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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 07:57
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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 05:44

Le Parti communiste français (PCF) a dénoncé mardi la gestion de l'enseignement supérieur et de la recherche français, critiquant un "système APB inefficace", mais également un budget à l'"insuffisance alarmante". Alors que 86 969 jeunes se trouvaient toujours sans affectation à l'université à la mi-juillet, selon des chiffres du ministère publiés samedi, le parti communiste, par l'intermédiaire de sa "commission Enseignement supérieur et recherche", a déploré dans un communiqué la situation des diplômés "empêchés de s'engager dans des études universitaires auxquelles leur succès au baccalauréat devrait leur ouvrir la voie". "Certes, le système d'affectation 'APB' est inefficace", a écrit le PCF, "mais c'est avant tout le budget de l'enseignement supérieur et de la recherche (...) dont l'insuffisance de plus en plus alarmante est dénoncée par l'ensemble des acteurs (...) qui devrait permettre de répondre aux aspirations des jeunes", a-t-il poursuivi.

Pointant du doigt la responsabilité du "libéralisme de Macron et du Medef", le parti d'opposition appelle à ce que "tout projet d'avenir pour notre pays" passe "par le développement sans frein de la recherche, de la qualification et de la créativité des travailleurs et des citoyens".

"Ce n'est pas l'objectif des politiques soumises au dogme de la baisse de la dépense publique", décrie-t-il encore.

 

10% des titulaires du baccalauréat 2017 sont aujourd’hui dans l’attente d’une inscription dans une formation supérieure. Dans l’attente, voire empêchés de s’engager dans des études universitaires auxquelles leur succès au baccalauréat devrait leur ouvrir la voie, et leurs capacités la possibilité d’y réussir !

Voilà, au-delà des promesses électorales, la réponse que le libéralisme de Macron et du MEDEF apporte aux jeunes.

Certes le système d’affectation « APB » est inefficace. Mais c’est avant tout le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche, celui des universités, dont l’insuffisance de plus en plus alarmante est dénoncée par l’ensemble des acteurs et usagers de l’ESR, qui devrait permettre de répondre aux aspirations des jeunes à la formation et au partage des connaissances. Des milliards d’euros sont dilapidés, détournés de la satisfaction des besoins sociaux, ainsi les milliards du Crédit Impôt Recherche , alors que tout projet d’avenir pour notre pays, pour notre monde, passera, on le sait, par le développement sans frein de la recherche, de la qualification et de la créativité des travailleurs et des citoyens.

Ce n’est pas l’objectif des politiques soumises au dogme de la baisse de la dépense publique !

Tout au contraire, leur seul horizon est celui du malthusianisme et de la sélection sous toutes ses formes. Si le tirage au sort suscite l’indignation, n’oublions ni l’impitoyable sélection sociale que cache (mal) l’éloge du « mérite » ni les processus de sélection de plus en plus précoces et insidieux auxquels ont recours les établissements, parfois au nom de la réussite des jeunes.
La réussite pour tous, voilà ce qui doit demeurer l’objectif de tous les progressistes. Plus de bacheliers, plus d’étudiants dans les universités, c’est une très bonne nouvelle, ce devrait être une promesse, un espoir, une dynamique de progrès social, culturel, scientifique.

Notre pays en a les moyens, tant par les richesses produites que par la qualité de son service public d’ESR et les talents de sa jeunesse. Avec les jeunes, les étudiants, avec les enseignants et enseignants chercheurs, les communistes mettront toute leur énergie pour donner réalité à cette exigence.

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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 16:26
Université d'été du Parti Communiste - 25, 26, 27 août: adhérents du PCF dans le Finistère, inscrivez vous!

DU 25 AU 27 AOÛT 2017, ANGERS ACCUEILLE L'UNIVERSITÉ D'ÉTÉ DES COMMUNISTES.

Au terme d'un cycle électoral qui transforme radicalement le paysage politique, c'est une occasion précieuse de prendre le temps de faire le point, de prendre le temps de comprendre les profondes mutations politiques, économiques, sociales à l'œuvre dans notre pays. C'est entrer dans la connaissance fine des mauvais coups préparés par Emmanuel Macron et se préparer à y résister avec force.

C'est aussi penser le dépassement du capitalisme et les voies les plus pertinentes en la matière dans la période qui s'ouvre. Le Parti communiste est en effet engagé dans un grand travail collectif pour penser à nouveaux frais son fonctionnement, ses buts, sa stratégie : l'université d'été 2017 sera une immense agora mettant à son ordre du jour la transformation du Parti pour mener efficacement la lutte de classes du XXIe siècle.

L'université d'été, c'est enfin 3 jours de découvertes, de Dante au Capital, de la physique des particules à Lord Byron, des luttes de classes médiévales aux comètes et météorites en passant par le centenaire d'Octobre ou le 75e anniversaire de l'assassinat du philosophe martyr Georges Politzer, fusillé au Mont-Valérien.

Inscrivez-vous vite : le prix des billets de train augmente rapidement…

NB : Depuis l'année dernière, l'université d'été est ouverte aux familles. Les enfants (à partir de 6 ans) peuvent en effet être confiés à des professionnels agréés. Signalez-le lors de votre inscription.

L'an passé, nous étions 10 militants communistes finistériens à l'université d'été du PCF à Angers. 

Cette année, l'objectif est d'abord une participation plus grande encore: pour l'instant 9 camarades sont partants. 

Cette année encore, le programme (voir pièce jointe) de l'université d'été, du vendredi 25 août, 13h, au dimanche 27 août, 12h, est particulièrement riche. 

Participer à l'université d'été du PCF est pour tout adhérent une expérience particulièrement enrichissante, un grand moment de formation, de fraternité, d'échanges avec des camarades de toute la France, montrant la diversité et la richesse d'un Parti qui compte 97 ans d'histoire, des milliers d'élus, 56 000 adhérents à jour de cotisation, une ambition intacte pour transformer la société et la rendre plus juste. 

