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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 06:10
Christine Prunaud

Christine Prunaud

Mardi, 21 Avril, 2020 - L'Humanité
Le manque de masques et la casse de l’outil industriel

Par Christine Prunaud  Sénatrice PCF des Côtes d'Armor

Cette crise sanitaire illustre malheureusement les conséquences du déclin industriel de notre pays. Exemple le plus saisissant avec l’usine Honeywell de fabrique de masques à Plaintel (Côtes-d’Armor) pourtant rentable mais fermée en 2018.

200 millions de masques étaient produits dans cette entreprise qui a changé plusieurs fois de propriétaires mais qui ont toujours bénéficié des différentes aides publiques de l'état via le CIR ou le CICE pour laisser au final 300 salariés sur la touche.

La production a été délocalisée en Tunisie et en Chine et les outils de production ont été démantelés par un ferrailleur en février dernier alors que les signes d'une pandémie mondiale étaient plus que pressants.

Le syndicat Solidaires par son secrétaire général des Côtes d'Armor Serge Lequeau pointe très justement avec cette usine, « un condensé édifiant de tout ce que le capitalisme financier international, soutenu par des politiques néolibérales peut produire comme horreur, comme absurdité, comme aveuglement ».

En effet, des deniers publics ont servi à casser un outil industriel dont on ressent aujourd'hui l'impériosité. Ils ont aussi broyé des hommes et des femmes avec un savoir faire technique de haut niveau dans un domaine touchant à la sécurité sanitaire de tous.

Le gouvernement actuel disait encore au sujet des délocalisations il y a quelques mois : « Garder ces usines n’est pas un enjeu d’intérêt public. Laissons faire les lois du marché ! Si, un jour, nous avons des besoins, nous les importerons de Chine ! ». Mais aujourd'hui nous payons toutes et tous les prix de cette confiance aveugle dans le seul marché mondial. La France manque toujours de masques, plus de deux mois après le début de la crise. Les soignants manquent de tout et nos ministres nous demandent de faire preuve de solidarité en fabriquant des masques maison ou en faisant appel à des dons pour aider nos hôpitaux.

Comme toujours face à ce scandale, la solidarité prime avec le projet de créationd’une société coopérative industrielle qui reprendrait les activités. Cette structure reste la plus adaptée à la situation puisqu'elle permet d’associer tous les acteurs du territoire régional, à commencer par les salarié.es, mais aussi d'autres acteurs comme les structures sanitaires et médico-sociaux, ou tout collectif citoyen régionaux.... Le Conseil Départemental des Côtes d'Armor et le Conseil Régional de Bretagne ont fait part de tout leur soutien à ce projet de relance.

Mais le gouvernement par la voie de sa secrétaire d'état à l'industrie vient de doucher les espoirs en indiquant cyniquement « je sais que l'équipe est motivée. Le projet est peut-être une bonne idée mais il ya des alternatives ». Or nous constatons tous au quotidien les effets désastreux de ces alternatives.

Ainsi face au dogme néolibéral du gouvernement, c'est mon rôle de parlementaire d'accompagner cette appropriation collective des moyens de production. L'avenir est là, notre présent confiné nous le prouve bien.

Le manque de masques et la casse de l’outil industriel  - Par Christine Prunaud  Sénatrice PCF des Côtes d'Armor (L'Humanité, 21 avril 2020)

À propos de la réouverture de l’usine de fabrication de masques de Plaintel

Le contexte d’urgence sanitaire que nous connaissons au plan mondial met, aujourd’hui, particulièrement en lumière les responsabilités des décisions prises sur le plan économique et social par les États.


A l’instar de l’entreprise Luxfer dans le Puy de Dôme, unique fabricant de bouteilles d’oxygène médical en Europe, aujourd’hui en cessation d’activité, la fermeture de l’usine de fabrication de masques de Plaintel (Giffard, Dalloz puis Honeywell) en 2018 montre aujourd’hui les conséquences d’un abandon des savoir-faire et des outils industriels.

Comme pour d’autres entreprises malheureusement, ces abandons tiennent toujours à deux causes essentielles :
- la non-prise en compte des alertes des salarié·e·s et la non-anticipation des besoins industriels en matière médicale et sanitaire,
- la recherche du profit maximum et la loi du marché.

À ces causes, il faut ajouter le désengagement de l’État et des gouvernements successifs causant
irrémédiablement la chute de l’entreprise liée au marché sanitaire.

En effet, selon un article signé de Benoît Collombat et de la Cellule investigation de Radio France (1), « l’activité d’Honeywell de masques respiratoires jetables en Europe, dont celle de HSP (Honeywell Safety Products) Armor, est une activité rentable. » est-il écrit dans un rapport d’audit du groupe qui conclut : « la rentabilité économique [de l’usine] est avérée mais trop faible pour les standards du groupe Honeywell ». D’où la délocalisation vers la Tunisie et la Chine. C’est à la lumière de ces causes et de ces responsabilités qu’il est nécessaire d’envisager la reprise d’une activité industrielle sur ce secteur d’activité.

- L’outil industriel est aujourd’hui cassé et inexistant. Certes, mais l’expérience montre la nécessité de « relocaliser » certaines productions « décisives » et « vitales » afin d’en garantir la maîtrise. Le savoir-faire détenu par les salariés de Plaintel est, de ce point de vue, un atout sur lequel il faut s’appuyer.

- Il est donc également nécessaire de penser un « modèle économique » qui ne soit pas sous la coupe de la seule « concurrence libre et non faussée » et de la loi du seul profit ainsi que la garantie d’une gestion des commandes et des stocks qui permettent la viabilité du projet.

- Enfin, l’expérience le montre avec une particulière acuité : cette production doit être mise sous « surveillance » démocratique afin que de telles situations ne puissent se reproduire. Cette surveillance devra être conférée aux salariés en tout premier lieu (si on les avait écoutés, nous n’en serions pas là...), mais également à la population et ses représentants au plan local (les réponses du ministère de l’Économie sur le caractère « non stratégique » de l’entreprise sont lourds de conséquences).

La relance de l'activité engage la responsabilité de l’État à qui une part essentielle des productions de la nouvelle entreprise sera destinée. Il doit veiller à la mise à disposition des financements nécessaires à la reprise de l'activité, par l'intermédiaire de Banque Publique d’Investissement France. La Banque de France doit déclarer cette avance de fonds éligible au refinancement de la Banque Centrale Européenne au taux de - 0,75 %, actuellement pratiqué pour ses refinancements de long terme ciblés.

Nous sommes déterminés à nous associer à la recherche de solutions avec toutes les parties qui s’engagent pour construire un projet répondant aux besoins sanitaires en France.

Christine Prunaud - Sénatrice des Côtes d’Armor
Cinderella Bernard - Présidente du groupe des élus communistes au Conseil départementall
Christiane Caro – Membre de la commission nationale santé du PCF
Yannick Le Cam – Secrétaire de la fédération du PCF des Côtes d’Armor

Saint-Brieuc, le 13 avril 2020

(1) L’usine bretonne qui alimentait la France en masques : histoire secrète d’un saccage industriel - Par Benoît
Collombat et Cellule investigation de Radio France - 03/04/2020

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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 12:32
Jean Dréan - Photo Le Télégramme

Jean Dréan - Photo Le Télégramme

Cocos, confinés, et actifs:

Jean Dréan, le militant infatigable d'une société plus humaine avec les personnes âgées et les EHPAD

 

- par Ismaël Dupont
 

La crise du Covid, c'est l'annulation des rendez-vous médicaux pour les personnes âgées et certains malades: pour Jean, endoscopie reportée, kiné vestibulaire annulée, opération de la hanche reportée, achalasie reportée... La santé de la personne âgée, ce n'est pourtant pas que la protection contre le Covid-19... A croire que l'on ne meurt plus que de ça!!!

Confiné, il l'est toujours depuis quatre ans... Coco et actif, il le sera toujours, jusqu'à ses dernières forces, il l'est en tout cas depuis cinq ans qu'il est "enfermé" en EHPAD, et maintenant que les personnes âgées résidant en EHPAD vivent avec des règles de confinement (absence de visites, de déplacements, annulations des rendez-vous médicaux importants) encore plus sévère, et l'angoisse d'une propagation du virus dans l'EHPAD, Jean plaide plus que jamais pour que le PCF soit à l'initiative d'un projet de loi complet pour que le "jour d'après" ne soit plus comme avant, que l'on abandonne plus les "vieux" à des conditions de vie indignes d'une société développée, qu'on s'intéresse au temps disponible des personnels à leur côté, aux temps de toilette, de douche, pour manger, à la qualité des repas. Jean le coco confiné et actif est le président du conseil de vie sociale de sa maison de retraite confessionnelle et mène la bataille pour l'amélioration de la qualité de l'alimentation en EHPAD, lui qui ne cesse de donner des coups de main à ses camarades d'"infortune" moins bien lotis que lui. J'ai pu le constater en allant le voir à la sortie de leur cantine collective l'an passé. 

