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19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 05:00
Les services publics, les communes : et si les pestiférés d’hier étaient la solution d’aujourd’hui - tribune de Gilles Leproust, maire PCF d'Allonnes, dans L'Humanité, 17 avril
Vendredi, 17 Avril, 2020
Les services publics, les communes : et si les « pestiférés » d’hier étaient la solution d’aujourd’hui

Par Gilles Leproust  Maire PCF d’Allonnes 

 

Ces deux dernières décennies, les Présidents de la République et les gouvernements qui se sont succédés ont eu le même leitmotiv, diminuer la dépense publique donc le nombre de fonctionnaires ainsi que les dotations aux collectivités trop dépensières à leurs yeux. 

J’ai fait partie des élus qui ont alerté, dénoncé et proposé contre ses politiques d’austérité. J’ai participé à de très nombreuses initiatives et manifestations aux côtés d’organisations syndicales et d’associations d’élus. Nous avons été montré du doigt par les « bien-pensants », j’ai fait l’objet de fortes critiques sur « mon irresponsabilité » par des représentants de l’État. 

Aujourd’hui, ils ont « bonne mine » ces accusateurs, défenseurs zélés de la loi de l’argent, des dogmes libéraux! Nous pouvons tous juger à ce jour de leur « grandes compétences»!... pour casser le service public, notamment celui de la Santé. Hier comme aujourd’hui, ils n’ont qu’une seule obsession, refaire redémarrer l’économie sans se préoccuper des conséquences humaines et sociales. Et bien NON Mesdames, Messieurs, trop, c’est trop ! L’urgence est à s’occuper de la santé de nos concitoyens, et de réapprendre à vivre et faire ensemble. 

Les citoyens y sont prêts, nous le constatons chaque jour dans nos communes petites ou grandes, urbaines ou rurales. Nous avons tous de beaux exemples de solidarités concrètes. Dans cette période difficile, les services publics locaux et leurs agents font un travail remarquable. Les invisibles du petit matin comme les femmes de ménage; les éboueurs; les agents de propreté et bien d’autres qui font la démonstration que sans eux, il n’y aurait pas de vie en société. Il en de même des élus locaux dont les maires sont la partie visible. Ils sont depuis un mois en première ligne, répondant bien souvent à la place de l’État aux attentes des habitants qui sont parfois de véritables appels au secours. 

Le Président de la République et son Gouvernement doivent leur apporter des réponses concrètes. Pour ma part, j’en ferai deux. L’une est de décider sans tarder d’une hausse conséquente du point d’indice des fonctionnaires qui se traduirait, au delà des mots aussi sympathiques soient-ils, par une augmentation de leur salaire. L’autre est de conforter la place et le rôle de la commune, notamment en fléchant vers elle une partie des milliards dégagés pour la relance de l’économie. 

Mais au delà de ces mesures de justice sociale, n’est-il pas temps de passer à un autre stade de développement de nos sociétés qui passerait par « l’Humain et la Planète » ? L’objectif étant de ne laisser personnes au bord de la route en France et dans le monde. Utopique me diront certains, pour ma part, je persiste à penser que ce qui fait avancer le monde dans le bon sens, c’est le commun. Cela a été trop oublié ces dernières décennies. 

Dans cette épreuve individuelle et collective, nous avons l’opportunité d’écrire de nouvelles pages de notre histoire humaine. Il n’y a pas de temps à perdre. Plus rien ne sera comme avant, soyons prêts. Je suis persuadé que cela passera par la réappropriation par les usagers du service public, des communes de pleine exercice, un respect de la nature et une démocratie où chacune et chacun aura sa place.

« Je rêvais d’un autre monde » chantait le groupe Téléphone, il y a urgence à le construire ! 

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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 16:04
Disparition de Georges Cukierman : « Un combattant inlassable de la passation de mémoire » (Fabien Roussel - PCF)

COMMUNIQUE DE PRESSE

Disparition de Georges Cukierman : « Un combattant inlassable de la passation de mémoire » (Fabien Roussel - PCF)

C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai appris la disparition de Georges Cukierman à l’âge de 94 ans.
Avec Raymonde-Rebecca son épouse, Georges fut un combattant inlassable de la passation de mémoire, celle de la Résistance dont il fut membre très jeune jusqu’à la Libération, celle aussi de la Déportation, au travers de son engagement dans le Comité pour la Mémoire des enfants déportés parce que nés Juifs (CMEDJ).
Ils consacrèrent ensemble beaucoup de leur temps en direction des jeunes scolaires, en particulier dans les établissements du Val-de-Marne, pour témoigner et préserver la mémoire des 11600 enfants livrés par Pétain aux bourreaux nazis pour être exterminés.
Georges était un militant communiste depuis son plus jeune âge, puisqu’il rejoint la Jeunesse communiste clandestine dès le 1er mai 1942 et participa avec celle-ci à la Résistance jusqu’à la Libération.
Aux côtés de Jacques Duclos à Montreuil ou de Fernande Valignat à la fédération de Seine Nord-est, son engagement fut de tous les instants pour contribuer au rayonnement de son parti et de ses idées. Georges fut également de très longues années, en particulier aux côtés de Francis Wurtz, un collaborateur vigilant et exigeant de la Politique Extérieure du PCF.

Georges, c’était aussi un camarade soucieux de favoriser l’engagement des Jeunes Communistes, avec lesquels il ne manquait jamais d’échanger dans les couloirs de Colonel Fabien ou dans les allées de la Fête de l’Humanité, qu’il prenait tant de plaisir à sillonner toujours en quête de dialogues fraternels et de confrontations d’idées.
Je tiens à assurer Raymonde-Rebecca, son épouse, ses enfants et petits-enfants, Cécile Cukierman, porte-parole du parti communiste français, de la profonde sympathie de tous les adhérents du parti communiste français et de leur fidélité aux engagements profondément humanistes de Georges.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,

Paris, le 18 avril 2020.

Georges Cukierman (photo L'Humanité, 18 avril 2020)

Georges Cukierman (photo L'Humanité, 18 avril 2020)

Samedi, 18 Avril, 2020 - L'Humanité
Georges Cukierman nous a quittés

Georges Cukierman, résistant communiste, est mort vendredi soir à Fontenay sous bois à l’âge de 94 ans. L'hommage de José Fort.

 

Résistant de la première heure, militant communiste jusqu’à ses derniers moments, proche collaborateur de Jacques Duclos notamment à Montreuil (93) et de Fernande Valignat à la direction de la fédération communiste de Seine-Nord-Est, Georges Cukierman a consacré la fin de sa vie en collaborant à la section de politique extérieure du PCF et à la mémoire des enfants juifs déportés. « Jojo » n’était pas du genre facile. Il ne fallait pas tomber sur ses colères souvent volontairement exagérées comme des incitations à la confrontation des idées se terminant toujours par un signe d’amitié et de complicité. Cet homme était un personnage rempli de générosité, de fidélité à ses engagements avec toujours la malice au rendez-vous. Avec Georges Cukierman, c’est un chapitre de la militance communiste qui disparaît. Juif défenseur de la laïcité, internationaliste et acteur du mouvement pour la paix, mobilisé face au martyr imposé au peuple palestinien par les gouvernements d’ultra-droite israéliens, Juif rappelant dans les écoles de sa ville la tragédie de la Shoah. Georges était aussi un passeur de mémoire. C’est à Fontenay-sous-Bois (94) qu’il était, avec sa femme Raymonde-Rebecca, ancienne adjointe au maire de cette ville, à l’initiative d’une journée d'initiatives sur le thème «Mémoire et laïcité » à la mémoire des enfants juifs déportés qui a connu un franc succès dans les écoles et les quartiers.  Jojo aimait la Corse. On l’y retrouvait chaque été avec sa femme, sa famille et ses amis le temps d’un repas, d’un moment d’échange. Il va nous manquer.

Georges Cukierman, président d'honneur du CMEJD, le comité pour la mémoire des enfants déportés parce que nés Juifs, réalisé par Elaine Kibaro en 2017.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF,  a fait part de son émotion, "Georges, écrit-il (communiqué à retrouver en intégralité ci-dessous) c’était aussi un camarade soucieux de favoriser l’engagement des Jeunes Communistes, avec lesquels il ne manquait jamais d’échanger dans les couloirs de Colonel Fabien ou dans les allées de la Fête de l’Humanité, qu’il prenait tant de plaisir à sillonner toujours en quête de dialogues fraternels et de confrontations d’idées. Je tiens à assurer Raymonde-Rebecca, son épouse, ses enfants et petits-enfants, Cécile Cukierman, porte-parole du parti communiste français, de la profonde sympathie de tous les adhérents du parti communiste français et de leur fidélité aux engagements profondément humanistes de Georges". 

