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18 juin 2020 4 18 /06 /juin /2020 05:55
Hélène Fernandez a bien volontiers accepté un verre de kir pour ses 100 ans à l’occasion de la réception organisée en son honneur, en comité restreint, à l’hôtel de ville du Croisic (©L’Echo de la Presqu’île)

Hélène Fernandez a bien volontiers accepté un verre de kir pour ses 100 ans à l’occasion de la réception organisée en son honneur, en comité restreint, à l’hôtel de ville du Croisic (©L’Echo de la Presqu’île)

Le Croisic : à 100 ans, Hélène Fernandez, figure de la Résistance, conserve sa joie de vivre

Hélène Fernandez est une figure de la Résistance et de la lutte contre le fascisme. A 100 ans, elle vit toujours chez elle. Et garde une incroyable mémoire.

Hélène Fernandez a bien volontiers accepté un verre de kir pour ses 100 ans à l’occasion de la réception organisée en son honneur, en comité restreint, à l’hôtel de ville du Croisic (©L’Echo de la Presqu’île)

« Je suis très émue ». Hélène Fernandez a apprécié l’hommage que lui ont rendu la Ville du Croisic (Loire-Atlantique) et l’Union nationale des combattants mardi 2 juin 2020 à l’hôtel de ville pour son 100e anniversaire.

Malgré les années, elle a toujours l’œil qui pétille, une mémoire incroyable et vit toujours chez elle où elle continue de préparer elle-même ses repas.

La maire Michèle Quellard a salué sa « longévité exceptionnelle » et son courage durant la Seconde Guerre mondiale : « On devrait écouter davantage toutes ces personnes qui nous racontent cette époque ».

Aujourd’hui, sur les réseaux sociaux, la calomnie et la dénonciation perdurent, il faut prendre conscience que le danger est toujours là.

« Pas gênée par le confinement »

C’est dès l’âge de 15 ans qu’Hélène a commencé à lutter contre le fascisme, les inégalités, pour la justice, la fraternité aux côtés du Parti communiste français « dont elle est aujourd’hui l’une des plus anciennes adhérentes », souligne Françoise Cabon, secrétaire de la section Presqu’île guérandaise qui, pour sa part, est venue célébrer son centenaire mercredi 3 juin à son domicile « dans le respect des règles sanitaires ».

D’ailleurs, Hélène dit « ne pas avoir été gênée par le confinement » :

C’était plus facile pour moi que pour mes enfants et petits-enfants qui vivent en région parisienne…

Adhésion aux jeunesses communistes

C’est dans la capitale qu’elle est née le 2 juin 1920, près de la Porte des Lilas. Fille unique, elle grandit et aide ses parents en tant que cartonnière dans l’entreprise familiale « Établissement Henri Pagès – Cartonnages mécaniques ».

Profondément marquée par la répression des manifestants qui ripostent à la menace fasciste de 1934, Hélène adhère donc aux Jeunesses communistes l’année suivante. En 1936, elle rejoint les rangs de l’Union des jeunes filles de France (UJFF) dont elle deviendra la secrétaire.

Lire aussi : Manifs contre le racisme et les violences policières : « Mon cœur saigne » réagit un « simple flic » de La Baule

16 mois au camp des Tourelles

Avec la guerre et l’occupation, l’entreprise familiale périclite. Hélène trouve un emploi à la mairie du 2e arrondissement en assurant la distribution des tickets de rationnement.

Engagée dans la Résistance, elle fournit des cartes d’alimentation « aux illégaux ».

Au sein des Comités féminins populaires de la Résistance, créées par Danièle Casanova, elle aide à la rédaction et aux tirages des journaux et assure les liaisons avec la Résistance.

Elle est arrêtée en 1942. Après cinq jours et cinq nuits totalement privées de sommeil à la PJ, puis trois semaines « d’un traitement infâme » au dépôt, lieu de tortures (la Conciergerie), elle est transférée au camp des Tourelles, Porte des Lilas, le 22 septembre 1942.

Evasion le 23 janvier 1944

Les journées au camp sont longues et monotones. Elle seconde la chef de baraques puis devient l’infirmière du camp. Elle tricote des chaussons aux couleurs des drapeaux français et espagnol, sortis clandestinement du camp et vendus au profit des Francs-tireurs et partisans (FTP).

Elle apprend l’espagnol et entre en contact avec un pilote de chasse de l’aviation espagnole, Germain Fernandez-Dias, emprisonné lui aussi au camp des Tourelles.

Elle réussit à s’évader le 23 janvier 1944.  Elle retrouve Germain en banlieue parisienne et ils se marient en 1945. Ils auront quatre enfants : un fils (décédé en 1960) et trois filles et résident à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne).

« Sa joie de vivre et ses convictions ne l’ont jamais quittée »

Au cours des années 80, durant 12 ans, Hélène est secrétaire de l’Unac (Union nationale des anciens combattants) et de Femmes Solidaires et collabore avec la mairie communiste.

Germain décède en mars 1988. Hélène vient alors vivre au Croisic en 1993 où elle continue jusqu’à aujourd’hui sa vie de militante au sein de la section Presqu’île guérandaise du PCF.

« Sa joie de vivre et ses convictions ne l’ont jamais quittée. Elle est un exemple pour tous. C’est un honneur de la connaître et de la côtoyer », souligne encore Françoise Cabon.

 

 

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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 05:00
Raymond Gurême, la voix rom pour la justice s'est éteinte (Camille Bauer, L'Humanité, 31 mai 2020)
La voix rom pour la justice s’est éteinte

Raymond Gurême, dernier survivant des camps d’internement des nomades créés en 1940 par le gouvernement français, ancien résistant et infatigable militant contre le racisme, est décédé le 24 mai.

 

« Toujours debout, jamais à genoux. » Cette phrase, qu’il répétait souvent, résume à elle seule Raymond Gurême. À 94 ans, cet infatigable militant contre toutes les formes d’injustice, dernier témoin de l’internement des nomades en France pendant la seconde guerre mondiale, est décédé le 24 mai dernier. « C’était un personnage très proche des gens, qui avait beaucoup d’humour, de joie de vivre et qui dégageait un charisme et une énergie extraordinaire », se souvient Samir Milé, porte-parole de La voix des Roms, dont Gurême était président d’honneur. Jusqu’à son dernier jour, cet ancien résistant, qui affichait près d’une dizaine d’évasions à son actif, s’est caractérisé par son sens du combat. Malgré son âge, il était encore présent le 16 mai dernier, lors du rassemblement annuel en mémoire de l’insurrection tzigane du camp d’Auschwitz Birkenau, en 1944. Avec son éternel chapeau sur la tête, le petit homme sec aux yeux pétillant, y invitait encore les jeunes à « ne pas avoir peur, parce que la peur n’évite pas le danger. »

Témoins d’une histoire oubliée, il n’a eu de cesse depuis plus de dix ans, des écoles de France jusqu’au camp d’Auschwitz Birkenau ou au Conseil de l’Europe, de raconter avec humour et générosité ce passé. « Raymond disait ‘je ne me bats pas pour une ethnie, je me bats pour la justice sociale’. Sa volonté de travail de mémoire, c’était aussi pour parler du présent. C’est quelqu’un qui n’a jamais accepté d’être opprimé et qui a toujours trouvé le moyen de se libérer », se souvient François Lacroix, membre du Collectif pour la mémoire de l’internement à Linas Montlhéry. Pour Anina Ciuciu, avocate et auteure de Je suis tsigane et je le reste, « Raymond Gurême voyait l’anti tziganisme dont il avait été victime comme faisant partie d’un tout. C’était quelqu’un du peuple. La misère sociale et toutes les formes de racisme le révoltaient. Il était ainsi très sensible au sort fait aux migrants, qu’il trouvait indigne de la France. »

