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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 06:51
Evasion fiscale: le gouvernement refuse 80 milliards de recette (L'Humanité)

l'Humanité,

6 août 2018 : Evasion fiscale, le Gouvernement refuse 80 milliards de recettes !

L’Assemblée nationale l’avait validée cet hiver, mais Matignon laisse au point mort la proposition de COP fiscale des députés communistes. Il faut remonter au 2 février dernier pour avoir des nouvelles parlementaires de la COP (conférence des parties) fiscale mondiale. C’est en effet ce jour-là que l’Assemblée nationale validait la proposition du député communiste Alain Bocquet et du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) pour que la France propose une COP fiscale, reprenant le principe de la COP21, liée pour sa part aux enjeux climatiques et écologiques (lire notre édition du 3 février). « Comme les gaz à effet de serre font des trous dans la couche d’ozone, les paradis fiscaux et l’opacité créent des gouffres dans la finance mondiale », avait déclaré l’élu du Nord, dont c’était le dernier mandat. Depuis, plus rien. Le texte avait pourtant été bon train dans l’Hémicycle puisque, malgré l’abstention de la droite, la commission des Affaires européennes à l’Assemblée nationale comme celle des Finances l’avaient elles aussi adopté.

Pourtant, si le travail parlementaire avait avancé depuis cette date, la France serait bien partie pour prendre la tête de la lutte « contre l’évasion fiscale » et « pour la laïcité financière ». L’évasion fiscale prive les comptes publics de la France de près de 80 milliards d’euros et est aujourd’hui « organisée, généralisée au cœur du système financier », décrivait Alain Bocquet. Dans le discours de politique générale du premier ministre, Édouard Philippe, elle était malgré tout passée sous silence alors même que ce dernier disait vouloir moraliser la vie publique. « Mais l’indécence de l’argent, elle crève les yeux ! » tonnait Pierre Laurent, sénateur de Paris, dans son intervention en réponse au discours d’Édouard Philippe. Le premier secrétaire du PCF relevait d’ailleurs que celui-ci ne disait « rien de l’évasion fiscale, qui coûte 80 milliards par an au pays, rien de la résolution votée à notre initiative par l’Assemblée nationale pour une COP fiscale mondiale ». À l’Assemblée nationale aussi, les communistes rappellent l’engagement des députés qui ont voté la résolution à la quasi-unanimité dans la précédente mandature. Mais là encore, alors que le 20 juillet dernier le député du Nord Fabien Roussel demandait au gouvernement ce qu’il comptait faire pour agir contre les paradis fiscaux en citant « la belle idée d’une COP fiscale et financière », les ministres ont botté en touche. Dans sa réponse, le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a réussi à ne pas dire un mot sur cette dernière, arguant que la France était « à la pointe de la dénonciation des paradis fiscaux » dans le cadre du G20. Pas assez pour faire rentrer les dizaines de milliards d’euros concernés dans les caisses apparemment.

Evasion fiscale: le gouvernement refuse 80 milliards de recette (L'Humanité)
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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 06:50
Décès d'Arséne Tchakarian, militant communiste, dernier survivant du groupe Manouchian des FTP MOI : hommage de Pierre Laurent et de L'Humanité

Arsène Tchakarian, survivant du « groupe Manouchian", vient de nous quitter à l'age de 102 ans. Immense respect, énorme émotion et gratitude éternelle. Nous qui restons, soyons dignes d'Arsène et de celles et ceux qui n'ont jamais courbé l'échine dans le combat pour la liberté, la démocratie, la justice sociale et la grande fraternité humaine.

Aujourd'hui, dans le Télégramme, un paragraphe convenable sur Arsène Tchakarian, sans doute inspiré par une dépêche AFP. Curieusement, on n'indique pas que ce courageux résistant était communiste et l'est resté toute sa longue vie...  Comme le poète et chef de la résistance parisienne FTP MOI, le communiste Missak Manouchian, Arsène Tchakarian est un rescapé du génocide arménien, né en Turquie en 1916.    

Arsène Tchakarian

Arsène Tchakarian

Décès d'Arséne Tchakarian, militant communiste, dernier survivant du groupe Manouchian des FTP MOI : hommage de Pierre Laurent et de L'Humanité

 

DÉCÈS D'ARSÈNE TCHAKARIAN : RÉACTION DE PIERRE LAURENT
Dimanche, 5 Août, 2018
C'est avec une très grande émotion et tristesse que j'apprends le décès d'Arsene Tchakarian. Il était le dernier survivant du groupe Manouchian  et des FTP Moi. Après l'arrestation de Manouchian il rejoint le maquis  du Loiret et participe à la libération de Montargis. Résistant de la  première heure Arsène a participé à tous les combats progressistes de ce siècle avec son parti, le parti communiste français. Issu d'une famille arménienne qui a du fuir le génocide, il n'a eu de cesse d'agir pour la reconnaissance du génocide et les droits du peuple arménien. Modeste et humble, c'est pourtant un grand homme qui nous quitte aujourd'hui que le  parti communiste est fier d'avoir compté dans ses rangs.
 
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF
 
 
Arsène Tchakarian au carré des fusillés du cimetière d’Ivry pour rendre hommage à nos camarades de l’affiche rouge membres des FTP-MOI fusillés par les nazis le 21 février 1944, devant la stèle de Missak Manouchian dirigeant du groupe, avec Pierre Laurent Secrétaire national du PCF et Philippe Bouyssou Maire d’Ivry en 2016 (photo Fabienne Lefebvre)

Arsène Tchakarian au carré des fusillés du cimetière d’Ivry pour rendre hommage à nos camarades de l’affiche rouge membres des FTP-MOI fusillés par les nazis le 21 février 1944, devant la stèle de Missak Manouchian dirigeant du groupe, avec Pierre Laurent Secrétaire national du PCF et Philippe Bouyssou Maire d’Ivry en 2016 (photo Fabienne Lefebvre)

ARSÈNE TCHAKARIAN, LE SURVIVANT TÉMOIN
Dimanche, 5 Août, 2018

Il était le dernier survivant du "groupe Manouchian" qui avait résisté à l'occupant nazi. Le résistant Arsène Tchakarian est décédé à l'âge de 101 ans, samedi 4 août, à Vitry. Après la Libération, il a passé sa vie à chercher et écrire sur la période la plus forte de son existence. Nous vous proposons de relire son portrait, publié dans l'Humanité en 2014.

