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6 mars 2018 2 06 /03 /mars /2018 09:35
Bilan des élus Front de Gauche et PCF au Parlement européen - Patrick Le Hyaric, député européen PCF-Front de Gauche sera à Carhaix pour des rencontres et une réunion publique le samedi 28 avril 2018
Patrick Le Hyaric, député européen PCF-Front de Gauche

Patrick Le Hyaric, député européen PCF-Front de Gauche

Marie-Pierre Vieu (députée européenne PCF-Front de Gauche)

Marie-Pierre Vieu (députée européenne PCF-Front de Gauche)

Marie-Christine Vergiat (députée européenne Front de Gauche)

Marie-Christine Vergiat (députée européenne Front de Gauche)

               CE QU'IL EST POSSIBLE D'OBTENIR AU PARLEMENT EUROPÉEN SI...

 

Le Parlement européen a des prérogatives limitées, voire nulles, dans certains domaines, comme la politique extérieure ou la défense, ou encore la fiscalité : les États membres, initiateurs des traités européens, ont veillé à en conserver une totale maîtrise. Par ailleurs, notamment depuis la crise financière de 2008, suivie de la crise de la zone euro, les États les plus riches -au premier rang desquels l'Allemagne, qui se voit comme la principale "créancière de l'Europe"- se sont arrogé, aux côtés de la Banque centrale européenne, de plus en plus de pouvoirs en matière de "gouvernance économique" pouvant aller jusqu'à la mise sous tutelle d'un État dépendant de leur "assistance" financière (cf. la Grèce).

Ces évolutions scandaleuses et révoltantes ont eu pour effet pervers de faire oublier les prérogatives bien réelles du Parlement européen, en particulier en matière d'élaboration et d'adoption -ou de rejet- des "directives" ou des "règlements" européens. Rappelons, en effet, que la plupart de ces "lois" européennes auxquelles nous nous heurtons si souvent dans la vie quotidienne n'existent que parce qu'une majorité de parlementaires européens les a adoptés avec ce contenu ! Sans un accord -à la virgule près- entre le Parlement européen et le "Conseil" (les représentants des gouvernements), ce type de directive ne s'appliquerait tout simplement pas !

L'expérience montre à cet égard que, même minoritaires, des parlementaires déterminés à prendre appui sur des mobilisations populaires suffisantes, peuvent remporter des victoires spectaculaires. Parmi les exemples emblématiques de tels succès, citons la mise en échec , à deux reprises, du projet de la Commission de casser le statut des dockers (2003 et 2006) ou le rejet du projet de directive visant à légaliser en Europe  la pratique américaine des "brevets logiciels" réclamés par les lobbys des multinationales (2005) . Quant à directive sur laquelle se fonde le gouvernement Macron-Philippe pour justifier la "réforme" de la SNCF, elle avait failli -à 24 voix près sur 704 votants ! - être bloquée en décembre 2016...Comme quoi les premiers perdants d'une sous-estimation de l'utilité de députés franchement de gauche au Parlement européen, ce sont les travailleurs et les citoyens en général.

 

De l’utilité des élus Front de Gauche/PCF au Parlement Européen

 

Les élus français au sein du groupe de la Gauche Unitaire Européenne-Gauche Verte Nordique (GUE-NGL) : Lors des dernières élections européennes en 2014, nous avons élu 3 député-es sur les listes Front de Gauche : Patrick Le Hyaric, Marie-Christine Vergiat et Jean-Luc Mélenchon. La composante française du groupe a été renforcée par Younous Omarjee, de l’Alliance des Outre-Mers. Ces deux derniers élus décident de se séparer du Front de Gauche pour travailler dans le cadre de la France Insoumise. En juillet 2017, suite à l’élection de Jean-Luc Mélenchon au niveau national, Marie-Pierre Vieu devient députée européenne.

Au niveau européen, le groupe ressort renforcé de ces dernières élections avec 52 députés de 14 pays différents et 19 délégations. Il accueille ainsi de nouvelles forces politiques à l’image de Podemos (Espagne), de l’Altra Europa con Tsipras (Italie), Bildu (Pays-Basque) ou du parti des animaux (Allemagne et Pays-Bas) et est présidé par Gabi Zimmer (Die Linke). Marqué par son caractère confédéral (c’est à dire respectant et protégeant les diversités d’identités de ses membres), le groupe GUE-NGL est le seul groupe du Parlement à lutter constamment, et depuis le début, contre les plans d’austérités, les politiques macroéconomique et ultra-libérales de l’UE, et à prôner l’idée d’une autre Europe respectueuse des peuples.

 

Le Parlement Européen, seule institution élue de l’UE semble souvent bien éloigné des préoccupations des citoyens, a fortiori pour ceux et celles, qui ont une vision très critique de la construction européenne actuelle. De là à se poser la question de l’intérêt d’avoir des élus à ce niveau, il n’y a qu’un pas, trop vite franchi parfois y compris chez nos camarades.

Pourtant, pendant cette législature, nos élu-e-s se sont efforcé-e-s d’être les plus utiles possible aux combats que nous pouvons mener, aux citoyen-ne-s français-es et européen-ne-s en général. Ils ont permis d’obtenir des avancées concrètes en termes de travail parlementaire, d’amendements ou de résolutions. Plus largement, le rôle de nos élu-e-s tient à quatre piliers principaux et pourrait s’exprimer par les points suivants.

 

  1. Etre les porte-paroles du mouvement social et de la gauche de transformation sociale au sein des institutions. En effet, nos élus, par leur travail au sein du groupe GUE-NGL, porte une autre voix au sein des institutions : une voix profondément anti-austéritaire. Rappelons que la GUE-NGL est le seul groupe à avoir constamment voté contre les plans d’austérités et la casse des services publics et que nos élu-e-s sont au cœur de ces batailles.

 

  1. Pousser les contradictions. Nous le savons, les solutions prônées par les tenants du système néolibéral s’exprimant au Parlement par l’alliance des « grands groupes » (Libéraux, Droite et Social-démocrate), sont non seulement dangereuses pour les populations mais ne permettent pas de répondre aux objectifs qu’ils ont eux-mêmes énoncés. Le dogme libéral du libre-échange et de de la concurrence à tout va est un échec en termes de sortie de crise d’une part, de poids de l’UE sur la scène internationale d’autre part, et de débouchés en terme d’emplois, de consommation ou de respect des normes internationales (comme pour l’accueil des migrants) sans parler des défis en termes environnementaux… Nos élu-e-s sont là pour dénoncer ces politiques et pointer du doigt les contradictions d’un système qui peine de plus en plus à se survivre. Par exemple, dans la dernière période, les questions d’évasion et d’optimisation fiscale, où la Commission, tout en soulevant ces questions face aux diverses scandales type Panama Papers (on estime à  1 000 milliards d’euros les pertes pour les Etats de l’UE), est incapable ne serait-ce que de faire respecter les règles dont elle s’est elle-même dotée (car il faudrait pour cela sortir de l’institutionnalisation de la concurrence fiscale entre Etats qui est en grande partie due à l’action de la Commission elle-même).

 

  1. Permettre la diffusion de l’information. Nos élu-e-s sont de véritables lanceurs d’alertes sur des politiques qui, bien que semblant éloignées de nos préoccupations,touchent tous les jours notre vie quotidienne. Face à des institutions souvent volontairement opaques tout particulièrement au niveau  de la Commission ou du Conseil représentant les Etats Membres, il faut faire connaître les mauvais coups qui se préparent afin de d’organiser la mobilisation. A cette fin, nos élu-e-s sont d’une part constamment en contact avec les associations, les syndicats…afin de les prévenir et travailler avec eux sur les dossiers en cours au sein de l’UE. Ils nous permettent également de décrypter le projet européen actuel que ce soit en termes de libre échange (c’est le cas du travail de Patrick Le Hyaric sur le TAFTA par exemple), sur les questions de droits de l’Homme ou de migrations (cf. le travail de Marie-Christine Vergiat) ou sur la question des services publics (cf. le travail de Marie-Pierre Vieu).

