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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 10:42

"Je prendrai des ini­tia­tives pour favo­riser, par de nou­velles négo­cia­tions, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine. Je sou­tiendrai la recon­nais­sance inter­na­tionale de l’État pales­tinien ». C'était le 59ème enga­gement pris par François Hol­lande, can­didat à la Pré­si­dence de la République.

Or, il y a une semaine, le Premier ministre Israélien, Benyamin Neta­nyahou a été invité avec les honneurs et un dispositif de sécurité ébouriffant par le Président Hollande Hol­lande. Or, une semaine avant, on apprenait que le Likoud, le parti de Neta­nyahou, signait un accord électoral pour les législatives de janvier 2013 avec le parti d’extrême-droite d’Avidgor Lie­bermann. Voici l'analyse et la colère très justes d'une militante de l'Association France Palestine Solidarité, Françoise Diehlman, publiée sur le site internet de l'AFPS, un texte qui dénonce à raison les grands pas en arrière de Hollande par rapport à la défense du droit international et des revendications légitimes des Palestiniens:  

 

" C’est pour l’homme fort du Likoud, de la sainte alliance avec l’extrême droite, de l’occupation et de la colo­ni­sation, qui est en pleine cam­pagne élec­torale, que le Pré­sident de la Répu­blique déroule le tapis rouge.

On aurait pu attendre de François Hol­lande, un moment fort, qui aurait pu désta­bi­liser Neta­nyahou, s’il lui avait dit (rêvons un peu !) : « Moi Pré­sident de la Répu­blique, je vous ai invité pour vous dire que je me pro­non­cerai au nom de la France pour l’admission de la Palestine à l’ONU, Moi Pré­sident de la Répu­blique, je reconnais l’État de Palestine dans les fron­tières de 1967avec Jéru­salem Est comme capitale, Moi Pré­sident de la Répu­blique, je demande la sus­pension de l’Article 2 des accords UE-​​Israël, tant que vous et votre Gou­ver­nement ne met­tront pas fin à la colo­ni­sation, Moi Pré­sident de la République…

Seulement voilà, rien de tout cela. Pire ! Le Pré­sident s’aligne sur les posi­tions israé­liennes en appelant à des négo­cia­tions sans condition, sans préa­lable : « La France sou­haite la reprise – sans condition – des négo­cia­tions entre Israé­liens et Pales­ti­niens. Avec le même objectif, celui que nous pour­suivons depuis des années, c’est à dire de deux États : l’État d’Israël avec la sécurité qui doit lui être garantie et l’État pales­tinien qui doit pouvoir vivre ». Il écarte aussi « la ten­tation pour l’Autorité pales­ti­nienne d’aller chercher à l’Assemblée générale des Nations Unies, ce qu’elle n’obtient pas dans la négo­ciation ». S’adresser à l’ONU devient-​​il donc un acte qui dérange ?

Hol­lande est en recul par rapport à Sarkozy (c’est dire..), car ces mots ont été pro­noncés exac­tement un an après l’admission de la Palestine à l’UNESCO et un vote positif de la France. Le « sans condition préa­lable », très cher à Neta­nyahou, signifie que le Pré­sident Hol­lande accepte le refus israélien du droit inter­na­tional comme base de négo­ciation. Quid main­tenant pour la France de l’existence d’un État pales­tinien dans les fron­tières de 1967avec Jéru­salem est comme capitale ? Quid de la recon­nais­sance inter­na­tionale de l’État pales­tinien ? L’engagement 59 de François Hol­lande a fait pschitt ! A explosé en vol !

Le Pré­sident de la Répu­blique vient de marquer la rupture avec les poli­tiques menées par la France sur la question du Proche-​​Orient jusqu’à maintenant".

 

 

Voici maintenant la déclaration du PCF national par rapport à l'intensification de la colonisation décidée à Jérusalem- Est.  

Israël / colonisation : « Pendant combien de temps encore la France officielle restera-t-elle silencieuse et inactive ? »

 

Le gouvernement israélien, par la voix de son Ministère de l'Habitat, vient d'annoncer la construction de 1 285 nouveaux logements à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, mais dans la quasi-totalité à Jérusalem-Est.