Pour vous inscrire, passez directement par l'inscription individuelle sur internet, tout en prévenant Ismaël Dupont, secrétaire départemental, si vous êtes adhérent finistérien:

dupont.ismael@yahoo.fr  

La fédération du Parti Communiste Français du Finistère prendra en charge la moitié des frais de pension pour les 3 jours pour les adhérents.  

Université d'été du PCF

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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 11:53
Un numéro de la revue Espaces Marx sur le sociologue Michel Simon, militant du Parti Communiste dans le Nord, puis dans le Finistère, disparu en 2013
Un numéro de la revue Espaces Marx sur le sociologue Michel Simon, militant du Parti Communiste dans le Nord, puis dans le Finistère, disparu en 2013
Le 11 septembre 2013, notre camarade Michel Simon, sociologue et militant du Parti Communiste, adhérent dans le sud-Finistère pour ses dernières années de militantisme, nous quittait à 87 ans. 
 
La revue Espaces Marx lui consacre un numéro spécial. 
 
Vous trouverez le descriptif de la revue et le bon de livraison si vous voulez l'acquérir. 
 

Revue Espaces Marx n°36-37   Hommage à Michel SIMON

 

                                                                                                                                                                        pages

ÉditorialPhilippe Rousseau_______________________________________________________________3

 

HOMMAGE à Michel SIMON,

  •  Introduction Roland Delacroix _________________________________________________________8
  • Entretien avec Guy MICHELAT Roland Delacroix________________________________________10
  • Le peuple, la crise et la politique. Rencontre-débat animée par Michel Simon le 17 juin 2011.____  26
  • Souvenirs et témoignages de Liane Ansart, Christian Baudelot, Alain Bocquet, Roland Delacroix,  Didier Demazière, François Dumez, Ismaël Dupont, Dominique Duprez, Jean Gadrey,                     Nicole Gadrey, Michel Laurent, Claude Lelièvre, Michel Maso, Jacques Michon, Jacques Milhau,                                Jean-Jacques Potaux, Françoise Renversez, Francis Tiédrez, Jean-YvesTrépos___________________50
  • Les écoles du PCF, un espace d’enchantement militant pour des intellectuels. Notes à partir d’un   entretien  réalisé avec Michel SIMON Nathalie Ethuin_____________________________________  93       
  •  Conversation avec Michel SIMON Jacques Lemière______________________________________ 100
  •  Bibliographie établie par Roland Delacroix et Guy Michelat________________________________ 146

 

 

MOUVEMENTS SOCIAUX, COMPORTEMENTS POLITIQUES. QUOI DE NEUF?

  • Le retour de la lutte des classes. Quoi de neuf ? Jean Lojkine________________________________156                  
  • Les catégories populaires sont devenues un problème pour la gauche  Rémi Lefebvre___________  162
  • La difficile modernisation d’une vieille organisation : le cas de l’Union départementale de la CGT    du Nord (1990-2016)  Régis  Matuszewicz_________________________________________________182

 

LÉO FERRÉ

  • Léo FERRÉ et le refus de tout pouvoir  Robert Horville ____________________________________ 208    

          

  • Notes de lecture Robert Horville, Pierre Outteryck_________________________________________  234

 

Bon de commande

 

Je désire recevoir le numéro-double 36-37, soit 20€×____exemplaire(s ) =________€

 

Hors arrondissement de Lille : + 6,80€ de frais de port  pour des commandes  de un à trois exemplaires

 

Nom_________________________________________________Prénom______________________________

 

Adresse____________________________________________Code postal_____________________________

 

Chèque à l’ordre de « Espace Marx Nord/Pas-de-Calais »

 

Bulletin et règlement à envoyer à l’adresse suivante : « Revue Espaces Marx », 6 bis rue Roger Salengro, 59260 Hellemmes-Lille.

 

 

 

 

 

 
 
Article de l'Humanité - mercredi 11 septembre - par Dany Stive
 
Le sociologue Michel Simon, militant communiste infatigable, est décédé
 
Durant toute sa vie, Michel Simon a conjugué un travail intellectuel rigoureux et une conviction communiste profonde. Collaborateur apprécié et assidu de la presse communiste, il est décédé dans sa 87e année, fidèle à un engagement forgé en pleine guerre froide.
En 2006, Michel Simon se retournant sur le chemin parcouru, s'interrogeait dans un texte publié sur le site de la Fondation Gabriel Péri: "Peut-on avoir été membre du Parti communiste français (ou pire, l'être resté) et avoir satisfait (ou satisfaire) aux normes d'autonomie critique hors desquelles il n'y a pas de posture intellectuelle authentique?" Avec sa rigueur et sa franchise habituelles, il s'imposait dans la foulée une règle interdisant toute complaisance: "Conscient des ruses d'une mémoire portée à l'autojustification, je m'appuieai exclusivement sur des textes que j'ai publiés ès qualités dans des organes communistes". Quelques lignes plus loin, le sociologue lance: "En 1951, dans le climat d'extrême tension qui régnait alors (on était au paroxysme de la guerre froide), j'ai rejoint le PCF (à reculons, si j'ose dire) et je ne l'ai jamais regretté."
Pourtant, ni la sociologie ni l'engagement communiste ne relevaient de l'évidence pour lui? A l'Ecole normale supérieure qu'il intègre en 1947, Michel Simon était aussi "farouchement hostile à un collaborationnisme à dominante de droite" (le port de l'étoile jaune en 1942 fut pour lui une "expérience décisive structurante") qu'opposé au PCF. Alors que bien des collègues sont encartés au PCF, il ferraille contre eux, opposé aux "confiscations du pouvoir à l'Est" comme "au piétisme et à l'intolérance" de nombreux communistes. Le combat anticolonial, la solidarité avec les ouvriers en grève modifieront son approche. Le lien avec la classe ouvrière restera un fil rouge toute sa vie, dans son engagement comme dans son travail. De ses rencontres avec les ouvriers, il disait: "C'est peu de dire que j'ai beaucoup appris dans ces échanges...". 
Il était philosophe de formation, mais la sociologie prit de plus en plus de place dans sa réflexion. Il publie la Contribution de la psychanalyse à la compréhension des faits sociaux, sous la direction de Georges Davy, fréquente les cours de Lévi-Strauss et Leroi-Gourhan, collabore avec George Friedmann... Nommé professeur de philosophie à Nancy, puis prof de khâgne au lycée Faidherbe à Lille, il publie des articles relevant de la sociologie à la Nouvelle Critique et dans les Cahiers internationaux de sociologie. Il passe un an à la Sorbonne, et Raymond Aron patronne sa candidature au CNRS et, en 1969, il intègre l'Institut de sociologie de Lille où il créera le Centre lillois d'études et de recherches sociologiques et économiques (Clersé). 
En 1966, il rencontre le sociologue Guy Michelat, avec qui il multipliera les travaux. Celui-ci se souvient: "Je travaillais alors dans une petite boîte privée qui faisait des enquêtes d'opinion dites qualitatives. Nous avions proposé nos services au PCF. Nous avons été reçus par Jacques Duclos, qui nous a déclaré qu'il nous faisait toute confiance mais en précisant qu'il serait bon que "quelqu'un de chez nous" suive nos travaux. C'était Michel Simon. Pendant plus de quarante ans, nous avons travaillé ensemble. Et nous avons bien rigolé, aussi!". 
Avec Michel Simon, la presse communiste perd un collaborateur assidu, observateur attentif de la société française". 
 
