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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 10:26

 

Réflexion préparatoire à la réunion publique du Vendredi 25 février à Plougoulm (20h à la salle Goariven) sur le thème "Changer de modèle de production et de consommation pour préserver l'environnement" et à la réunion publique du vendredi 11 mars à l'île de Batz sur le thème: "Quel avenir pour l'agriculture dans le Finistère?", réunions-débat organisées dans le cadre de la campagne du Front de Gauche aux Cantonales à Saint Pol de Léon.  

 

 

Fin octobre, une catastrophe écologique due au traitement d'une parcelle destinée à la culture des mâches avec du Metam Sodium, un pesticide toxique interdit à la commercialisation, a conduit à la destruction de 130 tonnes de truites dans la pisciculture de Plougoulm, mais aussi de toute la faune aquatique du Guillec sur plus de 13 km et à la pollution de la baie de Mogueriec. Cet événement traumatisant pour les habitants de Plougoulm et Sibiril nous rappelle combien il est dangereux de conserver, sous prétexte de compétitivité économique et de sécurité alimentaire, des habitudes de productivisme agricole et de course aux rendements qui détruisent la biodiversité, conduisent à des conditions de vie animales immorales et affectent notre santé.

 

 

 

Bien sûr, il est inutile et injuste de se contenter de culpabiliser les agriculteurs comme paraît le faire l'association France Nature Environnement dans sa campagne d'affichage sensationnaliste dans le métro parisien pour alerter sur le problème des algues vertes. Les éleveurs de cochons se sont intégré, à un moment où le cours du porc était plutôt favorable à une expansion de la filière, à un système qui les contraint aujourd'hui à faire toujours plus de rendement pour éviter la faillite, tant la pression des industries agro-alimentaires qui leur vendent des aliments, et les pressions de la montée du cours des céréales, de l'écrasement des prix par la surproduction et des exigences de rentabilité de la grande distribution sont fortes. Ces éleveurs de porcs, comme depuis quelques années les éleveurs de vaches laitières, travaillent beaucoup et trop souvent à perte, tant les investissements qu'ils ont fait pour satisfaire les normes d'hygiène et environnementales de l'Union Européenne sont coûteux pour eux. Ils ont déjà fait des efforts et ont l'impression d'être les boucs-émissaires d'une prise de conscience tardive des dégâts

écologiques de notre modèle de consommation par des populations urbaines éloignées des réalités rurales.

En même temps, la société ne peut se satisfaire de ce contre-modèle d'agriculture polluant et aberrant qui est promu par le mode d'attribution des subventions de la PAC depuis des décennies et la libéralisation des prix et des échanges internationaux favorisée par Jacques Delors en son temps les négociations à l'OMC de Pascal Lamy, son ancien directeur de cabinet. 

L'industrie agro-alimentaire recourt pour ses produits transformés à des céréales, des légumes et de la viande importés souvent de très loin, et qui s'avèrent donc très coûteux en émission de gaz à effet de serre. Sur les étals de nos grandes surfaces, on trouve trop souvent des fruits et légumes récoltés dans des pays étrangers par une main d'œuvre exploitée mûris artificiellement, bourrés de résidus de produits phyto-sanitaires.

 

Si l'on veut protéger des normes sociales, sanitaires et environnementales ambitieuses au niveau français et européen, il faut donc réintroduire une forme de protectionnisme sur les produits agricoles et ne pas laisser les marchés mondiaux organiser la mise en concurrence des producteurs, le nivellement par le bas de la qualité des produits et des rémunération, ainsi que la fluctuation spéculative des prix, les matières premières devant une cible de choix des spéculateurs après la crise immobilière.  

 

Il est nécessaire de relocaliser l'agriculture, d'organiser grâce au soutien public des circuits courts reliant les producteurs et les consommateurs en réduisant les transports de marchandises et les marges des intermédiaires. Il faut aussi passer d'une culture de la norme à une culture de la règle: cela ne sert à rien de promouvoir une niche commerciale et citoyenne « bio » concernant peut-être 10% des consommateurs parmi les plus aisés et les plus éduqués, si, à côté, l'alimentation du grand nombre est de mauvaise qualité, du fait d'une trop grande tolérance à une alimentation et à des conditions de vie dénaturées pour les animaux d'élevage, à l'usage des pesticides et des additifs, et à l'abus des engrais biologiques et chimiques qui polluent les rivières et les sources.

