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19 novembre 2017 7 19 /11 /novembre /2017 12:09
Photo Maxime Cochard

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photo Jean-Luc Le Calvez

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Compte rendu de l'Assemblée des animateurs de section du PCF à Paris le 18 novembre 2017

par Ismaël Dupont - 19 novembre 2017 

Le Parti communiste tiendra son Congrès extraordinaire du 24 au 26 novembre 2018, pour y "repenser" son "action" et ses "ambitions". La résolution actant ce Congrès a été adoptée par 72,8% des voix de l'Assemblée nationale du parti, réunissant à Paris, à la Cité des Sciences et de l'Industrie de la Villette, près de 900 animateurs de sections locales du PCF, à l'issue d'une période de deux mois de consultation à laquelle ont participé 13.000 militants (sur 56 000 à jour de cotisation) pour ce qui est du questionnaire individuel, et des milliers pour ce qui est des Assemblées de cellule, de sections, des AG départementales. 85 compte rendus de débats sur les enjeux du congrès et le questionnaire aux adhérents sont remontés au niveau national, dont 5 du Finistère. 

La synthèse des réponses libres au questionnaire et des compte rendus de débat a été faite par Guillaume Roubaud Quashié et reprend semble t-il très fidèlement et sans filtre ce qui remontaient des AG de communistes, un rapport de 10 pages qui me semble beaucoup plus utile et opérant que la synthèse du sondage auprès des adhérents leur demandant de hiérarchiser des priorités qui sont toutes parties prenantes de notre projet. 

Je cite des extraits du rapport de synthèse de la consultation qui correspondent tout à fait à des débats et des remontées que nous avons fait à Morlaix et dans le Finistère: 

"Le lien entre la prise et l'exercice du pouvoir et le projet du parti est très souvent évoqué, bien plus que son programme. Quelle est notre base idéologique, quelles sont les valeurs que nous promouvons? La nécessité de mieux définir ce que peut être le marxisme au 21e siècle et la perspective révolutionnaire sont souvent interrogées, tout comme la manière de lutter contre l'idéologie libérale dominante afin de reprendre pied dans le débat". "Une remarque vient fréquemment: "la France en commun" - un titre jugé trop flou par beaucoup - ne serait pas un projet mais un programme qui traduirait un affaiblissement de nos valeurs fondamentales (identité communiste, marxisme, lutte des classes...), programme qui n'est pas toujours jugé en phase avec la société actuelle. Aussi, nombreux sont celles et ceux qui appellent de leurs voeux un retour aux fondamentaux: l'écriture d'un manifeste du Parti communiste du 21e siècle, de base marxiste, qui montre l'actualité de la lutte des classes, un projet révolutionnaire de notre temps, un projet émancipateur et non d'inspiration réformiste comme l'estiment quelques-uns qui souhaitent un renforcement de la conscience de classe et une place plus importante de la lutte capital-travail dans notre visée". "Alors que beaucoup jugent que la France en commun, plus qu'un projet est un programme, celui-ci est souvent qualifié de flou, peu concret, et manquant d'identifiants forts pour le Parti communiste". "La notion de "monde des communs" n'est pas toujours comprise, certains la qualifiant peu ou prou de fourre-tout, de novlangue... Le commentaire qui revient parmi les plus fréquents est lié à l'identité du PCF qui devrait redevenir le parti des classes populaires, le parti de la lutte des classes en œuvrant pour le dépassement du capitalisme, en mettant l'opposition capital-travail au coeur de nos propositions, comme l'appropriation collective des moyens de production. Ces aspects considérés comme fondamentaux ne seraient plus au centre dans le projet, le programme du Parti, cela appellerait un besoin de formation des militant-e-s..." Sur la question de la prise de pouvoir, beaucoup de camarades insistent sur la nécessité de "nous inscrire dans une stratégie de long terme". "La question d'un éventuel changement de nom revient de manière récurrente. La quasi-totalité estiment qu'il serait inutile, inefficace, voire dangereux d'en changer. Cela ne modifierait rien sur le fond mais pourrait, au contraire, se traduire par un abandon de valeurs, d'idéologie et de références à des combats victorieux. Certains estiment que ce serait une capitulation." (...)

"En matière d'image, beaucoup souhaitent que soient mises en avant les propositions qui nous distinguent des autres partis de gauche. Certains estiment que ce changement d'image ne peut se faire sans réaffirmer notre identité communiste et révolutionnaire, ni sans s'appuyer sur des fondamentaux comme le marxisme, la lutte des classes. Enfin, on retrouve une volonté de redonner du souffle, de la dynamique, de l'espoir et de l'utopie au Parti, et de s'appuyer sur une forte volonté de faire ensemble chez nos militant.e.s".            

Pour le Finistère, 12 représentants des sections étaient présents: Ismaël, Glenn, Jean-Luc, Ronan, Jean-Louis, Hamidou, Isabelle, Yvonne, Jean-Paul, Paul, Maxime, Jean-Pierre. 

Nous nous sommes partagés le matin dans des ruches des 8 personnes à la suite de discours de Pierre Laurent pour discuter de la proposition de feuille de route sur le Congrès et des enjeux du congrès. 1h15 d'échange très fraternel avec à ma table et celle de Glenn, Ian Brossat, adjoint PCF au logement à Paris, Anne Sabourin, déléguée du PGE, responsable du secteur Europe du Parti Communiste, des camarades de l'Allier, de Marseille, de Montreuil. 

A une heure, retour en amphi pour la séance plénière après un pique-nique: prise de parole de Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité, sur la situation des prisonniers politiques palestiniens, le durcissement de l'apartheid, de la politique coloniale en Israël, l'interdiction de territoire des élus de la République Française en Israël, puis de Patrice Bessac, président de l'ANECR, sur la situation des collectivités prises à la gorge par les mesures d'austérité et de caporalisation du président Macron, avec un appel à la révolte des maires et élus locaux. 

Puis, avec Pierre Laurent, le nouveau sénateur communiste de Seine St Denis, 33 ans, Fabien Gay, Elsa Faucillon, jeune députée de Seine St Denis, Isabelle de Almeida, présidente du CN, à la tribune, trois heures de débat se sont ensuite enchaînés avant le vote de la résolution contenant la feuille de route que les communistes s'engagent à mettre en oeuvre d'ici le Congrès en novembre 2018.     

Dans les débats, auxquels ont participé 40 adhérents (aucun breton, ma demande d'intervention et celle de Maxime Paul n'ayant pu être validée, faute de temps, 36 demandes d'interventions n'ont ainsi pas pu déboucher), sont beaucoup revenus: 

- La nécessité de reconstruire une visée communiste en dessinant nettement les contours d'une société post-capitaliste, en ayant un projet de conquête du pouvoir sur le capital qui tienne compte des données politiques et sociales actuelles, en réécrivant un Manifeste du Parti Communiste du XXIe siècle

- Le débat sur le bilan des orientations stratégiques et des démarches de rassemblement depuis 2000  

- Le débat sur la date du congrès: juin ou novembre

- La nécessité de relancer le travail de réflexion et d'action sur le combat féministe, le combat anti-raciste (avec des débats internes compliqués à prendre en charge)

- Tenir notre place dans les solidarités concrètes

- Continuer à se battre pour un accueil digne des migrants

- Continuer à construire une pensée écologique pour faire face aux défis anthropologiques du 21 e siècle. 

- Mettre la culture et l'éducation populaire au centre de notre projet

- Avoir des propositions qui mettent au centre l'enjeu de la jeunesse: revenu d'autonomie pour les jeunes, Université et formation... 

- Améliorer l'efficacité de notre organisation, la seule à posséder ce potentiel militant, sa visibilité nationale, sa capacité à mettre en oeuvre les décisions nationales

- Mieux utiliser l'outil numérique pour notre communication et l'animation de notre débat et de notre démocratie interne  

Bref compte rendu par Ismaël Dupont, 19 novembre 2017 

Les représentants finistériens ont adopté la feuille de route à l'unanimité, qui a reçu finalement 72,8% des voix des 900 délégués présents. 

Feuille de route pour un Congrès Extraordinaire du Parti Communiste

adoptée par l'Assemblée Nationale des animatrices et animateurs de section

La Villette - Paris - 18 novembre 2018 

 

Une assemblée des animateurs de section du Parti Communiste qui lance le Congrès de novembre 2018 sur les rails d'un Parti Communiste à l'offensive et conquérant
Une assemblée des animateurs de section du Parti Communiste qui lance le Congrès de novembre 2018 sur les rails d'un Parti Communiste à l'offensive et conquérant
photo Ismaël Dupont

photo Ismaël Dupont

photo Ismaël Dupont

photo Ismaël Dupont

photo Anita Kervadec

photo Anita Kervadec

photo Ismaël Dupont

photo Ismaël Dupont

photo Ismaël Dupont

photo Ismaël Dupont

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Ismaël Dupont

photo Ismaël Dupont

photo Ismaël Dupont

photo Ismaël Dupont

photo Ismaël Dupont

photo Ismaël Dupont

photo Ismaël Dupont

photo Ismaël Dupont

Patrice Bessac à la tribune, président de l'ANECR, maire de Montreuil

Patrice Bessac à la tribune, président de l'ANECR, maire de Montreuil

Une assemblée des animateurs de section du Parti Communiste qui lance le Congrès de novembre 2018 sur les rails d'un Parti Communiste à l'offensive et conquérant
Une assemblée des animateurs de section du Parti Communiste qui lance le Congrès de novembre 2018 sur les rails d'un Parti Communiste à l'offensive et conquérant
Une assemblée des animateurs de section du Parti Communiste qui lance le Congrès de novembre 2018 sur les rails d'un Parti Communiste à l'offensive et conquérant
Une assemblée des animateurs de section du Parti Communiste qui lance le Congrès de novembre 2018 sur les rails d'un Parti Communiste à l'offensive et conquérant
photo Anne Sabourin

photo Anne Sabourin

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19 novembre 2017 7 19 /11 /novembre /2017 09:26
Migrants/ coopération UE-Libye: "La France a le devoir de réparer l'outrage fait aux migrant-e-s et à la conscience humaine" (PCF)

Migrants / coopération UE-Libye « La France a devoir de réparer l'outrage fait aux migrant-e-s et à la conscience humaine »

 

C'est à un véritable réquisitoire que s'est livré le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l''homme, Zeid Ra'ad Al Hussein à l'encontre de l'UE et des conditions de détention des migrants en Libye. "La communauté internationale ne peut continuer à fermer les yeux sur les horreurs inimaginables endurées par les migrants en Libye et prétendre que la situation ne peut être réglée qu'en améliorant les conditions de détention. La politique de l'UE consistant à aider les gardes côtes libyens à intercepter et renvoyer les migrants est inhumaine".

Dans ce communiqué publié mardi 14 novembre le Haut commissaire souligne que "la souffrance des migrants est un outrage à la conscience de l'humanité".

Se trouvent donc une fois encore confirmées les exactions menées contre les migrant-e-s depuis des années en Libye et dénoncées par de nombreux témoignages diplomatiques, d’observateurs et d'ONG. Cette réalité largement reconnue n'a pas empêché l'UE et plusieurs Etats en bordure de la Méditerranée, dont la France, d'adopter en juillet un accord avec des autorités libyennes.

 

Les observateurs de l'ONU présents en Libye du 1er au 6 novembre ont constaté une dégradation rapide de la situation. Des milliers – 20 000 recensés – de femmes, d'hommes et d'enfants émaciés et traumatisés par les violences subies, empilés les uns sur les autres, enfermés dans des hangars, subissant les violences des gardiens munis de bâtons électriques… Les femmes sont violées par les trafiquants mais aussi par les gardiens des centres officiels de détention.

 

Cet appel de l'ONU intervient au moment où le groupe de contact des 13 pays européens concernés, dont la France, et africains, dont la Libye, a décidé "d'améliorer les conditions de vie des migrants." Cet engagement pris à plusieurs reprises n'a jamais été respecté.