 

  1. Construire l’alternative au niveau européen. Notre présence est indispensable à la consolidation de nos liens au niveau européen avec les différents partis politiques et à l’organisation d’un groupe parlementaire fort et clair sur ses ambitions progressistes.  C’est pour nous un moyen de construire une alternative crédible au niveau européen et un moyen de développer des convergences entre les organisations politiques permettant de peser dans le rapport de forces.

Outre ces quatre rôles que nous pouvons valoriser dans le bilan de nos élu-e-s, il est important ici de parler de méthode de travail. Les communistes et leurs allié-e-s ne se satisfont pas d’une « pseudo démocratie représentative » où une fois élus, les parlementaires auraient un chèque en blanc pendant 5 ans. A l’inverse de cette vision, nous avons toujours défendu l’idée d’élu-e-s de terrain, proches et utiles aux populations. Cela s’exprime, y compris, au niveau parlementaire par le travail régulier, notamment en termes d’amendements, de résolutions, de prises de position…avec nos partenaires au niveau national, européen, international. C’est à notre sens cette vision des choses qu’il faudra continuer à porter pour et après les futures élections. La politique ne peut pas, et ne doit pas se faire sans nous ! Pour cela, il nous faut des élu-e-s qui nous permettent de nous exprimer, de nous mobiliser et de porter haut les couleurs d’une Europe des peuples et de la solidarité en lieu et place de la construction européenne actuelle.

 

Bilan des élu-e-s au Parlement Européen

Patrick Le Hyaric

Vice-président du groupe de la Gauche unitaire européenne-Gauche verte nordique, Patrick Le Hyaric porte régulièrement en séance et dans les commissions parlementaires le combat contre l’austérité et ses outils européens (Semestre européen, MES).

Il a permis d’obtenir la remise en place du fonds européen d’aide aux plus démunis, travaillé et obtenu la pérennisation de la Garantie jeunesse.

Il a fait voter en début de mandat un rapport demandant une adoption rapide de la Convention de l’Organisation Internationale du Travail sur le travail forcé qui avait fait grincer des dents chez les libéraux pour son plaidoyer en faveur des droits du travail. Depuis, le Conseil l’a adopté et 12 pays européens dont la France ont ratifié ce texte.

Sur le dossier du détachement des travailleurs, il a défendu une égalité complète de droits entre détachés et locaux. Il a fait avancer par ses amendements et interventions l’inclusion des responsabilités légales aux pratiques des sous-traitants et a proposé la création d’un corps européen d’inspecteurs du travail pour que ces droits soient respectés. La Commission vient d’ailleurs de faire une proposition d’agence européenne du travail qui reprend en partie cette idée.

Il a largement aidé aux mobilisations contre le grand marché transatlantique (TAFTA), contre le traité sur les services (TISA), tout en menant la bataille pour changer des contenus du traité avec le Canada. 

En lien avec des associations et syndicats africains, il révèle et agit contre le projet de libre-échange entre l’UE et 16 pays d’Afrique de l’Ouest.

Il défend régulièrement le monde agricole en interpellant la Commission par le biais de nombreuses questions écrites dénonçant l’ouverture totale des marchés agricoles, leurs conséquences sur les petits paysans et y opposant un système de prix rémunérateurs pour leurs productions.

En tant que membre de la commission d’enquête sur les Panama Papers, c’est tout un travail de sensibilisation sur le rôle des lanceurs d’alerte qui a été mené, aboutissant à la demande du Parlement de créer un statut spécial les protégeant. Il a fait voter par le Parlement européen (le 11 novembre 2017) le projet d’une conférence internationale sur la lutte contre l’évasion fiscale.

En parallèle de ses activités en commissions parlementaires, il a mené de nombreux combats, comme son initiative « rendez l’argent aux grecs » lancée le 12 octobre 2017 en réponse aux profits réalisées par la BCE sur la dette grecque, ou les multiples rencontres organisées avec des syndicalistes aux Parlement européen pour y porter leurs combats : contre le projet de libéralisation du marché de l’énergie, contre la privatisation des barrages, en soutien aux travailleurs de Caterpillar, avec les salariés de Holiday Inn et en faisant le lien avec toutes les salariées d’hôtels en Europe.

Le 17 décembre 2014, il a porté et défendu  une résolution du Parlement européen adoptée à une large majorité pour la reconnaissance de la Palestine, et désormais c’est l’octroi de préférences commerciales aux produits provenant des colonies qui le font intervenir auprès de la Commission pour faire respecter le droit international.

 

Marie-Christine Vergiat

Militante des droits de l’Homme depuis plus de 30 ans, durant ce second mandat, Marie-Christine Vergiat a été membre des commissions "libertés civiles", "affaires étrangères", de la sous-commission des droits de l’Homme et de la commission spéciale sur le terrorisme.

Son action s’est notamment focalisée sur les enjeux migratoires et la défense des droits de l'Homme en Europe et dans le monde en liens réguliers avec les ONG européennes et internationales.  Elle refuse l’instrumentalisation de ces questions à des fins politiques et le deux poids, deux mesures trop souvent à l’œuvre au sein du Parlement européens. Elle se bat  pour le respect des droits des peuples trop souvent spoliés par les intérêts étrangers qu’ils soient économiques, politiques ou diplomatiques. Dans les nombreuses résolutions qu’elle a portées, elle a insisté et fait adopter des amendements portant en particulier sur la liberté de croire ou ne pas croire, sur les défenseurs des droits de l’Homme et de l’environnement, des journalistes et des minorités ainsi que  sur la responsabilité des entreprises européennes dans les atteintes aux droits de l’Homme des pays tiers, notamment en termes d’accaparement des terres, d’exploitation des travailleurs ou de financement des conflits.

Elle a notamment été l’auteur d'un rapport du Parlement européen sur « Les droits de l'Homme et la migration dans les pays tiers » adopté en octobre 2016 par 339 voix contre 333 et 25 abstentions. Ce texte analyse les évolutions globales des migrations pour mieux contextualiser les enjeux et lutter contre les fantasmes qui alimentent les peurs avant de proposer des approches acceptables partout dans le monde respectant les droits des migrants quels que soient leur statut. Elle a fait inscrire dans plusieurs résolutions du Parlement européen La nécessité pour les Etats membres de l’UE de ratifier la convention pour les travailleurs migrants et leurs familles.

Elle a poursuivi son engagement pour la protection des données personnelles dans le contexte du contrôle renforcé des frontières et de la lutte contre le terrorisme, pour la défense de l'Etat de droit et des libertés fondamentales notamment en Hongrie où les dérives autoritaires semblent servir de modèle à un nombre croissant d'États en Europe.

Pour ce qui concerne les violations des droits de l'Homme dans le monde, elle s'est mobilisée contre la répression Turquie en tant que vice-présidente du groupe d'amitiés avec le peuple kurde, auprès de nos camarades du HDP, mais aussi dans la Corne de l'Afrique et en Afrique du Nord sans oublier son soutien continu à la transition démocratique en Tunisie et aux mouvements sociaux au Maroc, pays où elle se rend régulièrement apporter son soutien aux forces progressistes.

 Elle a poursuivi ses actions en faveur de l’économie sociale et solidaire comme coprésidente de l'intergroupe consacré à ces questions et a co-organisé deux Forums de l’économie sociale et solidaire de la GUE/NGL rassemblant des acteurs de toute l’Europe pour promouvoir ces autres formes d'économie.

 Elle s'est aussi engagée dans le Progressive caucus et pour le Forum européen de Marseille considérant que le rassemblement des Gauches alternatives est le seul moyen de lutter efficacement en Europe contre la montée des nationalismes, des populismes et des extrêmes droites.

