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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 06:22
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord

Déconfinement : "Nous estimons que ce plan est dangereux" dit Fabien Roussel, secrétaire générale du PC

 

Le chef du Parti communiste estime que le plan dévoilé par le Premier ministre est précipité et qu'il répond "aux besoins de la machine économique" plutôt qu'à un souhait "de créer les conditions de la sécurité pour tous".

"Nous estimons que ce plan de déconfinement est dangereux" dit Fabien Roussel, secrétaire général du Parti communiste et député du Nord sur franceinfo, mardi 28 avril, après l'allocution du Premier ministre Édouard Philippe.

franceinfo : Est-ce que vous votez pour ce plan finement présenté par Edouard Philippe?

Fabien Roussel : Non. L'exercice était difficile parce qu'on a découvert ce plan de déconfinement à 15 heures, comme tout le monde, on ne l'a même pas eu en amont pour pouvoir l'étudier. Nous avons donc déterminé notre vote à l'écoute de ce plan et nous estimons que ce plan est dangereux. Le mot est lourd, mais il y a tellement d'approximations, d'incertitudes, de flou, que face à un tel virus, aussi dangereux, nous ne pouvons plus laisser place à tant d'incertitudes et d'approximations. Organiser un déconfinement est certainement plus difficile que d'organiser le confinement et pour permettre à chacun de vivre avec le virus, tant qu'on n'a pas de vaccin, il faut garantir des sécurités sanitaires pour tous. Avec le même accès à la sécurité sanitaire pour tous, sur tout le territoire, en France comme dans les Outre-mer. Et pour cela, il y avait plusieurs choses à prendre comme décisions et que nous attendions.

Nous demandions à ce qu'il y ait des moyens humains qui soient mis dans les écoles pour pouvoir organiser la reprise.

Fabien Roussel

Par exemple, nous demandons à ce que chacun de nos concitoyens ait accès à un, voire deux ou trois masques gratuits à usage multiple et aux normes, c'est le minimum. À ce sujet, le Premier ministre n'a pas fait d'annonces précises sur la manière dont ça allait être organisé, ni sur le fait que ça allait être gratuit. Il a dit que ce serait accessible dans les pharmacies et au prix que décideront les pharmaciens. Nous demandions à ce que ces prix soient encadrés. Nous n'avons pas de réponse non plus là-dessus. Nous voulons la reprise de l'école, mais pas à cette date du 11 mai qui est trop précipitée. C'est pour cela que nous demandons à ce que le temps soit pris et on peut prendre quelques jours de plus pour organiser la rentrée et y mettre les moyens humains nécessaires.

Comment aurait-il fallu procéder pour cette rentrée ?

Elle se fait de manière très inégalitaire. On est en République quand même, on doit tous avoir accès à la même école et partout dans tout le territoire. Or, ce ne sera pas le cas et c'est sur la base du volontariat en plus. Quelle est la part du volontariat pour un salarié qui est au chômage partiel, qui touche un salaire partiel et qui n'aura pas d'autre choix que de mettre ses enfants à l'école, parce qu'il est obligé d'aller travailler. Il aura peur que le virus rentre à la maison le soir ! Et à l'inverse, ceux qui ne veulent pas mettre leurs enfants à l'école, est-ce qu'ils ont la possibilité, l'autorisation de les garder chez eux et donc de ne pas reprendre le travail sans être menacé de licenciement ou de perte de salaire ? Ces questions sont sans réponse. Ce n'est pas prévu, ce n'est pas organisé. Nous avons le sentiment que cette reprise est précipitée et qu'elle est plus soumise à des injonctions économiques, aux besoin de la machine économique plutôt qu'une réponse pour nos enfants, pour la continuité pédagogique, plutôt que de créer les conditions de la sécurité pour tous.

 

Combien ils seront à Renault Douai demain ? Là où il y a 3 000 salariés. Ils vont diviser les effectifs par trois pour produire les voitures ou ils vont leur demander de continuer à travailler les uns sur les autres sur les chaînes de montage ?

Fabien Roussel, secrétaire général du PC

 

 

Il ne fallait pas faire repartir la machine économique ?

Cette question économique, elle est entendable. Personne ne dit qu'il faut continuer à bloquer l'économie encore pendant des semaines, des mois, jusqu'à ce que nous trouvions le vaccin. Et ce n'est pas ce que nous disons, nous, communistes. Pour nous, le travail, c'est la conquête de la dignité humaine. C'est le propre de l'homme et nous avons tous besoin d'avoir une place dans la société à travers le travail. Mais pas dans ces conditions-là. Aujourd'hui, le Premier ministre renvoie aux chefs d'entreprise le soin d'organiser la sécurité sanitaire au travail, alors que c'est ce même gouvernement qui a supprimé les CHSCT, alors que les salariés et les syndicats ont moins de pouvoir au sein des entreprises. Qui va vérifier les conditions sanitaires au travail ? Comment ça va être organisé ? Aujourd'hui à l'Assemblée nationale, nous sommes 75 et nous n'avons pas le droit d'être plus que 75 députés dans l'hémicycle au lieu de 577. C'est ça la réalité : comment nous organisons le travail différemment, les horaires de travail, les conditions de travail pour faire en sorte que la machine économique reparte, mais pas au prix de la vie. Pas en allant au travail la peur au ventre. Nous devons faire fonctionner notre pays, mais en créant des conditions de sécurité sanitaire pour tous et nous pensons que c'est possible. Les syndicats font eux mêmes des propositions pour retrouver le travail, mais dans des conditions garanties pour tous.

Est-ce que les collectivités ont les moyens réellement de s'occuper de toutes les modalités au cas par cas du déconfinement dans leur territoire ?

