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25 janvier 2020 6 25 /01 /janvier /2020 06:00
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère

25/ François Bourven (1925-2010)

François Bourven, militant communiste du pays de Morlaix, le mari de Michèle Bourven, née Lacroix, notre camarade de la section du PCF Morlaix, comme ses enfants François Bourven (ancien secrétaire départemental du PCF Finistère, cheminot, responsable syndical) et Guillaume Bourven.

François Bourven est décédé le 11 mars 2010, à 85 ans.

Né en 1925, cultivateur à Plougonven, il est entré dans la résistance en Décembre 1943, dans un groupe FTPF du secteur de Scrignac commandé à l'époque par Armel Coant, lequel sera fusillé par les Allemands le 8 août 1944 à Rennes.

Le maquis de Scrignac était aussi organisé par Emile Le Foll, qui aida Michèle Bourven à porter plainte en 2010 quand elle reçut une lettre anonyme inspirée par des idées d'extrême-droite et /ou Breiz Atao pour salir la mémoire de son mari et celle de la Résistance après son décès.

De Décembre 1943 à Mars 1944, François Bourven a participé à des distributions de tracts et de journaux clandestins.

Le « maquis rouge » FTPF de Scrignac est particulièrement important. François Bourven l'intègre après l'exécution de l'abbé Perrot qui est suivie d'une intense activité de répression de la part des Allemands du Kommando de Landerneau dirigé par Schaad et de leurs auxiliaires miliciens et collaborateurs français, dont un certain nombre de nationalistes bretons du PNB. C'est par eux qu'Armel et Francis Coant, les deux cousins, sont arrêtés, torturés, avant d'être fusillés à Rennes.  

Puis il a participé à des activités barrages de routes, abattages d'arbres, sabotages de lignes téléphoniques ennemies pendant le débarquement des Alliés sur les Côtes Normandes, aux parachutages d'armes et munitions du 14 et du 21 juillet à St Mandez (Côtes du Nord) et au Vieux Moulin de Scrignac.

Il est de l'attaque d'un convoi allemand à Lémézec (Scrignac). Plusieurs Allemands sont tués et blessés. Il participe aussi à la Libération de la presqu'île de Crozon dans le secteur de Plougastel et Logonna Daoulas.

Engagé volontaire, il participe à la Libération de Lorient au sein du 118e RIMB avec 12 000 autres résistants des autres mouvements épaulés par l'armée américaine. Face à eux, pendant 6 mois, sur le Front de Lorient du 15 novembre 44 à mai 1945, 26 000 soldats de l'armée allemande, dont 2000 Russes, 285 Polonais et Tchèques.

Après-guerre, François Bourven devient cheminot à Paris, puis brocanteur, puis il se réinstalle à Plougonven, au Kermeur, où il exerce comme brocanteur. Il était adhérent à l'ANACR.  

Lire aussi:

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

François Bourven à la fête de l'Huma en costume breton (archives Michèle Bourven)

François Bourven à la fête de l'Huma en costume breton (archives Michèle Bourven)

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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 06:07
photo d'Yves Autret - capitaine Pierre (site de l'ANACR Finistère)

photo d'Yves Autret - capitaine Pierre (site de l'ANACR Finistère)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère

24/ Yves Autret  (1923-2017)

 

Voici la biographie d'Yves Autret écrite par Gilles Pichavant pour le Maitron: 

 

Né le 2 octobre 1923 à Saint-Segal (Finistère), ouvrier du bâtiment; syndicaliste CGT du Finistère; communiste; résistant FTPF.

 

Yves Autret naquit le 2 octobre 1923 à Saint-Segal.

 

Ayant adhéré au Parti Communiste en 1938, alors qu'il n'a que 15 ans, à la cellule de pont-de-Buis, rattachée à la section de Quimper.

 

En fin 1940 ou début 1941, sous l'occupation, il fut contacté par Fanch Merrien*, pour le PCF clandestin. Dès lors, il fut un diffuseur de journaux et de tracts clandestins, pour le PCF, la JC, puis le FN. Il participa à des actions directes  contre l'occupant avec [Maurice Cam->157353] — qui était un voisin, du même âge que lui, et avec qui il avait été à l'école primaire — et [Albert Abalain->142667].

 

Versés aux FTPF au printemps 1942, ils participèrent sous les ordres de Maurice Cam à l'incendie de l'émetteur en construction de Radio-Quimer'ch. Ils passèrent ensuite au maquis FTPF de Spézet-Saint-Goazec.

 

Yves Autret devint rapidement le "recruteur" départemental des FTPF. Au départ de Moreau*

Il intégra le triangle départemental des FTPF comme responsable aux effectifs, et resta jusqu'à la Libération au commandement départemental des FTPF sous le pseudonyme de Capitaine Pierre. Jeune chef FTP du Finistère, il participa aux combats de la Libération. Puis il participa aux exhumations des fosses de Mousterlin dans lesquelles on retrouva les corps de Maurice Cam, et de son neveu Guy Cam*, qui avaient été arrêtés puis fusillés ensemble, avec d'autres, sur les dunes de Mousterlin.

 

À la Libération Yves Autret continua son activité militante au PCF, et fut un temps responsable départemental et permanent du mouvement de la Jeunesse communiste pour le Finistère.

 

Devenu ouvrier du bâtiment, il adhéra à la CGT, et devint délégué syndical, et délégué du personnel, à la succursale brestoise de l'entreprise Rapt-et-Brice, grosse entreprise de travaux public. Dans les années 1950 et 1960 il y avait 160 syndiqués à la CGT sur 180 salariés dans cette succursale.

 

SOURCES: {1918-1945, 1640 militants du Finistère}, d’Eugène Kerbaul, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1988. — Archives familiale et témoignages d'Yves Autret

 

***

 

Yves Autret est décédé à 93 ans, en août 2017. Il était médaillé de la Résistance, Croix de guerre 1939-1945, Chevalier de la légion d'honneur.  
 
La fédération du Parti Communiste du Finistère, qui lui rend un vibrant hommage aujourd'hui, à son courage, à sa vie de conviction au service des idéaux les plus nobles, sera représenté pour lui dire un dernier adieu et un grand merci pour sa vie d'engagement.  
 
Avec Yves, capitaine Pierre, nous perdons le dernier représentant de l'état-major FTPF du Finistère encore parmi nous. Il avait 20 ans en 1944. C'était le chef départemental FTPF-FFI du Finistère. 
 
Il a fait parti du Comité Départemental de Libération, puis du Parti Communiste où il a milité de nombreuses années dans le Centre-Finistère, à Pont de Buis.  
 
Yves était membre du comité d'honneur de l'ANACR. Il ne participait plus aux réunions depuis 3 ans pour cause de maladie. 
 
La présidente de l'ANACR Finistère, Anne Friant Mendrès a écrit en 2005 avec Yves Autret quelques pages pour retracer son exceptionnel parcours et l'histoire de la résistance (communiste notamment) en Finistère sur le très bon site de l'ANACR.
 
Finistère: http://www.lesamisdelaresistancedufinistere.com 
 
C'est un témoignage absolument unique et passionnant dont nous reprenons les premières pages ici, la suite étant à lire sur la page suivante:  
 

Pont-de-Buis-lès-Quimerc'h, février 2005.
Entretiens entre Yves Autret, capitaine Pierre dans la Résistance, et Anne Friant-Mendrès, fille d'un des camarades de Résistance de Yves.

 

En note, des biographies de militants du Finistère écrites par leur camarade Eugène Kerbaul en 1985. Elles complètent les informations données.

