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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 09:59
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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 08:17

Espace-débats Bretagne

Dimanche 11 septembre à 11h

Révolution numérique: Quels bouleversements dans la Santé?

avec Sophie Pène

Professeur à l'Université Paris Descartes, anthropologue des pratiques numériques

Yann Le Pollotec

Membre de l'exécutif national du PCF, responsable du secteur "révolution numérique"

Irène Franchon

Pneumologue, CHU de Brest

Lanceur d'alerte du médiator

Isabelle Lorand

Membre de l'exécutif national du PCF

Chirurgienne, maire adjointe de Vitry-sur-Seine

Débat animé par Christiane Caro, membre de la Commission nationale santé du PCF, responsable de l'atelier citoyen de Bretagne PCF-Front de Gauche

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 19:55
Allemagne: le résultat de l'AfD est une nouvelle alerte (PCF)

Allemagne : le résultat de l'AfD est une nouvelle alerte (PCF)

L'Alternative für Deutschland, parti populiste d’extrême droite vient de faire une entrée fracassante au parlement régional (Landtag) de Mecklembourg-Poméranie occidentale recueillant 20,8 % des suffrages. S'il faut se méfier des titres aguicheurs des media (rappelons que le parti social-démocrate remporte l'élection), ce résultat d'une liste ouvertement raciste et europhobe, aux slogans ultra-violents, est une nouvelle alerte.

Le Mecklembourg-Poméranie occidentale est un des Länder de l'ex-RDA très peu concerné par l'installation de réfugiés, mais il est le plus touché par le chômage et la crise. Le SPD et la CDU ont gouverné lors dernier mandat dans le cadre d'une grande coalition mettant en œuvre une politique anti-sociale. L’AfD cherche à imposer ses thèmes et met sous pression la droite, dont des leaders locaux ont repris une partie de sa rhétorique xénophobe.

Va-t-on enfin tirer les leçons de ces politiques qui appauvrissent les populations et leur laissent penser qu'il n'y a pas d'alternative? Va-t-on enfin être capable en Europe, au lieu d'attiser les peurs et la concurrence, de mettre en œuvre une politique anti-dumping social et une politique commune d'accueil des réfugiés, seules réponses qui peuvent, durablement, combattre les nationalismes ?

Le PCF réaffirme sa solidarité avec ses partenaires de Die Linke qui restent les meilleurs défenseurs, en Allemagne, des solutions solidaires et démocratiques à la crise actuelle.

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 07:20

Jean-Michel Galano, prof de philo en classe prépa, amoureux du Royaume-Uni, ami de Jeremy Corbyn, et militant communiste à Paris ayant aussi milité et travaillé jadis dans les Côtes d'Armor, a animé une formation militante sur la pensée dialectique de Marx à Brest cette année, dans le cadre du session de formation programmée par la fédération PCF du Finistère.

Nous donnons ici à lire le texte de sa conférence très stimulante à l'université d'été du PCF, à laquelle nous avons assistée avec bonheur. C'est Jean-Michel qui nous a transmis le texte.

Sommes-nous toujours progressistes ?

(Intervention à l’université d’été du PCF le 27.08.2016)

Maurice Thorez concluait en 1960 son livre « Fils du peuple » en adressant à la France une citation de Victor Hugo, extraite du poème « Plein ciel » dans La Légende des siècles,:

« Où va-t-il, ce navire ? Il va, de jour vêtu,

A l’avenir divin et pur, à la vertu,

A la science qu’on voit luire,

A la mort des fléaux, à l’oubli généreux,

A l’abondance, au calme, au rire, à l’homme heureux,

Il va, ce glorieux navire. »

Plus d’un demi-siècle après, et après tout ce qui s’est passé, je reconnais encore mon idéal communiste dans cette citation, sous réserve d’une modification importante.

Plus personne de nos jours ne crie « vive le progrès ! » Il en est même pour vanter la décroissance,, la frugalité voire « le retour aux forêts ».

Que s’est-il donc passé ?

Incontestablement, une série de désillusions. Plus encore, une des caractéristiques majeures de la situation actuelle, c’est la réalité de régressions gravissimes dans la vie des hommes et des peuples, régressions d’autant plus inacceptables qu’elles vont de pair avec des progrès techniques et même des révolutions extraordinaires dans de nombreux domaines : production, santé, communication… Les inégalités explosent, mais aussi l’on voit dans de nombreux domaines la profusion au rabais là où c’était il y a encore peu le règne de la rareté. Il nous faut désormais non plus chercher les informations, mais plutôt les trier. Si la consommation s’est développée, on assiste à l’invasion des choses produites au rabais : pseudo-culture, « prêt à penser », vie politique démonétisée, junk food, et tout ce que Norman Mailer appelait vigoureusement « the shits. »

Pour s’y repérer, il n’est sans doute pas inutile de revenir brièvement sur la genèse de l’idée même de progrès, son ambition mais aussi les fragilités dont elle était porteuse sous sa forme traditionnelle – fragilités qui expliquent largement pourquoi elle est actuellement mise en question.

UNE GENEALOGIE COMPLEXE MARQUEE PAR LE « REVE INDUSTRIEL »

L’idée de progrès dérive à l’évidence de ce qu’on peut appeler les « faits de progression » et relève en ce sens d’une métaphysique du temps : il y a progrès quand le temps s’unifie dans un processus au lieu de s’éparpiller, quand un segment temporel AB fléché de A vers B est tel que B suppose A et que B>A, quels que soient les critères de cette supériorité.

Mais il y a là bifurcation entre les conceptions qui font de A un simple moment voué à la disparition (comme par exemple un simple point d’appui, une marche d’escalier) et la conception hégelienne de l’Aufhebung, où les moments dépassés restent conservés dans un mouvement qui « constitue la vie du Tout »[1].

Plus profondément, il nous faut à cette occasion distinguer le temps naturel, cyclique et répétitif, celui des cycles, des semailles et des moissons ou encore des rythmes circadiens, et le temps historique. La vie d’un individu est faite d’irréversibilité, toutefois la vie de l’individu fait partie des cycles naturels : c’est tragique si l’on veut, mais ce n’est pas historique. La temporalité historique suppose, et c’est là le point de rupture, une révolution dans les rapports de l’homme et de la nature, ce que Marx appelle une « rupture métabolique »[2], à savoir non pas l’adaptation de l’homme à la nature, mais l’adaptation de la nature aux besoins humains, avec la nécessité impérieuse (mais pas toujours respectée) de chercher un nouveau métabolisme.

Prenons un exemple élémentaire, celui de la pierre taillée. Dans cet acte de travail le plus simple, il faut néanmoins distinguer trois moments : (i) l’homme regarde la pierre et l’imagine taillée : c’est le projet : « Le travail réalisé préexiste idéalement dans l’imagination[3] du travailleur » (Marx). (ii) le travail effectif, vivant, qui est une application et qui a pour caractéristique de durer, si court soit-il, et de remplacer les « connexions naturelles » par d’autres « connexions. » (iii) enfin, le temps du bilan : la pierre est taillée, et l’homme compare ce qu’il a réalisé avec son projet initial. Il y a toujours un écart, en général négatif, qu’il mesure : imagination, mémoire, comparaison, mesure, jugement : toutes les soi-disant « facultés » psychologiques, qui sont sociales aussi, car son projet se sédimente hors de lui et prend forme objective, matérialité et existence sociale, naissent de là.

