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20 août 2021 5 20 /08 /août /2021 05:47

 

Les chauves-souris sont-elles des oiseaux ou des rongeurs ? Le bestiaire occidental a mis longtemps à les classer. Au Moyen Âge, on les appelait les « rats oiseaux ». Aux Philippines, on les nomme les « renards volants ». L’étymologie même de leur nom scientifique, « chiroptères », brouille les catégories. En grec, « kheir » signifie main et « pteron », aile.

Icon Quote C’est une espèce à la frontière des classifications. En anthropologie, ce qui est “entre” est perçu comme sale et impur. FRÉDÉRIC KECK, ANTHROPOLOGUE

Les chauves-souris ont donc des mains qui volent, mais aussi des oreilles qui « voient » – elles se repèrent aux sons – et un corps qui dort la tête en bas, « comme lançant un défi à l’humanité, une forme d’inversion des sociétés humaines », explique l’anthropologue Frédéric Keck. Pour ajouter à leur étrangeté, ces mammifères volants vivent la nuit et ont une longévité de plus de trente ans… « C’est une espèce à la frontière des classifications. En anthropologie, ce qui est “entre” est perçu comme sale et impur », éclaire le chercheur. Bien avant qu’on ne la désigne comme un réservoir à virus, la chauve-souris avait déjà mauvaise presse.

La religion chrétienne les a diabolisées

Frédéric Keck a rencontré la bestiole en suivant ceux qui traquaient les virus des oiseaux sauvages. C’était à Hong Kong, en 2007. « Avec l’émergence du Sras, en 2003 en Chine, les virologues ont commencé à s’y intéresser. La possibilité de cartographier leurs flux mondiaux s’est alors ouverte. » Quinze ans plus tard, le directeur de recherche au CNRS est toujours autant fasciné par les 1 411 espèces recensées, soit un cinquième de tous les mammifères. Dans un livre paru en mai (1), avec une vingtaine de chercheurs, il défend les rhinolophes, pipistrelles et autres roussettes « contre les accusations qui leur sont faites ».

1 411 espèces recensées, soit un cinquième de tous les mammifères

Au rayon des frayeurs, les virus, bien sûr. Certains se plaisent à souligner que l’anagramme de chauve-souris est… « souches à virus ». En tout cas, « elles font partie de ces espèces sentinelles, celles sur lequelles les menaces sont plus concentrées et qui permettent d’anticiper de nouvelles maladies », pointe-t-il. Cent cinquante virus y ont déjà été identifiés : la rage, Hendra, Marburg, le Sras et le Sars-CoV-2, dont on ignore toujours l’hôte intermédiaire. « Il y a parfois de fausses alertes. Pour Ebola, elles ont été accusées à tort. À nombre d’espèces égales, il n’y a pas plus de virus chez l’ordre des chiroptères que chez les rongeurs », révèle le chercheur.

Icon ThunderDécouvrez tous les articles de cette série en un seul clic

Si la chauve-souris a toujours eu des échos dans les récits humains, « la pandémie a obligé chaque société à s’interroger sur ses relations avec elle », souligne l’anthropologue. En Amérique du Sud et en Asie, on vit avec. Pourtant, au Pérou, pendant la crise, des villages ont voulu brûler des colonies. En Europe, on en vit loin. La religion chrétienne les a diabolisées, affublant le diable et ses démons d’ailes de chauves-souris. Pour les Lobi du Burkina Faso, la bête s’est brouillée avec le dieu du Ciel « et, pour se venger, elle met sa tête en bas et lui montre son postérieur », raconte le chercheur.

De formidables pollinisatrices

Parmi les images qui collent au poil des chauves-souris, il y a celle de « buveuses de sang ». Le mythe culmine avec le roman Dracula, à la fin du XIXe siècle… « Mais seules trois espèces sont entomophages (se nourrissent de sang) », rectifient les chercheurs dans l’ouvrage. Comme elles vivent toutes en Amérique du Sud, la dernière, découverte en 1988 au Venezuela, a été baptisée… Draculae. Les autres, de quelques centimètres jusqu’à 1,50 mètre pour les plus grandes, mangent à peu près de tout : du nectar, des fruits, des insectes. « On connaît peu ces animaux sauvages, on les voit comme des masses migrantes et proliférantes. Mais, est-ce qu’en produisant de la connaissance sur elles, on parviendra à changer le regard ? » interroge l’anthropologue. À montrer aussi leur rôle dans les écosystèmes : au même titre que les abeilles, elles sont de formidables pollinisatrices.