 

L'Union européenne par sa politique migratoire d'externalisation confie ainsi à la Libye en plein chaos, après l'intervention militaire française, la responsabilité de bloquer à tout prix les migrant-e-s voulant fuir violence et pauvreté pour se retrouver en Libye dans un véritable enfer financé par l'UE et les Etats voisins.

 

C'est une  véritable honte pour tous ces pays et pour l'UE. Il faut mettre rapidement un terme à cette tragédie.

La solution est connue: c'est d'organiser l'ouverture de voies légales et sécurisées permettant aux migrant-e-s de rejoindre l'Europe pour faire valoir leurs droits à la protection et d'espérer se construire une vie meilleure .

 

Ces révélations parviennent au moment ou le gouvernement français annonce une série de nouvelles mesures répressives, sous forme de lois, pour réduire encore plus l'accueil de migrants en France, malgré le faible nombre déjà parvenus, et de multiplier les expulsions…

Le gouvernement doit d'abord s'expliquer sur la situation en Libye étant données les responsabilités qui sont les siennes dans ce drame, et dire quelles mesures il compte prendre pour y mettre un terme.

 

Pour sa part, le Parti communiste français poursuivra son combat, avec ses dirigeants, ses élus, ses militants pour faire respecter les droits des migrants et pour que la France et l'UE remplissent leurs devoirs d'accueil, de solidarité, d'hospitalité et de protection à leur égard.

 

le PCF, 17 novembre 2017 

Migrants/ coopération UE-Libye: "La France a le devoir de réparer l'outrage fait aux migrant-e-s et à la conscience humaine" (PCF)
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15 novembre 2017 3 15 /11 /novembre /2017 07:51
Les communistes et Octobre 1917 - le dossier de la revue "Cause Commune", novembre 2017 - Florian Gulli et Saliha Boussedra, philosophes et membres du PCF
Par  

Présentation du dossier : OCTOBRE 1917 ET NOUS

Le centenaire d’Octobre est l’occasion de remettre à l’ordre du jour l’idée de « révolution ».

Il existe bien des points de vue sur Octobre à l’intérieur du PCF : des humeurs, des a priori mais aussi des réflexions construites, nourries et pourtant contradictoires. Le rôle de ce dossier n’est évidemment pas de trancher parmi ces lectures. Ce n’est pas la fonction de la revue Cause commune. Ce qu’elle peut faire, plus modestement, c’est donner à voir ces différentes approches et, ce faisant, peut-être contribuer à travailler à leur compréhension, voire leur dépassement. Beaucoup ont écrit des choses profondes et informées sur la question. Mais de nombreux échanges ne virent-ils pas à la caricature dès que le spectre de 17 approche ? « Staliniens », crie-t-on vite ici ; « liquidateurs », répond-on là… 17 ne vaut-il pas mieux que cela, et nous avec lui ?

Octobre, fille du grand carnage impérialiste
N’en demeure pas moins que dire ce qu’est « Octobre » est plus difficile qu’il n’y paraît. Car Octobre n’est pas seulement ce 25 octobre 1917 à Petrograd qui fut, pour notre calendrier grégorien, un jour de novembre. Octobre paraît peu après l’aube d’un siècle nouveau, celui que l’historien Eric Hobsbawm nomme « le court XXe siècle ». Peu après l’aube, car tout commence véritablement à l’été 1914. La révolution d’Octobre est fille du grand carnage impérialiste. Précision importante pour contrer la lecture libérale du siècle. Octobre n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein, l’événement qui viendrait dérégler la belle machine. L’Europe d’avant Octobre n’est pas un havre de paix et de démocratie. Les puissances européennes se partagent le monde et écrasent les peuples colonisés. Elles rivalisent de plus en plus dangereusement ; le militarisme, comme un poisson dans l’eau, gagne du terrain. Le mouvement ouvrier se renforce, suscitant l’hostilité de plus en plus farouche de la classe dominante. À tel point que beaucoup verront dans la Grande Guerre qui s’annonce la possibilité de faire d’une pierre deux coups : écraser l’ennemi à l’extérieur et, mesure prophylactique, se débarrasser des subversifs à l’intérieur.
Parler d’Octobre, c’est donc parler de ce « court XXe siècle » inauguré par la Grande Guerre. Tâche colossale pour qui veut être sérieux. Tâche bien trop grande pour ce dossier qui ne cherche qu’à envisager la question au présent des communistes français : qu’est-ce qu’Octobre nous dit, un siècle après ?

Souffle d’octobre et ombres sinistres
Car Octobre est de ces événements qui transforment les siècles et cette révolution projette, sur les décennies qui la suivent, tant de lumières inédites et tant d’ombres saisissantes. Contradictions qu’il faut assumer pour ne pas être unilatéral, pour pouvoir penser le réel dans sa complexité effective.
D’un côté, l’exceptionnelle grandeur. Les premiers décrets émancipateurs dans le sillage de l’insurrection bolchevique. Les aspirations profondes de tant d’ouvriers, de paysans, de femmes, de soldats, de minorités nationales, etc., enfin satisfaites. Le développement industriel d’un pays où tout manquait. La résistance héroïque à l’invasion des troupes hitlériennes puis la bataille de Stalingrad, presque oubliée chez nous, et pourtant véritable tournant de la guerre, coup d’arrêt au projet de domination coloniale à l’Est, début de la fin du nazisme. Youri Gagarine, aussi, le premier homme dans l’espace. Le souffle d’Octobre ensuite dans les pays colonisés qui vont bien souvent marcher vers l’indépendance avec le drapeau rouge. Et parallèlement, dès l’année 1917, l’agression de la Russie par les pays européens pour détruire le pouvoir des soviets et forcer la Russie à continuer la guerre contre l’avis de son peuple. Le soutien des puissances capitalistes à toute sorte de dictatures partout dans le monde où les peuples commençaient à se lever, les guerres menées pour maintenir la domination coloniale. Souffle d’Octobre enfin dans les pays capitalistes eux-mêmes où les luttes pour les droits sociaux et la sécurisation des vies ouvrières se voyaient renforcées par la présence d’un bloc soviétique effrayant la bourgeoisie, la contraignant à des concessions jamais vues.

« Ce qui se dit en octobre 1917 est de brûlante actualité : c’est que nous pouvons transformer le monde, que nous pouvons amorcer la sortie du capitalisme. »

Mais il y a aussi l’autre côté, les sinistres ombres. Peut-on parler d’Octobre sans parler de Staline ? Sans parler du type de commandement arbitraire mis en œuvre en URSS à partir de la fin des années 1920 et dont on peut repérer quelques signes avant-coureurs dès avant ? Type de commandement que l’on retrouvera souvent sous d’autres latitudes, et dont beaucoup de communistes furent les premières victimes ? Comment expliquer que l’URSS, une fois passée la période de troubles des années 1930, une fois passée la catastrophe de la Seconde Guerre mondiale, ne soit pas parvenue à trouver une vitalité suffisante ? L’ère Brejnev ne donne-t-elle pas l’impression d’un régime sclérosé ? Par ailleurs, comment rendre compte de l’absence durable d’institutions démocratiques dans les régimes socialistes ? Comment y parvenir sans s’aligner sur la position libérale qui criminalise toute alternative au gouvernement représentatif et à l’absence de démocratie économique ? Comment y parvenir sans se satisfaire non plus de l’explication par la seule pression impérialiste sur les pays socialistes ? Et la disparition presque partout des régimes se réclamant d’Octobre ? Peut-on s’empêcher d’y voir un symptôme ? D’autant plus que les communistes de ces pays ne s’y sont guère opposés, d’autant plus que les populations ne les ont pas défendus.

Un des grands faits de l’histoire de l’humanité 
La diversité des jugements communistes renvoie donc aussi pour partie à la complexité et aux contradictions de cette longue histoire du siècle passé. Ce qui devrait cependant les réunir, c’est la volonté de s’approprier cette histoire, de la penser de façon autonome, de ne pas la laisser aux libéraux qui l’abordent toujours avec une même arrière-pensée : justifier le capitalisme et jeter le discrédit sur les aspirations populaires et les alternatives. Les communistes n’ont-ils pas à apprendre de ces expériences collectives, de leurs réussites comme de leurs échecs, de leur incroyable héroïsme com­me de leur dramatique perversion, pour penser sérieusement la construction d’une société d’émancipation ?
Mais faut-il s’interdire de considérer la révolution de 1917, comme si elle contenait par principe et Staline et Brejnev, voire Poutine ? Comme si la Révolution française contenait par principe Charles X, Napoléon III, Pompidou et Macron… Quoi qu’il en soit des contradictions du XXe siècle et de la complexité des régimes socialistes qui suivirent, il faut regarder Octobre pour ce qu’il est, « un des grands faits de l’histoire de l’humanité » (John Reed). Ce qui se dit en octobre 1917 est de brûlante actualité : c’est que nous pouvons transformer le monde, que nous pouvons amorcer la sortie du capitalisme. Non pas en attendant passivement que l’histoire accouche par elle-même d’une autre société mais à force d’audace et de travail. Et si cette audace est d’abord celle de masses populaires, elle est aussi et en même temps celle d’un parti en harmonie avec les aspirations majoritaires.
Et l’on comprend les motifs idéologiques tapis derrière l’historiographie dominante depuis les années 1970 en France. La relative bonne image dont pouvaient jouir Lénine et la révolution d’Octobre maintenait ouvert l’horizon d’une autre société. Il fallait repeindre tout cela en noir, éteindre la flamme, nous réassigner au capitalisme, quoi qu’il en coûte. Et cela au prix d’analyses historiques souvent partiales, souvent légères d’un point de vue méthodologique. Le dernier livre du philosophe Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l’historiographie dominante (choix de textes de Lénine, éditions sociales, 2017) met en lumière ces biais idéologiques qui, pour être inlassablement répétés, n’en restent pas moins des caricatures.
Le centenaire d’Octobre est l’occasion de remettre à l’ordre du jour l’idée de « révolution ». Non pas le bain de sang et le carnage, comme se plaisent à le répéter les partisans de l’ordre établi. Et il faut rappeler à ce propos le mot de Hobsbawm : « On a dit qu’il y avait eu plus de blessés lors du tournage du grand film d’Eisenstein, Octobre, qu’au cours de la prise du palais d’Hiver, le 7 novembre 1917. » Non pas ce mot galvaudé par le premier Macron venu et qui désigne l’intensification de la lutte de classes du côté des dominants. Non, la « révolution » comme transformation radicale des structures sociales par le peuple et pour le peuple ; l’entrée dans un processus de sortie du capitalisme par ceux qui ont le moins intérêt au statu quo. Pour contribuer à cette tâche, parlons d’Octobre…

Saliha Boussedra est responsable de la rubrique Féminisme.
Florian Gulli est coresponsable de la rubrique Dans le texte. Ils ont coordonné ce dossier.

Les communistes et Octobre 1917 - le dossier de la revue "Cause Commune", novembre 2017 - Florian Gulli et Saliha Boussedra, philosophes et membres du PCF
Les communistes et Octobre 1917 - le dossier de la revue "Cause Commune", novembre 2017 - Florian Gulli et Saliha Boussedra, philosophes et membres du PCF
Par  

 Brossons un rapide tableau de la Russie au début du XXe siècle.

Brossons un rapide tableau de la Russie au début du XXe siècle. La Russie, (très) majoritairement paysanne, s’engage tardivement mais à caden­ce soutenue sur la voie du capitalisme et de l’industrialisation. Un océan de paysans (face à des nobles, grands propriétaires terriens), des îlots déjà notables d’ouvriers (face à des bourgeois et des nobles, propriétaires d’industries). Au plan politique, l’Empire est le plus autoritaire de toute l’Europe : c’est l’autocratie. Le tsar tient tous les pouvoirs entre ses mains : la Russie n’a pas franchi le cap de 1789. L’opposition libérale monte chez les bourgeois mais reste timide ; les libertés sont de toute façon muselées. Dès lors, les socialistes sont d’une maigre influence, d’autant qu’ils sont très divisés : po­pu­listes (narodniki) puis « socia­listes-révolutionnaires » (SR) implantés à la campagne promeuvent un socialisme agraire suivant une voie russe propre ; mencheviks et bolcheviks s’inscrivent davantage dans les débats du socialisme européen.

