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30 juin 2019 7 30 /06 /juin /2019 09:00

 

Présenté aujourd’hui devant l’Assemblée nationale, le texte censé donner un coup d’accélérateur à la politique climatique de la France déçoit ceux qui espéraient une hausse de l’ambition.

Rarement discussion parlementaire aura si bien collé, si ce n’est avec son temps, du moins avec le temps. Alors que la canicule attaque l’été à la racine, l’Assemblée nationale se penche, à compter d’aujourd’hui, sur le projet de loi énergie-climat. Quinze ans après que la France s’est dotée de son premier plan stratégique de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), le texte vise à donner un coup d’accélérateur à une transition énergétique qui piétine. En 2015, la loi relative à la croissance verte avait établi plusieurs objectifs en ce sens. Le nouveau projet entend les remanier à l’aune de ceux adoptés dans le cadre de l’accord de Paris. Et, déjà, des dents grincent, en dépit d’ambitions qui se veulent appétissantes.

Atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 : tel est le nouvel engagement avancé par l’État, qui marque aussi une nouvelle manière d’envisager le problème. Jusqu’à présent, les objectifs de la France en matière de réduction de GES s’affichaient de façon nette et facilement calculable : la loi de 2015 avait acté celui de les avoir réduits de 40 % d’ici à 2030 (par rapport à 1990) et divisés par quatre en 2050 (objectif baptisé facteur 4). L’opération n’est plus aussi aisée dans la nouvelle configuration proposée.

Techniquement, il s’agit de faire en sorte que, dans une trentaine d’années, la France, via ses activités industrielles et ses infrastructures, n’émette pas plus de GES qu’elle ne peut en absorber, entre autres grâce à ses puits de carbone naturels – forêts, zones humides, etc. Or, l’envergure de ces derniers fluctue rapidement dans l’espace et le temps, et avec elle leur capacité d’absorption. En février, à l’heure de présenter le projet, le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, affirmait qu’atteindre la neutralité carbone en 2050 impliquait d’avoir divisé par huit le niveau d’émissions du pays. Amendé en commission parlementaire, le texte n’évoque plus qu’« un facteur supérieur à six ». Il déçoit d’autant plus ceux qui misaient sur des efforts importants de la part de l’Hexagone que l’échéance de 2050 sonne à leurs oreilles comme une néfaste remise à plus tard. Les ONG rassemblées au sein du Réseau action climat (RAC) espéraient avancer cette échéance à 2040 : elles n’ont pas eu gain de cause, pas plus qu’elles n’ont obtenu, pour l’heure, le renforcement des engagements à court terme.

De fait, le projet a beau inscrire « l’urgence écologique et climatique » en tête de ses objectifs, il déçoit, et les mesures envisagées concrètement déçoivent à l’avenant. Les ONG environnementales ne sont pas seules, au reste, à manifester leur frustration. Par exemple, face au rejet de la proposition d’interdire progressivement la mise en location des passoires thermiques, ces logements impossibles à chauffer, consommateurs d’énergie et générateurs de précarité.

Côté production énergétique, le projet de loi laisse, enfin et là encore, beaucoup d’acteurs sur leur faim. Le flou maintenu autour de la fermeture des centrales à charbon de Cordemais et du Havre est de nature à ne satisfaire personne, à commencer par les travailleurs des centrales, qui manifestaient la semaine dernière à l’appel de la CGT pour exiger « une information large pour tous les salariés impactés par ces fermetures ». La validation du report de 2025 à 2035 de l’objectif de ramener la part du nucléaire à 50 %, contre plus de 70 %, enfin, divise les forces sociales. Certaines y voient un répit accordé à une énergie de fait décarbonée. D’autres un nouveau report de l’essor des énergies renouvelables.

Marie-Noëlle Bertrand

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26 juin 2019 3 26 /06 /juin /2019 07:23

L'été va être meurtrier et il va l'être principalement pour les plus vulnérables. Ce sont en effet en premier lieu les plus fragiles qui vont être exposés aux conséquences des fortes chaleurs et du réchauffement climatique

L'été va être meurtrier et il va l'être principalement pour les plus vulnérables. Ce sont en effet en premier lieu les plus fragiles qui vont être exposés aux conséquences des fortes chaleurs et du réchauffement climatique.

