. Le côté frondeur et frontal de Vautier est incompatible avec le système de production et de diffusion d’un film, mais il a eu raison de revendiquer et d’assumer son engagement.

Un engagement qui lui a valu d’être constamment plus qu’« ennuyé »…

René Vautier a été blacklisté, ses films saisis, coupés… Il a même fait de la prison pour avoir tourné « Afrique 50 ». Mais il n’a jamais renoncé à son cinéma. Toutefois, parler de Vautier à partir du seul prisme de la censure, c’est oublier qu’il a été avant tout un grand cinéaste. On lui a aussi collé l’étiquette de « militant » pour mieux le marginaliser. Ça permettait de ne pas traiter le sujet, en prétendant que ce n’était pas de l’art puisque ses films ne rentraient dans aucune case du catéchisme culturel. Vautier a été peu soutenu par la profession. Or il a apporté quelque chose au cinéma dans sa façon de filmer. Une liberté qu’il s’est toujours refusé de monnayer. La contrainte l’a obligé à inventer. Ses films n’obtenaient jamais de visa ? Il allait les tirer à l’étranger. Sur la couverture du livret qui accompagne le coffret, on a repris ces mots : « Votre nom : Vautier. Votre vie : la liberté ! Votre cinéma : engagé ! Votre parole : enragée ! »

Vous êtes un partisan du DVD. N’est-ce pas anachronique ?

Au contraire ! Tout le travail que nous réalisons sur les DVD, les coffrets, n’existe pas sur les plateformes. Cela a à voir avec la conservation des films. Un DVD, c’est une trace, cela veut dire que le film, peu importe lequel, est sauvé. Gardez donc vos lecteurs DVD ! Se débarrasser des DVD, c’est aussi effacer la mémoire. On n’est pas à l’abri d’un bug géant et alors, tout disparaîtrait sur le Net. La dématérialisation ne garantit pas la survie d’un film. Et puis, un DVD présenté dans un coffret avec un livret, c’est un bel objet. Je ne sais pas combien de temps on va pouvoir continuer à en faire. On résiste mieux que le marché et, depuis les confinements, on a constaté un regain d’intérêt. Si on voulait réellement soutenir l’édition DVD, il faudrait lui appliquer une TVA identique à celle des livres et le prix unique, ce qui empêcherait Amazon de casser les prix quand ils veulent et de tuer les éditeurs. Mais c’est un choix politique.

Parlez-nous de votre catalogue. Il est d’une très grande diversité…

Sur CinéMutins, je mets au défi le spectateur de s’ennuyer ! Le catalogue est effectivement très varié. On récupère des films qui restent une seule semaine en salle. On a quelques films porteurs sortis au cinéma récemment, comme « la Panthère des neiges » ou « Debout les femmes ! » Mais aussi des films passés plus inaperçus au cinéma ou rares (un quart de notre catalogue est composé d’inédits en exclusivité), des films qui racontent les luttes sociales, le monde paysan, le féminisme, en privilégiant la démarche artistique comme critère premier de nos choix. Loin de la caricature du cinéma « militant », ou d’une certaine forme de communautarisme idéologique, la ligne que nous essayons de tenir aux Mutins de Pangée, c’est l’idée que chaque individu, chaque spectateur est un être complet, sensible et intelligent, qui a besoin d’émotions et de raison, de rires et de larmes, de se sentir appartenir au monde ou de pouvoir s’en isoler pour penser ou rêver, selon les moments… Notre but est de faire découvrir, de susciter la curiosité, d’amener celui qui vient pour un film vers d’autres, plus confidentiels. Je fais un parallèle entre la malbouffe et Netflix. Quand je vais chez Netflix, j’ai l’impression d’entrer dans un McDo : c’est attirant, tu penses que c’est pas cher, tu regardes une série et tu es gavé. Pas question de culpabiliser. Disons que c’est une question d’hygiène mentale. Les Mutins de Pangée, c’est du commerce équitable !

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15 mai 2022 7 15 /05 /mai /2022 06:27
Yves Inizan, le député révolutionnaire de Sizun, auteur d'un projet de traduction de la constitution révolutionnaire en Breton, va t-il sortir des oubliettes? - Cécile Renouard, Le Télégramme
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9 mai 2022 1 09 /05 /mai /2022 06:02
Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Photo Daniel Laporte, Tredudon, Berrien, 8 mai 2022 - Gérard Lahellec, Pierre-Yves Thomas et Hubert Le Lann

Photo Daniel Laporte, Tredudon, Berrien, 8 mai 2022 - Gérard Lahellec, Pierre-Yves Thomas et Hubert Le Lann

Photo Daniel Laporte, Tredudon, Berrien, 8 mai 2022 - Gérard Lahellec, Pierre-Yves Thomas et Hubert Le Lann

Photo Daniel Laporte, Tredudon, Berrien, 8 mai 2022 - Gérard Lahellec, Pierre-Yves Thomas et Hubert Le Lann

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Tredudon le Moine, 8 mai 2022 - Rassemblement d'hommage à la Résistance, et de dénonciation de la dégradation du panneau d'hommage au premier village résistant de France, en Berrien
Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - Jeannine Daniel et Marion Frances - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - Jeannine Daniel et Marion Frances - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Berrien, Tredudon le Moine, 8 mai - rassemblement d'hommage à la résistance et ses valeurs et pour dénoncer le vandalisme sur le panneau d'hommage au premier village résistant de France avec le maire de Berrien Hubert Le Lann, le PCF, le MJCF, le mouvement de la paix, l'anacr et la fsu.
Le maire de Berrien, Hubert Le Lann, Pierre-Yves Thomas pour le PCF, Enzo De Gregorio pour le MJCF 29, Antoine Gauchard pour la fsu, ont pris la parole notamment, ainsi que Paul Mongault qui représentait le PCF national et qui nous a transmis ces photos. Le sénateur communiste des côtes d'Armor Gérard Lahellec était également présent ainsi qu'une trentaine de personnes.
 