Lire aussi:

L’ancien résistant et militant communiste Georges Cukierman est mort
La mort du résistant Georges Cukierman, grand-père de la sénatrice de la Loire Cécile Cukierman
-
Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

Il était une des figures incontournables de la mémoire de la résistance : Georges Cukierman s'est éteint à l'âge de 94 ans. Sa petite-fille et porte-parole du parti Communiste, Cécile Cukierman lui rend hommage.

Il était une mémoire de la résistance et du Parti Communiste : Georges Cukierman c'est donc éteint à l'âge de 94 ans. Un nom porté haut aujourd’hui sur la scène politique par sa petite-fille qui aura repris le flambeau des convictions familiales. C'est d’ailleurs Cécile Cukierman, aujourd’hui sénatrice de la Loire et porte-parole nationale du Parti Communiste qui lui rend un hommage appuyé sur Facebook : "Tous ceux qui t'ont croisé gardent cette bonhomie mais aussi je n'en doute pas certains coups de gueule, mais surtout une exigence militante qui ne supportait ni la médiocrité, ni l'hypocrisie. Papi, tu es parti, sans faire de bruits, après une vie bien remplie". Fabien Roussel, le premier secrétaire du PCF a lui aussi réagi en rendant hommage à "un combattant inlassable de la passation de mémoire". Georges Cukierman était membre fondateur et président du « Comité pour  la Mémoire des Enfants Déportés parce que nés Juifs », créé en 2001 par  son épouse Raymonde-Rebecca. Depuis la fin des années 1970, ils avaient  multiplié les rencontres avec des jeunes scolaires

Fontenay, hier. Raymonde-Rebecca et Georges Cukierman dans leur appartement où ils ont emménagé en 1976.  (LP/Laure Parny.)

Fontenay, hier. Raymonde-Rebecca et Georges Cukierman dans leur appartement où ils ont emménagé en 1976. (LP/Laure Parny.)

Article Le Parisien -

http://www.leparisien.fr/val-de-marne-94/nous-avons-parle-resistance-et-deportation-a-13-000-eleves-23-03-2016-5651663.php?fbclid=IwAR3E6gD7jS5mIjtwAA-apvot33YVbAuWGIegNkUfSEwZkeQ6lYJrHyI8UkM

« Nous avons parlé Résistance et déportation à 13 000 élèves »

Raymonde-Rebecca et Georges Cukierman, honorés par la Ville ce soir

Elle ne peut évoquer le prénom de ses camarades juifs déportés le jour de la rafle du Vél d'Hiv sans revoir leurs visages le jour du départ vers les camps de la mort. Lui doit retenir ses larmes quand il évoque les riches échanges avec tous les écoliers du Val-de-Marne sur son rôle pendant la Résistance. C'est un couple extraordinaire qui se verra décerner ce soir la médaille de la ville de Fontenay pour avoir créé et animé le Comité pour la mémoire des enfants déportés parce que nés Juifs (CMEDJ). A 88 et 89 ans, Raymonde-Rebecca et Georges Cukierman ont mené une vie au service du souvenir.

Comment avez-vous vécu de 1939 à 1945 ?
RAYMONDE- REBECCA CUKIERMAN. J'ai quitté Paris seulement en 39, puis je suis revenue et j'y suis restée. Ma mère est morte pendant la guerre, mon père a été interné sur dénonciation, mes frères et soeurs étaient résistants. J'ai caché du monde chez moi. J'ai porté l'étoile jaune. J'ai surtout vu partir mes camarades d'école, le jour de la rafle du Vél d'Hiv, sans réaliser qu'ils ne reviendraient pas.
GEORGES. Dès 39, mon père nous a conduits dans la Creuse pour nous mettre à l'abri. Protégé par un proviseur de lycée, je l'ai suivi dans le Lot, où j'ai rejoint la Jeunesse communiste clandestine et combattu dès le 1er mai 1942. Je n'avais que 18 ans à la Libération.

Vous créez le premier comité pour la mémoire des enfants déportés...
R-R. C'était en 1976, on venait juste d'arriver à Fontenay. Avec mes camarades d'école de Paris, nous avons voulu rendre hommage à nos copains. L'action a pris de l'ampleur. Avec l'aide financière des maires, nous avons pu installer des plaques sur toutes les écoles parisiennes avec le nom de ceux qui avaient été raflés , organiser des rencontres sur ce thème.
G. Raymonde a été la première présidente du premier comité en mémoire des enfants. Elle est aussi officier des Palmes académiques. Ça ne se dit pas, mais c'est une grande dame !

Votre vie était pourtant déjà bien remplie...
G. Ça, c'est sûr (rires). Nous avions deux enfants chacun d'un premier mariage puis deux ensemble. Raymonde dirigeait un hôtel à Paris, j'étais ingénieur en construction de bâtiment. J'ai toujours été militant communiste, j'ai été le secrétaire de Joliot Curie à Antony (Hauts-de-Seine), j'ai travaillé avec Jacques Duclos à Montreuil et j'ai aidé Louis Bayeurte à devenir maire de Fontenay... Raymonde a même été conseillère municipale pendant dix-huit ans.

Pourquoi formez-vous un nouveau comité à Fontenay en 2001 ?
R-R. Celui de Paris tournait sans nous et nous voulions continuer cette action en faveur de la mémoire. Nous avons organisé des moments inoubliables avec tous les élèves de Fontenay réunis au stade pour un hommage, un concours de sculptures à la mémoire des enfants...

Vous êtes intervenus dans les collèges et lycées de 1977 à 2015...
G. Nous avons été à la rencontre, ensemble, de plus de 13 000 élèves de tout le Val-de-Marne ! Raymonde leur parlait des enfants déportés, moi de la Résistance et des raisons qui nous ont conduits à cette guerre. La fin de 39-45 ne signifie pas la fin du racisme. Nous avons fait tout ça pour ne pas oublier, mais aussi pour ne pas que ça recommence.

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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 13:48

 

PCF - D'où vient la dégradation des services publics ?
PCF - D'où vient la dégradation des services publics ?
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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 13:40
Cocos, confinés et actifs!: Témoignage de Pierre-Yves Liziar au Relecq-Kerhuon

Secrétaire de section du PCF au Relecq-Kerhuon depuis deux ans (une section de 45 adhérents), Pierre-Yves Liziar venait d'achever une campagne de 1er tour dynamique avec "L'union pour le Relecq-Kerhuon" (PS, PCF, UDB, Citoyens) conduite par Laurent Péron, campagne qui a permis à l'équipe renouvelée de la majorité sortante de faire un score de 47%, contre 27% à la LREM, et 26% à la liste soutenue par EELV. Sans l'abstention liée au Coronavirus, la liste serait sans doute passée au 1er tour, avec plus de 50%, ce qui aurait permis d'installer le nouveau conseil municipal fin mai probablement. Là, les cartes sont un peu rebattues mais la liste d'union de la gauche, avec des forces politiques qui gèrent la ville ensemble à gauche depuis plusieurs mandats dans cette belle commune littorale active de 12 000 habitants, limitrophe de Brest, où le PCF est bien implanté - le père de Pierre-Yves, Guy, ayant d'ailleurs lui-même été élu maire du Relecq en 77 (1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 37/ Guy Liziar (1937-2010) ) devrait être réélue quand les élections seront à nouveau organisées. 

Les communistes y auront entre six et huit élus en fonction des scenarii, dont trois adjoints, des conseillers délégués, un mandat communautaire, comme dans le mandat qui se termine.

Cette présence communiste est utile pour consolider la politique sociale, mais aussi associative et culturelle (Isabelle Mazelin à la culture a eu par exemple une action très reconnue depuis plusieurs mandats, avec de nombreuses réalisations). Le Relecq-Kerhuon par exemple, dans cette période de Coronavirus, a décidé assez vite, à l'exemple de Brest, de verser un chèque bon d'achat alimentaire de 150€ par enfant (225€ en comptant mars/avril), pouvant être dépensé dans les magasins locaux du Relecq-Kerhuon, pour faire des courses alimentaires, à destination des familles les moins favorisés qui bénéficiaient de tarifs dégressifs à la cantine.  

Pierre-Yves Liziar, 48 ans, exerce par ailleurs la profession d'enseignant. Il est professeur des écoles à Guipavas. Dans ce cadre, dès le 16 mars, il a assuré pendant un mois la continuité pédagogique et l'enseignement à distance avec ses élèves par temps de confinement. Il s'est porté volontaire pour encadrer les enfants de soignants dans son école un jour par semaine et sinon, son temps a été bien occupé, à préparer ses leçons, exercices, révisions, à mettre en ligne pour que les parents et enfants y aient accès, à éviter que l'enseignement à distance n'aggrave les inégalités scolaires, à gérer l'hétérogénéité des élèves, entre ceux qu'il ne faut pas submerger de travail et ceux qui sont demandeurs et ont plus de facilités, à qui il faut donner du grain à moudre. Répondre aux questions des enfants, des familles, communiquer avec les familles des enfants qui allaient moins travailler, ou avaient plus de difficultés, fut son lot quotidien pendant un mois. Le travail sur informatique impose à tous du matériel à disposition, pas évident quand on partage son poste d'ordinateur avec ses enfants, pas évident non plus pour bon nombre de familles qui ne sont pas tous bien équipées (ordinateur, imprimante). Il a fallu s'habituer à un nouveau rythme et à des nouvelles contraintes de travail, avec des préparations différentes, plus de suivi individualisé.