Il faudrait parler longuement de 1905 avec la révolution populaire qui s’invite en Russie au cours de la guerre russo-japonaise et invente les soviets (conseils). Mais puisqu’il faut résumer la chose à l’extrême, filons droit en 1914 : l’Empire russe, allié de la République française depuis la fin du XIXe siècle, entre en guerre contre les puissances centrales (Allemagne, Autriche-Hongrie, Empire ottoman). Vingt millions d’hommes sont mobilisés ; dans une armée encadrée par une noblesse à l’ancienne, les soldats (ouvriers et, surtout, paysans) sont traités comme des moins que rien. Peu équipés, leur vie est allègrement sacrifiée, sans états d’âme. La guerre dure et monte, irrésistible, l’aspiration à la paix.

En quelques jours de février 1917, elle emporte le régime tsariste ; le matin même du 27 février, le peuple russe (notamment celui de Petrograd, alors la capitale – actuelle Saint-Pétersbourg) ne sait même pas que dans quel­ques heures, il aura fait tomber un régime de fer inflexiblement installé depuis plusieurs siècles : c’est la révolution de Février. Se met en place un gouvernement provisoire (GP) dominé par les libéraux (dits KD ou cadets pour constitutionnels-démocrates). En parallèle, les soviets se déploient, dominés par les SR, mencheviks et autres socialistes « modérés » (comme le populaire Kerenski).

Mais la paix n’advient pas, alors que la révolution qui porta ces hommes (des soviets et du GP) au pouvoir la plaçait comme une exigence centrale. Il est même question, dans une note officielle du ministre des Affaires étrangères (KD) Milioukov, de poursuivre la guerre « jusqu’à la victoire finale ». Le peuple russe apprend ainsi à ses dépens qu’il ne suffit pas de porter des hommes au pouvoir pour que ceux-ci fassent ce pour quoi ils y ont été placés. Les libéraux perdent leur crédit. On condamne. On remanie : les socialistes « modérés » entrent en masse dans le gouvernement (sept ministères KD ; six ministères socialistes, dont l’Agriculture pour le SR Tchernov et la Guerre pour Kerenski).

La paix advient-elle désormais que les socialistes sont dans la place ? Nenni. Kerenski lance même une offensive à l’été et restreint les libertés octroyées après Février. Les revendications en matière économique et sociale ne sont pas davantage écoutées. La ligne de Lénine, tenue dès février et alors inaudible jusqu’au sein de la direction bolchevique, gagne alors en écho : Février n’a été que le prélude bourgeois à la révolution prolétarienne qui est à l’ordre du jour. Une partie du peuple russe veut donc placer les bolcheviks au pouvoir et renverser ces pouvoirs issus de Février mais infidèles à la promesse révolutionnaire. Lénine freine : la révolution est à l’agenda mais l’assentiment populaire n’est pas assez large. Cependant, Kerenski qui a pris la direction du GP, voit croître le danger bolchevique et se lance dans la répression contre les bolcheviks : prison, exil, saccage des locaux…

Devant les troubles et l’instabilité, le zélé Kerenski apparaît en deçà des attentes des dominants. Bourgeoisie, noblesse et haut clergé vont lui préférer un ancien général du tsar, homme à poigne : Kornilov. Un putsch est tenté en août. Kerenski libère les bolcheviks pour sauver sa peau et ce qui reste de Février. Le putsch est écrasé ; Février est sauvée. Les bolcheviks apparaissent comme ceux dont la contribution a été décisive et le crédit de ceux qui les ont calomniés (notamment sur le thème nationaliste « Lénine, agent allemand » car Lénine, comme d’autres révolutionnaires, avait pu rejoindre la Russie après Février grâce à l’Empire allemand qui comptait sur eux pour déstabiliser la Russie et, ainsi, affaiblir cet ennemi) et pourchassés décroît d’autant.

Les bolcheviks, petite minorité en février, gagnent alors la majorité dans les soviets. Pour Lénine, l’heure de l’insurrection a sonné. Le 25 octobre (7 novembre, dans notre calendrier), la révolution est en marche. Le palais d’Hiver est investi. Kerenski fuit. Presque aucune effusion de sang. Personne n’aura voulu défendre le régime vermoulu. La révolution d’Octobre 1917 est faite.

En quelques semaines, la face de la Russie change radicalement : décrets sur la paix, sur la terre, séparation de l’Église et de l’État, égalité des droits hommes-femmes, abolition des castes, titres et privilèges, contrôle ouvrier sur la production, nationalisation de toutes les banques, pleine liberté donnée aux nationalités opprimées… Lénine avance en 1921 : « La monarchie, les castes, la propriété terrienne et la jouissance du sol, la situation de la femme, la religion, l’oppression des nationalités. Prenez n’importe laquelle de ces écuries d’Augias [...], nous les avons nettoyées à fond. En quelque dix semaines, [...] nous avons fait dans ce domaine mille fois plus que n’ont fait, en huit mois d’exercice de leur pouvoir » les hommes de Février. Lucien Sève commente : « On se demande qui pourrait de bonne foi se refuser à reconnaître là une œuvre révolutionnaire-démocratique véritablement gran­­diose en sa rapidité. »

Pour sûr. Un siècle s’ouvre ; le communisme s’y est imposé au menu. Non sans susciter haine et terreur des possédants dans le monde entier. Non sans susciter espoir et luttes des travailleurs dans le monde entier. Déjà, Lénine (« le vieux ») n’a plus que six ans à vivre ; la bouillonnante Russie révolutionnaire se cherche (« Mon pays adolescent », Maïakovski). Le XXe siècle commence, impitoyable : « l’âge des extrêmes ».

Par  

« La fusion du mouvement ouvrier et du socialisme », voilà comment Lénine concevait le parti révolutionnaire. Focalisés sur la question de la « forme parti », les débats contemporains ont tendance à occulter deux autres questions centrales posées par Lénine en son temps : celle de la composition de classe et celle de la théorie.

 

Soit le hors-série de L’Humanité, consacré à la révolution d’Octobre. En couverture, un Lénine déterminé, guidant prolétaires et peuples coloniaux vers le socialisme. Mais on s’aperçoit vite à la lecture du numéro – par ailleurs excellent en tout point – que Lénine n’a pas bonne presse. Le jugement le concernant est grosso modounanime : Good bye Lenin , mais sans point d’interrogation, et avec un « ouf » de soulagement. La thèse est la suivante : « On ne pour­ra renouer avec l’émancipation et la révolution qu’à la con­dition de se débarrasser de Lénine, en pensant hors des cadres définis par lui. »

« On ne peut battre un adversaire qu'en le connaissant, qu'en connaissant ses défauts (ses contradictions internes) et ses qualités, qu'en connaissant tous les terrains où se déroule le combat. »

Un des arguments qui a cours dans la galaxie communiste est le suivant : le déclin électoral du PCF et le recul du nombre de ses adhérents à partir des années 1980 demandaient une explication. Une hypothèse a été avancée : le déclin s’expliquerait en premier lieu par sa structure organisationnelle, la forme parti. Ce type d’organisation, hérité de Lénine, serait périmé désormais : trop centralisé, trop autoritaire, trop discipliné, etc. D’où la rupture nécessaire avec Lénine, avec Que faire ?, pour aller vers une organisation plus proche des mouvements, plus souple, plus participative, plus décentralisée, plus attentive à la spontanéité.

Le parti révolutionnaire selon Lénine
Pour discuter cet argument, il faut avoir une idée de la façon dont Lénine définit le parti révolutionnaire. Lénine ne cesse de répéter la même définition pendant près de deux décennies. Elle est reprise des commentaires que Kautsky fait du programme d’Erfurt en 1892 : « La social-démocratie est la fusion du mouvement ouvrier et du socialisme. »
Que trouve-t-on dans cette formulation ? Rien sur la forme organisationnelle. Cette dernière varie en effet selon les contextes ; la social-démocratie russe, condamnée à la clandestinité, ne peut avoir la même organisation que la social-démocratie allemande. Rien non plus sur le programme ou la tactique. Là encore, choses très variables ne permettant pas de définir tous les partis se réclamant de la Deuxième Internationale. Les deux seuls invariants identifiables sont la composition de classe de l’organisation sociale-démocrate ainsi que la référence à la théorie. La social-démocratie cher­che à faire fusionner deux groupes sociaux : les intellectuels, « la nouvelle classe moyenne » dont parle Kautsky, qui portent originairement la théorie socialiste, et le mouvement ouvrier, syndicats, associations de chômeurs, caisses d’entraide, coopératives, etc. Un parti révolutionnaire est donc concerné dans son être même par la question des classes, par la question de la division de classe en son sein. Il doit la regarder en face. À défaut de le faire, il trouvera, au lieu de la fusion, la marginalisation des ouvriers dans l’organisation. La formule célèbre – « L’émancipation de la classe ouvrière doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes » – deviendra un vain mot. Cette question est une préoccupation permanente de Lénine : faire disparaître, atténuer tout au moins, cette division parmi les révolutionnaires.

Un ancrage ouvrier
Cette fusion n’est pas un processus spontané, bien au contraire. Elle n’a de chance d’advenir que par l’action volontariste du parti sur lui-même. C’est une véritable obsession de Lénine. Il faut d’abord connaître ce mouvement ouvrier. Dans Que faire ?, il écrit  : « Durant des semaines, je questionnai “de parti pris” un ouvrier qui venait chez moi, sur tous les détails du régime de la grande usine où il travaillait. Je parvins, à grand-peine il est vrai, à faire la description de cette usine (d’une seule usine !). Mais parfois, à la fin de notre entretien, l’ouvrier, en essuyant la sueur de son front, me disait avec un sourire : “Il m’est plus facile de faire des heures supplémentaires que de répondre à vos questions !”. » Dans un livre sur Lénine, Tony Cliff cite les Souvenirs sur Lénine de Kroupskaïa, sa femme : « Vladimir Ilitch s’intéressait à chaque détail de la vie ouvrière ; à l’aide de ces menus traits, il s’efforçait d’embrasser la vie de l’ouvrier dans son ensemble, de trouver le joint par où la propagande révolutionnaire pourrait le mieux pénétrer jusqu’à lui. La plupart des intellectuels de l’époque connaissaient mal les ouvriers. Ils se contentaient de venir faire dans les cercles ouvriers [éducation populaire] des sortes de conférences. »

« La focalisation du débat sur la forme parti a peut-être rejeté au second plan la question de la théorie et de la composition de classe de l'organisation. »

Il faut aussi que le parti choisisse de se donner des cadres ouvriers. En mai 1905, au IIIe Congrès du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR), Lénine propose aux organisations sociales-démocrates qu’« il y ait huit ouvriers pour deux intellectuels dans chacun de nos comités ». En novembre de la même année, en plein cœur de la révolution, il déclare : « J’exprimai au IIIe Congrès du parti le vœu de voir les comités du parti comprendre huit ouvriers pour deux intellectuels. – Que ce vœu a vieilli ! Il faut aujourd’hui souhaiter que les nouvelles organisations du parti comprennent, pour un intellectuel, plusieurs centaines d’ouvriers social-démocrates ! » Cette politique volontariste porte ses fruits. En 1905, le recensement des effectifs du parti compte 62 % d’ouvriers.

