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7 novembre 2021 7 07 /11 /novembre /2021 06:55
Carte postale de Morlaix postée en 1914 par un conscrit (collection Ismaël Dupont)

Carte postale de Morlaix postée en 1914 par un conscrit (collection Ismaël Dupont)

Une implantation syndicale et socialiste ancienne, avec un développement très fort des coopératives

Morlaix est connue des historiens comme une des villes de France ayant vu naître, entre la fin du 19e siècle et le début du 20e siècle, le plus de coopératives de consommation et de production (16 répertoriées en 1923), certaines d'inspiration socialiste, d'autres plutôt catholique sociale (c'était le cas de la Laborieuse, coopérative d'artisans peintre fondée au départ au départ en 1905 par des militants du Sillon de Marc Sangnier). En 1895, Morlaix était la troisième ville de province, après Lyon et Grenoble, quant au nombre des associations ouvrières de production. Avec 247 coopératives de production en 1900, la France figurait d'ailleurs au premier rang en Europe. 

Le développement des coopératives à Morlaix est inséparable de l'émergence du socialisme et du syndicalisme dans notre ville. Deux conceptions divergentes des coopératives de production étaient plus ou moins en concurrence: pour certains, la coopération de production relevait d'une forme de patronat collectif, pour d'autres, les socialistes particulièrement (ceux de l'époque s'entend), il s'agissait d'une étape vers l'abolition du salariat. 

La maison du Peuple s'est installée en 1922 1, impasse de Tréguier dans les locaux de la coopérative de consommation La Ménagère.

La Ménagère avait été fondée à la fin de l'année 1892 par un groupe d'ouvriers de la Manufacture des Tabacs. C'était à l'époque une des trois coopératives de consommation du Finistère - les deux autres étant brestoises - visant à procurer à leurs sociétaires de l'épicerie de bonne qualité au meilleur prix possible. C'est d'abord parmi les ouvriers de la Manu, puis ensuite plus largement, qu'elle recrutait ses sociétaires. La société La Ménagère comptait tout de même en 1904 600 membres. C'était la troisième coopérative de Bretagne en nombre de sociétaires. Son bureau ne comportait pas de socialistes déclarés. 

La boulangerie coopérative La Glaneuse était quant à elle plus proche des socialistes. Sa création datait de l'année 1898. C'est le tonnelier syndicaliste et socialiste Yves Guyader qui avait demandé sa fondation lors d'une réunion des syndicats morlaisiens en s'appuyant sur les nombreux exemples de boulangeries coopératives existant en Bretagne. Sur le plan local, l'activité de La Glaneuse permettait de contenir le prix du pain. La fusion de La Ménagère et de la Glaneuse, préconisée par Yves Guyader, ouvre une période de lutte d'influence entre socialistes et sillonnistes catholiques, emmenés notamment par des gens comme Jean Marzin et Jeanne Gallouedec.

Le développement du syndicalisme et du socialisme à Morlaix et dans le Finistère se nourrissent l'un et l'autre. En 1869 apparaît à Brest une première section de la Première Internationale, recrutant principalement parmi les ouvriers de l'arsenal. A partir de 1892, le syndicalisme et le socialisme commencent vraiment à se développer à Morlaix.

Syndicat des ouvriers et ouvrières de la Manufacture de tabacs: fondation en 1891

Syndicat des ouvriers tonneliers: 1892

Syndicats bâtiment, ouvriers en métaux, ouvriers boulangers: 1893

Syndicat ouvriers du livre, Menuisiers, charpentiers et charrons: 1894

Syndicat Tanneurs et corroyeurs: 1897

Tailleurs d'habits: 1898

Cordiers: 1900

Peintres: 1904

A la Manu, en 1897, le taux de syndicalisation est de 52% chez les hommes, de 74% chez les femmes. Et encore, beaucoup de syndiqués sont empêchés de rejoindre le syndicat du fait de leurs arriérés de cotisation. 

Au 1er juillet 1893, il y a 980 syndiqués à Morlaix contre 0 à Brest. Au 1er juillet 1894, il y a 1018 syndiqués à Morlaix contre 367 à Brest. Au 1er juillet 1895, il y a 1704 syndiqués à Morlaix contre 636 à Brest. La situation s'inverse à partir de 1900: 1423 syndiqués à Morlaix contre 3169 à Brest.  

L'union des syndicats de Morlaix joue un rôle essentiel dans le groupement des syndicats sur le plan départemental: en 1898 est créée par les syndicats morlaisiens et brestois la Fédération syndicale des travailleurs du Finistère. En 1904, dans la foulée des grands conflits du syndicalisme révolutionnaire à Brest, il y aura un mouvement de grève très fort à Morlaix en mai. Dockers, couvreurs, maçons et garçons de magasins entrent en grève par l'intermédiaire des socialistes, Guyader en particulier. La grève ne donnera pas les résultats escomptés et suite à cela on observera un certain recul du syndicalisme à Morlaix jusqu'en 1914, peut-être dû aussi à une concentration plus grande des ouvriers les plus militants et compétents sur la gestion des coopératives.  

En 1894 parait pour la première fois à Morlaix le "Breton socialiste". Jusqu'en 1898, cependant, la plupart des ouvriers, laïcs dans leur majorité, restent républicains. A partir de l'année 1898, le socialisme va se développer à Morlaix dans un contexte national de progrès significatifs et grâce aux actions conjuguées de deux figures locales: Yves-Marie Guyader et Yves Le Febvre. 

Né à Morlaix en 1857, Yves-Marie Guyader était le fils d'un artisan tonnelier. Il fit son apprentissage dans l'atelier paternel avant d'entreprendre son "tour de France" et de passer quelques années sous les drapeaux en Algérie et en Tunisie. Revenu à Morlaix en 1883, il est à l'origine en 1892 d'un syndicat des tonneliers et d'une association ouvrière de production.

La grève des tonneliers de 1892-1893

A Morlaix, à la fin du 19e siècle, la fabrication de tonneaux et de barils est surtout liée à l'exportation du beurre vers Paris, Londres, le Brésil, les Antilles anglaises et françaises. Jusque avant 1900, avec une quantité exportée de 1679 tonnes, le beurre figure encore après les céréales comme la deuxième marchandise sortie du port. La corporation des tonneliers compte 330 ouvriers à la fin de 1893.

