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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 06:01

 

C’est l’histoire de Michel MADEC, habitant de Carhaix, victime d’une société où le capitalisme financiarisé règne en maître, d’une société marchande où seules les notions de rentabilité, profit, accumulation ont droit de cité. Société où l’on oublie de plus en plus de faire vivre la solidarité, l’entraide, le respect … toutes les valeurs qui font la grandeur de l’être humain. Société dont nous sommes tous responsables, de gré ou de force mais dans laquelle heureusement quelques îlots de résistance existent et se développent de plus en plus.

Michel MADEC est un représentant de ces hommes qui se lèvent et disent NON.

Voici son histoire :

En 2005, il a un crédit à la consommation qu’il ne peut rembourser. Il est débiteur de 20.000 €. Il va voir le CMB qui, au lieu de lui conseiller d’ouvrir un dossier de surendettement, lui conseille de prendre un crédit-relais avec obligation de vendre sa maison.

Il vend donc sa maison, rembourse la banque et, avec le reste achète un appartement, avec un prêt de 31.000 € de la CMB.

En 2008, c’est à nouveau l’escalade, il doit reprendre un crédit revolving que, petit à petit, il ne peut plus rembourser. Le CMB lui fait une proposition de rachat de ce crédit par un prêt à la consommation.

Aujourd’hui, il doit 40.000 € à la banque.

La BANQUE DE France a établi un plan de surendettement avec vente de l’appartement, ce que Michel MADEC refuse absolument.

Voilà la démonstration du cercle infernal dans lequel une partie croissante de la population se trouve enfermée : des revenus de plus en plus faibles pour l’écrasante majorité des citoyens, un étalage indécent du train de vie de quelques-uns et de ce que la société de consommation peut offrir aux possédants et la machine à broyer du système bancaire qui écrase les petits pour mieux nourrir les gros.

Alors Michel MADEC a décidé de se battre. D’abord par une grève de la faim de 23 jours qui a mis sa santé en danger sans que les dirigeants de la Banque ne fléchissent, puis par une bataille juridique qu’il mène au nom de tous ceux qui ne peuvent le faire.

Ecoutons le :

« Je ne suis qu’un anonyme parmi les centaines de milliers, sinon des millions d’autres …

J’exhorte toutes les victimes du surendettement à sortir du silence, à ne pas avoir honte, à briser le tabou … nous ne sommes ni coupables ni responsables du surendettement.

Les coupables sont la société de consommation qui crée des besoins vains et futiles ou qui déstructure le rapport à l’argent d’une part, mais aussi l’exploitation capitaliste, toujours travailler plus pour gagner moins, qui livre les travailleurs et leurs familles aux banques et à leurs actionnaires.

Un système qui ne protège nullement les personnes vulnérables, un système où le dominant s’en sort (presque) toujours, au détriment du dominé.

C’est également un système qui ne permet pas à chacun d’avoir un toit sans s’endetter au-delà du raisonnable. Un système qui prend le toit comme garantie d’une dette d’argent, même si l’on n’a que cela. Une société soi-disant civilisée où le « droit au toit » n’existe toujours pas. »

Michel MADEC a le courage de se battre et, ce faisant, il revêt pleinement sa dignité d’homme. Il se bat aussi pour nous. Merci à lui.

 

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 15:09

  

Appel pour le 5 mai 2013

 

L’affaire Cahuzac suscite la colère et la nausée.

D’une gravité extrême, elle ne révèle pas seulement l’absence de probité et d’honnêteté d’un homme. Elle met à jour, une nouvelle fois, un système oligarchique profondément néfaste, une démocratie à bout de souffle, la collusion grandissante entre les hautes sphères financières et celles de l’Etat.

Il faut mettre fin au règne de la finance !

L’heure n’est pas au bricolage mais à la réorientation de la politique du pays et à la refonte du cadre institutionnel.

Au moment où le gouvernement demande au plus grand nombre de se serrer la ceinture et après l’intervention télévisée d’un Président qui confirme son cap visant à ne rien changer, cet épisode misérable précipite la crise politique.

Le Front de Gauche est engagé dans la bataille contre l’austérité à l’image de sa campagne « pour une alternative à l’austérité ».

Dans l’immédiat, il exige que les parlementaires légifèrent en urgence contre le pouvoir de la finance, contre les paradis fiscaux, y compris en Europe, contre les conflits d’intérêt.

Il faut des contrôles, des normes nouvelles, et pas seulement des appels à la morale individuelle, des moyens financiers pour faire face à la fraude fiscale.

La défiance des citoyennes et citoyens à l’égard des responsables politiques atteint son seuil critique. Les responsables politiques ne représentent pas la population. Ainsi en Finistère, malgré les 12 % obtenus par le candidat du Front de Gauche au premier tour des présidentielles , tous les députés du département sont PS ou apparentés PS. Il n'y a aucun conseiller général du Front de Gauche au Conseil Général de notre département.

L’oligarchie croit en sa toute puissance, en son impunité. C’est pourquoi la réplique doit être forte et claire. Le Front de Gauche défend la perspective d’un processus constituant pour une nouvelle République. Redéfinir les règles sociales et démocratiques est le moyen pour que le peuple reprenne le pouvoir. La VIe République visera à élargir le socle des droits, à étendre la souveraineté populaire, à favoriser la démocratie sociale en particulier par l'application de la

proportionnelle aux élections.

Dans notre département le chômage augmente plus qu'ailleurs. Nous sommes particulièrement touchés par la crise des filières avicole et porcine, et les conséquences du modèle agricole productiviste. Face à l’accélération de la crise sociale, politique et environnementale, le Front de Gauche assumera toutes ses responsabilités pour que la colère légitime débouche sur l’espoir et la transformation sociale.

Le Front de Gauche propose à toutes les forces de gauche et les personnes qui ont voulu le changement en mai dernier , et plus largement au peuple, de participer , contre la finance et l’austérité, à une grande marche citoyenne pour la 6ème République le 5 mai à Paris.

 

11 Avril 2013

 

Courriel : fdg296@orange.fr

 

front de Gauche Finistère 

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 15:21
manif-Landi-doit-dire-Non.jpg
 
C’est fini pour la centrale de Verberie (Oise)! Et pourquoi pas demain un renoncement au projet de centrale à gaz à Landivisiau? Faut-il vraiment qu'elle voit le jour cette centrale à gaz coûteuse, aux profits privatisés et aux coûts socialisés, une centrale polluante, préoccupante pour la santé publique, nous faisant dépendre d'une énergie fossile qu'on achète en Algérie ou en Libye, et dont l'utilisation contribue à déséquilibrer le climat! Non.   
A lire dans Le PARISIEN

Après cinq ans de polémiques et de manifestations populaires, Patrick Floury, le maire, a renoncé hier à son projet de centrale. Lire la suite…

 

Positions du Front de Gauche Morlaix sur cette centrale à Gaz:

 

Débat sur l'énergie des législatives:  RCF Rivages  http://www.rcf.fr/radio/rcf29/emission/381861/381862

 

Réponse au questionnaire de Gaspare (avant le 1er tour des législatives) : http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-reponse-au-questionnaire-de-gaspare-105030614.html

 

Communiqué du Front de Gauche Morlaix (mars 2012): http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-centrale-a-gaz-de-landivisiau-exigeons-un-moratoire-et-une-consultation-de-la-population-100554777.html

 

Article du Chiffon Rouge (mars 2012):

 http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-levee-de-bouclier-contre-la-centrale-a-gaz-a-landivisiau-100707102.html

 

 

 

 

 

 

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 11:36
Image Festival Debout Tout le Monde
« Festival international pour une culture et une civilisation de justice et de paix » du dimanche 9 juin 2013 à Crozon-Le Fret - face à la base de sous-marins nucléaires de l'Ile Longue, de 10h à 18h

La crise globale que connaît le monde creuse les inégalités au sein des Etats et entre les Etats, condamnant des millions d’hommes et de femmes à l’austérité, au chômage, aux licenciements, à la précarité et dans certaines régions à la misère, l’analphabétisme, la faim c’est-à-dire autant de violences économiques et sociales qui font le lit des intégrismes et des fascismes et nourrissent les violences et les guerres.

Dans le même temps les fortunes des plus riches augmentent de façon indécente, les dépenses mondiales d’armement ont doublé en 12 ans passant de 800 milliards de dollars par an à 1320 milliards de dollars (source SIPRI 2010), la privatisation des fabrications d’armes et le commerce de ces armes s’accélèrent enfin la prolifération des armes nucléaires persiste.

Face à cette situation, des réseaux de luttes et de solidarité se créent du plan local au niveau mondial qui montrent l’existence de convergences d’intérêts entre les peuples. Parmi les aspirations fondamentales que partagent les peuples il y a l’aspiration à une culture et une civilisation de justice et de paix.

 

Pour permettre à ces solidarités, ces aspirations de s’exprimer dans des convergences de luttes et de rencontres, les mouvements de paix en Bretagne ont décidé d’organiser le dimanche 9 juin 2013 à Crozon (Finistère) un festival international pour une culture et une civilisation de justice et de paix face à la base de sous-marins nucléaires de l’Île Longue.

Ce rassemblement sera organisé autour de 3 exigences principales:

  • pour une civilisation de justice et de paix à travers la promotion « d’une culture de la paix » telle que définie par l’Unesco et les Nations Unies (cliquez ici)
  • pour l’adoption en 2015 à l’ONU d’une convention internationale d’élimination des armes nucléaires (cliquez ici)
  • pour la diminution des dépenses d’armement, contre le commerce des armes et pour l’augmentation des moyens consacrés au développement humain

 

Une réunion de préparation du festival avec les associations et organisations qui y participent est prévue le:

 

le vendredi 19 avril de 17h30/18h* à 19h30 à la salle municipale de Logonna-Quimerc'h en Pont-de-Buis. (plan joint)

 

..................................................................................................................................

