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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 06:06
Luttes de classe(s): mars 2018, lettre du réseau école du PCF. Le Blietzkrieg de Blanquer

Le Blitzkrieg de Blanquer

Depuis la nomination du gouvernement, pas une semaine sans une déclaration très médiatisée de son ministre de l’éducation.

Vétéran des combats menés par la droite contre l’école, Blanquer cache ses galons derrière la fierté modeste du soldat-marcheur sans idéologie, armé de simple pragmatisme.

Le camouflage est de rigueur : chaque réforme de fond est doublée d’une mesurette sociétale. On soupèse interminablement la mesurette : le portable, dans un sac ou dans un casier ?

Et l’on soustrait au débat public la remise en cause de l’accès à l’université en la présentant comme de simples ajustements techniques. Que l’éducation et la formation soient les premières cibles d’un quinquennat de régression sociale n’a rien d’étonnant.

L’enjeu est d’importance et déborde le seul terrain de l’école : la révolution de la connaissance et des savoirs, avec les perspectives ouvertes par le numérique, est d’une portée comparable à celle de la révolution industrielle en son temps.

Aujourd’hui comme hier, le choix est politique : des progrès techniques permettront-ils une amélioration des conditions de travail, du temps libéré, une meilleure compréhension et maîtrise des choix de société? Ou bien serviront-ils à inventer de nouvelles formes d’aliénation pour les salariés, une organisation du travail qui les isole et les divise, une formation qu’on n’élève qu’à condition de brider les pouvoirs des travailleurs, de canaliser leur créativité au profit d’une économie libérale des connaissances ?

C’est le moment ou jamais, se disent-ils, d’entamer cette guerre éclair : des élections récentes, un terrain éducatif déjà bien miné par de précédentes réformes, des personnels usés par une charge de travail toujours plus lourde, des lycéens et étudiants soumis à la pression d’une sélection permanente. Mais ce déluge de mauvais coups ne saurait empêcher que se développe en profondeur la prise de conscience des enjeux.

Les convergences des attaques contre les intérêts publics entraînent des convergences de luttes, dont le 22 mars donne un exemple. Trouver comment tayloriser la pensée, c’est la feuille de route du soldat Blanquer et de ses ordonnances. Réfléchir l’accès aux savoirs et à la connaissance comme un droit universel de chaque individu et du collectif dans lequel il vit, c’est le projet communiste que nous proposons comme débouché politique des mobilisations qui se construisent.

Françoise Chardin réseau école PCF /Paris

 

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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 05:59
Europe de l'Humain d'abord contre Europe de la finance et du national populisme: le Conseil National du PCF du 30 et 31 mars élabore la stratégie des communistes pour les élections européennes

 

Les politiques de l’Union européenne suscitent colère et rejet. Même si elle exonère un peu rapidement les fortes responsabilités des gouvernements nationaux, cette colère est entièrement légitime au regard des effets dévastateurs de ces politiques.

Mais, dans le même mouvement, chacune, chacun sent bien que face à la mondialisation ultralibérale, face à des groupe mondiaux comme Google, Amazon, Facebook, Apple, face aux politiques belliqueuses d’un Trump et d’un Erdogan, face aussi à la question vitale de la lutte contre le réchauffement climatique, l’Europe devrait être le bon niveau d’action politique.

Par ailleurs, il existe un fort risque d’une Europe déchirée entre la fuite en avant vers des politiques ultralibérales autoritaires qui aggraveraient encore plus la misère et les inégalités et la tentation d’une régression nationale-populiste d’extrême-droite qui ne peut conduire qu'au pire.
Le Brexit, la répression contre les choix démocratiques des catalans, le résultat des élections en Italie, la situation en Pologne et en Hongrie, le projet macronien d’une Europe fédérale des « pays riches » montrent, entres autres exemples, que ce danger est loin d’être virtuel.
Alors que l’Europe de la concurrence de tous contre tous, soumise au diktat permanent des marchés financiers et des banques, devient la nouvelle « prison des peuples », il existe à l’état marginal et embryonnaire une Europe de la coopération qui elle réussit. On peut ainsi citer l'exemple de l’Agence spatiale européenne dont la mission scientifique Rosetta et Philae a montré que l’Europe pouvait par la coopération faire mieux que les États-Unis et la Chine.
Il y a plus que jamais besoin de cette Europe de la coopération, d’une Europe de l’Humain d’abord, d’une Europe libérée de la dictature de la finance qui soit une Union des peuples et des nations libres, souveraines et associées. 
C’est pourquoi le PCF avec ses partenaires du PGE, entend faire la démonstration lors des élections européennes de l’existence et de la nécessité d’un autre choix que la fuite en avant dans les pires politiques libérales ou que le national populisme.
C’est tout l’enjeu des travaux du Conseil national de ce samedi sur les élections européennes.

Yann Le Pollotec

projet de résolution pour le Conseil National du PCF des 30 et 31 mars 2018: 

 

En Europe, l’humain d’abord, pas la finance !

 

Les élections européennes auront lieu le dimanche 26 mai 2019 en France. Les Français.es devront décider qui seront les 79 eurodéputés, en métropole et outre-mer, qui les représenteront dans le Parlement européen. Le PCF s’engage à offrir à notre peuple le choix de l’humain d’abord, du progrès social et écologique, celui du changement en France et en Europe au service des intérêts populaires.

 

Depuis les premiers pas de la construction européenne jusqu’aujourd’hui, en passant par Maastricht, l’Acte unique ou le Non au référendum de 2005, les communistes se sont toujours opposés à la main mise des intérêts du capital sur la construction européenne, rendue possible par les dirigeants politiques libéraux. Nous anticipions alors la crise économique, sociale, écologique, politique et même civilisationnelle où cette conception nous mènerait.

 

Les gouvernements français ont participé activement à la rédaction des traités et en ont été des exécutants zélés. Aussi, avec les classes dirigeantes des autres pays, ils auront passé les dix dernières années à utiliser les outils communs européens, à la faveur de la crise financière de 2008, pour accélérer la destruction des services publics, codes du travail, ainsi que la privatisation et les libéralisations des secteurs jusqu’ici protégés des lois du marché dans l’intérêt des populations, tout en protégeant les intérêts des actionnaires, des banques et multinationales par l’injection massive de liquidités dans le système bancaire sans aucune condition sur l’emploi et l’écologie, la socialisation des dettes privées et la concurrence fiscale. Les inégalités ont explosé, dans et entre les pays européens, pendant qu’une minorité s’est enrichie. Nos sociétés souffrent, sont affaiblies face à la  crise financière qui vient, et sont aujourd’hui incapables de relever les grands défis du monde : développement humain partagé, transition écologique, paix et sécurité collective, alors même que la politique irresponsable de Donald Trump, la montée en puissance de régimes autoritaires, la croissance des périls pour la paix du monde rendent plus nécessaire que jamais une Europe de la coopération.

 

Aujourd’hui Emmanuel Macron défend toujours cette même orientation libérale en France et participe largement à pousser l’Union européenne vers plus d’intégration libérale et militaire, sous couvert de « modernité » et de « refondation ». Le budget de la France pour 2018 qui grève lourdement l’investissement dans les services publics et les collectivités locales, les lois travail 1 et 2, l’augmentation de la CSG, la casse des universités, la situation de l’hôpital et des EHPAD, la nouvelle réforme des retraites, et la privatisation de la SNCF, en sont les preuves.

 

Parce qu’il est devenu impossible d’obtenir le consentement des peuples pour les « réformes » néolibérales, parce que le rejet de cette UE est massif et très profond dans nos sociétés, pour poursuive leur projet, les classes dirigeantes en Europe ont clairement opté, après le déni des référendum de 2005, pour un tournant autoritaire, avec une méthode anti-démocratique allant  du contournement des parlements (comme avec le 49-3 et les ordonnances) et des souverainetés populaires jusqu’au coup d’État financier perpétré contre la Grèce, avec l’appui actif de la Banque centrale européenne. La démocratie, les libertés politiques comme en Catalogne et les droits humains ont reculé à toute vitesse.