Fils d’une famille de forain, il sillonne la France en roulotte

De la combativité, Raymond Gurême en a fait preuve tout au long d’une vie qui tient du roman d’aventures, sur fond de discriminations et de violences d’État. Les premières années de ce fils d’une famille de forain, né en 1925, évoque la chanson d’Aznavour, « Viens voir les comédiens ». La roulotte familiale sillonne la France avec son petit cirque et son cinéma ambulant. « Quand on arrivait dans un village, tous les gosses couraient vers nous en criant joyeusement v’là le cirque, v’là le cinéma. Mon père s’habillait et allait demander la permission au maire et on s’installait généralement en plein milieu du pays. Pas un ne refusait, ils étaient contents de voir arriver des divertissements pour leurs administrés. À cette époque, nous apportions la civilisation dans les petites villes et les villages », a raconté Raymond Gurême à la journaliste Isabelle Ligner, avec qui il a écrit le récit de sa vie, Interdit aux nomades. Lui aidait son père à rembobiner les bobines et faisait le clown et l’acrobate.

Mais le 4 octobre 1940, tout bascule. Des policiers français débarquent chez les Gurême, pour mettre en application le décret adopté en avril, avant même l’occupation allemande, qui interdit la libre circulation des nomades. « Ils ont dit : ‘remballez votre matériel et suivez-nous’. Et voilà, la misère a commencé » se souvenait-il. Ses parents ont beau être français depuis des générations, et son père a beau avoir fait la guerre de 14-18, la petite famille est amenée sans ménagement au camp de Darnétal, près de Rouen. Peu importa, aussi, que la famille soit classée comme foraine et pas comme nomade, cette catégorie péjorative créée en 1912 et dont les membres étaient obligés de détenir un carnet anthropomorphique. En novembre, nouveau déménagement. Cette fois, la famille doit tout laisser derrière elle. Adieu roulotte et cinéma, qui ne seront jamais restitués. Évacués dans des wagons à bestiaux, puis à pied, une marche forcée à coups de crosses, ils arrivent sur une colline, à Linas-Montlhéry, dans l’Essonne. « Ça a été terrible. Nous n’avions plus rien ni pour manger ni pour nous chauffer dans les baraques. Les gosses tombaient malades, des bébés mourraient, les gens dépérissaient. » Un épisode de l’époque résume bien le personnage. Raymond ne supporte pas de voir les gardiens du camp frapper à coups de louche un gamin qui avait faim et va le défendre à coups de poing. Quitte à en subir les représailles.

Plusieurs tentatives d’évasion, puis la résistance

De cet enfer, Raymond Gurême s’évadera deux fois. La première, il est rattrapé sur dénonciation du maire de sa commune natale, à qui il a demandé de l’aide. Nouvelle évasion, cette fois, il file en Bretagne où il trouve un emploi de travailleur agricole et fait plusieurs fois, malgré le risque, le voyage jusqu’à Linas-Montlhery pour apporter à manger à sa famille. Naturellement, il s’engage dans la résistance, et finit par se faire arrêter pour un vol de camion de vivres. Le voilà transféré en Allemagne. Là encore, il multiplie les évasions, et après plusieurs tentatives infructueuses, parvient à rejoindre la France en 1944 où il réintègre la résistance et participe à la libération de Paris. Mais pour le résistant Gurême, il n’y aura ni médaille, ni reconnaissance.

Alors que les derniers camps nomades ne ferment qu’en juin 1946, Raymond a perdu sa famille de vue. Il lui faudra attendre les années 1950 pour retrouver la trace des siens, partis en Belgique. Quant aux rescapés de ces camps, l’État français leur a tout pris. Ils n’auront aucune compensation et plongeront dans la misère. « Il n’y a jamais eu un centime de dédommagement. C’est quelque chose qui a créé un passif entre les familles et l’État », analyse François Lacroix. En France, une chape de plombs tombe sur l’histoire des camps tzigane . « En 1976, quand j’ai entendu parler de Linas-Montlhéry pour la première fois par des familles Roms, j’ai commencé à poser des questions. Le maire n’était pas au courant, et disait qu’il n’y avait aucune archive. Quant aux familles des paysans qui avaient vécu à proximité, une majorité disait qu’elles ne savaient rien », se souvient François Lacroix. Pire, « il y avait le silence de la police et des politiques, qui avaient géré le camp et dont beaucoup étaient restés en place ».

Un éternel combat contre les discriminations

C’est ce silence que Raymond Gurême a voulu rompre. Longtemps, il a essayé. « Mais personne ne voulait nous entendre », disait-il. Au début des années 2000, la situation évolue. Peu à peu, les archives s’ouvrent et des historiens commencent à travailler sur ces heures sombres de l’histoire française. Avec François Lacroix, ils commencent à militer pour une reconnaissance au niveau local et obtiennent la mise en place d’une stèle et d’une cérémonie annuelle sur le site de l’ancien camp d’internement de Linas Montlhéry, en face duquel Raymond Gurême a choisi de s’installer. « Ce qui l’a décidé à avoir une prise de parole publique, c’est sa volonté que les jeunes générations continuent son combat », explique Anina Ciuciu. Il faudra attendre octobre 2016 pour que le président François Hollande reconnaisse la responsabilité de la France dans l’internement de 6 500 Tziganes de France. Dans la foulée, la loi les obligeant à avoir un titre de circulation spécifique, datant de 2012, et modifiée en 1969, a été abrogée. « Ce ne sont pas les Allemands qui m’ont ramassé. Ce sont les Français, la police française », n’avait de cesse de rappeler Raymond Gurême. L’ancien résistant, lui, n’a reçu qu’une seule récompense de l’État français. En 2012, après la sortie de son livre témoignage, il est fait chevalier des Arts et des lettres, pour son combat contre les discriminations.

Pour autant, l’antitziganisme a la vie dure. Malgré les modifications de la loi, une majorité de communes continuent de refuser d’installer des aires d’accueil et beaucoup de celles qui le font, les mettent dans des zones de rebut. Alors qu’une grande majorité de Roms sont sédentaires, les mythes ont la vie dure et la classe politique française alimente la peur de l’autre au lieu de la contenir. En 2014 encore, Raymond Gurême, malgré son âge et ses faits d’armes, reçoit des coups de matraques lors d’une opération de police dans sa maison pour retrouver un membre de sa nombreuse famille (il a eu 15 enfants et 200 petits enfants). « Ce n’est pas à coups de matraques qu’on devrait traiter un ancien résistant et le survivant respecté d’un génocide », commente Samir Mile. La plainte, qu’il dépose ensuite, est classée sans suite début 2015. Une fois encore, l’État français a détourné les yeux.

