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14 juin 2018 4 14 /06 /juin /2018 14:46
Le crime était presque parfait ! - adoption du pacte ferroviaire au Sénat (Fabien Gay, sénateur communiste)

Le crime était presque parfait ! - par Fabien Gay, sénateur communiste

La droite n’a eu de cesse de citer Lénine, Staline, ou encore Maurice Thorez. Ce qui me vient à l’esprit, c’est ce film d’Hitchcock.

Le Sénat a voté aujourd’hui, par 145 voix contre 82, le projet de loi portant « nouveau pacte ferroviaire ». Il ne leur aura fallu que quelques jours à l’Assemblée nationale, trois jours au sénat et une heure en Commission mixte paritaire pour casser 80 ans de service public du rail. C’est un travail d’expert, un ultra-libéralisme à la sauce Thatcher.

Pourtant, l’expression « pacte ferroviaire » a été, avec cette réforme, totalement galvaudée. Point de pacte, qui supposerait un dialogue et une décision concertée avec les cheminots et leurs organisations syndicales, les usagers et les citoyens de ce pays, ni de vision d’un réel développement de notre système ferroviaire dans cette réforme dogmatique. C’est une union entre les droites sénatoriale et gouvernementale pour porter un nouveau coup au service public.

L’absence totale d’un véritable projet d’aménagement du territoire, d’une stratégie sur les défis d’humanité que nous avons à relever, en particulier en termes d’environnement, ainsi que d’un projet de droit à la mobilité, font craindre le pire. Les marchandises à transporter vont tripler dans les décennies à venir, pourtant le transport par fret a diminué depuis la privatisation au début des années 2000. Nous ne le dirons jamais assez, il faut tirer les conclusions des ouvertures à la concurrence. Nous ne le dirons jamais assez, l’urgence environnementale impose des actions fortes. Ce texte va à l’encontre des discours présidentiels en la matière.

Cette réforme se fonde sur trois piliers. Tout d’abord, l’ouverture à la concurrence, qui a eu des effets désastreux dans tous les autres pays où elle a été mise en place ; l’explosion des prix, la détérioration des conditions de transport pour les usagers, la détérioration des conditions de travail pour les salariés, le manque d’investissement et d’entretien, les failles de sécurité…

Ensuite, la transformation des trois EPIC en SA, sans justification crédible et que l’on ne comprend malgré tout que trop bien -la préparation d’une future privatisation, notamment avec la filialisation des TER ou de Gares et Connexions. De plus, il faut le rappeler, cela va empirer la dette, car la SA ne sera plus gagée sur l’État et empruntera donc plus cher sur les marchés financiers.

Et enfin, le totem ! Le fameux statut des cheminots, malheureux objet de préjugés savamment entretenus par le gouvernement -l’actuel et les autres. C’est là où le mépris de classe et la haine ont été les plus forts, dans l’hémicycle comme sur nombre de médias ; je vous invite à regarder le dernier reportage de Capital de dimanche dernier, qui est simplement édifiant.

Mais tout le monde l’aura compris, il ne s’agit que d’une première étape. Partout où je rencontre des salariés et des agents de la fonction publique ils me répètent leur solidarité avec les cheminots et les cheminotes. Ils le disent eux-mêmes ; « on ne peut pas se mettre en grève, car nos salaires sont trop peu élevés, et nos managements sont devenus pires que dans le privé. On ne parle plus d’humain, on ne parle plus que de rentabilité ». Ils le savent, si l’on scalpe les cheminots, c’est pour ensuite s’attaquer à l’ensemble des statuts de la fonction publique, et pour ensuite pouvoir s’occuper des retraites qui vont avec.

Ce n’est pas en tirant vers le bas les avancées sociales que nous améliorerons l’existence des Français-e. C’est au contraire en créant de la protection pour tous.

Enfin, j’ai été ulcéré par le fait que certains parlent d’avancée sociale dans ce texte. « Avancée sociale », ce sont des mots qui ont un sens dans l’histoire de notre pays, et pour le mouvement ouvrier. C’est 36, 45, 68, toutes les luttes pour la liberté syndicale, la création des Comités d’entreprise, les congés payés, la réduction du temps de travail, etc. Ce texte a concédé quelques demi-reculs sociaux au mouvement des cheminots qui en est aujourd’hui à son 30ème jour.