Parallèlement, en tant que conseiller municipal délégué, au handicap, Pierre-Yves a pris contact avec les associations en lien avec le handicap, leur demandant si elles avaient besoin d'une spécifique, et comme ses collègues élus, en lien aussi avec les services municipaux du Relecq-Kerhuon, ils ont organisé la solidarité vis-à-vis des personnes âgées les plus isolées ou les plus fragiles, dans un premier temps celles qui avaient été déjà identifiées lors du plan canicule, puis toutes les personnes âgées volontaires. Concrètement, cela consiste à appeler environ 3 à 4 fois par semaine 2 à 3 personnes pour vérifier qu'elles aillent bien et à faire les courses aussi pour les anciens qui ne peuvent le faire. Pierre-Yves fait ainsi les courses pour deux ou trois personnes tous les vendredis. Il apprécie ce rapport d'élu de terrain et ce lien de proximité avec les personnes âgées et assure qu'avec la majorité municipale, ils réfléchissent  à comment garder le lien avec eux après le confinement. Le travail municipal est quelque peu perturbé évidemment par le confinement mais l'équipe se réunit quand même avec les services par viséoconférence toutes les semaines pour s'adapter à l'évolution des directives et aux problématiques de vie quotidienne liées au Covid-19, au confinement et à la continuité du service public.

C'est aussi par viséoconférence que Pierre-Yves Liziar a participé en tant qu'élu de la CGT Educ'action au CTSD le premier mercredi des vacances, le 15 avril, sur la carte scolaire, ne votant pas le projet de la DASEN et se disant très déçu par le peu d'écoute que l'institution a pour la parole des représentants syndicaux, toutes tendances confondues. Une parodie de démocratie sociale, regrette-t-il de constater. La rentrée des élèves le 11 mai? Cela lui parait très problématique.  Comment gérer les distances barrières avec une classe entière, comment assurer les distances et les gestes qui protègent contre la propagation du virus à la cantine, à la récré quand il pleut, en maternelle, quand les gamins vont aux toilettes? Pierre-Yves  est donc interrogatif sur le bien-fondé et les modalités de la sortie du confinement pour l'école le 11 mai alors que les étudiants ne reprendront qu'en septembre. Évidemment, il fera tout pour que les enfants continuent à apprendre dans des conditions les plus protectrices possibles. 

D'ici là, ce sont des vacances scolaires en famille, qui vont continuer à être rythmées par le travail municipal et le lien aux adhérents car la période nécessite beaucoup de communication, de réflexion et d'échanges.  

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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 07:46
Thomas Hillion, grand résistant, titulaire de la légion d'honneur et de la médaille de la résistance, militant communiste dans les Côtes d'Armor, est décédé à l'âge de 94 ans - photo Ouest-France

Thomas Hillion, grand résistant, titulaire de la légion d'honneur et de la médaille de la résistance, militant communiste dans les Côtes d'Armor, est décédé à l'âge de 94 ans - photo Ouest-France

Thomas Hillion, grand résistant, est décédé

Thomas Hillion, dit Thom, a livré son dernier combat. Résistant de la première heure, il a été président départemental de l’Association des anciens combattants et ami(e)s de la Résistance (Anacr), dans les Côtes-d’Armor.

Thomas Hillion, né le 31 août 1925, à Plouagat (Côtes-d’Armor), est mort le mardi 14 avril 2020, à l’âge de 94 ans. Dès 16 ans, en 1941, il entrera en Résistance contre les Allemands qui ont envahi la France. C’est ainsi qu’il participera à la protection de Marcel Cachin et de son épouse, exfiltrés de leur maison de Lancerf en 1942.

 

Engagement politique et syndical

Il continuera le combat jusqu’à la Libération et sera grièvement blessé à la main par l’explosion d’une grenade. Ce sera alors pour lui le temps de l’engagement politique et syndical.

 

Devenu postier, Thomas Hillion travaillera à Paris, où il militera au PCF ainsi qu’à la CGT. Et il poursuivra ces engagements lors de son retour en Bretagne, à Penvénan, créant une section communale de l’Association des anciens combattants et ami(e)s de la Résistance (Anacr), dont il deviendra le président départemental.

«  La vie de Thom aura été une vie de combats, du combat contre le joug nazi aux combats pour la justice sociale et l’émancipation humaine », saluent ses camarades de la section départementale du Parti communiste français.

Thomas Hillion, grand résistant, est décédé - Hommage de Ouest-France et du PCF Côtes d'Armor, 17 avril 2020
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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 18:00
Cocos, confinés et actifs ! - Témoignage de Christian Beaumanoir dans la presqu'île de Crozon

A l'image d'autres militants communistes finistériens, comme Martine Le Nozerh, qui s'occupe d'une jeune réfugiée syrienne à Plozévet, plusieurs autres étant aussi engagés avec le Secours Populaire ou dans d'autres réseaux de solidarité, notre camarade Christian Beaumanoir, secrétaire de section du PCF sur la presqu'île de Crozon, ancien cheminot et responsable de la CGT Cheminots, ancien élu municipal et qui milite toujours à la CGT Finistère ainsi qu'au Secours Populaire, ne chôme pas en ces temps de Corona virus. 

Il y a d'abord l'engagement au Secours Populaire pour cet homme qui a bien connu Julien Lauprêtre, "un communiste d'envergure et un mec extraordinaire".

Un engagement au Secours populaire de Crozon, dont il est le trésorier, plutôt du côté logistique et organisation que distribution alimentaire, même s'il lui arrive de livrer des personnes isolées, et d'aller chercher des aliments. Le comité Secours populaire de Crozon travaille avec 45 bénévoles, dont 20 ou 25 sont actifs régulièrement, les autres s'engageant dans les collectes alimentaires deux fois dans l'année. Il peut compter sur l'apport de deux véhicules, une camionnette et un camion. 110 à 120 familles reçoivent des produits alimentaires. Le secours populaire de Crozon ne s'est pas arrêté de distribuer des aliments pendant le Covid-19: les usagers viennent à heure fixe, une fois par semaine, mais le Secours populaire est ouvert tous les jours de semaine, le matin. L'équilibre financier est plus précaire en ces temps de corona virus avec la fermeture imposée du vestiaire à vêtements où l'on peut trouver des fringues pas chères dont la vente permet de trouver des recettes pour le Secours pop. A l'année, pour le secours populaire de Crozon, cela représente 50 000€ de recettes. Le comité ne travaille qu'avec 3000€ de subventions, 5000 à 6000€ de dons annuels, il reçoit l'équivalent de 240 000€ de nourriture à date limite d'un supermarché comme Leclerc qui valorise ensuite ses dons par un procédé de défiscalisation. 4 ou 5 passages au Leclerc sont faits chaque jour pour aller chercher de la nourriture. Les FAED, fonds d'aides européens, représentent des produits de première nécessité comme le sucre, la farine, poisson congelé, etc: c'est à peu près 25% de ce que distribue le comité du secours populaire de Crozon pendant l'année.  Mais on les reçoit de plus en plus tard. Ces aides européennes menacées et dont le maintien avait été défendu ardemment à l'époque par le député européen communiste Patrick Le Hyaric, devraient être sérieusement amputées dans le cadre de la réforme de la PAC et des orientations libérales de l'UE, sauf virage contraire. Tous les ans, le comité du Secours populaire de Crozon achète aussi pour 7000 ou 8000€ de produits frais à des agriculteurs locaux pour compléter les produits proposés aux usagers. Christian Beaumanoir y travaille comme bénévole au côté de Claude Boulic, l'ancien secrétaire général du comité, devenu aussi adhérent du PCF à la dernière fête de l'Humanité. L'augmentation de la pauvreté sur la presqu'île de Crozon se ressent. "Des gens qu'on avait pas vus depuis des années reviennent. La fréquentation du Secours populaire est aussi tributaire des cycles économiques. Mais on a pas mal de travailleurs pauvres que l'on aide. Des gens qui doivent faire des kilomètres en voiture pour bosser dans l'agro-alimentaire et qui n'ont pas les moyens de faire le plein. Tous les ans, on dépense environ 8000€ pour l'aide aux travailleurs (pleins d'essence, aides pour payer les formations, les déplacements) et pour financer des aides aux sorties des enfants organisées avec le comité départemental du Secours Populaire".