 

Il faut réorienter la Politique Agricole Commune pour qu'au lieu d'organiser la concurrence par la course au rendement et à l'extension responsable de la disparition de nombreuses exploitations, elle maintienne l'emploi agricole en garantissant aux producteurs des prix honnêtes, en les protégeant contre le pouvoir de la grande distribution et des firmes agro-alimentaires, et en privilégiant, sur le tout-quantitatif, la qualité et la durabilité de la production agricole qui ne doit pas épuiser la terre et dénaturer le vivant.

 

L'encouragement au productivisme de l'agriculture européenne a en effet été responsable de crises de surproduction attendues et de la baisse spectaculaire des prix des denrées alimentaires qui s'est accompagné de perte de conscience dans la population du besoin d'une rémunération juste du travail agricole et de la qualité des produits qu'il génère. L'Europe et les Etats-Unis ont aussi complètement dynamité la sécurité alimentaire et les agricultures vivrières dans les pays en voie de développement en les encourageant, via les recommandations du FMI et de la Banque Mondiale, à se spécialiser dans des monocultures d'exportation profitant surtout à quelques grosses fortunes locales et aux multinationales au dépens de l'agriculture traditionnelle, victime de la concurrence des céréales, de la viande et des produits transformés à bas prix (car subventionnés) venus d'occident. C'est ce qui a provoqué la ruine de millions d'agriculteurs dans le Tiers Monde, venus alimenter les bidonvilles des grandes agglomérations en parvenant ainsi d'autant moins facilement à assurer leur survie et leur alimentation convenable en cessant de travailler la terre.

 

En France, il nous faut aider les petits exploitants agricoles décidés à se plier aux normes d'une agriculture durable ou raisonnable à s'installer par des prêts sans intérêt du conseil général pour l'acquisition de terres, par la protection municipale des terres agricoles contre la pression de la spéculation immobilière, par le soutien public à l'organisation de filières de vente aux particuliers de ces produits de qualité dans les secteurs de production, et enfin par la limitation de l'extension des grosses exploitations qui tendent à écraser la concurrence.

 

Dans ce cadre, on ne peut que regretter la politique électoraliste de Le Drian, si prompt à dénoncer comme criminelle, anti-paysanne et anti-bretonne la campagne choc de France Nature Environnement. Au conseil régional de Bretagne, Le Drian, comme il l'avait promis lors de l'entre-deux tour de sa campagne électorale pour affaiblir ses adversaires d'Europe Ecologie et passer pour un défenseur de l'emploi breton dans l'agro-alimentaire, favorise l'installation et les subventions aux grands élevages porcins. Cela va dans le sens des encouragements au productivisme obtenus grâce à la pression des lobbies à l'Assemblée Nationale et au gouvernement, avec le relèvement des seuils d'autorisation de création ou d'agrandissement et de regroupement d'élevages, non soumis à enquêtes publiques et études d'impact sur l'environnement. Ainsi, un décret édicté cet hiver dans la logique de l'amendement Le Fur du 30 juin 2010 permet d'augmenter sans étude d'impact de 5% les seuils d'élevage jusqu'à des seuils impressionnants de 2000 porcs charcutiers, 750 truies, 40000 volailles...

 

Quand allons nous prendre conscience de la nécessité de produire mieux et de restaurer une agriculture à taille humaine retrouvant des méthodes traditionnelles moins destructrices de la terre et du vivant?

 

Ismaël Dupont.

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 19:22

Communiqué envoyé le 25/01/11 à la presse...

Pouvoir jouir d'une retraite apaisée et digne en comptant sur l'appui de la collectivité pour faire face à sa perte d'autonomie est un droit fondamental que l'Etat doit garantir à tous par le biais de la Solidarité Nationale. S'occuper des vieux, c'est s'occuper du futur de chacun, faire vivre une société pour tous les âges.