Tredudon-le-Moine, 8 mai 2022 - 8 mai 1945: hommage du Parti Communiste finistérien et breton, du MJCF, de l'ANACR, de la FSU, du Mouvement de la Paix, du maire de Berrien Hubert Le Lann à la résistance et ses valeurs, et rassemblement de protestation contre le vandalisme politique dont a été victime le panneau d'hommage au Premier village résistant de France de la part de nationalistes bretons fachos.
 
Photos Daniel Laporte et Paul Mongault
 
Le 24 avril dernier des nostalgiques des plus sombres années de notre histoire, s’en sont pris à un symbole fort de la résistance en centre Bretagne. Cette date ne tient pas du hasard. En effet, ce dimanche 24 avril était la journée Nationale du souvenir des déportés. Dès le 16 juin 1940, l’organisation clandestine du Parti communiste français, dirigée par Pierre PLASART, a stocké des armes britanniques à TRÉDUDON les Moines avec la complicité et le soutien de toute sa population. TRÉDUDON les Moines sera à la fois un dépôt d’armes, un refuge pour les résistants traqués, un lieu de réunion et un centre de décision pour les dirigeants nationaux et régionaux des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF). C’est pourquoi l’État-major national lui a décerné le titre de premier village résistant de France.
16 habitants de BERRIEN et de TRÉDUDON ont été déportés, 22 ont été fusillés, 11 sont morts en déportation. La plupart étaient des communistes, des cégétistes, des gens simples, refusant de se soumettre à la tyrannie et à l’occupation étrangère comme au fascisme de Vichy. Et des imbéciles crachent sur leur mémoire, c’est intolérable !
Au cœur des monts d’Arrée, le petit village de Trédudon-le-Moine est l’un des grands lieux de mémoire de la résistance au nazisme, même s’il est moins connu que l’île de Sein. Déclaré « premier village résistant de France dès 1946 », il a servi de lieu de rassemblement, de refuge et de cache d’armes pour les francs-tireurs et partisans dès après la débâcle. De nombreux responsables clandestins de la résistance communiste sont accueillis dans le village.
Dans l’ouvrage "Résistants et maquisards dans le Finistère, Témoignages", aux éditions Keltia Graphic, on peut ainsi lire que : « Le village de Trédudon-le-Moine est accroché comme un nid au versant sud de la Montagne. Dès les premiers jours de l’occupation, les trente-deux foyers de ce village et les fermes environnantes deviennent pendant près de quatre longues années un bastion de l’organisation clandestine du Front national, de l’OS et des FTPF […]. Dès l’année 1942, de jeunes résistants du pays constituent un groupe de combat […]. Ils insufflent un tel élan à la Résistance que celle-ci trouva embrigadée dans ses rangs la quasi-totalité des jeunes paysans de l’Arrée. »
Dès cette époque, des aviateurs alliés, abattus lors des raids contre les ports bretons, sont hébergés dans le secteur et transitent par Trédudon-le-Moine. Le village sert également de refuge pour les maquisards dont le nombre augmente substantiellement en 1943, après l’instauration du service du travail obligatoire (STO). Ils peuvent s’y reposer et s’y ravitailler entre deux actions contre l’occupant. « Beaucoup de résistants venaient de l’arsenal de Brest ou de la pyrotechnie de Pont-de-Buis, rappelle Ismaël Dupont. Ils ont apporté leur savoir-faire, notamment en matière d’explosifs. Ils avaient ainsi monté un projet d’attentat contre la retenue d’eau de Saint-Herbot. »
En janvier 1944, un capitaine allemand et son ordonnance, tous deux à cheval, sont abattus par les maquisards à Goenidou en Berrien. Leurs corps sont enterrés près de Trédudon-le-Moine.
En février 1944, les Allemands mènent une grosse opération à Berrien qui compte, à la fin de la guerre, 22 fusillés, seize déportés, onze tués au combat et un disparu.
C’est un lourd tribut qui fait de la commune, mais surtout de Trédudon-le-Moine, un lieu emblématique de la Résistance après la Libération.
Lieu de mémoire
En 1946, l’état-major des FTPF lui accorde le titre de « premier village résistant de France ». « Le Parti communiste cherchait alors à valoriser la résistance populaire, reconnaît Ismaël Dupont. Il y avait aussi une concurrence de mémoire avec les Gaullistes qui, eux, ont mis en avant l’île de Sein. »
Nombre de dirigeants communistes français, de Charles Tillon à Georges Marchais, viendront d’ailleurs aux commémorations de Trédudon-le-Moine. Il s’agissait ainsi de développer le culte des martyrs d’une formation qui se présentait comme « le parti des 75.000 fusillés » (les historiens s’accordent aujourd’hui plutôt sur le chiffre, déjà considérable, de 25.000 tués). Un Parti communiste qui a longtemps dominé la vie politique de ces « campagnes rouges » du centre Bretagne et du Trégor, où les traditions de révolte ont toujours été bien ancrées. On dit même que des armes avaient été enterrées, à la Libération, près de Trédudon-le Moine, en prévision d’une éventuellement prise de pouvoir par les communistes dans les années 1940 (le PCF était alors le premier parti de France), mais qui ne vint jamais…
Tredudon le Moine, 8 mai 2022 - Rassemblement d'hommage à la Résistance, et de dénonciation de la dégradation du panneau d'hommage au premier village résistant de France, en Berrien
Tredudon le Moine, 8 mai 2022 - Rassemblement d'hommage à la Résistance, et de dénonciation de la dégradation du panneau d'hommage au premier village résistant de France, en Berrien
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7 mai 2022 6 07 /05 /mai /2022 07:18
Le PCF dénonce les dégradations sur le monument de Trédudon-le-Moine - Rassemblement le dimanche 8 mai à 14h30 à Tredudon-le-Moine devant le monument du premier village résistant de France (Le Poher)

Dans un communiqué, le PCF dénonce les dégradations intervenues fin avril sur la plaque commémorative de Trédudon-le-Moine à Berrien, un haut lieu de la résistance en Bretagne.

