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27 avril 2019 6 27 /04 /avril /2019 18:07
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27 avril 2019 6 27 /04 /avril /2019 17:14
Ian Brossat à Rennes (photo France Chapa)

Ian Brossat à Rennes (photo France Chapa)

Ian Brossat est tête de liste du PCF pour les élections européennes. Une tache compliquée dans un contexte de morcèlement des candidatures considérées comme étant de gauche, après des élections difficiles et un congrès tumultueux pour sa formation. L’aisance médiatique et la prestation remarquée de cet ancien professeur de français redonnent pourtant le sourire aux militants communistes puisqu’il a pratiquement remporté un premier pari : redonner un peu de visibilité au PCF. (...)

Le Vent Se Lève – Dans le cadre des élections européennes, il y a toute une série de candidats classés à gauche : Jadot, Hamon, Aubry ou encore Glucksmann. Quelle est la particularité de votre candidature par rapport à ces différents candidats ? Dans les débats on ne voit pas forcément de démarcation franche.

IB – D’abord, ce ne sont pas des candidatures, ce sont des listes. Ce sont des listes qui sont constituées de 79 noms, d’hommes et de femmes. Personnellement, je conçois cette campagne comme une campagne collective. Pour le reste, j’ai d’abord une première remarque. Il y a effectivement beaucoup de dispersion à gauche avec une multiplication du nombre de listes, sans doute liée au mode de scrutin. C’est un scrutin proportionnel, à un tour, et c’est le seul scrutin national de ce type. Ceci ne favorise pas les rassemblements. La deuxième remarque, c’est que la particularité du parti communiste dans cette campagne, c’est sa cohérence sur la question européenne. Le PCF a rejeté tous les traités européens sans exception. C’est une constance que personne ne pourra nous enlever. Nous avons voté contre l’Acte unique en 1986. Nous avons voté contre le Traité de Maastricht. Nous avons voté contre le Traité constitutionnel européen. Pour nous c’est une position constante, non pas par refus de l’Europe mais parce que nous avons perçu très tôt l’ADN libérale de cette Union européenne. Ainsi sur cette question européenne, nous n’avons jamais menti, jamais fait croire que l’on pourrait construire une Europe sociale avec des traités européens qui disent tout l’inverse, de manière explicite. Troisièmement, c’est le choix de présenter une liste à l’image de la société française : 50 % d’ouvriers et d’employés, avec une représentation très forte du monde du travail tel qu’il est aujourd’hui. Nous avons en deuxième position de notre parti une ouvrière textile, Marie-Hélène Bourlard ; des ouvriers en lutte comme Franck Saillot, de la papeterie Arjo Wiggins, ou Nacim Bardi d’Ascoval ; et puis aussi des secteurs ubérisés que l’on voit peu dans le monde politique comme Arthur Hay, qui est livreur à vélo et qui a créé le premier syndicat des livreurs ; ou encore un salarié d’Amazon Khaled Boucharjra. Nous avons eu la volonté de représenter le monde du travail sur notre liste pour une raison simple : depuis trop longtemps maintenant, l’UE est la propriété des banques et de la grande bourgeoisie. Il nous semble important d’envoyer au Parlement des combattants et des hommes et femmes qui sont très différents des personnes qui ont l’habitude de siéger au Parlement européen.

LVSL – Le PCF a connu des mouvements récents avec l’élection de Fabien Roussel. L’analyse habituelle de du dernier congrès est qu’il a confirmé la volonté du PCF d’exister par lui-même. Partagez-vous cette analyse ?

IB – Oui. Le PCF a vocation à exister dans le paysage politique. Il a souffert ces dernières années de n’avoir pas été suffisamment investi. On peut ne pas aimer l’élection présidentielle, mais c’est l’élection structurante de la vie politique française. Le fait d’avoir été absent à deux reprises de l’élection présidentielle nous a compliqué la tâche. Je suis militant communiste depuis l’âge de 17 ans. Dans le cadre de cette campagne, je parcours le territoire. J’ai fait plus de 5 ans de déplacements dans des centaines de départements et à chaque fois que je suis au contact des militants de notre parti, je me dis que le PCF mérite mieux que l’image que beaucoup de gens en ont. C’est un parti d’une richesse incroyable composé d’hommes et de femmes désintéressés, généreux, qui se battent pour leurs idées, qui ne cherchent pas à faire carrière. Dans un monde politique où chacun pense d’abord à lui, j’ai une admiration sans bornes pour ces militantes et militants. Ce que nous souhaitons effectivement, c’est que cette force militante là puisse se voir à l’échelle nationale. Cela suppose que le PCF soit présent aux élections nationales.

LVSL – Cela implique donc une candidature du PCF seul…

IB – Seul, je n’en sais rien. En tous cas le PCF a vocation à être présent à toutes les élections nationales et a vocation à retrouver sa place dans le paysage politique. Ça j’en suis convaincu. Je ne le dis pas avec un raisonnement opportuniste. Mais je suis convaincu que le PCF peut être utile pour la période que nous traversons. C’est une période politiquement très confuse. Le PCF peut être un repère, car composé d’hommes et de femmes fiables qui ne changent pas d’avis comme de chemise, qui n’ont pas de convictions à géométrie variable. L’autre jour, je me suis fait la réflexion lorsque j’étais au débat de France 2. J’étais entouré de gens qui appartiennent à des partis qui, soit n’existaient pas il y a quelques mois, ou soit ont changé de nom. Finalement, j’étais le seul à être représentant d’un parti qui n’est pas né hier et qui ne disparaitra pas demain. Le PCF défend ses convictions dans la durée.

LVSL – À propos de ce débat, une grande partie des français vous a découvert. Les observateurs ont signalé une bonne prestation de votre part. On sait que l’aisance médiatique a longtemps fait défaut au PCF, du moins ces dernières années. On l’a vu aussi au dernier Congrès, avec une bifurcation stratégique qui consiste à vouloir remettre un peu d’incarnation dans votre projet. Quelle a été votre stratégie auprès des grands médias audiovisuels ?

IB – Ce serait prétentieux de dire que l’on a élaboré une stratégie pour être médiatisé. En l’occurrence pour France 2, on s’est surtout battus pour être présents, ce qui n’était pas prévu au départ. Or moi j’étais convaincu qu’il fallait qu’on y soit et que ce débat serait structurant puisque même s’il a été peu regardé, c’était le premier débat des élections européennes. Si nous avions été absents de ce premier débat, cela aurait engendré une multiplication de débats dont nous aurions été absents par la suite. La stratégie que nous avons eue à ce moment-là a été de le traiter par l’humour plus que par l’agressivité, notamment par des vidéos avec des chats qu’ont diffusées les militants communistes. Cela a été une stratégie payante. Nous avons bien fait de faire comme ça.

LVSL – Mais jusqu’alors, il y avait au PCF un certain refus de la personnalisation. Or aujourd’hui il y a un retour de la visibilisation par l’incarnation du projet, ce qui semble être une rupture vis-à-vis des dernières années…

IB – C’est une question redoutable. Le PCF se bat pour que le pouvoir soit partagé entre un nombre de mains plus important. Et donc marier cette conviction là avec la nécessaire incarnation politique, cela vous confronte à des contradictions importantes. Je pense que l’on est contraint de tenir compte des règles du jeu. On ne joue pas au tennis avec un ballon de football. Il faut tenir compte des réalités. Moi j’assume la part d’incarnation qu’il y a dans la politique. Parce que la politique est ainsi faite aujourd’hui, on ne peut pas passer à côté de cette réalité-là si on veut changer la société.

LVSL – Sur des aspects plus programmatiques, nous avons noté lors du débat sur France 2 que vous aviez déclaré que la pratique libérale de l’UE n’était pas compatible avec les traditions et les valeurs françaises. Selon vous, il ne faut pas que l’UE entraîne les peuples sur une voie qu’ils n’ont pas choisie en matière économique et sociale. Et dans un tout autre domaine, c’est justement un argument qui est employé aussi par des gouvernements d’extrême droite, lorsqu’ils refusent d’accueillir des migrants. Est-ce que le droit européen est à géométrie variable sur les questions économiques et non sur les droits fondamentaux ?