Icon QuoteUn miroir tendu à notre humanité, plutôt qu’un repoussoir : elles vivent en colonies entre différentes espèces, elles arrivent à coexister.FRÉDÉRIC KECK, ANTHROPOLOGUE

Le chercheur préfère les voir comme « un miroir tendu à notre humanité, plutôt qu’un repoussoir : elles vivent en colonies entre différentes espèces, elles arrivent à coexister ». Elles ont aussi colonisé toute la planète, bien avant l’Homme. « C’est un modèle au sens où elles ont su s’adapter à toutes sortes d’environnements quand leurs habitats ont été détruits. » Les chauves-souris et leur vol trouble sont finalement moins menaçants que menacés : par les pesticides, la déforestation, les pollutions lumineuses. Et, désormais, un champignon venu d’Europe. « Il cause le syndrome du nez blanc, qui les empêche d’hiberner, elles finissent par mourir d’épuisement », poursuit le chercheur. « Ce sont nous, les Hommes, qui perturbons leur sommeil et rompons le contrat domestique qui nous lie à elles. »

(1) Les Chauves-Souris. Aux frontières entre les espèces, CNRS Éditions.

 

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20 août 2021 5 20 /08 /août /2021 05:45

 

Dans le Silomag #12, nous posions l’urgence de la révolution écologique, d’un saut de civilisation, pour que notre espèce puisse continuer de se développer dans des conditions propices à la vie et à son épanouissement. La juxtaposition de simples « bonnes pratiques » ou de solutions parcellaires n’est pas à la hauteur des défis et l’individualisation des approches une impasse. Le combat pour l’écologie revêt une dimension systémique permettant d’intégrer la complexité et les interactions. Il implique d’identifier les bouleversements conceptuels et pratiques que l’humanité doit opérer. Si tous les aspects de nos modes de vie sont concernés, la transformation de nos modes de production et de leurs financements est un impératif majeur. Économie régénératrice et symbiotique, nouveau paradigme industriel, agroécologie et monnaie écologique sont autant de pistes pour aller vers une civilisation écologique. Débats avec quatre auteurs de ce dossier pour dénouer les possibles.

Avec :

- Marc Dufumier, agronome, interviewé par Olivier Le Naire dans L’agroécologie peut nous sauver ? (Acte Sud, 2019).

- Marie-Claire Cailletaud, ingénieure, présidente du groupe CGT au Conseil économique, social et environnemental (CESE), rapporteure d’Industrie : un moteur de croissance et d’avenir (avis et rapport du CESE, 2018).

- Nicolas Dufrêne, directeur de l’Institut Rousseau, co-auteur avec Alain Grandjean d’Une monnaie écologique (ed. Odile Jacob, 2020).

- Isabelle Delannoy, ingénieure agronome, conseillère, autrice de L’économie symbiotique, Régénérer la planète l’économie et la société (Ed. Actes Sud 2017).

Animé par Alain Pagano, maître de conférences en écologie à l’université d’Angers, membre du Conseil scientifique de la Fondation Gabriel Péri, auteur avec Jacques Baudrier de « Un programme unitaire pour le climat (Éditions du croquant, 2020) », et Lou Plaza, journaliste au web média Le Vent Se Lève.

1ère partie 00:05:00 - 00:49:46 : Quels bouleversements conceptuels, quels changements de paradigme et systémiques opérer pour construire une civilisation écologique ?

2ème partie 00:51:00 - 01:24:20 : Quelles actions concrètes pour mettre en œuvre les solutions et transformations nécessaires ? Quels processus engager, quels acteurs mobiliser et quels freins lever ?

3ème partie 01:24:20 - Fin : Questions du public. Organisé avec le bureau de Bruxelles de la Fondation Rosa Luxemburg, en partenariat avec Le Vent se Lève.

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13 août 2021 5 13 /08 /août /2021 05:35

 

Sur 31 variables, 18 « signes vitaux » de la planète atteignent des records historiques, préviennent un collectif réunissant plusieurs milliers de scientifiques. Pour les chercheurs à l’origine de l’étude, il faut des actions rapides : éliminer les énergies fossiles, s’éloigner du modèle de croissance actuel comme restaurer les écosystèmes.

Sous les coups de la « surexploitation de la Terre par l’homme », les « signes vitaux » de la planète s’affaiblissent, alertent des scientifiques. Dans une étude publiée le 28 juillet dans la revue Biosciences, ils s’inquiètent de l’imminence de certains « points de bascule » climatiques.

 

Un échec systématique

Il y a deux ans, ces près de 13 000 scientifiques de 153 pays, lançaient un appel pour « déclarer une urgence climatique mondiale » en même temps qu’ils faisaient un premier état des lieux. Depuis ? Rien ne s’est passé du côté des gouvernements, dénoncent-ils. Les chercheurs estiment qu’ils ont, de manière systématique, échoué à s’attaquer aux causes du changement climatique. Quand bien même «  1 990 juridictions dans 34 pays ont désormais reconnu ou déclaré l’urgence climatique », reconnaissent-ils.

Nous vous conseillons aussi cette interview du climatologue Christophe Cassou, directeur de recherche au CNRS : Catastrophes climatiques : « Nous entamons un voyage sans retour »

À moins de 100 jours de la conférence mondiale pour le climat (COP 26) qui se tiendra du 1er au 12 novembre à Glasgow, en Écosse, ce groupe de scientifiques refait le point. «  Nous avons étudié les changements récents dans les signes vitaux de la planète depuis notre dernière publication : sur les 31 variables que nous suivons, 18 sont à des niveaux records », écrivent-ils.