 

 

Marie-Pierre Vieu

Députée européenne de la région Occitanie depuis juillet 2017, en remplacement de Jean-Luc Mélenchon, membre de la direction du PCF en charge des relations extérieures, Marie-Pierre Vieu est une élue de terrain qui fait le lien entre les luttes locales et les enjeux européens. Héritant de son prédécesseur la commission budget, elle siége également à la commission des transports et du tourisme. Elle est membre de la plateforme de dialogue Union Européenne – Catalogne afin de promouvoir la démocratie en Espagne mise à mal ces derniers mois. Elle donne à ses nouvelles fonctions un marquage résolument anti-austéritaire, social et de défense des services publics. Elle s’investit sur les terrains de l'emploi et de la ré-industrialisation en travaillant le lien avec le mouvement syndical et social.

 

Issue d'une circonscription rurale, elle suit également les questions de la PAC au cœur des évolutions européennes ainsi que de la viticulture et de la pêche. Elle multiplie les initiatives au plus proche du terrain consacrant deux jours dans un département de la circonscription grand sud-ouest chaque mois, en plus des divers visites ou débats.

 

Marie-Pierre Vieu intervient sur les dossiers d’Alstom en interpellant la Commission sur la fusion avec Siemens, et en se déplaçant à diverses initiatives locales.

Elle a fait plusieurs interventions contre les plans sociaux et aide à l’élaboration d’alternatives industrielles notamment via les questions d’économie sociale et solidaire (ESS).  Suite à sa visite au port de Sète, elle intervient au Parlement européen sur le devenir de Saipol en concurrence avec une entreprise argentine. Très investie, sur les questions des services publics, elle défend lors de ses déplacements et par son travail en commission parlementaire un service public national du rail et se réunit régulièrement avec les syndicats des transports. Elle travaille actuellement sur les questions des travailleurs détachés sur les routes et organise le 24 mars 2018 une grande initiative à Montpellier sur les questions du rail, de la route et des transports aériens.

Elle soutient la lutte contre la concession des barrages hydrauliques et a interpelé le Ministre Nicolas Hulot en la matière. Elle est présente dans différentes initiatives contre le démantèlement des services scolaires, carcéraux et de libéralisation de la poste.

 

A partir de ces premières expériences, Marie-Pierre Vieu a décidé de prendre plusieurs initiatives futures comme une nouvelle conférence sur les transports dans le nord de la France au deuxième semestre 2018 permettant d’amplifier les mobilisations et résister au dumping social en lien avec nos partenaires européens. Elle entend proposer un audit des directives de libéralisation dans les secteurs du rail, de l'électricité et de la Poste dans 4-5 pays européens.  Elle a commandé un rapport sur la sécurité alimentaire, pour établir un diagnostic des besoins agricoles et dégager des pistes de propositions sur la réorientation de la PAC en lien avec la transition écologique. Marie-Pierre Vieu entend aussi être volontariste sur les questions de nouvelles ressources pour l'UE, pour la mise en place d'une taxe sur les transactions financières et un impôt écologiste juste.

 

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6 mars 2018 2 06 /03 /mars /2018 09:23
Des parlementaires communistes engagé-e-s au Sénat et à l'Assemblée Nationale pour le Progrès Social: 7 propositions de lois présentées par nos députés et sénateurs en mars
Des parlementaires communistes engagé-e-s au Sénat et à l'Assemblée Nationale pour le Progrès Social: 7 propositions de lois présentées par nos députés et sénateurs en mars

 

DES PARLEMENTAIRES ENGAGÉ·E·S POUR LE PROGRÈS SOCIAL

 

Depuis son élection, Emmanuel Macron entreprend une politique ultra-libérale qui s'attaque tous azimuts aux acquis sociaux. Les plus précaires sont particulièrement touché·e·s : casse du code du travail, baisse des APL, hausse de la CSG, en particulier pour les retraité·e·s. En même temps, les cadeaux aux patrons du CAC40 se multiplient et l'ISF baisse… pour les plus riches !

 

  • A l'opposé de cette vision, le PCF propose un nouveau progrès social pour la France : égalité femmes-hommes, sécurisation de l'emploi et de la formation, plus de droits pour les salarié·e·s, développement des services publics et de la protection sociale, droit au logement pour tou·te·s. Une politique qui prend soin de nos aîné·e·s et offre un avenir à la jeunesse. Une politique qui lutte réellement contre l'évasion fiscale.
  • Les 7 et 8 mars, les parlementaires communistes vont présenter 7 propositions de loi allant dans ce sens, à l'Assemblée nationale et au Sénat. Que voteront vos parlementaires ? Assez de belles paroles ! Interpellez-les !

Pour la reconnaissance sociale pour les aidants familiaux

Plus de 8 millions de proches apportent une aide à une personne handicapée ou âgée, dans un cadre non professionnel. Nous proposons de leur donner un vrai statut, avec des droits effectifs et une reconnaissance sociale : rendre plus souple et plus large le congé de proche aidant, octroi d'une allocation journalière, gain de trimestres supplémentaires pour la retraite...

 

Pour lutter contre la précarité professionnelle des femmes

Les inégalités femmes-hommes dans le monde du travail sont criantes. Une femme gagne en moyenne 25,7 % de moins qu'un homme. 82 % des salarié·e·s à temps partiel et deux tiers des travailleurs pauvres sont des femmes. La France est 129e sur 144 pays en matière d'égalité salariale. Les parlementaires communistes ont donc déposé une loi visant à encadrer le temps partiel imposé, premier facteur à l'origine de ces inégalités. Ils proposent aussi de doubler la prime de précarité pour les CDD à temps partiel.

 

Pour la gratuité des transports scolaires

Les transports scolaires sont le moyen d'accès à l'éducation pour 4 millions d'élèves. Le coût moyen est de 800 €/an (1000 € hors agglomération). Cela pèse sur les choix d'orientation. Attaché·e·s à l'égalité des chances, à la solidarité, aux politiques en faveur de la jeunesse, les député·e·s communistes défendront une loi instaurant la gratuité des transports scolaires.

 

Pour la revalorisation des retraites agricoles

Les pensions moyennes des retraité·e·s agricoles non-salarié·e·s sont de 710 €, 570 € seulement pour les femmes alors que le seuil de pauvreté est de 1015 €. Une très grande majorité de ces retraité·e·s vit dans la pauvreté ou l'extrême pauvreté. Les député·e·s communistes ont fait adopter, en 2017, une loi fixant à 850 € minimum les retraites de ce régime. Les sénateurs et sénatrices du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste vont batailler pour la faire adopter par le Sénat afin qu'elle entre en vigueur.

 

Pour des logements dignes, lutter contre les marchands de sommeil

La France compte 400 000 à 600 000 logements indignes. Leurs propriétaires profitent de la misère humaine et exploitent celles et ceux, victimes, obligé·e·s d'accepter de loger dans de telles conditions, avec des loyers souvent à prix d'or. Aussi, nous 

proposons une série de mesures durcissant les sanctions contre les marchands de sommeil et créant obligation de travaux, notamment à la vente de ces biens.

 

Pour la justice fiscale, lutter contre l'évasion et les paradis fiscaux

Pas d'évasion fiscale sans paradis fiscaux. Il faut donc en dresser une liste française, sous contrôle des parlementaires et donc des citoyen·ne·s. Après les député·e·s qui ont fait voter une loi demandant une grande conférence internationale financière et fiscale, ce sera au tour des sénatrices et sénateurs de défendre cette proposition pour agir et enrayer ce fléau.

 

 

http://www.groupe-communiste.assemblee-nationale.fr/ – https://senateurscrce.fr/

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6 mars 2018 2 06 /03 /mars /2018 08:53
Pierre Laurent aux voeux du PCF le 15 janvier 2018

Pierre Laurent aux voeux du PCF le 15 janvier 2018

Contribution de Pierre Laurent à cette étape de la préparation de notre Congrès,
à partir de son intervention au Conseil national des 9 et 10 février 2018

 

 

 

 

Nous entrons dans une phase d’accélération de la préparation de la base commune de discussion. Nous adopterons le projet de base commune dans maintenant trois mois et demi au Conseil national de début juin. Je souhaite donner mon avis à cette étape sur plusieurs points qui me paraissent importants.

