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5 mai 2024 7 05 /05 /mai /2024 08:12
Un sondage Opinion Way- C News - Europe 1 du 3 mai 2024 place la liste de Léon Deffontaines à 4%: encore un effort pour atteindre les 5%
Léon Deffontaines l'a exprimé:
 
"Moi je souhaite que les 4 principales listes de gauche dépassent les 5% parce que mécaniquement ça fait des sièges en plus pour la gauche et et surtout des sièges en moins pour la droite et l'extrême-droite !"
La liste de la Gauche Unie pour le Monde du Travail à 5%, cela fait au regard des règles de l'élection européenne en France 5 députés de gauche en plus au Parlement européen, qui plus est des députés qui s'opposeront aux directives libérales, à l'austérité, aux traités de libre-échange, qui défendront une voix de Paix, qui se battront pour une politique d'accueil des réfugiés et des exilés, pour les travailleurs et l'alignement vers le haut des normes démocratiques et sociales, 5 députés en moins pour la droite et l'extrême-droite.
Actuellement, la liste de Léon Deffontaines, dans un sondage Opinion Way - C NEWS- Europe 1 paru vendredi 3 mai, est donnée à 4% d'intentions de vote dans les sondages.
Multiplions nos efforts pour que la liste conduite par Léon Deffontaines atteigne bien les 5% de suffrages exprimées le 9 juin prochain et que les communistes puissent revenir au Parlement Européen et au sein du groupe The Left avec nos amis de Die Linke, du Sinn Fein, du PTB belge, du Parti communiste portugais, les communistes espagnols, chypriotes, etc.
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20 avril 2024 6 20 /04 /avril /2024 05:00
Lire Manouchian, le dossier de Cause Commune n°37, Le Souffle de 1944: Gérard Streiff et Hoël Le Moal
Par

Pour célébrer la panthéonisation de Mélinée et Missak Manouchian, la rubrique Lire de Cause commune propose un parcours de lecture dans la production éditoriale récente. Il va de soi que nous ne pouvons prétendre à l’exhaustivité, mais les quelques propositions ci-dessous devraient satisfaire les lecteurs désireux de mieux se renseigner sur deux authentiques héros.

Par Hoël Le Moal et Gérard Streiff

 

Une synthèse historique richement illustrée

Manouchian-de-Astrig-Atamian_.jpg

Manouchian

Astrig Atamian, Claire Mouradian, Denis Peschanski (Textuel, 2023)

Grâce à des fonds d’archives peu explorés jusqu’alors, les auteurs replacent la vie des Manou­chian dans la longue durée depuis l’exil. Amené à devenir un ouvrage de référence, Manouchian inscrit Mélinée et Missak dans le cadre plus large du sort réservé aux Arméniens dans l’Empire ottoman. Des documents impressionnants permettent de saisir l’horreur génocidaire à partir de 1915 : entre 1,2 et 1,5 million de morts, les deux tiers de la population arménienne vivant au sein de l’Empire. L’enfance des Manouchian est celle d’or­phelins, et leur entrée dans l’âge adulte se fait par « l’engagement et l’impôt du sang dans le pays d’accueil, tout en gardant l’attachement à la patrie des origines ».
Si Claire Mouradian se charge de la partie antérieure à 1924, ce sont Astrig Atamian et Denis Peschanski qui traitent de l’engagement des Manouchian en France, d’où ressort le rôle central du HOC (ou HOK), le Comité d’aide à l’Arménie. On ne peut être que touché par les photographies présentant les Aznavourian, comme cette dédicace de Charles Aznavour à Mélinée en 1944 : « Plein d’espérance de se revoir en URSS dans un avenir très proche ».
à partir de 1939, Missak devient « indésirable » en raison de ses origines et de ses idées politiques, avant d’entrer dans la lutte armée. L’auteur parvient parfaitement à restituer le fonctionnement des FTPF, des différents détachements de la MOI. 1943 : tout s’accélère. Manouchian rejoint la direction centrale des FTP-MOI de la région parisienne, qui « sont alors pratiquement les seuls à mener la lutte armée à Paris » sous l’effet de la répression. Soyons clairs : ils ne sont plus que soixante-cinq à l’été 1943.
Au sujet de la fin de Manouchian, les auteurs de l’ouvrage affirment : « Parmi les hypothèses sur les raisons de la chute du groupe, la plus probante est sans doute l’inégalité du rapport des forces en présence. » Les filatures de la police française permettent de mettre la main sur Dawidowicz, commissaire politique des FTP-MOI, qui trahit.
Ce qui est particulièrement remarquable dans l’ouvrage est le travail mené pour saisir « les aléas de la mémoire » (titre de la dernière partie du livre) : mémoire politique (celle du PCF), mémoire littéraire (Eluard en 1951, Aragon en 1955), conflits de mémoires (le documentaire problématique Des terroristes à la retraite).
On admire la synthèse mais on peut parfois regretter le côté un peu solennel, sans doute lié à la proche panthéonisation.

N.B. : Denis Peschanski est l’auteur avec Stéphane Courtois et Adam Rayski du Sang des étrangers, premier travail historique d’ampleur sur la MOI (Fayard, 1989). En février 2024 paraît Avec tous tes frères étrangers. De la MOE aux FTP-MOI, de Dimitri Manessis et Jean Vigreux aux éditions Libertalia.