Mais il y a plus : les objets ainsi créés, et qui permettent à l’homme de « s’emparer » de la nature, créent à l’espèce humaine une sorte de « nature intermédiaire », qui à la différence de l’usage biologique des organes du corps exige apprentissage et appropriation, et donc aussi stockage, outils sociaux de conservation et de transmission, voire de codification. Un processus cumulatif est ainsi initié.[4]

Ce qui rend donc possible la métaphysique du temps qu’exprime l’idée de progrès, c’est donc en premier lieu la réalité anthropologique du travail, et l’idée de progrès est d’abord une abstraction réalisée à partir de cette réalité-là.

Cette conception se trouve déjà en germe chez Eschyle[5] : Prométhée aurait arraché aux dieux non seulement la lumière du feu, mais aussi ses propriétés… Une autre caractéristique de l’idée de progrès est dès lors en germe : sa caractérisation essentiellement humaniste. L’homme n’a plus à se conformer à une nature ou à une condition, il est à lui-même sa propre norme. Pas de progrès sans liberté. Et un fort contenu laïque, un contenu d’émancipation, va s’attacher à l »idée de progrès. Sa contestation, de fait, prendra le plus souvent sinon toujours, des formes réactionnaires et anti-humanistes.

Les prémisses de la révolution industrielle donnent corps et matérialité à l’idée de progrès entendue comme globalisation. Il y a bien sûr les résultats de moins en moins contestables dont les nouveaux savoir-faire techniques, industriels, médicaux peuvent se prévaloir. La bourgeoisie industrieuse qui cautionne le projet de l’Encyclopédie substitue un idéal de bonheur à l’antique idéal de grandeur. Si elle n’a pas encore le pouvoir politique, elle a déjà le pouvoir économique, et les « philosophes des Lumières » ont de bonnes raisons de penser que le « rétablissement des sciences et des arts » (c’est-à-dire les nouveaux moyens financiers et institutionnels conférés aux techniques, dites encore « arts appliqués ») auront des retombées positives y compris sur le bas peuple. L’idée que le progrès matériel est bon par nature s’affirme dès lors. Il n’est pas jusqu’aux courbes géométriques, aux « progressions » exponentielles si prisées à l’époque, qui ne semblent confirmer l’idée d’un progrès linéaire et infini.[6]

ROUSSEAU, MALTHUS, HEGEL, TROUBLE-FETE ET DOCTRINAIRES

L’idéal progressiste dont la philosophie des Lumières était porteuse va toutefois recevoir des coups sévères. Je ne parlerai pas ici, sans doute à tort, du déclin des Lumières, très sensible partout et notamment en Allemagne, quand la crise économique, sociale et politique a suscité une résurgence des nationalismes et le retour, avec l’irrationalité romantique, des « ombres de la nuit » (Moses Mendelssohn).[7]

Le premier est porté par Rousseau. Homme du peuple, Rousseau ne l’est pas plus que Diderot, encore qu’il ait eu davantage que ce dernier à souffrir de sa différence (Genevois, donc protestant et républicain, mais surtout étranger, fragile psychologiquement et faisant un peu « tache » dans ce milieu déjà conformiste). Avec beaucoup de courage et de lucidité, Rousseau se met à contre-courant. Pendant un certain temps, il jouira d’une certaine considération, à savoir tout le temps qu’on le prendra pour un simple original épris de paradoxes. Or Rousseau est sérieux. Le moment séminal dans l’élaboration de sa pensée, tout le monde le sait, c’est « l’intuition de Vincennes » : en route vers la prison de Vincennes où il va rendre visite à Diderot, il lit dans le journal l’énoncé de la question mise au concours par l’académie de Dijon : « Si le rétablissement des sciences et des arts a contribué à épurer les mœurs ». Là, tout se coagule. Il va répondre : en rien ! Nous sommes en décadence. Dans ce texte[8] de tournure très rhétorique, on ne retiendra que le corps de l’argument : bien sûr, il y a eu des progrès, dans les domaines les plus variés, et comment le nier ? Pour autant, il n’y a pas eu le progrès. La diffusion des sciences a gonflé les esprits d’un faux savoir, les progrès de la médecine nous ont rendus mous et « efféminés » (sic), etc. Bien avant Hegel, Rousseau saisit le caractère dialectique des progrès humains, et qu’ils peuvent se retourner en leur contraire. C’est cette sensibilité à la contradiction qui est au cœur de la pensée rousseauiste. Rousseau cherchera à résoudre le problème dans la double sphère du droit politique et de l’éducation : créer un homme nouveau qui sera « le citoyen ». Mais cette idée n’est assortie d’aucun essai de sauvetage du progrès technique et technologique, bien au contraire : « L’industrie et l’agriculture… ont civilisé l’homme et perdu le genre humain » (Discours sur l’origine de l’inégalité). Donc, des progrès locaux et une régression globale. Ce point de vue va alimenter certaines idées « décroissantistes » qui se réclament de Rousseau, à tort ou à raison, et intéressera fortement Marx, qui semble l’évoquer au début de la Critique du programme de Gotha, comme une pensée critique quelque peu stérile. Et de fait il est sûr que Rousseau reprend le thème antique, très prisé notamment par les Stoïciens, d’une norme naturelle ou plutôt d’une nature normative.

Thomas Malthus (1766-1834) apparaît comme un autre trublion. Mathématicien et économiste, il revient sur ces courbes progressives qui avaient tant inspiré les penseurs des Lumières, entre autres Condorcet. Et c’est pour remarquer que selon les cas, les progrès ne suivent pas des courbes identiques : alors que la progression des richesses suit une progression arithmétique (1,2,3,…, n, n+1…), le nombre des hommes suit une progression géométrique (1, 2, 4, 8,16, 32, n, nx2..…), et l’on a donc deux courbes qui s’éloignent rapidement l’une de l’autre,. D’où la nécessité de décisions politiques qui imposeront de mettre la science en rapport étroit avec l’économie : redresser la première courbe par l’amélioration des conditions de la production, abaisser la seconde par des politiques de limitation des naissances. Il met ainsi fin à la conception libérale du progrès, marquée par le « laissez-faire. »

Hegel est lui aussi un trouble-fête, il est surtout un doctrinaire, au sens où il élabore la notion d’Aufhebung, déjà évoquée, et qui passera dans Marx.