 

1. Sur la méthode de notre discussion

 

Je ne pense pas que nous élaborerons une base commune de qualité à partir d’un rapport de forces entre des conclusions déjà pré-établies par les uns ou par les autres. Nous avons besoin d’un travail approfondi  dans un processus général qui passe par le travail des chantiers, par la production d'idées et de solutions nouvelles, par le débat des communistes et aussi par l'expression de l’opinion des dirigeantes et dirigeants de différentes générations.

 

Chacun doit pouvoir prendre sa place à égalité dans ce débat, quelles qu'aient été son histoire dans le Parti communiste et ses prises de position dans la dernière période.  Pour moi, il s'agit d'un principe fondamental d'égalité entre tous les communistes, qui s'applique aux dirigeants du Parti comme à tous les communistes.

 

Il faut que chacun entre dans le débat, en publiant des textes, des contributions, en s'engageant.

 

Les publications  ou  contributions de tel ou tel chantier, au même titre que les contributions collectives ou individuelles, comme les comptes-rendus de réunions sont donc absolument nécessaires. Ils sont autant de points d'étapes dans notre réflexion. Tout est utile si rien n’est figé ou cristallisé. Notre réflexion doit rester en mouvement pour progresser ensemble jusqu’à nos choix définitifs.

 

2. Sur la redéfinition de notre démarche stratégique

 

Je pense que nous avons besoin d’une redéfinition d’ensemble de notre démarche stratégique. Elle passe par une remise à plat des enjeux nouveaux de la situation politique. Elle passe par une réévaluation d'ensemble de nos choix et de leurs mises en pratique, donc par un bilan critique. Elle doit permettre à partir de là d’élaborer des solutions stratégiques nouvelles.

 

Sincèrement, je crois que personne parmi nous ne pense qu'il faut continuer comme avant. Et nous pourrions nous donner crédit de cela entre nous.

 

A l'inverse, ne considérons pas la « table rase » - on tire un trait sur tout ce qui a été fait -  comme  une solution qui ferait disparaître les problèmes comme par magie.

 

Je ne réduis pas en ce qui me concerne le débat stratégique absolument nécessaire que nous devons avoir à la seule évaluation de notre bilan, réduite trop souvent à celui de nos expériences d'alliances, notamment électorales.

 

 

Et je ne partage pas l'avis selon lequel, finalement, la seule question qui nous serait posée serait celle de l'effacement du Parti, même si, comme chacun ici, je considère la reprise de l’initiative politique de notre Parti comme essentielle.

 

Nous avons tous l’ambition de faire entrer le Parti communiste dans un nouveau siècle de son histoire. Notre parti a cent ans. Il y a eu dans notre histoire des bouleversements et des  permanences, au premier rang desquelles ce que nous cherchons depuis Marx, dépasser le système capitaliste.

 

Aujourd'hui, tout nous invite à réévaluer cette question : dans le monde tel qu'il est aujourd'hui, dans la situation politique telle qu'elle est, qu'est-ce qu'une stratégie de transformation de la société ? De dépassement de la société capitaliste, dans la France d'aujourd'hui, au coeur de l'Union européenne et du capitalisme mondialisé ?

 

Pour moi, retrouver le fil d’une démarche stratégique de longue portée, c'est d'abord cela.

 

Dans la contribution publiée par le groupe de travail « stratégie », nous affirmons une première idée : le dépassement du système capitaliste est à l'ordre du jour, il connaît une vraie actualité historique.

 

La solution de facilité est de tomber d’accord sur cette affirmation entre nous sans en débattre, sans en apprécier les réelles conséquences. Pourquoi pensons-nous ainsi? A partir de quel levier jugeons-nous imaginable de transformer cette affirmation en une réalité politique alors que tous les rapports de forces politiques, à l'échelle de la France, de l'Europe et du monde, semblent nous dire le contraire ? Alors, sur quoi espérons-nous nous appuyer dans les consciences et dans les réalités concrètes pour modifier les rapports de force politiques et idéologiques? Sur quels types de contradictions du système faisons-nous reposer une telle affirmation ? Y réfléchir conduit à mes yeux à d’importantes conclusions en matière stratégique et de pratiques politiques.

 

Il en va d'une deuxième affirmation : la possibilité de ces temps nouveaux n’adviendra, ou n’adviendra pas, car il n’y aucun automatisme logique en la matière, que dans les luttes de classes concrètes avec leurs contradictions, dans les pratiques et les expérimentations sociales qui cherchent à anticiper une nouvelle manière de développer la société.

 

Notre stratégie n’est donc pas un programme, même s’il en faut évidemment un et que nous avons beaucoup de très bonnes propositions. C’est une stratégie de mise en mouvement permanente de toutes celles et ceux qui ont intérêt au changement, d’appropriation par le plus grand nombre des objectifs de transformation. Notre stratégie s'ancre dans ces luttes, dans ces pratiques, en les nourrissant d’une visée de transformation au fond. 

 

Notre combat est celui qui permet, en toutes circonstances, au mouvement réel de la société de pousser le plus loin possible ses potentialités transformatrices. Pour moi, cela est un parti-pris stratégique.

 

L'idée de processus est dès lors essentielle. Dans notre vision du communisme, je pense que l'idée de processus de lutte de classes, pour le dépassement continu du système capitaliste, est plus forte que l'idée de contre-système. Certes, notre pensons contre le système, pour anticiper une autre logique, mais notre communisme n’est pas un prêt-à-porter . « L’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes ».

 

Ces débats, et leurs conséquences pratiques,  méritent, je pense, d'être discutés entre communistes.

 

Evidemment, le travail d'identification des batailles potentiellement transformatrices est donc à nouveau à entreprendre, compte tenu des conditions renouvelées de l’exploitation dans la mondialisation, et des aspirations nouvelles montantes.

 

Prenons trois exemples. Il y en a d’autres évidemment.

 

L'écologie : posons-nous la question de savoir pourquoi cet enjeu majeur a grandi dans la société pour l’essentiel à côté du Parti communiste. Nous avons beaucoup à faire pour réconcilier les enjeux écologiques et les luttes anti-capitalistes au XXIème siècle. De nombreux communistes et élus communistes agissent et innovent dans ce domaine mais notre Parti s'en sert peu. Les assises que nous tiendrons les 3 et 4 mai doivent nous faire entrer dans une nouvelle époque en la matière.

 

Le  service public : l’affrontement sur cette question est vraiment l’affrontement entre deux logiques de société.

La lutte des Ehpad pose par exemple une question majeure à la société : celle de la prise en charge des personnes en situation de perte d'autonomie. Les Français, les personnels, la majorité de notre société répondent par une demande d’égalité, de dignité, de service public.

Ce n'est pas dans tous les pays du monde que, quand surgit un besoin social, la société répond égalité et service public !Est-on capable d'investir vraiment la lutte des Ehpad dans la durée, pas seulement d'aller dans les manifs mais de l'investir à grande échelle pour poser, avec le mouvement, la question d'un nouveau service public et de son financement à l’échelle d'une nouvelle branche de la Sécurité sociale. Sommes-nous capables, à partir d'une lutte concrète comme celle là, de porter les ambitions de société à ce niveau là, celle d’une société d’humanité que nous nommons communisme.

 

Dernier exemple, l’antiracisme : saisissons-nous aujourd’hui la portée renouvelée du combat antiraciste ? La société française change  dans son rapport au monde, dans la manière dont elle se conçoit comme lieu de métissage dans le monde. Les questions identitaires et culturelles provoquent de violentes remontées liées à notre histoire coloniale. Et pourtant s’invente en même temps une nouvelle France, un nouveau rapport de la France au monde. Et tout cela dans un monde en crise qui divise et oppose ? Sommes-nous au niveau ? 

