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14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 06:57
Face à la situation sanitaire grave que nous vivons dans notre pays, le système capitaliste est incapable d'apporter des réponses efficaces et d'assurer la santé et la sécurité de la population. D’ailleurs, ceci explique le manque de lisibilité et de cohérence des choix du gouvernement sur le terrain sanitaire. Le gouvernement et le patronat font le choix du capital au prix des vies humaines, alors que les profits et dividendes explosent. Ils organisent la casse des emplois, du potentiel industriel, des services publics et nationalisés,de notre système de santé. Ils baissent nos pensions, développent la précarité chez les retraités et bafouent nos libertés en essayant de nous confiner totalement. L’ensemble de ses éléments entraîne une détérioration
des conditions de vie des retraités sans précédent.
Même si le contexte ne facilite pas l’action syndicale, l’union confédérale des retraités Cgt a pris l’initiative de proposer une journée d’action le 17 novembre prochain, accompagnée d’une carte pétition pour exiger une revalorisation des pensions, avec pour 1ère mesure une augmentation immédiate de 100€ pour tous ! Ces 2 initiatives sont aujourd’hui partagées par l’ensemble des organisations syndicales et associations avec lesquels nous sommes engagés dans un processus
unitaire depuis 2014 !
L’intersyndicale des retraités du Finistère qui s’est réunie le 10 novembre a décidé au regard du confinement:
La fédération PCF du Finistère soutient l'action de l’intersyndicale des retraités du Finistère qui a décidé au regard du confinement:

1/ D’inviter tous les retraités à soutenir la motion (en pièce jointe) en direction des députés, en l’envoyant individuellement par messagerie électronique au député de leur circonscription. Merci de bien vouloir mettre en copie l’USR via l’adresse suivante : usrcgt29@wanadoo.fr
erwan.balanant@assemblee-nationale.fr
didier.legac@assemblee-nationale.fr
richard.ferrand@assemblee-nationale.fr
annaig.lemeur@assemblee-nationale.fr
jean-charles.larsonneur@assemblee-nationale.fr
graziella.melchior@assemblee-nationale.fr
sandrine.lefeur@assemblee-nationale.fr
liliana.tanguy@assemblee-nationale.fr
 
Motion des organisations syndicales et associatives de retraité/es du Finistère aux député/es du département
 
Pendant la 1ère vague de la pandémie de la Covid 19, plus de 80% des personnes décédées sont des retraité.e.s de plus de 65 ans. De cette hécatombe, un nombre significatif de décès témoigne des conséquences de plus de 15 ans de politiques d’austérité imposées par tous les gouvernements successifs à notre système de santé, qui est au bord de l’effondrement.
La 2ème vague en cours de la pandémie confirme que le gouvernement actuel a fait le choix de ne pas donner les moyens nécessaires en personnels, matériels, rémunérations et investissements pour préserver la vie des plus vulnérables. Contrairement aux promesses du Président après la première vague de Covid 19, les suppressions de lits à l'hôpital public se poursuivent au même rythme que les années précédentes.
Il est clair que les intérêts économiques sont privilégiés au détriment de la santé de la population au regard des choix effectués. Comme si ce bilan provisoire douloureux ne suffisait pas, une campagne de culpabilisation des retraité.e.s se développe. Certains médias insistent lourdement : « pendant la crise du Covid, les retraité.e.s ne voient pas leurs revenus diminuer contrairement à ceux/celles en chômage partiel ou ayant perdu leur emploi».
C’est oublier que, ces dernières années, les revenus des retraité.e.s ont largement été réduits par la hausse de la CSG, le gel des pensions et des complémentaires, leur sous-indexation par rapport à l’évolution du salaire moyen ou de l’inflation réelle : ces 12 dernières années, les prix ont augmenté de 13 % et les pensions nettes seulement de 8,60 %. D’après un rapport officiel, le niveau de vie moyen des retraité.e.s a diminué de plus de 3 % entre 2017 et 2018. En réalité, depuis l’arrivée au pouvoir du Président Macron, les pensions ont perdu 5,5 % de leur pouvoir d’achat. Une pension mensuelle sur 3 est inférieure à 1000 €.
Du fait de l’absence de revalorisation réelle depuis 7 ans, la pension nette de plusieurs millions de retraité.e.s est inférieure à celle qu’ils/elles percevaient au 01/04/2013, date de la dernière revalorisation. Ce ne sont pas les pseudos revalorisations de cette année de 0,3 % ou de 1 % (pour les pensions inférieures à 2000 €) ou encore celle hypothétique de 0,4 % de l’an prochain, qui vont compenser les pertes continues et successives du pouvoir d’achat des retraité.e.s !
Dans le cadre de la création de la 5ème branche de la Sécurité sociale dédiée à la perte d’autonomie des personnes âgées et handicapées, promulguée le 07/08/2020, Laurent Vachey a remis son rapport « La branche autonomie : périmètre, gouvernance et financement » le 14/09 au gouvernement, le 15/09 au parlement et le 17/09 l’a présenté à la télévision.
Pour le financement de cette branche, il préconise les mesures suivantes impactant directement les revenus des retraité.e.s :
1. augmentation de la CSG de plus de 10 %, de 8,3 % au niveau de celle des actifs soit 9.2 % ;
2. calcul de l’impôt sur le revenu = abattement de 10 % ramené à 5 % pour les retraité.e.s rendant des milliers de retraité.e.s imposables, leur supprimant l’accès à certaines dispositions réservées aux non imposables et augmentant l’impôt des déjà imposables ;
3. instauration d’une nouvelle « journée de solidarité » (1 jour de congé en moins pour les actifs) sous forme d’un doublement de la CASA (contribution additionnelle de solidarité autonomie passant de 0,3 à 0,6 %) prélevée sur les pensions ;
4. pour les plus de 70 ans ayant recours à une aide à domicile, application d’une cotisation patronale (fin de l’exonération actuelle) et limitation du crédit d’impôt à 6000 €, pénalisant les personnes ayant besoin de plus de 40 minutes d’aide par jour ;
5. abaissement du plafond de la réduction fiscale au titre des frais de dépendance et d’hébergement pour les personnes âgées accueillies en établissement ; 6. nouveau mode de calcul de l’APA (aide personnalisée pour l’autonomie) pour les personnes dépendantes bénéficiaires avec prise en compte du patrimoine, etc … Au total, ce serait environ 4,2 milliards pris aux retraité.e.s, soit 70 % des 6 milliards nécessaires à une future loi sur le « grand âge » par ailleurs renvoyée à la fin de la mandature actuelle !
Ces mesures seraient un véritable racket contre les salarié.e.s et surtout les retraité.e.s, qui devraient encore une fois payer la note, comme s’ils/elles étaient responsables de la crise sanitaire et du chômage ! Elles sont inacceptables, car elles remettent en cause nos droits fondamentaux, dont celui de percevoir une pension à la revalorisation régulière garantie, pour laquelle nous avons cotisé toute notre vie professionnelle.
Nous ne voulons pas qu’elle soit remplacée par une allocation ou prestation sociale évoluant selon les possibilités budgétaires édictées par le bon vouloir de nos gouvernants et le patronat. Non à la charité ! Oui à la dignité ! Parce qu’une fois de plus le gouvernement a l’intention de s’attaquer au pouvoir d’achat des retraité.e.s, sept de leurs organisations syndicales et associatives ont décidé de s’adresser à vous, ce 17 novembre 2020, dans les départements, sous des formes diverses dictées par ce deuxième confinement, en vous rappelant nos revendications : • Non à la perte du pouvoir d’achat • 100 euros tout de suite pour rattraper notre pouvoir d’achat • Revalorisation des pensions indexée sur le salaire moyen • Accès à la santé pour tous • Prise en charge de la perte d’autonomie à 100 % dans la branche maladie de la Sécurité sociale
 
Pour les organisations syndicales et associatives de retraité.e.s du Finistère :
UCR-CGT: Gilbert Phelep = gpcgt29@wanadoo.fr
FGR-FP : Michelle Lollier = michelle.lollier@wanadoo.fr
UCR-FO : Patrick Velin = velin.patrick@orange.fr SFR-FSU :
Christian Caradec = christian.caradec@gmail.com
LSR : Marcel Denes = marcel.denes@orange.fr
Solidaires-UNIRS : Raymond Biger = r-c-biger@orange.fr
 
Le 17 novembre 2020

2/ De signer massivement la pétition en ligne sur la plateforme chang.org en cliquant sur le lien: http://chng.it/nyRF6DWT4w
 
Le PCF propose une réforme pour une retraite à 60 ans avec un minimum garanti à 1500 euros. Ce que la France d’après-guerre et en pleine reconstruction, à réussi à faire avec la création de la Sécurité sociale sous l’impulsion du ministre communiste Ambroise Croizat, nous pouvons le faire . La France aujourd’hui est beaucoup plus riche. Mais il faut aller chercher ces richesses accaparées par la finance et les plus privilégiés. 
Mettre fin au régime spécial de la finance : pour une cotisation révolutionnaire ! Les revenus financiers perçus par les entreprises sont totalement exonérés de cotisation. Nous proposons de les taxer comme les autres revenus à hauteur de 10,45 %. Cela rapporterait 30 milliards à notre système de retraites. 
Supprimer les exonérations de cotisations patronales inutiles dans la lutte contre le chômage
Modulation des cotisations patronales en fonction de critères sociaux (emplois et salaire) et environnementaux Plus une entreprise investit dans l’emploi, augmente les salaires de ses salariés et respectent les normes environnementales et plus ses cotisations seront modulées à la baisse et inversement.
 
 
La fédération PCF du Finistère soutient l'action de l’intersyndicale des retraités du Finistère - interpellez les 8 députés LREM du Finistère et signez la pétition en ligne

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9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 06:00
Défis et atout de la pêche maritime française dans le cadre européen, Olivier Penhoat (revue Progressistes, septembre 2020)

PROGRESSISTES, revue intellectuelle et d'idées du PCF

Economie et écologie des mers et océans (N°28), N° 28

La pêche reste un secteur économique important. Mais coincée entre gros armements, règles européennes, Brexit et stigmatisation écologiste, elle est en crise… Ou en transition?

*Olivier Penhoat est politiste, fonctionnaire territorial (et adhérent du PCF dans le Finistère)

À l’instar du monde agricole, dans la seconde moitié du XXe siècle la France avait réussi à bâtir un secteur de pêche artisanal rentable et diversifié en termes de pratiques, d’espèces ciblées, de zones de pêche. La flotte française a rapidement réalisé sa modernisation après-guerre, puis a pleinement bénéficié de la politique commune de la pêche au travers d’un accès privilégié à des quotas dans toute la zone économique exclusive communautaire. Les producteurs disposaient d’une relative autonomie à l’égard des entreprises de transformation, faisant vivre des territoires littoraux. Cette dynamique s’est retournée dans le courant des années 1990. La pression exercée sur la ressource par des flottilles trop nombreuses et trop puissantes a rendu inexorable une restructuration du secteur, avec la mise à la casse de nombreux navires (un tiers des navires ont disparu depuis 1995) et un renforcement progressif des mesures de régulation de l’activité et de gestion des stocks[1]. La mémoire de ces épisodes, au-delà du mouvement de l’hiver 1993-1994, est encore vive. Elle a généré dans le secteur une crainte exacerbée de la disparition dans un contexte où les défis auxquels les activités font face sont lourds et inédits.