L'historien Vincent Rogard nous plante le décor du conflit social des tonneliers et de l'émergence du syndicalisme à Morlaix dans son livre Les Catholiques et la question sociale -Morlaix 1840-1914  (Presses Universitaires de Rennes):

"C'est un milieu dominé alors par les maîtres tonneliers employant une ou deux douzaines d'ouvriers et d'apprentis rémunérés souvent à la pièce. Les journées de travail dans les ateliers patronaux n'ont pas de cadre horaire puisque leur durée s'adapte au volume de travail à fournir. Les ouvriers sont, en outre, astreints à de nombreuses corvées. Dans ce milieu d'ouvriers insatisfaits de leurs conditions de travail, Guyader parvient à fonder le 14 mars 1892 un syndicat ouvrier... L'objectif immédiat affiché par le syndicat est l'amélioration de la condition matérielle de ses 168 adhérents. Un cahier de revendications portant sur les salaires et l'organisation du travail est soumis à la fin de l'année 1892 aux patrons. Leur refus d'en tenir compte déclenche un mécontentement qui soude les rangs ouvriers. Un an plus tard, le jour de Noël 1894, les ouvriers se mettent en grève pour obtenir satisfaction sur quatre revendications majeures:

- la suppression des corvées

- l'unification des tarifs dans tous les ateliers

- l'adoption d'un tarif proposé par les ouvriers et qui prévoit un alignement sur les ouvriers les mieux payés

- l'abrogation de diverses mesures inscrites dans le règlement des ateliers et l'adjonction de certaines autres comme un cadre horaire de travail.

La grève est très dure car les positions patronales et syndicales sont figées. Les patrons tentent de déconsidérer les ouvriers aux yeux de la population en les accusant d'inconduite et d'alcoolisme tandis que les ouvriers révèlent certaines pratiques patronales: distributions d'eau-de-vie pour faire accepter les corvées les plus excessives aux ouvriers, fourniture d'un litre d'alcool en guise de contrat de recrutement d'urgence quand le travail est trop abondant. Comme le note avec humour le comité de la grève: "avec de tels procédés, il ne faut pas nous rendre responsables si les ateliers de tonnellerie ne peuvent pas être comptés au nombre des sociétés de tempérance". Au nom de ses convictions progressistes, un négociant, Auguste Arthur, organise la solidarité avec les ouvriers. Les ouvriers des tabacs, qui sortent eux-mêmes d'une grève, la caisse du syndicat et la Fédération des travailleurs du tonneau aident financièrement les grévistes. Mais le conflit s'éternise car l'accord bute sur la question salariale et toutes les tentatives d'arbitrage échouent. En définitive, les ouvriers doivent regagner leurs ateliers sur un échec, après une interruption de travail de 33 jours qui fait de cette grève la plus longue alors connue par la ville. Certes, les tonneliers ont obtenu la suppression des corvées et la journée de travail est désormais limitée à une tranche de onze heures mais leur salaire journalier d'à peu près quatre francs n'augmente pas. En dépit de son issue peu satisfaisante pour les ouvriers, ce conflit, qui manque sur sa fin de sombrer dans la violence, comporte toutefois pour eux une leçon décisive: la bourgeoisie républicaine, qui règne au conseil municipal, peut accessoirement les soutenir contre les patrons; les négociants et autres courtiers de commerce peuvent trouver leur intérêt dans l'émergence d'une force de production ouvrière indépendante" (p. 414-415).

A l'issue du conflit, une poignée d'ouvriers adhérents du syndicat réunit difficilement 900 francs à raison d'actions de 50 francs l'une. Guyader obtient bientôt grâce au soutien des syndicats des différents corps de métier de Morlaix 7000 francs pour lancer la coopérative des tonneliers.  

Les patrons, maîtres tonneliers, tentent de jouer de leur influence pour priver les coopérateurs de commandes et d'approvisionnement en bois mais le maire républicain de Morlaix, Onésime Kérebel, l'un des principaux négociants en beurre, va rompre le contrat des puissants contre l'émergence de la coopération ouvrière en commandant 600 barils de beurre à la coopérative d'Yves-Marie Guyader.

Le maire, qui jouit d'une forte influence, est imité par d'autres négociants qui passent des commandes, au début modestes, de sorte que de six, les coopérateurs passent rapidement à vingt. Pour tenter de contrecarrer ce développement, les patrons tonneliers décident de ne plus produire de barils de beurres alors même que la production annoncée pour l'été est excellente: dès lors, les négociants prennent de plus en plus le parti de la coopérative qui à la fin 1894 emploie 124 ouvriers, parmi les meilleurs. Les patrons vont réagir en cassant leur prix pour casser les reins de la coopérative et les effectifs de celle-ci vont tomber à 93 en 1895. Pour contrer ce dumping, le maire Onésime Kérebel fait augmenter le prix des barils de beurre afin de soutenir le salaire plus élevé de la coopérative (5 francs au lieu de 4 chez les maîtres tonneliers).    

Yves-Marie Guyader créa une coopérative de production « l’Union des Tonneliers » qu’il géra toute sa vie. Il contribua également à fonder d’autres coopératives de production dans divers corps de métiers. Antérieurement, il avait participé à la création d’une coopérative de boulangerie « La Glaneuse » qui fusionna avec « La Ménagère » fondée par des employés et ouvriers de la Manufacture des Tabacs. Guyader fut surnommé le « Père des coopératives ».

En octobre 1910, il figura sur la liste des candidats présentés par la CGT lors des élections prud’homales à Morlaix. Le 7 janvier 1912, il figura sur la liste des candidats présentés le Parti socialiste SFIO lors des élections sénatoriales.

Alors président du conseil de prudhommes, il Il fut élu, en mai 1912, conseiller municipal de Morlaix. Une élection complémentaire eut-lieu en septembre de l’année suivante et Yves-Marie Guyader fut reconduit dans son mandat de conseiller municipal. Lors du scrutin de mai 1925, conseiller sortant, il fut à nouveau candidat.

