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18 mai 2021 2 18 /05 /mai /2021 09:13

 

*Bernard Devert est responsable de la CGT Métallurgie.

 

La crise sanitaire a mis en évidence les conséquences délétères de la désindustrialisation et de l’absence de contrôle démocratique sur la stratégie industrielle. Une révolution à tous les niveaux, des pouvoirs locaux à la coopération internationale, est nécessaire pour répondre aux défis économiques, écologiques, démocratiques et sanitaires.

LA FRAGILITÉ DU TISSU INDUSTRIEL RÉVÉLÉE

La crise sanitaire a mis en évidence le fait que notre pays n’était plus en capacité de produire du matériel essentiel à la lutte contre le virus et de soigner la population : masques, respirateurs, tests, vaccins, 2450 médicaments en situation de rupture de stock. Dans un domaine aussi stratégique que la santé, nous sommes devenus dépendants des choix politiques d’autres pays ainsi que des stratégies des multinationales.

L’exemple de la pénurie des masques est révélateur : une entreprise en Bretagne qui avait une capacité de production de masques pouvant aller jusqu’à 200 millions d’unités par an fut fermée en 2018 par le groupe états-unien Honeywell, qui l’avait rachetée huit ans plus tôt. Un autre exemple : après avoir supprimé 1700 postes de chercheurs et fermé plusieurs laboratoires, Sanofi veut supprimer encore 400 emplois dans la recherche, alors que le groupe se trouve en difficulté pour élaborer un vaccin contre la covid-19.

Cette situation a créé de fortes interrogations parmi la population sur l’état de l’industrie et du service public dans notre pays. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans son dernier avis l’a mise en évidence et a souligné que « La crise sanitaire a montré l’importance pour notre pays de recouvrer son indépendance, sa souveraineté et sa maîtrise de filières stratégiques face aux bouleversements économique, sociaux et environnementaux ».

L’EPR de Flamanville est un prototype. S’il a rencontré des difficultés, c’est dû aux pertes de compétences et de capacités industrielles après plusieurs années de moratoire sur les commandes et de suppressions d’emplois.

PRODUCTION D’ÉNERGIE ET AUTRES FILIÈRES INDUSTRIELLES

Comme la santé et l’eau, par exemple, l’énergie doit être considérée comme stratégique, nécessaire à la vie, au bien commun de la nation. Ne devrions-nous pas exiger qu’elle ne soit pas mise dans les mains des marchés financiers et d’investisseurs privés mais au sein d’un pôle public ? L’industrie a besoin d’énergie, entre autres électrique, pour produire les biens et services. Le fait de disposer d’une énergie de qualité, fortement décarbonée, à un prix bon marché, délivrée de manière continue, est un levier potentiel pour réindustrialiser l’économie du pays. L’énergie et l’activité économique forment un système couplé.

En retour, l’industrie est aussi un facteur déterminant pour maîtriser et innover les technologies nécessaires au développement des capacités de production électrique. Cela implique de remettre sur pied une véritable filière industrielle, cohérente entre les entreprises et en lien avec le secteur public, avec le levier incontournable de la commande publique.

L’énergie est la 3e filière industrielle en France ; elle représente plus de 300000 travailleurs (près de 80000 d’entre eux dans l’industrie manufacturière) et 2800 entreprises, dont 80 % de PME et TPE. Avec des emplois très qualifiés et un niveau de recherche et de laboratoires important, avec une proportion d’ingénieurs importante, surtout dans les grandes entre-prises, cette filière prouve qu’elle est au cœur de l’innovation technique. On y trouve des multinationales comme General Electric, Framatome, Arcelor-Mittal, Vallourec, Auber-Duval, Schneider Electric, Rolls-Royce, Man, Jeumont Electric, etc.

 

EXIGENCES DE RENTABILITÉ ET MANQUE DE STRATÉGIE DE L’ÉTAT

La France a une situation atypique en Europe, avec un mix énergétique adossé au nucléaire et associé aux énergies hydraulique et renouvelables, permettant d’avoir une électricité à 84 % bas carbone et des capacités d’ingénierie, de production dans l’ensemble des domaines que comprend le mix énergétique. Mais aujourd’hui cette filière est fragilisée. Dans le nucléaire, depuis quinze ans pas un seul chantier n’a été lancé en dehors de l’EPR, un prototype qui a rencontré des difficultés du fait de pertes de compétences et de capacités industrielles après plusieurs années de moratoire sur les commandes et de suppressions d’emplois, qui ont déstructuré les collectifs de travail. Le gouvernement semble vouloir lancer six EPR2 tout en recherchant des économies et la réduction des coûts.

Dans l’hydraulique, alors que la France était reconnue dans le monde, les capacités de production d’équipements sont limitées à deux sites. Par ailleurs, malgré les 150 milliards d’euros d’aides au développement de l’éolien, seuls quelques établissements, essentiellement d’assemblage, ont vu le jour. Le solaire s’est également soldé par un échec.

Cette situation montre qu’il ne suffit pas de financer des activités à coups de milliards d’aides publiques pour gagner sur le long terme une maîtrise technologique, des compétences et des savoir-faire. Ce choix a conduit à financer plutôt des entreprises privées, qui ont préféré importer plutôt que d’enraciner des activités sur nos territoires. C’est malheureusement le résultat d’une absence de politique industrielle depuis des années, issue du concept « entreprises sans usine » et d’un État sans vision et sans aucune planification à long terme.

D’un point de vue global, l’industrie en France, comme en Europe, se vassalise, se plie aux stratégies des multinationales qui construisent et pilotent des chaînes de production éclatées dans le monde, accentuant le dumping social et la financiarisation, et imposant aux collectifs de travail une réorganisation permanente. Aujourd’hui, la filière énergie est de plus en plus confrontée à cette situation, avec des entreprises fragilisées financièrement. Les critères financiers imposés par les groupes à leurs filiales et à leur réseau de PME conduisent à déstabiliser l’ensemble de la filière, tuent de nombreuses entreprises sous-traitantes, suppriment des savoirs, des savoir-faire, des compétences collectives pourtant nécessaires dans bien des domaines dans le futur. Conséquemment, ce dysfonctionnement de l’entreprise industrielle engendre des coûts élevés du fait de la non-qualité des produits, du développement des pénalités pour retard de livraison ou non-respect des cahiers des charges.

La filière gaz représente 130 000 emplois au cœur des territoires.

 

DES CONSÉQUENCES NÉFASTES POUR LES TRAVAILLEURS

Le travail est malade. La plupart des salariés se retrouvent en situation d’incertitude du fait de la multiplication des restructurations, la mise en vente de leur entreprise, les délocalisations, l’absence de reconnaissance de leur travail et de leurs qualifications. Démotivation, démission, sensation d’être dans une machine à broyer, émiettant les tâches... : il y a un malaise profond, avec un véritable danger de dégradation des collectifs de travail, qui risquent de faire défaut pour développer des projets. Malgré cela, bon nombre de salariés sont attachés a leur travail, à leur savoir-faire, à leur activité, à leur entreprise, comme l’attestent les mobilisations qui se font sur l’emploi, la pérennité de l’activité, les salaires, les garanties collectives.

 

MARGINALISATION OU SOUVERAINETÉ NATIONALE ET DÉMOCRATIQUE ?

L’industrie de l’énergie est à un moment charnière. Elle est financièrement fragilisée, confrontée à une Europe qui cherche à se désengager de la recherche et des nouveaux types de réacteurs à fission nucléaire, alors que seize pays européens ont des capacités et des compétences dans l’énergie nucléaire. Comme l’a fait la France, l’Europe risque de rater un rendez-vous technologique, au risque de se voir marginaliser en termes d’indépendance, alors que la Chine, la Russie et les États-Unis investissent massivement.

