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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 16:03
Meeting de Rennes, 24 avril: Ian Brossat (photo France Chapa)

Meeting de Rennes, 24 avril: Ian Brossat (photo France Chapa)

Absence de couverture nationale ou régionale du meeting de Ian Brossat à Rennes devant 800 à 1000 personnes: courrier de Philippe Jumeau, porte-parole régional du PCF, à la direction du Ouest-France

Bonjour

Comme vous le savez, je suis un lecteur attentif de la presse locale et je voudrais vous faire part une nouvelle fois, d’une interrogation sur le traitement d’infos politiques.

Mercredi soir, Ian Brossat, tête de liste du PCF était à Rennes en meeting régional, avec plus de 800 personnes rassemblées sous les Halles Martenot.

Le compte-rendu de cette soirée figure dans votre édition de l’Ille et Vilaine et nulle part ailleurs, donc impossibilité pour votre lectorat régional de savoir ne serait-ce que cela, que le PCF a tenu son plus fort meeting depuis très longtemps.

Donc vous m’accorderez que traiter un meeting régional uniquement en page du département d’accueil, ça n’est pas très juste, d’autant plus que sur la liste menée par Ian Brossat, figurent 4 candidat.e.s issu.e.s des 4 départements de la région Bretagne.

Et même si cela me concerne moins, je me dis qu’il doit en être pareil aujourd’hui pour Benoit Hamon qui était hier soir à Lorient ( j’ai assisté à son meeting régional, là aussi) dont le CR figure en page Morbihan donc sans doute pas ailleurs.

Par contre en page Bretagne aujourd’hui, on apprend que Gilles Pennelle est sur la liste RN en « position qui le rend difficilement éligible au Parlement européen » !!! Voilà une info que tous les bretons avaient besoin de connaitre !

Pourquoi une telle différence de traitement ? Que faut-il comprendre ?

Depuis des mois, j’écris régulièrement, appelle souvent pour signaler ces inégalités de traitement et je n’ai pas très souvent des réponses que je vais qualifier d’argumentées.

J’ai régulièrement demandé à ce que mes interpellations soient publiées en page des lecteurs de Ouest-France, et pour l’heure aucun suivi d’effet.

Dans un mois, il y aura le vote pour les élections européennes, et il me semble simplement équitable que toutes les organisations soient traitées à égalité, car le pluralisme des idées dans la presse est une nécessité de la démocratie.

Restant à votre disposition pour tout échange complémentaire, cordialement,

Philippe Jumeau

Secrétaire départemental du PCF 56, porte-parole régional du PCF

 

Discours de Philippe Jumeau à la fête de l'Huma Bretagne 2018 en présence de Ian Brossat pour son premier meeting en Bretagne avant celui du Relecq-Kerhuon en région brestoise le 1er février, et celui de Rennes le 24 avril

Discours de Philippe Jumeau à la fête de l'Huma Bretagne 2018 en présence de Ian Brossat pour son premier meeting en Bretagne avant celui du Relecq-Kerhuon en région brestoise le 1er février, et celui de Rennes le 24 avril

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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 14:56
Marie-Hélène Bourlard, militante syndicale, n°2 sur la liste du PCF L'Europe des gens contre l'Europe de l'argent, en direct de la manif de Bruxelles, avec Philippe Martinez
 
 
🔴 En direct de Bruxelles avec Philippe Martinez, partout en Europe mobilisons-nous !
Rejoignez notre comité de soutien :
➡️ https://www.europedesgens.fr/appel_voter
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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 05:58

Une phrase qui résume le show télévisé d’Emmanuel Macron : « Je ne crois pas que la colère qui s’est exprimée dans le pays s’explique par les réformes mises en œuvre ces deux dernières années. Il faut aller plus loin ». Seuls le Medef et les privilégiés de la finance seront rassurés !

 

Le président de la République et son gouvernement nous avaient annoncé des « mesures fortes et puissantes ». En fait, les Français.e.s auront eu droit à un exercice d'autosatisfaction, dans le prolongement des shows solitaires du « Grand débat national ».

 

 

Les mouvements des « Gilets jaunes », les journées intersyndicales, les mobilisations dans les entreprises, ce que nos concitoyens ont exprimé à travers les cahiers de doléances ou dans les réunions publiques ont tous porté une puissante exigence de dignité. Ils ont posé la question de l’amélioration réelle et rapide du pouvoir d’achat, de l’augmentation du Smic et des salaires, de la justice fiscale avec le rétablissement de l’ISF et la mise à contribution des ultrariches, des actionnaires, de la finance. Ils ont mis en avant le développement des services publics, le besoin d’une démocratie qui ne soit plus asphyxiée par le présidentialisme, l’urgence de conduire la transition écologique dans la justice sociale.

Ce soir, il ne leur a pas été répondu. Enfermé dans son acharnement à protéger ceux qui ne cessent de s’enrichir, ce pouvoir a ainsi pris la responsabilité d’aggraver la désespérance dans le pays. 

Quelques-unes des mesures annoncées sont, bien sûr, à mettre au crédit des mouvements populaires des dernières semaines. Mais elles ne changent en rien le cours d’une politique que le pays rejette dans son immense majorité.

