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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 20:39

578Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon, Christian Picquet 580

 

Joël Gallay, secrétaire départemental du Morbihan

Une syndicaliste CGT de Tilly à Guerlesquin, Corinne Nicol

 

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 07:03

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 Melenchon-explique-la-crise-financiere.jpgL-humour-et-la-gouaille-de-Melenchon-l-orageux.jpg

 

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Hier soir, 350 personnes au moins se sont pressés dans la maison des syndicats pour écouter Mélenchon  venu participer à cette réunion citoyenne, annoncé à peine 10 jours avant, avant de rejoindre Lorient et la fête de l'Huma Bretagne.

 

A ses côtés, sur l'estrade, il y avait Jacqueline Héré (PCF, adjointe au maire de Brest, candidate FDG aux législatives à Brest-centre), Noelle Peoch candidate ( présentée par le PG ) dans la 6ème circonscription ( de Carhaix à Ouessant), Bertand Seys (responsable départemental PG, candidat à Brest Rural) et Isabelle Mazelin (élue au Relecq Kerhuon, candidate à Landerneau), ainsi que des jeunes militants du FDG. Bertand Seys et Jacqueline Héré ont introduit la réunion publique et donné la parole à l'assistance. 

André Gac, ancien maire et conseiller général de Plougastel Daoulas, est intervenu pour interpeller Mélenchon sur la question des langues régionales et l'absence d'incompatibilité entre des combats d'émancipation sociale universalistes et la défense des cultures maternelles et locales, dont la figure de Per Jakez Hélias est le témoin. Un syndicaliste a fait part des logiques de délocalisation et de suppression de l'emploi depuis des années dans sa boîte brestoise, filiale d'Alcatel. Un autre syndicaliste de la CGT a interpellé sur l'espèce de résignation qu'il fallait savoir combattre chez les salariés et le risque de généralisation du prétendu vote utile.

 

Ensuite, pendant une heure, Mélenchon a tenu en haleine son auditoire en faisant d'abord une conférence gesticulée sur l'origine de la crise financière et de la crise de la dette, mêlant le sens de la dramaturgie, de l'image qui simplifie, et la volonté d'explication qui cherche à reveiller les intelligences endormies par le matraquage médiatique et les discours présentant la crise comme une fatalité naturelle. Il ressort de ses propos que tout part de la capacité d'endettement et d'achat aisé que les Etats-Unis ont acquis grâce à leur puissance militaire et politique, et au fait que le dollar soit la monnaie refuge au niveau mondial, garantie d'un développement sans proportion avec leur force réelle qui était en train d'être contestée, l'euro devenant de plus en plus une valeur refuge. Dès lors, on peut penser que ce sont les banques américaines, Goldman Sachs qui aidait la Grèce à maquiller ses comptes pour entrer plus rapidement dans l'euro au premier chef, et les agences de notation de ce pays qui intentionnellement mettent en péril l'euro en spéculant sur les dettes européennes. Si, comme le Front de Gauche le demandait, l'Europe avait utilisé la BCE pour prêter à des taux d'intérêt bas à la Grèce au moment où elle était attaquée sur les marchés, si la Grèce n'avait pas cédé à la pression des marchés pour comprimer ses dépenses sociales et privatiser toujours plus, alors cet Etat ne serait pas entré dans une recession terrible augmentant sa dette et alimentant la défiance des investisseurs vis à vis des dettes des autres Etats européens. Le Front de Gauche a eu raison en 2008, mais c'est le choix de la lâcheté, du virage néo-libéral, qu'a fait la sociale-démocratie européenne: Socrates, Zapatero, Papendréou.

Ceci dit, même aujourd'hui, le danger de la dette est largement surévalué: 1600 milliards d'euros de dette à rembourser en 7 ans en moyenne pour 1900 milliards euros de PIB, de richesses produites (2 fois plus qu'en 1982): il cela fait 80% de la richesse produite nous disent-ils, mais en réalité les remboursements ne nous coûtent que 14% de la richesse produite, et il suffit d'augmenter les recettes, la fiscalité, pour que cette part diminue.  

 

Suite du récit emprunté au blog de JL Mélenchon...

 

Jean-Luc Mélenchon a fustigé ceux qui, à l'instar de Barroso, Van Rompuy, Sarkozy, Merkel, Zapatero, Rajoy, pensent qu'un retour à la normalité du monde d'avant crise est possible. "C'est radicalement impossible" a-t-il asséné. Puis il a expliqué que si Papandréou n'avait pas cédé en 24h face à de telles officines, elles n'auraient pas le pouvoir qu'elles ont aujourd'hui. Il a aussi rappelé les pouvoir accrus donnés aux agences de notation par l'UE depuis juin dernier avant d'indiquer que ces mêmes agences sont responsables des fermetures chez Arcelor-Mittal ou PSA, victimes d'une mauvaise note des agences de notation. Eh oui ! Ces agences notent aussi et surtout des entreprises. Puis il est revenu sur l'exemple portugais et le cercle vicieux des plans d'austérité et des notes des agences de notations en baisse qui les suivent inévitablement, l'activité et les rentrées fiscales baissant. Un "terrible engrenage" dans lequel "Fillon a mis le doigt". Il est vrai qu'on en est déjà au second plan d'austérité…

Il a ensuite dénoncé le coup d'Etat des financiers, du G2 de "Merkozy" qui convoque les premiers ministres et installe "des suppôts de la Goldmann & Sachs et de la BCE" à la tête des Etats. Il a fustigé les nouvelles règles de la gouvernance économique européenne, son semestre européen, négation du pouvoir parlementaire, ses sanctions économiques en cas d'écart de conduite vis-à-vis des règles économiques que concluent les sommets de la zone euro. "C'est la dictature" crie quelqu'un au premier rang.

