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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 15:55
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 58/ Guy Laurent (1940-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère -

58/ Guy Laurent (1940-1994): un marin-pêcheur dévoué à la cause de ses camarades.

Né le 3 mars 1940, Guy Laurent est devenu mousse sur un bolincheur à 16 ans. En 1959, sa formation de capacitaire accomplie, il obtient une dérogation - il n'a que 19 ans - pour remplacer son père, malade, au commandement du chalutier familial, le Sylviane-Dany. En 1965, Guy Laurent fait construire un chalutier hauturier en bois de 18 mètres, le Lorez Vraz qu'il exploitera pendant dix ans au large. En 1975, il pratique la pêche côtière sur l'Arlequin, un chalutier côtier de 15 mètres qu'il a acquis. Mais sa carrière en mer s'interrompt brutalement en 77. Malade, il doit mettre sac à terre et se reconvertir pour un travail administratif. De 1980 à 1993, il sera employé à l'administration des Pêcheries de l'Ouest Bretagne au Guilvinec, dont il avait été vice-président et l'un des fondateurs.

Durant toutes ces années, comme représentant syndical, il œuvre avec persévérance à l'organisation des marins, des dockers, des ouvriers poissonniers, des employés de marée. Il multiplie les contacts avec les mareyeurs. Au syndicat des marins CGT, Guy est apprécié pour ses connaissances, sa maîtrise des problèmes, sa clairvoyance, son comportement positif, face aux multiples problèmes de la pêche. En 1982, il remplace son frère Jean-Yves qui continue la pêche en mer à la Commission Exécutive de l'Union Locale CGT. En 1985, il est élu secrétaire de l'UL CGT de la région bigoudène, poste qu'il occupera jusqu'à son décès. En 1987, il est élu à la commission exécutive de l'Union départementale CGT du Finistère. L'UD le mandatera pour la représenter à la Commission Pêche du Conseil Économique et Social de Bretagne. 

Guy Laurent était aussi très engagé au Parti communiste. Il a adhéré en 74. Il a été secrétaire de Cellule à Loctudy, membre du Comité de section du PCF Pays Bigouden et a pris part aux travaux du Comité Fédéral où ses interventions portaient souvent sur la pêche et l'économie du Pays Bigouden. Il a collaboré activement aux travaux de la Commission Nationale maritime du Parti communiste, apportant une contribution importante pour un projet de loi porté par les élus PCF. Il tenait une chronique maritime dans le journal du PCF Pays Bigouden "Le Travailleur Bigouden". Il fut candidat communiste aux élections cantonales et législatives (en 1993), conseiller municipal de Loctudy.  

Après son décès, la municipalité de droite de Loctudy donna même son nom à un quai du port de pêche.

Un militant infatigable et clairvoyant.

 

"Guy est décédé à 54 ans. Je me souviens avoir passé pas mal d'heures chez lui avant son adhésion au PC. J'étais alors secrétaire de la section et il m'avait contacté car il avait envie d'adhérer mais avait quelques craintes. Je n'ai pas eu de mal à lui dissiper ses hésitations car nous étions sur la même longueur d'onde. A cette époque beaucoup des patrons pêcheurs bigoudens étaient au PC !

Moi je suis arrivé ici en 1970, jeune communiste plein d'espoir après 68. On m'a sauté dessus, en partie pour résoudre des problèmes de personnes à la section de Pont L'Abbé et en peu de temps je me suis retrouvé secrétaire de section (médiateur !), puis membre du bureau fédéral. Il y avait 4 cellules à Pt L'abbé, plus une au lycée, 2 ou 3 à Loctudy... On n'avait pas encore subi la grande offensive libérale. Pour revenir à Guy Laurent c'était un homme de grande droiture. Il était patron pêcheur mais a dû arrêter pour cause de maladie et a consacré son temps à la défense de la pêche familiale. Il écrivait régulièrement la chronique maritime dans le Travailleur Bigouden et savait relier le local avec l'européen. Il a largement contribué au réaménagement du port de Loctudy. Tout le monde reconnaissait le sérieux de ses propositions, et son nom a été donné au nouveau quai".

(Gaston Balliot)

 

Merci à Gaston Balliot pour la transmission de ces archives du "Travailleur Bigouden".

Gaston Balliot
www.gastonballiot.fr
www.bigouden1944.wordpress.com
www.sardinieres.wordpress.com
www.scratchelem.wordpress.com
www.barbaroteuntor.wordpress.com
www.loctudyquoi.wordpress.com

 

Page consacrée à la présentation des enjeux des législatives de 1993 pour le pays Bigouden et la 7e circonscription du Finistère, avec Guy Laurent et Fernande Le Moal, candidats du PCF

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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 06:00
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 57/ Eugène Kerbaul (1917-2005)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 57/ Eugène Kerbaul (1917-2005)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

57/ Eugène Kerbaul (1917-2005)

Résistance et répression des communistes brestois de 1939 à 1943 (à partir des souvenirs et des enquêtes d'Eugène Kerbaul, résistant communiste)

Né le 5 août 1917 à Brest (Finistère), mort le 12 août 2005 à Paris ; apprenti typographe puis facteur auxiliaire aux PTT, puis journaliste, et de nouveau typographe ; militant des Jeunesses communistes puis du Parti communiste dans le Finistère et à Paris ; résistant, membre de l’Organisation spéciale de combat (OSC) en Bretagne, interrégional des JC en région parisienne puis dans le Nord ; historien du mouvement ouvrier breton.

Fils d’un charpentier en bois syndiqué à la CGT avant 1914 et d’une mère paysanne puis couturière à domicile, Eugène Kerbaul, à douze ans, fut employé de mairie à Saint-Marc (Finistère), apprenti typographe, enfin facteur auxiliaire à Brest.

Il adhéra aux Jeunesses communistes en décembre 1935 puis au Parti communiste en janvier 1936 et fut un des fondateurs du cercle Henri Barbusse des Jeunesses communistes de Brest. Il en fut le secrétaire jusqu’en septembre 1939. Secrétaire adjoint de la Région bretonne (Finistère, Morbihan), en fait premier secrétaire, il fut envoyé en novembre 1936 à l’école nationale d’un mois des Jeunesses communistes. L’année suivante, il fit partie de la délégation nationale des Jeunesses présente au IXe congrès national du parti tenu à Arles du 25 au 29 décembre. Membre du comité de section du PCF de Brest dès sa création en mai 1936, il fit partie de son bureau en 1937 ainsi que du comité régional du parti de 1937 à 1939. Il appartenait également au comité de rédaction de l’hebdomadaire régional communiste La Bretagne ouvrière, paysanne et maritime.

En juillet 1939, il fut désigné, à son insu, membre d’un « triangle de direction » de la cellule de Brest, avec Jeanne Goasguen-Cariou, qui en était responsable, et Roger Chaigneau.

Clandestin de septembre au 27 novembre 1939, date de son départ aux armées, il fut militaire jusqu’en août 1940. Fait prisonnier, il réussit à s’échapper et, le 1er septembre 1940, il fut de retour à Brest et aussitôt reprit son activité clandestine au PC. Il participa notamment au premier sabotage d’une locomotive en novembre 1940.

À la demande de Robert Ballanger, l’interrégional du Parti pour la Bretagne, Eugène Kerbaul créa et structura l’organisation spéciale à partir de janvier 1941 pour la région brestoise. Il participa et organisa de nombreux sabotages qui retarderont l’installation de l’état-major de la Luftwaffe pour le nord de la Bretagne. En mars, il organisa une imprimerie clandestine, en avril il rentra dans une société de récupération de métaux non-ferreux opérant à l’arsenal, ce qui permit d’autres sabotages et des opérations de propagande, y compris auprès des soldats allemands, qui ne suivirent pas. Arrêté à Brest le 5 juillet 1941, Eugène Kerbaul fut interné au camp de Choisel à Châteaubriant, où il fit partie des JC clandestins détenus. Ce camp fut transféré en mai 1942 à Voves (Eure-et-Loir), où il fit partie de la direction des JC clandestins et d’où il réussit à s’évader, déguisé en gendarme, le 10 janvier 1943. Muté dans la région parisienne par le PCF, il devint responsable de l’interrégion des Jeunesses communistes (Paris, Seine, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne), à nouveau sous la direction de Robert Ballanger. Puis il fut muté dans le Nord à la plus forte interrégion de France de la Jeunesse communiste comme officier FTP. Il réorganisa cette interrégion décimée par les arrestations. À la Libération, l’interrégion Nord des Jeunesses communistes regroupait 2 000 jeunes hommes et jeunes filles essentiellement dans le Nord et le Pas-de-Calais. Il y était connu sous le pseudonyme de « Devos » ou d’ « Arthur Devos ». Eugène Kerbaul participa à des sabotages et à des attentats. Il prit part à la libération de Lille avec deux cents jeunes communistes englobés dans l’ensemble des unités FTP. Pour ses actions de résistant et de combattant, il reçut la médaille de la Résistance et la Croix de Guerre avec palmes.

À la Libération, il devint membre du bureau national des Jeunesses communistes et, après avoir été mobilisé de février à août 1945 avec le grade de sergent dans l’armée, il retourna à Paris en août 1945, pour aussitôt participer comme « instructeur » aux tournées des cadres des jeunes communistes à travers la France, destinées à convaincre les différents groupes à accepter la transformation des Jeunesses communistes en Jeunesses républicaines (UJRF) selon le principe d’ouverture alors en vigueur. En novembre, il épousa Odette Moke, une dirigeante nordiste de l’Union des Jeunes Filles de France, qu’il avait connue quand il dirigeait l’interrégion Nord, et le couple s’installa à Paris. Eugène Kerbaul fut alors membre du bureau national de l’Union de la Jeunesse républicaine de France, bien qu’il fît partie des nombreux militants qui auraient préféré garder l’appellation communiste ; il fut d’abord pendant quelques mois responsable de l’école des Jeunesses à Villejuif, puis rédacteur en chef de l’hebdomadaire L’Avant-Garde (1946-1947) en remplacement d’Henri Kesteman. De février à août 1948, il fut délégué de la Fédération mondiale de la Jeunesse démocratique en Amérique latine : Mexique, Venezuela, Panama, Cuba. Emprisonné en Colombie, il fut finalement libéré sur intervention de l’ambassade de France. Parti pour un mois, ces mésaventures l’avaient coupé de son groupe ; il resta cinq mois Outre-Atlantique et manqua la naissance de son fils aîné.

D’août 1948 à février 1951, il fut muté comme journaliste à l’Humanité, d’abord rédacteur parlementaire, puis en politique étrangère. Il préféra reprendre alors son métier de typographe à l’Humanité, au regret du directeur Étienne Fajon qui aurait préféré garder son « seul journaliste ouvrier » ; mais le salaire de typographe était quasiment double, et un deuxième enfant était né. Il était secrétaire de cellule à l’imprimerie du journal, et, habitant un petit appartement du Faubourg-Saint-Antoine, il fut en 1951-1952 secrétaire de la section du XIe arrondissement du Parti communiste.