 

Une biographie à hauteur d'homme et de femme

Missak-et-melinee-Manouchian.jpg

Missak et Mélinée Manouchian, un couple en résistance

Gérard Streiff
(l'Archipel, 2024)

Notre ami et camarade Gérard Streiff fait paraître la première biographie croisée de Missak et Mélinée. La préface de Didier Daeninckx évoque un des textes les plus bouleversants de la littérature communiste : la dernière lettre de Missak, où celui-ci défie la mort en exprimant à la fois la passion amoureuse et l’amour de la poésie (« Adieu. Ton ami. Ton camarade. Ton mari Manouchian Michel »).
Gérard Streiff nous donne le premier poème connu de Missak, à l’âge de 13 ans : « Un charmant petit enfant / A songé toute une nuit durant / Qu’il fera à l’aube pourpre et douce / Des bouquets de rose ». Il rappelle que Mélinée ne s’appelle Assadourian que par une erreur d’enregistrement à son arrivée en France, et que le nom de son père, directeur des postes à Constantinople, était Soukémian. Le traitement des immigrés dans le pays des Droits de l’homme...
L’auteur, dans un style très clair, direct et efficace, se place à la hauteur de ses protagonistes : attentif à leurs états d’âme, à leurs idées, au sport que Missak pratiquait assidûment : « Il était beau comme une statue grecque », répétait Mélinée. Mais on ne délaisse jamais la grande histoire, la politique, tout en suivant autant l’individu que le collectif auquel il appartient : la communauté arménienne, le PCF (Missak est délégué au congrès d’Arles en 1937), le Comité de secours pour l'Arménie. La personnalité de Missak est remarquable, d’abord aux yeux de Mélinée : ainsi ces devises accrochées au mur de la chambre, « Apprendre, apprendre, apprendre ».
Biographie intime : Mélinée tombe enceinte en 1940. « Il me paraissait évident que je ne pouvais pas garder l’enfant que je portais », puisque son travail de militante la requiert. Plus tard, on suit pas à pas leur intégration dans la résistance via la MOI, l’implication de Mélinée dans le « travail allemand » (la propagande risquée à destination des occupants), le passage dans la clandestinité. Gérard Streiff insiste sur le rôle terrible de la police française, plus que supplétive de la Gestapo.
La place des femmes est soulignée : dans la rafle de novembre 1943, elles sont vingt et une parmi les soixante-huit résistants arrêtés.
Attaché à la signification politique des actions du groupe Manouchian, l’auteur s’intéresse de près au procès des vingt-trois, à la couverture médiatique de l’événement, à la portée symbolique de l’Affiche rouge. Une très belle biographie croisée.

 

Un témoignage essentiel

Manouchian-de-Melinee.jpg

Manouchian

Mélinée Manouchian (Parenthèses, 2023)

Les éditions Parenthèses proposent une très belle réédition des mémoires de Mélinée Manouchian parues une première fois en 1974 chez les Éditeurs français réunis, trente ans après la mort de Missak, « trente ans d’une vie qui n’a pas toujours été aussi heureuse que l’espérait Manouchian », écrivait Mélinée. Préfacé par Katia Guiragossian, la petite-fille d’Armène, sœur de Mélinée, et accompagné de cent-cinquante pages de documents, l’autrice nous permet d’accéder à ses pensées et à la manière qu’elle a eu de vivre son amour pour Missak, leur vie politique en résistance, et la cruelle séparation.
Suivant une chronologie de l’intime, rappelant qu’elle vient d’un milieu plutôt intellectuel quand Manouchian est d’origine paysanne, elle est placée à l’orphelinat de 4 à 18 ans. En 1934 au gala du HOC elle rencontre Missak qui lui fait l’effet d’un butor. Ce sont les descriptions de la communauté arménienne de Paris (le poète Tchobanian qui corrige les textes de Missak), et le temps du quotidien, d’abord constitué par l’action politique et militante, qui les accapare. L’intérêt essentiel de l’ouvrage est d’être au plus près du couple (les doutes de Missak en octobre 1943, le sentiment d’être filé en permanence dans la rue), de vérifier l’incroyable courage de Mélinée (lors de l’internement de Missak, elle se rend au camp de prisonniers pour transmettre des vivres et des vêtements, et manque d’être tuée par les gardes). La dernière nuit entre eux est un grand moment du livre : Missak veut lui apprendre le maniement d’une arme : « Jamais je ne l’avais vu dans un état pareil. »
On peut regretter les quelques erreurs factuelles (« Gestapo » au lieu de police française...) et l’insistance sur la supposée responsabilité de Boris Holban dans l’arrestation de Missak, ce qui a été infirmé depuis. Mais l’ouvrage présente une belle puissance d’évocation.
L’édition est surtout riche de nombreux documents : des tracts, des extraits de journaux collabos et résistants, le magnifique texte de D’Astier de La Vigerie en 1964, « nos frères clandestins, les apatrides », les poèmes de Manouchian.

Pour aller plus loin : sous le titre Ivre d'un grand rêve de liberté, la poésie de Missak est éditée chez Points (2024).