Conforté certainement par l'absence de réactions aux dernières annonces, fin octobre, de la poursuite de la colonisation, Benyamin Netanyahou en profite en pleine impunité. D'autant qu'après son passage en France, et sa rencontre avec le président François Hollande – lequel avait pourtant placé son mandat sous l'égide de la Justice – il se sent à l'abri de toute condamnation puisque les plus hautes autorités françaises lui ont accordé un soutien gratuit et sans limite.

Le Parti communiste français condamne cette escalade coloniale illégale et illégitime. Pendant combien de temps encore la France officielle restera-t-elle silencieuse et inactive devant un tel mépris du droit et de la justice pour le peuple palestinien ?

 

colonisation-a-Jerusalem-Est.jpg

 

 

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 10:39

 

Obama réelu contre Romney : "Echapper au pire est une chose. Etre capable d'affronter les défis de l'avenir en est une autre"

 

La réélection de Barak Obama aura le mérite d'épargner au monde les dangers et les dérives ultra-conservatrices du Républicain Romney. Echapper au pire est une chose. Etre capable d'affronter les défis de l'avenir en est une autre.

Le bilan d'Obama ne plaide pas vraiment en la faveur de celui qui avait tant promis de changements pour finalement faire bien autre chose. Obama avait annoncé un nouveau départ avec l'Amérique latine, avec le monde musulman, avec la Russie, pour le désarmement nucléaire. On attend encore, sur tous les continents, le début du commencement de ces engagements. Même Guantanamo, ses 170 prisonniers, ses tortures subsiste comme un reniement sur le droit, les valeurs et la dignité de la personne humaine.

Obama a géré l'héritage désastreux de George Bush en quittant l'Irak, en négociant un retrait partiel d'Afghanistan... Mais qu'a-t-il donc fait d'autre que d'assumer des échecs stratégiques majeurs ? Il a péniblement mis en place un système d'assurance sociale insuffisant, mais l'ouragan Sandy, comme d'autres faits d'actualité, jusqu'à l'exploitation du gaz de schiste, ont révélé les carences béantes voire le mépris de la protection sociale, des services publics, de l'environnement, des libertés, des principes d'égalité et de justice sociale... dans la première puissance économique mondiale. Pourtant, c'est bien en fonction des choix qu'on doit effectuer face à la crise, face aux défis sociaux, écologiques, démocratiques qu'on pourra juger l'apport d'une politique et d'un gouvernement.

Aux Etats-Unis aussi la jeunesse a occupé la rue en posant de bonnes questions. Elle n'est certainement pas la seule à vouloir de nouvelles réponses à ses attentes légitimes.

 

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 16:01

La campagne française « Un bateau pour Gaza 2011 » condamne avec la plus grande fermeté l'attaque menée par les commandos israéliens contre l'Estelle, navire de la campagne suédoise « Un bateau pour Gaza » qui tentait de briser pacifiquement le blocus israélien illégal de la bande de Gaza.

Partie de Suède en août et après des escales en France, Espagne et Italie, l'Estelle se trouvait à 35 miles des côtes de Gaza quand elle a été attaquée vers 10h30 ce 20 octobre 2012 par la marine militaire israélienne. A son bord, 19 passagers et membres d'équipage, suédois, norvégiens, finlandais, espagnols, italiens et grecs, dont plusieurs parlementaires. Leur mission, pacifique et humanitaire, apporter de l'aide à Gaza assiégée depuis plus de 6 ans par un blocus dénoncé par la communauté internationale.

Ce matin, des commandos israéliens cagoulés et lourdement armés se sont emparés, dans les eaux internationales, du navire battant pavillon finlandais et l'ont détourné vers Israël. Ils en ont kidnappé les passagers. Il s'agit d'un cas indéniable de piraterie en haute mer, comme en 2011 quand le même scénario criminel s'est déroulé contre le bateau français Dignité al-Karama puis les bateaux irlandais et canadien de la Flottille de la Liberté. Cette nouvelle violation du droit maritime et international par Israël exige la condamnation la plus catégorique de la communauté internationale, comme le demandent d'ailleurs les autorités norvégiennes, en écho aux manifestations populaires qui, comme en 2011, se préparent dans plusieurs pays d'Europe, Espagne, Grèce et Italie notamment. Nous avions sollicité l'intervention des autorités européennes et françaises afin d'éviter cette action criminelle et les tenons comptables du vol de l'Estelle et de l'enlèvement de ses passagers, comme du Dignité en juillet 2011. Il faut maintenant qu'elles garantissent la sécurité de l'Estelle et de ses passagers, leur libération immédiate, et qu'elles fassent savoir au gouvernement israélien que l'impunité est terminée. Les autorités françaises et l'Union européenne doivent désormais tenir compte des violations continues des droits par le gouvernement israélien et agir en conséquence.

