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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 05:57

Proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête visant à identifier les dysfonctionnements dans la gestion sanitaire de la crise du Covid 19

 

 

Exposé des motifs

 

Mesdames, Messieurs,

L’épidémie de coronavirus est « la plus grave crise sanitaire qu’ait connue la France depuis un siècle. » a déclaré le Président de la République lors de sa première intervention télévisée sur le Covid-19, le 12 mars dernier.

« La pandémie est la pire crise mondiale depuis la Seconde Guerre mondiale, la pire crise depuis que l’ONU a été fondée » a estimé le Secrétaire général de l’ONU ce 31 mars.

Si la dimension historique de cette pandémie sera documentée en temps voulu, ses conséquences sociales, économiques, éducatives ou encore environnementales doivent, au-delà des mesures immédiates, faire l’objet d’une réflexion approfondie de laquelle les Français ne devront plus être exclus. Les auteurs de cette proposition de résolution y prendront évidemment toute leur place.

L’objet de leur présente contribution vise spécifiquement les aspects sanitaires de cette crise. Tous les jours, la France confinée écoute avec effroi la litanie vespérale du Directeur général de la Santé où s’allonge la liste des victimes.

La France constate avec stupeur que son système de santé, classé, il y a encore vingt ans, comme le « meilleur du monde », n’est plus capable d’accueillir tous les malades, cela en dépit de la mobilisation et des efforts souvent héroïques des personnels soignants.


Des mises en garde constantes

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Groupe de la Banque mondiale avaient décidé, en mai 2018, de la création d’un Conseil mondial de suivi de la préparation aux urgences sanitaires, visant à renforcer la sécurité sanitaire mondiale au moyen d’un suivi indépendant rigoureux et de l’établissement de rapports réguliers.

Pour le Président du Groupe de la Banque mondiale, le Dr Jim Yong Kim, l’objectif était de faire en sorte que « la préparation aux pandémies demeure une priorité de l’action au niveau mondial » compte tenu des risques que font peser à la fois l’augmentation des échanges, les voyages incessants, le réchauffement climatique, la perte de biodiversité ou les manipulations de souches virales en laboratoire...

Dans son rapport annuel, publié en septembre dernier, le Conseil mondial de suivi de la préparation avait alerté sur le fait que le monde n'était pas prêt à faire face à une pandémie mondiale, telle que la grippe meurtrière de 1918, alors qu’en se basant sur les récurrences statistiques de l'apparition de souche virale virulente le risque de survenue d’une crise majeure était élevé.  

Le rapport énumérait sept mesures urgentes pour préparer le monde aux situations d’urgence sanitaire, parmi lesquelles l’exigence pour les chefs de gouvernement de consacrer une part prioritaire des ressources nationales et des dépenses courantes à la préparation pour garantir la sécurité nationale et mondiale, de construire des systèmes de santé plus effectifs, à même d'envisager et de prévenir la majorité des risques de contaminations, de renforcer les mécanismes de coordination internationaux.

Dans le Livre blanc fixant la stratégie française de défense et de sécurité nationale approuvé et présenté par le Président de la République le 29 avril 2013, les auteurs avaient également estimé qu’« en matière sanitaire, la circulation des personnes et des marchandises, la concentration de populations dans des mégalopoles et la défaillance des systèmes de santé dans certaines zones favorisent la survenue de crises majeures. Le risque existe notamment d’une nouvelle pandémie hautement pathogène et à forte létalité résultant, par exemple, de l’émergence d’un nouveau virus franchissant la barrière des espèces ou d’un virus échappé d’un laboratoire de confinement. »

Le risque d’une nouvelle pandémie était donc connu des pouvoirs publics et documenté scientifiquement depuis des années.

L’apparition d’un nouveau coronavirus et l’extension de l’épidémie à l’échelle planétaire ne peuvent, on le voit, être qualifiées de "cygne noir", comme on le lit parfois. La pandémie n’était pas totalement inattendue. Le risque a été en revanche durablement méconnu ou sous-estimé, en France comme dans de nombreux autres pays.

Dégradation continue du système de santé public et réactions tardives des pouvoirs publics.

La France faisait originellement figure de « bon élève ». Elle s’était dotée dès 2007 d’un dispositif de protection très ambitieux contre des pandémies, avec la mise en place de l’établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus), chargé de gérer à la fois la réserve sanitaire et les stocks stratégiques de produits de santé. L’établissement public sera toutefois progressivement désarmé, jusqu’à sa dissolution en 2016.

Sans doute les responsables politiques et sanitaires ont-ils jugé, à la lumière des épidémies précédentes, que les risques revêtaient désormais une dimension essentiellement régionale.

La pandémie actuelle apporte un terrible démenti à ces projections hasardeuses et met en relief la négligence et l’idéologie de ceux des responsables publics qui ont oeuvré avec obstination à l’affaiblissement de notre système de santé et des infrastructures publiques de soin. De ceux qui ont mis à mal notre souveraineté sanitaire comme le révèlent dramatiquement les difficultés de notre industrie pharmaceutique à éviter les ruptures de stocks de médicaments. De ceux encore qui ont pensé profitable de soumettre à la logique du marché la production française et européenne de matériel médical.

Il faut le rappeler : cinq milliards d’euros ont été supprimés du budget de la santé dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2020, dont un milliard au détriment de l’hôpital public. En vingt ans, 100.000 lits ont été supprimés, dont 17.500 au cours des six dernières années.

Au-delà des conséquences désastreuses des politiques d’austérité budgétaire sur notre capacité à proposer une réponse sanitaire adaptée aux crises, la situation actuelle met en exergue l’impréparation des pouvoirs publics, qui se sont manifestement laissés dépasser par les évènements. La chronologie des faits, des déclarations et des décisions est éclairante et impitoyable.