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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 07:52
Le Guilvinec, 15 juillet 2017: Patrick Gloaguen, Etienne Le Bellec, Alain Vigouroux, Ismaël Dupont, André Le Roux (photo Hervé Ricou)

Le Guilvinec, 15 juillet 2017: Patrick Gloaguen, Etienne Le Bellec, Alain Vigouroux, Ismaël Dupont, André Le Roux (photo Hervé Ricou)

Bonjour à toutes et tous,

Quel plaisir d'être là avec vous sous le soleil à cette belle fête du Travailleur Bigouden, à l'invitation de la section communiste du Pays Bigouden!

Quel plaisir de nous retrouver au Guilvinec, ville de pêche et de conserveries, de chantiers navals, petite ville à forte mémoire ouvrière!

Les militants et sympathisants communistes se sentent ici en pays ami comme dans tous les ports du pays bigouden, de la pointe sud-ouest du Finistère, entre Douarnenez et de Concarneau.

En 1926, c'est la grande grève des ouvrières des conserveries au Guilvinec, à Lesconil et dans tous les ports aux alentours, organisée avec l'aide de Charles Tillon de la CGTU, futur grand résistant et membre des Brigades Internationales pendant la guerre d'Espagne. Les ouvrières demandaient 22 centimes d'augmentation pour leur tarif horaire. « Pemp real ar vo ! » : ce sera un franc 25.

Les ouvrières bigoudènes à coiffe manifestaient en chantant l'Internationale et des chansons de lutte en breton, drapeau rouge en tête.

Une image forte de la lutte des classes en terre bretonne qu'a immortalisée en 1982 l'artiste quimpérois Alain Le Quernec pour une conférence de l'UL CGT sur les luttes sociales en pays bigouden.

Charles Tillon, élu conseiller municipal à Douarnenez avec Daniel Le Flanchec, raconte qu'une ouvrière d'usines de conserverie sur quatre ou cinq était tuberculeuse. « Le mouvement victorieux des femmes d'usine a entraîné les pêcheurs à mieux prendre conscience de leurs droits et qu'en labourant la mer, ils étaient à la source de tout ».

Il est resté des traces profondes de ce beau combat des forçats de la mer dans l'histoire politique et sociale de la région.

Le Guilvinec faisait partie des 5 communes à municipalités communistes du Finistère à la veille du Front Populaire en 1935 avec Treffiagat, Beuzec-Conq, Douarnenez et Concarneau. 

Pendant la guerre, la résistance communiste au Guilvinec fut importante, animée notamment par l'ancien maire Marc Scouarnec jusqu'à son arrestation, Pierre Cossec, Pierre Tanneau, etc.. qui constituèrent une cellule communiste clandestine.

Jean Le Brun, futur maire communiste du Guilvinec fut déporté à Buchenwald. Employé à France Navigation, il faisait passer des armes à l'Espagne République, appartenait au réseau "Orchestre Rouge". Déporté à Buchenwald, Marcel Paul, dirigeant communiste de la Résistance du Camp, le chargea de protéger coûte que coûte Marcel Bloch, le futur Marcel Dassault, l'avionneur qui avait accordé des congés payés aux ouvriers de ses usines avant même le Front Populaire et dont les services étaient jugés nécessaires à la reconstruction de la France par le Parti Communiste. 

De 1945 à 1983, avec les anciens résistants Marc Scoarnec et Jean Le Brun pour maires, Le Guilvinec est restée une mairie gérée par les communistes.

Si le communisme, la « jeunesse du monde » pour reprendre les propos d'Henri Malberg, est toujours une tâche à réaliser et non un patrimoine muséal à gérer, bien sûr, c'est aussi en se tournant vers ce passé du communisme populaire aux fortes traditions locales, et ses combats pour la dignité des ouvriers, des pêcheurs, des travailleurs, pour la liberté de notre pays et la lutte contre l'occupant nazi et les collaborateurs, que l'on tire des leçons d'engagement et de politique.

Ainsi, c'est en mesurant le poids des combats de nos aînés que nous avons jugé nécessaire de faire à nouveau barrage à l'extrême-droite et aux idées rances de Marine Le Pen aux élections présidentielles.

Et avant cela de tout mettre en œuvre pour rassembler et faire gagner une gauche capable de préserver et d'étendre les conquêtes sociales et démocratiques, parce qu'elle affronterait le monde de l'argent. Nous n'avions pas envie que l'on continue à abîmer les services publics, l'hôpital, la sécurité sociale, le droit du travail, à renforcer la pauvreté, la précarité et le chômage avec des politiques pro-finance et inégalitaires.

