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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 07:55
La jeunesse palestinienne à couteaux tirés avec Israël - Tribune de Michel Warschawski, Orient XXI

La jeunesse palestinienne à couteaux tirés avec Israël

Comment en est-on arrivé à ce que des dizaines de Palestiniennes et de Palestiniens se mettent à attaquer des Israéliens juifs à l’arme blanche ? Ceux que Benyamin Nétanyahou appelle « terroristes » sont pour la plupart nés après les accords d’Oslo, ont grandi avec l’échec désormais avéré du « processus de paix », dans la frustration, la peur et l’humiliation permanentes, sans perspective d’avenir. Las des idéologies, de la diplomatie et des slogans inopérants, ils sont passés à la reconquête d’une dignité bafouée. Quel qu’en soit le prix.

Michel Warschawski, Orient XXI, vendredi 16 octobre 2015

« Est-ce une troisième intifada ? » se demandent commentateurs et politiciens en Israël. Une question dont la pertinence me semble douteuse et à laquelle il est de toute façon beaucoup trop tôt pour répondre. Il est plus intéressant de comprendre comment nous en sommes arrivés à ce que des dizaines de Palestiniennes et de Palestiniens, des jeunes pour la plupart, en sont venus à attaquer le premier Israélien venu avec un couteau, un cutter ou un tournevis hâtivement ramassés sur la table de la maison familiale. Car il s’agit bel et bien d’initiatives individuelles et spontanées, derrière lesquelles ne se trouvent aucune consigne en provenance d’une quelconque organisation.

Benyamin Nétanyahou ment comme un arracheur de dents quand il affirme que c’est Mahmoud Abbas qui inspire ces jeunes, et il sait mieux que personne les efforts de ce dernier et de sa police pour tenter d’enrayer le processus en cours. Mais « Monsieur Sécurité » a besoin d’un bouc émissaire pour cacher son échec flagrant, lui qui avait centré toute sa campagne électorale sur son « expertise » démontrée dans le maintien du calme dans les territoires occupés. Un message qui avait été reçu cinq sur cinq par l’électorat.

Les médias, dans leur majorité, reprennent le discours récurrent de Nétanyahou sur le terrorisme, et depuis quelques jours on ne cesse d’utiliser les mots chers au premier ministre : « actes terroristes », « un terroriste âgé de 13 ans » [sic], « nous utiliserons tous les moyens pour arrêter le terrorisme ». L’opinion publique israélienne suit, sans broncher.

Qui sont ces « terroristes » et qu’est-ce qui a provoqué cette longue série d’attaques au couteau sur des Israéliens, en civil ou en uniforme ? Ce sont des jeunes, voire des très jeunes, nés après les accords d’Oslo et qui agissent individuellement (ou à deux au maximum), hors du cadre des organisations nationales, Hamas compris. Et pourquoi maintenant ? On assiste, semble-t-il, à la conjoncture de deux éléments qui ne sont pas liés l’un à l’autre, mais résultent tous deux de la politique de Benyamin Nétanyahou.

D’abord, l’échec reconnu par tous de ce qu’on a trop longtemps appelé « le processus de paix ». Les Palestiniens, y compris la jeunesse, ont laissé pendant des années Mahmoud Abbas gérer la stratégie de libération à travers la diplomatie, c’est-à-dire en utilisant lacommunauté internationale comme levier qui parviendrait à obliger l’État d’Israël à mettre fin à l’occupation coloniale. Même le Hamas avait fait le choix de ne pas entraver les tentatives du président de l’Autorité palestinienne, tout en insistant sur le fait que ledit processus négocié était voué à l’échec, et que ses compromis ne seraient récompensés par aucune contrepartie. Mais après près de dix ans pendant lesquels Abbas a fait les antichambres de toutes les chancelleries et accepté d’avaler d’innombrables couleuvres, on en est toujours à la case zéro. Pire, Israël a su profiter du temps qui passe pour élargir substantiellement la colonisation de la Cisjordanie et parachever la séparation de Jérusalem-Est de son arrière-pays palestinien.

Au bout de dix ans, le crédit d’Abou Mazen s’est complètement épuisé, en particulier auprès de la jeunesse, qui ne voit aucune avancée — si ce n’est celle des colonies. L’épuisement du crédit du président palestinien s’est accéléré avec la série de provocations du gouvernement Nétanyahou après sa réélection, en particulier les parades de députés et de ministres sur l’esplanade des Mosquées, le Haram el-Sharif. On ne peut en effet sous-estimer l’impact sur les jeunes Palestiniens des images où l’on voit des groupes de juifs prier (ou faire semblant de prier) sur ce lieu saint pour un milliard et demi de musulmans. Pire, aux provocations de politiciens en quête de popularité s’ajoute l’intervention violente de la police sur l’esplanade contre des jeunes musulmans venus protéger leur mosquée, et la profanation d’Al-Aqsapar des policiers qui souillent les tapis de prière avec leurs gros souliers.

Benyamin Nétanyahou a ainsi osé remettre en question le statu quo négocié en 1967 par Moshe Dayan et le roi Hussein de Jordanie sur la gestion de l’esplanade, y compris les horaires et les lieux spécifiques ou les non musulmans peuvent pénétrer sur l’esplanade. Le chef du gouvernement israélien aurait mieux fait d’écouter les mises en garde du roi Abdallah de Jordanie sur les risques d’explosion que provoquerait un changement du statu quo à Al-Aqsa. Mais le petit politicien et la peur de ce que diraient ses concurrents s’il interdisait la présence de juifs sur le site du Temple d’Israël ont vaincu l’homme politique et la crainte d’une explosion régionale généralisée.

Al-Aqsa est un symbole sacré pour tous les Palestiniens, athées et chrétiens compris. Avec les provocations sur l’esplanade des Mosquées, l’arrogance israélienne a heurté la dignité de tous les jeunes Palestiniens. La série d’attaques de passants israéliens au couteau ou au tournevis est la réponse d’une nouvelle génération palestinienne à l’arrogance israélienne et aux provocations de la droite au pouvoir, sur un arrière-fond d’échec reconnu de la stratégie négociée de Mahmoud Abbas et de l’Autorité palestinienne. Le fait qu’en donnant l’ordre de tirer sur les « terroristes » pour les « neutraliser » Nétanyahou ait transformé ces attaques à l’arme blanche en attentats-suicides ne semble pas avoir eu d’effet dissuasif. Bien au contraire, chaque attaque en stimule d’autres.

J’ai rencontré il y a deux jours un groupe de jeunes Palestiniens de Bethléem, et Safa, une étudiante chrétienne si l’on en croit le crucifix qu’elle portait, me disait son admiration pour ses compatriotes qui attaquent des Israéliens au couteau. « Jusqu’à présent, c’est nous qui avions peur, mais maintenant c’est au tour des Israéliens : regarde comme il n’y a personne dans leur tramway, et même les rues de Tel Aviv sont complètement vides le soir. » Et d’ajouter : « Si j’avais plus de courage, je ferais la même chose… »

L’Autorité palestinienne et Mahmoud Abbas ne signifient pas grand chose pour Safa et ses amis, et si le nom de Yasser Arafat les émeut encore, ils ne savent pas ce qu’est l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Bien dans l’esprit de leur temps, pour ces jeunes, les sigles, les slogans et les idéologies ont laissé la place au ressenti. Dans ce ressenti, il y a une place d’honneur pour une reconquête de la dignité perdue.

Par ses déclarations bellicistes et arrogantes, Benyamin Nétanyahou ne renforce pas seulement la détermination que l’on sent de plus en plus au sein de cette jeunesse palestinienne que l’on disait dépolitisée et démobilisée ; il fait de Mahmoud Abbas un politicien non relevant et rend quasiment impossible toute tentative de sa part de désamorcer la bombe qui risque non seulement de démultiplier les victimes — israéliennes et palestiniennes — mais aussi de provoquer la désintégration de l’Autorité palestinienne. C’est bel et bien la politique du pire. Mais n’est-ce pas exactement ce que recherche le chef du gouvernement israélien ?

