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11 juin 2022 6 11 /06 /juin /2022 05:47

 

En 2022, la Fête de l'Humanité change de site, et s'installera sur l'ancienne base aérienne 217 du Plessis-Pâté, en plein cœur de l'Essonne. C'est une nouvelle Fête de l'Humanité, repensée et complètement inédite que vous aurez l'occasion de découvrir les 9, 10 et 11 septembre prochains !

 

Quelle est la programmation de la Fête de l'Humanité 2022 ?

Comme chaque année, la Fête accueillera des artistes de tous les horizons musicaux. Les premiers noms annoncés sont :

> Les Dutronc&Dutronc, père et fils, deux monstres sacrés de la chanson française,

> Et une autre légende : Benjamin Biolay,

> Le groupe de hip-hop Sexion d’Assaut, qui se reforme cette année avec notamment Gims, Black M et Lefa,

> Un des meilleurs DJ de sa génération, Kungs,

> L’artiste engagée Camélia Jordana,

> L'électro douce de l'Impératrice,

> Kimberose, nouvelle reine de la soul,

> Le chanteur Christophe Maé,

> L’auteur-compositeur Gauvain Sers,

> Ibeyi, duo franco-cubain,

> Les poètes modernes Odezenne,

> Mais aussi Rosinia, la chanteuse originaire de Grigny, Soviet Suprem, Ladaniva, Deluxe, les Wampas, Catastrophe, Bagarre Club... Et encore plein d'autres artistes à venir !

 

Depuis quand la Fête de l'Humanité existe-t-elle ?

Elle a été créée en 1930 par Marcel Cachin (directeur de l'Humanité de 1918 à 1958), qui souhaite en faire un événement populaire. Il reprend une idée ancienne, proposée par le député Marcel Sembat en 1913.

Le seconde Fête de l'Humanité a eu lieu en 1931 à Athis-Mons (aujourd'hui en Essonne) où, pour la première fois, des concerts radiophoniques sont retransmis par haut-parleurs.

Interrompue pendant la guerre, de 1939 à 1944, la tradition de la Fête de l’Huma reprend à la Libération : elle réunit un million de personnes en 1945, au bois de Vincennes à Paris.

La Fête de l'Humanité est depuis organisée tous les ans par le journal l'Humanité au cours du second week-end de septembre.

Évènement politique et multiculturel, elle est un lieu de rassemblement, de discussions et d'échanges autour des valeurs de solidarité, d'ouverture d'esprit, de partage et de paix.

La Fête de l'Humanité a été le premier évènements populaire français à avoir organisé de grands concerts internationaux en plein air (Pink Floyd en 1970, Joan Baez en 1971, The Who en 1972, Chuck Berry en 1973...).

La place de la musique, et plus généralement de la culture, y est aujourd'hui prépondérante avec plus de 50 concerts, mais aussi la présence d'un village du Livre, de nombreux spectacles d'arts vivants, de projections cinématographique, d'expositions artistiques mais également de plus d'une centaine de débats, tables rondes et conférences.

Avec environ 500 000 participants chaque année, c'est le plus grand évènement culturel de France.

 

 

Où acheter ses billets pour la Fête de l'Humanité 2022 ?

Des Pass 3 Jours et Billets Nuit, pass enfants et ados, possibilité d'achat avec l'application Pass culture, tarif spécial dédié aux comités d'entreprise sont disponibles à l'achat par internet (https://fetehumanite.seetickets.com/content/billetterie) 

Mais, le PCF Morlaix peut bous proposer des bons de soutien à 35 € donnant l'entrée sur la Fête pour les 3 jours. Contacter nous à pcf-morlaix@wanadoo.fr 

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8 juin 2022 3 08 /06 /juin /2022 05:57

 

Une inflation qui n’est pas transitoire et exige de commencer à changer de logique

E. Macron, E. Borne, leurs ministres et les médias dominants prétendent que l’inflation et l’énorme souffrance du pouvoir d’achat est un problème transitoire qu’il suffit de régler avec quelques rustines et « chèques cadeaux » que, soit dit en passant, il fera payer couches moyennes salariées.

 

Au contraire, le pouvoir d’achat est une question politique qui nécessite de changer de logique par des mesures immédiates, mais ouvrant vers un changement de système. Au cœur de celles-ci, la question des salaires et de l’emploi, et donc des entreprises qu’on abreuve d’aides publiques en leur laissant « toute liberté ».  Mais c’est aussi la question des services publics et des revenus de « remplacement » écrasés (retraites, minimas sociaux, allocations formation) car les entreprises refusent de les financer, d’embaucher  et de payer correctement. Il faut s’opposer au capital en agissant sur les gestions des entreprises qu’il domine. On peut l’engager immédiatement.

 

 

Un pouvoir d’achat mis en cause par l’inflation et par des revenus insuffisants

Le pouvoir d’achat est attaqué à deux bouts : (1) la hausse des prix s’emballe et atteint des taux jamais vus depuis des décennies, (2) les revenus sont  attaqués par le blocage salarial engagé depuis longtemps, par le mitage de l’emploi (chômage, précarité) et des dépenses sociales.