 

Quelques documents pour réfléchir à la nécessité de sortir du nucléaire militaire et de promouvoir une culture de la paix:  

 

Dans le Chiffon rouge:  

- Déclaration du Front de Gauche Finistère: http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-reduction-du-budget-de-la-defense-denuclearisation-il-est-urgent-de-promouvoir-une-culture-de-la-p-102954100.html

- "Agir pour l'homme d'abord et la paix" de Yves Jardin (Front de Gauche Finistère): http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-agir-pour-l-homme-d-abord-et-la-paix-100156239.html

- "Oui au désarmement français et mondial" de Ismaël Dupont: http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-oui-au-desarmement-nucleaire-fran-ais-et-mondial-96086168.html

 

Dans le Canard enchaîné du 3 avril 2013:

 

Les irradiés en rade de l'arsenal de Brest

 

Durant 24 ans, entre 1972 et 1996, une centaine de personnes ont travaillé sans protection au contact de charges radioactives. Ces civils transformés en chair à neutrons (et à particules) étaient employés à l'atelier de pyrotechnie - partie explosive des missiles nucléaires - de la Direction des constructions navales (DCN) à l'île Longue, près de Brest. 17 ans plus tard, au prix d'un travail de fourmi, l'Association Henri Pézérat, spécialisée dans la santé au travail, a réussi à boucler une enquête sur cet exemple sidérant d'irresponsabilité industrielle. Sur dix dossiers médicaux reconstitués par l'association, huit concernent un cancer déclaré dans les années 2000. Quatre se sont soldés par un décès. Les pathologies se sont déclarées autour de la cinquantaine, et cing des salariés qui ont survécu sont reconnus en maladie professionnelle, dont quatre au prix d'"une faute inexcusable" , admise par la DCN et le ministre de la Défense. Deux autres cas doivent être examinés par la justice dans les jours qui viennent.

 

Protection atomisée

En août 1996, à la suite d'un incident, la Direction des constructions navales décide subitement de procéder à des mesures de rayonnement (gamma et neutronique) sur les ouvriers au contact des têtes nucléaires qui doivent équiper le sous-marin le "Triomphant". Stupeur dans l'atelier: pendant plus de deux décennies, la DCN a prétendu que le danger d'irradiation était nul. Le Commisariat à l'énergie atomique (CEA) qui livre les charges nucléaires à l'île Longue n'a jamais rien signalé non plus. Auparavant, explique la DCN, les missiles assemblés sur le site étaient moins radioactifs. Impossible à vérifier, car les relevés radiologiques sont classés "secret-défense"!

 

Radioactivité sélective

Les nouvelles normes de sécurité mises en place ne rassurent guère le personnel: limitation du temps passé à proximité des ogives, instauration de "zones rouges", port obligatoire de dosimètre, etc. Certaines langues se délient. "Quand on sait ce qu'il y a dedans, c'est obligé que ça émette", confie un chef d'atelier, dont le témoignage est produit en justice. 

Devant l'émotion et la mobilisation de la CGT, le ministère de la Défense ordonne une enquête, confiée à l'amiral Michel Geeraert. Ses résultats sont, eux aussi, classifiés! Et la DCN s'en sort sans reconnaître la moindre erreur. "Les directives écrites n'imposaient aucune disposition particulière", assure en novembre 1996 le président du comité d'hygiène et de sécurité. Un gros mensonge. Car la loi, elle, imposait des contrôles stricts pour les salariés exposés aux rayonnements ionisants, dont les atteintes sont connues et indemnisées depuis...1931. Une politique du silence qu'un médecin du Travail résume ainsi: "L'atome, c'est dangereux quand on l'envoie sur l'ennemi, pas pour nous".

Ce beau précepte était-il aussi respecté dans d'autres centres de recherche où l'on manipulait l'atome à des fins militaires? Par exemple à Vaujours (Seine-Saint-Denis), où l'on procédait à des essais de désintégration de l'uranium? A Bruyères-le-Chatel (Essone), où l'on produisait du plutonium, ou à Valduc (Côte d'Or) où des expériences sur tous les matériels, armes et combustibles nucléaires ont été menées. En 2001, des analyses ont montré que les lichens prélevés à 1km du site contenaient des doses de tritium radioactif mille fois supérieures à la normale. A 4km, cent fois supérieures. 

Quant aux militaires et aux populations exposés aux retombées des essais nucléaires effectués, entre 1960 et 1996, en Algérie et en Polynésie, et dont certains ont subi un véritable calvaire médical, ils ne suscitent qu'une attention limitée de la part de l'Etat. Sur 817 dossiers d'indemnisation déposés par les victimes ou leurs familles seules... 11 réponses favorables ont été accordées. La réputation du nucléaire est si précieuse et tient à si peu de choses... 

Jerôme Canard 

 

 

 

 

 

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 13:23

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200 personnes environ à avoir participé à cette journée de débats et de réflexion du Front de Gauche du Finistère. 150 personnes le matin pour travailler en ateliers thématiques (sur la transition écologique, la démocratie, la répartition des richesses, les perspectives d'avenir et le bilan d'étape du Front de Gauche). Une ambiance combative, fraternelle et joyeuse. Une présence d'autres mouvements de la gauche de transformation sociale (NPA, POI), d'associations (AFPS, pour le désarmement nucléaire et la paix), de syndicalistes. Ces Rencontres du Front de Gauche, une première dans le Finistère, qui ont réuni également les militants et sympathisans, cartés ou non, des 7 ou 8 collectifs citoyens locaux du Front de Gauche du Finistère, ont été un franc succès.     

 

 

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                                                                             l'Atelier Répartition des Richesses

 

 

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                                                                  l'atelier "Transition écologique"

 

Photos de l'atelier du matin qui a réuni 70 personnes environ: "bilan et perspectives du Front de Gauche", introduit par François Rippe (Gauche Anticapitaliste, collectif Front de Gauche Morlaix) et Marcel Tilly (PCF, collectif Front de Gauche Rosporden), et restitué l'après-midi par Patrick Le Nan (Parti de Gauche, collectif Front de Gauche Morlaix). avril 2013 012 avril 2013 011

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Patrick Le Nan et Franck Simonnet à la tribune, ce dernier ( Front de Gauche Morlaix) faisant la synthèse de l'atelier "transition écologique".

 

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Le discours, aussi "punchy" que réfléchi, de Pascale Le Neouannic (Secrétaire nationale du Parti de Gauche, animatrice du Front de Gauche, notamment des fronts thématiques sur les migrants et la question LGBT) pour clôturer la journée par un appel à la combativité. Violence nécessaire des mots qui décrivent le quotidien de la violence patronale et sociale, qui visent à établir la responsabilité politique du gouvernement au service du monde de la finance, Chypre sous le joug de la troïka, l'enjeu des municipales et européennes, présence dans les luttes contre l'ANI, la nouvelle réforme des retraites annoncée avec le même type de rhétorique mensongère que Sarkozy par François Hollande, une décentralisation acte III d'inspiration libérale qui s'opère pour fragiliser les services publics et les solidarités, renforcer le bipartisme et la mise en concurrence des territoires.

 

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 13:14
Trégunc. Gérard Filoche  au Sterenn le 18 avril
  •  

 On l'a remarqué ces derniers temps pour sa dénonciation de l'Accord national interprofessionnel et son indignation allant jusqu'aux larmes face aux aveux de Cahuzac. Gérard Filoche, le membre réputé le plus à gauche du bureau national du PS et inspecteur du travail, est l'invité d'ATTAC et de la Ligue des droits de l'homme au Sterenn de Trégunc le 18 avril à 20h30. Après une pièce de théâtre, l'Eloge de l'oisiveté, il viendra débattre de droit du travail et de questions sociales.


 


Et à Quimper le lendemain

SUD SANTE invite Gérard FILOCHE, Inspecteur du Travail (en retraite)

le VENDREDI 19/04/13 à l' AMPHI de l'HOPITAL LAENNEC de QUIMPER

(entrée parking sur le côté), de 9h à 13 h,

pour un colloque sur : LE DROIT DU TRAVAIL, LES ACQUIS SOCIAUX AU REGARD DES
ATTAQUES EN COURS (ANI/Accord MEDEF-CFDT, Retraites...),

 

ouvert à tous, salariés syndiqués nonsyndiqués, chômeurs, Associations, partis politiques,étudiants,retraités etc..)

 

La colère de Gérard Filoche après l'affaire Cahuzac: http://t.co/SjvZ68qA2B

 

Gerard Filoche décrypte la nocivité de l'ANI - l'accord MEDEF-CFDT de flexibilisation du travail voulu et soutenu par le gouvernement:

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=rQe1qjqDX8Y#!

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 12:57
Le lien pour une petite vidéo, et un autre pour TOUTES mes photos, à diffuser à Toutes et Tous, et téléchargeables.
Yves Abramovicz
Photos:
 



    
 
 
 
 
 
Yves Abramovicz a partagé une vidéo avec vous sur YouTube :
 
 
 
RENCONTRES FDG 29
 
 
 
 
 
 
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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 15:32

Dans l’édition du 1er avril du Télégramme on pouvait lire en page7 (Bretagne) que le préfet du Finistère soutenait une campagne pour que le département reste en pointe pour la parité des élus

On sait que l’un des arguments utilisé pour défendre le texte dont a accouché M. Valls sur le futur scrutin départemental est l’imposition de la parité dans ces assemblées à forte domination masculine. Qui n’y souscrirait ?

 

C’est oublier ou plutôt masquer volontairement que le scrutin de liste, avec une parité obligatoire tel qu’il fonctionne dans différentes élections, permet parfaitement d’atteindre cet objectif. Il permet aussi d’introduire la proportionnelle (intégrale ou partielle) et donc d’assurer une juste représentation (totale ou partielle) de la diversité de la population. C'est-à-dire de faire progresser la démocratie.

 

Or c’est ce que ne veulent absolument pas ni la Droite, ni le Parti Socialiste. Ce serait porter atteinte au bipartisme dont ils bénéficient tous les deux et dont l’institutionnalisation les assure que, quel que soit le résultat des élections, la domination de la Finance et du Capital n’est jamais remise en cause. En fait, comme on le voit actuellement, on change de gouvernants et de majorité mais ON NE CHANGE PAS DE POLITIQUE..