 

Nous voici entrés dans une ère de régression civilisationnelle où la guerre est à l’horizon. La colère contre cette co-gestion par le consensus libéral provoque la sanction des pouvoirs établis, mais au profit de l’extrême droite et des démagogues des partis « attrape tout », dont les orientations xénophobes pèsent de plus en plus, jusqu’à la constitution de gouvernements droite-extrême droite, et une instrumentalisation nauséabonde de la question migratoire. L’appauvrissement, la concurrence, la peur du déclassement et le sentiment d’impuissance produisent dégoût et abstention, laissant la place aux solutions de repli national, de rejet xénophobe et autres phénomènes morbides. Le rapport des forces en Europe risque de se dégrader durablement pour la gauche et les progressistes. Le danger est grand d’avoir un parlement européen dominé par une droite radicalisée, l’extrême droite et les populistes.

 

Les communistes ne seront pas les témoins horrifiés de l’accélération de l’intégration européenne néolibérale ou de la guerre des nationalismes. Nous refusons le piège idéologique tendu par Emmanuel Macron d’une division entre « pro et anti UE » - ce même piège que nous avons su déjouer en 2005 -  qui évacue la question du contenu des politiques menées, et de la responsabilité des gouvernements français qui ont tous soutenu et promu ces politiques. Nous ne pensons pas non plus que l’alternative à l’Union européenne libérale réside dans une sortie de l’UE. Croire que cette option, dans un monde d’interdépendances, permettrait à notre peuple de se dégager du capitalisme ou de la concurrence mondiale entre les travailleurs et les peuples est une illusion. Les suites du Brexit en sont une dramatique illustration. Il y a également des défis mondiaux, comme l’enjeu écologique, la lutte contre l’évasion fiscale, les gigantesques capitaux spéculatifs mondiaux ou encore la domination du dollar, qui exigent une organisation à l’échelle régionale. D’ailleurs, les Français.es comme la plupart des peuples européens ne veulent plus de cette UE, mais ne veulent pas non plus en sortir.

 

C'est à travers d’intenses luttes pour la reconquête de pouvoirs sur les orientations de l'Union européenne, et pour le respect des souveraineté populaires et nationales que se situe la voie d'une refondation démocratique de l'Europe. C’est bien du local au global qu’il faut défendre les intérêts populaires et ouvrir des brèches dans l’édifice néolibéral. Les luttes en cours dans notre pays ont besoin d’une forte opposition sociale et politique unie face aux choix du Président, tant en France qu’en Europe. Pour être victorieuses, elles doivent allier des propositions de rupture avec les choix européens actuels et des propositions de nouvelles constructions européennes.

 

L’élection d’eurodéputés communistes est indispensable pour défendre les intérêts populaires et rassembler largement les forces progressistes en France et en Europe.

 

Dans ce contexte, le PCF entre en campagne dès aujourd’hui, autour de 3 objectifs :

 

1/ Porter une vision alternative de la coopération entre les peuples : au service des intérêts populaires et internationaliste. Qui décide, qui dispose des outils communs et pour quels intérêts ? Voici la question que nous souhaitons porter dans le débat public en France et en Europe. C’est une question de classe et de démocratie majeure. Nous voulons l’Europe de l’humain d’abord, non de la finance. Nous voulons une France libre dans une Europe solidaire. Nous voulons donc une France et des députés européens français qui agissent de manière offensive, à partir des luttes et avec toutes les forces progressistes, autour de 4 fils rouges et 14 priorités.

 

            4 grands « fils rouges »

            1. Contre l’Europe de la concurrence, de l’austérité et du chômage : nous voulons l’Europe de l’humain d’abord. Notre campagne portera avant tout sur la réponse aux besoins humains et écologiques.

            2. Nous ne voulons plus l’Europe de la finance. L’argent doit être mis au service d’objectifs sociaux et environnementaux.

            3. Nous ne voulons plus de l’Europe des coups d’État financiers. Nous voulons l’Union des peuples et des nations libres, souverains et associés. Nous voulons que notre pays puisse négocier librement les contours de sa participation à l’UE, à travers une construction à géométrie choisie et dans le respect de la souveraineté populaire. Nous voulons une France libre dans une Europe solidaire.

            4. Nous ne voulons pas d’une Europe dominatrice et forteresse. Nous voulons un modèle de coopération régionale au service de la paix, des échanges justes et capable de penser les mobilités humaines.

 

            14 priorités de campagne, 14 engagements pour les candidat.e.s communistes

Pour l’Humain et la planète :

  • Pour les services publics : moratoire sur les directives de libéralisation, abrogation du traité budgétaire et plan d’investissement européen d’urgence pour les transports, la santé, le logement, l’école, les échanges universitaires type Erasmus, et la formation.
  • Pour en finir avec le dumping social : mise en place en France d’une clause de non régression et harmonisation par le haut les revenus, droit du travail et des droits sociaux, à partir de la méthode de l’européen.ne le/la plus favorisé.e.
  • Pour la conquête de nouveaux droits visant l’égalité femmes/hommes, défense du droit des femmes à maîtriser leur corps (IVG) et mesures de lutte contre les violences faites aux femmes.
  • Pour la défense de l'environnement, plan d’investissement dans la transition énergétique et écologique
  • Pour un développement industriel équilibré, respectueux des territoires et des salariés, innovant au plan social et environnemental
  • Pour une alimentation saine et une réforme de la PAC qui favorise l’agriculture paysanne.
  • Pour une Europe du partage des cultures et des langues, ouverte sur le monde: une Europe protectrice de la création et des créateurs, des droits d’auteur et de la diffusion des œuvres, favorisant la diversité culturelle et le multilinguisme, protégeant l’exception culturelle contre la mainmise des GAFA, développant à l’inverse les programmes et les échanges artistiques et culturels.

Pour que l’argent soit utile aux peuples :

  • Création d’un fonds européen de développement social et écologique abondé par la BCE, pour financer une vaste expansion, en coopération, de tous les services publics en Europe.
  • Justice fiscale : Lutte contre l’évasion et l’optimisation fiscales, lutte contre les paradis fiscaux, Taxe sur les transactions financières et les GAFA, harmonisation des taxes sur les bénéfices des entreprises à un haut niveau

Pour la démocratie

  • remise à plat du fonctionnement des institutions financières : mise sous contrôle démocratique et changement du rôle et des missions de la BCE pour que le crédit bancaire aux entreprises appuie les investissements développant l’emploi, en quantité et en qualité, et la formation et dissuade les opérations financières, la spéculation et les délocalisations.
  • révision des équilibres institutionnels : la primauté aux instances élues et respect des choix souverains des peuples : renforcement des pouvoirs du Parlement européen et des parlements nationaux, révision de la procédure d’initiative citoyenne européenne

Pour un monde de justice et de paix

  • Pour une politique hospitalière à l'égard des migrant.e.s en rupture avec l'Europe forteresse
  • Pour des traités internationaux de maîtrise des échanges commerciaux et des flux de capitaux subordonnés au développement commun de l’emploi, de la santé et de l’écologie, à l’opposé des traités de libre échange : refus de tout nouvel accord dégradant les conditions sociales et environnementales des pays européens.
  • Pour la Paix : une France qui s’affranchisse de l’OTAN, refuse le projet de défense européenne, et agisse pour une conférence de paix et de sécurité collective en Europe, type « Helsinki 2 »

 

Nous mettons cette vision et ces priorités dès aujourd’hui au service des luttes et au pot commun des convergences possibles entre forces de gauche. 