Je tiens d’ailleurs une nouvelle fois à saluer avec force leur courage et leur détermination pour ce combat d’intérêt général qu’ils mènent. Et ils le savent, nous serons toujours à leurs côtés dans cette bataille qui n’est pas finie, et au cours des prochaines qui arriveront.

Je terminerai par une paraphrase d’un célèbre proverbe mexicain : Ils ont essayé de nous enterrer, mais ils ne savaient pas que nous étions des graines. Ce sont les graines de la colère et de l’espoir de construire un autre monde qu’ils ont semées aujourd’hui.

Le crime était presque parfait ! - adoption du pacte ferroviaire au Sénat (Fabien Gay, sénateur communiste)
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13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 12:36
La loi ELAN confie au seul marché les clés des réponses à la crise du logement - Intervention de Stephane Peu, député communiste
La loi ELAN confie au seul marché les clés des réponses à la crise du logement

mercredi 13 juin 2018

Le 12 juin, les députés ont adopté le projet de loi portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ELAN) sur le logement par 342 voix contre 169 et 44 abstentions.

Les députés communistes ont voté contre ce texte.

Dans l’explication du vote du groupe, Stéphane Peu a dénoncé "un texte qui marque une rupture. Le logement n’est plus un droit : le texte le qualifie désormais de « bien marchand », de « bien d’usage », ou encore de « bien de consommation ». Cette mutation sémantique, loin d’être anecdotique, éclaire la philosophie du projet.

La dérive sémantique ne s’arrête pas là : elle fait de la mobilité le synonyme de la précarité, de la simplification celui de la dérégulation, de la réorganisation des organismes HLM celui du démantèlement.

En rompant avec la mixité entre public et privé de l’économie du logement dans notre pays, vous entendez confier l’essentiel des réponses à la crise du logement au seul marché. Je vous l’ai déjà dit : le marché n’a pas de morale, il est aveugle à l’intérêt général. La force de la loi est justement de lui servir de canne blanche en le régulant. Ce n’est pas ce que fait ce texte qui, par ailleurs, a trop cédé aux lobbies en plusieurs endroits." (Lire la suite de son intervention)

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13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 06:52
Elsa Faucillon, députée communiste de Seine St Denis

Elsa Faucillon, députée communiste de Seine St Denis

Aquarius: les députés PCF dénoncent le "silence coupable" de Macron.

AFP | mardi 12 juin 2018

Les députés communistes ont dénoncé mardi le "silence extrêmement coupable du gouvernement et du président Macron" face au navire Aquarius bloqué en Méditerranée avec 629 migrants à bord.

Une de leur porte-parole, Elsa Faucillon, a dit "l'indignation, la colère" de son groupe et son "envie de hurler face à ce qui se passe", lors d'une conférence de presse.

Selon elle, le gouvernement "essaie de nous expliquer sa compassion" mais "ça tourne au ridicule quand la communication est si éloignée des actes".

Cette élue des Hauts-de-Seine s'est aussi élevée contre la "haine déversée par la droite et l'extrême droite en France, en Italie, et en d'autres endroits d'Europe", alors que "les gauches espagnoles permettent de sauver l'honneur et font preuve d'humanité".

L'ONG SOS Méditerranée a indiqué mardi matin que les 629 migrants secourus en Méditerranée par l'Aquarius vont finalement pouvoir débarquer en Espagne, qui avait proposé de les accueillir. Cette décision pourrait mettre un terme au bras de fer engagé ce week-end avec l'Italie et Malte, qui refusaient de laisser accoster le bateau.

"L'Union européenne laisse le soin à une ONG de faire ce travail" alors que Frontex, l'agence européenne des frontières, "pourrait être mis au service du sauvetage" plutôt que "chasser et réprimer", a suggéré Mme Faucillon.

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11 juin 2018 1 11 /06 /juin /2018 15:50
Réfugiés : Face à la dérive italienne, l’Union européenne au pied du mur (Ian Brossat)

Par la voix de son ministre d’extrême droite Matteo Salvini, l’Italie annonce ce dimanche que le bateau « L’Aquarius », ayant secouru 629 réfugiés dont 123 mineurs et 7 femmes enceintes, est interdit d’arrimer dans la péninsule. Cette décision marque une rupture, elle s’oppose aux valeurs les plus élémentaires de l’Europe, constitutives de son histoire et de son identité.

