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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 07:33
Retraites. Fabien Roussel écrase les insultes de Guérini et de LREM - L'Humanité, Aurélien Soucheyre, 19 février 2020
Retraites. Roussel écrase les insultes de Guérini
Mercredi, 19 Février, 2020 - L'Humanité

Les élus PCF d’aujourd’hui seraient indignes de ceux d’hier ? Leur secrétaire national Fabien Roussel n’a pas laissé passer l’offense infligée par le dirigeant de LaREM, Stanislas Guérini, qu’il a éreinté mardi en plein débat sur les retraites.

 

Il ne fallait pas le chercher. Mardi, en plein débat sur la réforme des retraites, Fabien Roussel a étrillé les députés de la majorité. Le secrétaire national du PCF a vertement répondu à Stanislas Guérini, délégué général de LaREM. Un duel violent, déclenché lundi soir par le macroniste qui s’en est pris directement à l’histoire des communistes. « Le député Guérini a insulté ici les députés communistes. Il a convoqué Croizat. Il a convoqué Thorez. Et en insultant leur mémoire il a insulté tous les députés communistes et tous les communistes », démarre dans l’hémicycle Fabien Roussel. Le député du Nord poursuit sa charge en utilisant toutes ses cordes vocales : « Comment osez-vous faire ça ici ? Oui nous, le Parti communiste français, nous avons versé le sang dans la Résistance, et nous l’avons fait avec d’autres. Oui nous, nous avons écrit le programme Les Jours Heureux et nous avons créé la Sécu, et nous l’avons fait avec d’autres. Mais vous, vous avez fait quoi, avec d’autres ? Pour nous, nos racines, c’est la France, et pour vous c’est quoi ? C’est la finance ! » La veille, Stanislas Guérini avait ainsi provoqué ses opposants : « Ce débat sera un rendez-vous de l’histoire social de notre pays. Et je vous le dis avec un peu de tristesse pour l’histoire des communistes : vous n’êtes pas à la hauteur de l’histoire sociale de notre pays. Vous n’êtes pas à la hauteur de votre histoire. Celle d’Ambroise Croizat que vous avez cité, celle de Maurice Thorez, celle du Conseil national de la Résistance. » Puis le dirigeant du parti présidentiel, perfide, avait continué de la sorte : « Vous n’êtes pas d’accord avec tout ? C’est normal. Si vous étiez d’accord avec tout nous serions sur les mêmes bancs. Mais vous n’êtes d’accord avec rien », avant de citer Maurice Thorez, secrétaire général du PCF de 1930 à 1964. « Il disait ‘‘mieux s’unir pour obtenir le bonheur sur la terre que se disputer sur l’existence d’un paradis dans le ciel’’. Eh bien je vais vous dire comment je comprends moi cette citation : pour moi la gauche qui ne fait rien, elle ne sert à rien. La gauche qui s’oppose à tout, elle ne sert à rien du tout. » Outré, Fabien Roussel lui renvoie le missile: « Comment pouvez-vous dire que nous nous opposons à tout quand c’est vous qui dîtes non à tout. Vous, qu’est-ce que vous avez fait ? Vous, vous êtes ‘‘en même temps’’ ! Vous auriez été beaux dans la Résistance ! Vous auriez été ‘‘en même temps’’ quoi ? ». Les députés LaREM s’étouffent alors et roulent des yeux. Mais le communiste continue sa démonstration : « Quand on vous propose de taxer les riches et le capital, vous dîtes non. Quand les forces de gauche vous font des propositions, vous dites non. Tout ce que vous proposent les syndicats, vous dîtes non. Vous n’écoutez pas les Français. Et quand on vous propose un débat dans tout le pays vous dîtes non. » Fabien Roussel fait ici référence à la proposition des communistes d’organiser un référendum sur la réforme des retraites, qui a été rejetée lundi soir avec dédain et malhonnêteté intellectuelle par les macronistes. « Alors venez chercher les communistes, osez venir faire le débat dans les usines, dans les hôpitaux, dans les écoles, dans les bureaux ? Osez dire ce qu’il y a dans votre texte de loi. Osez le référendum, voilà ce que nous voulions vous dire ! », termine Fabien Roussel devant des députés devenus palots. Plus tôt, les porte-parole des députés PCF s’étaient eux aussi indignés. « Nous n'avons pas de leçon à recevoir de Stanislas Guérini. Comment ce monsieur, invisible jusqu'à hier, ose-t-il nous donner des leçons sur nos valeurs, dire que la gauche ne sert à rien, lui qui est à la tête d'un parti qui a mis la République en miettes ? », assène Sébastien Jumel. « Au nom de quoi peut-il se permettre de nous dire ce qu'il nous a dit ? Nous n'avons pas de leçon de progrès social à recevoir de LaREM. Les leçons de progrès social qui nous ont été données par Guérini m'évoquent un type qui roulerait à contre-sens sur l'autoroute en faisant des appels de phares », tranche Pierre Dharréville, déterminé à mener « une bataille extrêmement offensive » dans l’hémicycle.

Aurélien Soucheyre, L'Humanité, 19 février

Retraites. Fabien Roussel écrase les insultes de Guérini et de LREM - L'Humanité, Aurélien Soucheyre, 19 février 2020
Assemblée nationale. Les députés LaREM rejettent la motion référendaire
Mercredi, 19 Février, 2020 - L'Humanité

Lundi, les élus de la majorité ont voté contre l’organisation d’une consultation populaire sur les retraites. Ils mentent sur leur réforme et craignent l’avis des Français.

 

Ils n’ont écouté que d’une oreille distraite les échanges. Puis les députés LaREM ont repoussé par 160 voix contre 70 la motion référendaire déposée par les communistes. Lundi soir, en ouverture du débat sur la réforme des retraites, les élus PCF, PS, FI et quelques Libertés et territoires (LT) ont appelé à laisser les Français décider de l’adoption ou non du texte voulu par Macron. « C’est un acte rare, un acte fort ! » tonne André Chassaigne en lançant la procédure. « Peut-on imaginer qu’une telle réforme, aussi importante, se fasse sans le peuple ou malgré le peuple, voire, plus grave encore, contre le peuple ? » interroge le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.

La réponse, pour LaREM, est oui. Et tant pis si 67 % de nos concitoyens se déclarent favorables à la tenue d’un référendum. « La démocratie représentative est la règle, la démocratie référendaire est l’exception », argumente Laurent Pietraszewski, qui qualifie la démarche de « manœuvre dilatoire pour empêcher l’Assemblée de faire ce pour quoi elle a été élue ». Le secrétaire d’État aux retraites oublie bien vite que la réforme est composée de 29 ordonnances, qui privent l’Assemblée de ses propres prérogatives législatives au profit de l’exécutif.

Un mépris pour le peuple et la démocratie

Il raille même ses opposants. « Quelle serait la question du référendum ? Pour ou contre un système solidaire par répartition ? Pour ou contre le maintien d’un système dans lequel les pensions des femmes sont 40 % moins élevées que celle des hommes ? » ironise-t-il sous les huées. « Pourquoi pas 41 000 référendums pour chacun de vos amendements ? » poursuit Jean-René Cazenove. « Vous nous dites “nous savons ce que veut le peuple” mais seulement un million de Français ont signé pour votre référendum sur ADP », moque le député LaREM, étalant son mépris pour le peuple et la démocratie.