 

Souvent dans le Parti, la critique est venue sur notre difficulté à mener des campagnes, à leur donner du sens, sans que l’on sache pourquoi on les décidait, puis on les abandonnait…

Cette critique est par exemple venue sur la campagne contre le coût du capital.

 

C’est une critique justifiée dans laquelle je prends ma part. Le moment est venu de mieux travailler à identifier les combats  stratégiques qui identifient notre vision, au-delà de toutes les échéances électorales et politiques.

 

Cela conduit nécessairement à réévaluer le rôle de l'initiative communiste, de la nature de cette initiative.

Dans une société qui est en train de se bouleverser, elle ne peut être uniquement la mise en œuvre de consignes nationales. Elle doit s’ancrer dans les luttes concrètes réelles

Le travail national du Parti doit aider en toutes circonstances à la prise d'initiatives communistes ancrées sur le terrain, qui portent l'ambition de combats communs de transformation.

Et le terrain, c’est nécessairement aujourd’hui à toutes les échelles du local au mondial.

 

Nous devons réévaluer dans ce cadre l’importance des élus, qui sont plongés au coeur de ces enjeux concrets de luttes.  Ce qui est intéressant ce sont les expériences politiques qu'ils mettent en œuvre, car elles prennent en pleine face la vérité des rapports de force, dans les institutions et aussi dans la société.

 

La réflexion sur leurs expérimentations politiques ou sur les capacités à faire « bouger les lignes » du réel est une matière de réflexion  passionnante pour tout le Parti communiste.

 

Nous ne voulons pas un discours purement velléitaire, nous voulons une stratégie de transformation concrète qui ne renvoie pas l'idéal à plus tard.

 

Au fond, ce que nous devons travailler, c’est la dialectique entre le mouvement réel de la société et l’initiative communiste. Et non l’une et l’autre de ces questions de manière indépendante.

 

Notre identification dans la société à des grands mouvements transformateurs doit être plus forte que nos alliances . Et dans les alliances, nous devons pousser toujours le plus loin possible la démarche d’intervention populaire.

 

Je souhaite que notre débat stratégique ne passe pas « à l'as » ces questions essentielles en s'en tenant tout de suite aux seules questions d'alliances. 
 

3. Sur nos réflexions à propos du bilan et des futures constructions politiques

 

D’abord une remarque : avons-nous conscience de la manière dont le calendrier électoral et donc le débat politique ont été bouleversés en 40 ans ? La vie politique est désormais rythmée à tout moment, dans toutes les échéances, par le quinquennat, donc par le couple présidentielle/législatives, et en vérité par la seule présidentielle. La disparition d’échéances législatives découplées de la présidentielle, qui permettaient l'affirmation des positions communistes, même quand nous avions deux ans avant ou deux ans plus tard un candidat commun, soulève des problèmes que nous n'avons pas résolus. Notre rapport à ce nouveau rythme politique doit être repensé au Congrès.

 

La présidentialisation exacerbée du régime pose de nouvelle manière la question démocratique. Elle est pour moi plus que jamais centrale et n’est pas assez discutée entre nous, autrement que pour dénoncer l’autoritarisme du pouvoir.

 

Notre identité doit être démocratique. La question démocratique est fondamentalement la question de la mise en mouvement populaire.

 

Si nous discutons nos expériences passées, je pense que nous devrions reparler de 2005, car en 2005 nous avons fait autrement que dans d'autres échéances électorales.

 

Au cœur du succès de 2005, il y a l’immense débat citoyen levé dans le pays. Les Français étaient -ils aptes ou non à se mêler de ce débat ? Nous y avons cru et cela a fait toute la différence.

Les dirigeants du pays disaient « avec un texte pareil, c’est impossible ». Avec Patrick Le Hyaric, lorsque nous avons publié l'intégralité du texte dans l'Humanité, tout le monde nous riait au nez :  un texte illisible par le commun des mortels !

Ensuite, nous avons publié des « traductions » successives pour éclairer les enjeux. Et la publication de ce texte illisible a été un succès de librairie inédit.

 

Le levier démocratique, élément majeur et fondamental de la victoire de 2005, est sans cesse sous-estimé dans nos pratiques politiques à mon avis.

 

Je pourrais développer cette idée, mais elle change aussi, si on y réfléchit bien, la place et le rôle du Parti, comme animateur des luttes et de ce débat démocratique, tout autant que comme force de propositions et d'analyse de la situation.

 

Je crois que les réflexions sur le bilan des années passées doivent être croisées à ces débats stratégiques car, selon la conception que nous avons de notre démarche stratégique, nous ne porterons pas le même regard sur le bilan.

 

Quand nous disons : « que visions-nous ? », il faut procéder à l'évaluation de nos expériences à partir des objectifs que nous pensions atteindre. C'est à dire que visions-nous à ce moment là ? Qu'a-t-on obtenu ou pas ?

 

Dans la période 2009-2012, dans la foulée du congrès de 2008,  où nous nous posons la question non pas du seul Front de Gauche, mais des fronts de luttes, nous continuons en fait de chercher la réponse politique au vote de 2005: depuis la victoire du  « non », comment transformer le potentiel de majorité qui s’est alors exprimé ?

 

Nous inventons une réponse nouvelle à une situation que le PS n’est plus en mesure d’assumer durablement, puisque la majorité du PS, bien que la majorité des électeurs socialistes a voté  « non », continue de soutenir des politiques libérales, il nous faut alors construire autrement.

 

Ce que l'on va initier dès lors aura des effets jusqu'en 2017.

 

Nous ne devons pas lire le score de Mélenchon en 2017 uniquement comme sa victoire, sans comprendre que le score de 2012, puis celui de 2017, sont une continuation de ce que l'on initie à ce moment là.

 

Le problème que nous avons rencontré, c'est qu'au cœur de ce processus, deux lignes se sont affirmées: la nôtre, qui visait à remplacer cette gauche dominée par le social-libéralisme par une gauche nouvelle toujours à vocation majoritaire et sur une position de classe, et une autre logique visant à remplacer tout court la gauche par un autre type de courant politique qui empruntait en partie au populisme. Cette seconde vision a totalement épousé la présidentialisation que nous combattions , perdant de vue l’ambition majoritaire au profit de l’objectif de qualification au second tour. L’envie de se débarrasser du PS était telle dans le pays que cette seconde vision  l’a emporté sur le besoin de construire, laissant aujourd’hui la gauche en piteux état.

 

Les problèmes rencontrés restent donc devant nous :
1) comment affronter la présidentialisation de la vie politique ?
2) comment reconstruire un projet de gauche à vocation majoritaire ?
3) comment disputer le terrain à ces nouveaux courants populistes qui ne sont d’ailleurs pas propres à la France mais présents dans toute l’Europe ?

 

Ce n'est donc pas seulement l'affirmation de notre présence qui est en cause (même si cela fait partie du problème, notamment dans l'élection présidentielle), mais c'est aussi la nature et la qualité de cette présence.

 

Je pense que nous devons repenser nos constructions politiques en intégrant ces enjeux nouveaux, en articulant mieux le temps long de nos perspectives de dépassement du capitalisme, toutes les luttes immédiates qui mettent en jeu ces logiques, et le temps court du quinquennat et des échéances qui le scandent. C'est maintenant un horizon dans lequel tout se structure avec les problèmes nouveaux que cela soulève.

 

Pour affronter les constructions politiques nouvelles, nous devons aussi discuter des forces politiques avec lesquelles nous ambitionnons de travailler.

 

Pas nécessairement parce que des alliances immédiates seront possibles avec toutes, mais pour identifier ces forces afin de savoir si, oui ou non, nous envisageons des coopérations possibles avec elles.