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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 07:50
Insurrection de la jeunesse palestinienne, repression coloniale israélienne: tribune de Marwan Barghouti

Tribune de Marwan Barghouthi

Aucun peuple sur terre n’accepterait de coexister avec l’oppression. Par nature, les êtres humains aspirent à la liberté, luttent pour la liberté, se sacrifient pour la liberté. Et la liberté du peuple palestinien n’a que trop tardé.

The Guardian, lundi 12 octobre 2015

Marwan Barghouthi, leader palestinien emprisonné, député, Président du groupe d’amitié avec la France au Conseil Législatif Palestinien, Membre du Comité Central du Fatah, souvent appelé « le Mandela palestinien »

L’escalade n’a pas débuté avec la mort de deux colons israéliens. Elle a débuté il y a longtemps, et s’est poursuivie durant des années. Chaque jour, des Palestiniens sont tués, blessés, arrêtés. Chaque jour, le colonialisme avance, le siège contre notre peuple à Gaza se poursuit, l’oppression et l’humiliation persistent. Alors que certains veulent que nous soyons accablés par les conséquences potentielles d’une nouvelle spirale de la violence, je continue à plaider, comme je l’ai fait en 2002 , pour que l’on s’attaque aux causes de cette violence : le déni de liberté pour les Palestiniens.

Certains ont suggéré que la raison pour laquelle nous ne sommes pas parvenus à conclure un accord de paix est le manque de volonté de feu Président Yasser Arafat ou du manque de capacité du Président Mahmoud Abbas, alors que tous les deux étaient prêts et capables de signer un tel accord. Le véritable problème est qu’Israël a choisi l’occupation aux dépens de la paix et a usé des négociations comme d’un écran de fumée pour faire avancer son projet colonial. Tous les gouvernements au monde connaissent pertinemment cette vérité élémentaire et pourtant nombre d’entre eux prétendent que le retour aux recettes éculées nous permettra d’atteindre la liberté et la paix. La folie c’est de répéter sans arrêt la même chose et d’espérer un résultat différent. Il ne peut y avoir de négociations sans un engagement israélien clair de se retirer complètement du territoire qu’Israël a occupé en 1967, y compris en ce qui concerne Jérusalem, une fin de l’ensemble des politiques coloniales, la reconnaissance des droits inaliénables du peuple palestinien, y compris le droit à l’auto-détermination et au retour, et la libération de tous les prisonniers palestiniens. Nous ne pouvons coexister avec l’occupation israélienne, et nous ne capitulerons pas devant elle.

On nous a demandé d’être patients, et nous l’avons été, donnant une chance après l’autre pour la conclusion d’un accord de paix, y compris depuis 2005 et jusqu’à aujourd’hui. Il est peut-être utile de rappeler au monde que notre dépossession, exil et transfert forcés, et l’oppression que nous subissons ont duré près de 70 ans et nous sommes le seul point toujours à l’agenda des Nations Unies depuis sa création. On nous a dit qu’en ayant recours aux moyens pacifiques et aux cadres diplomatiques et politiques, nous engrangerions le soutien de la communauté internationale pour mettre fin à l’occupation. Et pourtant, comme en 1999 à la fin de la période intérimaire, la communauté internationale n’a pas réussi à adopter une seule mesure significative, y compris mettre en place un cadre international assurant la mise en œuvre du droit international et des résolutions onusiennes, et adopter des mesures pour mettre fin à l’impunité, y compris à travers le boycott, les désinvestissements et les sanctions, en s’inspirant des outils qui ont permis de débarrasser le monde du régime d’apartheid.

En l’absence d’intervention internationale pour mettre fin à l’occupation, et en l’absence d’actions sérieuses des gouvernements pour mettre fin à l’impunité d’Israël, et en l’absence de toute perspective de protection internationale accordée au peuple palestinien sous occupation, et alors même que la colonisation et ses manifestations diverses, y compris les attaques violentes des colons israéliens, s’intensifient, que nous demande-t-on de faire ? Laisser faire et attendre qu’une autre famille palestinienne se fasse brûler, qu’un autre jeune palestinien se fasse tuer, qu’une nouvelle colonie soit construite, qu’une autre maison palestinienne soit détruite, qu’un autre enfant palestinien soit arrêté, qu’une nouvelle attaque de colons ait lieu, qu’une autre agression contre notre peuple à Gaza soit lancée ? Le monde entier sait pertinemment que Jérusalem est la flamme qui peut inspirer la paix ou déclencher la guerre. Alors pourquoi demeure-t-il impassible alors que les attaques israéliennes contre le peuple palestinien dans la ville et les lieux saints musulmans et chrétiens, notamment Al-Haram Al-Sharif, continuent sans relâche ? Les actions et les crimes israéliens ne détruisent pas seulement la solution à deux Etats sur les frontières de 1967 et violent le droit international. Ils menacent de transformer un conflit politique qui peut être résolu en un conflit religieux éternel qui ne fera que déstabiliser plus avant une région qui fait déjà l’expérience de bouleversements sans précédents.

Aucun peuple sur terre n’accepterait de coexister avec l’oppression. Par nature, les êtres humains aspirent à la liberté, luttent pour la liberté, se sacrifient pour la liberté. Et la liberté du peuple palestinien n’a que trop tardé. Pendant la première Intifada, le gouvernement israélien a lancé une politique « briser leurs os pour briser leur volonté », mais une génération après l’autre, le peuple palestinien a démontré que sa volonté ne peut être brisée et ne doit pas être testée.

Cette nouvelle génération palestinienne n’a pas attendu les pourparlers de réconciliation pour incarner une unité nationale que les partis politiques ont échouée à réaliser, dépassant les divisions politiques et la fragmentation géographique. Elle n’a pas attendu d’instructions pour mettre en œuvre son droit, et même son devoir, de résister à cette occupation. Elle le fait sans armes, alors même qu’elle est confrontée à une des plus importantes puissances militaires au monde. Et pourtant, nous demeurons convaincus que la liberté et la dignité l’emporteront, et que nous triompherons. Et que le drapeau palestinien que nous avons levé avec fierté à l’ONU flottera au-dessus des murailles de la vieille ville de Jérusalem, pas pour un jour, mais pour toujours.

J’ai rejoint la lutte palestinienne pour l’indépendance il y a 40 ans, et fus emprisonné pour la première fois à l’âge de 15 ans. Cela ne m’a pas empêché de plaider pour une paix fondée sur le droit international et les résolutions de l’ONU. Mais j’ai vu Israël détruire méthodiquement cette perspective année après année. J’ai passé 20 ans de ma vie dans les geôles israéliennes, y compris les 13 dernières années, et ces années n’ont fait que renforcer ma foi en cette vérité inaltérable : le dernier jour de l’occupation sera le premier jour de paix. Ceux qui veulent réaliser cette dernière doivent agir, et agir maintenant, pour précipiter la première.

Marwan Barghouthi prison de Hadarim cellule n°28

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 11:29

http://www.humanite.fr/pour-ali-mohammed-585144

L'éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin :

À l’heure même où s’écrivent ces lignes, la vie d’Ali Mohammed est suspendue à un rien. Ce rien nous hante, il nous est insupportable.

Il y a des moments où nous devons accepter que certains hommes deviennent des symboles, parce que l’ignominie du sort qui leur est réservé a valeur universelle. Ainsi en est-il d’Ali Mohammed Al Nimr, désormais âgé de 20 ans, mais aux mains de ses tortionnaires de la monarchie théocratique saoudienne depuis l’âge de 17 ans. Son crime ? Avoir participé à une manifestation antigouvernementale, en 2012, dans la province chiite de Qatif. Que risque-t-il ? D’être décapité, avant que son corps ne soit crucifié jusqu’à son pourrissement. En Arabie saoudite – comme dans l’espace occupé par Daech –, la loi, issue de la Charia, prescrit en effet la crucifixion comme sanction possible pour des « cas graves » de sorcellerie, d’hérésie, d’injure à l’égard du prophète, mais également pour fait de révolte contre l’État, considéré autant comme un crime politique que religieux. Cette obscurantiste sentence a été prononcée, puis confirmée, et l’ultime appel définitivement rejeté. Cette mise à mort peut donc survenir à n’importe quel moment. À l’heure même où s’écrivent ces lignes, la vie d’Ali Mohammed est suspendue à un rien. Ce rien nous hante, il nous est insupportable.