Car le million de signatures atteint pour ADP est un score exceptionnel, largement suffisant pour déclencher un référendum en Suisse ou en Italie. Au mépris, l’élue Modem Nathalie Elimas ajoute le mensonge, affirmant que la réforme des retraites est fidèle à ce qui est écrit « noir sur blanc dans le projet du candidat Macron élu démocratiquement ». Faux, dénonce Olivier Faure. « Puisque les Français n’ont jamais été consultés, qu’ils le soient désormais », répond le premier secrétaire du PS, qui invite la Macronie à renoncer publiquement à tout 49-3. « On le veut, ce référendum, on veut voir et savoir si les Français avalent vos bobards », interpelle enfin l’insoumis François Ruffin. Passé le rejet et le comportement irresponsable des élus LaREM, le député PCF Sébastien Jumel leur a promis une « bataille de tranchées dans l’Hémicycle ».

Lola Ruscio et Aurélien Soucheyre
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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 07:00
Les députés communistes se battent pour que les revenus du conjoint ne soient pas pris en compte dans le calcul de l'allocation adulte handicapé et obtiennent une première victoire à l'Assemblée
 
Coup de théâtre le 13 février à l’Assemblée nationale : la majorité s’est retrouvée minoritaire et la disposition qui met fin à la prise en compte des revenus du conjoint dans le calcul de l'Allocation Adulte Handicapé a été votée !

Ce n’est qu’une première manche de gagnée, mais à nouveau, la majorité se couvre de ridicule et de honte, une semaine après avoir refusé d’augmenter le congé de deuil pour enfant de 5 à 12 jours.

Voici le communiqué de presse de Marie-George Buffet qui a porté cette disposition il y a un an.
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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 07:08
Gauche. Les nouveaux défis du communisme municipal
Mardi, 18 Février, 2020 - L'Humanité

En campagne pour les élections de mars, les édiles et candidats PCF ou apparentés entendent défendre leurs « conquis », comme proposer une version 2020 de ces politiques publiques au service des classes populaires.

 

Àl’heure d’un nouveau scrutin les 15 et 22 mars prochain, « la créativité communiste municipale » est toujours d’actualité, affirme le maire de Montreuil, Patrice Bessac, l’un des deux édiles d’une ville de plus de 100 000 habitants étiquetés PCF et candidat à la tête d’une liste de large rassemblement. Incarnée par l’expression « communisme municipal », la gestion des villes par le PCF, qui cette année fête ses 100 ans, a marqué autant l’histoire de la formation que celle du pays. « Rien que dans la période qui s’étend de 1965 à aujourd’hui, environ 2 900 communes ont eu à un moment ou un autre un maire communiste ou apparenté, ce qui représente 10 millions d’habitants. Cela donne l’ampleur de l’impact de l’action communiste à l’échelle loc ale », explique l’historien Roger Martelli. Un espace qui « s’est rétracté à partir de 1984 et surtout des années 1990, constate-t-il. Mais un ancrage non négligeable s’est maintenu au-delà de ce qu’est l’influence nationale du Parti commun iste ».

Si nombre des politiques d’abord mises en œuvre dans leur commune ont traversé les frontières locales, les élus communistes se revendiquent toujours de l’innovation dans leur gestion communale. Pour le maire de Seine-Saint-Denis, celle-ci s’articule désormais autour de « trois grands axes » que l’on retrouve peu ou prou chez nombre de ses homologues : « le partage, l’écologie du quotidien, la participation citoyenne ». « On tourne des pages mais c’est toujours le même livre », résume Michèle Picard, la maire de Vénissieux (Rhône).

En matière sociale, les édiles du PCF partent avec une certaine expérience. « Ce qui a caractérisé cette gestion communiste, c’est la volonté de réduire les inégalités en utilisant les ressources de la pu issance publique, détaille Roger Martelli. Cela s’est traduit en premier lieu par des politiques ambitieuses de constructions de logements sociaux, mais aussi de mise à disposition des plus modestes de services publics de qualité dans le domaine de la santé, de la culture, ou encore de l’enfance. »

Régie publique de l’eau, transports gratuits, arrêtés anti-expulsion…

Forts de ces « conquis », les maires communistes ont de nouveaux projets. « Nous avons créé à Montreuil la première mutuelle communale santé d’une ville de plus de 100 000 habitants », prend en exemple Patrice Bessac, qui prévoit de l’étendre et propose également en vue du prochain mandat un « check-up santé » gratuit pour tous les jeunes de 18 ans. « L’accessibilité des services » est aussi une marque de fabrique, souligne Philippe Bouyssou, maire dans le Val-de-Marne : « Je suis très fier qu’à Ivry les enfants des familles les plus modestes puissent manger à la cantine pour 42 centimes d’euro ou que l’union sportive puisse proposer les licences les moins chères du département. » Régie publique de l’eau, lutte contre la spéculation immobilière, transports gratuits, arrêtés anti-expulsion figurent aussi sur l’arc des politiques communistes. À Tarnos (Landes), on mise également sur l’économie sociale et solidaire, explique son maire, Jean-Marc Lespade. Comme avec la société coopérative d’intérêt collectif de restauration, qui approvisionne personnes âgées, salariés de la zone industrialo-portuaire, écoles, avec 6 000 repas par jour. Soit de « nouvelles formes de solidarité », selon l’édile de Raismes (Nord), Aymeric Robin. « Cela permet de créer de l’emploi non délocalisable, pas dans une logique de profit mais de redistribution des richesses produites », pointe l’élu du bassin minier, qui propose d’élargir l’ « écoferme » déjà créée avec « une ressourcerie ».

« Le communisme municipal a souvent été réduit à de l’action sociale mais “l’Humain d’abord”, c’est aussi la place qu’on laisse aux individus dans l’élaboration des politiques », assure Aymeric Robin, fier du slogan lancé par son homologue de la ville voisine de Saint-Amand-les-Eaux, l’ancien député Alain Bocquet. « Nous avons eu le trophée de la concertation », ­enchaîne-t-il, exemples d’« urbanisme ­participatif » à l’appui. Une ­exigence démocratique qu’il s’agit de mettre en œuvre dès la campagne, indique Philippe Bouyssou : « La désignation d’un tiers de notre liste par les citoyens eux-mêmes est une véritable innovation. »

Tandis que l’écologie caracole en tête des préoccupations des Français, le communisme municipal version 2020 entend en faire un de ses points forts. « Red is new green », a lancé le PCF lors des élections européennes pour tenter de tourner la page de l’image productiviste qui lui colle à la peau. Sur les territoires, le slogan national se décline au quotidien. « Incontestablement, il y a une prise de conscience chez les communistes », confirme Jean-Marc Lespade. Les maires PCF ont ainsi figuré ces derniers mois parmi ceux qui ont pris des arrêtés antipesticides. « Selon le baromètre des villes cyclables, les deux communes de plus de 100 000 habitants en plus forte progression sont Grenoble et Montreuil », se réjouit Patrice Bessac, qui pointe aussi le développement de l’isolation thermique des logements ou de la géothermie. Un enjeu d’importance dans une ville conquise par EELV entre 2008 et 2014. Leur bilan et projet restent cependant disputés. À l’instar d’Ivry-sur-Seine, où une coalition réunissant FI, PS et EELV se présente face à Philippe Bouyssou. La principale pomme de discorde concerne le projet d’incinérateur défendu par le candidat ­communiste. « Cette reconstruction va permettre de traiter les déchets en polluant beaucoup moins que l’usine actuelle et c’est aussi un lieu de production de chaleur urbaine en remplacement d’une multitude de petites usines de chauffe qui brûlent du gaz, du charbon ou du fioul », oppose le maire.