 

Aujourd’hui, je crois que parmi ces forces, il y a FI, même si nous n’en partageons pas la démarche,  d’autres anciens alliés du Front de gauche, comme Ensemble, aujourd’hui divisé, ou République et socialisme, mais aussi Génération-S , le MRC, des forces d'extrême gauche, des forces écologistes, et des forces issues de l'écroulement du PS, car rien ne permet aujourd’hui de dire clairement où se situera le PS à l’issue de son congrès.

 

Pas plus aujourd’hui qu’en 2008, je ne crois à l’idée d’une force unique de la gauche, ou d’un  mouvement unique, en l’occurrence France insoumise. Nous devons promouvoir  une coopération politique dans le pluralisme de ces forces.

 

Aujourd'hui, ce n'est pas forcément une idée gagnée parmi tous ceux qui veulent une perspective de transformation sociale.

 

Quand le PS dominait, tous ceux qui voulaient une perspective de transformation sociale pouvaient s'entendre sur des formes d'union qui leur permettaient d'incarner cette transformation sans être le PS.

Mais, aujourd'hui, avec un PS qui s'écroule, certains peuvent penser qu'il ne faut qu'une seule force pour construire cette perspective de changement. La logique présidentialisée peut pousser à cela.

 

Nous devons ne pas craindre discuter cette idée avec les gens qui nous entourent, les syndicalistes que nous côtoyons, tous les acteurs et actrices du mouvement social.

 

Mon avis personnel est qu'il ne faut pas aller vers une force unique parce que le mouvement populaire a besoin de la singularité d'un Parti communiste ; parce que  les forces de transformation sont plurielles, et cette culture politique plurielle devient un atout s'il y a de la coopération et de la démocratie.

 

J'ajoute aussi que je ne suis pas favorable à la confusion entre les partis et le mouvement syndical ou social. Je suis pour défendre des coopérations adaptées respectueuses du rôle de chacun, utiles aux travailleurs de notre pays.

 

 

Le débat doit se poursuivre dans le Parti sur ces enjeux pour énoncer des principes clairs lors du Congrès.

 

 

 

 

4. Sur les échéances électorales à venir

 

Sur les municipales, je pense qu'il faut aller vers une démarche extrêmement ouverte, centrée sur la construction populaire, et pensant les alliances nécessaires au service de ces constructions citoyennes.

 

Pourquoi ? Parce que l’enjeu même de l’existence des communes, de leurs pouvoirs, d’une démocratie décentralisée, des services publics locaux est sur la table. Ensuite, parce qu’il va y avoir une reconstruction politique majeure et d'ensemble, avec énormément de gens, plusieurs dizaines de milliers d’élus et des millions de citoyens  sans repères politiques traditionnels.

 

Nous ne pouvons donc pas traiter majoritairement ce problème, notamment dans des dizaines de milliers de communes en France, par la seule question des alliances.

 

 

Nous devons d'abord la traiter à partir de la question des pratiques, par le rassemblement populaire. Cela passe, par exemple, dans toute une série de communes par identifier sans tarder le ou les communistes ou les personnalités qui peuvent animer le plus large rassemblement,  ceux et celles qui dans leur village, leur commune, seraient le plus à même d’unir les énergies disponibles.

 

Il faut donc une démarche résolument ouverte qui n'enferme pas les constructions politiques dans des schémas d'alliances préétablies, quels qu'ils soient.

 

Sur les élections européennes,  nous allons devoir déjouer l’étau binaire dans lequel Macron veut enfermer le débat, visant à opposer sa grande coalition pro-libérale, qu’il présentera comme la seule pro-européenne, à toutes les autres listes repeintes en adversaires de l’Europe.

 

Ils vont donc essayer de refaire le coup de 2005, que nous avions déjoué.

 

Il faut que nous soyons capables d'être présents dans ce débat politique avec une autre option, car sans affronter l’enjeu de la transformation de l’Europe, comment affronter le changement dans notre propre pays.

 

Je pense que d'ici le CN de fin mars , nous devons travailler à l'affirmation d'une ligne de combat clair  sur cette question européenne. Cela fait partie des enjeux de transformation que nous devons investir en étant clairement identifiables sur une série d'objectifs et en proposant la construction d'une liste, rassemblant toutes les forces désireuses avec nous d’affronter le défi du changement des rapports de force en Eruope et au Parlement européen.

 

5. Sur les transformations de notre parti

 

Le débat sur faut-il un Parti communiste ou pas est, pour moi, tranché.

 

Le Parti a envie de se poser la question, non pas de « est-ce qu'il faut un Parti communiste ou non », mais « comment relancer le Parti communiste ? Comment doit-il être ? Comment l'adapter, le changer  ?

 

Ce n'est pas seulement une question de discours, c'est aussi une question de conception d'organisation. Je pense que nous avons des structures qui ne sont plus efficaces pour travailler, compte-tenu de nos objectifs, de nos moyens actuels, de la manière dont vit la société et de la vitesse à laquelle vont les choses.

 

Il nous faut une organisation territoriale qui soit une colonne vertébrale avec des structures de proximité toujours plus efficaces sur les chantiers de transformation.

 

Je pense aussi qu’il faut plus de mise en commun et un travail dans les luttes plus précis et plus efficace. Je discutais hier avec la commission Santé. Nous menons la bataille sur l'hôpital. Je crois que vouloir mener cette bataille en se disant qu'il y a une commission avec 30-35 communistes qui se réunissent et élaborent des propositions, nos 25 parlementaires qui ne demandent qu'à agir en complémentarité, et puis ensuite il y a les fédérations qui mettent en œuvre les luttes, cela ne suffit pas par rapport à nos objectifs stratégiques, et à notre ambition : gagner !

 

Je pense que nous devrions, et nous en sommes capables, faire de nos commissions,  des têtes de réseaux de plusieurs milliers de personnes organisées dans le pays, de communistes mais aussi de tous ceux qui peuvent travailler sur ces questions là pour aller au bout de cette bataille.

 

C'est comme cela que je réponds aux camarades qui disent : « oui, mais il faut en choisir quelques unes de ces batailles, car il y en a trop ».

 

Sauf que la vie, elle, ne fonctionne absolument pas comme cela. Si on avait discuté entre nous il y a six mois, jamais nous n'aurions mis les Ehpad dans la liste.

 

Donc, nous avons à restructurer des réseaux de batailles efficaces qui forment des militants  « professionnels de la question », des gens capables de décortiquer n'importe quel sujet, d'être au quotidien auprès de ceux qui se battent, des gens qui apportent des propositions, qui connaissent sur le bout des doigts cette bataille et qui sont capables de diffuser de la culture politique, des propositions, etc.

 

Je suis pour une évolution de cette nature qui combine mieux les deux dimensions de notre organisation : territoriale et thématique.

Et toutes nos structures ont besoin d’être résolument ouvertes à la société, à tous ceux qui veulent agir avec nous parce que le combat mené est aussi le leur.  

Aujourd'hui, les réseaux numériques nous permettent de mieux les mettre en lien, d'en faire  une force et nous ne nous en saisissons pas.

 

Cette force là, nous la mobilisons localement, mais nous n'en faisons jamais une force nationale. Ou alors, il faut attendre une échéance électorale nationale pour qu'elle se manifeste d'une manière ou d'une autre.

 

Nous avons réuni 400 personnes dans cette salle à l'occasion des Rencontres Niemeyer sur la question de la bataille de la Métropole, il y a 3 semaines. Il y avait dans la salle beaucoup de communistes et aussi un grand nombre de personnes qui sont des urbanistes, des acteurs de la ville, des gens qui sont très actifs dans le même domaine et travaillent en réseau avec les communistes dans leurs villes.

 

Mais quand on change d'échelle, ces gens-là  n'ont plus de relation structurée avec le Parti communiste aujourd'hui, ou des relations très faibles.

 

Je pense qu'il nous faut donc changer d'échelle pour mettre en réseau des personnes différentes, construire et travailler ensemble les perspectives de luttes à partir de diagnostics partagés.