La réindustrialisation de la filière énergétique pour une réelle ambition écologique et pour une souveraineté énergétique pose l’urgence d’arrêter cette casse d’emploi et des qualifications. Le temps presse, certes, mais il s’agit de réaliser un ensemble de projets industriels interdépendants,ce qui nécessite du temps et des moyens humains, dans le domaine de la recherche, de la maîtrise des technologies, de l’élévation du niveau des compétences des collectifs de travail, du renouvellement des infrastructures et du parc de machines. Les investissements doivent être placés sous contrôle des salariés et des usagers pour qu’ils soient effectivement au service de ce nouveau développement. La question de la formation, qu’elle soit continue ou initiale, doit devenir un vecteur dynamique, sachant que l’expérience acquise demande là aussi du temps pour bâtir des collectifs de travail. Le besoin d’un autre modèle de développement nécessite de s’attaquer à la manière dont se créent les richesses, et donc de redéfinir la place, la finalité et les pouvoirs du travail.

Dans le contexte de la diversité de la filière industrielle et du secteur public, la question de la souveraineté du pays en termes d’énergie doit être mise en débat. Souveraineté ne veut pas dire vie en autarcie ; en effet, l’indépendance économique n’empêche pas coopération entre les pays. Aujourd’hui, les chaînes de valeur sont largement internationalisées sous l’impulsion des multinationales et des politiques des gouvernements qui ont favorisé compétitivité, concurrence et dumping social à l’échelle européenne et mondiale. Ne faut-il pas s’atteler à la reconstruction de la filière industrielle complète, sociale et écologique, en réduisant les chaînes de valeur à l’occasion de nouveaux projets donnant lieu à des commandes publiques réalisées dans le pays ?

Malgré tout, la France possède des compétences précieuses ainsi qu’un niveau technologique et de recherche important qui lui valent une place non négligeable en Europe et dans le monde. Sa situation de premier exportateur d’électricité en Europe lui donne la principale responsabilité pour gagner une cohérence et des coopérations. Son mix énergétique peut être considéré comme un modèle, avec au centre une entreprise comme EDF, qui doit rester intégrée et publique.

La question de la propriété pour reprendre la main sur les actionnaires et les multinationales afin d’extraire les salariés et les stratégies de la financiarisation et de la Bourse se pose parmi les travailleurs et les syndicats. Il faut conquérir une réappropriation publique et démocratique, avec des droits nouveaux pour les représentants des salariés et des élus locaux dans les entreprises. L’objectif est la mise en place d’un pôle public de la filière au niveau national composé des principales entreprises.

En s’appuyant sur les atouts existants dans les territoires, il est possible de gagner un réseau de coopération entre les entreprises, de définir les besoins, d’investir, de contrôler l’investissement et de développer les formations en lien avec l’éducation nationale. Mais l’essentiel sera la mise en mouvement de l’ensemble des travailleurs et des forces politiques en France et en Europe.

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16 mai 2021 7 16 /05 /mai /2021 08:00
Fabien Roussel à Caudan pour défendre les ouvriers des Fonderies de Bretagne (photo PCF 29)

Fabien Roussel à Caudan pour défendre les ouvriers des Fonderies de Bretagne (photo PCF 29)

Fabien Roussel : « reprendre le pouvoir sur la finance est tout à fait réalisable »
Samedi 15 Mai 2021

Fabien Roussel entre pour de bon dans l’arène présidentielle après le vote des adhérents du PCF le 9 mai. Déterminé à être « le candidat du monde du travail, des classes populaires comme des classes moyennes », le député communiste du Nord veut, face aux droites LR, LaREM et à l’extrême droite, imposer les questions sociales, l’humain et la planète au centre des débats. Entretien.

Vous venez d’être investi pour la présidentielle par les adhérents du PCF. Vous serez le premier candidat communiste depuis quinze ans. Comment comptez-vous peser dans ce scrutin essentiel aux yeux des Français ?

Fabien Roussel D’abord, en mobilisant l’incroyable force que nous représentons toutes et tous. Ceux qui ont participé à ce choix, comme ceux qui ne l’ont pas fait mais qui veulent bousculer ce scénario qu’on veut nous imposer, en 2022, entre le président sortant et l’extrême droite. Au Parti communiste, nous venons de débattre pendant plusieurs mois et nous avons voté trois fois : c’est un exercice démocratique sans précédent dans d’autres forces politiques. Mais nous ne nous arrêterons pas là.

Emploi, industrie, jeunesse, santé, climat… nous voulons ouvrir tous ces chantiers et bien d’autres avec le plus de Françaises et de Français possible, dans les mois qui viennent, pour écrire avec eux un pacte pour la France. Nous voulons que des millions d’entre eux s’engagent avec nous sur toutes ces questions, pour les mettre au cœur de la campagne, les rendre incontournables. Et faire en sorte que tous les autres candidats se prononcent sur les propositions indispensables au changement tant attendu par nos concitoyens.

Icon Quote Je veux contribuer à refonder une gauche qui porte un nouvel espoir pour reconquérir tousnos concitoyens qui n’y croient plus. C’est ainsi que la gauche pourra redevenir majoritaire. 

Alors que la Macronie est décidée à rester au pouvoir et que l’extrême droite pourrait le conquérir, comment éviter un nouveau duel droite-extrême droite en 2022 ?

Fabien Roussel D’abord ça bouge ! Je suis heureux de voir qu’enfin des commentateurs de la vie politique commencent à dire que tout est possible. Il existe un tel rejet du scénario Macron-Le Pen que des surprises pourraient apparaître. L’enjeu pour nous, à gauche, c’est de faire surgir dans cette campagne toutes celles et tous ceux qui ont soif de changement, de rupture, qui veulent en finir avec le chômage et la pauvreté, défendre leur pouvoir d’achat, leurs emplois, leurs services publics. Du côté de la finance, ils sont ultraminoritaires en nombre de voix, il est possible de leur reprendre le pouvoir.

Mais, pour éviter un second tour opposant la droite – LR ou LaREM – à l’extrême droite, il faut qualifier un candidat de gauche…

Fabien Roussel Bien sûr, il faut créer cet espoir. Mais il est quand même plus ambitieux que chacun d’entre nous, à gauche, se fixe l’objectif d’être au second tour, non pas pour soustraire des voix aux autres, mais pour en conquérir de nouvelles. Nous ne sommes pas identiques, nous ne proposons pas la même ambition pour le pays, les mêmes priorités pour le changement, ni les mêmes moyens pour y parvenir. Je veux contribuer à refonder une gauche de rupture avec le capitalisme en plaçant l’humain et la planète au cœur de tous les choix, une gauche qui porte le projet d’une nouvelle République sociale, démocratique, écologiste, féministe, antiraciste, un nouvel espoir pour reconquérir tous nos concitoyens qui n’y croient plus. C’est ainsi que la gauche pourra redevenir majoritaire.

Icon QuoteDoubler le budget de l’éducation nationale, augmenter de 50 % celui des universités, mettre fin à la sélection, financer un revenu étudiant autour de 850 euros. Il faut des moyens énormes pour notre jeunesse. 

Le rassemblement à gauche a occupé le débat ces dernières semaines. Votre candidature lui ferme-t-elle la porte ? Qu’en est-il pour les législatives ?