« Il n’y a jamais d’acquis, ce sont des droits qu’il faut défendre »

Plus au sud, dans la banlieue lyonnaise, Michèle Picard explique que « la première préoccupation des Vénissians, c’est la sécurité ». Un terrain semé d’embûches pour la gauche, qui doit faire face à la surenchère sécuritaire de la droite : « Mes opposants dans la campagne veulent doubler, voire tripler la police municipale », constate l’élue. Mais « une ville est un puzzle », poursuit-elle. « Si vous faites de la sécurité sans faire de prévention, d’éducation, si vous ne développez pas la culture, le sport, les politiques d’emploi, cela ne fonctionne pas », assure l’édile, tout en rappelant qu’il s’agit d’ « une mission régalienne de l’État ».

Souvent assimilé aux villes de la banlieue rouge, le communisme municipal s’est aussi invité en zone rurale. En Auvergne, Saint-Amant-Roche-Savine, un petit village de 500 habitants, dont le député André Chassaigne a été maire de 1983 à 2010, est connu aux alentours pour son festival la Belle Rouge, explique Serge Joubert, le maire actuel, qui évoque aussi l’expérience menée pour accueillir des réfugiés. Si l’agriculteur tout juste retraité insiste sur le fait qu’à l’échelle d’une petite commune « on est parfois impuissant », la priorité numéro un reste le service public : « Avec un collège sur la sellette, c’est la grosse bagarre. »

Tout n’est pas rose (ou rouge) pour autant. Comme dans toutes les communes de France, les maires communistes doivent faire face à l’austérité budgétaire imposée par les gouvernements successifs. « En 2013, nous avions 1,6 million de dotation, en 2020 nous avons 60 000 euros », dénonce le maire de Tarnos. Le constat est unanime. « En quatre ans, nous avons perdu 6 millions d’euros. C’est la moitié d’une école, un an et demi de maintenance de tous nos équipements publics. À cela s’ajoute la contractualisation, qui contraint par ricochet les investissements », fustige la maire de Vénissieux. Mais pour eux, comme pour Patrice Bessac, « même en temps de crise, de difficultés financières, il faut continuer d’inventer, de s’appuyer sur les citoyens. Il est toujours possible de se battre, de trouver des idées nouvelles ». « Tout faire pour maintenir le périmètre des services publics tel qu’il est aujourd’hui avec un conservatoire, une médiathèque, un cinéma d’art et d’essai, deux théâtres, deux galeries d’art, des équipements sportifs, un accès aux vacances, des foyers de retraités, des maisons de quartier… Ne rien vouloir lâcher, c’est déjà en soi d’une extrême modernité. Cela crée une identité de la ville qui dév eloppe l’attachement de ses habitants », ajoute Philippe Bouyssou.

Mais, dans ces villes comme ailleurs, l’abstention, en particulier des classes populaires, gagne tout de même du terrain. « Une partie de la population ne se reconnaît plus dans ces notables qui ne ressemblent plus au corps social et qui n’habitent plus les mêmes cités populaires qu’eux. C’est particulièrement vrai dans le Val-de-Marne », avance l’historien Emmanuel Bellanger, dans un entretien au Monde. Un argument que réfute le maire d’Ivry-sur-Seine : « Parmi les élus communistes d’Ivry, la plupart d’entre nous habitons dans des cités populaires. Cette proximité, je ne suis pas certain qu’elle existe dans les autres forces politiques », réplique-t-il. « Dans nos villes, les habitants sont là depuis longtemps, il y a le sentiment d’une banalité de nos politiques publiques comme si elles existaient partout ailleurs », estime le maire val-de-marnais, qui reconnaît que la crise de confiance nationale dans les partis de gauche à force de « trahisons » ne les épargne pas. Aymeric Robin, qui doit faire face à un RN qui a recueilli 43 % des voix aux européennes, en tire une conclusion : « Il n’y a jamais d’acquis, ce sont des droits qu’il faut défendre. » « Le vote RN est aussi l’expression d’un sentiment d’abandon de la République parce qu’on ferme des classes, des bureaux de poste, des hôpitaux… Le communisme municipal est un rempart parce qu’on a cette proximité avec les habitants, mais jusqu’à quand ? » interroge-t-il, renvoyant à « un malaise beaucoup plus profond ». « Les colères peuvent se transformer en amertume », met aussi en garde Roger Martelli. « Alors que les gilets jaunes ont témoigné du phénomène de relégation des catégories p opulaires, poursuit l’historien, cette façon (du communisme municipal – NDLR) de ra ccorder la fierté des territoires populaires et la fibre sociale mérite d’être aujourd’hui encore poursuivie. »

Julia Hamlaoui
Gauche. Les nouveaux défis du communisme municipal (Julia Hamlaoui, 18 février 2020)
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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 06:09
Retraites. La macronie a peur du peuple - les députés LREM refusent le recours au référendum sur la réforme des retraites demandé par la gauche
Retraites. La macronie a peur du peuple
Lundi, 17 Février, 2020 - L'Humanité
 
La majorité parlementaire a rejeté lundi 17 février la motion référendaire, par 160 voix contre 70 voix, alors que 67 % se déclarent favorables à un référendum.
 
 
Nouveau déni de démocratie sur la réforme des retraites : en dépit des contestations sociales et de son rejet massif par les Français, les députés LaREM ont largement repoussé la motion référendaire déposée par le groupe de la gauche démocrate et républicaine (GDR), lundi soir à l’Assemblée nationale, par 160 voix contre 70.
Pour être recevable, cette motion devait être signée par au moins 58 députés, qui avaient pour obligation d’être tous présents en même temps dans l’hémicycle en vue de son examen. L’objectif des 61 parlementaires signataires issus des rangs du PCF, de la FI, du PS et du groupe LT était simple : soumettre le projet de loi sur les retraites à un référendum.
Chacun leur tour, ils ont soutenu cette motion. A la tribune, le député PCF Fabien Roussel a ouvert les débats. « Peut-on imaginer qu’une telle réforme, aussi importante, se fasse sans le peuple, ou malgré le peuple, voire, plus grave encore, contre le peuple ? », a interrogé le secrétaire national du PCF. « Êtes-vous seulement à l’écoute du Président ou êtes-vous à l’écoute de tous les Français ? », a-t-il également demandé. 
 