” Le 24 avril dernier des nostalgiques des plus sombres années de notre histoire, s’en sont pris à un symbole fort de la résistance en centre Bretagne. Cette date ne tient pas du hasard. En effet, ce dimanche 24 avril était la journée Nationale du souvenir des déportés.

16 habitants de BERRIEN et de TRÉDUDON ont été déportés, 22 ont été fusillés, 11 sont morts en déportation. La plupart étaient des communistes, des cégétistes, des gens simples, refusant de se soumettre à la tyrannie et à l’occupation étrangère comme au fascisme de Vichy. Et des imbéciles crachent sur leur mémoire, c’est intolérable !

Ce saccage du panneau de TRÉDUDON les MOINES, est dans le droit fil des tags qu’on subit les permanences du PCF. La démocratie ce n’est pas cela, la profanation de ce haut lieu de la résistance ne peut rester sans réaction.

Dès le 16 juin 1940, l’organisation clandestine du Parti communiste français, dirigée par Pierre PLASART,  a stocké des armes britanniques à TRÉDUDON les Moines avec la complicité et le soutien de toute sa population. TRÉDUDON les Moines sera à la fois un dépôt d’armes, un refuge pour les résistants traqués, un lieu de réunion et un centre de décision pour les dirigeants nationaux et régionaux des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF). C’est pourquoi l’État-major national lui a décerné le titre de premier village résistant de France.

La section PCF de CARHAIX-HUELGOAT, la Fédération PCF du Finistère, le Mouvement de la Paix, en lien avec la municipalité de BERRIEN, appellent à un rassemblement le dimanche 8 mai 2022 à 14h30, au pied de la stèle inaugurée en 1946, désignant TRÉDUDON comme étant le premier village résistant de France.

Pour le PCF. Pierre-Yves THOMAS.”
 
 
Le PCF Morlaix enverra un don de 200 € pour aider au financement d'une nouvelle stèle.
 
Le Poher avait consacré récemment un article à l’histoire de ce lieu : Trédudon-le-Moine, village résistant de l’Arrée.
 
Le PCF dénonce les dégradations sur le monument de Trédudon-le-Moine - Rassemblement le dimanche 8 mai à 14h30 à Tredudon-le-Moine devant le monument du premier village résistant de France (Le Poher)
Trédudon-le-Moine, village résistant dans l’Arrée

Au cœur des monts d’Arrée, le petit village de Trédudon-le-Moine est l’un des grands lieux de mémoire de la résistance au nazisme, même s’il est moins connu que l’île de Sein. Déclaré « premier village résistant de France dès 1946 », il a servi de lieu de rassemblement, de refuge et de cache d’armes pour les francs-tireurs et partisans dès après la débâcle.

Pour aller à Trédudon-le-Moine, il faut emprunter une route sinueuse à la sortie de La Feuillée ou de Berrien et faire quelques kilomètres dans une campagne vallonnée et boisée. En arrière-fond, les crêtes des monts d’Arrée, avec leurs aiguilles de granit et leurs landes sauvages, semblent faire rempart au monde extérieur. Le village est constitué de quelques maisons de granit, partagées par des rues sinueuses. Au sommet, sur une petite esplanade, plusieurs stèles rappellent le rôle de ce lieu durant la Seconde Guerre mondiale, avant que Trédudon-le-Moine ne deviennent l’un des lieux de mémoire de la résistance communiste.
Terres rebelles
En effet, malgré l’ambiance bucolique et paisible, on est ici sur une vieille terre rebelle depuis des siècles. Une terre de quévaise d’abord. Au Moyen Âge, pour favoriser le défrichement et la mise en valeur des monts d’Arrée, les moines de l’abbaye voisine du Relecq mettent en place ce système de gestion collective des terrains. La quévaise attire des paysans en rupture de ban ou des individus recherchant un nouveau départ. Des populations plutôt réfractaires à l’autorité qui trouvent donc un refuge dans la région et contribuent à forger une identité égalitaire et rebelle.
Au xixe siècle, les monts d’Arrée comme le centre Bretagne sont surnommés la « Montagne », une région réputée sauvage et peu reliée au reste de la péninsule, en raison d’un réseau routier défaillant, et ce malgré le développement du tourisme au Huelgoat. Les terres de l’Arrée sont réputées pauvres. Elles sont le fief des pilhaouers, les chiffonniers. Ces derniers parcourent la basse Bretagne pour récupérer des textiles usagés, pour les recycler. Ils transportent aussi les idées nouvelles, et ils entretiennent une certaine défiance envers les autorités et la police.
Dans les années 1920 et 1930, les monts d’Arrée sont l’une des zones où se développe le tout jeune Parti communiste français. Huelgoat est d’ailleurs la première commune à élire un maire communiste en France. Un Parti communiste cependant ébranlé lorsque, en septembre 1939, l’URSS de Staline signe un pacte avec l’Allemagne nazie, alors que la France et la Grande-Bretagne vont entrer en guerre pour protéger la Pologne. Un pacte germano-soviétique que soutient la direction du PCF, mais pas forcément la base militante.
Cache d’armes
En mai, juin 1940, après plusieurs mois de drôle de guerre, les armées françaises et britanniques sont mises en déroute par l’offensive allemande. Les Britanniques refluent vers Brest, avec des tonnes de matériel dont beaucoup sont stockées à Saint-Thégonnec. Ils en abandonnent ou en détruisent une grande partie avant l’arrivée des Allemands le 17 juin. De nombreuses armes, des munitions et des vivres sont, malgré tout, récupérés avant par des patriotes, dont des sympathisants communistes, en prévision de combats futurs.
À l’instigation d’un dirigeant local de l’Organisation spéciale du Parti communiste, Pierre Plassart, le village de Trédudon-le-Moine est alors choisi comme cache d’armes. Il sert aussi de lieu de rendez-vous discret aux dirigeants communistes qui préparent une résistance plus active. Le Parti communiste français est d’ailleurs entré dans la clandestinité après son interdiction en France durant l’été 1940. Il se structure donc militairement et le petit village des monts d’Arrée est un lieu discret de réunion…