IB – Tel que je le conçois moi, oui bien sûr. Je dirais qu’on ne peut pas traiter la question des droits fondamentaux de la même manière que les questions économiques. Mais surtout je voudrais insister sur un point. La France, au sortir de la Deuxième Guerre Mondiale, a élaboré un modèle économique différent avec un secteur public puissant adossé à des entreprises puissantes qui disposaient d’un monopole dans certains secteurs. Dans le domaine de l’énergie, dans le domaine du transport ferroviaire et dans le domaine des télécoms, par exemple. Parce que, à l’époque, le gouvernement, sous l’impulsion du Conseil National de la Résistance, avait considéré que ces secteurs n’avaient pas vocation à être livrés aux marchands, parce que ce sont des réponses à des besoins fondamentaux. À partir de là, on a considéré qu’il appartenait aux pouvoirs publics de prendre en charge ces secteurs. Ce système donnait satisfaction : il permettait un – relatif – égal accès à ces droits fondamentaux ; il permettait un maillage territorial. Et là-dessus est intervenue l’UE. De manière dogmatique, l’UE nous a contraints de mettre en concurrence ces services publics. L’UE va au bout de cette démarche puisque d’autres secteurs qui avaient jusque-là échappé à cette mise en concurrence risquent d’y être confronté, notamment les barrages hydrauliques.

Cela pose une question : est-ce que nous acceptons que l’UE nous fasse entrer de force dans un moule libéral ? Je me dis que c’est insupportable. Tout pays dans ce cas-là devrait faire valoir une clause spéciale de non régression. C’est-à-dire que nous devrions pouvoir dire à la Commission européenne : « vous nous pourrissez la vie avec vos directives, nous avons un système qui fonctionne bien et donc laissez nous développer notre propre modèle économique ». En somme, l’UE doit accepter l’idée qu’en son sein puissent cohabiter des modèles économiques différents. Et je pense que l’UE se meurt aujourd’hui d’être incapable d’accepter cette diversité. La voie que nous proposons est donc la plus pragmatique. J’insiste sur un point. Ça ne peut marcher qu’à une seule condition, c’est que nos entreprises publiques ne doivent pas elles-mêmes, dans le modèle que je propose, aller chercher à récupérer des marchés dans d’autres pays de l’UE. C’est ça qui doit cesser. Le cœur de métier de ces entreprises doit être de s’occuper de ces services publics, en France. Si nous faisons valoir ce système de clause de non régression, il faut évidemment qu’il y ait une réciprocité. C’est-à-dire que la SNCF devrait pouvoir disposer d’un monopole en France mais ne doit pas elle-même concurrencer des entreprises publiques ailleurs. J’en viens à l’autre question qui pointait une éventuelle contradiction. Comment peut-on, dans ce contexte, dire à la Pologne qu’elle doit prendre sa part à l’accueil des réfugiés ? La Pologne reçoit 12 milliards d’euros chaque année de l’UE. Dès lors elle ne peut pas considérer que les pays du Sud devraient assumer seuls la charge d’accueillir les réfugiés. Là encore le principe qui s’applique est celui de la solidarité. Elle fonctionne dans les deux sens : si l’UE verse 12 milliards d’euros à la Pologne, la Pologne se doit en échange d’assumer sa part de l’accueil des réfugiés.

LVSL – À propos de la possibilité de développer un modèle différent au sein de l’UE, outre les services publics, quels domaines pourraient être concernés ? En termes de directives, nous pensons par exemple aux travailleurs détachés ou à la question du protectionnisme ; les GAFAS, les investissements chinois ou américains… quel est le modèle que vous proposez ? À quelle échelle envisager le protectionnisme ?

IB – Le PCF s’est longtemps battu autour du slogan Produisons français. J’assume parfaitement ce slogan. Et je veux que la France reste une terre de production agricole comme de production industrielle. Or force est de constater que le fonctionnement de l’UE conduit au fait que la France risque d’être, demain, un pays sans usines. Et nous voyons bien à quel point les règles qui s’appliquent à l’échelle de l’UE, par exemple la règle de la concurrence libre et non faussée, conduisent à une désindustrialisation de notre pays en l’absence d’harmonisation sociale. Je suis donc favorable à ce qu’au moins dans les marchés publics, nous puissions instituer une clause de proximité. Il devrait être possible de choisir de privilégier les entreprises qui produisent en France. Typiquement, j’ai rencontré en début de semaine les salariés de Saint-Gobin, en Meurthe et Moselle, cette entreprise ne fonctionne que par la commande publique (ils fabriquent des canalisations d’eau). Et aujourd’hui dans les marchés publics ils sont mis en concurrence avec des entreprises qui produisent en Inde ou en Europe de l’Est. Or pour le moment nous n’avons pas la possibilité d’instituer des clauses de distance. Idem dans les cantines scolaires où on ne peut pas privilégier des produits alimentaires issus d’exploitations à proximité du lieu où ils vont être mangés, ce qui est absurde. Ce serait, à mon sens, juste et légitime de rompre avec ces règles de libre concurrence non-faussée.

LVSL – Et sur les travailleurs détachés par exemple ?

IB – Sur les travailleurs détachés, il y a eu un certain nombre d’avancées malheureusement trop timides bien que le principe « à travail égal salaire égal » soit censé être respecté. En revanche la question des cotisations sociales n’est toujours pas réglée puisque l’ouvrier polonais qui travaille en France paie ses cotisations sociales à la mode polonaise, comprendre moins élevées qu’en France. Donc il y a toujours une forme de concurrence déloyale qui s’applique. Le principe auquel je suis favorable est le suivant : un travailleur polonais qui travaille en France devrait être protégé de la même manière qu’un travailleur français.

LVSL – Vous n’êtes donc pas pour l’abolition du travail détaché tout court ?

IB – Je suis favorable au principe suivant : travail en France, contrat français. Ce qui revient à son abolition.

LVSL – Est-ce que la clause de distance s’appliquerait en intra européen ou vis-à-vis de l’extérieur de cette zone ?

IB – En intra européen. Parce que j’ai bien vu la gigantesque arnaque de la proposition de Macron, dans sa lettre aux citoyens d’Europe. Non content de s’être adressé aux citoyens français, dans le cadre du grand débat national, il s’est aussi adressé aux citoyens d’Europe dans une belle missive. Il dit qu’il faut une préférence européenne dans les marchés. Mais ça ne règle rien puisque, aujourd’hui, notre industrie se délocalise en Pologne ou en Roumanie. Vous pouvez instituer une préférence communautaire, mais ça ne change rien.

LVSL – C’est probablement parce que c’est plus facile à faire passer qu’en intra-européen…

IB – C’est logique. Dès lors qu’il ne veut pas rompre avec les traités européens, il est logique qu’il dise cela. Mais cela ne règle rien. Quand je vois que les rames de métros et de RER qu’on vient de lancer dans le cadre d’un marché public confié à Alstom, vont en réalité être fabriquées en Pologne et en Tchéquie, c’est du délire. L’argent du contribuable devrait permettre de développer ceci en France. D’un point de vue environnemental, quel est le sens de promener des rames de métro de Pologne en France, et inversement ?

LVSL – Ces élections européennes ont lieu dans un contexte qui est un peu inédit. On voit du côté des américains des signaux très protectionnistes avec Trump qui veut taxer le vin, le fromage, les voitures… qui met des freins à la mondialisation telle qu’elle s’était construite jusqu’ici d’une certaine façon. D’autre part la situation au Royaume Uni avec le Brexit qui a encore été reporté. Ce report a provoqué une montée de Farage qui est donné à plus de 25 % dans les sondages pour les européennes. Enfin, on voit l’Italie faire un virage illibéral après la Pologne et la Hongrie. Il y a une vague réactionnaire très forte qui touche un certain nombre de pays européens. Ce sont des nouvelles menaces d’instabilité qui se généralisent partout dans le monde. Dans ce contexte de demande de protection, quelle doit être l’attitude des parlementaires européens, mais aussi de la France ?

