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24 février 2020 1 24 /02 /février /2020 08:04
Julien Gracq jeune - photo maison Julien Gracq

Julien Gracq jeune - photo maison Julien Gracq

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 

53/ Julien Gracq (1910-2007)

Julien Gracq, Louis Poirier à l'état-civil, est né en juillet 1910 à Saint-Florent-le-Vieil, petite ville des bords de Loire (Maine-et-Loire). En 1921, il devient interne au lycée Clémenceau à Nantes, se prend d'une passion pour Stendhal et collectionne les prix d'excellence dans les matières littéraires. En 1928, il intègre Henri IV à Paris où il suit les cours du philosophe Alain et est admis à l'école Normale Supérieure en 1930. Il choisit de devenir géographe à Normale Sup et en suivant les cours de l'Ecole libre des sciences politiques à Paris dont il est dipômé en 1933. En 1934, il obtient son agrégation d'histoire géo puis est nommé à Nantes la même année, puis à Quimper. A Quimper, Louis Poirier anime le cercle d'échecs et devient membre d'une section syndicale de la CGT et membre du PCF en 1936. Son engagement politique le pousse à prendre part à la grève - illégale - de septembre 1938, ce qui lui vaut une suspension de traitement. En 1937, il avait pris un congé sans solde pour se rendre en URSS mais n'avait pas reçu de visa pour mettre son projet à exécution. Il comptait y préparer une thèse de géographie.

" Louis Poirier, le futur écrivain Julien Gracq, fut un militant actif du PCF à Quimper, et y exerça des responsabilités : en 38-39 alors que ce jeune agrégé de géographie enseignait au lycée de la Tour d'Auvergne, il fut membre du secrétariat de la section de Quimper du PCF et ses activités militantes l'entraînaient dans toute la Cornouaille, comme il le raconte notamment dans "Les carnets du Grand Chemin": « Je militais sans ménager ma peine – ce qui semblait peu du goût du proviseur – mobilisé un soir sur deux par les tournées des cellules, les meetings, les collectes de vêtements pour l’Espagne, le journal du parti - La Bretagne- que j’avais à mettre en page chaque jeudi matin..."
Alors que l'on commémore les 80 ans de la Retirada, il est bon de rappeler que Julien Gracq organisa la solidarité avec les réfugiés espagnols dans notre ville.
En ces temps où monte la répression contre les mouvements sociaux, il n'est pas inutile non plus de souligner qu'il fut sanctionné en 1938 d'un mois de retrait de traitement pour avoir pris part à la grève des fonctionnaires! Après son départ de Quimper lors de sa mobilisation en 1939, Julien Gracq, comme il l'explique lui-même, tira un trait sur cette période de sa vie, choisissant de se consacrer totalement à l'écriture".

C'est dans le Finistère que Julien Gracq écrit son premier roman, publié chez l'éditeur des surréalistes, José Corti: "Au château d'Argol". La diffusion du Château d'Argol est confidentielle (130 exemplaires vendus en un an, sur un tirage de 1 200), mais celui-ci est remarqué par André Breton à qui Gracq avait envoyé un exemplaire du roman. Le « pape du surréalisme » lui adresse en réponse une lettre enthousiaste et lors d'une conférence prononcée à Yale en , Breton précisera l'importance qu'il accorde à ce roman « où, sans doute pour la première fois, le surréalisme se retourne librement sur lui-même pour se confronter avec les grandes expériences sensibles du passé et évaluer, tant sous l'angle de l'émotion que sous celui de la clairvoyance, ce qu'a été l'étendue de sa conquête ». 

En 1939, Louis Poirier - Julien Gracq rompt avec le Parti communiste suite au pacte germano-soviétique.

Déclaration de Piero Rainero le 24 décembre 2007, peu de temps après la mort de Julien Gracq:

" Julien GRACQ (de son vrai nom Louis POIRIER) qui vient de nous quitter résida à Quimper pendant deux ans, de 1937 à 1939. Ce jeune agrégé de géographie enseignait alors au lycée de La Tour d’Auvergne tout en participant très activement à la vie de la section de Quimper du PCF dont il fut pendant cette période un dirigeant. Il louait une chambre à l’Hôtel du Parc, et c’est dans notre ville qu’il acheva son premier roman « Au Château d’Argol ». Dans nombre de ses œuvres, il parle de Quimper et de sa région, des paysages et des gens qu’il rencontrait dans ses activités militantes comme dans ses sorties du dimanche. Ainsi, dans les « Carnets du Grand Chemin », il évoque notre ville :

« Quand je partais le matin de mon hôtel pour le lycée, je longeais sous ses beaux arbres l’Odet translucide, un simple feuillet d’eau bruissante sous lequel s’étiraient paresseusement les longues touffes vertes ; les passerelles ajourées qui l’enjambaient tous les vingt mètres menaient, au-delà des grilles qui bordaient la rivière à de petits jardins verts pleins d’oiseaux et de feuilles. Le ciel tout fraîchement ressuyé avait la jeunesse du matin de mer ; à un tournant du quai, le vallon étroit s’ouvrait : à droite montaient par-dessus les contreforts d’un haut mur de soutènement plein de giroflées, les deux flèches couleur d’os de la cathédrale ; à gauche, au-delà d’un terre-plein, la hêtraie roide et plongeante qui tapissait la falaise du mont Frugy. Quelques barques de mer ventrues s’amarraient au quai ; ici déjà la marée venait battre, comme elle bat au fond de tous les estuaires bretons, léchant une banquette de tangue grise au creux des petites gorges étranglées par les feuilles. Rattachée seulement à la terre vers l’amont par l’étroite tranchée charbonneuse du chemin de fer, la ville semblait couler au fil de sa rivière et s’ouvrir avec elle vers les horizons plats de son estuaire, mangé de roseaux, tout distendu par les anévrismes de plans d’eau secrets, bordé de pelouses désertes au fond desquelles sommeillaient, les yeux clos sous le couvert des arbres, des châteaux perdus. »

Il y évoque aussi sa vie militante :

« Je militais sans ménager ma peine – ce qui semblait peu du goût du proviseur – mobilisé un soir sur deux par les tournées des cellules, les meetings, les collectes de vêtements pour l’Espagne, le journal du parti - La Bretagne- que j’avais à mettre en page chaque jeudi matin, mais la conviction n’était déjà plus présente qu’à moitié ; j’avais terminé pendant les deux premiers mois de mon séjour à Quimper « Au Château d’Argol », et l’incompatibilité foncière de ces deux ordres d’occupation commençait à me sauter aux yeux : il y avait eu avec ce livre, inattendu, le surgissement au grand jour des ruminations d’un for intérieur qui tenait dès maintenant à peu près toute la place, et où il était clair que les disciplines d’esprit d’un parti n’étaient jamais entrées, n’entreraient jamais. La guerre approchante montait peu à peu à l’horizon, inexorable, déjà on vivait dans son air pesant riche en azote ; les marches militaires que la musique du 137ème exécutait chaque semaine au bord de l’Odet dans le kiosque municipal ne rythmaient pas seulement la badauderie ennuyée du dimanche provincial : quand elles m’arrivaient par la fenêtre ouverte de ma chambre de l’Hôtel du Parc, elles provoquaient au cœur un petit pincement. L’heure n’était pas aux longs projets ni aux lointains espoirs.»

Ce récit confirme les témoignages que j’ai reçus, il y a quelques années, de communistes quimpérois qui avaient bien connu Julien Gracq et avaient milité avec lui à cette époque. C’était, me disaient-ils, un militant très actif, membre de la direction de la section de Quimper du PCF où il s’occupait de communication et de formation des militants. Il ne manquait jamais une réunion de section ou de cellule, animait des soirées de réflexion théorique, rédigeait d’un seul trait de plume des articles pour le journal régional communiste « La Bretagne » et aussi des tracts, et il ne manquait pas de participer à leur distribution dans les rues et aux portes des entreprises.
A la fin de 1938 il fut frappé d’un mois de suspension de son poste d’enseignant pour avoir pris une part active à la grève des fonctionnaires en novembre de cette même année.
Julien Gracq était très estimé par les communistes quimpérois, il avait noué des rapports d’amitié avec certains d’entre eux. Lorsqu’il fut mobilisé en octobre 1939 ils l’accompagnèrent sur les quais de la gare de Quimper d’où il devait prendre le train pour rejoindre son régiment en Lorraine.
Les hasards de la guerre et de ses affectations professionnelles ne devaient plus le ramener dans notre ville. L’engagement de sa vie fut l’écriture à laquelle il se consacra exclusivement loin du fracas médiatique.
Je vais demander au sénateur-maire de Quimper qu’une rue, ou place, significative de notre ville porte le nom de ce très grand écrivain."

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:  53/ Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier (1910-2007)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:  53/ Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier (1910-2007)

Mémoires d'un lycéen de Quimper dans l'Humanité,

Mercredi 9 janvier 2008:

Mémoire d'un lycéen de Quimper

Après la mort de Julien Gracq

La nouvelle de la mort de Julien Gracq va mobiliser autour de sa célébration posthume la critique littéraire spécialisée, qu'il maltraitait avec une belle insolence dans la Littérature à l'estomac, comme il manifesta son refus du prix Goncourt. Je ne suis pas critique littéraire, mais je l'ai tout lu, au rythme des parutions, dès que j'ai reconnu, je ne sais trop comment, qu'il était, derrière la façade médiatique, M. Poirier, mon professeur d'histoire et de géographie en classes de troisième et de seconde, au lycée de Quimper, dans les années 1937 et 1938. Un maître difficile à oublier, personnage uniformément vêtu d'un complet de drap noir, veston, gilet, chemise blanche et cravate également noire. Une sorte de gentleman anglican, un peu raide mais sans sévérité ostentatoire. Il entrait dans la classe sans se soucier du cérémonial habituel, assis-levés...

Le silence allait de soi. Assis au bureau, sur le piédestal, il extrayait de la poche intérieure de sa veste un petit paquet de fiches, le posait sur le bureau, et parlait l'heure entière, d'une voix monocorde, mais au timbre « chaud ». Aucune communication personnelle entre l'auditoire et l'orateur. Si ma mémoire reste si précise, c'est qu'il m'impressionnait. Du premier rang où j'étais assis, je prenais consciencieusement des notes sur le cahier qui me servait pour nos compositions trimestrielles.

Ce personnage de pédagogue distant, manifestement composé pour économiser les rites inutiles et toute compromission sentimentale dans l'exercice de sa performance professionnelle, se dédoubla, à ma surprise d'enfant naïf, quand mon père m'emmena dans une réunion électorale, dans le quartier populaire de la ville que nous ne fréquentions guère, où je reconnus sur les tréteaux, toujours aussi sévèrement costumé, mon professeur d'histoire faisant le discours de présentation du candidat communiste à l'élection, un rôle qui supposait une fonction de dirigeant dans ce parti. C'était le temps de l'apogée du Front populaire, qui mobilisa des foules dans notre petite préfecture provinciale. Et mon papa ne manquait pas de m'emmener par la main à toutes les manifestations. Instituteur syndicaliste, sans parti, le Front populaire répondait à ses vagues espérances d'une société utopique. C'est ainsi qu'à un grand bal du syndicat des enseignants - qui se clôtura à minuit par une vibrante Internationale - je reconnus mon professeur d'histoire assis dans un coin à une table en compagnie de sa collègue du lycée de filles.

Il fut le seul professeur du lycée à faire cette grève des fonctionnaires auxquels Daladier promit la révocation. Souvenir d'autant plus vivace qu'à table, à mon père qui s'était aperçu qu'il avait été presque seul à faire grève dans la ville, ma mère répondit doucement qu'il nous resterait heureusement son salaire elle.

Au lycée, sous le préau, j'assistai par hasard à une scène : M. Trellu, mon professeur de lettres de l'année suivante, sportif, navigateur, catholique d'Action française, s'en prit à M. Bouynot, mon professeur de seconde, que les menaces de Daladier avaient intimidé, invoquant a contrario l'exemple de M. Poirier, son collègue, courageusement fidèle à ses convictions. Une scène occasionnelle que ma mémoire n'a pas retenue par hasard, qui n'est pas indifférente à ce que je suis devenu.

La guerre déclarée en septembre 1939, des professeurs disparurent de mon paysage lycéen, mobilisés. Incidemment, je croisai dans une rue de Quimper deux lieutenants en uniforme qui devisaient en se promenant. M. Poirier et M. Guéguin (maire communiste de Concarneau et conseiller général, que je reconnaissais depuis que nous l'avions par hasard rencontré, avec mon père), et je compris à leur conversation qu'ils étaient d'anciens condisciples de l'École normale. J'aurais donné cher pour savoir ce qu'ils se confiaient en ce temps de pacte germano-soviétique - que M. Guéguin condamna publiquement, ce qui n'empêcha pas qu'il fût arrêté par la police de Vichy et fusillé à Châteaubriant.