De 1953 à 1958, Eugène Kerbaul fut secrétaire puis secrétaire général de l’Association France-Roumanie ; il en démissionna en 1958, quand fut nommé un nouvel ambassadeur dont il ne supportait pas les manières bureaucratiques. Il fut aussi dès leur fondation membre de l’ANACR et de la FNDIRP, avec des responsabilités au Comité fédéral. Resté très attaché à sa culture bretonne natale, bien qu’il n’en parlât pas la langue, il se montra encore actif dans les mouvements bretons de la capitale et devint membre du bureau de l’Union des sociétés bretonnes de l’Île-de-France, orientée à gauche, puis secrétaire et vice-président en 1966. Il participait aussi à la Société d’Archéologie de son département d’origine, en très bons termes avec le prêtre qui la présidait, et à l’Association des Amis de la Commune de Paris.
En 1970, après avoir pris sa retraite de l’imprimerie du journal communiste, il prit la responsabilité du secrétariat d’une commission pour un musée national de la Résistance, celui qui devait voir le jour à Champigny-sur-Marne, puis, en 1971 il devint membre correspondant de l’Institut Maurice Thorez, rédigeant plusieurs articles sur l’histoire du mouvement ouvrier en Bretagne. À parti de 1980, il s’attela à la rédaction d’un Dictionnaire biographique de Militants ouvriers du Finistère, deux fois mis à jour, qui rassemble 1640 notices, et pour lequel il fut en relation avec Jean Maitron. Il publia encore une biographie de la militante communarde d’origine bretonne Nathalie Le Mel.

Habitant dans une HLM à Bagnolet depuis 1967, il s’y montra également actif, contribuant notablement à l’érection du Mur des Souvenirs au nouveau cimetière, en hommage aux victimes de la dernière guerre, lieu des cérémonies municipales du 8 Mai. Il continua jusqu’à un âge très avancé à porter témoignage des luttes du mouvement ouvrier ou de la Résistance, en région parisienne, en Bretagne ou dans le Nord - Pas-de-Calais, toujours apprécié de ses auditeurs pour ses dons d’élocution claire et persuasive. Mais sous la direction de Robert Hue, il fut tellement déçu de l’évolution de son parti qu’il finit par ne plus renouveler son adhésion. À son décès le 12 août 2005, l’Humanité publia une notice nécrologique, tout comme beaucoup d’autres journaux et revues locaux ou régionaux, associatifs ou syndicaux.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article114756, notice KERBAUL Eugène, Marie par Odette Hardy-Hémery, Georges-Michel Thomas, Marc Giovaninetti, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 20 janvier 2016.
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 57/ Eugène Kerbaul (1917-2005)
Jeudi, 1 Octobre, 1992
Eugène Kerbaul est un militant communiste qui joua un rôle important dans la Résistance
 

Eugène Kerbaul est un militant communiste qui joua un rôle important dans la Résistance. Dirigeant de la Jeunesse communiste à Brest dès les années qui précédèrent le Front populaire, du Parti communiste, en Bretagne notamment, durant la guerre, arrêté et interné à Châteaubriant, évadé, il a été le témoin et l'acteur de maints combats. Passionné d'histoire, il a recherché et trouvé de précieuses archives relatives à l'activité de la section du Parti communiste de Brest entre 1935 et 1943. Il en a tiré une «Chronique» dans laquelle, sans jamais mettre en avant son propre personnage (mais sans l'effacer non plus), il retrace avec minutie les faits et gestes - pour ne pas dire la geste - des communistes brestois (et de quelques autres) durant ces huit années décisives. Il n'existe à notre connaissance aucune autre monographie de ce genre. Elle est passionnante. C'est toute l'histoire du PC à l'époque considérée qui est ainsi mise en lumière, en partant de la base.

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 57/ Eugène Kerbaul (1917-2005)
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1 mars 2020 7 01 /03 /mars /2020 06:00
Josiane Mazé, la fille de Pierre Cauzien, raconte: «Il se défendait de la gloire d'avoir fait partie de la Résistance», malgré son rôle de passeur, de porteur de messages... Pour lui, cela n'avait rien à voir avec ceux qui «avaient risqué leur vie». ( photo publié par le Télégramme lors de la mort de Pierre Cauzien, en 2009)

Josiane Mazé, la fille de Pierre Cauzien, raconte: «Il se défendait de la gloire d'avoir fait partie de la Résistance», malgré son rôle de passeur, de porteur de messages... Pour lui, cela n'avait rien à voir avec ceux qui «avaient risqué leur vie». ( photo publié par le Télégramme lors de la mort de Pierre Cauzien, en 2009)

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29 février 2020 6 29 /02 /février /2020 06:00
Albert Jaouen en 1946 - militant communiste et résistant finistérien (originaire de Quimper), ancien des Brigades Internationales, il fut sénateur communiste du Finistère de décembre 1946 à novembre 1948

Albert Jaouen en 1946 - militant communiste et résistant finistérien (originaire de Quimper), ancien des Brigades Internationales, il fut sénateur communiste du Finistère de décembre 1946 à novembre 1948

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère 

55/ Albert Jaouen (1909-1976)

Notice Maitron établie par l'historien Christian Bougeard

Né le 21 juillet 1909 à Quimper (Finistère), mort le 28 août 1976 à Châtellerault (Vienne) ; ouvrier puis artisan plombier ; militant JC et PCF, engagé dans les Brigades Internationales ; résistant, interrégional FTP ; conseiller de la République du Finistère (1946-1948).

 

Fils d’un journalier et d’une ménagère, Albert Jaouen travaillait comme plombier à Quimper (Finistère). Il adhéra aux Jeunesses communistes en 1925 puis au PCF en 1930. En 1934, il entra au comité régional de la « Région bretonne Finistère-Morbihan » et fut membre du bureau régional du Finistère de 1935 à 1939. Il s’engagea dans les Brigades Internationales et combattit en Espagne comme lieutenant. Blessé et malade, Albert Jaouen fut rapatrié à Brest le 22 octobre 1938.

Mobilisé dans l’artillerie en 1939, Albert Jaouen fut de nouveau blessé pendant la bataille de France. Soigné à l’hôpital d’Angers, il fut fait prisonnier puis libéré comme blessé de guerre quelques semaines plus tard. Il était domicilié à Kergoat-al-Laz en Ergué Armel. À l’automne 1940 et au début de 1941, Albert Jaouen participa à la réorganisation du PCF clandestin dans le Finistère, en particulier à Quimper, participant à la diffusion de la presse clandestine communiste (tracts, premiers journaux). Comme d’autres militants communistes bretons connus des autorités vichyssoises, il fut arrêté le 3 juillet 1941, sans doute à la demande des Allemands, à une période où la propagande communiste s’intensifiait en Bretagne. Albert Jaouen fut successivement interné au camp de Châteaubriant (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) (3 juillet 1941), puis au camp de Voves (Eure-et-Loir) où il appartint à la direction politique communiste des camps et organisa, selon Eugène Kerbaul son compagnon de détention, des cours d’instruction militaire, à l’instar d’autres anciens combattants des Brigades internationales. Albert Jaouen fit partie de l’équipe des « évadeurs » du camp de Voves, chargé d’organiser les évasions de cadres du PCF internés. Il s’évada lui-même le 10 janvier 1943, en compagnie d’Eugène Kerbaul, de Pierre Le Queinec, l’un des réorganisateurs du PCF en 1940-1941 dans les Côtes-du-Nord, futur membre de l’état-major national des FTP aux côtés de Charles Tillon* et de sept autres militants communistes.

Du 10 février au 15 août 1943, Albert Jaouen, sous le pseudonyme de « Roger », fut responsable du Front national (FN) du Finistère, assurant la liaison avec les groupes FTP des Monts d’Arrée. Puis, sans doute pour des raisons de sécurité, et sous le pseudonyme de « Laurent », il fut muté dans l’interrégion 24 (Charente, Charente-Inférieure [Charente-Maritime], Gironde, Landes, Basses-Pyrénées [Pyrénées-(Atlantiques]) pour y développer les FTP. Puis, du début mai au début septembre 1944, Albert Jaouen fut chargé de réorganiser les FTP décimés par la répression de l’interrégion 21 (Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Vosges, Belfort, Doubs, Haute-Saône, Nord du Jura), d’abord sous la direction de Maurice Carroué-Paumier, puis sous son commandement. Le 17 juin 1944, Albert Jaouen fut promu colonel par le comité national des FTP et c’est dans l’Est de la France qu’il participa aux combats de la Libération, étant de nouveau blessé le 26 septembre 1944.

Ce fut donc un cadre communiste chevronné et un combattant des Brigades internationales et de la Résistance qui entreprit une carrière politique à Brest en 1945. S’il ne figurait pas dans la municipalité Lullien (radical) élue au printemps 1945 (13 communistes dont 9 adjoints sur 35 membres), Albert Jaouen défendit aux élections cantonales les couleurs du parti dans le premier canton de Brest (centre-ville) en septembre 1945 où se présentaient Emmanuel Fouyet, militant CFTC et futur député MRP, Guillaume Messager, vieux leader de la SFIO à Brest, premier adjoint au maire, plus deux autres candidats. Avec 27,4 % des suffrages exprimés Albert Jaouen arriva en tête de la gauche au premier tour mais fut battu au second par Emmanuel Fouyet, recueillant néanmoins 46,7 % des voix. À la fin de 1946, lors des élections au Conseil de la République, Albert Jaouen conduisit la liste communiste qui disposait de 28,2 % des mandats et il fut élu comme représentant du Finistère le 8 décembre, siégeant jusqu’en 1948. Le PCF conserva un sénateur en 1948 (23,5 % des mandats).

Aux élections municipales d’octobre 1947, Albert Jaouen conduisit la liste communiste à Brest avec le député Gabriel Paul* et il fut un élu d’opposition dans la municipalité dirigée par le RPF Alfred Chupin. Avec 29,5 % des voix, le PCF eut 11 élus contre 14 RPF, 7 MRP et 5 SFIO. Mais Albert Jaouen ne se représenta pas lors des élections cantonales d’octobre 1951 (1er canton de Brest) et ne fit plus partie des municipalités brestoises en 1953, 1954 et 1959. Selon Eugène Kerbaul, son état de santé l’aurait amené à abandonner ses activités militantes.

Il s’était marié à Vannes (Morbihan) le 14 juin 1932 avec Maire-Rose Guillo.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76302, notice JAOUEN Albert, Marie. Pseudonymes dans la Résistance : Roger et Laurent. par Christian Bougeard , version mise en ligne le 11 février 2010, dernière modification le 20 février 2020.
 