 

Le prix du carburant atteint des sommets, ainsi que celui de l’électricité (+28 %, en moyenne pour l’énergie à la consommation), certains produits alimentaires aussi  (jusqu’à +40 % pour les pâtes), mais aussi pour les entreprises celui de l’électricité industrielle (+50 %) ou du lithium (multiplié par 5 en un an ! ) ou du cuivre.  En un mois, quatre pleins d’essence, une facture d’électricité, de gaz et un loyer, un smic est quasiment absorbé.

 

Plus généralement, la hausse de l’ensemble des prix à la consommation (inflation) accélère et dépasse 5 % en France (5,2 %), 8,7 % en Allemagne, au-dessus de 8 % aux Etats-Unis (pourrait atteindre les 10 %), élevée dans les pays émergents et du sud (et même 70 % en Turquie).  Les prix industriels inter-entreprises ont augmenté de 30 % en un an (énergie : +60 %).

 

Au total, l’inflation attaque le pouvoir d’achat car les salaires et les revenus de remplacement (retraites, minimas sociaux…) progressent moins vite que les prix des biens (dont le carburant), des services (dont le logement et l’énergie).  En outre, une part importante de la consommation échappe de plus en plus aux services publics gratuits (santé, éducation) ou bon marché (SNCF, EDF).

 

Une inflation du capital et de l’insuffisance de développement humain et écologique

 

Cette inflation est une inflation du capital, des profits et de l’insuffisance de développement des capacités humaines (emploi, services publics) et écologiques : (1) la valeur du capital est hyper-gonflée financièrement (+60 % en 2 ans) et il est sur-accumulé (2) pour maintenir son taux de profit, il demande donc plus de profit, en augmentant ses marges (3) en spéculant

(4) l’insuffisance de la production (PIB) devient patente face à l’énormité de la masse de monnaie qui a été créée, cette production insuffisante est liée à l’insuffisance criante d’embauches et d’emploi et aux pénuries de certains composants, (5) elle se conjugue avec l’insuffisance des services publics (6) tandis que la production est plus que jamais consommatrice de matières premières (lithium, cuivre, hydrocarbures, …).

 

Une exaspération de la crise

Après une longue période d’inflation financière (capital, immobilier) depuis le milieu des années 1980, mais dont l’effet sur les prix a été masqué par la déflation salariale et sociale, on a une sorte d’emballement structurel des prix. On ne renoue pas avec l’inflation des années 1970.  L’emballement est d’une nouvelle nature, car l’insuffisance de développement humain et écologique s’exaspère, ainsi que les limites de la globalisation néolibérale, tandis que le gonflement du capital par toutes sortes d’aides et par la spéculation financière atteint des niveaux inouïs.  Cela fait exploser les prix.  S’y concentrent l’ensemble des maux systémiques de la crise, d’autant plus que les salaires et revenus de remplacement ne suivent pas. La réponse à la pandémie et à la crise a considérablement élargi le déséquilibre entre l'excès d'offre de monnaie soutenue par les banques centrales et l'inefficacité sociale de l'offre de biens et services utiles engendrée par l'obsession de rentabilité financière déchaînée par le choc pandémique. La course des multinationales pour financer leur R&D par des marges accrues de profits, la R&D pour des sauts technologiques dans plusieurs secteurs (aéronautique, automobile, semi-conducteurs, IA, etc.), vient encore envenimer les choses.

 

 

 

 

Causes (résumé)
 
  • Déclenchement de l’inflation
    •  
    • Sortie des confinements : chaînes mondiales d’activités désorganisées + production insuffisante car on n’embauche pas et on ne forme pas assez
    • Spéculation sur les matières premières (pétrole, gaz, lithium, cuivre) et alimentaires (démultipliée par la guerre en Ukraine)

 

  • Explication
    •  
    • Les masses d’argent (aides + création monétaire BCE) sont allées aux profits, pas à l’emploi, très peu à la production

Une production qui consomme toujours plus de matières premières, parce que les entreprises n’ont pas engagé de véritable transformation productive

 

  • Raison profonde : la domination du capital
    • L’envolée de sa valeur (+60 %, en 2 ans) exige que, pour au moins maintenir son taux de profit, il augmente ses profits, gonfle ses marges
    • ​​​​​​​Ses pouvoirs dans les entreprises, les banques et sur les aides d’Etat lui permettent de s’opposer à une utilisation de l’argent (aides publiques, crédit) pour l’emploi, les salaires, le pouvoir d’achat, les services publics

 

  • ​​​​​​​​​​​​​​Raison profonde : la domination du capital
  • ​​​​​​​
      • L’envolée de sa valeur (+60 %, en 2 ans) exige que, pour au moins maintenir son taux de profit, il augmente ses profits, gonfle ses marges
      • Ses pouvoirs dans les entreprises, les banques et sur les aides d’Etat lui permettent de s’opposer à une utilisation de l’argent (aides publiques, crédit) pour l’emploi, les salaires, le pouvoir d’achat, les services publics
Remèdes de fond (que viser)
  • Augmenter l’ensemble des salaires (dont le smic, mais pas seulement)
  • Développer l’emploi.  En obtenant des entreprises qu’elles créent des emplois et développent la formation des salariés, ce seront des centaines de milliards de richesses supplémentaires qui seront créés et qui permettront d’augmenter les salaires sans risque inflationniste.
  • Qualifier, former et rémunérer la formation
  • Développer les services publics (santé, éducation, transports, énergie, logement social,… )
  • Engager un tout autre type de production, écologique et sociale
Propositions- Réponses Immédiates qu’un gouvernement peut mettre en œuvre dès l’été

