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1 octobre 2022 6 01 /10 /octobre /2022 06:32
Engrenage de la guerre : « La nuée de l’orage est déjà sur nous » - Vincent Boulet, membre de la Commission des relations internationales du PCF
Engrenage de la guerre : « La nuée de l’orage est déjà sur nous »

C’est ainsi que Jean Jaurès, dans son dernier discours prononcé à Vaise le 25 juillet 1914 alertait sur la gravité de la situation internationale, deux jours après l’ultimatum fulminé par l’Autriche-Hongrie à la Serbie. La gravité de la situation est extrême.

Face au danger extrême et immédiat de généralisation de la guerre, c’est un sentiment d’impuissance qui domine parmi les peuples, et que les mécanismes de régulation des grandes crises internationales ont été démantelés au cours de la dernières période.

Le danger aigu de la crise actuelle tient au fait que, dans le contexte de fragmentation militarisée de la mondialisation capitaliste, aucune des parties en présence ne peut se résoudre à reculer, à perdre, alors qu’elles s’affrontent pour la définition de nouvelles hiérarchies de dépendance. La question est : est-ce que l’une d’elles est prête à aller jusqu’au bout de l’affrontement ? Pour l’instant, non. Mais demain ?

D’un côté, le pouvoir russe fait considérablement monter les enchères en cherchant à reprendre l’initiative et à ressouder autour de lui ses appuis, après les flottements qui ont suivi les revers militaires dans la région de Kharkov. Pour lui, la guerre contre l’OTAN a déjà commencé. En décrétant la mobilisation partielle, il prend le risque de remettre en cause le compromis sur lequel il repose : assurer au peuple russe la stabilité, en échange de son désintérêt des questions politiques. La guerre devient désormais une réalité tangible pour des centaines de milliers de familles russes. Il faut se garder des discours annonçant l’effondrement du pays, présentant la Russie comme « village Potemkine » et reposant en réalité sur des clichés. Le pouvoir russe tient et depuis plusieurs années il n’a pris aucune grande décision sans être assuré du soutien d’une majorité de la population, réforme des retraites de 2018 exceptée. Quand Vladimir Poutine et son ministre de la Défense, Sergeï Choïgou, disent que « ce n’est pas tant une guerre contre l’Ukraine que contre l’Occident collectif », en utilisant comme argument l’aide massive que l’OTAN accorde à l’Ukraine (un total de 85 milliards de dollars depuis l’invasion russe de février 2022), cela fait écho à ce que pense une majorité de la population russe dont on pourrait résumer la perception de la situation par : « ce n’est pas nous qui avons quitté l’Occident, mais l’Occident qui nous a quittés ». Qu’en sera-t-il cette fois-ci avec la mobilisation ? Une des clés de la situation tient dans l’évolution qui va se produire maintenant dans la population russe qui ne peut plus vivre « comme si » la guerre n’existait pas. Contrairement aux clichés russophobes récemment recyclés, le peuple de Russie n’est pas une masse amorphe. La solidarité avec les pacifistes russes est nécessaire. Les protestations contre la mobilisation existent. L’exil contraint de plus de 250000 personnes fuyant la mobilisation en quelques jours est un phénomène important. Elles doivent être accueillies dignement.

L’évolution prochaine va également dépendre de la situation économique. Pour l’instant, le secteur « utile » pour le pouvoir, à savoir les hydrocarbures, qui représentent 40% du PIB russe, fait plus que résister aux sanctions étant donné qu’ils sont soutenus par l’explosion des prix. Les prévisions annoncent en outre une augmentation de 40% des exportations au cours des prochaines années. Force de constater que les manifestations courageuses contre la mobilisation n’ébranlent pas le pouvoir qui reste solidement installé sur ses bases matérielles, capitalistes kleptocratiques, et idéologiques, réactionnaires et nationalistes.

Par ailleurs, la conduite des référendums dans les républiques autoproclamées du Donbass et les territoires occupés va permettre au gouvernement russe de dire que l’Ukraine attaque le territoire de la Fédération de Russie avec l’aide des armes de l’OTAN. De ce point de vue, il ne faut pas tenir « pour du bluff » la menace nucléaire, et ce d’autant plus que la doctrine d’emploi russe a été élargie en 2020 afin de rendre possible un emploi tactique, et non plus uniquement stratégique, et a ouvert une possibilité d’emploi en premier. Enfin, il ne faut pas oublier que l’opposition au pouvoir la plus puissante et la plus influente est l’extrême-droite ultra-nationaliste, relégitimée depuis l’assassinat de la fille d’Alexandre Douguine, qui n’est pas « l’éminence grise » de Poutine, mais qui coagule un certain nombre de déchets idéologiques venus du pire de la tradition réactionnaire slavophile, des anti-Lumières et du fascisme occidental.