Centre de résistance
Outre leurs convictions patriotiques et antifascistes, nombre des militants communistes se doutent en effet que le pacte germano-soviétique ne va pas durer. De fait, au printemps 1941, les troupes allemandes envahissent l’URSS. Dès lors, rien ne retient plus les communistes de s’investir pleinement dans la Résistance, particulièrement au sein des Francs-tireurs partisans (FTP). Des actions qui visent aussi le régime de Vichy dès l’été 1941. Historien et actuel secrétaire départemental du PC en Finistère, Ismaël Dupont rappelle que « pendant la guerre, plus de la moitié des résistants armés étaient des FTP. L’influence communiste sur la résistance a été notable et quantitativement essentielle dans l’Hexagone ».
Dans l’ouvrage Résistants et maquisards dans le Finistère. Témoignages, aux éditions Keltia Graphic, on peut ainsi lire que : « Le village de Trédudon-le-Moine est accroché comme un nid au versant sud de la Montagne. Dès les premiers jours de l’occupation, les trente-deux foyers de ce village et les fermes environnantes deviennent pendant près de quatre longues années un bastion de l’organisation clandestine du Front national, de l’OS et des FTPF […]. Dès l’année 1942, de jeunes résistants du pays constituent un groupe de combat […]. Ils insufflent un tel élan à la Résistance que celle-ci trouva embrigadée dans ses rangs la quasi-totalité des jeunes paysans de l’Arrée. »
Dès cette époque, des aviateurs alliés, abattus lors des raids contre les ports bretons, sont hébergés dans le secteur et transitent par Trédudon-le-Moine. Le village sert également de refuge pour les maquisards dont le nombre augmente substantiellement en 1943, après l’instauration du service du travail obligatoire (STO). Ils peuvent s’y reposer et s’y ravitailler entre deux actions contre l’occupant. « Beaucoup de résistants venaient de l’arsenal de Brest ou de la pyrotechnie de Pont-de-Buis, rappelle Ismaël Dupont. Ils ont apporté leur savoir-faire, notamment en matière d’explosifs. Ils avaient ainsi monté un projet d’attentat contre la retenue d’eau de Saint-Herbot. »

Soldats allemands tués
Les soldats allemands sont avant tout concentrés dans les grandes villes et le littoral, mais ils mènent parfois des opérations dans le centre Bretagne où, à partir de 1943, les maquis deviennent de plus en plus structurés, comme celui FTP de Spézet-Saint-Goazec, du réseau Libération nord du Huelgoat ou celui des FFI de Plonévez-du-Faou. Gare aux éléments ennemis isolés. En janvier 1944, un capitaine allemand et son ordonnance, tous deux à cheval, sont abattus par les maquisards à Goenidou en Berrien. Leurs corps sont enterrés près de Trédudon-le-Moine.
En février 1944, les Allemands mènent une grosse opération à Berrien qui compte, à la fin de la guerre, 22 fusillés, seize déportés, onze tués au combat et un disparu.
C’est un lourd tribut qui fait de la commune, mais surtout de Trédudon-le-Moine, un lieu emblématique de la Résistance après la Libération.
Lieu de mémoire
En 1946, l’état-major des FTPF lui accorde le titre de « premier village résistant de France ». « Le Parti communiste cherchait alors à valoriser la résistance populaire, reconnaît Ismaël Dupont. Il y avait aussi une concurrence de mémoire avec les Gaullistes qui, eux, ont mis en avant l’île de Sein. »

Nombre de dirigeants communistes français, de Charles Tillon à Georges Marchais, viendront d’ailleurs aux commémorations de Trédudon-le-Moine. Il s’agissait ainsi de développer le culte des martyrs d’une formation qui se présentait comme « le parti des 75.000 fusillés » (les historiens s’accordent aujourd’hui plutôt sur le chiffre, déjà considérable, de 25.000 tués). Un Parti communiste qui a longtemps dominé la vie politique de ces « campagnes rouges » du centre Bretagne et du Trégor, où les traditions de révolte ont toujours été bien ancrées. On dit même que des armes avaient été enterrées, à la Libération, près de Trédudon-le Moine, en prévision d’une éventuellement prise de pouvoir par les communistes dans les années 1940 (le PCF était alors le premier parti de France), mais qui ne vint jamais…
 
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7 mai 2022 6 07 /05 /mai /2022 07:05
Henri Curiel, assassiné le 4 mai 1978, un ardent internationaliste - par Sylvie Braibant (L'Humanité, 10 mars 2022)
Henri Curiel, un ardent internationaliste

La journaliste Sylvie Braibant, membre du collectif Secret-Défense, un enjeu démocratique, est la nièce d’Henri Curiel. Elle revient pour l’Humanité sur le parcours de ce communiste égyptien sans frontières qui prit pendant la guerre d’indépendance algérienne une part décisive aux réseaux d’aide directe aux FLN. Le secret-défense fait toujours obstacle à la manifestation de la vérité sur son assassinat, qui présente tous les attributs du crime d’État. Ce texte est publié, dans une version courte, dans le hors-série de l’Humanité « France Algérie, mémoires à vif ».

Publié le Jeudi 10 Mars 2022 - L'Humanité

La date a été soigneusement choisie : le jeudi 4 mai 1978, jour de l’Ascension, sous un beau soleil printanier, Paris vit au ralenti. Un commando de trois tueurs attend en planque, rue Monge, à la hauteur de l’escalier qui mène vers la rue Rollin, dans le 5 e arrondissement de Paris. À midi, deux d’entre eux quittent le véhicule. Ils viennent d’entendre via leur système d’écoute qu’Henri Curiel dit au revoir à sa femme et s’apprête à quitter leur duplex, immeuble au fond de la cour, cinquième étage, vue imprenable sur cette ville qu’il aime tant.