Il peut être surprenant de consacrer une page de cette rubrique à notre ami et camarade de Plouigneau et de la section PCF de Morlaix, Jean Dréan, dans un EHPAD associatif confessionnel à but non lucratif à Quimper depuis des années. Peut-on être actif dans un EHPAD? N'est-ce pas l'antichambre de la mort, le refuge de la sénilité et de la déchéance de la personne? Et bien non, on peut être militant, on peut être citoyen dans un EHPAD, et les résidents des EHPAD sont des femmes et des hommes avec les mêmes droits que les autres, c'est ce que s'évertue à clamer Jean Dréan depuis des années, alertant sa CGT, son Parti communiste, son Humanité, les ministres successifs de la santé, sur la situation intolérable qui est faite aux personnes âgées en perte d'autonomie dans notre pays, riche et dit civilisé, mais où le secteur de la "dépendance", un mot qu'il n'aime pas, ou de la "perte d'autonomie", souffre d'un énorme déficit de financement public et solidaire pour pouvoir assurer des conditions de vie dignes et épanouissantes à tous les âges de la vie, y compris au dernier. On pourrait en dire autant de manière générale avec la manière dont notre société traite les handicapés, physiques et mentaux...

Aujourd'hui, les personnes âgées en EHPAD sont nombreuses à décéder chaque jour du Covid-19. On ne les amène même pas à l'hôpital, on n'envisage pas de soins, jugés inutiles ou fatals pour eux... On n'a pas assez de médicaments pour soulager leur souffrance, de masques pour les empêcher d'être contaminés! Cette crise du Coronavirus qui braque les projecteurs sur les maisons de retraite et les EHPAD révèle sous une lumière crue l'inhumanité de notre société vis-à-vis des personnes âgées et du grand âge, et l'état de sous-investissement, d'insuffisance d'effectifs dans les EHPAD. La presse s'y intéresse, les politiques néo-libéraux au pouvoir font mine de découvrir et de s'en émouvoir alors qu'ils ont tout fait pour mettre le problème sous le tapis et reculer le temps de construire une vraie loi de prise en charge financière de la question de la perte d'autonomie, dans le cadre de la solidarité nationale et de la Sécurité sociale universelle, avec des normes contraignantes pour le ratio personnel-résidents comme en Suisse ou dans d'autres pays.  

Il faut pour construire une société civilisée pour tous les âges un effort de rassemblement et d'inventivité, de prélèvement des richesses là où elles "fuient" - profits mirifiques des actionnaires et du capital, paradis fiscaux - qui soit digne de ce que le CNR a entrepris avec la création de la Sécu, du système de retraite, des Grandes nationalisations, des bases du droit du travail et d'une République rénovée. C'est cet exemple qui inspire Jean, le résistant.   Pour Jean Dréan, qui reconnaît et salue les efforts de Christiane Caro et de l'atelier citoyen santé Bretagne du PCF (http://croizat-pcf.blogspot.com/) pour inscrire la question des Ehpad, du vieillissement, des personnes âgées, des conditions de travail des "professionnelles" qui souvent travaillent avec elles, de l'aide à domicile, de l'âgisme, au cœur de notre travail de proposition et de documentation et dénonciation du réel existant, notre parti, le PCF, n'a pas encore mis assez cette question en exergue à un niveau de volontarisme, de priorité et de proposition suffisant. Il nous faut être digne, à gauche et au parti communiste, du souffle créateur et humaniste du C.N.R. C'est en parlant aussi avec sérieux et des propositions de changement du quotidien de millions de gens qui vivent le vieillissement que l'on pourra être écoutés davantage. Jean n'est pas oublié: Laurent Brun, le responsable de la CGT Cheminots, membre de la direction du PCF, est venu le voir dans son EHPAD à Quimper en marge d'une réunion publique pour les Européennes et a passé deux heures en sa compagnie, Christiane Caro, membre de la commission nationale santé, des Côtes d'Armor, est venue le voir aussi, Patrick Le Hyaric lui répond régulièrement, c'est le cas aussi d'autres dirigeants du PCF, et des cabinets du ministère de la santé, etc. 

Mais quel effet concret jusqu'à présent? Il semble au contraire que la situation ne cesse de s'aggraver pour les personnes âgées en EHPAD et les personnels. L'état d'impréparation et d'abandon des EHPAD face au Covid-19 est à la limite de l'irresponsabilité criminelle. Depuis 5 ans en EHPAD, Jean Dréan n'a pas constaté la moindre progression dans la situation faite aux vieux, il me l'a rappelé dans un courrier pas plus tard qu'hier: 

"Dans la presse de ce jour, les voilà qui se réveillent. Tous de la même équipe. Sarkozy a trahi la parole donnée aux vieux sur la dépendance. Hollande le défroqué et son équipe disloquée ont pondu une coquille vide. Compter sur la Macronie serait une profonde erreur. Ils se soucient peu de mettre en place la civilisation du grand âge. Cependant, concernant l'Humain d'abord, il y a urgence à avoir de l'audace. Vous êtes sur de bons rails. Le TGV peut rouler contre le virus. Il doit rouler pour donner sens à la retraite".

Quand je suis arrivé à Morlaix, Annick, la femme de Jean, ancienne institutrice à l'école Jean Piaget de Kerfraval, était gravement malade déjà. Elle restait à domicile, lourdement handicapée, dans leur maison de Saint Didy, sous la protection aimante de Jean, qui m'interpellait sans cesse par courrier, en me remettant des brochures de presse, sur le scandale constituée par les retraits de financement du Conseil Départemental, pour les personnes reconnues dépendant et ayant besoin d'aides et de soins à domicile, liée à l'austérité imposée par Sarkozy, puis par Hollande.

Ensuite, par amour, quand Annick n'a plus été capable de rester à la maison, son état de santé et de perte d'autonomie nécessitant d'aller en maison de retraite médicalisée, Jean a fait le choix difficile, alors qu'il était encore très vaillant physiquement et intellectuellement, qu'il était très sociable et militant, d'accompagner son épouse en maison de retraite non loin de la maison d'une de leur fille à Quimper. Finalement, Annick est décédée il y a un peu moins de deux ans en août 2018 à Quimper, et Jean a eu beaucoup de mal à surmonter son départ.  Alain David, pour les obsèques d'Annick, avait écrit un très beau texte qui retraçait sa vie: 

ALAIN DAVID : ANNICK S’EST ETEINTE

A son arrivée à la maison de retraite Thérèse Rondeau allée de Kernisy à Quimper, l’aumônier, Louis Biannic, est venu le saluer au bout de deux jours. "Tu es communiste, j'ai été curé à Huelgoat. Mon meilleur ami était le maire communiste Alphonse Penven, député-maire à la Libération. Une page d'histoire". 

En 2019, la mère supérieure de l'EHPAD remet à Jean, qui reçoit l'Humanité et le journal de la CGT, comme les lettres du Parti communiste, chez les religieuses, le journal du diocèse, sous l'égide de l'épiscopat, avec un entretien avec le père Louis Biannic, en EHPAD, sous le titre: "Je vis mon ministère avec le handicap".

L'aumônier rend à Jean un vibrant hommage: 

" Comment votre ministère de prêtre a t-il évolué avec votre situation dans un EHPAD?

Jusqu'à présent, j'étais reconnu comme l'aumônier, je pouvais parler avec les gens, même ceux qui n'étaient pas chrétiens. Maintenant, je suis pensionnaire, je vis mon ministère avec le handicap. C'est d'abord une fraternité de misère. Ceux qui sont un peu plus valides viennent en aide. Mon grand copain est un ancien Cégétiste qui est là (* Jean note sur l'article du diocèse qu'il m'a envoyé: il est toujours cégétiste et communiste). Il est toujours attentif à la moindre personne qui a besoin. C'est lui qui apporte mon chariot jusqu'à ma chambre. Il est formidable. On découvre les gens quand on est soi-même atteint, on découvre des richesses qui passaient inaperçues avant" (le prêtre Louis Biannic). 

C'est Louis Biannic qui a assuré les obsèques religieuses d'Annick en 2018, de belle façon. Il savait qu'elle était catholique, quoique également adhérente communiste.   

Pour moi, Jean Dréan est un "Working class hero". Quelqu'un qui ne s'est jamais arrêté de chercher, de lutter, d'agir pour contribuer à créer une société meilleure, et qui incarne aussi cet idéal dans des gestes de solidarité, d'humanité, de fraternité, ici et maintenant. Quelqu'un qui par son humanité, sa gouaille et son humour pouvait faire tomber toutes les barrières et être reconnu par des gens qui n'étaient pas forcément de son bord. Et pourtant, en tant que cheminot cégétiste et communiste, c'était un vrai lutteur, prêt à mettre en boîte les briseurs de grève, à jouer des mauvais tours aux directions pour affirmer le droit syndical et la défense du service public et des droits des salariés. Comme sur la perte d'autonomie et les EHPAD, Jean m'a envoyé des centaines d'articles par courrier, même une fois reclus en EHPAD, sur la nécessité de défendre le réseau ferroviaire français contre le démantèlement, la privatisation, la vente à la découpe, de promouvoir le ferroutage, la plateforme rail-route de St Martin, de défendre la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff. Ce n'est pas du passé, Jean continue à s'intéresser à toutes ces questions, à faire des revues de presse pour documenter ses indignations.