 

Dans la fiction

Missak-de-Didier-Daeninckx.jpg

Missak

Didier Daeninckx

Dans Missak, l’enquête-roman de Didier Daeninckx, publiée chez Perrin en 2009, ressortie chez Folio, l’auteur nous replonge dans l’année 1955, l’année du poème d’Aragon « Strophes pour se souvenir ». Un journaliste de L’Humanité, Louis Dragère, revisite, à la demande de la direction du PCF, la vie du chef des détachements FTP-MOI parisiens, alors qu’on va inaugurer (enfin) dans la capitale une rue dédiée à son groupe. Ses investigations serrées vont le conduire à reconstituer les différentes étapes du périple de Manouchian depuis ses origines familiales du côté de l’Empire ottoman, le génocide arménien, l’exode, le séjour à Beyrouth jusqu’à l’arrivée en France. Voici bientôt le Manouchian ouvrier et artiste, militant et grand dévoreur de livres, poète, traducteur de Baudelaire, de Verlaine et de Rimbaud pour des revues de la communauté arménienne ; voici les familiers, les amis (belle présence des Aznavourian). S’invitent dans ce récit des personnages tels que Jacques Duclos, Louis Aragon, Charles Tillon, Henri Krasucki. Sont évoquées les actions militaires de Manouchian et des siens, dont la plus retentissante fut l’exécution du colonel nazi Julius Ritter, le 28 septembre 1943, la traque et l’arrestation du groupe. On prend la mesure ici de la terrible ténacité de la police politique française, les brigades spéciales des renseignements généraux, engagées dans la chasse aux résistants communistes.
Didier Daeninckx une nouvelle fois manifeste sa parfaite maîtrise de l’histoire. Le livre, nourri d’archives, révèle des acteurs étonnants, comme cet ancien responsable de l’Arménie soviétique, Armenak Manoukian, proche de l’entourage de Trotski, dissident précoce et intime de Manouchian. Toutefois, Missak n’est pas un essai historique, c’est bien un roman, et un roman noir. On a beau connaître la fin de l’histoire, l’auteur ne nous propose pas moins un véritable roman à suspense où on découvre peu à peu les circonstances de la chute de Manouchian et des siens. Un roman policier avec son lot de guet-apens, ses hordes de flics (deux cents inspecteurs mobilisés au plus fort moment), des filatures époustouflantes, des traques et des traîtres. Dans sa dernière lettre, Missak dira : « Je pardonne à tous ceux qui m’ont fait du mal, sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et à ceux qui nous ont vendus. » Le livre sait aussi reconstituer l’atmosphère de ces quartiers populaires parisiens des années 1950 où l’on allait voir Ça va barder de John Berry et où l’on chantait « Mon pote le gitan ».

Pour aller plus loin : aux Arènes BD, parution en janvier 2024 de: Missak Manouchian : une vie héroïque bande dessinée écrite par Didier Daeninckx et illustrée par Mako.

Cause commune 37 • janvier/février 2024

 
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19 avril 2024 5 19 /04 /avril /2024 05:27
Programme du Conseil National de la Résistance de 1944 - Dossier Cause Commune, n° 37: le souffle de 1944 • janvier/février 2024

Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n’a pas d’autre raison d’être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.
Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n’est, en effet, qu’en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l’image de sa grandeur et la preuve de son unité.
Aussi les représentants des organisations de la Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R., délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s’unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.