LA DÉSTABILISATION ÉCONOMIQUE DU MODÈLE ARTISANAL

La disparition progressive des aides communautaires en faveur des navires[2]a entraîné un vieillissement généralisé d’une flottille désormais hors d’âge, avec des outils qui atteignent en moyenne 30 ans[3]. Ces navires sont accidentogènes, les conditions de travail à leur bord sont pénibles et ils sont très dépendants des énergies fossiles, de sorte que chaque épisode de tension sur les prix du pétrole affecte directement leur rentabilité dans la mesure où le système de vente dominant, en criée, ne prend pas bien en compte les coûts de production. Le rétablissement progressif des stocks et la réduction de la flotte offrent, en dehors de ces épisodes, des conditions de rentabilité satisfaisantes, mais les retards pris dans le renouvellement de la flotte à l’issue de deux décennies de restructuration en réduisent significativement le bénéfice (coûts de maintenance et pertes liées à l’immobilisation). Les premiers touchés sont les patrons artisans indépendants de navires de 10 à 24 m, dont les capacités d’investissement individuelles sont limitées et qui n’ont pas de partenaires capitalistiques. D’autant qu’un nouveau navire coûte plusieurs millions d’euros et que l’entrée dans la filière, qui se fait par l’acquisition d’un navire d’occasion, suscite un endettement important liée à la monétisation par les cédants des antériorités de pêche associées au navire[4]. Au travers de la figure du patron artisan et des flottilles concernées, c’est le modèle type national de la pêche française qui est bousculé. Le secteur peine à recruter, à retenir ses marins et ses patrons, et son renouvellement à long terme n’est pas garanti.

UNE IMAGE TERNIE…

Une part de ces difficultés a également pour origine une image qui s’est beaucoup dégradée dans l’opinion publique : à l’image de l’aventurier téméraire et libre a succédé le sentiment que les pêcheurs dégradaient profondément l’environnement. Les débats autour de la pêche de grands fonds ont montré combien cette image n’était plus l’apanage des pêcheries ciblant ou capturant accidentellement d’emblématiques mammifères marins[5].

Les associations environnementales sont maintenant très influentes dans la définition des politiques de la pêche. Outre l’extension des aires marines protégées, elles promeuvent un agenda complet de gestion des pêches : objectifs de gestion des stocks, élimination des « subventions néfastes » et promotion d’une petite pêche côtière très loin du modèle artisanal hexagonal[6].

… MALGRÉ UNE CONSOMMATION CROISSANTE ET SOUTENUE

.À ce stade, toutefois, la bataille de l’image n’a pas complètement bouleversé les pratiques de consommation des Français. Le marché national des produits de la mer est un atout important du secteur. Avec 33 kg par an et par habitant, la France est un des premiers marchés au monde. Comme celui de l’Europe, il est fortement déficitaire, à hauteur des deux tiers. Avec le Brexit, la part des importations assurée par des pays en dehors de l’espace européen (UE et AELE [7] ) deviendra majoritaire. Dans un contexte mondial de demande croissante – la demande en produits de la mer a doublé en cinquante ans – , cette demande, sur le plan national ou à l’exportation, devrait rester dynamique, sous réserve de s’adapter aux nouvelles pratiques des consommateurs. Les produits, qui bénéficient d’une image positive en raison de leur qualité alimentaire devraient jouer dans les prochaines décennies un rôle majeur dans l’équation alimentaire mondiale du fait du meilleur bilan environnemental de la protéine animale issue de la mer[8]. Pour l’Europe, et la France en particulier, l’équation, dans un contexte de Brexit, sera complexe avec la nécessité de sécuriser des apports qui ont toutes les chances d’être de plus en plus disputés.

LE RÔLE DÉCISIF DE L’EUROPE POUR L’AVENIR DU SECTEUR

La situation économique de la pêche artisanale française n’est pas insoluble. Une dynamique positive, dans les régions comme au plan national, est à l’œuvre, avec des initiatives porteuses d’espoir. Mais durant les prochains mois les yeux du secteur seront d’abord braqués sur Bruxelles, où une série de dossiers majeurs doivent être arbitrés.

Les enjeux pour la pêche de la sortie du Royaume-Uni de l’UE ont été abondamment soulignés : la dépendance de nos pêcheurs à ses zones de pêche et la dépendance symétrique de ses opérateurs au marché communautaire. Au-delà du degré d’ouverture des eaux britanniques et des conditions d’accès à celles-ci, les enjeux du retrait britannique quant à la gestion de la ressource ont été moins soulignés. Or, dans la mesure où la plupart des stocks chevauchent les deux zones économiques exclusives, il est tout aussi impératif de fixer un cadre commun, avec des objectifs de gestion et des instances de gouvernance s’inscrivant dans la durée. L’ampleur des questions à traiter d’ici à la fin de la période de transition, qui court jusqu’au 31 décembre 2020 et pendant laquelle les règles communautaires continuent à s’appliquer, rend un tel accord très difficile. Surtout, le secteur britannique qui a beaucoup appuyé le mouvement du « Leave » pousse en faveur d’une dérégulation, alors que pour l’UE la convergence du cadre futur avec les règles de la politique commune des pêches (PCP) est une condition de survie de celle-ci.

Dans le même temps, l’Union doit adopter son premier budget pour la période 2021-2027 et, pour ce qui concerne la pêche, celui du fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP). Or ce débat ne s’est pas ouvert sur des perspectives rassurantes : budget global et du FEAMP en baisse; réduction des aides aux navires comme au reste de la filière, avec de nouvelles interdictions et l’élimination de certaines catégories de subventions ; nouvelles priorités maritimes… Les négociations viennent de s’ouvrir entre le Parlement et le Conseil; il serait souhaitable que le budget garantisse des moyens permettant le renouvellement de la flotte, en particulier sa transition énergétique, et conforte la mise en œuvre de la PCP (contrôles, évaluation des stocks aujourd’hui lacunaires). Le prochain FEAMP doit permettre à la filière dans son ensemble de réaliser sa transition environnementale en s’adaptant au Brexit. Les défis ne sont pas minces.

En définitive, la négociation du prochain FEAMP n’est que le prologue du débat qui va s’ouvrir rapidement sur la politique commune des pêches, dont une révision est attendue pour 2023. Il y a certainement beaucoup à faire pour améliorer les modalités de gestion en prenant davantage en compte les relations entre espèces dans une approche écosystémique. Dans un contexte de bouleversement environnemental, les dispositifs devront aussi gagner en agilité, et certains instruments qui ont montré leurs limites, comme les règles de jauge qui freinent l’adaptation de la flotte, doivent être réformés. Si l’UE confirme sa préférence libre-échangiste et maintient un tel degré d’ouverture de son marché, elle doit mettre ses opérateurs dans des conditions de concurrence équitable, et ne pas réduire unilatéralement ses instruments d’intervention propres, notamment de marché, dans un contexte international bien moins stable qu’il y a une décennie.

Enfin, il est maintenant clair que le changement climatique et les pollutions de l’eau ont tout autant d’impacts sur les stocks que la pression de pêche. Notre avenir alimentaire, et celui de la pêche, sont également en jeu dans ces combats qui se jouent à terre.

 

La notion de stock provient du vocabulaire de gestion de la pêche. Il s’agit de la partie exploitable de la population d’une espèce dans une zone donnée. Le stock ne comprend ni les œufs, ni les larves, ni les juvéniles n’ayant pas atteint une taille suffisante pour être capturés. Il peut y avoir plusieurs stocks pour une même espèce : si des sous-groupes d’une même espèce vivent dans des zones différentes et qu’ils n’ont pas ou peu d’échanges entre eux, on dit qu’ils appartiennent à des stocks différents. Ainsi, les langoustines de mer Celtique et les langoustines du golfe de Gascogne, qui n’ont aucun échange, sont étudiées séparément : bien que de la même espèce, on considère qu’elles appartiennent à deux stocks distincts -https://wwz.ifremer.fr/peche/Le-role-de-lIfremer/Expertise/Diagnostics/Notions-de-base/Definitio n-d-un-stock [consulté le 2 mars 2020].
Les aides à la construction ont été supprimées il y a une quinzaine d’années. Le soutien sur fonds publics à toute augmentation de la capacité de pêche des navires (jauge, puissance) comme aux équipements qui facilitent la recherche du poisson est strictement prohibé. Le fonds européen pour les affaires maritimes (FEAMP), mis en œuvre à compter de 2014, restreint encore les leviers d’intervention, notamment en ce qui concerne l’amélioration énergétique d’une flotte pourtant vieillissante et extrêmement énergivore. Le FEAMP 2014-2020 aura ainsi réussi l’exploit d’être le fonds européen qui aura le moins contribué aux objectifs climatiques de l’UE.
En 2018, l’âge moyen des navires atteint 29 ans en Bretagne, selon l’Ifremer (Système d’informations halieutiques, 2019), « Région Bretagne. 2018. Activité des navires de pêche » : https://archimer.ifremer.fr/doc/00608/72054/
Il s’agit là du corollaire du modèle national de gestion des licences, d’autorisations de pêche et des quotas, qui est public et collectif, et alloué sur des bases annuelles à l’instar des quotas communautaires. Pour éviter les ruptures et assurer un minimum de visibilité aux entreprises de pêche, les organisations professionnelles et les services de l’État privilégient comme critère de répartition les antériorités de pêche « attachées » au navire, c’est-à-dire les pratiques avérées, historiques, d’accès à tel ou tel stock.
De la chasse à la baleine, sur laquelle Greenpeace a bâti sa renommée, à l’interdiction des filets maillants dérivants pour protéger les dauphins.
Plutôt que la nature capitalistique des entreprises,
la définition privilégie un critère de taille (navires
inférieurs à 12 m) réalisant des marées à la journée
et proscrit l’utilisation des arts traînants (chaluts,
dragues) au profit des arts dormants (filets, lignes,
casiers et pièges…), perçus comme moins
impactants pour les fonds. Cette définition est
contestée par le secteur, qui pointe la pollution
des eaux côtières et leur encombrement, l’intérêt
de diversifier les zones de pêche, d’exploiter des
quotas disponibles dans des zones plus lointaines
et souligne que les besoins d’appâtement de
nombreux engins dormants sont assurés par des
pêches préalables au chalut.
Association européenne de libre-échange.
Parmi les États de cet espace économique,
les approvisionnements en provenance de la Norvège
et de l’Islande représentent près de 1 Md€ en 2018
(FranceAgrimer, les Filières pêche et aquaculture en
France. Chiffres-clés, avril 2019). 
Sébastien Abis, « Le futur alimentaire de la planète
passera forcément par la mer », l’Opinion, 5 mars
2020

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8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 19:34

Communiqué intersyndical contre la fermeture de plusieurs trésoreries et les réorganisations du réseau finistérien des services de Finances Publiques

Comité technique local de la DDFIP du Finistère du 2 novembre 2020

RETRAIT DU NRP !

