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18 juillet 2020 6 18 /07 /juillet /2020 11:50
Mathilde Maillard fait partie des nouveaux élus de la Ville de Brest. Elle est adjointe en charge de la politique du bien vieillir et de l’inclusion des personnes en situation de handicap. (©Côté Brest)

Mathilde Maillard fait partie des nouveaux élus de la Ville de Brest. Elle est adjointe en charge de la politique du bien vieillir et de l’inclusion des personnes en situation de handicap. (©Côté Brest)

Brest, nouveaux élus : Mathilde Maillard, médecin, est désormais adjointe au maire

Médecin de 29 ans, Mathilde Maillard, membre du parti communiste, est désormais adjointe sur les questions du handicap et de la vieillesse à Brest. Une mission qui lui sied bien.

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16 juillet 2020 4 16 /07 /juillet /2020 06:49
Face à la vague de chômage qui se profile, l’état de santé alarmant des agents de Pôle emploi (Nolwenn Weiler, Bastamage, 15 juillet 2020)

Service public

https://www.bastamag.net/pole-emploi-chomage-radiation-coaching-reforme-indemnisation-arret-maladie?fbclid=IwAR1Gwubx-_qg5DBCi5BpcqpqXFNK3x3jtN-k0zasuorbrxx50EbqfHrCths

Face à la vague de chômage qui se profile, l’état de santé alarmant des agents de Pôle emploi

par

 

« Les collègues n’arrivent plus à dormir, ils ont des migraines, tombent malades », témoigne-t-on en interne. Les agents de Pôle emploi retiennent leur souffle : le nombre de chômeurs risque d’exploser dans les mois qui viennent, et la réforme durcissant les conditions d’accès à l’indemnisation est malgré tout maintenue.

Comment faire face à l’afflux de chômeurs qui s’annonce ? Et comment expliquer à un demandeur d’emploi que son indemnité sera réduite de moitié ? Ces questions angoissent nombre d’agents de Pôle emploi, à l’heure où l’on reparle de la réforme du chômage, qui prévoit de durcir les conditions d’accès à l’indemnisation. Malmenés depuis dix ans par des restructurations en cascade, sidérés par les politiques de plus en plus discriminatoires envers les chômeurs, les agents de Pôle emploi ne vont pas bien. Certains sont épuisés, beaucoup veulent quitter leur boulot. Alors que le pire reste à venir : la Banque de France prévoit la destruction de près d’un million d’emplois d’ici 2021, avec un taux de chômage qui dépasserait les 11 % !

« Les collègues n’arrivent plus à dormir, ils ont des migraines, tombent malades »

« Les collègues n’arrivent plus à dormir, ils ont des migraines, tombent malades, viennent au travail la boule au ventre, la situation est vraiment tendue », rapporte Lakhdar Ramdani, agent pôle emploi et délégué syndical CGT. « Ils sont d’autant plus mal que dans le cadre de la réforme, on les a prévenus que des vigiles allaient être recrutés au niveau de l’accueil, pour gérer les situations difficiles », complète sa collègue Catherine Barbier, ancienne déléguée syndicale de Pôle emploi à Saint-Malo. Programmée pour le 1er avril 2020, la réforme qui va entraîner une diminution brutale du revenu des personnes au chômage a été suspendue à cause de la crise sanitaire. Elle devrait finalement entrer en vigueur le 1er septembre. « Ajoutons, précise Chantal Rublon, responsable régionale de la CGT Pôle emploi Bretagne, qu’au regard de l’augmentation du taux de chômage, la montée en charge de l’activité va être exponentielle dans les prochaines semaines. »

 

S’il s’accroît avec les violentes réformes entreprises par les équipes de Emmanuel Macron, et les prévisions de crise économique, le mal être des agents de Pôle emploi n’est pas nouveau. Il rampe dans les couloirs de l’établissement public administratif (EPA) depuis plus de dix ans, quand l’État a décidé de fusionner l’ANPE – qui accompagnait les chômeurs dans leur recherche d’emploi, et les Assedic – qui avaient en charge leur indemnisation. Pour coller au souhait de la « double compétence », chère à la direction, les agents sont alors sommés d’apprendre au pas de course un nouveau métier, qui s’ajoute bien souvent au premier, sans qu’aucun moyen supplémentaire ne leur soit accordé, avec des formations trop sommaires. Le tout dans un contexte de crise (nous sommes un an après 2008), « qui n’avait pas été anticipé et qui a fait peser sur les agents une pression supplémentaire », avait reconnu le directeur de l’agence Jean-Paul Alduy en 2011 [1].

« Une saisie mal faite peut déboucher sur la radiation d’un demandeur d’emploi »

La numérisation grandissante, vendue comme une promesse de gain de temps, aboutit bien souvent à l’extrême inverse car ici, comme ailleurs, ça rame, ça plante, ça bloque, et ça fait perdre un temps précieux à tout le monde. C’est d’autant plus compliqué à gérer que les logiciels changent très souvent, sans que personne ne soit correctement formé pour les utiliser. Il arrive régulièrement que les agents découvrent des applications en même temps que les demandeurs d’emploi qu’ils reçoivent. « Cela ne fait pas très professionnel », regrette Aurélie, agente depuis plus de dix ans et syndiquée à Sud. « C’est très stressant, complète Erwan, qui travaille également depuis dix ans dans une agence bretonne. Une saisie mal faite peut déboucher sur un avertissement pour le demandeur d’emploi, voire sur sa radiation… »

Cette impression d’incompétence est mauvaise pour la santé, et la façon dont la dernière réforme a dû être avalée par les agents n’augure rien de bon. Après une journée de e-learning, les agents vont se retrouver en face de chômeurs qui exigent des réponses précises, alors qu’eux ne peuvent délivrer que des approximations. « Les gens ne se contentent pas de généralités, détaille Aurélie. C’est là notre difficulté. S’ils reprennent une activité avant l’épuisement de leurs droits, est-ce qu’ils ne risquent pas d’avoir encore moins de revenus ? Et s’ils partent en formation, qu’est-ce qui se passe ? Parfois, nous ne pouvons rien leur répondre. » Erwan confie : « Nous avons vraiment peur de nous tromper, et de briser cette relation de confiance que nous avons avec les demandeurs d’emploi, et qui est si importante ».