Enfin, la question de l’isolement ou non de la Russie sur la scène internationale est un autre facteur qui compte pour le pouvoir. D’un côté il se décrédibilise auprès de ses alliés proches, par exemple en ayant annoncé à l’Arménie, qu’il ne la soutiendrait pas en cas d’invasion azerbaïdjanaise, ce qu’ont aussitôt exploité les Etats-Unis en envoyant Nancy Pelosi à Erevan. D’un autre côté, le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, qui s’est tenu les 15 et 16 septembre à Samarcande, ont été l’occasion d’élargir cette alliance économique à l’Iran et plus largement au Moyen-Orient.

Cette montée des enchères du pouvoir russe s’accompagne en miroir du refus de toute négociation en Europe et en Amérique. On voit ici à quel point la logique de bloc participe à l’engrenage. Le discours de Joe Biden à l’assemblée générale de l’ONU s’inscrit pleinement dans son ambition stratégique de redessiner les contours de l’impérialisme américain en dévoyant les institutions multilatérales et en se faisant le héraut d’un soi-disant « camp des démocraties ». Avec un aplomb hypocrite rare, il est allé jusqu’à déclarer que « les Etats-Unis veulent que cette guerre se termine », alors qu’à eux seuls les USA fournissent la moitié de la totalité de l’aide militaire à l’Ukraine et renforcent leurs positions militaires en Europe. Et que dire du discours d’Emmanuel Macron qui enjoint, sur un ton paternaliste totalement désuet, les pays non-alignés à choisir leur camp ? Heureusement que d’autres chefs d’Etat ont délivré des discours à la hauteur de la situation, tel que Gustavo Petro, le président colombien, qui, dans une remarquable intervention, a conjugué impératif de la paix, urgence écologique et urgence sociale. Ce décalage montre à quel point la logique de blocs défendue par nombre de pays occidentaux n’est pas partagée.

Au-delà des discours, nombre de signaux vont dans le sens d’une escalade en Occident également. L’ancien secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, vient de rédiger, avec l’appui du gouvernement ukrainien, un projet de traité de « garanties de sécurité », qui, entre les lignes, ouvre la voie à une entrée de l’Ukraine dans l’OTAN. L’UE prépare un 8e train de sanctions, en étant d’ailleurs à la peine pour en trouver de nouvelles, à moins que l’interdiction de délivrance des visas refasse surface. La décision des Etats baltes de ne pas délivrer de visa humanitaire aux Russes qui refusent la mobilisation est d’un cynisme rare et fournit des arguments au pouvoir russe. Surtout, l’idée qu’une victoire ukrainienne soit possible après le succès de la campagne d’Izioum est prise comme argument pour condamner toute idée de cessez-le-feu, comme l’a fait Ursula Von der Leyen.

Mais personne ne s’interroge sur le prix de la poursuite de la guerre sur sa première victime, le peuple ukrainien (Donbass inclus), qui subit bombardements, catastrophe humanitaire, violences en tout genres, crimes de guerre, exécutions, tortures, mauvais traitements, manque d’assistance médicale, d’eau et de nourriture. La poursuite de la guerre signifie la poursuite de ces violations des droits humains.

C’est dans ce contexte d’urgence et d’extrême gravité qu’il convient de reposer l’exigence d’un cessez-le-feu et de la paix. Le choix est clair : guerre ou paix. Les possibilités sont infimes, aussi grandes qu’un trou de souris. Mais il faut s’y engager.

Pour cela, il convient de combattre deux arguments qui reviennent dans le débat public.

D’une part, il y a ceux qui spéculent sur une victoire ukrainienne en renforçant l’envoi d’armes, y compris des chars, à l’Ukraine. Même avec l’aide de l’OTAN, cela relève pour le moment de la spéculation. La défaite n’est pas une option pour le pouvoir russe, de même que pour le pouvoir ukrainien. Parier sur une victoire ne repose sur aucun argument sérieux. On peut par contre être certain que cela participe de l’engrenage du conflit. Répétons-le : la poursuite de la guerre signifie la poursuite des destructions et des violences contre la population civile.