 

Salaires et revenus publics + smic
    •  
    • Augmenter le smic (1800 euros bruts, 1500 nets, en mensuel)
    • Augmenter le point d’indice des fonctionnaires (+10 % tout de suite, aller vers +30 %)
    •  
    • Augmenter les minimas sociaux et les retraites, faire bénéficier les plus de 18 ans des mêmes droits que tous les adultes (RSA, …)

 

Jeunes

    •  
    • Instaurer un revenu d’autonomie-formation supérieur au seuil de pauvreté, pour tous les jeunes de plus de 18 ans s’engageant dans un projet de formation
    • Rémunérer les stagiaires et apprentis à 80 % du smic horaire

 

Financement et leviers

  • Salaires des entreprises : conditionner les aides publiques aux entreprises (100 à 200 Md€, selon les estimations) à des augmentations salariales conséquentes, nettement supérieures à l’inflation et à l’instauration de l’égalité salariale femmes-hommes.  Cette mesure peut être appliquée immédiatement, par    décret, plus    rapidement    que    les    conclusions de négociations salariales.  Exemple : Carrefour bénéficie de 700 millions d’exonérations sociales issues de l’ex-CICE, soit 7 000 euros par salarié
  • PME-TPE : mobiliser le système de bancaire (notamment public) pour appuyer les TPE/PME dans cette augmentation des salaires, avec des taux de prêts d’autant plus bonifiés que  leurs investissements développent les salaires et l’emploi
  • Emploi : engager immédiatement des « pré-recrutements » de jeunes à l’hôpital (jusque 100 000) et à l’Education nationale (jusque 60 000), dans un cadre revalorisé (salaires , temps et conditions de travail) : c’est-à-dire une entrée en formation spécifique, un pré-salaire durant cette formation et un engagement d’emploi après la formation, en contrepartie d’un engagement  du jeune à y travailler un certain nombre d’années
  • Financement : mobilisation du pôle public bancaire existant déjà (à élargir par la suite avec des nationalisations) pour alimenter un fonds national, puis européen, de développement des services publics pour les financer par des avances à 0 % issues des crédits de la BCE.  Ces avances financeraient notamment les pré-recrutements et le fonds reprendrait les dettes passées (hôpital, SNCF…) pour que ses intérêts tombent à 0 %.

 

―> Réunion d’une conférence salaires, emploi, formation et transformation productive (et pas seulement salaires), instaurant des conférences permanentes de suivi (puis à terme d’élaboration )

Prix

    •  
    • Bloquer les loyers et les prix d’un certain nombre de produits de première nécessité
    • Instaurer une transparence sur la formation des prix et des marges (il ne s’agit pas de figer certaines marges de la grande distribution au détriment des petits producteurs), avec des comités de suivi par  département, munis de pouvoirs contraignants, une obligation d’information des travailleurs dans les entreprises par le patron, un droit de saisine de ces comités par les  représentants élus des travailleurs ou les représentants de la population (cf projet de loi Chassaigne « visant à encadrer les marges de la grande distribution et à  garantir le revenu des agriculteurs »)

 

 

Spéculation et marchés

    •  
    • Suspendre et remettre en cause le fonctionnement du « marché » européen de l’électricité (aujourd’hui tarifée en instantané au prix de  l’énergie  la  plus  chère !)
    • Interdire l’achat à terme « à découvert » de matières premières et alimentaires en France ;  porter cette mesure dans l’UE et au niveau mondial (comme une mesure temporaire pour permettre son application immédiate)
    • Mobiliser les stocks alimentaires européens et mondiaux existants

 

Dollar

      •  
    • Porter la proposition de ne plus libeller les achats internationaux en dollar, mais dans une monnaie commune mondiale nouvelle, non soumise au dollar

Moyen terme

  • Le financement de ces mesures se fait par des avances qui seront recouvrées sur la croissance d’activité à venir, et ne nécessite pas d’impôts spécifiques en regard.
  •  
  • Nationalisation d’entreprises stratégiques et de poids
  • Une autre politique du crédit

Engager une véritable transition écologique et sociale des entreprises et de la production​​​​​​​​​​​​​​

  •  
  • Institutions de suivi et de planification décentralisée, sociale et écologique : des conférences permanentes démocratiques « Emploi, salaires, formation, transformation productive » nationale et  décentralisées dans tous les territoires où sont pris des engagements, qui disposent d’un levier financier (crédit + aides publiques) et organisent un suivi du respect des engagements, avec la possibilité  de pénaliser ou de renforcer les aides

Initiatives du PCF

    • Conférences de presse dans tous les départements qu’ils aient des candidats communistes ou pas, selon les cas, faisant connaître nos propositions et celles  déposées par nos députés durant la mandature précédente
    • (1) Interpellation de l’Etat (préfets, délégation nationale ? ) pour exiger une autre conditionnalité des aides publiques
    • (2) Interpellation des banques pour exiger d’autres critères à leurs prêts
    • (3) Interpellation de l’Etat et des ARS pour engager des pré-recrutements immédiats
    • (4) Interpellation pour la création d’un fonds de financement des services publics, français puis européen, à 0 %, avec le pôle public bancaire et les crédits du la BCE

Propositions de loi (PPL) des députés communistes sur le sujet :

 

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6 juin 2022 1 06 /06 /juin /2022 15:25
PCF - Un plan d'urgence pour les hôpitaux publics, les Ehpad est plus que jamais à l'ordre du jour.