D’autant plus insupportable que les « puissants » du monde se trouvent au siège des Nations unies, ces jours-ci, et que, du côté de la diplomatie française, l’une des principales alliées de l’Arabie saoudite, rien ne semble trop beau pour ne pas indisposer le roi Salmane, ce grand acheteur de Rafale, de vedettes et d’hélicoptères de combat. La vie d’un manifestant vaut-elle quelques avions de chez M. Dassault ? François Hollande a bien sûr demandé à son interlocuteur privilégié de renoncer à l’exécution, la France étant « opposée à la peine de mort ». Ces mots a minima résonnent comme une défaite, sinon une allégeance, à l’image de l’ONU d’ailleurs, qui vient de nommer un représentant de l’Arabie saoudite pour diriger son Conseil des droits de l’homme... La disponibilité pour se battre – même pour un homme du bout du monde – dépend et se nourrit toujours de la conscience de l’utilité de le faire. L’Humanité juge utile et indispensable de lancer une grande mobilisation pour sauver Ali Mohammed de ses bourreaux. Le temps presse.

Pour Ali Mohammed, opposant saoudien menacé de décapitation et de crucifixion (L'Humanité)
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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 17:06

LA SOLIDARITÉ HUMAINE ET INSTITUTIONNELLE AUX RÉFUGIÉS DOIT S’ACCOMPAGNER D’INITIATIVES POUR DES SOLUTIONS POLITIQUES ET ÉCONOMIQUES DURABLES APRES ANALYSE DES CAUSES DE LA CATASTROPHE HUMANITAIRE ACTUELLE.

Le Mouvement de la paix se réjouit de l’élan de solidarité qui se manifeste dans les populations à l’endroit des réfugiés. Cet élan doit se traduire par un engagement fort de l’Etat et des pouvoirs publics accompagné partout par des mesures au niveau des Communes, Départements et Régions pour concrétiser cette nécessaire solidarité humaine avec ceux qui souffrent des affres de la guerre et des désastres que connaissent les régions dont ils sont issus.

Ces mesures doivent rendre humain l’accueil des réfugiés tout en créant les conditions du vivre ensemble avec toutes les personnes résidant en France.

Mais au-delà de cette première urgence, la réflexion doit s’engager sur les raisons qui ont conduit à cette situation.

Force est de constater que les interventions militaires et les guerres sont toujours des échecs. Elles amènent toujours de nouveaux conflits sans jamais permettre de construire une paix durable. Par ailleurs, le sous-développement, l’insécurité alimentaire, la misère, le chômage, les injustices, le manque de démocratie et les dictatures qui écrasent leurs peuples, les répriment et portent atteintes aux droits fondamentaux, l’analphabétisme, constituent des facteurs de déstructuration des Etats, d’insécurité et de conflits.

Les populations civiles qui ne demandent qu’à vivre en paix sont les principales victimes. La guerre et les inégalités de développement conduisent au chaos et enfantent des monstruosités. Le quotidien tragique des populations au Moyen-Orient et dans nombre de régions subsahariennes est proprement invivable, inacceptable et relève de ces monstruosités tout comme l’émergence de Daesh, Boko Haram etc

Sur la période récente, les puissances en particulier celles qui sont membres de l’Otan, qui ont conduit des guerres, illégalement en 2003 en Irak (USA, GB ) et en 2013 en Libye en violant la résolution initiale des Nations Unies, portent une immense responsabilité dans la succession d’horreurs subies par les populations de ces régions et l’aggravation générale de la situation au Moyen 0rient.

Nous n’acceptons pas que notre douleur à tous, à la vue des images des populations civiles fuyant face à la guerre, la misère, les attentats et les assassinats, soit utilisée pour escamoter les responsabilités de la situation actuelle au Moyen Orient

Au-delà de nos différences réfléchissons ensemble :

Dominique De Villepin : « L’État Islamique, c’est l’enfant monstrueux de la politique occidentale A chaque fois qu’on fait une guerre il s’agit d’en recommencer une autre pour réparer notre incompétence et notre incapacité à régler les problèmes»

Le prix payé par les peuples en raison des guerres, de la misère, du mal développement économique social etc, est si lourd qu’il contraint à l’exil des centaines de milliers d’hommes et de femmes qui n’auraient jamais souhaité quitter leur pays.

Les cadavres rejetés sur les côtes méditerranéennes sont la conséquence de cette situation, qui est aussi le résultat de choix politiques et économiques catastrophiques se traduisant par deux chiffres monstrueux : 1800 milliards de dollars de dépenses militaires dans le Monde en 2014 contre 8,4 milliards de dollars pour les opérations de Paix de l’ONU.

Les dépenses militaires ont doublé en 10 ans au plan mondial.

La France et l’Europe doivent reconsidérer leurs relations économiques et financières avec les pays du Sud, car elles sont profondément inégalitaires au détriment de ces derniers.

Des mesures d’annulation de la dette des pays pauvres s’imposent pour répondre à leurs besoins sociaux, sanitaires, éducatifs et de développement humain. Il y a nécessité de mettre en place des coopérations pacifiques et mutuellement bénéfiques. Dans ce contexte la protection des populations, dont le peuple kurde durement agressé de toutes parts, doit aller de pair avec l’arrêt des ventes d’armes.

Le Pape François "Beaucoup des puissants ne veulent pas de la paix car ils vivent de la guerre".

Quelques puissants tirent leurs ressources de la production d'armes. C'est l'industrie de la mort

Le Mouvement de la paix demande que la France prenne des initiatives pour des solutions politiques et économiques durables. Ces initiatives doivent permettre d’accueillir dignement les réfugiés et favoriser le règlement pacifique de tous les conflits en cours et en particulier l’instauration d’une paix durable au proche et au Moyen Orient, mais aussi créer les conditions d’un monde économiquement juste et solidaire.

 Des mesures urgentes pour la protection des populations sous l’égide de forces onusiennes.  un embargo sur toutes les armes dans la région, et un dispositif de sanctions envers les Etats qui soutiennent les forces djihadistes y compris en leur permettant d’acheminer et de vendre leur pétrole hors de l’Irak.

 La mise en place sous l’égide de l’ONU d’une conférence internationale pour la paix au Moyen orient

 La reconnaissance d’un Etat de Palestine à côté d’Israël sur les frontières de 1967 conformément au vote du Parlement Français

Ces initiatives pourraient s’exprimer lors de l’ouverture dans quelques jours de la 70ème session des Nations Unies et être mises en œuvre sous l’égide de l’ONU.

 NON à la stratégie du chaos qui enfante des monstruosités, OUI à la protection des populations civiles et des réfugiés,

OUI à une conférence mondiale pour la paix au Moyen-Orient sous l’égide des Nations Unies Le

Mouvement de la Paix rennes@mvtpaix.org www.facebook.com/bretagne.mouvementdelapaix Site Web http://culturedelapaix.org/

Tract du Mouvement de la Paix distribué à la marche pour la Paix de Rennes ce week-end et à la marche pour les migrants
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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 19:47

Dépassée, l'Europe affronte le plus grand exode depuis la Seconde Guerre mondiale

Les ministres de l'intérieur de l'Union européenne se sont mis d'accord pour se répartir 120 000 réfugiés sur deux ans. Un chiffre dérisoire au regard du million de personnes attendues en 2015. À l'occasion du sommet européen convoqué mercredi 23 septembre à Bruxelles, Mediapart a demandé à François Gemenne et François Héran, spécialistes des questions migratoires, de comparer l'afflux actuel aux mouvements de population contemporains que l'Europe a connus.