Mais non. Et ils le disent depuis plusieurs semaines et depuis que le président de la République a annoncé cette date du 11 mai. Tout le monde appelle à la concertation avec les élus locaux. Le président de la République et le Premier ministre l'ont entendu et ils ont écouté les élus locaux. Mais les élus locaux ont bien dit qu'ils n'avaient pas la capacité eux-mêmes d'apporter du personnel supplémentaire dans les écoles pour garder les enfants, puisque c'est ce qui leur est demandé. Quand on met 15 élèves par classe sur une classe de 35, il y aura 15 élèves avec un instituteur ou institutrice et pour les 15 autres élèves on demande aux élus locaux de trouver du personnel municipal pour les garder. Faire de l'activité sportive, de l'éducation civique. Mais comment ? Il est où ce personnel municipal ? On a supprimé les contrats aidés. Ce gouvernement a supprimé les contrats aidés. On a baissé les budgets des collectivités. Il y a une directrice d'école qui a dit dans un de mes villages, on me demande de faire de la garderie sans moyens supplémentaires. L'école, ce n'est pas ça. Pour créer les conditions pour que les enfants sortent de chez eux, il faut que l'on mette les moyens en face.

(https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/deconfinement-nous-estimons-que-ce-plan-est-dangereux-dit-fabien-roussel-secretaire-generale-du-pc_3913855.html?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&Echobox=1588103026&fbclid=IwAR2sJ02x6Y9jrRz9zXzmfD7sN8EIDxoVe7gVY0WnbN4WKaeEuZPW6yyCURU#xtor=CS1-746)

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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 17:51
Le premier ministre se défausse du déconfinement sur les maires: c'est inacceptable - La coopérative des élus communistes

L’intervention du Premier ministre Édouard Philippe, ce jour, à l’Assemblée nationale, pour
préciser le plan de déconfinement au 11 mai, n’a pas répondu aux très nombreuses questions
que les élus locaux, à l’instar des Françaises et les Français, se posent.
Le seul fil rouge de ce plan semble de vouloir redonner la patate chaude d’un déconfinement
nécessairement très complexe aux élus de terrain, sans leur donner les moyens de le réussir.

Le Gouvernement croit-il de cette façon se protéger de la colère légitime des Français face
aux multiples injonctions contradictoires qu’ils entendent depuis plusieurs semaines ?

• Ainsi, le Premier ministre a annoncé qu’il y aurait suffisamment de masques pour le 11
mai. Ce n’est pas ce que nous constatons dans certains de nos territoires. Pourtant, les
communes sont d’ores et déjà mises sous pression pour suppléer aux carences de l’État
en la matière.

• Sur la question particulièrement délicate de la reprise scolaire, le Premier ministre est
resté dramatiquement flou, préférant laisser « le maximum de souplesse au terrain ». C’est
particulièrement malvenu, alors que les difficultés pratiques qui se posent aux élus locaux
s’accumulent : comment adapter les capacités d’accueil des écoles ? Comment choisir
les élèves ? Comment faire respecter la distanciation physique ? Quid des modalités de
désinfection des locaux ?

• Concernant la mise en place de brigades chargées d’identifier les cas contacts, le Premier
ministre a déclaré que les agents des collectivités territoriales pourraient être mis à
contribution. Comment sécuriser cette mise en première ligne de nos agents et veiller au
bon fonctionnement de nos collectivités avec cette ponction réalisée sans concertation ?

Alors que le flou demeure et que rien ne semble réellement prêt au vu du manque criant de
masques et de tests qui demeure dans nos territoires, comment faire en sorte que les objectifs
d’un déconfinement réussi soient atteints avec un délai aussi court que celui du 11 mai ?

Ainsi, sous prétexte de laisser des marges de manœuvres aux acteurs locaux, le Premier
ministre se décharge de sa responsabilité, notamment sur les maires, alors que ceux-ci n’ont
pas les moyens, ni humains, ni financiers, ni techniques, de réussir le déconfinement tant les
questions non-tranchées demeurent. Du reste, rien n’a été dit sur les graves effets sociaux
de la crise sanitaire, ni sur la nécessité de revaloriser les professions essentielles comme par
exemple en dégelant le point d’indice des agents de la fonction publique territoriale.

La Coopérative des Élu·e·s communistes et partenaires, qui regroupe plus de 6000 élus
locaux de différents territoires et de différentes responsabilités dont 600 maires, demande en
urgence un plan de soutien financier aux collectivités, au même titre que celui qui a été décidé
pour les entreprises. Dans les quartiers populaires comme dans nos villages, nous voulons
avoir les moyens de satisfaire les besoins de nos populations dans le respect des règles
de sécurité sanitaire. Cette exigence est indispensable pour garantir l’égalité républicaine et
éviter de renforcer les disparités territoriales.

COMMUNISTES & PARTENAIRES Paris, le 28 avril 2020

contact@cooperativedeselus.fr | Facebook & Twitter : @CoopDesElus COMMUNISTES & PARTENAIRES

 
 
 

Cher·e ami·e, cher·e camarade,

 

Tu trouveras en cliquant sur le bouton ci-dessous la réaction de La Coopérative des Élu·e·s Communistes et Partenaires à la présentation, cet après-midi, par le Premier ministre du plan de déconfinement.

 

Amitiés fraternelles,

Le secrétariat de La Coopérative des Élu·e·s Communistes et Partenaires.

 
Communiqué du 28 avril 2020
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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 06:34
PCF Finistère - Adhérer au Parti communiste, le choix du partage et de l'Humain d'abord!

Adhérer au PCF, le choix du partage et de l'Humain d'abord 

En 2019, 60 nouveaux adhérents ont rejoint le PCF dans le Finistère et une dizaine de jeunes ont rejoint la JC dans notre département parallèlement. Parce que les enjeux sociaux et politiques du moment sont cruciaux, nous voulons faire au moins aussi bien en 2020, année du centenaire du PCF.