C'est un modeste pavillon de banlieue, dans une rue calme de Vitry-sur-Seine. En y arrivant, on se demande si les personnes qui vivent dans les maisons attenantes savent qu'ils ont pour voisin un véritable héros. Un homme qui est le dernier en vie d'un groupe célébré par Aragon, chanté par Ferré. Une petite grille s'ouvre sur le jardin. Quand on sonne, on est gêné d'imaginer la pénibilité pour un homme de quatre-vingt-dix-sept ans de parvenir jusqu'au portail pour nous ouvrir. Mais quand apparaît Arsène Tchakarian, c'est un homme parfaitement alerte que nous découvrons. Pas tout jeune, non, mais sans difficulté il nous fait passer à l'arrière de la maison par un petit jardin parfaitement entretenu. « C'est très agréable l'été », nous confie-t-il. À l'arrière de la maison, dans une extension remplie par les plantes vertes, Arsène Tchakarian nous reçoit dans son bureau qui tient tout autant du musée de la Résistance : affiches et documents exposés sur des étagères aux côtés de classeurs remplis d'archives. C'est toute la vie du résistant qui se trouve dans cette pièce, comme nous le comprendrons vite.
 
« Je suis entièrement dans cette histoire de l Affiche rouge », attaque d'entrée Arsène Tchakarian, avant même que l?on ait eu le temps de lui poser une seule question. On comprend d'ailleurs très vite que nous n'aurons pas beaucoup l'occasion de l'interroger : l'homme a passé sa vie d'après-guerre à écrire ce qu'il a vécu et chercher ce qu'il ignorait encore, ce qui lui donne encore aujourd'hui une vision claire et construite de l'histoire qui, quand il la raconte, ne souffre pas beaucoup les sorties de routes. Il déroule les faits comme ils se sont produits, n'hésitant que deux ou trois fois quand un nom lui échappe. « Je commence à perdre mes mots », s'excuse-t-il. On aurait envie de lui répondre qu'à son âge, on craignait bien pire.
 
« Manouchian, je l'ai rencontré par l'aide à l'Arménie, se souvient Arsène Tchakarian. Il collectait du lait Nestlé, de la farine et du sucre pour envoyer aux enfants arméniens qui subissaient la famine en 1933 ou 1934. » L'Arménie était alors soviétique. « C'est Manouchian qui m'a amené avenue Mathurin-Moreau. » Dans cette rue débouchant sur la place du Colonel-Fabien, à l'endroit ou se dresse aujourd'hui le siège du PCF, se tenaient à l'époque des baraques en bois. Celles des MOI, la «main-d'œuvre immigrée » : des organisations communistes par nationalité (arménienne, juive polonaise, juive roumaine, italienne ) qui permettaient à des étrangers, qui auraient été immédiatement expulsés s'ils étaient pris avec une carte du PCF, de militer.
 
Quand éclate la guerre en 1939, Tchakarian, tout comme Manouchian, est mobilisé. Après la défaite française, revenant à Paris, Arsène a un choc :  « Je trouve une ville vide. On n'y voit que des chars et des camions allemands sur les Champs-Élysées. Les gens tremblent, les rideaux sont fermés, tout le monde est parti. » Les deux amis, qui ne digèrent pas la capitulation, commencent à agir : « À cette époque, notre résistance, c'était de diffuser des tracts et parler un peu de politique. Mais voilà qu'un jour de 1942 Manouchian vient à l'atelier de tailleur dans lequel je travaillais et me dit : Il y en a marre des tracts. Maintenant il faut combattre avec les armes. » « Missak, répond Tchakarian, comment faire ? Nous n'avons pas d'armes.»
 
Au mois de mars 1943, Manouchian revient à l'atelier et amène Tchakarian sur le pont Henri-IV. Sur le quatrième balconnet du pont attend un jeune homme de dix-neuf ans qui se fait appeler Michel. « Je ne le savais pas encore mais c'était Marcel Rayman », raconte Arsène. Rayman demande son nom à Arsène qui lui répond « Charles ». « Je savais que nous n'avions pas le droit de donner notre vraie identité ni de connaître celle des autres », explique-t-il. Ce n'est qu'après la disparition du groupe Manouchian d''ailleurs qu'il connaîtra les vraies identités de ses camarades.
 
Ensemble, les trois s'en vont pour leur premier coup d'éclat à Levallois-Perret. « Michel (Marcel Rayman, donc), nous montre un petit hôtel, ordinaire, duquel sortent une vingtaine de feldgendarmes. Nous nous étions dispersés sur la place. On faisait semblant d'admirer les beaux soldats allemands. Nous étions en fait en repérage pour notre première action. »
 
Tchakarian raconte : « La veille de l'action, Marcel Rayman me dit :  Toi Charles, tu seras à environ quinze mètres. Au moment où ils partiront, tu jetteras la grenade bien au milieu. Je réfléchis un peu. Sur le front, on tue des Allemands, mais comme artilleur, je ne vois que l'obus partir. Là ils seront bien face à moi. Marcel explique que Georges (le pseudo de Missak, NDLR) aura un pistolet, qu'il serait à environ vingt mètres de moi. »
 
« Le mercredi 17 mars, nous arrivons sur place. Alors que je suis en train de me préparer à environ trente mètres de l'hôtel, Manouchian court vers moi. Il me dit : "File la grenade". Je lui demande pourquoi. Il me dit que l'on n'a qu'un pistolet au lieu de deux, que ce sera Marcel qui l'aura. Il voulait absolument jeter la grenade lui-même. Ils commencent à marcher. Je vois Manouchian se mettre à courir. Avec son imperméable qui vole derrière lui, on dirait un oiseau. Il jette la grenade pile au milieu. Cinq ou six secondes après c'est l'explosion. Je vois un adjudant qui commence à se lever. Il avait un pistolet assez long. Il repère Manouchian qui s'enfuit. Il commence à le poursuivre. Il fait à peine dix pas que Marcel Rayman, coincé dans un coin de rue, l'abat.»
 
En face du vieil homme, on est pris d'un léger vertige : lui, calmement, raconte ce que l'on voit parfois sur les écrans ou que l'on lit dans les livres. Mais ces mains posées devant lui sur la table ont lancé les grenades dont il parle. Ces jambes, sur lesquelles il se redresse pour fouiller dans ses cartons à la recherche d'un document pour appuyer ses propos ont couru pour fuir les nazis. Et ces yeux ? Il est clair qu'au moment ou Arsène Tchakarian nous parle, du fond de sa mémoire, il visualise nettement la scène.
 