 

2/ A partir de cette vision, travailler les convergences pour construire une liste porteuse de l'objectif « L’humain d’abord, pas la finance » et faire élire des députés français capables de défendre les intérêts populaires et de porter une autre voix de la France que celle de Macron ou de la droite LR et de l’extrême-droite. A l’heure où Emmanuel Macron cherche à faire de l’élection européenne un referendum « pour ou contre l’Europe » afin d’élargir ses bases politiques,  remporter une victoire, et poursuivre la recomposition politique en France à son avantage, le monde du travail, toutes celles et ceux qui luttent contre sa politique, la jeunesse qui « vaut mieux que cela » et les femmes qui sont en train de bouleverser profondément et durablement les rapports humains, doivent ensemble mettre un coup d’arrêt au rouleau compresseur néolibéral. A l’heure où le Front national reste une force structurante du paysage français, et où des convergences se cherchent avec la droite radicalisée, nous ne pouvons acter l’éparpillement des forces de gauche façon puzzle. Les forces progressistes peuvent porter un coup à Macron et ouvrir un espoir pour l’avenir de notre pays et de l’Europe.

 

Le PCF lance un appel à toutes celles et ceux qui luttent contre la politique de Macron, qui refusent le projet de la droite et le poison de l’extrême droite, à entrer en dialogue pour construire une plateforme commune et une liste qui incarnent le choix fondamental de l’humain face à la finance. Cette liste devrait viser une très large ouverture aux acteurs du mouvement social et pourrait permettre une convergence des forces politiques progressistes, dans le respect des différences mais autour d’objectifs communs.

 

3/ Unir et renforcer les forces progressistes dans le Parlement européen autour d’axes politiques ouvrant des brèches dans la construction libérale de l’UE. Selon les premières projections, le rapport de force pourrait une nouvelle fois se dégrader en faveur de la droite radicalisée, des populismes et de l’extrême droite. Dans le même temps, la crise de la sociale démocratie et l’existence de forces en rupture avec la ligne libérale et les grandes coalitions, l’émergence de partis progressistes nouveaux, peuvent, à condition d’un travail politique de convergence de qualité – à l’image des efforts fournis dans le cadre du Forum européen de Marseille –

qui permet la liberté dans la solidarité. Dans cette optique, nous exprimons notre opposition ferme aux logiques de division fondées sur l’illusion d’une nécessaire « clarification» des points de vue, entre gauche pan-européenne et gauche nationaliste. L’issue positive pour les peuples réside dans notre capacité à dépasser ces débats pour porter ensemble, dans un front commun européen et dans le Parlement, les intérêts et les besoins populaires. La présence d’eurodéputés communistes français sera décisive pour y parvenir.

 

Le CN se dote d’outils pour engager dès aujourd’hui la campagne.

  • Nous lançons dès aujourd'hui une campagne d'information et de débats publics pour l’élaboration de propositions concrètes à partir de la vision et des priorités de campagne, et organiserons la diffusion de masse de notre appel dans les luttes et auprès des forces progressistes.
  • Nous lançons une pétition pour une autre utilisation de l’argent en Europe – et donc de l’euro - présentant la proposition de fonds  européen de développement social et écologique
  • Un bilan des députés du Front de gauche sera édité sous forme de fascicule pour la Fête de l’Humanité.
  • Nous demandons que soient organisées dans les média les conditions d'un véritable débat démocratique pluraliste. Les dispositions  qui figurent dans le projet de loi gouvernemental sont à cet égard inacceptables.
  • Nous rendrons publique une lettre de réponse à la proposition d’Edouard Philippe de participer au comité de surveillance transpartisan des « consultations citoyennes sur l’Europe »
  • Nous constituons sans attendre une équipe nationale de campagne rassemblant l’équipe d’animation du chantier Europe et les secteurs du parti concernés. Elle est chargée de rédiger dans la semaine l’appel aux forces sociales et politiques, établir un agenda de campagne, des matériels et initiatives publiques. Sous la responsabilité du CEN et en lien avec les fédérations, elle est chargée de rassembler les propositions de candidatures nécessaires à la construction de la liste large que nous visons. Elle soumettra ses propositions sur lesquelles le CN de juin devra se prononcer.
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28 mars 2018 3 28 /03 /mars /2018 10:11
Elsa Faucillon, députée communiste de Seine St Denis

Elsa Faucillon, députée communiste de Seine St Denis

Maternelle obligatoire: les communistes se réjouissent, mais demandent des moyens.

AFP - mardi 27 mars 2018

Les députés communistes ont approuvé mardi la décision d'Emmanuel Macron d'abaisser l'âge de la scolarité obligatoire de six à trois ans, à condition que cela ne se fasse pas "à moyens constants".

L'abaissement de l'âge de la scolarité obligatoire de six à trois ans est une mesure "que l'on porte depuis longtemps", a déclaré mardi Elsa Faucillon lors d'un point-presse à l'Assemblée nationale, en réaction à l'annonce du chef de l'Etat mardi en ouverture des "Assises de la maternelle", organisées à Paris.

La députée a néanmoins souligné l'importance de mettre à disposition à l'échelle locale les moyens humains, logistiques et financiers nécessaires à cette réforme. "On ne peut pas penser que ça se fera à moyens constants", a-t-elle estimé.

Cette mesure, qui devra passer par une loi, concernera quelque 26.000 enfants. Actuellement 97,6% des petits âgés de trois ans sont déjà scolarisés (et quasiment 100% des enfants de 4 et 5 ans).

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22 mars 2018 4 22 /03 /mars /2018 16:56
Pierre Laurent

Pierre Laurent

 
Une adresse à construire du commun.
L’antiracisme, notre combat
MERCREDI, 21 MARS, 2018
L'HUMANITÉ

Par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.

La Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, célébrée chaque année le 21 mars à l’initiative de l’ONU depuis le massacre de Sharpeville en 1960 en Afrique du Sud, reste d’une brûlante actualité. Mais cette actualité n’est pas seulement celle de la solidarité internationale due aux victimes de discriminations raciales dans le monde, elle est celle de l’Europe et de notre pays, la France.

L’installation au premier plan de la vie politique de partis ouvertement racistes et xénophobes, les coalitions nouvelles entre forces de droite et d’extrême droite accédant ou aspirant au gouvernement dans plusieurs pays européens, les discriminations racistes structurelles dans le travail, le salaire ou l’accès au logement, la mise en concurrence des travailleurs selon leur origine pour favoriser le dumping social au détriment du principe « à travail égal, salaire égal », la banalisation des discours racistes, leur présence virulente sur les réseaux sociaux, la montée des violences, le traitement indigne des migrants… les signaux d’alerte sont malheureusement nombreux.

Si le combat antiraciste est constitutif de notre histoire communiste, force est de constater qu’il est urgent de le remettre au premier plan de nos combats en renouvelant l’analyse de ce que nous avons à combattre.

Les visages hideux du racisme ont pris de nouvelles formes, visent de nouvelles cibles, mais la concurrence des racismes et de leurs victimes est un piège. Car les racismes d’hier et d’aujourd’hui ne s’évacuent pas les uns les autres. Ils s’additionnent. Tous doivent être combattus.

La lutte contre le racisme et l’antisémitisme a marqué un siècle des combats des communistes français. L’antisémitisme reste un pilier de cette lutte, une exigence à laquelle les communistes n’ont jamais failli, des années 1930 à la Résistance, jusqu’à nos combats actuels contre le révisionnisme des extrêmes droites européennes. L’inauguration de la place Henri-Malberg, à Paris, le 23 mars, à deux pas de la place Henri-Krasucki, en sera un témoignage fort. Et ceux qui persistent, à l’instar de Netanyahou et de ses relais politiques en France, à qualifier d’antisémites nos prises de position contre la colonisation des territoires occupés par Israël en Cisjordanie ou la décision de Trump sur Jérusalem en violation du droit international rendent un très mauvais service à la cause antiraciste. Car unir d’un même mouvement contre l’antisémitisme, et pour la fin de la colonisation et la solution à deux États, assurant la paix et la sécurité aux Israéliens comme aux Palestiniens, c’est le chemin le plus sûr pour faire reculer les racismes que ne peuvent qu’alimenter les logiques de guerre, d’humiliation et de spoliation.