En avril 1922, il fut signalé comme étant le trésorier de l’Union des syndicats CGT de Morlaix.

C'est sous l'influence de Yves Le Febvre, beaucoup plus jeune que lui, que Yves-Marie Guyader deviendra réellement socialiste en doctrine. Yves Le Febvre, né en 1874, était le fils d'un docteur, conseiller municipal républicain à Morlaix et d'ascendance noble. Il est devenu socialiste à Paris en préparant son doctorat de droit et en fréquentant Briand et Jaurès. C'est lui le premier en 1898, à seulement 24 ans, qui défend ouvertement les principes politiques marxistes et socialistes à l'intérieur d'une société électorale républicaine où l'on trouvait une assistance nombreuse où les ouvriers syndiqués étaient bien représentés. Le Febvre se déclare internationaliste, défend le principe de l'affrontement de classe. Guyader le suit et propose la création d'une association socialiste. La première liste socialiste est constituée à la veille du 19e siècle: elle obtient au premier tour des municipales entre 814 et 854 voix (seuls un tiers des inscrits se sont rendus aux urnes) mais est battue au second tour grâce à l'alliance des républicains de centre-gauche et de catholiques modérés. Lors des élections cantonales du début du siècle, le score des socialistes sera très bon à Morlaix (le meilleur des listes en présence) le poids de la partie rurale de l'arrondissement les empêchera de gagner des sièges.

D'emblée le défi d'Yves Le Febvre et du groupe socialiste morlaisien est de contribuer à transformer un socialisme pratique fondé sur un réseau de syndicats et de coopératives en un mouvement politique. Vers 1898-1899, le socialisme n'est vraiment bien implanté en Bretagne qu'à Nantes et dans sa région: il a périclité à Brest et à Lorient et commence à s'organiser sur la base des syndicats et coopératives de production à Morlaix, Fougères, Hennebont.

Une fédération des groupes socialistes de Bretagne a lieu en mars 1900 à Nantes: 5 organisations ouvrières morlaisiennes y adhèrent (tonneliers, couvreurs, tanneurs corroyeurs, menuisiers, bâtiment). Avec Nantes, Brest et Saint Nazaire, Morlaix devient l'un des centres les plus actifs du socialisme breton. Ce congrès est suivi d'une tournée de réunions publiques de Jaurès qui fait halte à Morlaix. La municipalité a refusé ses salles pour la réunion publique présidée par Le Febvre. Entre 400 et 1000 spectateurs assistent à la réunion publique avec Jaurès, qui valorise le développement des sociétés mutuelles, des syndicats et des coopératives, perçus comme moyen de la conquête des pouvoirs publics par la classe ouvrière pour transformer la société. La Résistance, le journal de la droite cléricale et réactionnaire, note: "nous sommes bien obligés de reconnaître au citoyen Jaurès une très grande puissance oratoire (...). Il n'est qu'un tribun curieux à entendre, un illuminé dont les paroles ne doivent pas être prises en considération". Au congrès socialiste de Rennes de 1902, Morlaix est la ville qui détient le plus de mandats (9) après Nantes, 3 fois plus que Brest. En 1900, aux élections au conseil général et la députation, Guyader arrive en tête à Morlaix-ville devant la droite et le centre gauche libéral.  

Au début du 20e siècle, Morlaix devient "l'épicentre du socialisme dans le département", comme l'écrit Vincent Rogard, à qui nous empruntons l'essentiel de ces informations (Les Catholiques et la question sociale: Morlaix 1840-1914 

La réussite de la coopérative des tonneliers a été à l'origine de la fondation d'autres coopératives morlaisiennes. Les ébénistes créent l'Ameublement. Les couvreurs l'Union des ouvriers couvreurs. Les fondations de coopérative se succèdent ensuite régulièrement jusqu'en 1914. Souvent, c'est dans la foulée d'une grève que la coopérative est organisée. Ainsi, la grève de 63 jours des ouvriers typographes de 1911 se termine sur une augmentation de salaire et aboutit à la formation de l'Imprimerie Nouvelle. Il en va de même pour la coopérative des maçons et l'Union des Tanneurs.

"Certaines coopératives, comme l'Ameublement, précise Vincent Rogard, s'avèrent d'emblée compétitives et procurent à leurs membres une réelle amélioration de leurs conditions de vie tandis que d'autres sont à la peine. Lorsque Vila visite la coopérative des cordiers en 1903, son compte rendu est, de ce point de vue, instructif: "La coopérative est située à Petit-Launay, à trois kilomètres de Morlaix. Ils ont fait construire un hangar avec une subvention de 1000 francs et ont acheté un métier à filer. Mais leur travail reste primitif. Il faut travailler onze heures pour gagner 2,75 francs par jour. Ils ont fait néanmoins cinquante-six francs de bénéfices. Un prêt de 3000 francs pour un moteur serait nécessaire". Les coopératives ne sont pas toutes sur le même plan du point de vue de leur taille et de leur chiffre d'affaires".

La maison du Peuple de Morlaix 

Des bourses du travail existaient à la fin du XIXe siècle, dépendantes de fonds publics. Pour garantir davantage d'indépendance, la CGT, créée en 1895 à Limoges, va chercher à posséder ses propres bâtiments. Ce sera la création des Maisons du Peuple. C'est en Bretagne qu'apparaissent les premières maisons (Saint-Nazaire, puis Fougères en 1908) financées par les syndicats et leurs adhérents, construites grâce au travail de bénévoles syndiqués du bâtiment. Ces Maisons du peuple favorisent un développement plus libre de l'action syndicale et des activités sociales ou éducatives (coopératives d'achat, cours professionnels, bibliothèques, conférences...). Morlaix, qui n'a jamais eu de véritable bourse de Travail, mais seulement une Union des Syndicats, attend 1924 pour avoir sa Maison du Peuple.