Extrait du rapport de la préfecture de police de juin-juillet 1942:

JAOUEN Albert: né le 4 mars 1904 à Quimper (Finistère), plombier zingueur artisan, domicilié avenue Kergoat ar Lez en Ergue Armel, marié un enfant - ne possède aucune fortune. 

Ex - secrétaire de la cellule communiste de Quimper - Interné administrativement à Chartres.

Signalement: 1, 70 m - cheveux châtains clairs - sourcils châtains clairs - front haut - nez rectiligne - teint ordinaire - visage ovale petit -

Signe particulier: ne peut lever le bras par suite d'une blessure reçue en Espagne, en combattant dans les rangs de l'Armée Républicaine avec le grade de lieutenant. 

 

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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28 février 2020 5 28 /02 /février /2020 12:23
Pierre Hervé dans les années 1940     Assemblée nationale, Notices et portraits, 1946

Pierre Hervé dans les années 1940 Assemblée nationale, Notices et portraits, 1946

Pierre Hervé dans les années 1940     Assemblée nationale, Notices et portraits, 1946

Pierre Hervé dans les années 1940 Assemblée nationale, Notices et portraits, 1946

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère

54/ Pierre Hervé (1913-1993)

Selon Roger Faligot, sa femme, la résistante Annie Noël, avait servi de modèle à Jacques Prévert, dont il était l'ami, pour son célèbre poème "Barbara"(Paroles, Gallimard, 1946). Née en 1917 dans le département de la Nièvre, Annie Noël était fille d'enseignants, militante de l'Union des Etudiants communistes à Paris, elle épouse avait épousé Pierre Hervé, secrétaire de l'UEC, le . Le couple s'est engagé dans la Résistance. Pierre Hervé est arrêté le . Dans la nuit du 8 au elle organise l'évasion de celui-ci et de vingt-et-un autres prisonniers du Palais de justice de Paris. Elle est alors âgée de 24 ans. Elle appartient ensuite au mouvement de résistance  Libération-Sud Elle est membre du Bureau d'information et de propagande de la Résistance, auprès de Georges Bidault. Arrêtée le alors qu'elle se trouvait au café Au vieux Paris et placée quelques jours en détention, elle est déportée aux camps de Ravensbrück puis de Sachsenhausen. Libérée par un contingent de l'Armée Soviétique, à son retour en France elle est déléguée à l'Assemblée Consultative Provisoire au titre des 47 représentants des prisonniers et déportés. Comme eux elle y siège de juin à .

Annie Hervé était Médaillée de la Résistance, officier de la Légion d'honneur et titulaire de la Croix de guerre

Sur le réseau Canopé, possibilité de réécouter en ligne un témoignage de résistance d'Annie Hervé, née Noël
Notice: 

Rediffusion de l'émission de François Georges, réalisée par Jean Couturier (27 août 1994). Bobine A:  39'15, Annie HERVE évoque son frère qui était à l'origine du mouvement des "Forces patriotiques de la jeunesse" et d'un de ses actes de résistance. -

À réécouter en ligne.

"Rappelle-toi Barbara

Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là

Et tu marchais souriante

Épanouie ravie ruisselante

Sous la pluie

Rappelle-toi Barbara

Il pleuvait sans cesse sur Brest

Et je t’ai croisée rue de Siam

Tu souriais

Et moi je souriais de même

Rappelle-toi Barbara

Toi que je ne connaissais pas

Toi qui ne me connaissais pas

Rappelle-toi

Rappelle-toi quand même ce jour-là

N’oublie pas

Un homme sous un porche s’abritait

Et il a crié ton nom

Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie

Ruisselante ravie épanouie

Et tu t’es jetée dans ses bras

Rappelle-toi cela Barbara

Et ne m’en veux pas si je te tutoie

Je dis tu à tous ceux que j’aime

Même si je ne les ai vus qu’une seule fois

Je dis tu à tous ceux qui s’aiment

Même si je ne les connais pas

Rappelle-toi Barbara

N’oublie pas

Cette pluie sage et heureuse

Sur ton visage heureux

Sur cette ville heureuse

Cette pluie sur la mer

Sur l’arsenal

Sur le bateau d’Ouessant

Oh Barbara

Quelle connerie la guerre

Qu’es-tu devenue maintenant

Sous cette pluie de fer

De feu d’acier de sang

Et celui qui te serrait dans ses bras

Amoureusement

Est-il mort disparu ou bien encore vivant

Oh Barbara

Il pleut sans cesse sur Brest

Comme il pleuvait avant

Mais ce n’est plus pareil et tout est abîmé

C’est une pluie de deuil terrible et désolée

Ce n’est même plus l’orage

De fer d’acier de sang

Tout simplement des nuages

Qui crèvent comme des chiens

Des chiens qui disparaissent

Au fil de l’eau sur Brest

Et vont pourrir au loin

Au loin très loin de Brest

Dont il ne reste rien".

Source Notice du Maitron: Claude Pennetier

Et Musée de la résistance en ligne

Pierre Hervé (1913-1993):

Né le 25 août 1913 à Lanmeur, ferme de Kergolvas (Finistère), mort le 8 mars 1993 à Châtel-Censoir (Yonne) ; professeur ; secrétaire national de l’Union des étudiants communistes (UEC) en 1938 ; résistant, secrétaire général du Mouvement de libération national (MLN) et membre du Conseil national de la Résistance (CNR) ; rédacteur en chef adjoint de l’Humanité (1945-1949) ; rédacteur en chef d’Action (1949-1952), exclu du PCF en 1956, communiste oppositionnel puis gaulliste de gauche ; délégué à l’Assemblée consultative provisoire (1944-1945), député communiste du Finistère (1945-1948).

Pierre Hervé naquit à la ferme de Kergolvas à Lanmeur (Finistère).

Les deux branches de sa famille étaient composées de fermiers et de petits propriétaires. Son père, mutilé de guerre, obtint en 1920 sa nomination aux fonctions de percepteur qu’il exerça dans les Côtes-du-Nord et le Finistère. À la fin de ses études secondaires au collège de Lannion, Pierre Hervé, pupille de la Nation, lisait les publications libertaires comme L’En dehors d’E. Armand, les cahiers Les Humbles et les brochures d’extrême-gauche publiées par la Librairie du Travail. Ce fut seul, par ses lectures, qu’il découvrit le marxisme au travers du Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels et de l’ouvrage de Lénine La Maladie infantile du Communisme.

Cette découverte marque sa vie : elle détermine son goût pour la philosophie, en même temps que son engagement communiste. Pierre Hervé s'inscrit pour la première fois aux Jeunesses Communistes en 1932, alors qu'il est encore élève en khâgne au lycée de Rennes. En khâgne au lycée de Rennes, en 1932, il donne ainsi son adhésion aux Jeunesses communistes puis continua à militer l’année suivante au lycée Lakanal de Sceaux (Seine). Il avait pour condisciple Jean Toussaint Desanti — dont il reçut l’adhésion aux Jeunesses communistes — et Pierre Courtade — alors socialiste.

A Rennes, il est le condisciple de Paul Ricoeur et de Pierre-Jakez Helias.

Lors de ses études de philosophie, il côtoie Jean-Pierre Vernant, qui deviendra un autre grand intellectuel communiste.

En 1934, Aragon, qui travaillait comme rédacteur à l’Humanité, lui demanda de collaborer à Commune, l’organe de l’AEAR (Association des écrivains et artistes révolutionnaires).

Son inscription à la Sorbonne au début de l’année scolaire 1934-1935 coïncida avec son entrée à la direction de l’Union fédérale des étudiants (UFE), organisation très proche du Parti communiste. Les Jeunesses communistes le désignèrent à leur Comité central en 1936. Il collaborait alors avec Henri Chrétien, Francis Cohen, Victor Leduc, Gilles Martinet et Jean-Pierre Vernant. En mars 1937 parut le premier numéro du journal mensuel des Étudiants communistes Relève puis, à la rentrée 1937-1938, fut créé le secrétariat national des Étudiants communistes de France, dirigé par Pierre Hervé. Il siégeait au conseil général de l’Alliance internationale des Étudiants pour le Socialisme, fondée le 18 juillet 1937, pour regrouper les étudiants communistes et socialistes de plusieurs pays. Pierre Hervé partit au service militaire pendant l’été 1938, et, conformément aux directives du moment, cessa toute activité. Notons cependant que son nom figure au nombre des membres du bureau national de l’UEC élu le 2 avril 1939 à l’issue de la première conférence nationale constitutive avec Emma Choury, Francis Cohen, Jean Daudin, Yvon Djian, Robert Faure, Maurice Laban, Pierre Lamandé, Yves Moreau, Henri Rack, Olivier Souef et Paul Théanor.

Titulaire d’une licence ès-lettres (Philosophie) et d’un diplôme d’études supérieures de Philosophie, Pierre Hervé se maria le 9 mai 1940 à Paris (Ve arr.) avec une étudiante communiste, Annie, Louise Noël.

Pierre Hervé était soldat de deuxième classe au 46e Régiment d’infanterie quand fut connue la nouvelle du Pacte germano-soviétique. Selon son témoignage : « il se tait, car il n’est ni sollicité ni contraint de prendre publiquement position [...] Pendant la drôle de guerre, il a des contacts avec les communistes qui se trouvent dans son régiment ou dans des régiments voisins (à la frontière) : tout se borne à des conversations au cours de réunions informelles. Certes, il n’approuva pas le Pacte germano-soviétique et surtout l’alignement du Parti communiste, mais il évite de le dire, il insiste surtout sur le fait que d’après un numéro clandestin des Cahiers du Bolchevisme qu’il a lu à Paris pendant une permission, la situation n’est pas celle de 1917 en Russie et n’entraîne pas le « défaitisme révolutionnaire » (témoignage p. 4). Lui-même se proposa sans succès comme volontaire dans les corps francs. Le 21 mai 1940, sur la rive de l’Aisne, Pierre Hervé fut blessé à la face par un éclat d’obus. Il entra le 18 juin à l’hôpital maritime de Brest pour une opération à l’œil, mais les Allemands arrivèrent à Brest et Hervé fut fait prisonnier de guerre.

Il réussit à s’évader le 25 juillet pendant le voyage vers l’Allemagne. Caché un temps dans l’Yonne, il fut surveillant d’externat à l’école Colbert du 21 octobre 1940 au 29 janvier 1941. « Ayant pris contact avec le Parti communiste clandestin, écrit-il, il fut affecté à l’organisation des étudiants communistes à Paris, ce qu’il estima peu raisonnable et dangereux : pendant cette courte période, il participa à la préparation du 11 novembre à l’Arc de Triomphe » (témoignage, p. 5). Le 29 janvier 1941, le rectorat le délégua dans les fonctions de professeur de philosophie au lycée Marcelin-Berthelot à Saint-Maur-des-Fossés (Seine). Jacques Solomon lui confia l’organisation de « l’Université libre » dans la région parisienne et lui demanda de collaborer à la feuille ronéotypée clandestine du même nom. Le 12 juin 1941 deux inspecteurs des renseignements généraux l’arrêtèrent. Une perquisition à son domicile, 3, cours de Rohan (VIe arr.), permit de saisir des tracts et des affiches (Arch. PPo. 84, 13 juin 1941). Les Renseignements généraux pensaient qu’il « dirigeait la propagande communiste dans les milieux universitaires » (rapport de quinzaine). Écroué le 13 juin à la prison de la Santé, jugé quelques jours plus tard, le 17, il fut acquitté. Il resta cependant détenu au dépôt comme interné administratif, avant d’être conduit au camp de Châteaubriant.