I - PLAN D’ACTION IMMÉDIATE
Les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.
Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la Nation que l’oppresseur hitlérien poursuit avec l’aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute production utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d’un million de prisonniers, par la déportation d’ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers, par l’emprisonnement de 300.000 Français et par l’exécution des patriotes les plus valeureux, dont déjà plus de 50.000 sont tombés pour la France.
Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations militaires que l’armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter cette libération, d’abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l’avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l’envahisseur et ses agents, commencée dès 1940.
Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps l’espoir et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l’Europe, a placés dans leur volonté d’abattre l’Allemagne nazie, par le déclenchement d’opérations militaires de grande envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour l’épreuve décisive.
Ils insistent auprès du Comité Français de la Libération Nationale pour qu’il mette tout en œuvre afin d’obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils constatent que les Français qui ont su organiser la résistance ne veulent pas et d’ailleurs ne peuvent pas se contenter d’une attitude passive dans l’attente d’une aide extérieure, mais qu’ils veulent faire la guerre, qu’ils veulent et qu’ils doivent développer leur résistance armée contre l’envahisseur et contre l’oppresseur.
Ils constatent, en outre, que la Résistance Française doit ou se battre ou disparaître ; qu’après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le développement et la généralisation de l’offensive des Français contre l’ennemi lui permettront de subsister et de vaincre.
Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l’ampleur des arrêts de travail le 11 Novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l’union des patrons et des ouvriers, l’échec infligé au plan de déportation des jeunes français en Allemagne, le magnifique combat que mènent tous les jours, avec l’appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif Central, dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant garde de l’armée de la Libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et qu’il doit poursuivre et accroître cette lutte.
En conséquence, les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.
Déclarent que c’est seulement par l’organisation, l’intensification de la lutte menée par les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l’union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l’a dit le général De Gaulle, de l’insurrection nationale qui, ainsi préparée, sera dirigée par le C.N.R, sous l’autorité du C.F.L.N, dès que les circonstances politiques et militaires permettront d’assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.
Ils ont l’espoir que les opérations de la Libération du pays, prévues par le plan de l’état-major interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l’aide apportée par les Français dans la lutte engagée contre l’ennemi commun, ainsi que l’a démontré l’exemple glorieux des patriotes corses.
Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l’armistice, a poursuivi sans trêve la guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la victoire.
Pour mobiliser les ressources immenses d’énergie du peuple français, pour les diriger vers l’action salvatrice dans l’union de toutes les volontés, le C.N.R décide :
D’inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d’entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la formation de comités là où rien n’existe encore et à enrôler les patriotes non organisés.
Tous ces comités seront placés sous la direction des comités départementaux de la libération (C.D.L). Ils seront soumis à l’autorité des C.D.L qui leur transmettront, comme directives, la plate-forme d’action et la ligne politique déterminée par le C.N.R.
Le but de ces comités sera, à l’échelon communal, local et d’entreprise, de faire participer de façon effective tous les Français à la lutte contre l’ennemi et contre ses agents de Vichy, aussi bien par la solidarité et l’assistance active à l’égard des patriotes sous l’impulsion et le soutien donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par-dessus tout, leur tâche essentielle sera de mobiliser et d’entraîner les Français qu’ils auront su grouper à l’action armée pour la Libération.
Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions données par les C.D.L, appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes les formes d’oppression et d’exploitation imposées par l’ennemi, de l’extérieur et de l’intérieur.
Ces comités devront :
1) Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se nourrir, à se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l’ennemi et augmentant le potentiel humain de la résistance ;
2) Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la Milice de DARNAND ainsi que les mouchards et les traîtres ;
3) Développer l’esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes français ;
4) Développer, d’une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés ; d’autre part, la solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et vichyssoise ;
5) En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la santé des Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations et des grèves, afin d’obtenir l’augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l’ennemi, de façon à rendre à la population un minimum de vital en matière d’alimentation, de chauffage et d’habillement ;
6) Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers, des femmes de prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;
7) Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et d’installations industrielles pour le compte de l’ennemi ; saboter et paralyser la production destinée à l’ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;
8) Défendre à l’intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les prélèvements excessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des syndicats à la solde de Vichy et de l’Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la paysannerie française.
Tout en luttant de cette façon et grâce à l’appui de solidarité et de combativité que développe cette lutte, les comités de villes, de villages et d’entreprises devront en outre :
a) Renforcer les organisations armées des Forces Françaises de l’Intérieur par l’accroissement des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en particulier parmi les réfractaires ;
b) En accord avec les états-majors nationaux, régionaux et départementaux des F.F.I, organiser des milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont l’encadrement sera facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres de réserve, et qui sont destinés à défendre l’ordre public, la vie et les biens des Français contre la terreur et la provocation, assurer et maintenir l’établissement effectif de l’autorité des Comités départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le strict rattachement aux F.F.I dont l’autorité et la discipline doivent être respectées par tous.
Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le C.N.R prescrit de l’état-général major national des Forces Françaises de l’Intérieur, tout en préparant minutieusement la coopération avec les Alliés en cas de débarquement, doit :
1) Donner ordre à toutes les formations des F.F.I de combattre dès maintenant l’ennemi en harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de guerre, en capturant ses dépôts d’armes et de munitions afin d’en pourvoir les patriotes encore désarmés ;
2) Faire distribuer les dépôts d’armes encore inutilisés aux formations jugées par lui les plus aptes à se battre utilement dès à présent et dans l’avenir immédiat ;
3) Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités compétentes à l’échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum d’efficacité ;
4) Coordonner l’action militaire avec l’action de résistance de la masse de la nation en proposant pour but aux organisations régionales paramilitaires d’appuyer et de protéger les manifestations patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des paysans et des ouvriers contre la police hitlérienne, d’empêcher les réquisitions de vivres et d’installations industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève et défendre la vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l’occupant provisoire.
Ainsi, par l’application des décisions du présent programme d’action commune, se fera, dans l’action, l’union étroite de tous les patriotes, sans distinction d’opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée, rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de jouer son rôle lorsque les conditions de l’insurrection nationale seront réalisées, armée qui élargira progressivement ses objectifs et son armement.
Ainsi, par l’effort et les sacrifices de tous, sera avancée l’heure de la libération du territoire national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d’immenses richesses pourront être préservées.
Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable d’entreprendre au lendemain de la libération la plus grande œuvre de reconstruction et de rénovation de la patrie.

II - MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE
Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la libération :
1) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;
2) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;
3) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice par les gouvernements de l’axe et par leurs ressortissants, dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;
4) Afin d’assurer :
- l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;
- la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;
- la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ;
- la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;
- l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;
- le respect de la personne humaine ;
- l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;
5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :
a) Sur le plan économique :
- l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;
- une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ;
- l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;
- le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;
- le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;
- le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.
b) Sur le plan social :
- le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;
- un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;
- la garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ;
- la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;
- un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;
- la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;
- l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de
l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance conte les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;
- une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
- le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.
c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.
d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.
Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation.
Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.
L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi.
En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président le général De Gaulle !
En avant pour le combat, en avant pour la victoire afin que VIVE LA FRANCE !

Cause commune 37 • janvier/février 2024

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18 avril 2024 4 18 /04 /avril /2024 06:19
Le RN et le patronat: le Flirt: par Gérard Streiff (Cause Commune n°37 - Janvier/février 2024)
Par

Si l’extrême droite était devenue infréquentable après la Seconde Guerre mondiale, l’idée d’une arrivée envisageable du Rassemblement national au pouvoir en 2027 travaille le grand patronat.