Hegel, beaucoup moins admiratif de Rousseau que ne l’était Kant, partage toutefois avec l’auteur de l’Emile un fort ressentiment envers l’Aufklärung, dont il dit que « ce fut la platitude absolue ». Sa critique s’adresse à la pensée d’entendement caractéristique de la philosophie des Lumières : pensée purement analytique, qui détache ce qui est lié, ignore superbement les notions de totalité et d’organicité, et la vie en général. Pensée qui érige l’entendement en puissance absolue et pour qui « la mort est la vie de l’esprit »[9]. Or ce qui est supprimé, dépassé, est souvent aussi relativisé. Et c’est là que l’approche hégelienne du progrès se révèle d’une profondeur proprement inouïe. L’histoire des sciences nous en donne de multiples exemples : la géométrie d’Euclide n’est pas réfutée par celle de Riemann, elle en devient un cas particulier… Les sciences de la vie et leurs applications, pensons à la vaccination, montrent que paradoxalement l’injection d’un mal permet la création d’anticorps, qu’il peut y avoir « un petit mal pour un grand bien »[10], qu’il peut inversement y avoir « excès de bien » (l’accoutumance aux antibiotiques…), bref que la dialectique n’est pas une technique du discours, mais est avant tout quelque chose qui existe dans la réalité, matérielle comme humaine.

« Les choses progressent toujours par le mauvais côté », dira le jeune Marx. Telle est selon Hegel « la ruse de la raison ». La raison se sert de la passion. Le moulin à vent utilise la force aveugle du vent. On voudrait que l’émancipation des femmes ne se recommande que de femmes admirables telle que Marie Curie et de tant de féministes courageuses et convaincues. Mais Margaret Thatcher, Golda Meir, Indira Gandhi ont peut-être fait davantage pour l’émancipation féminine, à leur corps défendant. Dans l’histoire des sciences et des techniques, l’erreur n’est pas toujours un écart regrettable, elle est souvent au principe même de la découverte. Exemple classique : les échecs de la technique, Galilée et les fontainiers de Florence, Semmelweiss et le fièvre puerpérale, Pasteur et la maladie des vers à soie…

Plus tragiquement, le progrès est corrélativement destruction : les orages pubertaires détruisent a douceur enfantine, l’expérience du pouvoir, disent les sociaux-démocrates avec empressement, détruisent les illusions, Rocard : « J’ai été un briseur de rêves », tirons-en la leçon qu’il faut savoir rêver. Faulkner montre bien la société sudiste détruite par la vulgarité nordiste. La mixité sociale, la mixité scolaire, détruisent des choses belles et paisibles. Tout cela alimente l’idée de décadence. « Ils sont beaux, ils vont mourir », dit Saint-Exupéry à propos des peuples nomades d’Afrique du Nord dans Citadelle. Des savoir-faire ouvriers deviennent à jamais obsolètes. La calligraphie. François Dagognet parle dans La Raison et les remèdes du geste chirurgical désormais ralenti à des fins d’enseignement et souvent fragmenté. Oui, si progrès il y a, il est contradictoire et dialectique. Mais nous sommes progressistes au sens où nous ne nous en tenons pas à ce constat. Dans le progrès, il doit y avoir intervention d’un sujet collectif muni d’un projet.

DES DIALECTIQUES REDOUTABLES

L’analyse des mutations de la société française au 24° congrès du PCF, celle des mouvements du monde au 25°, notre analyse actuelle de la situation globale du monde, témoignent d’une mise au premier plan de la question de notre progressisme, qui ne doit pas rester de principe ni se cantonner dans les questions sociétales, mais doit être global et intégrer la prise en charge des contradictions, mais sur une base de gauche et sur une base de classe.

Le mouvement des sociétés a cessé d’aller « dans le bon sens ». L’optimisme affiché par ceux qui disaient au 27° congrès que la force de la politique est en train de l’emporter sur la politique de la force » a été tragiquement démenti. On le voit à l’échelle de la planète. On le voit aussi dans la société française. Notre progressisme était de l’ordre du constat, il est désormais de l’ordre de la volonté politique.

Mais revenons à l’exemple de la société française (qui vaut mutatis mutandis pour d’autres). Les progrès réels qui ont eu lieu, et qui sont en tout cas des données irréversibles, ont été pervertis par le capitalisme et la logique du profit : l’analyse des mutations que faisait Georges Marchais dans son rapport introductif au 24° congrès du PCF (1982) m’apparaît exemplaire. Après avoir observé que dans tous les domaines, la France avait changé de visage de façon extrêmement profonde depuis le milieu des années cinquante[11], Georges Marchais ajoutait :

« Est-ce à dire que nous avons vécu une espèce de conte de fées et que notre patrie ressemblerait à je ne sais quel pays de cocagne ? Bien loin de là. Non seulement les progrès réels n’ont pas résolu tous les problèmes, mais encore la logique du profit a limité, tronqué, voire inversé ces progrès eux-mêmes. Elle a fait naître et mûrir une crise profonde de la société. »

Et il précisait immédiatement sa pensée :

« Par exemple, au lieu d’améliorer la condition de l’homme et de la femme au travail, l’introduction des progrès scientifiques et techniques a souvent débouché sur la déqualification massive ; sur la généralisation du travail en miettes, répétitif et ennuyeux, sur l’augmentation du nombre des ouvriers et ouvrières qualifiés. Au lieu d’alléger la charge de travail, les progrès de la production et de la productivité ont surtout accru l’exploitation.

De la même manière, la féminisation a débouché sur une surexploitation des travailleuses, dans l’entreprise et au-dehors. A l’extension de la scolarisation ont correspondu une aggravation de la sélection sociale et une très grave crise de l’école. L’urbanisation intensive a entraîné une marginalisation du monde rural, ainsi qu’un dérèglement des modes de vie et des relations sociales et familiales dans les villes, en particulier dans les grandes cités. De puissant moyen d’information, de communication et de culture, la télévision est devenue, pour une grande part, moyen de manipulation, d’obscurantisme, de standardisation des idées, d’isolement. «

Il n’y a rien à retrancher dans cette analyse, et les actualisations qu’on pourrait en faire prendraient la forme d’ajouts plutôt que de rectifications : il faudrait parler du chômage de masse et de la casse industrielle entraînés par la finance mondialisée et la dictature des marchés, de l’uberisation désormais effective et de la dramatique crise de sens qui affecte nos sociétés. Il faudrait dire quelque chose de plus sur les banlieues, et aussi sur la révolution numérique : la dématérialisation et a facilitation d’une partie du travail qui tend à éloigner la matière de l’opérateur. Le travail sur écran se généralise. La transmission des savoir-faire ouvriers perd de l’importance. En même temps et contradictoirement, les bases d’une réimplantation de certaines industries en pleine ville sont ainsi créées.

Car là où tout se joue de façon véritablement décisive, c’est au travail. Ce que j’ai dit au début en citant Marx et le chapitre 5 du Capital I, regardons-en la suite de nos jours :

L’homme a cessé d’être une force productive directe : dans des sociétés telles que la nôtre, où le mouvement ouvrier a pu imposer des droits et des garde-fous, il y a des limites d’âge (remises en cause, car la facilitation du travail donne des idées au patronat : pourquoi désormais ne pas travailler plus jeune ? Plus vieux ?). Autant dire que c’est sur le terrain de l’homme au travail que la partie essentielle se joue. Avec pour nous une triple exigence : (i) celle d’une appropriation par les nouvelles générations de processus de plus en plus complexes, diversifiés et intellectualisés : (ii= celle qui consiste à prendre conscience que chaque progression d’une technique est commandée par des choix, choix de certaines options ou possibilités contre d’autres ; et (iii) la nécessité d’une gestion démocratique, en tout cas non autoritaire, de ces avancées.