Pont-de-Buis l’ouvrière née de sa poudrerie fondée en 1688. La poudre à canon est destinée à Brest, le port de guerre du Ponant. Ses ouvriers sont les paysans des communes voisines. 
La cité s’est bâtie sur les dernières pentes montagneuses avant l'océan, au bord de la Douffine, affluent de l’Aulne, rivière qui traverse Châteaulin, la ville voisine.
Sous-préfecture du Finistère, célèbre par la présence de 1930 à 1933 d'un sous-préfet promis à un avenir héroïque, Jean Moulin, Châteaulin est un carrefour, ouvrant vers Carhaix à l'est, vers Crozon à l'ouest, à mi-chemin entre Brest et Quimper. Elle sera considérée comme un point stratégique par l'armée d'occupation. 

 

Pont-de-Buis, par sa poudrerie, sa population ouvrière, sa situation géographique ouverte sur tout le département par sa proximité avec Châteaulin, devient très tôt un centre de Résistance à l’Occupation Allemande et à la Collaboration de 1940 à 1944. 

1-Yves Autret.

Cette période de notre Histoire est aussi celle de l’entrée dans la vie du tout jeune homme que j’étais alors.La France est défaite par les armées allemandes. Philippe Pétain, né en 1856, Maréchal de la guerre 14-18, reçoit les pleins pouvoirs. Il conclut un armistice le 22 juin 1940 dans des conditions honteuses, laissant notre alliée, l’Angleterre, seule face à l’ennemi et entre dans une politique de collaboration avec l’Allemagne nationale-socialiste. La « Révolution Nationale », nom donné par Pétain à l’action de son gouvernement de Vichy, est à l’ordre du jour. Interdiction des grèves et promulgation du « Statut des Juifs » dès la fin de l’année 1940. 
Depuis septembre 1939, à la suite du Pacte Germano-Soviétique, le Parti Communiste est dissous.

Mais nous, nous ne doutons pas. Nous savons quel combat nous attend. La guerre d’Espagne et son issue tragique nous y a préparés. Staline veut gagner du temps pour s’armer en prévision de l’inéluctable affrontement entre fascisme et socialisme. Bientôt l’Union Soviétique sera à nos côtés. 

Le pays est occupé, dépecé, rationné, pillé. Beaucoup d’hommes sont prisonniers de guerre, et bientôt la jeunesse sera requise pour le Service du Travail Obligatoire en Allemagne. 
La Bretagne est en zone occupée. Toute la côte est en zone interdite. Brest est pour la Kriegsmarine une position stratégique de la plus haute importance. 
Nous entrons dans « le tragique des quatre années maudites »*. Le tout jeune homme que j’étais devra vite grandir. 

Pont-de-Buis. Il faut parler d’abord de la famille Berthelot, et en particulier du père, Louis Berthelot. Cet homme qui était une grande figure du mouvement syndical et politique avait appris à lire et à écrire en suivant la scolarité de ses enfants. Il n’était pas allé à l’école. Tout jeune, il était dans les bois à faire des sabots. Un homme formidable. Nous habitions le même quartier, une cinquantaine de mètre séparait nos maisons. Il avait perdu une jambe …et sa religion dans les tranchées. C’était un grand blessé de la guerre 14-18. Je le connaissais bien, et j’ai toujours eu pour lui la plus grande admiration. C’était un père attentif à l’éducation de ses enfants. Il les a formé aux valeurs progressistes et républicaines. Il connaissait les « Histoires de Yann et de Chann », et tous les soirs il les leur racontait. 
Ouvrier à la poudrerie, il était secrétaire des Anciens Combattants, militant syndical et politique. 
Il fut arrêté fin 42 ainsi que son fils Pierre par les flics de Châteaulin. Ils furent tous deux déportés. Ils revinrent des camps, mais l’épreuve fut si dure que sa femme en perdit la raison, ce dont souffrit beaucoup la plus petite, sa dernière fille. 
Il y avait aussi Maurice Cam, qui participera à mes côtés aux premiers sabotages, et Guy, son neveu.
Maurice était ouvrier aux écritures à l’arsenal. Il était avec nous aux Jeunesses Communistes. Il faisait partie du groupe de Brest. Quand ils ont été chassés de Brest, Guy et lui ont rejoint le maquis de Saint-Goazec-Spézet. 
Guy Cam a aussi laissé la vie dans ce combat.

Je vois toujours un frère de Maurice. Il vient là en vacances. 


2-L’Aigle d’Or

Yves Autret. Brest. 1941. Il faut parler de l’hôtel restaurant de l’Aigle d’Or, 57 rue Jean Jaurès à Brest.

Brest était en zone interdite, mais les Allemands avaient besoin de main-d’œuvre pour la construction de leur Mur de l’Atlantique et le port de guerre. Brest était un immense chantier. Les hommes démobilisés venaient y chercher du travail. 
« L’Aigle d’Or » était un restaurant ouvrier, où tous les copains se retrouvaient. Il y avait là Le Rest, Jean-Pierre Le Rest, un gars du bâtiment, de Quimerc’h . Il a disparu au cours d’un transport. 
Tous les gars de Pont-de-Buis fréquentaient cet hôtel. Il y avait là Albert Abalain, François Le Gall qui était ingénieur, Yves Gourmelon, mort des suites de tortures. « L’Aigle d’Or » était l’âme. Pierre Corre, tous les chefs se retrouvaient là. 
Je me rappelle que Pierre Corre descendait souvent chez Berthelot.
Il y avait aussi des Républicains Espagnols. Un fort groupe.* C’était un grand restaurant ouvrier. On y trouvait aussi des « Bretons émancipés de Paris.» Beaucoup ont été internés puis libérés. L’un d’eux, un Morvan de Douarnenez, dit « La Sardine », m’a servi de planque pendant toute l’occupation. 
J’aimerais savoir ce que sont devenues ces femmes qui tenaient le restaurant après la guerre. Elles sont allées voir les copains et leur porter des colis quand ils ont été arrêtés.

NOTE*Ils se sont évadés des CTE, Compagnies de travailleurs Etrangers, soumis par l’occupant à un travail de forçat pour la construction du mur de l’Atlantique et les travaux de la base sous-marine. Ils étaient détenus au Fort de Montbarey. Cf Eugène Kerbaul ( Chronique d’une section communiste de province) et le livre de Antonio Muñoz Zamora ( Mathausen 90 009) racontant « La Resistencia Española contra las hordas nazis en la ciudad de Brest »


NOTE: Eugène Kerbaul cite Claudette Jeanne Cormault dans son Dictionnaire Biographique :
« Née à Brest en 1910. Entre dans la Résistance au Front National et aux F.T.P.. Activité d’hébergement à Brest dans son hôtel de « L’Aigle d’Or », au 57 de la rue Jean Jaurès. Elle « planque » de nombreux résistants, dont Yves Gourmelon de Quimerc’h, Jean-Pierre Le Rest, qui échappera de peu à une arrestation sur ce lieu même. Elle cache aussi des armes, procure de faux papiers et des tickets d’alimentation aux résistants. 

 

4-En fin 1943, lors de la comparution devant le conseil de guerre allemand de Brest, du résistant communiste Jean Hénaff, elle réussit à prendre de ses mains les plans de la prison allemande de Pontaniou, établis pour préparer une évasion qui réussira le 25 octobre1943, libérant Hénaff et six autres résistants dont Jean Nicolas, qui fut tué au combat en juillet 1944 ». 

C’est Jean Nicolas qui « reçut de madame Cormault, aidée de son frère Philippe Le Cars et de sa belle-sœur Denise, une mallette à double fond contenant le matériel qui permit l’évasion du 25 novembre 1943 ». 


3-Les Jeunesses Communistes 

Yves Autret. Je m’occupais des Jeunesses Communistes: Nous avions été formés par les instituteurs. Notre groupe était très soudé. 
Je suis entré aux Jeunesses Communistes au moment de la guerre. 
Je me rappelle, en 37, en pleine guerre d’Espagne, un grand meeting organisé par Tanguy-Prigent et le Parti Communiste à Pleyben. Je suis parti à bicyclette avec Pierre Berthelot et Maurice Cam. J’avais quarante sous pour faire ma virée. Mon premier geste a été de mettre mes quarante sous dans le drapeau des Républicains Espagnols, le drapeau violet, jaune, rouge . 
Nous étions tous les trois à l’école. Nous avions passé le certificat d’études et nous préparions le brevet. 
Nos professeurs étaient des hommes très cultivés et de fervents républicains. 
Après le certificat d’études nous avions étudié l’antiquité, les civilisations égyptienne, grecque, romaine...