Parmi ceux-là : la forêt amazonienne, l’épaisseur des glaciers, les émissions de gaz à effet de serre, ou l’acidité des océans. « Il existe des preuves croissantes que nous approchons, ou avons déjà franchi, des points de bascule dans des parties critiques du système planétaire, notamment les calottes glaciaires de l’Antarctique occidental et du Groenland, les récifs coralliens d’eau chaude, et la forêt amazonienne », constatent-ils.

 

De la forêt amazonienne à la banquise arctique

Dans le détail : un point de bascule pourrait avoir été franchi au sein de la forêt amazonienne, qui sous l’effet des incendies, de la sécheresse et de la déforestation illégale est devenue une source d’émissions de carbone plutôt qu’un puits, note ainsi l’étude. « Le taux de perte annuelle de la forêt amazonienne brésilienne a augmenté en 2019 et 2020, atteignant le pic de 1,11 million d’hectares détruits, du jamais vu depuis 12 ans », détaillent les chercheurs.

Sur la banquise arctique, l’effet du changement climatique est plus visible qu’ailleurs. En 2020, la banquise minimale estivale de l’Arctique a atteint son deuxième niveau le plus bas en termes de surface. L’épaisseur des glaciers a également établi un nouveau record. «  Les glaciers fondent beaucoup plus vite qu’on ne le croyait auparavant ; ils perdent 31 % plus de neige et de glace par an qu’il y a à peine 15 ans », écrivent les scientifiques.

 

4 milliards d'animaux pour l'alimentation

En matière d’alimentation, les chercheurs soulignent que pour la première fois la masse du bétail, avec quatre milliards d’animaux, dépasse, désormais, celle des humains et des animaux sauvages combinés. « La production de viande par habitant a baissé de 5,7 % entre 2018 et 2020, mais ce n’est dû qu’à l’émergence de la fièvre de la peste porcine africaine qui a réduit la production de porc en Chine. Dans le futur, une baisse de la consommation de viande ne se produira pas sans passer à une alimentation basée sur les plantes », pointent-ils encore.

Les océans, eux, se réchauffent et le niveau de la mer se fixe à des nouveaux records. « Pour les récifs coralliens, menacés par l’acidité des océans, et dont dépendent un demi-milliard de personnes, l’atteinte d’un point de non-retour est également possible », soulignent-ils.

 

S'attaquer à la source

Les auteurs réclament des actions rapides et radicales dans plusieurs domaines : éliminer les énergies fossiles, réduire la pollution, restaurer les écosystèmes, opter pour des régimes alimentaires basés sur les plantes, s’éloigner du modèle de croissance actuel et stabiliser la population mondiale.

« Nous devons arrêter de traiter l’urgence climatique comme un problème indépendant, le réchauffement n’est pas le seul problème de notre système Terre sous pression », a insisté William Ripple, de l’université d’État de l’Oregon. Selon lui, « les politiques pour combattre la crise climatique ou tout autre symptôme devraient s’attaquer à la source : la surexploitation de la planète par les humains ».

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30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 13:38

Les terribles inondations qui ont frappé l’Allemagne et la Belgique montrent combien le changement climatique se conjugue au présent (et au Nord aussi), illustrant la procrastination coupable de nos dirigeants. Maxime Combes, économiste, porte-parole d’Attac, les interpelle dans cette tribune.

Le changement climatique se conjugue au présent. Pas un jour ne passe sans que nous n’en éprouvions la dure réalité : 54,4 °C aux États-Unis, 49,6 °C au Canada, 47 °C au Maroc, surchauffe en Sibérie, canicule à New Delhi, feux de forêts en Californie et désormais, le tout en moins de trois semaines, des inondations destructrices en Chine, Allemagne, Belgique et Autriche. Des villes et villages sont peu ou prou rayés de la carte, des centaines, peut-être des milliers de personnes ont perdu la vie, en tout des millions de personnes affectées, des écosystèmes détruits ou transformés à jamais, sans même parler des dizaines ou centaines de milliards d’euros de dégâts, ni de tout ce qui ne peut être réduit à de la menue monnaie.

Territoires martyrs de la procrastination coupable des dirigeants

L’indécente « loi du mort-kilomètre », cette loi journalistique qui relie l’intérêt médiatique à la distance de l’événement, s’est subitement rabattue sur des territoires proches, faisant la une des JT, avec des images spectaculaires qui ont frappé nos imaginaires comme rarement. Chacune et chacun commence en effet à toucher du doigt que « l’événement climatique exceptionnel et sans précédent », ainsi nommé par des dirigeants politiques pressés de se dégager de leurs propres responsabilités, est en fait en train de devenir la règle. On passe de l’exceptionnel à la banalité. Les scientifiques l’annonçaient, cela devient réalité.