Nous avons pris nos responsabilités en plaidant pour l'unité de la gauche authentique et en soutenant Mélenchon après un long débat interne et un vote souverain assez partagé de nos adhérents pour tenter de qualifier un candidat de gauche au second tour des Présidentielles.

Nous n'avons pas réussi à gagner notre pari, mais la barre était très haute tant les institutions desservent la gauche d'alternative et tant Hollande et les socialistes qui l'ont soutenu ont une responsabilité écrasante sur le discrédit de la gauche pour une grande partie de nos concitoyens.

Le piège s'est refermé.

Un candidat qui a obtenu 24 % des voix aux premiers tours des présidentielles, qui a bénéficié d'un vote CONTRE au second tour, et d'une résignation aux législatives, va bénéficier de tous les pouvoirs pour mener, avec une majorité hybride et caméléon (ex-PS centristes ou de droite comme Le Drian et écolos centristes, nouveaux venus à En Marche, droite libérale) mais une majorité aux ordres, un projet de gestion de l'économie et de la société au service du big business.

Les forces de l'argent avaient deux fers au feu, Fillon et Macron.

Fillon délégitimé par la radicalité de son programme et de ses appuis de droite extrême, par ses affaires d'enrichissement familial, c'est Macron, soutenu dès le départ par bon nombre de milliardaires, d'actionnaires du CAC 40 et de patron de presse, qui a réussi le tour de force de gagner un projet néo-libéral, austéritaire, et pro-Europe des marchés, minoritaire de notre pays, en réussissant à fédérer différentes fractions de la bourgeoisie et à se faire passer pour le candidat du renouveau, lui dont la politique est promue par les élites depuis 35 ans, lui qui était le conseiller, puis le ministre des Finances, de François Hollande.

Lui qui a inspiré ces cadeaux aux grandes entreprises qu'étaient le CICE et le Pacte de responsabilité, mesures dictées par le MEDEF qui ont coûté 40 milliards d'euros aux finances publiques, avec pour résultat 500 000 chômeurs en plus, 46 milliards de dividendes versés par les entreprises à leurs actionnaires en 2016 (13 % en plus) !

Dans ce contexte difficile, avec un second tour des présidentielles ayant vu l'élimination de la gauche, l'affrontement entre néo-libéralisme et populisme d'extrême-droite, nous regrettons profondément l'attitude de Jean-Luc Mélenchon et de la direction de France Insoumise qui, malgré l'appui des communistes à Jean-Luc Mélenchon aux présidentielles (414 parrainages d'élus communistes pour le candidat), ont préféré joué la concurrence et le cavalier seul aux élections législatives, pour tenter d'installer une nouvelle hégémonie à gauche.

La situation méritait autre chose que des luttes électorales fratricides.

Résultat : une abstention record, un éparpillement des voix, 28 députés communistes et France Insoumise là où nous aurions pu en compter deux fois plus ! La gauche, si l'on compte les députés PS non ralliés à Macron, et qui sont pour l'instant dans une politique de ni-ni très équivoque, ni opposition, ni ralliement au nouveau Bonaparte du monde des affaires, ne compte plus que 64 députés.

Une déroute inédite pour la gauche, à référer à ses moins de 30 % des élections présidentielles : signe d'une dangereuse recomposition en cours, d'un vrai risque de marginalisation, et du poids terrible des logiques anti-démocratiques de la Ve République : personnalisation du pouvoir et des enjeux politiques, toute-puissance du président, dépendance du monde politique par rapport au monde de l'argent, élections législatives transformées en instance de validation des dynamiques des présidentielles, absence de proportionnelle.

Les résultats du PCF ne sont globalement décevants aux législatives, malgré notre implantation militante active tout au long de l'année en dehors des campagnes électorales, des candidats souvent jeunes, issus du monde du travail, élus de terrain au bon bilan, en dehors des régions d'implantation forte, nous ne résistons pas à la vague France Insoumise avec qui nous partageons un espace politique, celui de la gauche de transformation.

Malgré tout, nous avons 12 députés communistes à l'assemblée nationale, dont 9 nouveaux, en comptant Huguette Bello, du PC réunionais. Et nous pouvons formé un groupe autonome avec 4 députés d'outre-mer de gauche. Groupe présidé par André Chassaigne avec les députés de Seine-Maritime Sébastien Jumel et des Bouches-du-Rhône Pierre Darhéville comme porte-paroles.

Ces députés communistes ont déjà commencé à batailler contre le Président de « ceux qui comptent », celui qui regarde de haut « ceux qui ne sont rien » dans les gares, comme ces « illettrées de Gad », celui qui prend ses consignes au MEDEF, ressuscite les préjugés les plus condescendants à propos de nos amis africains, celui qui s'achète une vitrine internationale interlope en invitant Poutine à Versailles, le milliardaire Trump, le fossoyeur du climat, populiste, imbécile et raciste, au 14 juillet, et Netanyahou, le président d'extrême-droite israélien, aux commémorations de la rafle du Velodrome d'Hiver les 16 et 17 juillet : 13 000 juifs, dont 4000 enfants, arrêtés brutalement au petit matin par la police française, entassés au Vel d'Hiv, avant d'être transférés dans les camps de transit, puis dans les camps d'extermination allemand.

Notre regretté camarade Henri Malberg, qui vient de disparaître cette semaine à 87 ans, ancien dirigeant communiste de la fédé de Paris et porte-parole du groupe des élus communistes parisiens, qui a échappé de peu à la rafle du Vel d'Hiv, n'aurait pas aimé que l'on demande à un chef d'Etat brutal, raciste et irresponsable comme Netanyahou d'honorer les victimes juives du fascisme français et allemand, comme si le chef d'Etat d'Israël, engagé dans une politique de colonisation et d'apartheid à droite toute, était le porte-parole des juifs du monde entier.