Comme cet article, que nous avons publié dans le Chiffon Rouge en mai 2018, faisant état de l'avis alarmiste du Comité d'éthique sur la situation faite aux personnes âgées dans les EHPAD:

Le Comité d'éthique alerte sur la mise à l'écart de nos aînés (La Croix, mai 2018)

"Dans un avis rendu public en mai, dont le journal Le Croix se faisait l'écho dans un article du 17 mai 2018, le Comité national consultation d'éthique alertait sur la mise à l'écart des aînés dans la société française. Pour lui, la société confine "des personnes âgées dans des "lieux de vie" souvent violents et parfois même maltraitants". Il propose la création d'une 5e branche de la Sécurité Sociale et d'un crédit de "répit" pour les aidants:

La Croix, Pierre Bienvault, 17 mai 2018:

Quel sens peut-on donner à la "concentration" de personnes dans des "hébergements" qui sont, devenus, "souvent à leur corps défendant", leurs résidences définitives? Cette question est au cœur d'un avis sur le vieillissement rendu public par le Comité national consultation d'éthique (CCNE). Un avis au vitriol. Avec des mots forts pour souligner la manière dont notre société assure la prise en charge du grand âge. L'avis dénonce ainsi une "forme de dénégation collective du vieillissement"  et une surmédicalisation des personnes dans les dernières parties de leur vie. "Nos sociétés en confiant finalement la vieillesse et la fin de la vie à la médecine, ont confiné des personnes, en raison de leur âge et de ses contingences, dans des "lieux de vie" souvent violents et parfois même maltraitants" souligne le CCNE, présidé par le professeur Jean-François Defraissy.  Fin 2016, on recensait 577 708 personnes âgées dans des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).  Les trois quart de ces résidents auraient souhaité ne pas y vivre.  Aujourd'hui, grâce aux progrès de la médecine, l'avancée en âge se déroule souvent "en bonne santé" pendant de longues années. C'est la vieillesse "heureuse", "autonome", celle où les personnes se sentent encore pleinement intégrées à la collectivité. Puis l'âge avançant, arrive le temps des maladies aiguës, fait de "déficiences, de handicaps, et de souffrances mêlées". C'est le moment de cette vieillesse rendue invisible dans une société qui valorise la performance. "La médicalisation de la vieillesse et du vieillissement contribue très probablement à fragiliser et à vulnérabiliser certaines personnes hâtant l'apparition de leur dépendance tant physique que morale" souligne l'avis. "Il ne s'agit pas bien sûr de cesser de soigner les personnes âgées. Il faut juste s'interroger sur le sens de cette surmédicalisation que nombre d'entre eux ne souhaitent pas toujours", souligne Régis Aubry.   C'est dans ce contexte de fragilisation extrême qu'intervient l'institutionnalisation souvent contrainte et qui, selon le professeur Pierre Vandel, est un facteur de risque et de dépression. "Dans les Ehpad, 40% des résidents présentent un syndrome dépressif; 11% ont des idées de suicide", a précisé ce psychiatre lors de son audition par le CCNE, qui dresse un constat sévère.  (...) Mais l'avis ne se contente pas de ce réquisitoire. Il livre aussi diverses propositions, notamment celle de la création d'un 5e risque de la Sécurité sociale pour financer la perte d'autonomie. Un projet maintes fois évoqué mais toujours reporté par souci de ne pas instaurer de nouveaux prélèvements sociaux. Le CCNE préconise aussi des mesures fortes pour les aidants proches, notamment la création d'un "droit universel au répit" et d'un crédit de 30 jours par an, financé par la collectivité. "Si les aidants s'arrêtaient d'aider, il serait nécessaire de trouver la somme de 164 milliards d'euros pour assurer la survie des personnes dont ces aidants assuraient les fonctions vitales" souligne l'avis. 

 

Depuis cinq ans au moins, les appels, les signaux d'alarme se sont multipliés, de la part des personnels des EHPAD, des directeurs d'EHPAD et de leurs associations et syndicats représentatifs, de personnalités morales, d'anciens employés, des familles et de certains usagers, mais les gouvernements restent obstinément sourds à la souffrance et à la colère des personnels et des usagers des EHPAD, mais plus largement, de toute la filière de la prise en charge des personnes âgées en perte d'autonomie: l'aide à domicile, etc. Insuffisance de moyens financiers et humains, bas salaires, précarité, absence de temps à accorder aux personnes âgées reviennent dans tous les témoignages. 

En janvier 2018, Jean Dréan lançait lui aussi un appel, qui a même fait l'objet d'une pétition sur change.org:

Appel de Jean Dréan: pour le droit à bien vieillir, stop à la maltraitance institutionnelle vis-à-vis des personnels et des usagers des maisons de retraite! (janvier 2018)

"L'enjeu d'accompagner avec des moyens de solidarité pour bien vivre à tous les âges le vieillissement de la population devrait être une grande cause nationale. Au lieu de ça, aucune prise en compte sérieuse de l'enjeu du vieillissement et des conditions de vie des personnes âgées de la part des politiques au pouvoir depuis des années, et des politiques libérales et d'austérité qui fragilisent encore des structures et des dispositifs déjà insuffisants par le passé. 

Au lieu de ça, le secteur de l'aide à domicile est un lieu bien souvent de précarité, de bas salaire et d'exploitation pour les personnels, les financements par les départements sont fragilisés, il manque des places dans les maisons de retraite, leur financement, notamment celui des maisons de retraite publiques, est remis en cause par les nouvelles règles de tarification, et le personnel travaille bien souvent dans des conditions de sous-effectif dramatique, qui se répercutent sur les conditions d'accompagnement des personnes âgées. 

La loi d'adaptation de la société au vieillissement de 2015 a fragilisé les EHPAD publics qui constituent 43% des maisons de retraite mais accueillent 70% des résidents. Les groupes financiers s'en frottent les mains, eux qui veulent se positionner sur le marché de l'or gris sans considération sociale autre que leurs profits: les Korian, Orpea, DomusVi, Colisée, Domidep, le Noble Age, Emera.

Le risque de la réforme du financement des établissements de santé et des maisons de retraite est de voir des départements fermer des lits dans les maisons de retraite publiques, faisant par là même des économies sur l'habilitation des Ehpad à l'aide sociale assurée par les conseils départementaux. 

Gagner partout et pour tous le droit bien vieillir en rassemblant sur la base d'une considération du besoin humain primant sur les logiques de rentabilité les différents maillons de la chaîne de vie de la personne âgée dans une action, une réflexion, un service public et un financement solidaire communs, est une priorité: Maintien à domicile, Accueil en EHPAD, Prévention santé, Education continue et accès aux droits des personnes âgées (mobilité, culture, ...). 

La presse nationale et régionale se fait écho presque tous les jours du malaise et de la détresse des personnels des maisons de retraite, de leur sentiment de ne pas pouvoir faire leur travail dans des bonnes conditions, soucieuses de la dignité et du bien-être des personnes âgées. Il est temps de prendre au sérieux leurs cris d'alarme.

La situation est déjà mauvaise, quasi intenable: si les structures pour personnes âgées réduisent encore leur personnel, ce sera la catastrophe.

Le degré de civilisation d'une société se juge à la manière dont elle traite les plus vulnérables et les plus fragiles: le quasi abandon actuel du grand âge, absent des préoccupations des décideurs politiques, est inacceptable. Depuis quelques mois, il y a eu 14 suicides d'aide soignante, et personne ne semble s'en émouvoir. 

Je suis bien placé, résidant par contrainte avec mon épouse handicapée en EHPAD dans une maison de retraite associative privée à but non lucratif, pour constater: 

- que le service de semaine, c'est la course permanente

- le samedi et le dimanche, réduction du personnel oblige, c'est le marathon. Et l'épuisement en fin de journée pour les personnels. 

- pas d'infirmier ou d'infirmière de nuit. Ne pas compter sur le somnifère

- le médecin coordinateur est contraint à la présence allégée

- il n'est pas évident que les urgences hospitalières nous réservent un accueil particulier

- qui s'inquiète du plaisir de manger ces résidents en maison de retraite? A quand le bio, les produits frais? 

- qui s'inquiète de la malnutrition de certaines personnes âgées qui ne peuvent se nourrir qu'avec un encouragement patient, de l'aide et de la présence humaine? 

- des douches qu'on ne fait qu'une fois la semaine ou tous les 15 jours?    

Il est urgent de réagir, de se remettre à porter des solutions d'égalité et de solidarité pour garantir aux personnes âgées leur droit à être traités dignement, avec bienveillance, patience, professionnalisme, et une présence humaine à la hauteur.