 

On voit aujourd’hui avec l’abstention massive à chaque élection et la progression du vote Front National combien ce choix est rejeté par la population et la gravité des conséquences qu’il porte en lui. C’est pourquoi le Parti Communiste Français et ses partenaires du Front de Gauche mettent au cœur de leur combat le développement de la démocratie dont l’instauration de la proportionnelle intégrale à toutes les élections est un élément majeur

 

Alain David

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 08:10

 

Le Front de Gauche dans le Finistère : Introduction à la discussion par Marcel Tilly (PCF, collectif Front de Gauche Rosporden, candidat aux législatives en 2012) 

 

avril 2013 014

 

Pour savoir où nous voulons aller il est important de savoir d’où on vient !

 

2007 Les élections présidentielles :

En 2006 : création des collectifs antilibéraux en vue d’une candidature unique pour l’élection présidentielle de 2007. Cette volonté se soldera par un échec.

Résultats : l’émiettement du courant antilibéral se solde par des scores très faibles :

- Historiquement bas pour le PCF (1,93%) ; Le NPA, avec une campagne protestataire et verbalement radicale, fait un score honorable de 4,08% ;Bové : 1,32% ; Laguiller : 1,33%.

Le constat : après 12 ans de gouvernement catastrophique de la droite et des millions de personnes dans des difficultés accrues, le PS, battu, accentue sa dérive vers le centrisme. La gauche radicale, tous mouvements additionnés, recueille un peu plus de 8% des voix exprimées.

 

Création du Front de Gauche.

Le PCF au congrès de 2008, analysant ses résultats et devant la quasi-disparition des formations se réclamant de la gauche radicale, lance une proposition de constitution de fronts, pour s’opposer à la politique de Sarkozy.

Le PCF, le Parti de Gauche nouvellement créé par des militants de l’aile gauche du PS et la Gauche Unitaire décident de créer le Front de Gauche «Pour une autre Europe», en rupture avec l’orientation libérale du traité de Lisbonne. Le NPA refuse de s’y associer.

Meeting de lancement : mars 2009. Ce groupement a l’ambition de s’élargir à d’autres formations et à dépasser l’addition des forces mobilisées.

L’écho dans la population  pourra être apprécié lors des scrutins électoraux qui suivront.

 

2009 Elections européennes : nationalement le FdG recueille 6,47% des voix ; 5 élus. C’est un progrès relatif

 

Mars 2010 Elections régionales : nationalement 7,49%

Dans la région Bretagne, plutôt que d’essayer de relancer une activité des Collectifs antilibéraux, les dirigeants du PCF prennent l’option de négocier, contre l’avis d’une partie importante de ses militants, une participation sur la liste du PS dès le premier tour. Une liste concurrente est présentée au nom du FdG.

Le PCF perd un siège au Conseil régional, celui du secrétaire fédéral (conseiller sortant) du Finistère.

 

Mars 2011 Elections cantonales : nationalement 10,38%

Dans le 29, sauf erreur, sur 24 cantons où le FDG était présent, seuls dans 5 cantons nous ne franchissons pas la barre des 5% et dans 8 cantons nous dépassons les 10%. C’est sans commune mesure avec l’élection cantonale précédente, en ordre dispersé.

- Dans de nombreux endroits, les campagnes du FdG ont développé des argumentations précises  avec des actions de proximité, sur des problèmes que se posent effectivement les gens.

- Il est apparu que cette campagne commune n’avait en rien desservi les différents partenaires et qu’au contraire une synergie tendait à apparaître.

- Important et à noter : une participation plus grande de personnes non affiliées aux partis créateurs (non encartés) à la campagne électorale.

 

Et puis nous avons vécu les 2 séquences électorales de 2012, qui méritent qu’on s’y attarde quelque peu car elles sont riches d’enseignements à tirer.

Depuis sa création le cartel de départ n’a cessé de s’élargir, puisqu’il compte maintenant 9 composantes, y compris avec des militants démissionnaires du NPA.

 

 

2012 d’abord l’Election présidentielle :

Accord des composantes du FdG sur un candidat unique : J.L.Mélenchon et un programme : l’Humain d’abord.

- Pour la première fois est posé non pas la réforme du système institutionnel en place mais la rupture avec celui-ci : l’insurrection civique.

- L’intervention du peuple comme moteur et dirigeant du mouvement social et politique est placée en avant.

La montée d’un fort mouvement populaire a changé le caractère d’une campagne au départ classique, partitaire. De positions revendicatives de demandeurs et de futurs délégataires s’imposait une force désireuse de prendre en main son avenir.

Cela a abouti au gigantesque meeting de la Bastille porté par le nombre, par la volonté de liens et de solidarités, par la convergence des couches différentes de la société (classe ouvrière, cadres et couches moyennes, des femmes et beaucoup de jeunes que l’on ne voyait plus guère dans les manifestations de gauche, des émigrés qui posaient le besoin d’égalité et de dignité) et surtout par une population qui en ne reniant pas ses appartenances politiques posait fortement la nécessité de se rassembler et de trouver sa place dans le mouvement naissant.

 

A ce moment les sondages donnaient 14 à 15% voire plus pour le FdG ; beaucoup plus que la somme de ce qu’étaient capables d’engendrer séparément les différentes composantes du FdG.

Prolongée par les manifestations de Toulouse et Marseille et par un fort mouvement de sympathie en France ; cela a créé un choc.

La droite a eu peur, comparant le mouvement montant à la révolution française, c'est-à-dire, pour eux : à la violence et la terreur.

Le PS a eu également peur. Pour la première fois ceux qui se réclamaient d’une gauche radicale sans compromis avec le capital et la finance créaient un risque important pour sa politique d’accompagnement du libéralisme.

 

Cependant une question peut se poser : les composantes partitaires du FdG n’ont-elles pas également eu peur du mouvement qu’elles étaient en train d’engendrer ?

Car dans les jours qui ont suivi la Bastille, le FdG a complètement réorienté son axe de campagne politique en faisant du combat contre le FN sa priorité. Le FdG entrait alors dans une campagne classique, abandonnant ce qui faisait sa force d’attraction : la radicalité, la primauté au mouvement des citoyens, la remise en cause fondamentale de l’institutionnel c'est-à-dire le contenu même de la notion d’insurrection civique.

A partir de là, le FdG à baissé dans les sondages donnant ainsi une prise plus grande au vote utile dont a bénéficié le PS, l’objectif primordial devenant : «virer Sarkozy avant tout» : condition nécessaire mais certainement pas suffisante. Le score du FdG a été de 11,1%, bon score par rapport aux désastres précédents mais très en dessous du possible.

 

Les élections législatives

L’abstention : globalement 40% au premier tour, 44% au second. Ce chiffre qui augmente de scrutin en scrutin est un des plus importants enregistrés pendant la 5è République. Nous ne sommes plus dans le domaine du pêcheur à la ligne.

Cela traduit certainement une méfiance à l’égard de la politique, le sentiment de ne pas pouvoir peser sur les décisions nationales et, pour certains, le refus de déléguer leur pouvoir.

Le FdG perd entre la présidentielle et les législatives une moitié environ de ses voix. Il est probable qu’une partie de ses électeurs se soit reportée vers l’abstention, doutant de l’utilité de ce scrutin, refusant de cautionner une politique sociale-démocrate dont ils pressentent les effets et/ou vers un vote «utile» dès le premier tour. C’était le prix à payer d’une campagne partitaire qui avait «oubliée» la Bastille et où, sauf rares exceptions, le peuple ne trouvait plus sa place.

 

Où en sommes-nous aujourd’hui ? et dès lors : Quelles perspectives ?

 

- La référence du Front de Gauche à une 6ème République, à ce jour passée au 2e plan, n’arrive pas à contrebalancer l’ancrage idéologique sur un fonctionnement préférentiel de la société sur un mode délégataire, qui confisque aux citoyens une véritable possibilité d’intervention dans les affaires de la nation.

- Le mode de financement public des partis (mis en place par Mitterrand et refusé à l’époque par le PCF) amplifie cette tendance. Ce financement tend à couper les partis de leur base militante et sympathisante et conduit à des pratiques de négociations électorales passant souvent par-dessus la tête des militants et des citoyens.

- La politique droitière de Hollande met sous tension la gauche radicale qui ne peut accepter ces remises en causes fondamentales (Europe, droit du travail français, politique sociale …) et qui peut, en même temps, avoir la tentation de ménager le PS à la veille des municipales pour tenter de sauver quelques postes d’élus.

- Il devient évident que si les élections sont des moments de la vie politique, l’intervention du FdG ne peut s’y limiter ; elle se doit de développer une politique, continue dans le temps long de la société et au plus profond de celle-ci. Le désintérêt des citoyens (abstentions) montre que le temps des promesses se termine.

 

Si l’on pense faire la politique avec les gens – comme sujets – alors c’est l’organisation de base qui sera déterminante et il y aura une large part à accorder à l’expérimentation.

 

La mise en œuvre d’une politique recueillant l’adhésion et la participation de larges couches populaires ne peut être décrétée sans y associer largement tous les gens qui se sentent concernés par une rupture radicale avec la politique libérale. La nécessité d’ouvrir la vie et la prise de responsabilité au FdG à des personnes non encartées n’est-elle pas devenue plus pressante ?

Sur le principe, cette nécessité est soutenue par l’ensemble des formations du FdG, dans la pratique c’est moins simple et tout est à inventer. Comment faire ?

 

Les Collectifs et associations FdG peuvent-ils répondre à ces impératifs ? Quelques pistes :

- Passer d’un fonctionnement vertical à un fonctionnement horizontal semble être le moyen le plus efficace pour impliquer la population.

- Etablir un fonctionnement où les orientations et les actions spécifiques sont décidées par la population.

Il est bon de rappeler que le programme «L’humain d’abord» est une trame mise sur pied pour les présidentielle et législatives et ne doit donc, sous peine de répéter l’erreur du programme commun, être interprété que comme une trame politique, non une bible ou un petit livre rouge.

- Les partis sont présents au travers de leurs militants dans toutes les instances du FdG. Dès lors leur représentation es-qualité, s’impose-t-elle au-delà du principe de «une femme, un homme égal une voix» ?