Pour Gisèle, cette relation s’est « brisée » au fil des années et des attaques de plus en plus violentes contre les chômeurs. « Certains ont peur de nous et disent qu’on peut leur couper les allocations, alors que pas du tout, nous sommes là pour les aider, justement. Enfin, nous étions là pour ça… » « On a changé de logique, remarque Irène, au sein du service public de l’emploi depuis vingt ans. On a le sentiment d’être dans une gare de triage et de ne pas avoir le temps d’accompagner les gens. On gère l’urgence. » « On est passé d’un service public à une gestion chiffrée, résume Renaud Fréchin, avocat dans le Sud-Ouest de plusieurs agents en conflit avec leur direction. La pression est très forte. Les indicateurs sont omniprésents. Tout le travail est organisé autour de ces indicateurs. » Nombre d’annonces émises, taux de réponse aux mails ou de réception à l’accueil : ces indicateurs uniquement chiffrés ne rendent pas compte de la qualité du travail – et de l’accompagnement – et sont source de manipulation.

Vente forcée de coaching et trucage de chiffres

Certains agents se retrouvent ainsi à faire de la « vente forcée » sur telles ou telles prestations de coaching « parce qu’il faut remplir des cases », alors même qu’ils savent très bien que ce n’est pas ce dont les gens ont besoin. Les demandeurs d’emploi deviennent secondaires, effacés par le besoin de performance chiffrée de l’institution, qui n’hésite pas à tricher si besoin. Benoît, qui a travaillé cinq ans dans une agence du Sud-Ouest, rapporte ainsi avoir participé à un vaste système de trucage de chiffres, qui a fini par avoir raison de lui. « Il fallait que l’on ait le plus gros volume d’offres possible, explique-t-il. Le mieux, c’était les offres en "pré-sélection". Celles pour lesquelles nous présentions aux entreprises des candidats pré-sélectionnés. »

Pour gonfler cet indicateur jugé primordial, les agents de Pôle emploi intègrent des personnes recrutées sans leur intervention. Comment ? « Soit on demandait aux entreprises de nous donner les noms des personnes recrutées, soit on rentrait les données qui figuraient sur les déclarations préalables à l’embauche (DPAE). Pendant plusieurs mois, notre direction avait, semble-t-il, accès à ces DPAE sans que l’on sache comment. » À un moment donné, cette transmission des DPAE s’est arrêtée. Les agents ont alors fait des copier/coller des mois précédents pour alimenter les tableaux de statistiques. Ce système généralisé de faux-semblant a peu à peu anéanti Benoît, qui est resté en arrêt maladie pendant plusieurs mois avant d’être licencié pour inaptitude en février 2019.

Benoît se dit « ecœuré » par la réalité du travail à Pôle emploi, si éloigné de ce qui était au centre de ses préoccupations quand il a intégré cette institution, à savoir « l’accompagnement des chômeurs, et en particulier les plus précaires d’entre eux ». Cette souffrance des plus engagés dans leur travail dure depuis des années. En 2012 déjà, à la demande du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), des experts ayant enquêté au sein de plusieurs dizaines d’agences relevaient « des situations de conflits de valeurs particulièrement nuisibles pour la santé », avec des agents qui ne trouvaient plus de sens à leur métier. Ceux-ci évoquaient déjà des « sentiments de honte vis-à-vis du fait de travailler à Pôle Emploi et/ou vis-à-vis du demandeur d’emploi ».

« Je pense à ces femmes seules, mères célibataires, il y en a beaucoup à Pôle emploi »

« J’ai treize demandeurs d’emploi à voir en une demi-journée pour vingt minutes chacun ! Si on en convoque moins de dix, on se fait remonter les bretelles ! », témoignait alors un conseiller. « Les portefeuilles de demandeurs d’emploi sont extrêmement remplis : entre 150 et 300 demandeurs d’emploi pour un agent à temps plein », cite le rapport qui signale un épuisement « alarmant » des personnels, avec « un sentiment d’être débordé, submergé, broyé ». En 2020, les portefeuilles sont encore plus fournis [2]. « Certains collègues badgent après leur arrivée, ils sautent leur déjeuner, ils restent jusqu’à 19h, ils ne prennent pas trop de congés, sinon ils ont trop de boulot quand ils reviennent », rapporte Lakhdar Ramdani. Et les CHSCT ont, depuis, été supprimés. Plus aucun rapport d’expertise ne viendra tirer la sonnette d’alarme pour protéger la santé des 30 000 agents.

Baignant dans ce stress latent, plusieurs salariés évoquent le dossier de France Télécom/Orange, et des salariés qui se sont suicidés. Une plainte déposée en 2014, par le syndicat CFTC et les parents d’une agente ayant mis fin à ses jours, évoque 17 suicides d’origine professionnelle. Aucun décompte n’a eu lieu depuis, notent des journalistes dans un ouvrage consacré à la souffrance au travail à Pôle emploi [3]. Elles citent néanmoins une source syndicale qui parle de dizaines de suicides et tentatives de suicide entre 2012 et 2013 « Je me sens très inquiet pour mes anciens collègues, glisse Benoît. Je sais combien c’est difficile alors même que je suis marié, que j’ai une famille sur laquelle m’appuyer. Mais je pense à toutes ces femmes seules, mères célibataires, il y en a beaucoup à Pôle emploi. »

« Beaucoup de collègues sont malades. Dans certaines agences, le taux d’arrêts est alarmant »

« Nous avons beaucoup de collègues malades. Dans certaines agences, le taux d’arrêts est alarmant », avertit Catherine Barbier. « L’absentéisme constitue un indicateur fort de la qualité de vie au travail, admet la direction interrogée par Basta !, ajoutant être « fortement engagée dans une démarche de prévention » de cet absentéisme. De quelle manière ? Mystère. Aucune précision ne nous a été donnée. « Ils refusent de parler de front de ce sujet, tempête Chantal Rublon. On les comprend. Plus le taux d’absentéisme est élevé, plus l’organisation du travail est remise en cause. » « Chez nous, on ne parle pas de ce qui ne va pas, appuie Gilles Durand, travaillant au service Contentieux, et syndiqué chez Sud. La culture du déni est très forte. »

