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18 mai 2020 1 18 /05 /mai /2020 16:45
A l'issue du 1er tour des municipales, le Parti communiste 3eme parti de France en nombre d'élus municipaux pour l'instant avec 1072 élus!

Au 1er tour des élections municipales, nous sommes le 3eme parti de France en nombre d'élus municipaux !

Plus de 1072, contre à peine 268 pour Macron et LREM.

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18 mai 2020 1 18 /05 /mai /2020 12:31

 

Alors que les dirigeants de SANOFI ont avoué récemment, avec une certaine maladresse de communication, qu’ils comptaient maximiser leurs profits en cas de découverte d’un vaccin, en le réservant aux plus offrants, à savoir dans un premier temps les USA, une pétition, signée par des milliers de personnes dont des scientifiques de renommée mondiale ainsi que des personnalités de la société civile provenant du monde entier, réclame tout l’inverse !

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Appel pour mettre le futur vaccin contre le Covid 19 dans le domaine public 

 

Alors que la pandémie de Covid-19 continue de causer des ravages à travers le monde, la recherche d’un vaccin efficace se poursuit, tant dans l’industrie pharmaceutique que dans la recherche publique. En effet, tout le monde converge vers l’idée qu’en définitive, la seule façon d’éradiquer définitivement la pandémie est de disposer d’un vaccin qui puisse être administré à tous les habitants de la planète, que ce soit en milieu urbain ou rural, aux femmes comme aux hommes, vivant dans les pays riches ou des pays pauvres.
 
L’efficacité d’une campagne de vaccination repose sur son universalité. Les gouvernements doivent le rendre accessible gratuitement. Seules les personnes qui souhaitent bénéficier de services spéciaux peuvent payer pour ces services et pour le vaccin.
 
Pour être accessible à tous, les vaccins doivent être libres de tout brevet. Ils doivent être du domaine public. Ceci permettra aux gouvernements, aux fondations, aux organisations caritatives, aux philanthropes et aux entreprises sociales et solidaires (c’est-à-dire les entreprises créées pour résoudre les problèmes des gens sans en tirer profit) de le produire et/ou le distribuer partout dans le monde.
 
La découverte d’un nouveau vaccin est un processus long (estimé à 18 mois dans le cas de l’actuelle pandémie, ce qui est un record absolu de vitesse). Cette recherche est couteuse. De nombreux laboratoires de recherche commerciaux qui se consacrent à cette recherche s’attendent à un retour sur investissement élevé. Il faut trouver une façon qui permette un retour sur investissement juste en échange de sa mise dans le domaine public. La chose la plus importante est de mettre le résultat dans le domaine public, afin de le rendre disponible pour être produit par quiconque dans le respect des processus règlementaires internationaux.
 
Les gouvernements, ou un groupe de gouvernements ou de fondations, des philanthropes, des organisations internationales comme l’OMS, avec des soutiens privés et publics, peuvent en fournir le financement.
 
Mais la question éthique cruciale qu’il faut résoudre est celle de déterminer le montant des retombées qu’un laboratoire ou un inventeur peuvent s’octroyer pour un médicament sauvant des vies et nécessaire par tous les habitants de la planète.
 
En même temps, il faut aussi considérer l’honneur et la reconnaissance mondiale que l’on donne à l’inventeur ou aux inventeurs et aux laboratoires qui mettent cette découverte dans le domaine public de manière inconditionnelle, sans contrepartie financière ou à prix coûtant.
 
Dans ce contexte, des précédents peuvent nous inspirer. C’est l’histoire du vaccin contre la polio. Dans les années 1950, la polio était une maladie terrible, aussi causée par un virus, qui affectait les enfants (environ 20 000 cas par an), causant une paralysie à vie. Jonas Salk (1914-1995), un biologiste américain, a inventé le premier vaccin contre la polio. Pour développer ce vaccin, il a reçu un financement d’une Fondation fondée par le Président Roosevelt, avec des dons de millions d’américains. Sans compter la participation de 1,4 millions d’enfants sur lesquels le vaccin a été testé.
 
Les chercheurs développant des innovations thérapeutiques comme les vaccins ont besoin de la coopération de tous. Un vaccin ne peut fonctionner que si des inoculations sont réalisées à grande échelle.
 
Salk n’a jamais breveté son invention. Il n’a pas demandé de droits d’auteur. La seule chose qui l’intéressait était de diffuser le vaccin le plus largement possible, aussi vite que possible.
 
C’est le bon moment pour mettre en place une norme mondiale où nous ne serions pas aveuglés par l’argent, oubliant la vie de milliard de gens.
 
Catherine Belzung, Professeure de Neurosciences à l’Université de Tours
Antonine Nicoglou, Maîtresse de conférences à l’Université de Tours
Luigino Bruni, Professeur à l’Université LUMSA, Rome
Muhammad Yunus, Professeur, Prix Nobel de la Paix 2006, Bangladesh

 

Je signe pour que le futur Vaccin contre Covid 19 soit mis dans le domaine public : cliquez ici pour signer

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18 mai 2020 1 18 /05 /mai /2020 12:27
PCF - Fabien ROUSSEL : la France fraternelle et solidaire ... c'est vous !

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17 mai 2020 7 17 /05 /mai /2020 05:59
Photo France Chapa - Meeting de Ian Brossat à Rennes

Photo France Chapa - Meeting de Ian Brossat à Rennes

Jeudi, 14 Mai, 2020 - L'Humanité
Déconfinement : « Les maires considèrent que l’État a été absent », affirme Ian Brossat

Entretien. La Coopérative des élu.e.s communistes et partenaires a enquêté auprès des maires qui en sont membres sur la préparation du déconfinement et la gestion de la crise sanitaire. Entre colère, détermination et exigence, Ian Brossat, le président de l’association, en dresse le bilan.

 

Nombre de maires pointent des problèmes liés à la question des masques. Quelles sont les principales critiques et est-il encore temps de redresser la barre ?