Fabien Roussel Cette candidature vise à faire émerger des idées, des propositions, à les faire gagner, et donc à redonner du sens à un vote de gauche sincère et authentique. Cela ne ferme pas de portes, ça en ouvre. C’est dans le même esprit que j’affiche dès maintenant l’objectif qu’il y ait le maximum de députés de gauche à l’Assemblée nationale et, parmi eux, de députés communistes. Nous menons continuellement le débat à gauche, comme en ce moment pour les élections départementales et régionales, ce qui nous conduit d’ailleurs à être unis dans beaucoup d’endroits. Les législatives comptent 577 circonscriptions avec des contextes très différents, nous avons un immense travail à organiser avec nos concitoyens, localement, pour faire en sorte que, partout, la gauche sorte renforcée.

Vous êtes, pour l’heure, crédité de 2 % dans les sondages, quel objectif espérez-vous atteindre d’ici à avril 2022 ?

Fabien Roussel Je ne vais pas mener campagne avec le nez sur les sondages. L’objectif, c’est de faire le score le plus élevé possible, mais aussi de rendre incontournables les idées que nous défendons, et de créer les conditions de nouvelles avancées sociales et démocratiques. Tout comme le score de Georges Marchais en 1981 avait non seulement permis la victoire de la gauche au second tour, mais avait aussi imposé un certain nombre de conquêtes sociales.

Désindustrialisation, évasion fiscale, chômage, crise sociale… les chantiers sont nombreux, quelles réponses à la crise historique que nous vivons entendez-vous proposer ?

Fabien Roussel À l’élection présidentielle comme aux législatives, nous voulons être les candidats du monde du travail, des classes populaires comme des classes moyennes. Et de la jeunesse ! Cette campagne ne doit pas n’être qu’un moment où l’on vote, elle doit aussi être un moment où l’on lutte. N’attendons pas avril 2022 pour imposer l’arrêt des délocalisations qui suppriment des emplois et menacent le climat avec pour seul objectif la rentabilité pour les actionnaires. Pour développer les services publics, sortir la santé des mains du marché et des laboratoires pharmaceutiques.

Lançons une grande campagne pour nous libérer du poids de la finance, faire jouer un autre rôle aux banques et aux assurances, obtenir des prérecrutements dans la santé, l’éducation nationale. Permettons ainsi à des centaines de milliers de jeunes de se former et d’avoir une perspective d’emploi. Il s’agit aussi de répondre à cette aspiration à pouvoir vivre de son travail, d’obtenir la baisse des factures de gaz et d’électricité, des loyers, l’augmentation générale des salaires, depuis trop longtemps gelés, brimés, mis sous l’éteignoir. N’attendons pas 2022, ces idées doivent devenir incontournables.

Icon QuoteCette crise a montré que la question n’est plus “où est l’argent ?”, mais “à quoi est-il utilisé ?”. Il doit être investi dans l’emploi, l’enseignement l’écologie... Cela créera de nouvelles richesses.

Emmanuel Macron et son gouvernement préparent le terrain à de nouveaux sacrifices sociaux – à commencer par la réforme de l’assurance-chômage – au prétexte du remboursement de la dette. Comment imposer les ruptures que vous évoquez dans une économie mondialisée ?

Fabien Roussel La question de « l’argent magique », du manque de moyens, a été complètement battue en brèche par la pandémie. Le gouvernement et l’Union européenne ont remis en cause pour partie leurs propres dogmes dans une situation d’urgence comme celle que nous vivons. La planche à billets a tourné. Mais, pour eux, cela doit conduire à plus d’austérité demain ! La droite, Macron, l’extrême droite vont nous dire qu’il faut payer la dette en travaillant plus, en faisant des économies sur nos services publics, en continuant à privatiser.

Pourtant cette crise a montré que la question n’est plus « où est l’argent ? », mais « à quoi est-il utilisé ? ». Il doit être employé pour investir dans l’enseignement, la formation et l’emploi, dans la transition écologique. Cela créera de nouvelles richesses ! La dette liée au Covid doit être annulée. Au-delà, un autre partage des richesses, aujourd’hui très majoritairement au service des plus riches et du capital, est indispensable. C’est possible notamment par une autre utilisation de l’argent des banques, des entreprises et de l’argent public. Je porterai une réforme de la fiscalité sur les multinationales, sur le capital, sur les grandes fortunes, sur les transactions boursières. Je mènerai aussi le combat pour un président de la République et un gouvernement incorruptibles face à l’évasion fiscale. Je souhaite être l’Eliot Ness de la lutte contre ce fléau, celui qui ne négociera pas avec les voleurs et les tricheurs.

Vous avez participé à la dernière marche pour le climat, le 9 mai. Le PCF a eu longtemps une image assez peu écolo-compatible, notamment sur la question nucléaire, pensez-vous avoir suffisamment renversé la donne ?

Fabien Roussel C’est la donne qui a changé naturellement, par pragmatisme. Parce que si nous voulons lutter contre les énergies fossiles et les réduire le plus possible, il nous faut augmenter la production d’énergies renouvelables, mais aussi la production d’énergies pilotables et décarbonées. Une grande majorité de nos concitoyens, d’acteurs des ONG que j’ai rencontrés, des chercheurs, des salariés, des syndicats estiment aujourd’hui que, face à l’urgence climatique, nous allons avoir encore besoin de l’énergie nucléaire.

Mais surtout nous avons besoin d’une maîtrise publique, seule garante, même pour les renouvelables, du respect de la planète. Quant à notre image, en réa­lité, les communistes ont souvent été à la pointe de ces combats, en particulier dans les politiques des communes et du département du Val-de-Marne que nous dirigeons, où nous sommes en tête de l’action pour la production d’énergies décarbonées, sur le développement des transports en commun écologiques et de la lutte pour leur gratuité.

Face à la grande précarité, encore amplifiée par la crise sanitaire, vous préparez un « pacte pour la jeunesse ». En quoi consiste votre démarche ?

Fabien Roussel La jeunesse était déjà particulièrement en difficulté, mais la crise a montré que le gouvernement l’a définitivement abandonnée. Or, les séquelles de cette crise seront profondes. Six jeunes sur dix sont en détresse psychologique. La jeunesse de France est sous antidépresseurs. C’est pourtant l’avenir de notre pays, ce sont nos enfants. Nous voulons leur garantir les meilleures conditions de formation, de la primaire à l’enseignement supérieur ; la liberté d’avoir un travail à temps plein et bien payé en fonction de leurs diplômes.

Pour cela, c’est incontournable, il va falloir y consacrer des moyens énormes : quasiment doubler le budget de l’éducation nationale, augmenter de 50 % celui des universités, mettre fin définitivement à la sélection, financer un revenu étudiant autour de 850 euros pour que chacune et chacun puisse apprendre à égalité, quels que soient son origine sociale et son lieu d’habitation…

Ces propositions, nous voulons leur soumettre, que les jeunes, dans toutes les villes et les villages, prennent le stylo et qu’ils soient les auteurs de ce que la France doit mettre en œuvre pour eux et avec eux. Nous ouvrirons aussi ces espaces de discussion aux enseignants, aux élus locaux, aux syndicats, à la vie associative, à l’éducation populaire… Nous devons avoir une ambition démesurée pour notre jeunesse.

Icon QuoteC’est trop facile de la part du président de dire que la levée des brevets ne sert à rien.

Sur le terrain du féminisme, de la laïcité, ou encore de l’antiracisme, une partie de la gauche renvoie l’autre au rang d’islamo-gauchiste. Où vous situez-vous dans ce débat ?

Fabien Roussel Je veux engager une révolution féministe de la société, placer la laïcité au cœur d’une nouvelle République et en finir avec le racisme, l’antisémitisme et toutes les discriminations. Le combat pour l’égalité des droits devrait rassembler la gauche. Je fais une différence entre les débats et les invectives. Et je regrette que certains y cèdent. Ce procès en islamo-gauchisme n’a pas à exister à gauche.