Défenseurs du peuple à l'assemblée, les députés communistes ont voté contre la confiance au gouvernement Edouard Philippe, ont boycotté le discours d'Emmanuel 1er à Versailles, ils ont combattu, alinéa par alinéa, les 9 articles de la loi travail qui va encore renforcer la remise en cause du code du travail après une loi El Khomri rejetée par 2/3 des français et contre laquelle s'était levé un mouvement social de haute intensité pendant 8 mois.

Cette loi travail rejetée dans ses contours actuels par 60 % des Français qui facilite les licenciements économiques, réduit les pouvoirs d'intervention des syndicats, dénature les CDI, réduit les indemnités versés par les patrons en cas de licenciement injustifié, créant un véritable droit au licenciement abusif. Elle fait disparaître le CHSCT.

Nos parlementaires ont aussi porté dans ce débat l'exigence de la réduction du temps de travail (passage à 32h pour 2021)

Ils ont voté contre les nouvelles exonérations d'ISF (3 à 4 milliards d'euros à partager pour les riches), le maintien de la TVA à 21 %, la hausse de la CSG qui va durement frapper les retraités et continuer à détruire les fondements de la Sécu, basée sur le prelèvement sur les richesses produites dans l'entreprise.

46 % des baisses d'impôts voulues par Macron vont profiter aux 10 % de Français les plus riches a révelé le magazine Capital la semaine passée.

Nos parlementaires ont voté pour la suppression des emplois familiaux, pour que les élus condamnés pour des abus de biens sociaux deviennent inéligibles. Ils ont rejeté l'inscription dans la loi des mesures d'exception de l'état d'urgence qui menacent aussi tous ceux qui s'engageront dans la contestation sociale, les syndicalistes notamment.

Je pourrais continuer longtemps à illustrer la combativité des élus communistes, qui, dans l'ensemble, dans l'histoire, à quelques exceptions près, sont ceux qui n'ont jamais trahi les travailleurs et les classes populaires, ceux qui ont voulu faire du respect de la dignité du peuple et de l'accès de tous aux droits essentiels un objectif de civilisation dans les Palais de la République.

Toutefois, le vrai défi, c'est de faire monter la résistance populaire à Macron et à ses politiques capitalistes, et dès maintenant d'organiser la reconstruction sur de nouvelles bases d'une gauche conquérante et rassembleuse, travaillant pour l'intérêt commun, avec un projet tenant compte des évolutions de la société et des nouvelles attentes sociales, mais ne désertant pas les piliers historiques du projet de gauche que sont la défense des exploités, l'égalité des droits, la volonté de combattre les prédations capitalistes, la laïcité, la Paix.

Le Parti Communiste se croit utile à réaliser cet objectif de part son histoire, ses valeurs, ses idées, ses milliers de militants et d'élus.

Le capitalisme financier et mondialisé n'a jamais été si brutal, si manifestement une force de régression qu'aujourd'hui quand 8 hommes les plus riches de la planète possède autant que la moitié de l'Humanité, quand les 20 milliardaires les plus aisés de France possèdent autant que 40 % des Français (étude d'OXFAM en 2016).

Nous devons travailler aussi de son côté à réveiller une perspective d'espoir et de société non soumise à l'argent et au capitalisme, à repenser notre stratégie, notre communication, notre présence et notre organisation militante, nos propositions, pour contourner le « mur ou du mépris du silence » des médias publics ou privés, et ne pas laisser aux seules forces populistes et bonapartistes le terrain.

Ce sera l'objet notre congrès extraordinaire en 2018.

Merci de votre attention et bonne fête !

 

Alain Le Quernec - Luttes sociales en pays bigouden, affiche commémorant les grèves des ouvrières des sardineries du pays bigouden en 1926 réalisée pour une conférence de l'UL CGT de Pont L'Abbé

Alain Le Quernec - Luttes sociales en pays bigouden, affiche commémorant les grèves des ouvrières des sardineries du pays bigouden en 1926 réalisée pour une conférence de l'UL CGT de Pont L'Abbé

Photos de Caroline Berardan de cette belle fête du Travailleur de la Mer.

Le Guilvinec, 15 juillet 2017, fête du Travailleur Bigouden: Discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la fédération PCF du Finistère
Le Guilvinec, 15 juillet 2017, fête du Travailleur Bigouden: Discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la fédération PCF du Finistère
Le Guilvinec, 15 juillet 2017, fête du Travailleur Bigouden: Discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la fédération PCF du Finistère
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Le Guilvinec, 15 juillet 2017, fête du Travailleur Bigouden: Discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la fédération PCF du Finistère
Le Guilvinec, 15 juillet 2017, fête du Travailleur Bigouden: Discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la fédération PCF du Finistère
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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 08:31
Fête de l'Huma Bretagne 2017: les 25 et 26 novembre à Lanester
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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 11:43
Henri Malberg, une figure du Paris populaire et du combat communiste (Pierre Laurent, 13 juillet 2017)

Henri Malberg, une figure du Paris populaire et du combat communiste

 

Henri Malberg nous a quittés ce matin du 13 juillet dans sa 87ème année. A la tristesse qui nous envahit, se mêlent aussitôt toutes les joies que nous avons partagées et qui ont fait sa vie militante. Lui, l’enfant de Belleville, le militant du bonheur, est donc parti un jour de bal populaire du 14 juillet et nous danserons ce soir avec son souvenir au coeur.

 

Henri Malberg a grandi dans le XXème arrondissement de Paris, un quartier populaire qu’il n’a jamais quitté et dont il a été un élu communiste respecté de tous pendant plus de trente cinq ans. Voilà un homme qui aurait été un grand maire du XXème arondissement !