Ian Brossat La centaine de maires qui nous a répondu considère unanimement que dans cette affaire l’État a été absent. Nombre d’entre eux parlent d’une gestion « lamentable », « consternante », « catastrophique » ou encore « calamiteuse ». L’un d’eux va même jusqu’à dire, reprenant la métaphore du président de la République : « On nous envoie en guerre, sans les armes. » Dans le même temps cependant, une grande majorité de communes déclarent qu’elles auront les masques, parfois en retard certes. Les communes permettent cet accès à un équipement minimal. Mais au vu du risque que l’épidémie s’installe pour les mois à venir, il va bien falloir que l’État prenne le relais et assume pleinement ses responsabilités. C’est la raison pour laquelle le Parti communiste réclame le remboursement des masques par la Sécurité sociale. Il n’est pas normal que des familles aient à consacrer parfois 100-150 euros de budget pour se protéger et protéger les autres.

La réouverture des écoles a suscité de nombreuses inquiétudes. Quel bilan de la préparation de ce déconfinement ressort de votre enquête ?

Ian Brossat Les maires soulignent unanimement que cette affaire, elle aussi, a été très mal gérée par l’État. 70 % d’entre eux considèrent que l’ouverture des écoles au 11 mai a été prématurée. Ce taux est particulièrement élevé dans les communes rurales. Dans les communes populaires de la métropole parisienne, les maires considèrent que l’absence d’école pendant une longue période dans ces quartiers pèse très lourdement sur la vie des enfants de milieux modestes. C’est l’une des motivations qu’ils pointent pour la réouverture des écoles. Tous considèrent que l’État ne leur a pas donné de consignes claires et facilement applicables. Néanmoins, et c’est là encore un paradoxe, 63 % d’entre eux déclarent être en mesure de rouvrir cette semaine. Cela témoigne de l’esprit de service public qui les anime. Ils réussissent grâce à leur énergie, leur dévouement et celui des agents à assumer des responsabilités qui au départ ne devraient pas leur incomber.

Les maires, en première ligne, font face à une autre question, celle des moyens financiers grevés par des dépenses imprévues. Quel est l’état des lieux et qu’attendez-vous du gouvernement ?

Ian Brossat L’impact est doublement négatif. D’une part, des dépenses supplémentaires interviennent à court terme avec les masques, la désinfection des écoles, l’adaptation des locaux, etc., comme à moyen terme avec l’augmentation des dépenses sociales. Dans le même temps, les recettes vont très sérieusement baisser. Les estimations sont claires : les pertes cumulées des collectivités territoriales en 2020 et 2021 risquent de s’élever à 4,9 milliards d’euros parce que leurs ressources sont très liées à la conjoncture. Il va y avoir un vrai choc sur leurs finances. On ne peut pas leur demander de faire toujours plus avec toujours moins. Le gouvernement - qui a redécouvert les maires à l’occasion de la crise des gilets jaunes et qui les a re-redécouverts à l’occasion de cette crise du coronavirus - va devoir donner des moyens nouveaux aux collectivités territoriales pour faire face. Les élus communistes travaillent en ce moment avec nos sénateurs à une proposition de loi à cette fin, notamment via un fonds de soutien de 4,9 milliards d’euros sur deux ans.

L’organisation au mois de juin des élections municipales trouve de nombreux soutiens. Quelle est votre position ?

Ian Brossat Nous disons une chose assez simple : la décision relative aux élections municipales doit être guidée par des impératifs sanitaires et non pas politiciens. C’est pourquoi nous étions très hostiles à l’idée d’un report de ce scrutin au mois de mars 2021, couplé aux régionales, qui circulait il y a encore quelques mois. Nous souhaitons que le gouvernement s’en tienne au calendrier prévu. Si sur la base du rapport des autorités sanitaires qui doit être rendu le 23 mai il apparaît possible de tenir le deuxième tour à la fin juin, nous y sommes favorables.

L’argument économique est aussi avancé, peut-il s’entendre ?

Ian Brossat Si les écoles, les magasins, les chantiers peuvent reprendre, il n’y a aucune raison que les élections municipales ne puissent pas se tenir, sauf contrordre des autorités sanitaires. Il est également vrai que les collectivités territoriales par leurs investissements contribuent très largement à l’économie, et notamment pour le BTP. Or, de fait, tant que le deuxième tour n’a pas lieu dans les 5 000 communes concernées, qui représentent 40 % de la population, une bonne part des projets sont à l’arrêt et cela pèse notamment sur ce secteur très pourvoyeur d’emplois.

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui
Déconfinement : Les maires considèrent que l’État a été absent , affirme Ian Brossat (L'Humanité, 14 mai 2020)
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17 mai 2020 7 17 /05 /mai /2020 05:46
4 milliards d'euros versés aux actionnaires cette année - L'obscénité du libéralisme sauce SANOFI - Pierre Laurent

L'obscénité du libéralisme sauce #SANOFI est à vomir

Paul Hudson, directeur de Sanofi au niveau mondial, a dit clairement où penchait le coeur des actionnaires : du côté de celui qui met le plus de dollars sur la table. Les vaccins du Covid-19 iront d'abord là où çà rapporte, aux Etats-Unis. La France doit d'urgence reprendre la main de cette multinationale à base française.

Cette annonce fait suite au versement de 3,949 milliards d'euros le 6 mai dernier aux actionnaires et alors que ce groupe a englouti plus d'un milliard d'aides publiques sous forme de CICE et de CIR.

Voici le vrai visage du capitalisme qui se frotte les mains quand il y a une pandémie mondiale.

Si la santé n'est pas une marchandise, mais un bien commun de l'humanité, le groupe pharmaceutique SANOFI doit être intégré dans un pôle public français du médicament. Fort de ce pôle public la France pourrait reprendre l'initiative au niveau de l’Union européenne pour garantir une coopération industrielle internationale qui contribue le moment venu à un accès universel au vaccin contre le Covid-19.
Arrachons le médicament aux griffes du marché et de la rentabilité à tout prix !

#PlusJamaisCa

Vendredi, 15 Mai, 2020 - L'Humanité
Le chantage de trop de Sanofi : Big Pharma ne peut plus faire la loi

En prétendant délivrer son éventuel vaccin d’abord à l’Amérique de Donald Trump, Sanofi fait scandale, et dope les partisans d’une remise au pas des multinationales, afin de répondre aux besoins sanitaires sur la planète. D'autant que ce chantage du géant pharmaceutique n’est que la pointe émergée d'un système de prédation d'argent public et de restriction de l'accès aux traitements. Explications.