« D'où venaient nos armes ? Le Parti communiste ne pouvait pas nous en donner, il n'en avait pas. C'est donc qu'il existait autre chose. Il y avait une organisation quelque part qui nous avait trouvé des armes et était en train de nous organiser. On ne savait pas du tout de quoi il s'agissait.»
 
Les armes parachutées venaient en fait de Londres. Jean Moulin, qui avait uni la Résistance, avait su convaincre de Gaulle qu'il n'était pas risqué d'armer des communistes.
 
Des actions de résistance, des « attentats », il y en aura bien d'autres. Comme le premier attentat d'envergure confié à Arsène : l'attaque à la grenade d'un autocar rempli d'officiers allemands.
 
Quand le groupe sera arrêté, Arsène Tchakarian s'en sortira grâce à un ancien camarade de régiment avec qui il avait combattu au début de la guerre. Policier et hostile à l'Occupation, ce dernier l'a fait cacher dans un appartement de la préfecture de Paris, proche de Notre-Dame, avant d'organiser son départ pour le sud-ouest. Devenu officier, il continuera à agir dans la Résistance jusqu'à la Libération.
 
Mais après 1945, il ne tourne pas la page. Dès lors sa vie sera consacrée à écrire l'histoire qu'il vient de traverser. Nommé historien au Comité national du souvenir des fusillés du Mont-Valérien, il profitera de ce statut lui ouvrant de nombreuses portes pour aller chercher partout des éléments. En Allemagne, il suivra la piste de l'aumônier des prisons pendant l'Occupation Franz Stock, alias l'Archange des prisons. Un prêtre humaniste dont il cherchera le journal.
 
Arsène Tchakarian ne craindra jamais la polémique, comme avec l'avocat Serge Klarsfeld qu'il accusera de minorer le nombre des fusillés du Mont-Valérien. Ou encore dans son dernier ouvrage, quand il livre sa version de la chute du groupe Manouchian, accusant l'un de ses membres de trahison.
 
Quand nous quittons Arsène Tchakarian, quatre heures plus tard, l'heure du déjeuner est passée depuis longtemps, sans même qu'il s'en rende compte. Nous lui demandons s'il reste encore des choses à découvrir sur la période de la Résistance et sur le groupe Manouchian. Il nous désigne un carton d'archives : « Tous les éléments du prochain livre sont là.»
 
"Les commandos de l'Affiche rouge" d'Arsène Tchakarian

"Les commandos de l'Affiche rouge" d'Arsène Tchakarian

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5 août 2018 7 05 /08 /août /2018 07:56
Les communistes mobilisent contre la réforme constitutionnelle Macron et la monarchie présidentielle au festival du Bout du Monde à Crozon ce samedi 4 août 2018
Les communistes mobilisent contre la réforme constitutionnelle Macron et la monarchie présidentielle au festival du Bout du Monde à Crozon ce samedi 4 août 2018
Les communistes mobilisent contre la réforme constitutionnelle Macron et la monarchie présidentielle au festival du Bout du Monde à Crozon ce samedi 4 août 2018
Les communistes mobilisent contre la réforme constitutionnelle Macron et la monarchie présidentielle au festival du Bout du Monde à Crozon ce samedi 4 août 2018

Quelques photos de Maxime Paul sur l'action vente de la vignette pour la fête de l'Humanité, présentation du programme, et pétition contre la réforme constitutionnelle Macron animée par des militants communistes du centre-Finistère à Crozon hier, au festival du bout du Monde. 

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4 août 2018 6 04 /08 /août /2018 08:52
Les communistes présents au festival du Bout du Monde à Crozon

Festival du Bout du Monde à Crozon 

Samedi 4 Août de 14h00 à 17H00  à l'entrée des cars du festival ( chemin d'accés au festival)

Parce que la fête et le partage n'interdisent pas la réflexion et la conscience politique ... 

des militants communistes finistériens iront à la rencontre des festivaliers, distribueront des flyers pour la féte de l'huma, vendront la vignette de bon de soutien de la fête de l'Humanité (ouvrant droit à l'entrée pour les 3 jours), feront signer la pétition pour exiger une autre République que celle de la monarchie présidentielle des présidents qui se succèdent depuis des décennies, dérive autoritaire qu'accentue encore Emmanuel Macron. 
 
 
 
Les communistes présents au festival du Bout du Monde à Crozon
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4 août 2018 6 04 /08 /août /2018 06:54
Demande d'interdiction de la manifestation d'extrême-droite radicale à Scrignac sur le mot d'ordre "Communistes assassins": la réponse du ministre de l'intérieur COLLOMB au parlementaire communiste PIERRE LAURENT
Le calme et la retenue de ce gouvernement face aux démonstrations de haine de l'extrême-droite radicale nous surprendront toujours... 
 
Une sérénité qui contraste avec la vigueur avec laquelle certains à LREM s'en prennent aux militants des droits sociaux et démocratiques...  Mais qui sied tout à fait à un ministre de l'intérieur qui laisse les identitaires s'organiser en milices en Savoie pour repousser les migrants qui tentent de franchir les Alpes ou qui contournent lui-même les principes démocratiques et républicains les plus élémentaires au nom d'une politique de répression de l'immigration ou du mouvement social. 
 
Aucune référence dans la réponse du gouvernement au mot d'ordre de la manifestation "Communistes assassins"' et à ses visuels guerriers, ni aux menaces de mort écrites contre un militant communiste avant la manif que la préfecture et les RG connaissaient.  
 
Rien que du très banal selon eux.  
 
En Allemagne, cette même mouvance néo-nazie a pu constituer un ficher avec une liste de milliers de militants de gauche qu'il conviendrait de "traiter" en priorité en cas de contexte porteur et en Italie les agressions racistes se multiplient avec la complicité de membres du gouvernement. 
 
Le fond de l'air est quelque peu inquiétant, on va dire. 
 
 
Une situation dangereuse pour les populations
Projet de manifestation de l’extrême-droite radicale à Scrignac - Par Pierre Laurent, Sénateur Communiste de Paris  / 19 avril 2018


Question écrite n° 04550

M. Pierre Laurent attire l’attention de M. le ministre d’État, ministre de l’intérieur, sur un projet de manifestation le 21 avril 2018 à Scrignac dans le Finistère.