« 79 % des agents de Pôle emploi déclarent être fiers de travailler au sein de l’établissement et 77 % des agents ont confiance dans l’avenir de Pôle emploi », se réjouit la direction. Citant une enquête réalisée après le confinement, la direction conclut à « l’adhésion des agents aux orientations engagées depuis huit ans par Pôle emploi ». Problème : les agents contactés n’ont aucun souvenir d’avoir répondu à une quelconque enquête sur le sujet. « Le dernier questionnaire que l’on a eu portait sur la façon dont on avait vécu le travail pendant le confinement, pas du tout sur les orientations de Pôle emploi, dont nous ne discutons jamais... »

Flicage et infantilisation

« Les seuls espaces de transgression qui nous restent sont les temps d’entretien, remarque Erwan. Mais là aussi, ils tentent de nous fliquer, de nous déposséder de notre travail, notamment avec les ORT (observation de la relation de travail, ndlr). » Derrière cet acronyme, se cache une scène peu confortable : un responsable hiérarchique, qui décide de vos augmentations éventuelles et de vos dates de vacances, se poste dans votre bureau et assiste à l’entretien mené avec un demandeur d’emploi. Difficile, évidemment, d’être à l’aise. Et impossible d’expliquer aux chômeurs comment être plus malin qu’un système qui cherche à les piéger pour qu’ils soient radiés. « Sur une même année, on peut être amené à être évalué deux ou trois fois par son supérieur hiérarchique, sans qu’il ne maîtrise nécessairement l’activité qu’il est censé observer », précise Erwan.

Cette infantilisation opère dans d’autres « propositions » de management qui, sous couvert de dialogues, sont en fait imposées aux agent.es. « À la place des échanges spontanés qui pouvaient avoir lieu autour de la machine à café, ils organisent des réunions planifiées de convivialité », grince un agent. Comme si la convivialité pouvait se décréter. Il arrive aussi que les salariés soient invités à participer à une grande chasse aux œufs de Pâques avec leurs familles, ou à une galette des rois collective. « Parfois, ce sont les collègues eux-mêmes qui organisent ces temps, dit Erwan. On a une réunion le matin et l’après midi, ils programment un "escape game". C’est évidemment très compliqué de dire non. »

Pour échapper à ces pressions, beaucoup de conseillers se tournent vers le télétravail. « C’est une façon de se protéger, dit Pauline, rencontrée lors d’une journée de formation. Je suis moins sollicitée, je suis plus au calme. » En Bretagne, avant la crise sanitaire du Covid-19, près d’un tiers des conseillers avaient formulé une demande de télétravail. Une partie des 30 000 conseillers passés en télétravail pendant le confinement éprouve une peur panique de revenir en agence.

Certains agents choisissent le temps partiel, pour pouvoir respirer, ou bien ils partent en formation, choisissent de se réorienter, signent des ruptures conventionnelles. « Chacun essaie de sauver sa peau, relève Catherine Barbier. Il faut bien trouver une solution pour le mal-être qu’on ressent au travail à cause de conflits de valeur insupportables. » Dépité, Lakhdar Ramdani conclut : « Les conditions pour rendre réellement service aux demandeurs d’emploi ont disparu. Dès lors, pourquoi rester, se demandent les collègues. » Mais ceux et celles qui restent s’inquiètent : si tout le monde quitte le navire, qui va s’occuper des demandeurs et demandeuses d’emploi ?

Nolwenn Weiler

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13 juillet 2020 1 13 /07 /juillet /2020 06:16
Hommages à Max Jacob, poète né le 12 juillet 1876 à Quimper, décédé à Drancy en déportation le 6 mars 1944
Modigliani, Picasso et Max Jacob

Modigliani, Picasso et Max Jacob

Le poète, Max Jacob, est né le 12 juillet 1876 à Quimper. « Un poète cocasse comme le rêve » dira de lui, Jean Cocteau.
Arrêté en février 1944 par la Gestapo d’Orléans, il est déporté au camp de Drancy sous le n° 15872. Il y décède dans la nuit du 5 au 6 mars 1944. Le 17 novembre 1960, Max Jacob est reconnu officiellement « poète mort pour la France ». Pierre Seghers, dans son témoignage militant La Résistance et ses poètes, le consacre comme père de tous les « poètes casqués » de la Seconde Guerre mondiale et des générations futures.
Il écrit ce poème adressé au curé de Saint-Benoît pendant son transfert vers Drancy:
 
"Amour du prochain
Qui a vu le crapaud traverser une rue ?
C’est un tout petit homme : une poupée n’est pas plus minuscule.
Il se traîne sur les genoux : il a honte, on dirait… ? Non !
Il est rhumatisant. Une jambe reste en arrière, il la ramène !
Où va-t-il ainsi ? Il sort de l’égout, pauvre clown.
Personne n’a remarqué ce crapaud dans la rue.
Jadis personne ne me remarquait dans la rue.
Maintenant les enfants se moquent de mon étoile jaune.
Heureux crapaud ! Tu n’as pas l’étoile jaune"
Portrait de Max Jacob par Modigliani

Portrait de Max Jacob par Modigliani

Mardi, 16 Novembre, 2004 - L'Humanité

L'étoile jaune d'un poète

Quimper,

envoyé spécial

«Le paradis est une ligne de craie sur le tableau noir de ta vie, vas-tu l'effacer avec les diables de ce temps ?»

Max Jacob s'interroge en ces années 1943-1944, dans ce qui seront ses Derniers Poèmes. L'homme est retiré depuis 1936 à Saint-Benoît-sur-Loire, qu'il avait découvert dans les années vingt. Le zèle vichyste à devancer les mesures antisémites nazies rattrape le natif de Quimper. Et la police de l'État français veille depuis juin 1942. « Deux gendarmes sont venus enquêter sur mon sujet, ou plutôt au sujet de mon étoile jaune. Plusieurs personnes ont eu la charité de me prévenir de cette arrivée soldatesque et j'ai revêtu les insignes nécessaires », écrit-il dans une lettre.

La solidarité des religieux et de la population n'assure au poète qu'un calme précaire. Alors que la guerre est à son tournant, la menace sourde traverse des textes partagés entre son ironie mordante et un désespoir fondé.