D’autre part, ceux qui pensent qu’un cessez-le-feu gèlerait la situation sur le terrain, y compris la présence de troupes russes en Ukraine. Mais le cessez-le-feu, nécessaire, doit s’inscrire dans une dynamique politique, celle de la paix, qui n’est pas simplement l’absence de guerre. Il est important d’y donner du contenu. Les négociations devront prendre en compte à la fois la souveraineté du peuple ukrainien, que piétine Poutine, et l’impératif de sécurité du peuple russe et de tous les peuples. Le ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Li, a appelé à une « résolution pacifique du conflit » dans ce sens. Le président mexicain, Lopez Obrador, à la formation d’un groupe de contact international, incluant le secrétaire général de l’ONU. Plus largement, les nécessaires négociations, qui ne seront pas simples, doivent se placer dans un cadre plus large : celui de la construction d’une architecture équilibrée de sécurité collective pour les peuples d’Europe, dans laquelle l’OTAN n’a pas sa place. Pour y arriver, cela implique d’ouvrir la voie d’un désarmement négocié, global et multilatéral, dans les domaines nucléaires et conventionnels, le refus du recours au nucléaire. Enfin, pour l’Ukraine, dans un cadre européen de sécurité collective, il conviendra de poser la question de sa neutralité et du statut du Donbass.

Le chemin est étroit. Mais le courage politique impose de l’emprunter si l’on veut éviter la catastrophe.

Vincent Boulet,
membre de la Commission des relations internationales du PCF

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1 octobre 2022 6 01 /10 /octobre /2022 06:27
Palestine / Grève de la faim : « Notre décision est la liberté » - Le Parti communiste exprime sa solidarité vis-à-vis de Salah Hamouri et de tous les prisonniers politiques palestiniens

Dimanche 25 septembre 2022, trente Palestiniens détenus « administratifs » dans les prisons israéliennes ont entamé une grève de la faim illimitée, seule « arme à leur disposition » pour recouvrer la liberté.

Parmi eux, Salah Hamouri, avocat, citoyen français et palestinien de Jérusalem-Est annexée, a été arrêté, une fois de plus, le 7 mars dernier et frappé de 6 mois de détention par un tribunal militaire et est victime depuis le 5 septembre de 3 mois supplémentaires en isolement dans une prison de haute sécurité.

En octobre 2021, le ministère israélien de l’Intérieur lui a retiré son statut de résident permanent à Jérusalem-Est sous prétexte de « non allégeance à l’État d’Israël ». L’étape suivante de ce procédé totalement contraire aux Conventions de Genève fixant les obligations des puissances d’occupation, pourrait être l’expulsion de sa terre natale de Palestine. Son épouse Elsa Lefort, française elle aussi, et ses deux enfants qui vivent en France, n’ont droit à aucun contact avec Salah.

Rappelons que la détention « administrative », inventée par le « mandataire» britannique en Palestine et prorogée par l’État d’Israël consiste à arrêter et priver de liberté sans procès, à maintenir en prison pour une durée indéfiniment renouvelable d’une durée maximum de six mois. La victime de cette pratique, à l’instar de ses avocats, est tenue dans l’ignorance des faits reprochés – qualifiés de « secrets d’État ».

Depuis 1967, 54 000 Palestiniens ont fait l'objet d'ordres de détention administrative. 723 personnes sont actuellement détenues sous le même régime illégal par Israël, un État qui méprise ses propres engagements formalisés par sa signature en 1991 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantit par son article 9 à toute personne arrêtée le droit à un procès équitable.

Le 23 août dernier l’Élysée a annoncé que le chef de l’État français s’était « enquis de (la) situation » de Salah par téléphone auprès du Premier ministre israélien Yaïr Lapid. Une démarche visiblement sans effet, puisque les conditions de détention de Salah Hamouri durcies dès le 26 juillet dernier sont toujours en vigueur. Il est toujours enfermé dans la prison de « haute sécurité » d’Hadarim dans laquelle il a été transféré en guise de mesure punitive, à la suite d’une lettre qu'il a écrite à Emmanuel Macron pour lui demander d'intervenir sur son cas. Aujourd'hui, sa cellule est sous vidéosurveillance et il doit faire face à de nombreuses fouilles nocturnes. Depuis mardi, ses 29 compagnons de misère et de lutte ont été également placés en « isolement », une forme de torture psychologique courante dans les prisons israéliennes.