Le média internet de sensibilité d’extrême-droite Breizh info indique que plusieurs groupuscules de l’extrême-droite radicale bretonne, racistes, antisémites, antirépublicains comme l’Adsav et la mouvance du réseau social néo-nazi Breiz Atao - projetaient de faire une manifestation le 21 avril 2018 sous le mot d’ordre de « communistes assassins ». Ces groupes comptent dans leurs rangs des antidémocrates et des extrémistes violents qui ont déjà sévi à plusieurs reprises en envahissant un centre d’accueil de demandeurs d’asile (CADA) et en s’attaquant à des militants et citoyens de gauche. Ils profèrent, pour certains d’entre eux, des menaces de mort sur les réseaux sociaux et cultivent la nostalgie du nazisme.

Il y a un risque réel que ces personnes s’attaquent à des biens et à des personnes à Scrignac, explicitement désignée par eux comme une commune indigne car encore sous influence communiste depuis la Résistance. Cela peut donc générer des troubles graves à l’ordre public.

Il est à noter que le 24 novembre 2016 dans des conditions similaires un arrêté d’interdiction contre une manifestation de Génération identitaire a été pris par la préfecture de police afin d’éviter des affrontements violents et des troubles à l’ordre public.

Il lui demande ce qu’il compte faire face à cette situation.

Réponse de M. le ministre d’État, ministre de l’intérieur

Publiée le : 19/07/2018, page 3628


Texte de la réponse :

Le 2 avril 2018, à Scrignac (29 - zone gendarmerie nationale), des dégradations sont constatées sur la chapelle Koat-Keo et la tombe de l’abbé Perrot, tué en 1943. Ces dégradations ont été attribuées par les militants nationalistes bretons à la mouvance antifasciste (les inscriptions « KENAVO LES FACHOS », « FTP » ou encore « Menez Are Enep Feskour : Les monts d’Arrée contre les fascistes » ont été découvertes sur les lieux). En réaction, un appel au rassemblement pour le 21 avril 2018 a alors été diffusé en sources ouvertes et sur les réseaux sociaux par la mouvance nationaliste bretonne. Ce rassemblement, prévu au sein du cimetière de Scrignac, n’a pas fait l’objet d’une déclaration auprès de la préfecture. Aucune menace particulière n’a été détectée par la gendarmerie en amont de cet événement.

Le 21 avril 2018, de 18h à 20h30, environ 80 militants nationalistes bretons, des mouvements Adsav et Yaouankiz Breizh, se sont recueillis sur la tombe de l’abbé Perrot. À cette occasion, la compagnie de gendarmerie départementale de Châteaulin a déployé un dispositif de sécurité publique d’une dizaine de gendarmes. L’événement n’a engendré aucun trouble à l’ordre public. Les manifestations organisées par la mouvance nationaliste bretonne rassemblent généralement quelques dizaines de personnes. La gendarmerie met en place un dispositif de prévention afin d’anticiper d’éventuels troubles à l’ordre public. Les militants les plus impliqués sont identifiés et font l’objet d’un suivi. Lors de ces manifestations, si des infractions sont constatées, des enquêtes sont systématiquement diligentées par les unités de gendarmerie territorialement compétentes.

Ainsi, cinq militants ont été interpellés puis placés en garde à vue le 23 novembre 2016 pour avoir tenté de s’introduire dans un centre d’accueil et d’orientation pour migrants mineurs à Arzon (56) en essayant de forcer, à deux reprises, le dispositif mis en place par les gendarmes. Le 16 mars 2017, deux d’entre eux ont été condamnés par le tribunal de grande instance de Vannes pour des dégradations et violences sur dépositaire de l’autorité publique.
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4 août 2018 6 04 /08 /août /2018 06:05
Christine Prunaud, sénatrice communiste des Côtes d'Armor

Christine Prunaud, sénatrice communiste des Côtes d'Armor

Le 13 mars dernier, juste avant la mobilisation de l'ensemble des acteurs de la prise en charge, de l'accueil et de l'accompagnement des personnes âgées du 15 mars, Christine Prunaud s'est fait le porte-voix de l'inquiétude et de la souffrance des personnels et acteurs du secteur auprès de la ministre de la santé Agnès Buzyn:

"Les professionnels m'ont de nouveau alertée sur les difficultés qu'ils rencontrent, soit dans le cadre des services d'aide à domicile, soit d'établissement d'accueil des personnes âgées. Je partage leurs légitimes inquiétudes. En effet, le secteur médico-social se dégrade de jour en jour, la situation est catastrophique pour les personnels et pour les bénéficiaires.  

Les structures d'aide à domicile dénoncent la maltraitance induite par les contraintes budgétaires qui fragilisent les structures, la dégradation des conditions de travail, le recul du pouvoir d'achat des salariés et l'accroissement du nombre de travailleurs pauvres dans le champ des personnes âgées et des personnes en situation de handicap.  

Ainsi, l'Union Nationale des services d'Aide à domicile demande 160 000 emplois en plus pour la seule activité de l'aide aux personnes d'ici 2022. 

Au sein des EHPAD, les syndicats demandent au gouvernement des effectifs supplémentaires (200 000 postes) et les moyens financiers nécessaires à la prise en charge dans de bonnes conditions des personnes âgées accueillies et soignées. Précisément, ils souhaitent l'application d'un ratio d'un agent par résident conformément au Plan solidarité grand âge de 2006, le retrait de la nouvelle réforme de la tarification jugée unique, ainsi que l'amélioration de leurs rémunérations et de leurs carrières.  

Pour finir, la question primordiale des manques de financement doit obtenir des réponses pertinentes et rapides en vue de l'urgence de la situation: en redonnant à l'hôpital public les moyens nécessaires, en mettant en place un financement solidaire à 100% de la Sécurité Sociale, avec le remboursement de la dette de l'Etat APA-PCH pour les départements, le rétablissement de l'ISF ou encore la suppression des restes à charge pour les familles, du CICE et de la CSG... 

Comment continuer d'accepter que nos personnes âgées vivent et vieillissent dans de telles conditions? Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les conditions de travail intolérables des personnels soignants et de l'aide à domicile. Il est urgent de construire une véritable politique de prise en charge de la dépendance, à hauteur des besoins. 

Je suis certaine que dans le cadre de vos fonctions, vous saurez apporter des réponses à la hauteur de l'urgence et de la gravité de la situation. Je vous prie d'agréer, Madame la Ministre, l'expression de les plus cordiales salutations". 