Si elle déshonore l’Italie, elle place aussi l’Union européenne et ses États-membres face à leurs contradictions. Bruxelles et les chancelleries européennes ne sauraient rester silencieuses et passives. Elles doivent désormais sortir de l’ambiguïté et d’une inaction de plus en plus coupable, et refuser que la détresse de réfugiés de guerre ne serve de monnaie d’échange diplomatique. Dans ce contexte, saluons l’humanité et la responsabilité dont font preuve les Maires italiens de Naples, Palerme ou Messine qui ont annoncé que leur ville portuaire acceptait de recueillir l’Aquarius.

Aujourd’hui, les populations de l’Europe du Sud ne peuvent assumer seules l’accueil des réfugiés quand un certain nombre de pays-membres d’Europe centrale ou du Nord refusent de prendre leur part à la solidarité internationale. En agissant de la sorte, ces Gouvernements mettent en péril l’unité européenne et défient ses règles communes. Pour répondre à ce défi, nous portons des solutions pragmatiques :

- contraindre les États membres, y compris leurs flottes militaires, à remplir leurs obligations internationales en matière de sauvetage en mer et de droit d’asile ;

- partager la responsabilité des demandeurs d’asile entre tous les pays de l’UE ;

- réorienter les missions de Frontex vers le sauvetage et l’ouverture de voies légales sans conditions ;

- instaurer des voies légales et sûres d’accueil des réfugiés à travers un couloir humanitaire dans la Méditerranée, en lien avec le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU.

 

Ian Brossat, chef de file des communistes pour les élections européennes

Réfugiés : Face à la dérive italienne, l’Union européenne au pied du mur (Ian Brossat)
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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 19:30
Ian Brossat, chef de file des communistes pour les élections européennes de 2019 - entretien à l'Humanité avec Julia Hamlaoui, mardi 5 juin 2018: Nous refusons l'Europe des technos comme celle des fachos

Ian Brossat « Nous refusons l’Europe des technos comme celle des fachos »
Entretien réalisé par Julia Hamlaoui, mardi, 5 juin, 2018,
L'Humanité
 

Le maire adjoint au logement de Paris, Ian Brossat, désigné ce week-end chef de file du PCF pour le scrutin de mai 2019, est déterminé à ne pas laisser Emmanuel Macron « réduire le débat à un affrontement entre pro et antieuropéens ».


Vous avez été désigné ce week-end chef de file du PCF pour les européennes, serez-vous tête de liste ?

Ian Brossat Les communistes décideront de leur liste à l’automne, mais sont déterminés à entrer sans attendre en campagne. Emmanuel Macron tente de confisquer le débat. Il veut le réduire à un affrontement entre pro et anti-européens. Nous ne laisserons pas faire. Il faut donc entrer en campagne et j’en serai le porte-voix. Cela ne nous interdira pas, dans le même temps, de travailler à unir tous ceux qui ne se font pas à l’Europe telle qu’elle est.
 

Vous voulez rompre avec l’UE libérale ; par quels moyens le PCF propose d’y parvenir ?

Ian Brossat À l’image d’une grande majorité des Français, nous ne voulons pas de cette Europe libérale qui nous conduit dans le mur et nous ne voyons pas d’issue non plus dans une sortie de l’Union européenne. Nous n’avons donc pas d’autres choix que de rompre avec les traités actuels et de refonder l’Union avec un principe : l’humain d’abord. L’Union européenne peut être autre chose qu’une machine à provoquer de la régression sociale et à imposer à coups de latte des politiques d’austérité. Le tout est d’être capable de rassembler très largement, partout en Europe, tous ceux qui aspirent à une rupture avec ces logiques. C’est évidemment un travail colossal, mais il est indispensable de se retrousser les manches. Car nous refusons que les Français n’aient le choix qu’entre l’Europe des technos ou celles des fachos.
 

Quelles ruptures allez-vous porter dans cette campagne ?