Face à l'urgence climatique, les mesures annoncées par le gouvernement sont clairement insuffisantes et des actions fortes s'imposent. Il nous faut atteindre des objectifs chiffrés de réduction de gaz à effet de serre. Pour cela, le PCF propose une mesure simple, efficace et immédiate : la gratuité des transports en commun.

Le PCF fait par ailleurs plusieurs propositions pour lutter contre le réchauffement climatique et l'inaction du gouvernement :

  • Péages gratuits et TVA à 0% pour le fret ferroviaire,
  • Multiplication par 10 du budget de l’ANAH pour un vrai service public de rénovation énergétique des logements,
  • Bonus-malus sur les achats de voitures neuves en fonction du poids,
  • Moratoire sur la fermeture des petites lignes ferroviaires, plan d’investissement pour les transports publics,
  • Multiplication par 10 du budget vélo de l’Etat,
  • Dotation aux collectivités de 3 milliards par an pour la rénovation énergétique des bâtiments publics,
  • Plan d’investissement pour la création d’espaces logistiques urbains.
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24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 15:44

 

Selon le Bureau de recherches géologiques et minières, le niveau des nappes souterraines de Bourgogne-Franche-Comté, de la Région Auvergne Rhône-Alpes et de quelques autres zones est anormalement bas en ce début d’été que l’on nous promet chaud. Une situation préoccupante dans un pays ou 68 % de l’eau potable et environ le tiers de l’eau d’irrigation sont pompées dans les nappes souterraines. La situation est beaucoup plus préoccupante dans de nombreux pays du monde plus densément peuplés que la France. L’accès à l’eau potable sera l’un des grands enjeux de ce siècle alors que la population mondiale va croître de 20 % d’ici 2050.

 

L’Organisation des Nations Unies (ONU) vient de faire savoir que la population mondiale a augmenté de 2 milliards de personnes en trente ans atteignant 9,7 milliards d’humains en 2050. Cela nous donne une progression proche de 20 % en trois décennies. La population de l’Inde augmentera de 19 %, celle du Pakistan de 53 %, celle de l’Égypte de 56 %, celle de l’Irak de 76 %. Celle de l’Afrique dans sa globalité augmentera de 100 %, dont 95 % pour le Nigeria, le pays le plus peuplé de ce continent. D’ici cette date, beaucoup de ce pays seront sévèrement impactés par les conséquences du réchauffement climatique. Certains sont déjà dans une situation de déficit sévère concernant la production agricole tandis que leurs faibles ressources en eau douce compliquent déjà la vie de la population, comme le montrait, en page 16 de l’Humanité du 18 juin, l’article d'Eric Serres consacré à l’Inde.

Des nappes phréatiques au plus bas dans de nombreux pays

Même la France, bien que nettement mieux pourvu que l’immense majorité de la planète concernant les ressources en eau, aille devoir apprendre à mieux gérer cette ressource, à commencer par les réserves des nappes phréatiques de son sous-sol. Selon un document du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) rendu public le 18 juin, « Les eaux souterraines, c’est 68 % de la consommation d’eau potable en France métropolitaine et plus du tiers de celle du monde agricole. Ailleurs dans le monde, de nombreuses nappes phréatiques sont déjà au plus bas dans des pays très peuplés comme la Chine, l’Inde, le Pakistan, l’Iran, l’Irak, le pourtour méditerranéen d’une façon générale. L’Espagne, notre voisin du sud, est le principal exportateur de fruits et légumes dans l’Union européenne. En raison du développement des cultures irriguées depuis est entrée dans le marché commun agricole, l’Espagne voit ses nappes souterraines s’assécher progressivement et le cours de certains fleuves manquent de débit de manière préoccupante.

En France, selon le BRGM, le plus haut niveau des eaux dans les nappes souterraines pour 2019 a été enregistré au mois de février. Le document faisant état du niveau de ces mêmes nappes à l’approche de l’été indique que « durant le mois de mai 2019, le début de la vidange se confirme pour l’ensemble des nappes, avec des niveaux généralement en baisse ou stable (…) A noter que certains secteurs n’ont pas enregistré de recharge pendant la période hivernale, notamment en Bourgogne-Franche-Comté et en Auvergne Rhône-Alpes ». En raison de bonnes pluies hivernales, « les nappes des alluvions côtières de Provence-Alpes-Côte d’Azur et de Corse sont les seules à se retrouver au-dessus des moyennes de mai », souligne le document du BRGM.