Pire, on ose maintenant demander de nouveaux sacrifices à des Français.e.s dont les fins de mois sont difficiles et qui demandent que le travail paie. Quelle honte ! En guise d’« Acte II » de son quinquennat, Monsieur Macron nous fait du sarko-fillonisme. Il enjoint les  Français.e.s à « travailler davantage », il veut poursuivre la « baisse de la dépense publique » qui affaiblira un peu plus nos services publics, il annonce l’amoindrissement des ressources de la Sécurité sociale par la poursuite des exonérations de cotisations, et il confirme sa volonté d’allonger la durée de cotisations donnant droit à la retraite. Quant au droit à la différenciation pour les collectivités, loin d'améliorer la décentralisation, il menace l'unité de la République et l'égalité territoriale. Et aucune réponse concrète n’est apportée à l’urgence écologique.

Bref, lorsque président nous propose de jouer à « qui veut gagner des millions », le casting est toujours le même : ses amis du CAC 40.

C’est maintenant à notre peuple de se faire entendre avec plus de force encore. La première réponse à la provocation présidentielle doit être de puissantes mobilisations populaires : ce samedi avec les gilets jaunes, le  1er Mai et le 9 mai à l'initiative des organisations syndicales. 
 
Ces mobilisations ont plus que jamais besoin d’une perspective politique de gauche. C’est en ce sens que le PCF a déjà mis en débat dix propositions pour la France.

 

 

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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 05:56
Européennes: à Rennes le 24 avril, Ian Brossat précise son programme (Julia Hamlaoui, L'Humanité, 25 avril 2019)
Européennes. À Rennes, Ian Brossat précise son programme
Jeudi, 25 Avril, 2019

Augmentation des salaires, défenses des services publics, lutte contre l’évasion fiscale… C’est dans une halle Martenot, bien remplie, de la ville bretonne que le candidat communiste pour le scrutin du 26 mai a présenté mercredi soir les grandes lignes de son programme tout juste sorti de l’imprimerie.

 

C’est à Rennes que Ian Brossat a entamé mercredi son dernier mois de campagne avant le scrutin européen du 26 mai prochain. Avant de gagner Rouen jeudi, et Clermont-Ferrand vendredi pour une série de meetings que son équipe annonce comme des réussites, c’est devant 800 Bretons que la tête de liste communiste a brossé les grandes lignes de son programme tout juste sorti de l’imprimerie.

Mais, alors que les annonces du président sont attendues pour ce jeudi soir, c’est d’abord à la politique d’Emmanuel Macron que s’est attaqué le candidat. « Ce sont des génies. Depuis des mois les gens disent ‘’on veut que le travail paie’’, et la réponse du gouvernement c’est une journée de travail gratuit », a-t-il lancé, fustigeant « un peu comme dans Koh-Lanta, le totem d’immunité » dont bénéficient les ultra-riches. L’entrée en matière n’est pas si loin du reste du discours : « les enjeux européens et nationaux sont étroitement connectés, ce sont les mêmes politiques libérales menées à Paris, Bruxelles et Strasbourg ».

Dans une halle Martenot rennaise bien remplie – le « signe » d’une dynamique selon les militants du PCF qui soulignent une mobilisation inédite depuis des années -, l’élu de Paris appelle à rompre avec les « deux dogmes » sur lesquels repose « l’Europe de l’argent » : l’austérité incarnée par la règle des 3 % de déficit maximum autorisé par le traité de Maastricht et la concurrence libre et non faussée. Avant lui, une série de candidats se sont succédé sur scène donnant à voir quelques-unes des conséquences de cette « Europe du fric ». « J’ai vécu 15 ans à la rue, je n’ai eu mon premier appartement qu’à 44 ans. Ce dont je m’aperçois, c’est que c’est de pire en pire, il y a de plus en plus de sans abris en Europe », lance Elina Dumont appelant à « remettre de l’humanité au cœur de cette Europe ». Peu avant, ce sont Gilbert Garrel (ancien responsable de la CGT cheminot) et Pascal Gontard (responsable de la fédération CGT port et docks) qui témoignent : ils ont en commun leurs mobilisations contre « les directives de libéralisations » qui se sont attaquées tant aux conditions de travail dans leurs secteurs, le rail et les ports, qu’aux services publics.

Arracher « une autre utilisation de l’argent »

En face, « l’Europe des gens » qu’entend incarner la liste Brossat se décline en 3 priorités, explique le candidat. Avec « d’abord une Europe dans laquelle le travail paie », avance-t-il constatant « qu’au cours des 10 dernières années, le taux de travailleurs pauvres est passé de 7 % à 10 %, quand dans le même temps les richesses produites par ces mêmes travailleurs sont passées de 15 000 milliards d’euros et 17 000 milliards d’euros ». Un « Smic européen à au moins 60 % du salaire moyen » est avancé par le communiste qui trouve étrange que les députés européens « soient tous payés pareil » et qu’on juge impossible de faire de même pour les salariés. La « deuxième rupture », présentée par Ian Brossat mercredi concerne les services publics, constitutifs du modèle inventé par « la France après 45 » et contre le démantèlement desquels il propose « une clause de non-régression sociale ». « Un peuple, un État devrait avoir le droit de dire ‘’nous ne voulons pas de cette directive car elle ne nous apporte pas de progrès’’ », plaide-t-il avant d’enchaîner sur la troisième priorité du programme communiste, arracher « une autre utilisation de l’argent ». Avec deux leviers principaux en la matière : utiliser les fonds de la BCE « notre coffre-fort à tous » pour abonder, plutôt que les banques, notamment « un grand plan de transport par fret » ou à la création d’un « service public dédié la rénovation énergétique » ; combattre l’évasion fiscale et ses « 1000 milliards (qui) partent en fumée chaque année » en « ferm (ant) les frontières aux fraudeurs fiscaux ». Reste qu’à quelques semaines du scrutin, l’abstention s’annonce toujours aussi forte et les intentions de vote pour le PCF peinent à dépasser le seuil des 3 %. Alors le candidat martèle son message : L’élection ne compte pas pour du beurre : « le parlement a beaucoup de pouvoir, s’il rejette une directive elle finit à la poubelle ». Et s’adressant à ses camarades : « Il nous reste un mois, un mois pour convaincre partout autour de nous, un mois pour gagner les voix une à une, un mois pour envoyer la première femme ouvrière au parlement européen depuis 30 ans ».