Je reviens une dernière fois sur l’analyse de Georges Marchais : l’essentiel demeure d’actualité. La fécondité de ce noyau n’a pas été épuisée. Mais il faut souligner aussi ce qui était l’axe de l’analyse : l’inversion des potentialités dont les progrès scientifiques et techniques sont porteurs doit être dénoncée comme une injustice. C’est l’injustice elle-même. Notre combat pour le progrès est un combat pour la justice, c’est-à-dire pour le progrès au service des humains, non pas pour le progrès « en soi » ni pour « l’homme » réaffirmé en tant que valeur abstraite, mais pour un épanouissement effectif des potentialités de chacun et chacune. Pas de liberté sans moyens réels d’épanouissement et d’émancipation. Moyens matériels, moyens juridiques, moyens institutionnels, temps. Progrès sociétaux aussi, qui ne doivent pas être subordonnés au progrès social ni substitué à lui, mais coordonnés avec lui. Les aspirations sociétales sont souvent premières dans les prises de conscience individuelles. L’aspiration au bonheur ne se divise pas. Mais comment faire droit à ces aspirations ? Comment passer de l’idée de progrès au progrès effectif ?

Cela pose la question de l’organisation.

Le progressisme ne saurait se contenter d’être une aspiration, un progrès en idée. Il ne peut pas davantage consister dans un perpétuel démolissage. Auguste Comte l’avait bien compris, à son époque et à sa manière : héritier pour une part de la pensée des Lumières, il considérait que « tout progrès suppose un ordre préexistant », ce qui l’amenait et à renvoyer dos à dos ce qu’il appelait les deux « partis » (imaginaires d’ailleurs) : les révolutionnaires et les conservateurs, et à écrire un « appel » à ces derniers. En substance, Comte considère que les révolutionnaires ont raison d’être pour le progrès, mais qu’ils ont tort d’être contre l’ordre : « des machines de guerre ne peuvent d’elles-mêmes devenir des instruments de construction. » Symétriquement, les conservateurs ont raison d’être pour l’ordre mais tort d’être contre le progrès : tenants de « l’âge théologique », ils ne ressusciteront pas ce que « l’âge métaphysique » a détruit.

Sous une forme elle-même très spéculative et datée, Comte dit quelque chose d’intéressant pour nous : être progressiste, c’est être constructif et pas seulement se débarrasser de ce qui est obsolète. Mais que construire, et avec qui ? là se pose le problème de la démocratie, conçue elle aussi non pas comme vœu pieux, mais comme fin et moyen.

Et cela m’amène à dire un mot sur le « dépassement de la forme-parti », ce serpent de mer : il y a là une question légitime. Mais ceux qui la posent, que proposent-ils en réponse ? Le plus souvent, de simples régressions : passer du parti au « mouvement » invertébré et donc éphémère, se rallier à un homme autour de slogans… L’archaïque revient à grande vitesse sous les apparences du nouveau si l’on n’y prend pas garde. Les partis sont en fait, comme toutes les institutions, des structures de résistance au temps, des instances de longue durée, avec une cohésion, une mémoire, une existence sociale, des locaux, de l’argent à gérer, des relais institutionnels, et c’est cela qui leur permet d’articuler des aspirations jusqu’à en faire des revendications. Tout dépassement, pour être effectif (je l’ai dit en commençant) suppose un critère de dépassement, et ce critère ne saurait être autre chose qu’une augmentation de la liberté effective des hommes, qu’un meilleur épanouissement, qu’un gain d’autonomie, qu’une intensification de leurs relations avec les autres hommes et avec la nature, qu’une progression dans le passage jamais achevé de l’espèce humaine au genre humain.

Je remarque que parmi ceux qui font le pas d’adhérer au PCF n’ont pas à être convaincus que ce faisant ils se donnent une liberté nouvelle. La nécessité de s’organiser leur apparaît, à bon droit, comme une évidence.

Il est illusoire de s’imaginer qu’on pourra faire l’économie d’un investissement exigeant et attentif de toutes ces questions, et il est probable que beaucoup de réponses seront à inventer de toutes pièces. Mais il est probable aussi que l’aspiration à la justice, au bonheur et à la pleine réalisation de ses potentialités est à même de fournir à chacun non pas une norme à laquelle il lui faudrait se conformer, mais un cap.

C’est pourquoi, tout bien pesé, je relis les vers de Victor Hugo cités par Maurice Thorez :

« Où va-t-il, ce navire ? Il va, de jour vêtu,

A l’avenir divin et pur, à la vertu,

A la science qu’on voit luire,

A la mort des fléaux, à l’oubli généreux,

A l’abondance, au calme, au rire, à l’homme heureux,

Il va, ce glorieux navire. »

… et je me dis que je suis d’accord, à condition de ne plus voir dans le « glorieux navire » une force qui va, irrésistible et appuyée sur son inertie propre, mais un bateau en quelque sorte républicain, avec des choix à faire sur la route à suivre, sur la voilure et le choix des vents et des courants porteurs, avec des du monde aussi en vigie et dans les soutes : moins assurée sans doute, mais au moins potentiellement plus fraternelle.

Jean-Michel Galano

[1] Préface de la Phénoménologie de l’esprit, 1, 1807

[2] Le Capital, notamment livre I et III, mais aussi l’Idéologie allemande

[3] En allemand Bildung, terme qui veut dire indissociablement représentation, construction et formation psychologique d’une image.

[4] Au bout d’un certain degré d’acculturation, les fonctions organiques elles-mêmes sont médiatisées dans des « techniques du corps » appropriées par l’individu de façon partiellement instinctive à l’intérieur d’une communauté culturelle donnée (gestes de la vie quotidienne, etc).

[5] Prométhée enchaîné

[6] Idée que l’on trouve notamment chez Leibniz

[7] Voir à ce sujet Henri Brunschwig, Société et romantisme en Prusse au XVIII° siècle (Aubier-Flammarion 19972)

[8] Discours sur les Sciences et les arts, 1750

[9] Préface à la Phénoménologie de l’esprit, 2. Voir aussi dans le tome II du la Phénoménologie de l’esprit, le chapitre sur « Les Lumières ».

[10] Comme le remarque Lucien Sève dans Penser avec Marx aujourd’hui ; la philosophie ?, (La Dispute, 2014), Lucien Sève, qui consacre toute une partie à la dialectique, remarque qu’un important savoir dialectique imprègne la culture populaire ; « Les extrêmes se touchent », « qui aime bien châtie bien », « plus ça change et plus c’est la même chose », « tant va la cruche à l’eau… », etc. Cette sagesse populaire souligne à sa façon les contradictions inhérentes à tout progrès.