- Parce qu’imposer un avis majoritaire à une minorité est contre-productif (l’expérience le prouve), parce que la stratégie doit être définie et mise en œuvre par l’ensemble des citoyens engagés il s’avère important que le maximum de décisions soient prises au consensus.

 

La coordination départementale : quel doit être son rôle ?

N’est-il pas de faire circuler horizontalement les informations, propositions, idées provenant des collectifs locaux ?

De faire circuler l’information du local au régional et national et réciproquement ?

De coordonner, de mettre en cohérence et faire converger, quand cela est possible, les problématiques et les actions permettant de globaliser les problèmes et les alternatives qui en découlent ?

De travailler avec les collectifs pour les propositions des candidats aux élections ?

De mettre sur pied une ou des structures de formation pour permettre aux militants d’acquérir les connaissances nécessaires à la résolution des problèmes complexes qu’ils rencontreront au jour le jour ?

Dans la coordination départementale, le consensus ne doit-il pas y être aussi une règle privilégiée ?

 

Le FdG, pour acquérir son autonomie politique et éditoriale, devra certainement mener une réflexion sur ses moyens financiers et dégager des propositions pour assurer cette autonomie et sa capacité d’action.

 

Dans toutes les strates du FdG, les propositions et actions décidées avec la population se devront de prendre en compte la crise sociétale (anthropologique) et la crise environnementale qui se développent dangereusement.

 

 

Le Débat: quelques interventions.

 

avril 2013 017

 

Alain David (PCF/ Front de Gauche Morlaix): le point de départ qu'il faut que l'on prenne, c'est le dynamisme que le Front de Gauche a suscité dans la population depuis la situation dont on était parti. Dynamisme qui doit continuer à se développer au niveau des organisations, au niveau des personnes qui nous rejoignent. Le Front de Gauche est un trésor, notre trésor commun. Ceci dit, il ne faut pas chercher des réponses d'organisation qui soient les mêmes partout. L'important, c'est de donner une place à chaque personne qui veut s'impliquer. On n'en est pas encore au rapport de force permettant la rupture, ce pourquoi il faut encore travailler pour rassembler plus largement. Le travail, les résultats sont devant nous. Il faut faire en sorte que le rapport de force soit tel que la résignation, l'abattement et la colère que l'on voit naître dans le vote protestataire, le vote d'extrême-droite, cèdent la place à une révolte positive pour la transformation progressiste du système. On a une forte responsabilité, surtout quand on voit que le gouvernement n'est pas prêt à changer la donne. Il faut montrer que le recours existe dans les forces de gauche et qu'il est capable de changer la donne.

 

Christian Beaumanoir (PCF/ Front de Gauche Crozon): le Front de Gauche est un rassemblement où chacun doit se sentir à l'aise. Il faut donc garder l'unité et la volonté d'ouverture. Ce n'est pas parce qu'il y a une politique du PS qui est complètement anti-sociale que c'est gagné de lutter contre une certaine forme de résignation. A Quimper, il n'y avait que 150 personnes à la manif des retraités l'autre jour. C'est peu... Comment on fait localement, en partant de ce que vivent les gens au quotidien, pour mener des actions au corps-à-corps, pour lutter contre la résignation? Il faut renouer avec le porte-à-porte. Les moyens de communication modernes, les mails, ce n'est pas suffisant. L'essentiel, c'est d'aller au combat en partant des combats locaux. Les gens se méfient des élections: il faut reconnaître que c'est complètement délégataire. Comme on s'approche des municipales, on a intérêt à regarder tout ce que l'on peut mettre en avant pour progresser.

 

Jean-Paul Cam (PCF/ Front de Gauche Brest): on est écrasé actuellement pas la présidentialisation de la vie politique. On n'a pas montré tout ce qu'on pouvait faire pour sortir de la crise. Cela suppose un travail de fourmi à réaliser, il ne suffit pas d'afficher le drapeau de la radicalité. Il faut travailler comme des fourmis en avançant avec les gens pour montrer qu'il y a une autre politique possible. Il faut travailler pied-à-pied avec la population pour faire comprendre les choses là-dessus. Le risque de récupération par l'extrême-droite de la colère et du dégoût nés de la crise est réel.

 

François Rippe (Gauche anticapitaliste/ Front de Gauche Morlaix): Cela ne suffit pas ... mais si le Front de Gauche dresse le drapeau de la radicalité, c'est bien aussi. Battre la droite et l'extrême-droite, bien sûr, mais à quel prix? Il y a actuellement de l'apathie, du désespoir, des difficultés à faire émerger un mouvement social dans des conditions austéritaires: cela fait le lit du populisme. Il faut que nous nous demandions: quel outil le Front de Gauche doit devenir pour susciter les luttes, le reveil de la population? Car il faut que le Front de Gauche avance sur ses deux pieds: ce soit être un outil d'expression électorale mais il doit aussi favoriser les luttes. Il faut également que nous ayons une démarche offensive en termes de formation, d'éducation populaire. Un profil offensivement unitaire. Nous devons toujours chercher à intégrer d'autres composantes: des partis politiques, des collectifs, des équipes militantes qui luttent contre un aéroport, une centrale à gaz, pour le droit au logement ou le droit des sans-papiers. Le sous-bassement, ça doit être la totale indépendance par rapport à la politique du PS et d'EELV. Il ne faut pas faire l'impasse sur d'éventuelles fusions de 2ème tour aux municipales pour battre la droite mais pas non plus rechercher la politique d'alliance avec le PS.

 

Philippe: Ce qui est intéressant dans le rapport qui nous a été présenté, c'est de s'interroger sur la différence entre les 15% qui nous étaient crédités à un moment donné pendant la campagne présidentielle et les quelques % que nous avons fait aux législatives. Cela renvoie à la représentation que les gens ont de la politique. Il y a certainement une nécessité à reconsidérer les pratiques: accepter que les choses nous échappe en tant que cartel, que Front de Gauche. On a besoin d'un message clair par rapport au PS et de trouver des formes d'organisation qui permettent d'aller à l'écoute des gens. 

 

Louis Aminot (Communistes Unitaires, FASE): Marcel Tilly a bien fait de souligner l'importance comme tournant de la Bastille: le contenu de l'intervention de Mélenchon a résonné comme un appel à la fin de campagne, comme si on avait décidé de revoir nos ambitions, comme si on avait pris peur de notre succès. A partir de moment, on a tout centré sur la campagne contre le FN pour ne pas compromettre les chances de battre Sarkozy, et le contenu social, le contenu transformateur de notre campagne s'est éclipsé. 

 

Ismaël Dupont (PCF/ Front de Gauche Morlaix): Je suis complètement d'accord avec Marcel Tilly quand il parle du tournant de la Bastille. Sur le terrain, on a senti dans les porte-à-portes, sur les marchés, que c'était le moment de la campagne électorale où le Front de Gauche commençait à être identifié et reconnu dans son ambition par la population, où on commençait à susciter de l'enthousiasme et de l'espoir même chez des gens "peu politisés" ou qui ces dernières années étaient désabusées. Cette dynamique, même si elle n'a sans doute pas été suffisamment loin, reste un point d'appui. Ce qui a permis cela, c'est la conjugaison d'un programme de propositions fortes porteur d'un projet de société réellement alternatif, en rupture avec le système, d'un discours de classe, transformateur, porté avec un talent extraordinaire par Jean-Luc Mélenchon, et d'une activité militante rarement vue depuis longtemps sur le terrain.

A ce moment, on a eu le sentiment que les choses pouvaient basculer, que le peuple pouvait redevenir acteur de son histoire. Il faut aujourd'hui que nous gardions, même dans la difficulté à se faire entendre médiatiquement et sans perspective immédiate de prise de pouvoir, le même niveau d'ambition. Il y a sur le plan national un brouillage organisé par les médias autour de l'identité et du projet du Front de Gauche. Que montre t-on de nous? "Mélenchon, c'est un amuseur, l'homme de toutes les outrances verbales, un apprenti dictateur"; "les parlementaires communistes votent avec la droite au Parlement et au Sénat parce qu'ils sont gricheux"; "il y a de l'eau dans le gaz entre le PCF et le Parti de Gauche au sujet des municipales et du rapport au PS".

Ces images déformantes sont construites intentionnellement pour nous affaiblir parce qu'on dérange et qu'on fait peur mais elles ne sont sans doute pas sans effet, ce pourquoi il est plus que jamais nécessaire d'y opposer pour la population notre dynamisme, notre exigence politique et notre ouverture à la participation citoyenne sur le terrain. Il faut être le plus rassembleurs possible, ne pas vérouiller les choses au niveau des partis, continuer à faire vivre cet espoir de participation politique citoyenne et populaire au service d'un vrai changement de société qu'incarne le Front de Gauche. Pour cela, je pense qu'il faut surtout éviter de se replier sur des logiques de boutiques, de défenses des intérêts d'appareil, de méfiance vis à vis de l'implication citoyenne et du rassemblement. La coordination départementale du Front de Gauche fonctionne actuellement comme un forum, un lieu de discussion, de partage d'informations, de fabrication d'orientations communes et de convergences entre les collectifs citoyens locaux du Front de Gauche et les représentants des partis composant le Front de Gauche. A chaque fois, le dialogue et la recherche de consensus, la mise en avant de ce qui nous rassemble, prime sur le rapport de force entre organisations. Il faut garder ce fonctionnement et ne pas créer, comme certains ont laissé entendre qu'ils voulaient le faire, un exécutif départemental du Front de Gauche où ne seraient plus, ou plus qu'à peine, représentés les collectifs citoyens du Front de Gauche, mais seulement les dirigeants locaux des partis. Ce serait une manière de ne pas reconnaître l'apport des citoyens non encartés dans le Front de Gauche et de recréer une instance bureaucratique, rigide, centralisé, ne permettant pas de développer réellement l'ancrage et la dynamique du Front de Gauche sur le terrain. Ce sont les collectifs citoyens qui font l'essentiel de l'activité et de la visibilité du Front de Gauche sur le terrain: pas question de les mettre au pas... Le rôle du Front de gauche ne doit pas se limiter à une machine électorale: il doit être un vecteur de réappropriation de la politique, d'activitation et de mise en cohérence des luttes. Pour cela, au niveau des municipales, il est évident que nous ne devons pas être associé à la politique du gouvernement et que nous devons chercher à nous présenter au premier tour, en cohérence avec notre refus de l'austérité, notre refus des orientations ultra-libérales de l'Union Européenne acceptées par les socialistes et EELV, sur des listes Front de Gauche élargi indépendantes, partout où c'est possible, et particulièrement dans les grandes villes et villes moyennes. Il en va de notre crédibilité, de notre capacité à incarner une alternative pour les années à venir et à échapper au vote sanction contre la gauche gouvernementale. Par ailleurs, les élections européennes suivent de très près les municipales: il faut envisager ces élections ensemble, et ne pas tenir une position puis une autre, différente, lors de ces élections qui se suivront à deux mois près. Les élections municipales auront bien une dimension nationale: ce serait l'occasion d'une appréciation à mi-parcours de la politique de Hollande et de son gouvernement, il s'agira d'en faire une tribune pour faire monter l'idée qu'une toute autre politique est possible et nécessaire et dénoncer le recul des services publics, des solidarités et des dotations de l'Etat, une décentralisation d'inspiration néo-libérale renforçant le bipartisme et la délégation de pouvoir. 