Sa femme Annie Noël entreprit alors la préparation de son évasion. Dans la nuit du 7 au 8 juillet, deux amis réussirent à ouvrir une brèche dans les barreaux du dépôt du Palais de justice. Sur quarante-deux internés, vingt et un profitèrent de cette évasion réalisée sans l’autorisation préalable du Parti communiste. L’avis de recherche lancé par la police donnait ce signalement : 1 m 65, châtain roux moyen, rasé.

Ils passèrent clandestinement en zone sud. Un an plus tard, en juillet 1942, par une filière indiquée par un socialiste, il se rendit à Lyon pour entrer en contact avec la Résistance. Lucie Aubrac, qui l’accueillit, l’avait bien connu au Quartier latin. Elle fit aussitôt confiance à Annie et Pierre Hervé qui devint chef régional de Libération à Lyon. Le problème de ses liens avec le Parti communiste se pose : Henri Frenay (La nuit finira), Daniel Mayer (Les Socialistes dans la Résistance en France) pensent que Pierre Hervé était entré à Libération sur ordre du Parti communiste conformément à un plan de conquête de la direction des mouvements gaullistes, et qu’il aurait recruté deux mois plus tard Kriegel-Valrimont et Malleret-Joinville. Nous ne pouvons que renvoyer au témoignage de Pierre Hervé qui affirme avec force avoir rejoint Libération de sa propre initiative : « Il est évident que le Parti communiste ne cherche pas à récupérer Pierre Hervé et même, comme cela va se préciser, il entretient la méfiance à son égard. » Kriegel et Malleret, arrivés fin août ou début septembre 1942, n’auraient pas été reçus par lui. Pierre Hervé partit à Toulouse avant de revenir à Lyon, en avril 1943, comme secrétaire des MUR. Sa femme travaillait au bureau d’information et de presse dans les services de Georges Bidault. Les services du MUR s’installèrent à Paris d’où Hervé écrivit au Comité directeur un rapport connu sous le nom de « Rapport Chardon » (du pseudonyme d’Hervé) : il y prenait position en faveur de l’union de toute la résistance, partis et syndicats compris. « Le rapport Chardon, écrivit-il, contribua à la constitution du groupe, composé d’hommes qui, les uns avaient des convictions communistes et les autres non, après la libération de Paris, formèrent ce qu’on a appelé la minorité du MLN et fondèrent l’hebdomadaire Action ».

De mi-juin 1944 à la libération de Paris, Pierre Hervé siégea au comité directeur du Mouvement de libération nationale et au Conseil national de la Résistance. Directeur adjoint du quotidien Libération et membre du Comité directeur de l’hebdomadaire Action, il entra à l’ Assemblée nationale consultative puis fut élu député du Finistère sur les listes communistes aux deux Assemblées nationales constituantes (commission de la Constitution) puis à la première Assemblée nationale de la Quatrième République (commissions de l’Intérieur, des Affaires étrangères et membre de la commission d’enquête sur les événements de 1933 à 1945 en France).

Pierre Hervé reprit en 1946 sa carte du Parti communiste français qu’il n’avait plus depuis son départ au service militaire en août 1938. En décembre 1946, il quitta Libération et devint rédacteur en chef adjoint de l’Humanité. Dans ses mémoires, son rédacteur en chef Georges Cogniot le qualifia de « charmant collaborateur, dénué de toute arrière-pensée et de tout sentiment mesquin » (Parti pris, p. 78). On lui reprocha cependant d’avoir publié dans Action du 22 novembre 1946, un article intitulé « Il n’y a pas d’esthétique communiste ». Convoqué par Maurice Thorez, Duclos et André Marty, il entendit un réquisitoire d’Aragon et une autocritique de Garaudy qu’il refusa de suivre. En 1947, Pierre Hervé, à la différence de ses amis Kriegel-Valrimont et Malleret-Joinville, n’entra pas au Comité central du PCF. Selon son témoignage : « En juin 1948, excédé par les persécutions dont il était l’objet, principalement de la part d’André Marty et par les intrigues qui se dessinent contre lui dans sa circonscription du Finistère, il demanda à Maurice Thorez l’autorisation de démissionner de l’Assemblée nationale pour se consacrer à la presse ». Il démissionna le 15 juin. Fin mars 1949, il se consacra à Action, nouvelle formule, dirigé par Yves Farge et en fut rédacteur en chef. Mais, en 1952, la direction du PCF décida de supprimer Action.. Pendant deux ans, de 1952 à 1954, il écrivit dans La nouvelle critique. En 1952, (n° 35 et 41) parurent deux articles critiques sur François Mauriac et Albert Camus mais surtout un texte interminable de sept chapitres intitulé De Trotski à Tito dont on a pu dire qu’il en faisait trop ! Il disparut de la revue, comme auteur, après un bref article dans le numéro 60 De l’Iran au Gatémala. Il accepta d’entrer à la section de propagande du Comité central où sa situation devint difficile lorsqu’un député de droite l’accusa, en décembre 1954, à la tribune de l’Assemblée nationale, d’être un indicateur de police rémunéré par Baranès. « Au siège du Comité central, personne ne lui demanda la moindre explication. Il y eut une perquisition de la DST à son domicile : sans résultat. Au procès de Baranès, personne ne le fit citer : ni l’accusation, ni la défense ». Pendant l’été 1955, Pierre Hervé rédigea son ouvrage La Révolution et les Fétiches où il souhaitait que le communisme se délivre « d’une scolastique fétichiste pour revenir à son esprit authentique et s’ouvrir à l’immense aspiration des hommes ». Prudent dans ses commentaires sur la politique du PCF et de l’URSS, le livre ne parut pas moins dangereux à la direction communiste. La même année 1955, dans le numéro 72 de La nouvelle critique parut sous le titre Une apologie du réformisme un article signé Jean Kanapa et Jean Suret-Canale qui critiquait sévèrement l’ouvrage.

Hervé fut exclu le 16 février 1956, le jour même de l’ouverture du XXe congrès du PCUS. Il répliqua aux diverses critiques dont son ouvrage avait fait l’objet dans Lettre à Sartre et à quelques autres par la même occasion puis, lors d’une conférence donnée le 3 décembre 1956, il appela à la constitution de « Cercles marxistes » : un seul, semble-t-il, vit le jour sous le nom de « Justice et Liberté ». Il avait repris sa place dans l’enseignement à la rentrée scolaire d’octobre 1955 : il fut successivement professeur de philosophie au lycée Voltaire (1956), au collège de Louhans (1956-1957), au lycée de Châlons-sur-Marne (1957-1960), au lycée de Rambouillet (1960-1963), au lycée François Villon de Paris (1963-1973).
Antistalinien déterminé, il collabora pendant un certain temps avec Auguste Lecœur à La Nation socialiste et, le 13 janvier 1957, se présenta aux élections législatives, 1er secteur de Paris, comme « candidat du communiste démocratique et national ». Il fut directeur d’une éphémère revue mensuelle La Nouvelle Réforme dont trois numéros parurent en 1957 et 1958. Combattu avec vigueur par le PCF, Hervé se sentit ostraciser par les socialistes critiques, en particulier par l’UGS à l’occasion des élections partielles de mars 1958. Le Monde du 21 octobre 1958 annonça que Pierre Hervé et Auguste Lecœur demandaient leur adhésion au Parti socialiste SFIO en précisant : « les militants soussignés souscrivent aux perspectives d’avenir offertes par le Parti socialiste, d’autant plus qu’ils avaient accueilli avec satisfaction la résolution sur l’Algérie votée par le récent congrès et apprécié le rôle joué par les ministres socialistes au sein de l’actuel gouvernement. » Pierre Hervé, qui n’était pas un soutien de Guy Mollet, resta membre du Parti socialiste SFIO jusqu’en 1963. Enfin, de 1967 à 1969, il collabora à Notre république, organe des gaullistes de gauche.

Retiré dans un village bourguignon en 1973, il cessa toute activité politique.

Pour citer cet article :

https://maitron.fr/spip.php?article75831, notice HERVÉ Pierre, Marie par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 7 janvier 2010, dernière modification le 11 décembre 2018.

Lire aussi:

Un document exceptionnel sur le Parti Communiste dans le Finistère au début de la IVe République: le livret de la 10ème conférence fédérale du Parti Communiste à Brest en mai 1947 (archives Jean-Claude Cariou)

L'audience du Parti Communiste à la libération dans le Finistère

"Entre 1945 et 1946, le PCF Finistère se félicite d'avoir gagné 25 000 voix aux élections dans le département. Dans des élections législatives à la proportionnelle, le Parti Communiste recueillait 70 000 voix en novembre 1945 (2 députés), 80 000 voix en mars 1946 (2 députés), 105 800 voix en novembre 1946 (3 députés sur 10 députés finistériens).

Il regrette toutefois que l'animation politique par les militants se fassent trop sur des objectifs électoraux.

Un Parti de 14 000 adhérents dans le département en 1946-1947: 14 500 cartes du PCF ont été placées aux sections dans le Finistère, et 13 261 cartes réglées.  

L'audience du Parti était très grande dans le Finistère à la Libération. On évaluait les adhérents à 10 000 ou 12 000. Les cartes étaient placées aux réunions publiques au lendemain de la libération. L'organisation ne suivait pas. Mais dans les localités importantes (Brest, Morlaix, Quimper, Douarnenez, Concarneau), les cellules avaient des Bureaux et des activités réelles. Le premier pointage réel que j'ai pu faire en Avril 47 (je venais d'avoir la responsabilité de l'organisation fédérale) faisait apparaître plus de 7000 adhérents. Nous avons vu jusqu'à 12 000 personnes à nos fêtes fédérales (fête de la Bretagne, notre journal, avec Marcel Cachin; 40 000 personnes à Brest sur le cours d'Ajot avec Maurice Thorez le 6 juillet 1947). Parallèlement, les JC (44-45) puis l'UJRF (à partir d'avril 45) comptaient entre 9 et 10 000 adhérents (jeunes venus des FTP, jeunes filles très nombreuses). Les jeunes prenaient leurs responsabilités pour organiser les activités ( 400 Jeunes Communistes à Quimper, 200 à Concarneau, mêmes chiffre à Douarnenez; organisations existant dans les localités rurales du Centre Finistère, Riec sur Belon, etc...). Les meetings des JC rassemblaient autant et parfois plus d'auditeurs que le Parti. Ce sont les JC (garçons et filles) qui ont vite fourni les cadres du Parti (peut-être au détriment de l'organisation des jeunes)".