IB – D’abord je partage l’idée que nous vivons un moment particulier avec une remise en cause de la fable de la mondialisation heureuse. Ceux qui chantaient les louanges de la mondialisation ont bien du mal aujourd’hui à continuer sur ce ton-là, parce que cela ne convainc plus personne. Cela dit, Macron continue malgré tout à défendre son modèle libéral. Face à Trump, le cœur du message qu’il a développé, c’est la défense du libre-échange. La manière dont Macron cherche à structurer le débat en vue des élections européennes, avec d’un côté l’extrême droite qu’il désigne comme son principal adversaire, et de l’autre lui et ses amis libéraux, me laisse penser que c’est une alternative un peu faussée. Disons que la remise en cause de la mondialisation heureuse peut conduire au pire comme au meilleur. La voie que nous propose Trump est une voie réactionnaire. En même temps, cette remise en cause pourrait ouvrir la voie à une autre idée, celle que nous devons défendre un nouveau modèle de société à l’échelle de la France et de l’Europe. La souveraineté européenne défendue par Macron est quand même une vaste fumisterie à mes yeux. Il ne propose rien d’autre que la soumission au marché.

LVSL – La France a pourtant récemment voté contre l’ouverture de négociations de libre-échange avec les États-Unis…

IB – Oui enfin la France continue de négocier tous les jours des accords de libre-échange. C’est le principe même du libre-échange, qui est d’ailleurs contraire à la défense du climat. Il faudrait renoncer à ces traités avec l’ensemble des pays et non pas seulement avec les pays qui refusent de signer les accords sur le climat.

LVSL – Revenons à la campagne. Vous avez dit tout à l’heure que votre candidature était plus une liste qu’une candidature. De votre côté, vous êtes un urbain et un lettré qui a fait l’ENS, et vous êtes adjoint à la Mairie de Paris. Tandis que Marie-Hélène, numéro deux sur la liste, est une ouvrière du Nord. Comment comptez-vous parler à ces deux électorats très différents ?

IB – Tout simplement, parce que les couches moyennes sont elles aussi les victimes des politiques libérales. Ce qu’on appelle les couches moyennes urbaines ce sont les enseignants, les agents de la fonction publique, les intermittents du spectacle. Et donc à mon sens la grande question qui se pose à nous, à gauche, une question stratégique qui n’est pas nouvelle, est l’alliance entre ces couches moyennes et les catégories populaires. Moi je ne pense pas que nous ayons quoi que ce soit à gagner à construire un mur entre les catégories populaires et les couches moyennes urbaines. Je ne partage pas l’analyse selon laquelle ces deux électorats seraient incompatibles. Parce que nous sommes confrontés au même ennemi, aux mêmes politiques libérales. Nous devons au contraire tout faire pour construire une alliance !

LVSL – Mais comment ? Si l’on part du postulat que les demandes de ces catégories de populations sont a priori différentes… Par exemple la question de l’arrêt de la taxation de l’essence est une revendication qui parle moins aux classes urbaines qu’aux classes populaires des périphéries.

IB – Certes, mais les deux catégories ont intérêt à ce qu’on développe des transports publics qui fonctionnent et que ceux-ci soient moins chers. Je ne dis pas que les réalités sont les mêmes. Mais je ne pense pas pour autant que l’on puisse considérer que leurs sorts sont antinomiques.

LVSL – En parlant des tensions éventuelles entre ces deux catégories, on a vécu des mois exceptionnels avec le mouvement des gilets jaunes, qui a remodelé le champ politique. Parmi les revendications, il y a eu le RIC, une remise en cause de la représentation telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, et un rejet du clivage gauche-droite. À l’inverse, vous êtes très attachés à votre identité de gauche. Ne craignez-vous pas justement que cela ne vous empêche de vous adresser à cette France qui ne supporte plus la politique institutionnelle ?

IB – Le terme de gauche a été évidemment galvaudé et sali au cours des dernières années parce que certains ont appliqué une politique qui n’avait rien de gauche, tout en se prétendant de gauche, notamment au cours du quinquennat Hollande. Dans ce contexte, deux stratégies sont possibles : soit on décide de renoncer à ce terme, considérant qu’il est mort à jamais ; soit on considère qu’il est de notre devoir de lui redonner vie. Cela ne veut pas dire que je pointe du doigt ceux qui ont une autre stratégie, mais celle du PCF est qu’il faut redonner du sens à la gauche. Ceci n’est possible qu’à la condition de renouer avec les catégories populaires. Ma ligne est que nous sommes populaires pas populistes. Il nous faut nous adresser aux ouvriers, aux employés à ceux qui souffrent de ces politiques libérales appliquées à l’échelle de l’UE et de la France depuis 30 ans. Cela passe forcément par une représentation de ces catégories, y compris dans les institutions. Le PCF a ceci de particulier qu’il a été le premier dans l’histoire de France à permettre à des ouvriers d’entrer à l’Assemblée nationale, au Sénat, de devenir ministre. Nous cherchons à renouer avec cette tradition. Notre liste a été conçue comme cela. J’ai dit un peu vite que Marie Hélène serait la première femme à entrer au parlement européen. En réalité, ce serait la deuxième puisqu’il y a eu Jackie Hauffman qui a été élue au Parlement européen en 1979. Ce serait donc la deuxième fois. Je suis convaincu que le rôle du PCF c’est de travailler ça.

LVSL – Dans le numéro spécial du Monde Diplomatique sur la caractérisation des populismes, il y a une citation de Maurice Thorez en 1936 qui dit : « nous sommes le parti du peuple français », et non pas « de la gauche en France ». N’est-ce donc pas dans la racine du PCF de dépasser ce clivage ?

IB – Le PCF a fait les deux, parce que la construction du Front populaire a rassemblé jusqu’au parti radical de gauche. Il était basé sur l’idée du rassemblement de la gauche. On peut faire les deux. Je ne vois pas pourquoi on renoncerait à l’idée que la gauche a vocation à rassembler le peuple.

LVSL – Autre sujet. Au Parlement européen, pour l’instant, il y a un groupe qui s’appelle GUE-NGL dans lequel siège le PCF, aux côtés notamment d’autres partis européens comme SYRIZA ou la France Insoumise. Est-il possible et souhaitable de continuer dans un groupe commun avec ces deux formations politiques ?

IB – Si elles le souhaitent, oui ! Ce groupe est un groupe qui compte 52 membres, et qui a été long à construire. C’est le résultat d’un travail acharné de Francis Wurtz [ndlr, ancien député européen PCF de 1979 à 2009, président de la GUE-NGL]. Ce n’est pas facile de rassembler des formations de la gauche radicale qui ont des cultures, des identités et des positions diverses. Malgré tout, ce groupe a mené des batailles cohérentes comme sur le dumping social. Certaines batailles ont été couronnées de succès, comme par exemple sur la question des travailleurs de la honte. Notre combat a fait avancer des choses permettant d’éviter le pire. Donc ce groupe doit continuer à exister. Je préfère faire de la politique par addition plutôt que par soustraction. Malgré notre grande diversité, je pense qu’il est souhaitable que ce groupe continue d’exister.

LVSL – Souhaitable, oui, mais possible ?

IB – Cela je n’en sais rien. C’est en tout cas une question importante. Que gagnerait-on d’une dispersion supplémentaire à l’intérieur du Parlement européen ?

LVSL – Certaines personnes pensent qu’il y a un manque de cohérence au sein de ce groupe…

IB – Peut-être mais on est déjà tellement faible au sein de ce Parlement – ceci va peut-être évoluer suite aux élections, mais enfin aujourd’hui on est 52 sur 751 eurodéputés ! Que pèserions-nous si au lieu d’être 52 dans un groupe nous étions 52 dans deux groupes ? L’attachement à la cohérence ne doit pas conduire à un affaiblissement important face aux rapports de force présents dans le Parlement européen.

LVSL – Une de vos propositions est de réorienter l’investissement monétaire de la BCE des banques vers le financement public et l’écologie. Le fait est que la BCE est indépendante, et que le Parlement n’a aucun poids sur elle. Comment reprendre la main sur ce type d’institution ?

IB – C’est une honte. Notre argent échappe totalement au contrôle démocratique des citoyens d’Europe et même des parlementaires. Que peut faire le parlement ? Seuls, les parlementaires ne peuvent pas reprendre le contrôle sur la BCE. C’est un combat politique à mener. Ce doit être une revendication populaire. Cela doit devenir une question politique et que les députés européens de notre groupe ne soient pas les seuls à en parler au Parlement. On parle de 3000 milliards d’euros qui ont été prêtés aux banques privées au cours des 10 dernières années, sans aucune condition. On est dans un système fou avec une BCE qui continue avec les mêmes recettes qu’avant 2008. Il faut faire en sorte que cette question-là soit connue par d’autres. Mais on a quand même quelques expériences de batailles portées par nos députés européens, au départ minoritaires, et qui ont finies par devenir des batailles dont se sont emparés d’autres gens – l’évasion fiscale par exemple. C’était une question au départ assez limitée au cénacle d’experts. Cette question, portée par des députés et sénateurs français Eric et Alain Boquet, portée par des députés européens, est aujourd’hui une bataille dont on parle sur les ronds-points et dans les manifestations. Tout le monde en parle. Cela a conduit la Commission européenne, qui n’était pas toujours combattive sur le sujet, à faire en sorte qu’Apple rende de l’argent aux Irlandais, qui pourtant ne le souhaitaient pas.

