Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 07:29
Morlaix, 1987: des militants CGT de la Manufacture de Tabac, dont un certain Jean-Luc Le Calvez, empêchent l'enlèvement des machines pour sauver leurs emplois et leur outil de travail
Morlaix, 1987: des militants CGT de la Manufacture de Tabac, dont un certain Jean-Luc Le Calvez, empêchent l'enlèvement des machines pour sauver leurs emplois et leur outil de travail
Morlaix, 1987: des militants CGT de la Manufacture de Tabac, dont un certain Jean-Luc Le Calvez, empêchent l'enlèvement des machines pour sauver leurs emplois et leur outil de travail

C'était au temps où Morlaix riait ... mais ce n'était déjà plus le temps du cinéma muet.

Jean-Jacques Cléach était maire de Morlaix, Marie Jacq députée PS, Marylise Lebranchu conseillère régionale et présidente du SIVOM, Chirac était le premier ministre de cohabitation, et l'on fabriquait encore des cigarettes et des cigares en France dans une entreprise d'Etat, la Seita (Société d'exploitation industrielle des tabacs et allumettes), qui employait encore en 1995 quand elle est privatisée plus de 6000 salariés sur six usines en France.

Quai du Léon, la vénérable Manufacture de tabac, datant du XVIIe siècle et des instructions de Colbert, emploie environ 500 salariés entre 1982 et 1987 et n'en comptera plus que 220 en 1993. En 1987, la CGT annonce la volonté de la Seita de supprimer 129 postes et se bat avec flamme et pugnacité contre la casse de l'emploi, de l'outil de travail, qu'elle pressent comme un prélude à une fermeture du site pour délocaliser l'activité en faisant travailler une main d'oeuvre bon marché.

Des militants CGT combatifs comme notre ami et camarade Jean-Luc Le Calvez et son collègue Jean-Claude Le Guidou s'opposent aux transferts des machines à Strasbourg ou à Nîmes. Ils dénoncent les 5 milliards de centimes que la SEITA est prête à engloutir pour supprimer l'emploi en incitant les salariés à quitter l'entreprise plutôt que de chercher à moderniser l'outil de travail. Ils comprennent bien que la Seita préfère produire à l'étranger, notamment en sur-exploitant la main d'oeuvre africaine dans l'usine de Bangui (en Centre-Afrique).

Ce n'est pas encore le temps où l'on condamne les syndicalistes à de la prison ferme.

Mais la Seita envoie tous de même nos deux syndicalistes au tribunal.

Ces quatre articles de Ouest-France et du Télégramme de l'époque relatent les différentes phases de cet épisode des conflits sociaux à la Manufacture de Tabac et à Morlaix.

Pour Jean-Jacques Cléach, "il est anormal que deux syndicalistes soient assignés devant le tribunal. C'est de la provocation". Et de demander à Marie Jacq, la députée, d'intervenir directement auprès du président de la République. Marylise Lebranchu ne comprend pas qu'Heyraud, le PDG de la SEITA, envoie des syndicalistes au tribunal et refusent toute forme de négociation sur son plan de suppression d'emplois. Depuis, on l'a connu moins solidaire quand elle était encore au gouvernement avec les salariés de Goodyear.

Le PCF et la CGT organisent un rassemblement devant le Palais de Justice pour soutenir les camarades injustement poursuivis pour avoir voulu sauver leur usine des logiques financières de rentabilité maximale et de casse de l'emploi.

Le journaliste commente la sortie du tribunal, avant que le verdict soit connu:

"Chaleureusement applaudis à la sortie du tribunal, Jean-Luc Le Calvez et Jean-Claude Guidou n'ont guère à redouter l'ordonnance que rendra aujourd'hui le juge des référés. Même désignés comme responsables du blocage des machines, le solde de l'opération restera pour eux et pour la CGT largement positif. L'initiative de la direction a achevé de mettre en lumière leur action pour le maintien des emplois à la manufacture des tabacs. Réduisant aux seconds rôles leurs supporters présents hier devant le tribunal, CFDT, élus socialistes et communistes".

Lors de la venue de Chirac le premier ministre à Brest en novembre 1987, la CGT appelle à manifester contre les suppressions d'emplois à Thomson et à la Manu.

Finalement, le nombre de salariés à la Manu sera réduit à 50 lors du 3e plan social de 1998-1999 et l'activité prendra totalement fin à Morlaix en 2004.

Morlaix, 1987: des militants CGT de la Manufacture de Tabac, dont un certain Jean-Luc Le Calvez, empêchent l'enlèvement des machines pour sauver leurs emplois et leur outil de travail
Partager cet article
Repost0
8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 06:09
France d'abord - édition bretonne, août 1944 (archives Pierre Le Rose)

France d'abord - édition bretonne, août 1944 (archives Pierre Le Rose)

France d'abord - édition bretonne, août 1944, p.2 (archives Pierre Le Rose)

France d'abord - édition bretonne, août 1944, p.2 (archives Pierre Le Rose)

Morceaux choisis, mais toute le bulletin vaut qu'on y consacre du temps de lecture:

Ordre du jour du colonel Courtois, Commandant des F.T.P.F de l'Ouest aux officiers, sous-officiers, et soldats

La bataille pour la Libération de la Bretagne et des départements limitrophes tire à sa fin.

En quelques semaines, les Forces Françaises Intérieures de l'Ouest dont les F.T.P ont liquidé à peu près seules les forces allemandes qui occupaient la région.

L'ennemi traqué de tous les côtés s'est groupé en quelques îlots d'une importance variable en général sur les côtes. Ces îlots seront attaqués et anéantis.

Tout l'intérieur de la presqu'île bretonne est libéré sauf la forêt de Paimpont (Ile et Vilaine).

(...) Les F.T.P pénétraient les premiers dans St Brieuc, Lannion, Corlay, Bourbriac, Callac, Moncontour, Perros-Guirec, Pontivy, Quintin, Broons, Plemet, Uzel, Plouguenast, Rostrenen, Mael-Carhaix, Le Moustoir, Les Forges, Vannes, Hennebont, Baud, Guéméné, Carhaix, Ploermel, Bubry, Colpo, Ste Anne d'Auray, le camp de Meucon, Locminé, Josselin, Chateauneuf du Faou, Quimper, Quimperlé, Bannalec, Le Huelgoat, St Malo de Beignon, Quetquidan et des dizaines de villages et chefs lieux de canton.

(...) Trois belles opérations montrent de quelle audace ont fait preuve les Francs-Tireurs et Partisans bretons:

1°) celui qui s'est livré entre Chateaulin et Carhaix, sur la route stratégique qui va de la presqu'île de Crozon à Rennes. Une division de parachutistes allemands était cantonnée dans l'ouest du Finistère, dans la région de Chateaulin Sizun. Cette division voulut à l'annonce des blindés américains se grouper et se déplacer vers l'est en passant par Carhaix.

Les F.T.P commencent par en empêcher le rassemblement qui devait avoir lieu à Chateaulin. Des éléments de cette division réussissent cependant à s'engager sur la route de Carhaix. Les engagements violents se produisent le long de la route Chateaulin-Carhaix. La colonne allemande, tronçonnée en cinq morceaux est presqu'entière clouée sur place. La tête de colonne, forte de 2000 hommes environ, a pu cependant arriver à Carhaix où elle rencontra les Américains. L'engagement le plus violent entre F.T.P et boches a lieu à Pont-Triffin. Des F.T.P ont tenu là, 4 jours, contre des cavaliers cosaques, des blindés boches, tuant 300 ennemis.

2°) Un bataillon en formation est surpris par les allemands dans les environs de Mael-Carhaix. A l'aube nos gars se voient encerclés. Ils décident de livrer combat dans toutes les directions, section par section, et le soir tout le bataillon s'est dégagé. Les boches laissent 120 morts et 80 blessés sur le terrain. Les F.T.P perdirent 7 hommes.

3°) Les F.T.P.F ont délivré Hennebont après des combats acharnés. Hennebont à 10 km de à l'est de Lorient, couvre cette dernière ville ont sont concentrés 20 000 allemands. Les boches ont défendu Hennebont avec acharnement; de violents combats de rue ont eu lieu, à la grenade, et à la mitraillette. Les F.T.P.F ont fait la preuve à Hennebont qu'aucune forme de combat ne les prenait au dépourvu. (...)

Aujourd'hui, les F.T.P.F sont en nombre devant Paimpol, devant la presqu'île de Crozon, devant Lorient, où l'on prépare à livrer l'ultime assaut aux boches restés en Bretagne.

Les Francs-Tireurs et Partisans peuvent être fiers de ce qu'ils ont fait pour la libération de leur province ainsi que pour celle de la France. Si l'infanterie américaine a pu éviter de venir en Bretagne c'est parce que les patriotes bretons, dont une grande partie sont des F.T.P. ont nettoyé eux-mêmes leur maison. Les radios anglaises et américaines l'ont souligné à juste titre....

Les Belles Actions F.T.P.F

(...)

Les femmes bretonnes ont occupé une place d'honneur dans le combat: des centaines de jeunes femmes et jeunes filles ont assuré les liaisons sous le feu de l'ennemi et ont fait elles-mêmes le coup de feu.

Un exemple entre mille:

Le 25 juin 1944, le sous chef de la Cie. GILBERT était chargé d'une mission. A son retour ne pouvant rejoindre la Cie. il dut se replier; l'agent de liaison DANIELLE fut chargé de le rejoindre. Après un parcours de 30 km, elle réussit après bien des difficultés à le toucher à St Tugdual, bien que cette commune fut encerclée par les allemands: l'encerclement dura 48h. Pendant ce laps de temps, elle assura la sécurité de GILBERT par les renseignements qu'elle lui fournissait. Pour cela elle allait au bourg de St Tugdual, Le Croisty et dans les communes environnantes (elle fut arrêtée trois fois). Munis des renseignements nécessaires GILBERT et DANIELLE partirent à la nuit et parvinrent à franchir le barrage allemand.

Les allemands étaient 1500 environ. DANIELLE armée d'une mitraillette dont elle connaissait le fonctionnement traversa avec GILBERT le barrage. Elle témoigna d'un courage et d'un dévouement exemplaires, pendant les 60 kilomètres parcourus pour rejoindre la Cie.

Imprimerie H.Lestic - Locminé

Partager cet article
Repost0
7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 13:08
Appel du 10 juillet 1940, L'Humanité clandestine: Jacques Duclos et Maurice Thorez

Appel du 10 juillet 1940, L'Humanité clandestine: Jacques Duclos et Maurice Thorez

La Libération de Concarneau a été l'oeuvre de trois groupes de Résistance, constitués suivant leurs vicissitudes propres, ne se connaissant pas à l'origine, en raison même des nécessités de la sécurité de chacun.

Dès 1940:

Le Jeudi 20 juin 1940, à midi, les Allemands pénètrent dans la ville. Les semaines suivantes, c'est le retour au foyer de ceux qui ont pu échapper aux camps de prisonniers (1,8 millions de soldats français, dont 137 000 bretons, ont pris le chemin des stalags et des oflags d'Allemagne et d'Autriche). Parmi eux, de nombreux militants du Parti Communiste Français, dont Alain Le Lay, secrétaire régional du Finistère-Morbihan et responsable à Concarneau. Ses efforts tendront à rassembler les militants et les jeunes pour répondre aux directives qui viennent du centre avec lequel la liaison est bientôt établie. A Nantes, le représentant du Comité Central est Marcel Paul, qui préside à la réorganisation du parti. C'est le futur ministre de la Libération et Président National des Anciens Déportés (au début des années 1960). Les choses ne sont pas faciles.

Des militants influents sont arrêtés depuis la "drôle de guerre" et le pacte germano-soviétique approuvé par le PCF le 25 août 1939: Jean Ropars (qui mourra en 1948 des suites de sa déportation), Joseph Le Coz, Scouazec, gérant de "La Bretagne" également.

Marcel Paul, résistant communiste, futur membre du comité international de résistance de Buchenwald et ministre à la libération

Marcel Paul, résistant communiste, futur membre du comité international de résistance de Buchenwald et ministre à la libération

Pierre Guéguin, maire communiste de Concarneau, fusillé à 45 ans en 1941 dans la carrière de Chateaubriant

Pierre Guéguin, maire communiste de Concarneau, fusillé à 45 ans en 1941 dans la carrière de Chateaubriant

 

Le jour où l'Assemblée Nationale (Chambre des députés et sénat) à Vichy donne les pleins pouvoirs à Pétain, malgré le courageux vote contre de 84 députés et sénateurs (les élus communistes avaient déjà été destitués, 3 élus du Finistère ont refusé d'abdiquer face au renversement de la démocratie et de la République: le sénateur-maire Le Gorgeu à Brest, les socialistes Jean-Louis Rolland à Landerneau et Tanguy Prigent à Saint Jean du Doigt), l'appel de Maurice Thorez et Jacques Duclos du 10 juillet 1940 proclamant dans L'Humanité clandestine (interdite en août 1939) "Le Peuple de France ne sera pas un peuple d'esclave" qui parviendra bientôt va faciliter l'organisation du travail clandestin face aux Allemands: l'appel s'élève contre "ces hommes qui ont voulu la guerre et préparé la défaite".

"Il n'y a, dit l'appel, de paix véritable que dans l'indépendance des peuples". Dans sa deuxième partie, l'appel précise: "C'est seulement autour de la classe ouvrière ardente et généreuse, pleine de confiance et de courage parce que l'avenir lui appartient, c'est seulement autour de la classe ouvrière guidée par le Parti Communiste, parti de propreté, d'honneur et d'héroïsme, que peut se constituer le Front de la liberté, de l'indépendance et de la renaissance de la France".

Albert Ouzoulias, ancien résistant communiste chargé dès 1941 dans la liaison avec la résistance de l'Ouest et notamment nantaise, rapporte dans Les Bataillons de la Jeunesse (éditions sociales, 1967), que le journal anglais Daily Telegraph du 20 décembre 1940 reconnait que malgré le pacte germano-soviétique, c'est du Parti Communiste persécuté par la République finissante et capitularde de Daladier puis par Vichy que vient le premier appel à la révolte contre Vichy et l'occupation: "Le seul parti existant quoique illégal est le Parti Communiste et plus de mille de ses militants ont été arrêté le mois dernier. Ils distribuent des tracts antiallemands qui font appel au sentiment patriotique des Français". Deux mois plus tard, un journal de la collaboration dans le Nord de la France, Le Journal d'Amiens, fait le même constat: "Alors que sous le poids de la défaite tous les partis ont renoncé à toute action collective, les communistes seuls ont maintenu leur organisation, seuls ils s'adressent au peuple et tentent de l'enrôler. Il y a là danger plus grand qu'on ne pourrait le croire en haut lieu. Certes, tant que l'armée d'occupation sera sur notre sol, l'ordre y sera maintenu avec vigueur, mais après?".