Dans un message adressé aux agents dans l'après midi du 16 octobre dernier, la Directrice départementale a informé de la validation par le Directeur Général du projet de "transformation du réseau" de la DDFIP du Finistère.

Ce projet, sous couvert de la mise en place de nouvelles structures, constitue en réalité pour 2021, le premier pan du démantèlement de l'organisation territoriale actuelle du réseau de la DGFIP, avec la fermeture programmée de plusieurs trésoreries (Daoulas, Lesneven, Plabennec, Pont-Croix, Saint-Renan, Saint-Pol-de-Léon), ainsi que des transferts d'emplois des SIP - SIE de Brest vers Morlaix, le transfert du recouvrement de plusieurs trésoreries mixtes vers les SIP (Crozon, Landerneau, Lesneven, Saint-Pol-de-Léon, Saint-Renan), et le transfert des missions foncières des SIP de proximité et du CDIF de Quimper vers le futur SDIF.

Nous rappelons que ce plan d'abandon du service public de proximité, confirmé à la veille des congés de la Toussaint, intervient dans un calendrier très contraint et un contexte d’aggravation de la situation sanitaire. Alors qu'au plus haut niveau de l’état, il avait été décidé de la suspension des contres réformes en cours et notamment celles des Retraites et de l'UNEDIC, manifestement, le démantèlement de la DGFIP reste une priorité pour le pouvoir en place et ses bras armés, que sont la technostructure de Bercy et ses Directeurs départementaux !

Rappelons que les agents de la DGFIP ont été remarquablement engagés depuis le début de cette crise sanitaire et notamment pendant le confinement, dans l'exercice des missions prioritaires et le soutien des activités économiques et financières du pays. Force est de constater que ce passage en force renvoie aux oubliettes les beaux discours saluant il y a peu encore, l'exemplarité des personnels ! En 2021 ce sont les services du nord Finistère qui sont touchés, mais en 2022 et 2023 pratiquement tous les services seront impactés par ce démantèlement.

Plus que jamais les syndicats FO - SOLIDAIRES – CGT - CFDT restent mobilisés avec les personnels pour exiger le retrait du NRP.

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8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 07:26
Jean et Renée Losq (photo sur le site internet de la mairie de Sainte-Luce sur Loire)

Jean et Renée Losq (photo sur le site internet de la mairie de Sainte-Luce sur Loire)

Renée Losq

Renée Losq

Portrait de résistante communiste: 9. Renée Losq, une grande dame de la résistance nantaise (100 ans d'engagements communistes)
Article de ouest-france, interview de Renée Losq dans les années 90

Article de ouest-france, interview de Renée Losq dans les années 90

Portrait de résistante communiste:

9. Renée Losq, née Baudic, une grande dame de la résistance nantaise (1910-2003) 

Renée Baudic est née le 4 juillet 1910 à Nantes. Fille naturelle de Clémentine Gachet, blanchisseuse, Renée Baudic fut légitimée par le mariage de sa mère et de Joseph Marie Baudic, manoeuvre, le 25 novembre 1910 à Nantes. Son père meurt pendant la première guerre mondiale.

Elle épouse Jean Losq en septembre 1930. Jean Losq était ouvrier riveur à l’usine nantaise des Batignolles, Société de locomotives Batignolles-Châtillon, aux Batignolles, elle ouvrière mécanicienne dans l’entreprise de confection de vêtements militaires Cholette à Nantes. Le couple s’installa dans le quartier Babin puis avec leurs trois filles emménagèrent dans la cité pavillonnaire Halvèque, une des trois cités de HBM construites par l’entreprise et la ville de Nantes.

Ils ont vécu à la Halvèque et ont pris leur carte au Parti Communiste en 1935. Ils sont de ceux qui permirent au Front Populaire d'être victorieux en 1936. Malgré l’interdiction du PC en 1939, ils sont restés militants communistes et se sont engagés dans la résistance. Renée, à 29 ans, devient militante du Parti communiste clandestin. Quand l'armée allemande arrive à Nantes, Renée et Jean, déjà aguerris par une année de clandestinité, prennent tout naturellement le chemin de la lutte contre le gouvernement de Vichy et l'occupant allemand. Et pourtant, le couple, lors de l'arrestation de Jean en 1942, a sept enfants. C’était une résistance « d’aide », en collant des affiches la nuit, distribuant des tracts, parfois avec les enfants. Ils cachaient des gens, des militants de passage qu'ils ne connaissaient pas, ils volaient des tickets de ravitaillement pour aider les familles, les clandestins. Ils n’ont pas fait d’acte de sabotage.

L'action de Renée Losq relayait principalement celle du dirigeant Louis Le Paih, ami d’enfance du quartier Babin. Elle assurait également l’hébergement des résistants recherchés, notamment celui de Raymond Hervé après son évasion du palais de justice de Nantes le 9 septembre 1942. Ce jour, alors que le juge Le Bras auditionnait Raymond Hervé, ses camarades résistants Louis Le Paih, Eugène Le Bris et Jean Marc investirent le lieu, le juge fut tué et un gardien de la paix blessé. Renée observait depuis un café proche, sa fille Jeannine jouait dans le jardin du Palais observant la situation.

Lire aussi: 1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 87/ Eugène Le Bris (1913-1943)

La Gestapo de Nantes et leurs acolytes de la S.P.A.C, la section spéciale anticommuniste, une branche de la police française chargée de traquer les communistes, étaient très actifs en Loire-Atlantique. Dès la fin juillet 1942, une vaste vague d'arrestations de femmes et d'hommes soupçonnés d'être communistes avait été organisée. 142 personnes avaient été arrêtées. Les résistants ne restèrent pas passifs. Ils tentèrent et réussirent un coup de force contre le palais de justice. Renée et une autre jeune fille avaient au préalable repéré les lieux, ce qui facilite l'investissement du bureau du juge d'instruction par un groupe de résistants. Le juge sera abattu au cours de l'action qui permet la libération de Raymond Hervé, considéré comme un des chefs de la résistance régionale. Renée est chargée de le conduire dans un lieu sûr. Malheureusement, il sera arrêté quelques jours plus tard à Lanester, dans le Morbihan.

Eugène Le Bris, né à Lanriec dans le Finistère, s'était distingué dans l'Organisation spéciale du Parti communiste par son audace exceptionnelle. Selon Eugène Kerbaul, « c’est lui qui abattra le premier Allemand descendu à Concarneau, au Cabellou », un acte de résistance dont l’auteur resta ignoré des polices françaises et allemandes. Mais après l’avoir arrêté, elles allaient lui en imputer beaucoup d’autres. À commencer par l’exécution du juge d’instruction Le Bras le 9 septembre 1942 en plein palais de justice de Nantes lors du coup de main qu’Eugène Le Bris avait organisé pour délivrer son camarade Raymond Hervé. D'une audace folle, il pénètre dans le bureau du juge Le Bras, l'abat avec son arme et libère son ami. Par une étrange ironie du destin, ce dernier allait provoquer sa chute deux semaines plus tard. Le 26 septembre en fin d’après-midi, Eugène Le Bris, Raymond Hervé et Jean-Louis Prima avaient attaqué la recette des PTT de Kerentrech-Lanester (Morbihan) pour y récupérer des fonds destinés à leur organisation. Mais Raymond Hervé était arrêté un peu plus tard aux abords de la gare de Lorient par des gardiens de la paix, au terme d’une lutte acharnée. Le lendemain vers 17 heures, le commissaire Mitaine, représentant la « section spéciale des affaires judiciaires à caractère politique » de Lorient, téléphonait à son collègue du service des Renseignements généraux (RG) de Quimper, Henri Soutif, pour l’informer qu’il avait fini par arracher au jeune résistant le nom de l’un de ses complices, Eugène Le Bris, « un individu dangereux et armé, auteur probable de l’assassinat de Nantes [...] susceptible de se trouver à son domicile à Lanriec, près de Concarneau ». Accompagné du commissaire Jouannic de Concarneau, des inspecteurs Le Marchand et Le Roy de son service, et d’une escouade de gendarmes commandés par le chef d’escadron Poignant et le capitaine Le Thomas, le commissaire Soutif réussissait à capturer Le Bris dans une petite ferme isolée au bout d’un chemin de terre.
 Plusieurs armes à feu chargées étaient saisies, parmi lesquelles le pistolet utilisé contre le juge Le Bras.
 Sévèrement battu et bientôt transporté à Lorient pour être confronté à Raymond Hervé, Eugène Le Bris allait connaître un long calvaire. Dans une déposition recueillie le 5 janvier 1945, une secrétaire du service des RG de Quimper, Mlle Marie Philippe, devait témoigner : « je l’ai vu à Lorient et à Quimper, il a certainement été torturé, ainsi qu’Hervé d’ailleurs [...]. Chaque fois que j’ai vu Le Bris, il se trouvait couché, à la suite des nombreux coups qu’il avait reçus »."

Renée et Jean Losq sont également arrêtés. 

Renée est arrêtée avec ses deux filles à Trégunc près de Concarneau le 28 septembre 1942, après avoir contribué à cacher Raymond Hervé. La section anticommuniste de la S.P.A.C la conduit à Quimper puis à Nantes. Ses filles seront relâchées au bout d'un mois.  Les interrogatoires sont menés par la police française, rue Garde Dieu à Nantes. Renée Losq n'est pas violentée néanmoins car la police a déjà arrêté sa cible principale: Raymond Hervé. Marie Michel n'aura pas la même chance: elle est mise à genoux sur une barre de fer, obligée d'étendre les bras en croix tout en portant des livres. La police la roue de coups quand elle les baisse, racontera Renée Losq à un journaliste de Ouest-France à Sainte-Luce sur Loire.  Renée et Marie sont emprisonnées à la prison Lafayette de Nantes sous la garde des Allemands.

Le procès des 42 se déroule à Nantes du 15 au 28 janvier 1943. Il était joué d’avance car les Allemands et le gouvernement français voulaient faire un exemple pour enrayer la résistance en pays nantais. Les débats sont incompréhensibles pour les Résistants, car conduits en Allemand. C'est une parodie de procès mais au vu des ravages dans l'opinion publique de l'exécution des otages de Châteaubriant et de Nantes en octobre 1941, les Allemands et Vichy ont voulu organiser un simulacre de légalité pour éliminer ces résistants. On fait passer tout le monde pour des tueurs alors que Jean Losq, selon Renée, n'a jamais participé à un sabotage, quoique entré lui aussi dans la clandestinité. 