Le 24 janvier, alors que deux cas du nouveau coronavirus chinois étaient confirmés en France, sur des patients hospitalisés à Paris et Bordeaux, Agnès Buzyn, alors Ministre de la santé, jugeait que « le risque d’importation depuis Wuhan est pratiquement nul » et que « le risque de propagation est très faible ». « Notre système de santé est bien préparé », affirmait-elle encore.


Estimait-on alors que la chaîne de contamination n’était pas encore incontrôlable ? L’OMS avait pourtant alerté dès le 13 janvier sur la possibilité que des cas surviennent dans d’autres pays que la Chine et appelait à ce que des efforts de surveillance active et de préparation soient mis en œuvre dans tous les pays.

Le 17 mars, l’ancienne ministre de la Santé déclarera au journal Le Monde que, dès le mois de janvier, elle avait prévenu le Premier ministre de la gravité potentielle de l’épidémie de nouveau coronavirus. Cette déclaration est grave. Elle interpelle au moins sur deux points : d’une part elle laisse supposer que le Gouvernement, pourtant informé du danger, n’aurait pas agi à la hauteur du risque,  d’autre part, elle atteste que la ministre de la Santé aurait délibérément menti sur la gravité de l’épidémie.

Le 30 janvier, le Comité d’urgence convoqué par le Directeur général de l’OMS s’adressait à tous les pays en ces termes : `

« On peut s’attendre dans n’importe quel pays à l’apparition de nouveaux cas exportés de Chine. Par conséquent, tous les pays doivent être prêts à prendre des mesures pour endiguer l’épidémie, notamment par une surveillance active, un dépistage précoce, l’isolement et la prise en charge des cas, la recherche des contacts et la prévention de la poursuite de la propagation de l’infection par le 2019-nCoV, et à communiquer l’ensemble des données à l’OMS. ».

L’annonce est jugée tardive par une partie de la communauté scientifique. La maladie s’était en effet propagée alors à 18 pays, infectant près de 8000 personnes et provoquant la mort de 170 d’entre elles.

Il faudra encore attendre le 29 février pour que le Gouvernement français, lors d’un Conseil des ministres exceptionnel, prenne les premières mesures sanitaires de lutte contre la propagation du virus, en interdisant des rassemblements se tenant en milieu confiné. Cette mesure est présentée conjointement à la décision de faire usage de l’article 49.3 de la Constitution afin d’adopter sans vote la réforme des retraites. Un mélange des genres qui trahit ou une impréparation du Gouvernement ou un manque d’engagement à mettre en œuvre, en urgence, une action collective et solidaire face à une pandémie devenant incontrôlable. Un mélange des genres à l’image également des injonctions contradictoires qui se succèdent au fil des déclarations des membres du Gouvernement et plongent les Français dans l’inquiétude, voire la peur.

Une succession de messages contradictoires

Concernant les tests de dépistage, la communication ministérielle insistera dans un premier temps sur l’utilité des tests: « Nous bénéficions en France d’un test rapide qui va être disponible de plus en plus largement  sur le territoire dans les prochains jours" expliquait, le 27 janvier, le directeur général de la santé.

Le 23 février, Olivier Véran, qui vient de succéder à Agnès Buzyn, annonce : « Dans les hôpitaux de Paris, nous allons pouvoir être largement en mesure de répondre aux demandes, quelles qu’elles soient, de réalisation de tests »

En dépit des pressions de l’OMS, qui invitera à plusieurs reprises à tester massivement les populations, le nombre de tests réalisés chaque jour n’évoluera par la suite que faiblement, passant de 2 000 à 4 000 par jour, puis à 9 000 par jour fin mars, avant que le ministre n’annonce, à l’issue de près de deux semaines de confinement de la population, un changement de stratégie avec la commande massive de tests sérologiques afin de pouvoir en réaliser 100 000 par jour en mai ou en juin. Au moment de cette annonce, l’Allemagne réalisait déjà chaque semaine un demi-million de tests.

La question du stock de masques ne sera abordée de son côté que le 23 février. Le ministre de la santé annonce alors « faire le nécessaire pour que (les professionnels de santé) puissent disposer de masques adaptés à chaque situation, dans un marché qui s’est tendu au plan international ». Il ajoute : « Nous allons travailler avec les entreprises productrices de masques FFP2 sur le sol français, et nous passons une commande de masques en quantité »

Un mois plus tard, le 21 mars, le ministre affirme: « C’est parce que nous avons dès le début considéré que la disponibilité en masques allait être une difficulté, qu’il a été décidé, dès le mois de janvier, de recourir à l’importation de masques, avant même l’apparition de premiers cas sur notre territoire national. »

Malgré l’annonce de commandes réalisées en janvier, la pénurie de masque est flagrante. Aucune information ne filtre sur leur livraison. Les experts se bousculent en revanche sur les plateaux de télévision pour en affirmer l’inutilité et ce n’est finalement que le 28 mars qu’interviendra l’annonce de commandes massives de masques à la Chine et la mise en place d’un pont aérien.


Le feuilleton de la « chloroquine » aura de même mis l’accent sur les dysfonctionnements dans la chaine de décision. Dès le 26 février, le professeur Didier Raoult, directeur de l’Institut Méditerranée Infection à Marseille, explique les raisons pour lesquelles il estimait que la chloroquine pouvait agir efficacement sur la variété de coronavirus en cause. Il annonçait mettre en place un protocole thérapeutique dont les résultats encourageants seront publiés le 17 mars. Alors qu’il n’existe aucune alternative thérapeutique, et que l’usage de cette substance est très documentée, il faudra néanmoins attendre le 24 mars pour que le ministre de la Santé autorise l’utilisation de l’hydroxychloroquine pour traiter des malades infectés par le Covid-19, en restreignant toutefois le traitement aux patients présentant des formes graves de la maladie, pris en charge à l’hôpital.