[11] Il donnait des éléments quantitatifs impressionnants : davantage d’universités construites en 25 ans que depuis le Moyen-Age, accession massive des Français à l’automobile, à la télévision, au crédit, quadruplement de la consommation depuis la Libération…

Sommes-nous toujours progressistes? Intervention à l'université d'été du PCF le 27 août 2016 de Jean-Michel Galano, professeur de philosophie
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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 06:18

Pierre laurent. la priorité, c’est « zéro jeune au chômage »

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR CÉDRIC CLÉRIN ET STÉPHANE SAHUC

VENDREDI, 2 SEPTEMBRE, 2016

HUMANITÉ DIMANCHE

Pierre Laurent. Beaucoup d'inquié-tude face à la volonté délibérée de la droite sarkozyste, du FN, de Manuel Valls, d'attiser la haine et de casser la société française. Mais aussi beaucoup de détermination pour aider nos compatriotes à tenir bon contre la haine. Nous avons entendu après le carnage de Nice et à propos du burkini des paroles irresponsables. Face aux crimes qui nous ont frappés, la France a plus que jamais besoin de montrer la force de sa fraternité, et sa volonté d'ouvrir ensemble le chemin d'une société de paix et de justice.

J'appelle le peuple de France à la vigilance. Ceux qui prônent la haine et la guerre veulent nous diviser pour masquer les projets de régression sociale extrêmement violents qui figurent dans tous leurs programmes. Au moment où Nicolas Sarkozy ne parle que du burkini, on oublie de dire ce qu'il propose : supprimer l'impôt des plus riches, l'ISF, doubler le CICE qui n'a servi à rien sauf à gonfler les dividendes, porter la retraite à 69 ans, aller encore plus loin que la loi El Khomri dans la casse sociale.

Ce que vise la droite avec le burkini est clair : désigner un ennemi, un danger, les musulmans de France, et pendant ce temps-là, on ne parle plus des vraies raisons de la crise. Nous ne l'accepterons pas. Les musulmans de France sont nos soeurs et frères de citoyenneté. Nous avons grandi et nous vivons ensemble dans les mêmes quartiers et nous avons tous droit à l'égalité. Bien sûr, il y a une bataille dans l'islam entre des forces de progrès et des forces rétrogrades, voire criminelles comme Daech. Ces forces obscurantistes travaillent à tirer en arrière notre société. Mais pour les combattre, nous devons unir les Français de toutes conditions, de toutes confessions, dans un projet de justice commun, et non mettre à l'index une partie de la communauté nationale.

Mais de cet été, je veux aussi retenir la France de la fraternité que nous avons continué d'entendre malgré ce climat nauséabond. Je pense aux propos du maire communiste de Saint-Étienne-du-Rouvray, dont les paroles ont eu beaucoup d'écho après les polémiques indignes entendues à Nice.

Je pense à nos champions aux jeux Olympiques, ces jeunes venus de nos quartiers qui ont souvent commencé le sport dans des villes comme Aubervilliers ou Champigny. Je pense aux initiatives de solidarité prises par les communistes cet été. Nous avons emmené à la mer 10 000 personnes, des familles et leurs enfants privés de vacances. Nous, les familles populaires, nous les emmenons à la mer, nous ne les chassons pas des plages.

P. L. Je ne le pense pas. La vérité, c'est que certains ont décidé d'instrumentaliser toutes les peurs. L'attitude de Manuel Valls, par exemple, est extrêmement préoccupante. Qu'un premier ministre prenne la responsabilité de poursuivre la polémique après la décision du Conseil d'État montre que la logique de division est pour eux un choix délibéré. Ils ne veulent pas apaiser mais inquiéter. C'est très dangereux car dans la société française, il existe une vraie fragilité, une profonde interrogation sur l'avenir de notre pays et du monde. Il faut répondre à cette question. Les guerres qui inquiètent les français, les crimes qui ont été commis sur notre sol par les forces les plus obscurantistes engagées dans ces guerres trouvent leurs racines dans des politiques de domination, d'exploitation, d'inégalités au niveau mondial. Voilà ce qu'il faut remettre en cause au lieu d'expliquer tous les matins que nous sommes en guerre. La guerre n'est pas une fatalité. La France est une société multiculturelle. Elle a toujours construit la force de sa République sur le respect des libertés, des croyances, des opinions et sur la capacité à conjuguer cette liberté avec le droit à l'égalité. Les trois termes de la devise républicaine n'ont de sens que s'ils sont conjugués ensemble.

La France, qui est un grand pays, membre du Conseil de sécurité de l'ONU, doit porter un grand projet de paix et de fraternité. J'appelle d'ailleurs à engager toutes nos forces dans la réussite des grandes marches pour la paix qui sont organisées par les mouvements pacifistes de notre pays le 24 septembre dans 15 grandes villes. Nous devons reprendre le chemin d'un grand mouvement pour la paix, contre le commerce des armes, contre les logiques de guerre.

P. L. Je ne fais preuve d'aucun angélisme vis-à-vis des forces djihadistes et de ceux qui veulent étendre leur logique criminelle à la France en nous entraînant dans le choc des civilisations. Ces forces sont des forces néofascistes qui visent des projets d'asservissement de leurs propres peuples. Nous ne devons pas oublier qu'au MoyenOrient, les attentats tuent chaque jour des centaines de musulmans de toutes obédiences. Le combat contre ces forces doit être constant et déterminé.

Mais nous refusons qu'au nom de ce combat on nous impose un terrorisme plus soft, politique et idéologique, qui nous interdise de penser les causes et les racines de cette situation. Manuel Valls avait dit « expliquer, c'est commencer à excuser » pour justifier sa logique de guerre. Nous, nous disons qu'après un an d'état d'urgence et de mobilisation générale de nos forces de sécurité, il faut réfléchir à de nouvelles manières d'agir. Surtout lorsqu'on constate que ce terrorisme endosse de nouvelles formes et recrute des jeunes Français en travaillant dans les plaies béantes de notre société en crise. La mobilisation de sécurité indispensable doit se déployer sur des terrains nouveaux. Nous avons besoin d'un renforcement massif des services publics d'éducation, de culture, de prévention et de sécurité sur tout le territoire. C'est incompatible avec les politiques d'austérité et de retrait des services publics. Il faut par exemple des moyens et une rénovation des politiques pénitentiaires, puisque la prison est l'un des principaux lieux de radicalisation. Il faut des politiques de protection judiciaire de la jeunesse, et dans tous ces domaines les moyens humains manquent. Mais il faut plus que cela. La République pour tous ne peut pas rester un mot d'ordre vide de sens quand tant de quartiers, de territoires restent désertés par les services publics. La France doit réellement faire de la jeunesse la priorité en faisant le serment que plus aucun jeune de France ne doit rester sur le bord du chemin. Je suis consterné par la décision du gouvernement de placer la rentrée scolaire sous le signe de la sécurité. Nous ne pouvons pas offrir à nos enfants, comme entrée dans le système scolaire, des exercices de confinement face aux risques d'attentats. La rentrée scolaire doit être une fête. Il faut dégager des moyens considérables pour permettre à la jeunesse d'espérer et de construire ensemble un avenir meilleur. La priorité que nous voulons donner à la lutte contre le chômage, c'est ce mot d'ordre : « Zéro jeune au chômage. » Chaque jeune doit pouvoir entrer à la sortie de ses études, ou pendant ses études s'il décroche, dans un système national de sécurité d'emploi et de formation qui lui assure un revenu ou une allocation d'autonomie pour accéder à l'emploi ou à la formation qualifiante.