Ces mots sont les mêmes que ceux qu’employait déjà l’extrême droite soixante-quinze ans en arrière, en parlant de judéo-bolchevisme. Nous aurions plutôt intérêt à conserver l’esprit de fraternité. Ces débats ont toujours existé, y compris aux États-Unis et au sein de ce grand mouvement des années 1970 pour les droits civiques.

Vous vous êtes mobilisé ces derniers mois pour la levée des brevets sur les vaccins. Quel regard portez-vous sur la prise de position de l’administration Biden en ce sens et le retournement d’Emmanuel Macron dans la foulée ?

Fabien Roussel Je me félicite du changement de braquet total du président de la République. La campagne que nous avons menée en France avec d’autres organisations, associations, syndicats, chercheurs n’y est pas pour rien. Elle a fait écho à la mobilisation internationale. Emmanuel Macron a bougé sous la pression mais, comme ce n’est pas sa conviction, soyons exigeants notamment sur l’attitude de la France à l’OMC, les 8 et 9 juin, lorsque cette décision devra être prise à l’unanimité.

Une autre question doit aussi nous mobiliser : celle des investissements pour former et adapter les outils de production pharmaceutiques en France et dans le monde. C’est trop facile de la part du président de dire que la levée des brevets ne sert à rien puisqu’on ne sait pas fabriquer les vaccins. Quel défaitisme ! Au contraire, mobilisons-nous pour former et embaucher, pour adapter les outils de production et être en capacité de produire les vaccins en France car ce combat contre la pandémie va durer des années.

CONSULTATION DES ADHÉRENTS DU PCF SUR LA STRATÉGIE PRÉSIDENTIELLE

Inscrits : 43 473  Votants : 30 190 (69,45 % de participation)    Exprimés : 29 617

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Choix des options 
Option 1
Présenter un candidat communiste : 21 337 voix, 72,40 %
Option 2
Travailler un processus commun avec les autres forces de gauche : 6 817 voix, 23,13 %
Abstention : 1 317, 4,46 %

---------
Choix du candidat 
Fabien Roussel : 23 225 voix, 82,32 %
Emmanuel Dang Tran : 512 voix, 1,81 %
Grégoire Munck : 46 voix, 0,16 %
Abstention : 4 431, 15,70 %

Fabien Roussel : reprendre le pouvoir sur la finance est tout à fait réalisable - La grande interview du candidat communiste aux Présidentielles dans L'Humanité, 15 mai 2021 
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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 08:38
Résultats du vote des communistes dans le Finistère pour la stratégie des présidentielles et le candidat proposé par le PCF - 7, 8, 9 mai 2021

Résultats du scrutin interne des communistes dans la fédération du Finistère: 

Nous sommes la 20 ème fédération de France en nombre de votants (après dans l'ordre du nombre de votants: le Nord, les Bouches-du-Rhône, le Val-de-Marne, la Seine Saint-Denis, le Pas-de-Calais, Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Maritime, le Rhône, la Haute-Garonne, la Gironde, l'Essonne, l'Hérault, la Dordogne, , l'Isère, les Alpes Maritimes, les Pyrénées Orientales) et la 23e fédération de France en nombre d'adhérents à jour de cotisation.  

525 cotisants à jour (sur 860 adhérents): 379 votants (72 % de participation).

70,58 % pour option 1 (264 voix) défendue par la conférence nationale - Une candidature communiste aux Présidentielles

25 % pour option 2 alternative (94 voix)

4 % d'abstentions.

Sur le choix du candidat 308 voix pour Fabien Roussel (82,7 %), 1 voix pour Dang Tran, et 63 abstentions (16%).

On ne peut que se féliciter du niveau de participation.

Le PCF présente donc Fabien Roussel pour 2022 !

Maintenant, nous sommes prêts à relever le défi de la campagne présidentielle pour Fabien Roussel.

Félicitations à tous nos camarades pour cette démonstration démocratique sans aucun équivalent dans la vie politique française!

Lien vers le site de campagne de Fabien Roussel

Merci à tous les adhérents qui ont voté, aux sections qui ont bien organisé ce vote, à Jean-Paul Cam, secrétaire à l'organisation, qui a rassemblé les résultats pour le bureau exécutif du PCF 29.

Les votes dans les sections du Finistère:

Audierne Cap Sizun - 7 votants (sur 7) / 5 voix Option 1 - 2 voix Option 2 / 5 voix Fabien Roussel - 2 abstentions sur le candidat

Pays Bigouden - 50 votants (sur 66) / 30 voix Option 1/ 14 voix Option 2/ 6 abstentions / 37 voix pour Fabien Roussel / 3 abstentions sur le candidat

Brest - 72 votants (sur 136)/ 44 voix Option 1/ 23 voix Option 2/ 5 abstentions/ 55 voix Fabien Roussel / 17 abstentions sur le candidat

Carhaix-Huelgoat - 20 votants (sur 23) / 14 voix Option 1 - 6 voix Option 2/ 14 voix Fabien Roussel

Concarneau - 15 votants (sur 18)/ 14 voix Option 1 - 1 voix Option 2/ 15 voix Fabien Roussel (100%)

Crozon-Châteaulin - 13 votants / 10 voix Option 1 - 3 voix Option 2/ 10 voix pour Fabien Roussel/ 3 abstentions sur le candidat

Douarnenez - 7 votants (sur 10) / 7 voix Option 2/ 1 voix Fabien Roussel/ 6 abstentions

Fouesnant - 8 votants / 4 voix Option 1/ 4 voix Option 2/ 4 voix pour Fabien Roussel / 4 abstentions

Lanmeur - 13 votants (sur 17)/ 11 voix Option 1/ 2 voix Option 2/ 13 voix Fabien Roussel (100%)

Le Relecq-Kerhuon - 22 votants (sur 30) / 14 Option 1/ 7 Option 2/ 1 abstention/ 21 voix Fabien Roussel / 1 voix Emmanuel Dan Drang

Morlaix - 70 votants (sur 85)/ 58 voix option 1 / 8 voix Option 2/ 65 voix Fabien Roussel/ 4 abstentions

Quimper - 27 votants (sur 29)/ 25 voix option 1/ 2 voix Option 2/ 26 voix Fabien Roussel / 1 abstention

Quimperlé - 21 votants / 14 voix Option 1/ 6 voix Option 2 / 1 abstention/ 17 voix Fabien Roussel / 4 abstentions sur le candidat

Roscoff - 7 votants / 7 voix Option 1/ 6 voix Fabien Roussel/ 1 abstention sur le candidat

Rosporden - 17 votants / 11 voix Option 1/ 5 voix Option 2/ 1 abstention/ 14 voix Fabien Roussel/ 3 absentions sur le candidat

Scaër - 10 votants (sur 13) / 3 voix Option 1 / 4 voix Option 2 / 3 abstentions / 5 voix Fabien Roussel/ 5 abstentions sur le candidat

Résultats du vote des communistes dans le Finistère pour la stratégie des présidentielles et le candidat proposé par le PCF - 7, 8, 9 mai 2021
Vote des communistes des 7, 8 et 9 mai 2021 sur les choix du PCF pour les élections de 2022

Les 7, 8 et 9 mai 2021, 43 888 communistes à jour de leurs cotisations et ayant adhéré au PCF il y a plus de trois mois, étaient appelé·e·s à se prononcer sur les choix du PCF pour les échéances électorales de 2022.