Julia Hamlaoui
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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 05:50
IAN BROSSAT répond à Jean-Luc Mélenchon: Personne ne peut jouer les gros bras à gauche (Le Journal du Dimanche, Sarah Paillou, 25 avril 2019)
Ian Brossat répond à Jean-Luc Mélenchon : "Personne ne peut jouer les gros bras à gauche"

Interview JDD - Sarah Paillou - La tête de liste du Parti communiste aux européennes, Ian Brossat, répond à l'Insoumis en chef, Jean-Luc Mélenchon, qui veut une "fédération populiste" après le scrutin du 26 mai : "Pas sur la base d'une hégémonie."

Le frémissement sondagier que connaît la liste communiste aux européennes donne de l'espoir à leur tête de liste, Ian Brossat, adjoint à la mairie de Paris. Lequel rêve d'atteindre les 5%, seuil nécessaire pour envoyer des eurodéputés à Strasbourg, de reconstruire son parti et même de rassembler la gauche, après le scrutin du 26 mai. Vaste programme. L'ancien professeur de 39 ans répond au passage à l'Insoumis en chef, Jean-Luc Mélenchon, qui veut une "fédération populiste" : "Pas sur la base d'une hégémonie." "Le chemin du dialogue et du rassemblement"… Mais à ses conditions.

On observe un frémissement dans les sondages : comment l'expliquez-vous?
Il y a clairement un avant et un après débat [entre les têtes de liste, le 4 avril]. Il m'a permis d'avancer des propositions, que je portais depuis longtemps mais qui étaient peu connues.

Est-ce que votre stratégie de campagne évolue?
On va multiplier les réunions publiques dans le grandes métropoles et dans les territoires populaires, comme au Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis. Et nous avons d'autres atouts dans notre manche encore trop peu connus, comme la composition de notre liste, que nous avons voulue à l'image de la société française : Marie-Hélène Bourlard, la numéro 2, est une ouvrière retraitée. Dans une période où les Français ne se reconnaissent plus dans les institutions politiques parce qu'elles ne les représentent plus, cette liste arrive à point nommé.

A quoi ça sert de voter pour une liste créditée de 3% au maximum d'intentions de vote, alors que les nationalistes gagnent du terrain en Europe?
Je refuse l'idée selon laquelle le débat politique se limiterait à un affrontement entre l'extrême-droite et les libéraux. Plus les jours passent, plus on s'aperçoit que le rempart que constituerait En marche est en carton pâte. Ce serait quand même absurde de voter pour une ancienne militante d'extrême-droite comme Nathalie Loiseau! [Mediapart a révélé cette semaine que la tête de liste En marche apparaissait en 1984 sur une liste d'extrême-droite étudiante, NDLR] L'élection européenne est le dernier scrutin national proportionnel : profitez-en pour voter pour vos convictions! Le bulletin de vote rouge donne aux électeurs la possibilité d'envoyer au Parlement européen la première femme ouvrière depuis 30 ans. Quand on sait à quel point cette institution est un repaire de lobbyistes et de financiers, je me dis que ça ferait du bien.

Voir aussi notre carte montrant comment l'alliance de Salvini et Le Pen peut devenir la 3e force après les européennes

Quel électorat pouvez-vous encore mobiliser pour atteindre ces 5%?
Le principal ennemi, c'est l'abstention. Cela suppose de convaincre qu'il y a un lien entre les politiques menées en France et l'échelle européenne. En juillet, la Commission européenne recommandait de mener une réforme des retraites : ce qui se dit à Bruxelles, c'est ce que fait le gouvernement. Et les eurodéputés prennent des décisions qui ont un impact sur votre vie quotidienne. Le vote au Parlement européen qui a conduit à la réforme de la SNCF en France a été adopté à 24 voix près. Si le rapport de force nous avait été plus favorable…

Il va falloir que la gauche retrouve le chemin du dialogue, évitons d'insulter l'avenir.

Vous appelez à un pacte de non-agression au sein de cette famille politique. N'est-ce pas risquer de laisser filer des voix potentielles vers Génération.s ou La France insoumise?
La gauche aujourd'hui est trop divisée, trop dispersée, je le regrette. Nous ne sommes pas parvenus à travailler ensemble. Mais une fois les européennes passées, il va falloir que la gauche retrouve le chemin du dialogue et du rassemblement. Donc évitons d'insulter l'avenir. Je n'aurai pas un mot de travers, et si j'ai eu des mots blessants, je le regrette. On peut avoir des débats, mais ça ne veut pas dire qu'on doit s'insulter. Quand Raphaël Glucksmann [tête de liste PS-Place publique] traite Jean-Luc Mélenchon de "Tchatcher de gauche", je ne pense pas nous en sortions grandis.