En 1922, la CGT est traversée par deux courants opposés qui amènent une scission en deux confédérations: la CGTU, dite unitaire, révolutionnaire et proche des communistes; la CGT, dite confédérée, de tendance réformiste et socialiste (la CGT retrouvera son unité avec la stratégie anti-fasciste de rassemblement républicain du PCF, et le Front populaire, en 1936). La scission se répercute dans les fédérations professionnelles et les structures territoriales et locales. A Morlaix, il y a deux unions locales, une CGTU et une CGT. Malgré leurs divergences, les syndicats morlaisiens s'entendent pour créer et gérer ensemble une maison destinée à les accueillir tous.

L'acquisition de l'immeuble de la Ménagère intervient fin juillet 1924. Dès novembre 1924, plusieurs activités récréatives, éducatives, et sociales, s'ajoutant aux permanences d'information, y sont organisés pour les adhérents: bibliothèque, salle de lecture et d'écriture, jeux de société. De 16h à 18h30, une salle permet aux enfants des syndiqués de faire tranquillement leur travail scolaire, une autre salle sert de garderie et de salle de jeux.

En 1925 a lieu une grande grève des dockers à Morlaix, initiée par la CGTU.

Une ville acquise majoritairement dès le début du XXe siècle aux idées laïques et de gauche

Emile Cloarec, né à Morlaix en 1869, est l'homme qui marque la vie politique morlaisienne au début du XXe siècle. En 1892, il est élu maire de Ploujean. Il y développe le théâtre populaire en breton, langue à laquelle il est très attaché et crée des fêtes bretonnes à Ploujean (1898). Il est proche des milieux régionalistes bretons. En 1901, il est élu député de la circonscription de Morlaix et sera réélu ensuite sans discontinuer en 1902, 1906, 1910, et 1914. De sensibilité radicale de gauche, il siège dans le groupe de la gauche démocratique et soutient la politique de séparation de l’Église et de l’État. Emile Cloarec décède à Neuilly-sur-Seine en 1914.

Entre 1919 et 1928, la mairie de Morlaix est gérée par des hommes du Cartel des gauches. Il y a d'abord l'horloger-bijoutier (il avait une boutique rue d'Aiguillon avec son associé Jean-René Grall) Guillaume Chatel, socialiste modéré de la SFIO, qui devient maire de Morlaix  en 1919. Au début des années 20, il occupe la fonction de trésorier fédéral de la SFIO. C'est lui qui fut à l’origine de l’achat de la Maison du Peuple de sa ville, inaugurée en 1926, et le fondateur de la colonie de vacances des écoles laïques à Plougasnou. Il exerça ses fonctions municipales jusqu’en 1928. Cette année-là, il échoua aux élections législatives dans la 1re circonscription de Morlaix. Il recueillit au premier tour de scrutin 3 894 voix sur 12 971 votants et, au second, 3 171 sur 13 928.

Les élections législatives de 1928 marquent ainsi un vrai tournant dans la vie morlaisienne, avec l'émergence sur la scène locale de François-Louis Bourgot. Damien Chaussec, dans son mémoire de maîtrise d'histoire sur Morlaix pendant l'Occupation allemande (mémoire de Master 1 de l'UBO écrit l'année 2008 sous la direction de Christian Bougeard) , précise: 

" Né en 1879 à Morlaix, cet homme extraverti s'engage dans un premier temps dans la marine avant d'en être réformé pour insuffisance physique. Il est ensuite employé à l'octroi de Morlaix jusqu'au déclenchement de la guerre en 1914. Quand les hostilités se terminent, il retrouve la cité du viaduc et travaille pour le compte d'une maison anglaise d'importation de charbon. Intéressé par la politique, il milite pour le parti socialiste unifié et se fait élire sur la liste radicale et socialiste aux côtés de Guillaume Chatel. Quelques semaines après les municipales de 1919, il est désigné candidat de la SFIO pour les élections cantonales. Il est élu au second tour du scrutin et conserve son poste de conseiller général six ans plus tard grâce à sa réélection en 1925. A l'approche des législatives de 1928, il pense être le candidat de la première circonscription de Morlaix pour le compte de la SFIO. Finalement, on lui préfère Guillaume Chatel maire de la cité depuis dix ans. Mécontent de ce choix, Bourgot refuse de se plier à la discipline du parti: il rompt avec la SFIO et mène sa campagne seul en tant que socialiste indépendant. A la surprise générale, il remporte le siège de député le 29 avril 1928 grâce à ses 6 478 voix. Il s'impose devant le candidat centriste Cloarec (4133 voix) et surtout devant Chatel (3171 voix) qui est mis en minorité dans sa propre ville". 

Résultat: Guillaume Chatel démissionne de sa fonction de maire le soir même de l'élection. Il est accompagné dans son départ par les conseillers municipaux socialistes et radicaux socialistes du Cartel des gauches de Morlaix. Bourgot emporte alors la mairie en composant une liste très bigarrée avec des socialistes qui l'ont suivi dans la rupture avec la SFIO, en tendant la main aux radicaux et à des membres de la droite chrétienne associée à l'Union Républicaine Démocratique. L'équipe hétéroclite politiquement de François-Louis Bourgot est élue entièrement. En 1932, Bourgot est battu aux élections législatives par le radical socialiste Pierre Mazé, docteur et conseiller général du canton de Sizun depuis 1925, lequel a bénéficié du désistement du candidat socialiste Guy Le Normand, secrétaire fédéral de la SFIO du Finistère, le dirigeant, professeur d'allemand à Morlaix (il servira d'interprète et de médiateur auprès de l'armée allemande à Morlaix pendant l'occupation) qui forme Tanguy Prigent au cours de sa campagne législative de 1932.

Fils de paysans, Tanguy Prigent, né le 11 octobre 1909 à la petite ferme de Kervari à Saint-Jean-du-Doigt, était un élève doué, premier au certificat d'études primaires pour le canton de Lanmeur en 1922, mais qui dût s'adonner néanmoins très tôt au métier de la terre. A quinze ans, il fonde la section socialiste de son village. En 1934, il est élu conseiller général du canton de Lanmeur mais trop jeune de quatre jours, son élection n'est pas validée. Il est élu triomphalement l'année suivante, devenant à 25 ans le plus jeune conseiller général de France, et devient également maire de son village, Saint-Jean-du-Doigt.  A l'approche des élections municipales de 1935 à Morlaix, le climat est tendu.