Emmanuel Macron qui affirme haut et fort sa volonté de combattre pour la justice et les droits humains est au pied du mur : il doit agir pour la liberté d’un citoyen français et le respect du droit international par les autorités de Tel Aviv. La politique de « deux poids, deux mesures » n’est plus supportable. Les autorités françaises doivent agir – et en ont les moyens – pour imposer aux autorités israéliennes des mesures contraignantes de sanction comme par exemple la suspension des accords d’association avec l’Union européenne. Elles peuvent, sans plus attendre, enfin reconnaître l’État de Palestine comme l’a recommandé une résolution du Parlement français et du Sénat.

Le Parti communiste français (PCF) exprime toute sa solidarité avec Salah Hamouri et tous les prisonniers politiques palestiniens, et exige leur libération. Le PCF condamne la colonisation, l'occupation militaire et la politique d'apartheid.

Parti communiste français
Paris, le 30 septembre 2022

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1 octobre 2022 6 01 /10 /octobre /2022 06:25
Après l'assassinat de MAHSA AMINI, solidarité avec les femmes iraniennes (PCF)
Après l'assassinat de MAHSA AMINI, solidarité avec les femmes iraniennes

La mort de Mahsa Amini, jeune femme kurde arrêtée et frappée par la police des mœurs du régime iranien, suscite l’indignation et un soulèvement général dans tout le pays.

Depuis l’instauration du régime islamique, les femmes font l’objet d’une répression quotidienne, d'une oppression, qui s’est brutalement aggravée avec l’élection à la présidence de la République de l’ultra conservateur Ebrahim Raïssi. Les difficultés économiques du pays qui résultent de l’incurie, de la corruption des mollahs et de l’oligarchie en place mais aussi des sanctions américaines ont plongé la moitié de la population dans la pauvreté tandis que les couches moyennes sont laminées. Dans ce contexte social explosif, les éléments les plus réactionnaires du régime ont décidé d’un retour par la force à l’ordre moral islamique dont les femmes paient le prix fort.

Si la société iranienne s’est profondément transformée, les structures politiques n’ont pas évolué et se fossilisent, limitant toujours plus les libertés, accentuant la violence politique en ciblant les femmes, les jeunes et les démocrates. Déjà en 2009, en 2017 et 2019 des manifestions considérables avaient contesté le régime dictatorial tandis que les Gardiens de la révolution les noyaient dans le sang. Dans cette contestation, les femmes sont au premier rang, défiant le régime en se découvrant la tête, en jetant leur foulard au feu dans des vidéos virales qui les exposent à un déchaînement de brutalité. Les femmes iraniennes constituent un socle majeur dans la lutte pour l’émancipation sociale face à l’obscurantisme. Elles font preuve d’un courage admirable.

La révolte gagne aussi toute la jeunesse. Comme par le passé, les universités sont en ébullition. L’exaspération est à son comble et l’aspiration à un changement radical est massif.

Pour y faire face et rassurer sa base sociale, le pouvoir a durci le ton. On dénombre déjà 31 morts dans les manifestations, des centaines d’arrestations tandis que les réseaux sociaux ont été coupés.

Rien n’y fait car Mahsa Amini est devenue un symbole de lutte, de libération et de justice pour les femmes qui rejettent toutes les formes de domination et entendent être maître de leur corps.

Le Parti Communiste Français (PCF) exprime toute sa solidarité avec la lutte des femmes et le peuple iranien. Justice doit être rendue à Mahsa Amini, les lois patriarcales et sexistes doivent être abrogées et la police des mœurs dissoute. Il appelle au succès des rassemblements et à amplifier partout la mobilisation pour que cesse la répression des manifestants.

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30 septembre 2022 5 30 /09 /septembre /2022 05:04
Pierre Laurent : « Renforçons le contrôle des ventes d’armes » (L'Humanité, 28 septembre 2022)
Pierre Laurent : « Renforçons le contrôle des ventes d’armes »

Parlement Le vice-président du Sénat, Pierre Laurent, défend un texte, présenté ce mardi, visant à démocratiser ces dispositifs, aujourd’hui aux seules mains de l’exécutif.