P. L. La grande consultation ci-toyenne que nous avons lancée confirme que la lutte contre les inégalités, la lutte contre la finance et la lutte pour le droit à l'emploi restent les véritables priorités des Français. Nous proposons d'ailleurs de mettre au cœur du prochain quinquennat, à l'opposé de la loi El Khomri sur le travail, la construction d'une nouvelle sécurité sociale. Une sécurité d'emploi et à la formation nécessaires pour évoluer tout au long de la vie. Ce projet de civilisation, à l'égal de ce qu'a été la création de la Sécurité Sociale à la Libération, est une avancée dont la société a besoin pour s'extirper de la société de chômage qui la mine en profondeur aujourd'hui.

P. L. La loi votée est politiquement illégitime. Puisqu'elle a été imposée grâce au 49-3 alors qu'il n'existait pas de majorité ni dans le pays pour la soutenir, ni à l'Assemblée pour la voter. C'est dans ce contexte que les organisations syndicales ont décidé une journée d'action à la rentrée. Nous accueillerons l'ensemble de ces organisations à la Fête de l'Humanité. Je souhaite également que l'ensemble des parlementaires qui ont combattu cette loi travail puissent débattre ensemble, à la Fête, des moyens d'amplifier ces nouvelles mobilisations. Il s'agit tout à la fois pour nous de combattre la loi, d'empêcher son application concrète en se mobilisant par exemple contre la publication des décrets d'application. Mais nous devons conjointement amplifier la bataille pour un autre projet de sécurisation de l'emploi. Nous avons mis en débat un projet de loi de sécurisation de l'emploi et de la formation et nous allons amplifier cette bataille pour en faire un axe essentiel des prochaines échéances politiques. Nous serons des prochaines mobilisations avec la volonté de construire, avec les forces sociales engagées, une réponse politique à la hauteur pour les échéances de 2017. Il est absolument nécessaire que dans les futurs hémicycles siègent beaucoup plus de parlementaires communistes et de gauche décidés à combattre ces projets. Ces candidatures aux élections législatives pour porter des lois de progrès social doivent être construites dès aujourd'hui avec tous les acteurs de ces mouvements sociaux.

P. L. Je ne me résous pas à la disper-sion actuelle des forces de gauche alternatives. On ne peut pas accepter un scénario dans lequel droite et extrême droite imposent tous leurs thèmes et en face une candidature gouvernementale, François Hollande ou équivalent, qui ne leur opposerait que le fiasco du quinquennat actuel. La démission d'Emmanuel Macron est le signal que les libéraux veulent se donner toute liberté pour recomposer le paysage politique. C'est une preuve de plus du fiasco sur lequel débouche le quinquennat Hollande. Il a nourri au sein du gouvernement les ferments de sa propre défaite. La construction d'une grande candidature de gauche, émancipée de cet échec, est encore plus utile après cette annonce. Cette candidature doit être belle, forte, porteuse d'un projet offensif pour la justice, la paix et la fraternité. Nous sommes dans une situation paradoxale : les candidatures issues de forces qui ont combattu la loi El Khomri et les dérives gouvernementales se multiplient mais je constate en même temps beaucoup de propositions communes, d'objectifs communs affirmés par ces candidatures. Bien entendu, il y a des différences, des débats mais il y a du commun sur l'essentiel : la priorité sur la jeunesse, l'éducation, la culture ; l'abrogation de la loi travail et la construction d'un autre projet de sécurisation de l'emploi ; le refus des politiques de division du peuple français et la défense d'une nouvelle République démocratisée pour avancer vers une VIe République ; une maîtrise nouvelle publique du secteur bancaire et une lutte déterminée contre l'évasion fiscale, au service du développement de l'emploi et des services publics. Je suis d'ailleurs certain que le livre d'Alain et Éric Bocquet contre l'évasion fiscale (« Sans domicile fisc », éditions le Cherche Midi) va connaître un grand écho dans le pays. Il y a également du commun pour avancer vers un nouveau combat européen de la France pour sortir des logiques d'austérité et refonder un projet de progrès et de paix, ainsi que pour une transformation écologique de la société. Nous devons mettre en avant ce chemin commun possible et mobiliser les forces citoyennes, de gauche, politiques qui ont envie d'avancer vers cela. Je suis certain que des millions et des millions de femmes et hommes de gauche continuent d'attendre ce cheminlà. Les communistes devront prendre leurs responsabilités sur le soutien à une candidature au mois de novembre. Mais quel que soit le choix que nous ferons, une voix forte des communistes continuera de se faire entendre pour un projet de transformation sociale ambitieux et pour la convergence nécessaire de ces forces.

P. L. Ce qui m'anime, ce n'est pas la foi du charbonnier. Je pense que si nous voulons faire bouger la situation actuelle, il faut que les millions de gens qui aspirent à cette solution politique commune entrent dans le débat politique. Ils ne doivent pas regarder de loin le spectacle politique dans lequel ils se reconnaissent de moins en moins. Je les appelle à se rassembler, dans leurs communes, leurs entreprises, pour dire le projet qu'ils veulent et avec qui ils veulent le construire. Nous allons amplifier notre démarche de prise de parole citoyenne avec notre grande consultation, notamment à la Fête de l'Humanité, et nous rendrons publics ces résultats dans quelques semaines. Nous allons organiser au mois d'octobre une votation citoyenne pour que des dizaines de milliers de personnes supplémentaires puissent dire leurs exigences et leur volonté que les forces convergent. Ceux qui vont reprendre les chemins de la mobilisation sociale en cette rentrée ­ les jeunes, les salariés, les paysans ­ doivent exiger publiquement sous toutes les formes possibles cette convergence.

La situation politique n'a pas dit son dernier mot. Si les militants de gauche dans leur diversité qui vont s'engager derrière telle ou telle candidature le font avec la volonté de dire à chaque fois : « Ceci nous est commun », « nous voulons renforcer notre unité pour gagner » ; si cette logique de convergence l'emporte sur la logique de concurrence de nos forces, je crois que l'espoir de l'unité se lèvera et la raison l'emportera. Je veux être certain d'aller aux batailles politiques de 2017 en ayant tout fait pour rendre possible ce chemin qui est le seul qui peut nous conduire à la victoire et que je sais attendu par des millions de Français.

P. L. J'espère également que nousserons capables de mettre ensemble sur les grandes places de France l'ensemble des forces de gauche dont le rassemblement est nécessaire pour construire des victoires en 2017. L'arc des forces est d'ailleurs assez simple à définir : l'ensemble des forces qui ont lutté contre la loi travail, ont refusé la déchéance de nationalité et refusent aujourd'hui les dérives anti-musulmanes dans lesquelles la droite veut nous conduire. Il est constitué de ces forces qui se sentent solidaires des forces grecques, portugaises ou espagnoles qui cherchent, comme nous, à sortir l'Europe de l'austérité. Je souhaite donc que ces forces se retrouvent au mois de mars prochain. D'ici là nous devons construire ce chemin. D'ailleurs, en 2012, ce qui était frappant, c'était que notre parole était entendue chez tous les citoyens de gauche et c'est ce qui portait notre élan. Il faut reconstruire cet élan. Je ne prononcerai aucune parole d'hostilité à l'égard d'aucune des candidatures déclarées dans l'espace que je souhaite faire converger et rassembler, mes adversaires ne sont pas là. J'entends dans le discours de Jean-Luc Mélenchon, de Cécile Duflot, de Benoît Hamon ou d'Arnaud Montebourg, au-delà de nos différences, la possibilité de ce chemin commun que nous voulons ouvrir. Je continuerai ce travail en espérant avec tous qu'ils construisent des rendez-vous d'espoir au printemps prochain.