 

Le directeur général de Sanofi pouvait-il imaginer le scandale qu’il allait déclencher ? Mercredi soir, Paul Hudson a, avec ou sans naïveté, déclaré à l’agence de presse financière Bloomberg qu’en cas de mise au point réussie d’un vaccin contre le nouveau coronavirus par la multinationale française, les États-Unis seraient les premiers servis. Rien de plus normal, à ses yeux : pour essayer de protéger sa population, l’administration Trump aurait accepté de « partager le risque » en glissant quelques dizaines de millions d’euros à Sanofi dès le mois de février ; ils ont donc « droit aux plus grosses précommandes ». Au fond, le transfuge de Novartis qui a pris la tête de Sanofi l’été dernier n’a rien fait d’autre qu’édicter la règle cardinale des affaires au sein des Big Pharma : « Celui qui paye commande. » C’est le business, quoi !

Voir aussi : Le business du coronavirus : comment l'industrie pharmaceutique veut dicter leur conduite aux politiques

Un géant qui bénéficie de milliards d’euros de la BCE

Mais voilà, tout remonte à la surface. Les superprofits, les pénuries, les logiques financières à l’œuvre dans la recherche qui doit être rentable, la privatisation des profits émanant de connaissances bâties dans un cadre public au départ, les aides d’État sans aucune contrepartie, etc. Sur ce dernier point, en plus du crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice), du crédit d’impôt recherche (CIR) et des autres cadeaux donnés aveuglément en France, Sanofi se débrouille très bien en la matière à l’échelle européenne. Le géant pharmaceutique français était, l’année dernière, parmi les trois plus gros bénéficiaires de la manne de la Banque centrale européenne (BCE), à travers ses achats d’obligations émises par les multinationales (voir notre enquête) : d’après une estimation arrêtée en juillet 2019 par le quotidien économique italien Il Sole 24 Ore, ce sont 4,42 milliards d’euros au total qui lui avaient été apportés, et depuis lors, ce montant a, à l’évidence, encore gonflé, étant donné que la BCE vient d’acheter deux nouveaux lots de titres de dettes de Sanofi ces dernières semaines, au taux défiant toute concurrence de 1 % et 1,5 %.

Les États-Unis, eldorado des labos pharmaceutiques

Paul Hudson s’étend moins sur un autre aspect qui peut expliquer le privilège que Sanofi voudrait accorder aux États-Unis : pour les grands groupes pharmaceutiques mondiaux, le pays demeure un eldorado absolu car les prix des traitements et des vaccins n’y sont pas encadrés, et du coup les bénéfices attendus peuvent vite s’avérer mirobolants. Jeudi, Olivier Bogillot, le président de Sanofi France, a, lui, choisi d’en rajouter dans une forme d’enchère, en appelant l’Union européenne à être « aussi efficace » que Donald Trump « en nous aidant à mettre à disposition très vite ce vaccin ». Une manière de reluquer allègrement sur le pactole de 7,4 milliards d’euros amassé dans le cadre d’un appel aux dons, avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la fondation Bill et Melinda Gates notamment, lancé il y a une quinzaine de jours par Bruxelles…

Des accords avec Gilead, détenteur du brevet du Remdevisir

Le chantage de Sanofi n’est, en réalité, que la pointe émergée de l’iceberg, comme l’illustre une autre information tombée à peu près au même moment. Connue pour ses tarifs souvent prohibitifs sur le marché américain, la multinationale Gilead, détentrice des brevets sur le Remdevisir, un des traitements qui, malgré des résultats controversés jusqu’ici, figure dans divers essais cliniques en cours pour soigner les malades atteints par le nouveau coronavirus, a officialisé un accord de licence avec plusieurs autres labos dans le monde afin de permettre une production et une distribution plus importante de ce médicament, développé dans la sphère de la recherche publique avant d’être privatisé. Mais ce programme écarte, d’après l’ONG états-unienne Public Citizen, près de 3,7 milliards de personnes dans le monde entier qui devront toujours passer par Gilead, selon ses capacités de production et à ses conditions financières, pour obtenir le traitement éventuellement efficace.

Vaccins et traitements, des biens publics 

Un accès universel à des tarifs abordables sur la planète pour tous les futurs médicaments et vaccins contre le Covid-19… Cette exigence de civilisation a pris une ampleur sans précédent depuis le début de la pandémie. Elle sera au centre de l’assemblée générale de l’OMS qui démarre mardi prochain, en l’absence des États-Unis, qui ont suspendu leur participation financière à cet organisme multilatéral sans doute plus nécessaire que jamais.

Voir aussi : Pourquoi Donald Trump torpille l'OMS en pleine pandémie

En dépit du sabotage de Donald Trump et de ses alliés, comme le Brésilien Jair Bolsonaro, de plus en plus de dirigeants se positionnent sur la ligne d’un classement comme « biens communs mondiaux » des éventuels vaccins anti-coronavirus. « Ce n’est pas le moment de placer les intérêts des multinationales et des gouvernements des pays les plus fortunés au-dessus de l’impératif universel qui est de sauver des vies, ou de laisser ce devoir moral aux forces du marché, écrivent le premier ministre pakistanais, Imran Khan, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, et une cinquantaine d’ex-chefs d’État et de gouvernement dans une tribune parue ce jeudi. L’accès aux vaccins et aux traitements, ces biens publics mondiaux, est dans l’intérêt de toute l’humanité. Nous ne pouvons pas laisser les monopoles, le jeu de la concurrence et les nationalismes bigleux se mettre en travers du chemin. »