Jean-Luc est bien sûr revenu sur la question de la réparation navale. Il a expliqué que si le chantier de Brest disparaissait il n'y aurait plus aucun point de réparation des navires sur le littoral français, que les méthodes écologiquement responsables mises en oeuvre par les employés de la Sobrena ne devaient pas être perdues. Approbation générale.

Revenant à la campagne en cours, il a dénoncé le "vote utile", cette "atrophie de la pensée politique": "ceux qui abandonnent leurs convictions à la porte du bureau de vote ne doivent pas s'étonner de ne pas les retrouver à la sortie". Et de rappeler le programme d'austérité d'Hollande, ses 50 milliards d'économies supplémentaires, sa volonté d'arriver au sacro-saint équilibre budgétaire en 2017 en passant par un déficit à 3% du PIB en 2013.

Il a encore appelé à réaliser des assemblées citoyennes où l'on s'éduque les un-e-s les autres, dans le respect de chacune et de chacun, avec application et sérieux.

Pour finir, répondant à la question sur les langues régionales, Jean-Luc a rappelé qu'il n'avait rien contre les langues régionales, qu'au contraire il souhaitait qu'elles soient enseignées dans l'éducation publique. Il a expliqué combien il souffre au Parlement européen de l'uniformisation du tout anglais. Il a, par contre, expliqué qu'il n'était pas d'accord avec l'enseignement des langues par immersion en général, que ce soit pour l'anglais, le breton ou l'espagnol ou pour toute autre langue.

J

La réunion s'est terminée sur une internationale chantée poing levé.

  

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 17:43

A propos de marchandage politicien sur la candidature aux législatives dans la 6ème circonscription du Finistère le torchon brûle entre le parti socialiste et le maire de Carhaix.

le PS ayant refusé de lui céder la place Christian TROADEC s’est fendu d’un tract largement diffusé. On sait que , dans son expression publique , il ne se caractérise pas toujours par la retenue . Du coup « l’impétrant » socialiste, mis en cause, a demandé et obtenu le soutien de son parti.

 

C’est ainsi que Marc COATANEA, premier fédéral du PS dans le Finistère, été amené à s’exprimer dans la presse. Sous sa plume on pouvait lire « Il ne suffit pas de se dire de gauche pour que cela soit vrai. Etre de gauche c’est avoir des valeurs comme la tolérance, l’ouverture, le respect ».

 

Entièrement d’accord avec le n° 1 du PS dans le département. Le respect de ces valeurs passe donc aussi pour le PS par l’acceptation des opinions des autres forces politiques … même si on n’en apprécie pas la forme et si elles égratignent l’égo de quelques « éléphants » locaux. L’amalgame qu’il a pratiqué avec « des méthodes du front National » ne semble cependant pas relever du respect scrupuleux des valeurs dont il se réclame .

 

Mais il faut aller sur le fond.

 

Etre de gauche ce n’est pas seulement respecter les valeurs citées par Marc COATANEA qui relèvent d’ailleurs davantage d’un comportement républicain qui ne devrait pas être réservé à la gauche.

 

Etre de gauche c’est davantage.

 

  • C’est s’opposer à la dictature sans partage des marchés financiers sur tous les aspects de la vie sur la planète

  • C’est refuser l’austérité imposée aux peuples et non pas chercher à « donner un sens à la rigueur »

  • C’est mettre fin au pillage des richesses de notre pays par le capital

  • C’est répondre aux attentes, aux besoins, aux exigences de notre peuple et non concourir avec Sarkozy dans la recherche « des efforts incontournables » qu’il faudra bien accepter. Dans notre intérêt bien sûr… à moins que cela soit dans celui des banques et de la finance.

 

Bref être de gauche c’est ne pas reculer, une fois de plus, devant le mur de l’argent.

 

L’exemple espagnol montre sans ambiguïté ce qu’il advient à la gauche quand elle veut rivaliser avec la droite sur le terrain de l’austérité… Mais est-ce encore la Gauche ?