Entretien réalisé par Cédric Clérin et Stéphane Sahuc,

L'Humanité Dimanche

Pierre Laurent: la priorité, c'est "zéro jeune au chômage" (entretien à l'Humanité Dimanche, 2 septembre 2016)
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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 06:32

Espace Débats Bretagne

(auprès des stands des fédérations bretonnes, Avenue Martin Luther King, à l'angle de l'avenue Raymonde Tillon, près de la grande roue)

Samedi 10 septembre, 11heures

"La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne",

Avec:

- Stéphanie Stoll, Présidente de Diwan

- Jean-Marc Cléry, FSU Bretagne

- Paolig Combot, président de l'association Ar Falz Skol-Vreizh

- Jean-René Le Quéau, directeur des éditions Skol Vreizh

Animé par Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF du Finistère

Samedi 10 septembre, 14 heures

"Concurrence ou coopération des agricultures mondiales"

Avec:

- Georges Courage, Géographe, directeur honoraire de l'IRD, auteur de L'Afrique des idées réçues

- Xavier Compain, coordinateur agriculture PGE/PCF, coauteur de Agricultures et alimentation mondiales

- Nordine Maazouzi, président du syndicat des petits paysans marocains*

Animé par Olivier Morin, journaliste à l'Humanité

Dimanche 11 septembre, 11h

"Révolution numérique: quels bouleversements dans la santé?"

Avec:

- Sophie Pène, Vice-Présidente du Conseil National du Numérique, Professeur à l'Université Paris Descartes

- Yann Le Pollotec, informaticien, membre de l’exécutif national du PCF, responsable du secteur "Révolution numérique"

- Isabelle Lorand, chirurgienne, membre de l’exécutif national du PCF, Maire-adjoint au numérique à Vitry-sur-seine

Animé par Christiane Caro, membre de la Commisson nationale santé du PCF

En partenariat avec l'Atelier Citoyen de bretagne PCF/Front de gauche "De la aissance à la fin de la vie: l'Humain d'abord"

Les débats du PCF de l'espace Bretagne à la fête de l'Humanité les 10 et 11 septembre: République et identités régionales, agriculture et coopération internationale, révolution numérique et santé
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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 05:00

Invalidation de l’arrêté anti-Burkini : « une sage décision »

Le conseil d’état vient d’invalider l’arrêté anti Burkini pris par le maire de Villeuneuve-Loubet. C’est une sage décision que vient de prendre la plus haute autorité administrative française. Elle vient mettre un terme, espérons le définitif, à une polémique qui n’a qu’un seul but : stigmatiser une partie de la population au prétexte de sa religion.
Nous continuons notre combat pour le respect dans l’égalité de tous les citoyens quelles que soient ses convictions et pour la pleine liberté des femmes contre toutes les formes de domination.

Pierre Laurent, 29 août 2016

Invalidation de l'arrêté anti-burkini: "une sage décision" (Pierre Laurent)
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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 06:12

EGALITE ! À la rentrée, nous voulons le meilleur pour nos enfants

C’est la rentrée ! Les enfants, les jeunes sont pleins de résolutions et d’ambitions. Ils veulent découvrir, apprendre, réussir. Faisons le pari de la jeunesse ! Donnons à tous les moyens de réaliser leurs projets, de construire leur avenir, construisons l’école de la réussite de tous et toutes.

L’école, obligatoire... et gratuite ?

Chaque année, la rentrée scolaire coûte plus cher. Et puis il faut encore payer les transports, la cantine... Avec la réforme des rythmes scolaires, de plus en plus de familles doivent aussi payer le périscolaire. Pour accueillir et faire réussir tous les enfants, l’école doit devenir véritablement gratuite.

Nous proposons :

►une politique nationale pour assurer la gratuité des sorties, des fournitures et du matériel scolaires partout

► des activités périscolaires gratuites assurées par des animateurs qualifiés, dans le cadre d’un service public national déconcentré du loisir éducatif

►l’extension de la scolarité obligatoire et gratuite jusqu’à 18 ans : au lycée aussi, dans les filières générales comme dans les filières techniques et professionnelles.L’État doit assurer la gratuité de l’éducation.

Qui va faire cours à nos enfants ?

Cette année encore, il manque des enseignants à la rentrée. Les classes sont surchargées, des absences ne sont pas remplacées, de plus en plus d’enseignants sont précaires et sans formation... et l'enseignement se dégrade.

Pour la réussite de tous, nous proposons :

► un plan national de recrutement pour faire face aux besoins accompagné d’une revalorisation des salaires

► la mise en place d’un pré-recrutement sous statut de la fonction publique pour permettre à des jeunes de tous les milieux sociaux de se former aux métiers de l’enseignement en touchant un salaire et en ayant le temps d’entrer dans le métier.

Vivre ensemble... Et si on commençait par aller à l’école ensemble ?

Comment parler de vivre ensemble quand les enfants sont séparés, triés, sélectionnés ? La première condition pour vivre ensemble, c’est l’égalité, et ça commence à l’école.

Nous proposons :

► le rétablissement d’une carte scolaire élaborée démocratiquement et contraignante, y compris pour le privé

► des programmes et des horaires nationaux permettant à tous les enfants de s’approprier une culture commune ambitieuse

► entre élèves, entre enseignants, entre établissements : partout les logiques de coopération doivent se substituer à la concurrence

-► une carte des formations et des options assurant à tous l’offre d’enseignement la plus large

Des enseignants mieux payés, vraiment ?

Dégel du point d’indice, revalorisation des carrières... Le gouvernement le crie sur tous les toits : il augmente les enseignants. Il était temps : cela fait plus de 25 ans que leur pouvoir d’achat baisse... On a même augmenté leur niveau de qualification (ils sont maintenant recrutés à Bac+5) sans toucher à leurs salaires !

Les mesures annoncées vont dans le bon sens, mais elles sont très limitées. Dans le même temps les cotisations retraites augmentent. Et le plus gros des augmentations annoncées doivent s’appliquer après les élections de 2017. Il faut beaucoup plus d’ambition, pour l’Éducation nationale et pour toute la fonction publique.

Réforme du collège : c’est toujours non !

Malgré l’opposition massive des parents et des enseignants, le gouvernement impose une réforme du collège qui entre en vigueur à cette rentrée. 20% des heures d’enseignement des collégiens dépendront à présent de leur établissement, des options qu’il proposera et des choix de chacun. Les horaires nationaux, c’est terminé ! Au final, c’est moins d’heures consacrées à l’enseignement des disciplines, et plus d’inégalités d’un établissement, voire d’une classe à l’autre. À l’heure où nous avons besoin de construire du commun, le gouvernement fait au contraire le choix de l’individualisation et de la concurrence.