Alors que cette grande figure de l’histoire de France s’est éteinte, le silence des autorités est assourdissant. « Il y a eu davantage d’hommages à l’étranger. En France, il n’y a eu qu’un communiqué de la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (DIHAL). Cela dit bien le problème. La seule parole publique qu’il y a eue, c’est celle d’une administration interministérielle qui s’occupe des aires d’accueil, d’une administration des marges, pas de l’État français », regrette Samir Mile. Pourtant, rappelle Anina Ciuciu, « Raymond Gurême est quelqu’un qui fait honneur au patrimoine national. Il incarne l’esprit de résistance et certaines valeurs dont nous pouvons être fières et qui sont en perte de vitesse aujourd’hui. »

Camille Bauer
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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 04:36
Tredudon en Berrien dans les Monts d'Arrée: un émouvant rassemblement organisé par les PCF Carhaix-Huelgoat et de Morlaix dans le premier village résistant de France (27 mai 2020, Journée Nationale de la Résistance)
La fille de Pierre Plassart et la nièce de Jean-Marie Plassart nous montre la photo de Jean-Marie Plassart, résistant communiste de Tredudon, arrêté par la police française, emprisonné à Quimper, mort en déportation à 23 ans à Mathausen (Photo Daniel Laporte)

La fille de Pierre Plassart et la nièce de Jean-Marie Plassart nous montre la photo de Jean-Marie Plassart, résistant communiste de Tredudon, arrêté par la police française, emprisonné à Quimper, mort en déportation à 23 ans à Mathausen (Photo Daniel Laporte)

La fille de Pierre Plassart et la nièce de Jean-Marie Plassart nous montre la photo de Jean-Marie Plassart, résistant communiste de Tredudon, arrêté par la police française, emprisonné à Quimper, mort en déportation à 23 ans à Mathausen (Photo Daniel Laporte, 27 mai 2020, journée nationale de la résistance)

La fille de Pierre Plassart et la nièce de Jean-Marie Plassart nous montre la photo de Jean-Marie Plassart, résistant communiste de Tredudon, arrêté par la police française, emprisonné à Quimper, mort en déportation à 23 ans à Mathausen (Photo Daniel Laporte, 27 mai 2020, journée nationale de la résistance)

Tredudon en Berrien dans les Monts d'Arrée: un émouvant rassemblement organisé par les PCF Carhaix-Huelgoat et de Morlaix dans le premier village résistant de France (27 mai 2020, Journée Nationale de la Résistance)
Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Patrick Gambache - 27 mai 2020 Trédudon les Moines en Berrien Journée Nationale de la résistance

Photo Patrick Gambache - 27 mai 2020 Trédudon les Moines en Berrien Journée Nationale de la résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Tredudon en Berrien dans les Monts d'Arrée: un émouvant rassemblement organisé par les PCF Carhaix-Huelgoat et de Morlaix dans le premier village résistant de France (27 mai 2020, Journée Nationale de la Résistance)
Tredudon en Berrien dans les Monts d'Arrée: un émouvant rassemblement organisé par les PCF Carhaix-Huelgoat et de Morlaix dans le premier village résistant de France (27 mai 2020, Journée Nationale de la Résistance)
Photo Patrick Gambache - 27 mai 2020 Trédudon les Moines en Berrien Journée Nationale de la résistance

Photo Patrick Gambache - 27 mai 2020 Trédudon les Moines en Berrien Journée Nationale de la résistance

Lucienne Nayet, présidente du Musée National de la résistance de Chamougny-sur-Marne,  avec la fille de Pierre Plassart, résistant de Trédudon-les-Moines et ancien adjoint au maire communiste de Berrien

Lucienne Nayet, présidente du Musée National de la résistance de Chamougny-sur-Marne, avec la fille de Pierre Plassart, résistant de Trédudon-les-Moines et ancien adjoint au maire communiste de Berrien

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Daniel Laporte - Tredudon les Moines - 27 mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Photo Patrick Gambache - 27 mai 2020 Trédudon les Moines en Berrien Journée Nationale de la résistance

Photo Patrick Gambache - 27 mai 2020 Trédudon les Moines en Berrien Journée Nationale de la résistance

A Berrien, hommage des sections PCF de Carhaix-Huelgoat et de Morlaix au premier village résistant de France de Tredudon-les-Moines en compagnie de la famille de Pierre et Jean-Marie Plassart (la fille de Pierre Plassart - et nièce de Jean-Marie Plassart - et ses petites-filles).

Un rassemblement chaleureux pour la Journée Nationale de la Résistance ce 27 mai 2020 avec une mémoire encore très vive et vivante de la résistance populaire et communiste des Monts d'Arrée, la présence de Jean Guyomarc'h dont le père et les oncles ont tous été résistants.

Photos de Patrick Gambache - Ismaël Dupont

Pierre Plassart est né en 1912 et mort à Berrien en novembre 1983.Militant communiste de Berrien. Sous l'occupation allemande, il est propagandiste de la résistance, il diffuse les tracts et journaux clandestins du PCF, du Front National de Libération de la France. Il avait chez lui, à Trédudon-les-Moines, un important dépôt d'armes et de munitions des FTP. Il sera conseiller municipal de Berrien à la libération.

Berrien a payé un très lourd tribut à la libération de la France et sa résistance, très forte, animée principalement par des communistes, sera lourdement réprimée: 22 résistants fusillés, 16 déportés, 11 résistants tués au combat dans ce village rouge des Monts d'Arrée.

Parmi eux, à Berrien Jean-Marie Plassart, communiste depuis 1936, résistant, sera arrêté par la police française et mourra dans un camp de concentration de Mathausen . Jean Créoff, cultivateur communiste de Berrien, FTP, sera aussi déporté en camp de concentration en Allemagne, Joseph Créoff aussi, communiste depuis 1936, qui meurt en camp de concentration. Pierre Grall, autre résistant communiste de Berrien, né le 7 mai 1921 et qui adhère au PCF pendant l'occupation, prenant part à des actions armées, sabotages, attaques, etc, sera déporté en Allemagne après son arrestation le 5 juin 1944. Il meurt au camp de Dora en avril 45. Son frère Marcel Grall, agriculteur, puis terrassier, qui adhère au PCF clandestin le 3 juillet 41 après avoir assisté à l'arrestation du communiste Jean Coant avec Jean Créoff, chef des FTP de la région du Faou, puis commandant FTP des Côtes-d'Armor, arrêté le 17 septembre 1943, sera fusillé à Rennes avec 28 de ses camarades le 8 juin 1944. (Source: Eugène Kerbaul, 1918-1945: 1640 militants du Finistère)

Article du Ouest-France, 27 mai 2014:

Trédudon, premier village résistant de France

Il y a à Berrien, en plein cœur du centre-Bretagne, au pied des crêtes des Monts d'Arrée, un hameau qui a joué un rôle déterminant dans l'organisation de la Résistance sous l'Occupation : c'est Trédudon-le-Moine. Dès les premiers jours de l'occupation allemande, tout le hameau, situé à 6 km de Berrien, sur la route de La Feuillée, entre en résistance.

Ce village, qui comptait à l'époque près de deux cents âmes a maintenu de juin 1940 à août 1944 une parcelle de France libre. Le 16 juin 40, dès le départ des troupes anglaises du camp de Saint-Thégonnec, une organisation clandestine du Parti communiste français, dirigée localement par Pierre Plassart, y stocke des armes britanniques parachutées. Avec non seulement le soutien, mais aussi la complicité de toute la population. Trédudon-le-Moine sera à la fois un dépôt d'armes, un refuge pour les résistants traqués, un lieu de réunion pour les dirigeants nationaux et régionaux des FTP.

Le 17 mai 1943, un avion britannique est abattu par la défense allemande au-dessus des Monts d'Arrée et tombe en flammes au nord de Plonévez-du-Faou. Les pilotes trouvent refuge à Trédudon.

Hélène Plassard, qui avait 20 ans à l'époque, se souvient : « Il y en a eu du passage ! Les jeunes maquisards arrivaient de Lorient, de Brest... De partout. Il y en avait du monde ici. »

22 résistants fusillés

Après des opérations de sabotage menées notamment contre les lignes ferroviaires, des missions de récupération d'armes, ou encore des attaques des troupes ennemies, les résistants, qui fuyaient à travers la montagne, venaient se cacher dans les greniers et écuries du village : « Ils arrivaient alors vers 5 h du matin. »

Dans la journée, ils étaient occupés aux travaux des champs. Trédudon nourrissait toute cette population de passage. « Nous faisions le tour des fermes pour ramener du beurre, des patates et du lard. Jamais personne n'a refusé de donner. » Le village était devenu un point d'appui pour ceux qui coordonnaient les différentes actions, donc appelés à faire de fréquents déplacements, souvent périlleux.