Ian Brossat D’abord, nous voulons en finir avec une Europe qui met en concurrence les salariés en proposant, face au dumping social, un salaire minimum européen et une clause de protection des salariés en France. Les services publics forment un autre pilier absolument fondamental de notre projet. Nous défendons, en écho à la bataille du moment sur la réforme ferroviaire, un moratoire sur les directives de libéralisation et l’abrogation du traité budgétaire. L’Union européenne a également failli sur l’accueil des migrants. Bon nombre de ceux qui composent les campements de rue à Paris sont dits « dublinés », l’État français leur explique qu’ils vont devoir retourner en Italie parce que leurs empreintes y ont été enregistrées en premier. On marche sur la tête. Les gouvernements européens jouent au ping-pong avec des vies humaines. L’Union européenne doit prendre ses responsabilités et organiser une prise en charge digne de l’ensemble des réfugiés.


Le PCF dit sa « disponibilité pour une liste qui unisse les forces de la gauche sociales, écologiques et politiques » ; qu’est-ce qui la rend nécessaire ?

Ian Brossat Les élections européennes seront les premières depuis la victoire d’Emmanuel Macron. Or, depuis un an qu’il est à l’Élysée, beaucoup de mécontentement s’exprime, notamment du côté de la France populaire, mais la gauche, elle, n’a pas progressé d’un pouce. Je tire de cette situation deux conclusions. Premièrement, il faut un renouvellement profond à gauche. C’est aussi ce que ma candidature cherche à provoquer. Deuxièmement, il nous faut éviter l’éparpillement. C’est la raison pour laquelle le PCF aura toujours la main tendue et lance une invitation, le 2 juillet, à tous ceux, citoyens, forces politiques, sociales, associatives, qui cherchent à construire une autre Europe que celle d’Emmanuel Macron.
 

Cela inclut-il le PS ?
Ian Brossat Le PS défend depuis longtemps des positions sur l’Europe à l’opposé des nôtres. Il était favorable au traité de Maastricht, au Traité constitutionnel européen, il n’a pas rompu avec l’Europe libérale lorsqu’il était au pouvoir… Cette alliance n’est évidemment pas envisageable.
 

Tant sur le fond que sur la forme, le PCF, Générations, FI, EELV défendent des conceptions différentes sur l’Europe. Une alliance est-elle vraiment possible ?

Ian Brossat Nous avons une conviction commune : l’UE telle qu’elle est aggrave les difficultés des peuples européens. La discussion mérite donc d’être menée sur les solutions pour sortir de cette situation. Pour notre part, nous refusons l’alternative qui consisterait à choisir entre la soumission à l’Union libérale et la démission. Nous voulons la refonte totale ; c’est sur cette base-là que nous pouvons discuter avec d’éventuels partenaires, si tant est qu’ils y soient disposés.

 

Lire aussi: 

 

Élections européenes. Ian Brossat, chef de file des communistes (Julia Hamlaoui, L'Humanité, 3 juin 2018)

Ian Brossat, tête de liste communiste aux élections européennes de 2019 (Libération, avec AFP -et le Parisien - 3 juin 2018)

 

Ian Brossat, chef de file des communistes pour les élections européennes de 2019 - entretien à l'Humanité avec Julia Hamlaoui, mardi 5 juin 2018: Nous refusons l'Europe des technos comme celle des fachos
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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 12:48
Eliane Assassi

Eliane Assassi

"Le Président des riches livre le service public ferroviaire à la logique marchande"

mercredi 6 juin 2018

Le 5 juin 2018, les sénateurs ont adopté par scrutin public solennel le projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire par 240 voix contre 85.

Les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE ont voté contre ce projet de loi "rétrograde visant à détruire le service public du ferroviaire". Ils continueront de demander le retrait de ce texte.

Ce texte porte le risque de la création de nouveaux déserts ferroviaires en subordonnant le droit à la mobilité à la rentabilité financière pour les opérateurs.

Eliane Assassi, la présidente du groupe CRCE, a dénoncé l’accord entre le gouvernement, la majorité d’En Marche et la majorité du sénat pour transformer la SNCF en une myriade de sociétés anonymes, opérer la casse du statut de cheminot et procéder à l’ouverture à la concurrence.