Pont-de-Buis a été une pépinière de normaliens et d’employés des P.T.T.I.(poste….). On en trouvait partout, à toutes les responsabilités. Hascouët, notre instituteur, était fier de nous. Même après la guerre il était fier de l’équipe qu’il avait formée. 
Nous avions un professeur de français sur Pont-de-Buis, François Merrien. Il donnait des cours le soir après la classe. C’était un normalien, un brillant élève et de surcroît un sacré beau garçon. Il devait avoir trois ans de plus que nous. Nous étions au parti avec lui. 
Il nous faisait étudier « Le Capital » de Marx. Nous lisions et commentions son œuvre. Prix, salaires, profits. Je crois sa pensée toujours d’actualité, seulement il faut que cela reste libre, consenti, compris. 
Du fait de l’existence de la poudrerie, nous comptions dans notre environnement des syndicalistes assez solides. 
Pont-de-Buis est tout de même le seul patelin où on a fait grève contre la guerre en 1940 ! Le responsable était Jean Masson, militant ouvrier qui mourra en camp de concentration. Cela concernait la poudrerie. Un comble dans une usine d’armement ! 

 

La suite de l'article écrit par Anne Friant-Mendrès à partir du témoignage d'Yves Autret à lire sur le site de l'ANACR: 

http://www.lesamisdelaresistancedufinistere.com/page221/styled-23/page579/index.html
 

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22 janvier 2020 3 22 /01 /janvier /2020 07:13
Fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien ; Photo Eugène Kerbaul, Chronique d’une section communiste de province, p 275

Fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien ; Photo Eugène Kerbaul, Chronique d’une section communiste de province, p 275

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

La rue du local de la section PCF de Brest porte son nom... Juste retour des choses pour le diffuseur de la presse et des tracts clandestins de résistance du PCF, de la JC, et du Front National de Libération, organisateur d'attentats contre l'occupant et les collaborateurs, fusillé à 20 ans le 17 septembre 1943 avec 18 autres résistants communistes brestois.

22/ André Berger (1922-1943)

Né le 30 décembre 1922 à La Rochelle (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; monteur en chauffage ; communiste ; résistant, FTPF.

Selon Eugène Kerbaul, monteur en chauffage, André Berger aurait adhéré à la Jeunesse communiste clandestine à Brest, en août 1941, à l’occasion de sa reconstitution par Jean Kérautret. Il fut diffuseur de la propagande résistante, du PCF, de la JC et du FN. Il aurait peut-être travaillé comme mécanicien dans les chemins de fer, en 1940 et 1941, car un A. Berger faisait partie de l’organisation communiste clandestine des cheminots de Brest à cette époque, et un Berger était le mécanicien de Roger Chaigneau, membre du triangle de direction de la section du PCF de Brest, le 8 mai 1941, le jour de l’arrestation de ce dernier, alors que le train de marchandise qu’il conduisait venait d’arriver au port de commerce.
À la fin 1941 et au début 1942, André Berger assura les liaisons départementales de la Jeunesse communiste. Il entra au PCF clandestin et aux FTPF en mai 1942.
Il effectua de nombreux sabotages et participa à plusieurs attentats contre l’armée allemande. Il prit part à la protection de Raymonde Vadaine et Marie Salou, lorsqu’elles saccagèrent la vitrine de la LVF, rue de Siam, en août 1942, à deux pas de la préfecture maritime, occupée par la Kriegsmarine.
Il participa à de nombreuses autres opérations, dont certaines très importantes : il fut l’acteur principal de l’attentat contre un immeuble occupé par les officiers allemands près du « Petit-Paris » en Saint-Marc, près de Brest. Accompagné de Jean-Louis Prima, il fit sauter la voie ferrée Paris-Brest, au Rody (Anse du Moulin-Blanc, en Kerhuon). Avec Jean-Marie Teurroc et Paul Monot, il fit sauter le tableau de commande électrique du trafic ferroviaire en gare de Brest.
Il fut arrêté le 22 février 1943 à Nantes, en même temps que Jean-Louis Prima, Yves Gilloux, et Charles Vuillemin. Il fut transféré à Brest le 27 février, puis à Rennes-Jacques-Cartier le 3 mars. Il fut transféré à la prison de Fresnes le 28 juillet. Il fut jugé le 28 août 1843, par le tribunal allemand du Gross Paris, 11 rue Boissy-d’Anglas à Paris, et condamné à mort pour actes de franc-tireur.
Il a été fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, en même temps que 18 autres résistants communistes brestois.
Il fut inhumé au cimetière d’Ivry-sur-Seine.

SOURCES : fichier des fusillés, FNDIRP du Finistère Nord à Brest. – 1918-1945, 1 640 militants du Finistère, d’Eugène Kerbaul, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1988. – Chronique d’une section communiste de province, Brest, janvier 1935-janvier 1943, d’Eugène Kerbaul, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1992, ISBN 2-950 7016-0-4. – Biger Brewalan, René-Pierre Sudre, Les fusillés du Finistère 1940-1944, Master 1, dir. Christian Bougeard, Université de Bretagne occidentale, 2009-2010. – Site Internet Mémoire des Hommes.

Gilles Pichavant, Maitron des fusillés

http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/spip.php?article151741

 

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22 janvier 2020 3 22 /01 /janvier /2020 07:07
Hommage. L’honneur d’un judéo-bolchevique polonais - Joseph Epstein, par Charles Silvestre, L'Humanité, 20 janvier 2020
Hommage. L’honneur d’un « judéo-bolchevique » polonais
Lundi, 20 Janvier, 2020 - L'Humanité

Joseph Epstein, bon pour la légende est réédité au moment où son auteur, l’artiste Pascal Convert, est reconnu pour son œuvre sur la mémoire et l’oubli.

 

Le sculpteur Pascal Convert vient de se voir décerner le grade de chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur. Rien d’extraordinaire, sauf que… l’artiste travaille depuis des années sur les thèmes de la mémoire et de l’oubli. Sa dernière œuvre porte sur l’Afghanistan. Mais sa marque fondatrice remonte à plus longtemps. En 2003, il crée le Monument aux fusillés du Mont-Valérien. C’est son projet qui a été retenu dans un concours ouvert après le vote, par le Sénat, d’une proposition de Robert Badinter. L’ancien garde des Sceaux, se rendant à la cérémonie de la cascade du bois de Boulogne, avait découvert, stupéfait, qu’aucun nom n’apparaissait sur le site proche de Suresnes où ont été exécutés plus de 1 000 fusillés résistants et otages.

À partir de là, va s’enchaîner une série de petits miracles personnels et collectifs pour l’histoire de l’art et l’art de l’histoire. Le monument n’est pas en marbre. Il ne s’impose pas par sa solennité. C’est une cloche où sont gravés sur le bronze 1 008 noms, un nombre arrêté avec le concours des familles et des associations comme il ne l’avait jamais été jusque-là. Leurs noms forment ainsi, sans hiérarchie, une ronde des fusillés.

Un monde de la conscience et du courage

Convert ne travaille pas que la forme… le fond l’intéresse aussi. Au fait, se demande-t-il, qui étaient ces fusillés auxquels on va rendre la lumière ? Le sculpteur se fait enquêteur : leur vie ? Leur combat ? Les 1 000 sont tout un monde, mais pas n’importe quel monde. Ils sont un monde de la conscience et du courage, des militants ouvriers communistes, des chrétiens à la fleur de l’âge, un aristocrate patriote, le commandant Honoré d’Estiennes d’Orves. Ce fond, à son tour, prend la forme d’un film : Aux noms des fusillés.