A ses yeux, l’exigence du référendum est la seule sortie par le haut possible. Un constat partagé par François Ruffin. « Bien sûr qu’on le veut ce référendum, bien sûr qu’on veut voir si les Français avalent vos bobards ! », a insisté l’insoumis auprès des députés LaREM. « La voilà votre justice sociale : vous l’avez vu cette publicité d’Axa qui présente votre réforme ? Pour combler la baisse des pensions à venir, Axa offre de cotiser un plan épargne retraite. C’est un hold-up préparé dans l’ombre ! », s’indigne-t-il. Moins tonitruant, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, se dit « prêt » à ne pas voter cette motion référendaire à condition que « le 49.3 ne soit pas enclenché par le gouvernement. » Pour l’heure, l’exécutif ne compte pas recourir à cet article explosif de la Constitution., mais n’a fait aucune promesse.  
Sans surprise, les arguments de la gauche ont été balayés d’un revers de main par la majorité et le gouvernement. « Je ne peux m’empêcher de me demander quelle serait la question qui serait posée aux Français », s’interroge, non sans malice, Laurent Pietraszewski, secrétaire d’Etat chargé des retraites. Avant d’énumérer avec arrogance: « Pour ou contre un système solidaire par répartition ? Pour ou contre le maintien des départs anticipés pour celles et ceux qui mettent leur vie en danger pour protéger la nôtre ? Pour ou contre le maintien d’un système dans lequel les pensions des femmes sont 40% moins élevées que celle des hommes ? ». 
 
Le membre de l’exécutif se garde bien de dire que son système prétendu universel va aggraver en réalité les inégalités de pensions entre les sexes. Surtout, sa réforme par points va baisser mécaniquement les pensions au gré des aléas économiques. Qu’importe, Laurent Pietraszewski tacle sévèrement l’opposition de gauche, voyant dans la motion référendaire un simple « artifice de procédure » pour empêcher le débat parlementaire. 
Un peu plus tôt dans l'Hémicycle, Fabien Roussel (PCF) avait pourtant prévenu : « En refusant d'écouter le mouvement social, en refusant de donner le temps du débat au Parlement, vous prenez un grand risque. Celui d’une fracture profonde avec nos concitoyens, avec  les syndicats, les partenaires sociaux. Celui d’un fossé qui va se creuser entre des députés et les Français et abîmer encore plus la politique.»  
Retraites. La macronie a peur du peuple - les députés LREM refusent le recours au référendum sur la réforme des retraites demandé par la gauche
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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 13:07
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)
Photo de la tribune du congrès de l’Union Populaire Italienne en France qui s’est déroulé à Versailles le 12 mars 1939. De Bortoli est au centre. Au mur un portrait, très certainement celui du secrétaire Romano Cocchi. Communiqué par son fils, Edgard De Bortoli. (Maitron)

Photo de la tribune du congrès de l’Union Populaire Italienne en France qui s’est déroulé à Versailles le 12 mars 1939. De Bortoli est au centre. Au mur un portrait, très certainement celui du secrétaire Romano Cocchi. Communiqué par son fils, Edgard De Bortoli. (Maitron)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)

 

Né le 30 avril 1909 à San Quirino (Italie), fusillé le 22 août 1942 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; artisan mosaïste ; militant communiste ; résistant membre de l’Organisation spéciale (OS) et des FTPF.

Né le 30 avril 1909 à San Quirino (Italie), Carlo De Bartoli arriva à Paris en mai 1925 avec son père et ses deux frères, pour fuir la misère et les violences fascistes. Cette année-là, il rencontra Aline, à Paris, venue elle aussi de sa Bretagne natale pour vivre une vie meilleure que celle de ses parents, agriculteurs sans terres. Ils se marièrent à la mairie du VIIIe arrondissement et eurent deux enfants : Sonia le 8 décembre 1934 à Saint-Brieuc, et Edgard le 7 juillet 1938 à Brest.
Ouvrier du bâtiment, il fut petit artisan dans les Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor). Il vint à Brest en 1936, et adhéra aussitôt au Parti communiste, dont il devint un militant très actif. Il milita aussi beaucoup à l’Union populaire italienne qui regroupait en Bretagne nombre de militants antifascistes italiens et pour laquelle il organisa de nombreuses réunions dans le Finistère et les Côtes-du-Nord. Il participa très étroitement à la solidarité avec l’Espagne républicaine.
En 1939, il fit voter par les Italiens antifascistes de la région brestoise une motion où ils s’engageaient à défendre la France contre toute attaque fasciste, y compris de l’Italie mussolinienne. Quelques mois plus tard, fidèle à son attitude, il voulut s’engager dans l’armée française, mais il fut refusé car il était sans doute suspect aux yeux des autorités de la « drôle de guerre » ; de même on lui refusa la naturalisation française.
Fin 1939, il participa à la reconstruction dans la clandestinité du Parti communiste que le gouvernement Daladier venait d’interdire. Au début 1941, il se vit confier, par la direction du Parti communiste de Brest, l’organisation du Parti communiste dans le secteur du bâtiment. Ce secteur était en pleine expansion du fait de l’ampleur des travaux ordonnés par la Wehrmacht, la Kriegsmarine, et la Luftwaffe. Une main-d’œuvre à la recherche de travail affluait alors vers ces chantiers même si ce n’était pas de gaieté de cœur, car il n’y avait pas d’autres emplois dans la région brestoise. Charles De Bortoli organisa plusieurs groupes du Parti communiste parmi les gars du bâtiment. Puis il organisa un groupe de l’Organisation spéciale (OS) du Parti communiste, qui effectua des sabotages sur les chantiers, avec l’appui d’autres communistes. En mars 1941, il aurait participé à l’immersion en rade de Brest des corps de trois (ou cinq) soldats allemands abattus par un autre groupe de l’OS du PCF. En même temps, il menait une grande activité de propagande résistante communiste, en diffusant des tracts et journaux du PCF et du FN.
Carlo De Bortoli était domicilié à Brest (Finistère) au moment de son arrestation. Il travaillait alors à l’École navale de Brest. Ancien artisan, il était responsable de l’organisation armée au sein des travailleurs du bâtiment.
Entré dans la Résistance, il fut immatriculé aux FTP à partir d’avril 1942. Il fut arrêté le 28 avril 1942 à Brest par la police française et des inspecteurs allemands, en compagnie de Charles Cadiou, Yves Prigent et Mathurin Le Goff, tous de Brest, lors d’un transport de matériel d’imprimerie, vers 20 h 30. Condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Brest le 15 mai 1942 pour propagande anti-allemande, sabotages dans une base navale, et actes de franc-tireur, il fut interné à Brest du 28 avril au 24 juin, puis Rennes, du 25 juin au 24 juillet, et enfin à Fresnes du 27 juin au 22 août 1942, date à laquelle il a été fusillé (place Balard à Paris). Son corps fut jeté le jour même dans une fosse commune du cimetière parisien d’Ivry où 828 dépouilles de suppliciés furent découvertes à la Libération.
L’acte officiel de décès de Carlo de Bortoli fut prononcé par le ministère des Anciens Combattants et Victimes de guerre, le 19 décembre 1945, no 11.390. Homologué adjudant à titre posthume, médaillé de la Résistance, il fut cité à l’ordre du jour no 40 de la division comportant l’attribution de la Croix de guerre.
Sa femme Aline De Bortoli, responsable du Comité des femmes patriotes de Brest, recherchée par la Gestapo, dut fuir les bombardements sur Brest en février 1943 et se réfugia à Bréhand, dans les Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor), jusqu’à la Libération. Elle y poursuivit ses activités de résistance en tant qu’agent de liaison entre les maquis tout en diffusant tracts et journaux, hébergeant des résistants, récoltant matériel et nourriture pour les combattants. Elle fut par la suite vice-présidente de l’Association des anciens combattants de la Résistance (ANACR) du Finistère et responsable départementale de l’association des familles de fusillés et de massacrés de la résistance. Elle était « combattant volontaire de la Résistance ».