Lytton au Canada, Ahrweiler, Euskirchen ou Schuld en Allemagne, Verviers ou Pepinster en Belgique sont devenues les villes martyres de notre temps : comme tant d’autres sur la planète, voilà des territoires et lieux de vie meurtris et détruits par les conséquences du changement climatique. Mais pas seulement. Ce sont également des territoires martyrs de la procrastination et de l’inaction coupables des dirigeants politiques et économiques : parler de « catastrophe naturelle » ne saurait éluder leur responsabilité tragique de n’avoir lutté efficacement depuis des années contre le changement climatique et ses conséquences.

Que ne comprenez-vous pas dans le terme « urgence climatique » ?

Ensemble, il nous faut donc les interpeller : que ne comprenez-vous pas dans le terme « urgence climatique » ? Que nous faudrait-il donc expliquer que tant de rapports du Giec ont déjà énoncé avec clarté depuis des dizaines d’années ? Que n’avez-vous donc pas compris dans cette phrase du premier rapport du Giec rédigé en 1990, rappelée avec à-propos par le climatologue belge Jean-Pascal Van Ypersele : « l’effet de serre accentuera les deux extrêmes du cycle hydrologique, c’est-à-dire qu’il y aura plus d’épisodes de pluies extrêmement abondantes et plus de sécheresses prononcées » ?

Lire aussi : Climat. Au Giec, une fuite échaude les débats climatiques

Qu’attendez-vous donc ? Qu’il y ait toujours plus de territoires devenus invivables ? Pourquoi les précédents rapports du Giec annonçant des zones devenant inhabitables ou des ruptures d’approvisionnement alimentaire ne vous ont-ils pas conduits à tout revoir, de fond en comble ? Pourquoi nos interpellations et mobilisations ne sont-elles suivies que par de grands discours et des temporisations fautives ? Pourquoi constate-t-on votre refus de transformer les soubassements énergétiques de notre formidable machine à réchauffer la planète qu’est notre système économique ? Comment se fait-il qu’une ministre de la Transition écologique puisse justifier une énième reculade, sur les chaudières au fioul, au nom de la « volonté d’y aller tranquille » ?

URGENCE CLIMATIQUE : les mots ont-ils encore un sens ? Cela fait trente ans que les dirigeants politiques et économiques faillissent. En trente ans, les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) ont augmenté de plus de 60 %. Qu’ont-ils donc fait ? Dès que les enjeux deviennent sérieux, dès qu’il s’agit de prendre des décisions qui touchent à la puissance des lobbies, aux pouvoirs et droits acquis des multinationales ou aux règles qui organisent l’économie mondiale, ils tergiversent, reportent à plus tard ou acceptent de se conformer aux exigences des acteurs économiques et financiers.

Le résultat est là, il nous éclate en pleine figure

Les opérations de communication et de greenwashing, qui ont été substituées à toute politique climatique ambitieuse, ne nous sont d’aucune aide. La réduction drastique des émissions de GES n’est pas menée à bien. La loi climat entérinée par un vote solennel de l’Assemble nationale mardi 20 juillet en est l’exemple le plus abouti : à peine votée, elle est déjà obsolète au regard des objectifs à atteindre d’ici à 2030 (– 55 % à – 65 %). Elle est de plus complètement ringardisée par les propositions, pourtant insuffisantes, que la Commission européenne vient de publier.

Lire aussi : « Green Deal » européen : vous reprendrez bien un peu de marché carbone ?

Sombre tableau auquel il faut ajouter le retard des politiques d’adaptation au changement climatique, pourtant justement rendues urgentes et nécessaires par cette procrastination coupable. C’est la double peine climatique : le réchauffement commence à nous frapper durement tandis que nos infrastructures, nos institutions, nos habitations, nos services publics n’y sont pas préparés. Voire qu’ils sont mis à mal par leurs décisions : en 2017, les libéraux ont réduit de 30 % les effectifs des services de secours en Belgique.

À rebours, ces catastrophes climatiques montrent aux yeux de toutes et tous qu’il est absolument impossible d’imaginer qu’il sera possible de s’adapter à n’importe quel niveau de changement climatique et que l’on peut donc continuer à émettre autant de GES. Sauf à accepter de rendre des territoires entiers invivables et inhabitables. Des phénomènes climatiques irréversibles sont enclenchés mais il ne sera jamais trop tard pour agir : quand on oublie de descendre du bus ou du métro à la station prévue, on n’attend pas d’être au terminus pour faire demi-tour. Chaque tonne de GES compte.

Seul un puissant ouragan citoyen pourra nous sortir de l’ornière

En 1990, la génération Greta Thunberg n’était pas née. Plus de trente ans plus tard, cette génération manifeste pour le climat, interpelle, fait la grève de l’école, convainc autour d’elle, s’engage à travailler et produire différemment. Bref, avec ses moyens, elle essaie de résoudre un immense défi dont elle n’est pas responsable. Plutôt que se mettre à son service, celles et ceux qui nous dirigent passent leur temps à décrédibiliser les propositions de la société civile en inventant des termes dénués de sens (écologie punitive, écologie positive, écologie de production) et à édulcorer les propositions de la Convention citoyenne pour le climat.