Et les étrangers, et les juifs, demande le sculpteur-enquêteur à Badinter. Qui répond en deux mots : « Voyez Epstein. » Convert ne se le fait pas dire deux fois. Qui est cet Epstein ? Le chef des FTP de l’Île-de-France qui précédera Henri Rol-Tanguy, mais dont les Allemands ne connaîtront que le nom d’emprunt, Estain. Au départ, un jeune juif se destinant à la carrière d’avocat mais qui, frappé par le numerus clausus du régime du maréchal Pilsudski, se retrouve en France où il rejoint le Parti communiste français. Puis, en Espagne, mitrailleur dans les Brigades internationales du côté des républicains. Épopée d’un homme, avec d’autres, dans un livre au titre évocateur Joseph Epstein, bon pour la légende

Des histoires compliquées,

à la limite du roman

Une deuxième séquence s’ouvre avec Georges Duffau. C’est le nom donné à l’enfant d’Epstein qu’adopte le premier mari de Paula Epstein. Les histoires « privées » de la Résistance, histoires de la clandestinité, sont des histoires compliquées, à la limite du roman. Georges Duffau forme, depuis, avec Pascal Convert, un couple d’inlassables chercheurs. Sur sa lancée, l’artiste écrit un grand livre sur Raymond Aubrac, filme, sculpte, expose. Celui qui a gagné le droit, avec ses enfants, de s’appeler « Duffau-Epstein » s’immerge dans l’histoire du Mont-Valérien, y accueille des classes, organise des rencontres.

Epstein a fini comme il a vécu. Pris, le 16 novembre 1943, à sa descente du train à la gare d’Évry-Petit-Bourg. Jamais, il ne donnera un nom. Toujours inconnu des brigades spéciales de Vichy. Il avait rendez-vous avec Missak Manouchian. Le temps n’est pas encore venu pour les autorités françaises d’accepter, comme cela leur a été demandé, de faire entrer ces purs héros au Panthéon. Étrangers, juifs, communistes, l’ombre de l’Affiche rouge plane encore. L’ironie de l’histoire veut qu’en reconnaissant le formidable travail artistique de Pascal Convert contre l’oubli, c’est l’honneur de Joseph Epstein, l’un de ces « judéo-bolcheviques », comme les appelaient les nazis, qui ressort.

En librairie, le 3 février prochain : Joseph Epstein, bon pour la légende - Lettre au fils (2007), réédité par Confluences, 324 pages, 9 euros. Une conférence de Pascal Convert, en présence de Georges Duffau-Epstein, aura lieu le samedi 25 janvier, à 15 heures, dans le cadre de l’exposition « Libertad », sur les 80 ans de la fin de la guerre d’Espagne aux archives départementales de Gironde, à Bordeaux.
Hommage. L’honneur d’un judéo-bolchevique polonais - Joseph Epstein, par Charles Silvestre, L'Humanité, 20 janvier 2020
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21 janvier 2020 2 21 /01 /janvier /2020 06:00

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère

21/ Joseph Ropars (1912-1943)

Né le 8 décembre 1912 à Guisseny (Finistère), fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ouvrier à l’Arsenal de Brest ; militant communiste ; résistant au sein des FTPF.

Marié, sans enfant, Joseph Ropars entra aux pupilles de la Marine à l’âge de quatorze ans, puis poursuivit dans la Marine nationale avant d’intégrer l’Arsenal de Brest (Finistère). Il était membre du Parti communiste français (PCF) clandestin.
Au mois de mai 1942, il rejoignit les groupes de combattants d’Yves Giloux et participa au sabotage de la station électrique de l’Arsenal de Brest le 26 mars 1942, puis à la destruction du central téléphonique allemand de Brest.
Arrêté le 1er octobre 1942 avec Charles Cadiou à son domicile de Saint-Marc (Finistère) par la police française et le Service de police anticommuniste (SPAC) pour « activité de franc-tireur », il fut incarcéré à la citadelle de Brest puis à la prison Jacques-Cartier à Rennes (Ille-et-Vilaine), enfin remis aux autorités allemandes et transféré le 28 juillet à Fresnes (Seine, Val-de-Marne). Il fut condamné à mort par le tribunal militaire du Gross Paris le 28 août 1943 et fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien.
http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/
(notice rédigée par Jean-Pierre Besse et Delphine Le Neveu) 
Fonds ANACR 29 - Lettre de Joseph Ropars à sa mère et à sa soeur (le 17 septembre 1943)

Fonds ANACR 29 - Lettre de Joseph Ropars à sa mère et à sa soeur (le 17 septembre 1943)

Fonds ANACR 29 - Lettre de Joseph Ropars à sa mère et à sa soeur (le 17 septembre 1943)

Fonds ANACR 29 - Lettre de Joseph Ropars à sa mère et à sa soeur (le 17 septembre 1943)

Joseph Ropars, au centre en haut, était le bon compagnon de détention d'Albert Rannou, en bas à gauche

Joseph Ropars, au centre en haut, était le bon compagnon de détention d'Albert Rannou, en bas à gauche

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20 janvier 2020 1 20 /01 /janvier /2020 06:00
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

Né le 1er juin 1921 à Brest (Finistère), fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; électricien à l’Arsenal de Brest ; syndicaliste CGT.

Paul Monot adhéra au Parti communiste français en 1938, à dix-sept ans. Mobilisé en 1939, et démobilisé en fin 1940, il reprit aussitôt le contact avec le Parti communiste. Il diffusa alors les tracts clandestins du PCF, des Jeunesses communistes (JC), puis du Front national à sa création. Il fit des inscriptions sur les murs, et fut aussi collecteur du Secours populaire clandestin.
D’après Eugène Kerbaul, au début de 1941, il commença de premiers sabotages, avec son groupe communiste dirigé par Pierre Corre. On pense qu’il faisait partie du premier groupe Organisation spéciale (OS) du PCF, qui organisa en mars 1941 une embuscade, au cours de laquelle plusieurs militaires allemands furent tués et leurs corps dénudés, immergés en rade.
Paul Monot participa à la préparation et au déroulement de grèves organisées à l’Arsenal de Brest par le PCF clandestin en octobre et décembre 1941, dont l’un des aspects était la protestation contre les exécutions des otages de Chateaubriand et des condamnés du groupe Élie par les Allemands.
Il prit part à des actions de sabotage de sous-stations électriques à l’Arsenal de Brest le 27 mars 1942. De même il pratiqua des sabotages destinés à marquer, le 14 juillet 1942, la fête nationale dont la célébration avait été interdite par les autorités allemandes avec l’accord de Pétain.
Parmi les attentats attribués avec certitude à Paul Monot, citons celui à la dynamite contre le Gasthaus de la rue Jean-Jaurès, lieu de rendez-vous et de débauche pour les officiers allemands, qui fut perpétré avec Lucien Argouarc’h et quelques autres Francs-tireurs et partisans français (FTPF). Autre attentat, celui de la « Maison de Hitler » située au bas de la rue Jean-Jaurès, appelée comme telle par les Brestois parce qu’il s’y trouvait en permanence dans la vitrine des portraits des principaux dirigeants du IIIe Reich. Passé aux FTP dès leur création fin avril 1942, il participa à plusieurs de leurs actions, y compris à des missions de sabotage et coups de main, à Lorient et dans divers secteurs du Morbihan. Il fabriquait des bombes chez lui.
Le 1er octobre 1942, Paul Monot fut arrêté à Brest par des policiers français du Service de police anticommuniste (SPAC) et abominablement torturé. Le 11 novembre 1942, il fit une tentative d’évasion qui échoua en raison de l’intervention d’un policier français. En représailles, du 13 novembre 1942 au 28 janvier 1943, Paul Monot et ses camarades de cellule, dans le château de Brest, eurent les fers aux mains et aux pieds. Il fut transféré à Rennes le 28 janvier 1943, où il fut à nouveau torturé, mais il supporta ces supplices avec un courage admirable. Il fut transféré à la prison de Fresnes le 28 juillet, jugé le 28 août 1943 par le tribunal allemand du Gross Paris, 11 rue Boissy-d’Anglas à Paris, et condamné à mort pour sabotages et actes de franc-tireur.
Il a été fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, en même temps que dix-huit autres résistants communistes brestois. Il fut inhumé au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne).
Il reçut la mention « Mort pour la France » attribuée par le ministère des Anciens Combattants en date du 16 juin 1949 et fut cité à l’ordre du régiment no 419, Rennes, 30 août 1946, comportant Croix de guerre avec étoile de bronze.