 

Lire aussi:

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 53/ Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier (1910-2007)

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1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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28 février 2020 5 28 /02 /février /2020 08:00
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère

10/ Denise Larzul (1922-2009): une grande résistante du pays quimpérois

 

Denise Larzul, Goyat de son nom de jeune fille, est née dans l’Orne en 1922 et demeurait à Ergué-Armel (commune rattachée à Quimper en 1960). Elle s’engagea dès sa majorité en 1943 dans la Résistance à l’occupant nazi et à ses collaborateurs. Elle fut intégrée dans la 1ère compagnie « Sous-marin Curie » du bataillon « La Tour d’Auvergne » des FTPF de Quimper et sa région.

Recherchée par la Gestapo, elle entra dans la clandestinité et eut la surprise de retrouver au maquis de Langolen son père Jean-Louis Goyat dont elle ignorait jusqu’alors l’engagement dans la Résistance.

Elle participa aux combats pour la libération du Sud-Finistère, notamment ceux de Concarneau, de la presqu’île de Crozon et de Quimper, sous la direction de Jean Mével son chef de compagnie. Le relevé officiel des actions de résistance de Denise Larzul recense notamment des attentats (au moins à 6 reprises) contre des trains de munitions, de ravitaillement pour les nazis, diverses actions contre les administrations vichystes au service de l’occupant.

C’est en reconnaissance de cette participation active à la lutte contre les nazis et leurs collaborateurs que le Lieutenant-Colonel Berthaud, chef départemental des FFI la nomme au grade d’adjudant en exécution des instructions du Gouvernement français d’Alger.

Dans le rapport qu’il établit le 19 novembre 1944, le capitaine Kervarec commandant du bataillon « la Tour d’Auvergne » notait que mademoiselle Denise Goyat était détentrice des archives secrètes du bataillon qui lui avaient été confiées, avait réalisé des liaisons nécessaires à la bonne marche de la Résistance et participé aux combats pour la Libération. Infirmière bénévole, elle a également soigné, relevait-il, les malades et blessés, tant à l’arrière qu’en 1ère ligne. Il notait enfin dans son rapport qu’elle avait secondé son chef de compagnie et même remplacé celui-ci pendant son internement à la prison Saint-Charles de Quimper, et cela mérite d’être relevé dans des fonctions rarement occupées par une jeune femme à cette époque.

La Croix de Guerre avec étoile d’argent lui a été décernée par les autorités après la Libération.

Denise Goyat se marie après la guerre avec Basile Larzul, instituteur bigouden rencontré dans la Résistance qui fut par la suite directeur au CIO de Quimper.

Elle a par ailleurs été une sportive émérite dans les années d’après guerre. Membre active de l’association gymnique « La Quimpéroise », elle se distinguait dans plusieurs disciplines : les agrès, les barres parallèles notamment, et le basket dont elle fut pendant une longue période capitaine de l’équipe féminine. Elle participa dans ces deux disciplines à des nombreuses compétitions dans la région quimpéroise et en Bretagne.

Denise Larzul avait adhéré au Parti Communiste Français en 1946, elle était membre de la section de Quimper, d’abord à la cellule Ambroise Croizat des organismes sociaux où elle travaillait, puis à la cellule Arthur Quéinec(1) qui rayonnait sur le quartier d'Ergué-Armel La Tourelle.

Elle est décédée le 18 juin 2009.

Une salle municipale porte son nom, « Espace Denise Larzul » dans son ancien quartier d’Ergué-Armel allée Louise Michel à Quimper.

Note biographique établi par Piero Rainero.

 

(1) résistant quimpérois fusillé par les nazis au Poulguen à Penmac’h en 1944.

 

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 47/ Robert Jan (1908-1987)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 46/ Denise Roudot (1933-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 45/ Paul Le Gall (né en 1925)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 44/ René Le Bars (1933-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 43/ Louis Le Roux (1929-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 42/ Pierre Corre (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 41/ Daniel Le Flanchec (1881-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 40/ Joséphine Pencalet (1886-1972)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 39/ Sébastien Velly (1878-1924)

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

Archives Piero Rainero - Rapport concernant l'activité de Mademoiselle Denise Goyat établi par le capitaine Kervarec, commandant du bataillon La Tour D'auvergne

Archives Piero Rainero - Rapport concernant l'activité de Mademoiselle Denise Goyat établi par le capitaine Kervarec, commandant du bataillon La Tour D'auvergne

Archives Piero Rainero - Attestation de résistance de Denise Goyat ayant pris par à la libération du sud-Finistère, établie par le capitaine Lambert

Archives Piero Rainero - Attestation de résistance de Denise Goyat ayant pris par à la libération du sud-Finistère, établie par le capitaine Lambert

Archives Piero Rainero - Jean Mevel atteste la participation à la compagnie Sous-marin Curie du bataillon "La Tour d'Auvergne" à partir de novembre 1943

Archives Piero Rainero - Jean Mevel atteste la participation à la compagnie Sous-marin Curie du bataillon "La Tour d'Auvergne" à partir de novembre 1943

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24 février 2020 1 24 /02 /février /2020 08:04
Julien Gracq jeune - photo maison Julien Gracq

Julien Gracq jeune - photo maison Julien Gracq

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 

53/ Julien Gracq (1910-2007)

Julien Gracq, Louis Poirier à l'état-civil, est né en juillet 1910 à Saint-Florent-le-Vieil, petite ville des bords de Loire (Maine-et-Loire). En 1921, il devient interne au lycée Clémenceau à Nantes, se prend d'une passion pour Stendhal et collectionne les prix d'excellence dans les matières littéraires. En 1928, il intègre Henri IV à Paris où il suit les cours du philosophe Alain et est admis à l'école Normale Supérieure en 1930. Il choisit de devenir géographe à Normale Sup et en suivant les cours de l'Ecole libre des sciences politiques à Paris dont il est dipômé en 1933. En 1934, il obtient son agrégation d'histoire géo puis est nommé à Nantes la même année, puis à Quimper. A Quimper, Louis Poirier anime le cercle d'échecs et devient membre d'une section syndicale de la CGT et membre du PCF en 1936. Son engagement politique le pousse à prendre part à la grève - illégale - de septembre 1938, ce qui lui vaut une suspension de traitement. En 1937, il avait pris un congé sans solde pour se rendre en URSS mais n'avait pas reçu de visa pour mettre son projet à exécution. Il comptait y préparer une thèse de géographie.

" Louis Poirier, le futur écrivain Julien Gracq, fut un militant actif du PCF à Quimper, et y exerça des responsabilités : en 38-39 alors que ce jeune agrégé de géographie enseignait au lycée de la Tour d'Auvergne, il fut membre du secrétariat de la section de Quimper du PCF et ses activités militantes l'entraînaient dans toute la Cornouaille, comme il le raconte notamment dans "Les carnets du Grand Chemin": « Je militais sans ménager ma peine – ce qui semblait peu du goût du proviseur – mobilisé un soir sur deux par les tournées des cellules, les meetings, les collectes de vêtements pour l’Espagne, le journal du parti - La Bretagne- que j’avais à mettre en page chaque jeudi matin..."
Alors que l'on commémore les 80 ans de la Retirada, il est bon de rappeler que Julien Gracq organisa la solidarité avec les réfugiés espagnols dans notre ville.
En ces temps où monte la répression contre les mouvements sociaux, il n'est pas inutile non plus de souligner qu'il fut sanctionné en 1938 d'un mois de retrait de traitement pour avoir pris part à la grève des fonctionnaires! Après son départ de Quimper lors de sa mobilisation en 1939, Julien Gracq, comme il l'explique lui-même, tira un trait sur cette période de sa vie, choisissant de se consacrer totalement à l'écriture".

C'est dans le Finistère que Julien Gracq écrit son premier roman, publié chez l'éditeur des surréalistes, José Corti: "Au château d'Argol". La diffusion du Château d'Argol est confidentielle (130 exemplaires vendus en un an, sur un tirage de 1 200), mais celui-ci est remarqué par André Breton à qui Gracq avait envoyé un exemplaire du roman. Le « pape du surréalisme » lui adresse en réponse une lettre enthousiaste et lors d'une conférence prononcée à Yale en , Breton précisera l'importance qu'il accorde à ce roman « où, sans doute pour la première fois, le surréalisme se retourne librement sur lui-même pour se confronter avec les grandes expériences sensibles du passé et évaluer, tant sous l'angle de l'émotion que sous celui de la clairvoyance, ce qu'a été l'étendue de sa conquête ». 

En 1939, Louis Poirier - Julien Gracq rompt avec le Parti communiste suite au pacte germano-soviétique.

Déclaration de Piero Rainero le 24 décembre 2007, peu de temps après la mort de Julien Gracq:

" Julien GRACQ (de son vrai nom Louis POIRIER) qui vient de nous quitter résida à Quimper pendant deux ans, de 1937 à 1939. Ce jeune agrégé de géographie enseignait alors au lycée de La Tour d’Auvergne tout en participant très activement à la vie de la section de Quimper du PCF dont il fut pendant cette période un dirigeant. Il louait une chambre à l’Hôtel du Parc, et c’est dans notre ville qu’il acheva son premier roman « Au Château d’Argol ». Dans nombre de ses œuvres, il parle de Quimper et de sa région, des paysages et des gens qu’il rencontrait dans ses activités militantes comme dans ses sorties du dimanche. Ainsi, dans les « Carnets du Grand Chemin », il évoque notre ville :

« Quand je partais le matin de mon hôtel pour le lycée, je longeais sous ses beaux arbres l’Odet translucide, un simple feuillet d’eau bruissante sous lequel s’étiraient paresseusement les longues touffes vertes ; les passerelles ajourées qui l’enjambaient tous les vingt mètres menaient, au-delà des grilles qui bordaient la rivière à de petits jardins verts pleins d’oiseaux et de feuilles. Le ciel tout fraîchement ressuyé avait la jeunesse du matin de mer ; à un tournant du quai, le vallon étroit s’ouvrait : à droite montaient par-dessus les contreforts d’un haut mur de soutènement plein de giroflées, les deux flèches couleur d’os de la cathédrale ; à gauche, au-delà d’un terre-plein, la hêtraie roide et plongeante qui tapissait la falaise du mont Frugy. Quelques barques de mer ventrues s’amarraient au quai ; ici déjà la marée venait battre, comme elle bat au fond de tous les estuaires bretons, léchant une banquette de tangue grise au creux des petites gorges étranglées par les feuilles. Rattachée seulement à la terre vers l’amont par l’étroite tranchée charbonneuse du chemin de fer, la ville semblait couler au fil de sa rivière et s’ouvrir avec elle vers les horizons plats de son estuaire, mangé de roseaux, tout distendu par les anévrismes de plans d’eau secrets, bordé de pelouses désertes au fond desquelles sommeillaient, les yeux clos sous le couvert des arbres, des châteaux perdus. »