Pourquoi avoir refusé la main tendue de Glucksmann qui prônait le rassemblement?
Parce que le sujet, c'est l'Europe : on ne peut pas avoir sur une même liste des gens pour les traités européens ou pour les politiques d'austérité, et des gens contre. Il y a un impératif de clarté.

Mélenchon appelle à une "fédération populaire". Ça vous convainc?
L'unité est possible. J'y mets deux conditions : la rupture avec le libéralisme, je m'adresse là surtout au PS. On ne pourra pas se rassembler sur une politique semblable à celle du quinquennat de François Hollande, vécu à raison comme une trahison. L'union ne pourra pas non plus se faire sur la base d'une hégémonie d'une force, ça n'a pas marché et ça ne marchera pas. Je m'adresse là plutôt à Mélenchon : nul ne doit imposer ses vues aux autres. Personne ne peut jouer les gros bras à gauche, la situation doit nous pousser à l'humilité.

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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 05:35
Photo France Chapa: cadeau d'anniversaire pour les 39 ans de Ian Brossat au meeting de Rennes le 24 avril devant 1000 personnes

Photo France Chapa: cadeau d'anniversaire pour les 39 ans de Ian Brossat au meeting de Rennes le 24 avril devant 1000 personnes

Élections. Avec Brossat, les communistes fiers de leur couleur
Vendredi, 26 Avril, 2019

En meeting à Rennes mercredi, puis à Rouen et à Clermont-Ferrand dans la foulée, la tête de liste communiste pour le scrutin du 26 mai, Ian Brossat, « redonne de l’oxygène » au PCF, affirment ses militants, plus mobilisés que jamais.

Il se passe quelque chose, soufflent les militants du PCF réunis à la halle Martenot, à Rennes, ce mercredi, pour le meeting de Ian Brossat, leur tête de liste aux européennes. « La détermination monte de partout, assure Jeanne, la responsable des jeunes communistes du département, à l’entrée de la salle. On a une belle liste, avec beaucoup d’ouvriers, d’employés. C’est la première élection après la présidentielle. Et puis, avec tout ce qu’on s’est pris dans la tête depuis… » Avec près d’un millier de personnes qui assistent au meeting du jour, est-il annoncé plus tard au micro, la soirée est à la hauteur de leurs espérances.

Depuis le débat du 4 avril sur France 2, où la prestation de Ian Brossat a été saluée au-delà des cercles militants, les communistes assurent qu’il y a eu « un déclic ». « Le climat est très bon et on a d’excellents échos », se réjouit Serge. « Certains nous voient comme des dinosaures, mais d’un autre côté Ian montre une autre image », constate aussi Patrick, qui s’active dans la salle avant que les candidats ne gagnent la tribune. Ici, beaucoup se félicitent de la décision de mettre en selle un candidat communiste qui « redonne des couleurs » au PCF, après les vifs débats stratégiques qui avaient animé la formation, notamment sur le soutien à Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle. « Il y a une nouvelle génération post-chute du Mur qui assume d’être communiste », estime Lucien, un étudiant de 23 ans. Ian Brossat « redonne de l’oxygène à notre force politique », lance encore au micro Cinderella Bernard, une de ses colistières.

La clause de non-régression sociale : « une idée géniale »

Alors les sondages ont beau ne pas être au beau fixe, et demeurer pour l’heure sous le seuil des 5 %, les troupes sont mobilisées et enthousiastes. « On n’a pas d’autre choix qu’une campagne de terrain pour le faire connaître », reprend Serge, alors que le problème de l’apparition dans les médias est régulièrement soulevé par les militants. Reste que la participation s’annonce des plus faibles et que convaincre n’est pas toujours des plus aisés. « Les européennes touchent assez peu les gens, c’est assez compliqué de sensibiliser sur ces enjeux pourtant essentiels », constate Victor, un demandeur d’emploi de 26 ans. Sur scène, pour convaincre justement, la tête de liste déroule son programme, tout juste sorti de l’imprimerie, « Pour l’Europe des gens contre l’Europe de l’argent ». Smic européen à 60 % du salaire moyen (pas sous le seuil de pauvreté comme LaREM), clause de non- régression sociale, plans de transport par le fret ou de rénovation énergétique financés via la BCE, « notre coffre-fort à tous », lutte contre l’évasion fiscale défilent dans son discours (lire le détail sur l’Humanité.fr). Une forme de réponse aussi à Emmanuel Macron. « Les enjeux européens et nationaux sont étroitement connectés, ce sont les mêmes politiques libérales menées à Paris, Bruxelles et Strasbourg », insiste le candidat, qui torpille la politique présidentielle. Dans le public, les punchlines sur l’injustice sociale et fiscale font leur effet. « Quand je vois qu’on arrive à débloquer autant pour un monument (un milliard pour Notre-Dame la semaine dernière – NDLR) et que des gens continuent de crever dans la rue, je suis révoltée », gronde Natacha, une militante qui a fait le déplacement depuis Saint-Malo.