La France est riche, on trouve des milliards pour supprimer l'ISF, faire des cadeaux aux actionnaires des grandes entreprises, aux sociétés d'autoroute, pour les bombes nucléaires, et on n'aurait pas les moyens de financer des conditions de prise en charge simplement humaine et digne pour les personnes âgées?   

Jean Dréan, retraité Cheminot et CGT, militant communiste, résident en maison de retraite à Quimper"

 

Mais les pouvoirs publics, le gouvernement regardait ailleurs. 

Comme en 2015, alors que Hollande était au pouvoir et que Marisol Touraine, comme sur l'hôpital public, a raté complètement le rendez-vous d'une réorientation de la politique de santé et vis-à-vis des personnes âgées dans le sens d'une véritable prise en compte de l'effort de solidarité à fournir. 

Sur une loi pas à la hauteur - contestée: adaptation de la société au vieillissement.

Pour la majorité des citoyens, cette loi passe à côté d'une ATTENTE MAJEURE: une prise en charge par la solidarité nationale.

Il y a urgence à remettre à l'ordre du jour les exigences exprimées sur un problème sociétal majeur que le pays doit affronter: le vieillissement.

En effet malgré les orientations politiques et les opérations d'enfumage, les Français ne voient rien venir. Il en est ainsi d'une loi qualifiée fourre-tout dite loi Macron, imposée par la force du 49/3

- Des chiffres du chômage: triturant les statistiques de pôle emploi. Voilà la nouvelle technique gouvernementale pour faire baisser le chômage.

Il risque d'en être ainsi de cette loi en gestation de longue date. Alors qu'il y a une extrême urgence: comme le clame sur les chaînes publiques le Président des Associations des Directeurs d'Etablissement, "la situation est dramatique et va devenir catastrophique".

Il faut un plan d'urgence.

Par exemple sur le Finistère l'agitation des personnels en charge des 4 maillons de la chaîne de vie des personnes âgées a trouvé large écho dans la presse. Une multitude d'appels au secours et de témoignages souvent poignants.

Pour rappel les deux les plus significatifs pleins de conviction et de dignité.

- Ceux sous les propres fenêtres de l'ex- Président du Conseil Général Maille: "dignité pour les vieux - respect, considération pour les personnels, halte à la maltraitance institutionnelle qui s'installe".

- Ceux de Morlaix: 800 personnes s'époumonant "Halte au travail à la chaîne. Néfaste pour la qualité de vie de la personne âgée, néfaste pour la sérénité, l'équilibre des personnels".

Par le plus malheureux des hasards, Monsieur le Préfet du Finistère confirmait la nécessité, la justification de ce vent de révolte "avec la réduction des dépenses publiques nous aurons des choix douloureux à faire pour les personnes, les familles".

Et voilà qu'en période estivale le calme serait revenu dans le monde du silence. N'est-on pas en droit de s'interroger sur ce "calme artificiel"?

Qu'en est-il de la rotation des personnels (service -aide-soignant) embauchés en remplacement des congés statutaires: sont-ils formés? Quel statut? Quelle expérience confirmée de la personne âgée? Pourquoi un service réduit les samedis, les dimanches? Quels moyens pour pallier aux incidents, aux accidents de la vie courante?

L'humain aurai-il des temps de relâche? Quelle réserve de personnels compétents?

A l'occasion de la canicule n'a t-on pas entendu des propos contradictoires confirmant la nécessité d'une vigilance absolue. Une situation à risques qui ne fera que s'aggraver. Pour confirmation s'imprégner des directives de Pierre Maille aux gestionnaires: "avec moins, faites plus".

Pour décider d'une réflexion concertée devant conduire à l'action, "pour une loi de progrès social" analysons quelques propos de presse provoqués par le coup de chaleur de nos aînés. Et ceci malgré les "opérations d'enfumage" de Mmes Touraine et Rossignol.

- Dans les résidences on n'a pas un moment de répit. Avec un ratio de personnel médiocre on travaille à la chaîne.

- Madame la Ministre se veut rassurante: "situation maîtrisée"

- Le Président de Samu-Urgence n'est pas de cet avis: "situation critique, alarmante".

- Le Président de A.D.P.A: L'essentiel des leçons du drame de 2003 n'a pas été tiré: l'inertie des pouvoirs publics face à la crise.

- VALLS dans sa superbe en appelle à la solidarité

- A.D.P.A l'a pris au mot et réitère la proposition de la création de 200 000 emplois. C'est un impératif éthique et ce serait en même temps une réponse à la crise économique.

La presse nous apprend qu'un délégué de A.D.P.A entamait "à pied" un tour de France de l'aide aux personnes âgées. Pour défendre leur cause. Faire émerger des points de convergence et de divergence. Tout en rappelant l'urgente nécessité de créer 200 000 emplois!

Il y a donc urgence à se rassembler, à travailler ensemble, à situer clairement les responsabilités d'une situation intolérable. Faisons notre coup de colère du président Chanvert: les politiques n'ont pas su ou voulu anticiper le vieillissement.

Ensemble, imposons-leur de voter enfin une loi de progrès social.

'Gagner partout et pour tous le bien vieillir dignement en citoyen à part entière".

Pour raison de santé de mon épouse nous avons rejoint une EHPAD en connaissance de cause. Je salue le courage de tous les personnels, leur engagement, leur dévouement pour un salaire qui n'est pas à la hauteur des exigences.

ENSEMBLE, USAGERS, FAMILLES, PERSONNELS, GENS DE PROGRES

TRAVAILLONS A L'ELABORATION D'UNE VERITABLE CIVILISATION DE LA PERSONNE AGEE, ou selon dernier congrès de la Gériatrie tout ou presque reste à inventer.

Jean Dréan (UL CGT Quimper - 9, allée Samuel Piriou, 29000 Quimper)

APPEL DU 27 AOUT 2015, toujours valable! 

 

 

Lire aussi:

Cocos, confinés et actifs!: Témoignage de Pierre-Yves Liziar au Relecq-Kerhuon

Cocos, confinés et actifs ! - Témoignage de Christian Beaumanoir dans la presqu'île de Crozon

Et pour voir les propositions, initiatives et analyses du PCF Bretagne sur la question des EHPAD: http://croizat-pcf.blogspot.com/

A Coeur ouvert n°2 - Journal de l'atelier citoyen santé Bretagne du PCF - Interview de Jean Dréan, mai 2019

A Coeur ouvert n°2 - Journal de l'atelier citoyen santé Bretagne du PCF - Interview de Jean Dréan, mai 2019

Né en 1933, Jean Dréan, l'homme à la haute stature solide de breton taillé dans le roc et au collier de barbe à la mode des certitudes anciennes, personnalité haute en couleurs que nombreux, de tous bords, connaissent et apprécient à Morlaix et à Plouigneau, vient d'intégrer une maison de retraite à Quimper pour accompagner son épouse dont les problèmes de santé s'opposaient à un retour à la maison.

Cela a été un choix douloureux pour ce pilier de la section communiste et de la CGT de Morlaix, un franc-tireur plein de crânerie, d'esprit d'indiscipline d'humour malicieux et d'intelligence, un obstiné prêt à soulever ciel et terre pour que son parti, sa CGT, ses parlementaires et ministres œuvrent enfin pour la prise en compte des enjeux du vieillissement et la mise en place d'une civilisation de la personne âgée basée sur la Sécurité Sociale Universelle et le partage des richesses.

Jean Dréan a encore toute sa lucidité, sa vivacité d'esprit, sa mémoire et des tonnes d'histoires plus ou moins exemplaires, mais souvent drôles et passionnantes, à nous raconter. Voici déjà quelques unes d'entre elles, écrites une nuit sans sommeil à la maison de retraite.

Chacun sait ce qu'il gardera de cet homme généreux et rebelle qui a su rester curieux et ouvert pour les jeunes et la nouveauté, mais son vécu n'est pas connu de tous et intéressera sans nulle doute. Il éclaire en particulier ses attaques verbales courageuses il y a quelques mois face à une Marine Le Pen méprisante et ses menaçants nervis du service d'ordre du Front National venus sonder le terrain d'une région traumatisée par la crise de l'agro-alimentaire sur le marché de Guerlesquin: s'il devait n'en rester qu'un, ce serait encore lui, n'en doutons pas, qui ferait barrage aux héritiers du fascisme et de l'OAS.

Le vécu d'un modeste citoyen engagé

Notre génération a connu des turbulences: les camps de concentration, le goulag, Oradour, la torture en Algérie, Dien Bien Phu la capitulation. Aujourd'hui tout le monde musulman est en ébullition: parfois sanguinaire, cruel, barbare. On viole, on égorge à tour de bras. Dans une indifférence coupable. Certes avec quelques réactions.

Aujourd'hui le camarade Ismaël me sollicite pour expliciter une tranche de vie, certes modeste, mais trop souvent absente de l'évolution de notre Pays, de son histoire. Le refus des guerres coloniales, le traité d'Evian. Son contenu, entre autre la coopération découlant de ce traité.