37 résistants accusés sur 42 furent condamnés à mort après 15 jours d'audience. Les deux seules femmes, Renée Losq et Marie Michel, obtinrent un non-lieu faute de preuve, mais restèrent en prison et furent déportées en Allemagne où elles sont condamnées respectivement à 12 et 8 ans de travaux forcés.

Quand elles partent, elles ne savent pas encore que leurs maris sont fusillés.

Jean est fusillé le 13 février 1943 avec son beau-frère Jacques Guilloux. Renée et Jean se voient la dernière fois à la sortie du procès et se parlent un instant. La mère de Jean décède le lendemain en apprenant l’exécution. Renée va aller de prison en prison avant d’être déportée en Allemagne, Aix-La-Chapelle, Prünn, forteresse de Breslau (aujourd'hui en Pologne), Ravensbrück, Mauthausen.

La Croix Rouge suédoise la libère le 23 avril 1945. Elle a 35 ans. Elle pèse 32 kg. Renée retrouve ensuite ses camarades qui ont survécu à la barbarie nazie, ses enfants, qui ont été accueillis par la famille ou les amis. La solidarité avait joué. Elle a du mal à les reconnaître. Elle s’installe à Sainte-Luce en 1952, à Bellevue, où elle tient le café de Bellevue et l’auberge des pêcheurs avec son nouveau compagnon, Louis Conan. Après la guerre, elle est toujours militante communiste et dans des associations comme l’A.R.A.C. (Association Républicaine des Anciens Combattants). Ce n’est qu’à partir des années 90 qu’elle commence à raconter son histoire car elle est sollicitée par les journalistes et les historiens. Elle meurt en novembre 2003, quelques mois après l’inauguration de la place Jean Losq, le 16 février 2003.

Ce qui reste d’elle ? La force et l’énergie qu’elle a eu à témoigner, dans les interviews et les écoles. Son « plus jamais ça ». Il y avait chez Renée et Jean un sens du devoir et de la France. Dans toute cette période, des femmes et des hommes ordinaires ont été des héros. C’est une toute petite minorité, comme les collaborateurs étaient une minorité. La majorité des gens essayaient de s’en sortir.

Sources:

Antoine Porcu, Héroïques Femmes en résistance, Tome II, éditions Le Geai Bleu, 2007, préface de Pierre Outteryck

https://www.sainte-luce-loire.com/actualites/renee-et-jean-losq-hommage-aux-heros-de-lombre/

https://resistance-44.fr/?Renee-Losq

https://maitron.fr/spip.php?article188533, notice LOSQ Renée [née BAUDIC Renée, Marthe] par Annie Pennetier, version mise en ligne le 16 mai 2017, dernière modification le 16 mai 2017.
https://docplayer.fr/83413412-Renee-et-jean-losq-memoires-de-resistance-en-pays-nantais.html

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31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 09:19
 Hélène Le Jeune, née Le Chevalier, députée communiste des Côtes-du-Nord sous le IVe République du 24 décembre 1946 au 4 juillet 1951, Née le 22 avril 1917 à Kergrist-moëlou (Côtes d'Armor - France). Décédée le 15 avril 2006 dans le Gard (photo Assemblée Nationale) .

Hélène Le Jeune, née Le Chevalier, députée communiste des Côtes-du-Nord sous le IVe République du 24 décembre 1946 au 4 juillet 1951, Née le 22 avril 1917 à Kergrist-moëlou (Côtes d'Armor - France). Décédée le 15 avril 2006 dans le Gard (photo Assemblée Nationale) .

Portrait de résistante communiste

- 6. Hélène Le Chevalier, résistante costarmoricaine et militante du secours populaire clandestin

(100 ans d'engagements communistes)

Hélène Le Chevalier est née dans le centre-Bretagne à Kergrist-Moëlou en avril 1917.

Son père, M. Le Chevalier, était marchand de bois (selon le registre d’état civil), sabotier (selon la déclaration de sa fille). Ses parents, ruinés par la crise économique des années 1930, étaient influencés par l’Église.

Après avoir obtenu son Brevet élémentaire, elle prépare son entrée à l’École normale. Reçue première du département au concours d'entrée, elle n'est pas reçue pour raisons médicales. Aidée par l'épouse de l'écrivain Louis Guilloux, Hélène prépare son Bac tout en assurant des remplacements d'institutrice dans le secteur de Rostronen en 1939 et 1940. Elle sera finalement admise à titularisation comme institutrice grâce à l'intercession de Louis Guilloux. En contact avec les militants communistes par le biais de son frère, secrétaire de la cellule de Kergrist-Moëlou , c'est cependant par sa rencontre avec deux institutrices exerçant dans l'école où elle est affectée comme suppléante à la rentrée 1939, Maria Chevallier et Elise Masson, qu'elle s'engage dans la Résistance communiste à partir de 1940. Sa rencontre avec l'épouse de Marcel Cachin alors qu'elle vient d'adhérer au PCF sitôt après son interdiction lui permet de découvrir les écrivains Romain Rolland, Henri Barbusse, Paul Vaillant-Couturier, et de lire les œuvres de Karl Marx.  

Dès son retour à Kergrist-Moëlou, elle convainc son amie la postière Rosa Hénaff de rejoindre le PCF et la résistance. Sa position de postière se révèle être un atout précieux pour recevoir sous des adresses fictives des colis des tracts et journaux aussitôt distribués dans la région. 

En automne 1940, Hélène se voit confier la responsabilité de mettre sur pied, bien que frappé d'interdiction depuis 1939, un comité du Secours populaire. Des groupes se sont ainsi constitués à Callac, Rostronen, Guingamp, avec pour mission de collecter de l'argent afin d'envoyer des colis aux prisonniers de guerre et de venir en aide aux familles de résistants et militants communistes emprisonnés. Le travail de solidarité est complété par un travail de propagande, distribution de tracts appelant à la lutte contre les restrictions et la vie chère.

Devant la recrudescence de l'activité des femmes, la police surveille particulièrement Hélène Le Chevalier considérée comme étant une meneuse. En mars 1943, elle est arrêtée par des agents de la section de protection anti-communiste (SPAC), ce qui provoque une manifestation spontanée d'une centaine de femmes cherchant à empêcher le véhicule des sbires d'emmener Hélène en prison. Rosa Hénaff est arrêtée à son tour en août. La répression fut particulièrement brutale en ce mois d'août 1943. Plus de cinquante femmes du département sont arrêtées, victimes de la félonie d'un responsable communiste passé au service du SPAC. Parmi ces femmes figurait Simone Bastien, responsable de la JC et des FTP pour le département des Côtes-du-Nord. Elle fut arrêtée par la SPAC à Guingamp le 7 août 1943.

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Inculpée de "menées politiques et terroristes", Hélène est incarcérée à la prison de Guingamp pendant cinq mois avant d'être transférée au camp de La Lande en Indre-et-Loire. 

Hélène Le Chevalier est finalement libérée le 20 décembre 1943 grâce à l'intervention du grand écrivain breton Louis Guilloux auprès du commissaire de Saint-Brieuc. Après une semaine passée chez ses parents à Kergrist-Moëlu, elle reçoit la visite de Jean Le Jeune, responsable des F.T.P.F, son futur mari. Elle passe dans la clandestinité, se cachant près de Plestin-les-Grèves. Au bout de quelques semaines, elle fut affectée à l’état-major du PC clandestin dans une petite ferme à Saint-Nicolas-du-Pélem. Elle fut la secrétaire de Poirot, Maurin, et de Louis Picart, Yves, futur membre du comité central du PCF à la Libération, jusqu’à la libération du département au début août 1944. Elle est affectée tout d'abord au secrétariat de la direction départementale des F.T.P puis à la direction régionale et interrégionale du PCF en juin 1944.

Hélène Le Chevalier va vivre avec Jean Le Jeune à partir de novembre 1944. 

Le 2 août, elle rédige l'appel du PCF régional à l'insurrection. Le 5 août, Saint-Brieuc est libéré par la Résistance. Le 6 août, les troupes américaines qui foncent vers Brest traversent la ville pavoisée aux couleurs de tous les pays de l'alliance anti-hitlérienne.

A la Libération, le PCF compte 12 000 adhérents dans les Côtes-du-Nord, selon Jean Le Jeune, le mari d'Hélène Le Chevalier: beaucoup de jeunes des F.T.P, du Front National de Libération (30 000 adhérents dans le département), de l'Union des Femmes Françaises.    

Hélène Le Chevalier, en tant que secrétaire de l'Union des Femmes Françaises dans les Côtes d'Armor,  et son mari Jean Le Jeune, chef des F.T.P, avec Jean Le Paranthoën, secrétaire fédéral du PCF dans les Côtes-du-Nord, visitent un des hôpitaux de région parisienne où sont entassés les déportés survivants au retour d'Allemagne, devenus de vrais squelettes. Ils retrouvent là plusieurs camarades et proches amis résistants des Côtes-du-Nord, dont certains mourront quelques semaines après comme Victor Provost, le beau-père de Jean Le Paranthoën. 

Quelques mois plus tard, au début de 1945, se tient le premier congrès de l'Union des femmes françaises, riche de 6 500 adhérentes issues des rangs de la Résistance. Hélène Le Chevalier est élue secrétaire départementale avec Hélène Bello, membre du Comité départemental de Libération. 

Le mariage d'Hélène Le Chevalier avec Jean Le Jeune a lieu en août 45. Jean Le Jeune raconte: "Hélène et moi vivions ensemble depuis plusieurs mois depuis ce retour du front du 11 novembre 1944, avec des hauts et des bas, bien entendu, comme chez tous les jeunes.  Mais pour pouvoir créer un foyer, il fallait quitter l'hôtel, trouver un appartement et se procurer un trousseau (draps, vaisselle...). Or, tout se vendait avec des bons d'achat et sans mariage, on ne pouvait obtenir de bons. Aussi décida t-on naturellement de se marier. Moi j'étais pleinement d'accord mais Hélène par contre était réticente. En effet, elle tenait beaucoup à son indépendance. Je la rassurais sur le fait que la mariage ne devait pas être une entrave à la liberté individuelle".  Mariée en , Hélène Le Chevalier prit le nom de son époux, Jean Le Jeune, et devint Hélène Le Jeune.