Dans une forme sèche à la Félix Fénéon, il compose sur l'époque Folklore 1943 : « Ali Baba ou les quarante mille voleurs ». Ainsi du poème intitulé Amour du prochain, dédié à son ami Jean Rousselot : « Qui a vu le crapaud traverser une rue ? C'est un tout petit homme, une poupée n'est pas plus minuscule. Il se traîne sur les genoux : il a honte, on dirait... ? Non ! Il est rhumatisant. Une jambe reste en arrière, il la ramène ! Où va-t-il ainsi ? Il sort de l'égout, pauvre clown. Personne n'a remarqué ce crapaud dans la rue. Jadis personne ne me remarquait dans la rue, maintenant les enfants se moquent de mon étoile jaune. Heureux crapaud, tu n'as pas l'étoile jaune. »

Son frère Gaston et sa sœur Mirté ont été déportés de Bretagne à Auschwitz, où ils meurent en 1943.

Le 20 février 1944, il dit « Au revoir les enfants » à ses amis venus le visiter. Quatre jours plus tard, il sert la messe du matin. À peine sorti de la basilique, la Gestapo l'arrête au seuil de la maison où il est hébergé. Trois jours à la prison d'Orléans, avant d'être transféré à Drancy. Un gendarme postera une lettre à la gare d: « Cher Jean (Cocteau - NDLR), je t'écris dans un wagon par la complaisance des gendarmes qui nous encadrent. Nous serons à Drancy tout à l'heure. C'est tout ce que j'ai à dire. Sacha (Guitry - NDLR), quand on lui a parlé de ma soeur, a dit : " Si c'était lui, je pourrais quelque chose !" Eh bien, c'est moi. Je t'embrasse. Max. » Ses amis vont, cette fois, tout tenter. Le 6 mars, la Gestapo signe l'ordre de libération. Max Jacob est mort la veille, d'une maladie respiratoire. Il avait soixante-sept ans.

En cette année marquant le soixantième anniversaire tragique de sa mort, les musées des Beaux-Arts de Quimper et d'Orléans se sont associés pour présenter un hommage original ressuscitant la figure du poète. Ayant beaucoup oeuvré à la connaissance de son travail, ils ont choisi, sous la direction respective d'André Cariou et d'Isabelle Klinka-Ballesteros, de le faire vivre au travers des portraits qu'en firent ses amis artistes, rencontrés tout au long de sa vie, dans sa Bretagne natale, qui enflamma ses sentiments religieux et dont les légendes nourrirent son inspiration, puis à Paris, avec le groupe des surréalistes, dont Picasso, ou, plus tard, avec Cocteau et Jouhandeau. On sait, en peinture, que le genre « portrait » a toujours à voir avec « l'autoportrait » du peintre lui-même.

« un homme très chrétien »

Et en ce sens, l'exposition, par ces dizaines d’œuvres, évoque tout autant la présence fantomatique du poète assassiné qu'elle brosse la contribution de sa figure à une histoire de la peinture moderne. Les documents photographiques, quant à eux, illustrent au mieux le style de l'homme, qu'un Maurice Sachs - intellectuel juif plus tard fourvoyé dans la collaboration, avant de mourir, tué à Hambourg en 1945 - résume au mieux dans un des cartouches qui rythment l'ensemble en autant de témoignages écrits.

Max Jacob, dit-il, « était un homme très chrétien qui blasphémait à ses heures, un esprit très libre qui pouvait tomber dans toutes les formes de superstition, un anticlérical qui était parfois très cagot (faux dévot - NDLR), un anarchiste qui aimait beaucoup les honneurs officiels, un homme rude assez paysan de mœurs, se lavant peu, mais fou de parfum, qui ne craignait ni de se raser à l'eau froide ni la grave lame, mais à qui il arrivait de porter trois ou quatre pierres semi-précieuses dans ses poches. » Orgueil de pauvre, bien breton pour ce descendant de juifs lorrains, au plus fort de sa misère du Bateau-lavoir, que de manifester par le dandysme la puissance de l'esprit. « Les portraits de peintre ne sont jamais ressemblants, écrit Max Jacob à Man Ray le 22 septembre 1922, tandis qu'ici je suis moi-même ! Pas très beau ! Pas trop laid ! Pas rajeuni. Plus très jeune ! Avec un gros nez maternel et une bouche de femme pas mal démoniaque. Je suis ravi de vous et du portrait. » L'ensemble donne envie de se replonger dans l’œuvre, c'est là l'essentiel.

Une pièce, à l'initiative de la bibliothèque municipale de Quimper figurait dans cette exposition. Une création vidéo a été réalisée par le plasticien Pol Le Meur. Elle donne à voir le parcours en trois stations qu'a réalisé l'artiste sur les lieux qu'a habités Max Jacob, Quimper, Paris, Saint-Benoît. Mêlant scènes de rue d'aujourd'hui, fondus des recueils du poète, le film donne à entendre l'essentiel de l'activité du poète reclus, épistolaire en ces années de persécution. Une poésie rare émane de cette contribution dont on ne peut que souhaiter qu'elle puisse être reprise ailleurs.

« La plus vivace intelligence »

On verra aussi la très belle sculpture en bronze sensuel d'Henri Laurens, l'Archange foudroyé, restée depuis 1946 à l'état de projet de la sculpture destinée à saluer la mémoire de Max Jacob dans le jardin de la cathédrale de Quimper... Paul Eluard dira en mars 1944 : « Après Saint-Pol-Roux, Max Jacob vient d'être assassiné par les nazis. Comme Saint-Pol-Roux, Max Jacob a eu contre lui son innocence : la candeur, la légèreté, la grâce du cœur et de l'esprit, la confiance et la foi. La plus vivace intelligence, la véritable honnêteté intellectuelle. Il était, avec Saint-Pol-Roux, un de nos plus grands poètes [...]. On a pu dire de lui qu'il fut non seulement poète et peintre, mais précurseur et prophète : son œuvre, si diverse, où l'ironie laisse toujours transparaître la plus chaude tendresse et la sensibilité la plus fine, marque une véritable date dans la poésie française. Depuis Aloysius Bertrand, Baudelaire et Rimbaud, nul plus que lui n'avait ouvert à la prose française toutes les portes de la poésie. Entre les poèmes en prose du Cornet à dés et les poèmes en vers du Laboratoire central, entre les Œuvres mystiques et Burlesques du frère Matorel et le Terrain Bouchaballe, la poésie occupe le domaine entier de la vie parlée, dans la réalité, et en rêve. »

Michel Guilloux

Exposition « Max Jacob, portraits d'artistes ».