Le village paiera un lourd tribut lors des représailles de l'occupant. Vingt-deux résistants seront fusillés, onze tués au combat, seize déportés. Dix d'entre eux mourront en déportation. À la Libération, Trédudon-le-Moine se verra décerner le titre de Premier village résistant de France. Une stèle sera érigée à la sortie du hameau et inaugurée en 1947 par Marcel Prenant, chef d'État-major des FTPF.

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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 18:03
Margot Caudan le 27 mai à Auray pour la cérémonie d'hommage à la Résistance (photo Ouest-France)

Margot Caudan le 27 mai à Auray pour la cérémonie d'hommage à la Résistance (photo Ouest-France)

Journée nationale de la résistance. Margot Caudan, résistante centenaire était à Auray

Ouest-France, 27 mai 2020

https://www.ouest-france.fr/bretagne/auray-56400/journee-nationale-de-la-resistance-margot-caudan-resistance-centenaire-etait-auray-6849193

Chaque année, la France célèbre la création du Comité national de la résistance (CNR), signe du soulèvement face à l’occupation nazie. À Auray, Margot Caudan, résistante et aujourd’hui centenaire, était présente.

Malgré le déconfinement, la cérémonie pour la journée nationale de la résistance, qui célèbre la création du Comité national de la résistance, s’est déroulée en petit comité, ce mercredi 27 mai, à Auray (Morbihan). Les présidents des différentes associations des anciens combattants étaient présents, ainsi que les élus.

Protéger les acquis du CNR

Margot Caudan, habitante de Plouhinec, résistante et aujourd’hui centenaire y a participé. L’occasion pour Maryline Le Sauce, présidente de l’Anacr (Association nationale des anciens combattants et amis de la résistance) du comité du Pays d’Auray de rappeler son engagement auprès du Front national pour la libération et pour l’indépendance de la France, à Paris. On me demande souvent comment je fais pour être encore en forme à mon âge. Je réponds toujours que mon secret c’est le Comité national de la résistance, grâce auquel nous avons la Sécurité sociale et nous pouvons donc tous nous soigner, a rappelé malicieusement Margot Caudan. Et d’ajouter : Il faut protéger ces acquis.

Margot Caudan, centenaire et résistante de toujours (Le Télégramme, Sophie Prévost, 12 février 2020)

 

Marguerite Caudan, juste après-guerre à Paris, à l'âge de 25 ans (Photo Collection Margot Caudan)

Marguerite Caudan, juste après-guerre à Paris, à l'âge de 25 ans (Photo Collection Margot Caudan)

Margot Caudan parmi ses amies de l'Union des Jeunes Filles de France, qu'elle a contribué à créer, à Paris, dès 1937 (Photo Collection Margot Caudan)

Margot Caudan parmi ses amies de l'Union des Jeunes Filles de France, qu'elle a contribué à créer, à Paris, dès 1937 (Photo Collection Margot Caudan)

A lire, ce très beau portrait de Margot Caudan, sous la plume de Sophie Prévost, une journaliste bien connu des Morlaisiens, en dernière page du Télégramme, avec un témoignage de Philippe Jumeau, secrétaire départemental du PCF Morbihan. Une centenaire qui témoigne sur une des pages des plus glorieuses du communisme, la résistance populaire a Paris avec ses camarades de l'ujff (union des jeunes filles de France) dont plusieurs d'origine juive. Communiste et militante, elle l'est restée jusqu'à aujourd'hui, modeste, vivante, soucieuse de transmettre des valeurs de solidarité et d'antifascisme aux jeunes générations. Un exemple! Merci au Télégramme et à Sophie Prévost de lui avoir rendu cet hommage.

 

Margot Caudan, centenaire et résistante de toujours

Elle aura 100 ans ce mercredi 12 février 2020. Communiste de la première heure, résistante de toujours, Marguerite Caudan, dite Margot, n’oublie jamais de témoigner. À Plouhinec (Morbihan), la jeunesse est son amie !

Jean, baskets et beau sourire : c’est d’un pas léger que Margot Caudan ouvre la porte de sa longère pleine de livres, à Plouhinec (Morbihan). Ce 12 février 2020, elle a 100 ans et 85 ans d’adhésion au Parti communiste. Un record dont n’est pas peu fier le Lanestérien Philippe Jumeau. « Marguerite (tout le monde l’appelle Margot) a six mois de plus que l’ancien maire d’Hennebont Eugène Crépeau. Nous avons la chance inédite d’avoir deux centenaires dans nos rangs, l’année des 100 ans du PC ! ».

Margot a défié les fascistes à 14 ans et failli être déportée deux fois !

« Si Eugène a été le militant politique, Margot Caudan est notre militante du quotidien. Une femme d’une modestie incroyable, qui beurrait encore les sandwichs à la dernière fête de l’Huma à Port-Louis. Elle qui a défié les fascistes à 14 ans et failli être déportée deux fois ! », témoigne le secrétaire de la fédération PC du Morbihan.

Témoigner, inlassablement

Ses faits de résistance à l’Allemagne nazie et au gouvernement de Vichy, de 1939 à 1944, Margot Caudan en parle beaucoup depuis quelques mois. « On est de moins en moins nombreux à pouvoir témoigner, alors j’y vais. Je suis un peu dure de la feuille, mais quand les jeunes viennent me trouver, je ne peux rien leur refuser ! ».

Devant des lycéens rennais le 21 novembre 2019, avec des collégiens alréens en décembre, ou encore en petit comité, chez elle, ce dimanche 9 février 2020, avec sept élèves du collège Jean-Lurçat de Lanester venus l’interroger dans le cadre du Concours national de la Résistance et de la Déportation : la Plouhinécoise est sur tous les fronts.

Missions dangereuses et clandestinité

Ce week-end encore, elle a raconté sa jeunesse dans le XIe arrondissement de Paris, aux côtés de réfugiés juifs d’Europe centrale, son « engagement naturel » aux Jeunesses communistes, la création de l’Union des Jeunes Filles de France (UJFF), sa rencontre avec son mari, Louis.

Huit jours après leur mariage, en avril 1940, Marguerite Caudan est arrêtée pour son appartenance à l’UJFF, avant d’être libérée, dans la pagaille de l’exode, un mois plus tard. « Je ne suis pas entrée en résistance, car j’y étais déjà ! », plaisante aujourd’hui la presque centenaire. Chargée avec Louis d’une imprimerie clandestine, elle connaîtra les missions dangereuses (transport de faux papiers ou de matériaux pour explosifs) et encore la prison de juin 1943 à août 1944. Une trentaine de ses codétenues finiront en Déportation. D’autres seront fusillées. Un voile passe sur le regard pétillant de la vieille dame : « On n’attache pas d’importance aux petites choses, après ça ».

Engagez-vous !

« Margot est notre meilleure ambassadrice et une bonne amie. Elle aime les gens. Avec elle, toutes les portes s’ouvrent ! », assure à son tour la présidente de l’Association nationale des anciens combattants du pays d’Auray, Maryline Le Sauce. Car Bretonne, Marguerite Caudan l’est devenue il y a dix ans seulement. Si elle a quitté la région parisienne à 90 ans, c’est pour rebondir après le décès, en 2004, de son cher époux Louis. « Il était natif d’Hennebont, on a toujours aimé le coin. Je suis aussi revenue par admiration pour cette communauté de la danse bretonne, glisse-t-elle. La varappe, le ski, le tai-chi, j’ai dû arrêter. Mais la danse bretonne, ça ne me fatigue pas ! ».