Dépassée, l'Europe affronte le plus grand exode depuis la seconde guerre mondiale (Médiapart)
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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 20:54
Jeremy Corbin ( photo The Gardian)

Jeremy Corbin ( photo The Gardian)

Lettre ouverte à notre ami Jeremy Corbyn

FRANCIS WURTZ- VENDREDI, 18 SEPTEMBRE, 2015

HUMANITÉ DIMANCHE

La chronique de Francis Wurtz, député honoraire du Parlement européen.

Cher Jérémy.

Je ne sais si tu mesures la joie que suscite ton élection à la tête du Parti travailliste auprès de tes amis – tes « camarades » comme tu n’hésites pas à les appeler – en France comme, j’imagine, dans toute la gauche européenne ! En particulier, parmi celles et ceux d’entre eux qui te connaissent depuis vingt ans et plus et pour qui tu es depuis lors – avec le regretté Tony Benn – la référence par excellence dans la gauche britannique. La dernière fois que nous avons fait « estrade commune » remonte au mois de mai 2011, à l’occasion d’un magnifique meeting, à Londres, au côté de nos amis de Sinn Fein, consacré au trentième anniversaire de la mort de Bobby Sands, héros et martyr de la cause républicaine irlandaise. Des causes qui nous ont rapprochés, il y en a déjà tant eu : de la libération de Nelson Mandela à la reconnaissanc e de l’État de Palestine ; du refus de la guerre en Irak à la solidarité avec l’Amérique latine ; du refus d’une Europe « blairisée » à l’action pour une « meilleure Europe, défendant la justice sociale et pas la finance » ! Aujourd’hui que tu as réussi l’impensable : engager le Parti travailliste sur la voie de la rupture avec l’héritage empoisonné de 20 années de « thatchérisme soft » insufflé par Tony Blair, de nouvelles perspectives de dialogues, de convergences et d’initiatives élargies se dessinent. Pour cet espoir inattendu et si réconfortant : merci ! L’expérience politique extraordinaire que tu viens de vivre et de faire vivre ces deux derniers mois est, pour toute la gauche européenne, particulièrement riche d’enseignements.

Loin des artifices des « communicants » professionnels, comme des figures imposées dans les grands médias : étranger aux moeurs des politiciens à l’ego surdimensionné, comme au discours « politiquement correct » de la « gauche moderne », tu es resté celui que nous avons toujours connu : sincère, authentique, modeste, respectueux. Et fidèle à tes convictions qui sont, aujourd’hui comme hier, aussi simples à comprendre qu’essentielles à réaliser : « Recréer l’ambition d’une société plus juste » ; en finir avec le « tout-austérité » – qui est « un choix politique » et non une fatalité – ; développer les services publics de transports, d’éducation et de santé ; « changer la mission de la Banque centrale » pour que l’argent qu’elle crée aille « aux gens » et serve à « l’emploi qualifié » ; nationaliser les chemins de fer et les producteurs d’énergie ; relever l’impôt sur les sociétés ; maintenir dans le secteur public des banques sauvées de la faillite par l’État au moment de la crise de 2008...

La même cohérence de gauche se retrouve dans tes propositions de politique internationale, qui se situent aux antipodes des obsessions du « caniche de Bush » : non à la guerre, à l’arme nucléaire et à l’OTAN – « qui aurait dû disparaître avec la guerre froide ». Voilà la politique et le comportement qu’ont plébiscités les centaines de milliers de jeunes qui t’ont permis de vaincre la résistance acharnée des caciques de l’ex-New Labour ! Nul doute que ces derniers ne désarmeront pas pour autant. Réhabiliter la gauche en Europe est un combat. Nous nous y retrouverons.

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 06:08
Juncker le Patron d'une belle équipe multinationale d'affairistes

Juncker le Patron d'une belle équipe multinationale d'affairistes

Business is business...

Vicky Cann dans le Monde Diplomatique de septembre 2015 nous rappelle comment et par qui l'Europe est gouvernée:

"Saison des transferts dans le quartier européen de Bruxelles. Tandis que les anciens commissaires se cherchent un aménagement de carrière, leurs successeurs font connaissance avec leur poste. M. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a cependant composé son équipe de manière quelque peu déroutante.

Au poste de commissaire à l'énergie et au climat de sa nouvelle équipe, entrée en fonction le 1er novembre 2014, il a nommé M. Miguel Arias Canete, ancien président d'une compagnie pétrolière (Petrogolis Canarias); au poste de commissaire chargé de l'union des marchés de capitaux, M. Jonathan Hill, un ancien lobbyiste au service de l'industrie; au poste de commissaire aux affaires économiques et financières, M.Pierre Moscovici, ancien vice-président du Cercle de l'industrie, un lobby industriel; au poste de commissaire à la recherche, M. Carlos Moedas, ancien cadre à la banque Goldman Sachs; et au poste de commissaire chargé de la justice, Mme Véra Jourova, ancienne conseillère militaire d'un milliardaire tchèque. Les choix de M. Juncker ont été approuvés par les députés européens à l'issue d'un long processus d'auditions qui s'est soldé par l'une de ces tractations discrètes dont les institutions bruxelloises ont le secret. Le Parlement s'est contenté d'obtenir le remplacement de la candidate slovène, Alenka Bratusek, qui n'était plus soutenue par son gouvernement.

Culture de la connivence, échanges de bons procédés et institutions surpuissantes constituent les ingrédients principaux du gâteau bruxellois. Telle une cerise, le conflit d'intérêts trône à son sommet...

Les commissaires figurent parmi les personnalités les plus puissantes à Bruxelles. La Commission élabore des réglementations et des directives qui s'appliquent à cinq cent millions de citoyens européens; un pouvoir bien supérieur à celui des ministres des Etats membres de l'Union. Les lobbys ne s'y sont pas trompés, et Bruxelles est devenue la deuxième capitale du lobbying d'affaires après Washington.

Sur l'autoroute encombrée du "pantouflage", on circule dans les deux sens. D'un côté de la chaussée, d'anciens dirigeants d'entreprise ou d'organisation patronale migrent vers des institutions publiques, comme la Commission européenne, pour mieux plaider leur cause. De l'autre, d'anciens hauts fonctionnaires vont finir leur carrière dans le secteur privé, auquel ils vendent services et carnets d'adresse...

En 2010, par exemple, l'Allemand Günter Verheugen, ancien commissaire pour l'entreprise et l'industrie, a créé la société de conseil European Experience Company (EEC), en tandem avec son ancienne chef de cabinet, Mme Petra Erler... EEC propose à ses clients de les aider à trouver "la meilleure stratégie pour interagir avec les institutions européennes"... Ancien commissaire au marché intérieur, l'Irlandais Charlie Mc Creevy a rejoint une banque ainsi que les conseils d'administration des sociétés Ryanair et Sentenial. Après son passage au poste de commissaire européen à la protection des consommateurs, la Bugare Meglena Kuneva a été accueillie au conseil d'administration de BNP Paribas..."

Pourtant les anciens commissaires perçoivent de généreuses indemnités: entre 40% et 65% de leur salaire, soit entre 8332 euros et 13540 euros par mois pendant les trois ans qui suivent leur départ. Ces indemnités visant certainement à leur permettre de ne pas se précipiter sur la première offre d'emploi venue et à limiter les risques de conflit d'intérêt..."

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 06:12

Israël et territoires occupés : le désengagement de Veolia, une vraie victoire

http://www.france-palestine.org/Israel-et-territoires-occupes-le-desengagement-de-Veolia-une-vraie-victoire

La nouvelle est confirmée : Transdev, filiale de Veolia environnement et de la Caisse des dépôts, vient de céder toutes ses participations dans le tramway de Jérusalem à des investisseurs israéliens, qu’il s’agisse de sa participation de 5% dans le consortium propriétaire des équipements ou de l’opérateur du tramway, Connex Jérusalem, dont elle était actionnaire à 100%. Ainsi se concrétise le désengagement annoncé de Veolia du marché israélien et des territoires occupés. Il n’y a plus désormais aucune participation française dans cette infrastructure coloniale puisqu’Alstom avait lui-même dû revendre ses 20% de participation dans Citypass en août 2013 à des investisseurs israéliens. C’est un signe significatif de l’isolement international d’Israël auquel conduit la colonisation.