 

En janvier 2018, les parlementaires communistes rencontraient les hospitaliers et lançaient leur tour de France, de février 2018 à juin 2019, avec l'élaboration d'un plan d'urgence pour l'hôpital  et d'une proposition de loi.

En mai 2020, nous écrivions : Plus que jamais à l’ordre du jour !  Un plan d'urgence pour les hôpitaux publics, les Ehapd !  Et nous avions réactualisé notre plan d'urgence de 2018. Deux ans plus tard, l'hôpital public est en détresse vitale. On est bien donc toutes et tous d'accord qu'il faut que ça bouge et vite.

Après la grande claque du Covid et l'objectif programmé de l'effacement de l'hôpital public, nous devons apporter des réponses à court et moyen termes.

Avant même de repenser la globalité de notre système de santé, en incapacité aujourd’hui de répondre à l’ensemble des besoins de santé, il faut stopper l’acharnement mis depuis plus de trente ans à détruire l’hôpital public et les mensonges de Véran/Macron !  Et, il ne suffit pas de changer de ministre pour changer de politique!

La séquence que nous vivons à la veille de congés d’été, risque de donner le coup de grâce à l'hôpital public : par plusieurs milliers, les soignant·e·s, les médecins hospitaliers, quittent leur établissement, entraînant la fermeture de centaines de lits et de services entiers, tels que les urgences.

La commission des affaires sociales du Sénat a lancé, le 17 novembre 2021, une mission d’enquête sur la situation de l’hôpital et le système de santé en France.

Le constat dressé par les représentants des personnels soignants et des praticiens auditionnés est un constat de désastre.  Selon le Syndicat national des professionnels infirmiers, 7 500 postes vacants d’infirmiers étaient recensés en juin 2020, en septembre 2020, ils étaient 34 000  Aujourd’hui, ce sont 60 000 postes qui manquent. Après la Covid-19, 10 à 20 % des postes infirmiers sont vacants, 10 % des effectifs en maladie, burn-out, dépression.  Ils parlent d'une spirale infernale : « Plus les conditions de travail se dégradent, plus vous avez de départs ! Et plus la charge de travail augmente pour ceux qui restent, plus vous avez de nouveaux départs. »

Les hôpitaux publics fonctionnent aujourd'hui avec la moitié du personnel paramédical (IDE et AS) en intérim ou vacations afin de remplacer les absences.  Ce qui pose le problème de la précarité, avec en filigrane la remise en cause du statut, mais aussi d'une réelle difficulté de fonctionnement des services.  L'expertise s'en va, avec des difficultés d'accompagnement des nouveaux arrivants. Une équipe, c'est un collectif de travail, ce n’est pas une somme d’individus.

Côté médecins, c'est la même chose, avec des plannings de travail éreintants, avec le cumul des heures, le manque de contacts avec les patient·e·s, il y a un accroissement de la perte d'intérêt au travail  notamment chez les jeunes médecins. Beaucoup de services et particulièrement les urgences, fonctionnent aujourd'hui avec des médecins à diplôme hors Union européenne (les PADHUE) qui, malgré la reconnaissance de leur diplôme (pour près de 5 000 d’entre  eux), et en exercice dans les hôpitaux sur tout le territoire, attendent un poste, un contrat pérenne tandis que les fermetures de lits et de services d’urgence se multiplient,  faute de personnels.

Et pendant ce temps-là, sournoisement les grands groupes de la santé privée se restructurent, se substituent au secteur public avec la bénédiction des ARS et l’argent de la Sécurité sociale !

Vendredi 27 mai, sur France info, Lamine Gharbi, président de la Fédération de l'hospitalisation privée a d'ailleurs lancé un appel: « Nos services d'urgences ne sont pas  saturés, on demande que le 15 nous envoie des patients ». Le privé entre en scène : « on peut vous aider, nous on sait gérer ».

A l'origine de ce dysfonctionnement, les politiques publiques des vingt dernières années, qui ont privilégié les restrictions budgétaires, au détriment de la qualité des soins , des conditions de travail des personnels, des investissements dans le matériel, du maintien des établissements de santé de proximité, des capacités d’accueil des hôpitaux et plus globalement  de la démocratie sanitaire.

Le quinquennat d’Emmanuel Macron a poursuivi méthodiquement cette politique d’affaiblissement de la santé et de l’hôpital public avec l’amplification du virage ambulatoire entraînant des suppressions de  lits – au nombre de lits que le ministère a fait fermer pour réaliser des économies (5 700 en 2020, 3 400 en 2019, 4 000 en 2018), s'ajoutent les 69 000 places  d'hospitalisation à temps complet qui ont disparu entre 2003 et 2017 – le maintien de la T2A qui asphyxie financièrement les établissements, la fermeture d’hôpitaux de proximité et de maternités,  ou encore les fusions d’établissements au sein des groupements hospitaliers de territoires (GHT) qui assèchent l’offre de soins au plus près des populations.