SOURCES :DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Fichier des fusillés, FNDIRP du Finistère Nord à Brest. – Eugène Kerbaul, 1918-1945, 1640 militants du Finistère, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1988. – Eugène Kerbaul, Chronique d’une section communiste de province, Brest, janvier 1935 - janvier 1943, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1992. – Site Mémoire des Hommes.

Gilles Pichavant

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

Lettre copiée après qu'elle ait été transmise par Jacques Guivarch et Annie sa femme, de Pleyber-Christ. Lettre accompagnant celles beaucoup plus nombreuses, d'Albert Rannou, tué avec Paul Monot.

 

Paul Monot était  né le 1er juin 1921 à Brest,  il a été fusillé à 22 ans, il était ouvrier à l'arsenal de Brest, membre du Parti communiste français (PCF) et des Francs-tireurs et partisans français (FTPF) dans la région de Brest

 

(Sur le coin de la page à grand carreau du cahier d'écolier ou est écrit cette dernière lettre de Paul Monot, le marteau et la faucille).  

 

Fresnes, le 17 septembre 1943

Chers Grand-mère, oncle, tante et cousine !

Je vous envoie un mot pour vous donner une bien triste nouvelle : il est près de 11h et on vient de me prévenir que mon recours en grâce a été rejeté et que je serai fusillé cette après-midi à 16h. Mais je saurai mourir en vrai Français.

Je demande pardon à Grand-mère et à vous tous car je n'ai pas toujours été chic et je ne savais pas ce que je faisais. Mais depuis le temps que je suis ramassé j'ai eu le temps de réfléchir à tout cela et de me mordre les doigts bien des fois.

N'oubliez pas surtout les policiers français et il faut qu'ils payent ce qu'ils ont fait, car je les déteste bien plus que l'occupant et ceux-là oui sont les vrais traîtres à la patrie.

Pour moi, je suis (difficile à lire), je pars et c'est la loi, je trouve cela régulier. Il y en a qui meurent dans leur lit, d'autres au champ d'honneur, moi je meurs au poteau. Qu'est-ce que vous voulez, c'est la destinée, je ne suis pas jaloux de ceux qui restent et comme il y a déjà des monceaux de cadavres avant moi, j'espère que je serai dans les derniers à payer de la vie la joie de voir enfin la victoire qui approche à grand pas.

L'unité communiste réalisée pour un monde sans guerre. Car n'oubliez jamais que vous n'aurez cela qu'avec un régime où tous les prolétaires seront unis.

 

Dernière lettre de Paul Monot, résistant brestois fusillé au Mont-Valérien le 17 septembre 1943 avec Albert Rannou et 17 autres résistants brestois dont André Berger et Henri Moreau
Dernière lettre à sa famille de Paul Monot- résistant communiste brestois de l'Arsenal condamné à mort et exécuté au Mont Valérien le 17 septembre 1943

Dernière lettre à sa famille de Paul Monot- résistant communiste brestois de l'Arsenal condamné à mort et exécuté au Mont Valérien le 17 septembre 1943

Suite de la dernière lettre de Paul Monot

Suite de la dernière lettre de Paul Monot

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19 janvier 2020 7 19 /01 /janvier /2020 17:47
Shoah : la Lituanie réécrit l’histoire et ses crimes
Vendredi, 17 Janvier, 2020

La Lituanie entend présenter une loi qui exonère la participation du pays et de ses dirigeants dans la Shoah. Au moins 200 000 juifs ont été tués.

 

Le révisionnisme est-il en train de s’imposer en Europe de l’Est ? Des gouvernements de plus en plus nombreux réécrivent totalement l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et de la participation de leur pays à l’extermination des juifs. C’est au tour de la Lituanie de rejoindre ce mouvement négationniste. Ce pays de 2,7 millions d’habitants, frontalier de la Pologne, a vu son gouvernement déposer la semaine passée un projet de loi qui a pour intitulé : « L’État lituanien, qui a été occupé de 1940 à 1990, n’a pas participé à la Shoah ». Le texte stipule que « ni la Lituanie ni ses dirigeants n’ont participé au génocide ».

 

Une démarche révisionniste inspirée de la Pologne

Cette initiative a profondément choqué les survivants de la Shoah et les historiens qui travaillent sur le sujet. Entre 1940 et 1945, les juifs de Lituanie ont été quasiment tous exterminés. « Plus de 95 % sur les 250 000 qui y vivaient », rappellent de nombreux centres de recherche sur la Shoah et mémoriaux. La Lituanie apparaît comme le cas le plus caricatural, avec la Pologne. « Bien évidemment, les forces nazies ont commis l’essentiel de ces crimes mais elles ont reçu le soutien de collaborationnistes. Une série de pogroms ont été perpétrés uniquement par les fascistes lituaniens avant l’arrivée d’Einsatzgruppen allemands. Cet antisémitisme s’appuyait à l’époque sur l’accusation que les juifs étaient le pilier du système soviétique, les complices du pacte germano-sovié tique », explique le journaliste et historien Dominique Vidal.

Comment un gouvernement intervient directement pour réécrire l’histoire ? La paternité de ce projet revient au député Arunas Gumuliauskas, qui préside pour le Parlement lituanien la commission de la mémoire des luttes pour la liberté et de l’État. Ce proche du premier ministre Saulius Skvernelis a annoncé, le mois dernier, que sa commission supervisait l’écriture du texte. Une démarche révisionniste qui s’inspire directement de la Pologne. Il y a deux ans, le pays dirigé par un gouvernement ultranationaliste et xénophobe (parti Droit et Justice) avait adopté une loi similaire, déjà combattue par l’ensemble des historiens, des partis progressistes et de nombreux intellectuels. Le Parlement a encore voté une nouvelle législation qui prévoit d’attaquer en justice « ceux qui imputent au peuple polonais une complicité dans les crimes de l’Holocauste ». Elle interdit désormais d’évoquer l’implication des Polonais dans les crimes nazis, le pays étant sous occupation, selon ses dirigeants. En 1945, 3 millions de juifs polonais – c’est-à-dire 90 % de la plus grande communauté juive au monde avant la guerre – ont été exterminés.