LVSL – Il y a deux façons d’aborder la question de la démocratie au sein de l’UE : est-ce que l’on considère que c’est au Parlement de prendre le pouvoir et de contraindre la BCE, ou est-ce que c’est aux États membres d’avoir plus de pouvoir démocratique et donc de restreindre les marges de manœuvre de la BCE ? En d’autres termes, la question c’est celle-ci : faut-il renforcer le pouvoir du Parlement ?

IB – Nous sommes favorables à un renforcement du pouvoir du Parlement. Il faudrait que la BCE soit sous le contrôle démocratique du Parlement européen.

LVSL – À propos de votre vision de l’Europe. Le parti communiste parle « d’une union des nations et des peuples souverains, libres et associés ». N’y-a-t-il pas une contradiction dans ce slogan avec le fait de refuser une sortie des traités ? Quelle est votre stratégie ?

IB – Nous sommes favorables à une sortie des traités. Le PCF n’a voté aucun des traités européens. Aujourd’hui nous avons une stratégie en deux temps : premièrement il faut s’affranchir des traités européens. Les États devraient conduire leurs politiques indépendamment des contraintes contenues dans ces traités européens…

LVSL – Mais sortir des traités, n’est-ce pas sortir de l’UE ?

IB – C’est plutôt mener notre propre politique. Je suis convaincu que si la France pouvait mener sa propre politique, personne ne ferait sortir la France de l’UE. Nous devons mener notre propre politique. Si la France décidait de s’affranchir de ces traités européens, la question de la renégociation des traités irait de soi. Mais il faut quand même partir d’un constat : jamais les dirigeants français n’ont choisi d’emprunter la voie du rapport de force vis-à-vis de l’UE. Parce que les politiques de l’UE leur allaient comme un gant. C’est le cas pour Nicolas Sarkozy, c’est le cas pour François Hollande, et c’est le cas pour Emmanuel Macron qui est très favorable aux politiques libérales. Donc si nous nous sommes soumis à l’UE depuis plus de 20 ans, ça n’est pas parce que l’UE est puissante, c’est parce que nos chefs d’Etat étaient faibles. Ils ne cherchaient même pas à imposer leurs objectifs.

LVSL – Quand on regarde les négociations entre la France et l’Allemagne sur le Brexit, qui ont eu lieu au dernier Conseil le 10 avril, Macron a été extrêmement ferme. On sait aujourd’hui que les rapports entre la France et l’Allemagne se sont dégradés au Conseil. D’un côté Macron voulait un report qui soit le plus court possible, voire même pas de report du tout puisqu’il est partisan du No Deal. De l’autre côté, l’Allemagne veut vraisemblablement faire annuler le Brexit. Malgré sa volonté, Macron a dû reculer alors que la position de la France était soutenue par plusieurs États dont l’Espagne, la Belgique et l’Autriche. Comment envisager une nouvelle construction de l’UE, qui semble très difficile à faire bouger ?

IB – La position que défendait Macron, c’est-à-dire pousser à une sortie rapide sans deal, n’était de mon point de vue pas la bonne. C’est une bonne question. Sa stratégie à lui est de punir les britanniques. Je suis favorable à un Brexit avec deal. Je suis favorable à ce qu’on respecte le vote des Britanniques mais je ne suis pas favorable à ce que l’on punisse les britanniques, en faisant tout pour que le Brexit ait des conséquences catastrophiques.

LVSL – Mais les brexiters appelaient Macron à mettre son veto, le comparaient à De Gaulle…

IB – Mais lorsqu’on défend de telles positions, on n’est pas défendu par le peuple. Du coup, il ne crée pas un rapport de force qui est soutenu par tout le monde. Alors que si l’on avait en France un Président qui menait une belle politique de justice sociale – augmentation des salaires, retour des services publics, envoyer balader la Commission européenne avec sa règle des 3 %, instituer une clause de proximité dans les marchés publics… – il aurait un soutien populaire formidable. Il aurait alors un rapport de force vis-à-vis de la Commission européenne qui n’aurait rien à voir avec celui d’aujourd’hui.

LVSL – Si on prend le cas italien, le gouvernement a voulu négocier sur son budget à l’automne avec un appui dans les sondages d’environ 60 %, parce que la coalition a essayé de vendre, du moins médiatiquement, des dépenses budgétaires supplémentaires, des investissements dans les infrastructures… ils se sont aussi cassé les dents ! Ils ont réussi à grappiller 1,2 point de PIB de déficit supplémentaire, mais doivent rester sous les 3 %. Finalement, qu’est-ce que construire un rapport de force ?

IB – D’abord l’Italie n’est pas la France. Avec le mouvement des gilets jaunes, ce n’est pas Macron qui institue un rapport de force, c’est bien le peuple français. Certes, on aurait pu aller plus loin. Mais l’Allemagne aussi s’est un peu écrasée.

LVSL – Nous voulions juste mettre le doigt sur la dureté des relations à l’intérieur de l’Union européenne et donc sur la difficulté de subvertir une telle construction…

IB – Si la France menait une bonne politique, nous serions soutenus par une partie des Allemands.

 

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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 19:15
Photo France Chapa, meeting de Rennes, 24 avril: cadeau d'anniversaire de Ian Brossat pour ses 39 ans

Photo France Chapa, meeting de Rennes, 24 avril: cadeau d'anniversaire de Ian Brossat pour ses 39 ans

Rennes: 24 Avril: quelques photos du magnifique meeting de Ian Brossat et des candidats de l'Europe des gens devant 1000 personnes
Rennes: 24 Avril: quelques photos du magnifique meeting de Ian Brossat et des candidats de l'Europe des gens devant 1000 personnes
Rennes: 24 Avril: quelques photos du magnifique meeting de Ian Brossat et des candidats de l'Europe des gens devant 1000 personnes
Gilbert Garrel, responsable CGT Cheminots, président de l'institut d'histoire sociale de la CGT, et Pascal Pontac, responsable CGT dockers, ont pris la parole en tant que candidats sur la liste aux Européennes, pour parler du rôle des députés européens communistes en soutien aux luttes des travailleurs contre les privatisations et les directives de libéralisation

Gilbert Garrel, responsable CGT Cheminots, président de l'institut d'histoire sociale de la CGT, et Pascal Pontac, responsable CGT dockers, ont pris la parole en tant que candidats sur la liste aux Européennes, pour parler du rôle des députés européens communistes en soutien aux luttes des travailleurs contre les privatisations et les directives de libéralisation

Une franco allemande Katja Kruger, comédienne chanteuse, élue a Rennes, ouvre le meeting de Ian Brossat et du PCF pour les européennes a Rennes. Une intervention très profonde sur l Europe et l internationalisme, la paix et la fraternité entre les peuples. une introduction a la hauteur des enjeux cruciaux du moment.

Une franco allemande Katja Kruger, comédienne chanteuse, élue a Rennes, ouvre le meeting de Ian Brossat et du PCF pour les européennes a Rennes. Une intervention très profonde sur l Europe et l internationalisme, la paix et la fraternité entre les peuples. une introduction a la hauteur des enjeux cruciaux du moment.

Rennes: 24 Avril: quelques photos du magnifique meeting de Ian Brossat et des candidats de l'Europe des gens devant 1000 personnes
Excellent Glenn le Saout candidat finisteriens sur la liste de Ian Brossat disseque la politique universitaire et scolaire profondément inégalitaire de Macron et de Blanquer et plaide pour une université et un lycée de haut niveau et accessible pour toutes et tous, y compris pour les étudiants étrangers. Bravo pour le baptême du feu devant 800 a 1000 personnes! Notre candidat finisterien a assuré:5 minutes incisives de propos essentiel et juste!