Les enjeux sont énormes: on le voit avec la casse de l'hôpital public, les conséquences des ravages environnementaux sur la santé et la qualité de vie, la domination des logiques de privatisation et de rentabilité financière sur le secteur du médicament, l'aide sélective aux entreprises pour les gros du CAC 40, le niveau d'absence de planification des mesures de prévention et de protection sur la crise du coronavirus, l'incurie de l’État pour sauver nos vies, après qu'il soit passé en force pour les durcir considérablement avec la réforme des retraites, de l'assurance chômage, du droit du travail.

Combattre Macron et les forces capitalistes qu'il représente, opposer une alternative à la progression des idées de l'extrême-droite et au rejet de la politique, exigent un parti communiste fort, plus fort, actif, plus actif, en prise avec les attentes de la population.

Pour la deuxième année consécutive, selon la commission nationale des comptes de campagne et des comptes des partis politiques, le PCF est le deuxième parti de France en nombre d'adhérents cotisants.Nous nous en réjouissons même si cela traduit plus l'effondrement militant des autres partis qu'une progression du nôtre en terme de nombre d'adhérents. En tout cas, nous ne reculons pas trop. Nos militants sont fidèles et de nouveaux adhérents arrivent, de tous les horizons, les âges, les milieux, prêts à s'investir.

Dans le Finistère, nous comptons environ 850 adhérents, dont près de 600 à jour de cotisation, une vingtaine de sections, et sans doute au moins une quarantaine d'élus au sortir des prochaines municipales.

Nous avons un lien avec le monde syndical et le monde associatif, et nous essayons d'être présents au maximum de nos possibilités dans les luttes pour la défense des services publics, des salariés, des déshérités, tout en offrant des perspectives en terme de solutions de long terme pour construire des alternatives, en tenant aussi une ligne de rassemblement dans la diversité sur de la gauche sur des objectifs de progrès sociaux et démocratiques.

Notre parti va fêter ses cent ans à la fin de l'année, c'est un parti bien vivant et démocratique que beaucoup de jeunes rejoignent pour agir contre la domination capitaliste et patriarcale, contre le racisme et la xénophobie, pour le paix, parce que le communisme est la jeunesse du monde.

L'humain d'abord est inscrit dans notre culture politique à travers nos fêtes de la fraternité comme nos actions concrètes. Des initiatives rassembleuses et porteuses politiquement qui sont progressivement suspendues malheureusement pendant la crise du Covid-19.

Nous avons la culture du militantisme au quotidien et du débat et refusons aussi bien la politique opportuniste, les dérives présidentialistes de personnalisation et de délégation du pouvoir que les stratégies populistes qui cherchent à diviser plutôt qu'à rassembler le camp de ceux qui ont intérêt à un vrai changement de système pour combattre et dépasser le capitalisme.

Adhérer au PCF, c'est se rendre acteur pour changer la société. C'est convertir sa révolte et son refus en action collective, c'est rejoindre le camp des gens qui se mettent debout contre l'injustice !

C'est donner de la force aussi à nos parlementaires, qui dans les deux groupes à l'Assemblée et au Sénat, proposent des alternatives aux politiques néo-libérales, luttent contre elles d'arrache-pied, construire aussi des propositions concrètes, dans un très grand respect de la dignité de leur fonction et des citoyens, se faisant bien souvent les porte-voix des attentes des classes populaires, des organisations syndicales, des partisans de la paix et de la solidarité internationale, ce qui est aussi le cas de nos élus locaux.

 

 https://www.pcf.fr/mon_pcf_adhesion

 

Fédération du Parti communiste français du Finistère - 5 rue Henri Moreau - 29 200 BREST

federation@29.pcf.fr

pcf29.org

PCF Finistère - Adhérer au Parti communiste, le choix du partage et de l'Humain d'abord!
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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 06:33
Comme chaque 1er mai, mais dans des conditions inédites, le PCF se mobilise avec les citoyen.ne.s!

1er MAI : MASQUÉS PAS MUSELÉS !

A l'occasion de la journée internationale des droits des travailleurs, dans les conditions spéciales du confinement et de la lutte contre le COVID-19, le PCF se mobilise pour défendre les droits des travailleurs et faire entendre la voix des salariés dans le pays. 
A cet effet, le PCF organise une série d'initiatives :
Jeudi 30 avril 
* 17h30 Table ronde en direct : 1er mai, masqués mais pas muselés !
Rendez-vous sur la page Facebook du PCF avec
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF
Delphine Bithorel, ouvrière, responsable CGT Métallurgie
Christophe Prudhomme, médecin, porte parole de l'Association des médecins urgentistes de France

 

live_1er_mai.jpg

 

* Lancement de la campagne de vente du muguet virtuel du PCF
Tu trouveras ICI l'affichette à télécharger et à coller dans le hall de ton immeuble, sur la porte de chez toi... 

Si ce n'est déjà fait, nous t'invitons à te rapprocher de ta section ou de ta fédération pour connaitre le dispositif mis en place pour cette vente de muguet virtuel.

Vendredi 1er mai 
* Livraison de Muguet au personnel soignant
* Mobilisation géante sur les réseaux : #MasquésPasMuselés
Nous invitons l'ensemble des citoyen.ne.s,  à exprimer leurs revendications en utilisant le hashtag #MasquésPasMuselés et en affichant celles-ci sur les réseaux sociaux (Facebook, twitter, instagram...)
Soyons inventives et inventifs !
Accrochons des banderoles aux fenêtres, chantons sur nos balcons, postons des images, des selfies avec nos mots d'ordre, mettons en mots et en scene nos exigences, nos urgences, nos revendications...