« C’est qu’au fond, il n’y a qu’une seule race : l’humanité. » Jean jaurès

Le chaos du monde actuel est propice à la montée de tous les racismes. La mondialisation capitaliste en crise porte en elle l’exploitation et la mise en concurrence sans fin des peuples et des dominés, comme la nuée porte l’orage. Et dans la guerre du tous contre tous, racismes et replis nationalistes et xénophobes trouvent un terreau fertile.

Tour à tour, Roms, musulmans, migrants… deviennent la cible. Peu importe la réalité supposée du danger mis en scène, l’essentiel est à chaque fois la construction d’un « ennemi » utile à diviser entre eux les opprimés et les perdants de la mondialisation capitaliste.

Le racisme redevient à grande échelle et dans toute l’Europe un des instruments de la domination de classe. La stigmatisation systématique des musulmans, volontairement confondus avec l’islamisme, ou pire avec le terrorisme, comme les lois et les murs anti-migrants construisent quotidiennement ce discours. L’islamophobie est au cœur de ce dispositif idéologique car elle procède à tous les amalgames, confondant dans un même mouvement racisme anti-immigré et dénaturation de la laïcité, alors réduite à la défense des valeurs chrétiennes, à l’opposé du principe de liberté de conscience qu’elle est censée garantir. L’islamophobie doit être pour cela déconstruite et combattue.

Mais plus encore que la lutte contre les stéréotypes racistes de tous ordres, c’est le combat contre le rapport social d’exploitation de masse, l’instrument de division de notre propre société, la France, qu’est aujourd’hui le racisme, qui doit être considérablement revalorisé dans notre action.

Inégalités sociales, précarisation et nouveaux modes d’exploitation du travail, assignations territoriales dans des quartiers délaissés par la République, discriminations racistes structurelles dans les politiques publiques (embauche, logement, contrôle au faciès) se conjuguent pour mettre à l’index, en état de sous-citoyenneté, une part croissante de la population, et singulièrement de la jeunesse. Nous avons sous-estimé le caractère de masse de ce racisme institutionnel, qui est une injure quotidienne au principe d’égalité dans la République. Comme nous avons les stigmates du colonialisme dans les imaginaires et les réalités d’aujourd’hui.

Ce combat, nous devons le porter haut et fort, en aidant à libérer la parole, à organiser l’action de toutes les victimes de ces discriminations, de toutes celles et de tous ceux qui se vivent comme les « racisés » de la République, à écouter et entendre les souffrances que cela engendre. Face à ceux qui veulent diviser ou séparer, construisons du commun, une égalité réelle et un nouvel universalisme qui reconnaissent pleinement la pluralité et la diversité des individualités, des cultures, des identités de cette part du monde qu’est notre pays, la France.

 
Une adresse à construire du commun: l'antiracisme, notre combat! (Tribune de Pierre Laurent dans l'Humanité du 21 mars 2018)
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21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 20:38
Après la distribution d'un tract pour les EHPAD et la défense de conditions d'accompagnement dignes et humaines des personnes âgées, le 7 mars, à l'hôpital de Morlaix, les militants communistes sont revenus à l'hôpital de Morlaix 2 semaines plus tard le 21 mars pour distribuer la lettre des parlementaires communistes sur la santé et l'hôpital public. De très bons échanges avec les usagers, les médecins et personnels de l'hôpital.

Après la distribution d'un tract pour les EHPAD et la défense de conditions d'accompagnement dignes et humaines des personnes âgées, le 7 mars, à l'hôpital de Morlaix, les militants communistes sont revenus à l'hôpital de Morlaix 2 semaines plus tard le 21 mars pour distribuer la lettre des parlementaires communistes sur la santé et l'hôpital public. De très bons échanges avec les usagers, les médecins et personnels de l'hôpital.

La santé, notre bien commun: les militants communistes distribuaient ce 21 mars la lettre des parlementaires PCF pour la défense de l'hôpital public
La santé, notre bien commun: les militants communistes distribuaient ce 21 mars la lettre des parlementaires PCF pour la défense de l'hôpital public
La santé, notre bien commun: les militants communistes distribuaient ce 21 mars la lettre des parlementaires PCF pour la défense de l'hôpital public
La santé, notre bien commun: les militants communistes distribuaient ce 21 mars la lettre des parlementaires PCF pour la défense de l'hôpital public
La santé, notre bien commun: les militants communistes distribuaient ce 21 mars la lettre des parlementaires PCF pour la défense de l'hôpital public
La santé, notre bien commun: les militants communistes distribuaient ce 21 mars la lettre des parlementaires PCF pour la défense de l'hôpital public
La santé, notre bien commun: les militants communistes distribuaient ce 21 mars la lettre des parlementaires PCF pour la défense de l'hôpital public

16-02-2018

La santé, notre bien commun

De gouvernement en gouvernement, les réformes se succèdent, démantelant, chaque jour davantage, notre système de santé et de protection sociale. Après les nouvelles restrictions budgétaires infligées par la ministre, Agnès Buzyn, l’hôpital public est en grand danger.

C’est l’accès et la qualité des soins qui sont remis en cause. Meurtri par cette austérité, l’hôpital peine à mettre en œuvre ses missions essentielles et l’humain perd peu à peu du terrain. Chacun-e vit le manque de généralistes, de spécialistes, de personnel paramédical, ce qu’on appelle les déserts médicaux. Chacun-e vit la situation dramatique des Ehpad et la détresse de nos ainé-e-s. La psychiatrie est particulièrement touchée et en son sein la pédopsychiatrie.

Nous, parlementaires communistes, avons de tous temps voté contre les budgets de régression de la protection sociale.

Les mobilisations se multiplient dans tout le pays, hôpitaux, Ehpad, maternités, services de psychiatrie… Personnels et patient-e-s refusent, à juste titre, les fermetures/fusions d’établissements ou de services, les suppressions de lits et de postes, le non remplacement des personnels, la course à la rentabilité et à l’activité. D’appels en appels, la colère gronde et touche toutes les catégories de personnel de santé.

Nous exigeons que l’hôpital ait les moyens de remplir ses missions et nous faisons des propositions pour développer une médecine de qualité pour toutes et tous sur l’ensemble du territoire.

C’est dans cet esprit que nous organisons le tour de France des hôpitaux. En Marche a choisi le libéralisme et la marchandisation de la santé, nous au contraire, nous voulons faire grandir l’alternative : un grand service public de santé, une protection sociale de haut niveau.

André Chassaigne

 

Télécharger la lettre en PDF :

PDF - 646.5 ko
Cette lettre des Parlementaires communistes spécial Tour de France des Hôpitaux est tirée à 3 millions d'exemplaires et distribuée partout sur le territoire français

Cette lettre des Parlementaires communistes spécial Tour de France des Hôpitaux est tirée à 3 millions d'exemplaires et distribuée partout sur le territoire français

La santé, notre bien commun: les militants communistes distribuaient ce 21 mars la lettre des parlementaires PCF pour la défense de l'hôpital public
La santé, notre bien commun: les militants communistes distribuaient ce 21 mars la lettre des parlementaires PCF pour la défense de l'hôpital public
La santé, notre bien commun: les militants communistes distribuaient ce 21 mars la lettre des parlementaires PCF pour la défense de l'hôpital public
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20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 19:31
SNCF : Le PCF fait ses propositions de financement pour le service public ferroviaire
SNCF : Le PCF fait ses propositions de financement pour le service public ferroviaire
SNCF : Le PCF fait ses propositions de financement pour le service public ferroviaire
1 – Le projet de loi Macron « pour un nouveau pacte ferroviaire » ne résout aucun des problèmes de la SNCF et va tous les aggraver !
 
Le réseau ferré national manque cruellement de maintenance et d'investissements. Nous n'avons cessé de le dénoncer depuis des années. Aujourd'hui, le gouvernement acte le « sous-investissement dans le réseau ferré »mais il n’apporte que des mauvaises réponses (concurrence, fin des recrutementsau statut, dégradation des conditions de recrutement, zéro moyen nouveau).
 
