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10 janvier 2018 3 10 /01 /janvier /2018 20:32
Tableau peint sur journal de Zehra Dogan, journaliste turque d'origine kurde féministe de 28 ans emprisonnée pour un dessin dénonçant une démolition de village kurde par l'armée d'Erdogan, en prison et condamnée à 2 ans et 9 mois de prison

Tableau peint sur journal de Zehra Dogan, journaliste turque d'origine kurde féministe de 28 ans emprisonnée pour un dessin dénonçant une démolition de village kurde par l'armée d'Erdogan, en prison et condamnée à 2 ans et 9 mois de prison

SNJ-CGT, SNJ,CFDT Journalistes
 

Erdogan : la montagne de promesses a accouché d’une souris
 

La visite à Paris du chef de l’Etat turc Recep Tayyip Erdogan a-t-elle permis d’avancer sur la question sensible des droits de l’Homme et de la liberté d'expression afin d'endiguer la répression tous azimuts dans ce pays depuis le coup d’Etat manqué de juillet 2016 ?
La montagne semble avoir accouché d’une souris. Car même si le président français Emmanuel Macron affirme avoir remis une liste de détenus victimes de l’autocratie,
les réponses du président turc et l’agression verbale contre un journaliste lors de la conférence de presse laissent peu d’espoir.
Les portes des geôles turques risquent de rester fermées notamment pour nos 150 confrères turcs et kurdes emprisonnés, faisant de la Turquie la plus grande prison
de journalistes au monde. La libération de tous les détenus d’opinion ne surviendra pas rapidement sans des pressions fortes de la France et de l’Europe.
Mais pour l’heure, le séjour à Paris de M. Erdogan aura servi avant tout à signer un contrat d’études dans la défense aérienne et antimissile impliquant le consortium franco-italien Eurosam.
Les syndicats français de journalistes et de nombreuses associations de défense des droits de l'Homme avaient à juste titre qualifié cette visite de véritable provocation. Audelà
des journalistes embastillés, nous n'oublions pas les 55 000 enseignants, syndicalistes, chercheurs, juges, etc. arrêtés depuis juillet 2016 et les 140 000 salariés limogés en Turquie. Mais aussi la répression féroce au Kurdistan et l'arrestation des députés et édiles kurdes.
Nous maintenons nos exigences :
- la libération des journalistes emprisonnés ;
- la réouverture des médias fermés par le pouvoir ;
- le retour au pluralisme ;
- le retour à la liberté d'expression ;
- la réintégration de tous les bannis d’Erdogan.
Nous demandons à la FIJ d’interpeller le Conseil de l’Europe pour que la Turquie soit suspendue de l’Assemblée parlementaire de cette organisation tant qu'Istanbul violera la Convention européenne des droits de l’Homme.
Paris, le 10 janvier 2018

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10 janvier 2018 3 10 /01 /janvier /2018 20:26
Migrants disparus en mer: les politiques de l'UE et des Etats membres sont responsables (PCF, 10 janvier 2018)

Migrants disparus en mer : Les politiques de l'UE et des États membres sont responsables (PCF)

Une fois encore, la Méditerranée s'est transformée en cimetière.
Ces derniers jours, ce sont plus d'une centaine d'hommes et de femmes migrants qui ont péri en mer ou sont disparus dans le naufrage de leur embarcation.
Une fois encore, ce sont les politiques de l'Union européenne et des États membres qui sont responsables de ces drames.
Car la solution est connue : la mise en place de voies de passage sécurisées pour permettre à ces exclus de rejoindre l'Europe et de fuir l'enfer libyen.

Pierre Laurent, en visite hier au Centre d'accueil d'urgence Porte de la Chapelle, a eu l'occasion de rappeler l'inhumanité de cette politique. En présence de Bruno Morel, directeur général d’Emmaüs solidarité et de Paul Duprez, son président, il a souligné le rôle remarquable de ce centre. Il a rappelé l'exigence du retrait de la circulaire du 12 décembre (condamnée par toutes les associations) autorisant l'inspection dans les centres d'accueil des migrants et de leur situation administrative.
Pierre Laurent a également condamné les mesures annoncées de la prochaine loi migratoire par Emmanuel Macron, qu'il a qualifié de « particulièrement dure » qui place en priorité une politique d'exclusion massive et de dissuasion migratoire.

Parti communiste français,
Paris, le 10 janvier 2018.

Migrants disparus en mer: les politiques de l'UE et des Etats membres sont responsables (PCF, 10 janvier 2018)
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9 janvier 2018 2 09 /01 /janvier /2018 20:29
Amalgame entre antisionisme et antisémitisme, la faute grave de Macron (Dominique Vidal, entretien avec Pierre Barbancey, L'Humanité - 9 janvier 2018)
Amalgame entre antisionisme et antisémitisme, la faute grave de Macron (Dominique Vidal, entretien avec Pierre Barbancey, L'Humanité - 9 janvier 2018)

DANS "L'HUMANITÉ" - 9 janvier 2017

« Amalgame entre antisionisme et antisémitisme, la faute grave de Macron »

Journaliste et historien, auteur de nombreux ouvrages consacrés au Proche-Orient, Dominique Vidal s’élève, contre les accusations d’antisémitisme qui frappent tous les critiques d’Israël dans un nouveau livre: "Antisionisme = antisémitisme ? Réponse à Emmanuel Macron" (Libertalia, Paris, 2018).

PIERRE BARBANCEY: Si l’on en croit Emmanuel Macron, Manuel Valls ou encore Anne Hidalgo, toute critique d’Israël relèverait de l’antisémitisme. Cela ne masque-t-il pas un autre discours ?