Une syndicaliste: Pendant des années, on a été confronté à des plans sociaux, de l'austérité, des politiques libérales qui ont matraqué la population et les salariés. On peut comprendre que les gens n'y croient plus trop, soient abattus. En même temps, il y a eu un vrai frémissant lors des présidentielles avec la campagne du Front de Gauche et le programme L'Humain d'abord  qui montraient qu'il y avait d'autres choix possibles. Maintenant la question, c'est: comment on fait pour intégrer les salariés, les jeunes, tous les gens qui veulent autre chose? 

Maxime Paul (PCF/ élu à Brest/ Front de Gauche Brest): Il ne pas en rester à l'incantation, à la posture révolutionnaire qui est parfois contre-productive comme on l'a observé au niveau de certains syndicalistes de PSA. Les élus sont utiles pour changer au quotidien la vie des gens. Il faut partir des besoins de la population pour lui apporter des réponses concrètes. Ne pas renvoyer à un horizon lointain, à des lendemains meilleurs. Ce n'est pas ça qui fait réellement avancer les choses. 

Yannick Hervé (FASE/ Front de gauche Landerneau): Le Front de Gauche c'est un outil essentiel qu'on peut être fiers d'avoir créé et de continuer à renforcer. C'est le grand acquis de ces dernières années, notre trésor commun. Cela permet de relativiser les difficultés inévitables auxquelles on va être confrontés pour les municipales. A Landerneau, en tout cas, nous sommes dans une démarche pour partir au premier tour avec une liste représentant ce qu'il y a à la gauche du PS. 

Annie Bergot Le Calvez (PCF/ Front de Gauche Morlaix): Je ne vais pas parler de ce qui est négatif. On a un collectif FDG très dynamique à Morlaix, tolérant, avec une vraie fraternité et une volonté de travailler ensemble. En ce moment, afin de bâtir un projet commun pour les municipales, on travaille tous les 15 jours, le samedi. Ce qu'on ressent en ce moment, c'est un vrai renouveau. On a organisé et on organise toujours régulièrement des porte-à-portes. Il y a de plus en plus de monde dans les distributions sur le marché. On a décidé de doter le Front de Gauche à Morlaix d'une autonomie financière en rendant possible la cotisation directe à l'association que nous avons créé: 12€/an, 20€/an ou plus... Chez nous cela fonctionne sur le principe du " 1 adhérent = 1 cotisant = 1 votant= 1 voix qui a autant d'importance que toute autre". Je suis contente, moi, d'être radicale de gauche. Je me félicite que l'on soit parti sur l'idée d'une liste indépendante Front de Gauche et citoyenne au 1er tour des municipales.

André Gac (Front de Gauche Plougastel Daoulas): Il ne faut pas considérer que tous ceux qui ne sont pas actuellement avec nous sont contre nous: il y a tout à travail à faire pour faire bouger les lignes chez certains au PS ou à EELV. Attention, il n'y a pas que le terrain à mettre en avant, il y a aussi l'intellectuel collectif qu'il faut faire en sorte de redevenir. Le terrain à lui seul ne produira pas de miracle. Il faut penser les propositions, la stratégie. Aux municipales, il faut se demander à chaque fois comment on renforce le Front de Gauche. 

André Bernard (PCF/ Front de Gauche Fouesnant-Quimper, candidat aux législatives en 2012): Le Front de Gauche, c'est la belle et bonne idée de ces dix dernières années sur le terrain politique. Il s'agit pour nous maintenant de combattre la résignation, d'ouvrir une perspective politique. Il faut continuer d'élargir, maintenir notre dynamique, ne pas renoncer à nos valeurs anti-capitalistes. Il ne faut pas créer d'opposition artificielle et contre-productive entre réflexion et travail de terrain. Il faut rappeler que la lutte contre le FN n'est pas l'objectif fondamental du Front de Gauche.  

Alain David (PCF/ Front de Gauche Morlaix): Il faut partir de la réalité. Ce qui domine, c'est le mécontentement, la colère, le désespoir, qui ne se traduisent pas encore en croyance en la possibilité de changer positivement les choses en votant pour nous. Il faut travailler sur la convergence entre les forces syndicales et les forces politiques: c'est absolument nécessaire. On est dans le Front de Gauche pour rompre avec cette société capitaliste, pour mettre l'homme au centre. Il faut remettre en cause la délégation de pouvoir et le bipartisme qui font que l'on reste dans le cadre d'une alternance sans alternative. 

Ismaël Dupont (PCF/ Front de Gauche Morlaix): j'aurais quelques remarques critiques, pour continuer à avancer, par rapport à l'activité actuelle du Front de gauche. La campagne contre l'austérité, d'abord. Est-ce que cela parle vraiment aux gens, est-ce que cela les aide à comprendre ce qui est en jeu aujourd'hui politiquement et économiquement? Est-ce que cela marque suffisamment une volonté de rupture avec le système? Je ne crois pas. On peut mener une politique de droite ou centriste, libérale, pro-capitaliste, qui ne soit pas une politique d'austérité pour autant. La politique d'austérité en elle-même n'est qu'une manière de faire payer aux peuples la facture des effets économiques et sociaux de la crise financière de 2008, liée à la dérégulation et à la financiarisation de l'économie. Il faut s'appuyer sur l'explication de cette crise pour dire qu'il faut transformer profondément ce système économique capitaliste à outrance qui plonge les sociétés occidentales dans une crise multiforme extrêmement grave. Ce n'est pas d'obtenir quelques augmentations de salaires, de pensions, de minimas sociaux, de services publics qui changera beaucoup à la donne. Il faut remettre en question le système lui-même. On avait déjà eu un premier renoncement au niveau de l'ambition en dénonçant le libéralisme plutôt que le capitalisme, il ne faudrait pas que l'on revienne au plus petit dénominateur commun en ne dénonçant plus que l'austérité, alors que la situation exige de repenser complètement le mode de production et de répartition des richesses.

Par ailleurs, il y a un manque au niveau du Front de Gauche actuellement, c'est qu'au niveau national on fonctionne essentiellement comme cartel d'organisations, sans représentation des collectifs locaux du Front de Gauche et des citoyens non encartés. Il ne serait pas forcément compliqué de leur faire une place pour décider des orientations, des stratégies, avec les 9 partis qui composent le Front de Gauche sans pour autant transformer le Front de Gauche en parti.

De la même manière, pour le choix des candidats du Front de Gauche lors des élections à venir, j'espère qu'on arrivera à faire une association commune de financement qui permette de reverser par avance toute une partie des financements et remboursements d'Etat aux partis du Front de Gauche selon une règle de proportion définie à l'avance et qui permette de choisir les candidats les plus rassembleurs sans considération prioritaire d'appartenance politique à telle ou telle composante du Front de Gauche.   

Jean-Paul Cam (PCF/ Front de Gauche Brest): Tout ce qui n'est pas dans le Front de Gauche n'est pas non plus notre adversaire. Le front de Gauche, c'est quelque chose qui doit être ouvert, qui est rassembleur. Il faut qu'on se positionne pour faire battre la droite et l'extrême-droite. Il faut avoir des élus du Front de Gauche dans un maximum de communes et, pour cela, il faut mettre en valeur les acquis locaux importants réalisés grâce aux élus du Front de Gauche. 

030

 

Alain Rebours (Gauche unitaire, Front de Gauche Morlaix): il faut partir d'une chose, le succès du Front de Gauche. Le fait que ça existe, c'est déjà un chemin énorme de franchi. La question, c'est maintenant de développer l'ambition du Front de Gauche pour les 10-15 ans qui viennent. C'est un instrument merveilleux: on arrive à se poser des questions politiques qu'on ne se posait pas précédemment. Comment peut-on être une alternative pour les transformations de la société? Pour les municipales, il faudrait pouvoir définir une taille significative des communes à partir de laquelle ça devient intéressant et nécessaire de partir avec une liste Front de Gauche au premier tour. Il faut à la fois que nous marquions notre indépendance de vue et que nous continuions à travailler sur les contradictions à EELV et au PS. Il y a deux tendances contraires également nuisibles qu'il faut éviter: aller de préférence avec le PS au premier tour des municipales sous prétexte qu'on a déjà des élus, tenir systématiquement le discours du Front de Gauche comme recours dans la catastrophe d'une montée du FN et d'un effondrement de la sociale-démocratie. N'oublions pas que quand la gauche va s'écrouler, on y risque d'y être associé en termes d'image, de résultats. Après, il ne faut pas trop que l'on s'inquiète des contradictions qui apparaissent dans une réunion comme celle-ci. Au niveau des municipales, on va sans doute être amené à bricoler mais l'essentiel est de préserver cet outil indispensable qu'est le Front de Gauche. 