Publié le Mercredi 28 Septembre 2022 - L'Humanité
 

Avec le dépôt d’une proposition de loi présentée mardi, les sénateurs PCF Pierre Laurent et Michelle Gréaume relancent la bataille pour l’instauration d’un véritable contrôle parlementaire sur le commerce des armes.

Vous évoquez une « escalade inquiétante » en matière de ventes d’armes. Comment s’opère-t-elle et quel rôle y joue la France ?

Nous assistons, dans le contexte de la guerre en Ukraine mais aussi plus globalement, à une remilitarisation massive des relations internationales avec des dépenses de surarmements qui atteignent des niveaux record sur tous les continents et une explosion des exportations d’armes de la France, qui se classe au 3e rang mondial. Un seuil historique a été franchi en 2021 avec 28 milliards d’euros, contre 16,9 milliards lors du précédent record en 2015. De plus, plusieurs rapports d’ONG et enquêtes journalistiques ont mis le doigt sur des scandales concernant des ventes d’armes à l’Égypte utilisées à des fins de police intérieure, à l’Arabie saoudite dans la guerre du Yémen ou encore certaines de celles employées par la Russie en Ukraine. Le gouvernement affiche souvent les chiffres positifs de ces exportations dans le bilan du commerce extérieur, mais les armes ne sont pas une marchandise comme les autres. Nous ne dénions pas aux pays le droit d’en acquérir pour assurer leur défense, mais nous voulons que ce commerce soit soumis à un contrôle renforcé car il s’agit d’un enjeu de sécurité et de souveraineté.

Quels problèmes posent les mécanismes de contrôle en vigueur ?

Ces dispositifs sont entièrement dans les mains du gouvernement et du président de la République à travers le contrôle exercé par une commission interministérielle et par la Direction générale de l’armement. Les parlementaires sont tenus à l’écart : le rapport annuel auquel ils ont accès ne contient pas les informations nécessaires à un véritable contrôle et n’est jamais l’objet de débats. Ce système est totalement déficient et presque une exception au regard des moyens accordés en la matière aux Parlements dans de très nombreux pays européens et même aux États-Unis. L’argument du secret-défense – souvent abusivement employé pour ne pas livrer des informations qui pourraient parfaitement l’être – ne tient pas : ces exemples montrent que les parlementaires peuvent respecter ces obligations.

Vous plaidez pour une démocratisation de ce contrôle et plus de transparence. Concrètement, qu’est-ce que cela implique ?

Nous voulons d’abord que soit considérablement renforcé, détaillé, le rapport fourni aux parlementaires et qu’il fasse l’objet d’un débat annuel obligatoire. Nous proposons également de créer, en plus des commissions d’experts existantes, une commission interparlementaire réunissant des députés et des sénateurs de toutes les sensibilités pour exercer ce contrôle et disposer de moyens d’investigation. Nous souhaitons enfin renforcer les pouvoirs des salariés dans les entreprises concernées afin qu’ils aient leur mot à dire sur la production. Paradoxalement, nous sommes champions des exportations, mais notre propre armée n’est souvent plus équipée par des armes dont nous maîtrisons la production. Il s’agit aussi de garantir notre propre indépendance en matière de défense. 

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30 septembre 2022 5 30 /09 /septembre /2022 04:53
Fabien Roussel, personnalité politique préférée des Français et des Françaises (baromètre Cluster, 21 septembre 2022)
Fabien Roussel, personnalité politique préférée des Français et des Françaises (baromètre Cluster, 21 septembre 2022)
Carton plein pour Fabien Roussel :
+ 11 points de popularité dans le baromètre Cluster 17
1ère personnalité politique toutes catégories (soutien + sympathie)
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30 septembre 2022 5 30 /09 /septembre /2022 04:50
Guilhem Mevel - Tribune dans le Monde - 30 septembre 2022

Guilhem Mevel - Tribune dans le Monde - 30 septembre 2022

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27 septembre 2022 2 27 /09 /septembre /2022 05:09
Photo Daniel Laporte

Photo Daniel Laporte

La catastrophe italienne doit provoquer un sursaut à gauche en Europe (Fabien Roussel)
 