Un appel à la coopération mondiale

Alors que l’Union européenne soumet une proposition à l’assemblée générale de l’OMS visant à constituer sous l’égide de l’institution multilatérale un pôle d’échanges sur les traitements et vaccins anti-Covid-19, les coalitions d’ONG et d’associations essaient de se faire une place dans un cadre où les représentants de Big Pharma ont encore leurs entrées, à la différence des citoyens. Dans un communiqué publié ce jeudi et signé par 250 organisations du monde entier (dont Oxfam, MSF, Attac), elles appellent à entrer résolument dans une logique de « solidarité » et de « coopération mondiale ». « Le développement de médicaments, en s’appuyant sur des monopoles privés, est un échec pour le monde, dénoncent-elles. Les gouvernements devraient soutenir une recherche scientifique librement disponible et des pratiques de recherche pour les besoins sanitaires liés au Covid-19 qui permettent d’allier innovation et l’accès aux résultats. Les propriétaires des technologies de santé devraient placer les brevets, les secrets industriels, le savoir-faire, les cellules souches, les droits d’auteur, les logiciels, les données et toute autre propriété intellectuelle pertinente dans le domaine public. »

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14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 11:51
Laurence Cohen :  Le personnel soignant ne demande pas des primes mais des revalorisations (Public Sénat, 13 mai 2020)

Le gouvernement a annoncé le versement d’une prime exceptionnelle au personnel hospitalier. Une solution que fustige la vice-présidente communiste de la commission des affaires sociales du Sénat, Laurence Cohen.

Pour leur dévouement dans la gestion de la crise du coronavirus, le gouvernement a promis au personnel soignant des primes allant de 500 à 1 500 euros. Une annonce qui a de quoi agacer la vice-présidente communiste de la commission des affaires sociales du Sénat, Laurence Cohen., interrogée à la sortie des questions d’actualité au gouvernement.

« Il n’y a pas de leçons de tirées. Mes collègues, y compris sur d’autres bancs que le mien, critiquent l’austérité à l’hôpital, mais j’aimerais bien voir ce qu’ils votent. Ce qu’il est nécessaire de voter c’est un changement de logiciel et accorder des moyens conséquents à l’hôpital pour qu’il y ait embauches par pour qu’il y ait primes. Le personnel (soignant) ne demande pas des primes exceptionnelles. Le personnel demande une revalorisation, une augmentation des salaires. Est-ce qu’aujourd’hui, les parlementaires sont prêts à voter ça ? En tout cas mon groupe (Communiste Républicain Citoyen et Écologiste au Sénat) est tout à fait prêt » a-t-elle expliqué.

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14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 11:33
Le programme des Jours Heureux est à construire - tribune de Fabien Roussel dans Libération, 14 mai 2020

Tribune. «Alors monsieur Roussel, comment on va s’en sortir de tout ça ? C’est encore nous, le petit peuple, qui allons payer la facture ?» Il n’y a pas besoin de sortir beaucoup pour entendre cette phrase, qui résonne parmi toutes les inquiétudes de nos concitoyens. A la crise sanitaire s’ajoute une crise économique lourde de dangers, en particulier pour le monde du travail. Elle appelle chacun à l’humilité. Elle doit nous pousser à avoir la même ambition qu’en mars 44 quand, en pleine guerre, le Conseil national de la Résistance (CNR) se mettait d’accord sur le programme des «Jours heureux». Ils étaient dans la clandestinité et ils n’avaient ni Internet ni les visioconférences comme nous maintenant ! Mais ils l’ont fait, dans le respect de leur diversité.

C’est la même ambition que nous devons avoir pour le peuple de France, pour notre pays. Quoi qu’il en coûte. Dans l’union et dans l’action. Etre dans l’action, c’est mettre en place rapidement un plan massif de soutien à l’hôpital public, pour former, embaucher, ouvrir des lits et des services d’urgence et mieux rémunérer tous les personnels.

Etre dans l’action, c’est affirmer que le chômage n’est pas une fatalité et que les richesses peuvent être mobilisées enfin pour l’emploi et les salaires. Les besoins sont immenses, pour nos services publics, pour l’éducation et la recherche, pour relocaliser nos productions, pour défendre la biodiversité et le climat, en investissant dans les transports collectifs, la rénovation énergétique des bâtiments et des logements. Au lieu de craindre une hausse de la pauvreté, fixons-nous l’objectif de l’éradiquer ! Permettons à chacun de retrouver sa place dans la société par le travail, par une activité, par la formation, avec un revenu garanti, sécurisé. Attaquons-nous à l’évasion fiscale, au monopole des banques et des assurances, à la spéculation boursière. Unissons-nous pour que la BCE prête directement aux Etats, finance nos investissements. Mettons l’argent au service du développement humain, pour produire autrement, pour engager la transition écologique tant attendue.

Etre dans l’union, c’est écouter ceux qui sont en première ligne aujourd’hui, ceux qui souffrent du confinement. Les premiers de cordées, ce sont eux. Quel pied de nez au président des riches et à tous ceux qui expliquent qu’il ne faut pas toucher aux impôts des plus riches, au capital, et qui ne pensent qu’à protéger leur système. Touchez pas au grisbi, disent-ils en chœur ! «Travaillez plus», dit le Medef. «Vos enfants paieront», enchaîne le gouverneur de la Banque de France.

Ce modèle économique, capitaliste, financier, on le connaît trop bien. Nous n’en voulons plus. Le président de la République et d’autres avec lui voudront toujours le défendre, le peindre en vert, le teinter de social, de patriotisme économique. Mais sans rien changer au fond. Alors débattons-en, franchement. Non seulement le peuple ne doit pas payer la crise, mais il doit être rassuré et même mobilisé. Au lieu d’être résignés et d’avoir peur du lendemain, construisons-le ensemble, invitons les Français à participer à ce grand chantier, à bâtir cette France plus juste, plus humaine, plus écologique, plus solidaire.

Etre dans l’union, c’est écouter ceux qui sont en première ligne aujourd’hui, ceux qui souffrent du confinement. Les premiers de cordées, ce sont eux. Quel pied de nez au président des riches et à tous ceux qui expliquent qu’il ne faut pas toucher aux impôts des plus riches, au capital, et qui ne pensent qu’à protéger leur système. Touchez pas au grisbi, disent-ils en chœur ! «Travaillez plus», dit le Medef. «Vos enfants paieront», enchaîne le gouverneur de la Banque de France.