Jacqueline Sainclivier dans un article "La Résistance en Bretagne: une identité spécifique?" des Actes du colloque de 2001 sur "Bretagne et identités régionales pendant la Seconde Guerre Mondiale" (Centre de Recherche Bretonne et Celtique de l'UBO, sous la direction de Christian Bougeard, 2002) note que contrairement aux affirmations d'une historiographie non communiste de guerre froide à tendance révisionniste prétendant que l'effort de résistance des communistes aurait commencé seulement après l'invasion de l'URSS le 22 juin 1941, beaucoup de communistes sont entrés en Résistance dès l'été 1940.

Malgré le trouble créé chez des militants anti-fascistes par le pacte germano-soviétique, cela a été facilité par l'entrée dans la clandestinité et une première expérience de persécution qui a commencé du temps même de la République, avant le régime de Vichy. Le 7 mars 1940, 3400 militants communistes ont été emprisonnés, des milliers d'autres ont été jetés dans des camps de concentration, 8000 fonctionnaires appartenant au Parti Communiste ont été victimes de sanction. Le 19 mars 1940, "dressant le bilan de la répression anticommuniste, Sarraut, ministre de l'Intérieur, déclare: "Nous allons voir, maintenant, ce que j'appelerai volontiers de cette expression triviale: le tableau de chasse du gouvernement". Ce "tableau" ne paraissant toutefois pas suffisant à son successeur, le socialiste Sérol, celui-ci décrète la peine de mort contre les Français suspects de propagande communiste, en avril 1940. Léon Blum avait écrit dans Le Populaire"J'ai le sentiment que la majorité de notre parti trouvera la dissolution du Parti Communiste Français naturelle et légitime". (Histoire vraie de la déclaration de guerre, Pierre Durand, Supplément à l'Humanité du 30 septembre 1959). Déjà Blum avait justifié en août 1939 l'interdiction de L'Humanité et du journal communiste Ce Soir  par Daladier. 

En Bretagne mais aussi ailleurs en France. Albert Ouzoulias cite ainsi une affiche du préfet de Seine-et-Oise Marc Chevalier datée du 23 août 1940 qui se plaint en ces termes de l'activité des communistes sans son département:

" Habitants de Seine-et-Oise,

(...) Je donne un premier avertissement aux fauteurs de troubles qui.. poursuivent leur campagne de haine et d'agitation par des tracts et des affiches anonymes... Les manifestations de cet ordre, dès qu'elles seront découvertes dans une commune de Seine-et-Oise, entraîneront, à titre de sanction, l'internement administratif des principaux militants communistes résidant dans la commune. Des actes de sabotage continuent à s'exercer contre le matériel des armées d'occupation. Je ne saurais assez blâmer ces tentatives aussi lâches que stupides... Celui qui se livre à ces gestes criminels est un mauvais citoyen...

Vous ne servirez utilement votre pays, tout en gagnant l'estime des autorités d'occupation, avec lesquelles je collabore en toute loyauté pour la défense de vos intérêts, que par votre attitude correcte, disciplinée, digne de la réputation et des traditions françaises."

A Paris, dans le XVIIe arrondissement, le jeune Guy Môquet dont le père, Prosper Môquet, député communiste, est interné depuis le 10 octobre 1939, organise une vingtaine d'adhérents de la Jeunesse Communiste et couvre l'arrondissement de papillons anti-allemands et anti-Vichy dès septembre 1940. Il est d'ailleurs arrêté le 13 octobre 1940, torturé pour passer aux aveux sur les amis de son père, emprisonné à Fresnes, puis à Clairvaux, puis envoyé à Châteaubriant. Le jeune communiste Jacques Grinbaum, 20 ans, est aussi arrêté pour des graffitis anti-allemands et patriotiques autour du Sacré Coeur: il sera fusillé avec Gabriel Péri et 92 autres camarades au Mont-Valérien, le 15 décembre 1941.

Les rapports hebdomadaires de la Gestapo sont aussi significatifs. Celui du 30 septembre 1940 s'exprime ainsi: "Pour mettre un terme à tout nouvel accroissement de la propagande communiste à Paris, la police parisienne appliquera des mesures préventives qui consistent à arrêter et interner dans un camp tous les dirigeants et militants communistes actifs connus à Paris". Le Bulletin municipal officiel de la ville de Paris du 21 octobre 1940 publie un arrêté du préfet de police Langeron: "Toutes découvertes de tracts clandestins sur le territoire d'une commune de la Seine entraînera l'internement administratif d'un ou plusieurs communistes notoires résidant sur le territoire de cette commune". Marcel Déat, toujours cité par Albert Ouzoulias, confirme dans un éditorial de l'Oeuvre du 6 novembre 1940 le danger et le caractère de résistance à l'occupation de la propagande communiste: "Nos communistes sont redevenus nationalistes. Leurs tracts clandestins ont des conclusions entièrement parallèles aux propos gaullistes. Il n'est question que de la libération et de l'indépendance de la France et l'on nous assure que seul le communisme lui restituera sa pleine souveraineté".

Néanmoins il y a une ambiguïté résiduelle dans les tracts du Parti Communiste à l'été et au début de l'automne1940: tout en étant anti-fasciste, anti-Vichy, anti-allemand, en parlant de liberté et d'indépendance, ils parlent tout de même de lutte pour la paix, et attestent d'une forme d'égalité entre l'impérialisme allemand et anglais. 

En juillet 40, à Concarneau, le triangle de direction du Parti Communiste clandestin est constitué et tient sa première réunion au bois de Kerguerès. Il comprend René Lijour, Eugène Le Caignec et Joseph Berthou.

A Concarneau, le travail de propagande, la diffusion des tracts notamment, ne s'arrêtera jamais. Mais dès cet été 1940, les actions de sabotage contre les installations allemandes commencent. René Lijour paie de sa personne et entraîne les jeunes. Yves Le Gall (qui mourra à Rennes en revenant de déportation), Jean Trolez, entre autres, Eugène Le Bris participent à de nombreuses opérations: déboulonnage des voies ferrées (en mai 1942) et à la destruction des lignes téléphoniques (à l'initiative de Charles Tocquer, responsable des jeunes). Des soldats nazis sont attaqués. La nuit est parfois troué d'explosions: c'est la grue de la gare qui saute (en août 1942), ou bien un transformateur ou un poteau à haute tension.

La loi de Vichy du 16 novembre 1940 permet d'"épurer" plusieurs communes bretonnes de personnalités de gauche (Saint-Brieuc, Dinan, Saint-Malo, Saint-Servan, Fougères, Vannes), dont Concarneau. Le maire de Concarneau Pierre Guéguin avait déjà été destitué en octobre 1939 par l'Assemblée Nationale du Front Populaire qui avait levé l'immunité des élus communistes après le pacte de non agression germano soviétique, en même temps que 316 autres maires communistes, et 2778 élus communistes déchus de leur mandat.

Le 9 mai 1941, Victor Louarn, jeune militant communiste est arrêté, puis Fanch Tollec. Alors que le premier est jugé à Paris, le second passe au tribunal à Quimper.

 

La lutte se développe, mais les communistes paient un lourd tribut à la répression vichyste en 1941 et 1942

Alain Le Lay va et vient, organise les groupes de l'"Organisation Spéciale" (O.S) dans le département. La liaison avec le Centre est assurée par le "Père Georges" (Venise Gosnat, adjoint au maire d'Ivry). A une réunion de direction à Kerviniou, Alain Le Lay donne des indications sur l'organisation du travail clandestin.

En septembre 1941, la police de Vichy, au service des Allemands, sous les ordres du commissaire SOUTIF, va démanteler l'organisation clandestine du Parti et des Jeunesses Communistes et les groupes armés de l'Organisation Spéciale.

En septembre 1941, Berthou échappe à une arrestation de la police de Vichy venu à son domicile. Il est hébergé par Pierre Guillou jusqu'à Décembre et, clandestin, devra quitter le département. Entre-temps, Eugène Le Bris l'aura remplacé au triangle de direction.

Après son retour à Toulmengleuz, il sera arrêté en septembre 1942. François Tallec sera arrêté une seconde fois et réussira à s'évader. Esprit Jourdain, arrêté le même jour, mourra en déportation. Théophile Louarn, après l'arrestation de son frère, demandera à s'engager dans l'action résistante.

L'arrestation de Pierre Gueguin, Maire Communiste destitué de Concarneau, et de Marc Bourhis, militant trotskiste, leur exécution à Chateaubriant avec d'autres internés communistes et cégétistes dont Guy Môquet le 22 octobre 1941 en représailles de l'assassinat du lieutenant colonel Hotz à Nantes le 20 octobre 1941 par des résistants communistes parisiens, suscite une émotion profonde à Concarneau et une prise de conscience de l'occupation nazie.

Une manifestation spontanée a lieu au cimetière sur les tombes des familles.

Le 2 octobre 1941, des inscriptions badigeonnent les murs du Grand Hôtel et de l'entreprise Marscesche "A bas Laval", "Nous voulons du pain". Arrêté le 2 octobre, Fanch Caignec réussira à s'évader.

Au printemps 1942, le "Père Georges" (Venise Gosnat) organisateur régional du Parti Communiste prend contact directement avec René Lijour et lui annonce une prochaine arrivée d'armes. Un sous-marin anglais attendra aux Glénans que les Résistants viennent en prendre livraison. Le mot de passe est donné. Contact est pris avec Guillaume Bodere et son camarade Baudry (agent de liaison fusillé au mont Valérien). Les deux résistants se font reconnaître du sous-marin qui est bien à l'endroit prévu. Les containers pris en charge sont débarqués sur la côte bigoudène où trois membres du groupe dont René Lijour viendront les prendre pour les transporter dans la ferme du Vourgoat, en Melgven, chez Daoudal (également fusillé au Mont-Valérien). Des parachutages sont annoncés.

 

En septembre 1942, 35 résistants de Concarneau, communistes pour la plupart, sont mis hors de combat.

Le combat continue. Carduner tente de faire sauter le Pont-Minaouët. Il sera arrêté en septembre 1942 et mourra à Dachau. Mme Le Breton est arrêtée et déportée. Joseph Berthou, résistant du même groupe et syndicaliste, est arrêté à Thouars et fusillé à Poitiers le 3 décembre 1942.

Eugène Le Bris se rend à Nantes pour délivrer un camarade arrêté. D'une audace folle, il pénètre dans le bureau du juge Le Bras, l'abat avec son arme et libère son ami. En septembre 1942, ils sont arrêtés tous deux alors qu'une grande rafle de la Police de Vichy permet l'arrestation de presque toute l'organisation.

Alain Le Lay mourra à Auschwitz, comme Théophile Louarn.

Son arrêtés également Esprit Jourdain (mort en déportation), Daoudal (il sera fusillé), Fanch Touchard aussi (qui après sa première arrestation avait été relâché), André Herlédan, Armand Villard, Christophe Digoust, Charles Huchon, Jacques serre, Yves Le Gall (qui meurt en revenant de déportation), Joseph Dréano, Arthur Rioual, Mathias Lorc'h, Eugène Le Caignec, Louis Guiffant (de Trégunc), Yves Trichard, Jo Le Gall, Jean Bourbigot, Jean Trolezz, Charles Tocquet, André Herledan (père et fils), Louis Péron, Charles Dolliou, les frères Huon, Marie Jeanne Bodere.

René Lijour ayant réussi à échapper à l'arrestation, une vaste opération de police est montée le dimanche 27 pour perquisitionner à son domicile. Sa femme Lucie Lijour sera arrêtée et déportée.

Réné Lijour et quelques militants ayant réussi à passer entre les mailles du filet, la propagande allait pouvoir continuer.

Remi Nedellec, en contact avec Quimper, faisait parvenir les tracts. Le cheminot François Le Beux, au dépôt de Quimper, en fournissait également. Il devait mourir tragiquement sur sa machine lors d'une attaque de l'aviation anglaise.

Une caisse de secours aux familles des déportés et fusillés, sous l'égide du Secours Populaire, fut constituée et alimentée par des dons en argent et en nature.

La liaison avec René Lijour, malade, est reprise par Mme Le Caignec et Mme Duot. Les indications sont les suivantes: la haine de l'occupant s'est développée, il est mis en échec à Stalingrad, les conditions sont créées pour élargir le combat. La question de la création du Front National et de ses groupes de combat, les F.T.P.F, est posée.

 

Le groupe Libération à Concarneau

A partir de septembre 1940, l'instituteur brestois, originaire de Concarneau, Pierre Coroller, recolte des renseignements sur les ouvrages défensifs et offensifs de la région qu'il transmet à des groupes locaux de résistance à Brest. Il collabore sur place à Concarneau avec le docteur Nicolas et avec une professeur d'EPS, Mademoiselle Le Bastard. Avec M. Kervahut, dit Kervoas, instituteur en retraite à Penhars, Coroller fonde le groupe Libération au 2ème trimestre 1942, dirigé sur place par le Docteur Nicolas qui connaît bien la population  et organise le recrutement. Le groupe transmet des plans des défenses de Concarneau et de la région. Cette activité de renseignement permit aussi sans doute d'abattre à Concarneau le 18 décembre 1943 avec un avion descendant en piqué un bateau ravitailleur de sous-marin qui fut coupé en deux et coulé en quelques instants, alors qu'il contenait des vivres pour 8 mois. Louis Le Bourhis servira d'agent de liaison pour le Docteur Nicolas avec Mademoiselle Le Bastard, et Monsieur Chauveur se charge du recrutement avec le docteur. Le mouvement prend une certaine ampleur au premier trimestre 1943 et s'étend à Trégunc, Melgven, Beg-Meil, Névez. Il regroupe plus de notables et d'"hommes d'ordre" (le colonel Krebs, à la tête d'une entreprise de construction navale, maire de Lanriec, le Maréchal des Logis Le Romancer, le lieutenant de réserve Jean Jaffrezic, des gendarmes) que les autres mouvements de résistance. Le Docteur Nicolas sera emprisonné en février 1944.    