 

Comment fait-on aujourd'hui pour s'en sortir ?  Les salaires, les recrutements, la formation sont au cœur des solutions !

 

Les revendications d’hier et d’aujourd’hui sont vitales : elles doivent faire l’objet d’une négociation nationale, dès juillet 2022, avec les représentants des personnels hospitaliers  et des usagers.

Le plan d’urgence pour l’hôpital proposé par le PCF bien avant la crise sanitaire est plus que jamais d’actualité : son fil rouge reste l’humain pour  restaurer les missions de l’hôpital public, avec au cœur la place des personnels, leur bien-être au travail, leur reconnaissance et le respect de leur éthique de soin.

 

A court terme :

  • Les rémunérations:

Les salaires bloqués depuis 12 ans participent à l'hémorragie du personnel. Les 183 euros mensuels du Ségur de la Santé en plus sur la feuille de paye restent encore décalés par rapport au salaire moyen des infirmier·e·s en Europe, malgré ce qu’a osé déclarer le 12 mai 2022 l'ex-ministre de la santé O.Véran : « Non, ce n'est pas un problème salarial, ce n'est pas un problème  d'effectif, c'est un problème d'organisation ».

 

Revaloriser les salaires en relevant le point d'indice à 6 € (pour la CGT) est une des priorités pour donner envie de rester ou d'intégrer l'hôpital public, comme l'est autant la  titularisation de tous les contractuel·le·s.  Au-delà et simultanément, il est indispensable de réaliser une refonte des grilles indiciaires pour que celles et ceux qui sont sur la brèche voient les  rémunérations enfin réévaluées en compensation de leur place indispensable dans la société...

 

Dans le même temps, il faut moduler et réglementer les revenus des médecins du privé ; c’est le marché qui fixe le financement des médecins dans les cliniques à but lucratif ; il faut mettre fin à ce « mercato » pour enrayer la fuite des médecins du public, tentés par des salaires mirobolants.

 

  • Les recrutements et formations paramédicales et médicales

L’estimation d’un besoin de 100 000 emplois est largement dépassée !  La situation exige de faire le compte des besoins par établissement, par département (ou bassin de vie) : les emplois soignants et non-soignants qui peuvent faire l’objet  d’embauches  immédiates avec la reconnaissance par les salaires, le financement et l'encouragement aux formations promotionnelles continues qualifiantes, permettant à des professionnel·le·s exténué·e·s de reprendre goût au soin à travers de nouvelles qualifications, un nouveau métier ; des pré- recrutements salariant des jeunes pendant leur formation en échange d’un engagement dans le public  doivent être financés dans un vaste plan de formation national. Le secteur de la santé et du social est un remarquable terrain de mise en application des propositions du PCF de sécurité emploi formation, un investissement pour notre santé .

Les moyens des facultés et instituts de formation doivent être revus à la hausse dès cette rentrée 2022.

Enfin, il faut donner envie aux personnels de rester, d’y venir, en reconstituant les équipes, le travail concerté dans les services, revaloriser les services rendus, notamment  des médecins hospitaliers, dont les médecins étrangers non-européens dont l’avenir est menacé, en restaurant des instances démocratiques à l’hôpital.  L’urgence est bien de redonner la parole aux soignant·e· s et à l’ensemble des hospitaliers !

Autre exigence non négociable, stopper les restructurations, la fermeture des lits et en ré- ouvrir tout de suite afin d'éviter le casse-tête des urgences aujourd'hui, pour trouver des  lits d'aval disponibles pour leurs patient·e·s en voie d'hospitalisation.

Revoir avec la médecine de ville (généralistes et spécialistes) et les établissements privés la permanence des soins la nuit et les week-end.

Le nouveau ministère de B. Bourguignon consacré exclusivement à la santé et à la prévention sera impuissant si les cordons de la bourse, le contrôle de la Sécurité sociale sont toujours à Bercy, dans les mains des émissaires des marchés financiers !

La nouvelle Assemblée nationale devra d’urgence voter une loi rectificative à la loi de financement 2022 de la Sécurité sociale pour donner enfin aux hôpitaux les moyens financiers  nécessaires pour répondre aux besoins des populations, pour redonner espoir au personnel en des jours heureux et arrêter l’hémorragie des soignants.

Dans la perspective du PLFSS 2023, il faudra en finir avec la T2A et restaurer des budgets de fonctionnement permettant la sécurisation des activités et leur évolution.  Ces dotations de financement pourraient s'opérer en fonction des besoins des bassins de population facilement identifiables par la CPAM qui recense tous les actes médicaux, en lien avec des instances démocratiques départementales, régionales et nationales réunissant tous les acteurs (professionnel·le· s et leurs représentant·e·s, élu·e·s, usager·e·s, directions d'établissement).  Et ceci en remplacement à terme des ARS (agences régionales de santé).