* Et à 18h : Prise de parole de Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

A retrouver sur la page Facebook et le compte Youtube du PCF
En cliquant sur l'image ci-dessous, tu trouveras les détails de ce programme et des idées de slogans.
Pour une fête internationale des droits des travailleurs exceptionnelle, où dans ces conditions particulières, plus que jamais nous devons porter nos exigences de l'HUMAIN D'ABORD !
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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 15:27
Déconfiner la démocratie : lettre ouverte des députés communistes à Richard Ferrand

Déconfiner la démocratie : lettre ouverte à Richard Ferrand

Monsieur le Président,

Depuis maintenant six semaines notre Assemblée fonctionne dans le cadre du confinement décidé par le Président de la République. Six semaines que notre Assemblée se réunit dans l’hémicycle à effectif très réduit, dans le respect des consignes fixées par l’ARS, pour l’exercice des questions au Gouvernement et pour légiférer. Six semaines que notre chambre travaille avec la visioconférence pour assurer sa mission de contrôle.

Il est temps désormais de dresser un bilan et de poser des jalons pour améliorer l’exercice de notre démocratie, plus que jamais précieuse en ces temps bouleversés. La gravité de la situation n’appelle pas l’effacement des députés, élus pour faire face par tous les temps.

À notre grand désarroi, nous constatons que chaque jour qui passe assigne toujours plus notre Assemblée à un rôle de chambre d’enregistrement. Les mesures de confinement malmènent au quotidien notre démocratie et, notamment, l’exercice du contrôle du Gouvernement qui incombe aux représentants du peuple. J’en veux pour preuves les plus flagrantes les délais non respectés pour rendre public les avis du Conseil scientifique ou la décision de faire débattre le Parlement, en urgence absolue, du plan de déconfinement du Gouvernement sans même lui laisser le temps d’en prendre connaissance. Lenteur insupportable pour informer le Parlement et précipitation coupable pour écarter les représentants du peuple de l’élaboration du plan de déconfinement, pourtant une étape majeure du traitement de la crise. Cautionnerez-vous plus longtemps, M. le Président, cette piètre mise en scène de démocratie ? Notre démocratie ne mérite-t-elle pa

s de laisser au peuple et à ses représentants le temps de proposer, le temps d’amender ? Nous lui devons au moins cela, à l’heure où il n’en peut plus des injonctions annoncées sans concertation, des injonctions souvent contradictoires le mettant dans l’incapacité de comprendre comment cette crise est gérée depuis des semaines ?

Les députés dans leur ensemble ont accepté toutes les dérogations à notre règlement pour permettre l’application stricte des consignes sanitaires, sans pour autant vous donner un blanc-seing pour réduire à la portion congrue leur pouvoir de contrôle. C’est hélas ce qui est en train de se produire.

Cette mission de contrôle et de proposition est, pourtant, l’un des pouvoirs essentiels du député et elle doit, dans le cadre de l’urgence sanitaire, s’exercer pleinement et ne peut se satisfaire des règles existantes, dont s’accommode la majorité. C’est un fait entendu par tous les amoureux de la démocratie, le contrôle de l’action du Gouvernement prend tout son sens lorsqu’il est exercé sans complaisance et de manière impartiale. Dans le cas contraire, cet exercice n’a plus de raison d’être. Or, les observateurs de notre vie parlementaire déplorent au quotidien l’humiliation que subit notre démocratie. Ils s’insurgent devant les auditions menées dans un formalisme ronronnant, que ce soit dans le cadre de la mission Covid-19 ou des commissions permanentes, où se succèdent les interventions des membres de la majorité prenant soin de ne pas bousculer le Gouvernement tandis que celles des membres de l’opposition sont, de fait, réduites à une peau de chagrin. Force est de constater que nous n’obtenons pas les réponses essentielles aux questions légitimes que tous nos concitoyens se posent.

Cette évolution n’est malheureusement pas surprenante. La réforme constitutionnelle du Gouvernement, avortée lors de l’affaire Benalla, et votre réforme du règlement avaient pour premier objectif d’étouffer le pouvoir législatif au profit du pouvoir exécutif. Aujourd’hui, votre choix de bouleverser les règles de fonctionnement de notre Assemblée dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire vient servir, que vous le souhaitiez ou non, la même logique.

Les pouvoirs du Parlement sont ainsi gravement affaiblis, rendant illusoire la fonction de contrôle et l’équilibre des pouvoirs entre exécutif et Parlement. Dans ce cadre et dans le contexte exceptionnel que nous vivons, le renforcement des droits accordés à l’opposition est essentielle pour revaloriser le Parlement et ainsi renforcer la démocratie. Il est indispensable à la résolution de la crise sanitaire.
Il est désormais urgent, M. le Président, dans le cadre des restrictions imposées à notre Assemblée, de déconfiner notre démocratie.

Nous mettons pour cela à votre disposition une série de mesures applicables immédiatement et facilement, pour revaloriser le rôle du Parlement et cesser de nourrir la défiance de l’opinion publique à l’égard de notre Assemblée.

Démocratiquement,

▶️ Propositions d’urgence pour déconfiner la démocratie

* Constitution par l’Assemblée nationale de son propre comité scientifique, afin de gagner en expertise et de renforcer le poids de la chambre basse dans le contrôle de la politique gouvernementale. Chaque Président de groupe pourra y nommer une personnalité, ainsi que chaque président de commission permanente et le Président de l’Assemblée nationale.

* Établir un droit d’interpellation, limité par groupe. Très utilisé sous la IIIe République et plus particulièrement durant la Première Guerre mondiale, le droit d’interpellation permettait à tout parlementaire d’interroger le Gouvernement, en séance, sur la politique mise en œuvre. L’instauration de ce nouveau droit, proposé ici sous une forme différente de celle qui existait durant la IIIe République, nous semble plus consistant et pertinent que les questions orales sans débat. Il renforcerait les capacités de contrôle du Parlement.

* Donner plus de temps de parole à l’opposition dans le cadre de ses missions de contrôle du Parlement (le temps de parole dans les commissions permanentes et dans la mission Covid).

* Réunir à nouveau les commissions permanentes avec la présence physique au minimum des membres des bureaux avec la représentation de chaque groupe. Audition par chaque commission permanente des ministres sur leur action dans le cadre de la gestion de la crise et accorder, de droit, à chaque groupe le choix de deux personnes à auditionner.