L’AFPS a chèrement payé le combat politique et judiciaire mené depuis 2007 aux côtés de l’OLP contre la participation de Veolia à la colonisation, en particulier avec sa participation au tramway colonial de Jérusalem. Elle apprécie d’autant plus la portée de ce retrait qui constitue une vraie victoire pour l’ensemble du mouvement international Boycott Désinvestissement Sanctions et pour tous ceux, à travers le monde, qui défendent le droit international.

Nous constatons qu’il n’a pas été simple pour Veolia de mener à terme son projet de désengagement de l’ensemble de ses activités du marché israélien. Ce retrait risque de s’avérer fort coûteux pour l’entreprise qui avait fait un bien mauvais choix en investissant dans un projet qui violait le droit international. On l’a vu aussi tout récemment avec Orange, le désengagement, fût-il pour une simple licence de marque, a toujours un coût.

Les entreprises françaises doivent en tirer toutes les leçons. Investir en effet sur un marché où sont massivement violés droits de l’homme et droit international comporte des risques graves tant du point de vue juridique qu’en terme d’image et de communication. Le gouvernement français doit faire passer avec plus de force un message clair aux entreprises : tout investissement qui participe, même indirectement, à la colonisation viole le droit international et les conventions de Genève et doit être proscrit.

Israël et territoires occupées: le déménagement de Véolia, une vraie victoire (communiqué AFPS)
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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 06:21
Elias Duparc: soutenir Syrisa pour un gouvernement Tsipras de résistance (L'Humanité)

http://blogs.mediapart.fr/blog/elias-duparc/260815/soutenir-syriza-pour-un-nouveau-gouvernement-tsipras-de-resistance

Soutenir Syriza pour un nouveau gouvernement Tsipras de résistance

26 AOÛT 2015 | PAR ELIAS DUPARC

La signature d’un mémorandum par le gouvernement grec de gauche radicale suscite une considérable vague de débats dans toutes les composantes de la gauche européenne. Partout, l’expérience Syriza ouvre les yeux et les bouches sur les combats à mener pour les forces de transformation sociale : que faire ? En Grèce, risquant un vote de défiance à la Vouli, Alexis Tsipras a démissionné pour laisser son peuple trancher à nouveau et tenter de remporter une majorité solidifiée. Syriza entend gagner un soutien populaire majoritaire pour former un gouvernement de résistance à l'austérité malgré le cadre mémorandaire. Dans la foulée, la « plateforme de gauche » a quitté Syriza pour former un nouveau parti, « Unité populaire », qui préconise une sortie de l’euro alors même que nombre de dirigeants allemands et européens continuent de chercher le Grexit.

Chacun a pris conscience de la lourde défaite que les institutions et les gouvernements européens, menés par l’Allemagne, ont infligé au gouvernement grec de gauche radicale et donc au peuple grec martyrisé par l’austérité depuis 2010. Aux termes de l’accord du 13 juillet, trente cinq mesures, dont une grande majorité de mesures ultralibérales et récessives contraires au programme de Syriza, devront être implémentées par le nouveau gouvernement quel qu’il soit[1]. L’espoir de transformer l’Europe, l’euro, d’enfin mener une politique en faveur des salariés et des classes populaires s’est heurté au mur du capital. Mais cette nouvelle donne est contradictoire. À l’inverse de ce que prétendent certains anciens soutiens devenus en quelques jours dénonciateurs impitoyables, le gouvernement Tsipras a également remporté des victoires notables.

Des victoires dans la défaite

Le combat de six mois pendant lesquels les dirigeants grecs ont utilisé tous les moyens possibles et imaginables pour sortir de l’austérité a d’abord mis en lumière le fonctionnement totalitaire de la zone euro. Qui, aujourd’hui, peut encore vendre le « rêve européen » que la droite et la social-démocratie tentaient encore de nous fourguer il y a quelques mois ? Moscovici, qui vante dans son blog les mesures austéritaires au nom de la modernité ? C’est toute la patiente construction idéologico-institutionnelle des libéraux et des milieux d’affaire qui est balayée. Cinquante années de propagande sur « l’Europe de la paix », de la démocratie ou de « l’économie sociale de marché » sont parties en fumée. Au lendemain du 13 juillet, l’Europe des puissances d’argent est apparue pour ce qu’elle est : un monstre technocratique au service des seuls intérêts des conservateurs, de la finance et de l’Allemagne. Les efforts de la diplomatie allemande pour faire oublier que l’Union européenne sert principalement les intérêts du capital allemand sont aujourd’hui ruinés.

Contraint d’accepter, au terme d’un chantage inouï mené par des gouvernements conservateurs coalisés, un plan dont une large part avait été refusée par référendum quelques jours plus tôt, le gouvernement grec a apporté la démonstration que le néolibéralisme n’est plus compatible avec la démocratie[2]. Alexis Tsipras a tout fait pour mettre transparence et démocratie au centre du jeu : quel autre chef d’Etat européen a saisi le Parlement européen, injectant de la politique à haute dose dans la seule instance un tant soit peu démocratique de l’Union ?

Ces victoires idéologiques sont à mettre au crédit du combat du peuple grec, comme d’ailleurs la reconnaissance désormais quasiment universelle que les politiques d’austérité sont inefficaces et destructrices. Les droites européennes (et les sociaux-démocrates) auront, à l’avenir, encore plus de peine à entonner leur éternel refrain des « indispensables économies budgétaires ». C’est du reste la raison pour laquelle l’ex-premier ministre réclame l'implication du Parlement européen dans le contrôle de la mise en œuvre de l'accord[3]. Il veut que chaque force politique, dans chaque pays, soit contrainte de se positionner et d’évaluer les politiques d'austérité qui, sans doute aucun, feront à nouveau la preuve de leur nocivité à tous les plans. La lutte contre l’austérité doit continuer, pour les Grecs comme pour les Français et tous les européens. C’est ce qui peut et doit nous rassembler dans la durée.

Grâce au surgissement du gouvernement Syriza et du vent démocratique qu’il a porté, une rupture idéologique au sein même des forces dominantes a été mise en lumière : entre grexit et « irréversibilité de l’euro », le capital et ses représentants hésitent. Et s’il est douloureux de concéder que ce sont Syriza et Alexis Tsipras qui, quoiqu’ayant remporté une victoire historique sur un programme de fin de l’austérité et des memoranda, vont devoir être ceux qui mettent en place un troisième plan cruel, il faut souligner la défaite symétrique du docteur Schaüble. Celui qui a tant affirmé qu’il n’y aurait ni nouveau plan d’aide ni « haircut » ni maintien de la Grèce dans l’euro a dû faire passer dans son pays un plan d’aide de près de 90 milliards sur trois ans avec un futur volet de restructuration partielle de la dette, mangeant son chapeau devant une droite allemande elle-même divisée et une social-démocratie de plus en plus déconsidérée.

Enfin, le gouvernement d’Alexis Tsipras a remporté début août une « victoire dans la défaite » importante et étrangement passée sous silence : un allègement du cadre austéritaire qui enserre le pays. En effet, alors que les exigences annuelles d’excédents budgétaires étaient fixés à 1% du PIB pour 2015 et 2% pour 2016 dans l’accord du 13 juillet, ils seront finalement respectivement de 0,25 et de 0,5%. Avec le déblocage de 83 milliards d’euros de fonds européens (dont une grande partie retournera toutefois aux créanciers), des marges de manœuvre existent pour relancer l’appareil productif grec détruit.