Ce modèle économique, capitaliste, financier, on le connaît trop bien. Nous n’en voulons plus. Le président de la République et d’autres avec lui voudront toujours le défendre, le peindre en vert, le teinter de social, de patriotisme économique. Mais sans rien changer au fond. Alors débattons-en, franchement. Non seulement le peuple ne doit pas payer la crise, mais il doit être rassuré et même mobilisé. Au lieu d’être résignés et d’avoir peur du lendemain, construisons-le ensemble, invitons les Français à participer à ce grand chantier, à bâtir cette France plus juste, plus humaine, plus écologique, plus solidaire.

Ayons la volonté de bâtir un nouveau modèle économique, social et écologique ensemble, associant les Français, les forces politiques et le mouvement social autour d’objectifs précis et concrets. Chacun a écrit sa tribune, formulé ses propositions. Tant mieux. Tout est là. Comme au temps du CNR, mettons en commun nos idées, confrontons-les dans la transparence avec les Français et retrouvons-nous pour écrire le programme des «Jours heureux» de notre temps. Nous sommes prêts à y contribuer pleinement et à prendre toutes nos responsabilités.

Fabien Roussel secrétaire national du PCF et député du Nord

 

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14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 06:38

 

 

300 euros d'augmentation pour toutes et tous
100 000 emplois dans les hôpitaux et 100 000 dans les Ehpad


Alors que le gouvernement Macron, ses ministres et experts en tout genre, ont fait preuve de non anticipation, d’incurie et de gestion calamiteuse de la grave crise sanitaire qui percute notre pays et sa population, les personnels soignants, médicaux et non médicaux des hôpitaux, des Ehpad et des soins ambulatoires, ont fait face avec responsabilité, compétences et créativité. Sans protection, sans matériels voire médicaments, elles et ils ont pris les affaires en main, notamment en multipliant les lits de réanimation par deux, alors même que notre système hospitalier, affaibli, déstructuré, manquant de tout depuis de nombreuses années n’était pas le mieux préparé à accueillir des milliers de malades de ce virus inconnu jusqu’alors.


Pendant des mois elles et ils n’ont eu de cesse de manifester, réclamer haut et fort des lits, des emplois, une reconnaissance salariale. Le PCF les a entendu·e·s avec un premier plan d’urgence et un projet de loi déposé par ses parlementaires, en novembre 2019.


Face au silence assourdissant du gouvernement, ils et elles n’ont pas cessé leurs actions jusqu’à la démission de 1 200 responsables médicaux de leurs fonctions administratives.


En novembre 2019, le Premier ministre présente en grande pompe avec A. Buzyn, son « plan urgence hôpital » qui ressemble à une habituelle entreprise de communication : comme nous le demandions au début de l’année, le gouvernement s’engage à verser l’intégralité des sommes mises en réserve, soit 400 millions. Il débloquera 260 millions au début de la crise du Covid-19. Il donne « un coup de pouce » à l’Ondam, soit 300 millions pour 2020. Il concède des primes annuelles selon « l’engagement et l’investissement des personnels », et prévoit de reprendre un tiers de la dette globale des hôpitaux sur trois ans, soit 10 milliards.


Cela ne fait pas le compte ! D’autres choix sont possibles et urgents : l’argent existe !

L’ARGENT POUR L’HÔPITAL, PAS POUR LE CAPITAL !


Cette exigence, reprise par de plus en plus de voix parmi les personnels et la population, entre en résonance avec l’engagement de Macron, le 13 mars dernier, de mettre en place « un vaste plan d’investissement et de revalorisation des carrières » pour l’hôpital. « En même temps », il commandait une note à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) qui préconisait de favoriser le secteur privé et la e-santé !!

 

Sur le terrain, la mise en oeuvre de la loi « ma santé 2022 » se poursuit en pleine crise du Covid-19 : les plans de suppressions de lits et d’emplois, l’opportunité de fermer des services réaffectés provisoirement aux malades du virus, des services d’urgence, de chirurgie, des maternités, des services psychiatriques. Une nouvelle prime de 1 500 euros fait hoqueter de
colère les soignants « au front » !


Maintenant et pas le « jour d’après », la démocratie doit s’imposer à tous les niveaux. Les hospitalier·e·s, les élu·e·s dans les villes, les associations, seul·e·s ont fait acte de responsabilité, de prises d’initiatives et de compétences pour faire face au désastre sanitaire. ENSEMBLE, elles et ils sont seul·e·s qualifié·e·s pour faire des propositions à la hauteur des besoins et de l’intérêt général.


Les plans régionaux de santé sont disqualifiés : ils doivent être remis à plat et élaborés démocratiquement, à partir de la réalité d’aujourd’hui, dans toutes les régions et les bassins de vie.


Le gouvernement vient de faire adopter une loi de finance rectificative de 110 milliards d’euros, à seul effet de relancer la « machine infernale » de la croissance financière.

Au plan européen, 1 000 milliards sont prévus par la BCE pour soutenir la valeur des titres boursiers.


Les premiers enseignements de la crise sanitaire, avant le déconfinement qui n’a pas d’autre objectif que de remettre tout le monde au travail, nous imposent de créer les conditions du « plus jamais ça ! ».

Des mesures doivent être prises dès ce déconfinement

A/ Création d’emplois et de formations


• Un plan de création de 100 000 emplois et de titularisation de tou·te·s les contractuel·le·s dans les hôpitaux.


• Un plan de création de 100 000 emplois dès cette année dans les Ehpad pour aller vers un·e salarié·e pour un·e résident·e, soit 300 000 postes à créer en 3 ans.
• Une augmentation de 65 points d'indice pour la fonction publique, pour un équivalent de 300 € net à l'indice moyen. Au-delà et dans le même temps, il est indispensable de réaliser une refonte des grilles indiciaires pour que celles et ceux qui sont sur « la brèche » voient leur rémunération enfin réévaluée en compensation de leur place indispensable dans la société...
• Une augmentation de tous les quotas de formation pour cette rentrée 2020 et un recrutement de 12 000 étudiant·e·s en médecine par an, dès cette année.
• Reconstitution des équipes soignantes, en préservant conditions de travail, de sécurité et de qualité des soins, sur la base d’une collaboration au sein des services et le pouvoir décisionnel des instances représentatives.