Des pesanteurs analogues seront pointées du doigt par d’autres praticiens. C’est ainsi qu’un généticien à la tête d'un important laboratoire de recherche du CHRU de Lille, dénoncera en ces termes la rigidité des autorités quand les laboratoires français pourraient développer rapidement les amorces et enzymes nécessaires à un dépistage massif : « Si on nous avait autorisés, nous les gens de la recherche, j’aurais mon congélateur plein d’enzymes, on aurait fait le protocole et on travaillerait à fond pour le CHU aujourd’hui. C’est comme ça dans toute la France. »

De fait, au fil des jours, de nombreux professionnels de santé et un collectif d’une centaine de médecins ont saisi le Conseil d’Etat ou porté plainte au pénal contre des membres du gouvernement, au motif qu’ils « avaient conscience du péril et disposaient des moyens d’action, qu’ils ont toutefois choisi de ne pas exercer ».

Au regard de la gravité de ces accusations et en vertu de sa mission de contrôle de l’action du gouvernement, la représentation nationale a le devoir d’examiner au plus vite les dysfonctionnements dans la gestion sanitaire de la crise pour comprendre comment notre pays n’a pu être en mesure de prévenir la propagation du virus et la multiplication des cas mortels comme en Allemagne ou en Corée du Sud , pays qui semblent s’être mis en situation de mieux juguler l’épidémie. 

Sans esprit partisan, une telle commission permettrait de faire la lumière sur les dysfonctionnements et leur origine, d’identifier les responsabilités et de mieux appréhender les moyens efficaces de lutte contre la pandémie qui nous frappe, qui risque de perdurer et éventuellement se reproduire.

Cette commission d’enquête devra ainsi, notamment, établir :

- les raisons qui ont justifié des prises de décisions tardives voire contradictoires, notamment en matière de confinement ;
-pourquoi les pouvoirs publics n’ont pas été en mesure de définir clairement quels étaient les personnels qui devaient impérativement se rendre sur leurs lieux de travail ;

- pourquoi notre pays n’a pas été en mesure de fournir des masques en quantité suffisante, pour protéger les soignants, les travailleurs contraints de se rendre sur leurs lieux de travail, et protéger la population dans son ensemble ;

- pourquoi notre pays se trouve confronté à une pénurie de médicaments essentiels au traitement d’autres pathologies et ce en plein cœur de la crise ;

- pourquoi notre pays n’est pas en situation de faire face à un afflux de malades et d’apporter les soins nécessaires à chacun d’entre eux malgré le dévouement sans faille des personnels soignants ;

- les raisons qui ont conduit le gouvernement à décider de ne pas réaliser de dépistage massif de la population et si ce dépistage aurait permis d’endiguer l’épidémie ;

- les raisons qui ont conduit le gouvernement à décider d’autoriser l’hydroxychloroquine à l’hôpital, uniquement dans la prise en charge des formes les plus graves ;

 

Article unique

En application des articles 137 et suivants du Règlement de l’Assemblée nationale, est créée une commission d’enquête de trente membres, chargée  d’identifier les   dysfonctionnements dans la gestion sanitaire de la crise du Covid 19 en France, de les évaluer et d’en tirer les conséquences pour permettre à notre pays d’être en mesure d’affronter, à l’avenir, une autre pandémie.

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 05:49

 

Au moment où les États-Unis vont vivre une semaine de pandémie très difficile, Donald Trump lance un ultimatum guerrier au Venezuela pour chasser Nicolas Maduro de la présidence de la République bolivarienne.

 

 

Lors d’une conférence de presse, le 1er avril, le président américain s’est rêvélé incapable de répondre aux inquiétudes sociales, économiques et sanitaires des Américains  et a préféré engager une nouvelle offensive contre le Venezuela. En compagnie du secrétaire d’État à la Défense et du chef d’Etat-Major des Armées, il annonce « un grand plan de lutte contre le crime organisé et le narcotrafic latino-américains », tout en ne ciblant qu’un seul pays : le Venezuela, et qu’une seule personne : Nicolas Maduro.
Cette annonce arrive quelques jours après l’annonce de Mike Pompéo d’un « cadre pour une transition démocratique » au Venezuela qui vise en réalité à démanteler les institutions vénézuéliennes.
Ce document propose d’installer un « Conseil d’Etat » transitoire sans Nicolas Maduro ni Juan Guaido, sans membre du Parlement ni pouvoir judiciaire. Cette instance aurait pour mission d’organiser des élections présidentielles et législatives dans un délai de 6 à 12 mois. Il s’agit en fait de forcer le départ immédiat de Maduro tout en laissant l’Assemblée nationale aux mains de Guaido pourtant en grande difficulté dans son pays.
Cette « proposition » n’a rien d’une ouverture de négociation mais est bel et bien un nouvel ultimatum guerrier car il s’accompagne de très inquiétants mouvements de troupes US et de matériel militaire.

Alors que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et la secrétaire exécutive de la CEPAL (Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes), demandent la levée générale des sanctions économiques et financières contre tous les pays dont le Venezuela, et appellent à cesser les conflits et guerres partout sur la planète pour mobiliser les énergies et ressources contre la pandémie de Covid 19, les Etats-Unis menacent d’une intervention militaire et l’Union européenne prend le parti de l’hostilité s’alignant sur les décisions de Donald Trump. En effet, le 3 avril 2020, le vice-président de la Commission européenne à la politique étrangère affirme son accord avec la proposition des Etats-Unis de « cadre pour une transition démocratique ». La France a, elle aussi, communiqué sur le site du ministère des Affaires étrangères en indiquant que « la France soutient une solution politique et pacifique à la crise que connaît le Venezuela dont l’issue passe par la tenue d’élections législatives et présidentielles libres, transparents et crédibles ». La France et l’Union européenne s’alignent une nouvelle fois sur l’Administration américaine dans son obsession à contrôler le Venezuela.