 

Paris le 20 octobre 2011

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 06:09

 

Nobel de la Paix à l'UE : « Est-ce de l'humour noir?» (Pierre Laurent)

 

Le Comité a décidé d'attribuer le Prix Nobel de la Paix à l'Union Européenne. Est-ce de l'humour noir?

L'UE n'est pas une force de paix internationale, elle a même été, avec ses pays membres et l'OTAN, actrice des conflits internationaux majeurs de la période.
En son sein, qu'a-t-elle fait pour aider Chypre, face à l'occupation illégale du nord de l'île par la Turquie? Frontex et les murs de l'Europe forteresse respecteraient les droits de l'Homme?

Enfin, la concurrence, l'austérité et les confiscations de souveraineté - illustrées aujourd'hui par le Traité budgétaire - conduisent à de nouvelles divisions des peuples, à leur appauvrissement et au désespoir.
Nous savons - c'est l'histoire de l'Europe - que cela peut mener au pire.
Il n'y a pas lieu de redorer le blason d'une construction européenne dont l'échec est cuisant.   

 

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.

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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 08:51

Le PCF affirme sa solidarité avec l’Equateur dans l’affaire Assange

 

Le gouvernement britannique a menacé de retirer son statut diplomatique à l'Ambassade de l'Équateur et d’y pénétrer de force afin de procéder à l'arrestation de Julian Assange. Cette menace consternante traduit un mépris choquant des autorités de Londres pour le droit international, pour les principes les plus établis devant guider les relations internationales et en particulier pour la souveraineté équatorienne.

Le Parti communiste français affirme sa pleine solidarité avec l’Equateur et les citoyens de ce pays qui manifestent pour exprimer leur vive préoccupation et leur rejet de cette attitude arrogante et inacceptable de la Grande Bretagne. Celle-ci obéit aux exigences des Etats-Unis dont les aspects troublants et condamnables de la politique internationale et des pratiques hégémoniques ont été précisément mis en lumière par Wikileaks dont le fondateur est Julian Assange.

 

Parti communiste français

 

  julian_assange.jpg

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 06:15

Sommet UE : « Seules les banques sortent victorieuses du sommet européen »

Les chefs d'État de nos pays reviennent du sommet européen en déclarant bien fort qu'ils ont arraché des victoires pour leurs peuples, des inflexions de la part de la Chancelière Merkel, de Mario Draghi ou de Jean-Claude Junker. Ils auraient, pour la 19ème fois depuis le début de la crise, « sauvé l'Europe ». François Hollande déclare même que l'Europe est « réorientée » dans le bon sens. C'est de la publicité mensongère.

Le projet de pacte budgétaire sort intact de ce qui devait être une « renégociation » et le volet croissance de François Hollande n'a aucune valeur juridique. Qu'elles soient directes ou indirectes, financées par le MES ou non, toutes les soi-disantes « aides financières » seront une nouvelle fois payées par les citoyens européens, via les coupes budgétaires et les attaques aux droits des travailleurs. Toutes les dispositions adoptées au nom de la solidarité avec l'Italie et l'Espagne ne sont que des mesures de socialisation massive des pertes. S'ajoutent la perte de la souveraineté des peuples et le recul de la démocratie parlementaire.

La vérité est la suivante : les négociations dans l'UE libérale se jouent à 27, mais c'est toujours les banques qui gagnent. Nous appelons toutes les femmes et les hommes de gauche, tous les élu-e-s qui sont dans les parlements, à se mobiliser pour empêcher la ratification de ce pacte funeste dans nos pays.