 

Le groupe Vengeance Action de Concarneau

Dès 1941, un groupe de jeunes Concarnois qui avaient l'occasion de fréquenter Georges Martin, un meneur d'homme qui n'hésita pas le 16 août 1942 à inviter les 2000 personnes présentes à la fête d'athlétisme de Moros à se révolter contre l'occupation allemande, se décidèrent à entrer dans la Résistance. Un premier noyau regroupe sous l'autorité de George Martin Marcel Yvonnou, Arsène et François Herlédan, Paul Corribras, Albert et Jacques Gloaguen, Louis Lozach. L'affiliation du Groupe au Réseau "Vengeance Action", qui se spécialisera dans les Renseignements, les faux papiers d'identité (avec Paul Corribras à la baguette), la récupération et l'évacuation des aviateurs alliés (une douzaine d'aviateurs durent ainsi évacués sur Brest, via Quimper), et existant d'abord à Concarneau sous la direction d'André Le Floch, représentant de commerce rue Amiral Courbet, se réalise le 1er avril 1943. Comptant d'abord huit hommes en août 1942, ce groupe qui s'agrandit de mois en mois comptera au moment des combats pour la libération de la ville de Concarneau 260 combattants. Georges Martin et ses hommes effectueront plusieurs sabotages avant le débarquement allié en Normandie. Il s'intégrera après le débarquement aux F.F.I sous la direction du chef d'escadron Rincazaux et de son adjoint, le capitaine Bourhis. Le 6 août 1944, les audacieux résistants du groupe Vengeance action, au nombre de 6, sous la direction de Georges Martin, constituant le commando "Ma Salver" tentèrent d'immobiliser au port en barrant le chenal les bateaux allemands. L'opération ne réussit pas comme prévu. Le bataillon FFI issu du groupe réussit à faire 80 russes enrolés par les Allemands prisonniers à Trégunc le 6 août 1944. 

 

   

Les F.T.P.F de Concarneau

La liaison reprise par René Lijour par Alphonse Duot (fils) qui était également en contact avec Robert Jan, un travail de réorganisation fut entrepris aussitôt en tenant compte de la nécessité de sauvegarder la sécurité de chacun des résistants. Une difficulté subsistait: la coupure avec le centre. Elle allait durer un certain temps, mais qu'importe, le travail fut entrepris quand même. A côté du groupe du Parti Communiste fut formé un groupe des Jeunes Communistes organisé en triangle pour les nécessités de la sécurité, dont Pierre Le Rose assure la direction jusqu'à la Libération.

Il y a chez ceux qui sont en liberté la volonté de poursuivre le combat de leurs frères arrêtés, déportés, abattusn torturés, exécutés. Il y a la volonté de la population d'exprimer son hostilité au nazisme, il y a la confiance née des premiers revers de l'armée nazie. Stalingrad, de Novembre 42 à février 43, stimule la combativité des français. 

En septembre 1943, quelques jeunes concarnois, en contact avec les étudiants de l'Ecole Primaire Supérieure (E.P.S) de Quimperlé, constituent le premier groupe de F.T.P, rattaché à la "compagnie Sous-Marin Curie". 

Le recrutement devint intensif. Les jeunes de vingt ans et moins se constituèrent en groupe de F.T.P (Francs-Tireurs et Partisans Français).

Le 1er groupe de F.T.P.F de Concarneau comprend Yves Le Moal, qui vient de terminer ses études au collège de Quimperlé, André Le Cras (Fredo), toujours élève dans l'établissement, Henri Joncourt (tué ensuite en Algérie avec le grade de capitaine), Baptiste Pascal, Marcel Lancien, Paul Carduner, Henri Joncourt, José Le Goff.

Ce groupe est rattaché à la Compagnie Sous-Marin Curie dont le commandement est assuré par Cabellic (Commandant Fernand) qui mourra le 31 août 1944 à l'hôpital de Quimperlé à la suite des blessures reçues le 15 juillet au combat de Kernabat en Scaër. 

Le recrutement des F.T.P se fait à petit pas. Forts de l'expérience des anciens, la sécurité préside à tout engagement. Il s'agit de former des volontaires dans le but d'opposer aux troupes d'occupation ainsi qu'au gouvernement de Vichy une résistance maximum par des actions très variées allant de la distribution de tracts et de journaux clandestins jusqu'à l'attaque de soldats allemands isolés. Sur le plan national, les F.T.P, regroupés dans l'Armée Secrète, forment les groupes de combat du Front National.

Avant de signer son acte d'engagement "jusqu'à la libération totale du sol national", le nouveau membre prend connaissance du Code d'Honneur des F.T.P. Il signe de son "nom de guerre" et reçoit un numéro matricule. Le cloisonnement, très rigoureux, est, si possible, triangulaire. Trois groupes de 8 forment un détachement, commandé par un chef de détachement. Les groupes n'ont aucun contact entre eux. 4 détachements de 25 hommes forment une compagnie ayant à sa tête un commandant de compagnie assisté de deux adjoints: un adjoint aux effectifs, un adjoint au matériel.   

L'activité du groupe se développant, les contacts purent être établis avec l'état-major F.T.P d'une part, avec la direction du Parti Communiste d'autre part.

Le Commandant André (Louis Stephan, prisonnier évadé) vient bientôt à Concarneau. Les visites de Botch (Yves Boudigou) l'un des principaux responsables F.T.P étaient fréquentes. Les réunions avaient lieu dans la campagne, dans un champ, dans un bois. Le point était fait de la situation, de l'état des forces. Le "père Henri" (cheminot retraité du dépôt d'Auray), responsable régional du Parti Communiste et Leduc (entrepreneur à Plestin-les-Grèves), Capitaine F.T.P, vinrent également à l'époque à Concarneau.

Parallèlement à la constitution des F.T.P, le Front National de lutte pour la libération et l'Indépendance de la France était créé à Concarneau. Sous l'impulsion d'Alphonse Duot fils, qui avait réussi à établir le contact avec la direction régionale par l'intermédiaire de Remi Nedelec. Des tracts parvenaient à Concarneau fournis par les Cheminots du dépôt de Quimper.   

De nombreux signes comme la progression des armées alliées sur tous les fronts et l'activité de l'aviation américaine donnent la certitude que l'année 1944 sera décisive. Il est temps de préparer la Libération. Dans ce but, des efforts sont entrepris dans 3 directions: l'armement, le carburant, l'argent. 

Répartis au centre du département du Finistère, dans une zone délimitée, en gros, par Scaër-Carhaix et Châteauneuf, les maquis F.T.P étaient nombreux, unitairement peu importants, mais très mobiles. N'allaient au maquis que les F.T.P dont la sécurité était menacée. Mais ces maquis ne pouvaient vivre uniquement sur le terrain, il leur fallait de l'argent. D'abord, il fallait penser aux familles sans ressources du fait de l'absence du père maquisard. Il fallait aussi prévoir les évènements qui s'annonçaient. C'est pourquoi il fut décidé de constituer un "trésor de guerre" en s'appuyant sur des "visites de courtoisie" aux banques, perceptions, caisses d'épargne. Ces prélèvements étaient toujours suivis d'un reçu, après acheminement de l'argent à l'Etat-Major de Quimper, souvent dans les 24 heures.  

 

Les combats de la Libération

Le grand problème, face au recrutement, était le manque d'armes.

Deux groupes F.T.P de huit hommes s'organisèrent à Concarneau et un troisième groupe de huit également à la Forêt. Les chefs de groupes seuls se connaissaient. Ce cloisonnement assurait la sécurité, car les Résistants avaient tirés les leçons des expériences passées. Ces trois groupes appartenaient à la Compagnie "Sous-Marin Curie" du Sud-Finistère, mais formèrent bientôt la Compagnie Leclerc, le recrutement de nouveaux résistants s'étant intensifié. La Compagnie comprenait un chef de détachement, un responsable aux effectifs et un responsable au matériel. Elle était rattachée au Bataillon de La Tour d'Auvergne à Quimper. Les deux groupes concarnois avaient pris le nom de Pierre Guéguin et Marc Bourhis.

C'est Etienne Millour, de Fouesnant, qui en prit le commandement. La Compagnie étant en partie composée d'éléments de La Forêt et de Fouesnant. Les jeunes de ces localités allaient payer lourdement les combats libérateurs.

Au printemps 1944, les F.T.P possèdent deux mitraillettes STEN et quelques pistolets.  

Avec quelques révolvers, les F.T.P passaient pourtant à l'action. Un allemand isolé fût descendu à Kérandon et son révolver récupéré. 

Le travail d'explication continuait. Les résistants, qualifiés de "terroristes" par les autorités de collaboration et les allemands, étaient de moins en moins isolés, surtout après que beaucoup de jeunes aient rejoint la résistance suite à leur décision d'échapper au S.T.O. Mais ils devaient encore se légitimer auprès de la population en insistant sur les questions du ravitaillement, de la pénurie dûe aux réquisitions de l'occupant. 

Du matériel de propagande fut diffusé et affiché, notamment un journal: "L'étincelle", du nom du journal où écrivait Lénine. "L'étincelle" est le journal des jeunes communistes. Les Résistants communistes diffusent aussi du matériel national clandestin: "L'avant garde", "L'Humanité" , "France d'abord", le Journal des F.T.P. Les dernières lettres de Guy Môcquet, Gabriel Péri, Daniele Casanova, sont reproduites. Tout est mis en oeuvre pour que la population soit présente dans l'action libératrice.  

Les tracts après avoir insisté au printemps sur les questions du ravitaillement, de la pénurie due à l'Occupant, montraient maintenant la nécessité de l'insurrection armée et de l'union nécessaire de toute la population contre les Allemands et les collaborateurs. Un journal local du Front National, "L'Insurrectionnel", fut alors édité. Il exaltait les patriotes, les appelait au combat. 

La police et la gendarmerie furent longtemps hostiles aux patriotes. Après une démarche d'Yves Boudigou, des gendarmes entrèrent en contact avec les résistants et leur action commune permit de mettre un terme à l'activité des pilleurs de fermes. 

Il faut signaler les actions hardies des F.T.P contre le dépôt allemand de la Criée de la Croix (devenu par la suite Atelier municipal) qui permit la récupération d'armes et grenades pour la Résistance, le coup de main faisant main basse sur 1 800 litres de carburant (essence et gasoil), en pleine nuit, à la soute du Petit-Château en Ville Close... Le carburant est aussitôt transporté à la Forêt-Fouesnant et Quimper par Georges Le Coz au volant de son camion et enterré sur place. Les parachutages promis se font attendre. Plusieurs fois, les coordonnées pour parachutages ont été transmis à Londres mais les Anglais refusent de parachuter dans la zone côtière. 

Après le débarquement, du renfort est demandé pour un parachutage à Kernabat, à Scaër. Dans la nuit du 14 au 15 juillet 1944, trouveront là-bas la mort, trois membres de la compagnie Leclerc: Etienne Millour, le commandant de la Cie Leclerc, Louis Massé et Hervé, de La Forêt. E. Millour sera remplacé à la tête de la Cie par A. Le Cras. C'est qu'il y avait déjà eu un parachutage au même endroit dans la nuit du 8 au 9 juillet. Cette imprudence fait que le 15 juillet à 6h, deux bataillons allemands de sécurité, formés au front de l'est, affrontent les F.T.P, encore sur le terrain avec leurs 35 containers tombés à 0h30. Cette attaque du parachutage repoussera au 8 août l'armement de la compagnie.  

Il fallait songer aussi au rétablissement de la légalité républicaine. Le Conseil National de la Résistance, groupant toutes les organisations et Partis, montrait l'exemple de ce qui devait être fait. 

Le Gouvernement Provisoire d'Alger (avec dans son sein "le catholique de Menthon et le communiste Grenier" disait l'un des tracts à la population) faisait des couvertures pour un dialogue avec les groupes "Vengeance" et "Libération" dont l'activité était maintenant connue. 

Des réunions eurent lieu pour constituer un Comité Local de Libération. Dans le bois de Kernéac'h, un après-midi, son programme fut mis au point. Il portait sur le retour à la légalité républicaine (mise en place du Conseil Municipal de 1939 en application d'une ordonnance du gouvernement provisoire), sur les problèmes du ravitaillement, sur le concours nécessaire de toute la population. Un appel du Comité de la Libération fut placardé, en plein jour, par un groupe de F.T.P, au nez des Allemands. 

Une entrevue eut lieu avec Fily, mais celui-ci fut réticent à la mise en place du Comité de Libération, dont la présidence était confiée à Alphonse Duot père (adjoint au maire de Pierre Guéguin) et le secrétariat à Pierre Le Rose. François Herledan (blanchisseur) représentant le Parti Socialiste, Julien Larsonneur la CGT, etc... Le dimanche après-midi, le 6 août, une assemblée plénière eut lieu au café des Sables Blancs. 

Le 8 août 1944, Quimper est libéré, la compagnie Leclerc rejoignait cette Ville où elle allait recevoir l'armement léger nécessaire. Le jeudi 10 août, deux destroyers anglais poursuivent un bateau allemand et tirent sur Concarneau. 

Le 12 août, trois compagnies F.T.P du Bataillon La Tour d'Auvergne, dont la 5e (Leclerc), la 1ère, la 3ème prennent position au nord de Concarneau, conjointement avec une compagnie FFI de Rosporden, commandée par le capitaine Mercier. Ils tiennent tout le secteur s'étendant de la route de Quimper aux Sables Blancs. Le PC est installé au Poteau-Vert. Les F.T.P ont à leur tête le capitaine Gaston (Jos Kervarec) qui commande le bataillon depuis la disparition de Fernand.

Le 13 août, le Commandant Otto décrète l'état de siège à Concarneau et menace dans un placard, d'incendier la ville si la résistance attaque. Les nazis sont bloqués. Le 16, des chars américains arrivent, accompagnés d'une batterie d'artillerie. Le lendemain matin, ils bombardent la ville. Deux compagnies de F.T.P et des éléments de la milice patriotique (recrutée par le Front National) participent à l'action et pénètrent à l'intérieur de la ville espérant être suivis par les chars U.S. Louis Guillerme, Georges Le Coz, Réné Rioual détruisent un petit poste aux abords de la Kommandantur.