Or le moment n’est certainement pas à de nouveaux actes d’ingérence mais bien à la solidarité et à la coopération internationale. Cette solidarité internationale passe par la levée immédiate des sanctions économiques et financières envers le Venezuela mais aussi envers Cuba et tous les pays frappés d’embargos et dont les populations n’ont pas accès à l’aide internationale dans ce contexte de pandémie virale.
La France ne doit en aucun cas apporter de soutien de quelque nature que ce soit aux Etats-Unis dans leur tentative de déstabilisation du Venezuela, état indépendant et souverain en particulier en pleine pandémie.
Le Parti communiste français condamne avec force les manœuvres militaires étasuniennes au large du Venezuela de même que le soutien de la France et de l’UE au « cadre de transition » que les Etats-Unis cherchent à imposer.

Le PCF exprime à nouveau sa totale solidarité avec le peuple vénézuélien et les forces démocratiques et de paix vénézuéliennes.

 

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 08:16
Crise sanitaire du Covid 19 pour les personnes atteintes de troubles psychiatriques – Par Laurence Cohen (CRCE)

Madame Laurence Cohen interroge le Ministre de la Santé sur la situation des personnes atteintes de troubles psychiatriques, dans le contexte de pandémie liée au Covid-19.
Elle regrette tout d’abord que les patient·es et les professionnels exerçant dans les établissements de santé mentale ne bénéficient pas du matériel de protection nécessaire (gels, gants, masques…) pour limiter la propagation du virus et réduire tout risque de contagion. Elle insiste en particulier sur les personnels du secteur médico-social, et notamment les psychologues.
Si les hôpitaux généraux manquent terriblement de matériel eux aussi, elle craint que les établissements psychiatriques le soient bien davantage !
Elle s’inquiète également des conséquences des mesures pour faire respecter le confinement sur la santé mentale de ces patient·es fragilisé·es et qui amenuisent la relation thérapeutique patient/soignant (repas pris dans les chambres et non collectivement, suspension des visites, plus de contact physique…).

Pour les personnes suivies en ambulatoire, les conséquences du confinement sont là aussi inquiétantes pour la continuité des soins, et risquent d’aggraver les symptômes du fait du climat anxiogène ambiant.

De plus, il est probable qu’il y ait une augmentation des personnes ayant besoin d’être hospitalisées durant ou après ce confinement, alors même que le nombre de lits est déjà insuffisant.

Aussi, elle lui demande quelles sont les dispositions qu’il entend mettre en œuvre pour prendre en considération la spécificité de ces patient·es et de ces soignant·es et quelles suites il entend donner au courrier adressé, le 27 mars dernier, par la Contrôleure Générale des Lieux de Privation dans lequel sont formulées plusieurs recommandations ( approvisionnement des établissements en matériel de prévention et détection, garantie de la continuité des soins utilisation du téléphone personnel, accès au tabac, autorisation de promenades…)

Dans le respect des règles sanitaires, ces mesures sont indispensables dans le contexte actuel pour garantir aux patient·es le respect de leurs droits fondamentaux et pour ne pas dégrader encore plus les conditions de travail des personnels.

Crise sanitaire du Covid 19 pour les personnes atteintes de troubles psychiatriques – Par Laurence Cohen (CRCE)
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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 07:19
Protéger la population et nos soignantes - renforcer la santé publique. Tract du PCF pour la journée mondiale de la santé - 7 avril
Protéger la population et nos soignantes - renforcer la santé publique. Tract du PCF pour la journée mondiale de la santé - 7 avril
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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 15:45

Alors que les sénatrices et sénateurs du groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste ont ces trois dernières semaines, réitéré leurs demandes lors de deux questions d’actualité et du débat de la loi de finances rectificatives, de moyens supplémentaires pour les hôpitaux, relayant les revendications des personnels hospitaliers en grève depuis plus d’un an, le gouvernement a accepté de débloquer 2 milliards d’euros.

 

Cet argent indispensable à l’achat de matériels notamment les masques, les gants… ne pouvait répondre ni à la gravité de la pandémie ni à la crise réelle que vit l’hôpital. Raison pour laquelle, le groupe CRCE a demandé l’examen en urgence d’un budget de la Sécurité sociale rectificatif, ce qui lui a été refusé !

Les politiques suivies, depuis le Plan Juppé, sont responsables de la casse de notre système de santé, or le gouvernement ne semble pas en tirer des leçons. Ainsi, le nouveau ministre Véran, suit les traces funestes d’Agnès Buzyn, en annonçant une prime spéciale pour les soignants pour un montant de 1 milliard d’euros, au lieu d’augmenter les salaires, d’ouvrir des lits, de titulariser et d’embaucher du personnel.

Dans l’édition du quotidien Les Échos du 2 avril, le rapporteur LREM du Budget à l’Assemblée nationale, a reconnu que « le correctif budgétaire voté il y a dix jours avait un caractère provisoire, et (que) les montants sont revus en conséquence à mesure qu’on avance dans la crise ».

Le gouvernement semble naviguer à vue, ne prenant même pas la peine d’informer la représentation parlementaire ! Nous avons appris par la presse, une provision de 3,1 milliards d’euros supplémentaires pour les dépenses de santé. C’est une bonne chose, mais nous aimerions connaître les mécanismes de financement et le but qui lui est assigné.