Une théorie révolutionnaire
Mais cet ancrage ouvrier ne suffit pas encore. Il faut aussi une théorie révolutionnaire. Lénine est clair : « Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire ». Que recouvre l’expression « théorie révolutionnaire » chez Lénine ? Dans Aux paysans pauvres, écrit en 1903, Lénine écrit que « la théorie social-démocrate est la théorie de la lutte contre toute oppression ». Elle n’est pas la théorie de la lutte des seuls ouvriers. Elle doit rendre compte concrètement de tous les antagonismes de la société russe, y compris des antagonismes traversant la classe dominante. Comment lutter sérieusement contre un adversaire qu’on ne connaît pas ?
Par ailleurs, on trouve cette formule dans Que faire ? : « La classe ouvrière doit avoir une connaissance précise des rapports réciproques de la société contemporaine, connaissance non seulement théorique… disons plutôt : moins théorique que fondée sur l’expérience de la vie politique. » Non pas une théorie ésotérique réservée à une élite dirigeante et inaccessible aux masses, mais, beaucoup plus modestement, une « expérience ». En effet, lorsque Lénine parle de « théorie », il utilise souvent l’expression « élargir son horizon ». Grâce à la théorie, l’expérience des militants acquiert une dimension nationale et internationale. Au niveau national, le parti doit rendre ses membres sensibles à toutes les sortes d’oppression. Lénine vante le mérite des socialistes allemands : « Ils l’encouragent [l’ouvrier] à élargir son champ d’action, à l’étendre d’une seule usine à toute la profession, d’une seule localité à l’ensemble du pays. » La lutte pour la conquête de l’État a une dimension nationale ; il faut dépasser le localisme. Au niveau international : « Un mouvement amorcé dans un pays jeune [ici La Russie] ne peut être fructueux que s’il assimile l’expérience des autres pays. » La théorie permet d’assimiler les meilleures tactiques et stratégies de luttes, mises en œuvre ailleurs.

« Grâce à la théorie, l'expérience des militants acquiert une dimension nationale et internationale. »

Lorsque Lénine dit que le mouvement ouvrier a besoin de théorie, ce n’est pas donc du mépris annonçant la contrainte. C’est une idée simple : on ne peut battre un adversaire qu’en le connaissant, qu’en connais­sant ses défauts (ses contradictions internes) et ses qualités, qu’en connaissant tous les terrains où se déroule le combat. Or ces connaissances, nul n’en dispose spontanément car l’expérience que l’individu fait du monde social est fragmentaire. L’étroitesse de l’horizon est propre à tout groupe social. Lénine fustige les ouvriers qui ne pensent qu’aux problèmes ouvriers ; mais il fustige aussi les étudiants qui prennent leur université pour le centre du monde.
Voilà donc, au-delà du conjoncturel, ce qu’il en est du parti social-démocrate pour Léni­ne. Dans les réfle­xions sur le déclin du PCF, cet aspect de la pensée de Lénine est trop peu présent. La réflexion se focalise sur la forme organisationnelle – le dépassement de la forme parti – et l’on rejette alors souvent le modèle bolchevique, c’est-à-dire Que faire ? et surtout, en réalité, les codifications qui auront lieu ultérieurement en URSS. Or ce livre n’est pas un traité général d’organisation révolutionnaire. Lénine lui-même refusait d’en faire un modèle dès le IIe Congrès du POSDR, c’est-à-dire quelques mois après la parution de Que faire ? 

S’est-on suffisamment occupé de théorie ? 
On peut à partir de Lénine poser au parti révolutionnaire d’autres questions qu’organisationnelles, questions certes importantes mais qui ont aussi contribué à en occulter d’autres. Ainsi, depuis le tournant des années 1980, nous sommes entrés dans une nouvelle configuration du capitalisme que certains nomment « néolibéralisme ». S’est-on suffisamment occupé de théorie ? Avons-nous procédé à une étude concrète de toutes les formes de l’antagonisme en France ? Dispose-t-on d’un tableau complet de la bourgeoisie française, de ses contradictions internes, que nous pourrions exploiter en période de crise ?
Par ailleurs, s’est-on suffisamment occupé de la question de la fusion, ce qui était une autre obsession de Lénine ? L’avènement du néolibéralisme (ses fermetures d’usines, ses délocalisations, etc.) a bouleversé les milieux populaires, déracinant partiellement les organisations politiques et syndicales. La fusion relativement solide des générations précédentes s’est défaite. Mais le PCF lui-même la met-il suffisamment à l’ordre du jour ? Non, si l’on en croit Julian Mischi qui écrit dans son livre, Le Communisme dé­sarmé (Agone, 2014) : « L’ambition de promouvoir en priorité des responsables issus des milieux populaires est […] abandonnée. […] De façon significative, le logiciel [de la vie du parti, COCIEL] est programmé pour traiter une multitude d’indicateurs (âge, sexe, secteur d’activité, lieu d’habitation, etc.) sans que la catégorie socio­professionnelle soit prise en compte. Les adhérents sont différenciés selon leur branche d’activité (enseignement, collectivité territoriale, transports, fonction hospitalière, etc.), voire selon leur entreprise (SNCF, EDF, Air France) sans qu’on puisse savoir s’il s’agit d’un ouvrier ou d’un cadre. Cette distinction de classe n’est plus considérée comme une donnée importante. »
La focalisation du débat sur la forme parti a peut-être rejeté au second plan la question de la théorie et de la composition de classe de l’organisation. Précisément les deux choses qui définissent un parti révolutionnaire selon Lénine.

*Florian Gulli est philosophe. Il est responsable de la rubrique Dans le texte.

Alexandra Kollantai

Alexandra Kollantai

Feminisme et communisme, une association stratégique décisive 

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En 1917, la question des droits réels des femmes prend la forme d'une question de stratégie politique et syndicale décisive dans le cadre d'une perspective communiste révolutionnaire.

8 mars : journée internationale pour les droits des femmes. 8 mars 1917 (23 février), premier jour de la Révolution russe. Les ouvrières russes prennent la rue d’assaut et rencontrent les suffragettes. Dans ces tout premiers jours de la révolution russe, il est encore difficile de savoir s’il s’agit d’une révolte populaire ou bien d’une révolution. Il suffira de quelques jours pour que les soldats se mutinent après avoir tiré sur la foule et rejoignent dès le lendemain la foule révolutionnaire. Quelques jours encore pour voir le tsarisme et l’ancien monde féodal réduits en lambeaux.

Si la majorité des femmes qui prennent la rue le 8 mars sont des ouvrières et si la minorité sont des suffragettes, ce sont elles qui d’abord entraînent les hommes. Cette entrée dans la Révolution russe par les femmes semble marquer la place qu’elles y occuperont dans les premières années de la Russie révolutionnaire. Nous n’aborderons pas cette histoire des femmes en historienne que nous ne sommes pas mais nous chercherons à saisir les leçons que nous pouvons tirer de cette histoire pour nos luttes actuelles et à venir.

Une avancée considérable des droits des femmes 
Des luttes féministes des années 1970 en France est restée cette leçon, semble-t-il indépassable : la lutte féministe doit se constituer en mouvement autonome car il est impossible de défendre ses intérêts dans le cadre des partis ou des syndicats ouvriers. De cette leçon nous ne sommes toujours pas sortis. Il nous semble que si nous avons une leçon à tirer d’un point de vue à la fois féministe et communiste de l’expérience de la Révolution russe et bolchevique, c’est bien celui-là : des femmes luttant pour des droits ont été en mesure de s’associer à des hommes luttant pour des droits, et cette association, sans négliger tous les obstacles qu’elle a pu rencontrer, au premier rang desquels les difficultés d’ordre matériel liées aux structures patriarcales bien ancrées notamment dans la paysannerie, a permis une avancée considérable des droits des femmes et une avancée tout à fait précoce et extraordinaire au regard du développement socio-économique de la Russie de 1917 et des avancées dans les autres pays européens.

« Abolir la propriété privée familiale ne signifie pas abolir les rapports femmes-hommes, ni la parentalité, mais les conditions matérielles qui fondent ces liens, de la division du travail qui fonde cette forme de propriété privée. »

En effet, du côté des droits fondamentaux : légalisation du mariage civil, droit de divorcer par consentement mutuel, droit de vote, ministère pour la protection de la maternité et de l’enfance, légalisation de l’avortement dès 1920, proclamation de l’égalité homme-femme, adultère et homosexualité supprimés du code pénal, disparition de l’autorité du chef de famille. Du côté des droits du travail : congé maternité, égalité des salaires et égalité professionnelle, journée de huit heures, semaine de quarante-huit heures, création des assurances sociales. Du côté de la division du travail propre à la propriété privée familiale, selon Stéphane Lanchon : « La première Constitution de l’État soviétique reconnaît l’utilité sociale du travail ménager. Le programme du parti adopté en 1919 prévoit la socialisation du travail domestique via des équi­pe­ments communautaires. » Cette position est ainsi résumée par Lénine : « Le travail ménager écrase, étrangle, rabaisse et dégrade la femme ; il l’enchaîne à la cuisine et à la chambre des enfants, et gaspille sa force de travail dans un esclavage barbare, improductif, mesquin, horripilant, déconsidérant et écrasant… Cantines publiques, crèches, jardins d’enfants : voilà quelques exemples de ce qui est indispensable, voilà les moyens simples et quotidiens, sans grande pompe ni décorum, qui peuvent vraiment résorber et abolir l’inégalité entre hommes et femmes dans le domaine de la production sociale et de la vie publique » (Lénine, À propos de l’émancipation des femmes, éditions sociales).
La présence des femmes dans les organisations ouvrières (syndicales et politiques) est déjà constatable dès la Révolution de 1905, ce n’est donc pas, à proprement parler, les révolutions de février et octobre 1917 qui expliquent à elles seules ces avancées. Les femmes représentent déjà en 1917 une partie importante de la classe ouvrière, non pas en tant que femmes d’ouvriers mais bien en tant que travailleuses, dans l’industrie textile notamment. Dès 1905, la frange de la classe ouvrière la plus politisée, que l’on trouve en particulier chez les métallurgistes, a déjà une cons­cience avancée de l’importance de la mobilisation des femmes et de l’importance qu’elles représentent du point de vue de la stratégie politique et syndicale. Parce que notre époque ne lit les révolutions de 1917 que de manière rétrospective en projetant nos propres structures et difficultés à rassembler communistes et féministes, nous ne percevons et nous ne mettons en exergue que les difficultés qu’ont rencontrées les femmes russes à se faire entendre des hommes (difficultés bien réelles) mais, ce faisant, nous ratons l’essentiel, à savoir qu’ils et elles ont réussi dans une certaine mesure à les dépasser.

« La question des femmes et de leurs droits réels n'était donc pas une question secondaire et “sociétale”, elle constituait au contraire un enjeu fondamental dans la remise en cause de la propriété privée et de la division du travail qui la fonde. »

L’importance de la place des femmes dans la perspective révolutionnaire
S’ils ont réussi à les dépasser, c’est  en raison de la profonde conviction, au sein de la fraction révolutionnaire de la classe ouvrière ainsi que de ses dirigeants, de l’importance de la place des femmes dans la perspective révolutionnaire. Contrairement à notre époque où le féminisme est simplement rangé parmi les questions dites « sociétales », les révolutionnaires russes avaient d’une part pris la mesure de la composante matérielle des catégories de travailleurs où les femmes étaient nombreuses, d’autre part ils savaient que le but d’une révolution communiste consiste en l’abolition de la propriété privée. Cela ne signifie rien de moins que l’abolition de la propriété privée des moyens de production ainsi que de la propriété privée qui a trait à la famille et à la division du travail qui la caractérise. (Abolir la propriété privée familiale ne signifie pas abolir les rapports femmes-hommes, ni la parentalité, mais les conditions matérielles qui fondent ces liens, de la division du travail qui fonde cette forme de propriété privée.) La question des femmes et de leurs droits réels n’était donc pas une question secondaire et « sociétale », elle constituait au contraire un enjeu fondamental dans la remise en cause de la propriété privée et de la division du travail qui la fonde.