M. Poirier, cependant, était fait prisonnier. Je l'ai croisé en 1943, descendant le boulevard Saint-Michel.

Une brève conversation, une poignée de main, quelques mots d'encouragement à mes études..., il ne tenait pas à s'attarder.

C'est plus tard que j'ai compris que M. Poirier et Julien Gracq ne faisaient qu'un. Et commença alors à m'intriguer, à le lire, l'énigme de ces trois personnages en un seul quand je n'en connaissais encore que deux, déjà difficiles à réunir : il publiait déjà, sans qu'on le sût, son premier livre (1938), le Château d'Argol. On disait encore qu'il était un redoutable joueur d'échecs. On ne saurait parler de masques, ou de facettes. Ni de rôles, comme pour un acteur de théâtre. Celui d'auteur, au sens où on l'entend dans les institutions, il l'a violemment décrié dans la Littérature à l'estomac, puis ridiculisé publiquement en refusant le prix Goncourt. Il mena parallèlement sa carrière de professeur de géographie, jusqu'à son terme, la retraite. Avare de confidences biographiques, il ne livre au lecteur que quelques souvenirs de son passage à Quimper, des réunions de cellule chez les pêcheurs du Guilvinec - la rédaction du journal local qui commençait à lui peser, la silhouette en trois lignes d'un de ses collègues du lycée où je reconnaissais mon professeur de lettres, M. Trellu, non nommé. Pas un mot de son camarade Guéguin, fusillé à Châteaubriant pendant qu'il était lui-même dans un stalag en Allemagne.

Relisant ce soir, après des années, quelques pages du Beau Ténébreux, ce qui m'enchante c'est la description, inlassablement recommencée, de la mer longeant l'arc de la plage. De longues phrases qui avancent au rythme de segments qui se superposent dans la mémoire comme le mouvement de la houle, battant la côte avant de gonfler en vagues d'écume qui se fracassent sur le bord de la plage puis se retirent brisées en langues que le sable boit par tous ses pores. Un spectacle, obstinément recommencé, que j'ai longuement observé par fascination depuis mes lointaines années d'enfance sur la grande plage bretonne de mes vacances.

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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20 février 2020 4 20 /02 /février /2020 07:54
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:  51/ Jean Burel (1921-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

51/ Jean Burel (1921-1944)

Né le 13 décembre 1921 à Plouhinec (Finistère), fusillé le 3 juillet 1944 à Servel en Lannion (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) ; batelier aux Ponts et Chaussées ; FTPF ; militant du Parti communiste clandestin.

Son père Jean-Marie Burel, marin de commerce, avait épousé Marie, Yvonne, Noëlle Scudellec, ménagère. La famille de Jean Burel fut marquée par les premières années de la guerre. Un frère de Jean Burel périt en mer lors du torpillage de son unité au large de Casablanca. Un de ses oncles fut porté disparu à Dunkerque en juin 1940.
En 1942, Jean Burel travaillait avec son père qui était maître d’équipage, à Rouen, à bord d’un élévateur, bâtiment chargé d’aspirer la vase dans la Seine, aux Ponts-et-Chaussées de Rouen. À la fin de l’année 1942, refusant d’aller travailler en Allemagne en application de la Relève décidée par Pétain, il rejoignit la Bretagne, sa région natale. Membre actif de la Résistance FTP dans la région d’Audierne, il fut, selon Eugène Kerbaul, un militant actif des structures clandestines de la jeunesse communiste. Agent de liaison et de transmission de l’État-Major des FTP, il fut l’accompagnateur de Daniel Trellu dans ses déplacements. Ses missions l’amenèrent à Paris, Saint-Brieuc, Rennes, Carhaix et Guingamp. Au lendemain du débarquement, il rejoignit une unité de FTP, à Pont-Melvez, du secteur de Guingamp, et fut en contact avec Jean Tallec. Il participa dans cette région à plusieurs sabotages en particulier sur la ligne de chemin de fer Paris-Brest. Le 27 juin 1944, il fut arrêté sur dénonciation dans un hôtel-restaurant de Guingamp par la Wehmacht. Arrêté sous le nom de Jacques Le Goff, né le 19 septembre 1919 à Ergué-Armel (Finistère), les Allemands ne connurent jamais sa véritable identité.
Jugé et condamné à la peine de mort, selon un article paru dans L’Ouest-Éclair du 19 juillet 1944 « pour attentats contre les voies ferrées et d’attaques à main armée contre des soldats et des civils » par un tribunal militaire allemand, il a été fusillé le 3 juillet 1944 au camp d’aviation de Servel. Jean Burel avait vingt-trois ans. À Guingamp, sa logeuse, Mme Jaffrenou, récupéra après sa mort une veste lui appartenant. Dans une de ses poches on trouva un petit papier où il avait mentionné sa véritable identité ce qui permit de l’identifier. Son père vint prendre possession de la dépouille de Jean Burel qui fut inhumé à Plouhinec.
Le nom de Jean Burel figure sur Le monument du terrain d’aviation de Servel en Lannion. Un élévateur des Ponts et Chaussées de Rouen fut baptisé à son nom le 23 mars 1947. Une rue de Plouhinec porte son nom.

Sources

SOURCES : Arch. Dép. Côtes-d’Armor, 68J4, 165J10. – DAVCC, Caen. – Joseph Darsel, La Bretagne au combat, Le Signor, 1980. – Eugène Kerbaul, 1 270 militants du Finistère (1918-1945), IRM Bretagne, 1985. – Alain Prigent, Serge Tilly, « Les fusillés et les décapités dans les Côtes-du-Nord (1940-1944) », Les Cahiers de la Résistance populaire dans les Côtes-du-Nord, no 12, 2011. – Témoignage de la sœur de Jean Burel.

Alain Prigent, Serge Tilly - Maitron des Fusillés 

Document collecté par Yvonne Bouër-Trividic: "An disonj ne rank ket beza ho eil sebeilh" - "L'oubli ne sera pas leur linceul"

Document collecté par Yvonne Bouër-Trividic: "An disonj ne rank ket beza ho eil sebeilh" - "L'oubli ne sera pas leur linceul"

Document collecté par Yvonne Bouër-Trividic: "An disonj ne rank ket beza ho eil sebeilh" - "L'oubli ne sera pas leur linceul"

Document collecté par Yvonne Bouër-Trividic: "An disonj ne rank ket beza ho eil sebeilh" - "L'oubli ne sera pas leur linceul"

Témoignages (lettre manuscrite adressée à Monsieur Branchoux par un résistant collectée par Yvonne Bouër-Trividic, "L'oubli ne sera pas leur second linceul"):

"Fin 1942, Jean Burel était alors à l'atelier Pont et Chaussée à Rouen où comme beaucoup il s'est trouvé désigné pour le STO en Allemagne. Il s'est réfugié aussitôt dans la région de Quimper où il a pris contact avec l'organisation de résistance des FTPF et a été un des plus actifs. La liaison avec Paris a toujours été très difficile et non sans risques (un convoyeur le faisait à peine deux mois sans être pris).

Vint le jour où il fut désigné pour faire ce travail. C'est à ce moment que j'ai pu voir le cran et le dévouement qui animait ce brave petit gars. Il avait pour papier d'identité à cette époque qu'une carte au nom de "Jacques Le Goff, inspecteur du travail".

Ce n'est que le deuxième mois d'activité dans ce service qu'il descendit à Guingamp pour sa distribution. Il coucha et mangea d'abord chez ma belle-sœur Mme Jaffrennoux. Mais moi je ne trouvai pas l'endroit sûr et je l'envoyai dans ma maison du petit Paris où à n'importe quel moment il pouvait entrer et sortir et surtout prendre un repos bien gagné. Son travail était celui-ci: de dimanche soir au lundi matin, partant pour Paris, rentrant le mercredi soir au moins, 31 kilos de papier. Le lendemain, nous faisions les paquets par départements (car il fournissait au Finistère, Morbihan, Côtes du Nord, Ille et Vilaine, et les derniers temps, Calvados et Manche) qu'il remettait un jour à Rennes, un jour à Pontivy, St Brieuc, Carhaix, Quimper, etc. ... à un autre convoyeur départemental. 

Le 6 juin arriva avec le débarquement des Alliés qui devait annoncer la libération de notre pays. Jacques, nommions toujours ainsi, ne pouvait continuer son service faute de communication, mais après deux jours d'inaction et sans nouvelles de son chef direct, il partit avec Jean Callec qui voulait à tout prix l'emmener au maquis avec lui. Quelques jours plus tard, j'ai pu savoir qu'il attendait d'être accepté par vous et Monsieur Le Cun au Maquis de Plesidy et ce jour là je lui ai envoyé du linge et de l'argent.

Par l'Ouest-Eclair, j'ai appris que Jacques Le Goff avait été fusillé par les boches. Je l'ai revu ce brave petit gars le 7 août 1944 à Servel où il avait été enterré avec d'autres martyrs. Jean Burel a été pour moi le meilleur camarade et le plus dévoué pour la bonne cause avec toujours le sourire et la chanson aux lèvres.

Monsieur Branchoux je pourrai vous en dire davantage verbalement mais sur ce papier je crois vous donner l'essentiel".     

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 08:30

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

50/ Jacob Mendrès (1916-2012)

Notice du Maitron - Gilles Pichavant

Né le 20 novembre 1916 à Saint-Évarzec (Finistère), mort le 18 mai 2012 à Quimper (Finistère) ; maçon ; syndicaliste CGT, coopérateur ; communiste, résistant FTPF

Fils de Jacob, maréchal-ferrant, et de Jeanne, née Cloarec, Jacob Mendrès avait dix-huit mois lorsque son père mourut en 1918. Père de 5 filles, il avait été mobilisé en mobilisé en 1914, puis rendu à la vie civile pour maladie, en février 1916, et fut déclaré "Mort pour la France, d’une maladie aggravée au service". Déclaré pupille de la Nation en 1920, Jacob Mendrès perdit sa mère deux ans plus tard. Il avait 4 ans et demi, et il fut pris en charge par Catherine sa sœur ainée, elle et son autre sœur Marie ayant été instituées tutrices conjointes. En 1928, âgé de onze ans et demi, il quitta l’école pour travailler dans une ferme à Saint-Évarzec (Finistère). En 1930, à la suite du mariage de sa sœur aînée, il la rejoignit à Quimper (Finistère), et apprit le métier de maçon. En 1934, son diplôme en poche, il s’installa à Brest. Ouvrier maçon-cimentier, il militait en 1936 au syndicat CGT du Bâtiment. L’année suivante, il adhéra au Parti communiste, rencontra Germain Riou*, de Saint-Goazec (Finistère), et le rejoignit à la cellule Lambézellec.

En 1939, était membre du comité de section de la ville de Brest. Pendant cette période, prenant conscience de l’insuffisance de sa formation, il suivit les cours du soir organisés par Marcel Hamon, futur colonel Courtois dans la Résistance.

Il fit son service militaire en 1937, au 2e Régiment d’infanterie coloniale, et y passa ses permis de conduire poids lourds. Mobilisé en 1939, il fut dirigé sur le camp de Bitche, près de Strasbourg, et assista à l’évacuation de la ville. En juin 1940, son régiment menacé d’être encerclé dans la région d’Amiens, il refusa avec d’autres d’être fait prisonnier, et rejoignit Montauban (Tarn-et-Garonne), avec 200 hommes et une vingtaine de camions. Démobilisé en septembre, il rejoignit Brest où il renoua les contacts avec les militants du PC clandestin.

Il forma avec Jean Goasguen et Germain Riou* le premier triangle de Résistance du bâtiment, en contact avec Charles De Bortoli, chargé par le triangle de direction de réorganiser le bâtiment, et Eugène Kerbaul, ancien responsable des Jeunesses Communistes. et entra dans la Résistance : diffusion de tracts et de journaux, dégradation de véhicules allemands, sabotage sur les chantiers.

Jacob Mendrès intégra les rangs des FTP à leur création. Il participa au sabotage des sous-stations électriques de l’arsenal de Brest et de la base sous-marine qui eurent lieu le 27 mars 1942. Albert Rannou, ancien lieutenant des Brigades Internationales transporta et utilisa la dynamite, sous la protection de Jacob. Après le départ de Pierre Corre, recherché et muté, Jacob Mendrès le remplaça et entra au triangle de direction des FTP de Brest, dont faisait partie, Gabriel Paul, de l’Arsenal, futur député communiste du Finistère.