De plus, nous sommes inquiets de la déclaration du directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) Grand Est, qui a estimé ce vendredi 3 avril qu’il n’y avait « pas de raison » d’interrompre la suppression sur cinq ans de 174 lits et de 598 postes au CHRU de Nancy. Ainsi alors que la pandémie de Covid-19 démontre l’impérieuse nécessité d’ouvrir des lits, d’augmenter les salaires et d’embaucher du personnel, comme nous le demandons depuis des années, le gouvernement ne semble toujours pas avoir changé de logiciel, même si le ministre Véran a tenté de ‘’temporiser’’

Nous le savons toutes et tous, l’hôpital, les EHPAD, le secteur de la santé comme du médico-social ont besoin, de toute urgence, de moyens conséquents chiffrés à au moins 10 milliards.

Il y a urgence à sortir des discours martiaux assortis des pleins pouvoirs à l’exécutif et surtout de s’affranchir des règles de l’austérité budgétaire imposée par l’Union européenne, sur ordre du marché. Il y a urgence à investir massivement, pour l’hôpital, avec le déblocage de 10 milliards d’euros pour la santé et le recrutement de 100 000 personnels soignant·es. Il y a urgence à investir dans les EHPADS avec le recrutement de 300 000 personnes sur trois ans.

Les sénatrices et sénateurs du groupe Communiste Républicain Citoyen et Ecologiste demandent une véritable transparence sanitaire dans les mesures d’urgence pour lutter contre la pandémie de Covid-19 et l’examen d’un budget de la sécurité sociale (PLFSS) rectificatif. La Santé n’a pas de prix !

Hôpitaux publics : le gouvernement ne semble toujours pas avoir changé de logiciel – (CRCE)
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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 06:55
COVID-19 : le PCF appelle à ne pas mettre en danger les millions de salariés du BTP (Bat.info.com)
Le PCF appelle à ne "pas mettre en danger la santé de millions de salariés" du BTP
 
Bat.info.com avec AFP - 06/04/2020

Le Parti communiste a critiqué dimanche la publication de règles sanitaires à respecter dans le BTP face au coronavirus, qui encouragent selon lui la reprise des chantiers au "mépris de la santé des 2 millions de salariés" du secteur.

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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 06:37
Evelyne Ternant (direction du PCF) décortique la note de la Caisse des dépôts et consignations encourageant Macron à continuer à détruire et le système de santé et l'hôpital public

Lu sur le blog Front de Gauche Pierre Bénite: http://fdgpierrebe.over-blog.com/

Très forte réaction d'Evelyne Ternant membre de la direction du PCF à la note de la CDC commandée par Emmanuel Macron sur le devenir de notre système de santé après l'épidémie du Covid - 19

Cette réaction est à lire avec l'article qu'elle a rédigé : "Arlete ! Quand la finance s'occupe du système de soins" pour le blog : "En avant le Manifeste" dont le lien est :

https://enavantlemanifeste.fr/2020/04/04/alerte-quand-la-finance-soccupe-du-systeme-de-soins/

Il est possible d'avoir accès également à la réaction de Denis Durand à l'interview de Patrick Artus donné au Figaro où celui-ci livre son analyse sur la riposte économique face à la pandémie et sur ses effets que les moyens de l’État vont être mis encore plus fortement au service de la rentabilisation du capital privé.

Voir le lien : http://chef économiste de Natixis, au Figaro ou ce dernier livre son analyse sur la riposte économique face à la pandémie et sur ses effets que les moyens de l’État vont être mis encore plus fortement au service de la rentabilisation du capital privé.

 

Alerte ! Quand la finance s’occupe du système de soins !

Alors que les discours du président de la République sur la « santé gratuite » partie prenante de ces « biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché », ses promesses à l’hôpital de Mulhouse au sujet d’« un plan massif d’investissement et de revalorisation de l’ensemble des carrières […] construit pour notre hôpital » se veulent rassurantes sur un changement de cap, dans le même temps, les cercles étroits de la technocratie financière préparent une entrée massive des financements privés dans tous les secteurs du système de soins, avec en suite logique l’abandon des critères du service public.

 

Alors que les discours du président de la République sur la « santé gratuite » partie prenante de ces « biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché », ses promesses à l’hôpital de Mulhouse au sujet d’« un plan massif d’investissement et de revalorisation de l’ensemble des carrières […] construit pour notre hôpital » se veulent rassurantes sur un changement de cap, dans le même temps, les cercles étroits de la technocratie financière préparent une entrée massive des financements privés dans tous les secteurs du système de soins, avec en suite logique l’abandon des critères du service public.

            C’est la note de la CDC (Caisse des dépôts et consignations) rédigée à la demande d’Emmanuel Macron, publiée par Mediapart (en p. j.), qui révèle les lignes directrices de ce projet destructeur : une évolution du système de santé qui, sous couvert de la crise sanitaire et du besoin de financement massif, en accélère la privatisation et la marchandisation. Fait par un organisme financier dont les critères sont depuis longtemps ceux des marchés financiers, et qui, de plus, est devenu un acteur majeur de l’hospitalisation privée lucrative, son fil directeur, sous la technicité des montages proposés, est d’effacer par une série de dispositifs la ligne de démarcation entre le secteur privé et le secteur public pour anéantir définitivement ce dernier.

            Parmi les mesures les plus significatives, citons :

1— une restructurationet non une annulation — des deux tiers de la dette des hôpitaux publics (l’État n’en a repris qu’un tiers à sa charge), accompagnée de la création d’un « fonds de dette » commun au secteur privé, prêtant à long terme « en hybride soit aux hôpitaux, soit préférablement aux mutuelles et aux fondations qui les détiennent avec une obligation de fléchage des ressources ». En clair, un fonds de financement commun public/privé, qui privilégie le secteur privé et pilote la destination des financements.