Seule une refondation de l'UE peut permettre une sortie de crise. Nous le répéterons tant qu'il faudra : l'austérité amène la récession. Il ne peut y avoir de croissance dans ce cadre. Nous proposons une alternative :
- une solution européenne pour les insoutenables dettes publiques existantes, qui prévoie une réduction importante de leur volume,
- changer le rôle et les missions de la BCE pour encourager la création d'emplois et la formation, pas les spéculateurs,
- créer une nouvelle institution : une banque publique européenne, financée par la BCE et la taxation des transactions financières, dont les fonds serviraient exclusivement a favoriser l'investissement public dans les services publics et le développement industriel durable,
- harmoniser par le haut les droits des travailleurs et tous les droits sociaux.

 

Pierre Laurent, Secrétaire National du PCF, Président du PGE (France),
Alexis Tsipras, Président de Syriza, Vi-Président du PGE (Grèce),
Paolo Ferrero, Secrétaire national de Rifondazione communista (Italie),
Cayo Lara, Porte parole d'Izquierda Unida (Espagne),
Jose-Luis Centella, Secrétaire général du PCE (Espagne),
Katia Kipping & Bernd Riexinger, Coprésidents de Die-Linke (Allemagne)

 

Bruxelles, le 2 juillet 2012

 

Sommet UE : « Seules les banques sortent victorieuses du sommet européen »

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 08:44
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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 12:48

Grèce : La progression fulgurante de Syriza est un événement majeur

pierre-Laurent--Melenchon-et-Alexis-Tspipras-copie-1.jpg 

Les citoyens grecs se sont prononcés hier à l'occasion des élections législatives dans un contexte difficile. C'est la droite conservatrice et corrompue, « Nouvelle démocratie », qui arrive légèrement en tête (29,5% ) devant la coalition Syriza menée par Alexis Tsipras (27%).

Le rejet de l'austérité est tellement fort en Grèce que la droite elle-même, dans cette campagne a du se prononcer pour un allongement des échéances de paiement de la dette. Angela Merkel a approuvé aujourd'hui cette mesure à Los Cabos alors que si Syriza avait gagné, l'exclusion de la Grèce de la zone euro était sérieusement envisagée. Le sort des grecs semble suspendu aux accointances de la Chancelière allemande. Cela pose des questions sur la construction européenne actuelle.

Nouvelle démocratie va cependant être face à ses contradictions, elle qui s'apprête à former un gouvernement avec le PASOK - qui a lui-même payé très cher ses renoncements. Les politiques d'austérité et d'autodestruction du pays demeurent illégitimes aux yeux des grecs.

Après des semaines de menaces, de chantage international et de désinformation, le peuple grec a confirmé et accentué la fulgurante progression de Syriza. Avec 27% des voix et 72 sièges au Parlement grec - soit encore 10 points de plus que le 6 mai - cette coalition de forces politiques et sociales s'affirme, et de loin, comme le moteur de la gauche grecque et la véritable opposition à l'alliance pro-austérité.

C'est un résultat remarquable qui indique une recomposition du paysage politique. C'est un événement majeur qui doit être entendu partout en Europe. Je veux, au nom du Parti de la gauche européenne, dire notre fierté et notre soutien aux militants, aux forces du Syriza et singulièrement à Alexis Tsipras.

Le peuple grec peut faire confiance à Syriza pour combattre les mémorandums et faire des propositions pour sortir de la crise par la reconstruction de l'économie du pays et le développement des droits sociaux et démocratiques. Ensemble, avec le Parti de la gauche européenne, nous continuerons d'agir pour des solutions solidaires à la crise comme bases d'une nouvelle construction européenne.

 

Pierre Laurent

Président du Parti de la gauche européenne, secrétaire national du PCF

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 12:17

Pas d'Europe sans citoyens !

 

Lettre ouverte à François Hollande pour un référendum sur le Pacte budgétaire :

http://www.france.attac.org/lettre-ouverte-francois-hollande-pour-un-referendum-sur-le-pacte-budgetaire

A signer et faire circuler !

 

La crise européenne est arrivée à un point crucial. Aveugles volontaires, nos dirigeants s’obstinent dans des politiques brutales d’austérité alors que la crise provient des dérives de la finance et de l'absence d'une véritable solidarité européenne.

 

Le "Pacte budgétaire" a été élaboré par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy pour corseter définitivement les politiques économiques, et imposer l'austérité au mépris du débat démocratique et contre les aspirations des peuples.