Dans la nuit du 13 au 14 juillet 1943, dans un groupe de quatre résistants — dont Germain Riou*, Georges Larvor* et le jeune Louis-François Berthou* qui fut abattu le 14 juillet 1944 à Saint-Méen (Finistère) — il pavoisa aux couleurs bleu-blanc-rouge, la rue principale et le bourg de Lambézellec (Finistère) (commune aujourd’hui intégré à la Ville de Brest).

Son absence de Brest pendant 3 ans de service militaire et guerre, son absence de foyer familial, sa prudence, firent qu’il ne fut pas repéré pendant longtemps, malgré une très haute taille assez remarquable. Mais en fin 1943 il échappa de peu à une arrestation, et quitta Brest pour s’installer à Tourc’h dans le Sud-Finistère, où il fut hébergé chez un camarade de chantier. Il changea d’identité, et intégra le maquis de Saint-Goazec-Spézet, créé en juillet 1943 par Jean-Louis Berthélémé*, Marcel Cariou*, Hippolyte Le Balch*, Yves Legall*, Daniel Trellu et Jean Guyomarc’h*. Créé au fond d’un bois des montagnes Noires, près de Kervigoudou, au bord d’un simple ruisseau qui séparait les communes de Saint-Goazec et Spézet, ce n’était pas un maquis de type militaire, avec une forte concentration d’hommes, de matériel, tels Saint-Marcel ou le Vercors, mais un maquis de guérilla. Comme le mercure ou vif-argent, métal liquide, le maquis devait être fluide, rapide, mobile, insaisissable, capable de se fractionner, puis de se regrouper avec la même vélocité qu’une goutte de mercure. Ce fut d’abord l’isolement, marqué par l’absence d’armes, les difficultés de ravitaillement, et les rafles. Les maquisards subirent des coups très durs. En cause, l’inexpérience, l’imprudence mais aussi les dénonciations.

Jacob Mendrès, avec tous les membres de ce maquis, intégra le 2e bataillon Stalingrad FFI-FTP, créé fin juillet 1944, et participa aux combats de la Libération du Finistère, notamment l’attaque du château de Trévarez (Finistère), lieu de repos des mains de la Kriegsmarine de la base sous-marine allemande de Brest. Le bataillon fut dissous deux mois plus tard alors qu’il culminait à 650 combattants. Jacob Mendrès, chef de la section Lénigrad, fut homologué lieutenant.

Jacob Mendrès fut nommé à l’État-major à Quimper comme Commissaire à la Sécurité, mais il refusa le grade de capitaine qui y était associé. Il ne porta jamais ses galons de lieutenant, simplement son brassard. Il rejoignit à l’état-major, le lieutenant colonel Chevalier — Daniel Trellu, chef des FTP du Finistère — et le commandant André, responsable FTP pour le sud-Finistère, sous les ordres de Berthaud*, chef des FFI du Finistère. Assure les liaisons entre l’État-major et les bataillons Stalingrad et Normandie, ainsi que le transports d’armes.

Jacob Mendrès se maria en avril 1942 à Saint-Goazec (Finistère) avec Françoise Guéguen, cousine de Germain Riou*. Ils eurent trois enfants, dont Anne Friant-Mendrès, qui était présidente de l’association des Amis de l’Anacr du Finistère en 2016.

Après la guerre, il créa une coopérative ouvrière de production dans le bâtiment et les travaux publics, la Scor (Société Coopérative "Aux ouvriers réunis"), qui participa à la reconstruction de la ville de Brest dans l’après-guerre. Il dirigea la coopérative jusqu’à sa retraite. De 10 membres à sa création, en 1946, l’entreprise comptait 270 personnes à son départ, dont une centaine de coopérateurs. De nombreux résistants et républicains espagnols y travaillèrent. S’ajoutant à ceux de Brest, la Scor assura des travaux pour la ville de Quimper (Finistère) : Lycées, halles, l’abri anti-atomique de la préfecture, etc. Parallèlement, Jacob Mendrès avait constitué un groupement des coopératives BTP de l’Ouest.

Dans les années soixante, Jacob Mendrès ne reprit plus sa carte du parti communiste à la suite d’un conflit douloureux avec la direction Brestoise du PC, mais en resta un « compagnon de route » toute sa vie,

En 1954, Jacob Mendrès fut l’un des fondateur du comité ANACR du Finistère, avec Auguste Le Guillou*. Il en devint le président d’honneur du comité départemental, et président du comité de Fouesnant (Finistère). Il fut le président d’honneur du comité ANACR Sud-Cornouaille, et le parrain du Pôle Jean Moulin, pour la sauvegarde des archives de la Résistance.

Il mourut à Quimper (Finistère) le 18 mai 2012.

Notice de Gilles Pichavant dans le Maitron:

https://maitron.fr/spip.php?article121610, notice MENDRÈS Jacob par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 19 janvier 2016, dernière modification le 8 décembre 2016.

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 08:08
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 49/ Henri Tanguy dit Rol-Tanguy (1908-2002)
Rol Tanguy en 1984 (photo Piero Rainero)

Rol Tanguy en 1984 (photo Piero Rainero)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 49/ Henri Tanguy dit Rol-Tanguy (1908-2002)

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49/ Henri Tanguy dit Rol-Tanguy (1908-2002)

Henri Tanguy est né un peu par hasard en gare de Morlaix. Sa mère, blanchisseuse, a accouché précipitamment alors qu'elle devait probablement regagner Brest en train, Brest où le père de Henri était officier marinier. La famille a aussi été installée temporairement dans d'autres ports, Toulon et Cherbourg pendant l'enfance de Henri Rol-Tanguy.

C'est à Brest à 13 ans que Henri arrête l'école. Il devient télégraphiste pour les PTT à Brest mais il n'est pas titularisé. Il est embauché dans une entreprise de taxis, puis comme téléphoniste, et enfin comme apprenti mécanicien.

Sa mère estime que son avenir et celui de son frère Joseph n'est pas assuré à Brest à l'hiver 1923-1924, elle rejoint Paris avec ses enfants. Ayant été tourneuse d'obus pendant la guerre de 14 à l'arsenal de Toulon, elle se fait embaucher chez Renault comme métallurgiste tandis qu'Henri est engagé chez Talbot.

Puis en 1925 Henri Tanguy est embauché comme métallier chez Renault à Boulogne Billancourt et la même année il adhère aux Jeunesses Communistes, à l'âge de 17 ans, et au syndicat CGTU. Sa participation à la grève générale chez Renault Billancourt entraîne son licenciement en mai 1926. Il travaillera ensuite comme métallo dans différentes usines, dont Breguet où il crée après les émeutes nationalistes et anti-parlementaires de 1934 menaçant la République une cellule communiste et un syndicat CGTU.

En 1935 il membre du bureau des Jeunesses communistes à Paris et participe à des affrontements avec l'extrême-droite.

C'est dans son entreprise de chaudronnerie à Montrouge que Rol Tanguy vit la grève de mai-juin 1936 et il est licencié à la fin du conflit. A l'automne hiver 1936, et début 37, il est un des animateurs de la solidarité avec l'Espagne républicaine face au coup d'état franquiste. En février 1937, il peut enfin rejoindre l'Espagne comme volontaire des Brigades Internationales après plusieurs demandes infructueuses, compte tenu de la dégradation de la situation militaire pour les Républicains.

En raison des compétences acquises pendant son service militaire (notamment en Algérie, dans un bataillon disciplinaire, en 1929), il est nommé commissaire politique de l’arsenal d’Albacete, du parc auto des Brigades internationales, enfin de l’usine n° 1 où l’on fabriquait les grenades et réparait les automobiles. Puis il fut désigné, avec grade de capitaine, responsable à la main-d’œuvre étrangère dans les usines qui se montaient en zone républicaine.

Les Brigades Internationales recrutées en France, c'était 15 000 volontaires, dont 8000 Français et 7000 étrangers, environ 250 Bretons.

Mais, en octobre 1937, il fut rappelé en France, pour accomplir une période de réserve. A son issue, il reprit ses fonctions syndicales, notamment les actions de solidarité avec la République espagnole. De retour à Albacete en février 1938, André Marty l’ayant réclamé, il fut nommé commissaire politique du Bataillon d’instruction des volontaires francophones, à Villanueva de la Jara. En avril 1938, pendant la marche à la mer des troupes franquistes, Henri Tanguy fut chargé de l’acheminement à Barcelone des volontaires internationaux présents à Albacete et dans sa région (environ 1 200), mission qu’il accomplit la veille de la coupure en deux de l’Espagne républicaine, le 15 avril. Il assura ensuite le commissariat politique de la nouvelle base des Brigade internationales mise en place à Olot, mais quelques semaines plus tard, cette dernière ayant été dissoute, André Marty le désigna commissaire politique de la 14e Brigade, « La Marseillaise ».

Blessé le 18 juin 1938 d’une balle dans la poitrine, au retour d’une visite de bataillon, il reprit son poste après quelques jours passés à l’hôpital, refusant d’attendre l’extraction du projectile. Il participa à la grande offensive de l’Ebre, à Tortosa et dans la Sierra Caballs, de juillet à septembre 1938, date de relève des Brigades.

Revenu en France en novembre, à la dissolution des Brigades, Henri Tanguy reprit ses responsabilités au syndicat des Métaux et au Comité de la Région de Paris du Parti communiste. En avril 1939, l’ancien brigadiste épousa sa marraine d’Espagne, Cécile Le Bihan, fille du militant syndicaliste et communiste, résistant FTP mort en déportation, François Le Bihan*. Le couple eut quatre enfants.

Après avoir accompli son devoir militaire, Rol-Tanguy rentre dans la clandestinité en 1940 après les premières arrestations de militants communistes suite au pacte germano-soviétique et aux décrets d'interdiction et de répression du mouvement communiste sous Daladier. Dès août 41, il organise la mise en place des groupes armés en région parisienne qui donnent naissance en février 42 aux FTP. Rol-Tanguy devient le responsable militaire dans la direction des FTP en région parisienne. Identifié après l'arrestation d'autres dirigeants en mai 42, il migre dans la région Anjou-Poitou où il commande les FTP. A cette époque, il est aussi chargé de mission en Bretagne et à Bordeaux.

Fin 43 Henri Tanguy passa en octobre à l’état-major des FFI de la région Parisienne qui regroupait onze départements autour de Paris, où il représentait les FTP. Successivement responsable de l’action immédiate, du troisième bureau (« opérations »), puis sous-chef de l’état-major, enfin chef régional en mai 1944, il était à la veille du débarquement allié du 6 juin 1944, colonel chef de la région P1 (Seine, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, Oise), qu’il baptisa « Ile-de-France ».

Il prit alors son dernier pseudonyme Rol, nom d’un militant d’Épinay-sur-Seine, combattant des Brigades internationales, tué pendant la bataille de l’Ebre peu de temps après avoir été nommé commandant du bataillon « Commune-de-Paris ».

Le 19 août 1944, en qualité de chef régional des FFI, Rol-Tanguy donna l’ordre de l’insurrection parisienne. Il reçut, avec le général Leclerc, la reddition du général Von Choltitz — commandant la garnison allemande du Grand-Paris — le 25 août.

Le 18 juin 1945, il est élevé au rang de compagnon de la Libération par le Général de Gaule qui le respectait beaucoup.

Avant le passage du Rhin, le 31 mars 1945, Rol-Tanguy rejoignit le 151e régiment d’infanterie issu de la Brigade de Paris formée par le colonel Fabien, participa à la campagne Rhin-Danube en tant que lieutenant-colonel.

A la fin de la guerre, Rol-Tanguy rentre dans l'armée même si, dans le climat de guerre froide, après 48, ses engagements communistes vont contribuer à ce qu'il soit partiellement placardisé et bloqué dans son avancement.

 Invité occasionnel du Comité central du PCF à partir de 1947 — en tant que militaire il ne pouvait y intervenir — Henri Rol-Tanguy en devint membre de 1964 à 1987. Il avait été candidat du PCF aux élections législatives de 1962 à Paris (XXe arr.).

Élu en juillet 1946, lors du 23e congrès, président d’honneur de l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants), il assura également la coprésidence de l’ANACR (association nationale des anciens combattants de la résistance) et la présidence de l’AVER (association des volontaires de l'Espagne Républicaine).

Hommage à Rol-Tanguy, compagnon de la Libération, en gare de Morlaix, place Rol-Tanguy, 12 juin 2019: photos de Pierre-Yvon Boisnard et discours d'Ismaël Dupont, articles du Télégramme et du Ouest-France

 

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 49/ Henri Tanguy dit Rol-Tanguy (1908-2002)
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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

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1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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15 février 2020 6 15 /02 /février /2020 06:49
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 46/ Denise Roudot (1933-2002)
Article de Denise Roudot dans "Notre Finistère", supplément à l'Humanité, 13 décembre 1964

Article de Denise Roudot dans "Notre Finistère", supplément à l'Humanité, 13 décembre 1964

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

46/ Denise Roudot (1933-2002)

Née le 7 avril 1933 à Landerneau (Finistère), morte le 13 mars 2002 à Brest (Finistère) ; professeur de mathématiques ; militante du SNET puis du SNES ; militant du PCF dans le Finistère.