 

 

Dernier mot, je pense qu'il nous faut aussi franchir une étape dans notre conception de la diversité dans le Parti.

 

La question de la diversité dans le Parti a été un gros débat, à juste titre, pour que soient reconnues la diversité, les opinions, la liberté de parole, etc.

 

Aujourd'hui, c'est un acquis du Parti.

 

Il n'y a plus aucune entrave à cette liberté de parole, à cette diversité d'opinion.

 

Mais la conception de la diversité du Parti – celle qui a été la nôtre à une époque - qui visait à faire cohabiter en quelque sorte des sensibilités plus ou moins organisées est dépassée. 

 

Je crois qu'il y a une demande dans le Parti de dépasser cela, non pas pour revenir en arrière sur la diversité, ce que personne n'acceptera, mais au contraire pour cultiver cette liberté de parole, cette liberté de débat politique à tous les niveaux du Parti, y compris et surtout dans sa dimension individuelle.

 

Ce qui est à rechercher en revanche, c’est un nouveau modèle de centralité, où sont repensées la mise en commun, le partage d’expériences, le travail de direction, l'unité, la solidarité dans notre travail d'organisation.

 

Ces questions sont devant nous et, sur la direction, je pense que le débat sur les noms viendra une fois que nous aurons franchi l'étape de la base commune.

Avant de parler de noms, comme certains nous y invitent déjà, discutons, débattons d'abord de la conception du rôle du Parti, de l'animation, du rôle des directions, de leur conception, de la manière dont elles sont composées. Il y a des critères à discuter à ce sujet, qui nous permettraient certainement d'avancer plus efficacement quand on en viendra au débat sur les noms.

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5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 21:24
Jeudi 8 mars à Saint Brieuc: salle de Robien. Vivre et vieillir dans le respect, la dignité: l'Humain d'abord! Avec Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, le philosophe Jean-Charles Sacchi l'ADPA et un directeur d'EHPAD
Jeudi 8 mars à Saint Brieuc: salle de Robien. Vivre et vieillir dans le respect, la dignité: l'Humain d'abord! Avec Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, le philosophe Jean-Charles Sacchi l'ADPA et un directeur d'EHPAD
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Jeudi 8 mars à Saint Brieuc: salle de Robien. Vivre et vieillir dans le respect, la dignité: l'Humain d'abord! Avec Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, le philosophe Jean-Charles Sacchi l'ADPA et un directeur d'EHPAD
Jeudi 8 mars à Saint Brieuc: salle de Robien. Vivre et vieillir dans le respect, la dignité: l'Humain d'abord! Avec Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, le philosophe Jean-Charles Sacchi l'ADPA et un directeur d'EHPAD

Un co-voiturage au départ de Morlaix sera organisé au départ du local du PCF, 2 petite rue de CALLAC à 16h40 pour se rendre à cette réunion publique à Saint Brieuc sur les politiques publiques vis-à-vis des personnes âgées et des EHPAD.  

Jeudi 8 mars à Saint Brieuc: salle de Robien. Vivre et vieillir dans le respect, la dignité: l'Humain d'abord! Avec Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, le philosophe Jean-Charles Sacchi l'ADPA et un directeur d'EHPAD
Jeudi 8 mars à Saint Brieuc: salle de Robien. Vivre et vieillir dans le respect, la dignité: l'Humain d'abord! Avec Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, le philosophe Jean-Charles Sacchi l'ADPA et un directeur d'EHPAD
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5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 07:22

Les éléments de langage ressassés par le pouvoir macroniste ne feront pas illusion longtemps. Non, le projet de loi sur l’asile et l’immigration dévoilé la semaine dernière n’a rien d’« équilibré ». Il marque une rupture avec la tradition française en matière d’accueil, déjà bien écornée par les lois successives votées ces trois dernières décennies, ne conservant pour la bonne conscience qu’un droit d’asile restreint. Ce texte est d’ailleurs entre les mains exclusives du ministère de l’Intérieur, manière de signifier que l’asile comme le défi migratoire relèveraient uniquement d’une affaire d’ordre et de police.

Désormais, la focale n’est plus placée sur les conditions d’accueil et leur respect au regard des conventions internationales, mais sur les procédures d’expulsion et de contrôle. Le seul ressort vise à dissuader les réfugiés-exilés de déposer en France une demande d’asile. Une manière de se laver les mains d’une responsabilité morale et politique de l’Etat français face à une affreuse réalité mondiale qui pousse sur les dangereux chemins de l’exil des millions d’individus. Cette cécité volontaire et coupable se traduit par ce projet de loi anachronique qui ferme les yeux sur les violences de la mondialisation capitaliste qui traite les marchandises avec plus de dignité que les vies humaines.

Ainsi, le délai octroyé pour déposer une demande d’asile passe de 120 à 90 jours, délai au-delà duquel le demandeur d’asile tombe hors des filets de protection, sans possibilité de bénéficier d’un hébergement d’urgence ou de la moindre allocation. Or chacun sait le temps, le courage et l’abnégation qu’il faut pour déposer une demande d’asile lorsqu’on ne maitrise ni la langue ni les codes pour affronter les rouages de l’administration. Dans la même logique, le gouvernement annonce un recours aux technologies numériques (SMS, courriels) pour assurer le suivi des demandes alors que les réfugiés n’y ont, pour l’immense majorité d’entre eux, aucun accès. Le délai d’appel des décisions administratives concernant l’asile est aujourd’hui d’un mois. Le texte de M. Collomb le divise par deux, ce qui rend pratiquement impossible la rédaction du recours et la compilation des documents requis. Une manière d’opérer un tri social dans l’asile…

Le projet de loi amplifie également les mesures répressives à l’égard des réfugiés. En poussant à 135 jours le temps de placement en rétention, contre 40 aujourd’hui, sous prétexte d’un temps plus long pour obtenir les visas consulaires des pays d’origine, l’enfermement des réfugiés déboutés risque de devenir la norme, avec son lot de souffrances humaines.

Bref tout concourt dans ce texte à dissuader les exilés de passer par la France et à semer d’embuches leur parcours sur les routes de l’exil. Déjà la sous-traitance de l’accueil aux forces de police, notamment à la frontière italienne, signalait un important glissement vers un régime de contrôle accru au détriment de la dignité de l’exilé, éprouvé par un long et souvent terrifiant voyage. Par le truchement de ces mesures empilées, le gouvernement cherche à contourner les nombreuses et très compétentes associations, moquées et décriées par M. Macron lors de son déplacement à Calais, qui insistent sur leur rôle pour ce qui concerne le premier accueil. Ce projet de loi rendra encore plus dangereuse la migration d’hommes, de femmes et d’enfants qui risquent leur vie, sans pour autant tarir ces irrépressibles mouvements tant que leurs causes restent intactes.

Sur un enjeu si  crucial pour l’avenir de notre humanité, le pouvoir rompt désormais les digues en donnant des gages à une droite et à son extrême qui privilégient les postures dans une surenchère permanente.

Or, cette fuite en avant empêche de penser le phénomène migratoire dans toute sa complexité et d’y apporter les réponses conformes aux droits attachés à la personne humaine. C’est un signe des temps que la question de la régularisation, celle des dizaines de milliers de personnes en situation irrégulière sur le territoire français, soit aujourd’hui absente des débats, au grand plaisir d’un patronat avide d’inégalités sociales et juridiques pour s’assurer une main d’œuvre bon marché.

Tout concourt à céder aux pressions xénophobes qui s’exercent sur le continent européen et qui prennent appui sur les iniques règlements de Dublin qui répondent du théorème de « la patate chaude » mais empêchent de faire face au défi moral et politique de l’enjeu migratoire. C’est la lâcheté des gouvernements et leurs renoncements qui permettent la surenchère nationaliste. L’Union européenne a des marges de manœuvre pour permettre à notre continent de se hisser à hauteur d’un enjeu civilisationnel en créant les ponts nécessaires entre les peuples du monde en proie aux guerres, aux misères et de plus en plus au réchauffement climatique. Les mouvements entamés des associations, des syndicats, d’élus progressistes et des créateurs et intellectuels peuvent faire vivre la solidarité.