En matière climatique, ce ne sont pas les Gaulois récalcitrants qui posent problème. Non. C’est l’inertie des gouvernements. Il n’y a pas d’écologie punitive. Ce sont leur inaction et leur procrastination qui sont punitives. Et coupables. Fondamentalement, elles sont même un crime climatique. L’insécurité devient écologique, aggravée par l’incurie de nos gouvernements. Ne laissons pas notre droit à la sûreté soumis à un tel arbitraire. N’attendons pas des dirigeants politiques qu’ils fassent demain ce qu’ils n’ont pas fait hier.

Organisons-nous pour reprendre la main. Sur le terrain, en solidarité avec celles et ceux qui sont affectés par les conséquences du réchauffement climatique et pour déployer toutes les expériences alternatives là où c’est possible. Dans les organisations de la société civile pour rouvrir le champ des possibles. Enfin, en tant que citoyennes et citoyens de ce pays, saisissons-nous des prochaines échéances électorales pour faire campagne en faveur d’une véritable révolution écologique et sociale : seul un puissant ouragan citoyen pourra nous sortir de l’ornière.

(1) Auteur de Sortons de l’âge des fossiles ! Manifeste pour la transition (Seuil, 2015).

 

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29 juillet 2021 4 29 /07 /juillet /2021 13:26

 

Pour l’économiste, si le prix du carbone est l’un des instruments économiques centraux pour réduire les émissions, il ne peut sûrement pas être fixé par un marché, comme la Commission européenne le préconise.

En quoi les marchés « carbone » sont-ils voués à l’échec ?

Dominique Plihon Comme tous les marchés financiers, ils sont caractérisés par l’instabilité et la spéculation et sont donc incapables de fixer le prix du carbone. Or, ce dernier est une variable politique importante : à l’échelle de l’Europe, c’est ce qui peut guider les comportements et les politiques des acteurs privés et publics pour la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. Laisser fixer ce prix par un marché est voué à l’échec, comme le démontre l’expérience récente. Car ce marché existe en Europe depuis 2005 : des permis de polluer sont émis chaque année, ils correspondent à un budget carbone global.

Le prix du carbone n’a cessé de fluctuer et est resté à des niveaux très bas : 24 euros la tonne en 2019, 15 euros en 2018, il est descendu jusqu’à 5 euros en 2016. Selon les travaux du Giec, il faudrait atteindre des niveaux supérieurs à 100 euros la tonne de carbone pour respecter la trajectoire de réchauffement globale à + 2 °C.

Ceux qui en profitent, ce sont les grandes entreprises, les PME y perdent. Les grands sites de sidérurgie ou de l’automobile obtiennent des permis de polluer, des quotas de CO2, gratuits. Ils ont pu vendre leur excédent… Ils paient finalement très peu de taxes carbone. C’est un système instable, injuste et inefficace. Le projet de la Commission de l’étendre à d’autres secteurs est un mauvais choix qui ne pourra favoriser la transition nécessaire vers une société décarbonée.

Comment devrait être fixé ce prix du carbone ?

Dominique Plihon Par les pouvoirs publics, en donnant une trajectoire pour le futur. Ce prix est destiné à augmenter, il doit orienter la fiscalité mais aussi les mesures de politiques publiques (aides, réglementation…). La Suède est un bon exemple en la matière : le carbone y est à plus de 120 euros la tonne et c’est le pays qui a le plus réduit ses émissions de CO2. À partir des années 1990, le pays a programmé l’évolution à moyen-long terme du prix du carbone, couplée avec une réforme de la fiscalité comprenant un important volet écologique. La baisse globale des émissions résulte entre autres de la réduction des émissions dues au chauffage des bâtiments, réalisée grâce aux rénovations massives qui ont réduit la consommation globale et ont fait disparaître le chauffage au fioul, au GPL et au gaz, dont la part reste toujours importante en France. La Suède a introduit une planification écologique, et ne s’est pas fiée au marché carbone.

Comment la planification écologique peut-elle résoudre cette équation ?

Dominique Plihon On ne pourra réussir la transition sans une vision de long terme. Elle implique des changements considérables – je parle de ruptures – dans tous les domaines : la consommation des ménages, la production des entreprises, les politiques publiques menées par les collectivités sur les transports ou les bâtiments. Tout cela doit s’inscrire dans le cadre d’une planification, un ensemble de mesures coordonnées, mais aussi discutées avec tous les partenaires économiques et sociaux.

La France a eu une planification après la Deuxième Guerre mondiale, le pays avait un plan indicatif à cinq ans – il faudrait sans doute un horizon plus long – pour reconstruire l’appareil productif détruit. Aujourd’hui, il doit être reconfiguré pour être conforme aux exigences climatiques. La planification écologique doit aussi permettre l’acceptabilité sociale. Sur le prix des carburants ou la facture de chauffage, les citoyens ne sont pas touchés de la même manière : les plus pauvres sont aussi les plus dépendants du transport individuel. À l’inverse, les plus riches, entreprises ou citoyens, qui polluent plus par euro gagné, contribuent le moins en proportion de leur richesse.