Fille d’un boulanger, Denise Guermeur, professeur, se maria en août 1960 à Landerneau, avec Henri Roudot, employé à la SNCF, futur dirigeant de la fédération du Finistère du Parti communiste français. Ce dernier mourut lors d’une réunion du secrétariat fédéral en 1965-1966.

Professeur dans un lycée technique de la région de Brest, militante du Syndicat national de l’enseignement technique, Denise Roudot était membre de la commission administrative académique du syndicat au milieu des années 1960 et suppléante à la commission administrative de la section du Finistère de la Fédération de l’Éducation nationale.

Membre du Parti communiste français depuis 1959, secrétaire de la section communiste de Brest-centre, elle entra en 1964 au comité de la fédération communiste et fut membre de la commission féminine. Elle devint membre du secrétariat fédéral en 1966, responsable de la propagande, puis figura au seule bureau fédéral en 1968. Quand la séparation en deux de la fédération en 1970, elle demeura membre du seul comité de la fédération Finistère Nord. Elle refusa d’être membre du comité fédéral lors de la conférence fédérale de 1971 pour des raisons de santé.

Elle fut candidate au Conseil général dans le canton de Daoulas en 1967 (19,67%).

1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)

Le PCF voulait la présenter aux élections législatives de 1973 dans la deuxième circonscription (Morlaix). Jeune maman, elle refusa.

Elle répondit positivement à une souscription pour aider l’Humanité en 1998. Elle habitait alors Plougastel-Daoulas.

Amie de Dédé Moat, elle récupéra ses archives personnelles et politiques après son décès.

Source: https://maitron.fr/spip.php?article170498, notice ROUDOT Denise née Guermeur par Jacques Girault, version mise en ligne le 8 février 2015, dernière modification le 26 octobre 2017.

L'hommage d'Yvonne Rainero, secrétaire de section PCF de Quimper:

"J'avais beaucoup d'amitié pour Denise avec qui j'ai milité à Brest au début des années 70. Si elle s'était un peu mise en retrait des responsabilités fédérales, elle était très présente sur le terrain. Toutes les deux profs de math nous nous partagions la diffusion des idées communistes et de nos publications dans les lycées de la cité scolaire de Kérichen (lycée d’État pour moi, lycée technique pour elle comme on disait à l'époque) et nous avions créé ensemble sur la cité scolaire (une très grande concentration éducative avec 3 lycées 2 collèges sur le même territoire et de l'autre côté de la rue un groupe primaire-maternelle) une cellule d'établissement dont j'étais la secrétaire. Nous diffusions notre matériel, y compris un journal enseignant, sur les 3 lycées et les 2 collèges. Mais Denise était aussi très présente à Plougastel où elle résidait, elle partageait alors la vie du cycliste breton Michel Nédélec, ancien vainqueur de Bordeaux-Paris, elle était secrétaire de la cellule locale et avait obtenu des résultats électoraux impressionnants dans ce secteur a priori peu favorable à nos idées. Denise était très liée avec Dédée Moat, deux femmes pour qui l'engagement communiste et le sens de l'amitié, de l'attention aux autres allaient de pair".

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1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 06:00

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

44/ René Le Bars (1933-2016)

Né en 1933, René Le Bars a adhéré au Parti Communiste à la fin de la guerre d'Indochine alors qu'il préparait le bac Mat Elem à l'école Normale de Rennes. Il collait alors des affiches contre la guerre, protestait contre l'interdiction du journal communiste breton Ouest-Matin en diffusant l'Huma. Il venait de Goulien, dans le cap Sizun, près d'Audierne.

" Originaire de Goulien, près d'Audierne, « René était issu d'une famille très simple », indique Guy Keromnès, qui a travaillé 22 ans à ses côtés. Les cours qu'il suit à l'école normale le façonnent culturellement et politiquement. Cette influence se retrouve plus tard dans sa façon d'enseigner. Tous ses élèves se souviennent par exemple d'avoir appris, à seulement 9 ou 10 ans, des poèmes de Victor Hugo, de Charles Baudelaire ou de François Villon... « Il avait une admiration vraie pour tous ces auteurs préoccupés par les questions sociales », résume Guy Keromnès.

Oui, René Le Bars était bien un militant de la République. Cela se sentait au travers de ses cours d'histoire ou d'instruction civique. Deux matières pour lesquelles il semblait se passionner encore plus que les autres. Surtout quand il abordait la Révolution française, une période sur laquelle il aurait pu écrire des heures et des heures à la craie sur son tableau noir...

Des combats pédagogiques, René Le Bars en a conduit d'autres... « Le principal, c'est peut-être l'introduction de la voile scolaire, se rappelle Guy Keromnès. Sans l'implication de René, des parents d'élèves et de l'amicale laïque, jamais nous n'y serions arrivés. » Il est aussi, pour ses élèves et leurs parents, celui qui organise les premiers grands voyages loin de Roscoff, en classe de neige ou chez des familles d'accueil en Angleterre...

René Le Bars n'était pas connu que pour son rôle d'enseignant. Comme son épouse Yvette, il était aussi un militant actif du Parti communiste français. Marqué par la concordance entre sa date de naissance et la prise de pouvoir d'Hitler en Allemagne, le 30 janvier 1933, il adhère au PCF pendant ses études, à Rennes.

Il s'oppose ensuite aux conflits coloniaux en Indochine, au Vietnam ou en Algérie. C'est d'ailleurs à son retour d'Algérie qu'il doit s'installer, avec Yvette, à Roscoff. Qui à l'époque, n'apparaît pas encore comme une destination de rêve avec sa petite école et un logement de fonction en piteux état...

Candidat à plusieurs reprises aux municipales ou à des cantonales, il n'a jamais été élu. Sa dernière candidature date des cantonales de 2004, à Plouzévédé. « Il s'agissait vraiment de terres de mission où les voix se comptaient sur les doigts de la main, souligne Ismaël Dupont, secrétaire fédéral du PCF. Cela montre bien quel était son dévouement. »

 (Olivier Pauly, dans son article dans le ouest-France du 9 juin 2016, "René Le Bars un enseignant de la République" écrit pour annoncer le décès de René Le Bars, à 83 ans, en 2016)

Il a rencontré Yvette, institutrice à Sizun originaire de Landerneau qui a découvert toute petite le combat à gauche sur les épaules de son papa pendant les manifs du Front Populaire, alors qu'il enseignait lui-même la gymnastique, la musique, la géographie, sur un poste dans le secondaire à Sizun.

Dans le coin, tous deux étaient les uniques lecteurs de Ouest-Matin, le journal régional communiste.

C'est comme ça qu'ils se sont rencontrés en 1955, quand René n'a pas pu acheter son journal le matin parce qu'une jeune institutrice l'avait devancé et que le commerçant lui a désignée la « camarade » inconnue jusqu'ici.

René et Yvette se sont mariés en 1956 et ont formé depuis un couple uni et complice.

René a donc dû faire son service militaire. On lui a dit tout de suite de se tenir à carreau car son « dossier (de communiste) était marqué en rouge ». Il a dû partir en Algérie malgré des problèmes de santé et a contracté l’hépatite suite à des conditions de vaccination douteuses.

De retour d'Algérie, il avait perdu son poste à Sizun et René et Yvette ont dû partir pour Roscoff qui n'était pas alors une destination de rêve : petite école, logement de fonction délabré.

Depuis 1959, ils y vivent et se sont forgés tout un réseau de sociabilité et d'amitié.

René a été très investi à l'Amicale Laïque, à la Section du Parti Communiste, au SNI (syndicat national des instituteurs). Il a enseigné en cours élémentaire, en CP, en cours moyen, est devenu directeur d'école, a organisé des échanges avec l'Angleterre pour les enfants, et aussi des semaines de sports d'hiver, participait aux sorties voile, aux kermesses...

Même s'il était bien investi au niveau du Parti, sa fonction d'instituteur l'a bloqué pendant longtemps pour rentrer au Comité fédéral car il y avait déjà trop d'instituteurs, et qu'il fallait une diversité sociologique. Du coup, il servait de chauffeur Dédé Moat, la documentaliste de Perharidy, un puits de science, pour ces comités fédéraux.

Il n'a finalement intégré le comité fédéral que sur le tard, comme Yvette Le Bars du reste, sur proposition de Robert Doré, au début des années 2000.

René a été plusieurs fois candidat sur des listes aux Municipales à Roscoff, mais aussi candidat du PCF en terres de mission, comme dans le canton de Plouzévédé où les voix se comptaient sur les dos de la main dans les communes, ce qui montre bien quel était son dévouement.

Nous garderons tous un très bon souvenir de René, de sa gentillesse, de son franc-parler, de ses anecdotes et digressions , de sa culture et de son expérience étendues affluant en bouillon dans la conversation.

 

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 11:17
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 43/ Louis Le Roux (1929-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

43/ Louis Le Roux (1929-1997)

Notice biographique d'Alain Prigent dans le Maitron ( https://maitron.fr/spip.php?article139881, notice LE ROUX Louis, François par Alain Prigent, version mise en ligne le 9 mars 2012, dernière modification le 25 avril 2013. )

Né le 12 août 1929 à Cherbourg (Manche), mort le 11 février 1997 à Brest (Finistère) ; docker, soudeur puis journaliste ; secrétaire de la fédération du PCF du Finistère (1953-1969) ; premier secrétaire de la fédération du Finistère Nord (1969-1986) ; membre du comité central du PCF (1970-1987) ; conseiller régional de Bretagne (1975-1992) ; adjoint au maire de Brest (1977-1980 puis 1982-1983).

Louis Le Roux était le fils d’un ouvrier breton de l’Arsenal de Cherbourg, originaire de Scaër (Finistère). Après avoir obtenu le CEP à onze ans, il dut arrêter ses études après le décès de son père. Il travailla comme ouvrier agricole puis travailla en 1946 comme docker dans une ville de Cherbourg marquée par les bombardements. Avec son frère Pierre Le Roux, il adhéra aussitôt à la CGT. Après avoir fait son service militaire dans la région d’Oran, il s’installa à Brest, adhérant au PCF en 1950.

Rapidement, Louis Le Roux fut élu secrétaire de la cellule Guérin, Kerigonan, puis intégra le comité de la plus importante section du Finistère. Remarqué par sa fédération, il suivit l’école interfédérale de Saint-Malo en novembre 1953. Correspondant du quotidien progressiste soutenu par les fédérations de l’Ouest, Ouest-Matin, il devint chef d’agence permanent à Brest, continuant dans le même temps à exercer le métier de soudeur chez un sous-traitant de l’Arsenal. En 1952, il fut détenu par la police à l’issue des manifestations de juin contre la venue de Ridgway en France, en pleine guerre de Corée. Fin décembre 1954, il fut retenu pour suivre les cours de l’école centrale de formation de rédacteurs de la presse communiste. Mais étant le seul rédacteur en poste à Brest, il dut renoncer à cette formation. Lorsque le journal eut de grosses difficultés financières en 1956, il occupa un emploi de plombier. Remarqué pour « ses grandes qualités politiques », Louis Le Roux fut proposé au bureau de la fédération du PCF du Finistère en mars 1953, bureau animé par Pierre Le Rose, Daniel Trellu, François Échardour, et Jacqueline Le Louet. Il fut élu en 1954 au secrétariat fédéral en même temps que Paul Le Gall. Dans un rapport à la SMC (section de montée des cadres), de mars 1955, Paul Fabri* précisait que Louis Le Roux « était enfoncé jusqu’au cou dans la rédaction de la page de Brest d’Ouest Matin, travaillant seul ». Guy Ducoloné, quelques mois plus tard, en décembre 1955, était résolument plus optimiste indiquant que Louis Le Roux était « apte à assurer la responsabilité de premier secrétaire ». Lors de la XVIIIe conférence fédérale du 13 mai 1956, Pierre Le Rose, voilier de Concarneau, et Albert Yvinec*, ouvrier à l’arsenal de Brest, furent écartés. La mise en place d’un secrétariat jeune (les quatre membres avaient une moyenne d’âge de 30,5 ans) traduisait, selon Christian Bougeard, une volonté d’évolution politique et d’ouverture du PCF après les années 1950 faites de sectarisme, de stalinisation et d’isolement. Les dirigeants issus de la Résistance (Daniel Trellu, Alain Signor, Gabriel Paul*) étaient écartés de la direction mais restaient au bureau ou au comité fédéral pour tenter, entre autres, de relancer un parti qui avait perdu bon nombre de militants dans les luttes et les épurations internes – Les effectifs de la fédération passant de 10 500 en 1947 à 2 300 en 1954.