 

Alain DAVID

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 18:11

Crédit Mutuel-Arkéa. La grève se poursuit

 

Les employés de banque du Crédit Mutuel Arkéa qui compte 8000 salariés entre le centre du Relecq-Kerhuon et les autres centres bretons, ceux du Sud-Ouest et du Massif central, ne sont certainement pas les salariés du privé les plus défavorisés en termes de rémunération mais ils agissent depuis une semaine pour faire valoir des positions de principe concernant la préservation de l'identité mutualiste de leur banque, le partage des bénéfices et la limitation à des écarts décents moralement et logiques économiquement des inégalités de revenus entre les cadres dirigeants et les autres employés. Dans un mouvement de grève et de manifestation très courageux durant depuis une semaine sans que la direction ne fasse de propositions satisfaisantes jusqu'à présent, ils dénoncent la fuite en avant capitaliste d'une banque autrefois mutualiste, la création d'une société fantôme des cadres dirigeants de la banque visant à soustraire leurs revenus aux règles communes de rémunération et à la connaissance des employés, et ils demandent 150 euros net d'augmentation de salaire par mois alors que leurs dirigeants n'ont attendu aucun quitus pour augmenter leurs revenus entre 30% et 50% (en intégrant la part variable du salaire) depuis 2 ans, récompense sans doute de l'activisme de leur management visant à transformer les salariés du Crédit Mutuel en supers vendeurs de produits financiers.

L'an dernier, rappelle Ouest France aujourd'hui, le groupe Arkéa a enregistré un bénéfice de 273 millions d'euros, en progression de 77%: on ne nous dit pas si c'est en grugeant les clients ou les salariés, sans doute un peu les deux. En tout cas, il y a de la marge pour reconnaître l'efficacité du travail des salariés: ceux-ci ne veulent pas se contenter du geste de charité que propose la direction, soit d'une revalorisation des bas salaires à l'embauche, les bac +2 et bac +3 étant recrutés au SMIC la plupart du temps (avec une paye sur 14 mois cependant).  

Tous les syndicats de l'entreprise (CGT, CFDT, SNB, UNSA, FO), unamimes pour soutenir le mouvement, ont pu déplorer la remise en cause du droit de grève en voyant les dirigeants du groupe, Jean-Pierre Denis et Ronan Le Moal, tutoyant des sommets de hauteur aristocratique avec leurs salaires respectifs de 615000 € et 490000 € sans compter la part variable (Le Télégramme du 1er octobre), menacer les salariés en lutte d'une action au pénal au motif qu'ils entravaient la liberté de travail.

 

Jean-Pierre Denis préfère les applaudissements des action

 

 

Le salariat français a encore de la ressource, on le voit, pour défendre une conception de l'activité professionnelle compatible avec l'intérêt général et ne faisant pas honte aux employés, tout comme pour faire valoir l'exigence de justice dans les différences de salaires et la répartition aux salariés de la richesse nouvelle créée par eux. 

Des écarts de rémunération dans l'entreprise ne pouvant accéder des échelles de 1 à 20, des hauts revenus taxés à 100% quand ils accèdent 20% du revenu médian, un SMIC porté à 1700 euros bruts, un secteur bancaire en partie renationalisé, mieux différencié entre banques de dépôt et banques d'investissement et cessant d'alimenter cette économie-casino qui plonge les sociétés dans la crise sociale, la préservation des statuts des banques mutualistes, voilà des propositions du programme partagé du Front de Gauche qui pourront rencontrer peut-être les attentes d'un grand nombre de ces salariés en lutte et de ceux qui les regardent  se battre avec plaisir ou admiration.                

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 16:42

  Roms à la rue à Brest

 

En 2007, Nicolas SARKOZY nous promettait qu'il n'y aurait plus personne à la rue. En 2011, dans tous les départements, de très nombreuses familles dorment encore dehors. Les promesses n'ont, une nouvelles fois, pas été tenues.

 

Cet été 2011 c'était donc au tour de Benoit APPARU, secrétaire d'Etat au logement, d'annoncer de nouveaux objectifs, revus nettement à la baisse. Face à la démission de Xavier EMMANUELI, en charge du SAMU SOCIAL, celui-ci a ainsi annoncé qu'il ne voulait plus voir d'enfants dans les rues de la capitale. Qu'en est-il depuis? Des places supplémentaires ont-elles été ouvertes? Non, bien sûr. Le gouvernement est passé maître dans l'art du double discours.

S'il y a moins d'enfants aujourd'hui dans les rues de Paris c'est qu'il a été décidé de financer des billets de trains aux familles plutôt que des hébergements, pour mieux « répartir la charge » sur les territoires. Résultat, les DDCS (directions départementales de la cohésion sociale), les plateformes d'accueil et les 115 sont débordés dans nos départements. Tous les dispositifs sont à leur tour engorgés en province car rien n'a été fait, au ministère et dans les préfectures, pour préparer l'arrivée massive des populations déplacées.

En Bretagne, des baisses budgétaires sont annoncées pour 2012 alors même que les demandes d'asiles ont augmentées de 40% dans la région cette année. Les plateformes chargées de l'accueil et de l'hébergement des étrangers sont surchargées. Pour résoudre ce problème, ou plutôt le déplacer, il est demandé au SIAO-115, le dispositif d'hébergement d'urgence des personnes de droit commun, de répondre à la demande supplémentaire occasionnée, sans contre-partie financière.

Conséquence: l'enveloppe budgétaire allouée en 2011 à ces dispositifs est déjà bien amputée et l'on craint de ne pouvoir répondre à la demande cet hiver. Les DDCS, qui financent, demandent donc aux 115 de laisser à la rue certaines catégories de population, les sans-papiers et les Roms en premier lieu.