Inversement, « les nappes des alluvions du sud de l’Alsace, de Bourgogne, du Rhône amont, ainsi que la nappe des calcaires du Berry présentent des niveaux peu favorables, parfois proches des minima enregistrés pour un mois de mai ». Les pluies assez abondantes durant la première décade de mai ont, selon le BRGM, fait que « de légères recharges ont été enregistrées, avant que les tendances ne repartent à la baisse en Normandie, Hauts de France, Ile-de-France, Champagne et Lorraine (…) Les apports n’ont cependant pas été suffisants pour que les niveaux mensuels moyens s’orientent à la hausse ».

25 projets de recherche et développement mis en route par le BRGM

Lors d’une rencontre avec la presse dans le cadre de la journée d’étude qui se tenait à Paris le 18 juin, Nathalie Dorfliger, directrice de programme scientifique au BRGM, a indiqué que ses services travaillaient sur la gestion des aquifères en prenant en compte une réduction probable de leur alimentation via l’infiltration des eaux de pluies là où les précipitations pourraient diminuer en lien avec le réchauffement climatique. Au niveau du BRGM quelque 25 projets de recherche et développement ont été mis en route. Ils sont « centrés sur les approches sociales économiques de l’eau ces dernières années. La demande et les financements proviennent des syndicats mixtes de gestion des eaux, de l’Agence française pour la bio diversité (ministère de la transition écologique et solidaire) du BRGM sur fonds propres, de l’Union européenne ou encore de l’Agence nationale de la recherche. Ils ciblent trois domaines d’application principaux : la gestion intégrée des ressources en eau à l’échelle des bassins-versants, la gestion de l’environnement e contexte urbain (eau, sols, friches industrielles), enfin les risques naturels et le changement climatique ».

Nathalie Dorfliger a estimé de trop d’eau de pluie partait en ruissellement au regard de la proportion qui s’infiltre dans les sols. Alors que l’on nous promet de températures élevées et de nouveaux orages pour les prochains jours, il est probable que les pluies estivales seront plus dévastatrices pour les sols, du fait du ruissellement, qu’utiles pour l’alimentation des nappes souterraines. Nathalie Dorfliger a évoqué des solutions à construire comme la mise en place de « puisards » alimentés par ces eaux de pluies ou par celles de certains cours d’eau ou de barrages en période de hautes eaux afin de produire de l’infiltration. Des techniques de ce genre seraient déjà mises en place aux États Unis et en Australie, deux pays qui sont déjà sérieusement concernés par le stress hydrique.

« Nous allons vers une diminution des précipitations alors que nous sommes confrontés à des besoins réguliers en eau potable et que la consommation de l’agriculture sera augmentation pour les mêmes raisons », a expliqué Nathalie Dorfliger ajoutant que plus le niveau des nappes souterraines baisse, plus la recharge est lente par la suite. En attendant, il est possible que certaines régions françaises soient soumises aux restrictions d’eau dans les prochaines semaines

 

 

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18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 13:24

 

Urgence climatique. Ces mots raisonnent comme une évidence depuis plusieurs années. Pourtant, rien ne bouge. Pire, alors que les statistiques macabres s’accumulent sur les bureaux des décideurs politiques, les décisions prises vont à rebours de la gravité de la situation. Le compte à rebours a commencé.

La dernière étude publiée par la revue European Heart Journal indique que la pollution est responsable de 8,8 millions de morts prématurées chaque année dans le monde. La pollution tue plus que le tabac ! En France, les chiffres font froid dans le dos, on parle de 67.000 décès en 2018. Le taux de mortalité, en Europe, pour cause de pollution est de 133 décès pour 100.000 habitants, alors que la moyenne mondiale est de 120. Allons-nous continuer longtemps à regarder notre planète périr sans agir ?

Et la SNCF dans tout ça.