Une extrême droite, frappée d’infamie
La droite ultra a toujours eu, au cours de son histoire, des soutiens solides du côté des possédants. On se souvient (peut-être) du parfumeur René Coty, considéré aux lendemains de la Première Guerre mondiale comme l’homme le plus riche de France : il subventionna largement l’extrême droite (L’Action française) et créa même son propre parti, nationaliste, antisémite, xénophobe et anticommuniste : Solidarité française, ligue heureusement dissoute par le Front populaire. On pense aussi au groupe L’Oréal d’Eugène Schueller, qui finança, abrita, propulsa La Cagoule, redoutable groupement d’extrême droite qui peu ou prou encadra (ou conseilla) le petit monde de la collaboration. Après la guerre, André Bettencourt, ex-directeur de la revue collabo La Terre française, associé à la direction de L’Oréal, recycle sans vergogne dans les filiales du groupe nombre de cagoulards, dont un certain Jean Filiol, un des créateurs de la Cagoule et coresponsable du massacre d'Oradour ; le jeune François Mitterrand fut nommé responsable d’une des revues commerciales du groupe.
Mais l’extrême droite, frappée d’infamie pour ses compromissions avec l’occupant (nombre de ses cadres sont fusillés pour haute trahison), sort durablement disqualifiée de la période vichyste ; elle est devenue infréquentable et le monde de l’économie va la tenir (officiellement du moins) à distance.

Une reprise de contact avec les industriels
Ces dernières années, les choses changent. Les industriels, diverses forces économiques sont en train de reprendre contact avec l’extrême droite, le Rassemblement national en l’occurrence, histoire de tâter le terrain, de mesurer le niveau de compétence (ou d’incompétence) de ces gens-là, de voir aussi s’il y a moyen (ou pas) de trouver, demain, des terrains d’entente.
Le premier fait significatif et public (car on va le voir, des liens existent depuis 2017) est la proposition formulée par Geoffroy Roux de Bézieux, en 2019, d’inviter Marion Maréchal à l’université d’été du MEDEF. À ce moment-là, l’initiative fait scandale et n’a pas de suite. Mais l’idée est dans l’air. Ajoutons que ce même Roux de Bézieux, lors d’une matinale de France Info, le 27 mars 2023, interrogé par Salhia Brakhlia sur la progression du RN dans les sondages, et sur le risque de voir Le Pen arriver au pouvoir, répond : « C’est un risque nécessaire. »  
Depuis peu, les relations entre le monde patronal et l’extrême droite empruntent deux canaux.

Le groupe parlementaire du RN, lieu de communication privilégié
Sébastien Chenu, porte-parole du RN et vice-président de l’Assemblée nationale, joue le Monsieur bons offices. Il fait mine par exemple de se soucier du sort des paysans français, prétend vouloir lutter contre l’inflation et profite de l’aubaine pour rencontrer tout le gratin des groupes de pression de l’agroalimentaire, pour nouer des liens avec les cadors de la grande distribution. Car ceux-ci acceptent, et c’est nouveau, de fréquenter ces élus ultras. « Avant 2022, personne ne nous rencontrait. Quelque chose a changé », sourit Chenu.
Les échanges avec les grands patrons sont plus ou moins discrets. Chenu obtient par exemple une photo, très complaisante et très largement diffusée, avec Michel-Edouard Leclerc. On sent bien qu’entre l’agriculteur et le commerçant, Chenu a fait son choix. Et il apprécie ; Leclerc aussi manifestement. Belle prise de guerre en tout cas pour le RN.

La structure patronale, ETHIC
Le deuxième canal, c’est la structure patronale ETHIC (Entreprises de taille humaine, indépendantes et de croissance) qui le met en place. L’organisation est plus modeste que le MEDEF mais rassemble nombre de grandes fortunes ; elle est dirigée par Sophie de Menton qui mène l’opération. Depuis 2017, elle organise des rencontres régulières entre l’état-major RN et des grands patrons. Et laisse entendre que : « Marine, ça n’a plus rien à voir avec son père ! »

« Alors que les liens entre les officiels de l’économie et le FN étaient longtemps restés tabous, on raconte qu’aujourd’hui tous les grands cabinets de lobbying se pressent dans les couloirs du RN. »

On peut identifier trois rencontres de ce type. La première en 2017, donc. Puis le 27 janvier 2022 : Sophie de Menton fait une nouvelle fois se croiser des grandes figures du patronat et Marine Le Pen au Cercle de l’union interalliée, 33, rue du Faubourg-Saint-Honoré. La patronne de ETHIC expliquera en long et en large quelques jours plus tard dans la revue Causeur (31 janvier 2022) comment tout s’est bien passé, combien Marine Le Pen est en train de « muer », combien « Marine aime l’entreprise », combien elle trouve qu’il y a « trop de normes » en France, comment elle réglerait le problème des immigrés, etc. Que du bonheur !
Puis Sophie de Menton remet le couvert le 17 octobre 2022 : elle réunit dans un salon privé du restaurant Fitzgerald, 54, boulevard de La Tour-Maubourg (un lieu « chic haut de gamme », comme dit la pub) dix grands patrons et dix membres de la direction du RN (dont Marine Le Pen et Franck Allisio, député des Bouches-du-Rhône). Sophie de Menton s’ébaubit : « Ils (les RN) font des progrès ! » Et elle le répète à qui veut l’entendre.