30 217 de ces électrices et électeurs inscrit·e·s ont voté, soit 68,85 % des inscrit·e·s. Il y a eu 428 bulletins blancs ou nuls, et 29 789 suffrages exprimés.

Cette participation montre la vitalité militante et démocratique du PCF.

Concernant le choix stratégique pour ces échéances, deux options étaient soumises au vote :
l’option 1 qui propose de présenter une candidature communiste à la présidentielle et de travailler à construire un pacte d’engagements communs pour les élections législatives ;
l’option 2 qui propose de travailler un processus commun avec les autres forces de gauche et de réunir une nouvelle conférence nationale au second semestre pour se prononcer sur les résultats de cette démarche.

Sur le choix stratégique, il y a eu 29468 exprimés. L’option 1 est majoritaire dans le vote en recueillant 21 356 voix (72,47 %). L’option 2 obtient quant à elle 6 822 voix (23,15 %). 1 290 votant·e·s se sont abstenu·e·s (4,38 %).

Concernant le choix du candidat à l’élection présidentielle, trois candidatures étaient soumises au vote :
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF
Emmanuel Dang Tran
Grégoire Munck

Sur le choix de la candidature, il y a eu 28238 exprimés. La candidature de Fabien Roussel est majoritaire avec 23 245 voix (82,32 %). Celle d’Emmanuel Dang Tran recueille 514 voix (1,82 %). Et celle de Grégoire Munck recueille 46 voix (0,16 %). 4 433 votant·e·s se sont abstenu·e·s (15,70 %).

En application de ses statuts, le PCF propose donc la candidature de Fabien Roussel à l’élection présidentielle de 2022 et travaillera à construire un pacte d’engagements communs pour les élections législatives.

Après la conférence nationale du PCF dont les choix sont aujourd’hui confirmés par les adhérent·e·s, une nouvelle étape de l’engagement des communistes pour les échéances de 2022 est franchie. Il revient désormais au conseil national du PCF, ainsi qu’aux conseils départementaux, de travailler à la mise en œuvre de ces choix avec les adhérent·e·s.

Paris, le 9 mai 2021.

Commission nationale du vote
Parti communiste français

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 08:34
Jérusalem, violences à l'égard des palestiniens: Lettre des députés communistes à Jean-Yves Le Drian, ministre des affaires étrangères
Jérusalem, violences à l'égard des palestiniens: Lettre des députés communistes à Jean-Yves Le Drian, ministre des affaires étrangères
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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 05:12
Violences à Jérusalem-Est : se préoccuper ne suffit plus, il faut condamner: Pierre Laurent, sénateur PCF, pose une question écrite à Jean-Yves Le Drian, ministre des affaires étrangères

Violences à Jérusalem-Est : se préoccuper ne suffit plus, il faut condamner

Alors que l’extrême-droite israélienne sort renforcée à la Knesset des élections anticipées du 23 mars, les agressions de Palestiniens vivant dans le Vieux-Jérusalem par les militants ultranationalistes de Lahava se sont multipliées ces dernières semaines.
La semaine dernière, ce sont de nouveaux projets d’expulsion de Palestiniens vivant dans les quartiers occupés illégalement par Israël de Sheikh Jarrah, de Bab Al-Zahra et de la porte de Damas qui ont mis le feu aux poudres. Dès vendredi, l’ONU a tenu à rappeler à Tel-Aviv que ces expulsions forcées pourraient constituer des crimes de guerre.
En difficulté politiquement, Benyamin Netanyahou souhaite donner une nouvelle fois des gages à l’extrême-droite israélienne. Après le plan d’annexion du poumon économique de la Palestine qu’est la Vallée du Jourdain, soutenu par les États-Unis et l’accélération de l’installation de colons en lieu et place des Palestiniens en Cisjordanie, Jérusalem-Est est la prochaine priorité du gouvernement israélien. Arguant d’une rétroactivité du droit immobilier pour les propriétés juives d’avant 1948, il organise l’expulsion de familles palestiniennes. La mobilisation de ces dernières est réprimée dans le sang.
Le 10 mai, la France a finalement réagi, mais en renvoyant criminels et victimes dos à dos, condamnant les sept tirs de roquette partis de Gaza contre Israël, et se contentant de se montrer « préoccupée » par les violences à Jérusalem-Est. C’est consternant et indigne de la France.
Les parlementaires du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste condamnent fermement les exactions israéliennes dans tous les territoires palestiniens occupés et réaffirment leur soutien aux populations palestiniennes. Ils réitèrent leur attachement à une solution à deux États. Ils rappellent enfin qu’à leur demande, le Sénat avait débattu en juin dernier du projet d’annexion de la vallée du Jourdain. Ils y avaient exigé une parole forte de la France, une reconnaissance de l’État de Palestine et des sanctions contre l’État d’Israël en vertu du droit international.
Pierre Laurent
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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 14:00
Présidentielle. Les communistes entrent dans l’arène - L'Humanité, 10 mai 2021
Présidentielle. Les communistes entrent dans l’arène
Lundi 10 Mai 2021 - L'Humanité

À 72,40 %, les adhérents du PCF ont opté pour présenter leur propre candidature en 2022. Fabien Roussel propose un « pacte national pour le monde du travail, pour notre jeunesse ».

Cette fois, c’est officiel, Fabien Roussel est candidat à l’élection présidentielle. Une première pour les communistes depuis quinze ans. « Je suis enthousiaste de mener – avec vous, pour vous – la bataille de l’élection présidentielle et des législatives de 2022, afin d’ouvrir une nouvelle page de notre histoire commune, afin de construire réellement, concrètement, cette France des “jours heureux” ! » a lancé le secrétaire national du PCF à l’issue du vote des militants communistes, qui lui ont confié l’investiture ce week-end. Entre vendredi et dimanche, ils sont 69,45 % des 43 473 adhérents à jour de cotisation à avoir participé à ce scrutin sur leur stratégie en 2022. 72,40 % se sont prononcés en faveur de la première des deux options qui étaient sur la table. Celle-ci compte non seulement une candidature communiste à la présidentielle, mais elle engage également le PCF à travailler à un « pacte d’engagements communs » incluant « des mesures immédiates, des propositions structurelles, appuyant les luttes, pour constituer une majorité de gauche à l’Assemblée nationale ».

Lire aussi : Les communistes veulent bâtir les « Jours heureux du XXIe siècle »

En attendant, c’est aux Français que le député du Nord a proposé, dimanche, « de forger, de sceller un pacte national pour le monde du travail, pour notre jeunesse » : « Oui, cette crise nous impose de nous unir, de reprendre en main notre destin, de reprendre le pouvoir aux multinationales, aux banques et assurances. Il est là, l’enjeu de cette élection. Et ce doit être la priorité de la gauche. C’est la mienne », a-t-il déclaré répétant qu’il ne se « résou(t) pas au scénario malsain d’une élection présidentielle figée dans un duo entre le président actuel et l’extrême droite ».

Après des mois de débat, le candidat appelle à l’unité de sa formation

La seconde option soumise aux communistes, qui privilégiait une candidature commune avec les autres forces de gauche politiques, sociales et citoyennes « dans la clarté d’un projet de rupture », a finalement recueilli 23,13 %. Ses partisans prennent « acte » mais veulent croire que le débat n’est pas définitivement clos. « Pour beaucoup de camarades, c’était plus un vote anti-Mélenchon ; or, ce n’est pas le sujet. La question, c’est le risque d’un second mandat Macron et une vraie menace de l’extrême droite. On sera à nouveau amenés à se poser la question de comment éviter le pire, le risque fasciste, il faut appeler un chat un chat », estime Robert Injey, membre du conseil national du PCF, assurant pour autant ne pas avoir « entendu de camarades dire qu’ils vont quitter le Parti ou faire campagne pour quelqu’un d’autre ».