Qui de mieux placé qu’une entreprise publique de transport de marchandises pour mener une politique ambitieuse de lutte contre le réchauffement climatique en développant le fret ferroviaire ?

Pourtant, alors que le dernier rapport du GIEC (octobre 2018) indique que pour limiter la hausse des températures en deçà de 1,5 degrés il faut baisser les émissions de CO2 de 45% d’ici 2030, la SNCF fait le choix de sacrifier le fret ferroviaire au profit de sa filiale de transport routier Géodis. Irresponsable.

Lors de la réunion des managers de Géodis à Rotterdam, en février dernier, la filiale de la SNCF a révélé le montant de son chiffre d’affaires pour 2018 : 8,2 milliards d’euros, soit une hausse de 4% par rapport à l’année précédente. Pour les 5 prochaines années, Géodis se fixe comme objectif une croissance de 20% de son CA. Tant pis pour la planète !

Dans le même temps, le fret ferroviaire se meurt. En 10 ans, le nombre de cheminots a été divisé par deux, la part de marchandises transportée par rail est tombée sous la barre des 10% et les triages ferment les uns après les autres. Pas plus tard que cette semaine, la SNCF a démonté le dernier embranchement présent sur la ligne Troyes-Saint Florentin et qui permettait d’acheminer des céréales. Désormais le chargement sera fait par camions ! Pour rappel un camion de 35 wagons, c’est 55 camions de 32 tonnes !

Depuis des années, la SNCF, avec la complaisance des différents pouvoirs politiques, joue un jeu de dupes. Elle affiche un discours écolo en façade, mais multiplie les camions sur les routes en supprimant les trains de marchandises. Plus de 1,6 millions sont chaque année jetés sur nos routes !

La pollution n’est pas inéluctable. Rien n’est gravé dans le marbre, il est encore temps d’agir. Collectivement, nous pouvons changer les choses. Des choix s’imposent, à contre-courant des orientations libérales actuelles. C’est le prix à payer pour sauver notre planète et assurer aux générations futures une vie décente, dans un environnement sain.

Au court-termisme du profit, opposons une ambition de développement durable, qui protège nos ressources naturelles, et assure à l’intérêt général une prédominance sur l’argent de quelques-uns.

Il faut taper fort et vite. Le temps des demies mesures est révolu.

Thomas Portes, responsable national du PCF en charge du collectif des cheminots communiste

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19 février 2019 2 19 /02 /février /2019 06:42

 

La volonté d'assimiler les gilets jaunes et plus largement la France populaire à « ceux qui fument des clopes et roulent au diesel », selon les mots imbéciles de Jean-Claude Griveaux, qui n'en est pas avare, a fait long feu. C'était tentant et tellement facile de faire des plus modestes qui ont besoin de leur voiture des drogués du carbone, responsables de l'effet de serre et de la fonte de la banquise. Mais on attend toujours que l'on parle de ceux qui se gavent de dividendes, selon les mots cette fois de Dominique Plihon, coordinateur du récent rapport d'Attac France intitulé sans ambiguïté « Les grandes entreprises françaises, un impact désastreux pour la société et la planète».

 

On pourrait sans dommages entendre comme un écho de cette phase de Marx, qui écrivait que « le capitalisme se développe en épuisant les deux sources de toute richesse, la terre et les hommes ». Ce n'est pas tout à fait vrai. Le productivisme des pays qui se sont réclamés du socialisme au siècle précédent n'était pas en reste. Mais la réalité d'aujourd'hui, c'est que plus de la moitié des grandes entreprises qui s'étaient engagées à réduire leur empreinte carbone il y a trois ans ont déclaré des émissions de gaz à effet de serre en hausse. En 2017 les banques françaises ont consacré 70 % de leurs investissements énergétiques aux énergies fossiles, contre 20 % aux renouvelables.

 

Les marches sur le climat ou, comme ce week-end à Paris, le forum de l'après-midi à République sont apparus après la démission de Nicolas Hulot. Mais il ne s'agit pas de l'affaire d'un homme dont le départ était en soi un message fort. Il faut faire plus, beaucoup plus. Il nous faut mesurer et faire mesurer ce qui se passe, non seulement en France mais dans le monde. Après nous, le déluge, disent aussi bien Trump que Bolsonaro, ou que les grands groupes uniquement préoccupés de leurs actionnaires. Emmanuel Macron fait-il mieux ?