Samedi, 28 Janvier, 1995 - L'Humanité

Parce que c'étaient eux

RENCONTRE entre un pinceau et un stylo. La scène initiale se passe en 1901 dans la galerie d'Ambroise Vollard. Picasso, jeune peintre de dix-huit ans, expose. Max Jacob, critique d'art, s'enflamme. Début d'une amitié de quarante-trois ans. Le premier révèle au second sa vocation: «Il m'a dit que j'étais poète: c'est la révélation la plus importante de ma vie, après l'existence de Dieu.»

En 1944, Max Jacob mourait, interné par les nazis au camp de Drancy. Dix ans plus tard, Picasso s'interroge: «Que serait-il devenu si Apollinaire et lui avaient continué à vivre?». Faire traverser aux morts les années qu'ils n'ont pas vécues. C'est un peu le propos de l'exposition qui se tient au musée Picasso de Paris jusqu'au 6 février. Créée au musée de Quimper cet été, cette rétrospective singulière émeut à plus d'un titre. L'homme de lettres a l'amitié jalouse. Le plasticien la place sur un piédestal. Le succès et la fortune de ce dernier et la pauvreté de l'autre fragiliseront bientôt leur relation. En attendant, Max Jacob, poète et Juif breton, se fait baptiser, en 1915, dans sa petite chambre de la rue Ravignan. Picasso est son parrain et lui offre une petite édition de «l'Imitation de Jésus-Christ» - que l'on peut voir actuellement à l'hôtel Salé. Bouleversante, la dédicace: «A mon frère Cyprien Max Jacob, souvenir de son baptême, jeudi 18 février 1915. Signé: Pablo.» Il en résulte, pour le poète, une foi à déplacer les montagnes. Un an plus tard, Picasso expose à Lyre et Palette. On y lit des poèmes de Max Jacob et l'on y vend son portrait reproduit et accompagné d'un court poème du «Cornet à dés». 12 juillet 1917, le peintre épouse Olga. Max Jacob est son témoin.

Échanges épistolaires. Voyages ensemble et séparés. Les lettres que reçoit le poète sont ornées de dessins où l'Espagnol commente l'avancement de ses travaux. L'écrivain en vendra certaines pour ne pas mourir de faim. Nombreux rendez-vous poétiques illustrés. «Le Phanérogame» en 1918, et «la Défense de Tartuffe» en 1919. En retour, Pablo a intégré son ami dans son univers. Dès 1905, il apparaît déguisé en petit marin dans les dessins préparatoires aux «Demoiselles d'Avignon». 1937: ultime étincelle. Picasso rend visite à Max Jacob qui fait le guide à la basilique de Saint-Benoît en Bretagne. 21 mars 1944. Picasso assiste à la messe célébrée à la mémoire du poète, mort d'une pneumonie au camp de Drancy au début du mois.

L'exposition dit avec assez de clarté comment chacun s'est enrichi de l'autre. Le plasticien athée du poète mystique, et l'écrivain secret du géant prolifique. Sous les vitrines, des textes qui brûlent les doigts. On meurt d'envie de tourner la page des manuscrits exposés. La rencontre entre Max Jacob et Picasso n'a rien d'une production à quatre mains. On se prend à songer, en sortant de la visite, à cette phrase de Montaigne à propos de son ami La Boétie: «Parce que c'était lui, parce que c'était moi.»

Max Jacob et Picasso, musée Picasso, hôtel Salé (5, rue Thorigny, Paris 3e. Téléphone: 42.71.25.21). Jusqu'au 6 février. Catalogue: 380 pages, 390 francs.

ARNAUD SPIRE.

Mardi, 29 Mars, 2005 - L'Humanité

Max Jacob, poète et peintre

"Max Jacob n'avait qu'une seule école: la sienne. Elle resta figurative et n'eut qu'en de rares circonstances des velléités modernistes".

 

Max Jacob,

de Béatrice Mousli, Éditions Flammarion, 2005. 514 pages, 25 euros.

De tous les écrivains qui se sont adonnés à la peinture et au dessin (et dieu sait s'ils sont nombreux, de Michaux à Cocteau, de Montherlant à D. H. Lawrence, de Wyndham Lewis à William S. Burroughs...), Max Jacob ne compte pas parmi les amateurs. Parallèlement à son œuvre poétique, il a poursuivi un travail plastique qui, s'il n'atteint pas des sommets vertigineux, n'en est pas moins respectable. Sans doute parce que l'auteur du Cornet à dès s'est toujours montré assez modeste (dans un texte autobiographique, ne s'exclame-t-il pas : « Dans l'histoire de la peinture il n'y a pas de génie, hélas ! » ?). Ami intime de Picasso (qui fut son parrain quand il se convertit au catholicisme), il ne l'a jamais suivi, même de loin, dans le champ miné du cubisme. Ami intime de Modigliani, il s'est contenté de lui adresser un merveilleux poème (« Pour lui prouver que je suis poète »). Max Jacob n'avait qu'une seule école : la sienne. Elle resta figurative et n'eut qu'en de rares circonstances des velléités modernistes. Cela n'en fait pas nécessairement un mauvais artiste. Dans la bonne biographie qu'elle vient de lui consacrer, Béatrice Mousli ne semble pas prendre en considération les fruits de son art. Elle se contente de signaler ses expositions et les réactions qu'elles suscitent. Mais rien sur le créateur, comme si l'homme et le peintre avaient été dissociés sur la table de dissection du légiste (en l'occurrence, le biographe). C'est dommage, car l'entreprise est honnête et même utile. Mais il y a des légèretés : par exemple, elle rappelle les circonstances de l'arrestation de Max Jacob, son internement à Drancy, mais elle oublie de dire à quel point Picasso, Cocteau et Sacha Guitry se sont démenés pour obtenir l'élargissement du malheureux poète, qui est mort le jour où arriva l'ordre de sa libération, le 5 mars 1944. Par contre elle cite l'article nécrologique paru dans Je suis partout - « Max Jacob est mort. Juif par sa race, breton par sa naissance, romain par sa religion, sodomite par ses mœurs, le personnage réalisait la plus caractéristique figure de Parisien qu'on pût imaginer, de ce Paris de la pourriture et de la décadence dont le plus affiché de ses disciples, Jean Coteau, demeure l'échantillon également symbolique. » Heureusement, en avril, les Lettres françaises évoquent ce décès en d'autres termes : « Après Saint-Pol Roux, Max Jacob vient d'être assassiné par les Allemands. Comme Saint-Pol Roux, Max Jacob a eu contre lui son innocence. Innocence : la candeur, la légèreté, la grâce du coeur et de l'esprit, la confiance et la foi. La plus vivace intelligence, la véritable honnêteté intellectuelle. » Depuis lors, le poète est resté vivant dans nos mémoires. Mais le peintre, pas assez.