Dans "le Breton socialiste", l'hebdomadaire socialiste morlaisien dans Guy Le Normand est le rédacteur en chef, on dénonce l'opportunisme de François Bourgot qui fait alliance avec la droite chrétienne tout en se proclamant toujours socialiste. Le journal "l’Éclaireur du Finistère" soutient les idées radicales-socialistes d'une partie des anciens élus de Burgot et dénonce également l'alliance du maire avec "certains cléricaux notoires". La liste de l'ex-socialiste Burgot est d'ailleurs soutenue par le journal catholique conservateur "la Résistance - La Croix de Morlaix", notamment une dizaine de membres du conseil municipal jugés catholiques bon teint, dont le médecin Olivier Le Jeune, futur maire, et premier adjoint de Bourgot depuis 1928.

Après une campagne électorale acharnée, François Bourgot l'emporte, mais avec une avance moindre qu'en 1928, face à Guy Le Normand et à son ancien élu radical-socialiste Louis Le Feunteun. En 1936, aux élections législatives du 26 avril, Tanguy Prigent devance avec 43,36% des voix le docteur Mazé, radical-socialiste (38,65%) et le communiste Louis Nédellec, qui réalise un faible score de 0,99% et se désiste en faveur de Tanguy Prigent. L'avocat Robert Debled (URD, droite) n'obtient que 16,97% des suffrages. Dans la ville de Morlaix elle-même, au soir du 26 avril 1936, Tanguy Prigent devance de peu Pierre Mazé avec 1097 voix contre 1035 voix, 73 voix au candidat communiste Louis Nedellec, et 631 voix au candidat de droite Robert Debled. Lors du second tour du 3 mai 1936, le maire de Morlaix Bourgot vient jouer les troubles fêtes en prenant la place laissée vacante par le candidat de droite, et soutenant le camp hostile au Front populaire. Malgré cela, Tanguy Prigent est élu et comme député, va défendre l'intérêt de la paysannerie pauvre et de la coopération. A l'automne 1936, le maire François Bourgot décède à 57 ans.

Une élection municipale partielle a lieu pour élire un nouveau conseiller municipal. Au premier tour, Guy Le Normand arrive en tête pour la SFIO avec 1038 voux, devançant le républicain socialiste Aimé Tourmen (965 voix) et le communiste Tanguy (197 voix) qui se retire au second tour au profit de la SFIO et de Guy Le Normand. Guy Le Normand est élu au second tour mais quand l'ensemble des conseillers municipaux procède au remplacement du maire défunt, c'est Olivier Le Jeune, adjoint de Bourgot depuis 1928? qui est élu maire. Ce morlaisien né en 1887, médecin, fils de comptable, qui s'engagea dans la colonisation du Maroc, fut professeur à l'école de médecine navale à Brest jusqu'en 1924, est un chrétien modéré qui apparaît à la population comme un homme discret, juste, équitable, travailleur, moins excentrique, truculent et imprévisible que Burgot.  "C'est donc, précise Damien Chaussec, un notable de la droite chrétienne âgé de 49 ans qui gère la mairie à partir de décembre 1936. Responsable d'un conseil municipal hétérogène sur le plan de la représentation politique, il collabore avec des républicains socialistes et un haut responsable de la SFIO locale (Guy Le Normand). En 1937, le socialiste Guy Le Normand est élu conseiller général du canton de Morlaix face au radical socialiste, le cultivateur Hervé l'Eleouet, bénéficiant du désistement du cheminot communiste Louis Nédelec (98 voix au premier tour). En 1938, Olivier Le Jeune est élu sénateur, accompagnant à Paris les sénateurs finistériens Victor Le Gorgeu (ex-socialiste hostile au front populaire), François Halna du Fretay, Fernand Lancien. En 1940, le sénateur-maire de Morlaix Olivier Le Jeune va voter les pleins pouvoirs à Pétain, contrairement au député Tanguy Prigent, ou encore au sénateur Victor Le Gorgeu.  

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 14:26
Photo Pierre-Yvon Boisnard, 6 novembre 2021

Photo Pierre-Yvon Boisnard, 6 novembre 2021

Photo Pierre-Yvon Boisnard, 6 novembre 2021

Photo Pierre-Yvon Boisnard, 6 novembre 2021

Présence du PCF sur le marché de Morlaix ce samedi 6 novembre 2021

Après avoir tracté auprès des salariés des entreprises Sermetta et Bosh, les communistes morlaisiens étaient présents sur le marché de Morlaix ce samedi matin, place des Otages et place Allende, pour distribuer le tract de Fabien Roussel sur le soutien au pouvoir d'achat des français et le journal santé du PCF en Bretagne, A cœur ouvert, édition octobre 2021.

Une vingtaine de milliers de tracts sont également distribués pendant 3 semaines sur tous les quartiers de Morlaix et une partie des communes du pays de Morlaix.

Des tracts de la JC seront aussi à distribuer aux Etudiants IUT Morlaix et aux Lycéens du Lycée de Morlaix 

Des journaux A cœur ouvert seront également distribués à l'hôpital.

Les communistes morlaisiens se réuniront en Assemblée Générale le mardi 9 novembre, à 18h, après une réunion de débat et de réflexion thématique sur la question des énergies le 2 novembre qui a été très riche et intéressante.

Mardi 9 novembre 2021 : AG PCF Morlaix (18 h – local PCF MORLAIX)

Samedi 13 novembre 2021 : AG PCF Finistère (10 h – 16 h / Salle polyvalente, 2 Place de l’Eglise 29140 KERNEVEL en plein cœur du bourg)


Cette Assemblée Générale sera l’occasion de faire un point sur l’activité de la fédération, des sections du Finistère, de débattre de l’actualité sociale et politique, de nos actions, la campagne des élections présidentielles et des élections législatives.