Une phrase en page 1 du projet gouvernemental est éclairante « Le réseau ferré national, en dehors des lignes à grande vitesse, est victime de décennies de sous-investissement ». Le rapport Spinetta chiffre à 3 milliards par an pendant 10 ans les besoins d'investissements.
 
Le gouvernement est obligé de faire ce constat , mais n’apporte aucune réponse à ce problème.
 
Faute de réponse, il fait des cheminots et de leur statut des boucs émissaires, en s'appuyant sur une affirmation jamais démontrée du rapport Spinetta sur le prétendu surcoût de production de la SNCF « Les coûts de production au sein de la SNCF, seraient[d’après le rapport Spinetta], supérieurs de 30% à ceux des entreprises ferroviaires européennes ».
 
Cette affirmation, jamais étayée, cherche en fait à en justifier une autre : l'avenir, c'est la mise en concurrence. Là encore, avec de faux arguments.
 
L'exemple donné est souvent l’Allemagne. Or, en Allemagne, ce n’est pas la concurrence (limitée, la Deutsche Bahn a toujours 85% des trafics) qui a réglé quoi que ce soit, c’est l’investissement de 35 milliards d’euros en 1994 de l’Etat allemand pour reprendre la dette de la Deutsche Bahn.
 
L'exemple passé sous silence, c'est la Grande Bretagne. Les résultats de la privatisation britannique sont catastrophiques : multiplication par 6 du prix des billets, accidents... sans apporter zéro solution financière.
 
Autre contre-exemple : la mise en concurrence du fret SNCF. Depuis, la SNCF n’a plus que 60% du marché, mais le volume de trafic global du fret ferroviaire baisse continuellement au profit de la routeSans investissement, c’est la catastrophe et les projections à 2050 sont désastreuses : multiplication quasiment par 2 du volume de trafic de camions ! Seul le projet publié par la CGT Cheminots, qui propose de viser 25 % de fret ferroviaire dans le trafic marchandises, définit une réelle ambition. C'est pourtant une urgence économique et écologique.
 
En vérité, La mise en concurrence, c'est la désorganisation programmée du système ferroviaire. Quant aux attaques contre les cheminotselles ne règlent rien et vont tout aggraver. Les cheminots ne sont pas bien payés (boulots durs, horaires contraints…) et la perte des droits liés au statut va dégrader l’attractivité de la boîte.
 
En fait, ce qui coûte cher à la SNCF et aux usagers, c'est la dette. 2,7 milliards de frais financiers annuels, soit le tiers de la masse salariale. Sur la dette, que propose le gouvernement : dans son projet soumis à ordonnances, rien !
 
 
2 – Le risque évident c’est la fermeture de lignes que les régions n’auront pas les moyens de financer, une catastrophe en matière d’aménagement du territoire
 
 
9 000 kilomètres de lignes sur les 29 000 sont des (mal nommées) petites lignes, avec des trafics limités. Elles sont toutes menacées par le projet Macron. Ce sont massivement des lignes TER subventionnées par les régions, mais qui profitent aussi d’investissements du système ferroviaire (SNCF réseau, qui voit sa dette augmenter).
 
La volonté du gouvernement de « rééquilibrer » la trajectoire financière de la SNCF implique de fait de transférer complètement la gestion de ces lignes et de leur déficit d’exploitation aux régions, avec probablement même une augmentation des niveaux de péages à payer.
 
Le calcul du gouvernement est pervers : ce seraient les régions qui auraient à fermer ces lignes par manque de moyens.
 
Prenons l’exemple concret de la région Occitanie : 270 gares, 4 500 communes desservies, 50% du réseau fait de « petites lignes ». La Région Occitanie consacre déjà 300 millions d’euros par an de subventions de fonctionnement pour faire rouler les TER (un quart du budget de fonctionnement de cette région, comme des autres).
La région Occitanie est à ce jour la seule (avec la Bretagne) à refuser la mise en concurrence , parce qu’il y a un vice-président communiste qui se bat et une présidente PS qui le soutient.
 
Si on lui transfère tout avec une augmentation massive du coût, cela sera très difficile de faire face.
 
Le duo pervers mise en concurrence/absence de financement, ce sera donc à terme :
 
  • Livrer aux profits de groupes privés les lignes les plus rentables (LGV Paris-Lyon par exemple) ; le CAC 40 a fait 93 milliards de profits. Il en veut plus.
  • Placer les régions dans des situations ingérables financièrement, qui ne pourront à terme que les amener à fermer de nombreuses lignes.
  • C’est donc une véritable « casse de la SNCF » avec (beaucoup) moins de trains, avec la privatisation des profits et la casse de tout ce qui est déficitaire et a besoin de la solidarité nationale.
  • C’est une catastrophe en terme d’aménagement du territoire : de très nombreuses villes moyennes et zones rurales n’auront à terme plus de trains du tout.
  • On parle déjà de sur-concentration des moyens dans les métropoles, ce sera pire. Comment espérer relancer l’emploi, le développement dans des territoires où on aura fermé la gare (après la poste, l’hôpital…) ?
 
En résumé, le projet Macron, c’est la France de la concentration du capital financier, contre la France de tous les territoires, du service public, de l’écologie. C’est cela le sujet, pas le statut des cheminots.
 
L’argument qui consiste à dire que la mise en concurrence est devenue une obligation européenne contre laquelle on ne peut plus rien est faux.
Le 4ème paquet ferroviaire, contre lequel nous avons voté quand ceux qui parlent aujourd’hui d’obligation venue de Bruxelles le votaient des deux mains, n’oblige pas le gouvernement à se précipiter comme il le fait. Et en plus, le règlement européen « Obligation de service public » prévoit dans ses articles 4 et 5 des dispositions qui permettent de maintenir les concessions aux exploitants publics. Le gouvernement peut donc engager la bataille contre la logique de privatisation du rail s’il en a la volonté.
3 – La vraie question, c’est le financement du système ferroviaire, pour lequel nous avançons des solutions
 
La dette du système ferroviaire augmente de 3 milliards d’euros par an. Elle est estimée (début 2018) à 53 milliards d’euros par an, dont 46 pour SNCF réseau et 7 pour SNCF mobilités. Elle augmente de près de 10 millions d’euros par jour. Cette trajectoire n’est pas soutenable, d’autant qu’elle génère des frais financiers très élevés.
 
Libérer la SNCF du poids de la dette pour investir et embaucher
Nous proposons que la dette soit reprise à taux zéro par la Caisse des Dépôts et les banques, en exigeant sa reprise ou son financement par la BCE, qui finance aujourd’hui le système bancaire à taux zéro sans aucune contrepartie utile au développement social et écologique.
 
Un Fonds européen pour les services publics, un plan européen pour le ferroviaire
Au delà, nous proposons que la France se batte pour engager la création d’un Fonds européen de financement des services publics, alimenté par le quantitative easing de la BCE, qui serve notamment au financement d’un plan européen de développement des infrastructures ferroviaires. Ce serait une contribution majeure à un plan climat ambitieux pour l’Europe.
 
De nouvelles ressources immédiates possibles qui ont fait leurs preuves 
Dans la bataille pour le réseau du Grand Paris Express en Ile-de-France, on nous a opposé pendant des années l’argument selon lequel le projet n’était pas finançable. Nous avons avancé des propositions qui sont aujourd’hui reprises et qui font leur preuve. C’est grâce à cela qu’on va construire 200 kilomètres de métro d’ici 2030 (le chantier a démarré à Champigny, et ce n’estpas un hasard que ce soit dans une ville et un département communistes qui ont été à la pointe de cette bataille).
Dès 2004, quand la loi de décentralisation des transports en Ile-de-France a été votée, nous avons fait des propositions de financement, en disant qu’il fallait beaucoup d’argent pour investir plus et financer le fonctionnement. Nous avions dit « il faudra mobiliser à terme 5 milliards d’euros par an en plus pour les transports urbains à Paris. »
 
Nous avons fait des propositions (hausse du versement transport des entreprises, hausse de la taxe locale sur les bureaux (qui était très basse et l’est encore) et création d’une taxe sur les parkings des entreprises et des hypermarchés.
 