« Les femmes représentent déjà en 1917 une partie importante de la classe ouvrière, non pas en tant que femmes d'ouvriers mais bien en tant que travailleuses dans l’industrie textile notamment. »

Mais, du côté des femmes révolutionnaires, cela impliquait également le fait qu’elles étaient convaincues que leur sort et leurs intérêts étaient irrémédiablement liés à la victoire de la classe ouvrière. L’histoire du féminisme en France, depuis l’acquisition de droits fondamentaux (citoyenneté, avortement, lutte contre le viol, etc.), n’est pas parvenue à remettre en cause la propriété privée et la division du travail au sein de la famille (en témoignent les éternelles études de l’INSEE sur l’évolution du partage du travail domestique), de même qu’en 2017, l’écart des salaires dans le monde social du travail reste une constante criante. C’est pourquoi si l’autonomie du mouvement féministe français a pu présenter des avantages et des enthousiasmes chaleureux et à bien des égards décisifs, elle le condamne à se priver des organisations ouvrières (partis et syndicats). Continuer à percevoir la lutte féministe seulement comme une question « sociétale » et non comme une lutte fondamentale contre la division du travail et la propriété privée (capitaliste et familiale), c’est se condamner durablement à se priver de l’autre moitié du ciel qui constitue pourtant un enjeu décisif dans le cadre d’une stratégie révolutionnaire.

*Saliha Boussedra est doctorante en philosophie à l'université de Strasbourg.

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15 novembre 2017 3 15 /11 /novembre /2017 07:28
Fabien Gay, 33 ans, nouveau sénateur communiste, un des 13 sénateurs et sénatrices du Groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste, était interrogé par "Cause Commune" dans le numéro de novembre-décembre 2017

Fabien Gay, 33 ans, nouveau sénateur communiste, un des 13 sénateurs et sénatrices du Groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste, était interrogé par "Cause Commune" dans le numéro de novembre-décembre 2017

Par  

Avec treize sénatrices et sénateurs élus sur les listes soutenues ou présentées par le PCF, le Groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE) qu’ont rejoint des élus non commnistes devient le principal groupe d’opposition de gauche à la politique Macron, au Sénat. Fabien Gay, 33 ans, nouvel élu PCF en Seine-Saint-Denis, revient sur les conditions de ces élections et exprime la détermination du groupe à faire entendre la voix de ceux que l’on laisse toujours de côté.

Quelle est votre analyse des résultats des sénatoriales ? Marquent-ils un premier désaveu pour Emmanuel Macron ?
Oui, et c’est un premier coup d’arrêt dans la volonté du président jupitérien de vouloir tout contrôler. Il avait pour objectif d’obtenir les trois cinquièmes du Parlement, c’est-à-dire cinq cent cinquante-cinq parlementaires acquis à sa cause afin de pouvoir procéder à une réforme constitutionnelle. Cette réforme consisterait notamment à réduire le nombre de parlementaires, à limiter les mandats dans le temps, à instaurer une dose de proportionnelle dans le scrutin législatif et à supprimer la Cour de justice…

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Au vu du résultat des élections législatives de juin dernier, cet objectif des trois cinquièmes lui apparaissait comme très réaliste. Il en avait donc fait un objectif prioritaire. Si on se place de ce point de vue, c’est un échec pour le président. Même en ajoutant les groupes MODEM et les « constructifs », il n’atteint pas son objectif des trois cinquièmes.

 « En Seine-Saint-Denis, nous avons été bien au-delà du seul socle des élus communistes, républicains, citoyens et écologistes, ce qui a d’ailleurs permis mon élection. »  Fabien Gay

 Mais il est nécessaire d’examiner ce résultat de plus près. Tout d’abord, il ne faut pas occulter que ces élections sénatoriales sont le reflet des élections municipales de 2014, ainsi que des départementales et régionales de 2015. La République en marche ne s’était pas encore constituée lors de celles-ci ; il s’agit donc plutôt d’un semi-échec pour Emmanuel Macron. Ensuite, un certain nombre d’élus qui auraient pu voter pour les candidats de La République en marche ont fait un autre choix, sans doute décontenancés par les premières annonces du gouvernement. Le terrible coup porté aux collectivités territoriales, avec la baisse des dotations, mais aussi la hausse de la CSG, la suppression de 5 euros sur les APL et le mécontentement grandissant sur les ordonnances de la loi Travail en ont refroidi plus d’un. Les élus sont en prise directe avec les citoyens, et ils ont vu au cœur de l’été monter une colère sourde. Certains ont, en conséquence, changé leur fusil d’épaule, car soutenir publiquement le président des riches les met en difficulté devant leurs concitoyens. 
Emmanuel Macron devra donc composer avec une opposition de droite au Sénat. Leurs discussions consisteront à déterminer à quel cran ils sont prêts à serrer la ceinture de l’austérité. Dans ce contexte, c’est surtout la présence du Groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE) au Sénat mais aussi, à l’Assemblée nationale, du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) et FI, qui comptera pour relayer les attentes des citoyennes et des citoyens, des salariés et des élus de ce pays.

Les communistes, dont la quasi-totalité des élus étaient renouvelables, conservent leur groupe dans des conditions qui s'annonçaient pourtant difficiles. À quoi ce résultat est-il dû de votre point de vue ?
Seuls deux élus, Christine Prunaud (Côtes-d’Armor) et Thierry Foucaud (Seine-Maritime), n’étaient pas renouvelables. Les résultats des dernières élections intermédiaires qui composent le corps des grandes électrices et des grands électeurs ont été difficiles pour nous. Enfin, beaucoup de commentateurs de la vie politique nous donnaient pour morts, répétant constamment que c’en était fini du groupe communiste au Sénat. Donc, sur le papier, il est vrai que conserver un groupe communiste au Sénat n’était pas gagné d’avance. Mais nous le conservons avec douze sénatrices et sénateurs, renforcé par l’arrivée de trois personnalités de gauche et écologistes. 
C’est le fruit du travail des sénatrices et sénateurs communistes tout au long de ces dernières années. Ils ont été cons­tants dans leur ligne politique, rigoureux dans le travail parlementaire et ont défendu avec force, courage et ténacité les collectivités territoriales et les services publics de proximité. On pourrait citer de nombreux exemples, parmi lesquels celui du travail d’Éric Bocquet sur l’exil fiscal, qui a eu de l’écho dans le Sénat mais aussi en dehors, bien au-delà du seul cercle militant ou des élus. Ce travail est reconnu par des élus de sensibilités diverses, y compris celles et ceux qui ne partagent pas tous nos combats ou nos valeurs. Dans un moment de brouillage idéologique, où tout a volé en éclats au cours de la dernière année, beaucoup de citoyens mais aussi d’élus sont déboussolés. Certains ont donc fait le choix de voter pour nos candidats car, dans ce marasme, ils ont pris conscience qu’ils pouvaient compter sur nous pour défendre les territoires. En Seine-Saint-Denis, nous avons été bien au-delà du seul socle des élus communistes, républicains, citoyens et écologistes, ce qui a d’ailleurs permis mon élection.

« À quinze, le combat sera rude, mais notre unité et notre engagement seront des atouts déterminants pour faire entendre la voix de ceux que l’on laisse toujours de côté. » Fabien Gay

Vous faites partie des nouveaux visages qui arrivent sur les bancs communistes, qu'incarnent-ils à vos yeux ?
Pour moi, la politique n’a jamais été une affaire individuelle, mais bien une expression collective. Avec Pierre Ouzoulias dans les Hauts-de-Seine, Pascal Savoldelli dans le Val-de-Marne, Michelle Gréaume dans le Nord, Guillaume Gontard dans l’Isère et moi-même en Seine-Saint-Denis, nous sommes cinq personnalités différentes, avec des parcours de militant et d’élu différents et variés. C’est cela qui est passionnant et enthousiasmant. Chacune et chacun va apporter sa pierre à l’édifice pour que notre travail collectif soit utile et efficace ici au Sénat mais également en dehors pour nos concitoyens. 
Nous avons une volonté commune de lutter contre les injustices, quelles qu’elles soient et où qu’elles aient lieu, de mettre fin au cycle infernal des politiques d’austérité qui broient l’homme et la planète, partout en France, en Europe et dans le monde. Nous rejoignons un groupe avec des parlementaires aguerris et combatifs, qui dès les premiers instants ont été présents pour nous accompagner. 
Qui plus est, nous sommes quinze, comme dans une équipe de rugby. Cela me plaît bien. Tout le monde est différent, mais chacun a sa place. Nous avons notre capitaine avec Éliane Assassi, et tout le monde a le même objectif. Nous avons conscience qu’à quinze, le combat sera rude, mais notre unité et notre engagement seront des atouts déterminants pour faire entendre la voix de ceux que l’on laisse toujours de côté.

Le groupe s'élargit à trois non-communistes et devient le groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste. Quel sens y mettez-vous à l'heure où la question du rassemblement à gauche a rarement été si complexe ?
Je crois que nous pouvons nous féliciter collectivement qu’après l’élection de douze sénateurs communistes, nous soyons parvenus à former un groupe de quinze sénateurs et sénatrices, avec Guillaume Gontard (de sensibilité écologiste), Esther Benbassa (Europe écologie les verts, EELV) et Pierre-Yves Collombat (Rassemblement démocratique et social européen, RDSE). 
Nous avons cherché à rassembler largement, mais sur la base d’un contenu fort, comme le montre notre déclaration de groupe. Nous avons été clairs : pour nous, l’axe essentiel est l’opposition à la politique d’austérité, donc à la majorité de droite au Sénat mais également à la majorité présidentielle d’Emmanuel Macron. Et surtout, nous voulons continuer à proposer et à agir pour le bien commun. À partir de ces axes, nous étions disposés à travailler avec le plus grand nombre et à mettre nos propositions en débat. Nous allons continuer pendant toute la mandature ce travail en direction de l’ensemble des parlementaires de gauche.
C’est aussi la reconnaissance du travail du groupe CRC sur la dernière mandature qui a conduit à ce que d’autres sénateurs nous rejoignent. Par exemple, Pierre-Yves Collombat a désigné notre groupe comme étant « le seul groupe de gauche au Sénat ».
Je suis heureux, d’un point de vue personnel, que nous ayons ajouté « écologiste » à notre nom de groupe car pour moi, le combat communiste du XXIe siècle marche sur deux jambes, l’homme et la planète. Au-delà de cela, la question du rassemblement est très complexe. Je suis de ceux qui pensent que la gauche et la droite veulent encore dire quelque chose, même si le brouillage idéologique de ces dix dernières années, accéléré avec l’élection d’Emmanuel Macron, a fait voler les repères de classe en éclats.

« Le brouillage idéologique de ces dix dernières années, accéléré avec l’élection d’Emmanuel Macron, a fait voler les repères de classe en éclats. » Fabien Gay

La question du rassemblement ne peut pas se concevoir comme au cours des cinquante dernières années. Il nous faut absolument redonner du contenu, du souffle et des valeurs à la gauche : justice sociale, progrès, liberté, égalité, paix, coopération… Qu’est-ce que cela veut dire concrètement ? Comment faire la démonstration que nous pouvons faire autrement que ce que les libéraux opèrent depuis trente ans ? Il y a des expériences intéressantes, notamment dans les collectivités qui ont à leur tête un ou une élue communiste. 
Enfin, je crois que, pour rassembler, il ne faut surtout jamais en rabattre sur ses ambitions. Bien au contraire, c’est en mettant en débat du contenu, que l’on défend, que l’on suscite chez l’autre une envie de construire et d’agir ensemble. La question du rassemblement ne peut pas se construire uniquement sur une volonté d’unité, car elle ne serait alors que factice. Dans le même mouvement, élargissons le champ du rassemblement aux forces syndicales, associatives et citoyennes de notre pays. C’est un grand chantier, qui doit être mis en débat et en réflexion chez les communistes mais aussi dans l’ensemble de la société.