 

Issu d’une famille immigrée juive, il a 12 ans quand il échappe de justesse avec les siens à la rafle du Vel d’Hiv en se cachant. Ces vingt dernières années, il a beaucoup oeuvré à transmettre la mémoire de ces événements tragiques, notamment depuis 2001 aux côtés de Catherine Vieu-Charier à la mairie de Paris. A la Libération, il rejoint la Jeunesse Communiste où il milite aux côtés d’Henri Krasucki, de Paul Laurent et tant d’autres, qui resteront des amis et des camarades de combat pour toujours. C’est là aussi qu’il rencontre Francine avec laquelle il se marie. Ils auront deux filles, Joëlle et Christine.

 

Jeune ouvrier, Henri devient très vite un dirigeant reconnu d’abord de la Jeunesse Communiste, puis du Parti communiste. Au début des années soixante, il devient le secrétaire de Waldeck Rochet qui va succéder à Maurice Thorez au secrétariat général du Parti. A la fédération de Paris, il est responsable du travail en direction des intellectuels et est le secrétaire de la section du Vème arrondissement dans le Quartier Latin au coeur des évènements de mai-juin 68. Elu au Comité central en 1972, il devient secrétaire de la fédération de Paris après la crise que traverse cette fédération en 1978 et qui voit le départ d’un de ses proches, Henri Fiszbin. Il sera de nombreuses années le président du groupe communiste à l’Hôtel de Ville et dirigera les revues France nouvelle puis Regard.

 

Tout au long de sa vie, Henri aura été un homme d’ouverture, inséparablement ouvrier et intellectuel, oeuvrant activement aux transformations de son parti à partir des années 70, mais toujours attaché à l’existence et au développement de son parti, auquel il tenait plus que tout, de manière « incorrigible » comme il l’a écrit dans son dernier livre.

 

Henri Malberg a été pour moi plus qu’un dirigeant. Nous étions proches dans la vie et nous partagions l’amour du Paris populaire. Il aimait parler politique et je ne manquais jamais d’écouter ses conseils politiques avisés, toujours plein de bon sens et d’optimisme, même quand nous n’étions pas d’accord. Henri savait faire confiance, singulièrement à la jeunesse, et il croyait avec raison à l’avenir de nos idées communistes.

 

Nous perdons un grand homme, un communiste qui restera gravé dans nos mémoires et auquel nous devons le serment de continuer le combat auquel il a tant donné. J’aimais Henri pour tout ce qu’il était, pour sa joie de vivre et sa profonde humanité, pour son intelligence et sa culture, pour ses idées et ses combats, pour son désir de toujours avancer.

 

J’adresse à Marine et Zoé, ses deux petites-filles, toutes mes condoléances et mon affection la plus chère.

 

Paris, le 13 juillet 2017

Henri Malberg, une figure du Paris populaire et du combat communiste (Pierre Laurent, 13 juillet 2017)
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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 07:18
Décès d'un ancien dirigeant communiste de Paris, Henri Malberg
Décès d'un ancien dirigeant communiste de Paris, Henri Malberg

On apprend aujourd'hui le décès d'Henri Malberg, ancien dirigeant de la fédération communiste de Paris et membre de la direction nationale, animateur de la société des Lecteurs de L'Humanité, qui est resté jusqu'au bout un militant communiste de conviction, persuadé du rôle que pourrait continuer à jouer le Parti Communiste au service des conquêtes populaires dans l'avenir.  

Avec ses parents, Henri Malberg, juifs polonais, avait échappé de peu à la rafle du Vel d'Hiv. La famille de Malberg se cache pendant toute la guerre et à la Libération, Malberg retrouve son quartier de Belleville où il milite à la JC avec les résistants qui viennent de libérer Paris. 

"Mes camarades du cercle de la JC, qui venaient aux réunions avec encore un revolver dans la poche, racontaient les barricades, on en dénombra 600, et l’entrée de l’armée de Leclerc dans une capitale enfin libre. En même temps que nous parlions politique, nous étions comme tous les jeunes, nous chahutions, nous draguions, nous allions au cinéma, au théâtre, et puis aussi nous nous instruisions. J’avais douze ans lors du Vél’d’Hiv, après je ne suis jamais retourné à l’école. Alors, je peux dire qu’avec les cours d’histoire ou de philo de l’université populaire, la JC a été mon université à moi. » « Avec le recul, je crois que je n’ai pas changé. Je suis toujours le gamin qui a souffert, qui a évité de peu Auschwitz, qui a été ouvrier en usine, qui a découvert l’engagement en politique, qui continue à penser qu’il a fait les bons choix, qui est toujours passionné par la politique, qui dit avoir beaucoup appris, mais qui continue à imaginer que le communisme est un morceau de l’avenir du monde" (Henri Malberg en 2014)

Nous rendons hommage à la vie d'engagement d'Henri Malberg, marquée par l'intelligence, la fidélité, la camaraderie, et l'espoir conservé de l'émancipation humaine.     

Décès d'un ancien dirigeant communiste de Paris, Henri Malberg
 
La belle aventure d’une vie dédiée à l’émancipation
Un livre à la fête
MERCREDI, 10 SEPTEMBRE, 2014
L'HUMANITÉ
Photo : DR

"Incorrigiblement communiste", d'Henri Malberg, aux éditions de l’Atelier, 203 pages, 16 euros. Entretiens avec Henri Malberg pour une grande traversée critique de son siècle.

«J e ne prétends pas à l’objectivité. Le XXe siècle dont nous héritons pour le meilleur et pour le pire rend l’avenir imprévisible et tout témoignage incertain », affirme Henri Malberg dans le livre d’entretiens avec deux jeunes journalistes, Céline Landreau et Antonin Vabre, que publient les Éditions de l’Atelier. À plus de quatre-vingts étés, celui qui fut membre de la direction nationale du PCF, secrétaire de la fédération parisienne du même parti, responsable de publications communistes et, aujourd’hui encore, animateur de la Société des lectrices et lecteurs de l’Humanité, n’avait pas l’intention de « publier des mémoires ». Pari tenu.