* Prévoir l’audition régulière du Défenseur des droits à l’Assemblée nationale et éventuellement d’autres acteurs pertinents (CNDH, Contrôleur général des lieux de liberté) en matière de libertés publiques, afin de s’assurer que du respect des droits fondamentaux durant l’état d’urgence sanitaire.

* Compte tenu de l’importance prise par le conseil scientifique, exiger de la part des membres qui le composent une déclaration d'intérêts et la signature d’une charte de déontologie, afin de se prémunir de tous conflits d’intérêts potentiels.

* Suspendre la limitation du nombre des questions écrites et réduire les délais de réponses pour que les parlementaires soient en mesure de répondre aux nombreuses demandes exprimées par la population. À l’heure actuelle, en ce qui concerne les députés, les réponses des ministres doivent être publiées dans les deux mois suivant la publication des questions. Ce délai de rendu est incompatible avec l’état d’urgence sanitaire et les impératifs de la crise.

* Transformer la commission des affaires européennes en commission permanente, afin de faire un point régulier sur les politiques mises en place - ou non - par l’Union européenne pour lutter contre la propagation du Covid-19. Ce changement de statut aurait le mérite de se justifier dans le temps, avec les batailles économiques et politiques qui ne manqueront pas de survenir après la crise, au niveau européen.

▶️ lire la lettre ouverte en ligne : http://www.groupe-communiste.assemblee-nationale.fr/…/monsi…

Covid-19 : Nombre de nos concitoyens subissent les lourdes conséquences de la crise, nous proposons des mesures économiques d'urgence pour les protéger.

Pour lire nos 75 propositions ➡️ https://bit.ly/3clrZDY

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26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 13:31
Cocos, confinés et actifs: Annie Bergot Le Calvez à Morlaix

Avec toute la générosité de son caractère, Annie Bergot Le Calvez n'est pas du genre à rester inactive.

Notre amie et camarade, retraitée des Finances publiques, militante de la CGT puis du Parti communiste, venait de passer cinq mois intenses de campagne électorale avec "Morlaix Ensemble" au moment où la crise du Covid-19 a fait pleine irruption dans nos consciences et nos vies avec le début du confinement imposé à toutes et tous.  C'est elle avec Hervé Gouédard et Yvon Laurans qui avait organisé les tours de présence des assesseurs de "Morlaix Ensemble" dans les bureaux de vote le 15 mars, élection qui s'est déroulé dans un contexte inédit, étrange et anxiogène.

Bien que non éligible sur la liste (elle qui a déjà fait plusieurs mandats dans la majorité PS-PCF et l'opposition à Morlaix), Annie apportait, comme Hervé Gouédard, son expérience et son pragmatisme, son dynamisme et son franc-parler, à tel point qu'elle est devenue clairement un pilier et un repère de notre collectif uni par une belle fraternité, une sympathie et une complémentarité entre des personnalités différentes aux expériences et formations très diverses. Elle continue pendant ce mois et demi de confinement à beaucoup soutenir les uns et les autres, à réagir aux expressions de chacun et à témoigner des ressentis qui s'expriment chez les Morlaisiens sur la messagerie interne du groupe.

Mais surtout Annie s'investit comme tout au long de l'année pour la Ligue contre le Cancer, où elle milite comme bénévole depuis 11 ans, en tant qu'écoutante et bénévole à l'atelier travaux manuels.

Tous les jours, elle appelle des gens pour rompre l'isolement, discuter, elle garde le lien avec eux dans cette période angoissante où parfois on a l'impression qu'on ne meurt plus que du coronavirus et qu'il n'y a plus que ça qui existe.

Elle fait des courses aussi régulièrement pour une dame de 93 ans. Elle continue à militer pour la défense de l'hôpital public du pays de Morlaix et le comité des usagers dont elle est la trésorière adjointe en relayant des informations, allant les chercher à la source, en frappant les casseroles tous les soirs à vingt heures dans son quartier avec ses voisins, en confectionnant des banderoles pour soutenir l'hôpital public avec Jean-Luc, son mari. Elle s'occupe aussi de maintenir le lien avec ses enfants et petits-enfants, avec sa tante de Ploujean, personne âgée isolée, et, avec David Guyomar, autre colistier de Morlaix Ensemble, son voisin du quartier Penlan, ils discutent beaucoup et prennent les contacts avec les voisins pour créer les bases d'une association de quartier regroupant Coat Congar, l'Orée du Bois et Penlan, avec plein d'idées d'animations et de temps de vie sociaux pour faire vivre le quartier après le déconfinement.   

Voici une expression d'Annie Bergot Le Calvez datant de ce jour qui dit la nécessité d'un engagement social durable et du bénévolat bien au-delà de l'urgence de la crise du Covid-19, à quoi l'on ne peut pas ramener non plus tous les défis sociaux du moment:

"Le début de l’annonce du Covid 19, aura vu surgir un grand élan de solidarité autour et parmi nous.

Des personnes se mettant tout de suite à la disposition des associations caritatives, pour venir en aide aux plus vulnérables et aux plus démunis. C’est beau, c’est généreux, c’est indispensable dans l’instant, mais n’oublions pas l’après.

Bénévole depuis plus de 10 ans, auprès de personnes atteintes du cancer ou de leurs proches, force est de constater que nous avons toujours de plus en plus de mal à trouver des personnes souhaitant donner un peu de leur temps, de leur bonne volonté et de l’écoute.

Confinée, je pense à Vous, que nous n’avons pas vues depuis bientôt 2 mois. Vous qui subissez la double peine, la maladie et le confinement. Vous qui souffrez de ne pouvoir nous rencontrer, d’échanger entre vous vos espoirs et vos angoisses, avec nous bénévoles de toujours, avant, pendant et après le confinement.