Georges Le Coz est blessé par des éclats de grenade. A la demande des américains, les F.T.P descendent la côte de Lanadan entourant les chars afin d'attaquer le blockaus de la propriété Toiray. Bientôt les Allemands du Blockaus ripostent. Donnard, de Quimper, de la 3e Compagnie F.T.P est tué. On compte 17 blessés parmi les résistants. Mais les chars américains se replient et les F.T.P doivent décrocher. Qualques dizaines de prisonniers allemands, du matériel récupéré, sont le bilan de la journée. La Milice Patriotique pourra être équipée et deviendra à ce moment là la 7ème compagnie de F.T.P. 

Les agents de liaison Lisette Jaffrezic, Yvonne Herledan et Simone Cosqueric, feront preuve d'une grande activité durant ces journées. Elles iront jusqu'à distribuer des tracts aux Allemands leur demandant de se rendre. Madame Hanselot effectuait aussi à partir de juin 1944 la liaison Concarneau-Bénodet pour le compte de la résistance. Le café de Charlotte Kernéis à Concarneau servait de boîtes aux lettres depuis le début 44 jusqu'à la libération pour les F.T.P. 

Le 18, le capitaine de Corvette Otto, commandant de la place, se rend aux Américains avec une partie de la garnison. L'artillerie américaine et les chars bombardent la ville. Des groupes d'habitants commencent à évacuer Concarneau tandis que les usines Cassegrain, Rodel, et quelques maisons sont en flamme. 

Le 19 août, les F.T.P, poussés par les Américains, amorcent une attaque. Tout le bataillon est dans l'affaire mais l'artillerie nazie se déchaîne, clouant les combattants au sol. Les chars américains ne viennent pas. Le repli est ordonné. Quand ils reviennent à leur base, les F.T.P ne trouvent plus les Américains, partis pour Lorient.   

Charly, interprète de la Kommandantur, avec un camion équipé de plaques de blindage et d'un canon à tir rapide, se déplace dans les divers points de la ville, arrosant Kérandon, Kernéac'h, La Maison Blanche. Louis Tudal sera grièvement blessé à la cuisse. 

Quatre jours se passent en escarmouches. Dans la nuit du 24 au 25, de violentes explosions se font entendre. Un court et violent bombardement allemand a lieu. Une patrouille de la 7ème compagnie, sous les ordres de Paul Sabersmann, ukrainien, déserteur de l'organisation Todt, pénètre dans la ville. Elle est vide. Dans la nuit, les Allemands ont évacué par la mer vers Lorient. 

Les F.T.P descendent la ville déserte. Les compagnies F.T.P sont cantonnées à l'hôtel de Cornouaille, l'Hôtel de la Mer et l'Hôtel Beau-Rivage. Au cours d'une réunion avec le Comité de Libération le Conseil Municipal est remis en place. Alphonse Duot (père) est le Maire de la Libération; 

Quelques jours plus tard, Concarneau arborait un air de fête. Des drapeaux français et alliés garnissaient toutes les fenêtres. Les libérateurs de la ville allaient recevoir un hommage mérité.     

 

La plupart des informations sont issues des notes sur la résistance et la libération à Concarneau, Pierre Le Rose, 1964. 

  

   

Carte du Comité Départemental de la Libération de Pierre Le Rose

Carte du Comité Départemental de la Libération de Pierre Le Rose

La lutte se développe, mais les communistes paient un lourd tribut à la répression vichyste en 1941 et 1942

Alain Le Lay va et vient, organise les groupes de l'"Organisation Spéciale" (O.S) dans le département. La liaison avec le Centre est assurée par le "Père Georges" (Venise Gosnat, adjoint au maire d'Ivry). A une réunion de direction à Kerviniou, Alain Le Lay donne des indications sur l'organisation du travail clandestin.

En septembre 1941, la police de Vichy, au service des Allemands, sous les ordres du commissaire SOUTIF, va démanteler l'organisation clandestine du Parti et des Jeunesses Communistes et les groupes armés de l'Organisation Spéciale.

En septembre 1941, Berthou échappe à une arrestation de la police de Vichy venu à son domicile. Il est hébergé par Pierre Guillou jusqu'à Décembre et, clandestin, devra quitter le département. Entre-temps, Eugène Le Bris l'aura remplacé au triangle de direction. Après son retour à Toulmengleuz, il sera arrêté en septembre 1942. François Tallec sera arrêté une seconde fois et réussira à s'évader. Esprit Jourdain, arrêté le même jour, mourra en déportation. Théophile Louarn, après l'arrestation de son frère, demandera à s'engager dans l'action résistante.

L'arrestation de Pierre Gueguin, Maire Communiste destitué de Concarneau, et de Marc Bourhis, leur exécution à Chateaubriant avec d'autres internés communistes et cégétistes dont Guy Môquet le 22 octobre 1941 en représailles de l'assassinat du lieutenant colonel Hotz à Nantes le 20 octobre 1941 par des résistants communistes parisiens, suscite une émotion profonde à Concarneau et une prise de conscience de l'occupation nazie.

Une manifestation spontanée a lieu au cimetière sur les tombes des familles.

Le 2 octobre 1941, des inscriptions badigeonnent les murs du Grand Hôtel et de l'entreprise Marscesche "A bas Laval", "Nous voulons du pain". Arrêté le 2 octobre, Fanch Caignec réussira à s'évader.

Au printemps 1942, le "Père Georges" (Venise Gosnat) organisateur régional du Parti Communiste prend contact directement avec René Lijour et lui annonce une prochaine arrivée d'armes. Un sous-marin anglais attendra aux Glénans que les Résistants viennent en prendre livraison. Le mot de passe est donné. Contact est pris avec Guillaume Bodere et son camarade Baudry (agent de liaison fusillé au mont Valérien). Les deux résistants se font reconnaître du sous-marin qui est bien à l'endroit prévu. Les containers pris en charge sont débarqués sur la côte bigoudène où trois membres du groupe dont René Lijour viendront les prendre pour les transporter dans la ferme du Vourgoat, en Melgven, chez Daoudal (également fusillé au Mont-Valérien). Des parachutages sont annoncés.

 

En septembre 1942, 35 résistants de Concarneau, communistes pour la plupart, sont mis hors de combat.

Le combat continue. Carduner tente de faire sauter le Pont-Minaouët. Il sera arrêté en septembre 1942 et mourra à Dachau. Mme Le Breton est arrêtée et déportée. Joseph Berthou, résistant du même groupe et syndicaliste, est arrêté à Thouars et fusillé à Poitiers le 3 décembre 1942.

Eugène Le Bris se rend à Nantes pour délivrer un camarade arrêté. D'une audace folle, il pénètre dans le bureau du juge Le Bras, l'abat avec son arme et libère son ami. En septembre 1942, ils sont arrêtés tous deux alors qu'une grande rafle de la Police de Vichy permet l'arrestation de presque toute l'organisation.

Alain Le Lay mourra à Auschwitz, comme Théophile Louarn.

Son arrêtés également Esprit Jourdain (mort en déportation), Daoudal (il sera fusillé), Fanch Touchard aussi (qui après sa première arrestation avait été relâché), André Herlédan, Armand Villard, Christophe Digoust, Charles Huchon, Jacques serre, Yves Le Gall (qui meurt en revenant de déportation), Joseph Dréano, Arthur Rioual, Mathias Lorc'h, Eugène Le Caignec, Louis Guiffant (de Trégunc), Yves Trichard, Jo Le Gall, Jean Bourbigot, Jean Trolezz, Charles Tocquet, André Herledan (père et fils), Louis Péron, Charles Dolliou, les frères Huon, Marie Jeanne Bodere.

René Lijour ayant réussi à échapper à l'arrestation, une vaste opération de police est montée le dimanche 27 pour perquisitionner à son domicile. Sa femme Lucie Lijour sera arrêtée et déportée.

Réné Lijour et quelques militants ayant réussi à passer entre les mailles du filet, la propagande allait pouvoir continuer.

Remi Nedellec, en contact avec Quimper, faisait parvenir les tracts. Le cheminot François Le Beux, au dépôt de Quimper, en fournissait également. Il devait mourir tragiquement sur sa machine lors d'une attaque de l'aviation anglaise.

Une caisse de secours aux familles des déportés et fusillés, sous l'égide du Secours Populaire, fut constituée et alimentée par des dons en argent et en nature.

La liaison avec René Lijour, malade, est reprise par Mme Le Caignec et Mme Duot. Les indications sont les suivantes: la haine de l'occupant s'est développée, il est mis en échec à Stalingrad, les conditions sont créées pour élargir le combat. La question de la création du Front National et de ses groupes de combat, les F.T.P.F, est posée.

 

Les F.T.P.F de Concarneau

La liaison reprise par René Lijour par Alphonse Duot (fils) qui était également en contact avec Robert Jan, un travail de réorganisation fut entrepris aussitôt en tenant compte de la nécessité de sauvegarder la sécurité de chacun des résistants. Une difficulté subsistait: la coupure avec le centre. Elle allait durer un certain temps, mais qu'importe, le travail fut entrepris quand même. A côté du groupe du Parti Communiste fut formé un groupe des Jeunes Communistes organisé en triangle pour les nécessités de la sécurité, dont Pierre Le Rose assure la direction jusqu'à la Libération.

Du matériel de propagande fut diffusé et affiché, notamment un journal: "L'étincelle", du nom du journal où écrivait Lénine.

Le recrutement devint intensif. Les jeunes de vingt ans et moins se constituèrent en groupe de F.T.P (Francs-Tireurs et Partisans Français). Il y avait parmi eux André Le Cras (Frédo), Yves Le Moal, Baptiste Pascal, Marcel Lancien, Paul Carduner, Henri Joncourt (tué ensuite en Algérie), José Le Goff. L'activité du groupe se développant, les contacts purent être établis avec l'état-major F.T.P d'une part, avec la direction du Parti Communiste d'autre part.

Le Commandant André (Louis Stephan, prisonnier évadé) vient bientôt à Concarneau. Les visites de Botch (Yves Boudigou) l'un des principaux responsables F.T.P étaient fréquentes. Les réunions avaient lieu dans la campagne, dans un champ, dans un bois. Le point était fait de la situation, de l'état des forces. Le "père Henri" (cheminot retraité du dépôt d'Auray), responsable régional du Parti Communiste et Leduc (entrepreneur à Plestin-les-Grèves), Capitaine F.T.P, vinrent également à l'époque à Concarneau.

Le grand problème, face au recrutement, était le manque d'armes. Deux groupes F.T.P de huit hommes s'organisèrent à Concarneau et un troisième groupe de huit également à la Forêt. Les chefs de groupes seuls se connaissaient. Ce cloisonnement assurait la sécurité, car les Résistants avaient tirés les leçons des expériences passées. Ces trois groupes appartenaient à la Compagnie "Sous-Marin Curie" du Sud-Finistère, mais formèrent bientôt la Compagnie Leclerc, le recrutement de nouveaux résistants s'étant intensifié. La Compagnie comprenait un chef de détachement, un responsable aux effectifs et un responsable au matériel. Elle était rattachée au Bataillon de La Tour d'Auvergne à Quimper. Les deux groupes concarnois avaient pris le nom de Pierre Guéguin et Marc Bourhis.

C'est Etienne Millour, de Fouesnant, qui en prit le commandement. La Compagnie étant en partie composée d'éléments de La Forêt et de Fouesnant. Les jeunes de ces localités allaient payer lourdement les combats libéra

La lutte se développe, mais les communistes paient un lourd tribut à la répression vichyste en 1941 et 1942

Alain Le Lay va et vient, organise les groupes de l'"Organisation Spéciale" (O.S) dans le département. La liaison avec le Centre est assurée par le "Père Georges" (Venise Gosnat, adjoint au maire d'Ivry). A une réunion de direction à Kerviniou, Alain Le Lay donne des indications sur l'organisation du travail clandestin.

En septembre 1941, la police de Vichy, au service des Allemands, sous les ordres du commissaire SOUTIF, va démanteler l'organisation clandestine du Parti et des Jeunesses Communistes et les groupes armés de l'Organisation Spéciale.

En septembre 1941, Berthou échappe à une arrestation de la police de Vichy venu à son domicile. Il est hébergé par Pierre Guillou jusqu'à Décembre et, clandestin, devra quitter le département. Entre-temps, Eugène Le Bris l'aura remplacé au triangle de direction. Après son retour à Toulmengleuz, il sera arrêté en septembre 1942. François Tallec sera arrêté une seconde fois et réussira à s'évader. Esprit Jourdain, arrêté le même jour, mourra en déportation. Théophile Louarn, après l'arrestation de son frère, demandera à s'engager dans l'action résistante.

L'arrestation de Pierre Gueguin, Maire Communiste destitué de Concarneau, et de Marc Bourhis, leur exécution à Chateaubriant avec d'autres internés communistes et cégétistes dont Guy Môquet le 22 octobre 1941 en représailles de l'assassinat du lieutenant colonel Hotz à Nantes le 20 octobre 1941 par des résistants communistes parisiens, suscite une émotion profonde à Concarneau et une prise de conscience de l'occupation nazie.

Une manifestation spontanée a lieu au cimetière sur les tombes des familles.

Le 2 octobre 1941, des inscriptions badigeonnent les murs du Grand Hôtel et de l'entreprise Marscesche "A bas Laval", "Nous voulons du pain". Arrêté le 2 octobre, Fanch Caignec réussira à s'évader.

Au printemps 1942, le "Père Georges" (Venise Gosnat) organisateur régional du Parti Communiste prend contact directement avec René Lijour et lui annonce une prochaine arrivée d'armes. Un sous-marin anglais attendra aux Glénans que les Résistants viennent en prendre livraison. Le mot de passe est donné. Contact est pris avec Guillaume Bodere et son camarade Baudry (agent de liaison fusillé au mont Valérien). Les deux résistants se font reconnaître du sous-marin qui est bien à l'endroit prévu. Les containers pris en charge sont débarqués sur la côte bigoudène où trois membres du groupe dont René Lijour viendront les prendre pour les transporter dans la ferme du Vourgoat, en Melgven, chez Daoudal (également fusillé au Mont-Valérien). Des parachutages sont annoncés.

 

En septembre 1942, 35 résistants de Concarneau, communistes pour la plupart, sont mis hors de combat.