Les deux hommes grimpent les 34 marches de l’escalier en pierre, entrent, juste à droite, sous la porte cochère du n° 4 rue Rollin et arrivent avant que le vieil ascenseur en fer forgé n’achève sa descente. Ils tirent à travers les portes vitrées, Henri Curiel s’écroule. Quelques heures plus tard, la revendication arrive. Elle renvoie à la guerre d’Algérie par sa signature, un commando Delta, et les mots de la revendication : « Aujourd’hui, à 14 heures, l’agent du KGB Henri Curiel, militant de la cause arabe, traître à la France qui l’a adopté, a cessé définitivement ses activités. Il a été exécuté en souvenir de tous nos morts. » L’arme qui a tué Henri Curiel a déjà servi, le 1 er décembre 1977, contre Laïd Sebaï, gardien de l’Amicale des Algériens en Europe.

 La France est alors présidée par un homme « moderne », Valéry Giscard-d’Estaing, ancien partisan de l’Algérie française, cause partagée par de proches collaborateurs - Alain Madelin, Gérard Longuet, anciens militants du groupe « Occident », mélange d’anticommunisme et de nostalgie coloniale, ou Michel Poniatowsky -, tandis qu’au « service action » du SDECE (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage, prédécesseur de la DGSE), chargé des basses œuvres de la République, sévissent des reconvertis de l'OAS. 

L’assassinat d’Henri Curiel a été précédé d’une campagne de dénigrement de deux ans, lancée par le Point en 1976, sous la plume du journaliste Georges Suffert, relayée un an plus tard par d’autres médias, dont le Spiegel allemand. En septembre 1977, Henri Curiel est assigné à résidence à Dignes, d’où il revient trois mois plus tard après décision du Conseil d’État. Si le facteur déclenchant du meurtre est à chercher du côté du dévoilement des contrats mirifiques signés par la France (et l’Allemagne) avec l’Afrique du Sud de l’apartheid, pourtant mise au ban des nations, les assassins reliés à l’OAS ont sans doute appuyé avec un plaisir non dissimulé sur la détente, tant la vie d’Henri Curiel, après son exil d’Égypte, fut liée à l’Algérie, avant et après son indépendance.

Lorsqu’il est expulsé d’Égypte en 1951 par le roi Farouk, Henri Curiel ne l’est pas seulement parce qu’il est l’un des fondateurs du mouvement communiste égyptien, mais parce qu’il est aussi convaincu que le combat contre les colonialismes occupera la décennie à venir.

Henri Curiel est né le 13 septembre 1914 au Caire, deuxième fils de Zephira et Daniel Curiel. Son père, Daniel Curiel, dirige la banque familiale fondée au XIX e siècle par le premier des Curiel arrivé en Égypte. Il possède des terres agricoles sur le Nil, reçoit à sa table artistes et écrivains ou encore les membres de l’administration coloniale, et il espère bien que l’un de ses fils reprendra le flambeau de ses affaires. Mais le XX e siècle en décidera autrement. L’aîné des frères Curiel partira arpenter les terrains archéologiques d’Asie centrale, tandis qu’Henri mène la vie quelque peu dissolue d’un jeune homme fortuné… jusqu’à sa rencontre avec Rosette Aladjem. La jeune femme, née en Bulgarie, est infirmière et sillonne les zones les plus pauvres de la capitale égyptienne pour secourir celles et ceux qui n’ont pas accès aux soins. En accompagnant Rosette, Henri découvre les « damnés » de la terre. C’est une déflagration, amplifiée par l’écho des événements en cours en Europe. En 1939, alors que la Seconde Guerre mondiale est inéluctable, Henri Curiel est convaincu, comme son frère Raoul, que seul le communisme pourra remédier aux maux du monde, de son pays en particulier… Mais, à l’inverse de ses compagnons, il perçoit aussi l’importance du nationalisme, l’autre mouvement de fond qui secoue l’Égypte, malgré une indépendance de façade accordée en 1922.

Durant la guerre qui s’invite en Égypte, il organise l’aide aux alliés. Il est incarcéré une première fois, en 1942, par des autorités enclines à se rapprocher des nazis par opposition au Royaume-Uni, l’ancienne puissance coloniale toujours présente. Ce qui le conforte dans sa vision, qu’il résume ainsi : « Qu’est-ce qu’être communiste aujourd’hui en Égypte ? C’est être anti-impérialiste. » Et qui se retrouvera dans le nom de la première organisation qu’il fonde en 1943 : le Mouvement égyptien de libération nationale (MELN).

À nouveau emprisonné, après 1948 et la création de l’État d’Israël, comme communiste ou/et comme juif, Henri est expulsé de son pays natal par le roi Farouk, le 26 août 1950.

En France, où il arrive un an plus tard, malgré un statut d’apatride qui devrait l’inviter à se tenir en retrait, il reprend aussitôt le combat, sur plusieurs fronts : il veut maintenir un lien avec les camarades égyptiens – mais en Égypte les communistes ne veulent plus de lui et en France il est ostracisé par le PCF – ; il se lance dans l’organisation du dialogue entre Israéliens, Palestiniens et Égyptiens ; il salue l’émergence d’une troisième voie hors des États-Unis ou de l’URSS qui se concrétise à Bandung en 1955 sous l’impulsion de l’indien Nehru, de l’Indonésien Soekarno et surtout, pour lui, de l’Égyptien Nasser – le groupe d’Henri a accompagné le coup d’État des officiers libres contre la monarchie en 1952 et quatre ans plus tard manifeste à nouveau son soutien à Nasser en lui faisant passer les plans de l’attaque franco-britannique lors de la nationalisation de la Compagnie du canal de Suez en 1956. Mais le raïs n’y croit pas, met les communistes en prison et Henri voit s’éloigner un peu plus son Égypte natale.

En 1957, lorsqu’il rencontre des membres du réseau Jeanson, « porteurs de valises » du FLN, il est mûr pour passer à autre chose. La lutte pour l’indépendance algérienne sera le grand tournant de son action.