 

Des mesures financières fortes doivent être prises, comme la suppression de la taxe sur les

salaires qui pénalise les embauches hospitalières (estimée à 4 Md€) et le remboursement à l'Etat de la TVA qui freine l'investissement et les achats indispensables.  Ces 2 mesures, qui ne coûteraient rien à la Sécurité sociale, dégageraient immédiatement plus de 10 % de marge de manœuvre pour le budget hospitalier.

 

Les 30 Md€ de dettes cumulés par les établissements doivent faire l'objet d'une reprise totale par l'Etat.  Cette dette peut-être refinancée par la BCE dans le cadre de prêts à taux très bas de long terme.

 

    • Relance de l'investissement

Les 19 milliards d’investissement annoncés à grand coup de communication lors du Ségur  et étalés sur 10 ans vont, on ne peut en douter, constituer un levier pour restructurer encore et encore l’hôpital public et le système de santé.

Nous pensons que la France a les moyens de réorienter le pôle public financier autour de la CDC.

Ce pôle financier public pourrait devenir l'acteur pivot d'une nouvelle politique de financement, notamment de leurs investissements lourds. Dans l'immédiat, il pourrait effacer les emprunts toxiques, renégocier les autres via la BCE.  Ainsi, notre proposition d'un fonds européen prend toute sa crédibilité, tout en libérant les ressources de la Sécurité sociale.

C'est le choix ultra-libéral de baisse des dépenses de santé remboursées qui détruit l'hôpital public sciemment et méthodiquement, au profit du privé…  D'où l'enjeu stratégique de la Sécu, et l'importance des propositions portées par nos député·e·s dans ce quinquennat, parlementaires  qui nous l'espérons toutes et  tous seront nombreuses et nombreux après le 19 juin.

Penser à l'avenir de l'hôpital public, remettre à flot notre système de soins, tout en répondant à l'urgence sanitaire exige un plan massif de soutien aux hôpitaux , accompagné d'une grande loi de santé publique, loi programmatique sanitaire et budgétaire pluriannuelle.

Maryse Montangon

 

 

 

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4 juin 2022 6 04 /06 /juin /2022 07:18
Ce sont les 54 candidats communistes présentés aux élections législatives
Ce sont les 54 candidats communistes présentés aux élections législatives
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Ce sont les 54 candidats communistes présentés aux élections législatives
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La liste et la présentation des candidats PCF pour les élections législatives, la plupart dans le cadre du rassemblement de la NUPES, sauf en Corse

( Bureau de presse du PCF, Paris, le 30 mai 2022.)

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2 juin 2022 4 02 /06 /juin /2022 05:13

Clip officiel de campagne du PCF pour les élections législatives des 12 et 19 juin 2022

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29 mai 2022 7 29 /05 /mai /2022 05:38

 

 

 

 

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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 06:40
Journée de la Résistance, 27 mai 2022 - Lucienne Nayet, fille de déporté, infatigable passeuse de mémoire (Le Télégramme, 27 mai 2022)
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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 04:52
Face à la montée des insécurités humaines, le feu couve désormais partout dans le monde - Pascal Torre, secteur international du PCF
Face à la montée des insécurités humaines, le feu couve désormais partout dans le monde

Les insécurités économiques, sociales et environnementales pèsent désormais de manière déterminante sur toute l’humanité, provoquant une désorganisation profonde des sociétés avec des cohortes de désastres humains. Ces problèmes trouvent leur origine dans le système global capitaliste.

Depuis plusieurs décennies, les politiques néolibérales ont accru les fléaux des inégalités et de la pauvreté avec les dominations prédatrices des grandes puissances et la mise en concurrence des travailleurs, notamment par les grandes institutions financières internationales. La crise du Covid-19 et la guerre en Ukraine rendent la situation, plus particulièrement pour les pays du Sud, cataclysmique. En fonction des pays, la part des 10 % les plus riches représente entre 30 et 70 % du revenu national, alors que les 50 % des plus pauvres possèdent moins de 5 % du total. Depuis 2020, 97 millions de personnes sont à nouveau touchées par l’extrême pauvreté. Cela attise partout les frustrations socio-économiques, les tensions identitaires et religieuses ou les conflits armés.

L’insécurité alimentaire fait près de 10 millions de morts par an, tandis que le problème de la faim affecte 800 millions d’êtres humains. L’agriculture productiviste, les complexes agro-industriels encouragés par les règles de l’OMC génèrent un système non-soutenable qui provoque un effondrement de la biodiversité, l’érosion et l’artificialisation des sols, compromettant la survie de la Terre. Dans la corne de l’Afrique, le manque d’eau, la sécheresse, les guerres, les ravages des criquets déciment l’élevage, tandis que les productions agricoles sont au plus bas. La hausse des prix des produits alimentaires, antérieure aux crises récentes, s’accélère, frappant les plus pauvres. L’alimentation occupe en effet 40 % des dépenses dans les pays les moins avancés et 20 % dans les pays émergents. Alors que les factures d’importation flambent, que les pénuries menacent, que les chaînes d’approvisionnement sont perturbées, nombre de gouvernements envisagent, comme en Tunisie, de mettre un terme aux subventions sur certaines denrées.