Après une matinée de débats, un apéritif convivial suivi d’un repas (couscous, fromage, tarte) est prévu à 12 h 30 sur inscription (participation de 10€ demandée). A l'issue de ce repas les débats reprendront à 14h.

Mercredi 24 novembre 2021 : réunion du Comité des Jours Heureux du Pays de Morlaix (18 h – local PCF Morlaix)

Samedi 27 et Dimanche 28 novembre 2021 : Fête de l’Huma Bretagne à Lanester.

Ce sera le retour de la Fête de l’Huma Bretagne à Lanester.

  • Merci de noter cette date dans ton agenda.
  • Des billets d’entrée à cette fête pourront être acheté lors de l’AG du mardi 9 novembre ou lors de la réunion du Comité des Jours Heureux.
  • Un car permettra de rallier la Fête le dimanche 28 novembre : on peut s’inscrire en réponse à ce courriel ou lors de l’AG du mardi 9 novembre.

 

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28 octobre 2021 4 28 /10 /octobre /2021 06:26
Campagne présidentielle de Fabien Roussel - Lancement du comité des jours heureux du pays de Morlaix ce mercredi 27 octobre
Campagne présidentielle de Fabien Roussel - Lancement du comité des jours heureux du pays de Morlaix ce mercredi 27 octobre
Campagne présidentielle de Fabien Roussel - Lancement du comité des jours heureux du pays de Morlaix ce mercredi 27 octobre
Campagne présidentielle de Fabien Roussel - Lancement du comité des jours heureux du pays de Morlaix ce mercredi 27 octobre
Campagne présidentielle de Fabien Roussel - Lancement du comité des jours heureux du pays de Morlaix ce mercredi 27 octobre

Ce mercredi 27 octobre, 26 personnes ont participé à la réunion de lancement du comité des jours heureux pour organiser la campagne présidentielle de Fabien Roussel sur le territoire du pays de Morlaix.

Ce comité des jours heureux est un comité de soutien (pour s'y inscrire: comite.jh.morlaix@gmail.com) à Fabien Roussel en même temps qu'un lieu d'organisation de la campagne militante, d'animation et de débat. Le but est de rassembler les citoyennes et citoyens qui veulent s'engager auprès de Fabien Roussel, faire connaître nos propositions et notre candidat. 

Nous avons parlé de nos priorités de campagne: avenir de notre jeunesse, partage des richesses, nationalisations, réindustrialisation, transition écologique, remise en cause des institutions de la Ve République et nouvelle République plus démocratique, lutte contre l'évasion fiscale, augmentation des salaires, accès universel au logement, nouveau projet de société tenant compte de l'emprise grandissante du numérique et de la robotisation, de la mondialisation et de la précarisation des travailleurs.

Des points de distribution de tracts ont été définis: Entreprise Bosh à Saint-Thégonnec le jeudi 28 octobre, Service Environnement de la communauté d'agglomération le mercredi 3 novembre, Sermetta le jeudi 4 novembre, marché de Morlaix le samedi 6 novembre, plus un point de rencontre et de répartition des tracts pour le pays de Morlaix le samedi 30 octobre à 11h au local du PCF pays de Morlaix, 2 petite rue de Callac à Morlaix. 

La prochaine assemblée du Comité des Jours Heureux du Pays de Morlaix est fixée le mercredi 24 novembre à 18h, au local du PCF, 2 petite rue de Callac à Morlaix. Nous discuterons des propositions du programme présidentiel de Fabien Roussel et des arguments que l'on peut opposer à ceux qui les critiquent ou les jugent irréalistes. 

N'hésitez pas nous rejoindre ! A adhérer au comité de soutien à Fabien Roussel. 
 
Contact : comite.jh.morlaix@gmail.com
Page Facebook: https://www.facebook.com/Comit%C3%A9-Jours-Heureux-Morlaix-107488178399232/
Campagne présidentielle de Fabien Roussel - Lancement du comité des jours heureux du pays de Morlaix ce mercredi 27 octobre
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28 octobre 2021 4 28 /10 /octobre /2021 06:07
27 octobre - Réunion de préparation du stand Finistère de la fête de l'Humanité Bretagne de Lanester à Morlaix

Nous avions hier une réunion de préparation du stand PCF Finistère de la fête de l'huma Bretagne a Morlaix. Avec Denis, Rolland, Christian, Catherine, Marion, Jean-Louis, Michel, et Ismaël

C'est dans un mois, 27 et 28 novembre, au parc des expositions du pays de Lorient sur Lanester !

Le Finistère aura son stand avec restaurant (Kig-ha-Farz, Pommes de terre-Saucisses de Molène, Huîtres, Fruits de Mer) et son bar.

Pour s'inscrire comme bénévole sur le stand du Finistère (service le samedi midi, le samedi soir, le dimanche midi, préparation cuisine, cuisine pendant le service, préparation huître, fruits de mer, caisse, bar, etc.), contact: dupont.ismael@yahoo.fr

Pour acheter des places (17€ le bon de soutien donnant droit à l'entrée les 2 jours), contactez les sections du PCF.

27 octobre - Réunion de préparation du stand Finistère de la fête de l'Humanité Bretagne de Lanester à Morlaix
27 octobre - Réunion de préparation du stand Finistère de la fête de l'Humanité Bretagne de Lanester à Morlaix
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26 octobre 2021 2 26 /10 /octobre /2021 06:09
Comité des jours heureux - Réunion de lancement à Morlaix: mercredi 27 octobre, 18h, 2 petite rue de Callac

Chers amis, chers camarades, citoyens, syndicalistes, militants associatifs, vous qui luttez avec nous pour le progrès social et humain, les droits des plus démunis, on vous attend nombreux à la:

réunion de lancement du comité des jours heureux du pays de Morlaix pour la campagne présidentielle de Fabien Roussel

le mercredi 27 octobre à 18h au local du PCF Pays de Morlaix à Morlaix, 2 petite rue de Callac.

Réunion d'échange conviviale sur la construction de notre campagne présidentielle au niveau local suivie d'un apéro en commun!

Possibilité de repartir avec des tracts, des affiches, des documents de campagne, et le livre de Fabien Roussel "Les jours heureux".