 

François Hollande se prépare à le faire ratifier par le Parlement nouvellement élu s’il parvient à faire adopter tout ou partie du "Pacte pour la croissance" qu’il propose aux autres dirigeants européens. Mais seul un débat démocratique avec une large participation populaire peut légitimement trancher sur des enjeux aussi essentiels.

 

A l’initiative d’Attac et de la Fondation Copernic, des responsables associatifs, syndicaux et politiques et des chercheurs (voir la liste ci-après) lancent une lettre ouverte à François Hollande : "Non au Pacte budgétaire, pas d’Europe sans citoyens !", demandant l’organisation d’un débat tranché par un référendum.

 

Pour signer la lettre : http://www.france.attac.org/lettre-ouverte-francois-hollande-pour-un-referendum-sur-le-pacte-budgetaire

 

LETTRE OUVERTE À FRANÇOIS HOLLANDE

NON AU « PACTE BUDGÉTAIRE », PAS D’EUROPE SANS CITOYENS !

 

 

Monsieur le président de la République,

Lors de la campagne électorale, vous avez annoncé votre volonté de renégocier le Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) de la zone euro, dit Pacte budgétaire, signé par Nicolas Sarkozy et 24 autres dirigeants européens le 2 mars dernier.

Ce traité durcit et rendrait irréversibles les politiques d’austérité en Europe en interdisant définitivement tout déficit « structurel » supérieur à 0,5%. Le déficit « structurel », notion incompréhensible des citoyens et fort controversée parmi les économistes, sera évalué de façon arbitraire par les experts de la Commission. Le Pacte budgétaire prévoit des sanctions automatiques contre les pays contrevenants, coupant court à tout débat. L’aide aux pays en difficulté, prévue par le Mécanisme européen de stabilité, sera conditionnée par l’application de plans d’austérité, de privatisation et de libéralisation. Les marchés financiers et les banques, activement soutenus par la BCE, continueraient à imposer leur loi aux gouvernements. L’Europe s’enfoncerait encore plus dans la dépression et le déni de démocratie, et signifierait la misère pour le plus grand nombre. L’extrême droite continuerait à se renforcer jusqu’à imposer ses thèses autoritaires et xénophobes sur les débris de l’Union européenne.

Pour éviter cela vous souhaitez « ajouter un volet sur la croissance » au Pacte budgétaire. La croissance ? Nous ne voulons plus de cette croissance prédatrice et inégalitaire portée par le néolibéralisme. Des appréciations différentes existent parmi nous sur la possibilité et la désirabilité d’une croissance verte. Mais en tout état de cause les mesures d’austérité prises simultanément dans tous les pays ne peuvent qu’aggraver le chômage et bloquer la transition écologique et les dispositions du Pacte de stabilité sont contradictoires avec votre exigence de croissance. Vous savez en outre que les « réformes structurelles » - précarisation du travail, privatisation de la protection sociale et des services publics - sont déjà présentées par la BCE et le FMI comme un passage nécessaire pour « retrouver la croissance ». Pour notre part, nous pensons au contraire que l’Europe doit aujourd’hui porter une ambition sociale et écologique à la mesure des enjeux, en finançant un plan massif pour la préservation des ressources naturelles et la transition énergétique, pour l’emploi et la satisfaction des urgences sociales. Et qu’elle doit se doter à cet effet de politiques fiscale, budgétaire et monétaire infiniment plus ambitieuses et solidaires.

Vous espérez convaincre Angela Merkel et les autres dirigeants d’introduire des « project-bonds » et « euro-bonds » pour financer des grands projets européens. Mais, même si vous y parveniez, le volume de ces emprunts permettra-t-il de compenser significativement l’énorme impact récessif du Pacte ? Et puisque ces emprunts devront être souscrits auprès des marchés financiers, quelles conditions ceux-ci imposeront-ils ? La mutualisation des dettes européennes, ainsi conçue, ne réduira guère le pouvoir exorbitant de la finance, au contraire. Pour dénouer les liens qui asservissent les États aux marchés financiers, il faut que la BCE puisse racheter massivement les dettes des États membres et financer ceux-ci à des taux faibles pour engager la transition écologique et sociale. Cela implique de corriger une anomalie démocratique : placer la BCE sous contrôle politique des citoyens et de leurs représentants élus. Il faut aussi un véritable budget communautaire et une harmonisation vers le haut des politiques sociales et fiscales européennes. Selon nous, le pacte budgétaire empêcherait d’aller dans ce sens et doit être rejeté. C’est la condition de la nécessaire refondation de l’Europe.