Elle a regretté que ce gouvernement agisse par dogmatisme alors que toutes les expériences de libéralisation du rail, au sein de l’Union européenne, ont été un fiasco aboutissant à une dégradation du service et des conditions de travail, à une hausse de tarifs. Elle a dénoncé un projet technocratique, déconnecté du quotidien de nos concitoyens pour qui la galère des transports n’est pas liée à la structure du marché, mais bien plus aux désengagements de l’État et au sous-investissement dans les réseaux. Elle a rappelé que le gouvernement aurait pu faire autrement et se saisir du règlement OSP pour préserver le modèle français qui permet une péréquation au niveau national et entre les différentes activités au sein de l’opérateur public, ainsi qu’un haut niveau de sécurité notamment du fait de la compétence des agents.

Au final, les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE ont estimé que cette réforme était avant tout idéologique. Le « Président des riches » et son gouvernement ont décidé de s’attaquer aux citoyens, et notamment les plus fragiles, et aux salariés !

Après les APL cet hiver, les « pseudo privilèges » des cheminots aujourd’hui, viendront demain les aides sociales et les retraites.

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 05:00

Merci aux sénatrices et sénateurs du groupe CRCE (Communiste, Républicain, Citoyen, Ecologiste) pour leur combat . 
La bataille continue aux cotes des cheminots , des usagers dans le pays , dans nos regions pour porter nos exigences. 
Et le 12 juin dans le pays , nous serons avec les cheminot-es avant le passage de la loi à l'Assemblee Nationale .

Fabien Gay

Fabien Gay

Après trois jours et trois nuits de débats sur le « nouveau pacte ferroviaire » ou plutôt, « le dernier pacte ferroviaire mettant fin aux services publics du rail », nous avons procédé aux explications de vote de chaque groupe et au vote solennel cet après-midi.

Quelques-uns qui n’avaient pas dit un mot pendant trois jours, et qui n’avaient pas échangé un seul argument dans l’hémicycle, ont retrouvé de la voix cet après-midi.
On s'en réjouit, car franchement, pendant ces trois jours, les sénatrices et sénateurs communistes et écologistes se sont parfois sentis bien seuls pour débattre et échanger...

Heureusement que le rapporteur et la ministre étaient présents, même si nous n’avons pas obtenu toutes les réponses à nos questions.

Un sénateur s’en est même pris violemment, et de façon injurieuse, à notre groupe CRCE. Mais derrière cette attaque et au-delà des seuls sénatrices et sénateurs communistes, républicains, citoyens et écologistes, c’est au mouvement social des cheminots, qu’il s’est attaqué. Certains ont utilisé la tribune de notre Sénat pour déverser leur haine. Cela n’honore pas le débat parlementaire.

Il faut maintenant « arrêter la grève » et stopper cette « minorité qui bloque tout » ; on connaît bien la litanie libérale des tout-puissants.

On nous reproche aussi d’avoir porté la tenue des cheminots dans l’hémicycle. Pour ma part, j’en suis fier !

En vérité, ils ne digèrent pas ce mouvement social inédit par sa durée et son mode d’action, et qui ne faiblit pas. Car ils avaient un plan : celui de boucler l’examen de ce projet de loi en catimini, en une seule soirée.

Mais face à la détermination et aux arguments que nous avons déployés, le débat a eu lieu. Trois jours pour casser 80 ans de service public du rail, ce n’est pas cher payé, comme l’a rappelé notre présidente Eliane Assassi, lors de son allocution en conclusion des débats.

Nous avons été bien seuls, pour défendre le service public, les usagers, les cheminots, et donc, au final, l’intérêt général. Nous nous sommes opposés au triptyque : changement de statut, qui n’apportera rien sinon la possibilité de privatisation ; la casse du statut, qui n’est qu’idéologique, car en réalité, les cheminots sont mal payés ; et enfin, l’ouverture à la concurrence qui partout en Europe a entraîné la fermeture de lignes, l’explosion des prix, la dégradation du service rendu aux usagers et des conditions de travail des salariés.

Nous avons développé, pendant trois jours, une autre vision du service public et de l’aménagement du territoire, qui passe par de l’investissement dans le ferroviaire. C’est un des seuls moyens de sauvegarder notre planète et de garantir un droit à la mobilité pour toutes et tous.

Comme l’ensemble du groupe CRCE, j’ai voté contre ce texte qui a été adopté à une grande majorité, grâce à la droite sénatoriale.