Le principe d'inconditionnalité de l'assistance à personne en danger fixé par la loi n'est pas respecté, et les pratiques discriminatoires se développent. Aucune consigne n'est donnée par écrit, mais la pression mise par le ministère sur les préfectures, les DDCS et les opérateurs associatifs est bien réelle. Les associations sont prises en tenaille entre les valeurs qu'elles défendent et la volonté de l'état qui les finance.

Les sans-abris sont aujourd'hui abandonnés par un gouvernement qui est prisonnier de ses contradictions. Officiellement, l'État demande à ce que toute personne en situation de danger soit mise à l'abri. Officieusement, il demande que soient laissées à la rue les personnes seules et les familles lorsqu'il s'agit de ménages roms ou de personnes dont la demande d'asile a été déboutée.. De nombreuses familles avec des enfants en bas âge dorment ainsi dehors sans que l'État ne réagisse.

En réaction à cela, les associations militantes se mobilisent et font pression sur l'État par voie de presse ou de justice. Piégées entre le discours officiel et les directives informelles qui leur sont données, Préfectures et DDCS ne savent plus que faire. Aucun positionnement clair n'est donné. Les décisions se prennent au jour le jour, heure par heure, au détriment des familles. A la précarité de leurs situations s'ajoute donc l'angoisse quotidienne de l'attente d'une hypothétique solution pour la nuit. Aucune solution à long terme n'est apportée. On repousse continuellement le problème au lendemain, ou on le déplace au département voisin... L'objectif est, ni plus, ni moins, d'user physiquement et psychologiquement les migrants pour les pousser au départ.

Si les familles avec des enfants de moins de 3 ans sont épisodiquement hébergées c'est moins pour des raisons humaines que politiques. C'est la peur de l'article ou du procès qui guide les services de l'Etat dans leurs choix. Les décisions sont prises en fonction des réactions des associations militantes et des conditions climatiques. Parfois, certaines personnes laissées dehors et accompagnées par ces associations se font hospitaliser et espèrent bénéficier d'un hébergement à leur sortie pour raison médicales. Mais cela ne marche pas toujours, la DDCS et les centres hospitaliers se rendant la balle.

Malgré tout, hébergées par intermittence, les familles entretiennent l'espoir de solutions durables et affluent chaque jour plus nombreuses. Le problème est donc sans fin. Les dispositifs d'hébergement d'urgence sont au bord de l'explosion alors même que l'hiver approche. Il n'y a plus d'argent pour faire face à la demande. Sarkozy va t-il enfin agir pour les plus démunis et tenir ses promesses.

 

Tangi LE COZ,

 

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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 08:21

En déplacement à Crozon début juillet, Nicolas Sarkozy, fidèle à la désinvolture et à l'agitation de surface sans lendemain qui le caractérisent, a félicité les agriculteurs (et notamment ceux de la FNSEA qui avaient accepté de le rencontrer) de mettre tout en oeuvre pour réduire la production d'algues vertes sur les plages bretonnes et a fait de la valorisation des déjections animales pour produire de l'énergie dans des méthanisateurs la solution miracle pour mettre fin à ce problème.

Décidemment, le méthaniseur aura toutes les vertus autrefois attribuées à la pierre philosophale: transformer en or brut, le biogaz, les boues des stations d'épuration, les viscères et les résidus non exploitables des volailles, bovins, ovins, sortant de l'abattoir, et maintenant le lisier des porcs. « Le plan gouvernemental algues vertes, informait un dossier de Libération le 28 juillet 2011, prévoit d'améliorer la connaissance sur ce phénomène (200000 euros), d'aider à la collecte des algues (700000 euros), de financer trois plateformes de traitement (8 millions d'euros), de soutenir une vingtaine de projets de méthanisation, ainsi que les agriculteurs, afin qu'ils changent leurs pratiques (16 millions d'euros) ».

Le Canard Enchaîné du 3 août 2011 n'a pas de mal à montrer les limites de cette dernière disposition et à ironiser: « Et pourquoi ne pas profiter du gisier de lisier breton pour fabriquer du biogaz? C'est la dernière grande idée de Sarko. Sauf qu'une usine de méthanisation qui tourne aux déjections de cochon produit en sortie plus d'azote et de nitrates que n'en recèle le lisier qu'elle consomme. Explication: tout l'azote et le nitrate se retrouvent dans un déchet liquide, lui-même enrichi par l'azote des végétaux qu'il a fallu ajouter pour augmenter le rendement. Résultat: en méthanisant le lisier, on risque d'augmenter les marées vertes! ».

 

Si le méthaniseur n'est pas la panacée pour lutter contre la pollution des eaux aux nitrates et des plages aux marées vertes, la seule solution, c'est un plan social résolu pour accompagner une restructuration de l'agriculture bretonne, une réduction de la taille des élevages et un retour à une agriculture moins industrielle, plus paysanne et durable.

 

Cela ne sera pas facile, si l'on en croit les élements d'information fournis dans l'excellent dossier de deux pages du Monde du samedi 20 août 2011.