B/ Moratoire


• Un moratoire sur toutes les fermetures et restructurations au sein des groupements hospitaliers de territoire (GHT).
• Réinstallation des lits réquisitionnés pour le Covid-19 à leur finalité d’origine et des personnels afférant.
• Maintien des unités de réanimation créées et répartition selon les besoins des territoires.
• Ce moratoire doit permettre une élaboration démocratique de l’évaluation des besoins et des projets médicaux entre organisations syndicales, élu·e·s, et associations citoyennes d’usager·e·s.


C/ Desserrement de la contrainte financière


• Il faut en finir avec les « plans de retour à l’équilibre financier » (PREF), et avec la dette des hôpitaux.
• Reprise de la totalité des 30 milliards de dette hospitalière par la CDC et refinancée auprès de la Banque centrale européenne.

D/ Investissements


La pénurie de masques, de protections, d’appareils respiratoires, voire de seringues révèlent la situation tendue des hôpitaux, aussi bien pour les achats que les investissements courants.


• Reconstitution des réserves hospitalières sous l’autorité des équipes soignantes.
• Par ailleurs, la crise sanitaire a montré l’exigence de reconstituer des filières industrielles pour préserver l’accès en toute autonomie à des biens de santé aussi essentiels que des masques et des appareils respiratoires.
• Evaluation, avec les professionnel·le·s des différentes disciplines médicales, des besoins de production et de contrôle nécessaires au bon fonctionnement de notre système de santé.


E/ Engager la création d’un pôle public du médicament


En lien avec les recherches engagées autour des traitements et du vaccin du Covid-19, il y a urgence à les soustraire à la loi du profit.


Conjointement aux ressources publiques nécessaires (et non pas par des dons des entreprises du CAC 40 !) pour relancer la recherche des CHU, la situation sanitaire d’aujourd’hui et de demain rend indispensable la maîtrise publique et collective de la production et de la distribution des traitements et vaccin utiles à l’éradication du virus. Des choix politiques s’imposent pour engager la création d’un pôle public du médicament au service d’une politique de santé publique.


• Dans l’immédiat, renégociation du prix des médicaments achetés par les pharmacies centrales hospitalières.


Ces premières propositions, imposées par la nouvelle situation sanitaire et pour faire face à l’ensemble des besoins de santé de la population clairement affaiblie, doivent faire l’objet d’un PLFSS 2020 rectificatif et d’un nouveau débat de la loi de finance rectificative portant les besoins de l’économie à 110 milliards d’euros.

Déblocage immédiat de 10 milliards pour les hôpitaux, les Ehpad !

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14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 05:26

 

Le confinement obligé a été le révélateur frappant d’aspects négatifs de nos sociétés sur la préservation de la planète et des écosystèmes. L’obligation de remiser nos voitures au garage a fait fortement baisser les émissions de CO2 ainsi que la pollution de l’air. Même conséquences écologiques pour la forte réduction de l’activité industrielle.

 

 

Le confinement obligé a été le révélateur frappant d’aspects négatifs de nos sociétés sur la préservation de la planète et des écosystèmes. L’obligation de remiser nos voitures au garage a fait fortement baisser les émissions de CO2 ainsi que la pollution de l’air. Même conséquences écologiques pour la forte réduction de l’activité industrielle.

C’est une bonne nouvelle pour la lutte contre le réchauffement climatique. L’amélioration de la qualité de l’air est aussi une bonne nouvelle pour la santé de nos concitoyens (cette pollution provoquant une surmortalité non négligeable). Cependant, il y a fort à parier que ces aspects paradoxalement positifs de la crise sanitaire ne soient que provisoires si le jour d’après ne change pas radicalement nos modèles de sociétés.

Comment doit-on envisager un après écologique … sachant que ne se perpétueront ni un confinement généralisé, ni    une industrie réduite à l’indispensable survie ?

Il convient d’avoir des propositions pour révolutionner notre société, nos modes de production, dépasser un système capitaliste obnubilé par l’argent, sur-exploiteur des ressources naturelles et impliqué dans la dégradation de la planète. Car ce même système capitaliste, mis en accusation par nombre de nos concitoyens, va préparer sa défense, proposer des solutions pour accroitre sa main mise sur la planète et accroitre ses profits, comme il en est capable avec le réchauffement climatique où le droit à émettre du CO2 se négocie sur les marchés financiers.

Ainsi, même un Macron, chaud partisan de l’argent- roi, défenseur du temple capitaliste, empêtré dans les contradictions du système et sa mise en accusation, s’oblige à des entorses aux lois du marché en relocalisant des productions. Je pense aux masques qui ne sont plus que rarement produits en France quand l’essentiel provient de pays à bas coûts salariaux, et, dans ce cas, de la Chine.

C’est un bel exemple de ce qu’il faudrait généraliser demain pour combiner protection de nos concitoyens et de la planète. Relocaliser ! Produire local ! C’est mettre en place des circuits courts. Circuit court ne vaut pas que pour les produits agricoles, l’alimentation. Cela vaut pour l’industriel également : il est indispensable de faire décroître fortement le transport de marchandises sur des milliers de kilomètres, déplacements engendrés par les logiques de délocalisation des productions et de dumping social, fiscal et donc de dumping environnemental. A titre d’exemple, le caractère ubuesque de la chaîne de valeur qui conduit à faire décortiquer au Vietnam des crustacés écossais, puis les faire fumer à Madagascar pour finalement les vendre dans des magasins en Europe…

 

Les circuits courts sont un des moyens de réduire l’empreinte carbone exorbitante que représentent les transports. Cette logique écologique est couplée à des vertus sociales en termes de création d’emplois. Ces circuits courts doivent être combinés à un effort d’investissement, de développement vigoureux dans les modes de transports les plus propres ! Pour le transport des personnes, il faut aller vers une réduction du transport individuel en voiture, en favorisant le ferroviaire, les transports en commun, le co-voiturage, le vélo et la marche à pied. Pour le transport des marchandises, ferroviaire, fluvial et maritime (cargos à voile) doivent être favorisés au détriment du tout camion et des avions.