Des bénévoles, il y en a toujours eu et il en faudra encore plus. Dans tous les domaines, caritatif, culturel, sportif, social, scolaire…

Nous bénévoles sommes et seront toujours là, après que cette grave épidémie soit passée. Nous retrouverons la liberté , le droit et le pouvoir de se retrouver ensemble.

ANNIE BERGOT LE CALVEZ MORLAIX"

 

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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 15:34
 Fabien Roussel à l'Assemblée nationale: Il est temps de mettre à contribution la finance et le capital car leurs réserves sont énormes !
PLFR : Il est temps de mettre à contribution la finance et le capital car leurs réserves sont énormes ! (Fabien Roussel)
 
Projet de loi de finances rectificatif n°2 CMP -  jeudi 23 avril 2020
 
Intervention de Fabien Roussel – Gauche Démocrate Républicaine (député PCF du Nord, secrétaire départemental du PCF)
 
 
Cette pandémie révèle chaque jour un peu plus l’écrasante responsabilité de notre modèle économique, du poids de la finance, des logiques de profits qui ont prospéré sur l’exploitation des Hommes et de la planète.
Nous avons été bien seuls, avec d’autres, ces dernières années à alerter sur la déshumanisation de la société, sur les risques écologiques ou sur la casse de nos services publics, notamment celui de la santé.
Et aujourd’hui, tout le monde y va de sa petite note pour dire qu’il faut tout changer. Tout le monde veut plus de souveraineté économique, d’industrie, de service public, et nos soignants sont devenus des héros.
Mais comment voulez-vous être crédibles quand il y a tant de revirements!!
Alors, quand nous avons à débattre d’un plan d’urgence pour le pays, doté de 110 milliards d’euros, - excusez du peu - permettez que nous soyons exigeants.
110 Milliards d’euros, ce n’est pas une paille ! Nous aurions aimé pouvoir en bouger les lignes, tous ensemble, pour répondre à l’urgence tout en préparant le monde d’après.
Un amendement communiste, républicain, oserai-je, prévoyait d’interdire les aides aux multinationales logées dans les paradis fiscaux. Adopté au Sénat, il est rejeté à l’Assemblée !
Un autre, proposait une taxe sur les assurances permettant de récupérer 1,9 milliard d’euros pour venir en aide à nos petites entreprises : rejeté aussi !
L’urgence, c’était de pouvoir apporter une aide à toutes celles et ceux qui sont ou qui vont tomber dans la pauvreté. Or il n’y a eu aucun débat sur ce sujet. Nous savons juste que ça sera 880 millions de crédits sur
un total de 110 milliards.
L’urgence, c’était d’aider ces salarié-es qui perdent 16% de leur salaire, les pourboires et les primes, qui subissent les hausses des prix et voient leurs factures augmenter.
L’urgence, c’était aussi d’augmenter le fonds de solidarité pour que 100% des demandes des TPE-PME impactées soient satisfaites, dont celles des artisans sans salarié ou les entreprises ayant 11 à 20 salariées. Au contraire, vous allez être bien généreux avec les grandes entreprises : 20 Milliards de crédits, mais nous ne savons pas qui est concerné et à quelles conditions. Le débat viendrait après coup !
 
Mais nous savons déjà que Luxfer, Famar et d’autres ne sont pas concernées.
Aucun amendement accepté visant à conditionner ces aides en faveur d’objectifs sociaux ou environnementaux. Comme si la revendication du MEDEF, qui a votre oreille, et qui se permet de vous demander ouvertement de repousser la transition écologique, était déjà entendue.
L’urgence, c’était enfin d’apporter une aide plus importante aux territoires ultra marins qui dénoncent le fossé entre vos discours et la réalité des aides apportées.
L’autre absence de ce texte, ce sont les recettes fiscales, introuvables alors que le pays s’apprête à débourser 110 milliards. Qui va payer Monsieur le ministre ?
C’est la dette dites-vous. Mais à la fin qui va payer la dette ? Ses intérêts ? Le gouverneur de la Banque de France comme le Patron du Medef l’annoncent déjà: « il faudra rembourser cet argent » dit l’un et « il
faudra travailler plus » dit l’autre !! Nous, nous demandons que La Banque centrale européenne annule une partie des dettes publiques qu’elle détient et qu’elle finance directement les investissements des Etats comme cela commence à se faire dans d’autres pays.
Ce n’est pas aux peuples de payer la crise, surtout quand ils en subissent déjà les effets dramatiques aujourd’hui !
Oui les traités européens sont dépassés par cette crise, contaminés par le virus. Il est temps d’en écrire de nouveaux, respectueux des peuples, de leur souveraineté et organisant la coopération entre les nations plutôt que la concurrence libre et non faussée !
Enfin, la mobilisation de toute la nation est essentielle, et pas seulement celle qui travaille.
Il est temps de mettre à contribution la finance et le capital dans le redressement du pays car leurs réserves sont énormes !
Les 358 000 familles les plus riches détiennent un patrimoine qui s’élève à 1028 milliards d’euros !
Les assurances ont des réserves de plusieurs dizaines de milliards d’euros.
Les impôts sur les revenus financiers sont plafonnés à 30%.
Les banques continuent en ce moment même à se gaver des intérêts que nous leur versons : 36 milliards d’euros encore cette année dans le budget de l’Etat !!
C’est pourquoi nous vous avions demandé de mettre des critères à l’utilisation de l’argent public, de rétablir l’ISF, de rétablir un juste impôt sur les revenus financiers, de taxer la spéculation, de donner plus de pouvoirs aux salarié-es dans les entreprises. Et vous avez tout rejeté en bloc.
Oui avec vous, le monde d’après n’est pas pour demain !
Pour toutes ces raisons, les députés communistes votent contre ce projet de loi de finance. D’autres députés du groupe GDR, ultra marins, s’abstiennent.
 