En effet, l'hyperproduction est le modèle dominant de l'élevage breton depuis les années 1970 – la Bretagne produit 60% des porcs français (14 millions), 40% des oeufs (300 millions de volailles), 21% du lait (2 millions de bovins) – et cet élevage hors sol est à la base d'une économie plus rentable pour les abattoirs et les industries agro-alimentaires (chiffre d'affaire annuel de 18 milliards d'euros) que pour les agriculteurs bretons (avec « un revenu moyen inférieur à 12000 euros par an, ils sont parmi les agriculteurs les plus pauvres de France et reçoivent chaque année 600 millions d'euros d'aides de l'Union européenne », précise l'article du Monde).

En tant que principale activité capitaliste en bretonne et que gisement d'emploi dans des zones intérieures peu riches, l'industrie agro-alimentaire est un puissant lobby qui a ses entrées au Conseil Régional, comme en témoigne l'attitude d'indignation hypocrite de Jean-Yves Le Drian face à l'affiche que France Nature Environnement avait l'intention de placer dans le métro parisien l'hiver dernier et qui montrait un enfant jouant sur une plage couverte d'algues vertes. Les hommes politiques bretons, qu'ils appartiennent au PS ou à l'UMP, flattent aussi un électorat agriculteur dont ils connaissent les difficultés indéniables et les efforts individuels, largement insuffisants cependant pour régler le problème, pour s'astreindre au respect des normes environnementales européennes, construire des fosses à lisier et limiter l'épandage. Toutefois, on aurait tort de faire trop l'angélisme par rapport au milieu agricole. Il y a de toute évidence bon nombre d'agriculteurs qui refusent de voir la réalité en face et de tenir compte de l'intérêt général et des attentes légitimes de leurs concitoyens (avoir de l'eau potable, sans coûts d'assainissement exorbitants, et non remplie à la hauteur de 30 mg/ litre de nitrates en moyenne alors que la quantité naturelle de nitrates dans l'eau est de 2 ou 3 mg/ litre et que la quantité acceptable pour la santé et la non prolifération des algues vertes serait de 10 mg/l; avoir des côtes, des plages et des eaux de mer propres et non dangereuses; ne pas avoir avoir 70000 tonnes d'ulves d'algues vertes à ramasser par an sur les plages et dans les estuaires au frais du contribuable, pour un coût de 500000 euros par an en Bretagne...). On peut même voir dans la rencontre de foot organisée par la FDSEA recouverte de quelques algues vertes une opération de désinformation et de mauvaise foi prodigieuse absolument incapable de convaincre le public et de faire oublier la mort de deux chiens à St Michel en Grève en 2008, la mort d'un cheval et la syncope de son cavalier en 2009 au même endroit, la mort par arrêt cardiaque d'un employé communal convoyant des algues vertes en région de St Brieuc la même année, et enfin cet été la mort de 36 sangliers dans l'estuaire du Gouessant.

 

Tous des victimes de l'hydrogène sulfuré, ce gaz toxique dégagé par la putréfaction des tapis d'algues vertes, certes. Mais tous des victimes aussi de l'attentisme, d'années de mensonge et de consentement à l'illusion qui arrange, du monde agricole et politique breton. Lopérec 4

 

Aujourd'hui, il semble que la FNSEA reste inflexible, droite dans ses bottes, refusant d'envisager un changement de ses modèles d'élevage dominants. Elle se justifie au travers d'un argumentaire où la nécessité d'être concurrentiel et de faire des gains de productivité apparaît au premier plan, afin de pouvoir assurer des prix bas au consommateur et de ne pas dépendre exclusivement d'aides publiques. Lisons ainsi dans l'article du monde du 20 août les déclarations très fermes du président de la chambre d'agriculture des Côtes d'Armor, Olivier Allain, qui doit prendre les agriculteurs paysans et bio et leurs partisans comme de doux rêveurs qui nous rameneraient au Moyen Age si on les écoutait plutôt que de faire de notre agriculture un fleuron de notre économie parfaitement adapté à la mondialisation darwinienne: « Soyons clairs, nous ne changerons pas notre façon de produire de la viande parce que, dans le monde entier, les agriculteurs produisent de la même façon. Face à la concurrence, notre seul avenir est de gagner en compétitivité et d'évoluer vers une agriculture écologiquement intensive » ( jugez la beauté de l'oxymore qui rappelle la langue de bois et de plomb des régimes totalitaires)... « Si on passe tous au bio, les prix vont augmenter, et on importera de la viande pas chère d'Inde ou de Chine où il n'y aura plus aucun contrôle sanitaire », ajoute Sébastien Giraudeau, directeur de la FDSEA dans les Côtes-d'Armor.

Pourtant, on peut rétorquer à ce défenseur décomplexé du modèle d'agriculture industrielle ou intensive que l'éleveur paysan ou bio qui parvient à trouver des filières de proximité pour vendre ses produits et à ne pas dépendre pour l'alimentation animale des farines vendues par les multinationales de l'agro-alimentaire et soumises aux oscillations du coût des matières premières ne vit pas plus mal que l'éleveur productiviste, et qu'il est souvent moins endetté. On peut lui répondre aussi que la conversion à l'agriculture productiviste en Bretagne est responsable depuis les années 70 de la division par cinq du nombre d'exploitants agricoles: l'argument de la défense de l'emploi est donc à double tranchant. On peut enfin lui retorquer que dans une stricte logique économique, le bénéfice de l'agriculture productiviste est loin d'être prouvé puisqu'il épuise les sols, exige des dépollutions coûteuses et insuffisantes, produit parfois des maladies prises en charge par la sécurité sociale, tandis que d'un point de vue sanitaire, les français gagneraient à manger moins de produits issus de l'animal (viande, lait, oeufs), mais de meilleure qualité.