Nous nous sommes battus et nous avons gagné des financements : fin 2010 sous le gouvernement Fillon, en 2013 sous Ayrault, en 2014 et 2016 sous Valls, et même fin 2017 le gouvernement Philippe a augmenté le versement transport (dans le 93 et le 94 et pas dans le 92 comme nous le proposions, mais tout de même pour 200 millions par an).
 
Et le gouvernement Philippe vient de s’engager début 2018 à dégager de nouveaux financements pour le Grand Paris (mission confiée à Gilles Carrez). On devrait gagner en juin 200 à 250 millions par an de recettes en plus.
 
En résumé depuis 2010, les différents gouvernements ont accordé en « cumulé » environ 1,7 milliard d’euros par an de financements en plus aux transports en Ile-de-France (massivement la hausse du versement transport, de la taxe locale sur les bureaux et l’extension aux parkings des hypermarchés). Ce qui a permis de financer le Pass Unique, plus d’offres de transports et, surtout, un plan d’investissement massif de plus de 40 milliards dont le Grand Paris Express (200 kilomètres de métro). Ce sont des investissements qui n’existent que parce qu’il y a les nouvelles recettes proposées par les communistes. En 2005, il y avait 200 millions par an d’investis dans les nouvelles infrastructures de transports en Ile-de-France. En 2018, il y aura près de 4 milliards (20 fois plus).
 
La preuve est faite que quand on veut trouver les moyens, on peut.
On les trouve pour les transports en Ile-de-France.
On peut tout à fait les trouver pour investir pour la SNCF et pour desservir tous les territoires en France, nul besoin de tout casser.
Ce qu’on fait pour Paris, on peut le faire pour desservir Aurillac.
 
Nous demandons à Mme la Ministre une rencontre pour parler des propositions que nous avons présentées dans le cadre de notre contribution aux Assises sur les Mobilités.
 
La recette totale attendue est de 6 milliards, répartie entre 3 milliards pour la SNCF en direct et plus de 2 milliards pour financer tous les types d’investissements dans les différents modes de transport.
 
  • L’augmentation de la taxe locale sur les bureaux et son extension à toute la France (2 milliards par an). Le taux de la taxe locale sur les bureaux peut être modulée avec un effet redistributif à l’échelle nationale. Elle serait portée à 50 euros par m² à la Défense et dans le cœur de Paris (5 à 10 euros en province seulement). C’est tout à fait accessible, la taxe étant à 22 euros par m² aujourd’hui, et les entreprises payant plus de 500 euros de loyer par m² actuellement.
  • L’extension de la taxe sur les parkings d’hypermarchés à l’ensemble du pays (très vertueuse en matière d’aménagement du territoire, permet le développement du petit commerce, la revitalisation des centre-villes, les groupes de la distribution n’auront qu’à développer des plus petites surfaces mieux intégrées dans la ville comme supérettes et supermarchés (2 milliards par an).
  • Le déplafonnement du versement transport (avec péréquation nationale) et la créationd'un versement transport additionnel pour les régions (réclamé depuis des années par les élus de tous bords (500 à 800 millions par an).
  • La création d’un Livret d’Epargne Transport (pour que l’épargne populaire aille vers les transports publics).
  • La renationalisation des autoroutes.
  • La création d’une éco-taxe poids lourds régionalisée (1 milliard par an).
 
 
Trouver 3 milliards par an pour investir c’est donc possible, plutôt que de s’attaquer aux effectifs et au statut des cheminots. Avec la reprise de la dette, le financement des investissements et les nouvelles ressources dégagées, nous proposons :
 
des conférences annuelles régionales, nationale, européenne du transport ferroviaire pour élaborer avec les usagers, les salariés, la SNCF, les acteurs du transport des engagements chiffrés, évalués et suivis,
un plan d’embauche et de formation en adéquation avec les objectifs de développement décidés,
la négociation d’un statut commun aux salariés du transport, cheminots et routiers, pour lutter contre le dumping social.
 
 
4 – Une campagne d’actions dans toute la France aux côtés des cheminots
 
Les cheminots seront dans l’action le 22 mars et en grève à partir du 3 avril. Nous serons à leurs côtés dans la rue le 22 mars et durant toute la grève, dans les modalités qu’ils décideront.
 
Il ne s’agit pas seulement de solidarité avec les cheminots mais de l’intérêt général pour stopper la dégradation du service public et gagner un plan de développement ambitieux du transport ferroviaire sur tout le territoire national.
 
Du 20 mars au 3 avril, nous allons nous adresser aux usagers dans toutes les gares et les trains de France pour que le mouvement soit celui de tous, cheminots et usagers. Avec un mot d’ordre commun : « ma gare, ma ligne, mon train, j’y tiens. SNCF 100 % public », nous voulons que soient portées en commun les revendications des cheminots et celles des usagers pour un meilleur service public.
 
Nous proposons aux usagers le port d’un badge « mon train, j'y tiens », et d’organiser l’action des usagers aux côtés des cheminots.
 
A ce jour, notre présence est déjà programmée dans plus de 950 gares cette semaine !
 
Enfin, nous favoriserons toutes les initiatives unitaires pour faire grandir le mouvement comme nous venons de le faire avec la déclaration de douze organisations de gauche, obtenue grâce à l’engagement d’Olivier Besancenot, Benoît Hamon et moi-même, ainsi que toutes les convergences construites à partir des revendications de chaque profession, et de l’ensemble des salariés du pays.
SNCF : Le PCF fait ses propositions de financement pour le service public ferroviaire
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20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 19:26

Mobilisation générale le 24 mars pour stopper Erdogan

Afrin, après avoir héroïquement résisté, est désormais sous le déluge de feu de l’armée turque et de ses supplétifs de Daesh. Les civils fuient maintenant par milliers pour échapper aux pillages, aux massacres, aux viols et aux égorgements. Le bilan humain provisoire est terrifiant. Après les Arméniens il y a un siècle, les Kurdes ont tout lieu de craindre l’attitude génocidaire de R.T. Erdoğan.
Les masques sont tombés devant ceux qui feignaient de croire que la Turquie entendait protéger sa frontière. Sans ambages, R.T. Erdoğan vient de déclarer : « Maintenant, le drapeau turc flotte là-bas ». Il entend désormais poursuivre l’offensive dans tout l’espace kurde jusqu’à la frontière irakienne avec la bénédiction de Moscou et de Washington. L’épuration ethnique qui se dessine vise clairement à faire d’Afrin une base arrière d’enracinement du terrorisme islamiste avec de lourdes conséquences pour la région, l’Europe et la France.

Le gouvernement français a commis une grave faute en considérant que l’on pouvait comprendre R.T. Erdoğan et en faisant preuve à son égard d’une tolérance complice.

Comme le rappelait le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, l’heure est à une mobilisation transpartisane pour stopper R.T. Erdoğan. La France et l’Union européenne doivent parler plus fermement, condamner la politique d’Ankara, exiger l’interdiction du survol de l’aviation turque et son retrait du territoire syrien. L’ONU doit, sans attendre, adopter une résolution protégeant les Kurdes de Syrie.

Des manifestations se dérouleront en Europe le 24 mars 2018. Dans toutes les grandes villes françaises, des défilés auront lieu et le PCF entend contribuer à en faire un succès pour exprimer sa solidarité totale avec les Kurdes qui incarnent le combat pour la liberté, la paix et la démocratie.

Mobilisation générale le 24 mars pour stopper Erdogan (PCF, 19 mars 2018)
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20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 19:13
André Chassaigne : Un référendum démocratique contre la « technocrature »

mardi 20 mars 2018

Réforme des institutions : André Chassaigne revient, dans une tribune publiée par Libération, sur la demande de référendum des députés communistes.