Les premiers résultats qui proviennent d’Italie indiquent que la coalition d'extrême-droite et de droite dominée par les néofascistes arrive en tête avec plus de 44 % des voix et pourra ainsi constituer une majorité au Parlement.
Presque 100 ans jour pour jour après l'arrivée au pouvoir de Mussolini, la droite fasciste italienne remporte les élections.
Ce résultat, dans un des pays fondateurs de l’UE, est un tournant politique pour toute l’Europe. Il montre l’ampleur de la crise européenne et italienne, tant sociale que politique et démocratique, et la profondeur des inégalités sociales et territoriales.
Par ailleurs, la droite conservatrice, en faisant le choix de s’allier avec l’extrême-droite, et en étant soutenue par la Confindistria, le patronat italien, porte une responsabilité historique dans cette catastrophe.
Ce bloc droitier a exacerbé le racisme et la xénophobie et dévoyé les colères. La situation difficile de la gauche depuis plusieurs années n’a pas permis l’émergence d’un bloc social et politique capable de s’opposer à la recomposition de la droite italienne sur des bases d’extrême-droite. Cela résonne tout particulièrement venant d’un pays tel que l’Italie, qui est depuis plusieurs décennies un laboratoire pour l'émergence d'un bloc droitier autoritaire, libéral, anti-démocratique et xénophobe partout en Europe.
Je réaffirme la solidarité des communistes français avec les forces de gauche et communistes, les syndicats, le mouvement social, le mouvement féministe, les défenseurs des droits des migrants et avec tous ceux qui en Italie s’apprêtent à lutter, pied à pied, contre cette majorité dominée par l'extrême-droite.
En Italie comme dans tous les autres pays européens où l’extrême-droite est en position de prendre le pouvoir, il est urgent de reconstruire la gauche, en lien avec le mouvement social et les revendications populaires, pour construire de nouvelles majorités sociales et politiques.
 
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord
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25 septembre 2022 7 25 /09 /septembre /2022 13:47
A coeur ouvert: le journal santé du PCF - octobre 2022
A coeur ouvert: le journal santé du PCF - octobre 2022
A coeur ouvert: le journal santé du PCF - octobre 2022
A coeur ouvert: le journal santé du PCF - octobre 2022
A coeur ouvert: le journal santé du PCF - octobre 2022

1500 exemplaires de ce "A cœur ouvert" d'octobre 2022 seront bientôt distribués par les militants communistes dans le Finistère, auprès des professionnels et usagers de la santé, des hôpitaux, des Ehpad, etc.

Pour en savoir plus, le blog de l'Atelier Santé PCF Bretagne:

        http://croizat-pcf.blogspot.com/

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19 septembre 2022 1 19 /09 /septembre /2022 07:31
21 septembre 2022 : Mobilisons-nous pour la paix et le désarmement (PCF)
21 septembre : Mobilisons-nous pour la paix et le désarmement

En envahissant l’Ukraine, V. Poutine a déclenché une tragédie au cœur de l’Europe avec son cortège de crimes, de destructions et de réfugiés. Cette guerre, à l’image de celle d’Afghanistan, d’Irak, de Syrie ou du Sahel, ne peut être gagnée mais sème la terreur, le chaos, et porte en germes de nouveaux antagonismes, de nouveaux conflits, de nouvelles violences notamment contre les femmes.

L’OTAN sort renforcée de cette escalade guerrière, légitimant les logiques de confrontation qui conduisent à une remilitarisation de l’Europe, à une augmentation des dépenses d’armement, alors que ce commerce affiche déjà une insolente prospérité. Elle entend aussi passer d’un rôle régional à un rôle global afin d’intervenir sous toutes les latitudes. Y compris, le cas échéant, contre la Chine.

Quelles que soient les divergences politiques avec tel ou tel État, aucun peuple du monde n’a intérêt à cette militarisation des relations internationales. Les défis mondiaux ne se résoudront pas dans la guerre. Et l’Europe n’a rien à gagner à l’opposition entre le bloc occidental et le reste du monde.

Les menaces potentiellement dévastatrices des guerres et des économies de guerre, nous éloignent des grands défis humains et de ceux qui menacent la planète : le réchauffement climatique avec sa succession de catastrophes (sécheresse, inondations, montée des océans, pollution, destruction du vivant…) ainsi que les insécurités humaines (économiques, alimentaires, sanitaires, énergétiques…). Les inégalités mondiales croissantes face à ces défis sont à la source de nouvelles conflictualités.

Les guerres, le changement climatique et les diverses formes d’insécurités ne sont pas étrangers les uns aux autres. La combinaison des activités humaines sur la nature, avec la course aux profits, le productivisme, la prédation des ressources naturelles, détruit notre patrimoine commun.