Pour expliciter, comprendre un temps soit peu mon engagement citoyen de toujours, quelques rappels.

Durant la guerre 39-45, quoique très jeune, j'ai pratiqué la débrouillardise, le chapardage, le hors la loi. Il fallait survivre: on allait mon frère et moi traire les vaches pendant la nuit, étrangler les poules. Père cheminot – il entretenait les voies près de Rosporden – il a modestement participé au sabotage de son outil de travail. Ma mère était garde-barrière: les trains ravitaillant la troupe allemande à Brest s'arrêtaient devant chez nous: des cheminots complices nous indiquaient les wagons intéressants à piller: nous récupérions de l'huile, des matières premières que nous échangions ensuite avec les paysans, parfois contre des cochons que nous envoyons en boîte de conserve à des camarades de résistance parisiens. En 44, mes parents nous envoyaient mon frère et moi avec nos deux chiens ravitailler le maquis avec une brouette: en arrivant dans les bois auprès des résistants, quelle n'a pas été ma surprise en voyant que leur commandant était mon instituteur, Mr Le Corre. Celui-ci n'a même pas eu besoin de me faire promettre de garder le secret. L'ennemi: le boche. Les cheminots résistants de toujours ont été les premiers a déclencher la Grève insurrectionnelle.

1947: ils ont continué la lutte. Soutien aux mineurs en grève en bloquant les trains de charbon. Les champions de la trahison permanente entraient en action: Jules Moch créait les CRS pour gazer les mineurs en grève.

1949: entrée à la SNCF, école d'apprentissage.

1953: adhésion à la CGT. Participation à la grève historique contre les prétentions d'une droite revancharde. Le fameux président du Conseil Laniel prétendait casser le statut de cheminot, massacrer le service public ferroviaire (déjà!). Un mois d'une grève dure. Le pays paralysé. Démission de Laniel. Décrets abrogés. Interdit du droit de grève (j'étais hors statut), j'ai été licencié. Soupe populaire à Clichy. Adhésion au PCF (mon père était déjà communiste) puis réintégration à la SNCF.

1954: Appel sous les drapeaux. Mont Valérien. La guerre d'Indochine fait rage. Les fellaghas s'agitent. Le canal de Suez s'enflamme. Nationalisé par Nasser. La France et l'Angleterre se précipitent dans une action de représailles coloniale. Les Nations Unies condamnent. La France capitule.

L'Algérie à son tour s'enflamme: les forces progressistes appellent au refus. Avec trois appelés, trois cheminots, une nuit nous inondons les murs de la Caserne d'affiches fourrnies par les cheminots communistes des ateliers de la Garenne . « Paix en Indochine, Paix en Algérie ».

Le lendemain matin, le commanbdant sonne le tocsin. Tout le monde consigné. Arrivée de la police militaire. Silence dans les rangs. Dénoncés deux mois plus tard par des « nostalgiques des colonies » du contingent comme nous. Jugement sans sommation: cellule-prison. Le commandement était désorganisé en France: les cadres de l'armée opérant en Indochine, en Algérie. Surprise un matin. Appelé au commandement de la compagnie qui m'adresse un message très particulier: « vous disparaissez du paysage, je ne veux plus entendre parler de vous ».

Destination Centre de sélection de Guingamp. Comme Testeur. Pourvu du BEPC, je faisais passer des tests aux appelés. Inespéré et hasard de son engagement.

Dix ans plus tard m'a été explicité la vérité sur ce miracle. Ce jeune commandant, rappelé à l'époque, était tout simplement le fils d'un cheminot communiste. Il avait abusé de son autorité.

Le dénouement: Ho Chi Minh triomphait, Ben Bella franchissait la frontière tunisienne avec ses troupes. La France capitulait dans la débâcle et les attentats de l'OAS.

Toutes ces péripéties digérées, je répondais à un Appel des Accords d'Evian: coopération technique en Algérie. Détaché de la SNCF à la « SNCFA ». Mon épouse acceptait un détachement d'enseignement. Bien sûr, c'était une décision d'importance. L'aventure dans un monde sortant d'une guerre salie par la torture.

Quel accueil dans ce pays meurtri, saccagé, méprisé? Embarquement Marseille pour Annaba (ex Bône). Voyage superbe en première classe (les arabes étaient entassés dans les cales) !!! Débarquement le lendemain. Quelle surprise: un pays grouillant d'arabes!!! Du soleil. Puis train pour Souk Arhas. Gros centre ferroviaire. 600 cheminots. Accueil par un cadre cheminot algérien. Qui pour me saluer me tend la main gauche. J'ai appris quelques mois après par lui-même – sans rancoeur ni haine- qu'il avait été torturé par les Paras de Le Pen.

Seul européen parmi 600 cheminots algériens. Vraiment surpris et interrogatif sur la qualité des installations ferroviaires: ce qui était manuel en France était mécanisé là-bas. C'était l'effet du plan de modernisation de Constantine. J'ai dû me former rapidement en prenant des cours du soir pour me mettre à niveau par rapport à ces installations modernes. Le monde à l'envers: c'était moi qui était censé apprendre aux autres. Le plan de Constantine et ce chemin de fer moderne était surtout là pour acheminer le fer, le phosphate, le pétrole sur l'Europe. Pas pour le bonheur du peuple algérien.

Rapidement au boulot. Accompagnateur de 8 jeunes algériens. Jeunes surpris de voir un européen en bleu de travail, sac à outils sur le dos. Moi-même, j'étais surpris du niveau de connaissance de ces jeunes algériens, des musulmans qui n'hésitaient pas à puiser une bière dans le frigo présent en permanence dans le 4/4 sur rail qui servait à nous déplacer, frigo approvisionné par mes soins.

Là aussi surprenant. Aucune rancoeur, aucun rejet de l'ordre donné, de l'engagement volontaire.

Notre parcours de travail s'étendait sur 200 km le long de la frontière tunisienne. Des paysages superbes, le maquis, le sable des montagnes. Une multitude de Djellabas. Le terrain propice à la pénétration de fellaghas dans l'Algérie Française. Là aussi, je fus surpris par l'accueil dans un monde que nous avons bafoué, massacré, traité au Napalm. J'ai visité avec le commandant de la place de Tebessa des galeries de mine qu'ils utilisaient à la barbe du colon pour franchir la frontière (technique à la Hamas).

Je passerais sur les villages de montagne passés au Napalm, les défoliants pour dénuder les caches des fellaghas.

Rien d'exceptionnel pour une guerre de pacification. Accueil dénué de tout esprit de revanche. Ce qui prouve bien comme avec le camarade Ho Chi Minh du Vietnam qu'il eut été possible d'instaurer un climat de coopération économique profitable aux peuples. De quoi écrire un roman.

Je terminerai sur quelques anecdotes.

A chaque voyage retour nous avions la possibilité de ramener une voiture neuve entièrement détaxée. Personnellement et pour cause, j'alimentais le chef de la police de Souk Arhas et le patron des douanes, ceci prouvant s'il en était besoin la tendance à la mise en place d'une Mafia qui a conduit progressivement l'Algérie à sa situation d'aujourd'hui. Ces personnages me gratifiaient de leur carte de visite. Bien utile. Par exemple, au cours d'une ballade en montagne (50° à l'ombre), dépourvu de tout papier d'identité, j'ai été embarqué brutalement par une patrouille. Mis à l'ombre. Soudain me vient l'idée de demander au chef de poste d'appeler le numéro du chef de la police sans lui dire à qui ce numéro appartenait. Garde à vous au téléphone: mille excuses et retour à la maison avec la jeep de la patrouille. La raison: entre l'Algérie et la Tunisie existait un fort trafic de Kif. Quatre anglais étaient signalés dans la montagne. Il y eut confusion à notre dépens.

Je m'appelle Dréan. A 50 km de Souk Arhas, il y avait une ville s'appelant « Drean », le nom d'un martyr de l'ALN. Les contrôles de police étaient légion, à chaque entrée de localité. Un jour, je me trouvais dans une file de contrôle. Se présente un policier. Je lui confie mon passeport: il l'ouvre, se met au garde à vous et me fait déboîter de la file, le nom l'ayant certainement impressionné. Un autre jour, un tapis que j'avais commandé arriva au bureau de poste de Drean tandis que je l'attendis chez moi pendant quatre mois.

Mon épouse, institutrice détachée, pendant 5 ans, le temps de ma coopération, fit la leçon à 40 jeunes algériens (qu'elle avait troqué contre 8 élèves français dans son école de village des Côtes du Nord). Le matin 40, l'après-midi une foule aussi impressionnante. Un silence, une discipline tout aussi surprenante. De jeunes palestiniens sortant des grandes écoles américaines – interdits de rentrer en Palestine – enseignaient l'arabe aux jeunes algériens. Coopérants, nous avions droit au consulat d'acheter du Ricard, du Porto détaxé. Ces jeunes palestiniens se faisaient un plaisir d'en déguster à la maison. Bien que musulmans m ais fortement teintés laïques. Après deux ou trois coups, le débat sur le colonialisme ressurgissait. Cordialement. Mais prévoyant et réaliste. « Ce que vous avez fait dans vos ex colonies et ailleurs, vous le paierez cher, très cher, pendant longtemps ». Un constat sans haine. Aujourd'hui nous y voilà.