Comme militant du secours populaire, et en partenariat avec des bénévoles d'un collectif qui regroupe aussi des enseignants, des militants de la LDH, Christian Beaumanoir s'occupe aussi d'une famille tchétchène installée sur la presqu'île de Crozon pour lui livrer de la nourriture, l'aider dans ses déplacements, rencontrer le principal et les profs du collège pour assurer la continuité pédagogique avec les enfants, prendre leurs livres et leurs cours. Il salue à cet égard l'engagement formidable des enseignants et personnels du collège public de Crozon pour assurer la continuité pédagogique et le lien scolaire avec la famille. Avec une copine, il a aussi suivi et porté toute la procédure pour la demande d'asile de cette famille, avec pour l'instant des portes qui ne cessent de se fermer alors que le père est en danger en Tchétchénie: OFPRA, CNDA, et maintenant une OQTF. Malgré tout, 300 personnes soutiennent cette famille sur la presqu'île et continuent à se battre et à travailler pour faire valoir ses droits et la réalité du droit d'asile sur notre territoire français et breton. Ce collectif assure aussi l'aide minimale dans cette période particulière du confinement.

Après avoir suivi de très près la grève des cheminots contre la réforme des retraites et avoir aidé à remplir la caisse de solidarité pour les grévistes, Christian Beaumanoir, même confiné, continue à agir pour les causes qui lui sont chères, à commencer par celle de la solidarité.           

SECOURS POPULAIRE FRANÇAIS – COMITE DE LA PRESQU’ILE DE CROZON

APPEL AUX DONS

 

Depuis l’obligation de confinement pour combattre la propagation du coronavirus, le comité de Crozon ne dispose plus des ressources financières de son boutique solidaire qui lui permettaient de répondre à tous les besoins de solidarité pour les habitants de tous âges de la Presqu’ile.

La solidarité alimentaire n’a jamais été interrompue, les locaux du 38 rue de la Marne sont ouverts de 10H00 à 11H00 tous les jours de la semaine à l’exception du vendredi et du dimanche. De nombreux bénévoles maintiennent leurs engagements pour répondre aux besoins alimentaires et autres, y compris en livrant les colis alimentaires et sanitaires à domicile quand les bénéficiaires ne peuvent pas se déplacer .Nous assurons cette solidarité dans ce contexte difficile en complémentarité des actions du secours catholique et des restaurants du cœur de la presqu’Ile.

Pour continuer à assumer cette solidarité indispensable à de nombreuses familles et personnes en difficulté sur les 7 communes de la Presqu’ile, nous sollicitons votre générosité financière par l’envoi de dons de tout ordre à l’adresse suivante :

Secours populaire Comité de Crozon

38, rue de La Marne 29160 Crozon

Par avance nous vous remercions de votre générosité qui nous permettra de répondre à tous les besoins cruciaux durant la durée de ce confinement

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 07:52
Le 11 mai ne peut pas être que la rentrée de celles et ceux qui n’ont matériellement pas le choix ! (réseau école du PCF, 16 avril)

Le 11 mai ne peut pas être que la rentrée de celles et ceux qui n’ont matériellement pas le choix !

Le Président de la République a annoncé la réouverture progressive des crèches, des écoles, des collèges et des lycées à partir du 11 mai, en parallèle d’une reprise des activités économiques, sans qu’une stratégie claire de lutte contre l’épidémie ne soit avancée.

Il est clair que la réouverture des établissements ne permettra pas de respecter les gestes barrière. Comment comprendre qu’on ne puisse pas organiser le bac, mais qu’on puisse rouvrir des classes de maternelles ? Le gouvernement se moque de nous : il ne se préoccupe ni des salarié.e.s ni des familles les plus fragiles et vulnérables. Au contraire, il renonce à les protéger en les exposant les premiers à une extension de l’épidémie. En fait son objectif est de remettre le plus grand nombre de personnes au travail avec comme seul indicateur le seuil de saturation des hôpitaux.
 
Dans ce contexte, de nombreuses familles pensent déjà à déscolariser leurs enfants, pour les protéger et se protéger. Nous ne pouvons pas accepter que le 11 mai soit la rentrée de celles et ceux qui n’ont pas le choix ! 
 

La seule reprise scolaire possible est la reprise conjointe de tous les enfants, lorsque la protection de toutes et tous sera garantie (personnels de l’éducation nationale, personnels des collectivités locales, familles des enfants scolarisés et élèves). Les conditions qui rendront cette reprise possible doivent être élaborée démocratiquement, avec l’ensemble des personnels et leurs représentants, les familles, les élus locaux. L’avis du CHSCT, qui préconise le dépistage de l’ensemble des élèves et des personnels avant la reprise, doit être suivi. Les instances démocratiques doivent être réunies dans de bonnes conditions, à tous les niveaux.

M. Blanquer ne saurait être le ministre de la situation. Son mépris constant, sa mise en place brutale et chaotique des réformes du bac et du lycée, ses mensonges répétés, ont durablement sapé la confiance du corps enseignant. Il doit partir et la reprise doit être accompagnée d’un moratoire sur l’ensemble de ses réformes, sur les suppressions de postes et de classes.
 
L’école ne pourra pas reprendre comme avant: la crise sanitaire révèle à quel point elle a été fragilisée par des années de rigueur budgétaire et de réformes libérales. La reprise devra s’accompagner d’un plan d’urgence pour l’éducation nationale, pour qu’aucun élève ne soit laissé sur le bord du chemin : aménagement des contenus enseignés et des pratiques, plan de recrutement pour permettre un enseignement en groupes réduits, recréer un vivier de remplaçant-e-s, reconstruire des équipes pluri-professionnelles capables d’aider les élèves en difficulté, et garantir la présence dans chaque établissement de personnels médicaux (infirmier-e-s et médecins scolaires). Pour que la rentrée de septembre se fasse dans de bonnes conditions, c’est maintenant qu’il faut créer des postes !

La crise sanitaire et économique que nous traversons nécessite bien plus que du bricolage et de la communication. Elle doit être l’occasion d’un renouveau démocratique et de moyens financiers nouveaux dans l’ensemble des services publics. 

 
Communiqué du réseau école du PCF - 15 avril 2020
 
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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 07:18
Vincent Boulet animait pour le PCF Finistère une réunion de réflexion sur l'Europe le 8 décembre 2018 à Logonna Quimec'h

Vincent Boulet animait pour le PCF Finistère une réunion de réflexion sur l'Europe le 8 décembre 2018 à Logonna Quimec'h

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Vincent Boulet animait pour le PCF Finistère une réunion de réflexion sur l'Europe le 8 décembre 2018 à Logonna Quimec'h

Union européenne et Europe dans la crise du coronavirus

Note au CEN du PCF – Vincent Boulet – 14 avril 2020

Éléments d’analyse

Les éléments centrifuges et la crise de perspective de l’Union Européenne étaient présents bien avant la crise actuelle ; leur intensité est exacerbée et peut remettre en cause l’existence même de l’UE telle qu’elle s’est construite au moins depuis l’Acte unique de 1986.


1- La crise que traverse l’Union européenne est pire que la crise de la zone Euro de 2008-2010.

La crise actuelle accélère un certain nombre d’évolutions structurelles centrifuges :

a. L’essor de l’influence des états, et de leurs intérêts divergents, qui avait été l’une des conséquences de la crise précédente, joue désormais à plein, autour de blocs plus ou moins constitués. Ces blocs préexistaient à la crise actuelle sous une forme plus ou moins officieuse, à l’exemple de la « Ligue hanséatique » qui, depuis le Brexit, regroupe un certain nombre de pays nordiques (Pays-Bas, pays scandinaves et baltes…) défenseurs du marché unique et de l’orthodoxie budgétaire austéritaire contre tout projet d’approfondissement de l’union économique et monétaire, notamment contre toute idée de budget de la zone Euro. Certains de ces
gouvernements ont pour habitude de servir de porte-flingue aux classes dirigeantes conservatrices allemandes. Mais ces blocs se sont un peu plus formalisés par l’échange de lettres de la fin mars : avec d’une part la lettre cosignée par les premiers ministres de Belgique, Espagne, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Portugal, Slovénie adressée le 23 mars à Charles Michel, le président du Conseil
européen ; et d’autre part la lettre des états du Nord menés par l’Allemagne avec les Pays-Bas, l’Autriche et la Finlande, adressée aussi à Mario Centeno, le président de l’Eurogroupe. La divergence ne porte pas sur un sujet nouveau : la mutualisation ou non des dettes.