Gérard-Georges Lemaire

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13 juillet 2020 1 13 /07 /juillet /2020 05:50
Albert Pennec (à gauche) et le poète morlaisien Jean-Albert Guennégan, lors l’ouverture de cette exposition de photos consacrées aux Gitans, durant tout l’été au Musée Yan' Dargent de Saint-Servais. | OUEST-FRANCE

Albert Pennec (à gauche) et le poète morlaisien Jean-Albert Guennégan, lors l’ouverture de cette exposition de photos consacrées aux Gitans, durant tout l’été au Musée Yan' Dargent de Saint-Servais. | OUEST-FRANCE

Ouest-France

Saint-Servais. Les gitans à l’honneur au Musée Yan’Dargent

Publié le 11/07/2020

Le Musée Yan' Dargent, à Saint-Servais (Finsitère) vient d’ouvrir ses portes au public. Jusqu’au 20 septembre 2020, il fera la part belle aux photos des Gitans, réalisées par le Landivisien Albert Pennec.

 

Si les travaux de l’église ne permettent pas cet été encore, la visite de l’édifice, le Musée Yan' Dargent offre toutefois aux visiteurs de découvrir tous les jours (sauf le jeudi), entre 14 h et 18 h, les trésors de l’enclos et de l’exposition consacrée aux photographies et ouvrages illustrés de Yan' Dargent. Notre coup de cœur est l’exposition Les Gitans, forte de 47 photos du photographe landivisien Albert Pennec. La plupart d’entre elles sont accompagnées par de superbes textes du poète morlaisien Jean-Albert Guennégan.

Amour pour un monde méconnu

À l’image du photographe, les visiteurs pourront faire voyager dans un monde méconnu. Comme Albert Pennec lui-même, dès 1976, lorsqu’il participa pour la première fois, pendant trois jours, à la convention que les gitans tenaient à Plounéour-Trez. Une rencontre qui déboucha sur de nombreuses autres, jusqu’aux pèlerinages aux Saintes-Maries-de-la-Mer, en 2018 et 2019. Des milliers de photos, parmi lesquelles le Landivisien a choisi près d’une cinquantaine. Il multiplie les techniques, de l’argentique au numérique, en passant par les photos en noir et blanc ou en couleur, les scans et les montages. De la procession de Sara aux scènes de rue, égayées par les guitares et les danses, en passant par la vie dans les roulottes et de superbes portraits, Albert Pennec a su magnifiquement montrer tout l’amour qu’il portait à cette communauté. Il y a rencontré Pauline, une jeune gitane landivisienne, dont les visiteurs pourront apprécier la grâce, dans une danse photographiée lors d’un pèlerinage aux Saintes- Maries. Albert Pennec, lors de l’ouverture de cette exposition, s’est dit « fier des textes de Jean-Albert Guennégan, qui a parfaitement compris la nature des clichés que je lui ai proposés, et superbement traduit l’émotion que je ressentais en les faisant ».

Le photographe landivisien aura aussi une exposition cet été dans le parc de Créac’h Kélenn. Elle était officiellement programmée le 16 mai dernier dans le cadre de l’opération « Photos en poésie ». L’occasion de découvrir 41 clichés : portraits d’enfants, de jeunes ou de mariés, mais également des pardons et voyages à Haïti et au Maroc. « Un aperçu de 53 années à accompagner la vie des gens. »

https://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-servais-22160/saint-servais-les-gitans-a-l-honneur-au-musee-yan-dargent-6903258

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13 juillet 2020 1 13 /07 /juillet /2020 05:30
Après Plouigneau, Morlaix, Lanmeur, Guimaëc, etc, les élus du Relecq-Kerhuon adoptent un soutien aux salariés de Hop! Morlaix

Merci à nos camarades du Relecq Kerhuon d'avoir présenté et adopté ce voeu de soutien aux salariés de Hop! Aux élus de Guimaëc aussi d'avoir adopté à l'unanimité le même voeu que celui présenté à Morlaix. Le combat continue.

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10 juillet 2020 5 10 /07 /juillet /2020 06:19
Jacques Rannou - Cheminot retraité - maire délégué de Kernevel (commune associée à Rosporden) - conseiller communautaire Concarneau Conouaille Agglomération

Jacques Rannou - Cheminot retraité - maire délégué de Kernevel (commune associée à Rosporden) - conseiller communautaire Concarneau Conouaille Agglomération

Karen Le Moal - Cheminote gare de Rosporden - Partenaire PCF - Adjointe au maire – sports  et équipements sportifs - conseillère communautaire. CCA

Karen Le Moal - Cheminote gare de Rosporden - Partenaire PCF - Adjointe au maire – sports et équipements sportifs - conseillère communautaire. CCA

Anita Richard –Retraitée de l’enseignement  Adhérente PCF – Conseillère municipale –

Anita Richard –Retraitée de l’enseignement Adhérente PCF – Conseillère municipale –

Jean-Marie Cloarec - Professeur de musique Partenaire PCF Adjoint au maire - culture

Jean-Marie Cloarec - Professeur de musique Partenaire PCF Adjoint au maire - culture

Françoise Nioche  Retraitée de l’enseignement  Adhérente PCF – Conseillère municipale –

Françoise Nioche Retraitée de l’enseignement Adhérente PCF – Conseillère municipale –

Djelloul Benhenni -Agent territorial Adhérent PCF - Conseiller municipal

Djelloul Benhenni -Agent territorial Adhérent PCF - Conseiller municipal

Quentin Rannou - Chargé d’affaires « réseaux » Partenaire PCF- Conseiller municipal

Quentin Rannou - Chargé d’affaires « réseaux » Partenaire PCF- Conseiller municipal