Après la guerre, Margot Caudan a fait carrière comme responsable du comité d’entreprise de Renault à Boulogne-Billancourt. Elle s’y est occupée des enfants des autres. « Moi, je n’ai pas réussi à en avoir… », élude-t-elle dans un soupir. Sa vie de militante l’a amenée « à combattre l’Indochine, le Vietnam, l’Algérie ». Dans le communisme, « tout ne m’a pas toujours plu », avoue-t-elle. « Mais pour l’instant, je n’ai pas trouvé mieux ! ». A l’heure de ses 100 ans, Margot Caudan s’entretient des gilets jaunes, de la réforme des retraites comme de la montée des extrémismes. Elle cite Bertolt Brecht : « Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde ». Et aux jeunes, elle dit et redit, comme Stéphane Hessel avant elle : " Engagez-vous ! "

Margot Caudan - 12 février 2020

Margot Caudan - 12 février 2020

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 20:02
27 mai 2020 - Les communistes de Brest rendent hommage à Cécile Rol-Tanguy et à la Résistance place Rol-Tanguy
27 mai 2020 - Les communistes de Brest rendent hommage à Cécile Rol-Tanguy et à la Résistance place Rol-Tanguy
27 mai 2020 - Les communistes de Brest rendent hommage à Cécile Rol-Tanguy et à la Résistance place Rol-Tanguy
27 mai 2020 - Les communistes de Brest rendent hommage à Cécile Rol-Tanguy et à la Résistance place Rol-Tanguy

PCF BREST

JOURNÉE NATIONALE DE LA RÉSISTANCE – HOMMAGE À CÉCILE ROL-TANGUY

Ce mercredi 27 mai est la journée d’hommage à la Résistance et à la naissance du Conseil National de la Résistance dont l’esprit et les valeurs inspirent bien des combats d’aujourd’hui.

Ce matin, la section du PCF du Pays de Brest et les élus communistes de la ville de Brest ont salué la mémoire de Cécile Rol-Tanguy, résistante communiste décédée récemment, et de toutes ces femmes et ces hommes qui, engagés dans la Résistance, ont dit non à l’envahisseur fasciste, oui à Liberté, oui à une République rénovée, plus fraternelle, plus égalitaire, plus démocratique.

Dans le respect des consignes sanitaires, l’hommage rendu par Jean-Paul CAM, secrétaire de section, s’est suivi d’un dépôt de gerbe sur le rond-point Rol-Tanguy, face à la gare de Brest.

« Ce mercredi 27 mai, journée nationale de la Résistance, célèbre la création du Conseil National de la Résistance.
Né en 1943, en pleine guerre, il réunit huit mouvements de Résistance, six partis politiques et deux centrales syndicales. Une France courageuse et déterminée, qui dit « non » à l'envahisseur, à un régime fascisant, réactionnaire, raciste et antisémite, et « oui » à la Liberté, à une République rénovée, plus fraternelle, égalitaire et démocratique.
Ce 27 mai 2020, nous voulons célébrer la naissance du Conseil National de la Résistance et l’incroyable défi que se sont fixés des hommes et des femmes d’imaginer la France dans laquelle ils rêvaient de vivre pour restaurer la République des Lumières.
Deux ans après, dans une France en ruine, un gouvernement réunissant des ministres gaullistes, de la SFIO et du PCF, reconstruisent le pays en faisant le choix de mettre en œuvre des avancées sociales, économiques et politiques majeures, complétant les conquêtes, quelques années plus tôt, du Front populaire : les femmes votent pour la première fois le 29 août 1945, la Sécurité sociale est inventée et mise en place, tout comme notre système de retraite par répartition, le gouvernement nationalise les Houillères, Renault, les banques de dépôt et la Banque de France, l’électricité et le rail. Le droit à l'éducation et à la culture pour tous est instauré.
Cette actualité de la Résistance est tellement vivante aujourd’hui :
Parce que l'idéologie de l'extrême-droite revient en force en France, en Europe où comme en Croatie les oustachis amis de Hitler sont réhabilités.
Parce que notre démocratie est de plus en plus dénaturée et minée par le poids des féodalités économiques, oligarchies et inégalités contre lesquelles luttait le Conseil National de la Résistance au nom d'une vision d'une société rénovée et plus juste, avec son programme magnifiquement baptisé "Les jours heureux".
Parce que nous avons plus que jamais besoin d'une inspiration de rassemblement, et de création politique, d'une force d'espoir pour conjurer les menaces très fortes auxquelles notre société est exposée et la reconstruire sur des bases plus justes et durables.
A l’heure où tout le monde s’interroge sur les moyens de reconstruire nos pays, mis à l’arrêt par la pandémie, fragilisé par des années de politiques néo-libérales et capitalistes qui ont battu en brèche l'héritage du Conseil National de la Résistance, et affaibli notre pays dans sa capacité à faire face à des défis comme celui de l'épidémie du coronavirus.
Car cette pandémie que nous continuons d’affronter, dans toute sa brutalité, met, elle aussi, au cœur du débat le choix de société dans lequel nous voulons vivre, en portant l’exigence de traiter en profondeur les racines du mal. Elle révèle au grand jour les conséquences de ce modèle économique sur nos vies ; un modèle dédié à la finance qui a misé sur la course au profit, l’exploitation des êtres humains, des ressources naturelles, choisissant d’affaiblir le rôle des États et de ses services publics. »

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 17:42
Cimetière de Guimiliau, 27 mai 2020: hommage à Albert Rannou, engagé volontaire des Brigades Internationales, résistant communiste finistérien exécuté par les Allemands au Mont Valérien le 17 septembre 1943
Cimetière de Guimiliau, 27 mai 2020: hommage à Albert Rannou, engagé volontaire des Brigades Internationales, résistant communiste finistérien exécuté par les Allemands au Mont Valérien le 17 septembre 1943
Cimetière de Guimiliau, 27 mai 2020: hommage à Albert Rannou, engagé volontaire des Brigades Internationales, résistant communiste finistérien exécuté par les Allemands au Mont Valérien le 17 septembre 1943
Cimetière de Guimiliau, 27 mai 2020: hommage à Albert Rannou, engagé volontaire des Brigades Internationales, résistant communiste finistérien exécuté par les Allemands au Mont Valérien le 17 septembre 1943
Cimetière de Guimiliau, 27 mai 2020: hommage à Albert Rannou, engagé volontaire des Brigades Internationales, résistant communiste finistérien exécuté par les Allemands au Mont Valérien le 17 septembre 1943
Cimetière de Guimiliau, 27 mai 2020: hommage à Albert Rannou, engagé volontaire des Brigades Internationales, résistant communiste finistérien exécuté par les Allemands au Mont Valérien le 17 septembre 1943
Cimetière de Guimiliau, 27 mai 2020: hommage à Albert Rannou, engagé volontaire des Brigades Internationales, résistant communiste finistérien exécuté par les Allemands au Mont Valérien le 17 septembre 1943
Cimetière de Guimiliau, 27 mai 2020: hommage à Albert Rannou, engagé volontaire des Brigades Internationales, résistant communiste finistérien exécuté par les Allemands au Mont Valérien le 17 septembre 1943

Pour cette Journée nationale de la Résistance, ce 27 mai 2020 entre 14h30 et 15h30, un moment d'une grande intensité avec Dominique Derrien dans le cimetière de Guimiliau auprès de sa magnifique église et de son enclos paroissial et son calvaire exceptionnel de la Renaissance, pour évoquer la vie de lutte et d'engagements généreux d'Albert Rannou, ouvrier maçon du Léon né le 5 mars 1914, militant cégétiste et communiste, engagé volontaire dans les Brigades Internationales (il croisera Rol-Tanguy et sera blessé deux fois pendant la guerre d'Espagne qu'il terminera avec le grade de lieutenant), héros de la résistance communiste brestoise arrêté en octobre 1942 après plusieurs sabotages et attentats, et fusillé avec 18 autres résistants communistes brestois au Mont-Valérien le 17 septembre 1943 (son corps ne reviendra au cimetière de Guimiliau que 3 ans plus tard).