Ceci étant, ces différents blocs ne sont pas exempts de contradictions internes dues, d’une part, au positionnement plus ou moins central de leur propre bourgeoisie et capitalisme national dans les rapports de force internes aux bourgeoisies européennes, et d’autre part, au fait que les rapports de force politiques nationaux sont très différents : par exemple les situations de l’Espagne et de l’Italie, même si leurs gouvernements se rejoignent tactiquement, ne sont pas comparables. L’Espagne a vu récemment le caractère périphérique de son capitalisme se renforcer, ce qui n’est pas le cas de l’Italie. D’autre part, le
gouvernement espagnol, même fragile et sous pression de la droite, incontestablement progressiste, ce qui n’est pas le cas du gouvernement de coalition M5S-Parti démocrate italien qui est beaucoup plus fragile et dont la seule opposition est l’extrême-droite.

b. Les rapports de force institutionnels à l’intérieur de l’UE sont révélateurs d’une crise structurelle de haute intensité. Les discussions se font sous forme de négociation entre la technocratie libérale bruxelloise (la Commission européenne en premier lieu) et les gouvernements nationaux, qui négocient eux-mêmes entre eux.

C’est cette négociation, voire ce marchandage, entre les gouvernements nationaux qui est motrice. La seule institution démocratique de l’UE, à savoir le Parlement européen, est totalement marginalisée et réduite au simple rôle de spectatrice.

c. Les inégalités structurelles issues de la crise précédente sont toujours présentes.
On peut citer le fait que cette nouvelle crise, qui a pris rapidement une tournure industrielle, est précipitée par le coronavirus alors que les effets de la crise de la zone Euro de 2008-2010 ne sont pas résorbés, en particulier dans le domaine du travail. La moitié de la population active italienne est dépourvue d’emploi stable : elle est soit au chômage, soit en travail partiel et précaire. Le chômage atteint 30 % en Andalousie.

Alors qu’on annonce une perte totale mondiale de 25 millions d’emplois au niveau mondial, soit 4 millions de plus que lors de la crise de 2008, les perspectives sociales sont donc catastrophiques.

 

2- De manière encore plus structurelle la construction capitaliste de l’UE, qui plus est sous la forme monétariste qu’elle a prise depuis l’Acte unique de 1986 et les traités qui l’ont suivi, s’est totalement fondue dans et est devenue un outil de la mondialisation capitaliste. Elle a en effet joué un rôle clé dans la dérégulation des transactions financières, et dans les quatre dumpings écologique, social, fiscal et démocratique qui sont les bases de la mondialisation capitaliste. Son ADN est celui du libre marché, que ce soit à l’intérieur des frontières de l’UE mais aussi dans la manière dont elle conçoit les relations internationales.

Alors que les contradictions de la mondialisation capitaliste, ainsi que le discrédit auquel celle-ci doit
désormais faire face, enflent, comment l’UE au sens strict d’institution fondée sur des traités reposant sur une idéologie précise et contestée peut faire face et rebondir ? On la voyait déjà paralysée ces derniers temps, durant la dernière période de la commission Junker. Le dernier discours sur l’état de l’Union de Junker à l’automne 2018 n’avait pour seul projet concret que la défense européenne, qui avait pris un caractère central du fait de l’embourbement des autres aspects. Le green deal et la « loi climat » proposée par la
nouvelle commission Von der Leyen, qui sont par ailleurs critiquables par beaucoup d’aspects sur lesquels il n’est pas dans l’objet de cette note de revenir en détail, avaient pour objet de relancer l’UE autour d’un projet fondé sur le capitalisme vert. Il n’en reste aujourd’hui plus grand-chose.

 

3- Les réponses de l’UE à la crise ne sont pas nulles, mais leur enveloppe est clairement insuffisante et surtout elles reposent in fine sur un endettement accru des états auprès des marchés financiers.

a. Sur le plan sanitaire : les réponses sont totalement désordonnées. L’UE n’a pas de compétence propre en matière de santé.

b. Sur le plan budgétaire : l’UE a réagi à la crise beaucoup plus rapidement qu’en 2008. Le 13 mars, la Commission dégage une maigre enveloppe de 37 milliards d’euros prise sur le maigre budget de l’UE, qui s’élève au total à 169 milliards d’euros.

Surtout, elle a suspendu le Pacte de stabilité et de croissance et assoupli les mesures des traités européens qui interdisent les aides d’état aux entreprises. Ce n’est qu’une suspension d’un côté et un assouplissement de l’autre, nullement une abrogation.

La BCE a, de son côté, décidé d’injecter 750 milliards d’euros dans l’économie européenne d’ici la fin 2020, soit 6 % du PIB total de l’UE. Les états ont également pris des mesures importantes qu’au total on peut chiffrer à 3 % du PIB de la zone Euro pour les dépenses et à 16 % du PIB pour les garanties de crédit.

c. Mais ce qui domine concerne le plan politique : c’est un fiasco total, voire une faillite. Certains gouvernements sont allés jusqu’à voler des masques à d’autres, comme la République tchèque à l’Italie. Les fermetures de frontières se sont multipliées de manière unilatérale, en utilisant les précédents de la lutte contre le terrorisme ou de ce qui est présenté comme une « crise migratoire ». Le retour à la liberté de circulation dans l’espace Schengen s’annonce très lent et complexe.


d. Faute d’accord politique entre les gouvernements lors du Conseil européen du 26 mars dernier, le problème a été renvoyé à l’Eurogroupe élargi aux ministres des finances des états non membres de la zone Euro. L’accord du jeudi 9 avril, se hissant à 500 milliards d’euros, est le fruit d’un compromis assez boiteux avec les pays du Nord, qui n’ont en fait renoncé à rien sur le long terme. Cet accord est soumis à l’approbation du Conseil européen du 23 avril prochain. Le montant total : aussi bien les 750 milliards de la BCE que les 500 milliards de l’accord de l’Eurogroupe sont très loin de ce que fait la Fed aux Etats-Unis. Pour l’Italie par exemple, on estime à 50 milliards par mois le coût que le confinement a pour le pays. La Fed a
mis en place un mécanisme de transfert financier de l’économie monétaire vers l’économie réelle à hauteur de 2 000 milliards de dollars, soit 9 % du PIB.

A court terme : ces mesures ne sont pas assorties de conditions, notamment en matière de mesures d’austérité, comme cela avait le cas en 2008. Mais la porte est laissée ouverte à de futurs « ajustements » pour reprendre le jargon technocratique. Cet accord est une bouffée d’oxygène à court terme pour les états les plus touchés, notamment l’Espagne et l’Italie, sur le thème « c’est mieux que rien ».


- Soutien aux mesures de chômage partiel, y compris pour les petites entreprises et les indépendants. La Commission emprunte 100 milliards d’euros sur les marchés financiers et cela est garanti à hauteur de 25 milliards d’euros par les contributions volontaires des états, en plus de leur contribution au budget de l’UE. Mais cette enveloppe n’est donc pas payée par l’UE mais prêtée aux états membres. Le seul intérêt immédiat pour les états est que leur taux d’emprunt soit inférieur aux taux du marché. En tout état de cause, cela accroît l’endettement des états auprès des marchés financiers.

- La Banque européenne d’investissement offre une garantie des prêts que les états accordent aux entreprises, en instituant un fonds de garantie européen de 25 milliards d’euros, ce qui peut permettre
de garantir 200 milliards d’euros de crédit, notamment pour les PME. Le recours à la BEI figure d’ailleurs parmi les revendications d’un certain nombre de forces de gauche en Europe, entre autres parce que la BEI, contrairement à la BCE, n’est pas indépendante du pouvoir politique. Mais la BEI fonctionne en empruntant sur les marchés financiers.

-  Le recours au MES (Mécanisme européen de stabilité) : cette solution est encouragée par les acharnés de l’austérité du nord. Il est d’ailleurs révélateur de l’ampleur de la crise de l’UE que de telles discussions soient renvoyées à un cadre qui n’existe pas : l’Eurogroupe est en principe informel et limité aux états membres de la zone Euro mais il est présidé par un Portugais, Mario Centeno, social-libéral, et le conseil des ministres des finances des états membres n’a pas été convoqué : il aurait été présidé par la Croatie qui a la présidence tournante. On a ici une réunion de l’Eurogroupe, en principe informelle, élargie aux autres Etats de l’UE : c’est-à-dire en fait une réunion des ministres des finances des états de l’UE présidée par le président de l’Eurogroupe.

 Le rôle du gouvernement français et d’Emmanuel Macron.

La stratégie européenne de Macron s’est jusqu’à présent soldée par un échec. Sa tentative pour approfondir l’union économique et monétaire de la zone Euro et d’instaurer un budget de la zone Euro s’est heurtée à la résistance du gouvernement allemand et de ses alliés, et aussi aux propres contradictions de la ligne Macron qui voulait s’appuyer sur l’axe franco-allemand avec A. Merkel pour un objectif dont les conservateurs allemands ne veulent pas. S’il a contribué au compromis du 9 avril et s’il a signé la lettre des neuf pour les coronabonds, le comportement du gouvernement français lors de la prochaine réunion du Conseil européen sera important.