Vous estimez que le groupe CRCE est le seul groupe d'opposition à la politique du chef de l’État. Quel rôle souhaitez-vous jouer dans une haute assemblée dominée par les libéraux ?
La droite est ultra-majoritaire au Sénat. Elle se pose comme une force d’opposition à la politique du président de la République, mais en réalité l’une et l’autre sont d’accord sur le fond : réduire les déficits publics, diminuer le nombre de fonctionnaires, détricoter le modèle social français en s’attaquant par exemple au code du travail… Bref, ils ont un débat entre libéraux pour savoir s’il faut un peu plus ou un peu moins d’austérité. 
J’y vois déjà de nombreuses contradictions entre ce qu’ils portent comme conception de la société et ce qu’ils votent. Prenons le débat sur la sécurité. Tous insistent sur le fait qu’il y a trop de fonctionnaires, mais, dans le même mouvement, chacun comprend qu’il y a besoin de plus de policiers et de gendarmes pour assurer la sécurité dans nos territoires…
Nous sommes la seule force qui s’oppose radicalement à cette vision de la société. Non seulement nous nous dresserons contre toutes ces mesures antisociales, mais nous proposerons également un autre chemin. Un chemin où nous voulons mettre en œuvre une autre répartition des richesses, qui serve l’intérêt général, qui serve nos besoins communs.
Nous entendons généralement que c’est la crise financière qui cause et justifie l’austérité mais nous n’avons jamais produit autant de richesses en France. Le problème, c’est qu’elles sont concentrées dans les mains de quelques-uns qui sont de moins en moins nombreux mais de plus en plus riches, et que le fossé avec les plus pauvres se creuse de jour en jour.
Comment comprendre qu’en France – la 5e puissance mondiale – nous comptions 3,5 millions de mal-logés, 6 millions de chômeurs, 9 millions de pauvres, alors que, dans le même temps, nous apprend Le Figaro, des Français détiendraient 300 milliards d’euros dans les paradis fiscaux, dont la moitié seraient détenus par les 3 000 familles françaises les plus riches. C’est un stock de richesses off-shore évalué à 15 % du PIB !
Le problème se situe là. Imaginons un seul instant que nous en reprenions ne serait-ce que 10 %, ce qui équivaut à 30 milliards d’euros. Le budget de la France serait tout autre, et il nous serait possible d’investir pour l’éducation, la santé, les services publics de proximité, le logement social, l’industrie, la transition écologique, l’agriculture… Bref, pour notre humanité.

« Chacune et chacun va apporter sa pierre à l’édifice pour que notre travail collectif soit utile et efficace ici au Sénat mais également en dehors pour nos concitoyens. » Fabien Gay

Emmanuel Macron veut réduire le nombre de parlementaires. Quelle est votre position sur le sujet ?
Il y a un débat dans la société. Je crois que, sur cette question, les risques de populisme sont bien présents. Le fossé est grand entre les élus et la population, et le mandat de François Hollande l’a accentué. Personne n’a oublié les renoncements successifs qui ont conduit à une politique libérale dans la continuité des mandats précédents. Cela est mortifère pour la démocratie. 
En réalité, beaucoup d’élus travaillent pour l’intérêt général et y sacrifient du temps et leur vie familiale. Il faut donc que nous travaillions ensemble à réduire cette fracture entre les élus et la population : plus de transparence, plus d’intervention citoyenne dans les prises de décision, entre les différentes élections. Je suis contre la délégation de pouvoir qui consiste à confier un mandat à une personne sans qu’elle ait à rendre compte de son mandat à ses électeurs, à débattre et à agir avec eux. 
En ce qui concerne le nombre de parlementaires, pensons-nous vraiment que 925 parlementaires dans un pays de près de 67 millions d’habitants, c’est trop ? Neuf cent vingt-cinq personnes qui œuvrent à construire et à voter des lois, qui représentent les territoires et les citoyens, je ne pense pas que cela soit excessif. En revanche, il faut mettre en débat la question du cumul dans le temps et celle de l’introduction d’une dose de proportionnelle dans les élections législatives. 
Beaucoup de nos concitoyens ne se sentent pas représentés. Méfions-nous des raccourcis qui consistent à attaquer les parlementaires ou les élus, à formuler le reproche qu’ils sont trop nombreux ou coûtent trop cher ; si nous réduisions le nombre de parlementaires, c’est le pluralisme qui serait alors attaqué, et je ne suis pas sûr que cela aille dans le sens de l’objectif de plus de proximité entre les élus et les citoyens.
 

Propos recueillis par Léo Purguette

Entretien avec Fabien Gay, 33 ans, nouveau sénateur communiste de Seine St Denis: "proposer un autre chemin et s'opposer aux mesures antisociales" (Cause Commune)
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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 20:21
Jack Ralite en 2009 à Brest - photo Jean-Marc Nayet

Jack Ralite en 2009 à Brest - photo Jean-Marc Nayet

L'Humanité, 12 novembre 2017: 

L'ancien ministre communiste Jack Ralite est décédé à l'âge de 89 ans, a annoncé dimanche Meriem Derkaoui, maire de la ville d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) qu'il a dirigée de 1984 à 2003.

"C'est avec une grande tristesse et une profonde émotion que nous apprenons le décès à l'âge de 89 ans de Jack Ralite ce dimanche 12 novembre. Son état de faiblesse avait conduit à son hospitalisation il y a deux semaines", écrit la maire sur le site internet de la ville. M. Ralite fut notamment l'un des ministres communistes du gouvernement de Pierre Mauroy de 1981 à 1984.

Né le 14 mai 1928 à Chalons-sur-Marne (Marne), Jack Ralite avait adhéré au PCF en 1947. Journaliste à l'Humanité puis à L'Humanité-Dimanche, cet autodidacte passionné de culture est élu pour la première fois au conseil municipal d'Aubervilliers en 1959. Il devient ensuite premier adjoint au maire puis maire en 1984. En novembre 2002, il avait annoncé qu'il abandonnerait son mandat au printemps 2003 pour laisser la place à un maire plus jeune, restant alors conseiller municipal jusqu'en 2008.

Député de Seine-Saint-Denis de 1973 à 1981, Jack Ralite avait démissionné de son mandat parlementaire en juillet 1981 pour entrer dans les gouvernements Mauroy comme ministre de la Santé (1981-1983) puis comme ministre délégué chargé de l'Emploi (1983-1984). Depuis 1995 et jusqu'en 2011, Jack Ralite, conseiller régional d'Ile-de-France de 1986 à 1992, avait été sénateur de Seine-Saint-Denis.

Jack Ralite, spécialiste des questions culturelles au PCF, a été membre du comité central, puis national de 1979 à 2000. Ce passionné de culture, notamment de théâtre, a été administrateur du Théâtre national de la colline (TNC). Il a été également administrateur de l'établissement public de la Cité de la Musique (1996-2006).

Jack Ralite était aussi membre du Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées, du Conseil national de l'innovation pour la réussite scolaire, et du conseil politique de la fondation Agir contre l'exclusion, lancée par l'ancienne ministre socialiste Martine Aubry.

a réagi sur Twitter la sénatrice CRC de Seine-Saint-Denis Eliane Assassi.

"Tristesse et émotion à l'annonce du décès de J.Ralite. (...) Il était passionnément engagé pour la culture, exigeante et populaire. Attaché à la Gauche rassemblée, il défendait la banlieue avec sensibilité", a réagi Stéphane Troussel, président du département de la Seine-Saint-Denis.

A Aubervilliers, dès ce dimanche, "les drapeaux seront mis en berne et un hommage lui sera rendu dans les prochains jours", a précisé Mme Derkaoui.

Anicet Le Pors à Jack Ralite
DIMANCHE, 12 NOVEMBRE, 2017

La tristesse du départ de Jack ne saurait dépasser le sentiment qu’une vie flamboyante vient d’achever sa trace dans notre époque.

La trace de Jack c’est celle d’un homme du peuple qui aura témoigné des plus beaux sentiments. Un ami commun  m’avait dit un jour : « quand il parle des fleurs s’envolent de sa bouche ».

Chacun connaît l’homme de culture, mais ce n’était pas seulement celle d’un érudit des plus grands auteurs, des plus hautes créations de l’esprit, c’était aussi le grand frère des artistes et des femmes et des hommes de la pensée militante en même temps que rationnelle et romanesque.

Nous avons vécu ensemble l’avènement de la gauche au pouvoir au cours des années 1970 et notre entrée au gouvernement en 1981 avec Marcel Rigout et Charles Fiterman. Cette expérience a renforcé une amitié demeurée vivace, jusqu’aux plus simples attentions : l’appel de Jack tous les 1er janvier dans l’après midi pour nous souhaiter une bonne année. Je disais à Jack, il y a peu, que je m’étonnais qu’il ait si peu écrit sur son combat pour la culture et sur les multiples facettes de sa vie.

Il m’avait répondu qu’il en était bien conscient mais que la masse de ses activités ne lui en avait pas laissé le temps. Il disait « Ma vie me brule le temps ». Il avait cependant décidé de s’atteler à ce travail  dont il me disait qui était déjà bien avancé et qu’il pensait pouvoir achever d’ici six mois.

Comme tout au long de sa vie sans doute, le temps lui aura manqué pour accomplir l’immensité de ses projets et de ses rêves. Assurément Ils resteront dans les nôtres.

Le message de Mériem Derkaoui, maire d'Aubervilliers

C’est avec une grande tristesse et une profonde émotion que nous apprenons le décès à l’âge de 89 ans de Jack Ralite ce dimanche 12 novembre.

Son état de faiblesse avait conduit à son hospitalisation il y a deux semaines.

Mes premières pensées vont à ses enfants Sophie, Pascal, Daniel et Denis, à son gendre Pascal Beaudet, à sa famille et ses proches qui l’ont côtoyé tout au long de sa vie.

Ministre de la santé de 1981 à 1983 puis Ministre délégué à l’Emploi de 1983 à 1984,  il fut également député et sénateur de la Seine-Saint-Denis.

Aujourd’hui, Aubervilliers une ville « rude et tendre » comme il aimait la qualifier, perd un grand homme. Il en a été le maire de 1984 à 2003 et il y aura vécu jusqu’à la fin de sa vie.

À jamais, Jack Ralite aura marqué Aubervilliers de son empreinte.

Connu pour avoir promu inlassablement la culture, il a fait de celle-ci un outil d’émancipation humaine qui participe au rayonnement de la banlieue.

L’homme ne manquait ni d’idées ni d’énergie, c’était un infatigable militant politique.  Son autorité morale et son intransigeance quant au respect de l’égalité et de la dignité humaine forçaient le respect et l’admiration. Jack Ralite va manquer à Aubervilliers, au monde de la culture et à la pensée en général.

Dès aujourd'hui, les drapeaux de la mairie sont mis en berne et un hommage lui sera rendu dans les prochains jours.

Mériem Derkaoui

Maire d'Aubervilliers

 

Charles Silvestre, Vice-président des Amis de l’Humanité
Jack et Edmonde : chapeau les artistes ! Jack Ralite était à lui tout seul, et sans forfanterie, un rendez-vous des amis de l’humanité. Pas étonnant que les Amis de l’Humanité, avec un grand A et un grand H,  l’aient retrouvé à tous les tournants d’un parcours des vingt dernières années selon cette forte définition de l’artiste franco-américain Robert Filliou : « l’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ».
Toujours là. Toujours à l’écoute. Toujours prêt à dire. Parce qu’il faut aussi dire. Dire à chacun et dire à tous. A chacun, ne serait-ce qu’au téléphone, dans l’intimité de l’aube naissante, dire à tous sous un chapiteau en plein vent et sous la trombe d’eau à la fête de l’Humanité.
C’est là que la Résistance connut un retour de flamme. Sur la même scène, dans une totale complicité : une dame qui, à vingt ans, transportait clandestinement, à Marseille, des armes à la barbe de l’occupant ; un monsieur se souvenant de ses quatorze ans où, écolier, avec sa classe, il se dressa contre l’arrestation de son maître. Fiers de s’être insurgés, fiers d’être toujours là ensemble. C’étaient Edmonde Charles-Roux, disparue l’an dernier et Jack Ralite, parti ce dimanche de novembre. Ils n’ont raté, ni leur entrée dans la vie, ni leur sortie. Chapeau les artistes !

 

Pierre Musso, Philosophe.