Après des mois de débat, c’est aussi à l’unité de sa formation qu’a appelé Fabien Roussel. « Notre force, la force du projet que nous voulons faire gagner pour la France, passera par la mobilisation de vous toutes et de vous tous », leur a-t-il adressé, dimanche, avant de décliner les nombreux chantiers qu’il entend ouvrir. S’il a évoqué l’Europe, la paix ou encore l’agriculture, c’est avant tout à « être le candidat du monde du travail et de la création » qu’aspire le parlementaire. De la hausse des salaires à l’interdiction des délocalisations, il a appelé, dimanche, dans son premier discours de candidat, à renvoyer « tous les apôtres de l’argent roi rejoindre les aristocrates du passé » et à reprendre « ce pouvoir qui nous appartient et qui n’aurait jamais dû nous échapper ».

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 13:57
Fabien Roussel, candidat communiste à l'élection présidentielle. Franc-parler et lutte des classes - Julia Hamlaoui, L'Humanité, 10 mai 2021
Fabien Roussel, candidat communiste à l'élection présidentielle. Franc-parler et lutte des classes
Lundi 10 Mai 2021

Le député du Nord et secrétaire national du PCF a été désigné à 82,36% par les adhérents du PCF pour être le candidat communiste à l’élection présidentielle. Il assure qu’il sera le candidat du monde du travail et de la jeunesse, en remettant les urgences sociales au cœur du débat. Portrait.

 

«La France ne manque pas de moyens, loin de là. Mais ils ne profitent qu’à une minorité. Une infime minorité qui prospère insolemment. Ce sont eux les véritables assistés de la République ! » En quelques mots, devant un congrès qui vient de l’élire à la tête du PCF, Fabien Roussel désigne la cible.

On est en novembre 2018, Emmanuel Macron s’apprête à entériner un nouveau « budget des riches », les gilets jaunes frappent à la porte et les blouses blanches crient déjà leur désarroi. Trois ans et une pandémie plus tard, les communistes ont à nouveau voté, et leur secrétaire national a désormais un nouveau défi à relever : se lancer dans la course à l’Élysée.

Icon Quote Il fallait un nouveau visage pour porter notre message, un langage qui imprègne.  André Chassaigne, député PCF

«Il fallait un nouveau visage pour porter notre message, un langage qui imprègne», raconte le député André Chassaigne, qui figure parmi ceux qui ont soutenu dès le départ sa candidature. À l’heure d’entamer la campagne, le principal intéressé jure ne pas y avoir pensé tous les matins en se rasant : « On ne décide pas d’être candidat à la présidentielle, c’est un cheminement au fil des rencontres », assure-t-il.

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Icon World Carte interactive. Une analyse géographique du vote interne des adhérents du PCF sur la stratégie pour l'élection présidentielle

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S’il relève le gant, déterminé à « aller jusqu’au bout », c’est pour « redonner espoir » à tous ceux qu’il a vus dans son « tour de France des entreprises », entamé voilà deux ans. « L’énergie, je la trouve dans les témoignages que je recueille, dans les coups de colère que j’entends. Le dernier qui m’a saisi, c’est à Caudan, à la Fonderie de Bretagne. »

Porte-parole de la France qui souffre

Là, les salariés, qui fabriquent des pièces pour Renault, lui expliquent les sacrifices consentis et, à la fin, « l’actionnaire qui les jette quand même comme des Kleenex ». Une injustice qui prend aux tripes. Alors, le désormais candidat se rêve en porte-parole de cette France qui souffre. «Chaque fois que je suis sur un plateau, ce sont leurs visages que j’ai constamment dans la tête, confie-t-il. Je veux qu’ils retrouvent une utilité à voter pour eux.»

Il s’agit, défend-il, de «mettre sur le podium des idées de la campagne : le salaire, la relocalisation, l’industrie, nos services publics, la jeunesse, la lutte contre les inégalités, l’évasion fiscale…» Et, au passage, de démasquer l’imposture de l’extrême droite : « Pour taper sur le gouvernement, les gens veulent utiliser le bâton le plus efficace, aujourd’hui c’est le RN. Mais ça leur rapporte quoi ? Le drame, c’est qu’en le mettant à un aussi haut niveau, non seulement il n’y a pas de conquêtes sociales, mais en plus, ça crée de la division, des tensions, de la haine, du racisme. Ça affaiblit le peuple. C’est un poison mortel», martèle le député du Nord.

 

Une rage de vaincre les inégalités

«La droite et l’extrême droite étouffent les questions sociales, alors qu’une désindustrialisation massive est en train de se mettre en place sous prétexte du Covid, abonde Laurent Brun.  Les patrons de l’industrie peuvent tranquillement annoncer qu’ils vont supprimer 100 000 emplois. Avoir une candid ature qui axe là-dessus la campagne, ça redonne de la visibilité.» Selon le secrétaire général de la CGT cheminots, possède, pour cela, un atout dans la manche : « “On a l’impression d’avoir quelqu’un comme nous en face”, c’est ce que m’ont dit les grévistes, après une rencontre avec lui lors de la mobilisation contre la réforme des retraites. »

Icon Quote Fabien est de toutes les luttes, c’est un homme de terrain.  Alain Bocquet, ancien député PCF

Né en 1969 à Béthune, avant de suivre son père, correspondant pour l’Humanité, deux ans au Vietnam, puis de rejoindre sa mère pour finir le lycée à Champigny, c’est aussi des Hauts-de-France que le président du groupe GDR, André Chassaigne, l’a vu débarquer et « foncer tête baissée » à l’Assemblée nationale en 2017.

Et c’est déjà à Saint-Amand-les-Eaux, où il succède à Alain Bocquet comme député, qu’il est élu pour la première fois comme conseiller municipal, en 2014. Il est alors secrétaire de la fédération du Nord du PCF. De ce territoire, il tire une rage de vaincre les inégalités. « Quand je vois ce que les travailleurs chez moi ont pu donner au pays et qu’aujourd’hui on a une surmortalité du fait du désengagement de l’État… Je voudrais porter une République qui respecte tous ses territoires, tous ses habitants. » « Déjà en 2018, on a organisé une marche des Hauts-de-France vers l’Élysée pour mettre un coup de projecteur sur ces inégalités », se souvient Karine Trottein, qui lui a succédé à la fédération du Nord.

Avant ça, le communiste a vu du pays. « Après un passage à l’Humanité, j’ai été journaliste indépendant, ce qui m’a permis de voyager, des fois avec des salaires qui rentraient… et des fois pas. Quand j’ai eu mes jumeaux, mes premiers enfants, il a fallu que je me calme et j’ai travaillé pour France 3 Nancy.» Désormais, pas moins de cinq jeunes visages figurent sur la photo de famille qu’abrite son téléphone. « Une vraie pub United Colors ! » sourit le député devant l’image de sa famille recomposée, prise à l’arrière de sa maison en briques.

Son bagou ne date pas d’hier

Son prédécesseur sur les bancs de l’Assemblée ne tarit pas d’éloges à son endroit : «  Fabien a compris que le monde du travail est un élément déterminant. Ascoval, Bridgestone… il est de toutes les luttes, c’est un homme de terrain », se félicite Alain Bocquet, qui lui a aussi transmis le virus de la lutte contre l’évasion fiscale. Un combat qui rime parfois avec coup d’éclat. «Un jour, au début du mandat, il m’a appelé – il était dans le train – pour me dire qu’il venait de réussir à créer une société offshore en quelques clics sur son téléphone », s’amuse encore André Chassaigne.