DOMINIQUE VIDAL: Sans ignorer Manuel Valls et Anne Hidalgo, qui font du zèle, ce qui me paraît le plus grave, c’est l’initiative prise le 16 juillet 2017 par le président de la République. Non content d’inviter – pour la première fois – le Premier ministre israélien, incarnation de l’ultranationalisme, à la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv et de lui donner du « cher Bibi », il a repris à son compte – pour la première fois aussi – l’amalgame de la propagande israélienne entre antisionisme et antisémitisme. C’est une faute politique, car on ne saurait transformer une opinion en délit. Les sionistes prétendent interdire l’antisionisme. Les communistes exigent-ils l’interdiction de l’anticommunisme, les gaullistes celle de l’antigaullisme ou les ultralibéraux celle de l’altermondialisme ?

Cette faute politique se double d’une erreur historique. Jusqu’en 1939, l’écrasante majorité des Juifs rejetait le projet sioniste. Et si, ensuite, le génocide nazi a poussé nombreux d’entre eux vers la Palestine, la majorité ne vit toujours pas en Israël. La majorité des Juifs du monde est-elle antisémite ?

Cette manœuvre est couse de fil blanc : il s’agit pour Benyamin Netanyahou de faire taire les critiques de sa politique. De fait, il n’a jamais été aussi isolé dans l’opinion mondiale.

PIERRE BARBANCEY: Les États-Unis viennent de reconnaître Jérusalem « capitale d’Israël ». Est-ce un tournant dans la politique états-unienne? Quelles peuvent en être les conséquences ?

DOMINIQUE VIDAL: Non seulement cette décision viole les résolutions de l’ONU, mais elle tourne le dos aux positions affichées, de longue date, par leur diplomatie : contre la colonisation, pour deux États ayant chacun leur capitale à Jérusalem. Ce parjure sème le doute sur la parole des États-Unis et les disqualifie comme médiateurs.

Malgré l’isolement de Trump à l’ONU, cette provocation risque d’avoir de graves conséquences. Car elle encourage la radicalisation de la droite et de l’extrême droite au pouvoir à Tel-Aviv qui, tout en accélérant la colonisation, veulent désormais annexer le reste de la Palestine. La Knesset a adopté une loi en ce sens le 6 février dernier. Une autre permettra l’annexion des cinq blocs de colonies situés à l’est de Jérusalem, « bétonnant » l’hégémonie juive dans la ville et interdisant la naissance d’une capitale palestinienne. Sans parler de la nouvelle loi « verrouillant » Jérusalem. Même le Likoud, jusqu’ici plus prudent, exige l’annexion de la Cisjordanie.

Au-delà, le président américain pourrait porter un coup mortel à la solution des deux États, au profit d’un seul État où les Palestiniens n’auraient aucun droit – un apartheid à l’israélienne...

PIERRE BARBANCEY: La politique française au Proche-Orient a-t-elle changé depuis l’accession à la présidence d’Emmanuel Macron ?

DOMINIQUE VIDAL: Franchement, la politique proche-orientale du président de la République donne le tournis. Officiellement, il se prononce pour la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël avec Jérusalem-Est pour capitale. Mais il refuse de reconnaître cet État pourtant entré à l’ONU et à la Cour pénale internationale. En revanche, il semble être intervenu, fin 2017, en faveur de la libération de Salah Hamouri – il était temps !

Mais il n’y a pas que la situation en Palestine. La France d’Emmanuel Macron est absente du conflit syrien comme du chaos libyen. Elle se pose en libératrice du Premier ministre libanais, mais se tait devant les crimes perpétrés par l’Arabie saoudite et ses alliés au Yémen… À quand une grande initiative pour faire baisser la tension entre Ryad et Téhéran et empêcher qu’elle ne débouche sur une guerre régionale ?

PIERRE BARBANCEY: Revenons sur la campagne menée par Boycott-Désinvestissement-sanction (BDS).

DOMINIQUE VIDAL: Sous la pression d’Israël et de ses inconditionnels français, Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient mis le doigt dans l’engrenage de la criminalisation. Mais sur des milliers d’action, seules quelques-unes avaient été jugées.

Car ce n’est pas si simple. Il n’existe pas de loi réprimant le boycott. Et le jugement de la Cour de cassation de 2015 pourrait être « retoqué » par la Cour européenne des droits de l’Homme. Federico Mogherini, la ministre européenne des Affaires étrangères, a précisé : « L’Union européenne se positionne fermement pour la protection de la liberté d’expression et de la liberté d’association, en cohérence avec sa Charte des droits fondamentaux, qui est applicable au territoire des États membres, y compris en ce qui concerne les actions BDS. »

C’est une question de liberté, mais aussi d’efficacité dans la solidarité. Car il y a le boycott militant, mais aussi institutionnel : quand le Fonds de pension pour l’avenir de Norvège, la Danske Bank, la société de sécurité G4S ou encore Veolia et Orange se retirent des Territoires occupés, voire d’Israël, on comprend l’inquiétude des dirigeants israéliens. En qualifiant BDS de « menace stratégique majeure », Netanyahou nous montre le chemin. La meilleure réponse à la radicalisation de Tel-Aviv et de Washington, c’est BDS !

Amalgame entre antisionisme et antisémitisme, la faute grave de Macron (Dominique Vidal, entretien avec Pierre Barbancey, L'Humanité - 9 janvier 2018)
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9 janvier 2018 2 09 /01 /janvier /2018 20:20
Jérusalem

Jérusalem

La majorité au pouvoir en Israël durcit les lois contre les migrants et les « terroristes ». Une liste d’organisations internationales interdites de territoire est publiée.