Le combat continue. Carduner tente de faire sauter le Pont-Minaouët. Il sera arrêté en septembre 1942 et mourra à Dachau. Mme Le Breton est arrêtée et déportée. Joseph Berthou, résistant du même groupe et syndicaliste, est arrêté à Thouars et fusillé à Poitiers le 3 décembre 1942.

Eugène Le Bris se rend à Nantes pour délivrer un camarade arrêté. D'une audace folle, il pénètre dans le bureau du juge Le Bras, l'abat avec son arme et libère son ami. En septembre 1942, ils sont arrêtés tous deux alors qu'une grande rafle de la Police de Vichy permet l'arrestation de presque toute l'organisation.

Alain Le Lay mourra à Auschwitz, comme Théophile Louarn.

Son arrêtés également Esprit Jourdain (mort en déportation), Daoudal (il sera fusillé), Fanch Touchard aussi (qui après sa première arrestation avait été relâché), André Herlédan, Armand Villard, Christophe Digoust, Charles Huchon, Jacques serre, Yves Le Gall (qui meurt en revenant de déportation), Joseph Dréano, Arthur Rioual, Mathias Lorc'h, Eugène Le Caignec, Louis Guiffant (de Trégunc), Yves Trichard, Jo Le Gall, Jean Bourbigot, Jean Trolezz, Charles Tocquet, André Herledan (père et fils), Louis Péron, Charles Dolliou, les frères Huon, Marie Jeanne Bodere.

René Lijour ayant réussi à échapper à l'arrestation, une vaste opération de police est montée le dimanche 27 pour perquisitionner à son domicile. Sa femme Lucie Lijour sera arrêtée et déportée.

Réné Lijour et quelques militants ayant réussi à passer entre les mailles du filet, la propagande allait pouvoir continuer.

Remi Nedellec, en contact avec Quimper, faisait parvenir les tracts. Le cheminot François Le Beux, au dépôt de Quimper, en fournissait également. Il devait mourir tragiquement sur sa machine lors d'une attaque de l'aviation anglaise.

Une caisse de secours aux familles des déportés et fusillés, sous l'égide du Secours Populaire, fut constituée et alimentée par des dons en argent et en nature.

La liaison avec René Lijour, malade, est reprise par Mme Le Caignec et Mme Duot. Les indications sont les suivantes: la haine de l'occupant s'est développée, il est mis en échec à Stalingrad, les conditions sont créées pour élargir le combat. La question de la création du Front National et de ses groupes de combat, les F.T.P.F, est posée.

 

Les F.T.P.F de Concarneau

La liaison reprise par René Lijour par Alphonse Duot (fils) qui était également en contact avec Robert Jan, un travail de réorganisation fut entrepris aussitôt en tenant compte de la nécessité de sauvegarder la sécurité de chacun des résistants. Une difficulté subsistait: la coupure avec le centre. Elle allait durer un certain temps, mais qu'importe, le travail fut entrepris quand même. A côté du groupe du Parti Communiste fut formé un groupe des Jeunes Communistes organisé en triangle pour les nécessités de la sécurité, dont Pierre Le Rose assure la direction jusqu'à la Libération.

Du matériel de propagande fut diffusé et affiché, notamment un journal: "L'étincelle", du nom du journal où écrivait Lénine.

Le recrutement devint intensif. Les jeunes de vingt ans et moins se constituèrent en groupe de F.T.P (Francs-Tireurs et Partisans Français). Il y avait parmi eux André Le Cras (Frédo), Yves Le Moal, Baptiste Pascal, Marcel Lancien, Paul Carduner, Henri Joncourt (tué ensuite en Algérie), José Le Goff. L'activité du groupe se développant, les contacts purent être établis avec l'état-major F.T.P d'une part, avec la direction du Parti Communiste d'autre part.

Le Commandant André (Louis Stephan, prisonnier évadé) vient bientôt à Concarneau. Les visites de Botch (Yves Boudigou) l'un des principaux responsables F.T.P étaient fréquentes. Les réunions avaient lieu dans la campagne, dans un champ, dans un bois. Le point était fait de la situation, de l'état des forces. Le "père Henri" (cheminot retraité du dépôt d'Auray), responsable régional du Parti Communiste et Leduc (entrepreneur à Plestin-les-Grèves), Capitaine F.T.P, vinrent également à l'époque à Concarneau.

Le grand problème, face au recrutement, était le manque d'armes. Deux groupes F.T.P de huit hommes s'organisèrent à Concarneau et un troisième groupe de huit également à la Forêt. Les chefs de groupes seuls se connaissaient. Ce cloisonnement assurait la sécurité, car les Résistants avaient tirés les leçons des expériences passées. Ces trois groupes appartenaient à la Compagnie "Sous-Marin Curie" du Sud-Finistère, mais formèrent bientôt la Compagnie Leclerc, le recrutement de nouveaux résistants s'étant intensifié. La Compagnie comprenait un chef de détachement, un responsable aux effectifs et un responsable au matériel. Elle était rattachée au Bataillon de La Tour d'Auvergne à Quimper. Les deux groupes concarnois avaient pris le nom de Pierre Guéguin et Marc Bourhis.

C'est Etienne Millour, de Fouesnant, qui en prit le commandement. La Compagnie étant en partie composée d'éléments de La Forêt et de Fouesnant. Les jeunes de ces localités allaient payer lourdement les combats libéra

La lutte se développe, mais les communistes paient un lourd tribut à la répression vichyste en 1941 et 1942

Alain Le Lay va et vient, organise les groupes de l'"Organisation Spéciale" (O.S) dans le département. La liaison avec le Centre est assurée par le "Père Georges" (Venise Gosnat, adjoint au maire d'Ivry). A une réunion de direction à Kerviniou, Alain Le Lay donne des indications sur l'organisation du travail clandestin.

En septembre 1941, la police de Vichy, au service des Allemands, sous les ordres du commissaire SOUTIF, va démanteler l'organisation clandestine du Parti et des Jeunesses Communistes et les groupes armés de l'Organisation Spéciale.

En septembre 1941, Berthou échappe à une arrestation de la police de Vichy venu à son domicile. Il est hébergé par Pierre Guillou jusqu'à Décembre et, clandestin, devra quitter le département. Entre-temps, Eugène Le Bris l'aura remplacé au triangle de direction. Après son retour à Toulmengleuz, il sera arrêté en septembre 1942. François Tallec sera arrêté une seconde fois et réussira à s'évader. Esprit Jourdain, arrêté le même jour, mourra en déportation. Théophile Louarn, après l'arrestation de son frère, demandera à s'engager dans l'action résistante.

L'arrestation de Pierre Gueguin, Maire Communiste destitué de Concarneau, et de Marc Bourhis, leur exécution à Chateaubriant avec d'autres internés communistes et cégétistes dont Guy Môquet le 22 octobre 1941 en représailles de l'assassinat du lieutenant colonel Hotz à Nantes le 20 octobre 1941 par des résistants communistes parisiens, suscite une émotion profonde à Concarneau et une prise de conscience de l'occupation nazie.

Une manifestation spontanée a lieu au cimetière sur les tombes des familles.

Le 2 octobre 1941, des inscriptions badigeonnent les murs du Grand Hôtel et de l'entreprise Marscesche "A bas Laval", "Nous voulons du pain". Arrêté le 2 octobre, Fanch Caignec réussira à s'évader.

Au printemps 1942, le "Père Georges" (Venise Gosnat) organisateur régional du Parti Communiste prend contact directement avec René Lijour et lui annonce une prochaine arrivée d'armes. Un sous-marin anglais attendra aux Glénans que les Résistants viennent en prendre livraison. Le mot de passe est donné. Contact est pris avec Guillaume Bodere et son camarade Baudry (agent de liaison fusillé au mont Valérien). Les deux résistants se font reconnaître du sous-marin qui est bien à l'endroit prévu. Les containers pris en charge sont débarqués sur la côte bigoudène où trois membres du groupe dont René Lijour viendront les prendre pour les transporter dans la ferme du Vourgoat, en Melgven, chez Daoudal (également fusillé au Mont-Valérien). Des parachutages sont annoncés.

 

En septembre 1942, 35 résistants de Concarneau, communistes pour la plupart, sont mis hors de combat.

Le combat continue. Carduner tente de faire sauter le Pont-Minaouët. Il sera arrêté en septembre 1942 et mourra à Dachau. Mme Le Breton est arrêtée et déportée. Joseph Berthou, résistant du même groupe et syndicaliste, est arrêté à Thouars et fusillé à Poitiers le 3 décembre 1942.

Eugène Le Bris se rend à Nantes pour délivrer un camarade arrêté. D'une audace folle, il pénètre dans le bureau du juge Le Bras, l'abat avec son arme et libère son ami. En septembre 1942, ils sont arrêtés tous deux alors qu'une grande rafle de la Police de Vichy permet l'arrestation de presque toute l'organisation.

Alain Le Lay mourra à Auschwitz, comme Théophile Louarn.

Son arrêtés également Esprit Jourdain (mort en déportation), Daoudal (il sera fusillé), Fanch Touchard aussi (qui après sa première arrestation avait été relâché), André Herlédan, Armand Villard, Christophe Digoust, Charles Huchon, Jacques serre, Yves Le Gall (qui meurt en revenant de déportation), Joseph Dréano, Arthur Rioual, Mathias Lorc'h, Eugène Le Caignec, Louis Guiffant (de Trégunc), Yves Trichard, Jo Le Gall, Jean Bourbigot, Jean Trolezz, Charles Tocquet, André Herledan (père et fils), Louis Péron, Charles Dolliou, les frères Huon, Marie Jeanne Bodere.

René Lijour ayant réussi à échapper à l'arrestation, une vaste opération de police est montée le dimanche 27 pour perquisitionner à son domicile. Sa femme Lucie Lijour sera arrêtée et déportée.

Réné Lijour et quelques militants ayant réussi à passer entre les mailles du filet, la propagande allait pouvoir continuer.

Remi Nedellec, en contact avec Quimper, faisait parvenir les tracts. Le cheminot François Le Beux, au dépôt de Quimper, en fournissait également. Il devait mourir tragiquement sur sa machine lors d'une attaque de l'aviation anglaise.

Une caisse de secours aux familles des déportés et fusillés, sous l'égide du Secours Populaire, fut constituée et alimentée par des dons en argent et en nature.

La liaison avec René Lijour, malade, est reprise par Mme Le Caignec et Mme Duot. Les indications sont les suivantes: la haine de l'occupant s'est développée, il est mis en échec à Stalingrad, les conditions sont créées pour élargir le combat. La question de la création du Front National et de ses groupes de combat, les F.T.P.F, est posée.

 

Les F.T.P.F de Concarneau

La liaison reprise par René Lijour par Alphonse Duot (fils) qui était également en contact avec Robert Jan, un travail de réorganisation fut entrepris aussitôt en tenant compte de la nécessité de sauvegarder la sécurité de chacun des résistants. Une difficulté subsistait: la coupure avec le centre. Elle allait durer un certain temps, mais qu'importe, le travail fut entrepris quand même. A côté du groupe du Parti Communiste fut formé un groupe des Jeunes Communistes organisé en triangle pour les nécessités de la sécurité, dont Pierre Le Rose assure la direction jusqu'à la Libération.

Du matériel de propagande fut diffusé et affiché, notamment un journal: "L'étincelle", du nom du journal où écrivait Lénine.

Le recrutement devint intensif. Les jeunes de vingt ans et moins se constituèrent en groupe de F.T.P (Francs-Tireurs et Partisans Français). Il y avait parmi eux André Le Cras (Frédo), Yves Le Moal, Baptiste Pascal, Marcel Lancien, Paul Carduner, Henri Joncourt (tué ensuite en Algérie), José Le Goff. L'activité du groupe se développant, les contacts purent être établis avec l'état-major F.T.P d'une part, avec la direction du Parti Communiste d'autre part.

Le Commandant André (Louis Stephan, prisonnier évadé) vient bientôt à Concarneau. Les visites de Botch (Yves Boudigou) l'un des principaux responsables F.T.P étaient fréquentes. Les réunions avaient lieu dans la campagne, dans un champ, dans un bois. Le point était fait de la situation, de l'état des forces. Le "père Henri" (cheminot retraité du dépôt d'Auray), responsable régional du Parti Communiste et Leduc (entrepreneur à Plestin-les-Grèves), Capitaine F.T.P, vinrent également à l'époque à Concarneau.

Le grand problème, face au recrutement, était le manque d'armes. Deux groupes F.T.P de huit hommes s'organisèrent à Concarneau et un troisième groupe de huit également à la Forêt. Les chefs de groupes seuls se connaissaient. Ce cloisonnement assurait la sécurité, car les Résistants avaient tirés les leçons des expériences passées. Ces trois groupes appartenaient à la Compagnie "Sous-Marin Curie" du Sud-Finistère, mais formèrent bientôt la Compagnie Leclerc, le recrutement de nouveaux résistants s'étant intensifié. La Compagnie comprenait un chef de détachement, un responsable aux effectifs et un responsable au matériel. Elle était rattachée au Bataillon de La Tour d'Auvergne à Quimper. Les deux groupes concarnois avaient pris le nom de Pierre Guéguin et Marc Bourhis.

C'est Etienne Millour, de Fouesnant, qui en prit le commandement. La Compagnie étant en partie composée d'éléments de La Forêt et de Fouesnant. Les jeunes de ces localités allaient payer lourdement les combats libéra

Partager cet article
Repost0
7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 08:44
Août 1946, 1er congrès national de l'Union de la Jeunesse Républicaine de France (couverture de la revue imprimée à cette occasion): Pierre Le Rose a dû participer à ce Congrès avec des centaines d'autres jeunes issus de la Résistance

Août 1946, 1er congrès national de l'Union de la Jeunesse Républicaine de France (couverture de la revue imprimée à cette occasion): Pierre Le Rose a dû participer à ce Congrès avec des centaines d'autres jeunes issus de la Résistance

Au travail et à l'effort pour la Renaissance de la France: avec Daniel Trellu et André Le Roy, secrétaire nationaux de l'Union de la Jeunesse Républicaine de France

Au travail et à l'effort pour la Renaissance de la France: avec Daniel Trellu et André Le Roy, secrétaire nationaux de l'Union de la Jeunesse Républicaine de France

A la conquête d'un avenir meilleur...

A la conquête d'un avenir meilleur...