Ces premiers gains sont certes maigres au vu la situation de la Grèce et de l’ampleur de la défaite dans le combat contre l’austérité. Mais ils ne sont pas négligeables après six petits mois de gouvernement pour la gauche radicale. Comme le dit Tsipras lui-même, « Si quelqu’un a le sentiment que la lutte des classes est une évolution linéaire et se remporte en une élection et que ce n’est pas un combat constant, qu’on soit au gouvernement ou dans l’opposition, qu’il vienne nous l’expliquer et qu’il nous donne des exemples ». De fait, partout et à toute époque, il a fallu au mouvement ouvrier des années de lutte héroïque pour arracher des victoires. Et c’est bien à la lumière de l’expérience du mouvement révolutionnaire qu’apparaît la nécessité de soutenir Syriza pour un gouvernement Tsipras de résistance.

On n’abandonne pas ses alliés dans la défaite !

L’un des apports les plus essentiels de l’expérience Syriza, et qui montre du reste qu’elle est strictement hétérogène à la social-démocratie, c’est le constat maintes fois réitéré que le gouvernement seul n’est pas à même de transformer les choses. Tsipras : « Nous savons que gagner les élections ne signifie pas, du jour au lendemain, disposer des leviers du pouvoir. C’est un combat constant. Mener le combat au niveau gouvernemental ne suffit pas. Il faut le mener, aussi, sur le terrain social ».

Loin de se situer sur cette position de nécessaires luttes sociales de la base au sommet, l’alternative que veulent incarner les scissionnistes d’« Unité populaire » constitue un déni de la réalité des rapports de force et des enjeux de pouvoir. S’il apparaît comme séduisant et intellectuellement facile de prôner la rupture avec l’euro et l’Europe, ce refus d’une lutte globale de longue haleine pour promettre des gains immédiats et des solutions miracles par décrets gouvernementaux n’a rien de nouveau dans le mouvement ouvrier, et surtout rien de révolutionnaire[4]. Or, comment nier que la transformation de la société ne peut s’opérer que dans la durée, dans la lutte, avec de nécessaires défaites transitoires entraînant des compromis douloureux[5] ? Si l’épisode de Brest-Litovsk est volontiers utilisé par Syriza pour illustrer le « dilemme coercitif » devant lequel son gouvernement était placé[6], l’exemple du Chili d’Allende est également pertinent. Après six mois de gouvernement socialiste, a-t-on vu en 1971 les composantes les plus à gauche de la coalition partir avec armes et bagages et accuser le président chilien de « trahison » parce qu’il n’avait pas pu mettre en œuvre son programme socialiste à cause du feu nourri de la droite chilienne et des Etats-Unis ? A-t-on entendu les communistes chiliens repeindre le président en « capitulard » lorsqu’il a dû ouvrir son gouvernement aux militaires en 1973 tant la pression putschiste était forte ? On n’abandonne pas la guerre sous prétexte que le mouvement a perdu une bataille, fût-elle importante ! C’est pourtant exactement ce que font les scissionnistes de la plateforme de gauche (qui cherchaient de toutes les façons depuis le début l’occasion de faire sécession, comme l’a affirmé le secrétaire général de Syriza démissionnaire, Tassos Koronakis). De la même façon, il est inconcevable d’abandonner ses alliés parce qu’ils ont un genou à terre. C’est pourtant exactement ce que font ceux qui, en France, retirent leur soutien à Syriza pour applaudir l’ex-plateforme de gauche.

En cela, le mouvement opéré par « Unité populaire » est conforme à la mission historique du courant trotskyste, cette instance de division de la gauche de transformation sociale vouée à permettre à la droite de reprendre le pouvoir. Si le gouvernement d’Alexis Tsipras a temporairement échoué, ce n’est pas parce qu’il a refusé des alternatives, qu’il a « trahi » ou qu’il s’est rendu à la raison de ses adversaires, c’est du fait d’un rapport de force européen éminemment défavorable, d’une isolation internationale complète. « La vérité est qu'on ne peut pas choisir la forme de guerre qu'on veut, à moins d'avoir d'emblée une supériorité écrasante sur l'ennemi, et on sait ce qu'a coûté en pertes humaines l'obstination des états-majors à ne pas vouloir recon­naître que la guerre de position était « imposée » par les rapports généraux des forces qui s'affrontaient », écrit Antonio Gramsci[8]. Face à la puissance de l’Europe libérale, quelle autre guerre choisir qu’une guerre de position ? L’objectif qui doit être le notre n’est donc pas le repli hors de la lutte européenne (consacrant alors Schaüble seul maître à bord avec ses alliés populistes comme sociaux-démocrates) mais bien l’intensification de la lutte internationale et aussi pays par pays contre l’austérité et l’autoritarisme pour pousser le rapport de force à notre avantage. Hausser nos ambitions et l’intensité de la lutte pour rompre avec l’Europe merkelienne, voilà le programme de la gauche radicale européenne après le 13 juillet. C’est d’autant plus indispensable que, pour la première fois depuis des décennies, de sérieux espoirs existent.

Car quel est le bilan de ces douze derniers mois pour la gauche de la gauche européenne ? Une percée anti-austéritaire en Écosse avec le SNP ; un mouvement de masse en Irlande contre la privatisation de l'eau avec le Sinn Fein désormais tout proche d’une victoire historique ; le premier gouvernement de gauche radicale élu en Grèce ; des maires de gauche anti-austérité à Madrid, Barcelone et Dublin, Belfast, Cork et un parlement régional animé par Die Linke en Thuringe ; une vague sans précédent de grève en Allemagne, avec déjà deux fois plus de jours de grève en 2015 qu'en 2014 ; la montée d'une gauche radicale unie en Slovénie qui arrive en tête de certains sondages cet été ; le développement d'un mouvement de masse pour la victoire d'un candidat socialiste à la tête du Labour (Jeremy Corbyn) en passe de l'emporter… Dans ce contexte de dynamique internationale, les progressistes doivent faire bloc avec Syriza pour qu’ils reconstruisent une majorité dans laquelle ils pourront être à l’avant-garde du combat européen qui commence.

Réélire un gouvernement de lutte

Pourquoi renouveler notre soutien à Syriza et à Alexis Tsipras après la signature du troisième mémorandum ? Parce qu’ils lutteront pied à pied contre l’austérité dans le cadre économique contraint où la Grèce est placée depuis 2010. Ils réaliseront des réformes fondamentales contre l’oligarchie grecque comme la lutte contre la corruption et l’évasion fiscale et la mise à contribution des grands médias privés via la vente des fréquences. Ils prendront des mesures sociales compensatoires en direction des classes populaires tout en continuant le combat européen contre l’accord. Obtenir des concessions des créanciers est possible : c’est déjà le cas sur le montant des surplus budgétaires annuels, ce le sera aussi sur le reprofilage de la dette.

A l’inverse, « l’alternative de gauche » par la sortie de l’euro et la dévaluation de la nouvelle drachme entraînera l’appauvrissement du peuple grec du fait de la super-austérité dont elle est synonyme[9] et de l’approfondissement de l’instabilité économique qui détruit chaque jour l’activité. Transformer la société et mener des politiques de rupture ne doit pas conduire la gauche à renoncer à sa vocation centrale de protéger les populations de la violence du capitalisme. Les Grecs n’aspirent pas à s’appauvrir mais à retrouver leur dignité. Cela passe non pas par le jusqu’au-boutisme suicidaire face à des ennemis trop puissants mais, dans ce contexte de crise économique extrême, par des investissements, du pouvoir d’achat, de la relance de l’activité, etc. C’est aussi cette stabilisation qui peut permettre le redéploiement des luttes sociales de la base au sommet. Seuls 20% des grecs souhaitent que soit envisagé un plan de retour à la drachme. L’enjeu n’est pas d’aller à toute force à la rupture, mais d’amener la majorité du peuple au combat contre l’austérité. Comme l’écrit Lénine, « Toute la tâche des communistes est de savoir convaincre les retardataires, de savoir travailler parmi eux et non de se séparer d'eux par des mots d'ordre "de gauche" d'une puérile invention ».