A l’objectif, idéalisé par certains, d’une société totalement décroissante qui prendrait le risque de ne pas répondre à des besoins fondamentaux des sociétés humaines (vaincre la faim et la pauvreté, améliorer la santé, rénover thermiquement des logements …), il convient de plaider pour une décroissance des activités inutiles et une croissance de ce qui est utile socialement. Il convient de plaider pour des relocalisations, une production agricole et industrielle de proximité, en investissant dans la recherche pour que les process agricoles comme industriels soient respectueux de l’environnement, et n’épuisent pas les ressources. A l’obsolescence programmée, concept certifié capitaliste, destiné à accentuer la vente de nouveaux produits pour faire de nouveaux profits, préférons l’économie circulaire qui implique éco-conception des produits, réparation, économie des ressources pour les produire. Il faut imaginer une société qui produise, si elle se donne les moyens de produire propre et de produire utile.

Voilà quelques pistes de réflexions qui n’épuisent pas le sujet !

Alain Pagano, membre du CEN, responsable de la commission Écologie.

 

 

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13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 09:11

 

La domination monétaire des États-Unis, basée sur la centralité du dollar, s’est imposée après 1944 face aux projets alternatifs de structuration du système monétaire international, notamment face au plan Keynes de 1943, pourtant toujours d’actualité.

L’unilatéralisme du système monétaire « international » octroie à la puissance émettrice de la monnaie dominant les échanges internationaux, les États-Unis, un avantage lui permettant d’influencer les politiques économiques des pays faisant usage du dollar. En l’absence d’une monnaie proprement internationale, les participants aux échanges utilisent des monnaies nationales (en fait, seulement un petit nombre de monnaies nationales) pour procéder aux paiements internationaux. Ils sont aujourd’hui largement incités à faire usage de la monnaie américaine.

 

Le poids de l’acquisition de liquidité internationale

En raison de cette situation, les participants aux échanges s’exposent à un certain nombre de problèmes, particulièrement dans les pays sous-développés : problèmes liés à l’accès à la liquidité, avec des pénuries qui se manifestent durant les périodes de crise ; problèmes d’accès aux infrastructures de paiement en cas de sanctions dont la puissance émettrice de la monnaie peut faire usage. L’un comme l’autre sont utilisés par les États-Unis pour aligner les pays dépendants du dollar sur sa politique économique ou sur sa politique étrangère.
Le problème de l’acquisition de liquidité internationale n’est pas nouveau. Un effort s’impose de fait à l’ensemble des pays contraints d’utiliser une monnaie étrangère pour accéder aux échanges internationaux. Cette contrainte peut être expliquée selon la logique suivante : imaginons une entreprise située en Malaisie et ayant besoin de dollars américains nécessaires à ses importations de biens d’équipement et à sa trésorerie. L’entreprise va emprunter un montant P de dollars. Elle devra rembourser, à échéance, le principal plus les intérêts du prêt. Grâce aux dépenses d’investissement de biens d’équipement et à la mise en route de la production, l’entreprise va exporter et générer des revenus, avec lesquels elle pourra rembourser le prêt. Il faut donc que ces revenus soient supérieurs aux dépenses liées au remboursement du prêt (intérêts et principal). Cette contrainte de survie induit une pression compétitive qui pèse sur les marges de manœuvre du pays. Elle est d’autant plus pesante que les pays sont en concurrence sur les marchés d’exportations.
Le problème de l’accès à la liquidité apparaît clairement dans les épisodes de crise économique, qui donnent lieu à des rapatriements brutaux de capitaux et à un gel des crédits interbancaires. La crise de 2008 en a donné un fameux exemple. Elle était avant tout une crise dont l’épicentre était l’économie américaine, mais la crise de confiance du système bancaire américain a généré de graves dysfonctionnements dans le financement du commerce international. Certains pays, comme la Corée du Sud, qui n’auraient pas dû subir les effets – ou très peu – de la crise des subprimes ont été victimes d’une pénurie de dollars.

L’hégémonie monétaire des États-Unis contre le plan Keynes de 1943 (Revue PCF « Cause Commune » -  Adrien Faudot)

Ayant eu très tôt conscience du problème de la rareté de la monnaie internationale, dès Bretton Woods, les gouvernements ont créé des institutions pour essayer de réallouer la liquidité. La tentative de l’économie mondiale de se doter d’institutions telles que le Fonds monétaire international, créé en 1944 par les accords de Bretton Woods ou d’instruments tels que les droits de tirages spéciaux (DTS), créés en 1969, pour redistribuer la liquidité internationale, se heurte à l’impossibilité de connaître à l’avance les besoins en liquidité générés par les échanges internationaux. Ce problème avait déjà été démontré par Keynes, lorsque celui-ci cherchait à défendre son plan.

Dans le cadre du système hérité de Bretton Woods, ces manquements résultent des préférences américaines en la matière. Alors que le plan Keynes prévoyait un système de découverts automatiques autant que de besoin pour les échanges internationaux, les États-Unis souhaitaient conserver à des fins de domination la main sur les leviers d’allocation de la monnaie « internationale ».

Pour se prémunir des épisodes de pénurie de liquidités, les autres pays doivent développer des stratégies complexes. Beaucoup tentent d’éviter toute pénurie en développant des stratégies d’accumulation de réserves de change, à travers des politiques mercantilistes. Cette stratégie est pénible à mettre en œuvre car elle demande des efforts considérables aux populations, et la concurrence internationale rend ses résultats incertains.

« Alors que le plan Keynes prévoyait un système de découverts automatiques autant que de besoin pour les échanges internationaux, les États-Unis souhaitaient conserver à des fins de domination la main sur les leviers d’allocation de la monnaie “internationale”. »

Une autre solution, réservée à un nombre réduit de pays, est de signer des accords de swaps (technique financière consistant en un échange de crédits) avec la Réserve fédérale, afin de se prémunir de tout risque de pénurie. Ces accords se sont développés à la suite de la crise des subprimes. Ils sont représentés dans le schéma de la page précédente. Les États-Unis se trouvent ainsi au centre d’un réseau de coopération entre banques centrales ayant pour but de maintenir constant l’approvisionnement en dollars. L’octroi des lignes de crédit par la banque centrale américaine dépend de critères politiques (exemple de l’Inde ou du Chili non retenus, contrairement au Mexique, ou au Brésil), la Réserve fédérale ne jouant le rôle de prêteur en dernier ressort international que pour une liste restreinte de pays alliés.