La transition ne sera acceptée qu’à condition qu’elle soit juste et que des solutions alternatives soient proposées : on ne peut augmenter la facture de carburant ou de chauffage ou interdire les moteurs thermiques, sans, par exemple, rendre ces véhicules accessibles via des subventions et des transports collectifs de réelle substitution.

 

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 05:31

 

Alors que les carburants d’origine agricole ne représentent pour le moment que 3 % de la consommation mondiale contre 97 % pour ceux tirés du pétrole, cela suffit pour entretenir la spéculation sur le maïs et le soja. Du coup, le réchauffement climatique venant aussi perturber les récoltes, on constate une augmentation de la malnutrition et de la famine dans les pays pauvres. Directeur à Genève du bureau de la FAO, Dominique Burgeon en appelle à la responsabilité des chefs d’États et de gouvernements.

Par Gérard Le Puill

Tandis que le variant Delta de la Covid -19 fait progresser la pandémie à travers le monde, les effets de cette dernière sur la production et la commercialisation des produits agricoles font progresser la sous-alimentation et la faim, notamment dans les pays pauvres. Selon la FAO, l’agence spécialisée des Nations Unies, « en 2020, entre 720 et 811 millions de personnes dans le monde a été confrontée à la faim, soit environ 118 millions de personnes de plus qu’en 2019 ». Plus de la moitié de ces personnes sous-alimentées vivent en Asie, plus du tiers en Afrique et 8 % en Amérique latine. Mais la sous-alimentation existe aussi dans les pays capitalistes développés, même si cela se voit peu en raison du rôle joué par des associations caritatives. On constate en France une augmentation sensible des aides alimentaires dans les antennes du Secours Populaire Français, du Secours catholique, de la Fondation Abbé-Pierre et d’autres.

Dans certains pays, les conséquences des conflits armés se cumulent avec d’autres, imputables au réchauffement climatique. C’est notamment le cas au Yémen ; en Éthiopie dans la région du Tigré, au Soudan du sud avec certaines régions en proie à la guerre civile. À Madagascar, les sécheresses à répétition accompagnées de tempêtes de sable n’en finissent pas de réduire les récoltes au point que les habitants en viennent à manger des criquets et des feuilles de cactus.

Retard de » croissance pour 120 millions d’enfants

Selon Dominique Burgeon, directeur à Genève du bureau de la FAO, « dans certains pays, particulièrement les plus pauvres, où on a mis en place des mesures pour éviter la pandémie, les restrictions de déplacement ont empêché les petits agriculteurs d’écouler leurs productions sur les marchés », les privant aussi de revenu pour acheter des denrées qu’ils ne produisent pas. Inversement, « au niveau des villes, il a eu des problèmes d’approvisionnement » qui ont débouché sur des augmentations de prix, notamment dans les pays du Sahel.

Toujours selon Dominique Burgeon, quelque « 660 millions de personnes supplémentaires » pourraient souffrir de la faim en 2030, en partie à cause des effets à long terme de la pandémie de Covid-19 sur la sécurité alimentaire mondiale. Il note aussi que « 149 millions d’enfants de moins de cinq ans sont affectés par un retard de croissance » à cause de la malnutrition, avant de lancer cet avertissement : « Les sommets sur les systèmes alimentaires et sur la nutrition qui se tiendront dans les prochains mois sont des opportunités de remettre ces questions-là sur le devant de la scène et qu’il y a des approches beaucoup plus délibérées au niveau global pour mettre en place des portefeuilles de politiques et d’investissements qui permettent à terme de changer cette situation ».

40 % du maïs américain sert à produire de l’éthanol

Voilà qui est fort souhaitable. Mais à observer l’orientation spéculative des marchés alimentaires mondiaux face aux risques de pénurie, ce n’est pas ainsi que les choses se passent pour l’instant. On a pu observer que le prix mondial de la tonne de maïs avait augmenté de 50 % en quelques mois. On sait moins qu’aux États Unis, 40 % de la production de cette céréale, qui entre dans l’alimentation humaine comme dans celle du bétail, sert désormais à produire de l’éthanol pour faire rouler les véhicules. La même tendance est observable sur le soja brésilien et même sur le colza français pour produire du diester destiné aux moteurs diesel. Ces hausses brutales et fortes des prix des denrées agricoles pouvant être transformées en carburants réputés verts sont de nature à renchérir la production alimentaire dans les prochaines années au point de la rendre inaccessible pour un nombre sans cesse accru de ménages ne disposant que de faibles ressources.

Nous en avons déjà la preuve alors que seulement 3 % des carburants utilisés dans le monde sont d’origine agricole et proviennent essentiellement de la canne à sucre, de la betterave, du maïs, des palmiers à huile, du soja, du colza, du tournesol. Une partie vient même du blé qui sert à faire du pain pour les humains pour ce qui est du blé tendre et des pâtes alimentaires pour ce qui est du blé dur. Ajoutons que si ces « carburants verts » émettent un peu moins de CO2 que le pétrole au moment de la combustion dans le moteur, ce bilan est tronqué dans la mesure où il ne prend pas en compte le bilan carbone des labours, des engrais émetteurs de protoxyde d’azote, de l’énergie brûlée lors de la récolte, puis de la transformation en carburant, sans oublier la déforestation massive en Amazonie pour produire plus de canne, de soja et de maïs ; en Asie pour planter toujours plus de palmiers à huile.