Excellent Glenn le Saout candidat finisteriens sur la liste de Ian Brossat disseque la politique universitaire et scolaire profondément inégalitaire de Macron et de Blanquer et plaide pour une université et un lycée de haut niveau et accessible pour toutes et tous, y compris pour les étudiants étrangers. Bravo pour le baptême du feu devant 800 a 1000 personnes! Notre candidat finisterien a assuré:5 minutes incisives de propos essentiel et juste!

Rennes: 24 Avril: quelques photos du magnifique meeting de Ian Brossat et des candidats de l'Europe des gens devant 1000 personnes
Rennes: 24 Avril: quelques photos du magnifique meeting de Ian Brossat et des candidats de l'Europe des gens devant 1000 personnes
Christelle Dumont aide soignante a Belle île, candidate morbihannaise, raconte le combat des salariés des EHPAD, sa grève de la faim de 6 jours contre la fermeture de services dans son hôpital de proximité, le ratio personnel personnes âgées qui se dégrade considérablement. Bravo Christelle, fiers de t avoir sur notre liste contre la maltraitance institutionnelle infligée aux anciens.

Christelle Dumont aide soignante a Belle île, candidate morbihannaise, raconte le combat des salariés des EHPAD, sa grève de la faim de 6 jours contre la fermeture de services dans son hôpital de proximité, le ratio personnel personnes âgées qui se dégrade considérablement. Bravo Christelle, fiers de t avoir sur notre liste contre la maltraitance institutionnelle infligée aux anciens.

Cindérella Bernard très applaudie dénonce les politiques d austérité, de restructuration des services publics de proximité, défend le logement public, la lutte contre la précarité, la défense des réfugiés mineurs isolés, les droits des femmes souvent précarisés. L Europe c est notre quotidien, c est l aménagement du territoire, les services publics, la lutte nécessaire contre la desertification.Elle défend la culture bretonne, les langues régionales, et même ... Nantes en Bretagne! Merci bras Cinderella pour ta force de conviction

Cindérella Bernard très applaudie dénonce les politiques d austérité, de restructuration des services publics de proximité, défend le logement public, la lutte contre la précarité, la défense des réfugiés mineurs isolés, les droits des femmes souvent précarisés. L Europe c est notre quotidien, c est l aménagement du territoire, les services publics, la lutte nécessaire contre la desertification.Elle défend la culture bretonne, les langues régionales, et même ... Nantes en Bretagne! Merci bras Cinderella pour ta force de conviction

La fougue d'Elena Dumont, ancienne SDF pendant 15 ans, chroniqueuse aux Grandes Gueules, candidate sur la liste de Ian Brossat, dont elle a loué le combat pour les classes populaires et le logement social

La fougue d'Elena Dumont, ancienne SDF pendant 15 ans, chroniqueuse aux Grandes Gueules, candidate sur la liste de Ian Brossat, dont elle a loué le combat pour les classes populaires et le logement social

Rennes: 24 Avril: quelques photos du magnifique meeting de Ian Brossat et des candidats de l'Europe des gens devant 1000 personnes
Rennes: 24 Avril: quelques photos du magnifique meeting de Ian Brossat et des candidats de l'Europe des gens devant 1000 personnes
Rennes: 24 Avril: quelques photos du magnifique meeting de Ian Brossat et des candidats de l'Europe des gens devant 1000 personnes
Rennes: 24 Avril: quelques photos du magnifique meeting de Ian Brossat et des candidats de l'Europe des gens devant 1000 personnes
Rennes: 24 Avril: quelques photos du magnifique meeting de Ian Brossat et des candidats de l'Europe des gens devant 1000 personnes
Rennes: 24 Avril: quelques photos du magnifique meeting de Ian Brossat et des candidats de l'Europe des gens devant 1000 personnes
Photo Christine Prunaud: nos candidats bretons Glenn Le Saoût, Cindérella Bernard, Katja Krüger, Christelle Dumont, avec Pascal, candidat et responsable de la CGT des dockers, présent lui aussi à Rennes le 24 avril avec Gilbert Garrel et Elena Dumont

Photo Christine Prunaud: nos candidats bretons Glenn Le Saoût, Cindérella Bernard, Katja Krüger, Christelle Dumont, avec Pascal, candidat et responsable de la CGT des dockers, présent lui aussi à Rennes le 24 avril avec Gilbert Garrel et Elena Dumont

Rennes: 24 Avril: quelques photos du magnifique meeting de Ian Brossat et des candidats de l'Europe des gens devant 1000 personnes
Rennes: 24 Avril: quelques photos du magnifique meeting de Ian Brossat et des candidats de l'Europe des gens devant 1000 personnes
Rennes: 24 Avril: quelques photos du magnifique meeting de Ian Brossat et des candidats de l'Europe des gens devant 1000 personnes
Avec France Chapa, militante de Saint Malo

Avec France Chapa, militante de Saint Malo

Ian Brossat avec France Chapa, militante de Saint Malo

Ian Brossat avec France Chapa, militante de Saint Malo

Rennes: 24 Avril: quelques photos du magnifique meeting de Ian Brossat et des candidats de l'Europe des gens devant 1000 personnes
Rennes: 24 Avril: quelques photos du magnifique meeting de Ian Brossat et des candidats de l'Europe des gens devant 1000 personnes
Glenn Le Saout et Ian Brossat (Rennes, 24 avril)

Glenn Le Saout et Ian Brossat (Rennes, 24 avril)

Ismaël Dupont Glenn Le Saout et Ian Brossat (photo Cindérella Bernard, Rennes, 24 avril)

Ismaël Dupont Glenn Le Saout et Ian Brossat (photo Cindérella Bernard, Rennes, 24 avril)

"Magnifique meeting ce mercredi 24 avril qui a rassemblé près de 1000 personnes sous la halle des Lices à Rennes, avec IAN BROSSAT, c'était, très sincèrement ,une superbe soirée !

Il est important POUR NOUS-MEMES d'envoyer au Parlement Européen des élus qui nous représentent réellement, nous les gens du peuple, qui défendent NOS intérêts et qui réorientent l'EUROPE pour qu'elle ne soit pas qu'un marché économique qui ne profite qu'aux privilégiés mais une EUROPE DES PEUPLES qui amène plus de justice sociale pour les gens modestes que nous sommes." 

(France Chapa)

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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 16:16
Elections européennes: Ian Brossat veut redonner de l'oxygène au PCF (Le Monde,  25 avril, Sylvia Zappi)
Elections européennes : Ian Brossat veut redonner de l’oxygène au PCF

A 39 ans, la tête de liste du Parti communiste français incarne un nouvel espoir pour ses militants qui veulent sortir de l’ombre de La France insoumise.

Ian Brossat n’en démord pas : avec sa liste à 50 % ouvrière, que le communiste vient de déposer, il veut que le Parti communiste français (PCF) retrouve sa place. « Si je peux contribuer à redonner un peu de fierté aux militants communistes… », avance-t-il. Avec le souvenir encore vif des deux campagnes présidentielles de 2012 et 2017, derrière Jean-Luc Mélenchon, la tête de liste PCF aux Européennes ne compte plus s’effacer à une élection.

Mercredi 24 avril, dans les halles Martinot, à Rennes (Ille-et-Vilaine), M. Brossat vient présenter son programme « pour l’Europe des gens, contre l’Europe de l’argent ». Mais derrière, il y a aussi ce fol espoir de faire réexister le parti de Fabien Roussel.

Le premier débat télévisé des élections européennes sur France 2 et France Inter a redonné des ailes à l’adjoint au logement de la maire de Paris, Anne Hidalgo. Il avait alors crevé l’écran et surpris même ses concurrents par son argumentation simple et efficace. Depuis il a enchaîné les interviews où il lâche ses réparties et construit son image de gauche sans complexe. Dopés par cette petite éclaircie, alors que, relégués à rester dans l’ombre de La France insoumise (LFI), ils broyaient du noir, les militants sont partis en campagne en tentant de se déployer partout.

« Il nous redonne de l’oxygène. Cela fait tellement longtemps qu’on n’a pas attiré autant de monde ! », s’émeut Jean-Claude, vieux militant bardé d’autocollants. M. Brossat joue le jeu, enchaînant trois meetings par semaine. Dans les grandes métropoles, comme ce mercredi soir, ou dans des villes plus modestes mais emblématiques de l’implantation du parti, comme Denain (Nord) ou Le Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), comme ceux prévus dans les semaines à venir.