 

Généraliser une agriculture de qualité respectueuse de l'environnement en évitant les spécialisations excessives à des fins d'exportation est possible si l'Union Européenne continue à aider, et de manière plus sélective (en fonction de critères environnementaux et qualitatifs, et sans donner une prime à la taille des surfaces et des exploitations), les agriculteurs tout en les protégeant des importations de produits de qualité moindre à bas prix par un système douanier efficace.

 

Le combat pour une agriculture et une alimentation de qualité, pour des prix rémunérateurs garantis aux éleveurs grâce à une limitation des surproductions et une lutte contre la spéculation, est un combat de gauche contre le libéralisme et les logiques capitalistes.

 

Ismaël Dupont. 

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 17:26

 

Algues vertes: je suis indigné.

 

A plus d’un titre je suis scandalisé et révolté en même temps. J’ai honte des prises de positions du président de la région Bretagne relayées par G.LAHELLEC (Ce qui soit dit en passant n’a rien d’étonnant, mais quelle image !) Positionnement qui vise à jeter en pâture les initiateurs des affiches de France nature environnement.

Que reprochent nos élus à ces propagandistes des algues vertes ? Justement de dire et d’afficher haut et fort la vérité sur les conséquences trop visibles voir mortelles d’une politique agricole intensive, productiviste à outrance. Bref ! la recherche du profit immédiat, le tout sans se soucier de l’homme et la nature. Il me semble que cela s’appelle : LE CAPITALISME.

De quel droit M LE DRIANT et consorts interdiraient un droit d’expression comme l’affichage, même si le sujet fâche ( la RATP à annuler les affichages de FNE qui devaient avoir lieu dans le métro parisien)? Comme cela ne suffisait pas, Nicolas SARKOZY au salon de l’agriculture dénonce les affiches de FNE comme : « détestables » …Surtout ne pas faire de rapprochement avec l’annulation de l’affichage/FNE par la RATP dans le métro parisien. Les affiches donneraient une mauvaise image, cela nuirait au tourisme, etc... A quand l’interdiction des affiches qui dénonceraient la misère, la précarité, les conditions de vie sur les lieux de travail, la casse des entreprises, la désertification de nos campagnes ou encore la casse de la pêche Bretonne ? Après-tout cela ne nuit-il pas à l’image de la majorité de nos élus Bretons comme ceux de l’Assemblée Nationale. Parti socialiste et droite sont plus que jamais sur la même ligne : celle de l’Europe du profit et de l’ignorance des peuples.

 

Jean-Luc Le Calvez.

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 10:26

 

Réflexion préparatoire à la réunion publique du Vendredi 25 février à Plougoulm (20h à la salle Goariven) sur le thème "Changer de modèle de production et de consommation pour préserver l'environnement" et à la réunion publique du vendredi 11 mars à l'île de Batz sur le thème: "Quel avenir pour l'agriculture dans le Finistère?", réunions-débat organisées dans le cadre de la campagne du Front de Gauche aux Cantonales à Saint Pol de Léon.  

 

 

Fin octobre, une catastrophe écologique due au traitement d'une parcelle destinée à la culture des mâches avec du Metam Sodium, un pesticide toxique interdit à la commercialisation, a conduit à la destruction de 130 tonnes de truites dans la pisciculture de Plougoulm, mais aussi de toute la faune aquatique du Guillec sur plus de 13 km et à la pollution de la baie de Mogueriec. Cet événement traumatisant pour les habitants de Plougoulm et Sibiril nous rappelle combien il est dangereux de conserver, sous prétexte de compétitivité économique et de sécurité alimentaire, des habitudes de productivisme agricole et de course aux rendements qui détruisent la biodiversité, conduisent à des conditions de vie animales immorales et affectent notre santé.

 

 

 

Bien sûr, il est inutile et injuste de se contenter de culpabiliser les agriculteurs comme paraît le faire l'association France Nature Environnement dans sa campagne d'affichage sensationnaliste dans le métro parisien pour alerter sur le problème des algues vertes. Les éleveurs de cochons se sont intégré, à un moment où le cours du porc était plutôt favorable à une expansion de la filière, à un système qui les contraint aujourd'hui à faire toujours plus de rendement pour éviter la faillite, tant la pression des industries agro-alimentaires qui leur vendent des aliments, et les pressions de la montée du cours des céréales, de l'écrasement des prix par la surproduction et des exigences de rentabilité de la grande distribution sont fortes. Ces éleveurs de porcs, comme depuis quelques années les éleveurs de vaches laitières, travaillent beaucoup et trop souvent à perte, tant les investissements qu'ils ont fait pour satisfaire les normes d'hygiène et environnementales de l'Union Européenne sont coûteux pour eux. Ils ont déjà fait des efforts et ont l'impression d'être les boucs-émissaires d'une prise de conscience tardive des dégâts

écologiques de notre modèle de consommation par des populations urbaines éloignées des réalités rurales.