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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 15:27
Ne lâchons plus Macron sur la dette africaine ! - Francis Wurtz, ancien député européen communiste, L'Humanité Dimanche, 23 avril 2020
 

« Nous devons aussi savoir aider nos voisins d’Afrique sur le plan économique en annulant massivement leurs dettes » : cette « petite phrase » du Président de la République lors de son allocution télévisée du 13 avril dernier, près de 37 millions de personnes en France -et bien d’autres par ailleurs, notamment en Afrique…- l’ont entendue ! N’acceptons pas qu’on puisse faire d’un enjeu de cette importance un hyper-coup de com’ sans lendemain ! Certes, les 20 pays les plus riches du monde (G20) ont décidé, dans la foulée, de…suspendre pour un an le paiement des intérêts de cette dette. Mais cette mesure -une bouffée d’oxygène indispensable- est notablement insuffisante. Et surtout, bien que le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, ait présenté un peu vite l’acte du G20 comme « un succès important pour la France  et pour ses partenaires », il ne faudrait pas que le Chef de l’Etat s’estime quitte de son engagement ! Retour sur un enjeu vieux de plus de trente ans qui , dans le contexte de la crise actuelle, devient explosif.

Les prévisions très alarmantes concernant l’Afrique se multiplient depuis quelques temps sur tous les plans : sanitaire, économique, alimentaire, écologique…Les économistes s’attendent à la première récession sur ce continent depuis un quart de siècle du fait de l’effondrement de la croissance mondiale, de la chute des cours des matières premières et du tarissement des transferts d’argent des travailleurs émigrés . Dans ce contexte, le paiement du service de la dette des pays pauvres, qui ne cesse de s’alourdir, apparaissait à tous les observateurs avertis tout simplement impossible. Songeons qu’avant l’épidémie, 49 pays du Sud à faibles revenus -particulièrement en Afrique-  consacraient déjà plus d’argent au paiement de la dette qu’à la santé ! Dans certains pays, comme le Ghana, la charge de la dette était, selon OXFAM,…11 fois supérieure aux dépenses de santé ! Ignominieux hier, absolument intenable aujourd’hui ! Aussi, de nombreuses voix se sont-elles levées à travers le monde pour appeler à des actions significatives sur la dette du continent : depuis  l’Union africaine et le Secrétaire général des Nations-Unis, Antonio Gutterrez, le mois dernier, en passant par le Pape François dans son message de Pâques, jusqu’au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale, plus récemment. Ainsi, donc, que le Président français. Le grand mérite de l’annonce de ce dernier est finalement d’avoir catapulté une exigence de premier plan dans le débat public : ne le lâchons plus sur le sujet ! Annuler la dette -mieux : éradiquer le mécanisme diabolique de la dette à perpétuité pour les plus démunis- voilà l’objectif à atteindre ! C’est l’intérêt de millions d’Africains, mais c’est aussi le nôtre : la crise actuelle rappelle à qui l’ignorait encore qu’il n’y a qu’un monde et qu’une humanité.

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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 06:30
Cocos, confinés et actifs: Fréderic L'aminot, morlaisien, élu CGT pour le groupe Celtys-Queguiner à Landivisiau

Cocos, confinés et actifs: Fréderic L'aminot, morlaisien, élu CGT pour le groupe Celtys-Queguiner à Landivisiau

Jusqu'au 15 mars, Fréderic L'aminot, militant du PCF et de l'UL CGT sur Morlaix, menait la campagne activement pour la liste d'union de la gauche "Morlaix Ensemble" (Génération.s, PCF, PS, Citoyens engagés morlaisiens) conduite par Jean-Paul Vermot qui est arrivée en tête du premier tour des élections Municipales, avec 37%, devant la liste de droite de la maire sortante Agnès Le Brun. Une campagne intense, avec une douzaine de réunions publiques organisées sous forme d'échanges participatifs (ateliers et forums participatifs) sur plusieurs thématiques (jeunesse, santé-social, vie des quartiers, monde associatif, économie, centre-ville, etc) puis dans les deux dernières semaines sous une forme plus classique, et des visites de quartiers avec une consultation des Morlaisiens.

Fréderic L'aminot aura des responsabilités dans la municipalité si notre liste arrive en tête au second tour quand les élections auront lieu à nouveau, soit fin juin, soit en septembre ou octobre prochain.

Fréderic a été membre de l'association des Anciens élèves et amis du Lycée Tristan Corbière, président de l'APE de l'école Jean Piaget à Kerfraval, membre du Conseil d'administration du collège Mendès France et de l'association de l'APE du collège Mendès France, et est toujours trésorier de l'association des Jardins Familiaux.

Des engagements nombreux dans l'associatif, le syndical, et le politique pour cet ouvrier travaillant à Celtys à Landivisiau depuis des années, habitant de le quartier de Kerfraval à Morlaix, et qui nous raconte ici la manière dont il a vécu depuis un mois et demi la crise du Covid-19 et le confinement imposé aux salariés en tant trésorier CSE chez Celtys, et représentant CGT (la CGT est ultra-majoritaire chez Celtys, où travaille Fréderic, 260 salariés) dans le comité de groupe Queguiner (1200 salariés) responsable de la mise en sécurité des salariés mais également des négociations avec la direction d'entreprise pour les conditions d'indemnisation, de reprise.  

Lire aussi, cet interview réalisé en 2013:

Parole de syndicaliste: Fréderic L'aminot, délégué CGT à Celtys Landivisiau

 

Propos recueillis par Ismaël Dupont

Fréderic, en tant que élu CGT pour CELTYS (groupe Quéguiner), quel a été ton rôle dans l'adaptation de ton entreprise à la crise du Covid-19? 

Depuis le début de la crise sanitaire, les élus de la société ont été associés à la fermeture de l’entreprise. Le PDG voulait mettre les salariés en confinement dès le 16 mars. Il a fallu expliquer à nos collègues la situation, le chômage partiel, les indemnités... Ça a été très particulier car on n’était pas préparé à cela. 