Quelle immense tristesse, quel triste dimanche de novembre, notre ami Jack, est parti rejoindre ses amis Vitez et Vilar, Ferrat et Aragon et tous les grands aux cieux de la culture et de la création, eux qui l’avaient tant inspiré et qu’il aimait tant citer. Jack ce fut notamment le fondateur et l’animateur des Etats Généraux de la Culture lancés il y a tout juste 30 ans pour dire que « la culture se porte bien pourvu qu’on la sauve ». Triste anniversaire ! Il nous laisse en héritage son  combat inlassable en faveur de « l’élitisme pour tous » inauguré par Diderot et pour que « le peuple n’abandonne jamais son imaginaire au monde des affaires ». La création fut toujours son étoile et reste la nôtre. Salut l’ami !

Photo Ouest-France

Photo Ouest-France

Article du Ouest-France, 27 septembre 2013 à l'occasion d'une venue de Jack Ralite dans le Finistère :

 

https://www.ouest-france.fr/le-combat-de-jack-ralite-pour-la-culture-307697

Jack Ralite a été ministre de la Santé puis de l'Emploi dans les gouvernements Mauroy, de 1981 à 1984. Mais le sénateur communiste est avant tout un spécialiste de la culture. Journaliste à L'Humanité, il fut d'ailleurs responsable de la rubrique culture.

Samedi, matin, au centre d'art Passerelle, ils étaient plus de 300 à être venus l'écouter. À 80 ans, l'homme parle toujours avec fougue de son combat pour la culture. L'argumentaire s'appuie constamment sur les écrivains et surtout les poètes. Il cite Aragon, souvent, Jean Vilar, «  mes pilotis, car pour faire une maison, il faut des pilotis ».

Sur la table devant lui, des chemises bourrées de feuillets. Jack Ralite sait l'importance de l'écrit, des mots justes. Il dénonce « une offensive contre la langue, un crime contre la pensée. Pour avoir l'air moderne, on invente des mots, comme gouvernance pour gouvernement. C'est un trafic de la langue ».

Il parle de l'audience, « une vraie question qu'il ne faut pas éluder ». Il discourt longuement sur les rapports entre le politique et le culturel. « La différence entre un politique et un artiste, c'est que le second n'a pas besoin de majorité ! » Il s'emporte contre le contrôle sur la culture au nom de l'utilité : « Comment peut-on savoir que l'inconnu est utile. On a besoin d'inconnu. »

Il s'indigne d'apprendre que le théâtre de Morlaix aura 40 % de subvention en moins : « On va vers la survie, puis la mort. » Il dénonce la tendance à tout mesurer à l'aune de la finance : « On veut que chaque équipement devienne une entreprise. »

Sa longue vie lui permet de dresser un constat peu rassurant : « La culture populaire en a pris un coup. Et la culture élitaire aussi. »

À propos du travail et de la culture, il constate : « D'un côté, il y a Sarkozy et son stakhanovisme. De l'autre, il n'y a rien. La Gauche a oublié de parler du travail ! »

Le vieux militant émeut son auditoire lorsqu'il évoque l'éveil à la culture. « Il n'y a pas d'autoroute pour aller à la création. Il n'y a que des venelles. »

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 19:36
Forum européen de Marseille: le rendez-vous des gauches européennes organisé par le PCF
Forum européen de Marseille: le rendez-vous des gauches européennes organisé par le PCF

Deuxième dépêche AFP sur le Forum européen de #Marseille 
"Après le forum de Marseille, les gauches européennes se donnent rendez-vous en 2018" Marseille,

FRANCE | AFP | 12/11/2017

Plusieurs partis européens de gauche réunis à Marseille vendredi et
samedi ont conclu à la nécessité de se rassembler de manière
permanente, sur le modèle du Forum de Sao Paulo, et ont décidé de se
retrouver en 2018.
"L'idée est de développer un espace pour le débat, la coopération et
la coordination parmi les diverses forces qui croient en un besoin
urgent de travailler des objectifs communs et de conduire des campagnes
publiques sur des problématiques-clés pour les Européens", selon la
déclaration finale adoptée par le Forum.
"Dans ce sens, nous nous inspirons du Forum de Sao Paulo. Nous nous
engageons dès lors à organiser un deuxième Forum européen des partis
de gauche, écologistes et progressistes, qui se tiendra en 2018".
Les gauches européennes veulent "approfondir le travail réalisé cette
année et atteindre une participation plus large".
Le Forum de Marseille a rassemblé quelque 400 participants - membres de
partis politiques, d'associations ou de syndicats à l'appel du parti de
gauche européen.
Côté français, si des membres du PCF, du Parti de Gauche, d'EELV, du
PS ou du mouvement de Benoît Hamon étaient attendus, le chef de file
de la France Insoumise et député des Bouches-du-Rhône Jean-Luc
Mélenchon n'était pas présent.
Né en 1990, le Forum de Sao Paulo réunit des centaines d'organisations
de gauche, principalement latino-américaines.

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 19:17
Jack Ralite en 2009 à Brest- photo Jean-Marc Nayet

Jack Ralite en 2009 à Brest- photo Jean-Marc Nayet

Jack Ralite : un homme libre, un homme sans frontières, qui ne se laissait dicter sa pensée par personne. 

"Chacun est un être singulier, le rêve c'est que ce singulier soit  imbibé du collectif, ce collectif étant lui-même imbibé de tous les  singuliers". 
Jack Ralite 

La disparition de Jack Ralite est un choc, même si nous nous étions préparés à cette issue depuis plusieurs jours. Nous perdons un communiste et un homme politique d'envergure, un des meilleurs défenseurs de la culture, un homme qui a exercé les plus hautes  responsabilités au niveau de l'État, de son parti, le PCF, de sa ville, Aubervilliers. Jack Ralite,  a été un des dirigeants communistes les plus  respectés : bien sûr dans son Parti, auquel il est resté fidèle toute  sa vie,  dans toute la Gauche et chez les écologistes mais aussi à  droite. Dans tous les lieux où il a exercé sa présence, il a fait  partager ses idées. Ce fut le cas au gouvernement Mauroy, à l'assemblée nationale, à la Région Île de France, au Sénat – ou à Aubervilliers dont  il fut le maire, et aussi chez les créateurs, qu'ils soient écrivains, acteurs, metteurs en scène, cinéastes, philosophes, sociologues, ou médecins, chercheurs... 

Jack était un homme libre, un homme sans frontières, qui ne se laissait dicter sa pensée par personne. 

Jack Ralite était considéré comme l'ami des gens de culture et considéré  par eux comme l'un des leurs. Avec « les états généraux de la culture » qu'il a fondés, il a combattu pour l'exception culturelle, les droits d'auteurs, .. . . 

Comme beaucoup, j'ai toujours été frappé par sa culture, son amour des  mots, sa passion pour chercher le nouveau, mettre à jour les absurdités de ce monde. A chaque fois que je le croisais, il conseillait une lecture, une pièce de théâtre. Tel l'abeille il aimait butiner d'une œuvre à une autre, écrivant sur des bouts de papiers une pensée, une citation, une question..  Travailleur infatigable, Jack Ralite lit et relit des passages entiers de Saint-John Perse, de Bernard Noël, de  Julien Gracq, de René Char, de Mahmoud Darwich, de Neruda et d'Aragon,... C'est dans ces moments-là que se passe l'indispensable rencontre entre le politique et le poétique. De cette rencontre avec des œuvres, des  auteurs     naissait sa pensée, pleine de fulgurances, ouvrant des chemins encore en jachère alimentant sans cesse notre propre réflexion sur l'art et la politique, la liberté du créateur, le théâtre, la beauté des choses. 

Il a été de tous les combats pour la liberté de création en France comme dans le monde. 

Encore aujourd'hui, il m'arrive de relire ses interventions au Sénat. Orateur hors pairs, il mettait par sa verve, ses arguments et par toujours quelques citations bien choisies, le public et ses adversaires  politiques dans la poche. Il les subjuguait.  Parce qu'il mettait sa culture, la culture au service des gens, de sa propre pensée. 

Dans un de ses derniers textes paru le 1er mars 2017 dans son journal l’Humanité, il écrivait avec 
Meriem Derkaoui, maire d'Aubervilliers, Lucien Marest ancien responsable du secteur Culture du PCF,  : 

« les œuvres sont intransigeantes et ce qui peut aussi améliorer leur  appropriation par le plus grand nombre, c'est d'abord le recul des inégalités sociales et ­territoriales qui ont tendance à ­exploser en  ces temps où la précarité, le chômage de masse, les bas salaires, le culte de la violence, l'idéologie ­asservissante du divertissement rendent difficile et quelquefois impossible une nouvelle rencontre 
entre le peuple et la culture. » 

  Cela « résume » pour moi, l'action de  Jack Ralite. 

Il aimait sa ville, Aubervilliers. Et les habitant.e.s le lui rendaient  bien. Il voulait le meilleur pour les habitant.e.s . Il a été un des artisans de la décentralisation culturelle. Il est à l'initiative de la  création à Aubervilliers du premier centre dramatique national de la décentralisation ouvert,  le théâtre de la Commune, dirigé par Gabriel Garran. 

Les habitant.e.s, il les considérait comme des « experts du quotidien ». Parce qu'ils étaient des experts , il fallait écouter, entendre leurs détresses, leurs souffrances, mais aussi leurs espoirs, 
leurs revendications. Il les portait avec fidélité dans chaque hémicycle, chaque tribune où il pouvait se faire entendre. Son combat contre les injustices, contre les inégalités nous les faisons nôtres. 

Nous faisons nôtre cette conviction que le système capitaliste a fait son temps, et qu'il y a besoin d'inventer, de créer un nouveau monde qui respecte chaque être vivant. 

Jack était un passeur, un passeur d'idées, un passeur d'actions, un passeur de mots. Nous prenons avec fierté le passage de témoin qu'il nous a transmis. 

Dans sa ville, il a su passer le relais à Pascal Beaudet, et à Meriem Derkaoui qui à leur façon poursuivent son action. 

Aux habitant.e.s d'Aubervilliers, à sa maire et ses élu.e.s, aux  artistes, aux femmes et hommes de culture, aux communistes, à ses proches, à ses ami.e.s, à sa famille, à Denis, Sophie, Pascal et leur 
maman Monique, je présente toutes mes condoléances, et celles du PCF, toute mon amitié, et ma solidarité. 


Pierre Laurent 
secrétaire national du PCF 


Paris, 12 novembre 2017

-- 
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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 07:32
Pierre Laurent

Pierre Laurent

 

Pierre Laurent : « La France est un pays profondément marqué par l’idée révolutionnaire »
Pierre Laurent est Secrétaire national du Parti communiste français (PCF).

Propos recueillis par Louise Gaxie.

Que représente pour vous le mot révolution ?

À mon sens, le mot révolution représente deux choses en ce moment. D’abord, une époque. Nous vivons un temps de révolutions : dans le travail, dans la mondialisation, mais aussi la révolution numérique, la révolution démographique.

Ensuite, une nécessité : celle de révolutionner les rapports sociaux pour rendre à tous le pouvoir de décider ce que l’on peut faire de toutes ces révolutions pour servir un nouveau progrès humain et protéger la planète.

Cette révolution des rapports sociaux est en gestation dans les bouleversements en cours, mais elle ne se déduit pas de ces changements profonds. Une conscience politique de la nécessité de révolutionner les rapports sociaux est indispensable. Elle est à construire.

Quelle(s) expérience(s) révolutionnaire(s) vous paraît (paraissent) particulièrement riche(s) d’enseignements ?

Je reste profondément inspiré par la Révolution française qui est un moment d’accélération et de transformation fondamentale des rapports sociaux. Ce qui me frappe, c’est la longueur du processus. Il ne se réduit pas aux quelques années de la Révolution. Il se déploie du siècle des Lumières à l’avènement de la République, jusqu’à l’adoption de la loi sur la laïcité qui impose définitivement, dans les principes fondamentaux de la République, la devise française : Liberté, Égalité et Fraternité. La Révolution française nous dit une chose importante : la révolution est un processus historique de longue portée et pas seulement un moment d’accélération politique.