Accentuation de l'orientation libérale et propatronale du RN 
Alors que les liens entre les officiels de l’économie et le FN étaient longtemps restés tabous, on raconte qu’aujourd’hui tous les grands cabinets de lobbying se pressent dans les couloirs du RN. « L’hypothèse de notre arrivée au pouvoir a fait sauter des verrous », se félicite Jordan Bardella. Et le journaliste Jean-Rémi Baudot, de France Info, constate : « Le regard des patrons sur le RN évolue petit à petit » (19 juin 2023). Sans parler de la convergence d’idées entre un Bolloré, ses médias et l’ultradroite.
Sur le site de Sciences-Po/CEVIPOF (mars 2022), un chercheur du CNRS, Gilles Ivaldi, décortique le programme économique du RN dans une note intitulée « Marine Le Pen, Zemmour, social-populisme et capitalisme populaire ». Si l’étude est globalement contestable, elle montre cependant comment l’orientation libérale et propatronale de ce parti s’est accentuée entre 2017 et 2022 : abandon de la retraite à 60 ans, abandon de la défense des 35 heures, abandon de la remise en cause de la loi Travail, abandon de la sauvegarde du statut de la fonction publique, abandon de l’augmentation des salaires des fonctionnaires, abandon de la création de postes de fonctionnaires, suppression de l’impôt sur la fortune immobilière, etc. Bref autant de reculs qui semblent accompagner, ponctuer ces rencontres (ces retrouvailles ?) entre l’extrême droite et le capital.
Si le MEDEF s’est fendu d’un communiqué entre les deux tours de la présidentielle de 2022 pour prendre (sans trop forcer le trait) ses distances avec Le Pen, François Asselin, président de la Confédération des PME (CPME) était plus nuancé : « Marine Le Pen n’a jamais été aux affaires.[…] Elle a besoin de crédibiliser son programme et on voit que l’équation est compliquée » (entretien aux Échos, 12 avril 2022).
Bref, comme l’écrit la revue Challenges en avril 2022 : « Chez les patrons, Marine Le Pen n’est plus un repoussoir. »

Cause commune 37 • janvier/février 2024

 
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17 avril 2024 3 17 /04 /avril /2024 12:17
Source : CNCCFP, 2023, données disponibles sur data.gouv.fr (Comptes des partis et groupements politiques).

Source : CNCCFP, 2023, données disponibles sur data.gouv.fr (Comptes des partis et groupements politiques).

Chaque année, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) examine les comptes des près de quatre cent-cinquante partis politiques français et en dresse un rapport dont la dernière version a été publiée en juin dernier(1). Une attention plus particulière sur les ressources des sept principaux partis politiques français permet de montrer la grande originalité du Parti communiste français.
En effet, les ressources du PCF dépendent pour plus de moitié des cotisations de ses adhérentes et adhérents (22 %) et de ses élus, femmes et hommes (23 %) et aussi des dons des personnes physiques (souscriptions notamment – 19%). Au total, cotisations et dons représentent 64 % de ses ressources. C’est également celui dont la part des aides publiques dans ses ressources est la plus faible (8 %).
Tout comme le PCF, Europe écologie les verts (EELV) et le Parti socialiste (PS) dépendent principalement des cotisations de leurs adhérents et élus (42% de leurs ressources). Ils gardent cependant une part d’aide publique importante (respectivement 30 % et 26 %). Le Rassemblement national (RN) et la République en marche (LReM) se distinguent avec une contribution des aides publiques dans leurs ressources autour de 55 % et une contribution de leurs adhérents et élus autour de 25 %. Si les Républicains (LR) ont un niveau de contribution de leurs adhérents et élus similaire, ils ont la part de dons de personnes physiques la plus importante (25 %).
La France insoumise (LFI), ayant fait le choix de la forme « mouvement », se démarque très nettement avec 71 % de ses ressources issues de l’aide publique et l’absence totale de cotisation d’adhérents et d’élus – les dons des personnes physiques représentant 15 % de leurs ressources.
Les dons et cotisations de ses membres sont la grande force du PCF et garantissent son indépendance d'action et sa liberté de parole(2).

1. Consulter le dernier rapport : https://www.cnccfp.fr/rapport-d-activite-2022/
2. Pour contribuer : https://souscription.pcf.fr

Cause commune 37 • janvier/février 2024

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15 avril 2024 1 15 /04 /avril /2024 11:48
Brest, 15 avril, 18h, Maison des Syndicats: Réunion publique Européennes: "Energie, climat: on a un plan" avec Taran Marec et Amar Bellal
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11 avril 2024 4 11 /04 /avril /2024 05:29
À Gaza, la course contre la montre pour la vie - Tribune de Jean-Paul Lecoq et de Elsa Faucillon dans L'Humanité, 4 avril 2024
Excellente tribune de Jean-Paul Lecoq, député PCF de Seine-Maritime et Elsa Faucillon, députée PCF des Hauts-de-Seine.
 