La droite et l’extrême droite israéliennes se sentent pousser des ailes. En l’espace de quelques semaines, via le gouvernement ou leur majorité à la Knesset (le Parlement), elles ont pris une série de mesures au caractère nettement fascisant. Qu’on en juge : le 3 janvier, Israël a annoncé le lancement d’un programme destiné à imposer à près de 40 000 migrants en situation irrégulière de choisir entre leur expulsion ou leur incarcération. La majorité sont des Érythréens et des Soudanais qui ne peuvent rentrer chez eux, au vu de la situation. Le régime érythréen a été accusé par l’ONU de crimes contre l’humanité « généralisés et systématiques ». Quant au Soudan, son président, Omar Al Bachir, fait l’objet de mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre, contre l’humanité et génocide. Qu’à cela ne tienne, Tel-Aviv s’est empressé de signer des accords avec le Rwanda et l’Ouganda afin qu’ils acceptent sur leur sol les migrants chassés d’Israël et à qui il aura été remis un billet d’avion et près de 3 000 euros. Pour solde de tout compte ? Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a exprimé son inquiétude face aux mesures du gouvernement israélien, rappelant notamment qu’Israël avait « des obligations légales s’agissant de la protection des réfugiés ».

Nettoyer Israël de tout ce qui n’est pas juif

Benyamin Netanyahou semble bien disposé à aller jusqu’au bout sur toutes les questions qui, à terme, reflètent son but ultime : nettoyer Israël de tout ce qui n’est pas juif, purifier la société israélienne en utilisant tous les moyens à disposition et, s’ils ne sont pas suffisants, en faisant voter de nouvelles lois à la Knesset. Un projet de loi prônant la peine de mort pour les « terroristes », c’est-à-dire, dans le vocabulaire de l’extrême droite israélienne, les Palestiniens, a été adopté toujours le 3 janvier, en lecture préliminaire au Parlement. La peine capitale est prévue dans la loi militaire israélienne en Cisjordanie occupée, mais n’a jamais été prononcée. Jusqu’à présent, son application nécessitait l’accord unanime des trois juges du tribunal. La majorité (deux sur trois) suffirait désormais si le texte était définitivement adopté.

Enfin, ce pays, qui se présente comme « la seule démocratie du Moyen-Orient », se comporte en réalité comme la pire des dictatures. Les autorités israéliennes viennent en effet de publier une liste de 20 organisations de par le monde dont les membres ne seront plus autorisés à entrer en Israël à cause de leur soutien à la campagne Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS). En tête de liste européenne, l’Association France Palestine solidarité (AFPS). On trouve également des organisations britanniques (dont l’une dans laquelle se trouve Jeremy Corbyn, dont on se demande comment fera Israël s’il devient premier ministre de Grande-Bretagne !), mais aussi américaines comme The American Friends Service Committee, lauréate du prix Nobel de la paix en 1947, pour avoir aidé et sauvé des victimes du nazisme, ainsi que Jewish Voice for Peace. En clair, Tel-Aviv interdit même à des juifs de se rendre en Israël ! Notons que l’occupation étant ce qu’elle est, il sera donc impossible à ces organisations de rencontrer les associations palestiniennes en Cisjordanie, puisque, pour s’y rendre, il faut passer par Israël. « Nous ne nous laisserons pas intimider, a fait savoir Bertrand Heilbronn, président de l’AFPS. Nous allons demander d’urgence un rendez-vous au président de la République et au ministre des Affaires étrangères. »

Grand reporter
Israël: : liste noire et peine de mort au menu de Netanyahou (Pierre Barbancey, l'Humanité, 9 janvier 2018)
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9 janvier 2018 2 09 /01 /janvier /2018 20:15
Corruption: le fils de Netanyahou incrimine son père dans un enregistrement
 PAR 

Enregistré au terme d’une nuit de débauche à Tel Aviv en 2015, Yaïr, le fils du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, affirme que son père aurait intercédé pour qu’un homme d’affaires empoche plus de 16 milliards d’euros dans le cadre d’un accord gazier.

Jérusalem, de notre correspondante.– L’origine de l’enregistrement reste inconnue, mais la chaîne Arutz 2, qui l’a dévoilé lundi, assure qu’il a été diffusé légalement. La scène se déroule un vendredi soir de l’été 2015. Yaïr Netanyahou, 24 ans à l'époque, fils aîné du premier ministre israélien, se trouve dans une voiture en compagnie de deux amis. Il y a Ori Maïmon, fils de l’homme d’affaires israélien Kobi Maïmon. Et Roman Abramov, que les médias israéliens soupçonnent d’avoir été embauché indûment par le milliardaire australien James Parker, proche de Benjamin Netanyahou.

Les trois amis viennent de sortir d’un club de strip-tease du centre de Tel Aviv. Visiblement éméchés, ils plaisantent sur leur nuit de débauche et les sommes qu’ils ont dépensées. Ori Maïmon se vante notamment d’avoir payé une addition de 2 400 shekels, soit près de 600 euros. Soudain, la conversation prend un tour politique. « Mon père a fait gagner 20 milliards de dollars [plus de 16 milliards d’euros – ndlr] au tien, tu peux bien me donner 400 shekels [environ 100 euros] », lance Yaïr Netanyahou à Ori Maïmon.« Mon frère, tu dois le reconnaître : mon père a beaucoup fait pour le tien, il s'est battu à la Knesset [le Parlement israélien] pour ça. »

Le fils du premier ministre fait clairement référence à l’accord approuvé en août 2015 par le gouvernement Netanyahou pour l’exploitation des champs gaziers découverts en Méditerranée. Le père d’Ori, Kobi Maïmon, est un des principaux actionnaires de Isramco, l’une des compagnies qui possèdent les champs gaziers offshore de Tamar, au large d’Israël.

Controversé, l’accord en question a été retardé de nombreux mois en raison de l’opposition de la commission israélienne antitrust et du ministre de l’économie de l’époque, Aryé Deri. Ce dernier avait refusé de recourir à une dispense spéciale prévue par la loi israélienne pour autoriser un monopole à opérer dans le pays, par exemple pour des questions de sécurité. Pour forcer la conclusion de l’accord, Benjamin Netanyahou avait finalement organisé et obtenu un vote au Parlement israélien début septembre 2015.