Le peuple doit se faire entendre

Concernant la Loi Travail comme l'ensemble des autres domaines, vous en avez assez d'entendre toujours les mêmes qui parlent pour vous, sans vous écouter. En France comme en Europe, les décisions sont prises par eux, sans vous, contre vous. Pourtant, cela fait des années que les peuples sont fatigués des politiques d'austérité. Tout se passerait mieux si les gouvernants pensaient aux besoins populaires et à l'intérêt des nations plutôt qu'au respect du dogme libéral, écoutaient les citoyen-ne-s plutôt que les financiers.

Car, nous sommes des millions. Au fond, nous sommes les 99%. Ceux qui font tourner les machines, qui fabriquent notre pain, font rouler les trains ou pousser le blé, ceux qui éduquent nos enfants, soignent, protègent, construisent....

Le Parti communiste a pris une décision : construire avec vous les solutions et l'issue. Convaincu que chacun et chacune ont un bout de la solution, il engage uneGrande consultation citoyenne pour recueillir les avis de plus de 500 000 personnes et élaborer à partir de ces avis un pacte d'engagements communs pour 2017, soumis en octobre à une votation citoyenne. Participez-y dans vos villes et villages, dans votre entreprise, sur internet et à la Fête de l'Humanité

www.lagrandeconsultationcitoyenne.fr

PCF, le 26 août 2016

Egalité! A la rentrée, nous voulons le meilleur pour nos enfants (PCF)
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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 13:29

Lait : le PCF demande un grenelle des prix agricoles

Aux producteurs en lutte pour la rémunération de leur travail, le géant mondial du lait Lactalis s’installe dans une situation méprisante de non discussion devant un gouvernement avouant son impuissance faute d’outils législatifs.

Démantèlement de la politique laitière dès l’Agenda 2000 à Berlin, concurrence libre et non faussée en Europe, coudées franches offertes aux distributeurs par la droite avec les lois LME, LRE … Disparition des quotas laitiers en 2015 auront fini de jeter la production laitière française au prix mondial.

La concertation doit aujourd’hui prévaloir afin de répondre aux légitimes revendications des éleveurs qui ne peuvent vivre de leur travail à moins de 320 € les 1 000 litres.

Le PCF appelle, face au désarroi du monde agricole, la tenue d’un grenelle sur les prix. Celui-ci viserait pour la production laitière à instaurer des négociations interprofessionnelles pérennes, à se doter d’outils de gestions des volumes en faveur des jeunes et des plus modestes, à orienter la filière vers la création de valeur ajoutée, à l’instauration de prix minimum indicatif européen.

A travers ses dépôts de loi, le PCF propose de légiférer sur la répartition des marges entre producteurs, industries agroalimentaires et grande distribution, permettant l’accès à l’alimentation aux consommateurs.

Lait: le PCF demande un grenelle des prix agricoles
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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 08:33
INTERVIEW Olivier Dartigolles par Libération : «Nous avons besoin de réinscrire l'espoir à nos agendas politiques»

A l’occasion de l’université d’été de son parti, le porte-parole du PCF appelle de ses vœux un rassemblement des forces de «gauche progressiste» afin de recentrer le débat sur d’autres enjeux que le «terrorisme idéologique»

Notre préoccupation est de porter un vrai débat pluraliste sur la question du terrorisme. Nous devons penser et réfléchir l’avenir sur cet enjeu-là. Réfléchir, c’est une première réponse à apporter aux terroristes qui aimeraient nous voir douter de notre démocratie. Et, pour nous, la manière avec laquelle Manuel Valls a soutenu les maires de droite prenant des arrêtés anti-burkini montre bien le danger pour notre Etat de droit. Aujourd’hui, à la fois l’exécutif gouvernemental et la droite voudraient empêcher notre pays de discuter librement de tout ce dont ils ont envie de débattre. Mais nous n’accepterons jamais le piège, l’arnaque, qui viserait à faire de l’islam de France le principal enjeu de la prochaine élection présidentielle. On voudrait nous faire croire qu’actuellement, le plus important est de savoir combien il y a de burkinis sur les plages de France. Tout cela profite avant tout à Marine Le Pen. La droite et Manuel Valls sont les premiers agents du FN, et cela ne peut que satisfaire les terroristes qui veulent accroître les tensions de notre société.

Nous sommes en effet inquiets de la teneur du climat politique en France. Une opération visant à sauver le soldat Hollande a été lancée, via deux moyens : parler beaucoup de Nicolas Sarkozy et faire de la question religieuse en France le point principal du débat, de façon à occulter le fiasco total de ce quinquennat. Pour lutter contre cela, il faut par exemple essayer de décrypter ce qui s’est passé dans l’affaire du burkini. Alerter, donner à comprendre pour que chacun puisse conserver sa capacité de discernement. Il faut aussi que soient rendus possibles un ré-examen et une ré-orientation profonds de l’ensemble des politiques publiques – notamment en matière de sécurité et de justice, mais pas seulement : la culture ou encore l’éducation doivent aussi être repensées. De plus, il faut qu’il y ait un grand débat en 2017 concernant la politique internationale de la France. Et il n’y a pas que le PCF qui peut porter cette lutte-là, mais toutes les forces progressistes de la gauche.

Oui, car nous avons besoin de réinscrire un mot à nos agendas politiques : l’espoir. Et le meilleur moyen pour faire cela, c’est de proposer une nouvelle espérance collective. Une espérance qui se construit certes par des contenus et des solutions, mais aussi par l’image. Et l’image que nous donnons aujourd’hui est celle d’un éparpillement, ne permettant pas à l’espoir d’être identifié, visible. Il faudrait que les candidats, déclarés ou potentiels, pensent à tout le monde. Pierre Laurent est celui qui, avec le collectif communiste, est le plus à même à créer les conditions de la convergence. Va-t-on y arriver ? Je ne sais pas. Mais c’est important d’essayer de le faire.

Concernant Jean-Luc Mélenchon, nous nous sommes expliqués avec lui, sans polémique. Mais nous avons un vrai désaccord politique : en se déclarant candidat de cette manière, il ne permet pas de créer les conditions d’une dynamique collective – alors que le Front de gauche avait justement été créé pour éviter cela. Après, le désaccord est-il indépassable ? Nous ne le croyons pas, et nous ne cesserons de tendre la main. On ne veut rien faire qui pourrait permettre une victoire des idées du FN. Il suffit, pour cela, que chacun prenne ses responsabilités. Et le PCF a déjà montré que l’on peut soutenir un candidat qui ne soit pas issu de son propre parti [en soutenant la candidature de Jean-Luc Mélenchon en 2012, ndlr]. Nous le disons aux autres : pensez d’abord à l’avenir du pays et de la gauche au lieu de penser en termes personnels. Sans rassemblement pour porter l’espoir, il nous sera impossible de repositionner la question sociale au cœur du débat en France.

Amélie Quentel, correspondante de Libération à l'Université d'été du PCF

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