La place des progressistes français et, parmi eux, des communistes, est bel est bien aux côtés de Syriza, dont le PCF est l’allié véritable. Soutenir nos camarades grecs en lutte, c’est l’inverse de renoncer au combat, c’est accepter de s’inscrire dans une bataille âpre, longue, ingrate, comme les communistes en ont mené des dizaines dans leur histoire. C’est prendre la bonne mesure des rapports de force, en Europe comme en Grèce, et choisir nos combats en conséquence (« Vous êtes tenus de surveiller d'un œil lucide l'état réel de conscience et de préparation de la classe tout entière (et pas seulement de son avant-garde communiste), de la masse travailleuse tout entière (et pas seulement de ses éléments avancés) », écrit encore Lénine). C’est empêcher que le premier gouvernement de la gauche radicale élu dans la zone euro[10] soit contraint de rendre le pouvoir à la droite au bout de six mois. C’est refuser les facilités que proposent de conserve les mauvais prophètes de la sortie de l’euro et les capitulards sociaux-démocrates apôtres de l’austérité. C’est ne pas être illusionné par les solutions miracles brandies par de prétendus dépositaires de « l’unité populaire » dont la tâche est au contraire à l’évidence de diviser le peuple et la gauche. C’est, pour reprendre les mots d’Alexis Tsipras, emprunter, avec les grecs, « une voie très accidentée faite de combats constants et de revendications, afin de réussir le mieux possible pour les intérêts du peuple ». En avant !

[1] Il s’agit toutefois en plusieurs points d’un programme « moins désastreux » que ceux entérinés par les gouvernements droite-PASOK : libellé en droit européen et non en droit anglais, il comprend, au milieu de mesures globalement destructrices, quelques points positifs pour les populations (pas de privatisation de l’opérateur de distribution d’électricité, pas de rétablissement des franchises médicales de 5€ pour toute consultation hospitalière supprimées par le gouvernement Tsipras, des objectifs d’excédents primaires fortement modérés…). Lire
http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-le-retour-a-la-realite-des-creanciers-497630.html

[2] Au même moment, le passage en force de la loi Macron au parlement français en fournissait une autre illustration.

[3] Lire http://www.humanite.fr/sia-anagnostopoulou-en-grece-et-en-europe-nous-sommes-plutot-au-debut-de-la-lutte-qua-la-fin-581992

[4] A ce titre, il est piquant de noter que la « solution » de la sortie de l’euro s’inscrit typiquement dans le cadre social-démocrate : il s’agit d’une décision de sommet excluant l’intervention des travailleurs et ne reposant sur aucun enjeu de lutte sociale spécifique. C’est du reste pourquoi elle est prônée par des économistes essentiellement non-marxistes, du social-chauvin Jacques Sapir au « spinoziste » Frédéric Lordon. Lire un point-de-vue marxiste sur le sujet : http://www.humanite.fr/grece-europe-pour-un-vrai-plan-b-580326

Soulignons d'ailleurs que jamais, durant la campagne précédant le référendum du 5 juillet, aucun responsable du gouvernement ou de Syriza, ni de la majorité ni de la plateforme de gauche, n'a affirmé que le « Non » signifiait un « non à l'euro ». Parler de « front du OXI » pour qualifier le parti des scissionistes est une imposture pure et simple.

[5] Le tort de Syriza est-il, alors, d’avoir promis sans détour avant l’élection « la fin de l’austérité » et l’arrêt des mémorandums, sous-estimant ainsi la violence des adversaires et le caractère profondément défavorable des rapports de force, induisant même l’idée que l’accès aux responsabilités permettrait la modification rapide du cadre des politiques économiques ?

[6] Alexis Tsipras : « Vous savez, le compromis est un élément de la réalité politique et un élément de la tactique révolutionnaire. Lénine est le premier à parler de compromis dans son livre La Maladie infantile du communisme (le « gauchisme ») et il y consacre plusieurs pages pour expliquer que les compromis font partie des tactiques révolutionnaires. Il prend dans un passage l’exemple d’un bandit pointant sur vous son arme en vous demandant soit votre argent, soit votre vie. Qu’est censé faire un révolutionnaire ? Lui donner sa vie ? Non, il doit lui donner l’argent, afin de revendiquer le droit de vivre et de continuer la lutte. Nous nous sommes retrouvés devant un dilemme coercitif. Ce chantage est cynisme : soit le compromis – dur et douloureux – soit la catastrophe économique – gérable pour l’Europe, pas au niveau politique, mais économiquement parlant – qui pour la Grèce et la gauche grecque aurait été insurmontable. » Entretien à la radio Sto Kokkino, 29 juillet 2015.http://www.humanite.fr/alexis-tsipras-le-peuple-grec-tente-de-sechapper-de-la-prison-de-lausterite-rattrape-il-ete-place

Lire aussihttps://www.marxists.org/francais/lenin/works/1918/03/d7c/vil19180300-03c7.htm

[8] A lire ici :https://www.marxists.org/francais/gramsci/works/1933/machiavel10.htm

[9] Lire, en espagnol, l’analyse d’Alberto Garzon (Izquierda Unida) sur le sujet : http://larepublica.es/2015/08/22/alberto-garzon-habia-alternativas-a-lo-que-ha-hecho-syriza-en-grecia/

[10] En réalité le deuxième : les communistes d’AKEL ont dirigé Chypre durant la période 2008-2013, subissant d’ailleurs un coup d’état financier de la part de la BCE et de l’Eurogroupe encore plus violent que celui mené contre les Grecs.

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 06:24
Ville de Gaza

Ville de Gaza

Signez la pétition en cliquant sur ce lien

La reconstruction de Gaza pourrait prendre 17 ans avec seulement 5 % des matériaux de construction autorisés à entrer à Gaza un an après lire la suite du communiqué

Pétition adressée au Coordinateur spécial de l’ONU M. N. Mladenov, à MM. les Présidents B. Obama et F. Hollande, à Mme. la Chancelière A. Merkel, au Premier ministre D. Cameron, au Sheikh Al Thani, à Mme. la Haute Représentante F. Mogherini et aux autres dirigeants concernés :

Pendant une année entière le gouvernement israélien a empêché l’entrée à Gaza des matériaux de construction de base. Aucun des 19 000 logements bombardés et détruits n’a été reconstruit totalement.

Un an après, près de 100 000 Palestiniens de Gaza demeurent sans-abri, les hôpitaux et écoles sont encore en ruines, et des quartiers entiers n’ont pas accès à l’eau courante.

Mais pour l’anniversaire du cessez-le-feu, nous pouvons aider à reconstruire les logements et l’espoir.

Nos gouvernements se sont déjà engagés à reconstruire Gaza et ont appelé le gouvernement israélien à lever le blocus. Si à présent nous leur montrons que, partout dans le monde, les gens réclament des actions urgentes pour en finir avec cette injustice, ils seront davantage enclins à insister pour qu’Israël cesse d’entraver la reconstruction, les familles pourront reconstruire leurs maisons et les enfants pourront enfin retrouver leurs écoles.

Signez la pétition et partagez-là. Atteignons 1,8 million de voix pour une action urgente, une voix pour chaque personne vivant à Gaza.

Seulement 5% des 6 700 000 tonnes de barres d’acier, de ciment et d’agrégats nécessaires à la reconstruction ont pu entrer à Gaza. A ce rythme, la reconstruction de Gaza prendrait 17 ans.

Les partis politiques palestiniens n’ont pas réussi à se réconcilier et à accorder la priorité à la reconstruction, et la fermeture par l’Egypte de sa frontière a davantage limité l’entrée de matériaux à Gaza. Le principal obstacle à la reconstruction est le blocus israélien. Alors qu’Israël justifie les restrictions par des raisons de sécurité, les Nations unies et le Comité International de la Croix Rouge ont rappelé à Israël que le blocus est une violation du droit international.

En restreignant le mouvement des biens et des personnes, le blocus punit des civils innocents pour des actes dont ils ne sont pas responsables. Il ne saurait avoir de raison pour laisser des familles sans abris et des malades sans hôpitaux.

Les médias ont actuellement les yeux rivés sur Gaza, les politiciens auront donc plus tendance à agir. Signez cette pétition urgente ; demandons à nos gouvernements des actes plutôt que des paroles, et une diplomatie plus forte.