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10 juillet 2020 5 10 /07 /juillet /2020 06:05
Le nouveau gouvernement et les violences faites aux femmes - rassemblement à l'appel du Planning familial et du PCF Brest à Brest le vendredi 10 juillet à 18h30
Emmanuel Macron a choisi Gérald Darmanin, soupçonné de viol, pour diriger le ministère de l’Intérieur. Il a désigné Éric Dupond-Moretti, pourfendeur du mouvement #MeToo, au poste de garde des Sceaux. Ces décisions scandalisent justement les féministes. C’est une gifle infligée aux luttes contre les violences sexistes et sexuelles.
Ces deux ministres chargés respectivement d’accompagner les fonctionnaires de police et la magistrature pour lutter contre les violences ne brillent pas par leur exemplarité. Comment faire confiance à un personnage comme Dupond-Moretti ? Il est dans le combat inverse de l’histoire de la libération des femmes.
Trois ans après l’onde de choc #MeToo, cette nouvelle équipe ne présage décidément rien de bon pour la lutte des violences faites aux femmes.
La section du Pays de Brest du PCF se joint à l'appel du Planning Familial , et donne rendez-vous vendredi 10 juillet à 18h30 , place de la Liberté à Brest pour toutes et tous ensemble, refuser la culture du viol et résister contre le patriarcat.

 

***

 
Suite à l'annonce de la composition du nouveau gouvernement, nous féministes femmes et hommes sommes en colère.
En effet, Gérald Darmanin est nommé ministre de l’Intérieur, alors qu'il est accusé de viol, de harcèlement sexuel et d'abus de confiance. Le parquet a annoncé le 11 juin la reprise de l’enquête. L’accusé se retrouve à la tête des policières et policiers chargé.e.s d’accueillir et accompagner les femmes victimes de violence.
Eric Dupond-Moretti est nommé ministre de la justice. Avocat, il est ouvertement antiféministe. Surnommé l’Acquittator, la culture du viol alimente ses plaidoiries pour défendre violeurs, pédocriminels, proxénètes et accuse les victimes d’être consentante.
 
A l'appel du planning familial , rendez-vous vendredi 6 juillet à 18h30 , place de la Liberté à Brest pour, ensemble, refuser la culture du viol et résister contre le patriarcat.
Ci-joint l'appel du planning familial.
Dans la liste des premières signataires figurent nos camarades : Laurence Cohen (sénatrice PCF), Hélène Bidard (adjointe PCF en charge de l'égalité femmes/ hommes à la mairie de Paris), Lorraine Questiaux (militante PCF et avocate féministe, Shirley Wirden (conseillère municipale PCF 4eme arrondissement à Paris).
 
La commission féministe du PCF

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8 juillet 2020 3 08 /07 /juillet /2020 15:32
Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Lucienne Nayet, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Lucienne Nayet, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Les élus de Plouigneau étaient présents eux aussi à la manif pour Hop!

Les élus de Plouigneau étaient présents eux aussi à la manif pour Hop!

Photo de Jean-Paul Vermot, nouveau maire de Morlaix, répondant aux médias (photo Ghislain Guengant)

Photo de Jean-Paul Vermot, nouveau maire de Morlaix, répondant aux médias (photo Ghislain Guengant)

Photo Rodolphe Thirard, 8 juillet 2020 - prise de parole de Jean-Paul Vermot au côté de Yves Moisan, vice-président Economie de Morlaix-Co, Gérard Lahellec, Vice-président Transport de la Région Bretagne, Jean-Luc Fichet et Philippe Paul, sénateurs,  qui sont intervenus eux aussi

Photo Rodolphe Thirard, 8 juillet 2020 - prise de parole de Jean-Paul Vermot au côté de Yves Moisan, vice-président Economie de Morlaix-Co, Gérard Lahellec, Vice-président Transport de la Région Bretagne, Jean-Luc Fichet et Philippe Paul, sénateurs, qui sont intervenus eux aussi

Photo de Rodolphe Thirard - discours de soutien aux salariés de Hop! du maire de Morlaix, Jean-Paul Vermot

Photo de Rodolphe Thirard - discours de soutien aux salariés de Hop! du maire de Morlaix, Jean-Paul Vermot

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Jean-Luc Le Calvez, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Jean-Luc Le Calvez, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Jean-Luc Le Calvez, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Jean-Luc Le Calvez, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Jean-Luc Le Calvez, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Jean-Luc Le Calvez, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Jean-Luc Le Calvez, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Jean-Luc Le Calvez, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Jean-Luc Le Calvez, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Jean-Luc Le Calvez, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Jean-Luc Le Calvez, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Jean-Luc Le Calvez, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Jean-Luc Le Calvez, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Jean-Luc Le Calvez, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Jean-Luc Le Calvez, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Jean-Luc Le Calvez, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Jean-Luc Le Calvez, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Jean-Luc Le Calvez, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

HOP ! Morlaix :
Ce matin, 8 juillet, dès 9h élus et habitants du Pays de Morlaix était au côté des salariés de HOP ! Morlaix.
Cette journée de mobilisation en appellera d’autre.
Nous ne laisserons pas 7 milliards d’euros financer des suppressions de postes.
 
Ouest-France, 8 juillet 2020:
Mercredi 8 juillet 2020, salariés, élus et citoyens bloquent le site de Hop ! pour protester contre sa fermeture et la suppression des 276 emplois à Morlaix (Finistère) d’ici 2023.
Vendredi 3 juillet 2020, le groupe Air France a officialisé la fermeture du site morlaisien de sa filiale, Hop !. D’ici 2023, le site serait amené à fermer et les 276 emplois seraient supprimés.
Depuis 9 h, ce mercredi 8 juillet 2020, 400 personnes bloquent le site. Les salariés sont nombreux, tout comme les élus de la ville de Morlaix (Finistère) et de Morlaix communauté. Des élus départementaux et régionaux sont également présents. Le maire de Morlaix Jean-Paul Vermot, le conseiller communautaire Yves Moisan, le sénateur Jean-Luc Fichet, le sénateur Philippe Paul et le vice-président du conseil régional chargé des transports Gérard Lahellec se sont exprimés.
Pour Sébastien Grandjean, délégué de la CGT, embauché en 2003 comme mécanicien et technicien de maintenance, la colère, l’injustice et un sentiment de gâchis dominent.
Les noms de chaque salarié concerné ont été affichés sur un mur, avec leur date d’arrivée dans l’entreprise, comme l’a filmé l’un d’entre eux.
(...) À 11 h 40, les salariés sont sortis de la réunion avec la direction. Sébastien Grandjean réagit : « Bien sûr qu’il y aura de la casse ! Ils vont proposer des reclassements, mais les gens qui travaillent ici sont attachés à leur région, ils ne prendront pas la mobilité.
HOP ! Morlaix :
Ce matin, 8 juillet, dès 9h élus et habitants du Pays de Morlaix était au côté des salariés de HOP ! Morlaix.
Cette journée de mobilisation en appellera d’autre.
Nous ne laisserons pas 7 milliards d’euros financer des suppressions de postes.
Photo Ghislain Guengant, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ghislain Guengant, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Ismaël Dupont, Manif Hop! 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Manifestation Hop! - 8 juillet 2020