 

Les difficultés d’accès aux infrastructures de paiement

Venons-en au second problème, l’accès aux infrastructures de paiement. Les systèmes monétaires actuels reposent sur un système de paiement hiérarchisé. Les établissements bancaires créent la monnaie à l’occasion des opérations de crédit, et passent par leur compte à la banque centrale pour les règlements interbancaires. Les banques centrales fournissent les moyens de paiement interbancaires et assurent le bon déroulement des opérations. Points de passage obligés pour l’accès au système de paiement, elles imposent également des normes et des conventions, conditionnant l’accès au système. Les banques commerciales sont tenues de les respecter, faute de quoi elles pourraient se voir privées des opérations interbancaires, ce qui reviendrait à les exclure du système et conduirait à leur liquidation immédiate.

« La crise de 2008 était avant tout une crise dont l’épicentre était l’économie américaine, mais la crise de confiance du système bancaire américain a généré de graves dysfonctionnements dans le financement du commerce international. »

Or les institutions du dollar américain, qui centralisent les comptes et exécutent les paiements, appliquent les lois américaines. Dans ce cadre, lorsque l’OFAC (Office of Foreign Assets Control) place sur liste noire une série d’établissements, voire les entités d’un pays entier, il devient impossible pour tout acteur relié aux systèmes de paiement américains de maintenir des relations commerciales avec ces entités. La banque BNP-Paribas en a fait les frais en 2014 en payant une amende record de 8,9 milliards d’euros, après avoir été traduite en justice pour avoir réalisé des transactions avec des entités figurant sur la liste noire de l’OFAC (Iran, Soudan, Cuba).

Cette arme est punitive, mais aussi dissuasive. Si la France décidait de reprendre son commerce avec l’Iran, les entités françaises se verraient rapidement interdire l’accès non seulement au marché américain mais aussi aux systèmes de paiement en dollars, c’est-à-dire au marché mondial. La France a donc choisi de suivre la diplomatie américaine et de se retirer de fait de l’accord de Vienne. Bien sûr, au-delà de la dimension monétaire et du système de paiement, la puissance militaire et économique américaine a certainement joué un rôle important. Ainsi, en dépit du lancement du mécanisme de compensation INSTEX, qui devrait permettre de poursuivre des transactions avec des firmes iraniennes en contournant le dollar, les entreprises françaises se sont tout de même retirées d’Iran, ce qui montre que l’impérialisme états-unien a d’autres cordes à son arc.

 

Refonder le système monétaire sur des bases réellement internationales

Dans le contexte actuel, le plan Keynes avance des propositions intéressantes pour refonder le système monétaire sur des bases réellement internationales et émancipées de la domination unilatérale du dollar, au-delà même des objectifs politiques poursuivis par Keynes (défenseur des intérêts britanniques).
Le plan prévoit la création d’une chambre de compensation en monnaie internationale (bancors) pour les paiements interbancaires internationaux, avec des découverts automatiques pour les pays débiteurs. Les problèmes de liquidité seraient résolus puisque la création de bancors ne serait pas conditionnée à des dépôts préalables de la part des pays membres. La chambre de compensation agirait comme une agence centrale assurant le financement du commerce international, le temps que s’opèrent les rééquilibrages entre débiteurs (importateurs nets) et créditeurs (exportateurs nets).

« Si la France décidait de reprendre son commerce avec l’Iran, les entités françaises se verraient rapidement interdire l’accès non seulement au marché américain mais aussi aux systèmes de paiement en dollars, c’est-à-dire au marché mondial. »

Concernant le pouvoir de contrôle de l’infrastructure de paiement, l’instauration du plan Keynes pourrait être aussi l’opportunité de séparer le système des paiements internationaux de la portée directe des appareils gouvernementaux nationaux. Il s’agirait de créer un organe dont la direction serait élue par ses nations membres et partagée par celles-ci. De cette manière il serait impossible, pour un membre, de décider de manière unilatérale qu’un autre membre soit exclu des paiements internationaux.
Puisque l’International Clearing Bank serait en quelque sorte « la banque centrale des banques centrales », il s’agirait ici d’appliquer le principe de distanciation qui caractérise déjà les systèmes bancaires domestiques, en vertu duquel les banques commerciales se plient, par une sorte de soumission volontaire, à la banque centrale au-dessus d’elles.

Il est tout à fait concevable d’imaginer un système de prise de décision interne à la chambre de compensation suivant les principes du multilatéralisme, à l’image des organismes onusiens aujourd’hui. L’établissement de la chambre de compensation et son succès devraient reposer sur des règles internationales s’imposant à tous.
Au demeurant, la mise en œuvre du plan Keynes devrait très largement freiner les aspects les plus négatifs de la dynamique de la globalisation financière. Le plan Keynes devra s’accompagner de contrôles pour assurer que les flux internationaux soient comptabilisés et intégrés dans la matrice de la chambre de compensation, ce qui faciliterait la lutte contre l’évasion fiscale ou le blanchiment.

On voit ainsi que, dans l’optique de proposer un système monétaire véritablement international et multilatéral, le plan Keynes est toujours d’actualité, et peut même aider à résoudre des problèmes pour lesquels il n’a pas été conçu. 

 

Adrien Faudot est économiste. Il est maître de conférences à l’université Grenoble Alpes.

Accords bilatéraux de swaps entre banques centrales, en octobre 2015. Les États-Unis ont contracté des accords importants permettant d’assurer avec les banques centrales des pays signataires l’approvisionnement en dollar américain. D’autres pays, à l’image de la Chine, ont signé des accords similaires pour favoriser l’accès à leur monnaie respective.

Source : S. Bahaj et R. Reis, « Central bank swap lines », Credit, Banking and Monetary Policy, BCE, Francfort, 23 octobre 2017.

Cause commune n° 16 • mars/avril 2020

 

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