"Même si le gouvernement prévoit de répartir les mesures constitutives de sa réforme institutionnelle d’ensemble dans des projets de loi de diverses natures (constitutionnelle, organique et ordinaire), leur objet et leur portée doivent conduire à les intégrer dans un seul et même texte de révision constitutionnelle. Rien n’interdit en effet le pouvoir constituant (dérivé) d’ériger les mesures prévues au niveau de la Constitution." Cette solution aurait le mérite de la clarté et de la cohérence, et permettrait surtout de soumettre l’ensemble des réformes institutionnelles voulues par l’exécutif au peuple souverain via le référendum constitutionnel prévu par l’article 89 de la Constitution. Article de notre Loi fondamentale qui consacre le référendum comme la voie normale de toute révision constitutionnelle. Nous plaidons en effet pour un débat devant les Français, pour une décision des Français. Un appel au peuple qui suppose la tenue d’un référendum, instrument essentiel pour rétablir la confiance des citoyens dans leurs institutions et leurs élus}, explique André Chassaigne.

André Chassaigne

André Chassaigne

Un référendum démocratique contre la «technocrature»
Par André Chassaigne, Président du groupe GDR à l'Assemblée nationale

Les prochaines modifications de la Constitution annoncées par l'hyper-président doivent faire l'objet d'un seul et même texte sur lequel les citoyens pourront se prononcer par référendum, estime le député communiste André Chassaigne.

Un nouveau lifting constitutionnel est prévu pour le 60e anniversaire de la Ve République. A défaut de connaître le contenu exact du projet de réforme constitutionnelle, celui-ci est voué à consacrer la longue dérive hyper-présidentialiste du régime. Depuis l’accession d’Emmanuel Macron à l’Elysée, on assiste moins à un renouveau de la pratique des institutions qu’à la reproduction caricaturale de ses déviances : concentration et centralisation du pouvoir à l’Elysée, neutralisation de la fonction primo-ministérielle, dévalorisation du Parlement avec un fait et une discipline majoritaires poussés à l’extrême, défiance à l’égard des contre-pouvoirs en général et à l’encontre des syndicats comme des médias, en particulier…

En matière institutionnelle comme ailleurs, le «nouveau monde» que souhaitait incarner le président Macron n’est qu’une chimère. La version macroniste de la Ve République, qui s’inscrit dans une forme de «continuité aggravée», condamne les représentants de la Nation dans une position passive de spectateurs du pouvoir. Un sentiment d’ailleurs partagé par nombre de députés de la majorité… Du reste, la réduction d’un tiers du nombre de parlementaires, l’introduction d’une dose de proportionnelle aux élections législatives ou encore la limitation à trois mandats successifs pour les parlementaires et les présidents d’un exécutif local ne sont pas de nature à bouleverser les équilibres fondamentaux du régime.

Pis, les récentes initiatives du gouvernement risquent au contraire de renforcer les déséquilibres si caractéristiques de la Ve République, au point de mettre en péril notre démocratie. Sont ainsi marqués du sceau du mépris à l’égard de la représentation nationale, de l’institution parlementaire et donc de la démocratie : le recours à l’arme antiparlementaire du vote bloqué pour empêcher in extremis l’adoption d’une proposition de loi sur les retraites agricoles, l’annonce du recours aux ordonnances pour la réforme ferroviaire et la volonté de restreindre le droit d’amendement des parlementaires. Autant de coups de force qui sont significatifs de la «démocratie technocratique» rêvée par le président Macron. «Technocrature» dans laquelle la décision politique échappe définitivement aux parlementaires pour être monopolisée par un président de la République conseillé et assisté de hauts fonctionnaires partageant un même logiciel, dans lequel notamment le Parlement est une simple start-up et ses membres de simples agents à manager.

Ainsi, le recours aux ordonnances témoigne de l’incapacité de l’exécutif à admettre le principe délibératif qui est à la base des fonctions du Parlement. Le gouvernement préfère en effet passer en force et imposer sa volonté, plutôt que prendre le temps de débattre de ses propres propositions dans une Assemblée pourtant largement acquise à sa cause. Un déficit de culture démocratique qui dénote encore d’une conception technocratique du pouvoir.

Enfin, la volonté de limiter le droit d’amendement des parlementaires témoigne d’un mépris des droits fondamentaux des représentants de la nation en général et de l’opposition parlementaire en particulier. Désormais, non seulement les parlementaires continueront à être exclusde facto de l’initiative législative, mais leur pouvoir de coproduction des projets de loi (via l’exercice du droit d’amendement) se verrait neutralisé. Une manière d’en finir définitivement avec le pouvoir législatif des parlementaires.

Aujourd’hui, plus personne ne doute de l’importance de la réforme à venir et de ses effets sur le fonctionnement démocratique de nos institutions. Il ne s’agit pas simplement de «rationaliser» le fonctionnement du Parlement, comme voudrait le faire croire l’Elysée. La portée de la réforme annoncée est bien plus vaste et concerne l’avenir même de notre démocratie. Dès lors, la logique démocratique voudrait que le peuple souverain s’exprime et tranche directement sur la volonté de l’exécutif d’imposer un peu plus la logique de l’hyperprésidentialsme et de la «technocrature».

Même si le gouvernement prévoit de répartir les mesures constitutives de sa réforme institutionnelle d’ensemble dans des projets de loi de diverses natures (constitutionnelle, organique et ordinaire), leur objet et leur portée doivent conduire à les intégrer dans un seul et même texte de révision constitutionnelle. Rien n’interdit en effet le pouvoir constituant (dérivé) d’ériger les mesures prévues au niveau de la Constitution.

Cette solution aurait le mérite de la clarté et de la cohérence, et permettrait surtout de soumettre l’ensemble des réformes institutionnelles voulues par l’exécutif au peuple souverain via le référendum constitutionnel prévu par l’article 89 de la Constitution. Article de notre Loi fondamentale qui consacre le référendum comme la voie normale de toute révision constitutionnelle. Nous plaidons en effet pour un débat devant les Français, pour une décision des Français. Un appel au peuple qui suppose la tenue d’un référendum, instrument essentiel pour rétablir la confiance des citoyens dans leurs institutions et leurs élus.

Si l’exécutif a déjà évoqué cette option, ce dernier reste flou, évasif, prostré dans une posture calculatrice. Or nous ne saurions jouer et calculer avec l’avenir de notre démocratie. Celle-ci ne saurait dépendre de tractations et autres marchandages avec le président du Sénat. En cela, l’organisation d’un tel référendum ne relève pas, selon nous, de la simple option politique, mais de l’impératif catégorique-démocratique.

André Chassaigne Président du groupe GDR à l'Assemblée nationale

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20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 19:09
Pierre Darhéville, député PCF des Bouches-du-Rhône

Pierre Darhéville, député PCF des Bouches-du-Rhône

« La politique doit reprendre ses droits sur les forces financières et sur la production de richesses »
Pierre Dharréville

Député PCF, membre de la commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale. Il a publié, en 2016, Un printemps pour la République (Les éditions de l’Atelier, 144 p.).

 

Alors qu’elle est la plus grande invention sociale du XXe siècle, la Sécurité sociale est mise à mal par des injonctions d’ordre financier. Entre la pression du patronat pour l’augmentation de la CSG, la progressive diminution des cotisations et la pression d’une dette largement fabriquée, la question de la réponse aux besoins peine à s’imposer dans le débat politique. L’amenuisement des moyens et la multiplication des fermetures d’établissements accroissent la souffrance au travail des soignants et empêchent de faire face convenablement aux défis sanitaires. Le diagnostic est pourtant simple : on consacre une part trop faible des richesses produites à notre santé. Pierre Dharréville veut faire porter la voix de celles et ceux « qui ont besoin d’une sécurité sociale forte et solidaire », et appelle à une appropriation sociale de cet enjeu majeur.

 

Depuis des décennies, la Sécurité sociale est minée par des réformes ou des mesures visant à restreindre sa portée. En quoi consistent-elles dans la période actuelle ? Quel est l’impact de la suppression programmée des cotisations salariales et de l’augmentation de la CSG ?