2— Le recours massif aux partenariats publics privés (PPP) en dépit de la succession des expériences négatives et des rapports accablants venant d’institutions nationales (cour des comptes, rapport d’enquête sénatoriale) et européennes (cour des comptes européenne). Cette dernière, qui n’est certainement pas à la pointe du combat antilibéral, constate néanmoins « le manque considérable d’efficience, qui s’est traduit par des retards de construction et par une forte augmentation des couts », une opacité comptable qui compromet « la transparence et l’optimisation des ressources », une inadaptation de ces contrats de long terme à suivre « l’évolution rapide des technologies ».

3-le basculement vers « la santé numérique », une solution miracle permettant de faire coup double : décharger l’activité hospitalière, et valoriser les investissements des nombreuses « start up » (au nombre de 700, marché qualifié de peu mature, de modèle fragile, etc.) et des compagnies d’assurances et des mutuelles qui se sont lancées dans le financement de la téléconsultation. Elles viennent d’ailleurs de créer un consortium « Alliance digitale pour le Covid-19 » dans lequel on retrouve les principales d’entre elles : Allianz, AG2R la mondiale, Malakoff, associées à la Banque Postale Assurances….Il s’agit en fait de faire face à la saturation du 15 non pas en lui allouant les financements publics nécessaires, mais en proposant des solutions privées pour en réduire l’accès.

4- Dans le sillage de Donald Trump, une proposition de conversion de navires en navires-hôpitaux, dont les aspects techniques, médicaux et humains sont jugés hasardeux par nombre de professionnels, mais que l’on comprend mieux quand on sait que la CDC a des engagements financiers importants dans des commandes de paquebots aux Chantiers navals que les compagnies de croisières, mises à l’arrêt par la pandémie, risquent de ne pouvoir honorer.

5- Enfin, le meilleur pour la fin, faire sponsoriser par les grands organismes de recherche (Institut Pasteur, institut Curie, Unicancer, etc..) « un fonds de partage » auquel souscriraient investisseurs privés et institutionnels, avec reversement de revenus aux « sponsors » pour leur opération promotion. Avec la rapacité et le cynisme bien connus de la finance, quand elle flaire de bonnes affaires, il est dit sans ambages que « les conditions de lancement […] seraient assez favorables compte tenu de l’impact sur les valorisations corporatives de la crise actuelle » et que « ce type d’opérations pourrait […] être lancé très rapidement dans des conditions compétitives et avec le soutien de la place ».

Ce fameux fonds de financement prêterait aux hôpitaux au taux du livret A + 0,75 point, soit 1,25 %, quand L’État français emprunte à 0 % sur dix ans et à 0,84 % sur 30 ans… et que la BCE prête aux banques à -0,75 %.

En langage clair, la pandémie du covid-19 va favoriser l’attraction boursière des placements financiers vers les secteurs de la santé. La finance n’hésite jamais à battre monnaie sur le malheur humain ».

            Pour imposer d’autres choix et faire obstacle à l’achèvement du système public de soins sur l’autel du capital qui se prépare, il est impératif de rassembler toutes les forces qui se sont opposées à son démantèlement, des personnels aux usagers en passant par les élus, pour un combat politique de haut niveau. Ces luttes ne peuvent plus s’en tenir à la seule expression des besoins, mais doivent impérativement porter des exigences sur les modes de financement, qu’il s’agit d’arracher au plus vite aux griffes des marchés financiers. 

C’est dès aujourd’hui que le combat pour une alternative à cette tentative des classes dirigeantes est à l’ordre du jour. Il sera déterminant que le PCF soit à la hauteur de sa responsabilité historique dans ces circonstances extraordinaires.

À lire également : Patrick Artus et rapport de la CdC montrent la violence des antagonismes qui minent le capitalisme financiarisé et mondialisé

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 14:58
Marie-George Buffet : Le sport n'est pas quelque chose de secondaire (Interview de France Info, 5 avril 2020)
 
Marie-George Buffet est directement touchée par le coronavirus.

 

Placée en confinement depuis début mars, la ministre des Sports du gouvernement Jospin (mai 1997 – mai 2002) ne s’est pas sentie très en forme ces derniers jours et s’en sort progressivement. Au téléphone, rien ne transparaît. Celle qui a été le fer de lance de la lutte contre le dopage est toujours aussi dynamique dès qu’il s’agit d’évoquer la chose sportive, en particulier dans cette période difficile.

Voir l’article de France Info 

 
Marie-George Buffet : "Le sport n'est pas quelque chose de secondaire"

Marie-George Buffet est directement touchée par le coronavirus. Placée en confinement depuis début mars, la ministre des Sports du gouvernement Jospin (mai 1997 - mai 2002) ne s’est pas sentie très en forme ces derniers jours et s’en sort progressivement. Au téléphone, rien ne transparaît. Celle qui a été le fer de lance de la lutte contre le dopage est toujours aussi dynamique dès qu’il s’agit d’évoquer la chose sportive, en particulier dans cette période difficile.

 

Au vu de la situation actuelle, quel regard portez-vous sur le sport ?

M-GB : "Tout d’abord, un constat. Le mouvement sportif a pris de sages decisions : celle de préserver la santé des sportifs et de leurs supporters, de préserver l’équité par rapport à des pays qui sont moins touchés aujourd’hui par le coronavirus. Je me rejouis enfin que le CIO ait pris la décision de reporter d’un an les Jeux Olympiques et Paralympiques. Ca va permettre à ces Jeux d’avoir tout leur rayonnement et d’être la grande fête du sport. Je pense que si ça c’était déroulé en septembre ou en octobre, il y aurait eu des injustices.