Il préfère évoquer « une très belle aventure (car) travailler à une société meilleure est un très bel objectif de vie », avant de mettre les points sur les i concernant son engagement : « Le communisme fait partie du mouvement en avant qui n’en finira jamais d’être porté par les humains. » Alors, au-delà de quelques touches intimes, quand il raconte par exemple que ses parents, juifs polonais, ont échappé de justesse à la rafle du Vél’d’Hiv, Henri Malberg se retourne sur les grands chambardements de l’histoire qu’il a souvent côtoyés de l’intérieur, si l’on peut dire. Comme l’effondrement de l’URSS, qui résonne encore dans sa mémoire. Mais sans fleurs ni couronnes. « Le système soviétique a résisté, souvent fait des choses merveilleuses et souvent aussi, des choses horribles. Mais il n’a pas réussi à se réformer. Il est resté un système bloqué, aux dirigeants bornés et dogmatiques, sans culture politique vivante… », dit-il. 
 
Quand vient, dans les années soixante-dix, le temps du programme commun de gouvernement en France avec le PS et le MRG, avec « des milliers et des milliers d’adhésions » au PCF sur cette dynamique, puis « l’immense espoir qui s’est télescopé avec la réalité » des divergences de fond entre les deux formations. Cette époque est aussi celle de l’affaire Fiszbin, du nom du premier dirigeant du Parti à Paris, qui agita les communistes français alors. « Il aurait fallu résoudre la question comme nous le faisons aujourd’hui avec une certaine réussite, avancer ensemble, accepter à tel ou tel moment des différences de points de vue stratégiques, et construire en marchant une cohérence choisie à la majorité. » Pour autant, Henri Malberg – et qui le connaît ne s’en étonnera pas – se garde bien de faire la leçon. Même quand il critique, sans nuance, au final, l’arrivée de François Hollande et la porte laissée ouverte au capitalisme brutal, il ne lâche pas le fil de sa pensée. « On ne fera pas bouger la société seulement par le haut, l’État, les institutions, les élections. En même temps, il faut 
que se développe un puissant mouvement, venu d’en bas, du peuple 
lui-même. » Incorrigible. C’est lui 
qui l’a dit. G. R.
Henri Malberg retrouve le logement familial abandonné lors de la rafle du Vél’d’Hiv
La Libération par ceux qui l'ont vécue
GÉRALD ROSSI
MARDI, 12 AOÛT, 2014
L'HUMANITÉ
Albert Facelly pour l'Humanite.

Longtemps conseiller de Paris, président du groupe communiste, Henri Malberg avait échappé de peu à la rafle du Vél’d’Hiv avec ses parents, juifs émigrés de Pologne. De retour dans la capitale libérée, il adhère aux Jeunesses communistes dans son quartier de Belleville.

Autour du camp de Douadic, en 1944, près de la commune du Blanc, dans le département de l’Indre, des fils de fer barbelés marquent les limites à ne pas franchir. Ici, dans de pauvres baraques sont parqués quelques centaines d’étrangers, de juifs, de prostitués, victimes de rafles policières, de consignes pétainistes, de dénonciations… Douadic, entre Poitiers et Châteauroux, est une antichambre des camps de la mort nazis. « Une zone de stockage. » Depuis deux années, le jeune Henri, bientôt quatorze ans, vit là avec son père et sa mère, lui né en France, eux en Pologne. « Nous n’avons pas connu un jour unique de libération , se souvient Henri Malberg, mais depuis l’annonce du débarquement du 6 juin, nous constations que tout se délitait. » Rapidement, les gardiens, tous des Français, n’ont plus rien gardé. Les portes du camp sont restées ouvertes. « Nous avions des informations qui circulaient sur ce qui se passait ailleurs, certains écoutaient Radio Londres, et avec des copains, on suivait aussi l’avancée de l’Armée rouge sur des cartes. Nous étions une poignée de jeunes, les plus grands avaient dix-huit ans, et comme à partir de ce moment, grâce à la Résistance, on pouvait trouver des armes facilement, même dans le camp, nous nous sommes tous armés ; certes, par la suite, aucun d’entre nous n’a jamais tiré un seul coup de feu. Nous aurions pu, car nous avons appris l’arrivée de la sinistre division Das Reich, qui s’était illustrée dans les massacres de Tulle et d’Oradour-sur-Glane. Nous étions prêts à défendre nos parents. » Les soldats passent finalement à 30 kilomètres du camp. Rétrospectivement, Henri Malberg n’a aucun doute, « s’ils avaient débarqué à Douadic, ils nous auraient tous abattus ».

« Quand mes parents, qui portaient l’étoile jaune, ont assisté aux arrestations, ils se sont cachés »

Puis c’est la fin. La fermeture du camp est organisée. « On nous donne des billets de train pour le retour à Paris, dans notre quartier de Belleville », abandonné brutalement après la rafle du Vél’d’Hiv, des 16 et 17 juillet 1942. « Je revois ma mère à cette époque, arrivant essoufflée d’avoir couru dans les rues, et me disant “Henri, Henri, on va partir”. Coup de chance, quand mes parents, qui portaient l’étoile jaune, ont assisté aux arrestations, ils se sont cachés. Plus tard, nous arrivions en zone sud, qui n’était alors pas occupée. Là, mes parents ont trouvé du travail chez un comte et une comtesse qui avaient baptisé leur sixième garçon Philippe, à la gloire du Maréchal. Je me souviens que la comtesse pesait les pommes de terre crues avant épluchage puis après, afin de vérifier que maman n’en avait pas volé une. Mais, en même temps, ces gens nous ont sauvé la vie… Puis une famille de vignerons nous a délivrés de ce servage et nous a offert un merveilleux asile jusqu’à ce que, sans doute à la suite d’une dénonciation, les gendarmes nous conduisent au camp. »

Octobre 1944.