Au cours de l’enregistrement, Yaïr Netanyahou et ses deux amis s’inquiètent du caractère explosif de leur conversation et du fait qu’elle puisse être rendue publique. « Si cela sort, ce sera l’enfer », prévient Ori Maïmon. Détail important, ce soir-là, Yaïr Netanyahou et ses deux comparses ne sont pas seuls. Le fils du premier ministre est en effet accompagné d’un chauffeur et d’un agent de sécurité payés par l’État israélien. Les trois amis commencent alors à menacer le garde du corps sur le ton de la rigolade. « S’il est viré, nous serons obligés de le tuer », lance Roman Abramov. « Fais attention si tu démissionnes, mon frère, tu pourrais mourir », le mettent-ils en garde.

Au-delà du fond politique de l’affaire, la bande-son présente une image désastreuse du fils du premier ministre israélien. Tout au long de la conversation, Yaïr Netanyahou tient des propos dégradants au sujet des femmes et notamment de son ex-petite amie, dont le nom a été supprimé de l’enregistrement pour préserver sa vie privée.

À un moment, il affirme que les 400 shekels évoqués plus tôt avec Ori Maïmon étaient destinés « à une prostituée ». Il suggère également qu’il va « arranger » un rendez-vous pour ses amis avec une strip-teaseuse dont il a pris le numéro de téléphone. Selon Arutz 2, la mère de Netanyahou, Sara, aurait essayé de l’appeler au cours de la soirée.« Ma mère appelle… Quelle blague », aurait-il dit.

Quelques heures après la diffusion de l’enregistrement, Yaïr Netanyahou, aujourd’hui âgé de 26 ans, a présenté ses excuses dans un communiqué. « Lors d'une conversation nocturne, sous l'influence de l'alcool, j'ai dit des choses ridicules au sujet des femmes et d'autres choses idiotes qu'il valait mieux ne pas dire, écrit-il. Je m'excuse si quelqu'un a été blessé par mes mots. » Au sujet de l’accord gazier approuvé par le gouvernement israélien, le fils du premier ministre prétend qu’il « s’agissait d’une blague » et que« n’importe qui doué d’un peu de bon sens s’en rend tout de suite compte »

Un peu plus tôt, un représentant de la famille Netanyahou avait également publié un communiqué pour dénoncer la manière « honteuse et illégale » dont avait été obtenu l’enregistrement et nier la véracité des propos tenus par Yaïr Netanyahou sur son père.« Le premier ministre n'a aucun lien avec Kobi Maïmon, qu'il n'a rencontré qu'une seule fois, il y a dix ans. (…) Le premier ministre ne savait rien de la relation entre son fils Yaïr et le fils de Kobi Maïmon. Yaïr n'était aucunement impliqué dans l'affaire du gaz, et s'il parlait de l'affaire, il l'a évidemment fait en plaisantant. » 

Sur Twitter, le chef de l’opposition travailliste, Avi Gabbay, s’est empressé de dénoncer une « nouvelle tache sur l’accord de gaz corrompu » conclu par le gouvernement Netanyahou. 

La polémique enfle également autour du dispositif de sécurité déployé pour Yaïr Netanyahou lors de cette virée nocturne. Se gardant de commenter les déclarations du fils du premier ministre sur l’accord gazier, le bureau de Benjamin Netanyahou a affirmé que ce dernier n'était « pas consulté sur les conditions de la protection de ses enfants, décidées par les services de sécurité ».

Or jeudi dernier, Yoram Cohen, ancien chef du Shin Bet, le service de sécurité intérieur israélien, avait au contraire jugé sur une radio israélienne que, selon lui, les fils du premier ministre n’avaient pas besoin d’une protection permanente. Et qu’il avait tenté lorsqu’il était toujours en poste d’alléger le dispositif dont ils bénéficient, mais que cela n’avait « pas été accepté ».

Habitué aux frasques

Ce n’est pas la première fois que Yaïr Netanyahou fait parler de lui. Poursuivi pour calomnie à la suite d’un post publié sur son compte Facebook en août 2017, le fils du premier ministre est en effet au cœur d’une bataille judiciaire avec le think tank israélien de gauche Molad. En septembre dernier, le jeune homme avait par ailleurs fait scandale en publiant sur le réseau social un dessin empruntant aux codes de l’imagerie antisémite pour suggérer qu’une conspiration était à l’origine des problèmes judiciaires de sa famille.

Ce qui avait pu être classé jusqu’ici comme les frasques de jeunesse du fils du premier ministre se transforme aujourd’hui en véritable bombe politique. L’enregistrement dévoilé par Arutz 2 et les confidences choc qu’il contient, quelle que soit leur véracité, tombent en effet très mal pour Benjamin Netanyahou et son entourage, cernés par les affaires de corruption.

Pour mémoire, la justice israélienne a annoncé en septembre dernier l’inculpation de la femme de Netanyahou, Sara, pour avoir détourné à des fins personnelles 400 000 shekels de fonds publics, soit environ 100 000 euros, alloués à la résidence du premier ministre.

En dépit de ses dénégations, Benjamin Netanyahou fait lui-même l’objet de deux enquêtes distinctes pour avoir reçu des cadeaux « illicites » de la part de milliardaires et avoir tenté de monnayer une couverture favorable de sa personne dans les colonnes du journal d’opposition Yediot Aharonoth. D’après les médias israéliens, la police, qui tarde à rendre ses conclusions depuis plusieurs mois, pourrait recommander l’inculpation du premier ministre d’ici à la fin du mois de mars.

 

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7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 10:01
L'artiste kurde Zehra Dogan emprisonnée par Erdogan exposée à Traou Nevez à Plouézoc'h du 5 au 21 janvier 2017 - c'est parti pour plusieurs jours de rencontres, de débats, de films et concerts autour des kurdes et de leurs combats
L'artiste kurde Zehra Dogan emprisonnée par Erdogan exposée à Traou Nevez à Plouézoc'h du 5 au 21 janvier 2017 - c'est parti pour plusieurs jours de rencontres, de débats, de films et concerts autour des kurdes et de leurs combats

Une bonne trentaine d’œuvres originales de Zehra Doğan seront exposées en janvier au Pays de Morlaix, en Bretagne, accompagnées durant trois semaines de tables rondes d’information, de débats, et de musique.