Propositions politiques que peut porter le PCF

Des mesures d’urgence nécessaires


1- La solidarité des moyens sanitaires

Les pays de l’Union européenne ont les moyens de réunir les industriels, les ingénieurs, les outils de
production pour produire des masques, des respirateurs, des médicaments. Si l’UE est incapable de
le faire, il faut passer pour cela par un cadre intergouvernemental. C’est parfaitement possible
de le faire :


- soit par la souveraineté des états qui sont parfaitement libres de mettre en place des accords intergouvernementaux, même au sein de l’UE.

- soit en actionnant le dispositif de coopération renforcée entre une partie des états membres institué par le traité d’Amsterdam en 1997, à condition de réunir au moins 9 états membres et d’être approuvée par la majorité simple du Conseil européen et par le Parlement européen. Ce mécanisme est cependant encore lourd à monter (voir ci-dessous) mais il a été institué pour contourner les blocages de l’UE.

Par exemple : un pôle public européen du médicament, dans le cadre d’une coopération choisie entre les états qui le souhaitent, permettrait de lutter contre l’emprise de la finance sur le médicament. Son objectif serait de : produire les médicaments essentiels dont la liste est fixée par l’OMS ; faire face aux pénuries récurrentes dès lors qu’un médicament n’est pas intéressant pour les actionnaires ; utiliser la licence d’office qui permet aux états de casser les brevets et de produire eux-mêmes les médicaments dont l’industrie refuse de négocier les prix ; redonner du poids à la recherche publique clinique.

2- La solidarité des moyens financiers pour les services publics de santé et pour la sauvegarde de l’emploi et des salaires


Les aides financières doivent être pérennisées, et ne pas reposer sur l’endettement des états vis-à-vis des marchés financiers.

1) Réorienter les mécanismes de création monétaire et les efforts financiers de la BCE

a) Il est possible de s’engouffrer dans la brèche ouverte par la Banque d’Angleterre, le 9 avril, qui a décidé de financer directement les mesures prises par le gouvernement britannique et par conséquent dispense ce dernier de s’endetter sur les marchés financiers. C’est une décision très importante. C’est un des tabous du néolibéralisme qui tombe ici, même si cette mesure n’est que « provisoire ».

b) La pétition initiée par Paolo Ferrero et Frédéric Boccara, adressée à la commission européenne, « L’argent de la BCE pour la santé, pas pour le capital » doit être mise en valeur et popularisée, dans le Parti et à l’extérieur.

c) Création immédiate d’un fonds européen pour la santé et pour les services publics recevant des titres à 100 ans de la BCE, non négociables sur les marchés financiers. La pétition expose les modalités de fonctionnement de ce fonds : « Il financerait par des prêts à taux nul, voire négatif, et par des avances non
remboursables les dépenses des états membres pour leur système public de santé et les autres services publics répondant à la crise du coronavirus. L’article 123, paragraphe 2, du Traité de Lisbonne le permet. Chaque état membre en bénéficierait, en proportion de sa population. Ce fonds serait géré démocratiquement, avec des représentants du Parlement européen et du Conseil économique et social européen, des représentants des parlements nationaux et des représentants des personnels des systèmes publics de santé ».

d) Instauration d’une autre sélectivité de la politique de crédit des banques aux entreprises en faveur de l’emploi et des salaires.


2) Sur les « coronabonds » : ils peuvent être rachetés par la BCE et être convertis en titres pour financer le fonds mentionné ci-dessus.


3- La protection des droits et des libertés

a. L’UE est totalement impuissante à limiter les atteintes aux droits démocratiques sur le long terme auxquels se livrent certains gouvernements de l’UE, en profitant des différentes lois d’état d’urgence. C’est le cas par exemple de la Hongrie. C’est pourtant un axe majeur et immédiat.

b. Le gouvernement portugais a annoncé une régularisation des immigrés et demandeurs d’asile en attente d’un titre de séjour pour leur donner accès aux soins. C’est une mesure à généraliser en Europe, alors que la situation des migrants est toujours aussi grave et catastrophique à la frontière gréco-turque.

4- Une action européenne à l’échelle internationale
Le comportement de l’UE à l’échelle internationale est globalement honteux et est la conséquence de son alignement sur l’Otan. Le soutien apporté aux manœuvres militaires de Trump contre le Venezuela en est la dernière preuve. Une véritable action européenne serait :
a. Levée des sanctions européennes pour les pays les plus touchés : Iran, Russie, Venezuela.
b. Action immédiate de pression sur les USA pour la levée du blocus de Cuba.

En perspective : mettre en débat un pacte social et démocratique entre les peuples et les nations européennes En d’autres termes : mettre fin à la règle d’or budgétaire pour instaurer une règle d’or sociale et
démocratique. L’histoire de la construction capitaliste de l’UE est ponctuée d’allers-retours de balancier, de plus en plus brusques et violents, entre « ajustements structurels » néolibéraux et politiques de sauvetage en catastrophe quand l’Europe se trouve au bord du gouffre.

L’ampleur des déficits annoncés (plus de 7 % du PIB pour la France sans doute en 2020) et la menace brandie par les bourgeoisies européennes d’un retour à l’austérité après la crise pose deux questions :


1- Les bourgeoisies européennes peuvent-elles le faire ? Elles ont sans nul doute la volonté d’opérer un mouvement de balancier inverse, mais auront-elles la possibilité de le faire ?


2- Comment la gauche en Europe peut-elle s’engouffrer dans les brèches ouvertes pour mettre dans le débat public la nécessaire transition vers un autre type de coopération entre les peuples et les nations d’Europe ? Et quelles sont les alliances de classe nécessaires pour ce faire afin de constituer un bloc social majoritaire dans les peuples et les nations d’Europe pour empêcher ce retour de balancier préparé par les bourgeoisies européennes ?


Quelques axes possibles :


1- Mettre fin à l’austérité européenne et à la mise sous tutelle des budgets nationaux L’austérité européenne porte une responsabilité écrasante dans le démantèlement des systèmes publics de santé. La commission a demandé 63 fois aux états membres de réduire leurs dépenses de santé.

a. Annulation complète du pacte de stabilité et de croissance. S’il est suspendu par l’activation d’une clause insérée en 2011 mais jamais mise en œuvre, le pacte de stabilité n’est pas remis en cause à ce jour : on peut parler d’un aménagement le temps de la crise.


b. Fin des programmes de surveillance des budgets nationaux par la Commission européenne (2-pack, 6-pack, « semestre européen ») qui sont certes allégés, mais nullement suspendus. Le communiqué de presse de l’Eurogroupe du 9 avril précise bien que les mesures trouvent leur place « dans le cadre d’un exercice simplifié du semestre européen ». Or, le semestre européen est en fait pire que le pacte de
stabilité et de croissance qui, lui, est un cadre général dont les états se sont d’ailleurs soustraits à plusieurs reprises par le passé (par exemple, la France et l’Allemagne en 


c. Les règles d’or budgétaires et le pacte budgétaire doivent également être annulés. L’annulation du Pacte de stabilité et de croissance et de sa logique sera complète si le Pacte budgétaire européen suit la même voie et si les règles d’or budgétaires intégrées dans les législations nationales, voire dans les constitutions
nationales, sont abolies. C’est le cas de la France qui l’a intégrée via la loi organique « relative à la programmation et à la gouvernance des finances publiques » du 17 décembre 2012.

2- Les moyens financiers

a. Remettre en cause les fondements de l’économie politique actuels de l’Euro

Le fonds européen financé par la BCE : Le fonds pour la santé qui peut être crée immédiatement (voir ci-dessus) offre une marche pour élargir ses compétences pour financer les services publics. Ce fonds, alimenté par la création monétaire de la BCE, pour financer à 0 % l’indispensable expansion des services publics dans tous les pays de l’UE : hôpital, santé, éducation, recherche, protection sociale, écologie, eau, énergie, culture, etc. Il financerait à 0 % les dettes des états si ceux-ci développent les services publics. Il serait doté d’un pilotage démocratique, associant parlementaires européens, nationaux et représentants syndicaux.

 Les missions et le statut de la BCE :
 La BCE doit appliquer une toute autre sélectivité de ses refinancements aux banques avec des critères précis pour qu’elles arrêtent de financer la spéculation, les délocalisations, les suppressions d’emploi et la pollution. Et elle doit réserver le refinancement à taux zéro, voire négatif, aux banques d’autant plus que leurs crédits d’investissement et de R&D développent l’emploi, les richesses réelles et diminuent la pollution et la consommation de matière.