Les richesses du monde, le travail humain, la science et les technologies doivent servir l’avenir du genre humain et de la planète et non pas la sophistication des guerres et des armements.

Ensemble, nous devons ouvrir d’autres voies.

Les défis contemporains ne connaissent pas les frontières et ne se régleront qu’à l’échelle globale. Nous sommes désormais dans une obligation de solidarité humaine, car personne ne gagnera contre les autres.

La course aux armements et la nucléarisation du monde sont des obstacles à l’émergence d’un nouvel ordre mondial plus juste et plus durable. Elles confortent les systèmes de dominations. Les milliards qui partent dans le fracas des bombes et détournent d’immenses richesses seraient plus utiles dans l’élaboration de grands projets communs pour l’humanité, dans le respect de la souveraineté des peuples, la justice sociale, la démocratie, la liberté, le partage des connaissances et la métamorphose écologique, conformément à la Charte des Nations unies et aux huit domaines de la culture et de la paix définis par l’Unesco. Cela ne se fera pas sans coopération, sans désarmement ni processus d’élimination des armes nucléaires.

Même s’il est étroit dans ce monde de fracas, le chemin existe pour bâtir un projet global de sécurité humaine. Les voix des peuples unis et des organisations de la société civile peuvent être efficaces, permettant, dans un cadre multilatéral, de construire une paix durable.

C’est le sens de l’appel lancé par Fabien Roussel en faveur de la paix et du désarmement.

Pascal Torre
responsable-adjoint du secteur international
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient

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19 septembre 2022 1 19 /09 /septembre /2022 06:48
Résolution du Conseil National du Parti Communiste Français - 18 septembre 2022

Résolution du Conseil national du PCF

18 septembre 2022

Réunis en conseil national, les communistes appellent en premier lieu à faire du mercredi 21 septembre une grande journée de mobilisation pour la paix et la fin des conflits armés partout dans le monde. Nous appelons à la mobilisation contre la guerre en Ukraine, décidée et déclenchée par le pouvoir russe, afin d’y mettre un terme et de conjurer les risques qui l’accompagnent. L’OTAN, renforcée par l’escalade guerrière en cours, légitime des logiques dangereuses de confrontation, de remilitarisation de l’Europe et d’augmentation des dépenses d’armement.

Nous appelons la France à agir pour une solution diplomatique, seule solution pour mettre un terme aux souffrances humaines qu’elle engendre et écarter le risque d’utilisation d’armes de destruction massive et d’armes nucléaires et celui d’une extension du conflit qui pourrait déboucher sur une nouvelle guerre mondiale. Cela passe par une conférence européenne pour la paix et la sécurité collective avec l’ensemble des États.

Après un été marqué par l’inflation grandissante alors que le CAC 40 tutoie des records ainsi que par les conséquences du dérèglement climatique, la rentrée se fait sous la menace de la récession et la montée des problèmes énergétiques. En cette rentrée, des millions de nos concitoyennes et concitoyens affrontent d’immenses difficultés face à la hausse des prix et la casse par le pouvoir des services publics d’éducation et de santé.

Ces événements révèlent la profondeur des crises en cours qui ont toutes en commun d’être nourries par le capital et qui s’alimentent mutuellement. Pour conjurer la crise capitaliste et relever les défis de ce siècle, l'heure est à construire un renouveau du communisme français.

La politique du pouvoir et de l’union des droites, faite de gros cadeaux aux profits, de petits chèques aux milieux populaires et de nouvelles régressions sociales, ne permet pas de répondre à l’exigence d’une vie digne pour chacune et chacun et aux défis économiques, sociaux et énergétiques. Réforme de l'assurance chômage, réforme des retraites, budgets d'austérité pour la sécurité sociale et l’État, restrictions énergétiques... c'est un programme de classe, un programme de combat pour faire payer la crise au peuple qu’annonce Emmanuel Macron en cette rentrée. La situation est d’autant plus grave que le Rassemblement national, à l’influence décuplée à l’Assemblée nationale, cherche à exploiter la première occasion offerte par la crise de régime pour développer sa politique raciste et xénophobe.

Relever les défis du travail et de l’énergie

Le chômage touche aujourd’hui près de 6 millions de nos concitoyens et la précarité se renforce avec plus de 100 000 personnes supplémentaires qui ont eu recours à l’aide alimentaire depuis le début de l’année. Des centaines de milliers de salariés démissionnent tandis que de fortes pénuries d’emploi se font jour dans de nombreux domaines.