Après le retrait de Francis Jeanson, grillé, les Algériens demandent à Henri de reprendre la main sur les réseaux d’aide au FLN. Trois ans durant, entouré des compagnons d’Égypte, obligés de partir eux aussi au long des années 1950, de sa femme Rosette, mais aussi des exceptionnelles Joyce Blau et Didar Fawzy-Rossano, il organise les filières de transfert d’argent ou d’armes, d’exfiltration des déserteurs et des militants du FLN. Jusqu’à son arrestation le 20 octobre 1960.

Mais la prison n’a jamais entravé Henri Curiel : en Égypte, déjà, il convertissait ses gardiens successifs au communisme, il fallait en changer régulièrement, et il organisait des groupes de discussion avec les Frères musulmans. Il s’installe au centre pénitentiaire de Fresnes, comme s’il était chez lui, sa cellule se transforme en séminaire permanent entre Algériens et Français. Lors du ramadan, par solidarité, il invite ses codétenus non musulmans à le suivre, comme lui. Il tient une bibliothèque et organise des cours de yoga, il est particulièrement habile au sirsasana, position tête en bas…

Cette année et demie de réclusion lui permet surtout d’envisager l’étape suivante de son combat, dans laquelle l’Algérie indépendante jouera un rôle déterminant : ce sera Solidarité, organisation semi-clandestine destinée à apporter une aide très concrète aux indépendantistes et aux antifascistes partout dans le monde, aux Espagnols et Portugais antifranquistes, aux Sud-Africains à l’assaut de l’apartheid, aux Brésiliens, Argentins ou Chiliens contre leurs dictatures, etc. S’y côtoient des anciens de la Résistance, des mouvements communistes égyptiens et des réseaux d’aide au FLN, experts en services multiples : repérage et rupture d’une filature ; impression de tracts et de brochures grâce à un matériel léger ; fabrication de faux papiers ; chiffrement et écriture invisible ; soins médicaux et premiers secours ; maniement d’armes et utilisation des explosifs ; cartographie et topographie. Le financement vient d’Alger, les « instructeurs » d’un peu partout.

Sous la présidence d’Ahmed Ben Bella, premier président de l’Algérie indépendante, Alger s’est transformé en chaudron révolutionnaire international. Henri Curiel s’y rend plusieurs fois. Comme il n’a toujours pas de passeport, il voyage sous la couverture d’une maison d’édition. Joyce Blau l’accompagne et, sur place, ils retrouvent Didar Fawzy-Rossano, installée en Algérie après l’indépendance – elle fait merveille dans les « chantiers de jeunesse ». Joyce se souvient encore de la demande d’Henri à Ahmed Ben Bella, qu’il rencontre à chacun de ses séjours, d’intercéder auprès de Nasser afin que sa mère, Zephira Curiel, puisse sortir d’Égypte pour rendre visite à ses deux fils en France. Ce qui fut fait. Une belle époque, pleine d’espérance. Jusqu’au renversement de Ben Bella.

Après 1965, les relations entre Solidarité et l’Algérie sont plus épisodiques. Ainsi, lors du « sauvetage » des pirates de l’air des Black Panthers en 1972. Le 31 juillet de cette année-là, Melvin et Jean McNair, George Brown, George Wright et Joyce Tillerson détournent un avion qui devait relier Detroit à Miami. Ils veulent rallier Alger, où siège la section internationale des Black Panthers. Mais celle-ci entretient de très mauvaises relations avec Houari Boumediene. Henri Curiel et Solidarité organisent alors l’exfiltration des membres du commando vers la France.

Quatre ans plus tard, le 11 mai 1978, à 14 heures, une foule dense suit le fourgon funéraire qui remonte l’allée centrale du cimetière du Père-Lachaise depuis le boulevard de Ménilmontant. Une immense couronne de lys et de roses recouvre le véhicule dans lequel repose le cercueil d’Henri. Elle porte l’inscription : « À la mémoire d’Henri Curiel. L’Algérie ».

CURIEL Henri, dit Younès en Égypte, dit Pointet, Jacques, Guillaume, Frédéric et Wassef en France

Né le 13 septembre 1914 au Caire (Égypte), assassiné le 4 mai 1978 à Paris ; militant antifasciste de l’Union démocratique ; fondateur du Mouvement égyptien de libération nationale (1943) ; responsable politique du Mouvement démocratique de libération nationale (1947) ; « porteur de valise » pour le FLN (1957), responsable du réseau Jeanson (1960) ; fondateur du Mouvement anticolonialiste français (juillet 1960) ; fondateur de l’organisation Solidarité ; artisan de la paix au Proche-Orient.

 

Issu du côté paternel, d’une famille de juifs séfarades, protégés italiens, Henri Curiel grandit au Caire avec son frère, Raoul (né un an avant lui) dans un milieu cosmopolite où la France était une référence absolue. Demeurant dans l’un des beaux quartiers de la capitale égyptienne (Zamaleck) avec son père, Daniel Curiel, banquier, homme d’affaires et propriétaire terrien, et sa mère, Zéphira Behar, catholique, d’origine syro-libanaise, il fit sa scolarité au collège des jésuites.

Optant pour la nationalité égyptienne en 1935, Henri Curiel, désigné pour travailler avec son père, subit l’influence de son frère, étudiant à Paris, membre des Amis de l’URSS, marqué par le Front populaire et sa participation aux réseaux de soutien à l’Espagne républicaine. Raoul Curiel faisait partie des Étudiants socialistes et était proche de la Gauche révolutionnaire de Marceau Pivert*. En 1938, à cause des menaces de guerre il décida de revenir en Égypte. Il incitait son frère, Henri, à lire les brochures et manuels d’édition française du marxisme-léninisme soviétique.