Chronique des sections du PCF en Finistère 1955-1957: les carnets de Pierre Le Rose, dirigeant départemental du PCF

Responsable à l’organisation de la fédération (1956-1959), Louis Le Roux prit ensuite en charge le travail en direction des paysans (1961-1965) participant à l’émergence du MODEF (Mouvement de défense des exploitants familiaux) dans le Finistère. En 1966, afin de mieux seconder Paul Le Gall, premier secrétaire mais habitant dans le Finistère Sud, il fut reversé au « secteur organisation », un poste correspondant mieux à son profil militant. Il suivit les cours de l’école centrale de formation des cadres communistes, d’une durée de quatre mois (mars-juillet 1961). Le 25 janvier 1970, lors de la conférence fédérale tenue à Audierne, la partition des structures départementales (Nord à Brest et Sud à Quimper) fut décidée. Louis Le Roux fut alors élu premier secrétaire de la fédération du PCF du Nord Finistère, Paul Le Gall dirigeant celle du Sud. Les deux fédérations ne virent leurs effectifs progresser que dans la dernière phase de la période unitaire du programme commun (2900 en 1973 ; 4600 en 1977).

À partir de 1965, et pendant plus de deux décennies Louis Le Roux représenta le PCF dans les diverses élections. Il figurait en 1965 sur la liste d’union de la gauche conduite par Gabriel Paul*, ancien député. En 1971, les négociations ayant échoué à gauche, il conduisit, face au centriste Lombard qui l’emporta dès le premier tour, une liste qui devança celle de Francis Le Blé. Candidat du PCF aux élections législatives de juin 1968 dans la circonscription de Brest-1, arrivé en tête au premier tour, il représenta la gauche au second tour.

1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)

Il fut également candidat en 1973, obtenant 11 899 voix, soit 16,1 % des suffrages exprimés au premier tour. En mars 1978, il obtint 11 864 voix au premier tour. Il fut à quatre reprises candidat aux cantonales dans le canton de Brest 2 (Recouvrance). En mars 1979, il obtint soit 16,6 % des suffrages exprimés. Lors des scrutins suivants son score fléchit très nettement suivant ainsi les tendances nationales (10 % en 1985 ; 6,7 % en 1992). C’est en fait après cet échec qu’il se retira de la vie publique en 1992.

Tirant les leçons de l’échec de 1971, dans un contexte de recomposition des rapports de forces, la gauche qui fit l’union derrière Francis Le Blé*, socialiste, l’emporta. Le Roux fut élu adjoint à l’action économique et à l’emploi (1977-1980). Dans un climat social très agité (grèves des ouvrières d’Ericsson et de Transocéan) et de tensions politiques autour du dossier de projet de centrale nucléraire à Plogoff, une crise municipale éclata en mars 1980. Le groupe communiste refusant de voter le budget, le maire sanctionna L. Le Roux et les cinq autres adjoints communistes (Sylvie Le Roux*, Yvon Pichavant*, Jean Perrot*, Yvonne Lagadec et Louis Aminot*). Après le décès de F. Le Blé en 1982, l’union se reconstitua. L. Le Roux devint le deuxième adjoint du nouveau maire PS, Pierre Maille*, chargé des affaires économiques. Pendant cette mandature (1977-1983), il fut également vice-président de la CUB (communauté urbaine de Brest). Il siégea dans l’opposition après la défaite de la liste de l’union de la gauche en 1983. En 1989, il ne se représenta pas aux élections municipales pour raisons de santé. Il fut désigné par le PCF comme conseiller régional en 1975, siégeant à ce titre jusqu’à l’organisation des premières élections régionales au suffrage universel. En 1986, il fut élu sur la liste communiste et siégea pendant un mandat à l’assemblée régionale.

Élu comme suppléant au comité central à l’issue du XIXe congrès en février 1970, il intégra les instances dirigeantes nationales de 1972 à 1987. Il intervint fréquemment lors des sessions du comité central, se faisant en général le porte-parole des autres fédérations bretonnes. Le 31 mars 1977, analysant les progrès de la gauche en Bretagne, il fut interpellé directement sur le cas de Saint-Brieuc par Georges Marchais qui lui reprocha des erreurs de tactique électorale bien que le dossier fut traité directement par le centre, en particulier par Georges Chirio. Il ne fut pas réélu en décembre 1987 au 26e congrès. Avec les autres secrétaires fédéraux bretons Marcel Alory, Armand Guillemot , Serge Huber et Paul Le Gall, il impulsa, au début des années 1970, une structure de concertation régionale (le CRAC). Il préfaça en 1979 une brochure éditée par la revue Économie Politique, Bretagne en péril, fruit des recherches d’un groupe de travail mis en place au niveau régional. Il devint le 19 février 1980 l’animateur du comité régional du PCF qui se mit en place à l’issue de sa première réunion à Lorient.

Les communistes du Finistère connurent au début des années 80 une crise politique majeure qui couvait depuis les changements de positionnement sur le dossier de Plogoff en particulier. Louis Le Roux se heurta à Paul Le Gall qui exprima des désaccords de fond lors de la session du comité central de novembre 1981, en particulier pour critiquer la position du parti au sujet de l’intervention soviétique en Afghanistan et l’appréciation de Georges Marchais sur le « bilan globalement positif » des pays socialistes. La fédération du Finistère Nord qu’il dirigeait fut alors secouée par des affrontements internes qui débouchèrent sur les départs successifs de Louis Aminot* et Yvonne Lagadec. La fédération du Sud connut la même évolution avec les dissidences de Jean-Pierre Jeudy et de Paul Le Gall. En 1986, pour tenter de surmonter les difficultés Piero Rainero* fut chargé de mettre en place une fédération réunifiée, décision finalisée après les conférences tenues à Morlaix et Quimper. Le Finistère fut le seul des quatre départements bretons à connaître de telles difficultés internes. Affecté par cette séquence de divisions, marqué par des ennuis de santé récurrents, Louis Le Roux se retirera progressivement de la vie politique. Renonçant à se représenter aux municipales de 1989, il annonça en 1990 qu’il ne solliciterait pas un nouveau mandat régional en 1992.

Louis Le Roux se maria en 1956 avec Jeannette, une ilienne originaire de Molène. Le couple qui eut trois enfants (Alain, Marie-Pierre et Françoise) vivait dans le quartier de Recouvrance. Retraité, Louis Le Roux présida l’amicale des plaisanciers du troisième bassin à Brest.

La municipalité de Brest a donné son nom à un jardin public du quartier de Recouvrance afin d’honorer sa mémoire.

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1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

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11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 05:55
Site Brest 44 - Pierre Corre (crédit photo ANACR 29)

Site Brest 44 - Pierre Corre (crédit photo ANACR 29)

Facteur, militant communiste, il faisait partie du triangle de direction de la résistance communiste à Brest avant d'être envoyé en mission pour la résistance FTP dans la Sarthe et à Paris.

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

42/ Pierre Corre (1915-1943)

Né le 25 octobre 1915 à Saint-Pierre-Quilbignon (Finistère), fusillé le 1er juin 1943 au camp d’Auvours, commune de Champagné (Sarthe) ; ouvrier à l’Arsenal de Brest, chaudronnier ; militant communiste et syndicaliste du Finistère ; résistant communiste FTP

Pierre Corre
Fils de Louis Corre, facteur des Postes et Télégraphes, et de Annette Guéguen, son épouse, sans profession, Pierre Corre s’était marié en décembre 1937 à Brest avec Gabrielle, Yvonne Raguénés : le couple avait deux enfants.Il était militant syndicaliste depuis de nombreuses années lorsqu ’éclata la Seconde Guerre mondiale.
Résistant communiste, il fit partie du triangle de direction de la région brestoise en janvier 1942 puis responsable départemental pour l’Orne en août 1942 avec 80 résistants sous sa direction. Responsable régional, en février 1943, il rejoignit la Sarthe. Une circulaire de la Sûreté générale du 25 septembre 1942 le signalait comme étant en fuite en compagnie de Julien Lesvin. Il aurait été domicilié avant son départ à Lambezellec, 1 rue du Cimetière ; il était présenté comme charpentier-tôlier à l’Arsenal. Homme de confiance, il fut muté par la direction clandestine du Parti communiste à Paris, comme "garde-malade", c’est à dire garde du corps d’un responsable national. Il fut arrêté le 1er mars (ou le 6 mars selon les sources) 1943 sur les quais de la gare de Connérré (Sarthe) alors qu’il prenait le train pour Paris afin de rejoindre son nouveau poste clandestin.
Condamné à la peine de mort par le tribunal militaire allemand FK 555 réuni au Mans le 28 mai 1943, il fut exécuté avec onze autres de ses camarades.
 
Le 1er juin 1943, son décès fut enregistré au Mans où son nom est gravé sur la plaque commémorative aux résistants communistes sarthois.
 
Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Champagné.

C'est par ces quelques mots que Pierre CORRE, résistant brestois condamné à mort en 1943, commence sa dernière lettre à l'intention de sa famille:

Dernière lettre de Pierre Corre
 
Prison du Mans, le 27.5.43 - 17h30
Chère Gaby, mes chers enfants,
Mes chers parents,
 
Ma petite Gaby c’est une grand épreuve que tu devras affronter.
Ce matin j’ai été condamné à la peine de mort. Je t’avoue franchement que lorsque j’ai entendu le verdict, je n’ai même pas bronché, n’attendant aucune faveur de nos occupants, satisfait d’avoir fait ma part de travail. Mais lorsque j’ai réintégré ma cellule, toute ma pensée est allée vers toi et les gosses que je vais laisser seuls au milieu de la tempête. Quand je pense Gaby que je te laisse seule à 24 ans, cela me semble horrible, mais prends courage, de jours meilleurs te souriront. Tu es jeune Gaby, tu pourras si tu le désires refaire ta vie, mais de grâce, prends au moins un camarade, un compagnon, de manière que ta façon de vivre ne soit pas changée ? Mais tu feras comme bon te semblera, car je sais que tu garderas de moi un bon souvenir.
 
Je t’aimais, Gaby, et les sept années que nous avons passées ensemble l’ont prouvé, nous avions deux caractères qui s’accordaient, mais hélas le destin est là, implacable. Tu fus pour moi la compagne idéale et si j’ai lutté et tombé pour la cause commune, c’était pour t’assurer un avenir meilleur ; hélas d’infâmes individus se sont mis en travers de nos routes. Tu n’auras jamais eu de chance Gaby, orpheline de bonne heure, te voilà seule avec deux gosses. Mais Gaby, sois courageuse, reste digne de moi, tu sais ce que cela veut dire, d’ailleurs sur cette question, j’ai entièrement confiance en toi. Je sais que le moment va être douloureux, mais fais-toi une idée, il le faut. J’ai confiance en notre famille qui t’aidera de son mieux. Quant aux gosses, ils n’auront pas eu l’occasion de connaître leur père, à part Pierrette. Je voudrais Gaby que tu leur parles souvent de moi. Dès qu’ils atteindront l’âge de comprendre dis leur tout de la vie, ses joies et ses embûches, de manière à les aguerrir au seuil de leurs destinées. J’aurais tant voulu les voir grandir, les éduquer pour en faire d’honnêtes citoyens. De Pierrette, fais une femme forte ; si elle a des capacités pour l’école, laisse-la continuer, sinon apprends-lui un métier pour te seconder. Tu te rappelles, Gaby quand je te parlais d’amener ma fille au bal, ça me déchire quand j’y pense. Quant à Pierre, dès qu’il aura l’âge de comprendre, dis-lui qui était son père, pourquoi il est mort. N’aie pas peur Gaby, dis-lui toute la vérité, il faut qu’il la sache, car je compte sur cette génération pour faire triompher le fier drapeau de notre grande famille communiste. A lui aussi, laisse-lui choisir son chemin tout en le guidant de tes bons conseils. Quant à leurs opinions, je ne veux pas m’imposer, mais tu connaissais mes projets, et j’espère que tu les appliqueras. Braves petits, ils pourront dire qu’ils auront connu les avatars de la vie de bonne heure.
 