Il y évoque aussi sa vie militante :

« Je militais sans ménager ma peine – ce qui semblait peu du goût du proviseur – mobilisé un soir sur deux par les tournées des cellules, les meetings, les collectes de vêtements pour l’Espagne, le journal du parti - La Bretagne- que j’avais à mettre en page chaque jeudi matin, mais la conviction n’était déjà plus présente qu’à moitié ; j’avais terminé pendant les deux premiers mois de mon séjour à Quimper « Au Château d’Argol », et l’incompatibilité foncière de ces deux ordres d’occupation commençait à me sauter aux yeux : il y avait eu avec ce livre, inattendu, le surgissement au grand jour des ruminations d’un for intérieur qui tenait dès maintenant à peu près toute la place, et où il était clair que les disciplines d’esprit d’un parti n’étaient jamais entrées, n’entreraient jamais. La guerre approchante montait peu à peu à l’horizon, inexorable, déjà on vivait dans son air pesant riche en azote ; les marches militaires que la musique du 137ème exécutait chaque semaine au bord de l’Odet dans le kiosque municipal ne rythmaient pas seulement la badauderie ennuyée du dimanche provincial : quand elles m’arrivaient par la fenêtre ouverte de ma chambre de l’Hôtel du Parc, elles provoquaient au cœur un petit pincement. L’heure n’était pas aux longs projets ni aux lointains espoirs.»

Ce récit confirme les témoignages que j’ai reçus, il y a quelques années, de communistes quimpérois qui avaient bien connu Julien Gracq et avaient milité avec lui à cette époque. C’était, me disaient-ils, un militant très actif, membre de la direction de la section de Quimper du PCF où il s’occupait de communication et de formation des militants. Il ne manquait jamais une réunion de section ou de cellule, animait des soirées de réflexion théorique, rédigeait d’un seul trait de plume des articles pour le journal régional communiste « La Bretagne » et aussi des tracts, et il ne manquait pas de participer à leur distribution dans les rues et aux portes des entreprises.
A la fin de 1938 il fut frappé d’un mois de suspension de son poste d’enseignant pour avoir pris une part active à la grève des fonctionnaires en novembre de cette même année.
Julien Gracq était très estimé par les communistes quimpérois, il avait noué des rapports d’amitié avec certains d’entre eux. Lorsqu’il fut mobilisé en octobre 1939 ils l’accompagnèrent sur les quais de la gare de Quimper d’où il devait prendre le train pour rejoindre son régiment en Lorraine.
Les hasards de la guerre et de ses affectations professionnelles ne devaient plus le ramener dans notre ville. L’engagement de sa vie fut l’écriture à laquelle il se consacra exclusivement loin du fracas médiatique.
Je vais demander au sénateur-maire de Quimper qu’une rue, ou place, significative de notre ville porte le nom de ce très grand écrivain."

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:  53/ Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier (1910-2007)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:  53/ Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier (1910-2007)

Mémoires d'un lycéen de Quimper dans l'Humanité,

Mercredi 9 janvier 2008:

Mémoire d'un lycéen de Quimper

Après la mort de Julien Gracq

La nouvelle de la mort de Julien Gracq va mobiliser autour de sa célébration posthume la critique littéraire spécialisée, qu'il maltraitait avec une belle insolence dans la Littérature à l'estomac, comme il manifesta son refus du prix Goncourt. Je ne suis pas critique littéraire, mais je l'ai tout lu, au rythme des parutions, dès que j'ai reconnu, je ne sais trop comment, qu'il était, derrière la façade médiatique, M. Poirier, mon professeur d'histoire et de géographie en classes de troisième et de seconde, au lycée de Quimper, dans les années 1937 et 1938. Un maître difficile à oublier, personnage uniformément vêtu d'un complet de drap noir, veston, gilet, chemise blanche et cravate également noire. Une sorte de gentleman anglican, un peu raide mais sans sévérité ostentatoire. Il entrait dans la classe sans se soucier du cérémonial habituel, assis-levés...

Le silence allait de soi. Assis au bureau, sur le piédestal, il extrayait de la poche intérieure de sa veste un petit paquet de fiches, le posait sur le bureau, et parlait l'heure entière, d'une voix monocorde, mais au timbre « chaud ». Aucune communication personnelle entre l'auditoire et l'orateur. Si ma mémoire reste si précise, c'est qu'il m'impressionnait. Du premier rang où j'étais assis, je prenais consciencieusement des notes sur le cahier qui me servait pour nos compositions trimestrielles.

Ce personnage de pédagogue distant, manifestement composé pour économiser les rites inutiles et toute compromission sentimentale dans l'exercice de sa performance professionnelle, se dédoubla, à ma surprise d'enfant naïf, quand mon père m'emmena dans une réunion électorale, dans le quartier populaire de la ville que nous ne fréquentions guère, où je reconnus sur les tréteaux, toujours aussi sévèrement costumé, mon professeur d'histoire faisant le discours de présentation du candidat communiste à l'élection, un rôle qui supposait une fonction de dirigeant dans ce parti. C'était le temps de l'apogée du Front populaire, qui mobilisa des foules dans notre petite préfecture provinciale. Et mon papa ne manquait pas de m'emmener par la main à toutes les manifestations. Instituteur syndicaliste, sans parti, le Front populaire répondait à ses vagues espérances d'une société utopique. C'est ainsi qu'à un grand bal du syndicat des enseignants - qui se clôtura à minuit par une vibrante Internationale - je reconnus mon professeur d'histoire assis dans un coin à une table en compagnie de sa collègue du lycée de filles.

Il fut le seul professeur du lycée à faire cette grève des fonctionnaires auxquels Daladier promit la révocation. Souvenir d'autant plus vivace qu'à table, à mon père qui s'était aperçu qu'il avait été presque seul à faire grève dans la ville, ma mère répondit doucement qu'il nous resterait heureusement son salaire elle.

Au lycée, sous le préau, j'assistai par hasard à une scène : M. Trellu, mon professeur de lettres de l'année suivante, sportif, navigateur, catholique d'Action française, s'en prit à M. Bouynot, mon professeur de seconde, que les menaces de Daladier avaient intimidé, invoquant a contrario l'exemple de M. Poirier, son collègue, courageusement fidèle à ses convictions. Une scène occasionnelle que ma mémoire n'a pas retenue par hasard, qui n'est pas indifférente à ce que je suis devenu.

La guerre déclarée en septembre 1939, des professeurs disparurent de mon paysage lycéen, mobilisés. Incidemment, je croisai dans une rue de Quimper deux lieutenants en uniforme qui devisaient en se promenant. M. Poirier et M. Guéguin (maire communiste de Concarneau et conseiller général, que je reconnaissais depuis que nous l'avions par hasard rencontré, avec mon père), et je compris à leur conversation qu'ils étaient d'anciens condisciples de l'École normale. J'aurais donné cher pour savoir ce qu'ils se confiaient en ce temps de pacte germano-soviétique - que M. Guéguin condamna publiquement, ce qui n'empêcha pas qu'il fût arrêté par la police de Vichy et fusillé à Châteaubriant.

M. Poirier, cependant, était fait prisonnier. Je l'ai croisé en 1943, descendant le boulevard Saint-Michel.

Une brève conversation, une poignée de main, quelques mots d'encouragement à mes études..., il ne tenait pas à s'attarder.

C'est plus tard que j'ai compris que M. Poirier et Julien Gracq ne faisaient qu'un. Et commença alors à m'intriguer, à le lire, l'énigme de ces trois personnages en un seul quand je n'en connaissais encore que deux, déjà difficiles à réunir : il publiait déjà, sans qu'on le sût, son premier livre (1938), le Château d'Argol. On disait encore qu'il était un redoutable joueur d'échecs. On ne saurait parler de masques, ou de facettes. Ni de rôles, comme pour un acteur de théâtre. Celui d'auteur, au sens où on l'entend dans les institutions, il l'a violemment décrié dans la Littérature à l'estomac, puis ridiculisé publiquement en refusant le prix Goncourt. Il mena parallèlement sa carrière de professeur de géographie, jusqu'à son terme, la retraite. Avare de confidences biographiques, il ne livre au lecteur que quelques souvenirs de son passage à Quimper, des réunions de cellule chez les pêcheurs du Guilvinec - la rédaction du journal local qui commençait à lui peser, la silhouette en trois lignes d'un de ses collègues du lycée où je reconnaissais mon professeur de lettres, M. Trellu, non nommé. Pas un mot de son camarade Guéguin, fusillé à Châteaubriant pendant qu'il était lui-même dans un stalag en Allemagne.

Relisant ce soir, après des années, quelques pages du Beau Ténébreux, ce qui m'enchante c'est la description, inlassablement recommencée, de la mer longeant l'arc de la plage. De longues phrases qui avancent au rythme de segments qui se superposent dans la mémoire comme le mouvement de la houle, battant la côte avant de gonfler en vagues d'écume qui se fracassent sur le bord de la plage puis se retirent brisées en langues que le sable boit par tous ses pores. Un spectacle, obstinément recommencé, que j'ai longuement observé par fascination depuis mes lointaines années d'enfance sur la grande plage bretonne de mes vacances.

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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20 février 2020 4 20 /02 /février /2020 07:54
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:  51/ Jean Burel (1921-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

51/ Jean Burel (1921-1944)

Né le 13 décembre 1921 à Plouhinec (Finistère), fusillé le 3 juillet 1944 à Servel en Lannion (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) ; batelier aux Ponts et Chaussées ; FTPF ; militant du Parti communiste clandestin.