Debout les jeunes! Union de la jeunesse républicaine: une organisation communiste de jeunesse de masse à la Libération (archives Pierre Le Rose)
Debout les jeunes! Union de la jeunesse républicaine: une organisation communiste de jeunesse de masse à la Libération (archives Pierre Le Rose)
Debout les jeunes! Union de la jeunesse républicaine: une organisation communiste de jeunesse de masse à la Libération (archives Pierre Le Rose)
Debout les jeunes! Union de la jeunesse républicaine: une organisation communiste de jeunesse de masse à la Libération (archives Pierre Le Rose)
Une de la revue éditée par l'UJRF: janvier-février 1946

Une de la revue éditée par l'UJRF: janvier-février 1946

Daniel Trellu et Madeleine Vincent: deux patriotes dignes de confiance (Notre Jeunesse, revue éditée par l'Union de la Jeunesse Républicaine de France)

Daniel Trellu et Madeleine Vincent: deux patriotes dignes de confiance (Notre Jeunesse, revue éditée par l'Union de la Jeunesse Républicaine de France)

Toutes les Jeunes Filles de France ont leur place dans nos rangs ("notre Jeunesse", revue de l'UJRF, janvier-février 1946)

Toutes les Jeunes Filles de France ont leur place dans nos rangs ("notre Jeunesse", revue de l'UJRF, janvier-février 1946)

Debout les jeunes! Union de la jeunesse républicaine: une organisation communiste de jeunesse de masse à la Libération (archives Pierre Le Rose)
4ème de couverture de "Notre jeunesse", revue éditée par l'UJRF (janvier-février 1946)

4ème de couverture de "Notre jeunesse", revue éditée par l'UJRF (janvier-février 1946)

Partager cet article
Repost0
7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 08:18
Cette eau-forte de Picasso figure à l'exposition de la suite Vollard qui se tient actuellement à Baden-Baden (Lettres Françaises n°1040, du 30 juillet au 5 août 1964)

Cette eau-forte de Picasso figure à l'exposition de la suite Vollard qui se tient actuellement à Baden-Baden (Lettres Françaises n°1040, du 30 juillet au 5 août 1964)

Partager cet article
Repost0
22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 06:46
L'Avant-Garde, 1er avril 1944 : Archives Pierre Le Rose

L'Avant-Garde, 1er avril 1944 : Archives Pierre Le Rose

Archives Pierre Le Rose

Archives Pierre Le Rose

L'Avant Garde, 1er avril 1944

Organe central de la fédération des jeunesses communistes de France

Si chacun fait son devoir, la victoire sera proche

Poursuivant son impétueuse marche en avant, l'Armée Rouge a pénétré en Roumanie, au-delà du Pruth, elle a également refoulé les troupes nazies aux abords de la Tchécoslovaquie et de la frontière germano-soviétique. L'Allemagne a définitivement perdu la bataille de Russie.

La glorieuse Armée Rouge a fait craquer la résistance fanatique de la Wermacht et l'on voit approcher le jour où Hitler sera assez voisin de la catastrophe pour que les Anglo-Américains puissent se livrer sans trop de risques aux invasions promises.

Cette situation sème la débandade parmi les satellites de l'axe, Hitler se voit contraint d'occuper leurs territoires et de procéder à une nouvelle mobilisation (une de plus) de chair à travail et de chair à canon. La Wilhestrase dans un communiqué en date du 20 mars nous en avertit sans ambage: "LES ALLIES DE L'ALLEMAGNE AYANT SUPPORTE DANS LA PLUS LARGE MESURE LE POIDS DE LA GUERRE, IL EST NORMAL QUE LES AUTRES PEUPLES PARTICIPENT DANS UNE MÊME MESURE A LA DÉFENSE DE L'EUROPE".

De là les nouvelles mesures de terreur prises en France: l'attaque contre certains maquis et les rafles dans les villes pour accélérer la déportation en bochie, le transfert de la main-d'oeuvre dans les chantiers Todt et dans l'Industrie de guerre, la venue des hitleriens DARNAND HENRIOT DEAT au gouvernement de l'Anti France.

Mais toutes ces mesures ne sont et ne seront que des mesures de détresse si la jeunesse de France amplifie son action contre l'ennemi. SEULS CEUX QUI COMBATTRONT POURRONT ÉCHAPPER A L'ENFER NAZI.

Ce ne seront que des mesures de détresse si les juges qui siègent à Alger CONDAMNENT PROMPTEMENT ET SANS PITIÉ tous les traîtres, seul langage qui puisse faire réfléchir les spadassins de la Milice.

Ce ne seront que des mesures de détresse si les Anglo-Américains, non seulement développent les bombardements en Allemagne mais, profitant de la débâcle nazie à l'Est, DÉCLENCHENT ENFIN le 2ème front, car l'île de Malte et CASSINO sont la démonstration que les bombardements ne sont pas suffisants pour acculer l'adversaire à la défaite.

Forte de son unité réalisée dans LES FORCES DE LA JEUNESSE PATRIOTIQUE, la jeunesse de France fera son devoir, tout son devoir, si le C.F.L.N et les Anglo-Américains font le leur, jusqu'à la Victoire.

La jeunesse est sur la bonne voie

La presse nazie de Paris, ces jours derniers, s'en prend avec violence à la Jeunesse Communiste. Le vieux traître BONNARD, de son côté, reconnait dans une circulaire embarrassée l'action efficace de la Jeunesse des écoles.

Ce n'est pas par hasard. La splendide démonstration du 4 mars sur le Boulevard St Michel, les raids réussis, tant à Paris qu'à Lyon et dans de nombreuses autres villes de province, contre les fichiers du S.T.O, les grèves des jeunes cheminots à Vitry, Chatillon sur Bagneux, Villeneuve St Georges et Montrouge, à l'occasion du 2ème anniversaire de la mort de PIERRE SEMARD, fusillé par les boches le 7 mars 1942, tout indique aux nazis que la jeunesse patriote de France a fait son choix: elle se bat.

Ce bilan éloquent signifie clairement que nous avons pris le bon chemin. L'ennemi accuse le coup? Parfait. Continuons.

Aussi bien, l'ouvrage ne manque pas.

Nous avons à redoubler d'effort pour entraver le recensement, pour faire échec aux déportations. Nous avons à organiser les réfractaires, nous avons à lutter pour le ravitaillement qui devient chaque jour de plus en plus mauvais, pour les salaires qui sont dérisoires, pour la culture française qu'un BONNARD espère amoindrir (il vient pour commencer de faire fermer les Facultés d'Aix, de Marseille et Montpellier). Nous avons à aider les maquis sauvagement attaqués en portant des coups deux fois plus forts là où les forces de police ont été, du fait de la concentration en Savoie et en Corrèze, sensiblement affaiblies.

Tous ces efforts en nous endurcissant nous préparent à l'action décisive des jours glorieux de l'Insurrection Nationale. Allons hardiment de l'avant: c'est l'ennemi qui, par sa fureur, nous enseigne et nous dit que nous sommes dans la bonne voie. Perséverons.

Et que le C.F.L.N comprenne son devoir, qu'il nous envoie enfin des armes, la Jeunesse Patriote qui se bat, qui risque sa vie pour abréger les souffrances de la Patrie ne comprendra ni ne tolérera aucun nouveau retard.

Sur le Front de France

Dans les ateliers des chemins de fer, les jeunes cheminots ont manifesté leur volonté de venger leur grand ami Pierre Semard. Ainsi, rien que dans une partie de la banlieue parisienne:

- A Vitry: sous l'impulsion des jeunes, les cheminots font grève 2 heures et observent une minute de silence. A Châtillon sur Bagneux, sous la conduite des jeunes, grève d'une demi-heure dirigée par les jeunes. A Villeneuve St Georges, jeunes et adultes déclanchent une grève d'une demi-heure.

Voilà de nombreuses heures de travail perdues pour les boches dans un moment où les transports sont leur principal souci. Bravo les jeunes cheminots de la banlieue du Sud-Parisien. Votre défi est lancé à tous les cheminots de France: qui fera mieux?

******

Le 2 mars, en Saône-et-Loire, au début de la nuit, 600 boches viennent encercler un camp d'une quinzaine de jeunes réfractaires armés. Le chef du détachement n'hésite pas et décide d'attaquer avant que les bandits aient pris leur position de combat. Comme les nazis forment deux groupes, par une manœuvre hardie quelques réfractaires se glissent avec leurs armes automatiques entre les deux groupes et tirent des deux côtés. Les boches affolés répliquent. Résultat: 46 morts et 140 blessés et les allemands abandonnent le terrain. Les réfractaires ont eu 3 blessés dont un grièvement. Ne pouvant l'évacuer ils le mettent dans une ferme environnante. Le lendemain les feldgendarmes perquisitionnent partout, retrouvent le blessé et fous de rage, incendient la ferme où il était avec les deux propriétaires ainsi que les 2 fermes les plus proches.

Bravo les réfractaires, avec de la hardiesse vous avez prouvé qu'il était possible de refouler un ennemi supérieur en nombre, de lui infliger de lourdes pertes tout en en subissant très peu vous-mêmes.

*******

Jeunes Français des usines, des Universités et des champs, réfractaires, pour hâter l'heure de la délivrance de la Patrie, pour châtier et chasser l'ennemi, enrôlez-vous dans la glorieuse armée des F.T.P.F

Partager cet article
Repost0
20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 08:30
Michel Tournier: un écrivain devenu de son vivant un classique (PCF)

Michel Tournier : « Un écrivain devenu de son vivant un classique »

Michel Tournier a rejoint les limbes, retrouvant Vendredi sur les rives de Speranza, l’île de l’Homme apaisé et réconcilié avec lui-même comme avec les mythes et tourments de l’humanité toute entière.

« Un grand auteur est celui dont on entend et reconnait la voix dès qu’on ouvre l’un de ses livres. Il a réussi à fondre la parole et l’écriture. » Michel Tournier exprimait ainsi, dans Le Miroir des idées, sa définition d’un grand écrivain. Au lendemain de sa mort, à 91 ans, et à la lecture de son œuvre romanesque si singulière on peut dire que Michel Tournier a réussi à incarner au mieux cette définition. Il compte parmi les écrivains les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle, devenu de son vivant un classique étudié tant à l’université que par les collégiens pour lesquels il créa en 1971 Vendredi ou la vie Sauvage adapté de son premier roman et premier succès Vendredi et les limbes du Pacifique (1967).

Michel Tournier fut cependant un romancier et conteur tardif. C’est dans un second temps, à 42 ans qu’il publia Vendredi, après avoir étudié la philosophie, traduit des textes allemands en fin germaniste qu’il était, travaillé comme attaché de presse, éditeur et homme de radio. Après ce bestseller, il se consacra principalement à l’écriture notamment avec cet autre roman majeur Le Roi des Aulnes qui obtint en 1970 le prix Goncourt à l’exceptionnelle unanimité. Cette histoire terrible et métaphorique d’un ogre qui fait basculer la Prusse orientale et le monde dans le sang et la guerre a été adaptée au cinéma par Volker Schloendorff.

Il est mort à Choisel là où il vivait depuis cinquante ans en homme apaisé. Il s’est endormi sans plus retrouver « cet espèce d’ahurissement dans lequel nous nous réveillons chaque matin » (Vendredi ou les limbes du Pacifique). Le PCF salue sa mémoire et son œuvre.

Le Roi des Aulnes est un pur chef d'oeuvre, un de ces livres qui résume sous une forme fabuleuse et métaphorique d'une poésie échevelée la folie d'une époque, celle du nazisme et du massacre des Innocents qu'a été la seconde guerre mondiale. Un de ses livres qui marque à vie, qui élargit notre sensibilité et notre imaginaire, à l'ouvrant en l'occurrence, à la manière d'un Hugo ou d'un Faulkner, au point de vue de le la jeunesse d'esprit ou de la folie sur la cruauté humaine.

La première page du Roi des Aulnes est déjà en elle-même un morceau d'anthologie;

"3 janvier 1938. Tu es un ogre, me disait parfois Rachel. Un Ogre? C'est à dire un monstre féérique, émergeant de la nuit des temps? Je crois, oui, à ma nature féérique, je veux dire à cette connivence secrète qui mêle en profondeur mon aventure personnelle au cours des choses, et lui permet de l'incliner dans son sens. Je crois aussi que je suis ici de la nuit des temps. J'ai toujours été scandalisé de la légèreté des hommes qui s'inquiètent passionnément de ce qui les attend après leur mort, et se soucient comme d'une guigne de ce qu'il en était d'eux avant leur naissance. L'en deçà vaut bien l'au-delà, d'autant qu'il en détient probablement la clé. Or moi, j'étais là déjà, il y a mille ans, il y a cent mille ans. Quand la terre n'était encore qu'une boule de feu tournoyant dans un ciel d'hélium, l'âme qui la faisait flamber, qui la faisait tourner, c'était la mienne. Et d'ailleurs l'antiquité vertigineuse de mes origines suffit à expliquer mon pouvoir surnaturel: l'être et moi, nous cheminons depuis si longtemps côte à côte, nous sommes de si anciens compagnons que, sans nous affectionner particulièrement, mais en vertu d'une accoutumance réciproque, aussi vieille que le monde, nous nous comprenons, nous n'avons rien à nous refuser.

Quant à la monstruosité...

Et d'abord qu'est-ce qu'un monstre? L'étymologie réserve déjà une surprise un peu effrayante: monstre vient de montrer. Le monstre est ce que l'on montre - du doigt, dans les fêtes foraines, etc. Et donc plus un être est monstrueux, plus il doit être exhibé. Voilà qui me fait dresser le poil, à moi qui ne peux vivre que dans l'obscurité et qui suis convaincu que la foule de mes semblables ne me laisse vivre qu'en vertu d'un malentendu, parce qu'elle m'ignore.

Pour n'être pas un monstre, il faut être semblable à ses semblables, être conforme à l'espèce, ou encore être à l'image de ses parents. Ou alors avoir une progéniture qui fait de vous dès lors le premier chaînon d'une espèce nouvelle. Car les monstres ne se reproduisent pas. Les veaux à six pattes ne sont pas viables. Le mulet et le bardot naissent stériles, comme si la nature voulait couper court à une expérience qu'elle juge déraisonnable. Et là je retrouve mon éternité, car elle me tient lieu à la fois de parents et de progéniture. Vieux comme le monde, immortel comme lui, je ne puis avoir qu'un père et une mère putatifs, et des enfants d'adoption.

...