Elle ne peut provenir que d’un que d’un sursaut démocratique des sociétés européennes. C’est pourquoi un débat public s’impose : donner la parole au peuple est un impératif. Des résistances sociales et citoyennes émergent dans de nombreux pays contre les politiques d’austérité. Face à la montée de l’extrême droite il faut d’urgence non pas moins mais plus de participation populaire, plus de démocratie en France et en Europe. Vous pourrez y contribuer en convoquant un référendum pour mettre en débat le traité européen, avec ses éventuels compléments, dont le contenu déterminera l’avenir de l’Europe. Vous donnerez ainsi l’occasion au peuple français d’exprimer ses attentes et d’élaborer ses propositions pour la refondation européenne. Vous encouragerez des démarches similaires dans d’autres pays, pour exprimer la volonté populaire d’un changement en Europe. Vous montrerez que, pour vous comme pour nous, l’Union européenne et l’euro ne retrouveront un avenir que si nous construisons la souveraineté démocratique des peuples européens.

 

Bien à vous,

L’équipe pétition Pacte budgétaire

 

NB : Plusieurs des premiers signataires de la lettre ouverte seront présents au meeting contre l'austérité organisé le samedi 23 juin à Paris (pour plus d'information, cliquer ici)

 

Premiers signataires :

Annick Coupé (Solidaires), Jean-Claude Chailley (Résistance sociale), Jean-Baptiste Eyraud (Droit au Logement), David Flacher (Utopia), Jean-Philippe Gasparotto (CGT Caisse des Dépôts), Roland Gori (Appel des appels), Pierre Khalfa (Fondation Copernic), Stéphane Melchiorri (Emmaus International), Damien Millet (CADTM), Martine Noël (Cadac), Jean-Marie Roux (CGT Finances), Henri Sterdyniak (Economistes atterrés), Maya Surduts (CNDF), Aurélie Trouvé (Attac), Sophie Zafari (FSU),

Christophe Alévêque (artiste), Paul Ariès (directeur de rédaction), Nathalie Bajos (chercheure), Nathalie Berta (chercheure), Frédéric Boccara (chercheur), Paul Bouffartigue (chercheur), Jacques Bouteiller (chercheur), Alain Caillé (sociologue), Odile Chagny (chercheure), Gabriel Colletis (chercheur), Antoine Comte (avocat), Pierre Concialdi (chercheur), Philippe Corcuff (chercheur), Laurent Cordonnier (chercheur), Pierre Cours-Salies (chercheur), Thomas Coutrot (Attac), Bernard Defaix (Attac), Keith Dixon (chercheur), Cédric Durand (chercheur), Philippe Enclos (chercheur), Isabelle Ferreras (chercheure), Jean Gadrey (chercheur), François Gèze (éditeur), Jérôme Gleizes (chercheur), Alain Grandjean (chercheur), Susan George (présidente d'honneur d'Attac), François Gèze (éditeur), Gaël Giraud (chercheur), Vincent Glenn (réalisateur), Caroline Guibet-Lafaye (chercheur), Ozgur Gun (chercheur), Nicolas Haeringer (Mouvements), Jean-Marie Harribey (Conseil scientifique d'Attac), Marc Humbert (chercheur), Sabina Issehnane (chercheure), Sophie Jallais (chercheure), Florence Jany-Catrice (chercheure), Nicolas Jounin (chercheur), Catherine Jousse (REP), Sadri Khiari (chercheur), Dany Lang (chercheur), Emmanuel Lazega (chercheur), Frédéric Lebaron (chercheur), Catherine Lebrun (Solidaires), Alain Lipietz (chercheur), Frédéric Lordon (chercheur), Caroline Mécary (Fondation Copernic), Jérôme Maucourant (chercheur), Jacques Le Bohec (chercheur), Claire Le Strat (chercheur), Nathalie Marcu (Les Alternatifs), Christiane Marty (chercheure), Gérard Mauger (chercheur), Dominique Méda (chercheur), Julien Milanesi (chercheur), Patrick Mony (militant associatif), Francine Muel-Dreyfus (chercheure), Frédéric Neyrat (chercheur), Willy Pelletier (Fondation Copernic), Roland Pfefferkorn (chercheur), Alain Policar (chercheur), Dominique Plihon (Conseil scientifique d'Attac), Jean-François Ponsot (chercheur), Edmond Preteceille (chercheur), Philippe Quirion (chercheur), Christophe Ramaux (chercheur), Jacques Rancière (philosophe), Thierry Reygades (FSU), Michel Rousseau (Euromarches), Jeanne Singer (chercheure), Jean-Marc Tagliafarri (Initiatives Dyonisiennes), Lucie Tanguy (chercheure), Annie Thébaud-Mony (Fondation Henri Pézerat), Bernard Teper (Respublica), Bruno Théret (chercheur), André Torre (chercheur), Maryse Tripier (chercheure), Sylvette Uzan-Chomat (SNU Pôle Emploi), Patrick Viveret (philosophe), Philippe Zarifian (chercheur), Elisabeth Zucker (chercheure)