En 1939, les deux frères Curiel, antifascistes, séduits par le communisme à travers la personnalité de Georges-Henri Pointet* qui avait adhéré au Parti suisse du travail, rallièrent l’Union démocratique connue aussi sous le nom de Ligue démocratique, avec Marcel Israël. Grâce aux fonds de Daniel Curiel, ce regroupement disposait de locaux, d’une bibliothèque tenue par Diane Rossano (plus tard Didar Fawzy*) et d’une revue : Don Quichotte (façon de saluer l’Espagne républicaine) dont Georges Henein était responsable. Henri Curiel y écrivit un article dénonçant la condition des ouvriers égyptiens. Cette revue dura six mois et soutint la campagne du jésuite Henry Ayrout pour porter secours à la misère paysanne, en publiant des enquêtes sur la vie des fellahs en Haute Égypte. L’Union démocratique organisait des conférences et trouvait dans la libraire du Rond-point un relais intellectuel antifasciste attentif à ce qui se passait en France. Lorsque la Seconde Guerre mondiale fut déclarée, Raoul et Henri se portèrent volontaires pour rejoindre l’armée française, mais en vain tandis que Georges-Henri Pointet réussissait à s’enrôler dans les troupes françaises. Celui-ci appartint ensuite à l’armée de libération au sein de laquelle il trouva la mort en 1944. Henri Curiel prendra le nom de Pointet pour premier pseudonyme, à son arrivée en France en 1951.

En butte à des soucis de santé (signes précurseurs de la tuberculose), Henri Curiel avait découvert l’insondable misère du peuple égyptien dans la compagnie entre autres filles de bourgeoisie, d’une jeune infirmière qui avait des préoccupations sociales, Rosette Aladjem, fille d’un haut fonctionnaire, qu’il épousera en 1943. Ce fut pour Henri Curiel le choc initiatique, la révélation d’un insoutenable malheur qui allait le conduire à la politique.

À partir de la librairie du Rond-Point, et sous l’impulsion de Georges Gorse, délégué de La France libre du général de Gaulle à Londres, il avait participé à la fondation des Amitiés françaises ; son frère, Raoul, devint le speaker de la France libre à radio Dakar. En Égypte, la puissance d’occupation était l’Angleterre ; tout se précipitera en 1942 lorsque Le Caire faillit tomber aux mains de Rommel. Alors que la communauté juive aisée s’empressait de partir pour Jérusalem, Henri Curiel décida de rester ; il fut arrêté par la police égyptienne, emprisonnant communistes et Frères musulmans, à l’insu des autorités anglaises. Libéré grâce à l’intervention de son père et placé pour trois ans sous le régime de la résidence administrative après le coup d’arrêt porté à l’avance allemande d’El Alamein, il créa en 1943 le Mouvement égyptien de libération nationale (MELN), un de ces fronts nationaux que l’Internationale communiste appelait à former. Le « secteur Égypte », avant comme après la dissolution de l’IC, relevait de la Section coloniale du PCF que dirigera Élie Mignot*, sous la responsabilité d’André Marty.

Rapidement, l’organisation fut en mesure de traduire et de diffuser des textes communistes (comme Manifeste du Parti communiste, Que faire ? Socialisme utopique et socialisme scientifique, Les principes du léninisme), de tenir une fois une école de cadres dans la propriété Curiel, de recueillir les mutins des brigades grecques en avril 1944, de s’associer aux actions et manifestations du Comité national des étudiants et des ouvriers, de participer aux conflits sociaux qui secouaient le pays, notamment aux grandes manifestations de février 1946. Mais la concurrence avec les organisations d’Hillel Schwartz (Iskra) et de Marcel Israël (Libération du peuple), la faiblesse de l’implantation populaire qui laissait la direction entre les mains d’ « Egyptiens étrangers » pour dire intellectuels issus des colonies d’affaires, et la répression policière ne facilitaient pas la volonté d’« égyptianiser » le mouvement. Henri Curiel fut à nouveau arrêté en juillet 1946, relâché puis encore arrêté en décembre et libéré sous caution.

En juillet 1947, les trois organisations majeures (MELN, Libération du peuple et Iskra) formèrent un front national, Mouvement démocratique de libération nationale (MDLN), contre l’occupation britannique, mais très vite des luttes intestines brisèrent l’unité. La reconnaissance de l’État d’Israël et la première guerre israélo-arabe provoquèrent l’arrestation de militants communistes. Accusé de sionisme, Henri Curiel fut enfermé d’abord à « la prison des étrangers » puis détenu au camp d’Huckstep ; Rosette Curiel, sa femme, fut arrêtée puis, pour raisons de santé, placée sous bonne garde en résidence pendant deux ans dans un sanatorium. Après les élections de 1950, le gouvernement égyptien annonça la libération des détenus politiques « étrangers » moyennant leur départ définitif d’Égypte. Privé de la nationalité égyptienne sous le prétexte qu’il n’avait pas produit le papier de renoncement à la nationalité italienne, Henri Curiel, qui s’obstinait à vouloir rester incarcéré, fut embarqué de force à Port-Saïd le 26 août 1950. Débarqué à Gênes, il s’adressa à la direction du Parti communiste italien qui lui réserva un accueil glacial. Il passa clandestinement en France en 1951, fut reçu par André Marty, mais le bureau de la section coloniale se montra réservé vis-à-vis de ce fils de banquier juif prétendant prendre la tête du communisme égyptien.

Aidé financièrement par Joseph Hazan qui avait monté une société de papeterie et textile, Patex (Henri Curiel sera officiellement un employé de la société), il continua à diriger le MDLN en Égypte comme un secrétaire général en exil. Mais le putsch des « officiers libres », le 23 juillet 1952, qu’il approuva, lui valut de se voir dénoncé comme « suppôt de la dictature fasciste ». L’affaire Marty, en novembre 1952, acheva de le marginaliser (le PCF reprochait à André Marty d’avoir été hébergé par « un couple d’Égyptiens douteux » en 1943 au Caire) et de le mettre au ban du mouvement communiste. La section coloniale du PCF accompagnait en outre la distance que prenait l’URSS avec l’État d’Israël, et se refusait à soutenir les efforts de recherche d’une solution concertée judéo-arabe pour trouver une issue au conflit que conduisaient ces exilés d’Égypte dans le Groupe de Rome.