Son père Jean-Marie Burel, marin de commerce, avait épousé Marie, Yvonne, Noëlle Scudellec, ménagère. La famille de Jean Burel fut marquée par les premières années de la guerre. Un frère de Jean Burel périt en mer lors du torpillage de son unité au large de Casablanca. Un de ses oncles fut porté disparu à Dunkerque en juin 1940.
En 1942, Jean Burel travaillait avec son père qui était maître d’équipage, à Rouen, à bord d’un élévateur, bâtiment chargé d’aspirer la vase dans la Seine, aux Ponts-et-Chaussées de Rouen. À la fin de l’année 1942, refusant d’aller travailler en Allemagne en application de la Relève décidée par Pétain, il rejoignit la Bretagne, sa région natale. Membre actif de la Résistance FTP dans la région d’Audierne, il fut, selon Eugène Kerbaul, un militant actif des structures clandestines de la jeunesse communiste. Agent de liaison et de transmission de l’État-Major des FTP, il fut l’accompagnateur de Daniel Trellu dans ses déplacements. Ses missions l’amenèrent à Paris, Saint-Brieuc, Rennes, Carhaix et Guingamp. Au lendemain du débarquement, il rejoignit une unité de FTP, à Pont-Melvez, du secteur de Guingamp, et fut en contact avec Jean Tallec. Il participa dans cette région à plusieurs sabotages en particulier sur la ligne de chemin de fer Paris-Brest. Le 27 juin 1944, il fut arrêté sur dénonciation dans un hôtel-restaurant de Guingamp par la Wehmacht. Arrêté sous le nom de Jacques Le Goff, né le 19 septembre 1919 à Ergué-Armel (Finistère), les Allemands ne connurent jamais sa véritable identité.
Jugé et condamné à la peine de mort, selon un article paru dans L’Ouest-Éclair du 19 juillet 1944 « pour attentats contre les voies ferrées et d’attaques à main armée contre des soldats et des civils » par un tribunal militaire allemand, il a été fusillé le 3 juillet 1944 au camp d’aviation de Servel. Jean Burel avait vingt-trois ans. À Guingamp, sa logeuse, Mme Jaffrenou, récupéra après sa mort une veste lui appartenant. Dans une de ses poches on trouva un petit papier où il avait mentionné sa véritable identité ce qui permit de l’identifier. Son père vint prendre possession de la dépouille de Jean Burel qui fut inhumé à Plouhinec.
Le nom de Jean Burel figure sur Le monument du terrain d’aviation de Servel en Lannion. Un élévateur des Ponts et Chaussées de Rouen fut baptisé à son nom le 23 mars 1947. Une rue de Plouhinec porte son nom.

Sources

SOURCES : Arch. Dép. Côtes-d’Armor, 68J4, 165J10. – DAVCC, Caen. – Joseph Darsel, La Bretagne au combat, Le Signor, 1980. – Eugène Kerbaul, 1 270 militants du Finistère (1918-1945), IRM Bretagne, 1985. – Alain Prigent, Serge Tilly, « Les fusillés et les décapités dans les Côtes-du-Nord (1940-1944) », Les Cahiers de la Résistance populaire dans les Côtes-du-Nord, no 12, 2011. – Témoignage de la sœur de Jean Burel.

Alain Prigent, Serge Tilly - Maitron des Fusillés 

Document collecté par Yvonne Bouër-Trividic: "An disonj ne rank ket beza ho eil sebeilh" - "L'oubli ne sera pas leur linceul"

Document collecté par Yvonne Bouër-Trividic: "An disonj ne rank ket beza ho eil sebeilh" - "L'oubli ne sera pas leur linceul"

Document collecté par Yvonne Bouër-Trividic: "An disonj ne rank ket beza ho eil sebeilh" - "L'oubli ne sera pas leur linceul"

Document collecté par Yvonne Bouër-Trividic: "An disonj ne rank ket beza ho eil sebeilh" - "L'oubli ne sera pas leur linceul"

Témoignages (lettre manuscrite adressée à Monsieur Branchoux par un résistant collectée par Yvonne Bouër-Trividic, "L'oubli ne sera pas leur second linceul"):

"Fin 1942, Jean Burel était alors à l'atelier Pont et Chaussée à Rouen où comme beaucoup il s'est trouvé désigné pour le STO en Allemagne. Il s'est réfugié aussitôt dans la région de Quimper où il a pris contact avec l'organisation de résistance des FTPF et a été un des plus actifs. La liaison avec Paris a toujours été très difficile et non sans risques (un convoyeur le faisait à peine deux mois sans être pris).

Vint le jour où il fut désigné pour faire ce travail. C'est à ce moment que j'ai pu voir le cran et le dévouement qui animait ce brave petit gars. Il avait pour papier d'identité à cette époque qu'une carte au nom de "Jacques Le Goff, inspecteur du travail".

Ce n'est que le deuxième mois d'activité dans ce service qu'il descendit à Guingamp pour sa distribution. Il coucha et mangea d'abord chez ma belle-sœur Mme Jaffrennoux. Mais moi je ne trouvai pas l'endroit sûr et je l'envoyai dans ma maison du petit Paris où à n'importe quel moment il pouvait entrer et sortir et surtout prendre un repos bien gagné. Son travail était celui-ci: de dimanche soir au lundi matin, partant pour Paris, rentrant le mercredi soir au moins, 31 kilos de papier. Le lendemain, nous faisions les paquets par départements (car il fournissait au Finistère, Morbihan, Côtes du Nord, Ille et Vilaine, et les derniers temps, Calvados et Manche) qu'il remettait un jour à Rennes, un jour à Pontivy, St Brieuc, Carhaix, Quimper, etc. ... à un autre convoyeur départemental. 

Le 6 juin arriva avec le débarquement des Alliés qui devait annoncer la libération de notre pays. Jacques, nommions toujours ainsi, ne pouvait continuer son service faute de communication, mais après deux jours d'inaction et sans nouvelles de son chef direct, il partit avec Jean Callec qui voulait à tout prix l'emmener au maquis avec lui. Quelques jours plus tard, j'ai pu savoir qu'il attendait d'être accepté par vous et Monsieur Le Cun au Maquis de Plesidy et ce jour là je lui ai envoyé du linge et de l'argent.

Par l'Ouest-Eclair, j'ai appris que Jacques Le Goff avait été fusillé par les boches. Je l'ai revu ce brave petit gars le 7 août 1944 à Servel où il avait été enterré avec d'autres martyrs. Jean Burel a été pour moi le meilleur camarade et le plus dévoué pour la bonne cause avec toujours le sourire et la chanson aux lèvres.

Monsieur Branchoux je pourrai vous en dire davantage verbalement mais sur ce papier je crois vous donner l'essentiel".     

Lire aussi nos autres publications pour l'année du centenaire du Parti communiste dans la série "100 ans d'engagements communistes en Finistère":

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 08:30

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

50/ Jacob Mendrès (1916-2012)

Notice du Maitron - Gilles Pichavant

Né le 20 novembre 1916 à Saint-Évarzec (Finistère), mort le 18 mai 2012 à Quimper (Finistère) ; maçon ; syndicaliste CGT, coopérateur ; communiste, résistant FTPF

Fils de Jacob, maréchal-ferrant, et de Jeanne, née Cloarec, Jacob Mendrès avait dix-huit mois lorsque son père mourut en 1918. Père de 5 filles, il avait été mobilisé en mobilisé en 1914, puis rendu à la vie civile pour maladie, en février 1916, et fut déclaré "Mort pour la France, d’une maladie aggravée au service". Déclaré pupille de la Nation en 1920, Jacob Mendrès perdit sa mère deux ans plus tard. Il avait 4 ans et demi, et il fut pris en charge par Catherine sa sœur ainée, elle et son autre sœur Marie ayant été instituées tutrices conjointes. En 1928, âgé de onze ans et demi, il quitta l’école pour travailler dans une ferme à Saint-Évarzec (Finistère). En 1930, à la suite du mariage de sa sœur aînée, il la rejoignit à Quimper (Finistère), et apprit le métier de maçon. En 1934, son diplôme en poche, il s’installa à Brest. Ouvrier maçon-cimentier, il militait en 1936 au syndicat CGT du Bâtiment. L’année suivante, il adhéra au Parti communiste, rencontra Germain Riou*, de Saint-Goazec (Finistère), et le rejoignit à la cellule Lambézellec.

En 1939, était membre du comité de section de la ville de Brest. Pendant cette période, prenant conscience de l’insuffisance de sa formation, il suivit les cours du soir organisés par Marcel Hamon, futur colonel Courtois dans la Résistance.

Il fit son service militaire en 1937, au 2e Régiment d’infanterie coloniale, et y passa ses permis de conduire poids lourds. Mobilisé en 1939, il fut dirigé sur le camp de Bitche, près de Strasbourg, et assista à l’évacuation de la ville. En juin 1940, son régiment menacé d’être encerclé dans la région d’Amiens, il refusa avec d’autres d’être fait prisonnier, et rejoignit Montauban (Tarn-et-Garonne), avec 200 hommes et une vingtaine de camions. Démobilisé en septembre, il rejoignit Brest où il renoua les contacts avec les militants du PC clandestin.

Il forma avec Jean Goasguen et Germain Riou* le premier triangle de Résistance du bâtiment, en contact avec Charles De Bortoli, chargé par le triangle de direction de réorganiser le bâtiment, et Eugène Kerbaul, ancien responsable des Jeunesses Communistes. et entra dans la Résistance : diffusion de tracts et de journaux, dégradation de véhicules allemands, sabotage sur les chantiers.

Jacob Mendrès intégra les rangs des FTP à leur création. Il participa au sabotage des sous-stations électriques de l’arsenal de Brest et de la base sous-marine qui eurent lieu le 27 mars 1942. Albert Rannou, ancien lieutenant des Brigades Internationales transporta et utilisa la dynamite, sous la protection de Jacob. Après le départ de Pierre Corre, recherché et muté, Jacob Mendrès le remplaça et entra au triangle de direction des FTP de Brest, dont faisait partie, Gabriel Paul, de l’Arsenal, futur député communiste du Finistère.

Dans la nuit du 13 au 14 juillet 1943, dans un groupe de quatre résistants — dont Germain Riou*, Georges Larvor* et le jeune Louis-François Berthou* qui fut abattu le 14 juillet 1944 à Saint-Méen (Finistère) — il pavoisa aux couleurs bleu-blanc-rouge, la rue principale et le bourg de Lambézellec (Finistère) (commune aujourd’hui intégré à la Ville de Brest).

Son absence de Brest pendant 3 ans de service militaire et guerre, son absence de foyer familial, sa prudence, firent qu’il ne fut pas repéré pendant longtemps, malgré une très haute taille assez remarquable. Mais en fin 1943 il échappa de peu à une arrestation, et quitta Brest pour s’installer à Tourc’h dans le Sud-Finistère, où il fut hébergé chez un camarade de chantier. Il changea d’identité, et intégra le maquis de Saint-Goazec-Spézet, créé en juillet 1943 par Jean-Louis Berthélémé*, Marcel Cariou*, Hippolyte Le Balch*, Yves Legall*, Daniel Trellu et Jean Guyomarc’h*. Créé au fond d’un bois des montagnes Noires, près de Kervigoudou, au bord d’un simple ruisseau qui séparait les communes de Saint-Goazec et Spézet, ce n’était pas un maquis de type militaire, avec une forte concentration d’hommes, de matériel, tels Saint-Marcel ou le Vercors, mais un maquis de guérilla. Comme le mercure ou vif-argent, métal liquide, le maquis devait être fluide, rapide, mobile, insaisissable, capable de se fractionner, puis de se regrouper avec la même vélocité qu’une goutte de mercure. Ce fut d’abord l’isolement, marqué par l’absence d’armes, les difficultés de ravitaillement, et les rafles. Les maquisards subirent des coups très durs. En cause, l’inexpérience, l’imprudence mais aussi les dénonciations.