Au dernier rang, Raphaël, lui, est venu « s’informer ». L’étudiant suit Ian Brossat sur Twitter et a entendu parler de son action pour le logement à Paris. La baisse des APL décidée par Macron lui est restée en travers de la gorge : « J’ai des amis qui sont obligés d’aller manger chez d’autres à la fin du mois, il faut arrêter de s’en prendre à ceux qui touchent le moins. » Lui non plus n’est pas encore décidé, mais, après avoir quitté Génération.s et sa liste mi-avril, Sébastien Baguerey s’interroge : « J’ai été très désolé que l’on n’ait pas réussi à faire d’union à gauche, mais je me demande si aujourd’hui Ian Brossat ne tient pas le discours le plus juste. » Et de s’enthousiasmer pour la clause de non- régression sociale, « une idée géniale ». Une ombre demeure toutefois au tableau pour l’ex-socialiste : l’écologie, qui ne serait pas assez mise en avant. « Il nous reste un mois pour gagner les voix une à une, un mois pour envoyer la première femme ouvrière au Parlement européen depuis trente ans », plaide le candidat en fin de discours. Il n’en fallait pas tant à Jeanne : « On va mettre le paquet dans la dernière ligne droite », promet-elle.

Julia Hamlaoui
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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 05:13
Fabien Roussel à Tours avec nos camarades du PCF Finistère pour l'inauguration de la fédé d'Indre-et-Loire (mars 2019)

Fabien Roussel à Tours avec nos camarades du PCF Finistère pour l'inauguration de la fédé d'Indre-et-Loire (mars 2019)

Fabien Roussel : « Macron n’est pas en phase avec les demandent des Français »
Jeudi, 25 Avril, 2019
Pour le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, le président de la République s’est fendu d’un discours très long pour justifier la poursuite de sa politique, qui est pourtant une impasse.
Quelle est votre réaction aux annonces du président Emmanuel Macron dans la foulée de la consultation nationale ?
 
Fabien Roussel : Les Français demandent majoritairement un changement de politique. Emmanuel Macron leur a répondu : non seulement je continue ma politique, et je l’accélère même dans certains domaines. Il y a certes la réindexation des pensions sur l’inflation, mais ce sont des cacahuètes par rapport à ce que réclament les Français en matière de pouvoir d’achat. Il n’y a pas de hausses de salaires annoncées pour les salariés du privé comme du public. Les Français veulent plus de service public, notamment pour les hôpitaux, il répond : « moins de dépenses publiques ».
Les Français réclament très majoritairement le retour sur l’ISF, il rétorque sèchement que ce n’est pas d’actualité. Le président de la République ne fait pas d'examen critique. Au contraire, il réaffirme qu’il poursuivra sa politique, en l’aggravant, puisqu’il met en cause, la Fonction publique et le statut de la Fonction publique. Il dit même à demi-mot qu’il n’y aura plus de politique nationale du logement. Il entend poursuivre la casse de notre modèle social.
D’ailleurs, concernant la réforme des retraites, il ne garantit pas la pérennité de notre système par répartition, et des pensions dignes pour ceux qui auront cotisé toute leur vie. Pour être en phase avec les Français, il aurait fallu qu’il annonce aujourd’hui de véritables hausses de 200 euros pour les salariés du public et du privé, ainsi que des pensions, en plus de la réindexation des retraites.
Il aurait dû annoncer un plan ambitieux pour nos services publics, notamment pour la santé et l’Education nationale. A ce titre, il déclare que les classes n’excèderont pas les 24 élèves jusqu’en Ce1, mais comment, si l’on supprime des postes de fonctionnaires ? Il parle du climat et d’un conseil de défense du climat mais ne souffle mot sur les passoires thermiques en matière de logements. Rien non plus sur le développement des transports collectifs. Or, ce sont deux leviers sur lesquels il faut jouer pour atteindre les objectifs en matière de climat. Au final, l’intervention d’Emmanuel Macron est une logorrhée très longue qui, malheureusement, n’annonce rien de neuf sous le soleil de la France. 
Propos recueillis par Cathy Dos Santos
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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 05:00
Le militant Henri Curiel a été assassiné à 63 ans, le 4 mai 1978.

Le militant Henri Curiel a été assassiné à 63 ans, le 4 mai 1978.

Hommage. Paris honore Henri Curiel, et la lutte anticoloniale
Vendredi, 26 Avril, 2019

La Ville de Paris a inauguré jeudi une plaque à la mémoire de cet insatiable militant internationaliste, assassiné au pied de son immeuble, il y a 41 ans. Cette commémoration est un appel à poursuivre l’enquête, qui bute sur le secret défense.

«Si je ne brûle pas, si tu ne brûles pas, si nous ne brûlons pas, comment les ténèbres deviendront-elles clarté ? » C’est par ces vers, du poète turc Nazim Hikmet, qu’Alain Gresh, directeur d’Orient XXI, a rendu hommage à l’engagement total d’Henri Curiel. Cette grande figure de la lutte anticoloniale, qui est aussi son père, va désormais avoir une plaque à son nom, à Paris, apposée sur l’escalier reliant la rue Rollin à la rue Monge. C’est ici qu’Henri Curiel vivait, c’est ici qu’il a été assassiné de trois balles de colt 45, le 4 mai 1978.

Les sicaires, que des révélations récentes relient au Sdece, le contre-espionnage français, n’ont jamais été arrêtés. Récemment rouverte par le parquet, l’enquête bute aujourd’hui sur le secret défense. « Nous savons, grâce au travail des journalistes, qu’il y a des implications du général Aussaresses (tortionnaire pendant la guerre d’Algérie – Ndlr)et des plus hautes autorités de l’État. Ces décisions n’ont pas pu être prises sans en informer le président de la République, Valéry Giscard d’Estaing. Ça rend les choses compliquées. Mais nous ne perdons pas espoir », a déclaré Alain Gresh. Les proches d’Henri Curiel espèrent que la pose de cette plaque, par la Ville de Paris, constitue un « appel à poursuivre l’enquête ».