L’orientation et l’action pratique de Curiel étaient vouées au soutien des luttes de libération nationale. Robert Barrat, journaliste engagé contre la guerre d’Algérie, lui ouvrit un nouveau champ d’action ; il le présenta à Francis Jeanson* qui mettait en place un réseau d’aide au FLN. Pendant trois ans, Henri Curiel s’employa à seconder le réseau Jeanson : caches, transports de militants, diffusion des journaux et des tracts, collecte de l’argent de l’émigration et transports de fonds, passages de frontières. Il travaillait avec sa femme, Rosette, Joyce Blau* et Didar Fawzi Rossano, toutes deux venues d’Égypte. Après l’insurrection à Alger des partisans de l’Algérie française, le 13 mai 1958, Henri Curiel incita Francis Jeanson à rencontrer des dirigeants du PCF pour envisager des luttes en commun. Un premier contact eut lieu entre Francis Jeanson et Antoine Casanova* le 30 mai 1958, suivi d’un second le 5 juin avec Waldek Rochet*, mais les divergences étaient trop fortes.

En même temps que les arrestations au sein du réseau Jeanson se faisaient plus nombreuses en 1960, des désaccords apparurent entre le groupe Curiel et Francis Jeanson. Ce fut néanmoins Henri Curiel qui prit la direction du réseau en 1960 lorsque Francis Jeanson dut disparaître après un coup de filet de la DST. Henri Curiel voulut alors élargir le réseau en créant le Mouvement anticolonialiste français (MAF). La réunion fondatrice se tint le 20 juillet 1960 à Saint-Cergue, en Suisse, avec une trentaine de délégués. Ce fut un échec, le pragmatisme de Curiel se heurta aux partisans de la « révolution algérienne » qui pensaient qu’elle pourrait avoir des conséquences en Europe alors qu’il ne voyait dans le FLN qu’un mouvement de libération nationale.

Le 7 octobre 1960, Rosette Curiel fut arrêtée à Genève puis expulsée vers Tunis. Le 20 octobre, Henri Curiel fut, à son tour, arrêté et incarcéré à Fresnes où il fut détenu pendant dix-huit mois avec plus d’un millier d’Algériens. Après la grève de la faim de novembre 1961, il obtint le régime politique avec les autres détenus algériens. Le FLN le laissa donner des cours de perfectionnement en français. Il sortit de Fresnes après les accords d’Évian, le 14 juin 1962, et dut à ses relations gaullistes de pouvoir rester en France et d’œuvrer pour le Tiers-monde.

Henri Curiel créa, en décembre 1962, Solidarité, une centrale de prestation de services pour apporter de l’aide aux mouvements de libération. Il s’agissait de se mettre au service d’autres militants venus du monde entier et de leur enseigner certaines techniques : repérage et rupture d’une filature, impression de tracts et de brochures, fabrication de faux papiers, etc. Axée sur le Tiers-monde, l’aide fut étendue aux réseaux antifascistes luttant contre Franco en Espagne, Salazar au Portugal, les colonels en Grèce ou Pinochet au Chili, et à l’ANC d’Afrique du Sud. Les militants arrivaient par petits groupes pour des stages de durée variable. Cela dura quinze ans. Sous la présidence de Giscard d’Estaing, Henri Curiel perdit sa protection, se retrouvant à la merci des entreprises anticommunistes des Services français.

Henri Curiel s’employait à esquisser un plan de paix entre les Palestiniens émissaires de Yasser Arafat à la tête de l’OLP, et des Israéliens engagés dans le mouvement de « la paix maintenant », lorsqu’il fut assassiné le 4 mai 1978. Il avait rendez-vous avec le responsable palestinien Issam Sartaoui, mandaté par Yasser Arafat, quand il fut abattu, sur informations minutées d’écoutes téléphoniques, en sortant de l’ascenseur de son domicile. L’attentat fut revendiqué par le groupe Delta faisant écho au commando Delta de l’OAS en Algérie et en France, mais l’enquête policière ne put aller jusqu’à identifier les instigateurs et les exécutants du crime.

 

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21225, notice CURIEL Henri, dit Younès en Égypte, dit Pointet, Jacques, Guillaume, Frédéric et Wassef en France par René Gallissot, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 3 mai 2020.
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30 avril 2022 6 30 /04 /avril /2022 05:52
Syrie : des femmes dans la guerre en Streaming Documentaires - Société française - France 5 Quatre Syriennes témoignent de leur vie pendant la décennie chaotique qui a débuté avec la révolte de mars 2011 et qui s'est transformée en guerre civile.

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L'Humanité, 29 avril 2022 - Article de Laurent Etre

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Syrie. Femmes et révolutionnaires
Publié le
Jeudi 28 Avril 2022
 

Le réalisateur Kamal Redouani raconte dix ans de conflit syrien à travers le regard de quatre femmes en quête de liberté. « Les révolutionnaires syriennes sont les grandes oubliées de l’histoire », est-il rappellé en préambule. Avec des archives rares, il souligne que les femmes ont souvent été en première ligne, à la fois contre Bachar Al Assad et contre l’organisation « État islamique », laquelle a profité du chaos de la guerre civile. Laurent Être - L'Humanité

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Un documentaire a ne pas manquer: "Syrie, des femmes dans la guerre" - dimanche France 5, 21 heures. Avec le témoignage de Lubna, engagée dans la Révolution, la solidarité avec les quartiers martyrisés dans le régime monstrueux de Bachar al-Assad, et qui est aujourd'hui réfugiée où Morlaix où elle travaille toujours pour une ONG syrienne et internationale de défense des droits des femmes présidée par l'écrivaine et journaliste Samar Yazbek, dont elle est une des "19 femmes" de ce livre bouleversant paru chez Stock en 2019 sur les femmes dans la révolution et la guerre syrienne. Bel article dans L'Humanité du week-end par Laurent Être. " Je pourrais parler du siège pendant des heures. C'est une situation humiliante, douloureuse, qui vous fait perdre toute humanité. Tu luttes intérieurement pour rester humain, ne pas devenir sauvage" (Lubna).

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