Quant à vous , mes chers parents, je vous envoie mes dernières lignes en vous renouvelant mes remerciements pour tous les sacrifices que je vous ai imposés, mais je sais que c’était de bon coeur. Comme maman me l’avait dit une fois, il est vrai que je n’aurai fait que de vous donner du souci, mais le jour où vous saurez l’idéal qui m’animait, vous en serez fiers.
Ce qui m’inquiète le plus, c’est que je vais vous laisser ma petite famille à charge, si encore Jean et Louis avaient été là, cela aurait été mieux mais hélas, eux aussi sont loin. Mon vieux papa, je sais que je peux compter sur toi, mais tu te fais vieux et avec les évènements pourras-tu tenir le choc. De toute façon aidez de votre mieux Gaby dans sa nouvelle existence. Guidez-la de vos bons conseils , élevez les petits comme j’aurais voulu le faire moi-même. Puis, plus tard, lorsque tout sera calmé, aidez Gaby à refaire sa vie naturellement un brave coeur. Evidemment, chacun à ses petits défauts, mais sur cette terre, qui n’en a pas. Ma petite maman, je t’en supplie, comprends bien Gaby, entendez-vous bien, car c’est le désir que je souhaite le plus. Quant à mon exécution, je n’y pense même pas, mais j’espère et il faudra le faire, que plus tard, mon corps vous sera remis pour être placé à côté de ma pauvre Naine. Pour ce qui est de mes vêtements, ils vous enverrons ma valise avec accroché dessus un ciré et un pardessus ; ces affaires étant en bon état, vous serviront.
Comme tu le vois, maman, ton gars a bon moral, tâche de ton côté de remonter cela, le moment certes est douloureux, mais il faut se surpasser. Je n’aurais pas cru mourir à 27 ans, mais que veux-tu j’aurais au moins vécu pour un idéal dont vous profiterez dans les dernières années de votre vie. Braves gens, vous n’aurez pas pensé que votre fils un jour serait tombé sous les balles d’un peloton d’exécution, mais sachez, une fois pour toutes, et dites-le bien à tous mes copains et voisins que j’irai la tête haute jusqu’au bout, conscient d’avoir fait mon travail de communiste et de français.
J’espère pouvoir vous envoyer une lettre officielle d’adieux, mais avec nos occupants, on ne sait rien, j’aime autant prendre les devants. Ceci dit, un mot en passant pour toute la famille. De mes frères, il n’y que François auprès de vous, que lui aussi sache que son benjamin est mort en martyr de la cause commune pour assurer l’avenir de la classe ouvrière. Mon bon souvenir va à Jeannette, Annick, Jean-Pierre et François. Quant à Jean et à Louis, dès que vous le pourrez, prévenez-les de la terrible nouvelle. J’aurais voulu tant les voir avant de faire le grand voyage, car eux, mieux que tout autre, savaient ce que notre mouvement avait de grand. Braves frangins, ils ne reverront plus leur cadet, mais qu’ils se consolent et lorsqu’ils s’inclineront devant ma pierre, qu’ils se souviennent que leur frère a fait son devoir. Mes meilleurs baisers à Paulette, Yvonne, Louis, Michellet ma filleule, Paul, Jeannine et la nouvelle que je n’aurai pas eu l’honneur de connaître. A vous oncle, tante, cousins et cousines, tous mes remerciements pour l’aide efficace que vous avez apportée à ma petite famille et je sais que je peux compter sur vous pour remonter leur moral pendant cette période difficile, encore une fois merci. Car n’oubliez pas que je quitte ce monde avec un très bon souvenir de vous, tante Guillemette, parrain, (...es), Laurent, Léon, Mimi, Sido, Gaby ; Vonnette, Monique et Jean-Noël. Mes adieux fraternels vont aussi à mes cousins Guillaume et sa femme, sans oublier ce vieux Lucien.
Encore une fois, merci et adieu. Courage et confiance.
Vive la FRANCE et la grande famille communiste.
Pierre

 

Eugène Kerbaul:

"En mai 1941, Eugène Kerbaul organise les sabotages à l'arsenal avec Jules Lesven, Le Nédellec, Pierre Corre et Mathurin Le Gôf. Des wagons prévus pour dix tonnes de fer en reçoivent vingt afin que leurs ressorts plient et que le matériel s'use très vite. De la poudre d'émeri est déposée dans les boîtes de graissage des essieux des wagons...

Le 14 juillet 1941, les ouvriers de l'arsenal, sous l'influence des résistants communistes, se mettent spontanément en grève dès le matin, brandissant des drapeaux français dans plusieurs ateliers. Les Allemands n'osent pas réprimer le mouvement le jour de la fête nationale et déclarent l'après-midi libérée de travail.

Les actions de résistance des militants communistes, l'invasion de l'URSS et le climat d'anti-communisme violent dans la presse et les milieux officiels, contribuent à un renouveau de l'influence communiste en milieu ouvrier. Des "Vive l'URSS", "Vive le P.C", "Vive Thorez" apparaissent sur les murs de Brest qui ne doivent rien aux militants du PCF.

Le 14 août, Vichy promulgue coup sur coup l'obligation de fidélité à Pétain et la création de tribunaux spéciaux où seront déférés les communistes. Le même jour, le haut commandement allemand annonce que l'activité communiste sera punie de mort. Le 22 août 1941, le haut commandement allemand promulgue la loi des otages: tous les Français arrêtés sont considérés comme otages et peuvent être fusillés en cas d'attentat contre l'armée allemande.

C'est à ce moment que la lutte terroriste du Parti Communiste contre l'occupant nazi va vraiment s'engager (en dehors des actes spontanés d'attentats par les O.S, comme à Brest) par des assassinats ciblés. Le futur colonel Fabien, Pierre Georges, abat ainsi un officier allemand à la station de métro Barbès à Paris le 23 août.

A Brest, depuis l'arrestation de Chaigneau et Kerbaul, ce sont Jeanne Goasguen-Cariou et Jules Lesven qui dirigent l'organisation communiste. Ils relancent un Secours Populaire clandestin avec Jean Le Nédellec, Pierre Corre, Marie Miry. Dès août 1941, les familles en difficulté recevront une aide. A l'arsenal, sur les chantiers, des quêteurs efficaces et discrets du Secours populaire reçoivent un bon accueil".

" A Brest, une grève a lieu le 25 octobre 1941 à l'arsenal pour condamner les exécutions d'otages communistes ou apparentés à Châteaubriant et à Nantes. Un dépôt de gerbe y est effectué. Des sabotages sont effectués à l'arsenal. Des communistes brestoises, Jeanne Goasguen-Cariou et Marie Salou, aident des réfugiés républicains espagnols prisonniers du fort de Montbarrey, astreints aux travaux forcés et maltraités par les Allemands, à s'évader en leur donnant de faux papiers d'identité et en organisant leur évasion. Les communistes brestoises essaient aussi d'organiser des manifestations de femmes pour réclamer le retour de leurs maris, prisonniers de guerre, ceci afin de narguer les Allemands. En mai 1942, plusieurs communistes sont arrêtés à Brest, qualifiés de terroristes. Un policier zelé charge De Bortoli, un anti-fasciste communiste italien accusé d'avoir collé des affiches anti-allemandes. Devant le tribunal, avant d'être condamné à mort, il s'écrie « Vive le Parti Communiste ». Le policier collaborateur qui avait dénoncé De Bortoli reçoit quelques jours après un petit cercueil ainsi qu'une lettre lui annonçant sa condamnation à mort par le tribunal de la résistance brestoise s'il ne revient pas sur sa déposition pour sauver De Bortoli (Eugène Kerbaul. Chronique d'une section communiste de province, Brest 1935-1943, p.256). Ce dernier évidemment n'en fait rien: De Bortoli est exécuté au champ de tir d'Issy les Moulineaux le 22 août 1942. Le policier collaborateur, qui avait été impliqué également dans le démantèlement du réseau de résistance non communiste Elie (lequel s'était soldé par plusieurs condamnations à mort), pour lequel le juge d'instruction en charge du dossier s'était déjà fait tué par la Résistance, est exécuté par le chef départemental des FTP, Jean-Louis Primas, le même jour à Brest. Le 25 août, un soldat allemand est grièvement blessé par un groupe FTP et à la fin du mois d'août, la vitrine des locaux de la Légion des Volontaires Français rue de Siam. Le 31 août, Jean Kerautret et Vincent Guivarc'h, deux membres des Jeunesses Communistes, échangent des coups de feu avec des Allemands alors qu'ils pensaient devoir être arrêtés: ils sont abominablement torturés et fusillés le 14 octobre 1942, après qu'on ait retrouvé un arsenal d'armes du groupe FTP au domicile de Kerautret. En septembre 1942, les chefs FTP brestois Jean-Louis Primas et Pierre Corre organisent deux attentats qui font 28 victimes dans un bordel fréquenté par les Allemands, tandis qu'au même moment, un attentat contre l'hôtel abritant l'état major de la Kriegsmarine tue probablement 12 officiers. Quelques jours plus tard, un groupe de FTP abat un major-général allemand dans sa voiture entre Landerneau et Landivisiau. "

(...)

"Au début de l'été 42, Venise Gosnat nomme Pierre Corre responsable des FTP brestois, avec Pierre Berthelot comme adjoint. Henri Moreau est chargé de planquer chez lui la ronéo et le stock de papier.

En juillet 42, jusqu'au 14 juillet, les femmes communistes organisent de nouvelles manifestations de la faim de femmes à Brest contre les réquisitions et les restrictions. Des sabotages effectués par des groupes communistes sur les chantiers du bâtiment allemands dans et autour de Brest se multiplient (...). En août, la vitrine de la L.V..F (Ligue des Volontaires Français contre le bolchevisme) vole en éclat rue de Siam, à deux pas de la préfecture maritime occupée par la Kriegsmarine. Raymonde Vadaine, Marie Salou, Venise Gosnat, Pierre Corre, André Berger, Joseph Ropars, Albert Abalain, A. Rolland, Albert Rannou, Etienne Rolland, participent aux opérations. "

(...)

"Dans la nuit du 1er au 2 octobre 1942, la police frappe un grand coup.  

Ils sont cette nuit-là 17 militants arrêtés répartis dans trois commissariats de la ville pour être plus tard regroupés dans une cellule du commissariat de Saint-Martin. Parmi les arrêtés, André Vadaine  qui a vu le matin Albert Rannou pour discuter d'une action projetée. Adolphe Le Roux, Louis Le Guen sont arrêtés. Pierre Le Corre, sur qui les policiers tirent, parvient à s'échapper. (...) J.L Primas et Yves Giloux sont arrêtés à Nantes en janvier 1943. Jules Lesven et Pierre Corre sont arrêtés en mars, et fusillés, après avoir encore descendu un collaborateur en janvier 43 au Mans.

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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 06:00
Photo BCD: http://bcd.bzh/becedia/fr/flanchec-un-destin-romanesque -

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

41/ Daniel Le Flanchec (1881-1944)

Daniel Le Flanchec était né le 2 juillet 1881 au bourg de Tredrez (22), près de Lannion, fils d'un bedeau né à Pleumeur-Bodou. D'abord anarchiste, proche de la Bande à Bonnot, il sera parmi les fondateurs du Parti Communiste en Bretagne et secrétaire fédéral du PC dans le Finistère. Tatoué, borgne, excessif, tonitruant, tribun exceptionnel, il crie partout ses révoltes et ses espoirs. A Douarnenez, on disait de lui : « Hennezh’zo un den » "Celui-là est un homme " !

"Daniel Le Flanchec, maire de Douarnenez à partir de 1924, est un personnage de roman. Individualiste forcené, peu scrupuleux, adulé par les siens, haï par tous les autres, exceptionnel orateur, il l’emporte très largement à chaque élection municipale, tant il est dévoué aux marins et aux sardinières. Fils de bedeau, il n’est vraiment pas un enfant de chœur ! Borgne, entièrement tatoué, vasectomisé volontaire, il pratique allègrement les prévarications de toutes sortes et des décès bien douteux parsèment même sa route... " (Jean-Michel Le Boulanger)

Il rompt, en 1936 avec le Parti Communiste, suit un moment Jacques Doriot dans ses dérives populistes et terrasse le Front Populaire lors d’élections mémorables. Quand les Allemands arrivent en juin 1940, il hisse, par bravade, le drapeau français sur la façade de la Mairie et refuse de l’enlever (acte rarissime, qui lui vaut d’être destitué). Après sa destitution par les Allemands alors qu'il était membre du PPF depuis 1936, Le Flanchec est arrêté à Ploulec'h où il s'était retiré et déporté par les Allemands au camp de Buchenwald où il meurt. Lui et Sébastien Velly auront inauguré à Douarnenez une tradition communiste peu commune en Bretagne puisque de 44 à 45, c'est le communiste Joseph Pencalet qui sera maire de Douarnenez, de 1949 à 1951 Joseph Trocme, avant que Michel Mazéas, ancien résistant, ne gère la ville pendant 4 mandats et 24 ans, à partir de 1971.

***

Article inspiré principalement de la notice du Maitron sur Daniel Le Flanchec:

https://maitron.fr/spip.php?article117162, notice LE FLANCHEC Daniel, Jean, Marie par Georges-Michel Thomas, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 8 septembre 2012.