 

Sources

SOURCES : DMPA, BMC, dossier. – Le journal de la Résistance, 2004. – Fichier des fusillés, FNDIRP du Finistère Nord à Brest. – Eugène Kerbaul, 1918-1945, 1 640 militants du Finistère, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1988. – Eugène Kerbaul, Chronique d’une section communiste de province, Brest, janvier 1935-janvier 1943, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1992.

Jean-Pierre Besse, Gilles Pichavant - Maitron

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 05:05
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 47/ Robert Jan (1908-1987)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

47/ Robert Jan (1908-1987)

 

Né le 18 octobre 1908 à Concarneau (Finistère), mort le 29 janvier 1987 à Concarneau ; officier mécanicien de la Marine marchande ; militant communiste du Finistère ; maire (1944-1947, 1977-1980) et conseiller général (1945-1949) de Concarneau.

Article de Christian Bougeard dans le Maitron:

Fils d’un marin, Robert Jan, fut adopté en qualité de Pupille de la nation en mai 1919. D’abord marin-pêcheur puis marin du commerce, il quitta la navigation en 1936 pour travailler dans une usine métallurgique en région parisienne. Mais rapidement Robert Jan accepta de naviguer sur les navires de la compagnie « France-Navigation » créée par le PCF pour soutenir et ravitailler en armes les républicains espagnols en lutte contre les nationalistes franquistes. Travaillant dans l’orbite du PCF, Robert Jan n’aurait adhéré au Parti qu’à la Libération selon Eugène Kerbaul qui précise aussi que ce marin n’aurait rejoint la Résistance qu’au début de 1944.

Il s’était marié en octobre 1939 avec Jeanne Gouzien.

Peu après la libération de Concarneau, grand port de pêche du Sud Finistère, un nouveau conseil municipal fut nommé le 4 septembre 1944. La ville dont le maire et conseiller général d’avant-guerre était le militant communiste Pierre Guéguin, destitué en 1939 et fusillé comme otage à Châteaubriant, le 22 octobre 1941, retrouva treize élus de la municipalité de gauche de 1935, élargie à des nouveaux venus, communistes, socialistes ainsi qu’à quelques personnalités résistantes. L’officier mécanicien communiste Robert Jan figurait parmi les nouveaux nommés, devenant adjoint au maire de la Libération, Alphonse Duot, patron pêcheur. Le 7 septembre 1944, Robert Jan devint aussi secrétaire du syndicat des marins de la CGT reconstitué dans la légalité.

Lors des élections municipales d’avril-mai 1945, la liste d’Union républicaine et antifasciste (union de la gauche) qui comptait trois femmes, remporta tous les sièges. Robert Jean fut élu maire communiste de Concarneau à l’unanimité et il le resta lorsqu’en septembre 1945 la ville fusionna avec la commune voisine de Beuzec-Conq. Dans la foulée, le 30 septembre 1945, Robert Jan fut élu conseiller général du canton de Concarneau, l’un des quatre conseillers généraux PCF du Finistère. L’orientation communiste de ce canton, le seul en Bretagne gagné par Pierre Guéguin en 1934, était confirmée à la Libération. Lors des élections à la 1re Assemblée constituante le 21 octobre 1945, la liste du PCF arriva en tête dans la cité avec 38,4 % des suffrages exprimés devant celle du MRP, 29,3 % et celle de la SFIO, 12,5 %.

Mais lors de la campagne pour des élections municipales d’octobre 1947, l’affrontement à gauche entre les communistes et les socialistes fut très violent : selon les Renseignements généraux un candidat socialiste fut même été molesté par des communistes, ce qui conduisit à un renversement d’alliance. Alors que la liste communiste de Robert Jan était arrivée en tête obtenant onze sièges, un accord du MRP (dix élus) et de la SFIO (six élus) fit perdre la mairie à Robert Jan au profit du socialiste Le Dervouet. Les communistes furent dès lors rejetés dans l’opposition. En mars 1949, Robert Jan ne se représenta pas aux élections cantonales, mais Concarneau resta dans le giron du PCF du fait de l’élection d’Albert Quelven*, instituteur à Lanriec. L’ancien maire reprit alors son métier d’officier naviguant.

Lorsqu’il prit sa retraite à Concarneau, Robert Jan renoua avec l’action politique et les fonctions électives. Aux élections municipales de 1971, il fut le seul communiste élu et en 1973, il redevint conseiller général de Concarneau jusqu’en 1979. En 1977, à la tête d’une liste d’union de la gauche il présida à nouveau aux destinées de la cité jusqu’à son retrait en 1980.

Depuis novembre 1988, une avenue porte son nom.

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16 février 2020 7 16 /02 /février /2020 08:47
Il naquit il y a cent ans - le poète communiste breton René Guy Cadou - Une vie de poésie intense (Ouest-France, 15 février 2020)
René Guy Cadou, une vie de poésie intense

Il est né il y a 100 ans. Mort à 31 ans, en 1951. Avec Hélène, qui lui a survécu soixante-trois ans, ils formaient un couple de poètes à (re)découvrir.

Une vie brève, tout entière habitée par la poésie. Un couple intense, avec une épouse, poétesse elle aussi, qui a consacré une partie de sa vie à cultiver sa mémoire littéraire…

René Guy Cadou est né le 15 février 1920, à Sainte-Reine-de-Bretagne, en Loire-Atlantique (on disait alors Loire-inférieure). Il est mort d’un cancer à 31 ans, en 1951. Hélène Cadou lui a survécu soixante-trois ans.

On ne devient ni riche ni forcément célèbre quand on fait métier de poésie (en plus de celui d’instituteur, comme son père : il faut bien manger). René Guy Cadou est pourtant quelqu’un qui compte dans l’histoire de la littérature du XXe siècle.

Il n’a que 16 ans quand il pousse la porte de la librairie de Michel Manoll, à Nantes. Manoll, lui aussi poète, l’encourage à écrire, l’introduit dans le monde littéraire, le met en contact avec des gens comme Max Jacob, Pierre Reverdy et bien d’autres. Manoll et Cadou font partie des fondateurs de l’École de Rochefort, groupe créé en 1941, en opposition à la poésie nationaliste prônée par le régime de Vichy, et prenant ses distances avec le surréalisme et André Breton.

Mais René Guy Cadou est avant tout un homme d’amitiés simples, qui n’a jamais voulu vivre à Paris, qui se plaît dans la compagnie de tonneliers ou de patrons de bistrots. Et surtout d’Hélène, la femme de sa courte vie, trois ans d’amour passionné, puis le mariage. Cinq années conjugales flamboyantes, comme s’il savait que sa vie finirait vite.

À quoi ressemble sa poésie ?  « J’écris comme je parle, en plein vent, et tiens à ce qu’on m’entende. Parle-moi du vin clair qu’on boit sans qu’on s’en aperçoive […] »,  disait-il en 1943, après avoir rencontré Hélène, « la désirable, la quotidienne, la présente ».