 

032

Patrick Le Nan (Parti de Gauche, Front de Gauche Morlaix): Le Front de Gauche est divers, certes, mais il correspond à des objectifs politiques bien définis, liés à une autonomie conquérante par rapport au PS, une volonté de renverser le rapport de force en faveur d'une gauche qui refuse le libéralisme. Dès lors, si des élus ou des candidats veulent partir avec le PS aux municipales, il ne faut pas qu'ils le fassent sous l'étiquette Front de Gauche. Ne pourrait-on pas décider nationalement que les gens qui partiront avec le PS ne poteront pas l'étiquette Front de Gauche dans les villes de +50000 habitants. 

Un intervenant. Je suis d'accord pour dire que le Front de Gauche ne doit pas être une force politique classique mais un outil pour intégrer les travailleurs, les jeunes, etc. Il faut sortir des logiques d'appareil et considérer d'abord et avant tout l'intérêt du peuple. Il faut partir d'actions assez fortes pour pouvoir rassembler: contre la précarisation et le chômage, contre le système bancaire. Ce système là, il faut montrer qu'on peut en sortir. Il faut arriver à rassembler tous les gens qui ont intérêt au changement d'abord. La notion de gauche me semble engagée aujourd'hui: il faut rassembler au-delà des organisations du FDG.    

034                    

Renaud (Parti de Gauche): J'appuie l'idée que l'étiquette Front de Gauche ne peut que se revendiquer sous condition de poursuivre les objectifs fondateurs du Front de gauche: dès lors, dans les villes importantes, les élus qui voudront partir avec le PS au premier tour ne devront pas se revendiquer du Front de Gauche officiellement sur leurs documents de campagne.   

 

La restitution de Patrick Le Nan l'après-midi en AG plénière (Parti de Gauche, collectif Front de Gauche Morlaix). 

 

avril 2013 030

 Restitution d'après notes et mémoire incertaine :

-« Tout d'abord, je vous demande d'être indulgent, cette restitution est une première pour moi, et la qualité de l'assemblée me faisant face est assez impressionnante.

Dans cet atelier « perspective du front de gauche », On a donc commencé par un historique :

-Après le succès du non au référendum en 2005, c'est le constat d'échec en 2006. Le PS battu s'engageant dans le social libéralisme, et le score d'ensemble de la gauche radicale de 8% crée la nécessité du Front De Gauche dans les têtes et les esprits ;

-2008, c'est la naissance du Front De gauche.

La progression sera constante , d'élections en élections en % et en voix jusqu'à la législative de 2012. La campagne présidentielle de 2012 nous accorde même des sondages à 14 ou 15%, le résultat de 11.1% poussent certains à analyser cette baisse comme étant du à un changement de discours après le grand rassemblement de la Bastille.

Un retour à une campagne classique, le combat contre le FN, l'oubli de la primauté du citoyen, la mise au second plan du discours de rupture sont les arguments avancés.

La législative, avec une abstention de 40% et 44% au 2ème tour voit le % se diviser par deux par rapport à la présidentielle...

Il semble cependant que c'est oublier énormément d'éléments extérieurs, et en particulier le déchaînement médiacratique contre le FDG, et dont la dédiabolisation du FN à l'époque, s'entend maintenant par une tentative de diabolisation du FDG et en particulier de Mélenchon au travers de l'argument permanent d'opposition ou de rupture PCF/ PG, de Chavez dictateur, ami de JLM, d'outrance verbale et autre antisémitisme imaginaire...

Mais calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose....

 

Sur le terrain, auprès du grand public, du peuple, c'est pourtant à partir du moment charnière de la Bastille, suivi des rassemblements de Toulouse et de Marseille, qu'on a bien senti , dans les porte-à-porte entre autres, que le discours FDG, le discours de la transformation sociale, était identifié et portait davantage dans l'opinion, le peuple de gauche redevenant sujet de son histoire...

Le succès de la campagne se trouve dans le discours de rupture globale avec le système capitaliste et la délégation de pouvoir, et dans une campagne militante de niveau très élevée, porteuse d'un projet au travers de son programme, et par ce rassemblement du front de gauche...

Le recul aux législatives peut aussi s'expliquer simplement par la déception, le matraquage du vote utile, et la puissance du bipartisme par exemple... Il reste cependant très difficile de savoir ce qui se passe dans l'isoloir et dans la tête du citoyen au moment du vote...

 

le fonctionnement

 

- « Les fonctionnements sont divers : collectifs citoyens, associations... avec des poids différents des orga politiques. Ceci donne une hétérogénéité aux comités locaux des fronts de gauche dans le Finistère...

 

-A Morlaix par exemple, le consensus et l'engagement commun et pluraliste autour de la campagne présidentielle a permis la naissance de l'asso Front De gauche Morlaix. C'est la rencontres de militants se découvrant de nouveau.. ( ...mais où on était passé tout ce temps, on s'était perdu de vue, on s'est retrouvé ! ;-) ) Le travail en commun, l'arrivé de citoyens non-encartés, le déroulement de la campagne dans le consensus, le dialogue, y compris sur des sujets clivants ( NDDL, la centrale à gaz...) et l'écoute de chacun dans le respect, ont stabilisé la cohérence de celui-ci... A la création des statuts on s'est aperçu que le consensus fonctionnait très bien et naturellement depuis les présidentielles, que si un sujet posait problème on pouvait y revenir plus tard, que l'on pouvait aussi le contourner si cela un jour s'avérait nécessaire... Mais le consensus est un ciment car il évite les « frustrations minoritaires »... On a quand même mis une possiblité de vote dans les statuts, mais il doit être très largement majoritaire...

Le désir d'un fonctionnement horizontal répondant à l'engagement citoyen, le « place au peuple », est net, au-delà des « étiquettes », des couleurs politiques... Une vraie relation horizontale des comités locaux, aux comité départemental et national est exigée. Le fonctionnement au consensus est la vraie voie, car elle oblige à l'écoute et au respect de tous, la faiblesse apparente du Front De Gauche est probablement sa plus grande force, quand le processus est vraiment engagé... -Et je n'aimerai pas faire parti de l'orga qui oserai tenter de faire exploser le FDG.. -Non , j'aimerai pas !

 

-L'engagement aux côtés des salariés en lutte, dans la vie sociale, dans l'écoute des problèmes réels des citoyens dans leur vie quotidienne est sûrement un élément du futur succès du FDG et de sa cohérence citoyenne.

-L 'engagement dans la lutte concrète contre la politique environnementale et sociale actuelle, en point d'appui des organismes militants est indispensable.

 

-Le programme « l'humain d'abord » est retenu comme trame. La représentation es qualité, un homme ( une femme) -une voix, adhérent(e) d'un parti ou pas, devrait être la règle, et la représentation des « non-encartés » dans les organismes dirigeants doit se faire jour [ interpellation : « il y en a ! »- moi : - »ah bon ! Je savais pas!-Mais ils représentent qui alors ? »]

bref... doit se faire jour si l'on veut continuer notre politique d'ouverture vers le peuple, afin qu'il se réapproprie le pouvoir politique. La prise de responsabilité doit être possible pour tous.

La dynamisme de la présidentielle a perduré, et continue de se développer, sûrement de manière inégale, mais c'est notre trésor commun ! Les compromissions hasardeuses lors des élections municipales, suivi de près des européennes, pourrait tout renier, tout gâcher définitivement....

 

Les perspectives du front de gauche

 

La politique PS/ EELV recueille évidemment l'unanimité de la critique de l'atelier et radicalise les positions. Très majoritairement, la tendance est au refus de cette politique, et au désir, à la volonté d'un maximum de listes FDG aux municipales, par soucis de cohérence. L 'élection européenne à suivre pourrait gravement en souffrir si l'incohérence était de mise...Il reste évident que les petites municipalités ont plus de difficultés à constituer ces listes FDG, mais le discours de fond est net : Pas d'alliance au 1er tour !

… Et le cas échéant, une alliance au 1er tour avec le P. »S » ne doit pas se faire en portant les couleurs du FDG, mais seulement celle de son parti, éventuellement.

-Et je passe directement cette idée à Pascale, verticalité oblige !...:-)

-Mais il reste que le financement des partis, les positions de pouvoir et la tentations de « sauver » des postes, sont encore sous-jacent...

-Le FDG n'a pas qu'une vocation électorale, il a vocation à fédérer les luttes. Il doit se développer dans le temps long. L'horizon n'est pas demain, mais il est bien à 5 ou 10 ans à minima... Le FDG est notre meilleur outil de réappropriation populaire de la vie politique, et de convergence du mouvement syndical et social. C'est cette réappropriation et cette convergence qui feront la force nécessaire au renversement de la table !

(ensuite c'est plus « tout venant » et libre parole...)

-« autrement euh : - la montée de l’extrême-droite a fixé un temps le débat entre la lutte nécessaire et le risque d'enlisement... la confusion électorale entre battre Sarko ou Hollande est suspensive dans le « ...et alors !? »Ca ne doit pas susciter l 'apathie, la baisse du mouvement social faisant le lit du populisme.

-il faut 2 pieds au front de gauche : la progression électorale et une position de haut-parleur des luttes sociales.

-On a aussi beaucoup évoqué la nécessité impérieuse de formation des militants et d'éducation populaire.

-Le combat sur le terrain , le porte-à-porte a beaucoup été évoqué, mais nous avons aussi à organiser d'autres formes de militantisme sur le terrain, il y a des idées, n'est ce pas ?:-)

-Et face à la médiacratie, n'oublions pas que nous sommes notre propre média, notre meilleur média !

Ah oui, et puis on doit se battre contre le TINA de Tatcher, le « there is no alternative », le « on ne peut pas faire autrement », c'est très important....

 

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 07:58

 

Le Front de Gauche dans le Finistère

 

Pour savoir où nous voulons aller il est important de savoir d’où on vient !