À Gaza, la course contre la montre pour la vie
 
Publié le 4 avril 2024
Six mois après les crimes du Hamas, le monde assiste depuis 182 jours à des massacres, des transferts forcés, des destructions massives ; 182 jours qu’un génocide est en cours à Gaza sous les yeux du monde entier. Trente-deux mille morts et plus de dix-mille disparus sous les décombres, dont 70 % de femmes et d’enfants. Comme tous ceux et toutes celles qui, à travers le monde, meurent sous les bombes, ils sont nos frères et sœurs d’humanité. Leur rendre hommage est une nécessité.
Deux millions de personnes déplacées de force, la population en proie à la famine, privée de soins. Infrastructures, bâtiments publics et domiciles sont méticuleusement détruits. Quelques dizaines de kilomètres plus loin, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, à l’ombre du mur de l’apartheid, les exactions et la brutalité du colonialisme du gouvernement israélien se sont accrues contre les Palestiniens.
Sur cette terre morcelée, le bilan macabre des victimes de l’armée israélienne et des colons armés s’élève à 446 victimes depuis le 7 octobre 2023. La colonisation en cours depuis des décennies s’accélère, Israël s’étant approprié plus de 800 hectares de terres depuis le début de l’année.
Dans les prisons israéliennes, les Palestiniens subissent de manière systémique des traitements brutaux et dégradants. Le cas de Marwan Barghouti, tabassé à deux reprises alors qu’il était à l’isolement, soumis à un régime de « torture », en est emblématique. Partout en Palestine, c’est tout un peuple que l’on opprime et que l’on assassine.
Alors que la France et les pays occidentaux prétendent être la voix des droits humains, leur inaction ou leur complicité ne cessent de les contredire. Aujourd’hui, face à l’horreur, ce sont des pays non membres permanents du Conseil de sécurité, comme l’Afrique du Sud, qui tracent le chemin de la justice et du droit international.
Il aura fallu plus de six mois d’horreur absolue, six mois aussi de mobilisation des peuples à travers le monde pour que l’ONU adopte une résolution appelant au cessez-le-feu immédiat. Mais que devient une résolution si elle n’est pas suivie d’une action résolue ? L’urgence de la situation ne supporte plus les faux-semblants, le langage verni de l’inaction.
Depuis si longtemps, la communauté internationale est restée passive, paralysée, incapable de faire appliquer le droit international. Paralysée face à l’occupation sans fin, la colonisation de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est, face à la mise en place d’un régime d’apartheid. Paralysée face au blocus destructeur de la bande de Gaza depuis seize ans… Depuis 1948, ce sont déjà plus de 100 résolutions concernant la Palestine qui ont été votées.
Il faut à présent que le gouvernement israélien soit persuadé qu’il a plus à perdre qu’à gagner à ne pas respecter le droit international. La France et l’Europe ont un rôle à jouer dans ce rapport de force. Israël n’a jusqu’alors subi aucune sanction pour son non-respect de la loi.
Pour cela, nous continuerons à nous mobiliser avec force aux côtés des habitants de notre pays pour que la France cesse la vente d’armes à Israël, suspende toute coopération militaire avec Israël, prenne des sanctions diplomatiques et économiques, bannisse les produits issus des colonies de nos magasins. Et nous continuerons notre combat pour que la France saisisse la Cour pénale internationale.
Enfin, la France doit mener une politique forte pour la libération des milliers de Palestiniens emprisonnés en Israël, à commencer par les très nombreux mineurs. À Bruxelles, la France doit pousser pour stopper en urgence l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël. Toutes ces actions en faveur de la paix et de la sécurité des deux parties ne pourront être menées sans la libération complète des otages israéliens du Hamas. Dans la course contre la montre dans laquelle nous sommes engagés, la France doit saisir le flambeau de la justice et du droit.
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3 avril 2024 3 03 /04 /avril /2024 05:28
Photo L'Humanité - Léon Deffontaines sur un chalutier à Lesconil

Photo L'Humanité - Léon Deffontaines sur un chalutier à Lesconil

Léon Deffontaines, tête de liste PCF, et Fabien Roussel, secrétaire national, sont partis à la rencontre de la filière halieutique, frappée par une crise similaire à celle des agriculteurs. Ils ont ensuite tenu meeting à Quimper.

L'Humanité, 27 mars 2024 - Diego Chauvet

« J’ai fait mon apprentissage sur ce bateau de mes 12 ans à mes 17 ans », raconte Julien Le Brun à Léon Deffontaines, alors que les flots les secouent tous les deux, lors d’une sortie en mer. Cet armateur de 42 ans a repris ce chalutier qui a le même âge que lui. Puis le jeune apprenti pêcheur a pris de la bouteille, et a acheté huit autres navires. Celui qui fend les eaux sous leurs pieds part tous les matins à 5 heures, pour être de retour dans le port de Lesconil à 18 heures chargé de langoustines.

« Avec un bateau de cette taille, il faut en faire 15 tonnes dans l’année. C’est ce qu’on a fait l’an dernier. Les bonnes années, on peut en faire 20. » Une quantité nécessaire pour rentabiliser les sorties en mer, « à condition que le prix du gasoil n’explose pas », précise Julien. 42 ans, c’est vieux pour un chalutier au regard des normes requises. Il faudrait investir des centaines de milliers d’euros pour le moderniser.

L’Inizan, puisque c’est son nom, a bénéficié de quelques améliorations techniques, bien sûr. « Autrefois, il fallait quatre à cinq personnes pour une journée de pêche. Aujourd’hui, on part à deux », explique Julien. Mais le renouvellement de la flotte reste un véritable défi pour les pêcheurs bretons. « Il faut qu’on cherche tous les leviers pour aider la filière à changer ses navires », note le candidat communiste aux élections européennes. « On est encore à l’ère de la 2 CV, et l’État nous impose les normes de la dernière Mercedes », résume un autre pêcheur…

La filière halieutique menacée de disparition

Ce jour-là, le 26 mars, Léon Deffontaines est accompagné du secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, dans le pays bigouden, au sud-ouest de la Cornouaille finistérienne. Leur visite démarre sur le port de Loctudy, où les attendent les professionnels de la filière halieutique (l’exploitation de ressources vivantes aquatiques), organisés au sein du Collectif pour le maintien de l’activité portuaire à Loctudy.