L’histoire sous la tutelle du pouvoir

En septembre, Arunas Gumuliauskas a donc organisé une rencontre avec des députés polonais sur la mémoire historique. Ce rendez-vous fut l’occasion pour lui d’exposer son projet. Le parlementaire, évoqua « un défi commun » pour les deux pays menacés, selon lui, par des forces prêtes à les renverser par « le prisme de la mémoire historique ». Il afficha clairement son soutien à la loi polonaise et affirma vouloir « promouvoir la coopération entre les historiens des deux pays, à la poursuite de buts communs ». Quelques semaines plus tard, dans un entretien dans la presse, Arunas Gumuliauskas précisait encore sa vision : « L’État lituanien n’a pas participé à l’Holocauste parce qu’il était occupé, tout comme la nation lituanienne n’a pas participé à l’Holocauste parce qu’elle était asservie. »

La rhétorique utilisée est exactement la même qu’en Pologne. Le gouvernement lituanien, dominé par des forces nationalistes et conservatrices, veut mettre l’Histoire sous la tutelle du pouvoir et blanchir le pays de ses crimes. « En Europe, l’amplitude de l’extermination des juifs en Pologne et en Lituanie ne se retrouve nulle part ailleurs. Les travaux du mémorial de la Shoah, Yad Vashem, démontrent de manière documentée une collaboration active. Elle n’est pas l’œuvre d’une majorité. En comparaison, la France, où l’État a collaboré et où vivaient 330 000 juifs, dont 75 000 d’entre eux ont été exterminés. La solidarité, le rôle de la Résistance, des justes, des communistes ont permis d’éviter le pire », rappelle Dominique Vidal. Le mémorial Yad Vashem (institut international pour la mémoire de la Shoah) décrit la Lituanie comme un cas à part, notant « l’enthousiasme » de son peuple pour la collaboration avec l’Allemagne. Lorsque cet enthousiasme « s’est apaisé… l’hostilité envers les juifs et la dénonciation ont persisté », indique le musée.

Une montée inquiétante du nationalisme

Le plus inquiétant dans ce type de loi reste l’impact éducatif. Des voix critiques s’élèvent contre cette réécriture, qui ne touchera pas forcément les historiens dont les travaux pourront être publiés ailleurs, mais bien l’enseignement de cette période dans les cursus scolaires. Il s’agit d’une tentative de blanchir les Lituaniens quant à leur participation dans le meurtre des juifs du pays par les nazis, condamne le Centre Simon Wiesenthal.

Ce négationnisme en Pologne et en Lituanie traduit une montée inquiétante du nationalisme en Europe de l’Est, où des forces obscurantistes tentent de faire passer la collaboration avec l’Allemagne nazie comme le moyen d’ « obtenir l’indépendance de l’Union soviétique ». L’occasion de faire passer des forces fascistes impliquées dans la Shoah pour des courants patriotiques mus par une volonté de « décommunisation ».

Vadim Kamenka
Shoah: après la Pologne... La Lituanie réécrit l'histoire et ses crimes - Vadim Kamenka, L'Humanité, 17 janvier 2020
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19 janvier 2020 7 19 /01 /janvier /2020 06:00
Jean-Désiré Larnicol - Source:  Le Blog d'histoire sociale et ouvrière du Pays Bigouden de Gaston Balliot: Guerre et résistance dans le Pays Bigouden

Jean-Désiré Larnicol - Source: Le Blog d'histoire sociale et ouvrière du Pays Bigouden de Gaston Balliot: Guerre et résistance dans le Pays Bigouden

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère

19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

Source:  Le Blog d'histoire sociale et ouvrière du Pays Bigouden de Gaston Balliot: Guerre et résistance dans le Pays Bigouden

https://bigouden1944.wordpress.com/2016/11/08/jeanlecoz2602/

Il naît le 24 avril 1909 à Treffiagat dans le Pays Bigouden.

Ancien militaire de la marine nationale, pensionné à 100 % depuis 1927 pour tuberculose pulmonaire, Jean-Désiré Larnicol adhère en 1931, au Secours Rouge Interna­tional. Elu maire de Treffiagat en 1935 sur une liste d’Union populaire (Plus jeune maire de France), il est alors convaincu par Alain Signor de rejoindre le PCF. Il crée cet année-là la cellule de Lechiagat-Treffiagat dont il assume le secrétariat.
Membre du comité régional (Finistère-Morbihan) du P.C.F. dès 1936, membre du bureau régional de 1936 à 1939. il a une grande activité dans le Sud-Finistère et particulièrement en Pays Bigouden. En fin de 1939, il participe à la réorganisation du P.C.F dans la clandestinité après son interdiction par le gouverne­ment Daladier. Il prend part aux premières réunions clandestines du bureau régional dans les jours qui ont suivi la mise hors la loi du Parti, et par la suite, à celles qui se tinrent jusqu’à l’arrestation du secrétaire régional Alain Signor. Une autre structure clandes­tine fut alors mise en place.

Dès les premiers jours de l’occupation allemande, le P.C.F. entre dans la Résis­tance et J-D. Larnicol commence sa tâche de propagandiste résistant, diffusant les journaux, les tracts clandestins du P.C.F., du F.N ., etc. En début de 1941, il est con­tacté par l’interrégional du Parti, Robert Ballanger pour la création, en Pays Bigou­den, de groupes de l’O.S. du P C. (O.S. : Oganisation Spéciale pour la protection, le sabotage et la lutte armée) . J.-D. Larnicol participe au tirage, sur une ronéo (petite machine à imprimer de bureau), de tracts et de petits journaux locaux ou à des retirages locaux de « La Bretagne Ouvrière, Paysanne et Maritime », l’hebdomadaire régio­nal communiste, interdit en 1939 et qui reparaît clandestinement depuis mars 1941, en édition finistérienne à Lehan (v. Jean Le Coz).

En 1942, J. D. Larnicol réussit à convaincre et rassembler quelques camarades et réalise avec eux un des plus brillants faits d’armes de la Résis­tance finistérienne, à savoir la récupération d’armes en provenance d’Angleterre, dépo­sées aux Glénan par le navire « l’Auda­cieux» de Michel Bolloré et ramenées, en grande partie, à Léchiagat par Guillaume Bodéré et Jean Baudry. Cet armement est alors livré aux FTPF qui en manquaient cruellement.
A la suite d’une descente de police menée conjointement par la Gestapo et la police française, tous ces Résistants, pour des raisons de sécurité doivent entrer en clandestinité. Malheureusement, Jean Baudry sera arrêté à son retour de pêche et fusillé un peu plus tard au Mont-Valérien. Jean-Désiré Larnicol, quant à lui, quitte la région et se rend à Paris. Il y rencontre R. Ballanger qui lui confiera de nouvelles tâches. C’est ainsi qu’il participera en 1944 aux com­bats pour la Libération de la capitale. En septembre 1944, il retourne au Pays Bigouden enfin libéré et reprend ses activités militantes au sein du PCF notamment.

Secrétaire de la section communiste du Guilvinec, pendant une vingtaine d’années et trésorier fédéral du Finistère du P.C.F. de 1953 à 1966. Aux élections municipales de 1945, sa liste est battue par une coalition SFIO-MRP, mais dans le même temps J.D Larnicol est élu conseiller général du canton de Pont-L’Abbé de 1945 à 1949.
Plus tard, Il sera réélu au conseil municipal de Treffiagat en 1965 et 1971 ainsi que Guillaume Bodéré et Jean Le Coz

Outre ses activités politiques , Jean-Désiré Larnicol fut aussi un ardent défenseur de l’Enseignement public. Dès son accession à la Mairie de Treffiagat , il crée une école maternelle à Léchiagat (quartier maritime de Treffiagat) et met sur pied une Amicale laïque. Au plan départemental, il milite au sein du Comité départemental d’Action Laïque du Finistère dont il va assumer la présidence durant de longues années. Son activité militante pour la défense de l’École publique lui a valu une haute distinction conférée par La Ligue de l’Enseignement.

SOURCES : La Bretagne ouvrière, paysanne et maritime. — L’Action laïque du Finistère. — Notes autobiographiques. — Eugène Kerbaul, 1 270 militants du Finistère (1918-1945), Bagnolet, 1985 ; Complément, 1986. — Biographie complétée et mise en forme par Jean Kervision

Source:  Le Blog d'histoire sociale et ouvrière du Pays Bigouden de Gaston Balliot: Guerre et résistance dans le Pays Bigouden

Source: Le Blog d'histoire sociale et ouvrière du Pays Bigouden de Gaston Balliot: Guerre et résistance dans le Pays Bigouden

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18 janvier 2020 6 18 /01 /janvier /2020 06:00
Source: Le Blog d'histoire sociale et ouvrière du Pays Bigouden de Gaston Balliot: bigouden1944.wordpress.com

Source: Le Blog d'histoire sociale et ouvrière du Pays Bigouden de Gaston Balliot: bigouden1944.wordpress.com

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère

 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

Source: Le Travailleur Bigouden et Le Blog d'histoire sociale et ouvrière du Pays Bigouden de Gaston Balliot:

https://bigouden1944.wordpress.com/2016/11/08/jeanlecoz2602/

 

Né à l’aube de ce siècle, le 23 février 1903 à Tréffiagat, dans une famille de modestes cultivateurs, Jean Le Coz embrasse très jeune la profession de menuisier.