Christine Prunaud, Sénatrice des Côtes d'Armor 

 

La réponse de Agnès Buzyn, que nous mettons ici en lien PDF, est un mélange de satisfecits sur sa volonté de dialogue et de concertation, de constats généraux qui ne mangent pas de pain ("je suis bien consciente des conditions d'exercice des personnels en établissements et services pour personnes âgées en perte d'autonomie, et tout particulièrement au sein des EHPAD, qui présentent des contraintes particulières. L'aide aux personnes les plus fragile est un métier difficile dont la valorisation sociale n'est pas toujours à la hauteur de l'engagement et du professionnalisme de ceux - majoritairement celles- qui l'exercent) surtout quand on ne les rattache pas à des choix politiques et financiers, et de justification d'une politique qui a ajouté devant la colère des professionnels 50 millions au budget prévu pour les EHPAD et l'aide à domicile (110 millions d'€): on est très loin de pouvoir satisfaire les besoins du secteur avec cet investissement public.   

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3 août 2018 5 03 /08 /août /2018 18:03
Gaza: le PCF apporte son soutien à la flottille de la liberté (2 août 2018)

Gaza : Le PCF apporte son soutien à la flottille de la liberté (PCF)


Dimanche 29 juillet dernier, Al Awda, le premier bateau de la Flottille  de la liberté a arriver près de Gaza a été arraisonné par la marine  israélienne alors qu'il était encore dans les eaux internationales.
Cet acte n'est rien d'autre qu'un acte de piraterie et, une nouvelle  fois, la communauté internationale s'enferme dans le silence.
Nous savons que les militants pacifistes internationaux ont subi des  violences et notamment des coups de tasers, certains ont été blessés et tous emprisonnés.

Partie de Scandinavie le 15 Mai dernier, la Flottille composée de quatre  bateaux a tenté une nouvelle fois de briser le blocus de Gaza. Ce blocus  que subissent les Gazaouis depuis 2007, et qui leur interdit un accès  normal à l'eau potable, aux denrées , à l'électricité , à la santé et  qui les condamnent à être enfermés dans une prison à ciel ouvert car les  voies maritimes aériennes et terrestres dépendent du bon vouloir  d'Israël. On ne vit pas à Gaza on survit, et les Nations unies déclarent que Gaza sera totalement invivable en 2020 sans l'arrêt du blocus.

La Flottille apportait 13 000 euros de médicaments dont les Gazaouis ont cruellement besoin.
A chaque fois, Israël impose, au mépris du droit, sa volonté, et on se  rappelle de sinistre mémoire des dix militants du Mavi Marmara  assassinés en 2010.
L'équipage et les passagers ont été, dans un premier temps, incarcérés  en Israël. Notre compatriote Sarah Katz, a été retenue plus longuement  dans la prison de Givon. Avec Salah Hamouri, ce sont deux citoyens  français dont le sort inquiète très modérément notre gouvernement, ce  qui est particulièrement inquiétant sinon honteux.
A contrario, la flottille a été empêchée d'accoster au mois de juin à Paris pour un rassemblement pacifique.

Après la répression sanguinaire des marches du retour avec plus de 150 palestinien-ne-s assassinées et 15 000 blessé-e-s, l'arrivée de la  Flottille aurait pu créer de l'espoir.
Alors que le reste de la flottille doit arriver d'ici peu au large de Gaza et qu'un autre Français, le marin CGT Pascal Maurieras, se trouve à bord, le PCF exige du gouvernement qu'il sorte de son mutisme et apporte son soutien à la Flottille comme la Suède l'a fait récemment.
Nous appelons nos militants à faire connaître cette initiative à soutenir la Flottille et à se mobiliser contre le blocus de Gaza.

Parti communiste français, 

Paris, le 2 Août 2018.

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3 août 2018 5 03 /08 /août /2018 05:44

 

Alors que se sont tenues les assises communistes de l’écologie les 4 et 5 mai dernier, dans le cadre de la préparation du congrès extraordinaire du PCF, Hervé Bramy, membre du conseil national chargé de l’écologie, nous présente les enjeux de cette initiative et plus largement, sa réflexion à propos de la place de l’écologie dans le projet communiste.

 

 

Congrès extraordinaire, des assises communistes de l’écologie. De quoi s’agit-il au juste ?
Deux aspects justifient le choix d’organiser un congrès extraordinaire en novembre : la situation politique à l’issue du cycle électoral 2017 et le souhait d’approfondir des sujets jugés prioritaires par les adhérentes et les adhérents dont les enjeux environnementaux et écologiques. Une très forte demande s’est exprimée sur ces thèmes. La décision d’inscrire l’organisation d’assises communistes de l’écologie doit donc conforter la place majeure de cet enjeu dans la visée communiste du XXIe siècle. Ces assises seront articulées autour de trois séquences : un « grand débat » pour préciser et actualiser, si nécessaire, nos partis pris écologiques ; approfondir, sous la forme d’ateliers ouverts sur sept questions d’urgence, nos positionnements ; favoriser le déploiement « décomplexé » des communistes sur le terrain des luttes environnementales. Le lancement de la campagne nationale contre la privatisation des barrages hydrauliques et l’organisation d’une chaîne humaine sur le barrage du Sautet en Isère, le 8 avril dernier, en est un exemple concret.

« La lutte de classe frappe à la porte de l’écologie. »

 

Est-ce le signe d’une prise en compte nouvelle des questions écologiques par les communistes ?

Je ne dirais pas les choses ainsi. Lors des derniers congrès, nos textes d’orientation ont largement intégré cet enjeu, mais, aujourd’hui, les communistes aspirent à ce que l’écologie devienne un marqueur, à part entière, du projet communiste du XXIe siècle. De très nombreux adhérents et adhérentes se sont engagés de longue date sur le terrain environnemental, souvent avec d’autres, sans être forcément à l’initiative. Là où ils et elles vivent, là où ils et elles travaillent, au cours de leurs voyages, les communistes constatent les dégradations faites à la nature, à la planète et en perçoivent les conséquences : perte de biodiversité, changements climatiques, pollutions, obsolescence programmée, scandales alimentaires, accidents industriels, ainsi que leur incidence sur la santé humaine et la faiblesse des moyens pour la recherche… Les communistes sont comme tous les citoyens, ils et elles formulent leur crainte d’un monde de moins en moins vivable, si rien n’est fait du point de vue des transformations nécessaires de la société. C’est aussi un monde où chacun n’a pas les mêmes moyens de s’en sortir. Aux inégalités sociales s’ajoutent les inégalités environnementales. La lutte de classe frappe à la porte de l’écologie. Le système dominant est mis en cause. On peut dire que les communistes participent, à leur façon, de la conscience écologique mondiale.