Le gouvernement « n’entend pas la grande colère »

Peu importent les sondages qui lui donnent encore à 2 % à 2,5 % des voix. « Nos arguments et les atouts de notre liste sont encore peu connus de nos électeurs. Beaucoup vont se décider dans les quinze derniers jours, avec les trois prochains grands débats télévisés », assure le communiste. D’ici là, il va déployer son programme sans tirer dans les pattes de ses adversaires à gauche, s’engage-t-il : « On est déjà très divisés, il n’est pas nécessaire d’ajouter des bisbilles à la dispersion. Car il faut qu’on se reparle à gauche après le 26 mai. »

Mais il avertit : « Personne ne peut jouer les gros bras », en allusion aux déclarations de M. Mélenchon invitant la gauche à une « fédération populaire » autour de son programme, s’il est devant au soir du 26 mai.

Devant quelque six cents personnes, le candidat ne s’est en revanche pas privé de taper sur le gouvernement « qui n’entend pas la grande colère » qui s’exprime dans le pays. « Comme réponse, il veut nous imposer une journée de travail gratuit ! On a affaire à des génies », lance-t-il, faisant référence aux propositions de financement de la dépendance, dans les cartons d’Edouard Philippe. Lui veut proposer « une journée du patrimoine des plus riches », soit 3 milliards d’euros prélevés sur les « ultra-riches ».

Un SMIC à 1 400 euros net

Pour Ian Brossat, il faut en finir avec la règle des 3 % et « une vie qui se dégrade dans nos territoires ruraux comme dans nos quartiers populaires ». « L’Europe des gens » que la tête de liste veut promouvoir, passe par l’harmonisation sociale avec un « smic européen » – pas celui de Nathalie Loiseau qui est « en dessous du seuil de pauvreté » – mais à 1 400 euros net. Il entend aussi porter la « rupture avec la machine de guerre européenne contre les services publics » : cela passe par une « clause de non-régression sociale » permettant aux gouvernements nationaux de refuser les directives de libéralisation, assène-t-il.

Enfin le communiste veut une autre utilisation de l’argent de la Banque centrale européenne (BCE) pour financer la transition écologique, un grand plan ferroviaire, ou encore un « service public dédié à la rénovation des bâtiments ». M. Brossat se permet même de fixer une priorité à ses députés : faire de la lutte contre la fraude fiscale « la grande cause des parlementaires communistes ». Car l’élu en est persuadé, « on peut atteindre les 5 % qui nous permettront d’envoyer des députés au Parlement européen ». « Il nous reste un mois pour y arriver », conclut-il. Reste à convaincre les électeurs.

Sylvia Zappi

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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 16:03
Meeting de Rennes, 24 avril: Ian Brossat (photo France Chapa)

Meeting de Rennes, 24 avril: Ian Brossat (photo France Chapa)

Absence de couverture nationale ou régionale du meeting de Ian Brossat à Rennes devant 800 à 1000 personnes: courrier de Philippe Jumeau, porte-parole régional du PCF, à la direction du Ouest-France

Bonjour

Comme vous le savez, je suis un lecteur attentif de la presse locale et je voudrais vous faire part une nouvelle fois, d’une interrogation sur le traitement d’infos politiques.

Mercredi soir, Ian Brossat, tête de liste du PCF était à Rennes en meeting régional, avec plus de 800 personnes rassemblées sous les Halles Martenot.

Le compte-rendu de cette soirée figure dans votre édition de l’Ille et Vilaine et nulle part ailleurs, donc impossibilité pour votre lectorat régional de savoir ne serait-ce que cela, que le PCF a tenu son plus fort meeting depuis très longtemps.

Donc vous m’accorderez que traiter un meeting régional uniquement en page du département d’accueil, ça n’est pas très juste, d’autant plus que sur la liste menée par Ian Brossat, figurent 4 candidat.e.s issu.e.s des 4 départements de la région Bretagne.

Et même si cela me concerne moins, je me dis qu’il doit en être pareil aujourd’hui pour Benoit Hamon qui était hier soir à Lorient ( j’ai assisté à son meeting régional, là aussi) dont le CR figure en page Morbihan donc sans doute pas ailleurs.

Par contre en page Bretagne aujourd’hui, on apprend que Gilles Pennelle est sur la liste RN en « position qui le rend difficilement éligible au Parlement européen » !!! Voilà une info que tous les bretons avaient besoin de connaitre !

Pourquoi une telle différence de traitement ? Que faut-il comprendre ?

Depuis des mois, j’écris régulièrement, appelle souvent pour signaler ces inégalités de traitement et je n’ai pas très souvent des réponses que je vais qualifier d’argumentées.

J’ai régulièrement demandé à ce que mes interpellations soient publiées en page des lecteurs de Ouest-France, et pour l’heure aucun suivi d’effet.

Dans un mois, il y aura le vote pour les élections européennes, et il me semble simplement équitable que toutes les organisations soient traitées à égalité, car le pluralisme des idées dans la presse est une nécessité de la démocratie.

Restant à votre disposition pour tout échange complémentaire, cordialement,

Philippe Jumeau

Secrétaire départemental du PCF 56, porte-parole régional du PCF

 

Discours de Philippe Jumeau à la fête de l'Huma Bretagne 2018 en présence de Ian Brossat pour son premier meeting en Bretagne avant celui du Relecq-Kerhuon en région brestoise le 1er février, et celui de Rennes le 24 avril

Discours de Philippe Jumeau à la fête de l'Huma Bretagne 2018 en présence de Ian Brossat pour son premier meeting en Bretagne avant celui du Relecq-Kerhuon en région brestoise le 1er février, et celui de Rennes le 24 avril

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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 14:56
Marie-Hélène Bourlard, militante syndicale, n°2 sur la liste du PCF L'Europe des gens contre l'Europe de l'argent, en direct de la manif de Bruxelles, avec Philippe Martinez
 
 
🔴 En direct de Bruxelles avec Philippe Martinez, partout en Europe mobilisons-nous !
Rejoignez notre comité de soutien :
➡️ https://www.europedesgens.fr/appel_voter
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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 05:58

Une phrase qui résume le show télévisé d’Emmanuel Macron : « Je ne crois pas que la colère qui s’est exprimée dans le pays s’explique par les réformes mises en œuvre ces deux dernières années. Il faut aller plus loin ». Seuls le Medef et les privilégiés de la finance seront rassurés !

 

Le président de la République et son gouvernement nous avaient annoncé des « mesures fortes et puissantes ». En fait, les Français.e.s auront eu droit à un exercice d'autosatisfaction, dans le prolongement des shows solitaires du « Grand débat national ».

 

 

Les mouvements des « Gilets jaunes », les journées intersyndicales, les mobilisations dans les entreprises, ce que nos concitoyens ont exprimé à travers les cahiers de doléances ou dans les réunions publiques ont tous porté une puissante exigence de dignité. Ils ont posé la question de l’amélioration réelle et rapide du pouvoir d’achat, de l’augmentation du Smic et des salaires, de la justice fiscale avec le rétablissement de l’ISF et la mise à contribution des ultrariches, des actionnaires, de la finance. Ils ont mis en avant le développement des services publics, le besoin d’une démocratie qui ne soit plus asphyxiée par le présidentialisme, l’urgence de conduire la transition écologique dans la justice sociale.

Ce soir, il ne leur a pas été répondu. Enfermé dans son acharnement à protéger ceux qui ne cessent de s’enrichir, ce pouvoir a ainsi pris la responsabilité d’aggraver la désespérance dans le pays. 

Quelques-unes des mesures annoncées sont, bien sûr, à mettre au crédit des mouvements populaires des dernières semaines. Mais elles ne changent en rien le cours d’une politique que le pays rejette dans son immense majorité.

Pire, on ose maintenant demander de nouveaux sacrifices à des Français.e.s dont les fins de mois sont difficiles et qui demandent que le travail paie. Quelle honte ! En guise d’« Acte II » de son quinquennat, Monsieur Macron nous fait du sarko-fillonisme. Il enjoint les  Français.e.s à « travailler davantage », il veut poursuivre la « baisse de la dépense publique » qui affaiblira un peu plus nos services publics, il annonce l’amoindrissement des ressources de la Sécurité sociale par la poursuite des exonérations de cotisations, et il confirme sa volonté d’allonger la durée de cotisations donnant droit à la retraite. Quant au droit à la différenciation pour les collectivités, loin d'améliorer la décentralisation, il menace l'unité de la République et l'égalité territoriale. Et aucune réponse concrète n’est apportée à l’urgence écologique.