Jean Le Jeune, né à Plévin en 1921, dans une commune du Sud-Ouest des Côtes d'Armor, au pied du Mont Noir, issu d'un milieu relativement modeste (sa mère tient un petit commerce, épicerie, mercerie, et confectionne et repasse des coiffes bretonnes, son père est journalier agricole, son grand-père boucher de campagne), s'est engagé dans la Résistance en 1942 après avoir fait l'aéronavale comme ouvrier qualifié dans le sud de la France:

"L'année 1942 aura été l'année où je pris une grande décision, écrit-il dans Itinéraire d'un ouvrier breton par l'ancien responsable des F.T.P des Côtes-du-Nord (2002, Saint-Brieuc). En octobre ou en novembre, je ne me souviens plus très bien, on avait écouté ensemble chez Jean Le Cloarec, mon voisin, la adio de Moscou qu'on parvenait à capter assez facilement sur les ondes. Le premier anniversaire de la fusillade de Châteaubriant était évoqué. J'avais été particulièrement touché par le courage et l'attitude du jeune Guy Môquet. Il avait écrit su les murs de sa baraque: "Vous qui restez, soyez dignes de nous les 27 qui allons mourir". Ce message était à mon avis adressé à tous les jeunes, en tout cas, il m'est allé droit au cœur. Dès lors, une seule chose comptait pour moi: rejoindre le Parti communiste et la Résistance". Au début du printemps 1943, Jean Le Jeune et son camarade Cloarec reçoivent la visite de Louis Picard, le responsable régional du Parti, dit Yves dans la résistance, dans l'atelier du camarade menuisier. Ils sont chargés de se mettre en contact avec les F.T.P de Maël-Carhaix, et de distribuer tracts et numéros de l'Humanité clandestine. Jean Le Jeune va alors participer à la création d'un détachement F.T.P dans sa commune, baptisé Guy Môquet et composé de trois groupes de huit. "Le travail de recrutement était relativement facile, bien que nous exigiions d'abord l'adhésion au Parti, ce qui nous obligeait à agir avec prudence. On laissait de côté les personnes de Droite et de l’Église, en tout cas dans l'immédiat, ce qui était un tort car tous les jeunes du pays avaient leur place dans les rangs des Francs-Tireurs, comme ils l'ont montré par la suite. En attendant, le fils du sacristain ayant eu vent de notre organisation, vint me voir en me suppliant de l'introduire dans le groupe. Il accepta d'emblée d'adhérer au Parti et à notre code d'honneur. On lui donna un nom et un matricule. Il prouva par la suite qu'on avait eu raison de lui faire confiance. En effet, un jour on lui demanda d'aider à transporter le corps d'un adjudant allemand à plusieurs kilomètres de l'endroit où l'Allemand avait été tué.

Très vite, nous avons créé d'autres groupes dans les communes environnantes, à Paule, Le Moustoir, Tréogan: cela coïncidait avec notre travail de propagande contre le travail obligatoire en Allemagne... Ainsi, pas un seul jeune du pays ni des communes environnantes n'est allé en Allemagne, par contre ils rejoignaient les rangs des Francs-Tireurs".  Après la vague d'arrestations par la SPAC en août 43 chez les F.T.P et dans la résistance communiste, l'état-major de la résistance communiste et Jean Le Jeune va prendre du galon, devenant permanent du Parti, sous les ordres du commissaire aux Effectifs des FTP dans les Côtes-du-Nord, Marcel Perrot, dit Andrieux, chargé à 22 ans du commandement du secteur sud-ouest des Côtes d'Armor: Maël-Carhaix, Rostronen, Gouarec, Saint-Nicolas-du-Pélem, Corlay, Bourbriac, Callac.    

Entrée au comité départemental du PCF en 1945, Hélène Le Chevalier est candidate en 1945 aux élections législatives, puis de nouveau en 1946, sans être élue.

Jean Le Jeune raconte que pour les élections législatives du 2 juin 1946, Hélène Le Jeune qui fait partie des 2 femmes présentées par le Parti communiste des Côtes-du-Nord avec Georgette Manesse fait toute sa campagne en étant enceinte de son futur fils, Pierre. Le 29 mai 46 elle apporte la contradiction à René Pleven, candidat UDSR. Son fils Pierre naît le surlendemain, la veille des élections.

C’est en tant que " ménagère ", sans profession, qu’elle se présenta à tous les scrutins. Lors des élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée constituante, elle figurait en quatrième position sur la liste communiste conduite dans les Côtes-du-Nord par les députés sortants Marcel Hamon et Guillaume Daniel. La liste recueillit 78 976 voix sur 280 275 suffrages exprimés (28,17 %), et le PCF emporta deux des sept sièges à pourvoir ; le MRP obtenant trois sièges dont celui de Marie-Madeleine Dienesch, et la SFIO deux sièges. Placée en troisième position, Hélène Le Jeune se présenta aux élections législatives du 10 novembre 1946 en troisième position. La liste communiste continua sa progression avec 86 717 voix sur 275 377 suffrages exprimés (31,45 %), mais ne parvint pas à enlever un troisième siège. Suite à la démission, en janvier 1947, d’Auguste Le Coent élu au Conseil de la République, Hélène Le Jeune fit son entrée à l’Assemblée nationale, le 31 janvier 1947, à l'âge de 29 ans.

Une situation difficile pour elle puisque son fils est tout jeune, quelques mois à peine, et qu'elle ne souhaite pas le laisser à la maison. Hélène vient d'avoir la deuxième partie de son bac (elle a passé la première partie en prison en 1943) alors qu'elle était enceinte de Pierre et souhaite plutôt devenir institutrice que députée. Il faut toute la pression du Parti pour l'amener à accepter la fonction, et elle reprochera amèrement à Jean Le Jeune, son mari, secrétaire départemental du PCF des Côtes-du-Nord, à l'époque, de n'être pas intervenu "en sa faveur". Le couple habite à l'époque dans une seule pièce de trois mètres sur quatre environ, au rez-de-chaussée, rue Maréchal Foch. 

"Tout cela n'aida pas à la bonne marche de notre ménage,  raconte Jean Le Jeune, qui malheureusement se disloquait peu à peu. Durant cinq années de son mandat, on ne se voyait que très rarement. Elle arrivait à la maison généralement le samedi matin après avoir voyagé toute la nuit au moment même où je m'apprêtais à me rendre à la fédération pour préparer les réunions du soir. Le samedi après-midi, j'allais au bureau fédéral. Le dimanche, j'avais également à animer des réunions un peu partout dans le département même à la sortie des messes car il y avait là toujours du monde. Hélène avait ses compte-rendus de mandat à faire ce qui n'était pas non plus évident". Jean Le Jeune sera élu au Comité Central à Strasbourg en juin 1947. Hélène, de nouveau enceinte, menace de divorcer. 

"Nommée membre de la Commission des affaires économiques, Hélène Le Jeune siégea en outre au sein de la Commission du ravitaillement, dont elle fut élue vice-présidente, et au sein de la Commission de la défense nationale. La plupart des textes qu’elle déposa concernent la question du ravitaillement ; elle se pencha en outre sur l’adaptation de la législation sur la famille, en poussant notamment à la création de nouvelles crèches. Hélène Le Jeune intervint en outre à plusieurs reprises à la tribune de l’Assemblée. La vigueur des propos qu’elle tint le 4 décembre 1950, au cours de la discussion du projet de loi portant amnistie relative aux faits de collaboration, suscita de vifs remous dans l’hémicycle : « je veux me faire l’écho de l’indignation qui s’empare de la population de notre région, la région bretonne, depuis que le projet d’amnistie est en discussion devant l’Assemblée nationale. » Au cours de la législature, Hélène Le Jeune vota la confiance au cabinet Blum (17 décembre 1946), mais la refusa à Paul Ramadier (4 mai 1947). Elle vota, entre autres, contre la loi électorale instituant le système des apparentements (7 mai 1951)" - Article du Maitron sur Hélène Le Chevalier, Alain Prigent.

Alain Prigent poursuit: "Placée en troisième position sur la liste communiste aux élections législatives du 17 juin 1951, Hélène Le Jeune ne fut pas réélue, pas plus qu’aucun candidat communiste. La liste, toujours conduite par Marcel Hamon, recueillit 69 340 voix sur 260 610 suffrages exprimés (26,6 %), mais les listes apparentées, conduites pour la SFIO par Antoine Mazier, pour les radicaux par René Pleven et pour le MRP par Henri Bouret, obtenant plus de la majorité des suffrages, elles emportèrent la totalité des sept sièges à pourvoir. Pendant son mandat de députée, elle prit une part très active au sein du mouvement des Combattants de la paix. Le 11 mai 1950 à l’issue d’une manifestation en gare de Saint-Brieuc contre le passage d’un train en provenance de Brest et transportant des tourelles de canon à destination de Rochefort, dix autres responsables de la CGT et de la fédération communiste des Côtes-du-Nord, furent emprisonnés pendant sept mois à Fresnes, et à la prison des femmes de La Roquette pour les trois femmes Madeleine Bardelli, Armande Daniel et Yvette Mallet. Deux autres militants entrèrent dans la clandestinité, Roger Ruelleux, secrétaire de l’UD-CGT et son époux Jean Le Jeune, membre du comité central. À partir du 22 janvier 1951 dans le procès dit « des 12 » de Saint-Brieuc, les prévenus furent acquittés à l’issu d’un procès ayant eu une résonance nationale.

En 1951, Hélène reprend ses études. Son statut d'ancienne résistante et d'ancienne députée communiste ne vont pas faciliter son recrutement à l'éducation nationale dans un contexte de guerre froide. Ce n'est qu'en 1954 qu'elle obtient un poste en dehors de la Bretagne. Affectée tout d'abord dans le département de la Manche, à Octeville près de Cherbourg: "Hélène n'était que stagiaire et son salaire n'était pas suffisant pour nourrir toute la famille. Elle préparait son CAP le soir après ses cours et le jeudi, chaque semaine, elle allait suivre des stages à Cherbourg. Elle a préparé son CAP et l'a brillamment obtenu... Hélène a enseigné un an à Octeville où on s'est fait de très nombreux amis parmi les camarades. C'étaient pratiquement tous des ouvriers, simples, modestes, très sympathiques: on s'invitait les uns chez les autres tour à tour. De l'autre côté de la place où nous habitions se trouvait un médecin qui lui aussi était membre du parti. J'allais lui apporter l'Huma-Dimanche toutes les semaines, c'était quelqu'un de formidable. Quand les copains allaient le consulter, il ne les faisait pas payer. Il était le premier médecin à pratiquer l'accouchement sans douleur dans la région..." (Jean Le Jeune) 

Elle sera mutée à sept reprises. Au printemps 1955 elle obtint un poste à Boissy-Monvoisin, près de Mantes-la-Jolie (Yvelines). Elle enseigna ensuite à Villeneuve-Saint-Georges (Seine-et-Oise, Val-de-Marne). En 1962, elle obtint un poste de directrice à l’école Vigneux-sur-Seine (Essonne) où elle deviendra directrice de son groupe scolaire.