Une bonne occasion pour toute la Bretagne de saluer la résistance d’une artiste et journaliste kurde, qui lutte, même en prison, pour défendre une culture, une histoire, et l’idée qu’une autonomie kurde apporterait à la Turquie un avenir commun possible, en faisant dialoguer la mosaïque de peuples présente sur son territoire, hors du rouleau compresseur de la “turcité” de l’Etat-nation.

Femme de 28 ans, elle a été condamnée pour avoir, avec son art, porté au grand jour les exactions de l’armée de l’Etat turc dans les villes de l’Est, ces dernières années. Une journaliste et artiste qui décrit la réalité de la guerre, “les yeux grands ouverts” a été jetée en prison pour 2 ans et 9 mois.

Ce sont des réalités des dernières années, tout autant que des racines de ce présent en Turquie et au Moyen-Orient, que traiteront des tables rondes, programmées durant ces trois semaines d’exposition. Mais ce sera tout autant du combat d’une femme, pour les femmes, qu’il s’agira.

Si ce contexte ne prête pas à la fête, l’avenir pour lequel Zehra résiste, la défense d’une culture et d’un vivre ensemble, eux, appelleront à musiques et lectures également.

Ces trois semaines sont organisées par La Minoterie / À Pleine Voix et Kedistan avec le concours des Éditions Fage, des Amitiés Kurdes de Bretagne (AKB), d’Initiative pour un Confédéralisme Démocratique,  du Festival du Cinéma de Douarnenez, du groupe Yıldız et de l’association Mama’z Cooking, et le soutien de L’association Traon Nevez et Le village de Plouézoc’h.

Du 5 au 21 janvier 2018
aux portes de Morlaix…

Traon Nevez
au Dourduff en Mer – 29252 Plouezoc’h

En voici une programmation succincte :
(Programme complet en version A4 plié à imprimer ou présentation verticale pour lecture en ligne et mailing)

Ouverture de l’exposition : tous les jours à 14h

Vendredi 5 janvier 2018

• 18h | Inauguration
Avec Laurent Baudry de l’Association La Minoterie / A Pleine Voix, Naz Oke et Daniel Fleury de Kedistan, et en partenariat avec Albert Thomas président de l’Association Traon Nevez, d’Yves Moisan, maire de Plouezoc’h, de Tony Rublon président des Amitiés Kurdes de Bretagne, de Valérie Caillaud, présidente du Festival du Cinéma de Douarnenez, et Laurence Loutre-Barbier, éditrice des Éditions Fage.
Repas avec l’Association Mama’z Cooking de Paimpol. Chants populaires kurdes, arméniens, turcs avec le groupe Yıldız.

Samedi 6 janvier

Turquie : “Démocratie” autoritaire ou dictature ? La situation des prisonnierEs, des Kurdes et du Rojava
• Carte blanche à Kedistan et à l’AKB
• Assiette kurde
• Projection et échanges : “Open the Border” de Mikael Baudu et Gant Sevenet

Dimanche 7 janvier

La culture au cœur de l’engagement
• Entre édition et engagement Table ronde les Éditions Fage et les Éditions Isabelle Sauvage.
• Écrire, chanter la culture kurde : Quelles identités ? Table ronde avec Anne Cousin, historienne, avec Maha Hassan, écrivaine kurde et Estelle Beaugrand chanteuse du groupe Yıldız.
• Repas partagé, soupe…

Samedi 13 janvier

Rojava entre utopie sociale et réalité
Rencontres animées par Élodie, d’Initiatives pour un Confédéralisme Démocratique.
• Témoignages sur le Kurdistan : Maha Hassan, écrivaine, et Gulistan Sido en direct d’Afrin au Rojava (par visioconférence),
• Le Rojava, histoire et réalité politique
• Soupe et auberge espagnole
• Féminisme au Kurdistan et jinéologie : Projection du “La guerre des filles”, film de Mylène Sauloy

Samedi 20  janvier

• Soirée cinéma, Animée par Yann Stéphant, directeur du Festival de Cinéma de Douarnenez
“Gulistan, Terre de Rose” film de Zaynê Akyol
“Marche arrière – Tornistan”, film d’animation de Ayşe Kartal
• Repas, auberge espagnole

Dimanche 21 janvier

• Ventes aux enchères d’œuvres d’artistes au profit des familles des prisonnierEs kurdes de Turquie
• Clôture festive de l’exposition et des rencontres…

Nous publierons le programme détaillé dans les meilleurs délais.

Durant ce même mois de janvier, une exposition d’autres oeuvres originales se tiendra également du 12 au 30 janvier sur Angers (Maine-et-Loire), à la Tour Saint Aubin, en attendant les mois de mars et avril, à Paris, dans le lieu culturel “La maison des métallos”, la présentation d’une soixantaine d’oeuvres, films, lectures et tables rondes, là aussi.

Kedistan vous avait promis d’y travailler, c’est en cours… et n’oubliez pas le livre paru aux Editions Fage, disponible dès maintenant ici sur le site, et dès janvier en librairie.

Consultez aussi : 

Vous pouvez organiser, vous aussi, un atelier d’envoi de cartes postales, ou une exposition, en soutien. Des reproductions sont disponibles… Voir ICI

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7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 07:19
Aharon Appelfeld

Aharon Appelfeld

Littérature.


 Déporté enfant, rescapé de la Shoah, ami de Philip Roth qui l’a mis en scène dans Opération Shylock, l’écrivain israélien, auteur d’une quarantaine de romans, avait 85 ans.