Après, concernant la privation du sport, je pense d’abord à tous ces jeunes qui ne peuvent pas aller au gymnase ou sur un stade et qui se retrouvent confinés chez eux. Il va falloir réorganiser toute une pratique au sein des clubs quand ça sera terminé pour leur permettre de retrouver leur activité sportive."

Ce sera peut-être le moyen de réfléchir sur cette course à la marchandisation qui a atteint ses limites

Quelles conséquences sur ces sportifs, sur leurs clubs, qu’ils soient amateurs ou professionnels ?

M-GB : "Peut-être que ça va faire réfléchir le monde du sport de haut niveau et notamment le monde professionnel sur la question des calendriers. Il faudra peut-être revisiter des calendriers qui restent trop chargés. Ensuite, il va peut-être falloir réfléchir sur le modèle économique de certains clubs professionnels, tout ce qui concerne le contrôle des budgets, créer des salaires maximums. Ce sera peut-être le moyen de réfléchir sur cette course à la marchandisation qui a atteint ses limites. Le monde sportif doit se poser, discuter et s’interroger sur l’après. Au plan économique, au plan social, on ne pourra pas recommencer comme avant, du moins je l’espère. Et bien je pense que sur le plan sportif, c’est pareil. Il va falloir se repositionner par rapport à certains modèles."

Comment s’y prendre ?

M-GB : "Il faut encadrer les salaires, peut-être faire en sorte que les budgets des clubs soient également limités. Il faut assainir la profession des agents sportifs, régler aussi les problèmes liés aux transferts. Il faut faire marche arrière par rapport à cette course au financement, d’ailleurs on voit que cela fait perdre de l’intérêt au spectacle sportif. Quand vous avez des clubs qui se détachent tellement grâce à leur manne financière, l’intérêt du championnat devient moindre. Dans l’intérêt même du sport, il faut qu’il y ait une réflexion, qu’on calme le jeu et qu’on reparte sur des budgets plus équitables."

Le ministère des Sports, il y a encore du personnel mais il n'y a plus de moyens

Et pour le sport amateur ?

M-GB : "Il faut redonner au ministère des Sports toute sa place et tous ses moyens. Il doit prendre en charge la sortie de cette crise sanitaire en redonnant des moyens aux clubs, je parle là de toutes les subventions d’Etat mais également donner la possibilité aux collectivités territoriales d’aider - comme elles le font déjà - les clubs sportifs. Il faut aussi trouver le moyen de valoriser le travail des bénévoles. On a longtemps parlé pendant des décennies d’un statut des bénévoles, il faut aller plus loin pour encourager le bénévolat, aller vers ce statut du bénévole qui permettrait d’ailleurs qu’ils aient des droits et donc aussi des devoirs. Cela nous permettrait aussi, en lien avec les événements que l’on a connu ces dernières mois (NDLR : de nombreuses affaires de violences sexuelles dans le sport ont été révélées ces dernières semaines) de pouvoir avoir un certain contrôle de l’encadrement des clubs. Et puis, je pense qu’il faut développer l’éducation physique et sportive, l’Education Nationale n’a pas été valorisée ces dernières années, elle n’est plus reconnue dans un certain nombre de diplômes, elle est peu pratiquée au niveau de l’université, il y a un effort considérable à faire pour la revaloriser l’EPS."

Avec quels moyens financiers ?

M-GB : "J’ai entendu les propos de ceux qui nous gouvernent. Ils disent que rien ne pourra plus être comme avant et ont balayé l’idée qu’il faut restreindre les dépenses publiques, notamment dans les hopitaux. Nous sommes obligés de penser à la sortie de cette crise. Pour tout le mouvement culturel, il va falloir aider des dizaines de salles à repartir, aider les intermittants du spectacle, on va être obligés de débloquer des financements partout. Là on est dans l’urgence économique, dans l’urgence sociale, dans l’urgence humaine.

Le sport est un des vecteurs de bien-être, un lieu de convivialité, un terreau social, c’est bon pour la santé, on y apprend des des règles, il va donc falloir mettre donner des moyens au ministère des Sports et à l’Agence Nationale du Sport pour contribuer au développement de la pratique. Ca doit passer par des équipements. Tout ce que je dis, on le disait déjà il y a quelques mois, et les budgets n’ont pas suivi ! L’ANF ce n’est que 300 millions d’euros, 50 personnes. Le ministère des Sports, il y a encore du personnel mais il n'y a plus de moyens. Les missions sont difficilement discernables entre le Ministère et l’ANF, il va falloir clarifier tout cela et faire en sorte que les budgets puissent avoir un niveau qui permette de développer la pratique sportive."

Et pour Paris 2024 ?

M-GB : "Il y a déjà des impacts immédiats, par exemple l’arrêt des travaux du Paris Express. Cela aura certainement des conséquences aussi sur les infrastructures après, il ne faut pas renoncer. On peut toujours rêver de Jeux moins onéreux, plus axés sur le développement durable, et il faut travailler là-dessus. Mais il faut que cela reste la grande fête du sport car elle donne à voir quand même de la beauté du spectacle sportif et donne des envies à des millions de gamins et de gamines de faire du sport. On devra sans doute travailler plus pour combler le retard que l’on est en train de prendre, mais on ne va pas fermer l’Opéra ou la Comédie Française parce qu’il va falloir des économies. Le sport ce n'est pas quelque chose de secondaire, c’est comme la culture, donc il va falloir que ce soit parmi les priorités humaines dont on aura besoin à la sortie de cette période dramatique."