Premier acte d’une longue vie de militant, il adhère à la C.G.T.U. à Saint-Quentin dans l’Aisne où il travaille à la reconstruction des régions dévastées par la guerre de 14-18. Revenu au Pays Bigouden en 1935, il adhère aussitôt au P.C.F. Élu conseiller municipal de Treffiagat aux côtés de Jean-Désiré Larnicol, il est, comme tous les élus communis­tes, « déchu » de ce poste en 1939, lors de l’interdiction du Parti Communiste Français par le Gouvernement Daladier. Il sera réélu en 1971.

En 1935, Jean a la lourde charge d’administrer le journal régional du PCF,  » La Bretagne ouvrière, paysanne et maritime ». En 1938, il est Secrétaire de la Cellule de Treffiagat-Lechiagat. Mobilisé en 1939, prisonnier de guerre, il s’évade et rejoint le pays, maintenant occupé par les allemands   Propagandiste de la Résistance à l’occupation nazie, Jean Le Coz diffuse les publications du PCF, du Front National, des Francs-tireurs et partisans français, matériel très souvent rédigé et reproduit par lui-même avec des moyens de fortune. Versé aux F.T.P. en 1942, il devient l’adjoint au responsable départemental, chargé plus particulièrement du transfert et de la répartition de l’armement: à cet égard, avec J. D. Larnicol et quelques autres camarades, il figure parmi les principaux acteurs de l’un des plus brillants faits d’armes de la Résistance finistérienne, à savoir la récupération d’armes en provenance d’Angleterre, déposées aux Glénan par le navire « l’Audacieux» de Michel Bolloré et ramenées, en grande partie, à Léchiagat par Guillaume Bodéré et Jean Baudry – qui sera, quant à lui, fusillé un peu plus tard au Mont Valérien. Cet armement est alors livré aux FTPF qui en manquaient cruellement.

Jean est arrêté par des policiers français en septembre 1942. Il a subi ces longs mois de détention précédant généralement la déportation vers les camps de la mort nazis ou le peloton d’exécution. Mais encore une fois, il réussit à s’évader. En mai 1944, il participe, en effet, à l’une des plus spectaculaires évasions de l’histoire de la Résistance Française: avec 42 autres détenus, communistes pour la plupart, il s’échappe du Camp de Voves en Eure-et-Loir par un tunnel de plus d’une centaine de mètres de longueur, creusé cm par cm, avec des moyens de fortune et au prix – on le devine aisément- d’efforts surhumains.

Jean rejoint alors le PCF clandestin dans l’Indre-et-Loire, passe ensuite au nord de la Loire, à Château-Renaud où il devient l’adjoint du Capitaine « Michel », commandant les FTPF de ce secteur.

Jean Le Coz participe à l’insurrection nationale et à la Libération dans cette région. La guerre terminée, il revint au Pays Bigouden. Pendant de longues années encore, Jean déploiera une grande activité de militant au sein de la Section du PCF du Pays bigouden. Jean Le Coz décède le 2 décembre 1990.

« Travailleur Bigouden » N° 140 . 4e trimestre 1990.(extraits)*

 

Source: Le Blog d'histoire sociale et ouvrière du Pays Bigouden de Gaston Balliot: bigouden1944.wordpress.com

Source: Le Blog d'histoire sociale et ouvrière du Pays Bigouden de Gaston Balliot: bigouden1944.wordpress.com

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17 janvier 2020 5 17 /01 /janvier /2020 07:00
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)
Une photo prise au milieu de la foule sur le stade de Carhaix en 1945, près de l'emplacement actuelle des "Vieilles Charrues". Cette photo appartient à la collection privée de Jean-Claude Cariou. Au dos, on y trouve un tampon du service du ministère de l'Air. De gauche à droite, on peut voir avançant au milieu de la foule un officier de l'armée de l'air, Charles Tillon, Alain Cariou, résistant communiste, vice-président du Comité Départemental de Libération, chargé de l'épuration des fonctionnaires, permanent du PCF jusqu'en 1947 avant de reprendre ses fonctions d'instituteur, Gaby Paul, député PCF de Brest, membre du Comité Départemental de Libération, un élu (le maire de Carhaix), et sans doute le secrétaire de Charles Tillon et un membre du cabinet (légende Jean-Claude Cariou)

Une photo prise au milieu de la foule sur le stade de Carhaix en 1945, près de l'emplacement actuelle des "Vieilles Charrues". Cette photo appartient à la collection privée de Jean-Claude Cariou. Au dos, on y trouve un tampon du service du ministère de l'Air. De gauche à droite, on peut voir avançant au milieu de la foule un officier de l'armée de l'air, Charles Tillon, Alain Cariou, résistant communiste, vice-président du Comité Départemental de Libération, chargé de l'épuration des fonctionnaires, permanent du PCF jusqu'en 1947 avant de reprendre ses fonctions d'instituteur, Gaby Paul, député PCF de Brest, membre du Comité Départemental de Libération, un élu (le maire de Carhaix), et sans doute le secrétaire de Charles Tillon et un membre du cabinet (légende Jean-Claude Cariou)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère

17/ Alain Cariou (1915-1998)

Alain Cariou est le père de nos camarades Jean-Claude Cariou, militant du PCF et de l'ANACR, et Alain Cariou de Plougonvelin, élu municipal pendant 3 mandats (adjoint au maire de 2008 à 2014) et membre du PCF depuis 54 ans. 

Son père Alain alla travailler comme terrassier à Paris sur les chantiers du métro après son mariage à Plogonnec. Sa mère fut concierge à Paris. Après la guerre 14-18 dont il sort indemne, le père d'Alain Cariou vint avec ses indemnités s'acheter une petite ferme à Plogonnec près de Quimper, avec de la polyculture, 5 vaches, 4 cochons, des poules et des lapins. Sa femme, avec leur seul cheval, allait vendre leur lait, leur beurre et surtout leurs œufs une fois par semaine au marché de Quimper, à 9 km.

Alain Cariou est né à Plogonnec, entre Quimper et Locronan, le 9 avril 1915.

Les enfants de la famille devinrent instituteurs, Alain et sa sœur.

Élève de l’école primaire supérieure de Quimperlé de 1927 à 1932, entra à l’École normale d’instituteurs de Quimper en 1932 et obtint le brevet supérieur en 1935.

Il adhère au PCF en juillet 1938 durant son service militaire. Grièvement blessé en service commandé, il est réformé et ne sera pas mobilisé en 1939.

Après avoir enseigné comme intérimaire à partir de février 1939 à Audierne, puis un trimestre à Esquibien (octobre 1939-décembre 1940), il dirigea l’école de garçons de Goulien de janvier 1941 à la fin de l’année scolaire 1945-1946.

Il arrive à un contact avec les résistants clandestins du Parti communiste en octobre 1941 dans la région d'Audierne Pont-Croix et entre au Front National. Versé plus tard aux FTP, il participe à diverses opérations menées par leurs groupes de combats.

Des connaissances de la résistance d'Alain Cariou vont participer à cacher un groupe de résistants transportés depuis Concarneau à destination de l'Angleterre et dont le bateau s'était échoué sur la côte près du port de Bestrée: et parmi eux Pierre Brossolette. Guillaume Le Brun, cafetier et résistant de Plogoff, Aimé Kerisit de Goulien et d'autres sont venus leur prêter secours.