Jacob Mendrès, avec tous les membres de ce maquis, intégra le 2e bataillon Stalingrad FFI-FTP, créé fin juillet 1944, et participa aux combats de la Libération du Finistère, notamment l’attaque du château de Trévarez (Finistère), lieu de repos des mains de la Kriegsmarine de la base sous-marine allemande de Brest. Le bataillon fut dissous deux mois plus tard alors qu’il culminait à 650 combattants. Jacob Mendrès, chef de la section Lénigrad, fut homologué lieutenant.

Jacob Mendrès fut nommé à l’État-major à Quimper comme Commissaire à la Sécurité, mais il refusa le grade de capitaine qui y était associé. Il ne porta jamais ses galons de lieutenant, simplement son brassard. Il rejoignit à l’état-major, le lieutenant colonel Chevalier — Daniel Trellu, chef des FTP du Finistère — et le commandant André, responsable FTP pour le sud-Finistère, sous les ordres de Berthaud*, chef des FFI du Finistère. Assure les liaisons entre l’État-major et les bataillons Stalingrad et Normandie, ainsi que le transports d’armes.

Jacob Mendrès se maria en avril 1942 à Saint-Goazec (Finistère) avec Françoise Guéguen, cousine de Germain Riou*. Ils eurent trois enfants, dont Anne Friant-Mendrès, qui était présidente de l’association des Amis de l’Anacr du Finistère en 2016.

Après la guerre, il créa une coopérative ouvrière de production dans le bâtiment et les travaux publics, la Scor (Société Coopérative "Aux ouvriers réunis"), qui participa à la reconstruction de la ville de Brest dans l’après-guerre. Il dirigea la coopérative jusqu’à sa retraite. De 10 membres à sa création, en 1946, l’entreprise comptait 270 personnes à son départ, dont une centaine de coopérateurs. De nombreux résistants et républicains espagnols y travaillèrent. S’ajoutant à ceux de Brest, la Scor assura des travaux pour la ville de Quimper (Finistère) : Lycées, halles, l’abri anti-atomique de la préfecture, etc. Parallèlement, Jacob Mendrès avait constitué un groupement des coopératives BTP de l’Ouest.

Dans les années soixante, Jacob Mendrès ne reprit plus sa carte du parti communiste à la suite d’un conflit douloureux avec la direction Brestoise du PC, mais en resta un « compagnon de route » toute sa vie,

En 1954, Jacob Mendrès fut l’un des fondateur du comité ANACR du Finistère, avec Auguste Le Guillou*. Il en devint le président d’honneur du comité départemental, et président du comité de Fouesnant (Finistère). Il fut le président d’honneur du comité ANACR Sud-Cornouaille, et le parrain du Pôle Jean Moulin, pour la sauvegarde des archives de la Résistance.

Il mourut à Quimper (Finistère) le 18 mai 2012.

Notice de Gilles Pichavant dans le Maitron:

https://maitron.fr/spip.php?article121610, notice MENDRÈS Jacob par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 19 janvier 2016, dernière modification le 8 décembre 2016.

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 08:08
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 49/ Henri Tanguy dit Rol-Tanguy (1908-2002)
Rol Tanguy en 1984 (photo Piero Rainero)

Rol Tanguy en 1984 (photo Piero Rainero)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 49/ Henri Tanguy dit Rol-Tanguy (1908-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

49/ Henri Tanguy dit Rol-Tanguy (1908-2002)

Henri Tanguy est né un peu par hasard en gare de Morlaix. Sa mère, blanchisseuse, a accouché précipitamment alors qu'elle devait probablement regagner Brest en train, Brest où le père de Henri était officier marinier. La famille a aussi été installée temporairement dans d'autres ports, Toulon et Cherbourg pendant l'enfance de Henri Rol-Tanguy.

C'est à Brest à 13 ans que Henri arrête l'école. Il devient télégraphiste pour les PTT à Brest mais il n'est pas titularisé. Il est embauché dans une entreprise de taxis, puis comme téléphoniste, et enfin comme apprenti mécanicien.

Sa mère estime que son avenir et celui de son frère Joseph n'est pas assuré à Brest à l'hiver 1923-1924, elle rejoint Paris avec ses enfants. Ayant été tourneuse d'obus pendant la guerre de 14 à l'arsenal de Toulon, elle se fait embaucher chez Renault comme métallurgiste tandis qu'Henri est engagé chez Talbot.

Puis en 1925 Henri Tanguy est embauché comme métallier chez Renault à Boulogne Billancourt et la même année il adhère aux Jeunesses Communistes, à l'âge de 17 ans, et au syndicat CGTU. Sa participation à la grève générale chez Renault Billancourt entraîne son licenciement en mai 1926. Il travaillera ensuite comme métallo dans différentes usines, dont Breguet où il crée après les émeutes nationalistes et anti-parlementaires de 1934 menaçant la République une cellule communiste et un syndicat CGTU.

En 1935 il membre du bureau des Jeunesses communistes à Paris et participe à des affrontements avec l'extrême-droite.

C'est dans son entreprise de chaudronnerie à Montrouge que Rol Tanguy vit la grève de mai-juin 1936 et il est licencié à la fin du conflit. A l'automne hiver 1936, et début 37, il est un des animateurs de la solidarité avec l'Espagne républicaine face au coup d'état franquiste. En février 1937, il peut enfin rejoindre l'Espagne comme volontaire des Brigades Internationales après plusieurs demandes infructueuses, compte tenu de la dégradation de la situation militaire pour les Républicains.

En raison des compétences acquises pendant son service militaire (notamment en Algérie, dans un bataillon disciplinaire, en 1929), il est nommé commissaire politique de l’arsenal d’Albacete, du parc auto des Brigades internationales, enfin de l’usine n° 1 où l’on fabriquait les grenades et réparait les automobiles. Puis il fut désigné, avec grade de capitaine, responsable à la main-d’œuvre étrangère dans les usines qui se montaient en zone républicaine.

Les Brigades Internationales recrutées en France, c'était 15 000 volontaires, dont 8000 Français et 7000 étrangers, environ 250 Bretons.

Mais, en octobre 1937, il fut rappelé en France, pour accomplir une période de réserve. A son issue, il reprit ses fonctions syndicales, notamment les actions de solidarité avec la République espagnole. De retour à Albacete en février 1938, André Marty l’ayant réclamé, il fut nommé commissaire politique du Bataillon d’instruction des volontaires francophones, à Villanueva de la Jara. En avril 1938, pendant la marche à la mer des troupes franquistes, Henri Tanguy fut chargé de l’acheminement à Barcelone des volontaires internationaux présents à Albacete et dans sa région (environ 1 200), mission qu’il accomplit la veille de la coupure en deux de l’Espagne républicaine, le 15 avril. Il assura ensuite le commissariat politique de la nouvelle base des Brigade internationales mise en place à Olot, mais quelques semaines plus tard, cette dernière ayant été dissoute, André Marty le désigna commissaire politique de la 14e Brigade, « La Marseillaise ».

Blessé le 18 juin 1938 d’une balle dans la poitrine, au retour d’une visite de bataillon, il reprit son poste après quelques jours passés à l’hôpital, refusant d’attendre l’extraction du projectile. Il participa à la grande offensive de l’Ebre, à Tortosa et dans la Sierra Caballs, de juillet à septembre 1938, date de relève des Brigades.

Revenu en France en novembre, à la dissolution des Brigades, Henri Tanguy reprit ses responsabilités au syndicat des Métaux et au Comité de la Région de Paris du Parti communiste. En avril 1939, l’ancien brigadiste épousa sa marraine d’Espagne, Cécile Le Bihan, fille du militant syndicaliste et communiste, résistant FTP mort en déportation, François Le Bihan*. Le couple eut quatre enfants.

Après avoir accompli son devoir militaire, Rol-Tanguy rentre dans la clandestinité en 1940 après les premières arrestations de militants communistes suite au pacte germano-soviétique et aux décrets d'interdiction et de répression du mouvement communiste sous Daladier. Dès août 41, il organise la mise en place des groupes armés en région parisienne qui donnent naissance en février 42 aux FTP. Rol-Tanguy devient le responsable militaire dans la direction des FTP en région parisienne. Identifié après l'arrestation d'autres dirigeants en mai 42, il migre dans la région Anjou-Poitou où il commande les FTP. A cette époque, il est aussi chargé de mission en Bretagne et à Bordeaux.

Fin 43 Henri Tanguy passa en octobre à l’état-major des FFI de la région Parisienne qui regroupait onze départements autour de Paris, où il représentait les FTP. Successivement responsable de l’action immédiate, du troisième bureau (« opérations »), puis sous-chef de l’état-major, enfin chef régional en mai 1944, il était à la veille du débarquement allié du 6 juin 1944, colonel chef de la région P1 (Seine, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, Oise), qu’il baptisa « Ile-de-France ».

Il prit alors son dernier pseudonyme Rol, nom d’un militant d’Épinay-sur-Seine, combattant des Brigades internationales, tué pendant la bataille de l’Ebre peu de temps après avoir été nommé commandant du bataillon « Commune-de-Paris ».

Le 19 août 1944, en qualité de chef régional des FFI, Rol-Tanguy donna l’ordre de l’insurrection parisienne. Il reçut, avec le général Leclerc, la reddition du général Von Choltitz — commandant la garnison allemande du Grand-Paris — le 25 août.

Le 18 juin 1945, il est élevé au rang de compagnon de la Libération par le Général de Gaule qui le respectait beaucoup.

Avant le passage du Rhin, le 31 mars 1945, Rol-Tanguy rejoignit le 151e régiment d’infanterie issu de la Brigade de Paris formée par le colonel Fabien, participa à la campagne Rhin-Danube en tant que lieutenant-colonel.

A la fin de la guerre, Rol-Tanguy rentre dans l'armée même si, dans le climat de guerre froide, après 48, ses engagements communistes vont contribuer à ce qu'il soit partiellement placardisé et bloqué dans son avancement.

 Invité occasionnel du Comité central du PCF à partir de 1947 — en tant que militaire il ne pouvait y intervenir — Henri Rol-Tanguy en devint membre de 1964 à 1987. Il avait été candidat du PCF aux élections législatives de 1962 à Paris (XXe arr.).

Élu en juillet 1946, lors du 23e congrès, président d’honneur de l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants), il assura également la coprésidence de l’ANACR (association nationale des anciens combattants de la résistance) et la présidence de l’AVER (association des volontaires de l'Espagne Républicaine).

Hommage à Rol-Tanguy, compagnon de la Libération, en gare de Morlaix, place Rol-Tanguy, 12 juin 2019: photos de Pierre-Yvon Boisnard et discours d'Ismaël Dupont, articles du Télégramme et du Ouest-France

 

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
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