Le combat continue! 

Fabien Gay, 

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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 15:42
LOI ELAN : HLM EN DANGER (PCF - 5 juin 2018)

Le gouvernement s’attaque au droit au logement pour tous

 

Avec la loi ELAN (évolution du logement, de l’aménagement et du numérique), le gouvernement entend livrer les logements sociaux à la loi du marché. Cette loi sur laquelle les lobbys de l’immobilier ont énormément pesé, est une attaque contre la mixité sociale et la place du logement social dans notre pays alors même que 75 % des français y sont éligibles. 

 

Ce texte organise le dépeçage du logement social en obligeant les organismes HLM à vendre des logements sociaux pour se financer. Ceux-ci pourront être vendus à des particuliers mais aussi des acteurs privés faisant peser de lourdes menaces de spéculation. En outre, le gouvernement a refusé un amendement des député.e.s PCF interdisant cette vente dans les villes ne respectant pas la loi SRU (25 % de logements sociaux obligatoires). Cette décision renforcera inéluctablement les inégalités territoriales.

 

Macron s’attaque aussi au logement des personnes en situation de handicap en abaissant à 10 % (pour 100 % actuellement) la part des logements adaptés aux normes « handicap ». 

Ce texte s’en prend aussi aux architectes en limitant leur rôle faisant peser le risque de dérives urbanistiques et architecturales.

 

Assurer un véritable droit au logement pour tous

La crise du logement est majeure. 12 millions de personnes sont touchées, 2,8 millions vivent dans des conditions de surpeuplement, sans confort et dans une très grande précarité. La part du logement est passé de 18 à 25 % dans le budget des ménages. Il est plus que temps d’agir pour faire respecter le droit constitutionnel au logement.

 

Agir tout de suite

Revaloriser les APL

Mettre sous protection le 1,2 million de personnes menacées d’expulsion locative à plus ou moins brève échéance en interdisant les expulsions sans solutions de relogement.

Augmenter les taxes sur les logements vacants dans les zones en déficit de logement.

Encadrer les loyers avec l’objectif que le loyer et les charges ne dépassent pas 20 % des revenus du foyer.

 

Changer de logique

Construire 200 000 logements sociaux par an et renforcer la loi SRU (vers 30 % de logements sociaux en zone urbaine).

Créer un service public national et décentralisé du logement, de l’habitat et de la ville s’appuyant notamment sur un pôle public financier, un pôle public de la construction et une agence nationale foncière (pour compenser les surcoûts fonciers). Ce service public se déclinerait en quatre volets :

Un pôle public financier, appuyé sur la Caisse des dépôts et consignations (CDC), pour financer le logement social.

Un pôle public de la construction pour casser le monopole des majors du BTP et permettre l’abaissement des loyers et des charges.

Une agence nationale foncière et décentralisée au niveau des régions, dotée de fonds d’intervention conséquents, pour lutter contre la spéculation du sol, par une maîtrise publique des sols par des baux emphytéotiques et inciter à la construction de logements sociaux dans toutes les communes.

LOI ELAN : HLM EN DANGER (PCF - 5 juin 2018)
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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 06:40
Vente HLM : une attaque sans précédent de la loi SRU (Stephane Peu, député communiste)
Vente HLM : une attaque sans précédent de la loi SRU

lundi 4 juin 2018

Les débats sur la vente HLM auront duré pratiquement toute la journée du dimanche 3 juin dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale et malgré les vives protestations, le gouvernement a refusé de modifier son projet de loi.

Ainsi, il autorise la vente de logements HLM dans les villes se refusant, malgré la loi, a construire 25% de logements sociaux et approuve l’obligation de regroupement des organismes HLM.

Ce que même la droite n’a jamais osé faire, le président Macron, le gouvernement et sa majorité le font. Il s’agit là d’une atteinte sans précédent du droit au logement.

Intervention de Stéphane Peu, député de Seine-Saint-Denis (groupe GDR) :

Extraits :

"La vente de logements HLM est une possibilité qui existe depuis très longtemps. De ce point de vue, le projet de loi n’invente donc rien ; la seule différence est qu’il érige cette pratique en système, la rendant de fait obligatoire compte tenu des mesures adoptées en loi de finances. Je pense que c’est une faute.