 

Mis en musique par Servat

Son écriture, proche de la nature, est accessible. Avec Hélène, il vit à Louisfert : « J’ai choisi ce pays à des lieues de la ville / Pour ses nids sous le toit et ses volubilis. » Mais il n’est pas benêt devant les petites fleurs. Dans Mourir pour mourir, il écrit : «   Ce serait beau de s’en aller un soir de mai / Parmi les chevaux blancs et les joueurs de palets […] Âgé ou peu s’en faut de nonante-dix ans. » 

Il joue. Voici Saint-Thomas :  « Poète ! René Guy Cadou ? Mais montrez-moi la trace des clous ! » Il est libre : « Vieil océan ! Ce n’est pas assez que Lautréamont t’ait chanté / Avec toute cette saloperie de littérature qui était sa propriété ». 

Il a été mis en musique et chanté par Gilles Servat et une vingtaine d’autres. Des rues, des écoles, des collèges, des bibliothèques portent son nom. La maison de Louisfert, en Loire-Atlantique, est devenue un petit musée, et le fonds littéraire est déposé à la médiathèque de Nantes.

À lire, Hélène ou le règne végétal, l’un de ses principaux ouvrages, toujours disponible aux éditions Seghers.

 

Il naquit il y a cent ans - le poète communiste breton René Guy Cadou - Une vie de poésie intense (Ouest-France, 15 février 2020)
CADOU René-Guy

Notice du Maitron: Guy Haudebourg

Né le 15 février 1920 à Sainte-Reine-de-Bretagne (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), mort le 20 mars 1951 à Louisfert (Loire-Inférieure) ; instituteur, poète ; adhérent du Parti communiste français.

René-Guy Cadou était le fils de Georges Cadou et d’Anna Benoiston, mariés en 1910 à Piriac (Loire-Inférieure) où ils étaient instituteurs. Leur premier enfant, Guy-Georges, né en 1911, mourut à huit mois. Le premier août 1914, Georges Cadou partit pour la guerre où il fut blessé en octobre 1918. À l’automne 1919, avec sa femme, ils furent nommés à Sainte-Reine-de-Bretagne, village de Brière (Loire-Inférieure). Ce fut là que naquit René-Guy, le 15 février 1920, et qu’il fut baptisé le 5 avril. Il entra à l’école primaire dans l’école de ses parents, instituteurs à Sainte-Reine-de-Bretagne (Loire-Inférieure), avant de continuer ses études à Saint-Nazaire (Loire-Inférieure) où ses parents furent nommés en 1927. En 1930, son père fut nommé directeur d’une école primaire dans un quartier populaire de Nantes (Loire-Inférieure). La famille vint alors s’installer dans cette ville et, en octobre 1931, René-Guy Cadou fut inscrit au lycée Clemenceau de Nantes (Loire-Inférieure) où il poursuivit toutes ses études secondaires. Sa mère mourut en 1932 et son père se remaria en juillet 1934.
À Nantes, René-Guy Cadou devint l’ami de Michel Manoll qui le fit entrer en relation avec plusieurs poètes dont Max Jacob et Pierre Reverdy. En juillet 1936, il publia son premier poème dans une revue d’étudiants nantais. L’année suivante parut Brancardier de l’Aube. En septembre 1938, il passa la première partie de son bac après avoir redoublé sa première tout en continuant d’écrire et de publier. Après avoir raté la seconde partie de son bac philo en juin 1939, il l’obtint en septembre 1939 et entama d’éphémères études de droit. Pour se faire de l’argent, il devint trieur de courrier à la gare de Nantes. En janvier 1940, son père, retraité, mourut d’une maladie hépatique. René-Guy Cadou fut mobilisé dans le Béarn en juin 1940, puis fut hospitalisé avant d’être réformé en octobre 1940. Revenu dans la région nantaise, il décida de devenir instituteur tout en continuant la poésie et, le 16 décembre, fut nommé instituteur-suppléant (remplaçant) à Mauves-sur-Loire (Loire-Inférieure) où il resta vingt-cinq jours avant de rejoindre Bourgneuf-en-Retz du 10 janvier au 30 avril 1941. Le 1er mai, il fut nommé à l’école publique de Saint-Aubin-des-Châteaux (Loire-Inférieure), commune proche de Châteaubriant (Loire-Inférieure) où il fut renommé en septembre 1941. Le 20 octobre 1941, à la suite de l’exécution par de jeunes communistes du lieutenant-colonel Hotz, commandant allemand de la place de Nantes, cinquante otages furent désignés pour être fusillés à Nantes et à Châteaubriant. Le 22 octobre 1941, René-Guy Cadou croisa les camions emmenant 27 otages qui allaient être fusillés à La Sablière et assista à l’enterrement de certains d’entre eux à Saint-Aubin. Cet événement le marqua profondément - il écrivit un poème en leur honneur en octobre 1944 -, mais ce ne fut pas le seul drame dont il fut le témoin pendant la guerre puisqu’en juin 1944, il fut interpellé par une patrouille allemande qui encerclait le maquis de Saffré et qui allait massacrer la plupart des résistants.
Ayant passé sans succès le certificat d’aptitude professionnel d’instituteur en 1942, il continua à assurer des remplacements durant la guerre : Herbignac (Loire-Inférieure) à l’automne 1942, Saint-Herblon (Loire-Inférieure) de janvier à mars 1943, puis Clisson (Loire-Inférieure) d’avril à juillet 1943. C’est à cette époque qu’il fit la connaissance d’Hélène qui deviendra sa femme. Au début juin 1943, il fut maintenu réformé, ce qui lui permit d’échapper au service du travail obligatoire (STO). Lors des bombardements américains de septembre 1943, sa maison nantaise fut endommagée et Cadou échappa miraculeusement à la mort. En octobre, il fut nommé à Basse-Goulaine (Loire-Inférieure) où il resta jusqu’en avril 1944 avant de rejoindre Le Cellier (Loire-Inférieure) où il fit classe à des petits nazairiens repliés. Sa maison ayant été détruite lors de nouveaux bombardements, ce fut d’une mansarde qu’il assista à la libération de Nantes par les alliés le 12 août 1944. Enfin titulaire, à la rentrée 1945, il fut nommé instituteur-adjoint à Louisfert (Loire-Inférieure) près de Châteaubriant. René-Guy Cadou y resta jusqu’à sa mort en 1951 avec Hélène, devenue son épouse le 23 avril 1946, et devint l’ami du directeur de l’école, Joseph Autret*, résistant communiste qui le fit alors adhérer au Parti communiste (PCF). À partir de janvier 1947, René-Guy Cadou publia une critique littéraire intitulée « chronique du monde réel » dans Clarté, l’hebdomadaire communiste de Loire-Inférieure. En octobre 1947, Joseph Autret ayant quitté Louisfert, René-Guy Cadou devint directeur de l’école primaire et habita alors la maison d’école. Le 20 mars 1951, il mourut jeune, à Louisfert, d’un cancer qui durait depuis plusieurs années.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article18331, notice CADOU René-Guy par Guy Haudebourg, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.
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16 février 2020 7 16 /02 /février /2020 06:51

 

Le 11 février à l’Assemblé nationale, les députés PCF ont rendu honneur à la mémoire du bâtisseur de la Sécu et du droit à la retraite, rappelant la modernité de son œuvre, que le chef de l’état, Emmanuel Macron, entend détruire.