J'ai connu de retour en France 20 ans après des Algériens sans pays. Après guerre, les nombreux algériens engagés dans l'Armée Française contre les nationalistes vietnamiens en Indochine ont reçu l'ordre de déserter en Indochine. Condamnés en France. Pourchassés en Algérie. Des vies brisées.

Le plus sanguinaire. Le Parti Communiste Algérien (PCA), soutien du FLN pendant la guerre de libération, y compris avec des ressortissants européens, d'ailleurs désavoués par le PCF même si celui-ci demandait la clémence pour les militants anti-colonialistes arrêtés et condamnait tortures et exécutions clandestines, était fortement implanté chez les cheminots. J'avais lié connaissance avec eux. Boumediene exile Ben Bella. Prend le pouvoir. Constatant la disparition de plusieurs camarades du P.C.A dans les gares environnantes, je m'en inquiète auprès d'un camarade de l'UGTA. Réponse: t'occupe pas de ça, c'est pas ton affaire. Huit jours après, dix d'entre eux étaient retrouvés égorgés dans un oued. Une multitude de drames affreux. J'ai connu tous les 15 jours l'atterissage d'un Boeing américain à Annihi. Repartant avec 500 jeunes algériens pour l'Afghanistan traquer les russes. Que sont-ils devenus aujourd'hui? Irak, Syrie, Mali....

Jean Dréan

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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 12:32
Déclaration du PCF Finistère – 22 avril 2020  - Dans le Finistère, Emmanuel Macron bat la campagne !

Déclaration du PCF Finistère – 23 avril 2020

Emmanuel Macron bat la campagne !

 

On est prié de battre des mains et de s'esbaudir, le Président de la République a rencontré dans notre département un vaillant agriculteur et un courageux commerçant.

On aurait pu imaginer que l'homme de l'avenir- c'est ainsi qu'il se présente ,détourne ses attentions de l’ancien monde pour se projeter dans la monde d'après la crise que nous traversons.

Il n'en est rien. En guise de paysan, présenté par certains comme un maraîcher, il adoube un des plus grands patrons de agro-industrie et le commerçant en question est à la tête d'une des plus importantes chaînes de distribution française.

Celui-ci et celui là n'auraient ils rien à voir avec la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui ?

On attendait du Président qu'il vienne soutenir une vision novatrice de la société  et notamment de l'agriculture et du commerce.

On attendait du Président qu'il appuie l'agriculture de proximité, de qualité, libérée des pesticides, de la main prétendument invisible du marché, respectueuse de l'environnement et des hommes.

On espérait qu'il annonce la fin de la concurrence exacerbée, du tous contre tous, qu'il la remplace par une politique de coopération nationale, européenne, internationale, qu'il dénonce les traités du type CETA ou Mercosur.

On espérait qu'il affirme ces principes alors que s’annonce la négociation de la PAC (Politique Agricole Commune) et qu'il s’engage à défendre une agriculture relocalisée et des pratiques agronomiques réduisant le bilan carbone des chaque tonne de nourriture produite. On espérait qu'il se mobilise pour permettre à chaque agriculteur de vivre décemment de son travail.

On pouvait croire qu'il mette fin au rapport de force disproportionné entre la grande distribution et ses quatre centrales d'achat qui étranglent les paysans en toute impunité.

Enfin on aurait aimé qu'il s'intéresse de près aux conditions de travail, aux rémunérations des salarié.e.s de la grande distribution.

De tout cela il n'en a pas été question.

Il est vrai qu'il a semblé découvrir que si la France tient ce n'est pas grâce aux actionnaires. Il a mis de côté ses insultes et ses persiflages sur « ceux qui ne sont rien », « ceux qui ne sont pas premiers de cordée » autoproclamés. C'est toujours ça de pris.

Mais le soutien affiché qu'il a tenu à apporter aux tenants de l'agro-industrie et de la grande distribution qui ont une part non négligeable dans la crise multiforme que nous subissons est un signal inquiétant pour l'avenir.

On l'aura compris , mais on s'en doutait un peu, que l'évolution du modèle agricole que la société attend, la relocalisation des productions, les circuits courts, le respect et la reconnaissance du travail des agriculteurs et des salariés de la grande distribution ne passeront pas par les fondés du pouvoir du capitalisme.

Nous ne l'oublierons pas.

Brest le 23 04 2020

 

Fédération du Parti communiste français du Finistère - 5 rue Henri Moreau - 29 200 BREST

federation@29.pcf.fr

pcf29.org

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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 12:07
Les sénateurs communistes viennent de faire adopter un amendement sur l’interdiction des aides d’Etat aux entreprises résidant dans des paradis fiscaux !

Les sénateurs communistes viennent de faire adopter un amendement sur l’interdiction des aides d’Etat aux entreprises résidant dans des paradis fiscaux !
Vivement le passage à l’Assemblée.. !

Glenn Le Saoût

" Nous débutons le débat en séance sur le projet de loi de finances rectificatif.Nous allons défendre des amendements visant à solliciter la contribution des hauts patrimoines,des dividendes,des compagnies d’assurance,des revenus les plus élevés...au nom de la solidarité et de la justice fiscale.
Dans le même esprit un amendement proposera le refus des aides d’argent public aux entreprises qui ont des liens avec les paradis fiscaux...
À suivre....

Dans le cadre du débat au Sénat sur le projet de loi de finances rectificatif,adoption contre l’avis du Gouvernement et de la Commission des Finances d’un amendement visant à empêcher le versement d’aides publiques à des entreprises ayant des liens avec les paradis fiscaux...
Amendement identique déposé par les centristes,les indépendants et le groupe communiste,républicain,citoyen et écologiste" .

Page Facebook d'Eric Bocquet

 

#COVID19 #PLFR2

110 milliards d'€ d'argent public
Aucune recette
Aucune contribution des plus riches ni des actionnaires
Des aides insuffisantes pour la population
Le logiciel libéral confirmé

➡️ Voilà pourquoi nous votons CONTRE ce nouveau plan d'urgence, comme le souligne Pascal Savoldelli.

❗️Sénat: rejet d'une aide d'urgence aux plus défavorisé.e.s❗️
Irresponsabilité et irrespect du gouvernement et de la droite!

Dans le cadre de l'examen par le Sénat du 2ème Projet de Loi de Finances Rectificatif, j'ai déposé au nom du groupe CRCE un amendement proposant d'accorder 300€ en urgence, au bénéfice des personnes et ménages les plus fragilisés par les impacts de la crise sanitaire du Covid19.

Alors que pour faire face aux multiples conséquences de la pandémie en cours, nous débattons d'un PLFR qui engage 110 milliards d'euros d'argent public, notamment pour soutenir les conditions de la reprise de l'activité des entreprises, le gouvernement et la droite via le rapporteur général LR de la commission des finances ont en une fraction de secondes émis un avis défavorable à notre amendement, sans argument aucun. « Circulez, Il n’y a rien à voir ! ».

Au moment même où les ménages populaires sont confrontés par exemple à une explosion du coût des dépenses alimentaires de 9% pour les seuls fruits et légumes et à d’autres coût de la vie qui creusent les inégalités. C'est indécent ! C’est irresponsable et irrespectueux !

 

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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 11:53
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22 avril 2020 3 22 /04 /avril /2020 14:25
Le PCF lance une grande pétition nationale - Ce n'est pas à nous de payer la crise !
Le PCF lance aujourd'hui une grande pétition nationale
Ce n'est pas à nous de payer la crise !
Nous demandons au Président et à son gouvernement de prendre d'urgence 4 mesures de solidarité nationale, qui doivent être financées par l'Etat, les banques et les profits des entreprises :
  • Blocage des prix de l'alimentation, de l'eau, de l'énergie, des télécoms et suppression de la TVA sur les produits de première nécessité.
  • Gel des loyers et des prêts immobiliers.
  • Versement d'une allocation exceptionnelle jusqu'à 300 euros par mois pour les 9 millions de français vivant sous le seuil de pauvreté.
  • Indemnisation à 100 % du chômage partiel et augmentation du SMIC de 20% et augmentation des plus bas salaires, des minimas sociaux et des pensions en conséquence.

A SIGNER ET FAIRE SIGNER EN MASSE !

La Pétition est accessible ICI ou en cliquant sur l'image :
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22 avril 2020 3 22 /04 /avril /2020 14:00
PCF - Initiatives sur le financement dans le Finistère (Communistes, 22 avril 2020)
Publié le 22/04/2020 par PCF
Sur le financement dans le Finistère

La fédération du Finistère, dont l’exécutif et le conseil départemental se réunissent en visioconférence depuis 10 jours, met à profit le confinement pour avancer sur des chantiers d’organisation importants.