Le couple Le Jeune se sépara en 1966 et divorça en 1980.

Lorsqu’elle fut en retraite, Hélène Le Jeune s’installa à Saint-Brieuc. Restée fidèle au PCF, sans responsabilité particulière dans la fédération des Côtes-du-Nord [Côtes-d’Armor], elle vécut les dernières années de sa vie auprès de sa fille Sylvie à Anduze (Gard). Hélène s'est éteinte en avril 2006 dans le Gard, à l'âge de 89 ans.

Lors de son décès, l’Humanité, le 18 avril 2004, lui consacra un article dans la rubrique « Carnet ».

Louis Guilloux s’est inspiré de son engagement pour construire le personnage de Monique dans Jeu de Patience (Prix Renaudot en 1949).

Sources:

Article de Alain Prigent dans le Maitron (2011): Hélène Le Jeune (née Le Chevalier)

Héroïques Femmes en résistance Tome 2 de Antoine Porcu (éditions le Geai Bleu)

Itinéraire d'un ouvrier breton par l'ancien responsable des F.T.P des Côtes-du-Nord de Jean Le Jeune (2002, Saint-Brieuc)

Article Wikipédia sur Hélène Le Chevalier

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26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 06:06
Conseil Municipal de Brest du 21 octobre: Intervention de Mathilde Maillard, adjointe communiste, sur les dérogations au repos dominical

 

 

« Monsieur le Maire, chers collègues,

Si la période que nous vivons est remplie d’incertitudes, il y a des choses qui ne changent pas …

En effet, notre conseil municipal s’apprête une nouvelle fois à délibérer sur un certain nombre de dérogations à la règle du repos dominical dans les commerces de notre ville pour l’année à venir.

Monsieur le Maire, vous connaissez la position du groupe des élus communistes sur le sujet. Elle est ancienne, constante, renouvelée chaque année à cette même période. Les communistes sont opposés au travail le dimanche dans le commerce. Qu’il concerne les secteurs du commerce de détail ou des concessions automobiles.

Pour les communistes, la règle du repos dominical est une conquête sociale majeure. Elle a permis le développement d’une vie associative, culturelle, sportive, riche et essentielle à la cohésion du pays et au bien-être général.

De ce point de vue, nous regrettons que les deux délibérations sur lesquelles nous sommes amenées à nous prononcer aujourd’hui nous engagent sur un chemin différent.

Nous le regrettons d’autant plus qu’après plusieurs années d’application, nous estimons que l’intérêt de ces ouvertures dominicales dérogatoires reste à démontrer…

Dans la période de crise économique et sociale que nous connaissons, nous pensons que la solution pour aider le commerce brestois à rebondir ne se situe pas dans l’ouverture le dimanche mais bien dans une revalorisation significative du pouvoir d’achat de tous nos concitoyens. Pouvoir d’achat matraqué depuis des années et une nouvelle fois aux abonnés absents des dernières mesures gouvernementales comme en témoigne le plan de relance présenté début septembre par le Premier Ministre Castex… Rien sur les hausses de salaires, rien non plus sur les augmentations de pensions et de minima sociaux ainsi que leur nécessaire élargissement.

Alors que la grande précarité gagne du terrain, alors que les revenus des ménages ne cessent de diminuer, comment imaginer dès lors que nos concitoyens fréquentent davantage les commerces, dimanche compris ?

Au regard de ces éléments, il nous est permis de douter de la réalité des effets économiques bénéfiques que permettraient ces mesures tant sur l’emploi local que sur le pouvoir d’achat des ménages.

Elus communistes, nous voyons également dans ces ouvertures dominicales des atteintes portées aux droits et aux conditions de travail des salariés des secteurs concernés. Ce seront une fois de plus des salariés à temps partiel, mal payés, précaires, majoritairement des femmes, qui seront concernées par ces dérogations et qui n’auront d’autres choix que de se rendre au travail les dimanches d’ouverture au détriment de leur vie personnelle, amicale, familiale.

Notons que la date du dimanche 26 décembre est proposée à l’ouverture, ce qui viendrait écourter le week-end de Noël pour tous les salariés concernés.

Bien sûr, aujourd’hui, il y a urgence à épauler nos commerces de proximité et nous nous rejoignons sur ce sujet. Cela a d’ailleurs fait l’objet de dispositifs d’aides mis en place par nos deux collectivités que nous avons soutenus.

En revanche, l’ouverture des commerces le dimanche ne bénéficient pas aux commerces de proximité. Ce sont les intérêts des groupes de la grande distribution qui sont renforcés en captant une grande majorité de la clientèle sur ces dates. Ce sont d’ailleurs ces mêmes groupes qui militent chaque année pour une généralisation des ouvertures dominicales dans notre ville…

Communistes, nous ne voulons pas d’une société où le consommateur remplacerait le citoyen. Le dimanche doit rester un repère collectif dédié au temps libre commun, qu’il soit familial, amical, associatif, sportif, culturel ou autres.

Et comme aime à le dire notre camarade Taran Marec : « Labour Zul, Labour Nul ».

Monsieur le Maire, chers collègues, le groupe des élus communistes votera contre ces deux délibérations.

Je vous remercie. »

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24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 16:44
Christian Lasson, photo Le Télégramme, 16 octobre 2019

Christian Lasson, photo Le Télégramme, 16 octobre 2019

Hommage des camarades communistes à Christian LASSON

Discours lu par Philippe Moreau pour la section PCF du Pays Bigouden à la cérémonie d'obsèques de Christian Lasson

C'est avec beaucoup d'émotion que les communistes du Pays Bigouden s’associent aux camarades de Saint-Dizier et de la Haute-Marne pour rendre hommage à Christian et présenter nos plus sincères et fraternelles condoléances à Véronique son épouse, à ses enfants Pierre-Damien et Sally-Ann, à ses petits enfants Alex et Benjamin, à toute sa famille. Nos condoléances vont aussi aux familles de sa belle sœur et de son conjoint disparus tragiquement en même temps que Christian.

Christian a rejoint notre section du parti communiste il y a seulement trois ans mais les camarades bigoudens ont eut le temps d'apprécier l'homme de conviction, le cœur sur la main, toujours battant pour la cause humaine en faveur des plus démunis.

Les camarades de Saint-Dizier et de la Haute-Marne, qui pendant plusieurs années ont partagé avec Christian un nombre impressionnant de combats nous ont fait parvenir un texte chaleureux que je vais m'efforcer de résumer au mieux.

Pour beaucoup de camarades Christian était une référence, un modèle, son engagement au service des autres était guidé par son souci permanent de combattre l'injustice, de lutter sans relâche, souvent au détriment de sa vie de famille, pour la dignité de l'être humain.

Homme de combat, mais aussi de dialogue, il n'avait de cesse de tout mettre en œuvre pour rassembler, unir les salariés contre les mauvais coups. Deux exemples où il a joué un rôle primordial et qui ont marqué les mémoires à Saint-Dizier ; la lutte des 287 cheminots dont certains postes devaient être supprimés et l'occupation de l'usine des Pigeat-Hazard menacée de fermeture. Tant d'autres luttes aussi ont jalonné sa vie, il faudrait des heures pour en parler, gagnées ou perdues peu importe Christian est toujours allé au bout de ses engagements et de la parole donnée.

A la CGT, son militantisme lui a valu de très hautes responsabilités du local jusqu'au national.

Puis il y a son engagement politique au Parti Communiste. Alors qu'il se sentait depuis longtemps "communiste de cœur", c'est au 1er Mai 1988 qu'il décide de prendre sa carte.

Cette adhésion il l'a très bien exprimé l'année dernière à un journaliste du "Télégramme" qui l'interrogeait lorsqu'il a succédé à son ami et camarade Alain BONNET à la tête du Secours Populaire de Pont l'Abbé; "mon choix est politique, quand on connaît l’histoire du Secours populaire, qui l’a fondé, à savoir le parti communiste, les valeurs d’entraide et de solidarité qu’il véhicule... ça en dit long sur les idées du bonhomme" avait-il dit en souriant.

Au sein du Parti, il poursuit son combat pour une société plus juste où la loi du fric n'écraserait plus l'Être Humain et c'est en 1983 qu'il entre au Conseil Municipal de Saint-Dizier avec le maire communiste Marius CARTIER

Durant ses trois mandats (de 1983 à 2001) ses nombreuses interventions au Conseil Municipal reflétaient la vie des plus humbles, des chômeurs, des ouvriers, du monde du travail, il était leur avocat. Il s'est également grandement investi à l'organisation du Festival de la Jeunesse en faisant partie de l'équipe qui concoctait les programmes.

Christian croyait en la jeunesse, en sa capacité à changer le monde. Sans doute cela lui venait de son expérience aux « colonies de vacances » SNCF qu'il a animées, puis dirigées avec tant de réussite.

Christian fait parti de ces gens dont c'est un vrai bonheur de les croiser et c'est un crève-cœur pour nous les communistes du Pays Bigouden de l'avoir perdu si tôt d'autant que, comme il n'était pas de nature à s'étaler sur son passé, nous découvrons aujourd'hui à l'appui des témoignages des camarades de Saint-Dizier quel sacré combattant il était vraiment.

Christian, les communistes de la Haute-Marne et du Pays Bigouden te dédient ces paroles d'une chanson de Jean Ferrat, persuadés que tu les entendras ;

« Tu aurais pu vivre encore un peu pour notre bonheur, notre lumière avec ton sourire avec tes yeux clairs ton esprit ouvert, ton air généreux »...

Nous rendons hommage à notre camarade victime avec deux autres personnes de ce drame de la mer qui s’est joué mercredi 14 octobre près de Saint-Guénolé. Christian Lasson était arrivé dans le pays bigouden depuis 3 ans et s'était tout naturellement rapproché de la section PCF du pays bigouden dont il était membre du comité de section.
Il vivait auparavant en Haute-Marne et avait été élu communiste à Saint-Dizier pendant trois mandats (1983-1989, 1989-1995, 1995-2001).
Nous avons aujourd'hui une pensée forte pour lui bien sûr, parti bien trop tôt, et pour ses amis, sa femme, son fils, ses proches et ses camarades de Haute-Marne et du Pays Bigouden.
Un hommage de la CGT, du secours populaire et du PCF lui sera rendu dans les jours à venir à Penmarc'h, comme nous en a informé André Le Roux, secrétaire de section du PCF Pays Bigouden. 
 
Article du Télégramme, Publié le 16 octobre 2020.
 