En septembre 1943, il organise le départ de patriotes pour le maquis de Scaër, il crée le groupe de résistants de Goulien qui deviendra l'ossature de la Compagnie "Catroux" forte de 103 hommes en juillet 1944. En 1944, les Allemands occupent une partie de l'école de Goulien.

Il assure le transport d'armes anglaises venant de l'île de Sein à la baie des Trépassés.  Stockées dans le jardin de l'école de Goulien, ces armes seront reparties dans les unités combattantes. En septembre 1944, Alain Cariou prend part aux combats pour la Libération du Cap-Sizun (Audierne - Lesven). Il est alors lieutenant FFI. Il représente le PCF au Comité Départemental de Libération, émanation du C.N.L, dont il deviendra vice-président. Alain Cariou, nommé par le préfet en tant que résistant communiste au C.N.L, y siégera pendant deux ans, pendant lesquels il n'enseigna pas. Quand il reprendra son métier, Alain Cariou remplacera d'abord M Dargorn, en soins au sanatorium de Sainte Feyre dans La Creuse, à l'école publique de Ploëven.

Son épouse depuis août 1939, institutrice elle aussi, Marie-Anne Cariou, née Le Roy, née le 24 février 1915 à Ploëven, au sud de Plomodiern sur la baie de Douarnenez a participé à ses activités de résistance et on la retrouve en 1945 au bureau de l'Union des Femmes Françaises à Quimper et déléguée au congrès national de l'U.F.F (Union des Femmes Françaises, une organisation de rassemblement créée par le PCF).

Marie-Anne Cariou participait à la réception des armes qui devaient être larguées par des aviateurs pendant les temps de la Libération sur des terrains que Alain Cariou se fait prêter par des cultivateurs.

Démobilisé, Alain Cariou est appelé à la direction fédérale du PCF à Quimper. Désigné comme secrétaire à la propagande de la fédération du Parti communiste français à la Libération, il suivit l’école centrale au début de 1946 et fut réélu secrétaire fédéral lors de la IXe conférence fédérale (10-11 août 1946). Permanent d’octobre 1946, il quitta cette responsabilité dans le courant 1947 et fut remplacé par Marie Lambert.

Il est élu délégué au congrès national de Strasbourg en 1947, avec Daniel Trellu , Gabriel Paul ,Pierre Le Rose, Marie Lambert. 
Dans ses souvenirs (1920-1980, 60 ans de vie militante dans le Finistère, Jean Nédélec), Jean Nédélec dressa un portrait chaleureux d’Alain Cariou qui l’avait fait adhérer au PCF dans l'école de Collorec:

"C’était un formidable débatteur, alliant le breton au français".

Il décrit en particulier la contradiction que Cariou porta à un député de droite, Monteil, député MRP, professeur de lettres à Quimper, lors d’une réunion électorale à Plouyé. Alain Cariou monta sur scène et se mit à interpeller, avec humour, la salle en breton. Monteil, à son grand dam, n’y comprenait rien et ne savait plus quoi dire. Il se retira assez honteusement, laissant la place au communiste Alain Cariou."

Il s'occupe de la propagande, des questions paysannes, et parcourt le département en prenant la parole en français et en breton.
Jean Nedelec ajoutait « Je dois dire combien Alain Cariou m’a ouvert d’horizons, lors d’une École fédérale qu’il dirigeait à Tal-Ar-Groas en Crozon, dans les années 1950.

Marie-Anne Cariou, sa femme, raconte en 2005 les activités de son mari Alain Cariou à cette époque où il est permanent du PCF à Brest: 

"Le Parti communiste occupait une baraque près de la place de la Liberté à Brest et possédait une petite camionnette blanche que mon mari utilisait pour son travail de "permanent". Il sillonnait toutes les routes du Finistère. Parfois, Jean-Claude (leur fils) et moi l'accompagnions. J'ai assisté à des situations cocasses.

Un jour du côté de Plouguerneau, dans le Léon profond, il avait trouvé un local pour tenir sa réunion. Il commençait à parler. Soudain, entre un individu et à sa suite une douzaine de personnes chahutant pour empêcher Alain de parler. Mais, mon mari reconnaît un des perturbateurs, et goguenard, l'apostrophe: "Mais dis donc, je te connais... ! Nous avons été ensemble sur les bancs de l'école publique de Plogonnec... Tu es un fils Lozachmeur. Tu es curé!". L'assaut a été stoppé net. Plus un perturbateur ne bronchait. Et mon mari de continuer dans un silence impressionnant: "Tu ne te souviens pas de moi?... Tu te rappelles quand même qu'un jour tu as pissé dans ton encrier!...? " Et toute l'assemblée de rire et les gros bras de repartir calmés. Mon mari a pu reprendre le fil de ses idées. Ces gens du Léon étaient vraiment très durs.

Un autre fois, c'était à Plabennec... A l'époque, il n'y avait pas d'école publique, pas de préau. Qu'à cela ne tienne! Le parvis de l'église à la sortie de la messe ferait l'affaire... A peine a t-il prononcé quelques phrases que les cloches se sont mises à carillonner à toute volée... C'était fini. Il pouvait rebrousser chemin".     


En 1954, à Plogoff, Cariou, qui n’était plus membre du comité fédéral, participait à l’activité communiste.
Au conseil d’administration du Comité d’action laïque du Finistère, le 9 décembre 1948, lors de l’élection du bureau, Jean Le Pemp, secrétaire général sortant, proposa de reconduire le bureau précédent. Alain Cariou prit la parole : « Mon cher Le Pemp, tu as beaucoup de responsabilités dans le mouvement laïque, au CAL, aux parents d’élèves, au SNI... c’est pourquoi je suis candidat au poste de secrétaire général du Comité d’Action Laïque. » Étonnement de Le Pemp qui ne s’attendait certes pas à cette candidature. Force fut de mettre aux voix cette demande d’Alain Cariou. Vote à mains levées et résultat : Même nombre de voix pour chaque candidat. Le Pemp ayant remarqué qu’un membre du conseil d’administration n’avait pas pris part au vote, l’interpella. Il s’agissait de Francis Madec, Secrétaire Général de la Fédération des Œuvres Laïques depuis 1930, date de la naissance de cette fédération. Pressé de prendre une décision, Francis Madec déclara : « Je vote pour Alain Cariou. » Cette élection témoignait des progrès rapides des communistes dans les milieux de l’enseignement primaire du Finistère.

Comme instituteur, Alain Cariou milite au sein du SNI et du Comité d'Action Laïque du Finistère dont il assumera le secrétariat. Directeur du cours complémentaire à Plogoff puis muté sur sa demande à Brest où il enseignera successivement au lycée technique et au collège de Kérichen, pendant que sa femme Marie-Anne est en poste dans les écoles primaires de Vauban, Proud'hon, et Kerichen, après ses expériences d'institutrice à Plonevez Porzay et Plogoff.

Alain Cariou fut à Brest trésorier de cellule du PCF, pratiquement jusqu'à sa mort , des cellules qui n'existent plus maintenant, Jean-Jaurès au centre ville (1955/60) puis Julian-Grimau (1960 /1998)  dans le quartier Kérichen/Kérinou après leur déménagement. Et il faisait toutes les campagnes électorales, en étant aussi présent pour le Parti communiste comme scrutateur.

Alain Cariou est mort à trois semaines d'intervalle avec son ami Daniel Trellu en 1998.

Sources:

-Eugène Kerbaul, 1485 militants du Finistère (1918-1945) - Dictionnaire biographique de militants ouvriers du Finistère élargi à des combattants de mouvements populaires de la Résistance

- http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18685, notice CARIOU Alain [CARIOU Jean, Alain] par Jacques Girault, Claude Pennetier, Jocelyne Prézeau, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 8 décembre 2018.

- archives de la famille Cariou transmises par Jean-Claude Cariou

 

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