Je relis ces lignes. Je m'appelle Abel Tiffauges, je tiens un garage place de la Porte-des-Ternes, et je ne suis pas fou. Et pourtant ce que je viens d'écrire doit être envisagé avec un sérieux total...".

Cette réflexion sur la fragilité et l'essence de l'humanité, dans une écriture à la fois savante, érudite, belle et accessible, Michel Tournier l'avait engagée dans le mémorable Vendredi ou les limbes du Pacifique, souvent bien plus profond qu'un essai de philosophie, et qui ouvre des interrogations vertigineuses comme Le Roi des Aulnes.

Michel Tournier, nous vous saluons fraternellement et nous vous sommes reconnaissants pour toutes les émotions littéraires et humaines fortes que vous avez fait naître en nous, pour les nouvelles perspectives que vous avez ouvertes sur l'homme, l'existence et sur votre temps. Vous étiez un contemporain capital, un homme discret, modeste et profond, et vous laisserez très certainement une trace très forte dans la littérature.

Ismaël Dupont.

Michel Tournier: un écrivain devenu de son vivant un classique (PCF)
Partager cet article
Repost0
15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 06:49
L'Unité n°29, journal communiste de la section de Concarneau, numéro spécial référendum rédigé par les enseignants de la Fédération Sud-Finistère du PCF (p. 4) - archives Pierre Le Rose

L'Unité n°29, journal communiste de la section de Concarneau, numéro spécial référendum rédigé par les enseignants de la Fédération Sud-Finistère du PCF (p. 4) - archives Pierre Le Rose

L'Unité n°29 - 1972 journal communiste de Concarneau - Une (Archives Pierre Le Rose)

L'Unité n°29 - 1972 journal communiste de Concarneau - Une (Archives Pierre Le Rose)

L'unité n°29 - 1972 journal communiste de Concarneau - page 2 (Archives Pierre Le Rose)

L'unité n°29 - 1972 journal communiste de Concarneau - page 2 (Archives Pierre Le Rose)

Le Beffroi, mars 1972: bulletin de la cellule du centre-ville de Concarneau (Archives Pierre Le Rose)

Le Beffroi, mars 1972: bulletin de la cellule du centre-ville de Concarneau (Archives Pierre Le Rose)

L'Humanité, "11 avril 1972: l'Europe du Grand Business: ce que M. Pompidou ne dit pas aux Français"

L'Humanité, "11 avril 1972: l'Europe du Grand Business: ce que M. Pompidou ne dit pas aux Français"

Suite de l'article sur les lobbies de Bruxelles et l'Europe des affairistes, L'Huma, 11 avril 1972

Suite de l'article sur les lobbies de Bruxelles et l'Europe des affairistes, L'Huma, 11 avril 1972

Le référendum organisé par Georges Pompidou le 23 avril 1972 portait sur l'adhésion de la Grande-Bretagne, du Danemark, de l'Irlande, et de la Norvège aux Communautés Européennes. Dans les motifs du référendum, Pompidou écrivait, liant explicitement l'accord des français pour l'adhésion de nouveaux Etats à un accord global sur les orientations prises antérieurement sans consultation en terme d'intégration européenne: "Jamais le peuple français n'a été consulté sur l'Europe. Le traité de Rome, qui a créé la Communauté Economique, avait été signé et ratifié à l'époque où le référendum n'était pas dans les usages de la République et où les gouvernants étaient conduits à décider sans vous consulter. Or, qui ne voit que la construction de l'Europe constitue pour notre pays un choix capital dans tous les domaines? ... En vous demandant d'approuver la politique européenne de la France, je vous demande d'approuver les orientations dessinées dès la conférence de la Haye, lorsque les six signataires du traité de Rome ont à la fois accepté de rouvrir la négociation avec la Grande-Bretagne, adopté définitivement et irrévocablement le Marché Commun agricole, choisi de s'engager sur la voie de l'union économique et monétaire, et sur la voie de la coopération politique. En donnant votre accord à l'adhésion de quatre nouveaux Etats, vous confirmerez toutes les orientations et le cadre que j'ai fixé pour l'action de la France... Il s'agit de décider que, par l'union économique et monétaire, l'Europe des Dix poursuivra son développement économique et social, assurant le plein emploi, le relèvement du niveau de vie et l'amélioration des conditions de travail, affirmera sa personnalité propre et fera entendre sa propre voix dans ses rapports avec toutes les grandes puissances sans exception".

Le Parti Communiste est la seule force politique à faire campagne à cette époque pour le Non au référendum, contre "l'Europe du grand businnes". Le NON emportera 32% des suffrages exprimés.

"En disant OUI le 23 avril, écrit-on dans "L'Humanité" du 11 avril 1972, assurent M. Pompidou et ses ministres, vous direz OUI au progrès social, OUI à l'"Europe populaire". "L'Humanité" a déjà montré que l'Europe du marché commun, c'était en vérité l'Europe du chômage..."L'Humanité" a également publié le document Mansholt qui dévoile le véritable objectif "social" de l'Europe pompidolienne: provoquer "un net recul du bien-être des habitants de la Communauté" pour sauvegarder un taux de profit satisfaisant aux monopoles. Ces monopoles, c'est dès aujourd'hui qu'ils sont à l'oeuvre au sein même des organismes de marché commun. En apparence, ce sont des ministres et des "technocrates" qui prennent à Bruxelles les décisions qui affectent le sort de dizaines de millions d'ouvriers, de paysans, d'ingénieurs, de commerçants. En réalité, ce sont les plus grandes firmes capitalistes qui font triompher leurs choix, leurs vues, leurs intérêts - et cela par l'entremise de "groupes de pression" qui ont pignon sur rue et dont l'activité est débordante. Parfois, c'est le gouvernement d'un des pays membres du Marché Commun qui prend lui-même "l'affaire" en main pour le compte d'une grande firme".

Sous le titre qui n'a pas pris une ride: l'Europe des travailleurs et des peuples, d'accord, Non à l'Europe des capitalistes!

Le journal de la section PCF de Concarneau ne dit pas autre chose tout en signalant que son parti-pris n'est pas celui du souverainisme (terme qui n'existe pas à l'époque) ou du chauvinisme.

Texte du référendum du 23 avril 1972 - archives Pierre Le Rose

Texte du référendum du 23 avril 1972 - archives Pierre Le Rose

1972: référendum sur l'Europe. Le Parti Communiste dénonce l'Europe du Grand Business: l'Europe des travailleurs et des peuples d'accord, non à l'Europe des Capitalistes!
1972: référendum sur l'Europe. Le Parti Communiste dénonce l'Europe du Grand Business: l'Europe des travailleurs et des peuples d'accord, non à l'Europe des Capitalistes!
Appel des jeunes et des étudiants de France pour le Non au référendum européen de 1972 (archives Pierre Le Rose)

Appel des jeunes et des étudiants de France pour le Non au référendum européen de 1972 (archives Pierre Le Rose)

Tract d'annonce de la Fête de l'Unité du PCF à Concarneau le 1er Mai 1972 avec un bilan politique du résultat du référendum (archives Pierre Le Rose)

Tract d'annonce de la Fête de l'Unité du PCF à Concarneau le 1er Mai 1972 avec un bilan politique du résultat du référendum (archives Pierre Le Rose)

Partager cet article
Repost0
9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 09:09

Dans une lettre datée du 16 octobre 1985, Pierre Le Rose donne à Pierre Crépel, un camarade de l'IRM (Institut de Recherche Marxiste) basé à Lanester, des renseignements complémentaires sur le Parti Communiste à la Libération, période qu'il a connue en tant que dirigeant et acteur. On trouve dans cette lettre des informations tout à fait importantes d'un point de vue historique qui justifient qu'on la publie, avec l'accord de la fille de Pierre Le Rose:

"L'audience du Parti était très grande dans le Finistère à la Libération. On évaluait les adhérents à 10 000 ou 12 000. Les cartes étaient placées aux réunions publiques au lendemain de la libération. L'organisation ne suivait pas. Mais dans les localités importantes (Brest, Morlaix, Quimper, Douarnenez, Concarneau), les cellules avaient des Bureaux et des activités réelles. Le premier pointage réel que j'ai pu faire en Avril 47 (je venais d'avoir la responsabilité de l'organisation fédérale) faisait apparaître plus de 7000 adhérents. Nous avons vu jusqu'à 12 000 personnes à nos fêtes fédérales (fête de la Bretagne, notre journal, avec Marcel Cachin; 40 000 personnes à Brest sur le cours d'Ajot avec Maurice Thorez le 6 juillet 1947). Parallèlement, les JC (44-45) puis l'UJRF (à partir d'avril 45) comptaient entre 9 et 10 000 adhérents (jeunes venus des FTP, jeunes filles très nombreuses). Les jeunes prenaient leurs responsabilités pour organiser les activités ( 400 Jeunes Communistes à Quimper, 200 à Concarneau, mêmes chiffre à Douarnenez; organisations existant dans les localités rurales du Centre Finistère, Riec sur Belon, etc...). Les meetings des JC rassemblaient autant et parfois plus d'auditeurs que le Parti. Ce sont les JC (garçons et filles) qui ont vite fourni les cadres du Parti (peut-être au détriment de l'organisation des jeunes).

L'audience du Parti est venue du combat clandestin, puis de l'activité des militants, des élus et des ministres communistes, activité qui continuait le combat national, le confirmait.

Dans des élections législatives à la proportionnelle, le Parti Communiste recueillait 70 000 voix en novembre 1945 (2 députés), 80 000 voix en mars 1946 (2 députés), 105 800 voix en novembre 1946 (3 députés sur 10 députés finistériens).

La part de la jeunesse et des femmes fut considérable dans cette période. Nous avions la première femme maire (Kernevel), des adjointes. Notre Parti faisait le plus confiance aux jeunes (Gabriel Paul, député et secrétaire fédéral à 26 ans), Marie Lambert, députée et secrétaire fédérale à 33 ans (idem dans les Côtes d'Armor avec Hélène Le Jeune). On retrouve des jeunes de nos fédérations bretonnes également à Ouest-Matin (sur Rennes comme correspondants).

La composition du Parti: bien sûr des ouvriers et des ouvrières d'usines dans le sud, mais aussi des paysans, des marins et des classes moyennes. A noter la présence d'enseignants, souvent secrétaires de cellules et sections. A noter, l'apport au Parti d'anciens SFIO (souvent les plus sectaires à l'égard des socialistes) et d'anciens soutiens des radicaux baillistes (région du Cap-Sizun). Cet apport a eu des effets positifs et négatifs sur le fonctionnement des cellules.

Après l'exclusion des communistes du gouvernement: le Parti, tel qu'il était composé, pouvait réagir vite et avec beaucoup d'allant aux mesures de Ramadier puis de Robert Schumann (c'était l'époque du Rapport Jdanov). D'où l'ampleur des grèves de 47, puis en 48, en 50 (Arsenal), en 52 (bâtiment), en 53 (fonctionnaires). Grèves aussi dans la conserve, les pêcheurs de Concarneau (1949), première guerre de marins ayant un caractère de classe (les grèves dans la pêche artisanale étaient jusque là plutôt dirigées contre les usiniers, les mareyeurs - cette fois-ci contre les armateurs industriels apparus à Concarneau pendant la guerre). On peut dire que l'audience du Parti, la participation de ses militants aux luttes, y compris aux luttes revendicatives dans la CGT, expliquent l'ampleur des luttes de cette période. Mais en même temps, le caractère de classe de ces actions écarte les classes moyennes. En 1951, nous perdons plus que d'autres départements aux élections (2 députés), probablement les couches gagnées entre 45 et 46 et nous stabilisons le 2 janvier 1956 (2 députés). Intéressant: la vague poujadiste à ces mêmes élections, Demarquet élu député.

Les luttes revendicatives se sont déroulées dans cette période sur un fond de combats politiques (guerre d'Indochine, Henri Martin, luttes pour la paix). On ne peut séparer la dureté de la répression à Brest en 50 (assassinat d'Edouard Mazé le 17 avril 1950 et plus de 20 blessés hospitalisés) de la politique de guerre froide donc pro-américaine du gouvernement. La question du débarquement d'armes à Brest était posée. A cette manifestation, Alain Signor et Marie Lambert, députés, furent arrêtés et jugés. Le procès d'Henri Martin à Brest en 1951 avait lieu pendant les grèves du bâtiment.

Les paysans étaient nombreux dans le parti avec la naissance d'une solidarité à l'égard des grévistes (envoi de pommes de terre, keufs, etc.). Dans le Centre Finistère, ils faisaient la liaison avec leurs propres luttes, constitutions de comités de défense paysannes, manifestations aux perceptions avec des charrettes de pommes de terres".

Archives Pierre Le Rose: Marcel Cachin à la Fête de la Bretagne

Archives Pierre Le Rose: Marcel Cachin à la Fête de la Bretagne

Archives Pierre Le Rose: les JC à la Libération?

Archives Pierre Le Rose: les JC à la Libération?

Henri Martin (carte postale militante du PCF) archives Pierre Le Rose

Henri Martin (carte postale militante du PCF) archives Pierre Le Rose

L'audience du Parti Communiste à la libération dans le Finistère
Partager cet article
Repost0
6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 17:12

Marie-Pierre Le Rose et sa sœur viennent de faire don au Parti Communiste du Finistère des archives de leur père, ancien résistant et ancien secrétaire départemental du Parti Communiste du Finistère, puis adjoint au maire à Concarneau.

C'est une joie et un honneur pour nous de pouvoir explorer ce passé de militant, ses documents issus de la Résistance, du CNR, ses lectures communistes, ses rapports, et à travers cela, de restituer une époque passionnante et inspirante de notre histoire.

Pierre Le Rose est le fils de Théophile Le Rose, né à Concarneau le 11 février 1900, qui était lui-même un militant communiste. Engagé à 18 ans, Théophile Le Rose était au dépôt de Brest au moment des événements faisant suite aux révoltes de la Mer Noire. Il était ami avec Théo Le Coz qui sera plus tard directeur de La Bretagne ouvrière, paysanne et maritime.

Voilier, Théophile succéda à son père à la tête de la voilerie artisanale et familiale employant cinq ouvriers. Pierre Le Rose est l'un de ses deux fils, qui naît le 10 février 1923 à Concarneau.