Au milieu d’une salle de l’Assemblée nationale, Pierre Caillaud-Croizat sourit doucement depuis de longues minutes. Entouré de députés communistes, il se déclare « heureux d’être parmi ceux qui défendent le nom et l’œuvre de Croizat aujourd’hui ». En ce 11 février 2020, cela fait 69 ans jour pour jour que son grand-père Ambroise Croizat est décédé. « Lui rendre hommage ici au moment où le gouvernement veut détruire les retraites, contre l’avis des Français, nous semblait évident », indique André Chassaigne. Aux côtés du président du groupe GDR, Fabien Roussel honore la mémoire de celui qui fut ministre communiste du Travail de 1945 à 1947, bâtisseur de la Sécurité sociale et cheville ouvrière de la généralisation des retraites pour les Français. « Croizat a montré qu’il était possible de mener de grandes réformes dans ce pays, de belles réformes de progrès acceptées par la quasi-unanimité des Français, car véritablement dédiées à l’intérêt général », souligne le secrétaire national du PCF. « Quand on a un ministre qui vient du PCF et de la CGT, ça aide », ajoute-t-il, avant de rappeler que l’œuvre de Croizat peut être renforcée : « Notre pays est beaucoup plus riche aujourd’hui qu’en 1946. Il est possible d’aller encore plus loin. »

Ambroise Croizat a bâti la cotisation sociale en socialisant les richesses créées

Tel n’est pas le projet de Macron, qui veut en substance détruire la Sécu et vendre les retraites des Français. « Voir des députés LaREM brandir Croizat comme référence est scandaleux car leur projet est diamétralement opposé. Ils veulent la casse des retraites et la casse de nos garanties collectives », s’indigne au passage Frédéric Sanchez, secrétaire général de la fédération CGT métallurgie. Un poste autrefois occupé par Croizat, avant qu’il ne participe à la rédaction du programme du Conseil national de la Résistance et n’entre au gouvernement à la Libération. « Avant la Sécu, les Français vivaient dans la terreur de la maladie et de l’accident de travail, car, dès qu’ils étaient souffrants, non seulement ils n’étaient plus payés car ils ne pouvaient plus travailler, mais ils devaient en plus payer des sommes considérables pour se soigner, s’ils avaient une appendicite par exemple », raconte l’historien Michel Etiévent.

Croizat va réussir à conjurer cette « angoisse du lendemain » en bâtissant la Sécu avec les Français et les militants CGT. « Il a annoncé dans l’Hémicycle que les retraites ne devaient plus être l’antichambre de la mort mais une nouvelle étape de la vie, et c’est ce qui a été mis en place », apprécie Michel Etiévent, également biographe de Croizat. « Il a bâti la cotisation sociale, où chacun participe selon ses moyens et reçoit selon ses besoins, en socialisant les richesses créées », insiste Bernard Lamirand. Le président du Comité d’honneur Ambroise-Croizat raconte que le projet est né en 1936, quand Croizat, député du Front populaire et syndicaliste, a vu les adhésions à la CGT augmenter considérablement : « Avec tout l’argent récolté, il a appelé les fédérations à créer une maternité, une mutuelle, un centre de vacances… Il imaginait déjà une Sécu étendue à tous les Français. »

Et voulait aligner toutes les retraites vers le haut, « au lieu de niveler vers le bas les pensions comme l’entend Macron », insiste Pierre Caillaud-Croizat. « Nous ne manquerons pas de le rappeler et de défendre son œuvre lors des débats », conclut Fabien Roussel. Juste avant, André Chassaigne proposait d’accoler une plaque sur la place occupée par Croizat dans l’Hémicycle. « Cinquième travée, place 3 ! » a répondu Michel Etiévent en un éclair.

Aurélien Soucheyre

 

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15 février 2020 6 15 /02 /février /2020 20:01
Quatre éclairs dans le sombre ciel mondial

La première lueur vient d'Italie où le Sénat a  levé l’immunité parlementaire du proto-fasciste Salvini pour son inhumanité vis-à-vis des migrants et la violation de la loi Italienne assurant l’accueil des réfugiés.

La seconde c’est le grand succès de nos amis historiques du Sinn Fein en Irlande. Ce parti et ses cadres sont merveilleux de patience, d’intelligence, de persévérance alors qu’ils ont tant subi avant l’accord de paix. Nous les côtoyons depuis très longtemps au Parlement européen, dans différentes relations politiques et amicales. J’ai, de surcroit, une émotion particulière quand je repense aux moments où le Parti communiste avait confié aux fédérations bretonnes d’entretenir des liens particuliers avec cette force durant ce qui s’appelait « la guerre civile ».

La troisième nous vient des États-Unis avec les scores de Bernie Sanders lors des premières élections primaires du Parti démocrate.

La quatrième raison de se réjouir c’est le résultat de ce nouveau sondage : 67% des nos concitoyens souhaitent que le projet gouvernemental de contre-réforme des retraites soit soumis à consultation dans le cadre d’un référendum. 67% c’est un niveau extrêmement important qui dit beaucoup de l’aspiration démocratique. Ceci ne peut que conforter les mouvements sociaux en cours qui ont la particularité désormais d’associer, voire d’unir, les classes travailleuses les plus populaires, les plus exploitées et des couches classifiées de moyenne. Cela donne aussi des forces aux parlementaires progressistes, qui mènent un admirable combat à l’assemblée nationale.

Il faudrait maintenant organiser des délégations larges de travailleurs, de citoyennes et de citoyens, de privés d’emploi, d’enseignants, d’avocats, de médecins et d’infirmières pour aller aux permanences parlementaires de députés de la majorité présidentielle, de façon pacifique pour une discussion politique simple.

« Madame la députée, Monsieur le député vous déplorez que la situation soit bloquée, nous aussi. Vous sentez bien que vos argumentaires sont fragiles. Vous êtes incapable de répondre aux questions qu’on vous pose comme le niveau des futures retraites et l’âge de départ parce que votre gouvernement ne vous donne pas ces éléments. Sans doute avez-vous découvert comme nous avec stupéfaction que la retraite ne serait même pas calculée sur le niveau des salaires mais sur un indice inexistant « un revenu moyen ». Par delà nos différences et nos oppositions, compte tenu de ce qui se passe, on doit convenir que tout ceci n’était pas dans le programme présidentiel ni même dans vos propositions de candidates ou candidats à la députation. Dans ces conditions vous devriez être d’accord pour que l’on consulte les citoyens par référendum. Il y aura un débat démocratique entre nous mais c’est le peuple qui tranchera. Vous pouvez donc voter la motion référendaire que proposent les députés communistes. »

Une telle démarche permettrait d’élargir encore les mouvements en cours, de faire découvrir les contenus des projets en débat à l’assemblée. Pour cela les documents de décryptage de l’Humanité et de l’Humanité Dimanche sont une aide précieuse.

C’est le sens de mon éditorial de l’Humanité Dimanche cette semaine.
 