Bref, lorsque président nous propose de jouer à « qui veut gagner des millions », le casting est toujours le même : ses amis du CAC 40.

C’est maintenant à notre peuple de se faire entendre avec plus de force encore. La première réponse à la provocation présidentielle doit être de puissantes mobilisations populaires : ce samedi avec les gilets jaunes, le  1er Mai et le 9 mai à l'initiative des organisations syndicales. 
 
Ces mobilisations ont plus que jamais besoin d’une perspective politique de gauche. C’est en ce sens que le PCF a déjà mis en débat dix propositions pour la France.

 

 

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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 05:56
Européennes: à Rennes le 24 avril, Ian Brossat précise son programme (Julia Hamlaoui, L'Humanité, 25 avril 2019)
Européennes. À Rennes, Ian Brossat précise son programme
Jeudi, 25 Avril, 2019

Augmentation des salaires, défenses des services publics, lutte contre l’évasion fiscale… C’est dans une halle Martenot, bien remplie, de la ville bretonne que le candidat communiste pour le scrutin du 26 mai a présenté mercredi soir les grandes lignes de son programme tout juste sorti de l’imprimerie.

 

C’est à Rennes que Ian Brossat a entamé mercredi son dernier mois de campagne avant le scrutin européen du 26 mai prochain. Avant de gagner Rouen jeudi, et Clermont-Ferrand vendredi pour une série de meetings que son équipe annonce comme des réussites, c’est devant 800 Bretons que la tête de liste communiste a brossé les grandes lignes de son programme tout juste sorti de l’imprimerie.

Mais, alors que les annonces du président sont attendues pour ce jeudi soir, c’est d’abord à la politique d’Emmanuel Macron que s’est attaqué le candidat. « Ce sont des génies. Depuis des mois les gens disent ‘’on veut que le travail paie’’, et la réponse du gouvernement c’est une journée de travail gratuit », a-t-il lancé, fustigeant « un peu comme dans Koh-Lanta, le totem d’immunité » dont bénéficient les ultra-riches. L’entrée en matière n’est pas si loin du reste du discours : « les enjeux européens et nationaux sont étroitement connectés, ce sont les mêmes politiques libérales menées à Paris, Bruxelles et Strasbourg ».

Dans une halle Martenot rennaise bien remplie – le « signe » d’une dynamique selon les militants du PCF qui soulignent une mobilisation inédite depuis des années -, l’élu de Paris appelle à rompre avec les « deux dogmes » sur lesquels repose « l’Europe de l’argent » : l’austérité incarnée par la règle des 3 % de déficit maximum autorisé par le traité de Maastricht et la concurrence libre et non faussée. Avant lui, une série de candidats se sont succédé sur scène donnant à voir quelques-unes des conséquences de cette « Europe du fric ». « J’ai vécu 15 ans à la rue, je n’ai eu mon premier appartement qu’à 44 ans. Ce dont je m’aperçois, c’est que c’est de pire en pire, il y a de plus en plus de sans abris en Europe », lance Elina Dumont appelant à « remettre de l’humanité au cœur de cette Europe ». Peu avant, ce sont Gilbert Garrel (ancien responsable de la CGT cheminot) et Pascal Gontard (responsable de la fédération CGT port et docks) qui témoignent : ils ont en commun leurs mobilisations contre « les directives de libéralisations » qui se sont attaquées tant aux conditions de travail dans leurs secteurs, le rail et les ports, qu’aux services publics.

Arracher « une autre utilisation de l’argent »

En face, « l’Europe des gens » qu’entend incarner la liste Brossat se décline en 3 priorités, explique le candidat. Avec « d’abord une Europe dans laquelle le travail paie », avance-t-il constatant « qu’au cours des 10 dernières années, le taux de travailleurs pauvres est passé de 7 % à 10 %, quand dans le même temps les richesses produites par ces mêmes travailleurs sont passées de 15 000 milliards d’euros et 17 000 milliards d’euros ». Un « Smic européen à au moins 60 % du salaire moyen » est avancé par le communiste qui trouve étrange que les députés européens « soient tous payés pareil » et qu’on juge impossible de faire de même pour les salariés. La « deuxième rupture », présentée par Ian Brossat mercredi concerne les services publics, constitutifs du modèle inventé par « la France après 45 » et contre le démantèlement desquels il propose « une clause de non-régression sociale ». « Un peuple, un État devrait avoir le droit de dire ‘’nous ne voulons pas de cette directive car elle ne nous apporte pas de progrès’’ », plaide-t-il avant d’enchaîner sur la troisième priorité du programme communiste, arracher « une autre utilisation de l’argent ». Avec deux leviers principaux en la matière : utiliser les fonds de la BCE « notre coffre-fort à tous » pour abonder, plutôt que les banques, notamment « un grand plan de transport par fret » ou à la création d’un « service public dédié la rénovation énergétique » ; combattre l’évasion fiscale et ses « 1000 milliards (qui) partent en fumée chaque année » en « ferm (ant) les frontières aux fraudeurs fiscaux ». Reste qu’à quelques semaines du scrutin, l’abstention s’annonce toujours aussi forte et les intentions de vote pour le PCF peinent à dépasser le seuil des 3 %. Alors le candidat martèle son message : L’élection ne compte pas pour du beurre : « le parlement a beaucoup de pouvoir, s’il rejette une directive elle finit à la poubelle ». Et s’adressant à ses camarades : « Il nous reste un mois, un mois pour convaincre partout autour de nous, un mois pour gagner les voix une à une, un mois pour envoyer la première femme ouvrière au parlement européen depuis 30 ans ».

Julia Hamlaoui
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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 05:50
IAN BROSSAT répond à Jean-Luc Mélenchon: Personne ne peut jouer les gros bras à gauche (Le Journal du Dimanche, Sarah Paillou, 25 avril 2019)
Ian Brossat répond à Jean-Luc Mélenchon : "Personne ne peut jouer les gros bras à gauche"

Interview JDD - Sarah Paillou - La tête de liste du Parti communiste aux européennes, Ian Brossat, répond à l'Insoumis en chef, Jean-Luc Mélenchon, qui veut une "fédération populiste" après le scrutin du 26 mai : "Pas sur la base d'une hégémonie."

Le frémissement sondagier que connaît la liste communiste aux européennes donne de l'espoir à leur tête de liste, Ian Brossat, adjoint à la mairie de Paris. Lequel rêve d'atteindre les 5%, seuil nécessaire pour envoyer des eurodéputés à Strasbourg, de reconstruire son parti et même de rassembler la gauche, après le scrutin du 26 mai. Vaste programme. L'ancien professeur de 39 ans répond au passage à l'Insoumis en chef, Jean-Luc Mélenchon, qui veut une "fédération populiste" : "Pas sur la base d'une hégémonie." "Le chemin du dialogue et du rassemblement"… Mais à ses conditions.

On observe un frémissement dans les sondages : comment l'expliquez-vous?
Il y a clairement un avant et un après débat [entre les têtes de liste, le 4 avril]. Il m'a permis d'avancer des propositions, que je portais depuis longtemps mais qui étaient peu connues.

Est-ce que votre stratégie de campagne évolue?
On va multiplier les réunions publiques dans le grandes métropoles et dans les territoires populaires, comme au Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis. Et nous avons d'autres atouts dans notre manche encore trop peu connus, comme la composition de notre liste, que nous avons voulue à l'image de la société française : Marie-Hélène Bourlard, la numéro 2, est une ouvrière retraitée. Dans une période où les Français ne se reconnaissent plus dans les institutions politiques parce qu'elles ne les représentent plus, cette liste arrive à point nommé.