Un héros de la Résistance dont nous avons retrouvé les lettres écrites de prison, bouleversantes, grâce à Jacques Guivarc'h, l'ancien marbrier de la barrière à St Martin des Champs et sur lequel enquête assidûment Dominique Derrien, professeur d'histoire et chercheur.

De la prison Jacques Cartier de Rennes, Albert Rannou, dont nous avons eu en possession une quinzaine de lettres manuscrites confiées par Jacques Guivarc'h, le marbrier de Saint Martin des Champs, ancien militant communiste comme son père, Jean, résistant, Albert Rannou écrit à ses parents :

« Nous attendons toujours le jugement. Certains disent qu'il aura lieu à Paris et d'autres parlent qu'il aura lieu dans peu de temps à Rennes. Enfin, rien ne presse pour ce qu'on a à en tirer, de l'instruction. J'ai demandé à l'inspecteur allemand quelle serait ma peine. Il m'a dit que je pouvais espérer mais que la loi est dure. On cause aussi de nous envoyer dans un camp de travaux en Allemagne. Mais je prends ça pour un calmant qu'on donne à un malade sur le point de calancher.
Quand j'ai fait mon boulot, je savais à chaque fois à quoi je m'exposais, et maintenant j'attends stoïque qu'on décide de mon sort. Les premiers camarades arrêtés ont été cravaché sur tout le corps, leurs fesses étaient rendu comme du pâté de foie par la police française au service de l'ennemi (c'est joli ça). Par ça ils ont dû avouer. Ce qui m'a fait arrêter, ainsi que beaucoup d'autres.
(...) Nous sommes ici 45 de Brest avec les 5 femmes, donc certains ont déjà été jugés par les Français, mais qui doivent encore l'être par un tribunal Allemand. La moitié d'entre nous risquons le grand paquet. Le pire, c'est qu'il y a beaucoup de mariés et de pères de famille. Pour moi, si ça m'arrive j'aurai seulement le grand désespoir de vous quitter ainsi que mon frère et sa femme. Mais rien ne m'inquiète à votre sujet, votre santé est bonne et rien ne vous manque par ailleurs. Donc s'il faut se résigner un jour ça sera avec calme et fierté que je marcherai. J'ai fait mon devoir de Français et de communiste. Je suis allé en Espagne parce que là-bas se jouait le sort de la France et que l'Espagne Républicaine vaincue, c'était la guerre pour notre Pays. A présent le capitalisme est en train de creuser sa propre tombe, malheureusement qu'avant de disparaître il peut encore faire beaucoup de mal. Je viens d'apprendre que 3 jeunes classes vont partir pour l'Allemagne sur ordre de Pétain-Laval. Une fois là-bas, ils seront déguisés en mannequins du 3ème Reich et envoyez sur le Front pour combattre leurs camarades Russes contre leur propre liberté. La bête agonise mais elle a du mal à crever. J'aurais bien voulu pouvoir assister à sa fin. Si je n'y suis pas, vous pourrez dire que votre fils a maintes fois risqué sa vie pour le triomphe de son idéal et pour la victoire de notre juste cause. La défense de la République française que nous voulons voir prospérer dans une union des Républiques mondiale. Peut-être que les Alliés arriveront à temps mais ils n'ont pas l'air de se presser, quoi qu'il advienne ils ne perdent pas pour attendre, car les peuples anglo-américains ont aussi compris que leur salut est aux côtés de leurs camarades bocheviques, qu'il faut qu'ils luttent, pour écraser à jamais le fascisme fauteur de guerre et de misère.
« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage » (Karl Marx*) ».

Albert Rannou qui écrit le jour de son exécution de la Prison de Fresnes le 17 septembre 1943

Cher Papa et chère Maman
Il est 11 heures moins le quart, on vient de nous prévenir qu'on va être fusillés à 16 heures. Je vais donc donner ma vie à la France, pour ma patrie que j'ai toujours aimée et pour laquelle j'ai combattu. Je meurs content car mon sacrifice (j'en ai la certitude) n'aura pas été vain. J'ai lutté durant ma courte existence pour le bonheur des travailleurs et pour que la paix règne en ce monde.
(censuré)

Mes chers parents, vous savez que je vous ai toujours aimés et que vous me le rendez bien ainsi qu'Yfic. Ça me fait une peine immense de vous quitter à jamais. Je ne sais comment vous exprimer toute ma gratitude pour ce que vous avez fait pour moi. Vous m'avez choyé depuis mon enfance jusqu'à ma dernière heure. Si quelquefois je vous ai fait de la peine, vous m'avez pardonné. Je n'oublie pas non plus ma belle-sœur. Grand-mère et toute la famille auxquels vous voudrez bien envoyer mes amitiés dernières. Je pense à vous tous en ce moment qui est plus pénible pour vous que pour moi. Je viens de voir l’aumônier, j'ai refusé la communion. Donc aucun service religieux à mon intention. Mes amitiés aussi à tous les voisins et camarades, qu'ils sachent que j'ai fait mon devoir de Français et de communiste.
Papa, Maman, ma dernière pensée sera pour vous et pour mon frère. Je vous embrasse tous dans un même élan.
Soyez courageux.
Adieu tous.
Votre fils Albert.
Vive la France, Vive le parti communiste
Paix- Liberté- Justice »

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 16:20
27 mai 2020 - la commission féminisme du PCF Finistère rend hommage à la résistante communiste brestoise Simone Moreau en rebaptisant symboliquement une rue
27 mai 2020 - la commission féminisme du PCF Finistère rend hommage à la résistante communiste brestoise Simone Moreau en rebaptisant symboliquement une rue
27 mai 2020 - la commission féminisme du PCF Finistère rend hommage à la résistante communiste brestoise Simone Moreau en rebaptisant symboliquement une rue
27 mai 2020 - la commission féminisme du PCF Finistère rend hommage à la résistante communiste brestoise Simone Moreau en rebaptisant symboliquement une rue

Ce 27 mai 2020, la commission féministe 29 rend hommage à Simone MOREAU en rebaptisant la rue de Brest où Simone et Henri Moreau ont habité et abrité des caches d’armes et du matériel d’imprimerie pour la presse clandestine.

http://pcf29.org/1920-2020-100-ans-dengagements-communiste…/

Simone Moreau (1908-1962)

Simone Moreau, née Pineau le 24 novembre 1908 à Bourgueil (Indre-et-Loire), adhère au PCF clandestin dans les conditions les plus dangereuses, sous l'occupation allemande, le 9 janvier 1941. Mais elle avait déjà aidé et participé aux activités illégales de son mari dès 1940: Henri Moreau. Le local de la fédération du PCF Finistère est installé dans une petite rue, entre la rue Jean Jaurès et le cimetière Saint Martin, qui porte le nom de ce grand résistant communiste brestois.