Dans l’Hémicycle, il transforme « l’expérience » en démonstration et informe le ministre Gérald Darmanin, alors en charge des Comptes publics, qu’il l’a nommé directeur général d’une société qui permet de délocaliser des fonds dans « vingt-trois paradis fiscaux au choix ». De tête, il cite encore le dernier rapport sur l’ISF avant sa suppression : «  Ils étaient 358 000 familles, leur patrimoine taxable s’élevait à 1 028 milliards d’euros, et on leur en prenait 3,6… Ça me fout en rage, quand je reçois dans ma permanence une dame qui a 600 euros d’électricité à payer dans son logement pourri et qui pleure parce qu’elle n’a pas de quoi habiller son gamin.»

Son bagou ne date pas d’hier. « Je le revois monter sur une chaise dans le préau et prendre la parole devant 200 personnes, mégaphone en main, pour dénoncer ce qui se passait en Afrique du Sud», se rappelle Olivier Marchais, qui a partagé ses années de lycée. À l’époque, avec la Jeunesse communiste, Fabien Roussel est sur le pont pour la libération de Nelson Mandela, mais aussi contre la loi Devaquet, qui prévoyait la sélection à l’entrée à l’université.

De premiers pas en politique soldés par une double victoire, qu’il compte bien ne pas se laisser voler. « Ce tte semaine, j’ai réuni une douzaine d’organisations de jeunesse pour parler du “pacte pour la jeunesse” que nous voulons construire avec elles, et un jeune de l’UNL a dit que Blanquer mettait en œuvre les lois Monory-Devaquet. Je me suis dit : “On a réussi à l’empêcher en 1986, on va continuer le combat et aller jusqu’au bout aujourd’hui ! ”  » lance le député avec cette gouaille qui marque sur les plateaux télévisés.

Icon QuoteJe voudrais porter une République qui respecte tous ses territoires, tous ses habitants. Fabien Roussel, Secrétaire national du PCF

Son franc-parler, cependant, lui joue parfois des tours. Au service de communication du PCF, on rit jaune, par exemple, au souvenir de la comparaison, sur CNews, avec « un string brésilien » utilisé pour imager la critique contre la légèreté des mesures mises en œuvre contre l’arrivée du variant sud-américain. « On a les défauts de ses qualités », reconnaît Roussel qui plaide la « sincérité ». Une franchise dont il reproche volontiers à d’autres à gauche d’être dépourvus.

« Un rapport de forces à construire »

Le candidat PCF tire aussi des leçons de son expérience au cabinet de la communiste Michelle Demessine, nommée secrétaire d’État au Tourisme au sein du gouvernement Jospin, en 1997. «Nous sommes utiles dans un gouvernement, mais à chaque fois, Lionel Jospin et le ministre de l’Économie et des Finances de l’époque, Dominique Strauss-Kahn, disaient : “Ces réformes sont justes, mais le pacte européen ne nous permet pas de les mettre en œuvre.’’ L’orthodoxie budgétaire, déjà. » Et de poursuivre : « C’est là-dessus que la gauche plurielle a buté. Elle n’a pas été au bout des espoirs qui lui étaient confiés, et c’est la première fois qu’on a eu Le Pen au second tour. Et la deuxième fois, c’était avec Hollande…»

Face aux 2 % que lui promettent pour l’heure les sondages, le député ne perd pas sa répartie : «Je suis un mec positif, un combattant, on n’est qu’au début de la campagne, chaque élection présidentielle a révélé son lot de surprises. »  «Si je ne suis pas élu, ce qui peut arriver, glisse-t-il en souriant avant de reprendre son sérieux, qu’au moins les idées que nous aurons portées pendant la campagne s’imposent. C’est un rapport de forces à construire pour que le monde du travail, la jeunesse se fassent respecter.» 

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 13:55
Fabien Roussel lance sa campagne thématique - L'Humanité, Naïm Sakhi, 12 mai 2021
Présidentielle. Fabien Roussel lance sa campagne thématique
Mercredi 12 Mai 2021

Fraîchement désigné candidat, le secrétaire national du PCF a présenté ses premières propositions, notamment sur la sécurité et la jeunesse.

 

«F aire campagne sur les grands sujets qui préoccupent les Français, sans en exclure aucun. » Fabien Roussel a voulu donner le ton pour son début de campagne. Deux jours après avoir été investi candidat du PCF par ses militants, le député du Nord a tenu une conférence de presse, mardi 11 mai, pour exposer ses premières propositions. Le candidat communiste pour la présidentielle a aussi promis de « multiplier les rencontres et les déplacements à travers le pays » dans les semaines à venir.

Police de proximité

Et c’est sur le thème de la sécurité, plutôt inhabituel pour un candidat de gauche, que Fabien Roussel a dégainé ses premières propositions. « Ma gauche ne sera pas laxiste », assure le député du Nord, affirmant qu’il s’agit là d’une « question populaire ». Le candidat veut créer une police de proximité de 30 000 agents nouvellement recrutés, « statutaires », et dotés d’une « meilleure formation qu’actuellement ». Sur sa présence à la manifestation organisée par les syndicats de police le 19 mai, annoncée un peu plus tôt dans la journée, le communiste assure avoir été invité « à une marche citoyenne par les policiers de Saint-Amand-les-Eaux », sa commune de cœur, où il est élu. Le candidat espère que l’appel pour cette manifestation « sera large ». En parallèle, Fabien Roussel a annoncé une rencontre dans les jours à venir avec certains syndicats de police et de commissaires. « Les premières victimes de l’insécurité, ce sont les habitants des quartiers populaires », insiste-t-il, annonçant être favorable au renforcement des peines encourues en cas d’agression contre les forces de police, mais aussi contre « les enseignants, les contrôleurs dans les trains, les agents des guichets du service public… ».

Mais pour Fabien Roussel, « il faut marcher sur les deux jambes. La réponse ne peut pas être que répressive ». Le communiste ambitionne ainsi d’augmenter de 50 % les budgets de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur d’ici 2027. Il souhaite notamment limiter à vingt le nombre d’enfants par classe au nom de « l’égalité républicaine ». Plus largement, il propose de construire « un pacte » avec une jeunesse passée « des bancs de la fac à celle des queues de l’aide alimentaire ». Le candidat du PCF, qui a d’ores et déjà rencontré douze organisations de jeunesse, veut instaurer, entre autres, un « revenu de 850 euros pour tous les étudiants ».

La levée des brevets des vaccins

Fabien Roussel veut aussi « faire de cette élection un moment de luttes et de combats pour imposer des idées nouvelles », prenant en exemple le changement d’avis d’Emmanuel Macron sur la levée des brevets des vaccins. Le député rappelle ainsi qu’il demande cette action depuis le 20 juillet, date à laquelle il avait formulé cette nécessité lors des questions au gouvernement. S’il espère que la France votera cette suspension des brevets devant l’OMS, le communiste avertit qu’il faudra ensuite se battre pour « élargir les capacités de production des vaccins », afin de « faire reculer la logique de l’offre et de la demande pour obtenir des vaccins génériques ». Fabien Roussel affirme enfin qu’il continuera à être présent à toutes les mobilisations à venir, notamment celles contre les délocalisations, pour faire « surgir dans cette campagne des milliers d’hommes et de femmes cachés dans l’abstentionnisme ». « Les centaines de sièges du PCF en France seront ouverts, partagés et avec une convivialité que nous avons tant besoin de retrouver », conclut-il.