L'écrivain israélien Aharon Appefeld s'est éteint dans la nuit de mercredi à jeudi à l'âge de 85 ans. Rescapé de la Shoah, il a été l'un des auteurs les plus importants de ce que l'on nomme en son pays la "seconde vague" littéraire. Son oeuvre campe en abondance d'inoubliables figures de juifs ou de demi-juifs d'Europe centrale, intellectuels, petit-bourgeois, commerçants, assimilés à la civilisation occidentale puisque élevés dans la culture germanique. Pris dans les rets du génocide, internés dans des camps, ces êtres sont amputés de tout patrimoine. Les survivants, tragiquement orphelins d'une mémoire collective, errent seuls et démunis, en proie à des souvenirs perdus. Si certains de ses livres sont à fort teneur autobiographique et peuvent à ce titre être significatifs du génocide, Aharon Appefeld n'entendait pas être considéré comme un "écrivain de l'Holocauste" 

"Vous ne pouvez pas être un écrivain de la mort, disait-il, l'écriture suppose que vous soyez vivants". Son sujet permanent, c'est le destin de son peuple. Au fil de la singularité propre à l'être juif, il part toujours du particulier pour aller au général.

Des destins marqués par le génocide et le déracinement 

Il a publié une quarantaine de romans, des nouvelles et son autobiographie, Histoire d'une vie, couronnée en 2004 par le prix Médicis étranger. Dans certaines de ses œuvres, ses héros, déracinés par force, doivent changer de langue - tout comme lui- et passer du yiddish à l'hébreu. Le personnage marginal de Et la fureur ne s'est pas encore tue  (l'Olivier, 2009), né comme lui avant la Seconde Guerre mondiale dans une famille juive des Balkans, a, comme lui, connu la montée de l'épouvante nazie. Et comme lui a échappé de peu à la mort. Né en 1932 à Czernowitz, ville roumaine aujourd'hui en Ukraine, Aharon Appefeld n'a que 8 ans quand il est déporté avec son père dans un camp de concentration de Transnitrie. A l'automne 1942, il parvient à s'échapper et survit durant plus de deux ans dans les forêts ukrainiennes avec d'autres évadés. Il dit avoir été "adopté par un gang de criminels". 

Ecrire dans sa "langue maternelle adoptive"

Recueilli par l'Armée rouge, il y est enrôlé comme "garçon de cuisine" . Il quitte l'Union soviétique en 1945 et émigre en Palestine mandataire l'année suivante. "Personne ne voulait des orphelins en Europe. Le seul endroit où l'on pouvait aller était la Palestine" . En 1957, il retrouve son père, qu'il croyait mort comme sa mère, assassinée par les nazis en 1940. Il entame des études, littéraires et d'agriculture, effectue son service militaire et commence à écrire. Son premier recueil de nouvelles, Fumée, paraît en 1962. Il écrit en hébreu, "sa langue maternelle adoptive" . Il a longtemps enseigné la littérature à l'université Ben Gourion. Homme de gauche résolu, ancré de tout temps dans le Parti travailliste, Aharon Appelfeld met en lumière l'impasse du sionisme, tel le héros de son roman Le garçon qui voulait dormir (l'Olivier, 2011), un Israélien, qui, par la force des choses, ne se reconnaît plus dans la nouvelle identité collective en vigueur. L'écrivain, au fil des ans, a vu s'élargir les failles dans la société de son pays. 

Il a reçu maints prix littéraires prestigieux. Il apparaît dans le roman Opération Shylock, de son ami américain Philip Roth, qui le compare à Kafka et Bruno Schluz. Le dernier roman de Aharon Appelfeld, De longues nuits d'été, est paru en 201 à l'Ecole des loisirs.

Muriel Steinmetz  

 

Aharon Appelfeld, l’auteur d’Histoire d’une vie, est mort (Muriel Steinmetz, L'Humanité - 5 janvier 2018)
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7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 06:20
Moyen-Orient: de la Palestine à l'Iran, la cohérente stratégie de Trump (Pierre Barbancey, L'Humanité, 6 janvier 2018)
Moyen-Orient. De la Palestine à l’Iran, la cohérente stratégie de Trump
SAMEDI, 6 JANVIER, 2018
HUMANITE

Les conservateurs américains soutiennent les manifestations en Iran tout en préparant une remise en cause de l’accord sur le nucléaire. Parallèlement le président américain menace les Palestiniens.