Mais il y a bien d’autres exemples à citer. 1848, la Commune, 1917, la longue marche en Chine…, sont des révolutions qui tentent de faire triompher l’appropriation sociale des travailleurs dans le monde capitaliste. Ce sont évidemment des expériences fondamentales. Si elles ont permis des changements majeurs, force est de constater qu’elles n’ont pas fait aboutir ce processus. Elles doivent nous inspirer aujourd’hui, à condition d’être conscients que nous avons à réinventer, dans les conditions du XXIe siècle, le processus nécessaire d’appropriation sociale des pouvoirs. À notre époque, il ne pourra se conduire qu’en intégrant pleinement, à toutes les échelles, le caractère fondamental de la démocratie et la dimension mondiale de ce combat.

Le concept de révolution est-il toujours actuel selon vous ?

Je crois qu’il y a une très grande actualité à l’idée de la révolution. Le XXIe siècle est le siècle qui, le premier, va se confronter, à l’échelle de la planète tout entière, à la question du post-capitalisme. Le système capitaliste s’est mondialisé et a acquis, à la fin du XXe siècle, une hégémonie politique provisoire après la disparition de l’Union soviétique. Mais l’on sent bien qu’il se montre de plus en plus incapable de répondre aux nombreux défis contemporains, qu’il s’agisse de la justice et de l’égalité dans la mondialisation, des enjeux écologiques, de la nécessité d’un usage collaboratif du numérique ou encore d’un travail où les salariés ne sont pas déqualifiés, mais de plus en plus formés grâce au progrès de l’éducation. Quels que soient ces défis, le système capitaliste mondialisé n’est plus capable de porter les promesses d’épanouissement et d’émancipation humaine qu’ils ont en eux. Le monde craque, il souffre. Il est entravé dans ses développements, par les logiques court-termistes de la rentabilité et par l’exacerbation de la concurrence alors qu’il faudrait développer la coopération et le partage. Ce système est profondément dépassé.

La révolution qui consistera à libérer la société de ces entraves est vraiment à l’ordre du jour du XXIe siècle. Cela ne veut pas dire qu’elle adviendra. Nous sommes probablement à une époque où, si ce bouleversement des rapports sociaux ne se produisait pas, nous pourrions au contraire aller vers un monde de plus en plus brutal, violent et inégalitaire, un monde où la domination des puissances multinationales risquerait de devenir extrêmement présente dans nos vies quotidiennes et dans le contrôle de nos libertés. Une révolution nouvelle des rapports sociaux est donc d’une actualité totale.

Comment pourrait-on révolutionner la société aujourd’hui ?

En poussant, dans la société, tous les mouvements d’émancipation qui sont déjà présents. Les évolutions du travail le poussent à devenir de plus en plus collaboratif si l’on veut bénéficier de manière intelligente de toutes les capacités productives nouvelles des travailleurs, de leur niveau de formation, de leur capacité d’intervention. Il faut donc promouvoir les usages collaboratifs et d’appropriation sociale du travail. Il faut faire reculer la confiscation grandissante de la création de richesses par des puissances économiques et politiques de plus en plus fortes. Ces puissances sont de plus en plus anachroniques. Elles conduisent à un monde aberrant : nous n’avons jamais eu autant de richesses pour résoudre les problèmes de l’humanité et, pourtant, les inégalités n’ont jamais été aussi vertigineuses. Nous devons faire reculer l’appropriation privée de plus en plus en spectaculairement confiscatoire des richesses créées par le travail au profit du plus grand nombre. C’est possible dans bien des domaines.

Nous vivons une époque où l’individualité s’affirme avec force. Elle peut prendre le chemin d’une mise en concurrence exacerbée des individus ou celle d’un potentiel très fort d’émancipation humaine, individuelle et collective. C’est très frappant pour moi avec la question des droits des femmes : la conquête d’une égalité pleine et entière des femmes et des hommes est probablement l’un des chemins les plus puissants de la révolution possible des rapports sociaux au XXIesiècle.

Faire la révolution aujourd’hui, c’est donc prendre conscience des immenses possibilités de libération des individus, des populations et pousser en avant tous les potentiels émancipateurs dans la société, dans le travail, dans l’affirmation des femmes et des hommes, dans le recul des processus de confiscation des richesses, dans la démocratie. La révolution du XXIe siècle s’annonce donc comme un processus de long terme qui se développera probablement de manière inégale et diverse à l’échelle de la planète, mais avec des dimensions internationalistes et mondiales de plus en plus fortes. En effet, quelle que soit la poussée révolutionnaire, émancipatrice ou démocratique, elle a besoin du soutien international pour tenir dans la durée. Sinon, les logiques de la mondialisation et la puissance de concentration du capital financier deviendraient des obstacles difficilement surmontables. Il y a également des sujets comme la question écologique, le féminisme ou encore la lutte contre le pouvoir des transnationales qui vont cristalliser une prise de conscience mondiale. C’est la conjugaison de tous ces mouvements et de notre capacité à leur donner du sens dans la durée qui fera ou non un processus révolutionnaire.

Quelle est la question non posée à laquelle vous auriez aimé répondre ?

Pourquoi l’idée de révolution reste-t-elle aussi forte en France ? Je crois que la France est un pays profondément marqué par cette idée, pas seulement à cause de la Révolution française. Sans en avoir suffisamment conscience, notre pays a poussé, à plusieurs moments de son histoire, des transformations de nature révolutionnaire. C’est le cas de la Sécurité sociale. Il s’agit d’un modèle d’appropriation sociale de la richesse créée par le travail profondément révolutionnaire. C’est pour cette raison que cette conception reste l’enjeu d’un affrontement capital/travail qui n’a, en vérité, jamais cessé depuis sa création. Il en va de même avec l’invention des congés payés par le Front populaire. L’idée d’un temps émancipé de l’aliénation du travail est une idée fondamentalement révolutionnaire.

Notre pays n’a donc cessé de travailler des idées révolutionnaires et les racines de cette tradition française sont profondes. Ce mot a d’ailleurs une connotation positive et ce n’est pas un hasard si Macron a appelé son livre Révolution. Sans vision ethnocentriste, je pense que les conditions existent pour que la France puisse jouer un rôle très important dans l’accélération des mouvements révolutionnaires du XXIe siècle.

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3 novembre 2017 5 03 /11 /novembre /2017 08:34
Samedi 4 novembre, 14h30: les nouveaux adhérents communistes du Finistère conviés à une réunion d'échange sur le thème de "Pourquoi s'engager au PCF?"

Dans le cadre de la préparation du Congrès Extraordinaire, de l'accueil des nouveaux adhérents: 

Le Samedi 4 novembre 2017, de 14h30 à 17h30

au local de la Fédération du Parti Communiste Français du Finistère à Brest, rue André Berger et rue Henri Moreau (deux jeunes résistants communistes brestois abattus par l'armée allemande en septembre 1943 au Mont Valérien) 

Les 90 nouveaux adhérents de la Fédération du Finistère du Parti Communiste qui nous ont rejoint depuis 2015 (sur un total de 850 adhérents, soit plus de 10% de renouvellement de nos adhérents en 3 ans)

Sont invités à se retrouver et à débattre avec des membres de la direction départementale sur le thème: 

Pourquoi adhérer au Parti Communiste? 

Qu'est-ce qui nous y conduit? Quels parcours de vie, quelles expériences, quelles valeurs? A partir de quels itinéraires d'engagement préalables? 

Que veut-on y faire? Qu'est-ce qu'on veut et peut apporter en tant qu'adhérent? 

Qu'attend t-on du PCF? Comment veut-on le faire et le voir évoluer? 

Cette réunion de discussion qui donnera la parole à toutes et tous sera suivie d'un pot convivial où nous ferons le point sur les propositions de formation militante et sur les suggestions possibles des nouveaux adhérents.    

 

Samedi 4 novembre, 14h30: les nouveaux adhérents communistes du Finistère conviés à une réunion d'échange sur le thème de "Pourquoi s'engager au PCF?"
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3 novembre 2017 5 03 /11 /novembre /2017 08:18
L'appel du chef d'oeuvre...

L'appel du chef d'oeuvre...

Expo Picasso à Landerneau: un grand moment d'éducation populaire avec le critique d'art Renaud Faroux pour les adhérents communistes à la clôture de l'exposition le 1er novembre 2017
Expo Picasso à Landerneau: un grand moment d'éducation populaire avec le critique d'art Renaud Faroux pour les adhérents communistes à la clôture de l'exposition le 1er novembre 2017
Landerneau 1er novembre: l'attente avant l'ouverture des Capucins pour la dernier jour de l'exposition Picasso. 60 adhérents et sympathisants du PCF avaient fait le déplacement pour participer à deux visites guidées, certains venant même d'Ille-et-Vilaine et du Morbihan.

Landerneau 1er novembre: l'attente avant l'ouverture des Capucins pour la dernier jour de l'exposition Picasso. 60 adhérents et sympathisants du PCF avaient fait le déplacement pour participer à deux visites guidées, certains venant même d'Ille-et-Vilaine et du Morbihan.

Expo Picasso à Landerneau: un grand moment d'éducation populaire avec le critique d'art Renaud Faroux pour les adhérents communistes à la clôture de l'exposition le 1er novembre 2017
Renaud Faroux, critique d'art, participant à la visite guidée avec les adhérents du PCF, avant de faire sa conférence à la salle Toul an Gok, ici avec Erwan Rivoalan

Renaud Faroux, critique d'art, participant à la visite guidée avec les adhérents du PCF, avant de faire sa conférence à la salle Toul an Gok, ici avec Erwan Rivoalan

Une visite guidée de grande qualité pour les adhérents du PCF lors du dernier jour de l'exposition Picasso aux Capucins. Il y avait foule, et on ne s'est attardé que sur quelques tableaux, mais cela permis de mesurer les évolutions et ruptures de l'art de Picasso, et son génie protéiforme.

Une visite guidée de grande qualité pour les adhérents du PCF lors du dernier jour de l'exposition Picasso aux Capucins. Il y avait foule, et on ne s'est attardé que sur quelques tableaux, mais cela permis de mesurer les évolutions et ruptures de l'art de Picasso, et son génie protéiforme.

Expo Picasso à Landerneau: un grand moment d'éducation populaire avec le critique d'art Renaud Faroux pour les adhérents communistes à la clôture de l'exposition le 1er novembre 2017
Expo Picasso à Landerneau: un grand moment d'éducation populaire avec le critique d'art Renaud Faroux pour les adhérents communistes à la clôture de l'exposition le 1er novembre 2017
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Expo Picasso à Landerneau: un grand moment d'éducation populaire avec le critique d'art Renaud Faroux pour les adhérents communistes à la clôture de l'exposition le 1er novembre 2017
Expo Picasso à Landerneau: un grand moment d'éducation populaire avec le critique d'art Renaud Faroux pour les adhérents communistes à la clôture de l'exposition le 1er novembre 2017

Nous avons vécu un moment très rare et précieux ce mercredi 1er novembre, d'abord lors des deux visites guidées de très bonne qualité avec les guides-conférenciers des Capucins organisées à l'exposition Picasso pour les 60 adhérents du PCF présents, ensuite avec la conférence lumineuse et passionnante sur des grands moments de l'évolution artistique de Pablo Picasso du critique et historien d'art Renaud Faroux, entre 12h et 13h30, à la salle Toul an Gok de Landerneau.

Le rendez-vous est déjà pris pour renouveler des initiatives d'éducation populaire et artistique semblable, sans doute avec Renaud Faroux une nouvelle fois pour la prochaine exposition du fonds Edouard Leclerc. 

 

Expo Picasso à Landerneau: un grand moment d'éducation populaire avec le critique d'art Renaud Faroux pour les adhérents communistes à la clôture de l'exposition le 1er novembre 2017
Expo Picasso à Landerneau: un grand moment d'éducation populaire avec le critique d'art Renaud Faroux pour les adhérents communistes à la clôture de l'exposition le 1er novembre 2017
Expo Picasso à Landerneau: un grand moment d'éducation populaire avec le critique d'art Renaud Faroux pour les adhérents communistes à la clôture de l'exposition le 1er novembre 2017
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Avec la délégation morbihanaise

Avec la délégation morbihanaise

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