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7 juillet 2020 2 07 /07 /juillet /2020 07:35
Mobilisation. Des territoires en lutte pour l’emploi (Loan Nguyen, L'Humanité, 6 juillet 2020)
Lundi, 6 Juillet, 2020

Mobilisation. Des territoires en lutte pour l’emploi

De la Bretagne à la Corrèze, la bataille contre les plans de licenciement mobilise bien au-delà des salariés concernés. Samedi, Tulle a défilé pour soutenir les Borgwarner et Lannion pour défendre l’emploi chez Nokia.

 

Alors que le gros de la crise sociale liée à l’épidémie de Covid-19 et au confinement est encore devant nous, des centaines d’emplois font déjà les frais de stratégies d’entreprise délétères, risquant de porter un coup à des territoires qui dépendent fortement de cette activité. Samedi, en Bretagne comme en Corrèze, ce sont des villes entières qui se sont mobilisées pour faire entendre leur refus des licenciements massifs à venir. À Tulle, environ 2 000 personnes ont défilé pour protester contre la fermeture annoncée de l’usine Borgwarner, située à Eyrein, pour 2022, qui se traduirait par 368 suppressions de postes directs chez l’équipementier automobile. « Mais en comptant l’impact sur les sous-traitants, on se rapproche du millier d’emplois », précise Mickael Morel, secrétaire général de la CGT de l’établissement et secrétaire de l’Union syndicale des travailleurs de la métallurgie (USTM) en Corrèze. « Ça fait cinq ans qu’on nous balade alors qu’on demande des productions qui nous assurent un avenir », dénonce Alexandre Brigoulet, délégué CGT chez Borgwarner.

Une solidarité qui s’étend au-delà des limites du département

Conscients des conséquences qu’une telle décision aurait sur le bassin d’activité dans son ensemble, de nombreux élus locaux ont également manifesté. « Beaucoup de commerçants avaient baissé leur rideau ou affiché des petits mots de soutien sur leurs vitrines », témoigne Alexandre Brigoulet. Une solidarité qui s’étend même au-delà des limites du département. « On y a été complètement naturellement pour montrer aux Borgwarner qu’on est à leurs côtés pour se battre contre cette logique purement financière qui brise des vies », explique Vincent Labrousse, élu CGT à la Souterraine Industrie, ex-GM & S, qui n’a cessé de se battre avec ses camarades contre la liquidation de leur usine dans la Creuse. Pour lui, il faut « faire pression sur les hommes politiques pour qu’ils agissent sur les dirigeants d’entreprise ». « Parce qu’en dépit des promesses de Bruno Le Maire de ne laisser personne sur le carreau dans notre cas, il n’y a que 46 anciens de GM & S qui ont retrouvé un CDI sur 157 licenciés. »

« L’histoire des télécoms dans la ville remonte aux années 1960 »

Du côté de Lannion (Côtes-d’Armor), ce sont environ 6 000 personnes qui ont manifesté pour dénoncer un énième plan de licenciement chez Nokia, ex-Alcatel-Lucent. Le géant des télécoms finlandais a en effet annoncé le 22 juin son intention de supprimer 1 233 postes, dont 402 à Lannion, essentiellement dans la recherche et développement. « Nokia est le troisième employeur de la ville derrière l’hôpital public et Orange », explique Philippe Mulot, délégué syndical central CGT chez Nokia et salarié basé à Lannion. « L’histoire des télécoms dans la ville remonte aux années 1960, tout le monde connaît quelqu’un qui travaille pour l’un de ces trois employeurs, ce qui explique l’attachement des habitants à notre entreprise », précise-t-il. Si ce soutien des habitants et des élus locaux est évidemment précieux aux yeux des salariés en lutte, ceux-ci se méfient aussi de la stratégie des pouvoirs publics en la matière. « On a rencontré des élus qui nous ont dit qu’ils étaient prêts à verser des aides publiques pour conserver les emplois… mais ça fait des années qu’ils font la même chose. Qu’ils aident les entreprises, d’accord, mais il faut qu’il y ait de réelles contreparties », insiste Philippe Mulot, qui rappelle que Nokia n’a pas respecté ses engagements de maintien des emplois en France, pris au moment du rachat d’Alcatel-Lucent. Une nouvelle manifestation doit avoir lieu mercredi à Paris pour protester contre ce plan.

Loan Nguyen

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6 juillet 2020 1 06 /07 /juillet /2020 12:20
Hop! Rassemblement à 9h mercredi 8 juillet devant le siège de Hop à l'aérodrome de Ploujean-Morlaix pour la défense des emplois et de l'activité: Soyons-y très nombreux!!!

Parti Communiste Français

Section de Morlaix

2 Petite Rue Callac 29600 MORLAIX – tel : 02 98 88 30 35

Mel : pcf-morlaix@wanadoo.fr                                                Blog : http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/                          

 

 

 
Il est l'heure se mobiliser !
 
 
La direction de HOP! - Air France sera présente sur le site Morlaisien de HOP! le mercredi 8 juillet.
 
Deux réunions sont programmées : l'une à 10 h et l'autre à 14 h.
 
 
Les organisations syndicales de HOP! appellent à la mobilisation pour stopper la destruction programmée du site Morlaisien de HOP!
 
 
Elles appellent à un rassemblement ce mercredi 8 juillet à 9 h devant le site de HOP! Morlaix (Aérodrome de Morlaix).
 
 
Il nous faut donc être nombreux pour les soutenir : rendez-vous à 9h sur le site
 

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