  • Une communication régulière avec nos adhérents.
  • Mise à jour du fichier cociel en essayant de collecter plus d’adresses mail afin de mieux partager les informations aux adhérents.
  • Contact avec les adhérents qui n’ont pas cotisé en 2019, parfois même avant, ni début 2020.
  • Contact avec toutes les sections, certains adhérents âgés et isolés, les nouveaux adhérents.
  • Constitution de fichiers par compétences et champs d’expérience (écoles, jeunesse, poste, cheminots, agents territoriaux, entreprises...) servant de base d’intervention politique, de partage d’information et d’analyse sur la vie sociale, d’appui local aux commissions de travail nationales du Parti.
  • Reconstitution de fichiers de contacts (partenaires extérieurs, médias, sympathisants).

Parallèlement, nous lançons auprès de nos adhérents et sympathisants un appel à la souscription départementale exceptionnelle pour faire face à trois défis majeurs :

  • Le financement des élections : assurer le financement de ces élections municipales après le financement des élections européennes l’an passé où la contribution du PCF Finistère a dépassé les 20 000 €. À moyen terme nous aurons d’autres rendez-vous électoraux à préparer en 2021 : sénatoriales, départementales et régionales.
  • Faire face au manque à gagner pour certaines sections lié à l’impossibilité d’organiser des initiatives politiques traditionnelles qui faisaient aussi, en plus de leur intérêt festif et politique, rentrer de l’argent pour l’activité politique (1er Mai, fêtes d’été…). Nous attendons beaucoup de l’initiative nationale de collecte avec la vente du muguet symbolique sur Internet.
  • Financer les initiatives engagées dans le cadre du centenaire du PCF afin d’aider la fédération à verser globalement un treizième mois de cotisation à la direction nationale.

Ismaël Dupont, secrétaire départemental.

Nous vous rappelons que vos dons à l'ADF PCF 29, sont à envoyer au siège de la fédération – Fédération du Parti communiste du Finistère, 5 rue Henri Moreau, 29 200 BREST – et sont déductibles à 66 % de vos impôts.

Nous comptons sur vous!

 

PCF - Initiatives sur le financement dans le Finistère (Communistes, 22 avril 2020)
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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 15:00
Appel à souscription de la fédération du Finistère du Parti communiste - pour se donner les moyens de nos luttes!

Appel à souscription – PCF Finistère

le 19 avril 2020

Cher-e-s camarades, cher-e-s sympathisant-e-s,

Tout d'abord, au nom de la fédération du PCF du Finistère, nous voulons témoigner de notre soutien et de notre solidarité à tous ceux pour qui cette période est difficile au plan matériel, au plan humain, ou des conditions de travail. Tout le monde, à un titre ou un autre, est touché et inquiet sur les conséquences de cette crise du coronavirus. Nous pensons en particulier à ceux qui vivent seuls, à ceux qui sont âgés, malades, à ceux qui se font du souci pour leurs proches, et aussi au plan financier, car certains ont des revenus amoindris voire pas de revenus du tout et des soucis pour l'avenir.

Le Parti communiste lance depuis quelques jours au niveau du Finistère un appel à souscription exceptionnelle pour faire face à trois défis majeurs :

- Le financement des élections : Le décalage du second tour ou l'obligation possible de rejouer le 1er tour, au moins dans les villes et communes où le 1er tour du 15 mars n'a pas suffi à faire élire un conseil municipal, pourrait avoir un impact financier supplémentaire pour le PCF. Pour l'instant, l'apport de la fédération du Finistère pour soutenir les campagnes de nos candidats sur différentes communes où les communistes étaient engagés avec d'autres forces et sensibilités dans des élections municipales est déjà significatif et la contribution pourrait encore augmenter avec le report des élections liée à la crise du COVID-19. Il nous faut donc assurer le financement de ces élections municipales, après le financement des élections européennes l'an passé où la contribution du PCF Finistère a dépassé les 20 000€. A moyen terme nous aurons d'autres rendez-vous électoraux à préparer en 2021: sénatoriales, départementales et régionales. Le Parti communiste est un des partis qui dépend le moins de l'aide public et dont le financement des activités repose essentiellement sur la cotisation des adhérents (le plus grand parti de France en nombre d'adhérents), le reversement des indemnités de ses élus (qui ne gagnent pas d'argent avec leur mandat), et les dons, nombreux et importants chaque année.

- Faire face au manque à gagner pour certaines sections lié à l'impossibilité, du fait du confinement et de la crise sanitaire, d'organiser des initiatives politiques traditionnelles qui faisaient aussi, en plus de leur intérêt festif et politique, rentrer de l'argent pour l'activité politique (banquets, fêtes et repas du 1er mai, …etc). Pour les fêtes et initiatives d'été, nous sommes encore dans le brouillard sur notre capacité ou non à les maintenir. Sans doute que celles du mois de juillet dans le Pays Bigouden devraient être annulées, ce qui aura des conséquences financières. Comme beaucoup d'autres associations, le PCF est fragilisé dans son financement par cette crise du Covid.

- Soutenir la direction nationale du PCF et financer les initiatives engagées dans le cadre du centenaire du PCF . C'est pourquoi nous demandons aux adhérents et sympathisants qui le souhaitent et le peuvent de nous aider à contribuer à cet effort pour financer nos actions afin de faire connaître et célébrer la belle histoire de 100 ans de combats pour l'émancipation humaine du Parti communiste français, une histoire qui continue bien sûr, et des batailles qui ont besoin de moyens financiers pour se déployer dans un contexte de lutte de classes toujours bien présent.

Notre parti à l'échelle départementale n'a plus de salariés, de permanents, mais nous avons des locaux à entretenir et dont les charges doivent être financés, et des frais liés à nos activités politiques (journaux, tracts, formations militantes, conférences d'éducation populaire, initiatives).

Nous vous rappelons que vos dons à l'ADF PCF 29, sont à envoyer au siège de la fédération – Fédération du Parti communiste du Finistère, 5 rue Henri Moreau, 29 200 BREST – et sont déductibles à 66 % de vos impôts.

Nous comptons sur vous!

 

Cet engagement est d'autant plus important que, pour la bataille du jour d'après, le Parti communiste devra continuer à être à l'offensive pour peser afin que l'affrontement de classe intense qui devrait accompagner la crise sociale et économique liée au Coronavirus permette réellement de remettre en cause les orientations poursuivies depuis des décennies, de remises en cause de l'hôpital public, de la Sécurité Sociale, des services publics et solidarités.
 
Pour que les défenseurs du capitalisme ne fassent pas payer à ceux qui sont en première ligne aujourd'hui, les travailleurs, l'addition de la crise, ce qui pourrait se traduire par une nouvelle dégradation des droits sociaux et syndicaux.
 
Au contraire, cette période critique, qui montre l'épuisement d'un système qui nous mène dans le mur et amplifie les conséquences de l'épidémie, peut être propice pour construire un front majoritaire nouveau afin de bâtir une politique de développement humain et de progrès social remettant en cause les directives néo-libérales et capitalistes et les intérêts de la finance au niveau français, européen et mondial. Plus que jamais, nous avons besoin du Parti communiste pour mener avec d'autres ces combats. C'est pourquoi il nous faut aussi continuer à poser la question autour de nous, et c'est possible même en temps de confinement, d'une adhésion au Parti communiste.
Depuis le 1er janvier 2020, nous comptons 12 nouveaux adhérents dans la fédération, sans compter les adhésions à la JC. L'objectif départemental est d'ici la fin de l'année du centenaire de faire aussi bien que en 2019, c'est à dire de faire adhérer au moins 60 nouveaux camarades de plus dans le département.

Portez-vous bien. Prenez soin de vous.

Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère

Ronan Tanguy, trésorier du PCF Finistère

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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 06:19
Rétablir l'ISF, nationaliser, relocaliser... Les mesures à prendre de toute urgence pour les députés communistes ! - L'Humanité, Aurélien Soucheyre, jeudi 16 avril
Jeudi, 16 Avril, 2020 - L'Humanité
Rétablir l'ISF, nationaliser, relocaliser... Les mesures à prendre de toute urgence !

Emmanuel Macron dit être « en guerre ». Pourtant, beaucoup de mesures pour combattre l’épidémie de Covid-19 n’ont pas été prises. Sur la plan économique, fortunés et patronat semblent décidés à ne rien lâcher. Écologistes, insoumis et socialistes avancent des propositions et les députés PCF ont présenté 75 mesures d’urgence. En voici sept incontournables.