Nb : à votre disposition dans quelques jours le nouveau livre de Patrick Le Hyaric « Pour une Europe solidaire avec les réfugiés.. ET NOS FRERES POURTANT…. »

Patrick Le Hyaric fera un compte rendu de son mandat européen le samedi 28 avril à Carhaix, dans le Finistère.

Et nos frères pourtant! Chassez ce réfugié ... que je ne saurais voir - par Patrick Le Hyaric: le député européen PCF fera un compte rendu de son mandat européen à Carhaix le 28 avril 2018
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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 07:26
Pas vu à la télé: Evasion fiscale: seul le PCF ne prend pas la fuite (Humanité Dimanche, 1er mars)

"Nous avons déposé cette proposition de loi car il y a une forte demande d'aller plus loin", témoigne Fabien Roussel, député PCF du Nord, qui défendait cette loi en commission le 21 février, avant son passage dans l'Hémicycle le 8 mars, à l'occasion de la niche parlementaire communiste. Une loi qui porte sur un point précis: la liste française des paradis fiscaux. C'est le cœur du problème: si les sanctions prévues peuvent être très dissuasives - et elles le sont en France - , elles ne sont que rarement appliquées. Deux causes à cela: des montages financiers qui entravent l'action de la justice, et surtout un manque de réelle volonté politique, symbolisé par le fameux "verrou de Bercy" (seul le ministère peut engager des actions en justice contre les fraudeurs fiscaux). 

La liste française des paradis fiscaux fait la part belle aux petits arrangements et ne comporte que huit pays, pour la plupart des micro-états. La proposition de loi communiste établit donc une liste selon des critères alignés sur ceux de l'Union Européenne, et qui serait réévaluée annuellement par le Parlement. En commission des Finances de l'Assemblée, qui examinait le texte le 21 février, le groupe la République en Marche a finalement voté contre, arguant de la "liberté d'entreprendre" des banques françaises et, surtout, du fait que la prise en compte de ces critères européens aboutirait à l'inscription de pays ... européens. Pas question de froisser nos partenaires, Luxembourg, Malte et Irlande en tête. 

L'autre proposition de loi, soutenue par le sénateur PCF Eric Bocquet, porte, elle, sur la mise en place d'une "COP fiscale" sur le modèle de la COP consacrée à l'environnement, qui permettrait de réunir les Etats afin de lutter efficacement contre l'évasion fiscale. Auteur avec son frère Alain du livre "Sans domicile fisc", le sénateur estime également que la liste française "sans le Panama, sans les Bermudes, n'est pas très crédible". (...)

Benjamin König, L'Humanité Dimanche, 1er mars 2018   

Pas vu à la télé: Evasion fiscale: seul le PCF ne prend pas la fuite (Humanité Dimanche, 1er mars)
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28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 14:04
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28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 07:14
Ouest-France, 27 février 2018

Ouest-France, 27 février 2018

Soutien à la grève des facteurs de Rennes !

Communiqué de presse du PCF 35 :

La fédération d’Ille-et-Vilaine du PCF soutient la lutte des facteurs de Rennes.

Depuis le 9 janvier, ils sont majoritairement en grève soutenus par les syndicats CGT et SUD. Ils refusent la réorganisation décidée par la direction de La Poste : suppressions d emplois, modification importante des horaires de travail, dégradation des conditions de vie et de travail pour les salariés et dégradation du service rendu à la population.

La lutte des facteurs est aussi notre lutte, c est la lutte de tous les citoyens pour défendre un service public de proximité et de qualité. La direction de La Poste doit accepter d ouvrir des négociations sur les revendications décidées démocratiquement par les facteurs.

Les communistes d Ille-et-Vilaine appellent la population à soutenir les facteurs en participant aux initiatives proposées (à commencer par le rassemblement du mardi 27 janvier à 15h place de la République à Rennes) et en versant à la caisse de solidarité financière. Pour sa part, la fédération d’Ille-et-Vilaine du PCF a décidé de verser 1000 euros en solidarité avec les facteurs de Rennes en grève.

Le PCF Ille-et-Vilaine soutient la grève des facteurs de Rennes
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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 19:31

Réforme de la SNCF : une privatisation sur fond d’autoritarisme

Lors de la présentation du calendrier relatif à la réforme de la SNCF, intitulée « nouveau pacte ferroviaire », le 1er ministre, Édouard Philippe, a confirmé la volonté du gouvernement de passer en force, en recourant aux ordonnances.

Cette procédure, marque de fabrique du président Macron et déjà utilisée dans le cadre de la réforme du code du travail, est un véritable déni de démocratie, aussi bien sociale que parlementaire.

Le service public ferroviaire, bien commun de la nation, qui répond à des enjeux écologiques, de mobilité et d’aménagement du territoire extrêmement importants, mérite mieux qu’une réforme à la hussarde.

Transformation de la SNCF en Société d’économie mixte, fin du statut de cheminots, non reprise de la dette... Le pacte ferroviaire proposé par Édouard Philippe est en réalité une atomisation du service public ferroviaire.

Présenté comme novateur, ce pacte ferroviaire reprend les recettes archaïques des privatisations du rail ayant eu lieu dans d’autres pays européens, avec les résultats dramatiques que l’on connaît. Aussi bien pour les usagers, que pour les cheminots.

L’autoritarisme gouvernemental ne masquera pas la colère qui monte chez les cheminots et les usagers.

La feuille de route présentée par le 1er ministre est une attaque historique. Alors qu’elle met en péril l’avenir du rail public, menaçant l’avenir de milliers de salariés, ainsi que l’égalité d’accès au transport pour tous sur le territoire, le gouvernement doit créer les conditions pour permettre un grand débat public national.

Le gouvernement doit écouter et entendre, les propositions et les arguments des organisations syndicales, des usagers et des élus.

Le PCF dénonce le recours aux ordonnances, outil archaïque et anti-démocratique, et s’oppose à la destruction du service public ferroviaire.

Pendant que le président Macron, tente de dresser les français les uns contre les autres, le PCF appelle à soutenir et participer massivement à la journée de mobilisation organisée par les organisations syndicales le 22 mars à Paris.

Réforme de la SNCF : une privatisation sur fond d’autoritarisme (PCF, 26 février 2018)

Communiqué des députés communistes (26 février 2018):

Nouveau coup de force du Gouvernement pour casser le service public ferroviaire

Comme le laissait présager le rapport Spinetta, le gouvernement fait des cheminots les boucs émissaires de la dégradation du service public ferroviaire pour justifier la disparition de leur statut.

En opposant les agriculteurs aux cheminots, Emmanuel Macron veut nous faire croire que précariser les uns apporterait du confort aux autres. Les nantis sont ailleurs et personne n’est dupe de cette manipulation grossière.

Si le chemin de fer français est aujourd’hui fragilisé, la responsabilité en incombe en réalité aux gouvernements qui s’acharnent, depuis trente ans, à le désosser.

Sous couvert d’efficacité, le gouvernement souhaite mener cette réforme par voie d’ordonnances. Un passage en force qui montre à nouveau sa volonté farouche d’éviter le débat et son mépris pour la représentation nationale.

Les députés communistes seront aux côtés des travailleurs de la SNCF le 22 mars pour défendre le service public ferroviaire et ses travailleurs.

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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 11:43
Laurence Cohen, sénatrice communiste, membre de la commission des Affaires Sociales

Laurence Cohen, sénatrice communiste, membre de la commission des Affaires Sociales

Mépris et contre vérités de la ministre de la santé, A. Buzyn, face aux parlementaires communistes. Elle se défend malgré les faits de piquer 1, 6 milliards d’euros aux hôpitaux publics . Et la hausse des salaires des personnels des EHPAD: + 0,03% par an . C’est pas du mépris?

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