 
Patrick Le Hyaric: Les retraites méritent un référendum ! - L'Humanité, 13 février
Les retraites méritent un référendum !
Jeudi, 13 Février, 2020
 

Un président de la République est garant de l’intérêt général. M. Macron doit saisir l’occasion de le prouver. Quand plus de 61 % des citoyens refusent la destruction du système de retraite solidaire, il doit l’entendre. Il doit reconnaître que son projet est à l’opposé de son programme de campagne qui garantissait que l’âge de départ en retraite ne reculerait pas et que les pensions ne diminueraient pas (1).

Or, même les études d’impact bricolées montrent que la contre-réforme soumise à la commission spéciale du Parlement prévoit les deux. Et, jusque-là, aucun ministre ne l’a démenti. Dès lors qu’existe un tel écart entre les engagements et ce qui est réellement proposé, qu’une majorité de nos concitoyens le refuse, que tous les syndicats, d’une manière ou d’une autre, s’y opposent et que même des députés de la majorité présidentielle n’en veulent pas, il n’y a qu’un moyen de trouver un juge de paix : proposer au peuple de se prononcer par référendum.

L’enjeu est énorme. Il s’agit en effet de savoir comment des millions de personnes, sur plusieurs générations, vont vivre la période « d’après le travail » de leur existence. Il s’agit de savoir s’il est juste et efficace de briser l’un des piliers de l’État social qui repose sur 14 % des richesses produites. Et si la sixième puissance mondiale, dans laquelle la productivité du travail a été démultipliée, a aujourd’hui les capacités ou non de rénover son pacte social construit alors que la France était ruinée, dévastée, au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Le débat doit avoir lieu.

En mentant sur un projet de toute évidence conçu pour satisfaire les fonds de pension et appuyer la dynamique perverse du capital financier, le gouvernement a braqué les classes populaires, désormais rejointes par des fractions importantes et diverses des classes moyennes. En enrégimentant autoritairement sa majorité, même rétive, dans un projet de bouleversement de la société, il a aggravé les préventions et la méfiance à l’encontre d’une démocratie vécue comme représentative du seul pouvoir. Le groupe communiste au Parlement a raison de proposer une motion référendaire. Il est rejoint aujourd’hui par d’autres forces. Refuser ce référendum, ce serait refuser une part décisive de démocratie participative et humilier l’immense majorité des citoyens. Cela reviendrait à faire la part belle à l’extrême droite pour la faire grandir encore. Cet enjeu démocratique est de haute importance : celui de « faire France » non pas seulement ensemble, mais en commun, au nom de la République sociale.

La question à soumettre aux citoyens serait, contrairement aux allégations gouvernementales, d’une grande et claire simplicité : « Êtes-vous oui ou non pour le projet de réforme des retraites proposé par le gouvernement ? » Le débat public approfondi permettrait à chacune et chacun d’étudier toutes les hypothèses, de vérifier les chiffres, d’accéder aux études d’impact, aux analyses des syndicats, des partis, des associations. Le référendum se justifie donc. Tous les éléments sont réunis pour que la décision souveraine des Français soit précédée d’une belle et grande délibération collective, comme ils en furent capables en 2005 lors du référendum sur le projet de Constitution européenne.

Il ne s’agit pas ici d’une bataille de chapelles, ni d’arracher une quelconque reddition, mais bien d’obtenir une grande respiration démocratique. L’intérêt général le commande. Le gouvernement doit l’entendre ! « L’Humanité » et « l’Humanité Dimanche » contribuent à faire vivre cette demande démocratique.

(1) Son programme présidentiel stipule : « Nous ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions. »
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15 février 2020 6 15 /02 /février /2020 07:28
Décès de notre camarade Jean-Jacques Goussé à Concarneau - Obsèques ce samedi 15 février à 16h30 à Quimper
Une bien triste nouvelle...
 
Nous venons d'apprendre le décès de Jean-Jacques Goussé, adhérent au Parti à Concarneau, et mari de notre comptable bénévole si précieuse depuis des années, Marie-France Goussé.
 
Jean-Jacques Goussé est adhérent communiste depuis les années 68.
 
Originaire de Vitry-sur-Seine comme Marie-France, animateur de rue, il est arrivé dans le Finistère avec son épouse et sa famille en 1979, s'installant d'abord à Moélan-sur-Mer, puis en 1984 à Concarneau. Sa passion était la voile et la formation des jeunes en centre nautique, auprès des Glénans. Il termina sa carrière professionnelle comme directeur du service jeunesse à la mairie de Concarneau. 
 
Avec Marie-France, Jean-Jacques était devenu une figure de Concarneau. 
 
Depuis un an, il était atteint par une maladie orpheline et il est malheureusement décédé d'un arrêt cardiaque mercredi dernier à l'hôpital, à l'âge de 73 ans. 
 
Je veux exprimer toute notre sympathie et notre solidarité à Marie-France dans cette épreuve et cette peine terrible,et notre chagrin de voir disparaître Jean-Jacques.
 
Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère.
 
 
"Jean-Jacques a toujours défendu la laïcité et la solidarité. En 1968, il adhère au Parti communiste. Après un court passage dans une banque, il postule à un emploi d'animateur à la mairie de Vitry-sur-Seine. Il va rencontrer deux personnes qui vont l'aider à se construire. Il devient animateur de quartier, c'est-à-dire aider les jeunes, éviter les règlements de compte, découvrir les autres. Lors d'un voyage avec les jeunes, il tombe amoureux de la mer. Plusieurs fois, il revient à Rosbras et il y emmène sa famille. Un jour, Yvon Emery lui propose de travailler avec les classes de mer. Puis sa rencontre avec Robert Jan le décide à y travailler. Il participe avec l'équipe au développement de la voile scolaire. Il s'est bagarré pour que le projet de la maison des jeunes se réalise. Il termine sa carrière en tant que responsable pour la jeunesse à Concarneau. Pendant ce temps, il a participé au comité de jumelage de Concarneau et à d'autres associations. Il est élu comme secrétaire général quelques années. Il est le dernier président de l'association qui dirigeait le musée de la Pêche, avant que la CCA en prenne la gestion avec celui de Pont-Aven. Il fut admiratif du travail accompli par le personnel du musée pour devenir musée de France. Dernièrement, il faisait parti du comité de quartier du centre ville de Concarneau. Par sa vie, il a participé à la vie de la communauté"
Marie-France Goussé   
Jean-Jacques Goussé (photo Le Télégramme) - Jean-Jacques était notamment impliqué à Concarneau au comité des pêches et au comité de jumelage. Très impliqué depuis des années dans la vie concarnoise, Jean-Jacques Goussé vient de mourir, à l’âge de 73 ans. Exerçant la fonction de responsable du service animation et jeunesse à la Ville jusqu’à sa retraite, il s’était notamment investi de très nombreuses années au sein du comité de jumelage, dont il a longtemps porté la casquette de secrétaire général.

Jean-Jacques Goussé (photo Le Télégramme) - Jean-Jacques était notamment impliqué à Concarneau au comité des pêches et au comité de jumelage. Très impliqué depuis des années dans la vie concarnoise, Jean-Jacques Goussé vient de mourir, à l’âge de 73 ans. Exerçant la fonction de responsable du service animation et jeunesse à la Ville jusqu’à sa retraite, il s’était notamment investi de très nombreuses années au sein du comité de jumelage, dont il a longtemps porté la casquette de secrétaire général.

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