En même temps, la société ne peut se satisfaire de ce contre-modèle d'agriculture polluant et aberrant qui est promu par le mode d'attribution des subventions de la PAC depuis des décennies et la libéralisation des prix et des échanges internationaux favorisée par Jacques Delors en son temps les négociations à l'OMC de Pascal Lamy, son ancien directeur de cabinet. 

L'industrie agro-alimentaire recourt pour ses produits transformés à des céréales, des légumes et de la viande importés souvent de très loin, et qui s'avèrent donc très coûteux en émission de gaz à effet de serre. Sur les étals de nos grandes surfaces, on trouve trop souvent des fruits et légumes récoltés dans des pays étrangers par une main d'œuvre exploitée mûris artificiellement, bourrés de résidus de produits phyto-sanitaires.

 

Si l'on veut protéger des normes sociales, sanitaires et environnementales ambitieuses au niveau français et européen, il faut donc réintroduire une forme de protectionnisme sur les produits agricoles et ne pas laisser les marchés mondiaux organiser la mise en concurrence des producteurs, le nivellement par le bas de la qualité des produits et des rémunération, ainsi que la fluctuation spéculative des prix, les matières premières devant une cible de choix des spéculateurs après la crise immobilière.  

 

Il est nécessaire de relocaliser l'agriculture, d'organiser grâce au soutien public des circuits courts reliant les producteurs et les consommateurs en réduisant les transports de marchandises et les marges des intermédiaires. Il faut aussi passer d'une culture de la norme à une culture de la règle: cela ne sert à rien de promouvoir une niche commerciale et citoyenne « bio » concernant peut-être 10% des consommateurs parmi les plus aisés et les plus éduqués, si, à côté, l'alimentation du grand nombre est de mauvaise qualité, du fait d'une trop grande tolérance à une alimentation et à des conditions de vie dénaturées pour les animaux d'élevage, à l'usage des pesticides et des additifs, et à l'abus des engrais biologiques et chimiques qui polluent les rivières et les sources.

 

Il faut réorienter la Politique Agricole Commune pour qu'au lieu d'organiser la concurrence par la course au rendement et à l'extension responsable de la disparition de nombreuses exploitations, elle maintienne l'emploi agricole en garantissant aux producteurs des prix honnêtes, en les protégeant contre le pouvoir de la grande distribution et des firmes agro-alimentaires, et en privilégiant, sur le tout-quantitatif, la qualité et la durabilité de la production agricole qui ne doit pas épuiser la terre et dénaturer le vivant.

 

L'encouragement au productivisme de l'agriculture européenne a en effet été responsable de crises de surproduction attendues et de la baisse spectaculaire des prix des denrées alimentaires qui s'est accompagné de perte de conscience dans la population du besoin d'une rémunération juste du travail agricole et de la qualité des produits qu'il génère. L'Europe et les Etats-Unis ont aussi complètement dynamité la sécurité alimentaire et les agricultures vivrières dans les pays en voie de développement en les encourageant, via les recommandations du FMI et de la Banque Mondiale, à se spécialiser dans des monocultures d'exportation profitant surtout à quelques grosses fortunes locales et aux multinationales au dépens de l'agriculture traditionnelle, victime de la concurrence des céréales, de la viande et des produits transformés à bas prix (car subventionnés) venus d'occident. C'est ce qui a provoqué la ruine de millions d'agriculteurs dans le Tiers Monde, venus alimenter les bidonvilles des grandes agglomérations en parvenant ainsi d'autant moins facilement à assurer leur survie et leur alimentation convenable en cessant de travailler la terre.

 

En France, il nous faut aider les petits exploitants agricoles décidés à se plier aux normes d'une agriculture durable ou raisonnable à s'installer par des prêts sans intérêt du conseil général pour l'acquisition de terres, par la protection municipale des terres agricoles contre la pression de la spéculation immobilière, par le soutien public à l'organisation de filières de vente aux particuliers de ces produits de qualité dans les secteurs de production, et enfin par la limitation de l'extension des grosses exploitations qui tendent à écraser la concurrence.

 

Dans ce cadre, on ne peut que regretter la politique électoraliste de Le Drian, si prompt à dénoncer comme criminelle, anti-paysanne et anti-bretonne la campagne choc de France Nature Environnement. Au conseil régional de Bretagne, Le Drian, comme il l'avait promis lors de l'entre-deux tour de sa campagne électorale pour affaiblir ses adversaires d'Europe Ecologie et passer pour un défenseur de l'emploi breton dans l'agro-alimentaire, favorise l'installation et les subventions aux grands élevages porcins. Cela va dans le sens des encouragements au productivisme obtenus grâce à la pression des lobbies à l'Assemblée Nationale et au gouvernement, avec le relèvement des seuils d'autorisation de création ou d'agrandissement et de regroupement d'élevages, non soumis à enquêtes publiques et études d'impact sur l'environnement. Ainsi, un décret édicté cet hiver dans la logique de l'amendement Le Fur du 30 juin 2010 permet d'augmenter sans étude d'impact de 5% les seuils d'élevage jusqu'à des seuils impressionnants de 2000 porcs charcutiers, 750 truies, 40000 volailles...