Fils d’Alexandre Moreau, charcutier puis facteur des PTT, revenu très malade de la 1ère guerre mondiale, et d’Adrienne Leroux, sans profession puis couturière, Henri Moreau fut adopté par la Nation en 1925. Il s’engagea jeune dans la « Musique des Équipages de la Flotte ». D’après Eugène Kerbaul, il était l’un des deux militaires de carrière en activité qui furent membre du Parti communiste à Brest à la fin des années 30, l’autre étant Georges Cadiou. Simone Pineau et lui se marièrent à 22 ans, le 9 septembre 1931, à Chouzé-sur-Loire (Indre-et-Loire)  le couple avait un enfant. Henri Moreau aida la Jeunesse communiste de Brest à constituer une chorale et une société de musique, « La Lyre Populaire Brestoise », à la fin des années 40 mais elle eut peu l’occasion de se manifester.À la fin de 1940 il fut démobilisé en zone non-occupée, et devenu retraité de la marine nationale, il revint à Brest. Il y reprit aussitôt le contact avec le PCF clandestin depuis son interdiction par le gouvernement Daladier.

Le domicile d'Henri et Simone Moreau de la rue Portail devint un dépôt de matériel léger d’imprimerie : stencils pour ronéo (petite machine à imprimer de bureau), papier, encre, etc. En mai 1942, à la suite de la mise sur pied des FTPF dans le département, leur appartement servit aussi de dépôt d’armes et d’explosifs. Il participera personnellement à de nombreux sabotages.

Simone Moreau devient responsable à la propagande du comité brestois de l'Union des Femmes Patriotes (organisation clandestine créée par le PCF, qui en fait à Brest, en fin 1941 et en 1942, ne regroupe que des femmes communistes). Elle transporte du matériel de propagande à travers toute la Bretagne. Elle participe à l'organisation et au déroulement de la manifestation des femmes pour un meilleur ravitaillement, en avril 1942, avec Jeanne Goasguen-Cariou notamment, et à celles des femmes communistes de l'U.F.P conte le STO (Service de Travail Obligatoire) créé par Pétain pour fournir de la main-d’œuvre aux usines de guerre allemandes. Simone Moreau travaillait aussi avec Henri à l'impression des journaux et tracts clandestins dans leur petite maison de la rue André Portail à Brest. Arrêtée le 4 octobre 1942, elle fit preuve d'un grand courage. Relâchée en août 1943, faute de preuves et d'aveux, elle resta sous une étroite surveillance policière. Elle fait alors des démarches pour essayer de sauve son mari de la peine capitale, en vain. 

Henri Moreau, qui s'occupait du matériel de propagande et d'impression de la propagande résistante des communistes brestois et du Front National de Libération de la France à Brest, puis de cacher les armes, munitions et explosifs, dans le domicile qu'il partageait avec Simone et leur fille, puis qui était devenu responsable pour le Finistère de la propagande du PCF, avait été arrêté le 4 octobre 1942, peu de temps après cette nomination, par des policiers brestois. Il sera interrogé avec brutalité et jugé... deux fois! Et deux fois condamné. Une fois par la section spéciale (française) de Rennes, en décembre 1942, puis par un tribunal allemand - auquel les juges vichystes l'ont livré - à Fresnes, le 28 août 1943. Il avait été emmené de prison en prison, de celle du Château à Brest à celles de Vitré, Fontrevrault - où il est responsable d'un groupe clandestin de détenus - Jacques Cartier à Rennes, Fresnes, près de Paris. Henri Moreau est fusillé le 17 septembre 1943 en même temps que 18 autres communistes brestois (Albert Rannou, Albert Albalain, Andé Berger, Eugène Lafleur, Joseph Ropars, Paul Monot, Louis-Marie Le Guen, Louis Departout, Etienne Rolland, Albert Rolland, Jean-Marie Teurroc, Lucien Argouarch, Charles Vuillemin, Yves Giloux, Louis Le Bail, Jean-Louis Primas) au Mont Valérien près de Paris.

Simone Moreau, après la Libération, continue de militer au PCF. Elle meurt à Brest en 1962.    

27 mai 2020 - la commission féminisme du PCF Finistère rend hommage à la résistante communiste brestoise Simone Moreau en rebaptisant symboliquement une rue
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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 16:00
Hommage du PCF à la résistance au monument aux morts de Plouigneau le 27 mai
Hommage du PCF à la résistance au monument aux morts de Plouigneau le 27 mai

Hommage du PCF à la résistance au monument aux morts de Plouigneau le 27 mai à 11h sur la place de la mairie avec un discours lu par notre jeune camarade, nouvel adhérent des JC de 16 ans, Walden Gauthier. En présence de Roger Héré, Jean-Claude Le Fer, Michel Prigent, Jean-Claude Postic, Guy Darol. 

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 06:42
Denise Larzul

Denise Larzul

Pierre Jolivet et Emile Lepage

Pierre Jolivet et Emile Lepage

MERCREDI 27 MAI 2020 : HOMMAGE DES COMMUNISTES DU PAYS DE QUIMPER A LA RÉSISTANCE. A 16h

MERCREDI 27 MAI 2020 : HOMMAGE DES COMMUNISTES DU PAYS DE QUIMPER A LA RÉSISTANCE.

Ce mercredi 27 mai est jour d’hommage à la Résistance, dont l’esprit et les valeurs inspirent bien des combats d’aujourd’hui, et au Conseil National de la Résistance qui tint le 27 mai 1943 sa 1ère réunion sous la présidence de Jean Moulin, Max dans la Résistance, car il avait pris comme nom de clandestinité le prénom de son ami Max Jacob avec qui il se lia alors qu’il était sous-préfet de Châteaulin.
Le CNR, né en 1943 en pleine guerre, réunissait les 8 grands mouvements de Résistance, 6 partis politiques et deux centrales syndicales.
Il était l’émanation d’une France courageuse et déterminée, celle qui dit non au nazisme et à l’occupation, non au régime collaborationniste fascisant et raciste de Pétain, oui à une République où la Liberté, l’Égalité, la Fraternité ne soient pas de vains mots.
Cette France qui se dressa contre l’inacceptable, ce fut pour une grande part celle des « humbles », celle qui tient debout notre pays dans les moments les plus difficiles, comme ceux que nous venons de vivre.
C’était un incroyable défi dans la France occupée, d’avoir rêvé le monde à venir en jetant les bases du programme du CNR, les Jours Heureux.
Deux ans après cette réunion fondatrice, dans une France libérée mais en ruine, gaullistes, communistes, socialistes, rassemblés dans le gouvernement du général De Gaulle relevèrent ce défi de reconstruire le pays en mettant en œuvre des avancées sociales, économiques, politiques majeures : invention de la Sécurité Sociale, gérée par les salariés eux-mêmes, mise en place par le ministre communiste Ambroise Croizat ; droit de vote des femmes, sur proposition du représentant du PCF au sein du gouvernement provisoire ; nationalisation de Renault, des Houillères, des grandes banques, des assurances, de l’électricité, du rail, avec des droits nouveaux pour leurs salariés ; comités d’entreprise ; statut de la Fonction Publique ; démocratisation de l’école, de la culture ; lois pour soustraire la presse aux puissances d’argent ; coopératives pour la production, la distribution des produits agricoles...et bien d’autres choses encore.
Ce fut un grand moment d’invention sociale et démocratique qui garde toute son actualité aujourd’hui.
Parce que l’idéologie de l’extrême-droite porteuse de haine, de racisme, de rejet de l’autre, revient en force en France, en Europe, dans le monde.
Parce que les féodalités économiques et les oligarchies contre lesquelles luttait le CNR n’ont eu de cesse de reconquérir et d’étendre leur domination, battant en brèche l’héritage de la Résistance, ses valeurs d’égalité et de justice, de solidarité, au détriment de notre démocratie, de nos droits sociaux, de nos services publics.
L’épidémie du coronavirus a mis au grand jour les ravages du modèle économique libéral fondé sur l’exploitation des êtres humains et le pillage des ressources, au mépris de nos vies et de l’avenir de la planète, qui a partout semé pauvreté et précarité, fait exploser les inégalités, mis en concurrence les hommes et les territoires, jusqu’aux conflits armés.
Des années de politiques dictées par ces dogmes libéraux ont fragilisé notre société, affaibli notre pays, et s’il a tenu bon au plus fort de la pandémie, nous le devons avant tout à l’engagement de nos soignants, à nos services publics même amoindris, à celles et ceux qui souvent dans l’ombre ont permis de maintenir les activités essentielles, à nos réseaux de solidarité qui tissent notre vivre-ensemble.
Comme au sortir de la guerre, il s’agit aujourd’hui de s’attaquer aux racines du mal qui a miné notre société, de la refonder sur des bases plus justes et durables, d’inventer ensemble un nouveau chemin d’espoir.
C’est dans cet esprit que la section PCF du pays de Quimper honorera la mémoire du CNR et celle des résistants et résistantes de la région quimpéroise, et parmi eux de nombreux communistes qui ont laissé leur trace dans notre ville, comme Émile Le Page et Pierre Jolivet, deux jeunes postiers communistes de 19 et 20 ans, les premiers résistants fusillés à Quimper en juin et juillet 1942, ou Denise Goyat-Larzul, jeune résistante qui rejoignit le maquis et participa aux combats de la Libération à Quimper et dans le Sud Finistère.