Les statuts et les missions de la BCE lui confèrent pour seul rôle la lutte contre l’inflation (même les statuts de la Fed ne sont pas aussi néolibéraux) et lui interdisent de financer les déficits publics. Cela fait bien partie de l’économie politique actuelle du système Euro.


Une politique ambitieuse en termes d’investissements pour l’emploi et la transition écologique sur le long terme impose de changer les statuts de la BCE, et de la placer sous contrôle démocratique.

Poser la question du fonctionnement de l’Euro : l’annulation des règles budgétaires associés à l’Euro et le changement radical des missions et du fonctionnement de la BCE permet de s’attaquer concrètement au cœur du fonctionnement de l’Euro qui, tel qu’il a été mis en place au tournant du millénaire. Le fonctionnement actuel de l’Euro repose en effet sur un fondement qui est faux : à savoir que la contrainte budgétaire et monétaire permettrait de forcer la convergence réelle des pays européens.

b- Les aides d’Etat pour mettre en place une stratégie industrielle et des nationalisations. La Commission européenne a assoupli les règles applicables aux aides d’Etat aux entreprises, en utilisant une dérogation
prévue par les traités (article 107 du TFUE). Là encore, cette exception est temporaire et ne remet pas en cause le principe d’interdiction des aides d’Etat. Il faut donc rendre cette suspension définitive pour permettre aux Etats d’aider sous condition sociale et d’emplois les entreprises quand c’est nécessaire, notamment les PME. Cette suspension sine die d’un des principes clés des traités libéraux européens permettra aux Etats de nationaliser les secteurs vitaux de l’économie (soins, recherches,
production d’équipements médicaux).

3- La question de la dette publique : tous les états européens vont se retrouver avec au moins 10 points de PIB de dette publique supplémentaire à la fin de l’année.

a. Processus de renégociation des dettes publiques (les intérêts et les montants) pour réorienter les ressources mises sur le remboursement de la dette vers les dépenses économiques et sociales. Cela passe par un moratoire généralisé sur le remboursement des dettes publiques en Europe afin de pouvoir en identifier la partie illégitime et l’annuler. La question d’une conférence européenne sur la dette
est donc à nouveau posée.

b. Annulation de la fraction de la dette des états membres détenue par la BCE

4- Des coopérations à l’échelle européenne pour l’emploi, les salaires et l’appareil productif

a. L’échelle européenne est utilisable pour envisager des coopérations industrielles dans le cadre d’une reconversion environnementale et sociale, par des accords coopératifs non capitalistiques. Pour y parvenir, il est nécessaire que les états européens s’engagent à la relocalisation des industries stratégiques, liées
notamment, mais pas exclusivement à la santé. La remise en cause des chaînes de production et de valeur établies au niveau international dans le cadre de la mondialisation capitaliste pose la question de la relocalisation à l’échelle régionale européenne.

b. Cela implique aux mesures de protection industrielles, sociales et environnementales prises au niveau européen, dans un cadre négocié et multilatéral. Une première étape dans ce sens serait une suspension des accords de libre-échange en cours de négociation ou déjà en vigueur.

c. Un pacte protégeant les mesures sociales prises par les états membres pour l’emploi, la protection des salaires, la protection sociale, le logement, l’éducation, l’énergie et alignant ces mesures vers le mieux disant

d. La question d’une assurance chômage européenne alignée sur le mieux disant est
posée.

5- Pour la justice fiscale et la mise à contribution des entreprises

La question de la lutte contre les paradis fiscaux et contre l’évasion fiscale par l’instauration de règles fiscales communes en Europe.
-  Imposition à la source des entreprises : Le bénéfice global d’une entreprise multinationale doit être réparti entre les pays dans lesquels elle exerce son activité. Chaque état pourrait alors imposer la partie des bénéfices qui relève de son territoire. Ce qui conduit à stopper les transferts fictifs de bénéfices dans les paradis fiscaux et implique l’établissement de bases d’impositions communes à l’impôt sur les sociétés.

-  Serpent fiscal européen : taux plafond pour l’ensemble des impôts indirects et taux
planchers pour l’ensemble des impôts directs.

-  Institution d’une commission d’harmonisation fiscale attachée au Parlement européen et aux parlements nationaux composée à chaque niveau de députés, de représentants de salariés et de citoyens. Cela permet d’organiser et d’instaurer un contrôle fiscal des multinationales et de leurs filiales sur l’ensemble du territoire de l’UE via un droit de suite entre les diverses administrations financières nationales afin qu’un réel suivi des contrôles engagés soit réalisé et que des résultats tangibles en termes de sanctions puissent être obtenus.

L’ensemble de ces axes démocratiques, économiques et sociaux donnerait du contenu à un nouveau pacte social et démocratique entre les peuples et les nations d’Europe, pour des peuples et des nations libres, souveraines et associées, pour se substituer aux traités européens libéraux.

Actions envers nos partenaires européens

Il semble nécessaire d’engager des démarches auprès de nos partenaires européens pour l’élaboration de propositions conjointes des partis communistes, progressistes, de gauche en Europe. Plusieurs initiatives sont en route :
- Des initiatives bilatérales : il est nécessaire et urgent de profiter des contacts avec les forces européennes pour travailler à des propositions communes (PCE-IU, Die Linke, PTB, Syriza, PCP…).
- Dans le PGE : lors de la dernière réunion du secrétariat politique le 4 avril dernier, un groupe de travail s’est constitué sous la responsabilité d’Heinz Bierbaum, le président du PGE, dans ce sens. Le conseil des présidents a par ailleurs été saisi.
- Dans le forum européen : le groupe d’animation restreint du forum a fait la proposition au groupe élargi de retravailler à l’ordre du jour et aux modalités de travail des forces parties prenantes du forum.

Union européenne et Europe dans la crise du coronavirus (Vincent Boulet, animateur secteur Europe-International du Parti communiste)
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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 05:44

 

« Parler du jour d’après » en matière de politique de santé ouvre sur le projet d’une autre société. Au sortir de cette crise, rien ne sera plus comme avant, mais, si les peuples ne s’en mêlent pas, il n’y a aucune automaticité à ce que ce soit pour le meilleur. Les capitalistes veillent, s’adaptent et sont loin de vouloir lâcher leurs privilèges. En France, il n’y a qu’à entendre les déclarations d’un certain nombre de ministres pour en avoir confirmation !

 

 

Quant aux envolées du Président de la République sur les « héros en blouse blanche », il est à craindre qu’elles ne soient suivies d’aucun effet. Les mesures d’urgence contre le Covid-19 en sont une claire démonstration, l’argent annoncé pour répondre à la crise sanitaire n’est rien comparé à celui débloqué pour sauver les grands groupes. Deux poids, deux mesures !

Pourtant, le coronavirus révèle bel et bien l’absurdité et la dangerosité des politiques étatiques et austéritaires menées, dans le domaine de la santé, depuis les ordonnances Juppé. Et cette course aux restrictions budgétaires n’a fait que s’accélérer.

En 2004, la loi Bachelot introduit la tarification à l’activité (T2A) à l’hôpital mettant en concurrence cliniques privées et hôpitaux publics ! En vingt ans, 100 000 lits ont été fermés et en dix ans, ce sont 7 milliards d’euros qui ont été ponctionnés sur le dos des hôpitaux publics.

Les gouvernements successifs se sont éloignés de la conception de notre système de protection sociale solidaire et universelle pour considérer la santé comme une marchandise. L’hôpital devenait alors une entreprise avec, à sa tête, des technocrates obnubilés par la règle à calcul. Toutes les alertes lancées par les personnels, certaines forces syndicales et politiques ont été ignorées, voire moquées. Et de budget de la Sécurité sociale en budget de la Sécurité sociale, notre service public de santé a été mis à genoux.

« Tous les spécialistes en conviennent : le confinement total est le prix du manque de moyens, notamment à l’hôpital, dû à l’incurie des gouvernements qui se sont succédé depuis trente ans. » (1)

Les mêmes politiques ayant été appliquées à l’échelle du monde, les conséquences de ces choix néo-libéraux sont identiques partout. Comment oublier que la Commission européenne ait demandé 63 fois, de 2011 à 2018, aux États membres de réduire leurs dépenses publiques en matière de santé ? Comment accepter le silence aujourd’hui de l’UE, incapable d’apporter une réponse de solidarité, laissant chaque pays s’enfermer à l’intérieur de ses frontières, se livrant à une concurrence impitoyable pour obtenir le matériel indispensable à sauver des vies ?

Alors « le jour d’après », c’est maintenant qu’il se réfléchit.

Les propositions sont nombreuses, les expert·e·s que sont les personnels les ont déjà soumises depuis plus d’un an au gouvernement, via leurs syndicats, leurs collectifs. Nous avons, nous les parlementaires communistes, présenté une proposition de loi sur des « Mesures d’urgence pour la santé et l’hôpital » après notre tour de France des hôpitaux et des Ehpad. Toutes ces propositions dessinent un autre projet de société qui place l’humain au cœur des politiques de santé et qu’il faut imposer maintenant !