Ce terrible constat arrive au moment où les incendies de l’été reprennent dans plusieurs régions du monde, tandis que des inondations catastrophiques sont aussi de nature à compromettre les rendements attendus des récoltes déjà impactées par les gelées du printemps en France et dans plusieurs pays d’Europe.

 

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 05:25

 

Après le milliardaire britannique Branson, c’est au tour de l’homme le plus riche du monde, fondateur et ex-PDG d’Amazon, de s’envoler vers l’espace, ce mardi, à bord de sa fusée, avec trois passagers. Un vol aux coûts exorbitants.

Neuf jours après le Britannique Richard Branson, son concurrent milliardaire Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde, fondateur et ex-PDG d’Amazon, a décollé à son tour ce mardi, à 15 heures (heure française) dans la fusée de sa société Blue Origin. La date n’a pas été choisie au hasard : le 20 juillet marquait le 52e anniversaire de l’alunissage d’Apollo 11. Partie d’un désert du Texas en direction de l’espace, la fusée avait à son bord trois autres touristes spatiaux, dont l’un a acheté, aux enchères, un siège à un prix exorbitant. Jeff Bezos était accompagné de son frère Mark et de deux passagers, à la fois le plus jeune et la plus âgée des astronautes.

Oliver Daemen, un Néerlandais de 18 ans, titulaire d’une licence de pilote privé, est le premier et seul passager payant de Blue Origin. Il est le fils du patron de la société d’investissement Somerset Capital Partners, qui a été le deuxième plus gros enchérisseur. Le vainqueur des enchères, qui a demandé à rester anonyme a, lui, payé 28 millions de dollars mais il s’envolera lors d’une prochaine mission. L’astronaute la plus âgée, invitée par Bezos, est l’aviatrice de 82 ans « Wally » Funk. Dans les années 1960, elle avait fait partie d’un groupe de femmes sélectionnées dans le cadre d’un programme de la Nasa. « J’avais fait le travail mieux et plus vite que n’importe lequel des hommes, raconte Wally Funk, mais personne ne voulait me prendre. Je ne pensais pas que j’irais là-haut un jour ! »

Bezos préparait ce vol depuis plus de vingt ans avec sa société Blue Origin, qui gère le voyage. Son entreprise a conçu une fusée réutilisable nommée New Shepard, qui possède à son sommet une capsule, dotée de hublots, capable d’accueillir jusqu’à six personnes dans un volume habitable de 15 m3.

Comme prévu, cette capsule s’est séparée de la fusée New Shepard à 75 kilomètres d’altitude, puis a continué son chemin jusqu’à 106 km, juste au-delà de la limite de l’atmosphère terrestre, afin que les quatre passagers puissent flotter quelques minutes en apesanteur et découvrir la courbure de la Terre. La capsule est alors retournée atterrir dans le désert après avoir été freinée dans sa descente par trois parachutes.

À la différence du vaisseau de Richard Branson, qui emploie une technique de propulsion à carburant solide produisant du CO2 (principal responsable du changement climatique), la fusée New Shepard de Blue Origin utilise de l’hydrogène et de l’oxygène liquide dans son moteur. Mais elle pollue, comme tous les vols suborbitaux. En dix minutes, Bezos et ses trois clients ont tout de même émis chacun l’équivalent de 75 tonnes de CO2… « Sur Terre, il y a un milliard de personnes qui n’atteignent pas ces niveaux d’émissions sur une vie entière ! » a calculé l’économiste, Lucas Chancel, ­spécialiste des inégalités et de l’environnement .

Une concurrence effrénée pour privatiser le tourisme spatial

Avec cette aventure, Jeff Bezos inscrit son nom dans l’histoire spatiale américaine. Comme Richard Branson, il a déclaré, qu’il poursuivait un rêve d’enfance. Dans les faits, il se lance dans une concurrence effrénée avec les autres ­entrepreneurs milliardaires pour privatiser le tourisme spatial, voire l’exploration de l’espace. Ses deux rivaux déclarés : Elon Musk, le patron de Tesla, qui a fondé le groupe SpaceX, et Richard Branson, le patron de Virgin Group fondateur de Virgin Galactic, qui a réalisé le premier vol suborbital habité le 11 juillet dernier. La fusée de SpaceX, trois fois plus haute que New Shepard, a déjà été mise en orbite et la mission Alpha de SpaceX vient de retourner sur la Station spatiale internationale avec Thomas Pesquet à son bord.