 

2007 Les élections présidentielles :

En 2006, dans la perspective de l’élection présidentielle de 2007, des collectifs antilibéraux se créent dans le pays en vue d’une candidature unique. Cet épisode se solde par un échec. Les adhérents communistes, par un vote national, confirment la candidature de Marie-George Buffet, avec la volonté de « rallier » les voix de la gauche de la gauche. En réaction, Olivier Besancenot, au nom de la LCR, se déclare aussi candidat. José Bové confirme également sa candidature. Résultat des courses : malgré une participation très importante (abstention : 16%), cet émiettement du courant antilibéral se solde par des scores très faibles, en particulier historiquement bas pour le PCF (1,93%); ce score prolonge une lente érosion amorcée dès les années 70, accentuée par la stratégie du Programme commun et sa participation aux divers gouvernements socialistes sous la présidence de F. Mitterrand. Le NPA, avec une campagne protestataire et verbalement radicale, fait un score honorable de 4,08%, qui lui donnera une appréciation faussée des rapports de forces au sein de la gauche radicale et de la stratégie de convergences qu’il aurait dû amorcer.

Bové : 1,32% ; Laguiller : 1,33%.

Le PS n’arrive pas à s’imposer. S’être aligné sur les thèmes de la droite (sécurité, Europe du capital …) ne lui a pas permis de développer un contrepoids à la politique et à la gestion catastrophiques de la droite.

Le constat est donc qu’après 12 ans de gouvernement catastrophique de la droite et des millions de personnes dans des difficultés accrues, le PS accentue sa dérive vers le centrisme (la droite) ; la gauche radicale, tous mouvements additionnés, recueille un peu plus de 8% des voix exprimées.

Lors du congrès de 2008, analysant ses résultats, le PCF lance à toutes les forces se réclamant de la gauche une proposition de constitution de fronts, pour s’opposer à la politique de Sarkozy.

 

Création du Front de Gauche.

Au plan national, toutes les forces se réclamant de la radicalité sont à un point d’étiage extrêmement bas. Une partie non négligeable de l’énergie de ces forces ayant été tournées vers une concurrence entre elles, les électeurs ne se sont pas retrouvés.

Face à cette quasi-disparition des formations à la gauche de la gauche, le PCF, le Parti de Gauche nouvellement créé par des militants de l’aile gauche du PS et la Gauche Unitaire décident de créer le Front de Gauche. Meeting de lancement : mars 2009. Il est à noter le refus du NPA de s’associer. Ce groupement a l’ambition de s’élargir à d’autres formations et à dépasser l’addition des forces mobilisées par chacun des participants, pris séparément.

 

Depuis son lancement, quel écho dans la population ? Peu d’instrument pour le mesurer sinon un certain nombre de scrutins électoraux qui, les uns après les autres, ont montré que la dynamique du FdG n’a cessé de grandir et que ce dernier s’est progressivement installé comme une forme politique nouvelle, avec laquelle il faut désormais compter.

 

2009 Elections européennes : nationalement le FdG recueille 6,47% des voix ; 5 élus.

 

2010 Elections régionales : nationalement 7,49%

Dans la région Bretagne, plutôt que d’essayer de relancer une activité des Collectifs antilibéraux – opération certainement difficile après l’amertume suscitée par les péripéties de l’élection présidentielle -, les dirigeants du PCF prennent l’option de négocier, contre l’avis d’une partie importante de ses militants, une participation sur la liste du PS dès le premier tour. Une liste concurrente est présentée au nom du FdG.

Le PCF perd un siège au Conseil régional, celui du secrétaire fédéral (conseiller sortant) du Finistère.

 

 

2011 Elections cantonales : nationalement 10,38%

Malgré un taux d’abstention important les résultats montrent le bien-fondé de la stratégie du FdG. Des résultats encourageants sont obtenus: nationalement 10,38% sur l’ensemble des cantons où le FdG présentait des candidats. Dans le Finistère il arrive que le FdG se retrouve en deuxième position face au PS, plus souvent en troisième position derrière le PS et l’UMP (ou équivalent) avec des scores dépassant souvent les deux chiffres.

Dans de nombreux endroits, les campagnes du FdG ont développé des argumentations précises, particulières (non généralistes) avec des actions de proximité, sur des problèmes que se posent effectivement les gens. Il est apparu que cette campagne commune n’avait en rien desservi les différents partenaires et qu’au contraire une synergie tendait à apparaître. Il est apparu (timidement) un autre phénomène qui est une participation plus grande de personnes non affiliées aux partis créateurs (non encartés) à la campagne électorale, mais également au-delà, en exprimant une volonté de poursuivre en dehors des phases électorales.

La caractéristique nouvelle de cette participation individuelle dénote-t-elle la volonté exprimée de prendre part aux responsabilités ?

 

Depuis sa création le cartel de départ n’a cessé de s’élargir, puisqu’il compte maintenant 9 composantes, y compris avec des militants démissionnaires du NPA mécontents de la stratégie isolationniste de leur ex-formation.

Et puis nous avons vécu les 2 séquences électorales de 2012, qui méritent qu’on s’y attarde quelque peu car elles sont riches d’enseignements à tirer.

 

 

2012 Elections présidentielles et législatives :

Les composantes du FdG se sont mises d’accord sur un candidat unique – J.L.Mélenchon – et un programme : l’Humain d’abord.

 

Présidentielle :

 

Pour la première fois un mouvement, au départ cartel de partis politiques, posait à travers les différentes interventions médiatiques de Mélenchon, non pas la problématique de réforme du système institutionnel en place mais la rupture avec celui-ci, l’insurrection civique (même si le mot civique en atténuait le contenu).

Ce qui était placé en avant était l’intervention du peuple comme moteur et dirigeant du mouvement social et politique qui commençait à émerger. Nous sommes passés d’une campagne au départ classique, c'est-à-dire partitaire, à la montée d’un fort mouvement populaire qui ne posait plus seulement le problème en terme revendicatif, de demandeurs et de futurs délégataires mais comme une force désireuse de prendre en main son avenir.

Cela a abouti au gigantesque meeting de la Bastille, gigantesque par le nombre mais aussi et surtout par l’énorme volonté populaire qui prenait corps. Par l’énorme besoin de lien et de solidarité qui se faisait jour, par la convergence des couches différentes de la société : classe ouvrière (eh oui, elle existe), cadres et couches moyennes, des femmes et beaucoup de jeunes que l’on ne voyait plus guère dans les manifestations de gauche, des émigrés. A travers eux se posait en force le besoin d’égalité et de dignité. Et peut être surtout une population qui en ne reniant pas ses appartenances politiques quand elle en avait, posait fortement la nécessité de se rassembler au-delà du cartel de départ et surtout la volonté pour ceux qui n’étaient pas encartés de trouver leur place, toute leur place dans le mouvement naissant.

Problème loin d’être résolu ; n’est-ce pas là un des enjeux importants pour l’avenir du FdG ?

A ce moment les sondages donnaient 14 à 15% voire plus pour le FdG. Il est évidemment nécessaire de prendre ces sondages avec beaucoup de prudence quand on sait qu’ils sont façonnés autant que façonneurs de l’opinion. Néanmoins c’était des indications montrant que le mouvement en cours était beaucoup plus que la somme de ce qu’étaient capables d’engendrer séparément les différentes composantes du FdG.

Les manifestations de la Bastille, Toulouse et Marseille ont montré une force symbolique montante, soutenu par des dizaines de milliers de personnes sur place et un fort mouvement de sympathie en France. Cela a créé un choc.

Les propos ironiques de la droite couvraient mal sa peur et elle a aussitôt commencé à comparer le mouvement montant à la révolution française, c'est-à-dire à ce que les cours d’histoire (écrits depuis des décennies voire des siècles par l’idéologie bourgeoise et capitaliste) ont laissé dans les têtes des gens : la violence et la terreur.

Le PS a eu également peur. Pour la première fois ceux qui se réclamaient d’une gauche radicale sans compromis avec le capital et la finance commençaient à dépasser les esprits de clochers, poussé par un mouvement populaire montant. Une force réelle ayant un poids commençait à faire converger la gauche non sociale-libérale et créait même des remous au sein de celle-ci. Le risque pour sa politique d’accompagnement de la politique libérale devenait plus grand et la liberté de manœuvre moins large.

A propos de gauche radicale, n’est-il pas urgent d’analyser et approfondir ce que radicalité veut dire ?

Notons également que dans la radicalité affichée par le FdG en général, la question de la remise en cause fondamentale des rapports d’appropriation des fruits du travail, c'est-à-dire la question de la remise en cause du capitalisme n’a-t-elle pas été par trop absente ?

 

Mais aussi, autre question que certains posent : les composantes partitaires du FdG n’ont-elles pas également eu peur du mouvement qu’elles étaient en train d’engendrer ?

Comme certains ont eu peur du mouvement de 1968, de ce que créait le refus populaire lors du référendum sur la constitution européenne, ou de ce qui montait du mouvement pour les retraites - et ont essayé de les canaliser, leur faisant perdre leur potentiel d’énergie et d’innovation? Nous entrions dans l’ère de l’incertitude et du non contrôlable.

Dans les jours qui ont suivi la Bastille, le FdG a complètement réorienté son axe de campagne politique en faisant du combat contre le FN sa priorité. Le FdG entrait alors dans une campagne classique, abandonnant ce qui faisait sa force d’attraction : la radicalité, la primauté au mouvement des citoyens, sa remise en cause fondamentale de l’institutionnel c'est-à-dire le contenu même de la notion d’insurrection civique.

A partir de là, le FdG a baissé dans les sondages (gardant paradoxalement une audience importante dans les couches moyennes) et donnant ainsi une prise plus grande au vote utile dont a bénéficié le PS, l’objectif primordial devenant : «virer Sarkozy avant tout et on verra ensuite». C’était une condition nécessaire mais certainement pas suffisante. Le score du FdG a été de ≈11%, bon score par rapport aux désastres enregistrés au paravent par le PCF et autres composantes de la gauche de la gauche (hors du sursaut momentané du NPA).

 

Les élections législatives

 

L’abstention

L’abstention : globalement 40% au premier tour, 44% au second. Ce chiffre est un des plus importants enregistrés pendant la 5è République. De scrutin en scrutin ce chiffre augmente et même à la présidentielle, élection où les électeurs se sentent les plus impliqués, l’abstention est forte et nous ne sommes plus depuis longtemps dans le domaine du pêcheur à la ligne. Que traduit cette abstention massive ?