 

On ne peut servir deux maîtres à la fois. L'argent et la planète. Les hommes et le capital. Voilà un thème de débat et il est déjà en cours.

 

 

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17 février 2019 7 17 /02 /février /2019 06:33

 

Le gaz de schiste va-t-il être le sauveur énergétique des États-Unis ? Les derniers chiffres auraient tendance à le démontrer, mais reflètent-ils la réalité ?

Gazoducs et usines de liquéfaction se multiplient un peu partout aux États-Unis. La ruée vers l’or noir schisteux est en effet en plein boom et, avec les exportations, le Mexique, le Canada, mais aussi l’Europe ou encore la Chine en sont à ce jour les bénéficiaires. Résultats : En 2017, les États-Unis sont ainsi devenus exportateurs de gaz et devraient le rester encore une dizaine d’années. Et fin 2018, ce sont les exportations de pétrole brut qui ont dépassé leurs importations, et ce, pour la première fois depuis plus de soixante ans.

Dès 2020, les États-Unis devraient être un exportateur majeur

Cette nouvelle, qui n’a rien de réjouissant d’un point de vue écologique, devrait en entraîner d’autres. Notamment celle de voir les États-Unis devenir, d’ici peu, totalement indépendants d’un point de vue énergétique. Selon les estimations de l’Energy Information Administration (EIA), dès 2020, le pays devrait même être un exportateur de premier choix et dépasser dès 2025 les productions cumulées de la Russie et de l’Arabie saoudite. L’administration américaine, pas en reste, estime même que cette courbe ascendante est encore loin d’avoir atteint son pic, fixé à 2050.

Interrogé par les Échos, Artem Abramov, analyste chez Rystad Energy, estime ainsi que « tant que les prix moyens restent au-dessus de 50 dollars le baril, la tendance positive pour la production américaine persistera », avant d’ajouter que « les réserves ne sont pas près de se tarir. Même dans les bassins les plus matures du Texas et du Dakota du Nord, environ 70 % des ressources économiquement exploitables sont encore à développer ».

Pourtant, derrière ces prévisions réjouissantes pour le président américain, chantre du charbon et des hydrocarbures non conventionnels, se cachent quelques fractures. D’après DeSmogBlog, site américain qui lutte contre la désinformation à propos du climat, les réserves de pétrole et de gaz de schiste seraient largement surestimées, ou tout au moins approximatives : « Dès 2011, le New York Times s’inquiétait déjà de la fiabilité des réserves prouvées de gaz de schiste des États-Unis. Ces réserves sont les estimations des réserves de pétrole et de gaz que les foreurs indiquent aux investisseurs qu’ils seront en mesure d’exploiter. » Or, toujours d’après le New York Times, ces réserves « prouvées », sur lesquelles les investisseurs et les sociétés pipelinières misent, pourraient potentiellement être beaucoup moins exploitables qu’il n’y paraît. Une ombre sur l’avenir soi-disant prometteur de l’industrie pétrolière et gazière américaine. Car, d’après ce site écologique, ces réserves « prouvées » non mises en valeur représenteraient en moyenne un peu plus de la moitié des réserves de pétrole des quarante sociétés de forage actives dans les bassins de gaz de schiste à l’échelle nationale.

« Les banques préfèrent fermer les yeux »

Pis, dans le bassin permien du Texas et du Nouveau-Mexique – le plus grand bassin pétrolier au monde –, cela irait même jusqu’à 47 % des réserves. Mais pourquoi dès lors tous ces petits mensonges ? DeSmogBlog a une réponse : « Les sociétés pétrolières ont de nombreuses raisons de présenter un tableau aussi merveilleux… Une fois qu’un prêt est consenti, les prêteurs sont peu enclins à demander leur retour sur investissement dans l’espoir de pouvoir être remboursés. Au lieu de s’en prendre aux entreprises pour avoir poussé leurs chiffres à la hausse, les banques préfèrent fermer les yeux. » Une bulle financière qui pourrait exploser à tout moment.

 

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