Après cinq jours d'importantes protestations du 28 décembre au 1er janvier, l’Iran a retrouvé généralement le calme au prix d'un déploiement important des forces de sécurité. Aucune protestation n'a eu lieu ces trois derniers jours à Téhéran. En province, de petites manifestations se sont produites à nouveau jeudi soir selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux sans que l'on puisse vérifier leur authenticité. Durant ces protestations contre la vie chère et le pouvoir, qui ont touché plusieurs villes de province et dans une moindre mesure Téhéran, 21 personnes en majorité des manifestants ont été tuées et des centaines arrêtées. Des biens publics ont été endommagés ou incendiés.
En réponse, d'importantes manifestations ont été organisées mercredi et jeudi dans une quarantaine de villes de provinces en Iran pour soutenir le pouvoir et se poursuivaient vendredi, jour de la grande prière pour les Musulmans. A chaque fois, les manifestants ont scandé « Nous sommes tous ensemble, derrière le guide » suprême d'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, ou les traditionnels « Mort à l’Amérique", « Mort à Israël » et « Mort à monafegh (hypocrite en persan) », ce dernier terme désignant dans la phraséologie des autorités les Moudjahidine du peuple (farouchement opposés au pouvoir, ils ont même combattu côté irakien durant la guerre Iran-Irak et entretiennent d’excellents liens avec les Etats-Unis).
L’examen de l’attitude américaine depuis les début des troubles ne manque pas d’intérêt. Les Etats-Unis voudraient profiter de la situation pour déstabiliser le pouvoir iranien voire - si les conditions s’y prêtent - le renverser. L’ambassadrice américaine à l’Onu, Nikki Haley, a demandé, elle, des réunions d’urgence d’organismes de l’Onu, structure qu’elle exècre pourtant. Une « ingérence » dénoncée par l’Iran mais également par la Russie qui a demandé des consultations à huis clos du Conseil de sécurité. « Les Etats-Unis continuent à interférer ouvertement et de manière cachée dans les affaires intérieures des autres pays, ils le font sans aucune honte », a lancé le vice-ministre russe Sergueï Riabkov. « C'est de ce point de vue là que nous jugeons l'initiative américaine de réunir le Conseil de sécurité de l'ONU sur une situation purement nationale en Iran », a-t-il ajouté, accusant Washington d’« attaquer directement la souveraineté d'autres Etats sous prétexte d'être préoccupé par la démocratie et les droits de l’Homme".
L’administration états-unienne sait très bien ce qu’elle fait. Les Tweet de Trump reflètent une manière de penser les choses qui ne visent pas que l’Iran mais s’inscrivent totalement dans la nouvelle stratégie en cours au Moyen-Orient. Les grands axes en sont: rapprochement entre Israël et un certain nombre de pays arabes particulièrement l’Arabie saoudite pour affronter l’ennemi commun qu’est l’Iran; dénonciation de l’accord sur le nucléaire iranien, offre de garanties à Israël en reconnaissant Jérusalem comme sa capitale, enfin tordre le bras des Palestiniens qui s’acharnent à faire de la résistance.
« Nous payons les Palestiniens DES CENTAINES DE MILLIONS DE DOLLARS par an sans reconnaissance ou respect » de leur part, a ainsi tweeté Donald Trump. « Puisque les Palestiniens ne sont plus disposés à parler de paix, pourquoi devrions-nous leur verser des paiements massifs à l’avenir? ». Il avait, il y a quelques jours, utilisés le même argumentaire contre le Pakistan, pas assez docile. Sans parler de l’Otan, de l’Onu, de l’Unesco… On est là dans l’ordre mafieux: « Je t’aide mais désormais tu m’es redevable ». Les Palestiniens, par la voix de Mahmoud Abbas, ont vite répondu que « Jérusalem n’est pas à vendre ». D’autres ont rappelé que l’aide américaine (qui est néanmoins en deçà de celle fournie par l’Union européenne) permet une certaine stabilité de la société palestinienne au bénéfice d’Israël…
Concernant l’Iran, les Tweet de Trump sont sans équivoques et les conservateurs américains se sont engouffrés dans la brèche, oubliant qu’il y a quelques semaines encore ils applaudissaient aux mesures visant à empêcher à tout Iranien l’accès sur le sol des Etats-Unis! Au Congrès, où la majorité républicaine a dénoncé l'accord international sur le nucléaire iranien de 2015, les faucons anti-iraniens ont été les premiers, dès le premier jour, à saluer les manifestations par des communiqués et des tweets, s'inscrivant dans la même ligne que Trump. « Ces manifestations montrent au monde que le régime iranien préfère exporter et financer le terrorisme au-delà de ses frontières - surtout avec ses alliés terroristes en Syrie, à Gaza, en Irak, au Liban et au Yémen - que répondre aux besoins élémentaires de ses propres citoyens », a clamé le sénateur ultra-conservateur du Texas Ted Cruz.
Les faucons du Congrès pourraient profiter des événements actuels pour tenter de durcir la loi que la majorité prépare (des négociations sont en cours entre le président républicain de la commission des Affaires étrangères du Sénat, Bob Corker, le sénateur démocrate Ben Cardin et la Maison Blanche) pour changer de facto, unilatéralement, l'accord de 2015. L'objectif de cette future loi (qui pourrait être adoptée avant la prochaine échéance de certification de l’accord par le président américain, mi-janvier) est de rendre permanentes des restrictions imposées par l'accord sur le programme nucléaire iranien et qui doivent être progressivement levées à partir de 2025. Les Etats-Unis menaceraient alors de sanctionner à nouveau Téhéran en fonction de critères exclusivement américains, notamment sur le développement de missiles intercontinentaux. Bref, on plaint le peuple iranien mais on le menace de nouvelles sanctions qui génèrent plus de difficultés et de corruption par le biais d’une économie parallèle.
Grand reporter
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6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 19:54
Tableau de Zehra Dogan, artiste et journaliste kurde de Turquie emprisonnée (exposition à Traon Nevez, Plouézoc'h, du 5 au 21 janvier 2017

Tableau de Zehra Dogan, artiste et journaliste kurde de Turquie emprisonnée (exposition à Traon Nevez, Plouézoc'h, du 5 au 21 janvier 2017

France-Turquie. Macron 0 - Erdogan 1
VENDREDI, 5 JANVIER, 2018
L'HUMANITE

Le président français avait cru pouvoir redorer son blason international en recevant l’homme fort d’Ankara que peut bien peu dans le monde souhaitent rencontrer. Il en a été pour ses frais. Le président turc n’a pratiquement rien laché.