Et dans la revue En Envor, article de Thomas Perrono

Fils d’un sacristain, après un apprentissage de charpentier, Daniel Le Flanchec s’engage dans la Marine en 1899 à 18 ans. Il fait alors l’expérience des lointaines guerres coloniales, en participant notamment à la répression de la révolte chinoise des Boxers. Mais son expérience sous l’uniforme tourne rapidement court avec l’émergence d’une conscience politique marquée par l’antimilitarisme et l’anarchisme. Installé à Brest à partir de 1907, Daniel Le Flanchec fait partie, en 1908-1909, du comité général de la Bourse du Travail de Brest. Il assure les fonctions de secrétaire du syndicat du Bâtiment dans la même ville. Il écrit également sous pseudonyme dans  le journal L’Anarchie. Il ne participe pas à la Grande guerre, ayant perdu un œil quelques années auparavant, mais prend fait et cause pour la révolte bolchévique. Au sortir de la guerre, il milite pour que les socialistes s’engagent au sein de la IIIe Internationale. Il adhère d’ailleurs dès le congrès de Tours au Parti communiste et devient tout de suite l’un des cadres locaux de cette structure.

Devenu marchand forain, militant socialiste, il fut délégué au congrès de Strasbourg (février 1920). Signalé par la police au congrès de Tours (décembre 1920), il adhéra au Parti communiste naissant et fut secrétaire fédéral adjoint, secrétaire intérimaire en 1923 puis secrétaire fédéral en 1924. Le Parti communiste l’avait présenté au conseil général dans le 3e canton de Brest le 14 mai 1922. Candidat aux élections municipales partielles de 1924 à Douarnenez, orateur populaire apprécié, d’un dynamisme débordant, il devint maire de la ville le 7 octobre 1924.

Charles Tillon en fit un portrait chaleureux : « La combativité de ce petit homme de quarante-quatre ans, trapu et dont le coffre forgeait le fer de son verbe, avait révolutionné Douarnenez. De visage coloré, le poil noir, Le Flanchec était borgne. Il vous soupesait d’un œil agrandi qui ne cillait jamais. Sa faconde acerbe d’ancien anarchiste se détendait en tirades comiques dites en breton pour mieux dérouter ses ennemis. L’homme subjuguait la foule des marins et des sardinières qui piétinaient en sabots, sous les halles immenses » (On chantait rouge, pp. 64-65).

Il soutint, tout d’abord, la grève des ouvriers de la conserve (21 novembre 1924) et débaptisa les rues : la rue du Môle devint la rue Henri-Barbusse et la place de la Croix, la place Lénine. Le préfet le suspendit de ses fonctions « pour, dit le conseil municipal, avoir fait son devoir en évitant par sa présence, une tuerie inévitable, le jeudi 4 décembre ». Le 1er janvier 1925, des briseurs de grève qui avaient pris pension dans un hôtel de Douarnenez, pénétrèrent dans un café où se trouvait Le Flanchec. Ils tirèrent sur lui au revolver, le blessant au cou ainsi que son neveu. Une fois soigné, Daniel Le Flanchec rentra à Douarnenez où les sardinières, prévenues de son arrivée, lui firent une escorte d’honneur.

Rétabli dans ses fonctions par le préfet, il arriva encore en tête aux élections suivantes. Sur sa liste figurait Charles Tillon. Déjà, la direction du Parti communiste s’inquiétait de sa personnalité. Dans un rapport du 22 septembre 1925, Louis Béors déclara qu’il « a toujours mené une politique personnelle, présentant aux marins (...) tout ce qui a été fait (...) comme son œuvre propre » (BMP, bobine 98). Il fut cependant le candidat communiste aux élections législatives d’avril 1928 et fut encore réélu aux élections municipales du 5 mai 1929. Candidat aux élections sénatoriales de septembre 1930, il ne recueillit que 17 voix, contre 673 à Le Gorgeu. Il eut alors des démêlés avec le Parti communiste, et en septembre 1930, le comité départemental demanda son exclusion, ainsi que le bureau régional. Mais le Comité central se montra beaucoup plus arrangeant. Émile Drouillas (M. Laporte), secrétaire de la Région rennaise, écrivit dans son autiobiographie de 1932 : « J’ai été l’objet d’un blâme de la direction du Parti, en 1930, pour avoir commis des fautes de mécanisme dans l’exclusion de Le Flanchec à Douanenez, exclusion que le Parti n’a pas ratifiée. » (RGASPI, 495 270 8641).

"Si ses administrés lui prouvent leur attachement en l’élisant trois fois de suite jusqu’au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, la direction du Parti communiste critique son clientélisme et se méfie largement de la personnalité de tribun – que l’on qualifierait aujourd’hui volontiers de « populiste » – de Daniel Le Flanchec. Il passe ainsi près de l’exclusion en 1930. Au moment du Front populaire, Le Flanchec cultive de plus en plus son amitié avec Jacques Doriot, le maire du  bastion communiste de la banlieue nord de Paris. Ce doriotisme lui vaut une exclusion définitive du Parti communiste en 1937. Ce qui ne l’empêche pas d’être à nouveau réélu maire" (Thomas Perrono)

Par suite de ce revirement, la rue Louise-Michel devint rue Maréchal-Pétain, et la place Lénine reprit son nom primitif. Le 7 septembre 1940, Daniel Le Flanchec, toujours maire, fut cependant révoqué par ordre des autorités allemandes.

Pourtant, loin de suivre Jacques Doriot et son parti politique fascisant, le sinistre PPF, Daniel Le Flanchec ne tombe pas dans la collaboration sous l’Occupation. Après avoir symboliquement refusé de retirer le drapeau tricolore de l’Hôtel-de-ville de Douarnenez à l’arrivée des troupes allemandes, il est rapidement destitué par l’occupant. En 1941, après avoir été dénoncé par sa compagne pour propagande communiste, Daniel Le Flanchec est arrêté.

"Sa dernière compagne est une comtesse, une comtesse en chapeau, ce qui ajoute à sa légende. Sa dernière bravade mérite respect : par deux fois, il refuse d’amener le drapeau français, à l’arrivée des Allemands, le 20 juin 1940. Acte rarissime de conscience, de volonté, de courage aussi. Cette insoumission magnifique lui vaut une destitution immédiate. Il fuit alors Douarnenez et vit près de Lannion avant d’être trahi par sa compagne, la comtesse, qui le vend aux nazis, par deux fois. Le Flanchec meurt dans des conditions atroces, à Buchenwald. La destinée tragique, et invraisemblable, d’un insoumis" (Jean-Michel Le Boulanger: http://bcd.bzh/becedia/fr/flanchec-un-destin-romanesque)

Le Flanchec fut en effet arrêté et déporté en Allemagne où il meurt en mars 1944. Sa compagne, qui l’avait dénoncé par lettre pour propagande communiste, fut condamnée à 15 ans de travaux forcés.

 

 

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 41/ Daniel Le Flanchec (1881-1944)
Comité de grève à Douarnenez (1924) - Photo BCD

Comité de grève à Douarnenez (1924) - Photo BCD

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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 06:00
Portrait de Joséphine Pencalet, alors âgée d’une vingtaine d’années. Photo d’archives Le Télégramme

Portrait de Joséphine Pencalet, alors âgée d’une vingtaine d’années. Photo d’archives Le Télégramme

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 40/ Joséphine Pencalet (1886-1972)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

40/ Joséphine Pencalet (1886-1972)

Née le 18 août 1886 à Douarnenez (Finistère), morte le 13 juillet 1972 à Douarnenez (Finistère) ; ouvrière sardinière ; conseillère municipale communiste de Douarnenez (1925), la première femme élue en Bretagne et une des toutes premières de France, à chaque ces candidates étant présentées par le Parti communiste alors que les femmes n'avaient pas encore le droit de vote, au nom de l'égalité des droits.

Notice du Maitron, par Fanny Bugnon:

Fille de René-Joseph Pencalet (marin, né en 1844) et de Marie-Jeanne Celton (née en 1844). Issue d’une famille nombreuse de marins douarnenistes avec laquelle elle s’est rapidement trouvé en conflit, Joséphine Pencalet quitta la Bretagne après avoir achevé sa scolarité dans un internat catholique de Quimperlé. Elle travailla alors comme lavandière en région parisienne, où elle épousa, le 18 janvier 1908 à la mairie d’Argenteuil, un employé des chemins de fer, Léon Frédéric Le Ray, originaire d’Ille-et-Vilaine et rencontré à Douarnenez alors qu’il effectuait son service militaire dans la Marine. De cette union désapprouvée par sa famille naissent deux enfants : Léon (né en 1910) et Anna (née en 1918). Son veuvage au sortir de la Première Guerre mondiale la conduisit à revenir avec ses enfants à Douarnenez où elle est embauchée comme ouvrière dans l’une des nombreuses conserveries de poisson de la ville.

Sa participation à la grève victorieuse des sardinières de novembre 1924-janvier 1925 qui paralysa les usines douarnenistes pendant 7 semaines et qui connut un écho national, lui valut d’être sollicitée par Daniel Le Flanchec*, maire sortant élu en 1924, pour figurer sur la liste du Bloc ouvrier et paysan aux élections municipales du mois de mai 1925.

Les conditions de sa désignation sont floues : s’il n’est pas certain qu’elle ait été membre du PCF ni même du comité de grève, son veuvage aurait facilité sa candidature. La présence d’une candidate correspond aux consignes du Secrétariat féminin de Moscou de présenter des candidatures féminines aux élections, indépendamment de leur illégalité, et de la stratégie du PCF. Placée en 4e position, comme « ouvrière d’usine », elle recueillit 1283, arrivant en 24e position des suffrages. Elle fut ainsi proclamée élue au premier tour, le 3 mai, devenant ainsi la première femme élue en Bretagne. Installée le 17 mai comme l’une des premières conseillères municipales françaises, elle siégea pendant six mois au sein des commissions scolaire et d’hygiène. Parallèlement, elle exerça la fonction de secrétaire adjointe du bureau du Syndicat des Métaux de Douarnenez, affilié à la CGTU.

En vertu de l’inéligibilité des femmes et malgré l’argumentaire développé par Joséphine Pencalet devant la justice administrative à propos des ambiguïtés de la loi électorale de 1884 qui n’interdit pas explicitement les candidatures féminines et alors que les députés votèrent en faveur du suffrage municipal féminin en avril 1925, l’élection de Joséphine Pencalet fut annulée par arrêté préfectoral le 16 juin 1925, décision confirmée cinq mois plus tard par le Conseil d’État au motif qu’aucune disposition légale ne considérait les femmes éligibles. Signalons que la décision du Conseil d’Etat du 27 novembre 1925 concerna également l’annulation de l’élection de Charles Tillon* pour non-résidence à Douarnenez. Joséphine Pencalet disparut alors de la vie politique douarneniste jusqu’à sa mort, avant d’être redécouverte au tournant du XXIe siècle comme une figure de la mémoire ouvrière locale.

 

***

La municipalité de Douarnenez était devenue communiste en 1921, avec Sébastien Velly, premier maire communiste de France (il avait été élu conseiller municipal sous l'étiquette de la SFIO en 1919 mais son maire, Le Gouic, resté fidèle à la SFIO, avait été mis en minorité par les autres conseillers), puis à partir de 1924 Daniel Le Flanchec, qui restera maire de Douarnenez, suite à la grande grève des Penn Sardin qu'il soutient en 1924 jusqu'à la victoire sur le patronat des conserveries en janvier 1925. Douarnenez comptait à l'époque presque 5000 marins-pêcheurs et des milliers d'ouvrières travaillant en coiffes et sabots dans 21 conserveries.