Un passeur entre le Nord et le Sud

Un appel, aussi, à « briser cette tradition française du secret défense qui fait qu’une partie de l’État pense être au-dessus des règles, au nom de la raison d’État ». Car il y a « des dizaines d’affaires qui relèvent du secret défense, comme l’affaire Ben Barka ou le massacre des tirailleurs à Thiaroye, en 1944, au Sénégal ».

Cette plaque rend aussi hommage à un « engagement communiste, humaniste, anticolonialiste », selon Catherine Vieu-Charier, adjointe à la maire de Paris (PCF). « Il a vite compris, abonde Alain Gresh, que le combat anticolonialiste était la question essentielle pour les pays du tiers-monde à une époque où le mouvement communiste pensait que la révolution sociale était plus importante, qu’elle aurait lieu dans les pays européens. » Cette intuition a structuré tous ses combats. Après avoir soutenu la France libre, Henri Curiel, provenant d’une riche famille juive du Caire, crée le Mouvement égyptien de libération nationale, premier parti communiste du pays, qui va jouer un grand rôle dans les grèves déclenchées sous domination britannique. Expulsé par le roi Farouk, il s’engage aux côtés du Front de libération national algérien. Il prendra même le relais de Francis Jeanson à la tête du réseau de porteurs de valises, avant d’être emprisonné à Fresnes. Après 1962, il crée le réseau Solidarité, qui va soutenir, former, des dizaines de militants anticolonialistes du tiers-monde. Mandela, Ben Barka, militants anti-impérialistes d’Amérique du Sud, il les a tous aidés…

« Beaucoup de personnes en France se sont levées contre l’entreprise coloniale, ont pris des risques – Henri Curiel l’a même payé de sa vie –, tout ceci doit être gratifié aujourd’hui », a réagi hier Bertrand Badie, professeur des universités. « L’histoire de France doit réintégrer tous ces militants et les considérer comme un pan de sa Résistance, comme une partie intégrante des valeurs humanistes de notre pays. » Aujourd’hui plus qu’hier, « parce que nous sommes confrontés à un délire populiste et nationaliste cultivant une forme de méfiance et de peur à l’encontre du Sud. (…) Un homme comme Henri Curiel était un passeur entre le Nord et le Sud, entre la France et ces pays d’Afrique qui deviennent un peu le centre du monde, démographiquement, sociologiquement, politiquement. Il faut que l’on apprenne, à travers lui, que nous ne sommes plus seuls au monde. »

Pierre Duquesne
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24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 05:29
Ian Brossat propose une journée du patrimoine des plus riches plutôt qu'une 2e journée de solidarité pour les salariés (France Info, 23 avril)
https://www.francetvinfo.fr/politique/parti-communiste-francais/video-ian-brossat-propose-une-journee-du-patrimoine-des-plus-riches-plutot-qu-une-2e-journee-de-solidarite-pour-les-salaries_3411153.html
VIDEO. Ian Brossat propose une "journée du patrimoine des plus riches" plutôt qu'une 2e journée de solidarité pour les salariés

La tête de liste du Parti communiste français aux élections européennes réagissait mardi sur franceinfo à la proposition de la députée LREM, Aurore Bergé, d'instaurer une journée de solidarité supplémentaire pour financer la dépendance des personnes âgées. 

"Ce sont vraiment des génies, cela fait 6 mois que les Français manifestent pour demander que le travail paie et la réponse du gouvernement c'est une journée de travail gratuit", s'est indigné mardi 23 avril sur franceinfo Ian Brossat, la tête de liste du Parti communiste français aux élections européennes. Il réagissait à la proposition de la députée LREM, Aurore Bergé, d'instaurer une journée de solidarité supplémentaire pour financer la dépendance des personnes âgées. Il propose, à la place, "une journée du patrimoine des plus riches".

"Un cadeau honteux au regard des injustices sociales"

À deux jours des annonces d'Emmanuel Macron concernant la crise des 'gilets jaunes', Ian Brossat dénonce des réponses, jusqu'à présent, "très en dessous des attentes des Français". "Jamais on ne met à contribution les gros portefeuilles, jamais on ne met à contribution les ultra-riches." "Pourquoi le gouvernement refuse de rétablir l'impôt sur la fortune, alors que c'est réclamé par les Français et que tout le monde voit bien que c'est un cadeau honteux au regard des injustices sociales qu'il y a dans notre pays", s'interroge Ian Brossat.

"Ce sont vraiment des génies", lance-t-il concernant la proposition de la députée LREM Aurore Bergé de mettre en place une journée de solidaire supplémentaire. "Cela fait 6 mois que les Français manifestent pour demander que le travail paie et la réponse du gouvernement c'est une journée de travail gratuit." "C'est toujours aux gens modestes d'être solidaires entre eux, poursuit-il, mais jamais on ne demande à ceux qui ont beaucoup d'être solidaires du reste de la société."

Taxer à la source les multinationales

Selon l'adjoint à la maire de Paris, plusieurs mesures seraient nécessaires : "de l'argent pour les classes moyennes et les familles modestes, l'augmentation du SMIC, une vraie augmentation des retraites et plus de justice fiscale."

Il propose par ailleurs de "taxer à la source les multinationales". "Si les multinationales étaient taxées de la même manière que les PME ce serait 10 à 15 milliards d'euros qui rentreraient dans les caisses de l'Etat." Ian Brossat propose également d'instaurer, à la place d'une journée de solidarité pour les salariés français, "une journée du patrimoine des plus riches". Elle concernerait les 358 000 familles les plus riches de France qui ont un patrimoine de 1 000 milliards d'euros. "Je propose qu'une fois par an elles donnent 1,365e de leur patrimoine, cela fera 3 milliards d'euros dans les caisses c’est-à-dire exactement ce que va rapporter la mise en place d'une 2e journée de solidarité pour tous les salariés."