Gilles Alfonsi (Association des Communistes Unitaires), François Asensi (Fase), Clémentine Autain (FASE), Francine Bavay (Conseillère régionale EELV), Farid Bennaï (Fase), Olivier Besancenot (NPA), Martine Billard (Parti de Gauche), Patrick Braouezec (Fase), Chantal Dhoukar (conseillère fédérale EELV), Jean-Claude Eyraud (Fase), Guillaume Floris (Gauche Anticapitaliste), Jacqueline Fraysse (Fase), Jacques Généreux (Parti de Gauche), Pierre Laurent (PCF), Nathalie Marcu (Les Alternatifs), Myriam Martin (Gauche anticapitaliste), Pierre Minnaert (conseiller fédéral EELV), Jean-Jacques Paris (ANECR), Francis Parny (PCF), Jean-François Pelissier (Alternatifs), Christian Piquet (Gauche unitaire), Christine Poupin (NPA), Stéphanie Treillet (Convergence et Alternative)

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 12:08

RIO+20 : le PCF inquiet de l'état des négociations

A l'occasion du sommet RIO+20 qui se tiendra du 20 au 22 juin 2012 au Brésil, le PCF exprime ses plus vives inquiétudes sur l'état des négociations, face aux enjeux sociaux, alimentaires et écologiques planétaires. En effet, le bilan présenté de l'action des États depuis le sommet de la Terre de RIO 1992, est pour le moins décevant.
Pour le PCF l'urgence est au changement de braquet en affirmant l'urgence d'un développement humain durable qui sorte du système productiviste capitaliste et préserve la nature des griffes du marché. Il est déterminant de s'attaquer dans un même mouvement aux causes de la dégradation de la planète (réchauffement climatique, perte de la biodiversité, accaparement des biens communs de l'humanité...) et aux inégalités sociales. L'aide financière et technologique des pays riches vers les pays pauvres doit s'accroître considérablement afin de permettre leur propre développement et d'éradiquer la misère.
Nous appelons le gouvernement de la France et l'Union Européenne à l'audace. Si la création d'une agence des Nations Unies sur l'environnement, l'ambition affichée de lier développement soutenable et lutte contre la misère, si la relance de la taxation des actifs financiers vont dans le bon sens, ces initiatives restent insuffisantes. Sans texte juridiquement contraignant à l'issue du sommet, c'est le laisser faire libéral qui se pérennise. Une autre logique pour en finir avec les politiques d'austérité doit s'imposer. Il est urgent de réformer les institutions pour plus de démocratie, de transformer les missions des banques mondiales afin de constituer des fonds de coopération au service du développement humain pour de nouveaux droits sociaux et écologiques universels. Il faut agir pour la coopération scientifique et le développement des services publics afin de préserver la nature des appétits financiers des marchés. Nous proposons une nouvelle organisation mondiale pour l'alimentation indépendante des logiques actuelles de l'OMC, du FMI et de la Banque Mondiale.
Le sommet des Peuples porte l'alternative citoyenne à ce projet dévastateur pour la planète et pour les droits sociaux des peuples. Nous soutenons leurs mobilisations pour une autre humanité respectueuse de l'environnement et du bien être des peuples.

Parti communiste français,
Paris, le 19 juin 2012.
 

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