« Les milliardaires s’amusent… Mais le monde change ! Les propositions de vol spatial de courte durée coûtent cher. Compte tenu des lois de la physique, ils sont très dispendieux en énergie et il y a peu de pistes pour que cette empreinte écologique diminue », regrette Michel Viso, ancien responsable du programme exobiologie du Centre national d’études spatiales (Cnes). Avertissant au passage que la véritable appropriation de l’espace résultera des accords Artemis, qui concernent la Lune : « Les États-Unis font signer en catimini, en bilatéral, par les États, ces accords. Ils prévoient, en contradiction avec le traité de 1967, et quoi qu’en dise leur promoteur, de pouvoir délimiter sur la Lune une zone d’une étendue indéterminée, réservée à l’usage exclusif d’une entité (État ou ­compagnie privée). »

Si le « rêve » spatial de Jeff Bezos s’est accompli, il fera difficilement oublier ce qui se passe sur Terre chez le géant Amazon, où travaillent tant d’intérimaires : en France, ils occupent jusqu’à 64 % des postes les plus dangereux. Et selon le Strategic Organizing Center, une coalition de syndicats américains, près de 6 % des ouvriers ont été victimes d’un accident de travail en 2020. Des drames notamment dus à un système intitulé « Time Off Task » (« Temps non travaillé »), qui repère et signale ceux qui s’arrêtent un moment de travailler et provoque ainsi beaucoup de stress.

Sous couvert de poursuivre un rêve, le tourisme spatial des ultrariches emmenés par Jeff Bezos ressemble plutôt une opération mondiale de communication pour tenter de faire oublier le cauchemar quotidien des précaires surveillés dans les entrepôts d’Amazon.

 

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7 juillet 2021 3 07 /07 /juillet /2021 05:27

 

Le Haut Conseil pour le Climat vient de sortir son rapport annuel visant à évaluer les politiques climatiques de la France et émettre des recommandations. Nous voulons tout d'abord saluer le travail des scientifiques de cet organisme indépendant, véritable juge de paix concernant le respect des objectifs de l'accord de Paris de 2015.

 

Comme les années précédentes, il est très critique vis-à-vis des politiques gouvernementales, et constate que les objectifs de baisse des émissions de gaz à effet de serre ne sont pas respectés. Ainsi, de 2015 à 2018, la France a émis près de 65 millions de tonnes de CO2 au-delà de ce qu'elle avait prévu dans sa première stratégie nationale bas carbone (SNCB1). Plus grave, ces émissions en excès, doivent être compensées par des efforts accrus reportés pour les autres périodes de références (de 2019 à 2023 et de 2023 à 2027). Ainsi, à partir de 2021, les émissions devront baisser à un rythme environ 3 fois supérieurs que la période précédente (une baisse de - 3% /an contre - 1,1% constaté pour la période 2015-2018) : la marche est donc très haute !

Le gouvernant est maintenant au pied du mur et  doit cesser cette procrastination consistant à renoncer systématiquement aux efforts, pour mieux les reporter aux décennies futures, s'ajoutant ainsi aux efforts déjà programmé : c'est un cercle vicieux. Au contraire, il doit prendre ses responsabilités et engager dès maintenant les transformations structurelles profondes pour dé-carbonner les secteurs clés du bâtiment et des transports, qui progressent très peu, au lieu de capituler face aux profits à courts termes et aux habitudes bien établies et confortables des entreprises.

Aussi, comme le pointe le rapport, l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050, bien qu'ambitieux ne se limite qu'aux émissions territoriales et ne tient pas compte de l'empreinte carbone qui reflète vraiment les émissions totales de la France (incluant le différentiel de carbone contenu dans les produits et service importés, ainsi que les émissions du transport maritime et aérien international).

50% de notre empreinte carbone provient de biens importés. Si nos émissions de gaz à effet de serre ont bien diminué entre 1995 et 2019 ( -25% ), les émissions issues de biens importés ont considérablement augmentés ( + 72% ).

Le PCF vise l'objectif ambitieux d'une empreinte carbone nulle d'ici 2050, et rejoint ainsi les recommandations du rapport d'accorder plus d'importance à cet indicateur.

Dans les mois qui viennent, le Parti communiste veillera à ce que les préconisations de ce rapport soient vraiment entendues et appliquées, en particulier son appel à des transformations profondes de tous les secteurs de l'économie par un investissement public ambitieux. Le PCF propose d'ailleurs pour réussir une telle transformation, une réorientation des financements des entreprises par les banques sur des critères favorisant les mesures efficaces pour le climat.

C'est avec cet ambition que nous pourrons espérer limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré d'ici 2100.

 

 

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 05:35

 

Conférence en ligne en date du 11 mars 2021, organisée dans le cadre du cycle de conférences "Urgence Climatique : un défi scientifique, politique et social". Céline Guivarch est membre du Haut conseil pour le climat, ingénieure diplômée de l'École Polytechnique et directrice de recherche au CIRED

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20 mai 2021 4 20 /05 /mai /2021 05:33

 

Conférence en ligne en date du 4 février 2021, organisée dans le cadre du cycle de conférences "Urgence Climatique : un défi scientifique, politique et social". François-Marie Bréon est climatologue, ancien auteur du GIEC et auteur du livre Réchauffement climatique, éditions Humensciences, 2020.

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