 

Quel sens donnez-vous au mot écologie ? Est-ce une science ? Une doctrine politique ? Un champ de lutte ?

Les trois à la fois. L’écologie est une science, certes jeune, mais une science à part entière. Par exemple, dans le domaine de la biodiversité, les écologues (les chercheurs spécialistes de l’écologie) observent les êtres vivants et leurs écosystèmes, recensent les espèces et en découvrent de nouvelles (de l’ordre de 20 000 par an), lancent des alertes toujours plus pressantes et formulent des préconisations. Je pense également au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) au sein duquel des milliers de scientifiques collaborent. Nombre de scientifiques, de toutes disciplines, conviennent que nous sommes entrés dans une nouvelle époque, celle de l’anthropocène, c’est-à-dire celle « où l’homme est devenu une force telle qu’il modifie la planète » (Catherine Jeandel).

« La préservation du climat est la mère de toutes les batailles. »

Chacun pressent bien que l’avenir de l’humanité se joue, en très grande partie, sur le rapport activités humaines/nature. Par leur comportement court-termiste, le capitalisme et ses promoteurs exploitent et dégradent, dans un même mouvement, les conditions de vie des êtres humains et la nature. Depuis les années 1970, les citoyens ont investi le champ politique environnemental : création d’associations les plus diverses ou bien de formations politiques. Ces dernières satisfont, en priorité, les couches intermédiaires de la société. Depuis, les partis politiques « historiques » ont tous, peu ou prou, intégré cette problématique. De façon majeure à gauche – devenant ainsi un axe central de réflexion sur la société – mais également à droite, voire à l’extrême droite, de façon nettement moins structurante et plus éparpillée. Aujourd’hui, toutes les couches de la société, y compris les couches populaires, sont concernées par les périls que fait peser le capitalisme mondialisé et financiarisé. L’écologie politique a fait preuve de son utilité mais elle n’est l’apanage d’aucune formation en particulier. Pour ce qui nous concerne, nous prenons à cœur de combattre, avec la même force, les inégalités sociales et environnementales que subissent les familles des quartiers populaires. Dès lors, qui peut nier que l’écologie ne soit pas porteuse de sens politique ?
Face au mode d’exploitation libéral, l’écologie est devenue un terrain de luttes de classes considérable. Le mot d’ordre « agir local, penser global » concentre, à lui seul, toute l’étendue du défi à relever. C’est un combat de tous les instants pour que chacun d’entre nous accorde, le mieux possible, ses actes avec ses convictions. C’est surtout un combat collectif et de convergences solidaires afin d’imposer auprès des autorités les politiques publiques conformes aux préoccupations des peuples.

« Le climat est un commun au sens où cette ressource doit être gérée par la communauté humaine mondiale afin de pérenniser ses bienfaits pour le présent et le futur. »

Quel premier bilan tirez-vous de l’action de Nicolas Hulot au gouvernement ?

Ce qu’il pouvait redouter est en train de se produire. Son aura écologiste est malmenée et sans doute est-il pétri, dans son action quotidienne de ministre, de contradictions. Rester ou ne pas rester ? Telle est la question à laquelle il doit répondre en permanence car le bilan, au regard de ses convictions affichées, est faible. Comment peut-il en être autrement dans un gouvernement qui se dit, avant tout, pragmatique, ni de droite ni de gauche ? En réalité, il est de droite et de droite sous pression du Mouvement des entreprises de France (Medef) et des lobbies des grands groupes industriels et financiers. Le sentiment qui domine, c’est qu’il ne peut aller au bout de ses convictions, contraint à des reculs – comme pour les perturbateurs endocriniens, le glyphosate ou encore l’énergie… Jusqu’où peut-il aller sans manger totalement son chapeau au risque de nier ce qui a fait de lui un des hommes engagés le plus apprécié des citoyens ? Sa prise de position pour la réforme de la SNCF est en contradiction totale avec la lutte contre les dérèglements climatiques. Est-il seulement au gouvernement pour utiliser son prestige sur les sujets de l’écologie de proximité – questions qui font partie du champ d’action des communistes et de leurs élus – mais sans considérer les problèmes profonds ? Face à la technocratie libérale du gouvernement Macron, l’ambition des nécessaires réformes de progrès sociaux et écologiques n’a pas de place.

 

Comment analysez-vous la multiplication des zones à défendre (ZAD) ? Crise du modèle de développement ou crise démocratique ?

C’est peut-être aller un peu vite que de parler de multiplication des ZAD. Certes, c’est une des formes d’opposition nouvelles à des projets d’aménagement, qui se caractérise par l’occupation d’espaces qui leur sont dédiés. Ces opposants disent inventer des formes de vie alternatives au système. Les luttes des zadistes empruntent, il est vrai, des formes peu usuelles. Pour autant leurs motivations sont très diverses. Si je prends l’exemple de Notre-Dame-des-Landes, on peut effectivement considérer que leur lutte a contribué à l’abandon du projet. Cependant, on ne saurait leur attribuer la totalité de ce qu’ils considèrent comme une victoire. En tout état de cause, rien ne justifie leur évacuation par la force.
Alors crise de développement ? Crise d’un certain développement, c’est clair. À partir du moment où l’État a abandonné toute ambition d’être aménageur du territoire en laissant le marché et les grands groupes industriels et financiers agir à sa place, cela provoque des clashs. Il ne convient pas de décider d’en haut mais de faire partager, avec la population, les raisons et les buts d’un projet. Lorsque les intérêts privés s’en mêlent, tout prête à croire que les citoyens, les usagers et les contribuables seront les dindons de la farce. Le privé n’est pas philanthrope, malgré tous les efforts qu’il produit pour prouver sa bonne foi environnementale.