Cet hommage se déroulera ce mercredi 27 mai à 16 h devant la stèle dédiée à Jean Moulin, square Jean Moulin à Quimper, dans le respect des règles sanitaires.

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 06:23
Lancé le 27 mai 1943, quand le Conseil National de la Résistance changeait l'avenir ... Par Michel Etiévent, L'Humanité, 26 mai 2020
Mardi, 26 Mai, 2020 - L'Humanité
Quand le CNR changeait l’avenir…
Le 27 mai 1943 se tenait la première réunion clandestine du Conseil national de la Résistance. L'historien Michel Etievent montre ce qui se joue ce jour-là.
 
27 mai 1943 : une éclaircie de dignité dans la désespérance de la guerre. Ce jour-là, 48 rue du Four à Paris, s’unifie sous l’autorité de Jean Moulin l’ensemble des mouvements de résistance français. « Les résistances » deviennent la « Résistance ».
Retour sur le décor. Hiver 1942-1943. A l’Est, la guerre bascule. A Stalingrad, les armées nazies plient devant l’Armée Rouge. La nouvelle court les maquis et accrédite l’idée que le Troisième Reich n’est pas invincible. Constant Paisant, un des FTPF qui s’illustrera  aux Glières, se souvient : « C’était le vent de l’espérance. Il n’a cessé de nous porter jusqu’à la Libération » Autre bouleversement : 8 novembre 1942 : débarquement anglo-américain en Algérie. S’engage alors en sous-main une bataille entre les Alliés et le Général De Gaulle à Londres pour le contrôle d’Alger et par voie de conséquence le leadership de la France libre. Les Américains, qui souhaiteraient faire du Vichy sans Vichy, parient sur le général Henri Giraud pour diriger la France sous  autorité américaine. 
De Gaulle souffre de légitimité tant pour la résistance intérieure que pour les Alliés qui lui dénient la qualité de seul représentant de la France libre. Le soutien de la résistance française lui est donc impérieux. Il missionne  Jean Moulin, pour coordonner les différents mouvements de résistance. L’homme a entrepris ce travail d’unification dès son entrée dans l’armée de l’ombre. Dès 1941, il avait entrepris d’unifier la Zone Sud par la création de l’Armée Secrète et des MUR, tandis que s’organisait le rassemblement de la Zone Nord sous l’égide de Pierre Brossolette et du Colonel  Passy. Il parachèvera la coordination des actions sur l’ensemble du territoire en assurant un socle solide au futur gouvernement provisoire. Mais ce « nœud de résistance » qui rassemble les forces de toute appartenance politique, des communistes à la droite non collaboratrice, cache aussi un « nœud de méfiances ». Méfiance à l’égard du Parti Communiste dont il s’agit de museler les prétentions, suspicion des mouvements de résistance à l’égard de Londres et De Gaulle dont il redoutent l’hégémonie, méfiance des mêmes mouvements à l’égard des partis politiques suspectés d’avoir précipité la faillite de la République. 
Les contacts noués à Londres entre le PCF et De Gaulle par l’entremise de Fernand Grenier ainsi que la reconnaissance par les Alliés d’un Comité français de libération nationale à Alger  vont lever les  obstacles. Ils sont 19 (8 représentants des mouvements de résistances, 6 des partis politiques et 2 des syndicats CGT et CFTC, à se retrouver, le 27 mai 1943, sous la direction de Jean Moulin assisté de deux secrétaires, Pierre Meunier et le communiste Robert Chambeiron qui raconta plus tard : «La réunion difficile à organiser fut brève. 
On a écrit beaucoup de choses sur l’âpreté des négociations ; en fait tout se déroula dans une atmosphère d’unité patriotique ». L’atmosphère sera moins paisible quand le CNR se penchera sur l’élaboration d’un programme. On imagine les oppositions de la droite à un ensemble de mesures qui vont conjuguer invention sociale et audace révolutionnaire. Le texte final est le fruit de 9 mois de négociations entre  les différentes parties débattues à Alger et au sein du CNR dirigé par Georges Bidault à la suite de l’arrestation de Jean Moulin le 21 juin 1943 puis par Louis Saillant (CGT) qui impulsera la réflexion vers l’innovation sociale. 
Paru  le 15 mars 1944, sous le titre « Les jours heureux », le programme développe en première partie « Un Plan d’action immédiate » qui lie appel à l’insurrection et développement de la lutte pour hâter la Libération. La seconde partie décline au futur Liberté, démocratie économique et sociale et solidarité. Au fil des articles s’affine le visage d’une démocratie sociale où l’homme est la pierre angulaire de l’avenir. “Mettre définitivement l’homme à l’abri du besoin, en finir avec les angoisses du lendemain”. On ne résiste pas à la lecture d’un programme où se côtoient volonté de rompre avec l’ancien monde et ouverture de la fin du siècle sur l’invention sociale : “Instaurer une véritable démocratie sociale impliquant l’éviction des féodalités financières de la direction de l’économie…Retour à la Nation des grands moyens de production monopolisés, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des Compagnies d’assurances et des grandes banques… Presse libre et indépendante… ». 
La France de 1793 revisitée par ceux qui ont lutté et espéré. Le programme va inspirer toutes les  réformes des gouvernements de la Libération : nationalisations, fonction publique, sécurité sociale, comités d’entreprises, retraites, statut des mineurs, des électriciens et gaziers… Un visage de dignité rendu possible par le rapport de force de l’époque : 5 millions d’adhérents à la CGT, 29 % des voix au PCF, une classe ouvrière grandie par sa résistance héroïque, un patronat sali par sa  collaboration. 75 ans après, ce programme est toujours d’une actualité brûlante à l’image de la haine qu’il suscite chez le patronat. En témoignait Denis Kessler qui incitait le gouvernement à se défaire au plus vite « d’un système ringard, hérité du CNR, de la CGT et des communistes ».
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