 

1. Sauver l’hôpital public

Où se situe la première ligne dans le pays ? Dans les hôpitaux publics. Si le confinement a été décrété afin de limiter le nombre de victimes et de ne pas submerger les hôpitaux, le soutien financier massif n’est toujours pas au rendez-vous. Des milliards ont été débloqués pour les entreprises, mais rien du côté de la Sécurité sociale. Malade, affaibli par des décennies de coupes drastiques, l’hôpital public fait pourtant face, grâce au dévouement des soignants. « Il faut de toute urgence abandonner les plans de restructuration en cours qui prévoient toujours plus de suppressions de lits et de postes, et sauver l’hôpital public », affirme l’élu PCF Pierre Dharréville. Un projet de loi, rédigé par les députés communistes après leur tour de France des hôpitaux, est déjà sur la table. « Nous pouvons débloquer 10 milliards d’euros pour les hôpitaux, afin de les redévelopper selon les besoins réels des citoyens. La santé n’est pas une marchandise, mais un droit sacré », précisent-ils, tout en appelant à supprimer la dette des hôpitaux et à augmenter les salaires des soignants. Des propositions partagées par la France insoumise, mais pas par le gouvernement, qui pourrait se servir de l’épidémie pour défendre le développement de partenariats public/privé toujours plus poussés.

2. Nationaliser, réquisitionner et relocaliser

L’Europe ne compte plus aucune fabrique de bouteilles d’oxygène, précieuses pour sauver des vies. La dernière usine Luxfer de France a cessé son activité en 2019. « Elle peut produire 200 000 bouteilles par an. Les plus légères au monde. Les salariés sont prêts à relancer l’activité en neuf semaines. Le pays doit pouvoir fabriquer des bouteilles sur son sol sans être dépendant de la production à l’étranger », insiste le député PCF André Chassaigne. Il demande en conséquence la nationalisation du site, tout comme celui de Famar, qui produit 12 médicaments d’intérêt majeur. « Les Français n’ont jamais validé la délocalisation des médicaments et la fin de leur souveraineté sanitaire », ajoute la députée FI Mathilde Panot, qui soutient les nationalisations. « Nous devons aussi créer un pôle public du médicament. Il s’agit de biens qui ne peuvent être laissés à la loi du marché », pointe Pierre Dharréville. Le député réclame des réquisitions massives afin d’équiper en masques et protections chaque salarié contraint de sortir de chez lui. Et de développer au plus vite un dépistage massif de la population.

3. Rétablir l’ISF et réaliser une révolution fiscale

L’économie est gravement fragilisée. Le gouvernement a annoncé que les Français allaient « devoir faire des efforts ». Mais lesquels ? Ceux qui en font déjà depuis des lustres ? Ou ceux qui reçoivent sans cesse des cadeaux ? La dette du pays pourrait augmenter demain de 150 milliards d’euros. Faudra-t-il sacrifier toujours plus les services publics, pourtant si utiles, pour rembourser un jour ? Face à cette situation, les parlementaires les plus à gauche de l’Hémicycle appellent à rétablir l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) au plus vite, voire à l’augmenter, et à supprimer la flat tax. De quoi rapporter plus de 5 milliards d’euros par an. Et des dizaines de milliards supplémentaires en créant de nouvelles tranches d’impôt, afin de le rendre toujours plus progressif, en faisant participer chacun selon ses moyens au redressement du pays, sans hausse pour la majorité des Français. Des plans de renégociation de la dette, qui a bondi en 2008 au moment de sauver les banques, peuvent également être échafaudés, et la part illégitime supprimée. Depuis que les Français restent chez eux, on le voit, la création de richesse s’effondre. Les petites mains sont celles qui font tourner le monde, et il apparaît plus que jamais logique de partager les fruits récoltés.

4. Obliger les banques et les assureurs à participer

L’État s’est porté garant pour 300 milliards d’euros de prêts bancaires afin de sauver le tissu économique. Mais la décision de prêter ou non revient ensuite aux banques. Les députés PCF veulent obliger les banques à prêter. Ils revendiquent de bloquer les versements de dividendes aux actionnaires, alors que les députés PS proposent une loi visant à interdire toute aide aux entreprises qui continuent d’en verser. Le gouvernement souhaite aussi mettre les assureurs au pot, pour une somme entre 200 et 400 millions d’euros. Une broutille, alors même que les assureurs ont préparé des contrats qui excluent le risque épidémique. Les parlementaires PS appellent déjà à les faire contribuer à hauteur de 500 millions d’euros. « Il faut aussi modifier les statuts de la Banque publique d’investissement afin qu’elle prenne une part importante à la sauvegarde des entreprises, et mettre en place un audit pour nationaliser les structures stratégiques », mesure l’élu PCF Sébastien Jumel.

5. Déployer un bouclier social

L’urgence, pour le gouvernement, était de déroger au droit du travail pour aller au-delà de sa durée légale, jusqu’à 60 heures par semaine pour les salariés en première ligne. Les députés PCF, en ces temps exceptionnels, exigent de ne pas aller au-delà des 48 heures légales prévues par les normes européennes. Ils demandent aussi le rétablissement des CHSCT en entreprise, l’indemnisation du chômage partiel à 100 % du salaire net au lieu de 84 %, et aussi l’interdiction « de toutes les ruptures de contrat de travail à l’initiative de l’employeur fondées sur un motif lié à la crise sanitaire ». Les insoumis veulent parallèlement « bloquer, au niveau du 1er mars, les prix à la consommation », encadrer les loyers et instaurer la gratuité pour tous « des quantités nécessaires au bien-être pour l’électricité, l’eau et le gaz ». Ils défendent aussi la « prise en charge totale par l’État des frais d’obsèques des personnes décédées du fait du virus ». Tous s’entendent pour maintenir les droits des chômeurs et des intermittents du spectacle.

6. Développer la solidarité internationale

La crise étant mondiale, les députés PCF plaident pour le développement d’une couverture de santé internationale et universelle avec l’ONU et l’OMS, l’augmentation de l’aide au développement, l’annulation de la dette des pays les plus fragiles, en plus d’un cessez-le-feu mondial et de la levée des embargos économiques. Soit l’inverse d’une compétition exacerbée pour obtenir des masques.

7. Instaurer un gouvernement d’unité nationale

Toutes ces propositions auraient pu être étudiées dans le cadre d’un « comité d’urgence nationale » proposé par les communistes et associant l’ensemble des forces politiques. L’exécutif n’en a pas voulu. EELV lui a néanmoins tendu une nouvelle perche en proposant une « grande conférence de sortie de crise » pour apporter des réponses « à la hauteur des accords de Matignon de 1936 et du Front populaire, du Conseil national de la Résistance de 1945 ou encore des accords de Grenelle de 1968 », selon son secrétaire national, Julien Bayou. Un exercice démocratique contraire, jusqu’à présent, à la pratique du pouvoir par le président Emmanuel Macron.

Aurélien Soucheyre
Rétablir l'ISF, nationaliser, relocaliser... Les mesures à prendre de toute urgence pour les députés communistes ! - L'Humanité, Aurélien Soucheyre, jeudi 16 avril
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19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 15:56
PCF Finistère -  Communiqué du 19 avril 2020 - Les émissions et journaux en langue bretonne sur France Bleu Breizh Izel doivent reprendre !
PCF Finistère -
 
Communiqué du 19 avril 2020
 
Les émissions et journaux en langue bretonne sur France Bleu Breizh Izel doivent reprendre ! 
 
Le service public d'information est un vecteur essentiel pour une information de qualité et une conception démocratique de la culture impliquant sa dimension populaire et vivante, et donc l'existence publique, la promotion des langues et cultures régionales, ainsi que la mise en avant des activités de créations et des activités sociales porteuses de sens sur tout le territoire, en dehors d'une vision uniforme et standardisée de la culture.
 
C'est pourquoi nous regrettons que France 3, dans le sens d'une recentralisation dictée par des règles d'austérité et d'une réduction des postes, ait réduit sa voilure il y a trois ans dans les territoires et ait moins de moyens et de temps d'information locale pour le Finistère.
 
C'est pourquoi aussi, aujourd'hui, à l'instar du syndicat SNJ CGT des journalistes, la fédération PCF du Finistère dénonce la suspension des émissions bretonnantes sur France Bleu Breizh Izel depuis le début de la crise du Covid-19.
 
Pourquoi les émissions et rendez-vous d'information en langue bretonne devraient-ils s'arrêter sur la radio publique régionale dépendant du réseau France Bleu de Radio France? C'est la première fois depuis 1982 que l'on n'entend plus de breton sur le service public. Les locuteurs bretons et les habitués de ces émissions ont-ils disparu pour autant pendant la crise du coronavirus? Veut-on nous habituer à des renoncements plus durables? 
 
Pourtant, le lien aux langues et cultures régionales fait partie des obligations de service public de Radio France depuis la décentralisation. Pourquoi ne plus permettre en Bretagne aux journalistes bilingues de faire leur métier alors que les émissions en langue basque, par exemple, sur France Bleu pays basque, ont été maintenues?
 
Le PCF Finistère demande un rétablissement rapide des émissions et journaux en langue bretonne sur France Bleu Breizh Izel.
 
Nous voulons des garanties de long terme sur la représentation des langues et cultures régionales dans le service public d'information qui doit être partiellement décentralisé et avoir les moyens de produire une information et des contenus culturels de qualité. Notre langue bretonne est un patrimoine commun précieux qu'il est du devoir des médias publics de faire entendre et connaître.        
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