« L’heure est à bâtir un nouveau mode de développement, de production et de consommation, débarrassé des oripeaux du consumérisme, vanté par nos pervers et géniaux publicitaires, et du productivisme effréné qui nous conduit à l’abîme. »

Crise démocratique, c’est évident ! Réaliser des projets d’aménagement qui ne correspondent pas aux besoins avérés des populations est une gageure. C’est le cas en région parisienne avec le projet Europacity. Les populations directement concernées n’ont pas été associées. D’une manière générale, les procédures de consultation et de concertation sont devenues obsolètes. La codécision et la coconstruction sont complètement absentes. Or c’est cette voie qu’il faut favoriser. Pour cela, il est incontournable de revisiter l’ensemble des processus de décision et les procédures de réalisation.

 

Diriez-vous que le climat est un « commun » ?

La préservation du climat est la mère de toutes les batailles. Si, comme on le constate, la température de l’atmosphère continue de s’emballer, alors on peut craindre le pire pour l’humanité. Cet enjeu ne peut être laissé entre les mains des dirigeants de la planète, même de celles et de ceux les mieux intentionnés. La démonstration a été faite lors de la COP 21 à Paris. Les peuples doivent s’en mêler car c’est l’affaire de tous, du petit agriculteur des Andes comme du citoyen urbain en Europe… Le climat est un « commun » au sens où cette ressource doit être gérée par la communauté humaine mondiale afin de pérenniser ses bienfaits pour le présent et le futur. Les sociétés doivent se décarbonner, principalement leurs économies et leurs industries. Cela veut dire réduire de façon conséquente, et le plus rapidement possible, toutes les énergies carbonées (gaz, charbon, pétrole) et organiser des mix énergétiques composés de ressources les moins productrices de gaz à effet de serre. Développer également le rail au détriment du camion ou du bus, rénover thermiquement les logements, penser un mode agricole économe en intrants chimiques… tout cela peut prendre du temps. C’est pourquoi il n’y a plus de temps à perdre pour décider en relation permanente avec les citoyens.

 

Comment relever les défis écologiques dans un monde dominé par le capitalisme financier et rythmé par la recherche de rentabilité immédiate ?

Le droit au développement reste une exigence moderne. Toutefois, celui-ci doit s’envisager avec la contrainte des limites de la planète et surtout accorder la priorité à l’humain. Face à sa propre crise, le capitalisme vend au peuple son système économique dit « vert ». Or les tenants du libéralisme, en récupérant le concept de développement durable, sont à mille lieues des urgences humaines, sociales et environnementales. En aucun cas, le profit ne peut être le but à atteindre. Aux critères du CAC 40 nous préférons nous doter d’indices de développement humains (IDH) qui mesurent le niveau de santé, d’éducation et de culture, bref le bien-être des femmes, des hommes et des enfants. L’heure est à bâtir un nouveau mode de développement, de production et de consommation, débarrassé des oripeaux du consumérisme, vanté par nos pervers et géniaux publicitaires, et du productivisme effréné qui nous conduit à l’abîme. C’est pourquoi nous faisons nôtre le concept de « développement humain durable ». C’est ce qu’il faut construire, au jour le jour, dans les consciences, dans les luttes et les rassemblements, jusqu’à rendre incompatibles les logiques libérales et financières et ainsi imposer d’autres modes de vie respectueux des êtres humains et de la planète.

• Cause commune n° 5 - mai/juin 2018

 

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31 juillet 2018 2 31 /07 /juillet /2018 23:47

 

La semaine dernière, des communistes parisiens ont emmené en Normandie plusieurs familles. L’occasion pour parents et enfants de revenir la tête pleine de souvenirs.

«Maman quand on sera à la mer, on sera toujours en France ? » Petite leçon de géographie dans le car qui emmène des familles parisiennes à Dives-sur-Mer, en Normandie, pour la journée. La semaine dernière, des sections du PCF de la capitale ont organisé le départ d’une trentaine de familles. Cette initiative renoue avec une tradition ancienne qui, à Paris, avait été mise entre parenthèses pendant dix ans.

Pour certains enfants, ce sera leur seule journée de vacances estivales loin de Paris. « Le petit est surexcité depuis une semaine », raconte Martine Fitoussi, sa maman. Le petit, c’est Limaniya, 3 ans, qui guette les vaches à travers la fenêtre pour patienter. Ce qu’il attend, lui, c’est de voir des crabes. Pour Nicolas Bonnet Oulaldj, président du groupe des élus communistes au Conseil de Paris, cette possibilité de se dépayser et de se réunir en famille pour un agréable moment a une véritable dimension politique. Il s’agit de « recréer du lien social et familial pour des parents qui travaillent beaucoup », estime l’élu. C’est le cas de Martine, directrice artistique, qui a six garçons. Elle a pris une journée de congé pour « souffler un peu » avec ses enfants.

L’objectif est aussi de renforcer la solidarité alors que les phénomènes d’exclusion se multiplient, explique Nicolas Bonnet ­Oulaldj, faisant le parallèle avec les permanences qu’assurent les élus communistes dans leur quartier, pour aider les habitants dans leurs démarches administratives (impôts, places en crèche…). C’est d’ailleurs grâce à l’une de ces permanences que la plupart des vacanciers d’un jour participent à l’initiative, comme Martine, qui y a rencontré l’élue du 4e arrondissement Évelyne Zarka. Celle-ci l’a aidée à trouver une place dans un institut pour handicapés pour son fils aîné. « Tout est plus simple avec l’appui d’un élu », souffle Martine.

« TOUT N’EST PAS QU’INDIVIDUALISME ET REPLI SUR SOI »

En somme, ces journées à la mer répondent à la « revendication politique d’avoir une vie digne, épanouie, le droit au bonheur », résume Thierry Aury, membre du conseil national du PCF en charge de ces actions de « solidarité concrète », qui entend voir ces rendez-vous se démultiplier. Car ce droit-là passe par le droit aux ­vacances, défendu historiquement par les communistes, rappelle-t-il. « Ces moments de partage sont du carburant pour l’action collective », s’enthousiasme le responsable de la fédération de l’Oise du PCF. « Ils montrent que tout n’est pas qu’individualisme et repli sur soi », ajoute-t-il, espérant que de telles actions permettent de démontrer que les discours politiques peuvent devenir réalité. Et les communistes parisiens ne sont pas les seuls à se lancer : ils seront des milliers, tout au long de l’été, à participer à ces journées (lire encadré).