Face à la crise du marché du travail capitaliste et aux exigences sociales et écologiques, le PCF lance une grande campagne pour faire du travail, de l’emploi, de la formation et de l’intervention des salarié.e.s un enjeu central du débat politique, mettre en échec les réformes programmées, notamment celles de l’assurance chômage et des retraites, obtenir des avancées immédiates telle la hausse des salaires, des indemnités chômage et l’amélioration des conditions de travail, des embauches et faire grandir l’exigence d’une sécurisation de l’emploi et de la formation pour garantir à chacun.e le droit à un emploi ou une formation dans une sécurité de revenus.

Le PCF appelle également toutes les forces vives du pays à mener ensemble une grande campagne unitaire contre le projet gouvernemental de recul de l’âge de départ en retraite et à construire un contre-projet pour une réforme des retraites digne du XXIe siècle.

En outre, à quelques mois de l’hiver, beaucoup de nos concitoyen.ne.s ont cette même question en tête : vais-je pouvoir payer mes factures d'énergie, ne pas souffrir du froid ou devoir choisir entre me nourrir correctement, me déplacer ou me chauffer ?

Face à l’inquiétude populaire devant la hausse des prix de l’énergie et pour relever le défi énergétique, après l’appel de Fabien Roussel à une résistance républicaine des collectivités et celui de maires communistes et de gauche, le PCF appelle à faire grandir la mobilisation avec les salariés, les élus, les collectivités et la population pour une maîtrise publique de l’énergie, des formations et des embauches massives, pour sortir le gaz et l’électricité du marché européen comme l’Espagne et le Portugal et fixer les prix en fonction de la réalité des coûts de production par EDF et Engie qui doivent devenir des établissements publics sous maîtrise sociale et collective. En effet, il est nécessaire tant pour les collectivités, que pour les entreprises et nos concitoyen.ne.s que le prix de l’énergie baisse.

C’est fort de cette ambition et de ces propositions que Fabien Roussel engage avec les communistes un tour de France des régions pour poursuivre le dialogue initié en grand avec les Français.es lors de l’élection présidentielle, des élections législatives et des luttes récentes.

Développer les mobilisations sociales

C’est fort de cette ambition et de ces propositions que les communistes appellent les Français.es et les forces vives du pays, forces de gauche et écologistes de la Nupes et au-delà, forces syndicales et associatives à contribuer en priorité à la réussite de la journée du 22 septembre pour la santé publique et de la journée interprofessionnelle du 29 septembre pour l’emploi et les salaires.

La mobilisation unitaire des salarié.e.s, de leurs organisations syndicales, sur leurs lieux de travail, par la grève et toute forme d’actions, est un élément central du combat pour les salaires, l’emploi, la défense des retraites contre la domination capitaliste. Dans toutes les mobilisations à venir, le travail en commun et le respect des organisations syndicales est un gage d’élargissement et de succès.

Notre objectif est de réussir ces journées et aussi les mobilisations qui vont suivre, dont la marche nationale annoncée par plusieurs organisations, en travaillant à co-construire avec les organisations syndicales.

C’est en ce sens que nous appelons toutes les organisations d’ores et déjà parties prenantes de l’initiative du 16 octobre à créer les conditions avec nous d’un élargissement du rassemblement en perspective de la réunion unitaire du 4 octobre prochain. Ce travail unitaire exigeant est pour les communistes une nécessité pour décider de la participation de notre parti à la marche proposée.

Le PCF contribuera dans la durée à développer les mobilisations sociales les plus larges pour mettre en échec la politique de Macron et des droites, obtenir des avancées immédiates pour le peuple, les salarié.e.s et faire grandir l’exigence de changements radicaux, sociaux, écologiques et démocratiques, pour dépasser les logiques capitalistes. Il appelle notamment à participer aux mobilisations féministes du 28 septembre pour l’IVG et du 25 novembre contre les violences sexistes et sexuelles.

Enfin, le Conseil national du PCF lance ce jour la préparation du 39e Congrès de notre parti qui se tiendra les 7,8 et 9 avril 2023 et envisage de le réunir à Marseille si les bonnes conditions matérielles d’organisation le permettent.

Paris, le 18 septembre 2022

 

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