Mais la grande faute de cet article tient à votre refus d’empêcher la vente de HLM dans les villes qui comptent moins de 25 % de logements sociaux – qui ne sont donc pas « dans les clous » de la loi SRU –, et, pire même, de l’interdire dans les villes carencées, celles qui, outre qu’elles ne respectent pas la loi SRU, ne font manifestement pas les efforts nécessaires pour la respecter.

Vous êtes le premier Gouvernement et la première majorité, depuis dix-huit ans, à toucher à la loi SRU. Les premiers ! Ce faisant, vous vous autorisez donc ce que personne ne s’était autorisé à faire avant vous – je ne reviens pas sur l’épisode de 2005. Vous prenez donc une lourde responsabilité, et commettez une faute historique contre le droit au logement dans notre pays".

" La République sera-t-elle demain une multiplication d’édifices qui ne communiquent plus ? Allons-nous balkaniser ce pays et conforter l’apartheid, ou voulons-nous tout mettre en œuvre pour en finir avec celui-ci et pour que la République reste un espace commun dans la diversité de la sociologie et des histoires des populations ? C’est ça le sens de la loi SRU !

"Vous pouvez tourner le problème dans tous les sens : la réalité, c’est que vous vous attaquez à la loi SRU ! Vous la remettez en cause, vous favorisez le séparatisme social et – quels que soient l’avis et la bonne volonté des maires – vous allez encourager la baisse du nombre de logements sociaux dans les villes qui n’atteignent déjà pas les 25 %, et les difficultés que nous connaissons persisteront, et s’aggraveront ailleurs.

La majorité nous rebat les oreilles de l’assignation à résidence. Mais vous ne faites rien d’autre que la conforter ! L’assignation à résidence, c’est d’abord cela : le séparatisme territorial et social. Vous allez l’encourage, et creuser le fossé des inégalités entre les territoires, fossé qui s’approfondit depuis vingt ans en dépit des efforts des uns et des autres.

Je ne jette l’opprobre sur personne. Mais la loi est là pour encadrer, réguler, réorienter les tendances naturelles vers le séparatisme. C’est ça, son rôle ! Autrement, nous ne servons à rien ! Et c’est pire quand la loi favorise la ségrégation, quand elle devient antirépublicaine par ses effets très concrets.

Vous me dites qu’il y aura les préfets. Mais vous les avez vus intervenir sur la loi SRU ?

D’abord, avec tout le respect que je leur dois, pour en avoir vu défiler beaucoup – car si nous restons, eux passent –, les préfets ne vivent en général pas dans les quartiers de la politique de la ville.

Et puis ce sont des hommes et femmes qui regardent ce qui se passe chez eux, dans leur environnement proche. Bien sûr, ils défendent à tout prix, à tout moment, à tout instant l’intérêt général, mais voilà : quand je vois leur mansuétude vis-à-vis des infractions à la loi SRU, quand je vois des villes qui devraient payer des amendes et qui n’en payent pas, quand je vois à quel point le seuil de tolérance est élevé pour des maires qui se complaisent dans leur situation de hors-la-loi, permettez-moi de douter de l’efficacité de leur intervention !

La seule chose qui permet d’agir, c’est la loi, règle commune de la République. C’est comme cela qu’il faut faire si nous voulons une République une et indivisible, une République sociale, une République des égaux !"

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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 05:25
Pour son congrès, le PCF met toutes les options sur la table (Julia Hamlaoui, L'Humanité, 4 juin)
Gauche. Pour son congrès, le PCF met toutes les options sur la table
JULIA HAMLAOUI
LUNDI, 4 JUIN, 2018
L'HUMANITÉ
Sur le bilan de la période Front de gauche, les questions stratégiques et les futures directions de la formation, les différentes positions ont été intégrées dans le texte. Magali Bragard
 

La direction communiste a adopté ce week-end un texte d’orientation qui laisse place au débat entre positions contradictoires. Son secrétaire national, Pierre Laurent, a dit sa disponibilité pour un autre mandat.