 

Quand allons nous prendre conscience de la nécessité de produire mieux et de restaurer une agriculture à taille humaine retrouvant des méthodes traditionnelles moins destructrices de la terre et du vivant?

 

Ismaël Dupont.

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 19:22

Communiqué envoyé le 25/01/11 à la presse...

Pouvoir jouir d'une retraite apaisée et digne en comptant sur l'appui de la collectivité pour faire face à sa perte d'autonomie est un droit fondamental que l'Etat doit garantir à tous par le biais de la Solidarité Nationale. S'occuper des vieux, c'est s'occuper du futur de chacun, faire vivre une société pour tous les âges.

C'est pourquoi les communistes morlaisiens entendent faire connaître leur inquiétude et leur colère face aux carences des politiques publiques dans le Finistère en matière de prise en charge des personnes âgées. De l'aveu même du président du conseil général, il manque 2000 places en maison de retraite dans le Finistère pour faire face aux besoins liés au vieillissement de la population et on n'en créerait actuellement que 70 par an dans le département, ces maisons de retraite ayant d'ailleurs trop souvent des tarifs journaliers inaccessibles à beaucoup de familles. Rappelons qu'en France les personnes âgées n'intègrent une maison de retraite pour des raisons de santé et de sécurité impératives qu'à 83 ans en moyenne et que 90% des places en maison de retraite construites depuis 2006 le sont dans le domaine privé en recherche de profit (pour un coût de 1500 à 3000 euros par mois en général). Parallèlement, plusieurs personnes âgées handicapées ou malades ont vu leur nombre d'heures d'aides à domicile financées par l'APA (Aide Personnalisée à l'Autonomie) amputé de manière significative par le conseil général, sous prétexte que le contexte économique ne permettrait plus de telles « largesses » de la collectivité.

En réalité, on sait tous que l'Etat a transféré aux conseils généraux des charges qu'il n'a pas compensé, qu'il les a étranglés financièrement en supprimant la taxe professionnelle et en gelant ses dotations tandis que les besoins de la population âgée et précaire augmentaient. L'APA (aide universelle qui variant en fonction des ressources et du degré de dépendance du bénéficiaire dont le montant moyen est de 500 euros) qui devait initialement être financée à 50% par l'Etat et à 50% par les conseils généraux, est aujourd'hui financée à 70% par les conseils généraux. Or, plutôt que de faire le choix de la résistance comme de nombreux départements face à cet assèchement intentionnel des ressources en continuant à couvrir les besoins sociaux, quitte à présenter un budget en déséquilibre pour alerter l'opinion, la majorité PS du conseil général a fait le choix de prolonger au niveau local les politiques de rigueur du gouvernement de droite. Cette résignation au moins-disant social se traduit également par un manque de soutien du conseil général aux 3700 salariés de l'ADMR (Aide à domicile en milieu rural), association historiquement gérée sans quête de rentabilité par des bénévoles, et aux 30000 familles finistériennes concernées par ces interventions à domicile. Le Conseil Général doit s'engager financièrement pour aider l'ADMR 29 et les associations qu'elle fédère à sortir de la mauvaise passe où elles se trouvent du fait de dépenses de prestige superflues et d'une gestion peu rigoureuse et il doit garantir aux personnels intervenant à domicile des plannings et des conditions de travail décents afin que les personnes âgées reçoivent des services de qualité. Rappelons qu'en 2010, il y a eu près de 5000 jours d'arrêt maladie chez les salariés de l'ADMR, ce qui est un signe de conditions de travail stressantes et difficiles qu'a confirmé, si besoin était, la démission en bloc du Comité Hygiène et Sécurité de l'ADMR. Rappelons aussi que si les associations ADMR cessent leurs activités, les familles n'auront d'autre recours que de faire appel aux sociétés privées à but lucratif de services à la personne favorisées par la loi Borloo de 2005 ou d'utiliser du personnel peu qualifié et précaire en chèque emploi-service.

Enfin, comment ne pas dire notre révolte devant le projet gouvernemental de réforme de la prise en charge de la dépendance qui obligerait à souscrire dès 50 ans à une assurance privée pour faire face, à la mesure de ses moyens financiers, à sa dépendance future, et créerait deux tarifs de l'APA selon que l'on accepte ou non la récupération sur le patrimoine que l'on laisse à ses enfants. Cette réforme supprimerait également pour le premier niveau de dépendance, le GIR 4, l'éligibilité à l'APA. C'est un projet profondément régressif et injuste qui, en marginalisant le financement de la prise en charge de la dépendance par la sécurité sociale au profit du financement individuel et familial, augmentera les inégalités entre retraités pour offrir au secteur assurantiel privé un marché très juteux. Nous appelons à l'inverse à la création d'un grand service public sanitaire et social garantissant à tous le droit de bien vieillir, financé par l'impôt redistributif et la cotisation sociale, et regroupant maintien à domicile, structures d'hébergement, hôpitaux et médecine de proximité en garantissant un statut et des formations de qualité au personnel.

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