Il y a t-il eu des sujets de négociation particuliers pour négocier le chômage partiel, les congés, les conditions du retour à l'activité?

Pour le chômage partiel ça a été un peu compliqué car le gouvernement change régulièrement les règles.

Au départ, le gouvernement annonçait un chômage partiel a 100 %, puis on est passé à 84 % du net.

Puis le gouvernement, par le biais du préfet du Finistère, a mis la pression sur les entreprises du bâtiment pour éviter la mise au chômage des salariés.

Pour éviter un refus, l’entreprise a demandé aux salariés de prendre leurs congés qui leurs restaient et leurs heures supplémentaires.

Puis il a fallu rouvrir des dépôts pour alimenter les entreprises qui travaillaient encore.

Par contre, nous n’avons pas été d’accord sur le fait que la direction nous propose un accord sur une prise de congés anticipée.

Nous avons une à deux réunions de CSE par semaine. Les élus CGT se concertent régulièrement pour faire des propositions à la direction.

En ce moment, nous sommes consultés au sujet d’une reprise partielle de l’activité. Nous avons plusieurs réunions pour que les salariés reprennent en toute sécurité.
 

Comment allez-vous adapter les postes et conditions de travail pour mettre les salariés en sécurité, respecter les distances qui protègent?

Après un travail coopératif du responsable de l’hygiène et de la sécurité, des responsables et des membres du CSE, les membres de la CSSCT se sont rendus sur place pour faire le point, atelier par atelier, et régler les mesures de distanciation sociale, les approvisionnement en matériel sanitaire, les heures différées de début et fin de journée...

 

Tu es en lien quotidien avec les salariés du groupe, quel est l'état d'esprit de tes collègues? Quelles sont leurs craintes dans le contexte de crise du Covid et de la reprise d'activité?

Au départ, personne ne pouvait savoir combien de temps cela pourrait durer. Donc, j’ai commencé à donner des nouvelles aux adhérents, mais j'ai vite compris qu'il y avait une demande des salariés.

Donc, avec le secrétaire du CSE, nous donnons des nouvelles à tous les salariés qui ont bien voulu nous communiquer leurs adresses mails. Au début, ce virus ne faisait pas très peur, mais au fil des semaines beaucoup de salariés ont commencé à craindre l’agressivité de celui-ci. Les changements de cap quasi journaliers du gouvernement n’étaient pas non plus pour les rassurer.

Il est toujours nécessaire de continuer à soutenir nos collègues et nous les informons également de l’état d’esprit de notre direction.

 

Quel temps quotidien tes activités syndicales t'ont pris pendant le quotidien?

Au départ, il y avait pas mal de réunions en visioconférence, des réunion avec les élus de notre syndicat, des réunions téléphoniques avec le secrétaire du CSE qui a été également très sollicité durant cette période. Entre le CSE et mon rôle de délégué syndical, je passe à peu près 3 à 4 heures par jour avec des pics à 8 heures les jours de réunions car les salariés me téléphonent pour prendre des nouvelles.

 

As-tu eu d'autres gestes de solidarité pendant la période avec ton voisinage ?

Pendant le confinement, j'ai aussi fait les courses de personnes qui ne voulaient pas sortir de chez elles.

J’aurais voulu en faire plus, mais j’ai été très sollicité par mes collègues de travail.

 

Le 23 avril 2020

 

Lire aussi:

Cocos, confinés, et actifs: Jean Dréan, le militant infatigable d'une société plus humaine avec les personnes âgées et les EHPAD

Cocos, confinés et actifs!: Témoignage de Pierre-Yves Liziar au Relecq-Kerhuon

Cocos, confinés et actifs ! - Témoignage de Christian Beaumanoir dans la presqu'île de Crozon

 

 

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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 06:26
Madame la ministre du Travail, retirez intégralement la réforme de l’assurance chômage ! - Députés communistes, 22 avril 2020

Lire aussi:

André Chassaigne demande le retrait total de la réforme de l’assurance chômage à Muriel Penicaud, ministre du travail

 

Communiqués de presse - Députés communistes

Madame la ministre du Travail, retirez intégralement la réforme de l’assurance chômage !

Dans le contexte de crise sanitaire et face à la crise économique qui s’annonce, notre groupe a demandé ce jour par courrier à la Ministre du Travail le retrait intégral de la réforme de l’assurance chômage. La situation de l’emploi est particulièrement préoccupante et nous devons nous attendre à une forte hausse du chômage dans les prochains mois.

Si des premières décisions ont été prises par le Gouvernement pour suspendre certaines mesures (report au 1er septembre des nouvelles règles d’indemnisation et de la dégressivité des allocations pour les cadres), le premier volet de la réforme restreignant l’accès à l’indemnisation chômage est toujours en vigueur. Il prévoit notamment un durcissement des règles d’affiliation pour les salariés qui doivent désormais avoir travaillé 6 mois sur une période de référence de 24 mois pour bénéficier d’une ouverture de droit.

Ces règles ont commencé à produire leurs effets en faisant sortir de l’indemnisation chômage des dizaines de milliers de travailleurs : intérimaires, saisonniers, travailleurs enchaînant des contrats très courts dans les secteurs de la restauration, de l’hôtellerie ou la culture... Si rien n’est fait rapidement, c’est un véritable drame social qui s’annonce.

Dans les périodes de récession économique, le droit au chômage doit au contraire être le plus large possible afin que notre modèle social joue pleinement son rôle d’amortisseur et de protection à l’égard des plus fragiles.

C’est pourquoi nous appelons le Gouvernement à retirer sans plus attendre cette réforme régressive dont le seul objectif était de faire des économies. Une nouvelle convention Unédic, négociée entre les partenaires sociaux, doit permettre d’urgence le renforcement des droits au chômage des travailleurs.

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