Théophile participe au mouvement populaire qui se développe après février 1934. Il adhère au Parti Communiste en 1935 et est présent dans les différentes activités du Front Populaire (campagne électorale de 1934 où Pierre Guéguin entre au Conseil Général, de 1935 avec l'élection aux municipales de la liste de front commun, de 1936 avec la victoire aux législatives). Il participe au soutien à l'Espagne Républicaine (accueil des réfugiés, organisation des Brigades Internationales). Il organise la manifestation départementale du Front Populaire le 7 juin 1936 à Concarneau, prépare la première fête de la Bretagne du Parti Communiste à Concarneau en août 1936 avec Marcel Cachin, réceptionne et achemine Jacques Duclos en novembre 1937. Théophile Le Rose développe aussi des relations étroites avec Alain Signor, élu au Comité Central au Congrès d'Arles en 1937. Il décède après la fête de l'Humanité de Garches, le 8 juillet 1938.

Son fils, Pierre Le Rose, commence à s'intéresser à la vie politique à partir des événements de 1934 et de 1936, de la construction du Front Populaire. Il participe aux manifestations comme enfant, lit "l'Huma" à laquelle son père est abonné. Il vend des Bonnets Phrygiens, insignes du Front Populaire, à la manifestation du 7 juin 1936: Pierre a alors 13 ans. Son père décède quand Pierre atteint sa quinzième année. En 1940, à dix-sept ans, il quitte l'école pour prendre la direction de la Voilerie qu'avait conservée sa mère au décès de Théophile. Il conserve un contact avec le Parti, désormais clandestin après les accords germano-soviétiques, et il a connaissance des premiers tracts du Parti Communiste, alors plus que jamais persécuté: l'appel du 10 juillet 1940 notamment.

Au printemps 1943, avec une équipe de jeunes amis, il constitue les premiers groupes de FTP de la région de Concarneau. Parallèlement, en liaison avec Alphonse Duot, secrétaire de la section clandestine du Parti à Concarneau (reconstituée à la suite des arrestations de 1942), il organise les groupes de la J.C, le Front National et plus tard les F.U.J.P et le Front Patriotique de la Jeunesse. Il rédige et confectionne des tracts, des journaux écrits à la main ("L'étincelle", organe du Parti et des J.C, "l'Insurrectionnel", bulletin du Front National). Il participe aux diverses actions des FTP, à la propagande du Parti et des Jeunesses Communistes, au recrutement. Au Printemps 1944, Pierre Le Rose participe à la création du Comité Local de Libération dont il devient le Secrétaire. Désigné par ses camarades de la Libération (le 15 août 1944 à Quimper, Concarneau n'est pas encore libérée), il devient membre du Comité Départemental de Libération pour représenter les "Forces Unies de la Jeunesse Patriotique". Il contribue dans ce cadre à la mise en place des délégations spéciales en remplacement des institutions de Vichy et à la réintégration des Conseils Municipaux dissous en 1939 par Daladier: Concarneau, Guilvinec, Léchiagat, etc.

Il devient membre actif du Front National (l'organe unitaire de la Résistance créé par les Communistes pour fédérer largement la résistance intérieure) pour lequel il fait ses premiers meetings (Douarnenez, avec Albert Trévidic), à Concarneau aux rassemblements des J.C dont il est membre du Bureau Régional. Pierre le Rose est coopté au Comité Régional du Parti Communiste mi-décembre 1944. Il prend la parole au Congrès du Front National présidé par Joliot-Curie en janvier 1945. Il est élu aux Etats généraux de la Renaissance Française le 14 juillet 1945. Pierre Le Rose était dans la délégation du Finistère au Congrès des JC constitutif de l'U.J.R.F début avril 1945. En mai 1946, Pierre Le Rose est élu au secrétariat fédéral du Parti Communiste (dont Marie Lambert, première députée femme du Finistère à la Libération, devint première secrétaire). Il restera à cette fonction sous la direction de Daniel Trellu (1949-1952) et sera élu secrétaire fédéral en février 1953. En mars 1956, Pierre Le Rose devient permanent d'Ouest Matin à l'agence de Brest et il fait son retour à Concarneau la même année. Il est secrétaire de la section de Concarneau entre 1957 et 1968. Des raisons de santé ne lui permettront pas de militer pendant quelques années et il quittera le Comité fédéral en 1968, pour y revenir en 1970 lors de la division du PCF finistérien en deux fédérations. Il sera élu trésorier fédéral en 1979.

Pierre Le Rose, infatigable militant, s'est aussi investi à la présidence des parents d'élèves du lycée dans le cadre de la FCPE, à l'ANCR, il a été secrétaire du Comité du souvenir de Châteaubriant, secrétaire du comité de jumelage de Concarneau dans lequel il s'est beaucoup investi pour développer, par-delà les souvenirs douloureux de la guerre, la fraternité franco-allemande. En 1977, il devient conseiller municipal de Concarneau et responsable du groupe communiste de 1977 à 1983.

section communiste de Beuzec, aujourd'hui rattachée à Concarneau (Archives Pierre Le Rose)

section communiste de Beuzec, aujourd'hui rattachée à Concarneau (Archives Pierre Le Rose)

Manifestation du Front Populaire à Concarneau, rue Dumont d'Urville (Archives Pierre Le Rose)

Manifestation du Front Populaire à Concarneau, rue Dumont d'Urville (Archives Pierre Le Rose)

Les Bretons à la fête de l'Huma de Garches, 1936 (Archives Pierre Le Rose)

Les Bretons à la fête de l'Huma de Garches, 1936 (Archives Pierre Le Rose)

Conflit de la Galoche, 17 décembre 1936-1er février 1937: le syndicat CGT des galochiers de Rosporden au complet (Archives Pierre Le Rose)

Conflit de la Galoche, 17 décembre 1936-1er février 1937: le syndicat CGT des galochiers de Rosporden au complet (Archives Pierre Le Rose)

Campagne militante des Jeunes Communistes, probablement à la Libération (Archives Pierre Le Rose)

Campagne militante des Jeunes Communistes, probablement à la Libération (Archives Pierre Le Rose)

Les Bigoudènes encadrent Rol Tanguy (chef FFI qui a libéré Paris, ancien métallo né à Morlaix, ancien des Brigades Internationales), Paul Le Gall (futur secrétaire départemental du Finistère-Sud), Alain Signor, responsable communiste depuis l'avant guerre, résistant, député à la Libération, et Pierre Le Rose (Archives Pierre Le Rose)

Les Bigoudènes encadrent Rol Tanguy (chef FFI qui a libéré Paris, ancien métallo né à Morlaix, ancien des Brigades Internationales), Paul Le Gall (futur secrétaire départemental du Finistère-Sud), Alain Signor, responsable communiste depuis l'avant guerre, résistant, député à la Libération, et Pierre Le Rose (Archives Pierre Le Rose)

Marcel Cachin dans le Finistère (Paul Le Gall à sa gauche, Pierre Le Rose à sa droite): une affection réelle liait Marcel Cachin et Pierre Le Rose (Archives Pierre Le Rose)

Marcel Cachin dans le Finistère (Paul Le Gall à sa gauche, Pierre Le Rose à sa droite): une affection réelle liait Marcel Cachin et Pierre Le Rose (Archives Pierre Le Rose)

Fête de l'Huma: les sud-finistériens à Meudon, 1959 (Archives Pierre Le Rose)

Fête de l'Huma: les sud-finistériens à Meudon, 1959 (Archives Pierre Le Rose)

Célébration communiste à Concarneau (Archives Pierre Le Rose)

Célébration communiste à Concarneau (Archives Pierre Le Rose)

Paul Le Gall, Piero Rainero, Daniel Trellu (ancien chef FTP du Finistère), Pierre Le Rose, Gaston Plissonnier

Paul Le Gall, Piero Rainero, Daniel Trellu (ancien chef FTP du Finistère), Pierre Le Rose, Gaston Plissonnier

Marchais dans un intérieur du sud Finistère avec une communiste "made in Breizh" (archives Pierre Le Rose)

Marchais dans un intérieur du sud Finistère avec une communiste "made in Breizh" (archives Pierre Le Rose)

Pierre Le Rose à un congrès de la FCPE (Archives Pierre Le Rose)

Pierre Le Rose à un congrès de la FCPE (Archives Pierre Le Rose)

Intervention de Pierre Le Rose à une conférence-débat avec Rol-Tanguy, le mardi 6 Novembre 1979 à Concarneau

" Vous qui restez, soyez dignes de nous, les 27, qui allons mourir".

Ces mots, écrits par Guy Môquet, ce jeune communiste de 17 ans, dans sa dernière lettre, quelques instants avant d'être fusillé dans la carrière de Châteaubriant, ont profondément marqué, dès qu'ils furent connus, les communistes concarnois.

Etre dignes d'eux, c'était poursuivre alors, dans les conditions de la guerre, contre l'occupant hitlérien et ses valets de Vichy, la lutte que ces 27 communistes fusillés le 22 octobre 1941 avaient entrepris, bien avant la guerre pour que les hommes et les femmes de ce pays vivent mieux, pour la liberté contre le fascisme et pour la Paix. "Plutôt Hitler que le Front Populaire" proclamaient à notre classe ouvrière et à notre peuple, ni l'union anti-fasciste, ni la victoire électorale, ni les conquêtes sociales de 1936. "Plutôt Hitler..." aboutissait à désigner pour le peloton d'exécution par un ministre français les 27 otages, fusillés parce que communistes suivant l'avis d'exécution paru à l'époque dans "l'Ouest-Eclair" et "la Dépêche de Brest", porte-paroles des allemands et du gouvernement Pétain Laval. La bourgeoisie collaborationniste se vengeait en frappant ces ouvriers et ces intellectuels communistes, de la grande peur ressentie les années précédentes face à l'union réalisée entre les forces de démocratie et les possibilités qu'avait cette union de grandir encore davantage. Aussi livrait-elle aux Allemands ces communistes pour lesquels elle avait construit ses camps d'internement. Elle frappait Charles Michel, le député, Pierre Semant et Jean-Pierre Thimbault, les militants syndicalistes, Guy Moquêt, fils de député communiste, Grandel, le maire de Gennevilliers, Pierre Guéguin, le Conseiller Général et Maire Communiste de Concarneau, Marc Bourhis, militant syndicaliste et antifasciste, dont le père était un adjoint au maire de la Municipalité de Front Populaire de Concarneau.

Oui, durant toute la guerre contre l'occupant, les communistes de Concarneau ont été dignes de la juste cause pour laquelle combattaient ceux de Châteaubriant. Ils ont, avec patience, multiplié les efforts d'information de la population, remontant son moral, montrant les possibilités de la Victoire, donnant confiance. Ils sont passés aux actions de sabotage contre les installations de l'occupant, à la lutte armée avec la formation de l'Organisation Spéciale (l'O.S) dont Alain Le Lay fut l'un des actifs organisateurs. Ils ont entrepris au printemps de 1942 les liaisons avec les sous-marins et puis la livraison, par mer, des premiers envois d'armes par les anglais. Aussi la répression les a t-elle durement frappés et comme Alain Le Lay, sont morts en déportation (après la rafle des policiers de Vichy conduits par le Commissaire des Renseignements Généraux, en septembre 1942) Théophile Louam, Esprit Jourdain, Carduner de Lauriec, Yves Le Gall, Auguste Soulfès. Joseph Berthou et Eugène Le Bris étaient fusillés.

Mais la lutte continuera. Trente-cinq résistants de l'organisation communiste sont mis hors de combat, mais l'organisation se reconstituera. Les jeunes viendront nombreux dans les détachements de F.T.P dont les premiers détachements concarnois prendront les noms de Pierre Guéguin et Marc Bourhis, marquant leur fidélité aux idéaux qui animaient les fusillés de Châteaubriant. L'organisation du Front National prendra de l'extension, multipliant ses efforts d'union de tous les patriotes pour une France Libre et Indépendante, tandis que l'organisation du Parti Communiste et celle des Jeunesses Communistes recruteront à Concarneau et dans les alentours plus d'une centaine d'adhérents, distribuant des tracts clandestins, collant des affichettes, publiant à deux reprises un journal polycopié "L'Etincelle". Bientôt naîtra une compagnie entière de la Milice Patriotique qui allait devenir la 7e Compagnie des F.T.P. L'autre compagnie, la 5e, portant le nom de Leclerc (ses membres voulant montrer l'unité de combat entre les Forces de la France Libre et celles "sans uniforme") perdait son chef, un jeune fouesnantais de 20 ans, notre camarade Etienne Millau dans le combat de Kernabut le 14 juillet 1944, tombé en même temps que Massé et Hervé, deux forestois.

Etre dignes du combat des 27 de Châteaubriant, c'était également après le débarquement entreprendre l'unification de toutes les forces de la Résistance, unir dans une même organisation ceux qui par des chemins différents, sous des formes diverses, avaient menés de longs mois, de longues années, le même combat, avec le même mérite, les mêmes sacrifices pour les mêmes buts: chasser l'envahisseur, rendre aux français leur liberté et à la France son indépendance. Aussi dans les combats libérateurs les FFI formaient une seule force, sous un commandement unique et les comités de libération rassemblaient toutes les opinions de notre population pour rétablir la démocratie, à l'image du Conseil National de la Résistance, pour soutenir le Gouvernement provisoire de la République au sein duquel toutes les tendances étaient représentés...

Etre dignes d'eux, c'était depuis, - et c'est encore aujourd'hui - poursuivre le combat et l'effort de rassemblement pour le bonheur des hommes, la liberté, l'Indépendance de notre pays, pour sauvegarder la Paix. Nous pensons, nous communistes, depuis trente ans, avoir mené ce combat sans défaillance aussi bien contre la guerre d'Indochine, contre la guerre d'Algérie que contre l'oppression partout où elle se manifeste dans le monde. Nous avons conscience de le faire aujourd'hui quand nous voulons rassembler, unir notre peuple afin qu'il gagne lui-même une vie meilleure, qu'il contribue au désarmement et à l'entente entre les peuples, qu'il avance vers toujours plus de démocratie, de liberté, de droits pour l'homme.

La grande leçon de la résistance, c'est l'invincibilité de notre peuple quand il est uni. A cette union les communistes ont conscience d'avoir contribué. Nous persévérerons dans cette voie pour unir toutes les forces vives de ce pays, pour comme il y a trente-cinq ans, nous trouver ensemble, "celui qui croyait au ciel et celui qui n'y croyait pas"...

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011