A quoi ça sert de voter pour une liste créditée de 3% au maximum d'intentions de vote, alors que les nationalistes gagnent du terrain en Europe?
Je refuse l'idée selon laquelle le débat politique se limiterait à un affrontement entre l'extrême-droite et les libéraux. Plus les jours passent, plus on s'aperçoit que le rempart que constituerait En marche est en carton pâte. Ce serait quand même absurde de voter pour une ancienne militante d'extrême-droite comme Nathalie Loiseau! [Mediapart a révélé cette semaine que la tête de liste En marche apparaissait en 1984 sur une liste d'extrême-droite étudiante, NDLR] L'élection européenne est le dernier scrutin national proportionnel : profitez-en pour voter pour vos convictions! Le bulletin de vote rouge donne aux électeurs la possibilité d'envoyer au Parlement européen la première femme ouvrière depuis 30 ans. Quand on sait à quel point cette institution est un repaire de lobbyistes et de financiers, je me dis que ça ferait du bien.

Voir aussi notre carte montrant comment l'alliance de Salvini et Le Pen peut devenir la 3e force après les européennes

Quel électorat pouvez-vous encore mobiliser pour atteindre ces 5%?
Le principal ennemi, c'est l'abstention. Cela suppose de convaincre qu'il y a un lien entre les politiques menées en France et l'échelle européenne. En juillet, la Commission européenne recommandait de mener une réforme des retraites : ce qui se dit à Bruxelles, c'est ce que fait le gouvernement. Et les eurodéputés prennent des décisions qui ont un impact sur votre vie quotidienne. Le vote au Parlement européen qui a conduit à la réforme de la SNCF en France a été adopté à 24 voix près. Si le rapport de force nous avait été plus favorable…

Il va falloir que la gauche retrouve le chemin du dialogue, évitons d'insulter l'avenir.

Vous appelez à un pacte de non-agression au sein de cette famille politique. N'est-ce pas risquer de laisser filer des voix potentielles vers Génération.s ou La France insoumise?
La gauche aujourd'hui est trop divisée, trop dispersée, je le regrette. Nous ne sommes pas parvenus à travailler ensemble. Mais une fois les européennes passées, il va falloir que la gauche retrouve le chemin du dialogue et du rassemblement. Donc évitons d'insulter l'avenir. Je n'aurai pas un mot de travers, et si j'ai eu des mots blessants, je le regrette. On peut avoir des débats, mais ça ne veut pas dire qu'on doit s'insulter. Quand Raphaël Glucksmann [tête de liste PS-Place publique] traite Jean-Luc Mélenchon de "Tchatcher de gauche", je ne pense pas nous en sortions grandis.

Pourquoi avoir refusé la main tendue de Glucksmann qui prônait le rassemblement?
Parce que le sujet, c'est l'Europe : on ne peut pas avoir sur une même liste des gens pour les traités européens ou pour les politiques d'austérité, et des gens contre. Il y a un impératif de clarté.

Mélenchon appelle à une "fédération populaire". Ça vous convainc?
L'unité est possible. J'y mets deux conditions : la rupture avec le libéralisme, je m'adresse là surtout au PS. On ne pourra pas se rassembler sur une politique semblable à celle du quinquennat de François Hollande, vécu à raison comme une trahison. L'union ne pourra pas non plus se faire sur la base d'une hégémonie d'une force, ça n'a pas marché et ça ne marchera pas. Je m'adresse là plutôt à Mélenchon : nul ne doit imposer ses vues aux autres. Personne ne peut jouer les gros bras à gauche, la situation doit nous pousser à l'humilité.

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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 05:35
Photo France Chapa: cadeau d'anniversaire pour les 39 ans de Ian Brossat au meeting de Rennes le 24 avril devant 1000 personnes

Photo France Chapa: cadeau d'anniversaire pour les 39 ans de Ian Brossat au meeting de Rennes le 24 avril devant 1000 personnes

Élections. Avec Brossat, les communistes fiers de leur couleur
Vendredi, 26 Avril, 2019

En meeting à Rennes mercredi, puis à Rouen et à Clermont-Ferrand dans la foulée, la tête de liste communiste pour le scrutin du 26 mai, Ian Brossat, « redonne de l’oxygène » au PCF, affirment ses militants, plus mobilisés que jamais.

Il se passe quelque chose, soufflent les militants du PCF réunis à la halle Martenot, à Rennes, ce mercredi, pour le meeting de Ian Brossat, leur tête de liste aux européennes. « La détermination monte de partout, assure Jeanne, la responsable des jeunes communistes du département, à l’entrée de la salle. On a une belle liste, avec beaucoup d’ouvriers, d’employés. C’est la première élection après la présidentielle. Et puis, avec tout ce qu’on s’est pris dans la tête depuis… » Avec près d’un millier de personnes qui assistent au meeting du jour, est-il annoncé plus tard au micro, la soirée est à la hauteur de leurs espérances.

Depuis le débat du 4 avril sur France 2, où la prestation de Ian Brossat a été saluée au-delà des cercles militants, les communistes assurent qu’il y a eu « un déclic ». « Le climat est très bon et on a d’excellents échos », se réjouit Serge. « Certains nous voient comme des dinosaures, mais d’un autre côté Ian montre une autre image », constate aussi Patrick, qui s’active dans la salle avant que les candidats ne gagnent la tribune. Ici, beaucoup se félicitent de la décision de mettre en selle un candidat communiste qui « redonne des couleurs » au PCF, après les vifs débats stratégiques qui avaient animé la formation, notamment sur le soutien à Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle. « Il y a une nouvelle génération post-chute du Mur qui assume d’être communiste », estime Lucien, un étudiant de 23 ans. Ian Brossat « redonne de l’oxygène à notre force politique », lance encore au micro Cinderella Bernard, une de ses colistières.

La clause de non-régression sociale : « une idée géniale »

Alors les sondages ont beau ne pas être au beau fixe, et demeurer pour l’heure sous le seuil des 5 %, les troupes sont mobilisées et enthousiastes. « On n’a pas d’autre choix qu’une campagne de terrain pour le faire connaître », reprend Serge, alors que le problème de l’apparition dans les médias est régulièrement soulevé par les militants. Reste que la participation s’annonce des plus faibles et que convaincre n’est pas toujours des plus aisés. « Les européennes touchent assez peu les gens, c’est assez compliqué de sensibiliser sur ces enjeux pourtant essentiels », constate Victor, un demandeur d’emploi de 26 ans. Sur scène, pour convaincre justement, la tête de liste déroule son programme, tout juste sorti de l’imprimerie, « Pour l’Europe des gens contre l’Europe de l’argent ». Smic européen à 60 % du salaire moyen (pas sous le seuil de pauvreté comme LaREM), clause de non- régression sociale, plans de transport par le fret ou de rénovation énergétique financés via la BCE, « notre coffre-fort à tous », lutte contre l’évasion fiscale défilent dans son discours (lire le détail sur l’Humanité.fr). Une forme de réponse aussi à Emmanuel Macron. « Les enjeux européens et nationaux sont étroitement connectés, ce sont les mêmes politiques libérales menées à Paris, Bruxelles et Strasbourg », insiste le candidat, qui torpille la politique présidentielle. Dans le public, les punchlines sur l’injustice sociale et fiscale font leur effet. « Quand je vois qu’on arrive à débloquer autant pour un monument (un milliard pour Notre-Dame la semaine dernière – NDLR) et que des gens continuent de crever dans la rue, je suis révoltée », gronde Natacha, une militante qui a fait le déplacement depuis Saint-Malo.

Au dernier rang, Raphaël, lui, est venu « s’informer ». L’étudiant suit Ian Brossat sur Twitter et a entendu parler de son action pour le logement à Paris. La baisse des APL décidée par Macron lui est restée en travers de la gorge : « J’ai des amis qui sont obligés d’aller manger chez d’autres à la fin du mois, il faut arrêter de s’en prendre à ceux qui touchent le moins. » Lui non plus n’est pas encore décidé, mais, après avoir quitté Génération.s et sa liste mi-avril, Sébastien Baguerey s’interroge : « J’ai été très désolé que l’on n’ait pas réussi à faire d’union à gauche, mais je me demande si aujourd’hui Ian Brossat ne tient pas le discours le plus juste. » Et de s’enthousiasmer pour la clause de non- régression sociale, « une idée géniale ». Une ombre demeure toutefois au tableau pour l’ex-socialiste : l’écologie, qui ne serait pas assez mise en avant. « Il nous reste un mois pour gagner les voix une à une, un mois pour envoyer la première femme ouvrière au Parlement européen depuis trente ans », plaide le candidat en fin de discours. Il n’en fallait pas tant à Jeanne : « On va mettre le paquet dans la dernière ligne droite », promet-elle.

Julia Hamlaoui
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