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 05:33

 

Fabien Roussel appelle TOUTES LES FORCES POLITIQUES, TOUTES LES ORGANISATIONS QUI ONT SIGNÉ CET APPEL à se rencontrer dans les prochains jours pour décider d’initiatives communes pour interpeller gouvernement et direction de la Banque de France.

 

 

Le Comité européen des risques systémiques, organisme lié à la Banque centrale européenne (BCE), alerte sur les risques d’une multiplication des faillites provoquées par la double crise sanitaire et économique.

En France, les reports de paiements d’impôts et de cotisations sociales ont permis de repousser les échéances, et 675 000 PME et TPE ont souscrit un prêt garanti par l’État (PGE). Le nombre de défaillances d’entreprises a ainsi diminué de 38 % en 2020.

MAIS TOUTES LES FAILLITES QUI N’ONT PAS EU LIEU EN 2020 RISQUENT DE DÉFERLER QUAND LES AIDES S’INTERROMPRONT ET QU’IL FAUDRA REMBOURSER LES PRÊTS ET  250 000 EMPLOIS SERAIENT AINSI DIRECTEMENT MENACÉS.

C’est d’autant plus préoccupant que les banques sont en train de durcir leurs conditions de crédit, alors qu’elles ont reçu 2 000 milliards de prêts à taux négatif de la BCE.

Le gouvernement a annoncé que les aides ne seraient supprimées que progressivement et que les PGE pourraient être remplacés par des participations en capital. Mais l’attribution de ces allégements obéira aux critères de la rentabilité financière. Les PME-TPE qui font le plus d’efforts pour l’emploi, la formation, la recherche risquent de ne pas répondre à ces critères, surtout, comme c’est souvent le cas dans les secteurs les plus dynamiques, quand elles ne disposent pas d’actifs matériels à mettre en garantie.

Les syndicalistes de la Banque de France proposent que cette institution, dans le prolongement de son action en matière de droit au compte et de médiation du crédit, ait le pouvoir d’IMPOSER L’EXERCICE D’UN DROIT AU CRÉDIT POUR LES ENTREPRISES VIABLES QUI S’ENGAGERAIENT À CRÉER DES RICHESSES EN PRIVILÉGIANT L’EMPLOI ET LES CHOIX ÉCOLOGIQUES DE PRODUCTION.

Cette exigence d’un soutien massif aux PME-TPE qui s’engagent en faveur de l’emploi et de l’écologie se heurte aux suppressions d’emplois massives dans les banques, à la dégradation des conditions de travail de leurs salariés, à la contradiction violente entre leur conscience professionnelle et les consignes venues de leurs directions et des salles de marchés.

ELLE SE HEURTE AUX 1 000 SUPPRESSIONS D’EMPLOIS ANNONCÉES À LA BANQUE DE FRANCE, particulièrement dans les succursales départementales en contact avec le public et avec les petites entreprises, qui s’apprêtent pourtant à recevoir la vague des PME-TPE menacées de faillite (déjà 1 400 % d’augmentation des sollicitations au titre de la médiation du crédit) et celle des ménages touchés par le surendettement à la suite des pertes d’emplois.

C’EST CE QUE PORTE l’appel syndical « contre 1 000 nouvelles suppressions d’emplois à la Banque de France : Halte à la saignée ! », qui a obtenu le soutien de tous les partis de gauche et de très nombreuses associations. Il exige les moyens, pour notre banque centrale nationale :

  • de développer son activité au service de l’emploi et des entreprises ;
  • de développer son activité auprès des usagers en difficulté, en situation de surendettement, demandeurs d’un recours au droit au compte bancaire…
  • de garantir, conformément à la loi, la qualité et la sécurité de l’approvisionnement de tout le territoire en billets, alors que 131 suppressions d’emplois dans l’exercice de cette mission sont  annoncées ce jeudi au CSE central de la Banque de France.

Comme eux, nous considérons que le service public de la monnaie et du crédit exercé par la Banque de France va être vital pour sortir de la crise sanitaire et économique.

Aussi Fabien Roussel appelle TOUTES LES FORCES POLITIQUES, TOUTES LES ORGANISATIONS QUI ONT SIGNÉ CET APPEL à se rencontrer dans les prochains jours pour décider d’initiatives communes pour interpeler gouvernement et direction de la Banque de France.

 

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 05:28

 

Je dénonce la réponse honteuse du ministre Jean-Baptiste Lemoyne faite à ma collègue Elsa Faucillon lors de sa question au gouvernement aujourd’hui. Dans sa réponse, le gouvernement renvoie dos à dos la politique de colonisation de l'Etat israélien et l’appel de l’autorité palestinienne, à faire respecter toutes les résolutions de l'ONU.

 

 

Pourtant, les violences contre les Palestiniens de Jérusalem ont culminé ce lundi 10 mai. La répression policière israélienne des manifestants de l'Esplanade des Mosquées a fait, selon le Croissant rouge palestinien, plus de 305 blessé.es.

A Gaza, plus de 20 personnes - dont plusieurs enfants - ont succombé sous les bombes israéliennes.

Déjà vendredi, sur l’Esplanade des mosquées, mais aussi dans la Mosquée Al Aqsa, lors de la prière à laquelle participaient 70 000 fidèles, l’armée israélienne — armée d’occupation de Jérusalem-Est depuis 54 ans, au mépris de toutes les résolutions des Nations unies —, est intervenue tirant à balles métalliques enrobées de caoutchouc, utilisant des gaz lacrymogènes.178 personnes ont été blessées dont 88 grièvement.

Les Palestiniens sont confrontés à un déferlement de violence de l’armée israélienne, allant jusqu'à envahir la mosquée.

Dans le quartier de Sheikh Jarrah, comme dans tout Jérusalem-Est, des familles palestiniennes sont, de nouveau, menacées d’expulsion par les colons israéliens et militants d’extrême droite soutenus par le système judiciaire israélien. Même si la décision d’expulsion a été reportée au 15 juin, la résistance non violente des Palestiniens s’est organisée et la police israélienne a bouclé le quartier.

Cette violence est le résultat à la décision du pouvoir israélien, au mépris du droit international, d’annexer Jérusalem-Est et d’en éliminer toute présence palestinienne, dans le même temps qu’il s’emploie à coloniser définitivement la Cisjordanie.

La communauté internationale a condamné cette annexion mais n’a pas accompagné cette condamnation de sanctions, ce qui conforte le sentiment d’impunité de ceux qui, en Israël, n’hésitent pas à crier « Mort aux Arabes » et de ceux qui, depuis 1967, le pensent tout bas, en prétendant annexer Jérusalem-Est.

Le Conseil de sécurité de l'ONU n'est pas parvenu, ce lundi, à s'accorder pour condamner le gouvernement israélien. Et pourtant une décision d'urgence portée par la France et l’Union européenne est nécessaire pour apporter une protection internationale au peuple palestinien mais aussi imposer des sanctions au gouvernement israélien et dans l'immédiat, faire respecter les droits des Palestiniens à la sécurité dans leur vie quotidienne. 

Une fois de plus, la preuve tragique est apportée que seule une solution conforme aux résolutions des Nations unies peut créer une paix durable avec la création, aux côtés d’Israël, d’un Etat palestinien sur les territoires occupés de Cisjordanie et Gaza, avec Jérusalem-Est pour capitale.

Le PCF appelle tous les communistes à participer aux rassemblements dans leurs villes et à Paris ce mercredi 12 mai de 16h à 18h devant le Ministère des Affaires étrangères, à l’appel du Collectif national pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens.

Fabien Roussel, député du Nord, secrétaire national du PCF

Paris, le 11 mai 2021.

 

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