La sécurité sociale est la plus grande invention sociale du siècle dernier. Elle est née de cette puissante volonté issue de la Libération : porter et construire une vision solidaire de notre société. Il faut incessamment en rappeler le principe : « de chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins ». La sécurité sociale donne vie aux principes d’égalité des droits et de justice sociale. Si elle n’a pas été un long fleuve tranquille, sa naissance est la résultante de longs combats du mouvement ouvrier et elle est marquée par une intuition communiste. Et dès le début, elle s’est mise en place dans l’adversité. Imaginez : elle socialise de l’argent issu des richesses du travail pour garantir des droits à chacune et chacun. Elle était conçue pour être une propriété des salariés, mais le patronat ne l’entendait pas de cette oreille. Celui-ci a tout fait pour gagner le plus qu’il pouvait de pouvoir en son sein. Supprimer la cotisation salariale, cela revient à vouloir trancher ce lien de propriété entre les salariés et la sécurité sociale, entre le travail et la protection sociale, entre les salaires et les droits. C’est cela qui est gravissime. En s’attaquant à ce lien, on élargit la remise en cause possible de l’universalité des droits : la sécurité sociale pourra ne plus être qu’un socle minimum de solidarité nationale et non plus l’ambition des meilleurs droits pour toutes et tous. Enfin, c’est une arnaque. Parce que la mesure est vendue comme un gain de pouvoir d’achat, alors qu’elle est compensée par la hausse de la CSG. Le financement de la sécurité sociale est ainsi noyé dans le budget de l’État, à l’heure de l’austérité, de la dérèglementation, du dumping social, du libéralisme… Une belle prise pour le capitalisme.

 

Dans ce contexte, la situation du secteur hospitalier ou encore des Ehpad suscite de grandes inquiétudes parmi les populations. Quel est votre diagnostic à ce propos ?

La situation est grave. Nous sommes dans une crise dont le pouvoir ne prend pas la mesure. Sous la pression d’une dette fabriquée par le système savamment déréglé, les déficits se creusent, les moyens s’amenuisent et les fermetures en tous genres se multiplient. Les personnels sont pris en étau et la souffrance au travail se développe tandis que l’on peine à faire face aux défis sanitaires de façon acceptable. C’est d’autant plus vrai dans les EHPAD où l’on a le sentiment d’une capitulation publique plus forte encore. Le diagnostic est simple : on consacre une part trop faible des richesses produites à notre santé. Or, pour ce budget 2018, une nouvelle fois la sécurité sociale, on continue la compression, avec de nouveaux efforts à hauteur de 4,5 milliards, tout en augmentant le reste à charge pour les familles avec l’augmentation de 2 euros du forfait hospitalier. Désormais, on va nous expliquer que la solution passe par une alliance avec le privé, qui a déjà pompé plus que sa part et que l’on va installer en plein cœur du système de santé. La puissance publique doit assumer son rôle, porter un projet ambitieux pour l’hôpital et lancer un grand plan pour le soutien à l’autonomie qui doit commencer par les EHPAD. Il n’y en a pas assez avec trop peu de personnel, trop peu payé et pour des factures trop élevées pour les familles. On ne pourra pas faire l’économie d’un véritable investissement public face à la perte d’autonomie et au vieillissement de la population. Si l’on accepte que la santé devienne une marchandise, que l’on puisse s’y fabriquer des dividendes, alors nous nous enfoncerons dans une crise de civilisation profonde, car la dignité humaine sera menacée.

 

Alors qu’on ne cesse de présenter de manière alarmiste la question des déficits, que faire pour replacer la réponse aux besoins au cœur de la gestion de la sécurité sociale ?

La politique doit reprendre ses droits sur les forces financières et sur la production de richesses, sur le travail lui-même. Nous sommes au cœur d’une question politique centrale, parce que la santé n’a jamais cessé d’être l’un des enjeux majeurs de la lutte des classes. Le discours dominant est d’asséner partout qu’il faut réduire le déficit public. Or, de l’argent il y en a. Lors du débat budgétaire pour 2018, les députés communistes ont fait la démonstration, à travers un contre budget, que d’autres choix sont possibles. Le gouvernement a choisi de distribuer les milliards aux plus riches et aux rentiers. Et il s’est appliqué à prendre du pouvoir à celles et ceux qui vivent de leur travail.

C’est la raison pour laquelle, nous avons décidé avec l’ensemble des députés et sénateurs communistes d’engager un Tour de France des hôpitaux. L’objectif est de relayer les mobilisations des personnels et des usagers et de défendre, avec eux, des propositions de revalorisation de l’hôpital public. Nous voulons inventer ensemble l’hôpital et la sécurité sociale de demain. Nous voulons que les salariés, retraités, chômeurs, usagers, assurés reprennent du pouvoir sur cet enjeu.

Emmanuel Macron porte un projet de société, qui accentue les difficultés d’accès à des soins de qualité pour les millions d’habitantes et d’habitants. Ce projet, nous sommes nombreux à ne pas l’accepter. Il faut donc engager la contre-offensive, redessiner la sécurité sociale qu’ils ont empêchée, aller chercher du salaire à partager, revendiquer des droits universels…

 

Comme député, en quoi consiste votre action sur ces différents sujets?

Le budget de la sécurité sociale est abordé dans la commission des affaires sociales, dont je suis membre. Dans le cadre de la préparation du budget 2018 de la sécurité sociale, j’ai rencontré, échangé avec des associations, des syndicalistes, des mutualistes pour examiner et analyser ensemble les mesures du gouvernement. Je suis profondément attaché au travail collectif. Mon objectif est de faire entendre, de faire raisonner à l’Assemblée nationale la voix de toutes celles et de tous ceux qui ont besoin d’une sécurité sociale forte et solidaire. J’ai utilisé tous les espaces possibles pour faire résonner des idées alternatives et imposer un débat public exigeant. Mon action, comme celle des députés communistes consiste à s’opposer à toute mesure d’injuste sociale, à proposer inlassablement, pour être utile. Ce sont des enjeux sur lesquels la sensibilité est à vif, car chacun se sent concerné dans son être ou par ses proches. Ce sont des enjeux tout ce qu’il y a de plus charnel. Et c’est là que peuvent se fortifier les idées. À notre place, nous pouvons contribuer à faire grandir des mouvements populaires dans notre pays, de nouveaux mouvements d’appropriation sociale. C’est une bataille tous-terrains.

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18 mars 2018 7 18 /03 /mars /2018 17:13
Formation PCF BRETAGNE à Concarneau ce week-end du 17 et 18 mars 2018: ça co-gite bien ensemble pour redresser la barre!
Formation PCF BRETAGNE à Concarneau ce week-end du 17 et 18 mars 2018: ça co-gite bien ensemble pour redresser la barre!
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Formation PCF BRETAGNE à Concarneau ce week-end du 17 et 18 mars 2018: ça co-gite bien ensemble pour redresser la barre!
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Quand St Patrick te permet de digérer des heures de formation et d'échanges passionnants sur l'histoire du PCF, sa stratégie et sa visée, sa communication et la bataille des idées avec Guillaume Roubaud-Quashie Yann Le Pollotec Olivier Mayer et 26 camarades des Côtes d'Armor, du Morbihan et du Finistère. De très bons moments à l'auberge de jeunesse de Concarneau, en compagnie des scientifiques du Marinarium spécialisés dans la faune marine, et des chantiers de notre "Rêvolution"! C'était ce samedi 17 et dimanche 18 mars à l'auberge de jeunesse de Concarneau dont l'accueil a été excellent. Quand on a ce niveau d'exigence politique, de réflexion critique sur nos choix et notre histoire passée, l'état de la société, ses possibles, ses contradictions, les moyens de l'humaniser et de réduire les exploitations, cette fraternité dans les échanges, le communisme est toujours la jeunesse du monde même avec 80 décennies de plus que celui que connaissait Paul Vaillant Couturier. Merci aux intervenants, participants, organisateurs de cette belle formation régionale PCF Bretagne!

I. Dupont

Photos Ismaël Dupont et Florence Lelieu

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