Tandis que le contexte géopolitique devrait être un point de bascule afin d’accélérer la conversion vers une agriculture plus durable, la multiplication des discours alarmistes dans les pays riches visent à renoncer à tous les engagements, comme le maintien des néonicotinoïdes ou des engrais azotés, et à banaliser le retour en force du productivisme hypothéquant la régénération des sols.

Selon l’OMS, l’insécurité climatique est à l’origine de 8 millions de morts par an. Pluies diluviennes en Afrique du Sud, accélération de la désertification du Sahel, sécheresse dans le sous-continent indien, incendies en Australie ou en Russie, fonte des glaces et élévation du niveau des océans…, des régions entières risquent de devenir inhabitables. Si les causes de ces phénomènes sont particulièrement documentées, il est désormais impératif d’articuler les questions sociales à celles du climat en s’attaquant à ce mode de production, aux logiques libérales, au commerce mondialisé et à l’accaparement des richesses par quelques-uns. Les pays du Sud sont les plus vulnérables au changement climatique. Sans investissement dans les infrastructures qui protègent des chocs climatiques, les coûts vont être de plus en plus lourds à supporter, d’autant que nombre d’entre eux paient également les frais d’une mondialisation en perte de vitesse.

L’insécurité sanitaire est telle que l’on ne parvient plus aujourd’hui à chiffrer les dégâts. L’OMS alerte depuis des années sur la résurgence de maladies mortelles avec une hausse spectaculaires des cas de rougeole, de polio ou de fièvre jaune. Ces hausses proviennent d’un recul de la vaccination. En 2020, 23 millions d’enfants en ont été privés. Et que dire des 44 % de la population mondiale qui n’ont même pas reçu une première dose de vaccin contre le Covid-19, alors que les brevets demeurent privés ! La marchandisation et la privatisation des politiques de santé publique sont responsables de cette situation, tout comme le modèle dominant de la recherche-développement qui ne vise qu’à maximiser les profits.

L’insécurité est également éducative. La pandémie a interrompu l’éducation de millions d’enfants dans les pays les plus pauvres, alors qu’ailleurs les décrochages scolaires ont été massifs. Cela aura des conséquences incalculables sur les parcours individuels, des effets dévastateurs sur la productivité et les revenus des futures générations.

Enfin, l’insécurité généralisée frappe tout particulièrement les migrants. Dans un monde global et ouvert, les migrations progressent en raison des déséquilibres démographiques et des insécurités humaines. Elles ont acquis une dimension structurelle et durable que rien n’arrêtera. Ces hommes et ces femmes doivent pourtant faire face à la mort, à la répression, à des accueils désastreux, des humiliations ou des exclusions. Il y a urgence à inventer dans ce registre des politiques plus humaines, en insistant sur le caractère positif des phénomènes migratoires.

Toutes les conditions d’une profonde dépression sont aujourd’hui réunies, notamment dans les pays du Sud confrontés au durcissement des politiques monétaires, aux risques de défaut de paiement, au fardeau de dettes faramineuses, à l’assèchement des dépenses publiques, à l’inflation, à l’effondrement monétaire…, alors que la corruption et la gabegie des classes dirigeantes provoquent de véritables affaissements de sociétés entières.

Après la chute du mur de Berlin, la mondialisation s’est confondue avec le néolibéralisme, concevant la construction du monde par le marché, asphyxiant le politique et le social. Mais depuis la fin du XXe siècle, on assiste à l’émergence d’une contestation mondialisée. Les printemps arabes (2011) avaient marqué un tournant. Les mouvements sociaux ont rebondi en 2019 par l’effet conjugué d’une chute de légitimité des institutions et de la peur suscitée par les conséquences de la mondialisation. Ce tournant structure de manière nouvelle l’espace mondial illustrant la centralité du phénomène. Seule l’épidémie de Covid-19 est parvenue, temporairement, à l’endiguer. Avec le recul partiel de l’épidémie et l’exacerbation des tensions, les mouvements de contestation sont de retour, comme en témoigne le soulèvement populaire au Sri Lanka, mais qui pourraient toucher très rapidement de nouveaux pays comme le Pakistan, le Bangladesh ou le Pérou.

Les communistes doivent y porter une grande attention car ils posent de manière renouvelée le combat de classe contre le capitalisme. Il serait illusoire en même temps de nationaliser des menaces qui sont de nature globale en fermant les frontières ou en mettant en œuvre des politiques souveraines nécessairement contradictoires au niveau des États. Il y a urgence à renforcer les compétences des institutions internationales comme la FAO, l’OMS, le HCR ou l’Unicef, afin de mieux repenser le monde dans l’interdépendance.

Pascal Torre
responsable-adjoint du secteur international du PCF
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient.

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26 mai 2022 4 26 /05 /mai /2022 05:33
Protection de l'enfance - Tribune de Cinderella Bernard (Vice-présidente Enfance-Famille au Conseil Départemental des Côtes d'Armor, PCF) dans Le Télégramme du 24 mai 2022
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21 mai 2022 6 21 /05 /mai /2022 06:17
Jean-Paul Lecoq, député communiste du Havre, membre de la commission International-Défense à l'Assemblée, avec Enzo De Gregorio (responsable JC 29) à la manifestation pour le désarmement nucléaire et la Paix à Brest en janvier, à l'occasion du sommet européen des Ministres de la Défense

Jean-Paul Lecoq, député communiste du Havre, membre de la commission International-Défense à l'Assemblée, avec Enzo De Gregorio (responsable JC 29) à la manifestation pour le désarmement nucléaire et la Paix à Brest en janvier, à l'occasion du sommet européen des Ministres de la Défense

Jean-Paul Lecoq : « La gauche doit bâtir une diplomatie des Lumières »

Législatives Candidat PCF à sa réélection, Jean-Paul Lecoq espère voir la Nupes emporter la majorité. Et, avec elle, construire de nouvelles politiques internationales.