Pour plus de renseignements, consultez les chiffres-clés sur Gaza de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine.

See English version here

La reconstruction de Gaza pourrait prendre 17 ans avec seulement 5 % des matériaux de construction autorisés à entrer à Gaza un an après

Plus de 400 000 personnes à travers le monde ont apporté leur soutien à un appel sans précédent lancé par 36 organisations humanitaires, confessionnelles, de développement et de défense des droits de l’homme, exhortant les dirigeants mondiaux à accentuer la pression sur le gouvernement israélien pour lever le blocus de Gaza et mettre fin aux restrictions sur l’importation de matériaux de base requis pour reconstruire la bande de Gaza.

Alors que le nombre de personnes soutenant l’appel croît d’heure en heure, cela est rapidement devenu le plus grand appel mondial jamais émis par des organisations internationales et le grand public pour mettre fin au blocus sur la bande de Gaza, exigeant ainsi que les dirigeants mondiaux tiennent les promesses faites il y a un an pour la reconstruction de Gaza.

A l’occasion de l’anniversaire de la fin du conflit entre le gouvernement israélien et les groupes armés palestiniens, les organisations demandent que les matériaux de construction comme le bois, le ciment et les barres d’acier soient autorisés à entrer à Gaza afin de reconstruire urgemment les hôpitaux, les écoles et les maisons.

L’année dernière, plus de 19 000 maisons ont été détruites et 100 000 personnes laissées sans abri à cause du conflit. Les bailleurs de fonds ont promis 3,5 milliards de dollars pour reconstruire Gaza, mais un an plus tard, les restrictions israéliennes continuent de causer des retards. Les travaux de reconstruction ont commencé sur un peu plus de 2 000 des 19 000 maisons détruites l’an dernier mais aucune maison n’a été entièrement reconstruite.

Soutenant la campagne, Fadi Quran, Chargé de campagnes à Avaaz a déclaré : « Il est scandaleux qu’un an après la dernière guerre à Gaza, pas une seule maison n’ait été entièrement reconstruite et que le monde ait laissé les familles dans les décombres. Les gouvernements permettent à Israël de violer les lois humanitaires les plus élémentaires, et depuis le début du blocus, trois guerres ont éclatées et des centaines d’enfants ont été tués. Cet appel massif montre que partout dans le monde des gens veulent que leurs gouvernements agissent maintenant pour mettre fin à ce blocus illégal, inhumain et dangereux. »

La campagne lancée par le mouvement citoyen mondial Avaaz et les organisations signataires précise : « En imposant des restrictions sur le mouvement des biens et des personnes, le blocus punit des civils innocents pour des actes dont ils ne sont pas responsables. Aucun motif ne peut justifier de laisser des familles sans domicile et des malades sans hôpital ».

Ibrahim ElShatali, habitant de la ville de Gaza, témoigne depuis l’intérieur de la bande de Gaza :

« Beaucoup de mes amis et des membres de ma famille sont sans-abri depuis des mois maintenant - comment pouvons-nous vivre comme cela, entourés par des gravats, sans espoir et sans aucune perspective pour un avenir meilleur ? Tout ce dont nous avons besoin, ce sont des matériaux de construction et un nouveau départ dans la vie ».

Selon un récent rapport publié par des ONG internationales, le blocus illégal imposé par Israël a entravé les efforts de reconstruction, et aggravant ainsi la crise humanitaire dans la bande de Gaza :

• Seulement 5% des 6,7 millions de tonnes de matériaux de reconstruction urgemment requis pour réparer ce qui a été détruit l’été dernier ont été autorisés à entrer dans Gaza un an après le cessez-le feu. A ce rythme, la reconstruction pourrait prendre 17 ans.

• 11 écoles et universités ont été totalement détruites et 253 autres institutions scolaires ont été gravement endommagées pendant la guerre, privant ainsi 559 000 étudiants d’un enseignement de qualité ;

• 120 000 personnes n’ont toujours pas accès aux réseaux d’eau et de traitement des eaux usées. Les réparations des 35 000 mètres de canalisations endommagées ou détruites sont très lentes. L’assainissement dans certaines parties de la bande de Gaza est épouvantable, avec des bassins qui débordent et des déchets non traités qui s’écoulent à travers les rues.

• 81 hôpitaux et cliniques ont été endommagés ou détruits par le conflit. Malgré les fonds alloués pour la reconstruction de certaines de ces installations, les matériaux de construction requis n’ont pas été autorisés à entrer à Gaza.

D’après Tony Laurance, Directeur Exécutif de Medical Aid for Palestinians : « Ce dont Gaza a besoin plus que tout est la reconstruction, mais le gouvernement israélien limite l’entrée des matériaux de construction, même les plus élémentaires. Ces restrictions strictes empêchent la reconstruction des infrastructures les plus vitales dans la bande de Gaza, y compris les hôpitaux et les cliniques. Les gens à travers le monde sont en train de dire « ça suffit », et exhortent les leaders mondiaux à accentuer la pression sur Israël pour mettre fin au blocus maintenant. »

Si la responsabilité de lever le blocus de Gaza incombe avant tout à Israël, les organisations adhérant à la campagne reconnaissent que la reconstruction est également entravée par l’échec des partis politiques palestiniens à se réconcilier et à prioriser la reconstruction, ainsi que par la fermeture par l’Égypte de sa frontière avec Gaza.

Le gouvernement israélien justifie les restrictions pour des raisons de sécurité. Cependant, les Nations Unies et le Comité international de la Croix-Rouge ont rappelé à plusieurs reprises que le blocus est une violation du droit international. En effet, rien ne peut justifier de punir collectivement une population entière et de laisser des dizaines de milliers de familles sans abri et des centaines de milliers d’enfants sans écoles ou centres de santé.

William Bell, Chargé de Plaidoyer pour Israël et les Palestiniens à Christian Aid, a déclaré : « Avec les égouts débordant sur les trottoirs, l’approvisionnement très limité en eau et en électricité et les écoles qui ressemblent plus à des sites de bombardements qu’à des lieux où les enfants peuvent recevoir une éducation, l’espoir s’amenuise et l’avenir de la bande de Gaza reste sombre. Le blocus a contribué à créer des taux de chômage et de dépendance à l’aide parmi les élevés au monde, plongeant dans la misère plus de 1,8 million de civils. Il doit prendre fin maintenant. »

Le texte intégral de la pétition soutenue par les organisations signataires peut être lu ici. Il appelle notamment les dirigeants des États-Unis et de l’UE à faire pression pour mettre fin au blocus et autoriser l’importation des matériaux de construction requis désespérément, y compris le bois, les agrégats, les barres d’acier et le ciment.

Les organisations signataires sont :
1. Avaaz
2. Action Against Hunger (ACF)
3. ActionAid
4. Asamblea de Cooperacion por la Paz (ACPP)
5. Alianza por la Solidaridad
6. Broederlijk Delen
7. Christian Aid
8. COSPE, Cooperazione per lo Sviluppo dei Paesi Emergenti
9. CISP-Comitato Internazionale Sviluppo dei Popoli
10. CCFD-Terre Solidaire
11. Diakonia
12. Embrace the Middle East
13. Fobzu (Friends of Birzeit University) GVC
14. HelpAge international
15. Heinrich Böll Foundation Palestine/Jordan Office
16. HEKS/EPER
17. Japan International Volunteer Center
18. Medical Aid for Palestinians (MAP – UK)
19. medico international
20. Mennonite Central Committee
21. Norwegian Church Aid (NCA)
22. Norwegian People’s Aid (NPA)
23. Overseas
24. Oxfam
25. Pax Christi Flanders
26. Pax Christi International
27. Physicians for Human Rights – Israel
28. Plateforme des ONG françaises pour la Palestine
29. Rebuilding Alliance
30. Secours Islamique France
31. Trócaire
32. Terre des Hommes Italy
33. The Lutheran World Federation
34. The Swedish Organisation for Individual Relief/ IM- Swedish Development Partner
35. World Vision International

NOTES AUX RÉDACTEURS

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  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
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