Nathalie Loiseau est la "Richard Virenque de la politique, elle était candidate a l'insu de son plein gré", ironise Ian Brossat

Ian Brossat, tête de liste du PCF aux élections européennes, réagit mardi sur franceinfo aux révélations de "Médiapart", selon lesquelles la tête de liste LREM à ces mêmes élections avait été candidate sur la liste d'un syndicat d'extrême droite alors qu'elle était à Sciences-Po.

Nathalie Loiseau est la "Richard Virenque de la politique, elle était candidate a l'insu de son plein gré", a ironisé sur franceinfo Ian Brossat, tête de liste du PCF aux élections européennes. Mediapart affirme que la tête de liste LREM à ces mêmes élections avait été candidate sur la liste d'un syndicat d'extrême droite alors qu'elle était à Sciences-Po.

"Quand elle dit 'je n'ai pas perçu la couleur politique de cette liste', alors même qu'elle était en 4e année Sciences-Po et qu'elle préparait l'ENA, c'est vrai que ça laisse pantois", détaille Ian Brossat.

"On a le droit de changer d'avis" reconnait l'adjoint au maire de Paris "mais quand on voit toute la communication faite par la République en marche qui se présente comme seul rempart face à l'extrême droite, cela fait un peu désordre".

 

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24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 05:19
Ian Brossat: Nous voulons une Europe où l'on puisse vivre dignement (Julia Hamlaoui, L'Humanité, 24 avril 2019)
Élections. « Nous voulons une Europe où l’on puisse vivre dignement »
Mercredi, 24 Avril, 2019

Après avoir déposé officiellement la liste PCF hier en compagnie de quelques-uns de ses colistiers, Ian Brossat présentera, lors d’un meeting ce soir à Rennes, son programme pour « une Europe des gens ».

Cariste chez Amazon, ex-ouvrière du textile, routier, profs, syndicalistes… Ils étaient là hier, devant le ministère de l’Intérieur, pour déposer leurs candidatures aux côtés de leur tête de liste, Ian Brossat. Un symbole pour le PCF qui, avec 50 % d’ouvriers et d’employés candidats, entend défendre « l’Europe des gens contre l’Europe de l’argent ». « Sur notre liste il y a des cols bleus, des blouses blanches, des robes noires, des stylos rouges, elle est à l’image de la société française. Au Parlement européen, sur 751 eurodéputés il y a 3 ouvriers. C’est dire si on est loin du compte », lance Ian Brossat avant d’entrer dans le ministère. C’est la « voix du monde du travail » que ces candidats souhaitent porter. Avec la présentation de leur programme, lors d’un meeting à Rennes ce soir, c’est un contre-pied qu’ils entendent proposer à la politique du chef de l’État, dont les mesures de conclusion du grand débat, attendues pour demain, prennent l’allure, d’après les fuites, d’un « travailler plus pour gagner autant ». « Notre liste porte une opposition et une alternative résolues à la politique d’Emmanuel Macron, assure Ian Brossat. Il rêve d’être le sauveur de l’Europe néolibérale. Nous nous battons pour une Europe sociale et écologique. »

Dès la première des 12 propositions clés qui figurent au programme communiste – ​​​​​​​un Smic européen à au moins 60 % du salaire moyen (soit 1 400 euros net en France), « l’Europe des gens » prend tout son sens. « C’est ce que demandent, depuis des mois, les gilets jaunes qui n’arrivent plus à remplir leur frigo le 15 du mois, sans même parler de partir en vacances avec les enfants… », estime Marie-Hélène Bourlard, ancienne ouvrière du textile, médiatisée par le film de François Ruffin Merci patron !, et numéro deux sur la liste. « Au lieu de nous mettre en concurrence d’un pays à l’autre, il faudrait que les richesses qu’on produit servent à nos salaires plutôt qu’aux actionnaires, pour que les gens puissent vivre dignement, tout simplement », abonde Khaled Bouchajra, cariste chez Amazon. « Les riches sont de plus en plus riches, les classes moyennes s’appauvrissent et pour les classes populaires, dont je fais partie, l’ascenseur social est bloqué déjà depuis quarante ans dans les quartiers. Faut changer tout ça, c’est pour ça qu’aujourd’hui on est là », ajoute-t-il.

Tirer les salaires vers le haut, une partie du remède aux délocalisations

La proposition est aussi un symbole de l’opposition à la logique Macron alors que la candidate LaREM, Nathalie Loiseau, défend un Smic européen à 50 % du salaire médian, « soit en France 900 euros, le seuil de pauvreté. Ce nivellement par le bas est une folie », fustige Ian Brossat. L’élu parisien défend également bec et ongles une « clause de non-régression sociale » qui résonne avec l’Europe à « géométrie choisie » que prônent les communistes. Avec une telle disposition, les gouvernements seraient gênés aux entournures pour imposer une réforme de casse sociale au nom de la contrainte bruxelloise, puisque « un État membre pourra(it) s’opposer à toute décision de l’Union européenne qui conduit à dégrader nos conditions de vies ». « Si l’Union européenne est en train d’exploser aujourd’hui, c’est parce qu’elle nous impose à tous un moule libéral », argumente la tête de liste, prenant l’exemple des directives de libéralisation de l’énergie qui ont conduit « à une augmentation de 70 % des tarifs ».