Un article d'Audrey Loussouarn dans L'Humanité en 2013 raconte bien cet épisode héroïque des luttes sociales en Bretagne sous le titre « Ces sardinières qui ont su tenir tête à leurs patrons ».

http://www.humanite.fr/social-eco/douarnenez-ces-sardinieres-qui-ont-su-tenir-tete-l-546179

« (…) Les «petites filles de douze ans» prennent aussi le chemin de l’usine. Aucune législation du travail.. Si la pêche était bonne, les femmes pouvaient travailler jusqu’à soixante-douze heures d’affilée! Pour se donner du courage, elles chantaient. «Saluez, riches heureux / Ces pauvres en haillons / Saluez, ce sont eux / Qui gagnent vos millions.» Certaines sont licenciées pour avoir fredonné ce chant révolutionnaire dans l’enceinte de leur usine. Conditions de travail déplorables, flambées des prix, salaires de misère, c’en est trop. Le 20 novembre 1924, les sardinières de la fabrique Carnaud vont décider de se mettre en grève. Elles demandent 1 franc de l’heure, alors que le tarif de rigueur est de 80 centimes. Les patrons refusent. Trois jours plus tard, un comité de grève est mis en place. Le lendemain, ce sont les 2000 sardinières qui arrêtent le travail et marchent dans les rues de Douarnenez. Une pancarte est dans toutes les mains: «Pemp real a vo» («Ce sera 1,25 franc»). Aux côtés des femmes, Daniel Le Flanchec. Ce «personnage éloquent, tonitruant», comme le décrit Michel Mazéas, et que les sardinières appellent leur «dieu», leur «roi», accompagne le mouvement. Un meeting se tient début décembre sous les Halles. Il réunit plus de 4000 travailleurs et des élus. Le 5 décembre 1924, l’Humanité titre: «Le sang ouvrier a coulé à Douarnenez». Le journaliste raconte comment une «charge sauvage commandée par le chef de brigade de Douarnenez piétina vieillards et enfants». Ordre venant du ministre de l’Intérieur. L’élu communiste, en voulant s’interposer devant l’attaque des gendarmes, sera suspendu de ses fonctions pour «entrave à la liberté du travail». La tension monte, les patrons ne veulent toujours pas négocier, des casseurs de grève s’immiscent dans le mouvement. Dans le même temps, des représentants syndicaux et politiques de la France entière se joignent aux grévistes. C’est dans la nuit du 31décembre au 1erjanvier que tout va basculer: des coups de feu retentissent. Des cris se font entendre: «Flanchec est mort!» Il est retrouvé blessé dans la rue. La colère explose. L’hôtel des casseurs de grève est saccagé. Un chèque y sera retrouvé, signé de la main d’un des patrons d’usine. Les conservateurs, qui ont tenté d’assassiner l’élu, avoueront plus tard qu’ils voulaient «seulement combattre le communisme». Finalement, le 8 janvier, après près de cinquante jours de bataille acharnée, les patrons céderont. Les sardinières obtiendront 1 franc horaire, avec heures supplémentaires et reconnaissance du droit syndical. Au cours de ce conflit qui a duré 48 jours à partir de la grève de la conserverie Carnaud, des dirigeants syndicaux sont accourus de toute part, et notamment parmi eux le dirigeant rennais de la CGTU, Charles Tillon, futur résistant et ministre communiste à la Libération.

Parmi les diverses répercussions attribuées au mouvement social, on peut retenir l'élection de Joséphine Pencalet (1886-1972) au conseil municipal auprès de Daniel Le Flanchec en 1925. La responsable syndicale fut l'une des dix premières femmes élues en France. Dépourvues de droit de vote, les femmes ne pouvaient pas encore être élues à cette époque, Joséphine Pencalet n'exerça donc jamais ses fonctions.

Charles Tillon disait à Michel Kerninon en 1978 pour la revue Bretagnes ce que lui avait appris ces mouvements sociaux de 1924-1925 à Douarnenez et dans le pays bigouden:

A Michel Kerninon, en 1978, il dit avec passion l'importance dans sa vie de ces combats avec les pêcheurs et les ouvrières du pays Bigouden et de Douarnenez:

" "J'ai donc appris à devenir ce que le "Comité des Forges" de l'époque appelait un "gréviculteur". La plus belle des grèves, la plus héroïque et la plus empreinte de sentiment populaire fut certainement pour moi la grève de Douarnenez. Alors j'en ai fait d'autres, au milieu de ceux qui parlaient la langue bretonne, je suis vraiment devenu non seulement un Breton de la région des fortifications qui défendaient la Bretagne autrefois, c'est à dire de l'Ille-et-Vilaine mais de cette Bretagne plus profonde, moins connue et si vivante, celle du Finistère, des Côtes-du-Nord, cette Bretagne "qui va au-devant de la mer" (...) En Bretagne, "il y avait une grande misère, le long des côtes surtout. Pour le reste, il n'y avait pratiquement pas d'industrie. Sur la côte, la pêche nourrissait l'industrie de la conserve; à la fois la pêche du 19e siècle et le début d'une industrialisation de la conserve. Les pêcheurs étaient des artisans. Ils allaient à la mer et ne connaissaient qu'elle. Mais, à terre, ils se défendaient mal. Les tempêtes ne leur faisaient pas peur, mais ils restaient désarmés devant les préfectures et leurs moyens de police. Soutenus par l'appareil d'Etat, les acheteurs s'entendaient pour contraindre les pêcheurs à vendre le moins cher possible. Mais voilà bientôt qu'en Bretagne, la grande grève des usines de Douarnenez rayonnait de la juste fierté d'avoir vaincu le patronat le plus rapace qu'on puisse trouver puisqu'il avait osé aller jusqu'à l'organisation du crime pour terroriser la population et faire tuer, s'il l'avait pu, le maire communiste Le Flanchec! Avant la grève, les pêcheurs n'étaient pas syndiqués, il fallait donc organiser dans le même syndicat le patron de la barque qui gagnait un peu plus, et ses matelots, ses compagnons de tempêtes et de souffrances. Ce n'était pas simple et c'est sans doute pourquoi il n'y avait pas eu, jusque là, de syndicat durable. Mais les femmes avaient le leur. Et la fierté qui les avaient animées gagnait en 1925 tous les ports de Bretagne. La colère déferlait parmi les ouvrières les plus exploitées, comme à Pont-l'Abbé ou à Concarneau, où une jeune fille d'usine sur quatre ou cinq était tuberculeuse... Le mouvement victorieux des femmes d'usine a entraîné les pêcheurs à mieux prendre conscience de leurs droits, et qu'en labourant la mer, ils étaient la source de tout. Mais le patronat de la côte aussi s'organisait. Et, au lieu de petits syndicats locaux, les patrons jusqu'à Saint-Jean-de-Luz, s'unissaient en un énorme Comptoir d'achat soutenu par le Comité des armateurs de la marine marchande et par l'Administration maritime. Alors commença leur grande offensive pour rationaliser l'industrie de la pêche, pour exporter des capitaux et des usines au Portugal, au Maroc, là où les salaires sont les plus misérables. Une "révolution" sur le dos des salariés et qui dure encore.. Nous avions été heureux pendant deux ans. Mais viendraient les défaites! Rationaliser l'industrie de la pêche pousserait à rationaliser l'industrie de la conserve. Aussi, commençait une autre histoire de la mer...""

1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue Bretagnes n°8 : Désenchaîner l'espérance

 

 

Photo BCD - Douarnenez, 1921: Première municipalité communiste de France

Photo BCD - Douarnenez, 1921: Première municipalité communiste de France

Le Télégramme du dimanche 23 10 2016 dresse un portrait de la syndicaliste
Joséphine Pencalet.

La première Bretonne élue. Syndicaliste ,CGTU, communiste, elle mena la grande grève des sardinières avant d’être la première femme élue

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Élue conseillère municipale en 1925 à Douarnenez, à une époque où les femmes sont dépourvues de droits politiques, le cas de Joséphine Pencalet reste inédit en Bretagne jusqu’à l’obtention du droit de vote par les femmes le 21- avril 1944. Retour sur l’histoire de cette ouvrière, pionnière de la cause féminine méconnue en Bretagne comme en France. « Douarnenez, toujours à la pointe du combat social, a élu triomphalement une femme ! C’est notre camarade Joséphine Pencalet… » C’est ainsi que la Une du journal L’Humanité du 6-mai 1925 saluait l’élection, au premier tour des municipales avec 1283 voix, de cette ouvrière bretonne. Pourtant, rien ne prédestinait cette Finistérienne âgée de 39 ans, à entrer dans l’histoire comme la première femme élue de Bretagne, et l’une des seules dans l’Hexagone à cette période. Née le 18-août-1886, dans une famille nombreuse de marins-pêcheurs, Joséphine Pencalet monte à Paris pour trouver un travail de domestique. Malgré la désapprobation de ses parents, elle épouse en 1908 Léon Leray, un Breton comme elle, employé des chemins de fer. Ils se sont rencontrés à Douarnenez au début du siècle, lorsque Léon effectuait son service militaire dans la Marine. Le couple a deux enfants lorsque Léon meurt de la typhoïde, au sortir de la Grande Guerre. Joséphine se retrouve veuve, et décide de rentrer à Douarnenez. Une Penn Sardin Elle est embauchée comme ouvrière chez Chancerelle, la plus ancienne conserverie de la ville. À cette époque, les Penn Sardin - les « têtes de sardines » en breton, c’est ainsi qu’on appelle les ouvrières des usines de conserves de poissons à Douarnenez, en raison de leur coiffe - connaissent des conditions de travail très difficiles. En novembre-1924, elles entament une grande grève qui dure plusieurs semaines. Joséphine Pencalet participe au mouvement et devient même secrétaire-adjointe du bureau des Métaux de Douarnenez, affilié à la CGT Unitaire. Les ouvrières obtiennent finalement gain de cause, cette victoire a un retentissement dans toute la France. Quelques mois plus tard, lors des élections municipales de mai-1925, le maire sortant de la ville portuaire bretonne, le communiste Daniel Le Flanchec, propose à Joséphine Pencalet de rejoindre sa liste, où elle figure en quatrième position. Une consigne venue de Moscou Pour ce scrutin, le Parti communiste français décide en effet de présenter une dizaine de femmes dans l’Hexagone, à la demande de Moscou. Douarnenez est alors l’une des deux seules municipalités communistes de France, et Daniel Le Flanchec compte bien se servir du succès des Penn Sardin pour aider à sa réélection. D’autant plus que la question du vote féminin est alors très présente. Les femmes ont pris une part importante dans la société pendant la dernière guerre, en remplaçant les hommes dans les usines, et certaines réclament une égalité toute légitime. Pas moins de trois propositions de loi sont déposées devant l’Assemblée nationale, plusieurs hommes politiques - tous bords confondus - sont en faveur de la réforme. Mais le Sénat fait obstruction, et rien ne change. Si les femmes n’ont toujours pas le droit de vote et ne peuvent pas être élues, cela n’empêche pas le PCF de présenter des candidates. « Les femmes sont exclues de la citoyenneté politique, mais dans le cadre des municipales, la loi électorale de 1884 prévoit qu’on vérifie a posteriori l’éligibilité des élus », explique Fanny Bugnon, historienne qui a travaillé sur le cas de la Bretonne. Faut-il encore trouver une volontaire, chose compliquée comme le raconte le syndicaliste et futur résistant rennais Charles Tillon, dans ses Mémoires : « À vrai dire, la difficulté n’était pas de la faire élire, mais de trouver une citoyenne qui consentît à jouer les suffragettes comme en Angleterre ! Pas un ménage n’accepta ce sacrifice. Seule une avenante veuve, Joséphine Pencalet, se dévoua. Elle avait souvent tenu le drapeau rouge par les rues. Elle sut se moquer des menaces du préfet, trinquer avec les pêcheurs et rembarrer les blagueurs… ». Une élection annulée par le préfet L’ouvrière est donc élue au premier tour et siège durant six mois au conseil municipal de Douarnenez. Mais comme attendu, quelques semaines après le scrutin, la préfecture du Finistère invalide l’élection de la candidate communiste, « considérant qu’en l’état actuel de la loi, les femmes ne sont, en France, ni éligibles ni même électrices aux élections municipales ». Joséphine Pencalet fait appel et saisit le Conseil d’État, qui confirme malheureusement la décision le 27 -novembre 1925. À Douarnenez, « l’annulation de l’élection de Joséphine Pencalet [...]n’occasionne aucun trouble à l’ordre public », précise l’historienne. Pourtant célébrée quelques mois plus tôt dans ses colonnes, la presse communiste nationale ne fait aucune mention de la décision du Conseil d’État. Du jour au lendemain, la première Bretonne élue retourne à l’anonymat de sa vie ouvrière. Si elle conserve ses convictions, elle garde, jusqu’à sa mort le 13 -juillet 1972, à l’âge de 85 ans, le sentiment d’avoir été utilisée et nourrit une profonde amertume envers la classe politique. En savoir plus « Joséphine Pencalet, une Penn Sardin à la mairie », de Fanny Bugnon, publié dans « Bretonnes, des identités au carrefour du genre, de la culture et du territoire », collectif, éd. PUR, 2016. « 1925, Joséphine Pencalet, une pionnière », film documentaire d’Anne Gouerou, collection Aux urnes universelles, prod. Beo, 2015. « On chantait rouge », Charles Tillon, éditions Robert Laffont, 1977. « Douarnenez, histoire d’une ville », Jean-Michel Le Boulanger, éditions Palantines, 2000. « Il y a un siècle, les femmes et la mer », Nelson Cazeils et Fanny-Cazeils-Fennec, éditions Ouest-France, 2003.

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Article publié le 23 octobre 2016.

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
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