Car les nombreuses difficultés auxquelles ils sont confrontés menacent la survie même de leur activité dans la région (300 emplois). « Nous, nous sommes des artisans. On n’ira pas vendre des saucisses à Strasbourg ! » lance ainsi Bruno Mourrain, mareyeur (revendeur) local. La saillie peut sembler logique. Elle tient pourtant du défi face au marché organisé par l’Union européenne. Marie Le Guen, présidente de l’association Demain Saint-Gué, cite un exemple : « Nous n’avons pas de quotas pour les maquereaux. On n’a pas le droit d’en pêcher. »

Les pêcheurs de Loctudy observent donc des bateaux étrangers pêcher ces poissons juste sous leur nez pour les ramener en Écosse, où ils sont conditionnés puis renvoyés à la vente… en France. « On achète en Écosse, alors qu’on a des maquereaux juste devant nous. » « Et les palangriers ont peur parce qu’ils ont épuisé leur quota de lieu jaune, explique également Marie Le Guen. Le problème, c’est qu’il y a toujours du lieu jaune. Résultat, quand ils en attrapent, ils les rejettent morts à la mer. On gaspille du poisson à cause de ces quotas… »

« C’est la guerre des prix »

Les professionnels de la filière halieutique sont par ailleurs confrontés aux effets des traités de libre-échange. Des églefins venus d’autres mers sont vendus 12 euros le kilo, contre les 14 ou 15 euros des pêcheurs bigoudens. « Dans des plats de paella conditionnée, on va retrouver des moules du Chili », souligne Guillaume Nicolle, lui-même mytiliculteur et vice-président de l’association interprofessionnelle.

« C’est la guerre des prix », résume-t-il. Avec des conséquences : les jeunes tournent le dos à la profession, des bateaux sont envoyés à la casse, et remplacés par des subventions. « Il faut des années pour assurer la transmission », souligne Marie Le Guen. « Moins il y aura de marins, moins il y aura de savoir-faire. Et un jour, on ne pourra plus redresser la barre. »

Pour Léon Deffontaines et Fabien Roussel, cette visite a un air de déjà-vu, même si c’est leur première parmi les pêcheurs dans le cadre de la campagne des européennes. « Ça rappelle clairement la situation des agriculteurs », résume le secrétaire national du PCF. Avant de rejoindre une réunion publique qui a rassemblé 400 personnes à Quimper, Léon Deffontaines formule de premières propositions.

Il compte mener la lutte au Parlement européen pour « taxer les importations, et redonner un peu d’oxygène ». « Quand on parle de souveraineté alimentaire, on ne peut pas laisser de côté les produits de la mer. On mange de plus en plus de poisson, et c’est tant mieux », souligne Léon Deffontaines, pour qui il va falloir sauver la filière halieutique face à la « concurrence libre et très faussée ». Un combat qui se mène aussi à Bruxelles.

 

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31 mars 2024 7 31 /03 /mars /2024 16:47
Grand débat des élections européennes à la Fac de Brest le mardi 2 avril avec Taran Marec, candidat sur la liste de Léon Deffontaines
A 2 jours du Jour-J,
le 1er visage que Breizh Europe France annonce, pour le cadre du Grand débat des Européennes 🇪🇺 organisé par lycéens et étudiants, est celui de Taran Marec, 25 ans, pour la liste du PCF - Parti Communiste Français menée par Léon Deffontaines.
 
Il reste quelques places. Il est encore temps de vous inscrire :
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31 mars 2024 7 31 /03 /mars /2024 08:16

Sigrid Gérardin numéro deux de la liste menée par Léon Deffontaines 2024, « Reprenons la main », professeure de vente et responsable syndicale dans l’enseignement professionnel, indique dans ses propos de campagne, que « L’éducation est la clé pour construire les métiers de demain, en France comme en Europe. Or, l’UE, en imposant l’austérité budgétaire, participe directement à l’appauvrissement de nos services publics, et donc de l’école ».

 

Pour en débattre et échanger avec la candidate présentée par le PCF, nous vous invitons pour un temps de débat sur les questions de l'école:

le mercredi 10 avril, à partir de 17 h 00, Salle de conférences de la Maison des Associations

5 Place Bonneaud, ancien collège du Bois-du-Château à Lorient

Ce temps consacré aux questions de l’école, sera suivi à partir de 19 h 00, de questions-réponses avec Sigrid Gérardin et Christian Brice, autour des enjeux des élections européennes.

Pour la Fédération du PCF Morbihan

Philippe Jumeau

Européennes - Sigrid Gérardin et Christian Brice en réunion publique à Lorient le mercredi 10 avril
Européennes - Sigrid Gérardin et Christian Brice en réunion publique à Lorient le mercredi 10 avril
Européennes - Sigrid Gérardin et Christian Brice en réunion publique à Lorient le mercredi 10 avril
Européennes - Sigrid Gérardin et Christian Brice en réunion publique à Lorient le mercredi 10 avril
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