Ce vendredi matin, l’édition papier de » l’Humanité » titrait sur « la diplomatie de Macron à l’épreuve d’Erdogan » pour présenter la rencontre officielle entre les deux hommes. Epreuve il y a eu. Terrible pour le président de la république française qui a peut-être cru qu’il pouvait apprendre à un singe à faire des grimaces. Fidèle à lui-même, Recep Tayyip Erdogan, avec son allure dégingandée de sultan en vadrouille, a compris que son homologue français avait besoin de lui sur pratiquement tous les dossiers. Alors, il n’a fait aucune concession, prenant même son hôte à son propre jeu lorsque celui-ci a évoqué des dossiers et des noms de journalistes et d’intellectuels incarcérés. « En Turquie aussi la justice est indépendante », a répondu le président turc en réprimant un sourire. « Je soumettrai ces dossiers au ministre de la justice qui me dira ce qu’il en est pour chaque cas ». Après cela, Emmanuel Macron pouvait bien appeler Erdogan à « respecter l'Etat de droit », l’homme fort de Turquie n’en avait cure. La preuve par sa façon de répondre, cinglante, à un journaliste français qui l’interrogeait sur les facilités données par la Turquie aux djihadistes voire à l’envoi d’armes en Syrie: « Vous parlez comme un adepte de Fethullah Gülen », du nom de la confrérie qui l’avait aidé à accéder au pouvoir et devenue, depuis, son pire ennemie au même titre que tous ceux qui ne partagent pas ses visions politiques.
Emmanuel Macron aura pourtant tout tenté pour se gagner les bonnes grâces de Recep Tayyip Erdogan. Au point d’en être gênant tant le président français semblait précéder les désirs de son invité. Concernant la « lutte contre le terrorisme », par exemple, « notre coopération est exemplaire », a insisté Emmanuel Macron. « Les accords passés fonctionnent très bien ». Et de citer immédiatement comme « organisation terroriste », non pas Daech (l’Etat islamique) mais… le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et « en particulier ses formes de financement ». A la veille de la commémoration de l’assassinat il y a cinq ans de trois militantes kurdes à Paris, l’implication avérée des services de renseignements turcs, le MIT, et les révélations faites le matin même par le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) du nom de l’organisateur de cet assassinat, Macron a perdu tout sens de l’honneur de la France. Comme il semble oublier que les populations Yézidis au Sinjar (Irak), promis à un génocide par Daech, n’ont du leur salut qu’à l’intervention des guérilleros du PKK et des unités de défense (YPG, kurdes de Syrie).
En fait, le dialogue s’est apparenté à un dialogue de sourds. Qu’il s’agisse de l’Union européenne - où Macron a du admettre que « les évolutions récentes et les choix ne permettent aucune avancée du processus engagé », alors que Erdogan lâchait que la Turquie était « fatiguée » d'attendre une éventuelle adhésion à l'Union européenne, ajoutant: « On ne peut pas en permanence implorer une entrée dans l’UE ». Ce qui a le mérite de la clarté.
Macron, voyant que la France demeurait la seule porte d’entrée pour la Turquie dans le monde occidental (les relations d’Ankara sont exécrables avec la plupart des chancelleries, de Washington à Berlin en passant par Londres), pensait que son jeu allait payer, notamment pour prendre une place à la table des grands dans le dossier syrien en insistant sur l’importance des rencontres d’Astana « qui ont permis l’installation de zones de désescalades », soucieux de s’inscrire « dans le processus de Sotchi », mais argumentant sur la décision souveraine des Syriens dans le respect de toutes ses composantes. Mais, là encore, il s’est fait bousculer par Erdogan qui a redit qu’il était hors de question pour la Turquie de laisser un groupe terroriste gagner la Méditerranée. Dans son langage cela signifie empêcher les YPG d’avancer plus à l’ouest pour opérer une jonction entre les trois cantons du Roja, les YPG étant pour lui une émanation du PKK terroriste!
Finalement, le seul point sur lequel a pu s’appuyer Emmanuel Macron est la signature entre Paris et Ankara d’un contrat qui porte sur l'étude de définition du système de défense aérienne et antimissile longue portée Loramids (Long-Range Air and Missile Defense System, ndlr) entre les sociétés turques Aselsan et Roketsan et franco-italienne Eurosam et le gouvernement turc. Bilan assez maigre. La diplomatie de Macron a été vraiment mise à rude épreuve par Erdogan.
Grand reporter
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6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 07:01
Turquie: Erdogan renoue avec un symbole de la dictature

Dans les années 1980, l'obligation faite aux prisonniers politiques de la junte militaire turque de porter un uniforme avait entraîné des vagues de grève de la faim, symbolisant la dérive de la dictature de Kenan Evren. Le 24 décembre 2017, veille de Noël, Recep Taypi Erdogan a lui aussi fait publier un décret prévoyant d'imposer des uniformes spécifiques à certains prisonniers: marron pour ceux accusés d'avoir participé à la tentative de putsch de juillet 2016, gris pour ceux qui le sont de lien avec le terrorisme. Selon Reporters sans Frontières (RSF), "plus de 58 000 détenus" dont des "dizaine de journalistes" sont également concernés par cette mesure qui devrait entrer en application d'ici un mois. Tous les prisonniers devront porter l'uniforme lors de leurs apparitions publiques, "au mépris de la présomption d'innocence" s'indigne encore RSF qui demande l'abrogation d'un décret participant "à la dérive de la justice turque vers un instrument de vengeance politique".  

L'Humanité Dimanche, 4-10 janvier 2017

Erdogan à Paris : Une provocation et un outrage (PCF)

L'annonce de la visite du président turc Erdogan à Paris, le 5 janvier 2018, tonne comme une provocation. Elle se déroulera la veille d'une manifestation commémorant l'assassinat de trois militantes kurdes il y a cinq ans. La justice française avait pourtant mis en évidence l'implication des services secrets turcs dans ce crime.

La rencontre entre Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan constitue un nouvel outrage à l'égard des familles des victimes et des Kurdes qui subissent une impitoyable guerre meurtrière. Les parlementaires et les maires du HDP ont vu leur immunité levée, ont été destitués et croupissent désormais en prison après avoir été condamnés dans des procès iniques.

La Turquie d’Erdogan est dans une situation de chaos, dans une fuite répressive permanente.
L'opposition est réduite au silence tandis que des purges gigantesques peuplent les prisons. La politique est devenue un champ de vengeance dans lequel des milices islamo-fascistes jouissent de l'impunité pour tuer et lyncher ceux qui protestent encore.

Comment dans ces circonstances affirmer que la Turquie demeure "un partenaire essentiel" ? Le devoir de la France est d'être aux côtés des défenseurs des droits humains en Turquie.

Le PCF condamne la visite du dictateur R.T. Erdogan et exprime sa solidarité totale avec tous les démocrates de Turquie. Il appelle à faire de la manifestation du 6 janvier 2018 à Paris un succès pour que Vérité et Justice soient rendues à Leïla, Sakine et Rojbin.

Parti communiste français,

Le 2 janvier 2018.

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