La famille du Secours populaire de Pont-l’Abbé a perdu l’un des siens

"La grande famille du secours populaire est en deuil après la disparition de Christian Lasson, 62 ans, lors d’un tragique accident de mer, mercredi soir, à l’entrée du port de Saint-Guénolé à Penmarc’h. Après trois ans passés en tant que bénévole au sein de l’association, il avait pris la présidence du comité de Pont-l’Abbé à la suite d’Alain Bonnet, il y a un an. Originaire de Champagne, il a fait toute sa carrière à la SNCF, et a mené des activités syndicales en siégeant au sein du CCE (Comité d’entreprise européen) de la SNCF. Son parcours professionnel l’avait par ailleurs amené à occuper plusieurs fonctions. Il avait eu notamment la responsabilité de 52 colonies d’enfants sur le territoire français, plus les séjours à l’étranger, ainsi que le service des livres et les bibliothèques. Il avait été aussi longtemps directeur de colo, et c’est comme ça qu’il avait découvert la Bretagne. À 54 ans, en prévision de la retraite, il avait passé un diplôme de Gestionnaire d’entreprise en économie sociale, ce qui l’avait conduit tout naturellement à prendre en main la gestion du Secours populaire. Son objectif, en prenant les rênes du comité, un des quatre comités les plus importants du département, avec Brest, Quimper et Châteaulin, était de l’ouvrir davantage aux jeunes, de les inciter à prendre plus de place et de responsabilités dans l’organisation."

Voici une interview que Christian Lasson donnait au Télégramme en 2019 en tant que responsable local du Secours Populaire:

Publié le 16 octobre 2019 - Le Télégramme

Secours populaire. Christian Lasson : « C’est une grosse machine collective »

Christian Lasson, bénévole depuis trois ans, est le nouveau président du comité local du Secours populaire. Le biker au grand cœur revient sur les motivations de son engagement.

Annoncé lors de la dernière assemblée générale, le départ d’Alain Bonnet, président du comité de Pont-l’Abbé pendant huit ans, est effectif depuis la rentrée. Et comme prévu, c’est son ami Christian Lasson, bénévole depuis trois ans, qui est désormais aux manettes. Vous l’avez peut-être croisé sur les routes au guidon de sa Kawasaki 1400 GTR, ou au large de Saint-Guénolé, à la manœuvre sur son Pen Sardin. Ou bien, sûrement, lors d’une braderie ou d’une collecte alimentaire du Secours populaire. Bonnet vissé sur le crâne et barbe de biker, Christian Lasson ne passe pas inaperçu. Sa gentillesse et son discours engagé non plus.

Quel a été votre parcours avant le Secours populaire ?

Je viens de Champagne où j’ai fait toute ma carrière à la SNCF. C’est dans le cadre des activités syndicales que j’ai connu Alain Bonnet, puisque j’ai siégé comme lui au CCE (Comité d’entreprise européen) de la SNCF. J’ai eu la chance durant mon parcours professionnel d’occuper plusieurs fonctions. J’ai eu notamment la responsabilité des 52 colonies d’enfants sur le territoire français, plus les séjours à l’étranger, et le service des livres et bibliothèques. J’ai été aussi longtemps directeur de colo, et c’est comme ça que j’ai découvert la Bretagne. À 54 ans, en prévision de la retraite, j’ai passé un diplôme de Gestionnaire d’entreprise en économie sociale, ce qui me permet d’être à l’aise aujourd’hui dans la gestion du Secours populaire.

Le choix du Secours populaire était-il réfléchi ?

Absolument, c’est un choix politique. Quand on connaît l’histoire du Secours populaire, qui l’a fondé, à savoir le parti communiste, les valeurs d’entraide et de solidarité qu’il véhicule, ça en dit long sur les idées du bonhomme (rires). Cela dit, l’association est apolitique et personne ici ne revendique d’appartenance à un parti ou à un autre. Ce qui ne veut pas dire oublier ses origines, ses convictions et ne pas regarder ce qui se passe autour.


Quel regard portez-vous sur l’avenir du monde associatif ?

On est à une époque où on parle sans cesse de repousser l’âge du départ à la retraite. Or, en France, 80 % des associations sont dirigées par des retraités. Quand on leur pose la question sur les raisons de leur engagement associatif, ce sont des chiffres Insee, ils répondent « parce qu’on a le temps et qu’on est encore en bonne santé ».
Alors, si on prolonge de plus en plus l’âge de départ à la retraite, le temps, il y en aura moins. Quant à la santé, selon une étude qui vient de sortir, les hommes restent « en bonne santé » jusqu’à 63 ans, après, ça se gâte. Donc, ce genre de décisions politiques risque de poser problème au monde associatif, qui est une grande force chez nous.


Quels seront les grands axes de votre mandat ?

J’ai un mandat de deux ans et je m’inscris dans la continuité de ce qu’a accompli Alain Bonnet et son équipe. On va juste essayer d’apporter des améliorations ici ou là pour être encore plus efficaces dans notre aide aux personnes dans le besoin. Je dis « on », car le Secours populaire à Pont-l’Abbé, c’est une grosse machine collective qu’on ne peut pas diriger tout seul : on fait partie des quatre comités les plus importants du département, avec Brest, Quimper et Châteaulin. Et on aide 263 familles sur notre secteur, soit 565 personnes.


Quels sont vos projets ?

Mon objectif principal, c’est de « rajeunir » les troupes. Jeune, ça va de 18 à 50 ans, car actuellement la moyenne d’âge du bureau, c’est plus de 60 ans. Pour cela, il faut ouvrir davantage nos portes et inciter les jeunes à prendre plus de place et de responsabilités dans l’organisation. L’autre projet à plus court terme est sur le point d’être finalisé : il s’agit de proposer à nos bénéficiaires de participer aux sorties et activités de la MPT. L’accord va se faire en novembre, il ne reste plus qu’à écrire les modalités noir sur blanc. Un autre sujet me tient à cœur, c’est de mettre en place un projet culturel à destination des jeunes, en leur proposant des concerts, théâtres, expos et loisirs. Voilà pour les projets principaux. Mais il y a aussi le développement du « 15 », notre nouveau local qui fonctionne déjà très bien, et la recherche de partenariats avec les associations et les commerçants. On veut aussi trouver des producteurs locaux et développer le circuit court pour les produits frais. Et rencontrer les maires des différentes communes où on intervient, car nos besoins ont évolué, mais pas les aides.


Le Secours populaire se substitue-t-il aux institutions ou aux services publiques ?

On entend dire parfois qu’on fait le jeu des politiques, mais ce n’est pas vrai. Ce qu’on fait, personne d’autre ne le ferait si on n’était pas là. Ce n’est pas les politiques qu’on vise, ce sont les gens, on est là pour les aider, c’est ça qui compte pour nous et ça n’a pas de prix. Ce qui ne dédouane pas du tout les politiques de leur inaction. C’est important de le dire, même si ça ne plaît pas à tout le monde.

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24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 15:02
A la ligne - Joseph Pontus - Grand Prix RTL/Lire 2019 Prix Régine Deforges 2019 Prix Jean Amila-Meckert 2019 Prix du premier roman des lecteurs de la Ville de Paris 2019 Prix Eugène Dabit du roman populiste Vermillon Paru en 2019  272 pages

A la ligne - Joseph Pontus - Grand Prix RTL/Lire 2019 Prix Régine Deforges 2019 Prix Jean Amila-Meckert 2019 Prix du premier roman des lecteurs de la Ville de Paris 2019 Prix Eugène Dabit du roman populiste Vermillon Paru en 2019 272 pages

⚙️⚙️Joseph Ponthus sera présent à la Fête de l'Humanité Bretagne avec son livre "À la ligne. Feuillets d'usine" !
📌Samedi 21 novembre 📌
 
Joseph Ponthus sera présent à la Fête de l'Humanité Bretagne avec son livre "À la ligne. Feuillets d'usine" 🐮
"À la ligne est le premier roman de Joseph Ponthus. C’est l’histoire d’un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c’est qu’il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas, il sait les poèmes d’Apollinaire et les chansons de Trenet. C’est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliène. Et, en allant à la ligne, on trouvera dans les blancs du texte la femme aimée, le bonheur dominical, le chien Pok Pok, l’odeur de la mer.
Par la magie d’une écriture tour à tour distanciée, coléreuse, drôle, fraternelle, la vie ouvrière devient une odyssée où Ulysse combat des carcasses de bœufs et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes."
 
 

« Un chant d’amour à la classe ouvrière »

Jeudi 24 Janvier 2019 - Interview de Joseph Pontus par L'Humanité
« À la ligne », fascinant premier roman en forme de long poème en prose, Joseph Ponthus, ex-éducateur en banlieue, vient d'obtenir le prix Eugène Dabit du roman populiste. Nous vous reproposons l'interview réalisé par Michaël Mélinard à l'occasion de la parution de cet ouvrage.

Barbe hirsute, stature filiforme qui flirte avec le double mètre, Joseph Ponthus arbore sur son avant-bras droit la figure tatouée de Pontus de Tyard, son illustre ancêtre poète. D’emblée, il ne cache pas son plaisir d’apparaître dans les pages de « l’Humanité Dimanche », avec l’envie de remettre Marx sur le devant de la scène.

Dans quelle mesure l’exergue « aux prolétaires de tous les pays, aux illettrés et aux sans-dents » s’inscrit-elle dans une perspective marxiste, antimacronienne et anti-hollandaise ?

Il faut toujours savoir d’où l’on parle. Je parle en tant qu’intellectuel, avec des convictions politiques, qui a eu la chance de faire des études. J’ai été baigné par la sainte trilogie marxiste, structuraliste et analytique. C’est peut-être une survivance du passé, mais Marx, Foucault et Lacan m’aident à penser le monde. Je me suis pris une baffe en arrivant à l’usine. Tu as beau avoir lu Marx, mais, la première fois que tu rentres dans la machine, tu te prends le capital dans la gueule. Ce lieu est d’une telle violence symbolique qu’il donne l’impression d’être encore au XIXe siècle. À l’abattoir, les syndicats se battent pour des pauses pipi à discrétion.

Le capitalisme fait en sorte qu’on dise qu’il n’y a plus de classe ouvrière. C’est complètement faux. Mais il n’y a plus de conscience de classe ouvrière. À l’abattoir, aux crevettes ou aux poissons panés, les ouvriers se définissent par rapport à leur poste. Ils disent : « ceux des abats », « ceux des crevettes », « ceux de la vache », « ceux du cochon », « ceux du chargement ». Ils ne s’intègrent pas du tout en tant qu’ouvriers d’une usine, encore moins comme classe ouvrière qui peut instituer un rapport de forces face au patronat et lutter contre la classe qui les exploite.

De fait, le capital a gagné avec l’euphémisation des termes. Tu n’es plus ouvrier mais « opérateur de production ». Il n’y a plus de chefs mais des « conducteurs de ligne ». Le préambule anti-hollandais et antimacronien, dans « À la ligne », est évidemment par rapport à la gauche – enfin la gauche – qui, dans un mépris de classe absolu, a totalement abandonné la classe ouvrière. J’ai toujours là (il montre sa gorge – NDLR) le passage sur les « illettrés » quand « l’autre » est venu dans un abattoir breton. On sait de quel côté ils sont. Malheureusement, le parti n’est plus le ciment pour les classes ouvrières. Encore plus en Bretagne – pas connue pour être un lieu conquis par les cocos, même pendant les années glorieuses – où il n’y a pas de cités ouvrières en tant que telles parce que l’habitat est très dispersé.