Elle traduit pour certains la méfiance à l’égard de la politique, le sentiment qu’ils ne peuvent pas peser sur les décisions nationales ; certainement aussi l’expression, car c’est une expression, de personnes qui ne se reconnaissent plus dans le système institutionnel, qui n’ont plus envie de déléguer leur pouvoir. Mais aussi sans doute parfois l’expression que les élus nationaux sont vécus comme inutiles dans le système constitutionnel actuel – voire le vote du Congrès contre le résultat du référendum sur la constitution européenne.

 

Le FdG

Il perd entre la présidentielle et les législatives une moitié environ de ses voix. Il est probable qu’une partie de ses électeurs se soit reportée vers l’abstention doutant de l’utilité de ce scrutin et vers le vote utile dès le premier tour. C’était le prix à payer d’une campagne qui avait «oublié» la Bastille.

Le premier tour de la législative a confirmé toutes les tendances de la présidentielle même si le mode de scrutin inique en déforme les représentations électives. Du coté du FdG, le report des batailles au niveau des circonscriptions a fait perdre la lisibilité nationale qui avait été acquise. La polarisation de la campagne sur le risque représenté par le FN n’a-t-il pas été une erreur politique tant il est vrai et tout le prouve aujourd’hui que la cause principale de la crise est le capital et le système financier ?

Chacun s’est retrouvé à mener au mieux sa campagne au niveau de sa circonscription et financement publique des partis obligeant, a mené une campagne partitaire classique où sauf rares exceptions le peuple ne trouvait plus sa place. Nous retrouvions en de nombreux endroits, défaut difficile à corriger, les campagnes de promesses qui n’engagent que ceux qui les croient.

 

Où en sommes-nous aujourd’hui ? Quelles perspectives ?

 

La référence du Front de Gauche à une 6ème République n’arrive pas, à ce jour, à contrebalancer l’ancrage idéologique, hérité d’un siècle d’histoire, sur un fonctionnement de la société sur un mode institutionnel délégataire qui, dans une certaine mesure, confisque aux citoyens une véritable possibilité d’intervention dans les affaires de la nation.

Le mode de financement public des partis (mis en place par Mitterrand et refusé à l’époque par le PCF) amplifie cette tendance. Outre qu’il rapporte plus aux partis riches et puissants, il tend à asphyxier les petites formations prises dans des campagnes dispendieuses (porté au paroxysme aux USA). Ce financement tend à couper les partis de leurs bases militantes et sympathisantes, et conduisent à des pratiques de négociations électorales passant souvent par-dessus la tête de leurs militants et plus largement des citoyens.
La politique droitière de Hollande met sous tension la gauche de la gauche qui peut difficilement accepter ces remises en causes fondamentales (Europe, droit du travail français) et la tentation de ménager le PS à la veille des municipales pour tenter de sauver quelques postes d’élus (tactique illusoire comme l’illustre ce qui ce passe dans le 93 pas exemple).

La nécessité d’ouvrir la vie et la prise de responsabilité au FdG à des personnes non encartées n’est-elle pas devenue plus pressante parce qu’il est clair que la mise en œuvre d’une politique recueillant l’adhésion de larges couches populaires ne peut être décrétée et animée par quelques formations sans y associer largement tous les gens qui se sentent concernés par une rupture radicale avec la politique libérale. Sur le principe, cette nécessité est soutenue par l’ensemble des formations du FdG. Dans la pratique c’est moins simple et tout est à inventer.

 

Si l’on pense faire la politique avec les gens – comme sujets – alors c’est l’organisation de base qui sera déterminante.

 

Il est donc évident qu’il y aura une large part à accorder à l’expérimentation et à l’incertitude qui en découle.

 

Les Collectifs et associations FdG : quel rôle ?

Avançons quelques idées. C’est à ce niveau que pourront être développées des stratégies adaptées dans les domaines de la santé publique, l’agriculture, des services publics ou les interventions adaptées dans les divers conflits sociaux (Doux, Boutet-Nicolas …). Il est clair que les préoccupations économiques, sociales et politiques sont certainement différentes à Douarnenez et à Carhaix. Associer les gens implique un contact au plus près d’eux et dans ce cas les mots d’ordre politiques passe-partout n’ont aucune utilité.

Pour la phase politique de préparation des municipales qui va s’ouvrir à la fin de l’année ou au début 2013, un engagement du FdG va dépendre fortement de l’action menée au long cours – les gens en ont ras le bol des promesses électorales – et que les stratégies singulières qui seront adoptées dans chaque localité ne pourront être menées à bien que par des Collectifs ou associations FdG vivants, au courant des problèmes et bien ancrés dans la population. La qualité et la pertinence des candidats retenus seront d’autant plus grandes que l’on saura sortir du cercle trop restreint des militants dévoués, accommodés à toutes les sauces de la politique et de la vie associative.

 

La coordination départementale : quel doit être son rôle ?

Le rôle de la coordination n’est-il pas de faire circuler au maximum les informations, propositions, idées provenant des collectifs locaux ?

- de faire circuler l’information du local au régional et national et réciproquement.

- de coordonner et faire converger, quand cela est possible, sur des manifestations permettant de globaliser le problème et les alternatives qui en découlent.

- de travailler avec les collectifs pour les propositions des candidats aux élections départementales, régionales et législatives ;

- et enfin, comme le travail dans les collectifs au plus près des gens et des problèmes ne peut seulement s’appuyer sur des mots d’ordre ou du pragmatisme, il sera nécessaire de mettre sur pied une ou des structures de formation pour permettre aux militants d’acquérir les connaissances nécessaires à la résolution des problèmes complexes qu’ils ne manqueront pas de rencontrer : l’éducation de masse – universités populaires … - n’est-ce pas la rançon à payer pour être une force radicale de proposition et d’action ?

 

Quelques pistes de travail et d’organisation

- Les élections sont des moments singuliers de la vie politique mais la crise, les licenciements, les problèmes de santé publique, la remise en cause de droits du travail frappent tous les jours les salariés, les citoyens. Ne faut-il pas s’attacher à créer des structures et une information locales permettant le contact permanent avec tous nos concitoyens ?

- La crise agresse tous les citoyens et tous les secteurs de la société. Ne faut-il pas entrer en contact (réel effectif) avec les différents acteurs de la société sur tous les sujets concernant l’environnement réel des gens (agro-alimentaire, paysans, médecins, enseignants et parents d’élèves …) ?

- Si nous souhaitons que les gens soient des acteurs responsables ne faut-il pas leur donner la parole, ouvrir les débats dans nos publications et ne pas parler à leur place ?

- Tout le monde sent que le FdG, cartel de partis au départ, doit s’ouvrir largement. Il devient nécessaire de trouver un équilibre et une dynamique permettant à tous ceux qui veulent s’impliquer de le faire et de compter pour un. C’est plus facile à dire qu’à faire.

Comment trouver un équilibre entre les partis ou associations membres du FdG et les citoyens non encartés ; équilibre permettant que tous s’y sentent à l’aise et y apportent sa richesse ?

- Dans cette démarche d’ouverture, les collectifs et associations FdG ne sont-ils pas des laboratoires sociaux au plus près des citoyens ? Ne sont-ils pas moins porteurs de rigidité car plus près d’une démocratie citoyenne ? Comment faire en sorte que l’inconnu, l’incertitude que sera forcément une expérience sociale nouvelle ne soit pas vécu avec crainte par les principaux intéressés (sauf les riches, les financiers et quelques autres) car tout ce qui est connu à ce jour est porteur de désastre ?

N’est-il pas nécessaire de prendre le temps de la réflexion et de la construction pour adapter cette démocratie citoyenne et cette souplesse à des échelons tels que la coordination départementale et régionale ?

- Parce que la crise touche tous les aspects de la société, l’action sociale, économique et politique devient plus complexe et nous ne pouvons plus nous contenter de mots d’ordre et de coups électoraux voire d’engagement sans stratégie et sans connaissance de fond dans les mouvements sociaux (Doux, Boutet Nicolas …). Quels sont les moyens dont doit ce doter le FdG au niveau du département pour développer la formation et l’information de ses militants ?

Cette responsabilité n’est-elle pas une des tâches centrales de la coordination départementale ? Quel rôle peut-elle jouer dans la diffusion de films tels que «le grand retournement» de Lordon et Mordillat ? N’y a-t-il pas un programme de débats sociaux, économiques, philosophiques voire scientifiques (problèmes de l’environnement, de l’énergie …) à mettre sur pied ?

- Dans ce fonctionnement forcément particulier, dans les expériences multiples et les besoins d’informations variées de chaque collectif ou association FdG, la coordination départementale ne doit-elle pas avoir un rôle à la fois de passage de l’information (structure horizontale du FdG) et d’aide à la mise en cohérence et à la convergence des actions décidées au plus près des gens pour leur donner une résonance plus globale ?

- Comme en 2014 se profilent quelques échéances électorales n’est-il pas nécessaire de se poser et de poser à nos concitoyens la question «à quoi servent les élus ?» ?

Leur rôle est-il de gérer les institutions et la crise (en prime !) ? Convaincus de l’aspect néfaste de la pratique délégataire, comment pratiquement faire en sorte que la relation élus (et candidats) et citoyens soient directe, égale, constante et responsable des deux cotés ?

Quels rôle doivent et peuvent jouer les élus pour que leur contribution à la lutte apporte à la fois une amélioration des conditions de vie des citoyens et fasse avancer vers la remise en cause globale (au plan national et international) du système générateur de ces désastres : le capitalisme ?

Quels moyens se donne le FdG à l’échelon départemental pour aider les collectifs et associations FdG ainsi que les amis(es) et camarades qui seront les candidats dans ces batailles électorales ?

Enfin, un détail qui a son importance : quels moyens financiers matériels comptons nous mobiliser pour nous permettre de mener cette lutte tous azimuts ?

 

Christian Vermeulin et Marcel Tilly

Collectif FDG du Pays de Rosporden

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