 

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 14:54
Covid- 19 - Un risque de pénurie de médicaments (Laurence Cohen CRCE)

Mme Laurence Cohen interroge M. le ministre des solidarités et de la santé sur l’alerte lancée le 31 mars 2020 par neuf directeurs des plus grands hôpitaux d’Europe sur le risque de pénurie de médicaments essentiels pour traiter les patients atteints du Covid-19.

Ces établissements, dont l’assistance publique-hôpitaux de Paris (APHP), attirent l’attention des gouvernements européens sur les stocks largement insuffisants pour fournir des soins intensifs adéquats. Ces ruptures d’approvisionnement s’expliquent en grande partie par la délocalisation de la production de médicaments à l’étranger et interrogent notre modèle sanitaire et notre indépendance pharmaceutique et économique.

Sans approvisionnement rapide, les réserves de curare, midazolam ou propofol seront épuisées d’ici à deux semaines, voire d’ici à quelques jours dans les hôpitaux les plus sévèrement touchés. Or, ces anesthésiques et hypnotiques sont indispensables pour les patients en réanimation.

Aussi, elle lui demande ce que le Gouvernement entend faire en urgence pour répondre à cette demande, pour exiger des groupes pharmaceutiques d’augmenter leurs capacités de production afin de faire face aux besoins, pour organiser une meilleure coopération aux niveaux européen et international afin de ne pas mettre les soignants face à une incapacité d’exercer leurs missions et par conséquent de limiter le nombre de décès. Elle lui demande également s’il entend mettre en place un groupe de travail composé de scientifiques, de syndicalistes, d’élus de toutes sensibilités politiques pour étudier les conditions de mise en place d’un pôle public du médicament et de la recherche afin d’éviter, notamment, que de nouvelles ruptures de stock ne se reproduisent.

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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 13:48
Crise de l'hôpital, nouveau plan de réorganisation néo-libéral: Pierre Laurent, sénateur communiste de Paris, président du Conseil National du PCF, écrit au Président Macron

Lettre de Pierre Laurent à Emmanuel Macron

Monsieur le Président, Emmanuel Macron

En contact quotidien comme sénateur de Paris avec des médecins et des personnels soignants de l'AP-HP, je tiens à vous alerter sur la grave rupture démocratique ressentie sur le terrain et dans toute la population. Tout le monde fait face. Les acteurs de la santé publique sont exemplaires. Ils se donnent corps et âme pour sauver des vies, mais ils attendent clairement que la suite ne ressemble en rien à ce qu'ils vivent en réalité depuis des années, et encore plus durement ces dernières semaines. Demain, les mots ne pourront pas rester lettre morte, sinon la colère sera immense.Le 12 mars dernier, lors de votre première intervention télévisée sur la lutte contre le coronavirus, vous déclariez notamment: « ce que révèle déjà cette pandémie, c'est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe [...]. Il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché ».

Inutile de vous dire combien je partage cette pétition de principe, qui fonde depuis la création de la Sécurité sociale, la ligne de conduite des communistes en matière d'accès à la santé et à la protection sociale.

La pandémie met aujourd'hui à nu les choix politiques contraires faits depuis des années, choix que notre pays et sa population paient en ce moment très cher. Durant les premières années de votre quinquennat, je n'ai cessé d'alerter avec les parlementaires de mon groupe, sans jamais être entendu. J'ai rencontré les personnels et médecins, notamment de l'AP-HP, à de multiples reprises à l’occasion des débats parlementaires comme du tour de France des hôpitaux que nous avons initié de 2018 à 2019. Afin de relayer l'ampleur des exigences exprimées, qui disaient déjà tout des risques encourus face à une grave crise sanitaire, nous avons élaboré une proposition de loi d'urgence pour l'hôpital et la santé, dont le fil conducteur est précisément de placer la santé au dessus des lois du marché.

Le 25 mars, vous avez enfin affirmé à l'hôpital de Mulhouse, un établissement au premier rang du désastre, qu' "à l'issue de cette crise, un plan massif d'investissement et de revalorisation de l'ensemble des carrières sera conduit pour notre hôpital".

De telles paroles en pareilles circonstances ne peuvent être prononcées à la légère. Or, le premier avril, un article de Mediapart révèle qu'à la demande de l’Élysée une note de travail rédigée par deux hauts fonctionnaires de la Caisse des Dépôts esquisserait un plan pour l'hôpital prenant la direction exactement contraire à tout ce qu'exige la population et la très grande majorité des médecins et soignants de France, et en l'occurrence au principe même que vous évoquiez le 12 mars. Ce plan consisterait en une accélération massive des processus de privatisation rampante et de marchandisation des hôpitaux qui prévalent depuis des années et nous ont conduit à la dramatique situation actuelle. Pour le moins, des éclaircissements rapides sont nécessaires.Monsieur le Président, êtes-vous en mesure de démentir sans ambiguïté cette direction de travail et existe-t-il d'autres notes de travail du même type déjà en circulation auprès de vos services ? Au-delà, pouvez-vous garantir que le plan pour l'avenir de l'hôpital que tout le pays attend ne sera pas élaboré dans le secret de notes confidentielles sans y associer avant publication les médecins et les personnels, sans y associer la représentation nationale? Un processus transparent, national, doté de moyens publics, à l'image du grand débat national, ne serait-il pas plus approprié à construire le plan pour l'hôpital et le système de santé publique dont notre pays a besoin demain?

C'est en tout cas la proposition que je vous fais. Avec mes collègues parlementaires, nous sommes disposés à nous investir pleinement dans unetelle élaboration citoyenne. Nous misons résolument sur l'intelligence collective de toutes les composantes de la Nation pour construire un plan d'avenir pour nos hôpitaux, nos Ehpad et notre système de santé. Seule la démocratie peut reconstruire la confiance.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations distinguées.

Pierre Laurent

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