Tirer les salaires vers le haut, c’est aussi une partie du remède aux délocalisations. Marie-Hélène Bourlard prend son propre cas en exemple. « Moi, mon usine a été délocalisée en Pologne, où les ouvriers gagnaient 350 euros par mois. Un an après, ils ont délocalisé en Bulgarie et c’est 150 euros par mois… », raconte-t-elle pour montrer la spirale infernale du dumping social. En la matière, la candidate du Nord ne manque pas d’illustrations : « Whirlpool a délocalisé la production de ses lave-linge de ma région vers la Pologne. On nous parle d’écologie et on met des camions sur la route pour que ces lave-linge reviennent en France. Et on les paie toujours aussi cher. » Pour empêcher cela, sa liste propose de « taxer lourdement les produits réimportés » et, lorsque des marchés publics sont en jeu, d’instaurer une « clause de proximité ».

C’est à cette concurrence libre et non faussée inscrite dans les traités qu’avec ses colistiers elle entend s’attaquer, en proposant également d’avancer vers « l’abolition du statut des travailleurs détachés ». « Dans mon domaine, la concurrence instaurée entre travailleurs amène à beaucoup de destruction d’emplois dans tous les pays de l’Ouest », constate Stanislas Bauge, chauffeur routier et syndicaliste CGT. Il y a « trop d’exemptions » au principe « travail égal, salaire égal » qui doit, en outre, aussi concerner la protection sociale, estime le candidat. « Il ne faut surtout pas, poursuit-il, se laisser endormir par ceux qui voudraient nous faire croire qu’on est privilégié parce qu’on a une assurance-chômage. »

Le problème, pointe la liste PCF, c’est que l’argent « ruisselle » toujours dans le même sens et certainement pas vers les services publics. « Il faut réparer la cathédrale Notre-Dame, reconnaît Marie-Hélène Bourlard, mais là, c’est marrant, on a trouvé 1 milliard sur une semaine de temps et on n’a pas d’argent ni pour nos maternités ni pour nos hôpitaux. » D’autant qu’un « ouvrier qui n’a plus de sous sur son compte on lui demande des agios. En revanche, on a sauvé les banques, on leur a donné, via la Banque centrale européenne, 3 000 milliards sans aucune condition », poursuit-elle. « Il n’y a pas une ville, un département, une région où je me suis rendu où je n’ai pas croisé de luttes pour défendre les services publics », constate aussi Ian Brossat, proposant un fonds financé par la BCE pour le développement des services publics et la transition énergétique. La rupture avec l’austérité imposée par les traités est aussi à l’ordre du jour (lire ci-contre), de même qu’un « moratoire sur les directives de libéralisation ».

Le programme regorge de droits nouveaux à arracher

Du premier au 79e candidat, tous veulent donc mettre un coup d’arrêt à « l’Europe du fric » mais il ne s’agit pas de faire du surplace. Le programme regorge de droits nouveaux à arracher. À l’instar de la création par une « directive-cadre » d’une « sécurité sociale professionnelle » combinant « une garantie d’emploi et de formation bien rémunérée tout au long de la vie ». « C’est une réponse à la dégradation des conditions de travail et à la petite musique libérale sur la précarisation et l’ubérisation inéluctable », développe Benjamin Amar, candidat et responsable syndical dans le Val-de-Marne. L’ambition est aussi de ne pas laisser la main aux actionnaires au sein des entreprises : « Nous voulons donner aux salariés des droits de veto contre les plans de licenciement et de contre-proposition dans les comités de groupe européens », ajoute Nacim Bardi, ouvrier métallurgiste à Saint-Saulve, dans le Nord. Et alors que l’ubérisation colonise le monde du travail, il faut également « requalifier en contrat de travail salarié les contrats de tous ceux en situation de subordination vis-à-vis d’une plateforme numérique », plaide Arthur Hay, livreur à l’origine du premier syndicat de France des coursiers à vélo, en 19e position sur la liste.

Pour percer le mur de l’argent dressé autour du Parlement européen, outre une série de mesures anti-lobbies (lire encadré), Marie-Hélène Bourlard a sa petite idée : « Les décisions sont souvent prises sans que le monde du travail n’ait son mot à dire. Ma première action comme députée serait de rassembler 751 ouvriers et employés des 28 pays de l’Union pour faire un Parlement populaire. »

Julia Hamlaoui
Ian Brossat: Nous voulons une Europe où l'on puisse vivre dignement (Julia Hamlaoui, L'Humanité, 24 avril 2019)
Couper l’herbe sous le pied aux lobbies
Mercredi, 24 Avril, 2019

Face à l’influence en Europe des lobbys, « un mal grandissant de nos démocraties », selon l’expression de Ian Brossat, la liste du PCF qu’il conduit propose qu’un « commissaire européen ou un député européen n’(ait) pas le droit d’exercer une fonction de direction dans une banque ou une multinationale pendant les sept ans qui suivent son mandat ». Et pour cause : « Nombreux sont les anciens commissaires européens ou députés à rejoindre les lobbys : 50 % des anciens commissaires et 30 % des députés, pour être précis », relevait la tête de liste dans une tribune, l’été dernier.

Ian Brossat: Nous voulons une Europe où l'on puisse vivre dignement (Julia Hamlaoui, L'Humanité, 24 avril 2019)
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