Déjà sur la plage, Zyed et Aya, eux, profitent du soleil. Ce qu’ils préfèrent ? Se laisser porter par les vagues et mettre la tête sous l’eau. Pour la mère de Zyed, cette sortie est la bienvenue, car ils ne pourront pas partir en vacances cet été. Si, d’habitude, ils « rentrent au pays », cette année, ils restent à Paris pour cause de déménagement coûteux. Après s’être régalés de gâteaux faits maison, les enfants vont nager malgré le vent qui souffle fort. Et, avant de repartir, tout le monde dit au revoir à la mer. Une maman rassure son fils : « Ce qui est bien dans le mot au revoir, c’est qu’il y a revoir dedans. On essaiera de retourner à la plage cet été, même si je n’ai aucune idée de comment on va faire… »

Du nord à la loire-atlantique, les rendez-vous se multiplient

Les cars parisiens ne seront pas les seuls à prendre la direction de la plage cet été. Dès samedi, les militants communistes de Seine-Saint-Denis emmèneront près de 1 200 habitants à Ouistreham (Calvados) pour, le temps d’une journée de vacances, faire vivre « ce droit essentiel à l’épanouissement ». Une initiative restée tradition dans l’Oise où, le 18 août, les bus du PCF gagneront les plages de Dieppe (Seine-Maritime). Face aux « nombreux coups portés par le président Macron aux familles et aux retraités », les militants du Nord, comme depuis près de trente ans, iront eux une nouvelle fois à Malo-les-Bains le 28 août avec des milliers de personnes (4 000 l’an dernier). En Loire-Atlantique, en revanche, le PCF s’essaiera pour la première fois le 21 août à l’organisation d’une telle journée « rebelle et solidaire », avec visite de château en prime…

Mathilde Picard

 

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25 juillet 2018 3 25 /07 /juillet /2018 05:47

 

La semaine dernière, des communistes parisiens ont emmené en Normandie plusieurs familles. L’occasion pour parents et enfants de revenir la tête pleine de souvenirs.

«Maman quand on sera à la mer, on sera toujours en France ? » Petite leçon de géographie dans le car qui emmène des familles parisiennes à Dives-sur-Mer, en Normandie, pour la journée. La semaine dernière, des sections du PCF de la capitale ont organisé le départ d’une trentaine de familles. Cette initiative renoue avec une tradition ancienne qui, à Paris, avait été mise entre parenthèses pendant dix ans.

Pour certains enfants, ce sera leur seule journée de vacances estivales loin de Paris. « Le petit est surexcité depuis une semaine », raconte Martine Fitoussi, sa maman. Le petit, c’est Limaniya, 3 ans, qui guette les vaches à travers la fenêtre pour patienter. Ce qu’il attend, lui, c’est de voir des crabes. Pour Nicolas Bonnet Oulaldj, président du groupe des élus communistes au Conseil de Paris, cette possibilité de se dépayser et de se réunir en famille pour un agréable moment a une véritable dimension politique. Il s’agit de « recréer du lien social et familial pour des parents qui travaillent beaucoup », estime l’élu. C’est le cas de Martine, directrice artistique, qui a six garçons. Elle a pris une journée de congé pour « souffler un peu » avec ses enfants.

L’objectif est aussi de renforcer la solidarité alors que les phénomènes d’exclusion se multiplient, explique Nicolas Bonnet ­Oulaldj, faisant le parallèle avec les permanences qu’assurent les élus communistes dans leur quartier, pour aider les habitants dans leurs démarches administratives (impôts, places en crèche…). C’est d’ailleurs grâce à l’une de ces permanences que la plupart des vacanciers d’un jour participent à l’initiative, comme Martine, qui y a rencontré l’élue du 4e arrondissement Évelyne Zarka. Celle-ci l’a aidée à trouver une place dans un institut pour handicapés pour son fils aîné. « Tout est plus simple avec l’appui d’un élu », souffle Martine.

« TOUT N’EST PAS QU’INDIVIDUALISME ET REPLI SUR SOI »

En somme, ces journées à la mer répondent à la « revendication politique d’avoir une vie digne, épanouie, le droit au bonheur », résume Thierry Aury, membre du conseil national du PCF en charge de ces actions de « solidarité concrète », qui entend voir ces rendez-vous se démultiplier. Car ce droit-là passe par le droit aux ­vacances, défendu historiquement par les communistes, rappelle-t-il. « Ces moments de partage sont du carburant pour l’action collective », s’enthousiasme le responsable de la fédération de l’Oise du PCF. « Ils montrent que tout n’est pas qu’individualisme et repli sur soi », ajoute-t-il, espérant que de telles actions permettent de démontrer que les discours politiques peuvent devenir réalité. Et les communistes parisiens ne sont pas les seuls à se lancer : ils seront des milliers, tout au long de l’été, à participer à ces journées (lire encadré).

Déjà sur la plage, Zyed et Aya, eux, profitent du soleil. Ce qu’ils préfèrent ? Se laisser porter par les vagues et mettre la tête sous l’eau. Pour la mère de Zyed, cette sortie est la bienvenue, car ils ne pourront pas partir en vacances cet été. Si, d’habitude, ils « rentrent au pays », cette année, ils restent à Paris pour cause de déménagement coûteux. Après s’être régalés de gâteaux faits maison, les enfants vont nager malgré le vent qui souffle fort. Et, avant de repartir, tout le monde dit au revoir à la mer. Une maman rassure son fils : « Ce qui est bien dans le mot au revoir, c’est qu’il y a revoir dedans. On essaiera de retourner à la plage cet été, même si je n’ai aucune idée de comment on va faire… »

Du nord à la loire-atlantique, les rendez-vous se multiplient

Les cars parisiens ne seront pas les seuls à prendre la direction de la plage cet été. Dès samedi, les militants communistes de Seine-Saint-Denis emmèneront près de 1 200 habitants à Ouistreham (Calvados) pour, le temps d’une journée de vacances, faire vivre « ce droit essentiel à l’épanouissement ». Une initiative restée tradition dans l’Oise où, le 18 août, les bus du PCF gagneront les plages de Dieppe (Seine-Maritime). Face aux « nombreux coups portés par le président Macron aux familles et aux retraités », les militants du Nord, comme depuis près de trente ans, iront eux une nouvelle fois à Malo-les-Bains le 28 août avec des milliers de personnes (4 000 l’an dernier). En Loire-Atlantique, en revanche, le PCF s’essaiera pour la première fois le 21 août à l’organisation d’une telle journée « rebelle et solidaire », avec visite de château en prime…

Mathilde Picard

 

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