Comité des jours heureux - Réunion de lancement à Morlaix: mercredi 27 octobre, 18h, 2 petite rue de Callac
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24 octobre 2021 7 24 /10 /octobre /2021 08:21
Morlaix. Dans le médico-social, « nos métiers sont de plus en plus compliqués »

​Une centaine de salariés des Genêts d’or, de la Fondation Ildys, des Papillons blancs ou encore du foyer de vie de Sizun étaient rassemblés devant le nouvel IME de Plourin-lès-Morlaix (Finistère). Ils dénoncent un manque d’écoute de part de leur direction, pointent du doigt les promesses non tenues autour des revalorisations salariales et des conditions de travail qui se dégradent.

« On se sent incompris », relève Fabien Huguet, délégué de la CGT au foyer des Genêts d’or. Le piquet de grève est planté devant le nouvel institut médico-éducatif (IME) de l’association, à Plourin-lès-Morlaix (Finistère). Une centaine de salariés venant aussi de la Fondation Ildys, des Papillons blancs ou encore du foyer de vie de Sizun se sont rassemblés non loin de l’entrée, ce vendredi 22 octobre 2021.

L’IME aurait dû être inauguré ce même jour, en présence des financeurs et de la direction générale. Mais cette dernière a annulé. « Nous avions peur que cela perturbe les personnes que nous accompagnons. Je comprends la déception des salariés », déclare Joël Goron, directeur général des Genêts d’or, contacté par téléphone.

« Ça nous enlève de la visibilité »

Il a également réaffirmé le « plein engagement de notre association dans la mobilisation en cours pour l’obtention d’une juste reconnaissance des professionnels de notre secteur ».

Un paradoxe total pour les grévistes. « Je ne vois pas où est leur solidarité. L’annulation de l’inauguration a découragé certains à se mobiliser. Et ça nous enlève de la visibilité », peste Fabien Huguet.

Arrêts maladies, démissions, inégalités salariales

 

Les Genêts d’or, comme d’autres structures du médico-social, ne sont pas loin de la surchauffe. Les directeurs d’établissements l’ont dénoncé devant la préfecture de Quimper, le 6 octobre 2021 . « Il y a un problème de revalorisation salariale. Mais on a un autre souci au sein de l’association, et il faut le régler vite », prévient le délégué syndical. Par exemple, à la Maison d’accueil spécialisée de Ploujean à Morlaix, 20 % des salariés sont en arrêt de travail. « Nos métiers sont de plus en plus compliqués. Les salariés sont épuisés et ils démissionnent. Ça a un impact sur la qualité de notre accueil. »

Même son de cloche pour ces salariées du foyer de vie de Sizun, « cinquième roue du carrosse ». L’une d’entre elles rappelle qu’en travaillant à 80 %, elle ne gagne que 1 000 €. « On subit des pressions avec nos contrats d’un an renouvelable. Ça nous incite à accepter tous les remplacements ou les week-ends. »

Conséquence : des problèmes de recrutements. Rien qu’aux Genêts d’or, 106 postes sont vacants. « Il y a un effet cumulatif jamais vu dans ce secteur, reconnaît Joël Goron. Et les perspectives du Ségur créent des inégalités au sein de nos équipes : au 1er janvier 2022, seulement 10 % de notre personnel touchera la prime de 183 €. » Il appelle ainsi, comme les manifestants, à une généralisation du Ségur dans le médico-social. Le collectif employeurs-syndicats, créé à cette occasion, va remettre une pétition aux huit députés et quatre sénateurs bretons pour qu’ils interviennent concrètement auprès du gouvernement.

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20 octobre 2021 3 20 /10 /octobre /2021 16:44
Pour le maintien du lien ferroviaire entre Morlaix et Roscoff - Communiqué de la CGT Cheminots, 18 octobre 2021

SYNDICAT CGT DES CHEMINOTS

DES PAYS DE MORLAIX ET DE LANDIVISIAU


 

Pour le maintien du lien ferroviaire entre Morlaix et Roscoff

 

Le syndicat CGT des cheminots de Morlaix se réjouit du débat actuel sur la pertinence du maintien du lien ferroviaire entre Morlaix et Roscoff.

Notre syndicat a longtemps milité pour le développement de la ligne puis aujourd’hui pour sa réouverture.

L’abandon de la ligne n’est pas dû à la malchance (ou plutôt l’opportunité) de la survenue d’une inondation en juin 2018. L’arrêt d’exploitation était déjà programmé pour janvier 2019. L’absence d’entretien a conduit à une limitation de vitesse associée avec des horaires aberrants rendant la ligne peu attractive puis à la programmation de son abandon.

La situation actuelle n’est pas un statu quo. La plateforme ferroviaire, les ouvrages en terre, le drainage se dégradent et seront source de surcoûts importants lors des travaux de réhabilitation s’ils ont lieu. Et la végétation reprend ses droits. Si les arbres participent activement à la lutte contre le réchauffement, il n’est pas certains que la présence d’arbres au milieu des voies ferrées soit des plus vertueuses ! Une maintenance minimale permettant de conserver un environnement compatible avec la mise en place d’une voie ferrée est une mesure conservatoire indispensable

A l’heure où la lutte contre le réchauffement climatique est unanimement reconnue comme une priorité, l’abandon d’une voie ferrée semble anachronique. Rappelons que le frottement acier sur acier propre au chemin de fer est très faible, permettant d’économiser l’énergie et que les progrès techniques récents permettent d’assurer une circulation entièrement décarbonée, même sur une voie non électrifiée.

Nous rappelons également que la route et son entretien ne sont pas gratuits et que l’opposition entre une route gratuite et un chemin de fer dispendieux est un faux débat.

Nous comprenons l’intérêt porté à la mise en place d’une voie verte tant les paysages offerts par la ligne sont attractifs mais nous pensons que le voie ferrée offre ce paysage au plus grand nombre, que le train permet un transport aisé des bicyclettes (cette prestation particulière étant presque toujours gratuite) et qu’il permet bien d’autres usages que les déplacements touristiques. Par ailleurs, nous rappelons qu’il existe de nombreux exemples de plateformes mixtes permettant la circulation ferroviaire et le déplacement piéton et cycliste au prix évidemment d’une séparation sécurisée des flux.