Publié le Vendredi 20 Mai 2022 - Florent LE DU

En campagne pour sa réélection dans la 8e circonscription de Seine-Maritime, Jean-Paul Lecoq peut compter sur un ancrage fort avec le terrain et un rassemblement de la gauche. En cas de victoire, le communiste, membre de la commission des Affaires étrangères, promet que sa voix comptera pour bâtir d’autres politiques de la paix et du commerce international.

Comment abordez-vous cette campagne qui rassemble toutes les forces de gauche ?

Je la mène avec confiance. Que ce soit dans les entreprises, dans les écoles pour sauver des classes, nos actions sur le terrain sont connues et reconnues. L’ambiance est bien meilleure qu’à la présidentielle, avec un réel espoir. L’accord à gauche rend contagieuse l’idée que nous serons capables de changer les choses dans l’intérêt des gens. Lors d’une rencontre, la première question qui m’a été posée, c’est : « Quand les politiques vont-ils tenir leur promesse ? » Il faut y répondre, en expliquant nos propositions et comment on les finance, afin de redonner confiance et que les citoyens retournent voter.

Durant le précédent mandat, vous vous êtes investi sur les questions internationales. Si la gauche devenait majoritaire, une autre politique de la paix pourrait-elle être enclenchée ?

Je l’espère. La gauche doit porter le respect des résolutions des Nations unies, ce qui n’a pas toujours été le cas, notamment au moment de la gauche plurielle. Des questions brûlantes doivent avancer : sur le Sahara occidental occupé par le Maroc, sur la politique d’apartheid en Palestine… À ce sujet, comme député, j’ai demandé en urgence la convocation de la commission des Affaires étrangères, ce qui a été refusé alors que ça a été possible pour l’Ukraine. On multiplie les deux poids, deux mesures alors que, dans chaque cas, la paix dans le monde est menacée. Des résolutions existent condamnant le Maroc, Israël, la gauche française doit exiger leur application. C’est ainsi, non pas avec la force et l’Otan, mais en œuvrant à redonner du sens aux Nations unies, que nous pouvons bâtir une politique de paix. C’est la diplomatie des Lumières contre celle du business et des ventes d’armes.

Concernant l’Ukraine, prônez-vous une autre attitude diplomatique que celle portée par Emmanuel Macron ?

Il faut porter l’idée d’une sécurité globale. Dès lors qu’on redonne du poids à l’ONU, au multilatéralisme, chacun peut exprimer ses inquiétudes et, ensemble, nous pouvons chercher des alternatives au conflit. Chaque pays doit pouvoir sentir que le monde entier est attentif à sa sécurité. Et, pour en finir avec les surenchères guerrières, un tel climat doit être garanti par une structure crédible.

Alors que la Finlande et la Suède s’apprêtent à rejoindre l’Otan, est-ce le moment de quitter l’organisation ou du moins son commandement ?

L’Otan aurait dû disparaître en même temps que le pacte de Varsovie. Elle était en mort cérébrale, mais l’intervention de Poutine en Ukraine lui redonne du poids. C’est dangereux, car c’est le signe que l’on se prépare à vivre une nouvelle guerre froide. Nous devons sortir de ce vieux monde. Puisque, à gauche, nous sommes d’accord pour être indisciplinés vis-à-vis de l’Union européenne, il faudra dire que nous ne voulons pas de l’Otan pour réfléchir à la sécurité de notre territoire et à celle du monde mais d’une Europe de la diplomatie mondiale.

La guerre en Ukraine a des répercussions sur les prix de l’alimentation. Comment la gauche au pouvoir peut-elle être motrice pour repenser ce modèle de mondialisation ?

Nous y travaillons depuis longtemps, jusqu’à l’échelle très locale avec le maraîchage municipal, par exemple, pour faire en sorte que les territoires soient le plus autosuffisants possible. Au-delà du développement de ces alternatives, le combat doit être mené contre les accords de libre-échange qui conduisent à cette mondialisation de la production. La reprise en main de l’économie par la politique est indispensable. Les citoyens sont de plus en plus conscients de ces enjeux : il ne s’agit pas d’arrêter le commerce mondial, mais d’y apporter de la cohérence, notamment vis-à-vis de la lutte contre le réchauffement climatique. Il faut aussi dénoncer les profiteurs de guerre. Si les prix ont augmenté rapidement, c’est d’abord sous l’effet de la spéculation, car les stocks d’essence ou d’huile existaient. Nous proposons d’y mettre un terme avec le blocage des prix.

Jean-Paul Lecoq : « La gauche doit bâtir une diplomatie des Lumières » (L'Humanité, Vendredi 20 mai 2022)
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