Pour y parvenir, les décisions ne peuvent pas être prises par un exécutif aux ordres de la finance. Il faut que la démocratie s’exerce à tous les niveaux en conférant des pouvoirs à celles et ceux qui travaillent dans les hôpitaux, les maternités, les Ehpad, les centres de santé, les cabinets de ville… Le budget de la Sécurité sociale ne doit plus être voté par la représentation parlementaire mais revenir, comme lors de sa création en 1945, dans le giron des partenaires sociaux et doit reposer sur les cotisations patronales et salariales. L’objectif doit être la prise en charge des soins à 100 % par la Sécu.

Mais il faut, en urgence, un plan massif d’investissements pour la santé et les hôpitaux à hauteur de 10 milliards d’euros pour embaucher, former les équipes, augmenter les salaires et rouvrir les lits qui ont été fermés ! Un moratoire sur les fermetures d’établissements et de services doit être voté, comme le stipule l’une de nos propositions de loi présentée, dès 2014, et rejetée par le Sénat. Pour réduire les déserts médicaux, des centres de santé doivent être ouverts sur l’ensemble du territoire. Un véritable partenariat médecine hospitalière et médecine de ville doit être encouragé afin de développer une politique de prévention et d’éducation à la santé.

La crise vécue dans les Ehpad, le mouvement des personnels, bien en amont, pour dénoncer l’indignité infligée à bon nombre de résident·e·s au nom de la rentabilité, doivent contraindre la société à repenser l’accompagnement des personnes en perte d’autonomie en répondant d’abord à leurs besoins quels que soient leur situation ou leur âge. On l’a vu, cette pandémie a révélé de grandes tensions sur les matériels de protection mais également les médicaments. Il est regrettable que le Conseil d’État ait rejeté les référés d’associations qui demandaient la « réquisition des moyens de production » pour y faire face.

Il est inacceptable que la France, 6e puissance économique mondiale, ne soit pas en capacité de produire ses propres médicaments et que les grands groupes pharmaceutiques utilisent les pays, en voie de développement, pour se faire un maximum de profits ! Plus généralement, il est impératif de sécuriser à nouveau l’approvisionnement des biens nécessaires à nos besoins vitaux par des filières publiques. D’où notre proposition de mettre en place un pôle public du médicament et de la recherche au plan national et européen. Dans l’immédiat, nous proposons de nous appuyer sur les pharmacies centrales de l’AP-HP et du service des armées pour assurer une production nationale, en leur donnant les moyens financiers et humains indispensables.

Toutes ces mesures sont immédiatement finançables, à condition d’en avoir la volonté politique : fin des exonérations patronales et des allègements sociaux, lutte contre l’évasion fiscale, fin du Crédit impôt recherche (CIR), rétablissement de l’ISF !

Nos sociétés viennent d’être ébranlées, nos vies quotidiennes sont bouleversées, le monde entier est à l’arrêt, tout autant qu’il est en ébullition. Profitons de ce moment inédit pour, dès à présent, travailler à la société de demain, avec toutes celles et tous ceux qui aspirent à une nouvelle humanité.

Laurence Cohen, sénatrice, membre du CN.

 

1. André Grimaldi et Frédéric Pierru, « L’hôpital, le jour d’après », Le Monde diplomatique, avril 2020.

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 05:41

 

Comme dans toutes les crises et en partant de problèmes réels, il y a la tentation pour le pouvoir politique en place de restreindre les droits et libertés publiques bien au-delà des mesures sanitaires légitimes, et de mettre en place des systèmes surdimensionnés de surveillance de la population. Dans ce contexte, les grands acteurs des services et de l’industrie du sécuritaire font feu de tout bois pour imposer et vendre leurs solutions technologiques.

 

 

Ils s’appuient sur l’idéologie libérale du solutionnisme technologique : c’est-à-dire qu’au lieu de chercher des solutions et d’affronter la crise dans un cadre politique collectif, on va chercher à dépolitiser les questions, à interdire le débat démocratique et mettre en avant des technologies qui vont faire tout reposer sur la responsabilité individuelle des personnes.

Ce processus a été à l’œuvre à la suite des attentats de 2015. Il a conduit à l’état d’urgence permanent, la dépolitisation des questions, sous couvert de « guerre au terrorisme » (ce qui ne veut rien dire) et d’« essayer de comprendre, c’est excuser, justifier… », tout en investissant massivement dans des technologies de surveillance dont l’efficacité globale est fortement à discuter.

D’une certaine manière le même scénario se reproduit autour de l’épidémie de Covid-19 et en particulier des perspectives de déconfinement. Ainsi, au mépris de l’esprit du règlement général sur la protection des données personnelles, Orange a traqué numériquement les Parisiens qui avaient fui à la campagne, alors qu’une simple mesure de la baisse du nombre de connexions aux antennes-relais de la capitale aurait suffi pour arriver à la même évaluation. Outre l’opération de culpabilisation de comportements individuels critiquables pour mieux cacher l’incurie de l’action gouvernementale, avec cette opération de traçage de masse, Orange s’est positionné sur le marché potentiel des applications numériques de surveillance liées au déconfinement, et bien sûr il n’est pas le seul.

Pour valoriser une opération de traçage numérique des personnes atteintes du Covid-19, on met en avant la réussite de Singapour dans la maîtrise de la pandémie. C’est oublier un peu rapidement que cette réussite repose essentiellement, non pas sur le traçage numérique mais sur un dépistage massif, une prise en charge systématique en quarantaine des personnes positives, un port du masque généralisé, et un nombre de lits, y compris de réanimation, par habitant très supérieur à celui de la France.

Ce qui ne veut pas dire qu’il ne soit pas nécessaire de compléter cet arsenal par une application de traçage numérique, mais celle-ci doit respecter strictement le principe de la protection des données personnelles et du consentement. Ce qui implique de ne pas centraliser les données. Ainsi, pour reprendre l’exemple de Singapour, le traçage numérique s’est organisé autour d’une application sur Smartphone permettant de garder une trace des personnes croisées à faible distance dans la journée et qui utilisent aussi l’application. La détection de ces individus se fait par « Bluetooth1 » donc sans avoir recours aux données de géolocalisation. Si après un test ou des symptômes significatifs, vous apprenez que vous avez le Covid-19, vous pouvez alors prévenir les personnes rencontrées afin qu’à leur tour elles se mettent en quarantaine et se fassent tester. Reste que le gouvernement singapourien avait promis la publication du code source de l’application sous licence logiciel libre ; or, pour l’instant il ne l’a pas fait, ce qui pose un grave problème de confiance. En France, une telle application ne pourrait être utile que si elle respectait le consentement individuel et la protection des données personnelles, si elle protégeait le secret médical. Son usage devrait être limité dans le temps et l’espace, et son code sous licence logiciel libre. Elle ne devrait être en aucun cas un outil de relégation sociale ou de discrimination. Elle ne pourrait être qu’un complément résultant d’un choix volontaire et individuel aux mesures fondamentales présidant au déconfinement et non un cache misère technologique de l’absence de tests, de masques, de structures d’accueil des personnes en quarantaine…

Il ne s’agit pas de refuser des mesures exceptionnelles justifiées et proportionnées ; mais la condition de l’efficacité et de la réussite de telles mesures est qu’elles soient consenties car exceptionnelles et limitées dans le temps, dans l’espace. Si notre pays est en situation particulièrement difficile face à cette pandémie, il ne le doit pas à un excès de démocratie et de transparence mais, au contraire, au refus de la démocratie sociale et de l’intervention citoyenne collective. Les enjeux de santé publique comme ceux du numérique et de la donnée ne sont pas technocratiques, ils sont politiques.

Plutôt que de prendre la voie libérale du solutionnisme technologique – tracer, gérer, culpabiliser individuellement, dénoncer à la vindicte populaire les moutons noirs – qui revient à privilégier le capital, les communistes font le choix de l’humain, de la solidarité, et du respect de chacune et chacun. Tisser et promouvoir des réseaux de solidarité avec les livreurs, tous les travailleurs des services publics, les privés d’emploi et de revenu, les migrants, les sans-abri, les soignants, augmenter le nombre de lits à l’hôpital, des masques pour toutes et tous, des tests massifs pour permettre à chacun de connaître son état, prendre soin de soi-même et de son entourage, en se faisant confiance les uns les autres, voilà la seule stratégie gagnante face au Covid-19. Cela passe bien sûr, à terme, à l’opposé de la startup nation, par une renaissance industrielle de notre pays dans tous les domaines.

Yann Le Pollotec, commission Révolution numérique.

 

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