Ce livre est un chant d’amour à la classe ouvrière, pour la noblesse de ses travailleurs taiseux. Ils sont complètement occultés du débat politique et niés en tant que classe.

Vous parlez de chant d’amour, comment avez-vous travaillé la rythmique de ce texte ?

L’usine a imposé la forme plus que je ne l’ai choisie. Il s’agissait vraiment de rendre par écrit le rythme des pensées sur une ligne de production où tout va vite, trop vite. Les pensées ne s’arrêtent pas pour pouvoir s’échapper de la pénibilité du travail. On ne peut pas utiliser des subordonnées relatives de trois lignes ou des blocs de paragraphe pour retranscrire fidèlement ce rythme. L’idée du titre et ce parallèle entre la ligne de production et la ligne d’écriture est venue assez rapidement. J’ai vraiment écrit après chaque journée parce que j’étais tellement fatigué que, le lendemain, j’avais tout oublié.

Ce livre est-il un roman, un récit ?

C’est un roman. Tout a été retravaillé pour qu’il y ait un début et une fin cohérente, des personnages récurrents, des épisodes. J’aime raconter des histoires. Je suis un grand lecteur de Dumas, l’une de mes idoles absolues. Même quand je le relis, il arrive à m’agripper, à faire en sorte que je ne puisse pas m’arrêter. Même si tout est vrai, je ne raconte pas les trois quarts des trucs les plus horribles que j’ai pu vivre ou voir. Je ne voulais absolument pas sombrer dans le pathos. Malgré tout, j’ai eu du plaisir à travailler dans cet endroit parce que je n’aurais jamais découvert ailleurs cette solidarité, cette endurance et cette noblesse.

Que vous permet l’écriture ?

On aurait toutes les raisons de croire que de se retrouver comme deux bras et rien d’autre après avoir fait des études est du déclassement absolu. Il fallait en faire quelque chose d’un peu joli, avec un peu de sens, de la mise à distance, de l’analyse pour sortir par le haut de cet absurde et de cette horreur. Sinon, cela veut dire que le capital a gagné. Il faut réhabiliter la question sociale. Je n’ai pas pu aller à la manif avec les collègues titulaires grévistes mais j’ai pu en faire un bouquin. C’est pas mal non plus. C’est ma petite pierre à l’édifice.

Et l’emploi du « je » ?

Le « je » permet de ne pas mettre de distance entre le fond et la forme, d’être à ma place. Je ne vais pas parler au nom de mes collègues ou inventer un héros fictionnel. On a aboli cette frontière entre fiction et roman depuis longtemps. Déjà dans les années 1970, deux romans, « l’Établi », de Robert Linhart, et « l’Excès-l’Usine », de Leslie Kaplan (en fait 1981 et 1982 – NDLR), retraçaient leur expérience ouvrière. C’est du pur roman, ce n’est que du témoignage et il n’y a que du « je ».

Les commerciaux, avec leurs requêtes, ne facilitent pas la vie des ouvriers. Elles viennent rappeller que la question de classe n’a pas disparu...

Dans toutes les usines où j’ai bossé, le statut de chef est marqué par la couleur rouge. Deux barrettes rouges sur la tenue blanche, une charlotte ou un casque rouge. Quand des gens sont promus chefs après des années de travail ouvrier, la question qui revient est : « A-t-il gardé sa mentalité d’ouvrier ? » Le capital a vraiment gagné à l’abattoir, où il y a des affiches rouges placardées à des endroits stratégiques de l’usine. Il est écrit : « Passage interdit pendant l’exploitation. Risque de chutes de carcasses. » Personne ne se révolte. Je n’ai pas réussi à en piquer une pour la garder en souvenir. Il y a vraiment le petit peuple et les chefs. L’exploitation ne se cache même plus.

Quel était le projet de départ ?

L’intérim n’était qu’un passage dont je voulais garder une trace parce que c’est absurde et extraordinaire. J’écrivais juste pour consigner ce qu’il en était. Les entretiens d’embauche dans mon secteur n’ont pas été concluants. Il fallait continuer à bosser. Si mon contrat n’avait pas été raccourci, j’aurais repris en février. S’il y a des camarades lecteurs de l’« HD » qui ont des boulots à me proposer en Bretagne, je suis preneur. En ayant bossé deux ans et demi à l’usine, je peux m’adapter à n’importe quelle tâche.

Dans quelle mesure votre personnage est un « rouge » de cœur devenu un « jaune » de raison ?

L’intérimaire est encore plus la lie de la classe ouvrière que l’ouvrier titulaire. Tu peux être jeté à n’importe quel moment. Ce statut fait que je ne peux pas faire autrement. Il témoigne aussi d’une certaine forme de précarité de la France en 2019. L’intérim est un peu comme un bizutage. Au départ, on te propose des contrats d’une journée, puis deux jours. Les missions sont un peu plus longues si tu fais tes preuves, fermes ta gueule ou endures des trucs un peu costauds. J’ai ensuite fait des missions d’un mois. Au bout d’un an, on m’a proposé l’abattoir, unanimement considéré comme la Rolls des usines de la région parce que tu peux avoir un statut d’intérimaire permanent. Le contrat est tacitement reconduit toutes les semaines. J’ai fait un an et demi d’abattoir. Je devais m’arrêter le 28 décembre et recommencer en février. Par délicatesse, j’ai envoyé un exemplaire au big boss de l’abattoir. Quinze jours plus tard, j’ai appris que mon contrat n’était pas renouvelé. Je suis officiellement à nouveau chômeur. L’industrie agroalimentaire n’est pas trop fan de littérature contemporaine. Le livre n’est pas une charge contre le patronat en tant que tel. C’est plus un chant d’amour pour la classe ouvrière et mon épouse. Il n’y a aucun dénigrement. Mais je ne suis pas un jaune de raison. Je rêverais d’être avec les collègues à la manif. Je préférerais faire plein d’heures sup pour que la grève tienne. C’est le paradoxe quand tu es obligé de gagner ta croûte par tous les moyens possibles.

Joseph Pontus sera présent à la fête de l'Humanité Bretagne le 21 novembre

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23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 08:32
Châteaubriant - 22 octobre 1941/ 18 octobre 2020: le reportage photo de Jean-Luc Le Calvez pour l'hommage aux 27 fusillés, otages communistes et cégétistes livrés par Vichy à la répression nazie
Châteaubriant - 22 octobre 1941/ 18 octobre 2020: le reportage photo de Jean-Luc Le Calvez pour l'hommage aux 27 fusillés, otages communistes et cégétistes livrés par Vichy à la répression nazie
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Châteaubriant - 22 octobre 1941/ 18 octobre 2020: le reportage photo de Jean-Luc Le Calvez pour l'hommage aux 27 fusillés, otages communistes et cégétistes livrés par Vichy à la répression nazie
Châteaubriant - 22 octobre 1941/ 18 octobre 2020: le reportage photo de Jean-Luc Le Calvez pour l'hommage aux 27 fusillés, otages communistes et cégétistes livrés par Vichy à la répression nazie
Châteaubriant - 22 octobre 1941/ 18 octobre 2020: le reportage photo de Jean-Luc Le Calvez pour l'hommage aux 27 fusillés, otages communistes et cégétistes livrés par Vichy à la répression nazie
Châteaubriant - 22 octobre 1941/ 18 octobre 2020: le reportage photo de Jean-Luc Le Calvez pour l'hommage aux 27 fusillés, otages communistes et cégétistes livrés par Vichy à la répression nazie

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23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 07:53
Hommage à Samuel Paty à Morlaix - Mercredi 21 octobre - Photo Cathérine Tréanton -  600 personnes rassemblées dans l'émotion pour saluer le professeur assassiné et réaffirmer nos valeurs républicaines

Hommage à Samuel Paty à Morlaix - Mercredi 21 octobre - Photo Cathérine Tréanton - 600 personnes rassemblées dans l'émotion pour saluer le professeur assassiné et réaffirmer nos valeurs républicaines

Hommage à Samuel Paty à Morlaix - Mercredi 21 octobre - Photo Cathérine Tréanton - 600 personnes rassemblées dans l'émotion pour saluer le professeur assassiné et réaffirmer nos valeurs républicaines

Hommage à Samuel Paty à Morlaix - Mercredi 21 octobre - Photo Cathérine Tréanton - 600 personnes rassemblées dans l'émotion pour saluer le professeur assassiné et réaffirmer nos valeurs républicaines

A Morlaix, de longues minutes d'applaudissement unanime à Samuel Paty, un grand moment d'émotion et d'expression collective après l'hommage de Jean-Paul Vermot, maire et président de la communauté d'agglomération rappelant l'importance de la liberté d'expression, de la laïcité, de l'enseignement à l'esprit critique, et la nécessaire affirmation de ce qui doit nous unir, les valeurs de la République - Liberté, égalité, fraternité, laïcité- Jean-Paul Vermot, puis une Marseillaise chantée par des centaines de personnes.

2000 personnes se sont rassemblées à Brest ce 21 octobre pour Samuel Paty - Plus de 2000 personnes rassemblées hier Place de la Liberté pour rendre hommage à Samuel Paty et réaffirmer les valeurs et les principes qui fondent notre République sociale, laïque et démocratique. Face à cet acte ignoble, la République doit effectivement se tenir unie et ferme. Nous appelons à la cohésion autour du corps enseignant, et plus largement, autour de la mission d’émancipation qu’incarnent et portent quotidiennement l’école et l’ensemble des acteurs éducatifs pour faire de nos enfants, demain, des citoyens libres et éclairés, capables de penser par eux-mêmes. (Groupe des élus communistes)

2000 personnes se sont rassemblées à Brest ce 21 octobre pour Samuel Paty - Plus de 2000 personnes rassemblées hier Place de la Liberté pour rendre hommage à Samuel Paty et réaffirmer les valeurs et les principes qui fondent notre République sociale, laïque et démocratique. Face à cet acte ignoble, la République doit effectivement se tenir unie et ferme. Nous appelons à la cohésion autour du corps enseignant, et plus largement, autour de la mission d’émancipation qu’incarnent et portent quotidiennement l’école et l’ensemble des acteurs éducatifs pour faire de nos enfants, demain, des citoyens libres et éclairés, capables de penser par eux-mêmes. (Groupe des élus communistes)

1500 personnes rassemblées à Quimper le 21 octobre pour Samuel Paty - Photo Francçoise Pencalet

1500 personnes rassemblées à Quimper le 21 octobre pour Samuel Paty - Photo Francçoise Pencalet

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