Nous persévérons dans notre demande d’une table ronde réunissant les différents acteurs concernés par la ligne Morlaix Roscoff et nous demandons un complément d’étude socio-économique intégrant le fret afin que le port de Roscoff puisse bénéficier de l’inscription du port de Brest Roscoff dans le RTE-T (Réseau transeuropéen de transport).

18 octobre 2021.

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20 octobre 2021 3 20 /10 /octobre /2021 16:39
Vendredi 12 novembre - Conférence d'Anne Guillou sur Nathalie Le Mel à la Maison du Peuple de Morlaix

A l'occasion du 150ème anniversaire de la Commune de Paris et du 100ème anniversaire du décès de la Communarde Nathalie Le Mel, Anne Guillou, écrivaine et sociologue, évoquera l'engagement et la vie de cette communarde bretonne née à Brest, ouvrière, syndicaliste, féministe, combattante de l'égalité et de la solidarité.

Maison du Peuple de Morlaix - 12 novembre 18h00.

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20 octobre 2021 3 20 /10 /octobre /2021 06:26
Waiting for Gaza! - Ciné-débat au cinéma La Salamandre ce mercredi 20 octobre à 20h30 avec le réalisateur Guillaume Kozakiewiez

Au Cinéma La Salamandre - au SEW à l'ancienne Manufacture royale des Tabacs à Morlaix

Mercredi 20 octobre à 20h30, vous sera proposé le documentaire Waiting for Gaza sur les réalisateurs Arab et Tarzan Abu Nasser en présence de son réalisateur Guillaume Kozakiewiez. Alors que nous vous proposons cette semaine leur dernier film GAZA MON AMOUR!!!

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13 octobre 2021 3 13 /10 /octobre /2021 06:32
Cinéma L'étoile à Carantec - WEEK-END DE SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE AFGHAN les 22 et 23 octobre 2021 avec la projection de 4 films et des temps de débat

ÉVÉNEMENT EXCEPTIONNEL AU CINÉMA L’ÉTOILE DE CARANTEC

WEEK-END DE SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE AFGHAN

AVEC LE SOUTIEN DE LA MUNICIPALITE DE CARANTEC

 

VENDREDI 22 ET SAMEDI 23 OCTOBRE 2021

EN PRÉSENCE DES RÉALISATEURS ET JOURNALISTES

TÉMOINS DIRECTS DE L’ACTUALITÉ

DÉBAT ANIMÉ PAR ALAIN MINGAM

 

Séance : 10 euros. La recette du week-end sera reversée à une association de femmes afghanes.

La destruction par les talibans en 2001 des boudhas géants de Bamyan avait provoqué un électrochoc à la face du monde. Le 15 août dernier suite à la débâcle des armées américaines et afghanes - est revenu au pouvoir un régime obsédé par le souci de rétrograder la femme au rang « d’esclave, d’animal domestique ». Assignées de nouveau à résidence dans la prison grillagée de leur burqa, les femmes afghanes luttent pour leur survie, contre ce constat qui accuse la bêtise humaine, la lâcheté. Pour faire appel à notre solidarité - avec pour éclatantes preuves

2 documentaires et 2 films inoubliables.

MASSOUD L’HÉRITAGE de Nicolas Jallot (documentaire - 52mn) Ce film raconte la vie du légendaire Commandant Massoud, depuis sa jeunesse, sa lutte armée contre l’envahisseur soviétique, À la fois le portrait d’un homme et d’un peuple, ce film révèle les dessous du dernier conflit de la Guerre froide, et de la naissance des Taliban. Une épopée toujours d’actualité car l’Histoire se répète en Afghanistan avec le retrait des Américains, le retour des Taliban et la menace Al Qaeda et de Daech ! Dans ce film, Ahmad, le fils de Massoud retrace la vie de son père et rappelle qu’au-delà de l’homme, c’est un état d’esprit, une volonté de résistance et de liberté.  Vendredi 22 octobre à 17h.

OSAMA de Sedigh Barmak (1h23)

L'Afghanistan au début du règne des taliban. Une jeune fille de 12 ans vit avec sa famille. Tous ont réussi à échapper à la répression brutale qui a suivi les manifestations de femmes afghanes. Comme les deux hommes de la maison - l'oncle et le père de l'adolescente - sont morts, la jeune fille, sa mère et sa grand-mère sont contraintes de rester cloîtrées. Les trois femmes décident que l'adolescente va désormais se faire passer pour un garçon sous le nom d’Osama avec un destin qui va très vite être bouleversé... Vendredi 22 octobre à 20h45.

VOYAGE AU CŒUR DES TALIBANS de Véronique de Viguerie, Paul Comiti et Régis Sommier. (documentaire - 54mn)

Le 15 août 2021, Kaboul, la capitale de l'Afghanistan, tombaient aux mains des taliban. Quelques semaines auparavant Régis Le Sommier et Véronique de Viguerie sont allés enquêter dans les territoires administrés par les nouveaux maîtres du pays. Les journalistes racontent ainsi comment les hommes et les femmes sont soignés séparément dans les hôpitaux, les stocks d'armes récupérés après la fuite de l'armée régulière ou encore comment fonctionnent désormais les tribunaux où les juges sont sommés de faire appliquer la chariaSamedi 23 octobre à 17 heures.

SYNGUÉ SABOUR de Atiq Rahimi (1h43)

Dans Kaboul sinistrée, un héros de guerre réfugié chez lui git dans le coma. Sa femme à son chevet prie pour le ramener à la vie. La guerre fratricide déchire la ville avec les combattants à sa porte. La femme est forcée à l’amour par un jeune taliban. Contre toute attente, elle prend conscience de son corps, libère sa parole auprès de son mari. Celui-ci, malgré lui, devient sa « syngué sabour », sa pierre de patience, pierre magique que l’on évoque pour lui souffler tous ses secrets, ses souffrances… jusqu’à ce qu’elle éclate. Samedi 23 octobre à 20h45.

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