Les retrouvailles avec la capitale ne sont pas faciles. « Nous vivions à l’hôtel, nous n’avions plus de meubles, plus rien à part le petit atelier au fond d’une cour, où mon père travaillait le cuir. » Dans cette rue de Belleville, où en juin 1940 le jeune Henri se souvient « d’avoir vu défiler, comme à la parade, une colonne de camions remplis de soldats allemands faisant leur entrée dans Paris après la capitulation », voilà qu’il rencontre d’anciens copains. « Très vite, l’un d’eux me propose de rejoindre les Jeunesses communistes. J’ai dit oui immédiatement, tellement cela me paraissait naturel. C’est le moment de la bifurcation de ma vie d’enfant vers celle d’adulte. Mes parents, d’honnêtes braves gens, n’étaient pas politisés, mais ils ont été heureux, des années plus tard, quand j’ai été élu conseiller de Paris, président du groupe communiste. »

À l’heure de la Libération, et aujourd’hui encore, Henri Malberg dit combien le touche la phrase du général de Gaulle : « Paris libéré par lui-même », où il voit les couleurs « de l’insurrection avec l’embrasement de la nation. Certes, il y eut la collaboration, la masse du peuple a subi, rongé son frein, mais il s’est soulevé en masse ». Il insiste : « Attention, je n’ai rien d’un héros, je n’étais qu’un gamin dans la tourmente, mais je sais que c’est le peuple parisien qui a libéré la capitale, et j’en mesure depuis tout le sens, l’héritage de la Révolution, de la Commune, du Front populaire… Mes camarades du cercle de la JC, qui venaient aux réunions avec encore un revolver dans la poche, racontaient les barricades, on en dénombra 600, et l’entrée de l’armée de Leclerc dans une capitale enfin libre. En même temps que nous parlions politique, nous étions comme tous les jeunes, nous chahutions, nous draguions, nous allions au cinéma, au théâtre, et puis aussi nous nous instruisions. J’avais douze ans lors du Vél’d’Hiv, après je ne suis jamais retourné à l’école. Alors, je peux dire qu’avec les cours d’histoire ou de philo de l’université populaire, la JC a été mon université à moi. » « Avec le recul, je crois que je n’ai pas changé. Je suis toujours le gamin qui a souffert, qui a évité de peu Auschwitz, qui a été ouvrier en usine, qui a découvert l’engagement en politique, qui continue à penser qu’il a fait les bons choix, qui est toujours passionné par la politique, qui dit avoir beaucoup appris, mais qui continue à imaginer que le communisme est un morceau de l’avenir du monde. » Sans jamais oublier Douadic.

 

Henri Malberg publie à la fin de l’été Incorrigiblement communiste, aux Éditions de l’Atelier. L’ouvrage sera notamment présent à la Fête de l’Humanité. En librairie le 11 septembre.
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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 06:49
Décès de notre camarade Raymond Gouiffès, ancien délégué central d'entreprise chez Doux et syndicaliste à Père Dodu: hommage de la fédération du PCF du Finistère et de la section de Scaër

Décès de Raymond Gouiffès

La Fédération du Finistère du Parti communiste français, la section PCF de Scaër, s'inclinent devant la mémoire de Raymond Gouiffès, homme de dialogue et de conviction, membre du Parti communiste militant syndical CGT de l'agro-alimentaire, décédé le 1er juillet 2017 et s'associent à la peine de la famille.

Raymond était un militant disponible et à l'écoute qui jusqu'au bout nous a éclairé sur la situation de l'agro-alimentaire finistérien. 

Décès de notre camarade Raymond Gouiffès, ancien délégué central d'entreprise chez Doux et syndicaliste à Père Dodu: hommage de la fédération du PCF du Finistère et de la section de Scaër
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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 06:42

Energie : 10 ans d'ouverture à la concurrence des marchés pour les particuliers, personne n'y comprend rien!


Ce 1er juillet, l'ouverture à la concurrence des marchés pour les 32 millions de clients particuliers célèbre ses dix ans. Un triste anniversaire, avec de graves conséquences sociales sur l’emploi et les conditions de travail, qui n’a, dans les faits, permis que des hausses des prix de l’énergie fragilisant ainsi les plus modestes. Aujourd’hui, on compte 12 millions de citoyens en situation de précarité énergétique, un chiffre en forte hausse.
Le modèle énergétique dessiné ne s’inscrit plus dans la logique d’une production qui s’adapte et répond aux besoins au risque de créer des situations catastrophiques de pénurie. Cette course effrénée à la concurrence entre les énergéticiens ne remet-elle pas à plus tard l’effort nécessaire pour sortir des énergies fossiles et réaliser la transition énergétique ?
En réalité, cette déréglementation du secteur énergétique à l’oeuvre depuis plus de vingt ans par l’Europe libérale n’a été que gâchis financiers, complexification et désoptimisation. Et ce dans le but d’en finir avec un système intégré de la production jusqu’à la commercialisation en passant par les réseaux de transport et de distribution, système qui jusque là a fait ses preuves.
Cela s’est traduit par une mise à mal du Service Public.
Aujourd’hui encore, les fanatiques du tout marché revendiquent encore la suppression de la dernière barrière de protection des usagers : la fin des tarifs réglementés. Partout en Europe où les tarifs réglementés ont été supprimés, les gens ont vu leur facture s’envoler.
Les filières énergétiques françaises doivent faire l'objet d'un plan de développement industriel
ambitieux bien loin de la logique financière qui prévaut aujourd’hui. L'heure est la donc à la
reconstruction d’un véritable service public de l’énergie sur lequel le gouvernement français doit s’engager.
Le Parti Communiste prône la maîtrise publique du secteur de l’énergie par la création d’un pôle public qui permettrait de coordonner et fédérer toutes les entreprises du secteur pour la mise en oeuvre d’une politique énergétique visant le progrès social et répondant aux grands défis écologiques posés en ce début de 3ème millénaire.

Parti communiste français
vendredi 30 juin 2017

Energie: 10 d'ouverture à la concurrence des marchés pour les particuliers, personne n'y comprend rien!
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