C'est pourquoi les communistes morlaisiens entendent faire connaître leur inquiétude et leur colère face aux carences des politiques publiques dans le Finistère en matière de prise en charge des personnes âgées. De l'aveu même du président du conseil général, il manque 2000 places en maison de retraite dans le Finistère pour faire face aux besoins liés au vieillissement de la population et on n'en créerait actuellement que 70 par an dans le département, ces maisons de retraite ayant d'ailleurs trop souvent des tarifs journaliers inaccessibles à beaucoup de familles. Rappelons qu'en France les personnes âgées n'intègrent une maison de retraite pour des raisons de santé et de sécurité impératives qu'à 83 ans en moyenne et que 90% des places en maison de retraite construites depuis 2006 le sont dans le domaine privé en recherche de profit (pour un coût de 1500 à 3000 euros par mois en général). Parallèlement, plusieurs personnes âgées handicapées ou malades ont vu leur nombre d'heures d'aides à domicile financées par l'APA (Aide Personnalisée à l'Autonomie) amputé de manière significative par le conseil général, sous prétexte que le contexte économique ne permettrait plus de telles « largesses » de la collectivité.

En réalité, on sait tous que l'Etat a transféré aux conseils généraux des charges qu'il n'a pas compensé, qu'il les a étranglés financièrement en supprimant la taxe professionnelle et en gelant ses dotations tandis que les besoins de la population âgée et précaire augmentaient. L'APA (aide universelle qui variant en fonction des ressources et du degré de dépendance du bénéficiaire dont le montant moyen est de 500 euros) qui devait initialement être financée à 50% par l'Etat et à 50% par les conseils généraux, est aujourd'hui financée à 70% par les conseils généraux. Or, plutôt que de faire le choix de la résistance comme de nombreux départements face à cet assèchement intentionnel des ressources en continuant à couvrir les besoins sociaux, quitte à présenter un budget en déséquilibre pour alerter l'opinion, la majorité PS du conseil général a fait le choix de prolonger au niveau local les politiques de rigueur du gouvernement de droite. Cette résignation au moins-disant social se traduit également par un manque de soutien du conseil général aux 3700 salariés de l'ADMR (Aide à domicile en milieu rural), association historiquement gérée sans quête de rentabilité par des bénévoles, et aux 30000 familles finistériennes concernées par ces interventions à domicile. Le Conseil Général doit s'engager financièrement pour aider l'ADMR 29 et les associations qu'elle fédère à sortir de la mauvaise passe où elles se trouvent du fait de dépenses de prestige superflues et d'une gestion peu rigoureuse et il doit garantir aux personnels intervenant à domicile des plannings et des conditions de travail décents afin que les personnes âgées reçoivent des services de qualité. Rappelons qu'en 2010, il y a eu près de 5000 jours d'arrêt maladie chez les salariés de l'ADMR, ce qui est un signe de conditions de travail stressantes et difficiles qu'a confirmé, si besoin était, la démission en bloc du Comité Hygiène et Sécurité de l'ADMR. Rappelons aussi que si les associations ADMR cessent leurs activités, les familles n'auront d'autre recours que de faire appel aux sociétés privées à but lucratif de services à la personne favorisées par la loi Borloo de 2005 ou d'utiliser du personnel peu qualifié et précaire en chèque emploi-service.

Enfin, comment ne pas dire notre révolte devant le projet gouvernemental de réforme de la prise en charge de la dépendance qui obligerait à souscrire dès 50 ans à une assurance privée pour faire face, à la mesure de ses moyens financiers, à sa dépendance future, et créerait deux tarifs de l'APA selon que l'on accepte ou non la récupération sur le patrimoine que l'on laisse à ses enfants. Cette réforme supprimerait également pour le premier niveau de dépendance, le GIR 4, l'éligibilité à l'APA. C'est un projet profondément régressif et injuste qui, en marginalisant le financement de la prise en charge de la dépendance par la sécurité sociale au profit du financement individuel et familial, augmentera les inégalités entre retraités pour offrir au secteur assurantiel privé un marché très juteux. Nous appelons à l'inverse à la création d'un grand service public sanitaire et social garantissant à tous le droit de bien vieillir, financé par l'impôt redistributif et la cotisation sociale, et regroupant maintien à domicile, structures d'hébergement, hôpitaux et médecine de proximité en garantissant un statut et des formations de qualité au personnel.

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