À l’issue de ce week-end, une nouvelle étape s’ouvre pour le PCF dans la perspective de son congrès des 24, 25 et 26 novembre prochains. Hier, la direction nationale de la formation a adopté, par 49 voix pour, 26 contre et 16 abstentions, son projet de texte d’orientation (de « base commune », selon la terminologie militante). Celui-ci a été vigoureusement discuté. Sa version initiale a non seulement été largement amendée, mais « ce texte propose une manière nouvelle de régler les questions centrales qui demeurent en débat », résume Guillaume Roubaud-Quashie, responsable de la commission en charge de son écriture. Concrètement, sur trois sujets (le bilan de la période Front de gauche, les questions stratégiques et les futures directions de la formation), les différentes positions sont couchées sur le papier, dans des encarts « En débat ». « C’est une ouverture et une nouveauté d’intégrer une problématique contradictoire dans le texte. Sur ces points-là en particulier, nous considérons que ce qui est proposé dans le projet de base commune doit être approfondi », détaille Pierre Laurent, qui y voit un « signal de rassemblement des communistes ».

Les adhérents trancheront par un vote du 4 au 6 octobre

Le secrétaire national du PCF a également saisi l’occasion, ce week-end, pour lever le voile sur ses intentions : « Je suis disponible pour un nouveau mandat dans une direction qui doit être profondément renouvelée, a-t-il déclaré. Les nouveaux visages du Parti communiste doivent désormais être mis en avant. » Si tout le monde s’accorde sur cette dernière idée, le sujet ne fait pas consensus pour autant et est l’objet d’une des « fenêtres de débat ». Certains pensent « nécessaire de renouveler profondément la direction nationale, jusqu’au secrétaire national », tandis que, pour d’autres, il s’agit de choix « politiques avant d’être des questions de personnes », précise le fameux encart. Comme pour le bilan de l’alliance avec Jean-Luc Mélenchon, des appréciations différentes sont également portées sur le volet stratégique. Par exemple, entre les tenants de « fronts d’unité populaire » appuyés sur des luttes et d’un « forum national politique permanent » et ceux qui y voient « un risque de reproduire les échecs antérieurs ».

Outre ces trois questions, d’autres ont été particulièrement discutées ce week-end, comme le féminisme, l’antiracisme, l’écologie, le travail. Là aussi, le débat est appelé à se poursuivre, insiste-t-on place du Colonel-Fabien, d’autant que ces derniers sujets figurent parmi les « cinq transformations révolutionnaires » auxquelles le PCF voudrait être identifié (s’ajoutent les services publics et la prise de pouvoir sur l’argent), selon le texte adopté ce week-end.

Pas satisfaits de la proposition initiale, certains membres de la direction ont plaidé pour ces « fenêtres » de débat afin d’éviter la « multiplication de textes alternatifs ». Lors du dernier congrès de la formation, en 2016, cinq textes, en tout, avaient été soumis au vote des adhérents. Mais tout le monde n’a pas été convaincu. Quelques heures après la fin du Conseil national, hier, huit de ses membres (dont la plupart avaient apporté en 2016 leur soutien au texte alternatif intitulé « L’ambition communiste pour un front de gauche populaire et citoyen ») ont lancé un appel à la rédaction d’un autre document. Le texte adopté « n’apporte aucune proposition nouvelle sur la conception même du communisme ni sur celle d’un processus révolutionnaire adapté au capitalisme mondialisé d’aujourd’hui », estiment dans une déclaration commune ses signataires, dont la députée Elsa Faucillon ou l’historien Frédérick Genevée, qui reprochent également « l’abandon de toute idée de construction politique à gauche ». Parmi ceux qui se sont opposés à l’adoption du « projet de base commune » ce dimanche, d’autres pourraient sauter le pas. En tout état de cause, les adhérents du PCF seront appelés à trancher par un vote du 4 au 6 octobre prochain.

La direction communiste a aussi, ce week-end, fait un pas de plus vers les élections européennes de mai 2019. Ian Brossat, maire adjoint au logement de la Ville de Paris, a été désigné « chef de file », entouré par une équipe composée notamment des députés européens sortants Patrick Le Hyaric, Marie-Pierre Vieu et Marie-Christine Vergiat. Le PCF a redit « sa disponibilité pour une liste qui unisse les forces de la gauche sociale, écologique et politique ». à la clé, une invitation qui leur est adressée pour un premier rendez-vous début juillet.

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